Évolution du transport touristique au Maroc
Évolution du transport touristique au Maroc
A. Le transport terrestre
Les moyens de transport doivent sans cesse s’adapter aux nouvelles exigences du tourisme. Une
interaction permanente lie d’ailleurs les deux éléments. Le tourisme d’est d’abord appuyé sur les
réseaux de transport existant et ces derniers se sont adaptés progressivement à la demande
touristique et de nouveaux impératifs : vitesse, sécurité, confort, accessibilité par tout temps,
adaptation des horaires, régularité, baisse des budgets, augmentation des coûts de carburant,
contraintes environnementales.
a) Location de voiture
La prestation de location de voiture consiste à louer un véhicule selon les normes demandées à
un client personne physique pour son usage personnel ou pour l’usage d’une personne morale
que cette personne physique représente. La prestation est conclue, suivant la réglementation en
vigueur, selon un contrat qui détermine clairement les conditions de location et les devoirs et
obligations de chacune des deux parties contractantes.
Cette prestation est commercialisée au Maroc par les grands loueurs habituels européens et des
entreprises de location marocaines spécialisées par exemple dans les 4x4 pour les expéditions en
désert ou montagne. Il faut savoir que le secteur est bien sur règlementé par un droit des
contrats. Toute voiture louée au Maroc ne peut quitter le territoire national sauf dérogation
spéciale couverte par les autorisations administratives du loueur. Cette prestation ne peut être
rendue à un client marocain ou étranger que s’il remplit les conditions d’identité de possession
de permis de conduire depuis au moins 24 mois et correspondant à la catégorie de véhicule loué.
Ce client doit être âgé au moins de plus de 23 ans.
Par ailleurs, afin de minimiser le risque encouru par le vendeur de la prestation un dépôt de
garantie est demandé au client, surtout lorsqu’il s’agit de clients individuels ou de touristes de
passage. De sa part, le vendeur de la prestation doit remettre au client un véhicule propre, en
bon état de marche. Toute anomalie doit être signalée dès la remise du véhicule. Ce dernier doit
être rendu à l’agence de location dans le même état qu’il a été reçu.
La prestation de location de voiture est toujours commercialisée pour une durée déterminée,
courte ou longue. La période courte se calcul par tranche de 24Heures, non fractionnable,
depuis l'heure de mise à disposition du véhicule. Toute location, courte ou longue durée, se
termine par la restitution du véhicule, de ses clefs et de ses papiers à l’agence de location. Les
tarifs applicables à la prestation, aux garanties ou assurances optionnelles sont ceux en vigueur
lors de la signature du contrat et des conditions correspondantes (durée, station de retour, ...).
Les tarifs appliqués au Maroc sont basés sur une grille tarifaire dont dispose l’agence de
location ou selon le tarif négocié entre l’agence et le client.
b) Le transport en autocar
Les autocars sont le complément des avions, trains, autobus et navires. Les autocars
représentent une alternative rentable aux autres modes de transport. En termes de km par
passager, le rail est deux fois et la voiture pratiquement trois fois plus cher que l'autocar. Les
autocars sont une alternative – respectueuse de l'environnement - aux autres modes de
transport, surtout aux trajets en avion effectués sur de courtes distances.
Les autocaristes sont en général de petites et moyennes entreprises. Ils apportent des réponses
rapides et flexibles aux besoins du marché, y compris à la demande croissante de transport
collectif.
Pour précision les autocars sont des véhicules affectés au transport touristique tel que défini par
la loi sont classifiés comme transport de 4ème catégorie et comportent les sous-catégories
suivantes :
• 1ère série : autocars de 26 à 52 places,
• 2ème série : minibus de 10 à 25 places,
• 3ème série : composée de 2 types de voitures :
- TLS (transports légers spéciaux) : minibus de 09 places, 4X4 et Land-Rover,
- TGR (transport de grande remise) : voitures de luxe toutes directions (limousines).
c) Le transport ferroviaire
Le train a joué un rôle premier dans l’histoire du tourisme, notamment en Europe. Dès le 19ème
siècle les trains sont le mode de transport privilégié du tourisme aristocratique. Actuellement le
rôle du rail dans les flux touristiques varie considérablement selon les destinations et tend à
diminuer face à la concurrence majeure de la voiture et de l’avion. En Europe occidentale la
part du rail ne s’élève qu’à une moyenne de 10% des voyageurs. Elle est assez modeste dans les
flux internationaux et assez forte dans le trafic touristique intérieur. En Amérique du Nord
anglo-saxonne le chemin de fer ne joue qu’un rôle marginal. Dans les pays en développement il
est inégalement développé et quand le réseau existe il ne remplit pas toujours et de façon égale,
les conditions de sécurité et de confort exigées par la clientèle touristique internationale.
