LES CAHIERS DE DOUAI
« Émancipation créatrices »
« Ma bohème »
Les Cahiers de Douai désigne un court recueil poétique écrit par Arthur Rimbaud à 16 ans qui a était publié (à titre
posthume) après sa mort en 1919. II s'agit d'un ensemble de deux feuillets contenants respectivement 15 et 7
poèmes confié par Rimbaud à l'éditeur Paul Demeny lors de ses fugues en 1870. Bon élève, Rimbaud avait une
forte culture classique et une passion pour la poésie mais était contraint par son environnement familial. Sa
révolte se traduit par des fugues, et en poésie par sa distance avec le romantisme (rupture des conventions). Et
comme Baudelaire, Rimbaud n’hésitait pas à consommer de l’opium qui l’emportait dans une dimension étrange
aux possibilités créatifs infinies, qui se retrouve fortement dans ses poèmes
Introduction 2
Le titre « Ma bohème » signifie bien cette vie aventureuse, d'où l'intérêt d'étudier ce poème,
qui clôt le recueil. Le poème est un sonnet,14 alexandrins répartis en 2 quatrains et 2 tercets.
On note que Rimbaud prend des libertés avec le schéma traditionnel : change de rimes. Les
thèmes de l'errance en harmonie avec l'univers et de la création poétique se mêlent.
Problématique
Nous verrons comment le poème devient un art poétique à partir de l'image du poète errant
en liberté dans la nature protectrice
Annonce du plan
Pour cela, nous étudierons d'abord des vers 1 à 4 : l'autoportrait du poète errant, démuni
mais inspiré par la nature qu'il parcourt ; puis des vers 5 à 7 lors du ralentissement : la rêverie
nocturne d'un clochard protégé et créatif; enfin des vers 8 à 14 : la halte inspirée et créatrice,
où le tableau nocturne devient une sorte d'art poétique
Vers 1 à 4 : Autoportrait du poète errant, démuni mais inspiré par la nature qu’il parcourt
- Expression du mouvement + de l’aventure
o Dès le v. 1 verbes d’action « allais »
o Aussi lexique de mouvement
o Répétition au v.3 impression d’élan
o Transmit parce que : une seule phrase exclamative
- L’aventure avec un dénuement matériel
o Pas d’indication de destination : sous le ciel vague
o Mains dans les poches rien dans les mains/ pas de bagage
o Même dans les poches : « poches crevés » v 1
o La veste « idéal » plus qu’une idée, tellement usé
- Atmosphère et l’état rêveur du vagabondage dans la nature
o Lyrisme personnel : 1ere personne singulier pronom pers « je » 4x + adj
possessifs « mon, ma »
o Tutoyer la déesse de l’inspiration « ton », alors que « féal » dépeint Rimbaud
comme amant soumis
o Ironie dans le dernier vers : « Oh ! la ! la ! » exclamation enfantine, « que
d’Amour » contradiction a la solitude, « splendide » adjective qualificatif
hyperbolique
Vers 5 à 7 : ralentissement, rêverie nocturne d’un clochard protégé et créatif
- Ralentissement
o Syntaxe : phrase 1 (v5) phrase 2 (v6-7) phrase 3 (v7) phares 4 (v 8-fin)
o Plusieurs phrases courtes coupe le temps : plus lent
- Contraste de phrases cacophonique et poétique
o « Unique culotte » et « trou » a nouveau démunissions, + sonorité
entrechoquant cacophonie
o « Égrenant… des rimes » métaphore, image enfant poète, détache des rimes
comme des grains , compare a un conte merveilleux grace au tiret
- Pauvre mais protégé, relation avec la nature
o « mon auberge… grand ourse » périphrase : clochard protégé par les étoiles
( grand adj qual + ourse : hyperbole pour protéger)
o Image maternelle « mes étoiles » adj possessif (+ nom f), fait penser à
