Aire de Sant'Omobono
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Large
41° 53′ 26″ nord, 12° 28′ 53″ est
L’aire de
Sant’Omobono est
une aire sacrée de la
Rome antique
découverte
fortuitement en 1937
près de l’église de
Sant’Omobono, entre
les pentes du
Capitole et le nord du
forum Boarium. Sa
découverte et son
exploration sont
d’une importance
exceptionnelle pour la
connaissance de
l’histoire de la Rome
archaïque et
républicaine, ainsi
que pour des
époques encore plus
reculées.
Au cours des années
1937-1938,
l’archéologue Antonio
Maria Colini met au
jour une grande
esplanade avec deux
temples jumeaux,
identi és comme
ceux des déesses
Mater Matuta et
Fortuna. À un niveau
plus profond des
fouilles, un troisième
temple daté de la
période étrusque de
Rome livre des restes
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Sant’Omobono une aire sacrée
Area sacra di Rome antique
Sant’Omobono découverte
fortuitement en
près de l’église
Sant’Omobono
les pentes du
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découverte et s
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Image externe d’une importan
Vues plongeantes de l'aire de exceptionnelle
Sant'Omobono, sur le site de Surintendance connaissance
des biens culturels pour le Capitole [archive] l’histoire de la
archaïque et
républicaine, a
Forum Boarium à l'époque impériale.
que pour des
5 : temples de Fortuna et Mater Matuta, au
pied du Capitole époques encor
reculées.
Lieu de construction Regio VIII Forum Romanum
Vélabre Au cours des a
Date de construction Royauté romaine, 1937-1938,
République romaine l’archéologue A
Type de bâtiment Temples romains Maria Colini m
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
jour une grand
esplanade ave
temples jumea
identi és comm
ceux des dées
Mater Matuta e
Fortuna. À un n
plus profond de
fouilles, un troi
temple daté de
période étrusq
Rome livre des
de décorations
terre cuite, don
de statues daté
Localisation de l'area sacra dans la Rome antiquee
(en rouge)
vi siècle av. J.
représentant H
Coordonnées 41° 53′ 26″ nord, accompagné d
12° 28′ 53″ est déesse casqué
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1.
Aire de
Sant'Omobono
9 langues
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Image externe
Vues plongeantes de l'aire de
Sant'Omobono, sur le site de Surintendance
des biens culturels pour le Capitole [archive]
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41° 53′ 26″ nord, 12° 28′ 53″ est
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L’aire de
Sant’Omobono est
une aire sacrée de la
Rome antique
découverte
fortuitement en 1937
près de l’église de
Sant’Omobono, entre
les pentes du
Capitole et le nord du
forum Boarium. Sa
découverte et son
exploration sont
d’une importance
exceptionnelle pour la
connaissance de
l’histoire de la Rome
archaïque et
républicaine, ainsi
que pour des
époques encore plus
reculées.
Au cours des années
1937-1938,
l’archéologue Antonio
Maria Colini met au
jour une grande
esplanade avec deux
temples jumeaux,
identi és comme
ceux des déesses
Mater Matuta et
Fortuna. À un niveau
plus profond des
fouilles, un troisième
temple daté de la
période étrusque de
Rome livre des restes
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3.
Image externe
Vues plongeantes de l'aire de
Sant'Omobono, sur le site de Surintendance
des biens culturels pour le Capitole [archive]
4. .
L’aire de Sant’Omobono est une aire sacrée de la Rome antique
découverte fortuitement en 1937 près de l’église de Sant’Omobono,
entre les pentes du Capitole et le nord du forum Boarium. Sa
découverte et son exploration sont d’une importance exceptionnelle
pour la connaissance de l’histoire de la Rome archaïque et
républicaine, ainsi que pour des époques encore plus reculées.