L’avenir du train comme mode de transport touristique se joue actuellement avec les TGV dont
la France est le pays pionnier. Le réseau s’étend désormais au-delà des frontières françaises avec
des lignes qui relient Paris à la Grande Bretagne, à la Belgique, bientôt à l’Espagne, à l’Italie et
à l’Allemagne. D’autres pays dans le monde notamment en Asie adoptent progressivement ce
mode de transport et le Maroc1 a aménagé une ligne à grande vitesse entre Tanger et Casablanca
et deux projets vers Marrakech et Agadir dans la continuité soit 1300 kilomètres de nouvelles
lignes.
Le chemin de fer marocain a des voies à écartement normal. Il est géré par l’ONCF. Il propose
des services réguliers. Le réseau part d’Oujda, dans le nord –Est, vers Casablanca, sur la cote
ouest, Tanger sur la cote nord, Fès et Marrakech à l’intérieur du pays. Les principaux
itinéraires comprennent :
- Marrakech – Casablanca - Rabat - Meknes – Fès - Oujda
- Marrakech – Casablanca - Rabat
- Marrakech – Casablanca - Meknes-Fès et Casablanca- Rabat - Tanger
B. Le transport aérien
Il existe plus de 700 compagnies aériennes dans le monde. Mais à elles seules quelques dizaines,
commercialisées par de nombreuses agences partout en France, trustent plus des 3/4 des
dessertes proposées... même si en réalité, avec le système de partage de code (« code share »), un
billet de la compagnie X pourra faire que vous volerez avec un appareil de la compagnie Y
partenaire de celle-ci.
Les systèmes d'alliances se multiplient ainsi avec pour but bien sûr d'occuper au mieux le réseau
mondial et réduire les coûts. Même si les choses bougent en permanence à l'heure actuelle et que
plusieurs compagnies ont disparu ou ont été restructurées, trois regroupements occupent plus de
75 % du trafic mondial avec en tête « SkyTeam » (Air France, KLM, Alitalia, Delta...) puis
« Star Alliance » (Lufthansa, Air Canda, United et une douzaine d'autres) et « One World »
(leaders : British Airways et American Airlines).
Les transports aériens sont très sensibles aux fluctuations économiques et aux aléas
conjoncturels internationaux. La crise du transport inhérente à la pandémie mondiale de
Covid19 l’a démontré en 2020 et 2021. Ce secteur est par ailleurs largement « internationalisé »
depuis ses origines, du fait même de la nature de son activité, qui traite certes des vols
domestiques, mais surtout des vols internationaux.
Ce n'est qu'après la deuxième guerre mondiale, notamment du fait des progrès technologiques,
que l'on assiste à une véritable organisation internationale des transports aériens, par le biais
d'organismes tels que l'OACI (Organisation internationale de l'aviation civile) ou l'IATA
(association internationale du transport aérien). La déréglementation de ce secteur, mise en
œuvre dans les années 70 aux États-Unis, a servi de moteur, voire de modèle, à une libéralisation
plus progressive des transports aériens de l’Union Européenne et du transport aérien
international.
Ce n'est pas la première fois que le secteur connaît de profonds bouleversements. Mais la crise
récente semble la plus dure. D'une manière générale, les recettes unitaires ont fortement baissé
au cours de la dernière décennie, du fait du développement de la concurrence, des low-costs (à
bas coût) et de la hausse quasi ininterrompue des coûts du pétrole. En conséquence, les
1
ONCF (Office national des chemins de fer du Maroc) - [Link]
transporteurs ont dû s'adapter et, plus récemment, des restructurations sont intervenues, qui
ont nécessité d'importants apports de capitaux. Les années de crise de la décennie 2010 ont
contribué à l'émergence d'un paysage aéronautique bouleversé, où quelques grandes
compagnies « classiques » prédominent dans le cadre d'alliances renforcées, autour de hubs
puissants, alors que les compagnies « low-costs » se sont renforcées et ont pris de nombreuses
parts de marché notamment sur les court-courriers. L’après-Covid sera dans cette continuité et
la raréfaction des énergies fossiles ainsi que les enjeux du développement durable face à la crise
climatique risquent de bouleverser fortement ce marché.
Pour mieux faire face à la concurrence et surtout se positionner sur les marchés, les compagnies
multiplient les alliances, généralisant parfois à outrance ce que les spécialistes appellent le
"code-share". Soit en français le "partage de code".
