Les impacts des agrosystèmes sur
l’environnement et la santé
L’augmentation de la population mondiale (près de 8 milliards d’habitants en 2018) pose des défis
majeurs, à la fois quantitatifs et qualitatifs, notamment en termes d’alimentation, ce qui engendre une
utilisation plus massive d'agrosystèmes. Les agrosystèmes sont des écosystèmes gérés par les Humains pour
l’exploitation d’espèces animales et végétales à des fins alimentaires, industrielles ou énergétiques. Dans un
agrosystème, les Humains transforment l’environnement pour produire de la nourriture, cette transformation
a parfois des conséquences négatives aussi bien sur la biodiversité que sur la santé.
Intéressons-nous d’abord aux conséquences sur l’environnement.
Traditionnellement, les parcelles étaient très fragmentées et adaptées aux aléas du terrain : relief, bois
et bosquets, passage de cours d’eau, chemins communaux, etc. De plus, dans beaucoup de régions (les
bocages), les parcelles étaient entourées par des arbres et des haies qui constituaient des habitats très riches
en oiseaux et insectes, tout en permettant la circulation de petits mammifères. Aujourd’hui, cette diversité de
paysages a fait place à de grandes surfaces de cultures uniques, plus propices au passage des engins
agricoles. Les haies et les arbres le plus souvent ont été arrachés. La monoculture s’est alors développée,
réduisant les habitats naturels favorables à la biodiversité et augmentant le risque de propagation de
maladies.
Afin de lutter contre ces maladies
et d’augmenter les rendements,
l’agriculture moderne a eu recours
aux produits phytosanitaires.
Ce sont des substances
majoritairement issues de la
chimie de synthèse, épandues sur
les cultures afin de tuer les
organismes responsables de
maladies. Elles ont aussi pour rôle
de supprimer les mauvaises herbes
qui concurrencent les plantes
cultivées, souvent moins
compétitives du fait même de leurs qualités agricoles. On distingue ainsi trois grands types de substances :
les insecticides contre les insectes ravageurs, les fongicides contre les champignons pathogènes et les
herbicides contre les plantes adventices (ou mauvaises herbes).
Cependant, l’usage de ces molécules a en parallèle eu des effets très négatifs pour l’environnement.
Les épandages contaminent les écosystèmes naturels, en particulier les milieux aquatiques, ce qui peut
entraîner des effets catastrophiques pour la biodiversité. Il existe de nombreux exemples d’espèces naturelles
qui ont été touchées par les produits phytosanitaires alors qu’elles n’étaient absolument pas visées
originellement.
Afin d’améliorer les rendements, l’agriculture a besoin de ressources en eau pour irriguer les cultures. Cette
consommation massive peut compromettre la disponibilité des ressources en eau, particulièrement dans les
régions en stress hydrique (en manque d’eau). Enfin, dans de nombreuses régions du globe, le réchauffement
climatique est susceptible d’amplifier le phénomène de sécheresse et d’aggraver le manque d’eau déjà
présent. L’agriculture est responsable de 17,8 % des émissions de gaz à effet de serre en France ; elles sont
dues à la mécanisation, aux épandages d’engrais sur les champs ainsi que le méthane produit par l’élevage
bovin et la fermentation des déchets agricoles.
L’impact environnemental de la production agricole s’associe à la
contamination, à l’exposition humaine aux contaminants et à un potentiel
impact sur la santé.
Le plus souvent, seuls des troubles mineurs sont à déplorer : irritation et picotement des yeux,
nausées et vomissements, sensation transitoire de faiblesse, brûlure de la peau, troubles gastriques légers.
L’inhalation momentanée ou prolongée de pesticides peut être à l’origine de pathologies respiratoires et de
symptômes asthmatiques. Chaque année, des accidents mortels surviennent dans le secteur agricole en raison
d’une forte absorption de pesticides.
Certains pesticides sont capables de
pénétrer dans notre organisme via la
peau et les poumons. Cela signifie que
pour y être exposé, il suffit de se trouver
dans un lieu public comme un parc, une
plaine de jeux, une école, un
restaurant… D'autant que généralement,
nous ne savons pas quels objets ont subi
un traitement (meubles en bois, tapis…).
Il faut par ailleurs tenir compte des
résidus de pesticides que l'on trouve dans
l'eau potable et dans l'alimentation.
Des études épidémiologiques ont été menées chez des travailleurs exposés à des doses plus élevées :
les agriculteurs. Les études parues jusqu'à présent établissent un lien avec certaines pathologies. Les
pesticides pourraient être à l'origine d’affections frappant certains organes (foie, reins, poumons), d’allergies,
d’effets neurotoxiques, de perturbations de l'immunité, de cancers, de malformation de l'embryon et atteinte
au patrimoine génétique (mutagène), problèmes de fécondité et de perturbations hormonales.
Les produits agricoles – importés ou locaux – contiennent aussi des résidus de pesticides. Il peut s'agir
d'agents interdits chez nous ou qui dépassent la concentration autorisée. Les plus hautes concentrations se
retrouvent dans des produits d'origine animale, comme la viande, le poisson, le lait, les œufs…. Ces
pesticides sont aujourd'hui interdits, mais on les trouve encore dans l'environnement, où ils se sont
accumulés au fil de nombreuses années d'usage intensif. Nous pouvons constater que le risque de cancer dû
aux pesticides est surtout causé par des produits entièrement ou partiellement interdits depuis longtemps
dans notre pays.
Cependant nous pouvons limiter les impacts des agrosystè mes sur
l’environnement et la santé .
L'un des enjeux majeurs est de trouver une solution pour le développement d'une agriculture durable
permettant tout à la fois de couvrir les besoins de l'humanité et de limiter les impacts sur l’environnement et
sur la santé. Dans une perspective de développement durable, et pour satisfaire les besoins de l’humanité
entière, l’équilibre entre une alimentation d’origine animale et une alimentation d’origine végétale, est une
dimension à prendre en compte. Certaines méthodes de culture et d’élevage peuvent nuire à l’environnement
ou à la santé des consommateurs. La prise de conscience de ces problèmes est à l’origine de pratiques
intégrant une gestion agricole durable, avec notamment un usage raisonné des engrais et des pesticides, une
production de meilleure qualité et limitant les nuisances pour l’environnement et la santé.