Au cours des années 1937-1938, l’archéologue Antonio Maria
Colini met au jour une grande esplanade avec deux temples
jumeaux, identi és comme ceux des déesses Mater Matuta et
Fortuna. À un niveau plus profond des fouilles, un troisième temple
daté de la période étrusque de Rome livre des restes de
décorations en terre cuite, dont ceux de statues datées du
vie siècle av. J.-C. représentant Hercule accompagné d’une déesse
casquée dont l’identité fait débat. Il est exploré plus en détail à
partir de 1959 par une série de sondages archéologiques qui
permettent d’en percevoir les plans successifs. De nombreux
fi
ossements entassés dans une fosse rituelle sont les reliquats de
sacri ces d’animaux – parmi lesquels taureaux, porcs, moutons,
chèvres et même chiens – qui témoignent d’une activité religieuse
antérieure à l’édi cation de ce temple. Plus encore, des tessons de
céramique trouvés dans les remblais antiques révèlent une
implantation humaine sur le site de Rome à l’âge du Bronze moyen,
remontant au xive siècle av. J.-C., bien avant la date traditionnelle
de fondation de la cité en 753 av. J.-C. Il y a de nombreux débris de
céramiques contemporains de cette fondation, témoins de courants
commerciaux déjà actifs avec les cités grecques.
Malgré son caractère historique remarquable, la notoriété du site de
Sant’Omobono ne dépasse pas le milieu scienti que des
archéologues, et demeure l’objet de questions et de débats sur sa
chronologie complexe et ses interprétations historiques. Le
Sant’Omobono Project, lancé en 2009 par les universités de
Calabre, du Michigan et la Surintendance des biens culturels de
Rome, s’est donné comme objectif de collationner, d’approfondir et
de publier les connaissances de l'aire de Sant'Omobono. Dans le
même temps, la Surintendance organise de rares visites guidées
du site pour de petits groupes d’amateurs.
Localisation
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Plan-masse de l'aire de Sant'Omobono dans le quartier moderne.
• A et B : temples républicains
• B : église Sant'Omobono
• C : emplacement du temple archaïque.
La zone archéologique dégagée se trouve dans le quartier du
Vélabre au sud du Capitole, entre l'ancienne Via del Mare
mussolinienne à l'ouest, devenue la Via L. Petroselli, et le Vico
Jugario côté nord, dans un périmètre archéologique longtemps
inaccessible au public, mais visible depuis la Via L. Petroselli. La
zone archéologique est bornée au sud et à l'est par des bâtiments
modernes, et l'église Sant'Omobono, fermée, se superpose à l'un
des temples.
Le Vico Jugario correspond au Vicus Iugarius qui reliait dans
l’antiquité le Forum et le port uvial sur le Tibre, au voisinage du
forum Holitorium et du forum Boarium.
Découverte, fouilles et études du site
Découverte et identi cation
Le site est découvert fortuitement, en n 1936, lors d'un chantier de
construction d'un édi ce communal, avec la mise au jour d'un
dallage antique au pied de l'abside de la petite église de
Sant'Omobono1. Les travaux communaux sont annulés et
l'emplacement est protégé grâce à l'intervention de l'archéologue
italien Antonio Maria Colini. Il explore le site en 1937 et 1938, mais
doit interrompre ses recherches durant la guerre2. Le dégagement
de la parcelle le long du Vico Jugario révèle les fondations de deux
temples jumeaux de l'époque républicaine, dits temples A et B, dont
l'un était inaccessible sous le bâtiment de l'église, tandis que les
premières excavations profondes localisent l'angle d'un temple
archaïque, désigné comme temple C, et d'abondantes céramiques
et éléments architectoniques, vestiges datant de la plus ancienne
période de Rome, prouvant l'extrême intérêt historique du site3.
L'identi cation des deux temples aux plans identiques et parallèles,
précédés de deux autels semblables, est réalisée grâce aux textes
antiques. Ceux-ci mentionnent, dans le secteur entre le Tibre et le
Capitole, l'existence du sanctuaire de Carmenta avec deux autelsA
1. Mais la présence de deux cellae, donc de deux divinités, oriente
l'identi cation vers les temples de Mater Matuta et de Fortuna4, qui
sont connus pour être géographiquement voisins et dont Ovide
mentionne la communauté de culte et de célébration du natalis
(c'est-à-dire du jour de fondation) au 11 juinA 2. Cette interprétation
réfute la théorie antérieure des topographes Rodolfo Lanciani et
Helge Lyngby qui situaient les temples de Mater Matuta et Fortuna
à l'autre extrémité du forum Boarium2, aux emplacements reconnus
depuis comme ceux du temple de Portunus et du temple d'Hercule
Olivarius5. Les sources antiques précisaient de surcroît que le roi
Servius Tullius (579-534 av. J.-C.) avait fondé le temple dédié à la
FortuneA 3 pour honorer sa divinité protectriceA 4, et celui de Mater
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fl
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MatutaA 5, con rmant ainsi que la datation du site remonte au
vie siècle av. J.-C., période de la Rome étrusque3.