En clair, à travers cette pratique commerciale, une compagnie aérienne peut vendre sous son
propre code les vols d'autres transporteurs. On pourra donc acheter un billet pour une
destination avec la compagnie X et voler effectivement avec la compagnie Y en ne l'apprenant
qu'au moment d'embarquer. Si à l'origine cette tolérance avait pour but d'aider les "petites"
compagnies nationales à proposer un choix plus large que ce qu'elles pouvaient offrir seules,
désormais le code-share est devenu une arme redoutable dans la guerre du transport aérien.
C. Le transport maritime
Les spécialistes du transport par voie maritime considèrent le Maroc comme une île, en ce sens
que la majorité de ses échanges extérieurs transite par la mer. En effet, le Maroc, par sa
position géographique stratégique, se trouve entouré par la mer méditerranée au nord et par
l’océan atlantique à l’ouest. Le littoral marocain se prolonge sur 2500 Km. Ainsi le Maroc se
présente comme un pays maritime par excellence, permettant des échanges de transport de
passagers, de marchandises et de fret par voie maritime. Par ailleurs, par une politique de
promotion balnéaire très prononcée les départements du tourisme et du transport un certain
nombre de projets balnéaires ont été réalisés dans le cadre d’un programme appelé « plan Azur
» qui vise entre autres à développer les plages et les ports de plaisance.
Les liaisons en ferry sont des liaisons régulières et elles s’effectuent entre l’Europe et les ports
marocains. Les traversées existantes sont : Tanger- Algesiras, Ceuta- Algesiras, Tanger- Sète.
Auxquelles il faut ajouter :
- une ligne reliant les ports d’Al Hoceima et d’Almeria ;
- deux lignes entre les ports d’Al Hoceima et de Malaga ;
- une ligne maritime entre les ports de Tanger et de Gênes.
Les principales compagnies qui desservent le Maroc et assurent ces lignes sont :
- Compagnie maritime GNV
- Compagnie maritime Balearia
- Compagnie maritime Trasmediterranea
- Compagnie maritime Grimaldi Lines
- Compagnie maritime Armas
- Compagnie maritime FRS
1.1.2 Les entreprises prestataires et les prestations
L’organisation touristique est plurielle en ce sens qu’elle est l’illustration d’un secteur d’activité
économique regroupant des branches différentes ; en effet le tourisme est un secteur composé d’une
multitude d’entreprises et d’acteurs qui sont directement ou indirectement en relation avec l’activité
touristique sur un territoire. Le tourisme c’est en premier lieu un territoire d’accueil avec des activités
réceptives qui répondent aux attentes des visiteurs : accueil, information, acheminement, transfert,
hébergement, restauration, loisirs, sports, visites, animations. La première distinction à opérer est celle
qui sépare les institutionnels des acteurs privés.
Dans tous les secteurs de la « motivation touristique » se positionnent des organisations touristiques
privées soit les entreprises et les associations. Pour bien les situer il faut bien avoir à l’esprit la
configuration du secteur et sa spécificité.
L’entreprise est une organisation spécifique structurée autour d’une spécificité. Son objet est défini par
ses statuts et se concentre effectivement sur une finalité marchande. Au contraire des autres
organisations notamment associatives et à financements publics, l’entreprise est un acteur privé dont le
but est de mettre en marché une offre. Elle vise ainsi à se positionner sur un marché en tant qu’acteur
de l’offre pour répondre à une demande spécifique. Son rôle en fait un agent majeur de l’économie
d’un territoire. Il faut ajouter qu’elle correspond sur le plan juridique à une personne morale qui peut
prendre deux formes.
Une entreprise fonctionne sur des critères commerciaux et financiers de rentabilité. La logique
d’entreprise est de produire pour vendre et réaliser un chiffre d’affaires suffisant pour dégager un
bénéfice. Les propriétaires de l’entreprise ou associés ou actionnaires ont investi un capital (financier
et/ou matériel) dans l’entreprise. Ils en attendent des dividendes, c’est à dire le partage du bénéfice
réalisé chaque année. Au centre de la logique d’entreprise il y a ainsi la nécessité de vendre donc
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Cécile Clergeau, Olivier Glasberg, Philippe Violier, Management des entreprises du tourisme
Stratégie et organisation, éditions Dunod, 2014
d’avoir des clients qui achètent et consomment l’offre proposée sur le marché par l’entreprise. L’enjeu
de toute entreprise est par conséquent d’avoir des clients. A partir de ce constat une entreprise qui
réalise un chiffre d’affaires croissant lié notamment à une augmentation de sa clientèle, va devoir
produire plus et par effet induit devoir créer des emplois supplémentaires. La valeur ajoutée de
l’entreprise est ainsi une richesse supplémentaire créée pour satisfaire les besoins des consommateurs.