enfant naïf qui s’attribue tout l’univers
Vers 8 à 14 : halte inspirée et créatrice, le tableau nocturne devient art poétique
- Halte qui crée un véritable tableau
o Une seule longue phrase développe le tableau
(2 subordonnés relatives introduites par « ou » v10 et 12 amplifient le GN « ces
bons soirs de septembre » (CC de temps))
o Poète apaisée a l’arrêt : participe passé « assis » (adj), imparfait valeur durative
- Poète réceptif en harmonie avec la nature
o « Bons » adj qualificatif + comparaison de la « rosée » (rejet) avec le « vin de
vigueur » (réf septembre : saison de récolte)
o Verbes de perceptions : « sentais » après « écoutait », plusieurs sens actifs
- Jeu sur les mots très poétiques
o Vocab de poésie s’intensifie : « rimant » « lyres » « pied »
o « Lyres » reprend le mythe du poète Orphée + comparaison avec
« élastiques » connote au sens figuratif : tendre et distendre les règles/ cliché
o Métonymie : « un pied près de mon cœur ! » Célèbre son amour du voyage,
associes ces souliers au cœur et donc l’amour (avec ! Lyrique ou
provocateur)
Conclusion
Nous avons pu voir que Ce poème de Rimbaud nous offre une vision autobiographique de la
liberté et de la création en plein air. Il constitue un manifeste poétique où l'errance est source
d'inspiration. Rimbaud présente trois aspects de cette liberté : la joie du jeune vagabond en harmonie
avec la nature, les techniques poétiques innovantes utilisées dans le poème, et la capacité du poète à
transformer la réalité banale en quelque chose de nouveau et captivant en jouant avec les mots.
Les fugues de Rimbaud, symboles de liberté, ont largement inspiré sa poésie. Par
exemple les thèmes de l’errance et de l’émancipation se retrouve dans « Sensation » et « Au
cabaret-vert, cinq heures du soir ».
LES CAHIERS DE DOUAI
« Émancipation créatrices »
« Le Dormeur du val »
Les Cahiers de Douai désigne un court recueil poétique écrit par Arthur Rimbaud à 16 ans qui a était publié (à titre
posthume) après sa mort en 1919. II s'agit d'un ensemble de deux feuillets contenants respectivement 15 et 7
poèmes confié par Rimbaud à l'éditeur Paul Demeny lors de ses fugues chez George Izambard en 1870 Bon élève,
Rimbaud avait une forte culture classique et une passion pour la poésie mais était contraint par son
environnement familial. Sa révolte se traduit par des fugues, et en poésie par sa distance avec le romantisme
(rupture des conventions). Et comme Baudelaire, Rimbaud n’hésitait pas a consommer de l’opium qui l’emportait
dans une dimension étrange aux possibilités créatifs infinies, qui se retrouve fortement dans ses poèmes
Introduction 2
"Le Dormeur du val", apparait avec la date « Octobre 1870 », et l’on suppose que Rimbaud a pu, lors de
ses fugues observer les dégâts causés par la guerre entre la France et la Prusse. Ce poème est un
sonnet de 14 alexandrins, organisé en 2 quatrains et 2 tercets, où Rimbaud joue avec les conventions
poétiques en modifiant les rimes. Ce poème, descriptif, dépeint une nature magnifique où repose un
soldat endormi. Cependant, le portrait du soldat évolue progressivement jusqu’à la chute poignante
qui révèle que le jeune homme est en réalité mortellement blessé, invitant ainsi à une relecture du
poème comme une critique de la guerre.
Problématique
Nous verrons comment le tableau poétique devient dénonciation de la guerre en instaurant peu à peu
un malaise qui prépare une révélation brutale.