Sondages après guerre
Aire sacrée de Sant'Omobono, diagramme des fouilles et sondages par
année.
Les archéologues italiens réalisent après la guerre de nombreux
sondages ponctuels : en 1959, explorant le Vicus Iugarius au nord
de la zone, Einar Gjerstad récupère, dans les remblais intérieurs du
podium républicain, du matériel protohistorique et archaïque de la
période latiale6, allant de l'âge du Bronze moyen à la n du
fi
fi
vie siècle av. J.-C.7. En 1961-1962, Liliana Mercando effectue trois
sondages entre les autels du podium républicain et, en 1962-1964,
Giovanni Ioppolo réalise une stratigraphie qui descend jusqu'à une
fosse à sacri ce, en avant du temple archaïque. De nombreux
débris d'ossements carbonisés sont recueillis. En 1972, Ioppolo
publie le résultat de ses découvertes8, avec les premiers dessins
de fouilles du site, documents qui avaient fait défaut jusque-là, et
propose une chronologie du site en quatre phases9. D'autres
stratigraphies sont réalisées sur la périphérie du temple archaïque
en 1974-1975 par Paola Virgili, à travers sept mètres de remblais,
pour atteindre l'angle sud-ouest du podium10,11, puis en 1977-1979
par Paola Virgili, Anna Sommella Mura et Giuseppina Pisani
Sartorio, à l'arrière du temple12. Ces sondages font entrevoir au
moins dix-sept phases d'occupation distinctes, séquences
archéologiques très complexes dont les rapports de fouilles
succincts ne fournissent qu'une vision générale3.
Le sol du temple A et plus particulièrement celui de sa cella a été
étudié par les archéologues en 1967, en 1976 et en 1979 à
l’intérieur de la cella, en 1968 en dehors de celle-ci. Ces
explorations, discontinues, ne touchant que des surfaces
ponctuelles et plus ou moins bien documentées, ont été réétudiées
par le Projet Sant’Omobono pour préparer une fouille plus
approfondie couvrant toute la cella13. En 2011-2012, cette fouille
couvre 80 m2 à l'intérieur de la cella du temple A et permet
l'observation des réfections successives du sol de la cella, estimées
entre les ve et iiie siècles av. J.-C.14.
Concernant le temple B, le sol de l'intérieur de la nef de l'église
Sant'Omobono, qui se superpose à sa cella, a été l’objet d’une
série de fouilles lors des années 1985-1986, 1989, 1992, 1996 et
1999, pour préciser les aménagements réalisés sous l'Empire, avec
toutefois des incertitudes pour distinguer les restaurations du
temple de son occupation précoce par le culte chrétien15.
Le Sant'Omobono Project
Image externe
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Vues plongeantes de l'aire de
Sant'Omobono, sur le site de Surintendance
des biens culturels pour le Capitole [archive]
Après la signature en décembre 2008 d'une convention de
partenariat entre la Surintendance des biens culturels pour le
Capitole (Sovrintendenza Capitolina ai Beni Culturali), l'université
de Calabre et l'université du Michigan, le Sant'Omobono Project a
été lancé en mai 2009. Ce projet a pour nalité la recherche, l'étude
et la valorisation de ce site complexe qui suscite encore de
nombreuses questions et qui reste depuis trop longtemps ignoré du
public16. Comme premières actions, le projet collecte toutes les
publications relatives au site, ainsi que les notes, les dessins et les
photographies réalisés par les fouilleurs et non encore publiés, a n
de les numériser. En 2012, un document de synthèse est diffusé sur
Internet sous l'égide de Nicola Terranato et al., de l'université du
Michigan17. Dans le même temps, la zone archéologique est
nettoyée et protégée pour en dresser une planimétrie complète.