Cette logique concerne bien sur l’ensemble des entreprises concernées par les activités touristiques.
Un classement des entreprises touristiques doit distinguer les entreprises à activités directement
touristiques de celles qui ont des activités indirectes et des activités induites.
A. L’hôtellerie
L’hôtel est considéré comme le moyen d’hébergement privilégié dans le cadre du tourisme
international, assurant de 50 à 80% des nuitées de d’un grand nombre de destinations. En revanche et
ce en raison de son prix élevé, il est parfois délaissé au profit d’autres modes d’hébergement dans le
cadre du tourisme national. La capacité hôtelière mondiale dépasse 25 millions de lits touristiques
marchands. L’Europe et les États Unis en regroupent les trois quarts.
L’hôtellerie de tourisme s’est développée à la fin du XIXè siècle pour accueillir la clientèle du
tourisme aristocratique en Europe et dans les pays industrialisés. Après la seconde guerre mondiale, la
démocratisation des départs dans les pays développés et l’avènement du tourisme de masse a contribué
à la diversification des établissements et des localisations. L’Europe et La Méditerranée sont les
premiers foyers récepteurs à s’être massivement équipés comme les régions les plus touristiques des
États Unis. Le Maroc est devenu très tôt une destination et notamment Marrakech, Tanger et la station
d’Agadir entièrement aménagée après un tremblement de terre dévastateur. Ont suivi les Caraïbes, les
destinations du Moyen Orient et d’Asie. Aujourd’hui l’hôtellerie internationale s’est développée dans
une majorité de destinations proches et lointaines. Les formules se sont multipliées : hôtels club,
villages, resort, hôtels de cure, hôtels casinos, motels, « aparthôtels », résidences hôtelières… suivant
la démocratisation et la massification des flux touristiques, l’offre hôtelière s’est segmentée : hôtellerie
haut de gamme, hôtellerie indépendante, hôtellerie de chaîne. Il faut tenir compte aussi du classement
hôtelier3.
La classification des établissements, liée à divers critères – confort, qualité et diversité des prestations
– varie selon les destinations ce qui pose problème quand il s’agit de comparer les parcs hôteliers et de
sélectionner les prestations adaptées à la demande client. Les hôtels de classe internationale regroupent
des établissements prestigieux anciens – parfois classés monuments historiques - le Ritz, le Crillon, le
George 5 à Paris, le Frontenac à Québec, le Taj Palace à Delhi, le Negresco à Nice La Mamounia à
Marrakech– et des établissements plus modernes très fonctionnels et de grande capacité – le Concorde
et le Méridien porte Maillot à Paris, le Rossia à Moscou, l’Atlanta Marriot à Atlanta (capacité de plus
de 1000 chambres). Ce sont des hôtels classés au minimum 5 étoiles et entrants dans la catégories des
Palaces.
L’hôtellerie indépendante
Dans une autre gamme s’est développée une hôtellerie plus modeste dans les espaces ruraux, autour
des gares et dans les centres urbains anciens, le long des axes routiers. Cette petite et moyenne
3
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hôtellerie rassemble aujourd’hui plus des deux tiers des chambres d’hôtels dans le monde 4. Les
établissements appartiennent souvent à des indépendants qui doivent faire face à des charges
d’entretien et de rénovation lourdes. Ils subissent la concurrence des établissements de chaîne
notamment dans le segment d’entrée de gamme c’est-à-dire les catégories d’une à deux étoiles.
L’hôtellerie de chaîne
Les entreprises hôtelières ont commencé à se regrouper dès le début du XXème siècle. Elles ont connu
un essor accéléré depuis le milieu des années 1980/1990 en Europe comme en Méditerranée et dans
les grands bassins touristiques mondiaux. Elles se développent par l’acquisition ou la construction de
nouveaux établissements, le rachat d’anciens hôtels et/ou par la franchise. L’entreprise qui franchise
fournit l’assistance technique et commerciale mais limite les risques liés à l’investissement dans les
terrains et l’immobilier, le franchisé demeurant propriétaire de son établissement.