Annonce du plan
Pour cela nous étudierons d’abord des vers 1 à 4 : le tableau d’une nature agréable, associé avec la paix
; puis des vers 5 à 13 : le portrait d’un dormeur au sommeil de plus en plus surprenant et dérangeant ;
enfin au vers 14 : la chute brutale qui dénonce la guerre injuste
Vers 1 à 4 : le tableau d’une nature agréable
- Description spatiale dynamique
o Grande quantité de Vocab de campagne : « verdure », « rivière » « herbes »
o Phrase fluide, agréable : 2 rejets, pas de virgules continuité
o Présentatif puis formule de bilan : répétitions de « c’est » v 1 et 4
o Nature vivante : personnification par verbes d’actions « chante » « mousse »…
- Images poétiques
o Polysémie du nom « mousse » : végétations ou écume des vagues lumière,
végétation et éléments (eau, air, feu, soleil, terre) rejoignent sous formes gouttelettes
o Oxymore « des haillons d’argent » renforcé par absence de liaisons entre des et
haillons + rejet de haillons et argent valorise la lumière (son importance)
o « petit val » : Groupe nominale suggère lieu agréable, taille humaine
o Même si assonance en i des monosyllabes, pas euphonique (v.4)
Vers 5 à 13 : portrait d’un dormeur au sommeil de plus en plus surprenant et dérangeant
- Portrait progressif de relâchement du soldat et son dénuement
o Indications successives de sa position (bouche, tète , nuque) : exposé à nature
o « Dort » : rejet soldat relâché , sieste
o Connotation positive : « jeune », « baignant », « frai », « bleu »
- Augmentation de vulnérabilité
o « pale » (v.8) adj : suggère un sommeil pas si agréable
o « pleut » : connexion avec pleurer et la tristesse
o Comparaison avec un enfant malade v.10 mais « somme » réintroduit de la légèreté de
la sieste
o « v.11 » : appel à la nature de protéger et réconforter le soldat + exprime un constat de
manque rôle maternelle
- Insistance
o Répétition du verbe « dort » x3 : insistance sur sommeil persistant qui augmente on
ne comprend pas, dormir en plein soleil
o Répétition du verbe « sourire » : participe présent puis conditionnel
Exprime un doute
- Suspections
o « tranquille » adj qui qualifie « la main » donc la poitrine ne se lève pas : soldat
privé de souffle vital
Vers 14 : le vers produit un choc au service de la dénonciation brutale de la guerre
- Connections aux autres vers
o Rejet de l’adj « tranquille » fluidité
o Sonorités : répétitions des sons entre « tranquille » et « il »
o plus surprenants par le fait que c’est pas inscrits d’une manière subtile
- Subtilité et brièveté
o plus surprenants par le fait que c’est pas inscrits d’une manière subtile (fluide)
o phrase courte, simple ( structure S+V+COD+CCL) tout est révélé froidement
o monosyllabes sauf « rouges » ( le fait ressortir)
- image forte
o « trous rouges » : assonance en ou
première apparition de la couleur rouge = couleur de danger
o Réalisation du lecteur tombé dans le piège
- Relecture
o Incité : le veux de savoir s’il y avait des signes
o Jeu d’homophonie dans le titre : on retrouve « meurt » dans « dormeur »
o Frappé par les lignes de mouvements qui se croissent :
Lumière horizontale dans la montagne chute voir mort
Rivière horizontale mythologie grec, latin : symbolise un passage
forme de croix : dimension christique, jeune homme innocent sacrifié
Conclusion
Nous avons pu voir que dans ce poème, Rimbaud illustre un paysage bucolique, mais il le contourne en
introduisant des éléments perturbateurs, comme le sommeil suspect du soldat. Cette manipulation
crée un malaise croissant chez le lecteur, jusqu'à la révélation brutale de la mort du jeune homme. En
déconstruisant les conventions poétiques, Rimbaud dénonce la guerre comme une tragédie absurde
qui prive les hommes des joies simples de la nature.
Ouverture
D'autres poèmes des Cahiers de Douai expriment également une critique de la guerre, notamment
"Morts de quatre-vingt-douze", qui remet en question la propagande et rend hommage aux
combattants de la Révolution française.
LES CAHIERS DE DOUAI
« Émancipation créatrices »
« Le Mal »
Les Cahiers de Douai désigne un court recueil poétique écrit par Arthur Rimbaud à 16 ans qui a était publié (à titre
posthume) après sa mort en 1919. II s'agit d'un ensemble de deux feuillets contenants respectivement 15 et 7
poèmes confié par Rimbaud à l'éditeur Paul Demeny lors de ses fugues chez George Izambard en 1870 Bon élève,
Rimbaud avait une forte culture classique et une passion pour la poésie mais était contraint par son
environnement familial. Sa révolte se traduit par des fugues, et en poésie par sa distance avec le romantisme
(rupture des conventions). Et comme Baudelaire, Rimbaud n’hésitait pas a consommer de l’opium qui l’emportait
dans une dimension étrange aux possibilités créatifs infinies, qui se retrouve fortement dans ses poèmes
Introduction 2
« Le Mal », témoigne d’une révolte de Rimbaud contre la guerre, à la fois contre les gouvernants qui la
décident, et contre l’Église qui ne la combat pas, voir la soutient. Ce poème est un sonnet de 14
alexandrins, organisé en 2 quatrains et 2 tercets, où Rimbaud joue avec les conventions poétiques en
modifiant les rimes. Le poème, surtout descriptif, enchaîne en une seule phrase plusieurs tableaux au
présent en un diptyque la guerre/ la religion et en constitue une dénonciation puissante.