En n, l'abondant matériel archéologique conservé dans les
réserves est inventorié, étudié, dessiné et photographié18.
En novembre 2013, Paolo Brocato et Nicola Terrenato présentent à
la conférence romaine sur « L'époque de Tarquin le Superbe » un
point sur les nouvelles découvertes et les problèmes anciens
relatifs au temple archaïque19.
fi
fi
fi
Chantier en 2014 sur l'aire de Sant'Omobono.
En 2014, Dan Diffendale du Sant'Omobono Project réalise un
sondage à l'emplacement du temple archaïque. Pour lutter contre
les in ltrations d'eau de la nappe phréatique, les fouilleurs doivent
poser un blindage d'acier et faire drainer la tranchée avec des
pompes. À plus de cinq mètres (quinze pieds) de profondeur, trois
assises du podium archaïque sont mises au jour. La tranchée qu'il
est impossible de maintenir contre la pression des eaux est
rebouchée au bout de trois jours, mais l'excavation permet un
relevé scienti que détaillé et le recueil fructueux de centaines
d'artefacts, offrandes votives, vaisselles et gurines20.
Chronologie archéologique
Artefacts protohistoriques
Les terres prélevées sur les pentes toutes proches du Capitole
servent au remblai élevé sur l'aire sacrée avant la construction des
temples républicains. Partiellement sondées à plusieurs reprises,
elles livrent de nombreux tessons de céramique. Étudiées et datées
par Renato Peroni pour les artefacts de l'âge du bronze21, par
fi
fi
fi
Enrico Paribeni pour les importations grecques22 et par Giovanni
Colonna pour les pièces de la période étrusque et celles de l'âge du
fer ancien23, ces céramiques vont du xvie jusqu'au vie siècle av. J.-
C.24. Les plus anciennes témoignent de l’existence près du
Capitole d’un habitat rattaché à la culture apenninique présente en
Italie centrale et méridionale à l'âge du Bronze moyen, très
antérieur à la date de 753 av. J.-C., avancée traditionnellement pour
la fondation de Rome25.
D'autres fragments plus récents, des viiie et viie siècles av. J.-C.,
illustrent la variété et l'abondance des importations d'origine
grecque, et la probable présence des commerçants grecs dans le
port uvial primitif de la Rome naissante : débris de coupes et de
vases aux décors géométriques en bandes ou en cercles
concentriques venus des Cyclades, de Corinthe ou d'Eubée.
D'autres importations de style grec proviennent d'Italie du sud, de la
colonie eubéenne de Pithécusses et de Cumes26.
Chronologie de l'aire sacrée
L'établissement d'une chronologie du site est rendu délicat par le
caractère ponctuel des sondages stratigraphiques aux multiples
niveaux, qui ne couvrent ensemble qu'à peine un quart de la
super cie, et par les conclusions des divers archéologues remises
en cause ou renouvelées par les explorations de leurs
successeurs27. La première chronologie proposée par Einar
Gjerstad à partir de ses fouilles de 1959 se cale sur des dates
tardives (première construction d'un temple vers 490 av. J.-C., voire
475 av. J.-C.), impliquant les règnes de rois étrusques au ve siècle,
et non au vie siècle traditionnel, ce qui suscite la critique des
archéologues italiens28. Les travaux de Giovanni Ioppolo et de
Paola Virgili29 permettent de reconstituer une chronologie des
différentes phases d'existence des temples, synthétisée de la façon
suivante par Filippo Coarelli30 et reprise par Jacqueline
Champeaux31 :
Phase I, débutant à la n du viie siècle.
Sur un emplacement que Gjerstad supposait occupé par des
cabanes (viiie et viie siècles av. J.-C.)Note 1, création d'une zone
fl
fi
fi
sacrée32, sans temple édi é, mais avec une fosse à sacri ce et
peut-être un autel30.
Phase II, second quart du vie siècle.
Construction du premier temple archaïque, traditionnellement
attribué à Servius Tullius (579-534 av. J.-C.)30.
Phase III, troisième quart du vie siècle.