Par la concentration et les économies d’échelle ils offrent un produit homogène dans toutes les
destinations. Leur implantation s’est effectuée d’abord aux environs des aéroports internationaux et au
sein des grandes métropoles. Ensuite et en suivant une stratégie marketing efficiente ils ont diversifié
les marques de l’entrée de gamme au haut de gamme pour s’implanter à proximité des gares, dans les
stations touristiques, sur les axes et carrefours routiers et dans les périphéries urbaines des grandes
métropoles. De plus ils visent au-delà de la clientèle individuelle urbaine et de transit, une clientèle
individuelle de voyageurs d’affaires et une clientèle groupe tourisme d’affaires. C’est ainsi qu’ils ont
équipé leurs hôtels de salles de réunion pour accueillir séminaires et symposiums voire pour les plus
grandes capacités des congrès. Développée aux États Unis dans un premier temps ces chaînes se sont
multipliées en Europe et au japon avant de s’étendre aux autres régions du monde. Aujourd’hui les
États Unis contrôlent la majeure partie des chaînes intégrées dans le monde devant les groupes
européens. Ces chaînes par ailleurs se sont concentrées dans de vastes groupes touristiques qui
contrôlent tout ou partie de la chaîne touristique : de l’hôtel au client en passant par le TO – par
exemple ACCOR, TUI…
C’est pourquoi les espaces récepteurs peuvent être dépendant de ces chaînes et groupes touristiques
qui négocient les prix et commercialisent auprès de leur clientèle toujours à des prix plus serrés. Les
destinations maîtrisent ainsi peu leur tourisme quand celui-ci dépend d’allottements hôteliers négociés
et d’unité hôtelières dont le bénéfice remonte aux sièges des groupes.
Les chaînes volontaires sont des associations d’hôteliers indépendants désireux de limiter leurs frais
d’approvisionnement et de gestion et d’améliorer la commercialisation de leurs unités. Ils développent
dans ces regroupements une image et une politique commerciale cohérente. Ces groupes distribuent
des guides et disposent aussi de centrales d’achat et de réservation. Dans le monde des associations
internationales se sont développés avec des adhésions de chaîne. Par exemple la chaîne Mapotel est
adhérente de la chaîne américaine Best Western qui regroupe plus de 3500 hôtels dont 1000 en
Europe. Comme chaînes volontaires internationales on peut aussi citer : Golden Tulip aux Pays Bas,
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Italhotels en Italie, Romantik en Allemagne, Loews Hotels holding Corporation au États-unis, Logis
de France, Relais et Châteaux, Flag Inns en Australie…
Les chaînes volontaires présentent une répartition géographique souvent plus diffuse que les chaînes
intégrées. Si elles couvrent parfois les segments de la tradition, de l’histoire, du charme et du luxe,
elles sont notamment plus développées en espace rural. Le développement reprend doucement pour les
chaînes hôtelières volontaires, associé à une augmentation significative des moyens de promotion et de
communication dans lesquels elles investissent. Parmi les tendances actuelles : des regroupements de
moyens et un intérêt, enfin, pour les produits hôteliers de leurs membres.
L’hébergement en milieu rural est issu du tourisme rural dont l’enjeu est de permettre aux résidents
d’obtenir des compléments de revenus à leur activité principal. Les agriculteurs peuvent ainsi proposer
des hébergements à la ferme tout en conservant leur métier. Il s’agit donc essentiellement de
logements chez l’habitant. On trouve une classification précise de ces logements mais qui n’est pas
forcément équivalente dans toutes les destinations en fonction de la réglementation en vigueur : gîtes
ruraux, chambres d’hôtes, campings à la ferme, Bed and breakfast, maisons d’hôte…
Les gîtes ruraux ont une existence ancienne dans certains pays comme la grande Bretagne et les pays
alpins où les paysans ont cherché précocement un complément de ressources pour pallier le déclin de
l’agriculture de montagne. Aux États Unis, les « recreative farms » bénéficient d’importantes aides
publiques. Par exemple cette activité s’est beaucoup développée en Crimée. En France une fédération
des gîtes5 a été créée pour règlementer les offres. Les agriculteurs disposent de prêts avantageux et de
subventions directes pour aménager ces gîtes. Ces hébergements facilitent la commercialisation des
produits de la ferme et permettent de restaurer le patrimoine immobilier et vernaculaire rural. Les gîtes
ruraux permettent de diversifier les activités, les agriculteurs organisant des stages sur la cuisine
régionale ou la découverte du monde rural. Ils peuvent aussi monter une table d’hôtes pour une cuisine
du terroir.
Les chambres d’hôtes assurent surtout le tourisme de passage mais peuvent aussi s’adapter au tourisme
de séjour. La formule est particulièrement répandue en Grande Bretagne avec les « Bed and breakfast
», formule aussi présente en Allemagne, Suisse et pays de l’Europe méditerranéenne.