Problématique
Nous verrons comment le poème opère cette double critique, par des images fortes et contrastées, et
par un rythme frappant, au service d’une violente satire
Annonce de plan
Pour cela, nous étudierons d’abord des v.1 à4 : le tableau de la guerre ; puis des v.5 à8 : le portrait des
victimes ; et enfin des v.9 à 14 : le portrait de Dieu entre indifférence et profit aux dépens des pauvres
Vers 1 à 4 : le tableau de la guerre
- Description spatiale puissante
o CCL : « l’infini du ciel bleu », « près du roi », « dans le feu » permettent de situer
o Champs lexical de guerre : « mitraille », « bataillons »
o Couleurs : « rouges », « bleues », « écarlates » « vert » opposée froids/chaud
puissance , rouge renvoie au sang
- Violence
o « croulent » les soldats qui s’effondrent
o Rime entre « raille » et « mitraille » accentue le portrait d’un roi inconscient
o sonorités : assonances en (k)(t)(d) crée une cacophonie traduit vacarme de la guerre
Vers 5 à 8 : le portrait des victimes
- Syntaxe et registre
o Tension syntaxique continue : répétition « tandis que » valorise GN « une folie
épouvantable » périphrase : guerre absurde
o Registre lyrique : « pauvres morts » mis en relief par tiré, traduit le regret
- Le gâchis
o Reprise de l’idée « masse » « cent milliers » : chiffre de grande ampleur
o Dispersions des soldats en « tas fumant », réduits en « broie» image d’une guerre
déshumanisante
o Nature gâché : éléments a base positifs qui ne le sont plus « l’été »« l’herbe »« joie »
- L’invocation de la nature
o « ô toi qui fis » : interpellation nature démuni face à guerre
(antithèse des rimes « broie » et « joie »)
Vers 9 à 14 : le portrait de Dieu entre indifférence et profit aux dépens des pauvres
- Coupure thématique
o Rupture dérangeant pour lecture : tercet aucun lien thématique avec quatrain
- Critique de la religion (par le biais de dieu)
o « il est un dieu » v principal il existe un dieu, il croit en dieu
o Portrait de dieu amplifie par sub ord relatives : « qui » 2x
o Énumération de trois objets du culte « nappes » « l’encens » « calices »
Dieu = un être qui vit dans le plaisir
- Souffrance des pauvres
o Terreur profonde des mères « ramassées dans l’angoisse » (participe passé)
o « pleurent » (participe présent) : deuil des mères ( position de victimes)
o Image de pauvreté « sous leur vieux bonnet noir » (CCL)
- Contraste pathétique
o Contraste entre « un gros sou » (argent) et « leur mouchoir » (peu de valeur)
expression du sacrifice , scandaleux part rapport au luxe de dieu
o Poème en fin avec « ! » renforce le pathétique, la pitié du lecteur
o Le tire « le Mal » : c’est celui qui conduit à ce qui possède du pouvoir politique/ religion
a sacrifié le peuple à leurs intérêts.
(église veut plus d’argent même si pas besoin au sacrifice du peuple
Conclusion
Rimbaud utilise une poésie percutante pour nous confronter à l'horreur physique et morale de la
guerre, mettant en lumière l'inaction des gouvernants et de l'Église face à ce terrible gaspillage de
jeunes vies. Il dénonce la guerre comme un scandale politique qui prive injustement les hommes de
leurs joies. De plus, il critique l'utilisation perverse de la religion pour l'enrichissement personnel des
religieux.
Ouverture
Dans les Cahiers de Douai, "Le Dormeur du val" souligne la tragédie de la mort d'un jeune soldat privé
de la vie et des plaisirs simples de la nature