Réfection complète du temple, peut-être après un incendie. La
décoration est faite de terres cuites architectoniques, avec au
moins quatre statues dont celles d'Hercule et d'une gure féminine
casquée32. À la n du vie siècle, la zone est abandonnée et détruite,
datation qui coïnciderait avec la période de troubles provoquée par
l’expulsion des Tarquins30.
Phase IV, peut-être au début du ive siècle.
Construction d’un grand soubassement qui rehausse le niveau de
4 mètres à 6 mètres33. Couverture de cette plate-forme en dalles
de cappellaccio, tuf volcanique extrait des collines de Rome30.
Dans les terres de remplissage, Paola Virgili a trouvé des restes de
céramiques apenniniennes datées de l'âge du Bronze moyen (xive
et xiiie siècles av. J.-C.) et de l’âge du fer provenant des déblais d’un
village protohistorique, probablement implanté au pied du Capitole,
et des fragments de céramique grecque attique à gures noires
datées de la n du vie siècle av. J.-C.33. Ainsi sont mélangées la
plus ancienne trace d'habitation humaine de la zone Capitole-
Palatin, et les plus anciennes traces de relations entre Rome et le
monde grec. Selon les archéologues italiens, le rehaussement du
terrain est contemporain de la construction de deux temples, dits A
et B, selon une nouvelle orientation rigoureusement nord-sud. La
tradition littéraire attribue la reconstruction et la seconde
consécration du temple de Mater Matuta au dictateur Camille, après
la prise de Véies en 396 av. J.-C.A 6, mais selon l'analyse de
Giuseppina Pisani Sartorio, les céramiques les plus récentes
trouvées dans les remblais dateraient du début du ve siècle av. J.-
C., premiers moments de la république romaine34,35.
Phase V.
Construction d’un nouveau sol en tuf de Monteverde, d'une carrière
du Janicule, et en tuf de l’Aniene, et réfection des deux temples
avec deux autels orientés à l’est et un grand socle d’offrande
circulaire en pépérin (un donarium), qui devait supporter des
fi
fi
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statuettes de bronze dont on a trouvé des traces de scellement.
Une inscription fragmentaire trouvée sur les blocs de pépérin a
permis une datationA 7 :
M. FOLV[IO(S) Q. F. COS]OL D(EDET) VOLS[INIO]
CAP[TO]
« Marcus Fulvius, ls de Quintus, consul, l’a dédié après la prise de
Volsinii »
Ce qui attribue la dédicace au consul Marcus Fulvius Flaccus après
la chute de Volsinies en 264 av. J.-C.30.
Phase VI.
L’incendie de 213 av. J.-C., relaté par Tite-Live et con rmé par la
présence de nombreux débris calcinés, détruit le Vicus Iugarius, et
les temples de Spes, de Mater Matuta et de FortunaA 8,36. La
reconstruction complète est entreprise en 212 av. J.-C., avec une
réfection en dalles de tuf de Monteverde, extrait de la colline du
Janicule30,34.
Phase VII, époque impériale.
Rue dallée de basalte séparant l'aire sacrée, à gauche, des boutiques en
briques, à droite.
fi
fi
Seuil d'entrée d'une boutique
Dernier dallage en travertin, d’époque impériale, probablement
sous Domitien (81-96)30,34. Deux boutiques (tabernae) sont
construites à l'est du podium des temples jumeaux, sur la ruelle
orientée est-ouest qui relie le Vicus Iugarius au forum Boarium. Les
briques de ces boutiques étudiées en 1977 par Paola Virgili portent
des marques de fabrique de l’époque d’Hadrien (117-138)37. Les
deux temples ont été reconstruits sur une esplanade de travertin,
avec une arche centrale quadrifrons qui sert d’arc de triomphe,
comme le montrent quelques pièces de monnaie et deux bas-reliefs
de l’arc de Constantin.
Cette chronologie simpli ée, basée sur des observations des
années 1980, est susceptible de réajustements lors d'explorations
et d'études nouvelles, d’autant plus que les ve et ive siècles av. J.-C.