Au Maroc la formule Ryad6 s’en rapproche le plus tout comme elle se rapproche des formules de
location.
Les résidences secondaires et les locations de meublés
Les résidences secondaires constituent un héritage du tourisme aristocratique et trouvent leur origine
dans le développement des villes de repos associées aux grandes cités du monde antique. Jusqu’à la
seconde guerre mondiale la résidence secondaire est surtout liée au tourisme thermal, à la villégiature
et à la campagne. Après 1950 le parc d’étend rapidement sur les espaces ruraux et rurbains. La
démocratisation est facilitée par l’exode rural qui se poursuit partout en Europe, en Amérique du Nord
et dans de nombreux pays en développement. Beaucoup de citadins conservent leur résidence rurale
d’origine. De plus la progression du niveau de vie et l’amélioration des réseaux routiers encouragent le
développement des loisirs de proximité. Il en résulte une importante diffusion des résidences
5
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secondaires dans un rayon de 100 à 200 kilomètres autour des agglomérations de plus de 50000
habitants.
Les résidences secondaires sont en général des hébergements non marchands qui ont des formes
diverses :
- Appartement en immeuble collectif : stations balnéaires et de sports d’hiver
- Villas, bastides, fermes, mas provençaux, maisons de famille, ryads
La France, la Suède et les États Unis sont les premiers pays au monde en nombre de résidences
secondaires. La France détient la première position en nombre de résidences secondaire rapporté au
nombre d’habitants.
Locations meublées
Elles représentent une part importante de la capacité d’hébergement de grand nombre de destinations.
Les locations meublées sont de plusieurs types : Appartements ou maisons louées pendant la saison ou
une partie de l’année, dépendances ou annexes de résidences secondaires…
Les locations peuvent se faire soit directement via des annonces et Internet soit indirectement via des
agences immobilières ou des centrales comme le groupe InterHome qui gère un parc de 35 000
appartements et maisons de vacances dans 27 pays7
La multipropriété
Propriété spatiotemporelle, bien immobilier en temps partagé, time share, la multipropriété revêt
multiples formes juridiques dans le monde mais le principe demeure le même partout. Il s’agit de
disposer d’un appartement durant une période de temps limité, le plus souvent sur une ou deux
semaines par an. Chaque unité de temps est vendue à des tarifs différents selon la période. Cette
formule permet de limiter l’investissement de l’acquéreur et lui laisse la possibilité de revendre ou de
louer ses droits. Le promoteur peut commercialiser plus facilement son produit à des prix avantageux.
Il assume de plus la gestion et la location des appartements qui sont pour la plupart regroupés dans des
résidences hôtelières dans les mêmes gammes que les hôtels. Pour éviter l’écueil de la mobilité
temporelle des dates de vacances, des bourses d’échanges ont été créées. Elles permettent à leurs
adhérents d’échanger dans un système de crédit temps leurs périodes et leurs appartements. Pierre et
Vacances est leader du marché en France et en Europe. Pierre et Vacances propose l’échange entre
propriétés littorales et montagnardes. Mais ce sont des opérateurs américains qui sont les leaders
mondiaux du domaine. Par exemple RCI (Resort Condominium International) 9 est leader du time share
dans le monde. « Founded in 1974, RCI has grown to become one of the larger brokers of timeshare
trades. RCI has over 4300 affiliated resorts in over 100 countries around the world. Its membership
base is just over 3,9 million members worldwide ».
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Au total la multipropriété s’est développée dans les pays anglo-saxons essentiellement aux États Unis,
au Canada mais aussi en France et dans les pays méditerranéens d’Europe.
Les villages de vacances sont nés dans les années en Italie mussolinienne sur les littoraux de
l’Adriatique. Ils étaient destinés à accueillir des travailleurs méritants. Le système s’est étendu dans
d’autres pays d’Europe avec la démocratisation du tourisme avant et après la seconde guerre mondiale.
Il s’agit pour la plupart d’entreprises à but non lucratif, créées et gérées par des associations. Elles
relèvent du tourisme social10 qui a pour but de développer l’accès aux vacances pour tous. Par exemple
la fédération Léo Lagrange11. Elles sont aussi souvent liées aux comités d’entreprise des grandes
entreprises ou ministères qui veulent également aider leurs membres à accéder aux loisirs et vacances.
Il est à noter que certaines de ces associations se sont muées en entreprises commerciales ; le Club
Méditerranée en est le plus bel exemple avec plus de 180 villages dans le monde qui sont désormais
plutôt des complexes hôteliers et ne sont plus les villages de tentes du début (dans les années 50).
Avec les villages vacances, existent les centres de vacances qui regroupent des hébergements divers :
anciennes colonies de vacances, camps d’adolescents, centres de l’UCPA (devenue une entreprise
commerciale), camps de scoutisme…
On en comptabilise plus de 5500 dans le monde. La première a été ouverte en Allemagne en 1910 et
ce pays demeure en tête pour l’équipement. Employant au départ des bénévoles, ces hébergements ont
changé de nature depuis les années 70. Elles sont localisées dans les grandes villes et leurs environs et
reçoivent une clientèle de jeunes et de groupes bon marché. Les critères de rentabilité l’emportent
désormais sur ceux d’animation, de rencontre et d’éducation. Une auberge offre essentiellement des
dortoirs bien que de plus en plus proposent désormais des chambres doubles à quintuples. Le principe
traditionnel du remplissage est celui de remplir au fur et à mesure des arrivées quotidiennes et ce à
partir souvent de 10h du matin. Désormais certaines auberges pratiquent avec les groupes notamment
10
Unat – Le tourisme au service des hommes et des territoires - [Link]
11
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le système de la réservation. En France et dans le monde il existe des réseaux d’auberges de jeunesse à
l’instar de la FUAJ, fédération unie des auberges de jeunesse12.
Le camping caravaning est une activité estivale par essence, ce qui explique la forte concentration des
terrains d’hébergement de plein air sur les littoraux et leur arrière-pays proche, les espaces ruraux plus
particulièrement en Méditerranée et au cœur des espaces naturels notamment de moyenne montagne.
Les effectifs sont difficilement quantifiables à cause du camping sauvage dont l’ampleur peut être
considérable. Le nombre de pratiquants est estimé à 60 millions en Amérique du Nord et 70 millions
en Europe.
Les campings peuvent être selon les pays classés comme les hôtels en fonction de normes précises. Il y
a ainsi une gamme complète de produits de l’aire naturelle de camping à l’hôtel de plein air en passant
par des campings golfs et des campings clubs. L'hôtel de plein air (HPA) est un Camping proposant
des hébergements. Les hôtels de plein air sont les campings qui proposent des hébergements, tels
chalets, mobilhomes ou caravanes. Il s'agit souvent de parcs résidentiels de loisirs, et dans ce cas il n'y
a que des emplacements pour Mobil Home ou hébergement de loisirs, et pas ou peu d'emplacements
pour du Camping de passage.
B. La restauration
Cette typologie ne tient pas compte des niveaux de gamme. C’est pourquoi ne sont pas mentionnés les
restaurants gastronomiques, lesquels peuvent se retrouver dans plusieurs catégories : restaurants
classiques, d’hôtels, à thèmes.13
La restauration traditionnelle
Cette branche comporte des établissements très variés et se compose essentiellement de petites
entreprises individuelles. C'est le type d'établissement ou chaque chef d'entreprise peut laisser libre
cours à sa créativité et à son imagination. Ils sont les héritiers de la tradition gastronomique marocaine.
La restauration à thème
Les entreprises de loisirs sont des organisations qui gèrent des espaces, des infrastructures
essentiellement récréatives à l’instar des infrastructures sportives. On y trouve des parcs récréatifs et
de loisirs et des infrastructures
Parcs de loisirs
Un parc de loisirs est un espace en plein air fournissant des activités de loisirs et de divertissements.
Héritiers des Zoos européens du 19ème siècle, ces « parcs » offrent sur une surface de plein air ou
dans un centre couvert, des activités de découverte et de loisir à objet culturel et/ou ludique.
Un parc de loisirs est parfois la pièce maîtresse d'un domaine plus vaste pouvant comprendre des
hôtels, des commerces, d'autres activités de loisirs en périphérie du parc et parfois même d'autres
parcs. On parle alors de complexe de loisirs ou de Resort. Il existe aussi une différence importante
entre un simple parc d'attractions et un parc à thèmes ou parc thématique. Ce dernier comporte une
décoration, une architecture/scénographie particulière lui conférant un caractère souvent unique. Ses
attractions peuvent être aussi dotées d'une scénarisation particulière devenant ainsi de véritables
aventures ou expériences.
Le Maroc dispose d'un patrimoine culturel et civilisationnel riche et diversifié. Chaque région possède
ses particularités, contribuant ainsi à la culture nationale et à l'héritage civilisationnel. Parmi les
obligations prioritaires, figurent la protection du patrimoine sous toutes ses formes et la préservation
des monuments historiques.