à Rome sont une période assez mal connue dans les années 2010,
parce que les nombreuses et complexes réfections des temples
républicains n'ont pas toutes laissé de traces historiques écrites14,
tandis que les restaurations modernes, perturbatrices de l'état
archéologique, n'ont souvent pas été documentées38 et que la
période impériale du site a été peu étudiée. Avant toute
fi
reformulation d'une chronologie, le Sant'Omobono Project se donne
comme objectif le réexamen méthodique des diverses
stratigraphies avec la caractérisation scienti que de plus de 450
niveaux repérés, et, dans la mesure du possible, leur mise en
concordance38.
Problématique de la transition entre les phases III (destruction)
et IV (reconstruction).
Selon Tite-Live, le temple de Mater Matuta est consacré une
deuxième fois par Camille en 396 av. J.-C., soit environ un siècle
après sa destruction à la n du vie siècle, marquant la n de la
monarchie romaine. En revanche, on ne dispose pas d'indication
des annalistes antiques pour le temple de Fortuna. Si Filippo
Coarelli explique cette interruption séculaire par le rejet romain d'un
sanctuaire trop lié à la monarchie étrusque, l'historienne des
religions antiques Jacqueline Champeaux estime que l'abandon
d'un lieu sacré sur un si long délai est contraire à la mentalité
religieuse des Romains de la période archaïque. Leur
conservatisme religieux, s'appliquant à maintenir des cultes
tombant en désuétude, leur crainte du sacrilège plaident pour une
interruption minimale du culte. L'exemple du temple de Jupiter
Capitolin, construit par les Tarquins et inauguré peu après leur
chute par le consul Marcus Horatius Pulvillus, illustre bien cette
volonté de continuité religieuse. Si les céramiques collectées par
les archéologues dans les remblais du podium républicain sont
datées pour les plus récentes autour des années 500 av. J.-C., trois
fragments de céramiques importées à gures rouges trouvés en
1938 par Einar Gjerstad sont nettement postérieurs, et situés vers
450 av. J.-C. et entre 420 et 400 av. J.-C. Ils ont été négligés par les
archéologues en raison de leur petit nombre, mais leur prise en
considération, suggérée par Champeaux, amènerait à situer la
destruction du sanctuaire peu avant sa consécration en 396 av. J.-
C. par Camille, en tenant compte de la durée des travaux. Cette
destruction ne serait donc plus contemporaine de la chute de la
monarchie, mais pourrait alors être plus tardive et simplement
accidentelle39.
Moyen Âge
fi
fi
fi
fi
Façade de l'actuelle église de Sant'Omobono
La date de transformation du temple B en église est incertaine,
quoique le vie siècle soit avancé, sans élément probant. La plus
ancienne référence écrite comme église gure dans le Mirabilia
Urbis Romae, manuscrit composé au xiie siècle, qui la présente
comme une dépendance de Santi Sergio e Bacco al Foro Romano
sous le nom de Sancti Salvatoris de Statera ou bien San Salvatore
in Portico. Une nouvelle église est construite en 1482, avec une
orientation inverse de la précédente ouverte vers la rue au nord, et
dédiée en 1575 à Omobono de Crémone, patron de la confrérie
rattachée à cette église. L'église ne possède qu'une seule nef, dont
les fondations reposent sur celles de la cella du temple antique40.
La fosse à sacrifice
fi
D'après la chronologie du site, la fosse à sacri ce découverte par
Giovanni Ioppolo est antérieure à l'édi cation d'un temple, et
constitue donc le plus ancien témoin d'une activité religieuse en ce
lieu41. Dans cette fosse où l'on déversait les reliquats incinérés des
sacri ces, une inscription étrusque a été trouvée sur un tesson
d'impasto, qui porte de droite à gauche les caractères uqnus, nom
de consonance étrusque comme l'indiquent les citations d'un prince
Ocnos par VirgileA 9 et Silius ItalicusA 10. Gravée en caractères
similaires à ceux des inscriptions de Caere et de Véies de la n du
viie siècle av. J.-C. et du début du vie siècle av. J.-C., cette
inscription est le plus ancien témoin d’une présence étrusque et de
l’introduction de l’alphabet étrusque à Rome42. Une autre
inscription sur un fragment de bucchero recueilli dans la strate
immédiatement supérieure à celle où se trouvait l'inscription uqnus
porte en latin archaïque le mot ouduios ou ououios, compris par
Mario Torelli comme le nom propre Ovius. Elle pourrait dater du
début du vie siècle av. J.-C.43. Jacqueline Champeaux souligne le
recoupement historique entre ces datations, quoique sans
précision, et le règne du premier roi étrusque Tarquin l'Ancien, entre
616 et 578 selon la chronologie traditionnelle34.
Ioppolo a recueilli parmi les cendres remplissant la fosse quelque
5 000 débris d'ossements carbonisés, et a identi é des restes de
bœufs, de porcs, de chèvres et de moutons8, qui évoquent la
pratique romaine du suovetaurile41, offrande de trois victimes
mâles, un taureau, un bélier et un verrat. Néanmoins, Ioppolo
déclare qu'il n'est pas certain que les restes correspondent à des
victimes immolées simultanément selon ce rite44. En quantité
nettement moindre, des ossements de chiens, souvent très jeunes,
ont été trouvés dans le secteur est de la fouille, au-dessous de
l'autel du temple B. Ces vestiges con rment les pratiques
anciennes de sacri ces canins lors de cérémonies telles que les
robigalia, les lupercales, ou pour des rites plus mal connus en
l'honneur de Mana genita ou pour l'augurium canarium45.
Le temple archaïque (C)
Fouilles
fi
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Les fouilles profondes révèlent les vestiges d'un temple au niveau
datant du vie siècle av. J.-C. On ignore si ce temple était
accompagné d'un jumeau, à l'image des temples républicains
édi és ultérieurement au-dessus de cet emplacement. Les
archéologues n'ont trouvé aucun indice en ce sens, mais le
périmètre de l'aire de Sant'Omobono est loin d'avoir été
complètement exploré à ce niveau46.
Plan du temple archaïque, selon les étapes distinguées par Giovanni
Colonna.
Plusieurs sondages permettent de préciser l'allure générale et la
chronologie historique de ce temple, qui a été construit avec une
orientation vers le sud-ouest, démoli peu de temps après et
reconstruit au même emplacement. Toutefois, la perception
générale du plan a évolué : en 1977, Anna Sommella Mura décrit
pour la seconde phase un temple sur un podium carré d'environ
8 m de côté (36 pieds romains) avec une cella d'environ 4 m de
longueur (14 pieds romains)47. D'après la synthèse de Giovanni
Colonna réalisée après d'autres sondages et présentée en 199148,
un premier temple carré de 10,70 m de côté s’élevait sur un podium
de 1,70 m de hauteur aux parois verticales, bordées à leur sommet
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d'un bourrelet en tore. Sa cella était unique, avec deux colonnes en
bois in antis et un petit escalier frontal. Un autel carré se dressait à
2,30 m en face du podium. Lors d'une importante réfection, le
bâtiment a été prolongé jusqu'à toucher l'autel, formant un temple
rectangulaire (11,20 m sur 13,20 m) sur un podium de 1,20 m de
haut aux parois moulurées de façon plus complexe. La cella,
inchangée, était précédée par quatre colonnes in antis avec des
chapiteaux doriques et des bases ioniques en terre cuite, tandis
que l'ancien autel formait un avant-corps saillant entre les marches
du podium49.
Décorations en terre cuite
Disposition possible des fragments de décors en terre cuite attribués au
temple de Mater MatutaNote 2.
Au niveau d’origine du temple archaïque, Colini a trouvé en 1938
de nombreux fragments de terres cuites architectoniques, toutes de
grande qualité. Sujets d'une étude détaillée d'Anna Sommella Mura
publiée en 197750,51, elles sont exposées au palais des
Conservateurs de Rome dans une présentation qui les attribue au
temple de Mater Matuta. Parmi ces décors, des acrotères en volute
de 124 cm de haut étaient positionnés sur le toit. Reconstitués à
partir des nombreux débris retrouvés, ils présentent des traces de
motifs polychromes en écailles ou en bandes52. Des fragments de
deux animaux féroces couchés sur les pattes postérieures, levés
sur les pattes antérieures et tournés de face, devaient représenter
des panthères (on y a trouvé des traces de tâches sur le pelage)
colorées avec les teintes disponibles : brun, bleu, rouge, blanc et
noir. Formant chacune un motif de 90 cm de hauteur pour 140 cm
de longueur, elles devaient se placer de part et d'autre d'un fronton
triangulaire, encadrant une décoration centrale. Selon Anna
Sommella Mura, ces félins se rattachent à la première construction
du temple, tandis que les autres fragments de terre cuite,
homogènes comme pâte d'impasto, seraient de la seconde
phase53.