Les visites s’effectuent par des individuels et des groupes. Elles sont programmées dans le cadre des
circuits tel que le circuit des villes impériales ou d’autres circuits destinés au tourisme culturel en
général. Pour la majorité des musées l’entrée est gratuite ; pour d’autres l’entrée est payante à des
tarifs différents individuels, groupes, nationaux ou étrangers.
Le Maroc dispose ainsi de quinze musées relevant du Ministère des Affaires Culturelles. Ces
établissements sont de trois sortes :
• Des musées archéologiques
• Des musées ethnographiques
• Des musées spécialisés
Monuments et sites historiques et archéologiques
Les monuments historiques sont au cœur de la prestation des produits du tourisme culturel et des
circuits intégrant des visites de villes.
On peut ajouter à toutes ces entreprises de loisirs toutes les entreprises qui fournissent des prestations
de location de toutes sortes : vélo, trottinettes, traditionnels et électriques ; scooters et motos ; scooter
des mers, bateaux, voiliers (plaisance), hélicoptère, hydravion, sauts en parachute, parapente,
montgolfière – et des prestations d’animation ou de sport en plein air comme le canyoning, le rafting,
l’escalade, les parcours aventure ou autres. On les retrouve souvent dans les produits touristiques liés
au tourisme d’affaires et évènementiel.
Elles sont caractérisées en outre dans un grand nombre de pays par une règlementation juridique qui
les définit15. Ainsi l’intermédiaire qu’il soit assembleur de prestation c’est à dire producteur-grossiste
ou distributeur, est soumis aux mêmes conditions juridiques d’exercice de sa profession. Il n’en est pas
de même pour les prestataires de service touristique qui ont leur propre réglementation sectorielle. En
revanche les prestataires ont la possibilité de développer une activité de distribution touristique, en ce
cas ils doivent mener une procédure d’adaptation à la règlementation des entreprises du voyage. Par
exemple les hôteliers, les transporteurs de passagers, les gestionnaires de sites et parcs de loisirs…
14
Chagneau Mélanie, BTS Tourisme 2ème édition - Collection : Objectif BTS - Studyrama
15
Règlementation juridique Maroc sur les agences de voyages : [Link]
[Link]
1.1.6 Les entreprises du tourisme d’affaires
Il faut distinguer le tourisme d’affaires des voyages d’affaires. Les voyages d’affaires sont des
déplacements réalisés de manière individuelle ou en petits groupes dans un but strictement
professionnel, comme par exemple un rendez-vous d’affaire dans une autre ville, un
déplacement pour rencontrer les interlocuteurs d’une entreprise cliente ou encore une réunion
internationale entre plusieurs partenaires etc.…
Contrairement aux incentives, la destination est souvent imposée par la localisation d’une
entreprise ou d’un secteur d’activité spécifique. Les aspects touristiques de l’offre d’affaires ne
rentrent donc pas en compte ici ni dans le choix de la destination des voyages d’affaires ni dans
16
Maurice Dupuy, Le tourisme d'affaires - Comprendre, organiser, réussir, éditions TECHNIP, 2005
les activités annexes, car le voyageur d’affaires a généralement peu de temps à consacrer à ses
loisirs. De plus, ces déplacements sont assez difficilement quantifiables car les professionnels
voyagent souvent en individuel et utilisent des moyens de transport et des modes d’hébergement
très diversifiés.
Mini- glossaire :
- DMC : Destination Management Companies - Agences réceptives qui organisent des
événements, incentive, soirées de gala, fêtes...
- IMEX : salon international du tourisme d’affaires et événementiel ; IMEX à Francfort, est le
plus grand salon de réunions et de voyages de motivation en Allemagne.
- Networking : réunion entre collègues ou personnes de même milieu professionnel
- Pax : terme utilisé par les professionnels du tourisme pour désigner un passager ou un client
- PCO : Professionnal Congress Organizer. Métier d’organisateur professionnel de congrès
Les agences :
Agences de type "communication" (publicité, stimulation, animation des ventes, relations
publiques, événementiel) qui traitent la partie marketing. Agences de voyages titulaires d'une
licence (agences de tourisme d'affaires, agences de voyages, certains tour-opérateurs).
Réceptifs locaux
ou DMC spécialisés dans le tourisme d'affaires et adaptés au marché français. Ils sont souvent à
l'origine de la "faisabilité" d'une destination.
Prestataires de base :
Transporteurs (compagnies aériennes et maritimes) et hôteliers. Auxquels les agences de voyages
peuvent s'adresser directement.