Buste en terre cuite, Fortuna, Athéna ou Minerve.
Les fragments de deux statues en terre cuite, d'une taille
correspondant au trois-quarts du réel, constituent la trouvaille la
plus spectaculaire : ont été remontés le tronc, la cuisse et le bras
gauche d'un Hercule/Héraclès debout, reconnu par sa peau de lion
nouée sur les épaules. De la seconde statue, ont été reconstitués
un drapé enveloppant les jambes avec le pied gauche avancé, une
main droite fermée et une tête féminine portant un casque doté d’un
haut cimier et de protège-joues. La surface, usée, ne présente que
des traces de polychromie. Elle représente peut-être la Fortune
armée selon Filippo Coarelli54 ou plus probablement Minerve/
Athéna revêtue de l'égide, fréquemment associée à Héraclès dans
les groupes grecs. Les deux statues modelées à la main et d'un
style homogène, vraisemblablement l'œuvre d'un seul artiste
travaillant sur place, forment les pièces majeures de la décoration
découverte55.
A aussi été reconstituée une plaque de revêtement en terre cuite
qui, d'après son joint gauche incliné, recouvrait une poutre oblique
soutenant le toit (en terme architectural, c'est un geison rampant).
Haute de 37,5 cm, elle montre, sous une moulure arrondie aux
écailles polychromes et un bandeau cannelé, une procession de
chars dont un est tiré par des chevaux ailés. Le cortège mêle un
personnage féminin coiffé d'un bonnet conique, des auriges et un
personnage marchant à côté des chevaux56. Des placages
analogues avec des processions de chars ont été retrouvés dans
des cités voisines de Rome, l'étrusque Véies et la volsque
Velletri57.
•
•
Détail du décor du temple C, plaque de revêtement du dé lé de
chars.
•
Plaque de revêtement en terre cuite provenant de Véies, datée
vers 560 av. J.-C.
Le dépôt votif
Les fouilles menées en 1977-1978 destinées au repérage de
l'arrière du temple archaïque mettent au jour un dépôt votif, d'une
importance qui dépasse selon Giovanni Colonna celle des dépôts
votifs contemporains du sanctuaire du Lapis niger ou du temple de
Vesta58. Ce dépôt serait contemporain de la seconde phase du
temple, de l'avis de la plupart des archéologues, à l'exception de
Massimo Pallottino qui le rattache à la construction initiale59. Les
objets recueillis, en céramique, en albâtre, en os ou en ivoire, sont
autant d'indicateurs pour la datation de la célébration d'un culte en
ce lieu que pour les courants commerciaux convergeant à Rome.
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Lion en ivoire, portant une inscription en étrusque (palais des
Conservateurs, Rome).
L'objet le plus ancien est un aryballe globulaire orné de quatre
eurs de lotus de style corinthien ancien daté des dernières années
du viie siècle av. J.-C. Les dessins des coupes d'importation
laconiennes, ioniennes et attiques viennent d'artisans grecs
répertoriés allant du second au troisième quart du vie siècle av. J.-
C., vers 570 av. J.-C. pour les plus anciens, tandis que les buccheri
étrusques importés ou de facture locale vont de la n du
viie siècle av. J.-C. au milieu du vie siècle av. J.-C.60.
Un objet parmi les plus remarquables est une petite plaquette en
ivoire, gurant un lion portant une inscription en étrusque araz
silqetanas spurianas. Massimo Pallottino y voit un prénom (araz)
déjà attesté à Rome suivi de deux noms, silqetanas inconnu
jusque-là, et spurianas, connu par une inscription de la tombe des
Taureaux à Tarquinia. Pour Pallotino, ce pourrait être l'offrande d'un
notable étrusque peut-être originaire de Tarquinia et installé à
Rome61.
Interprétations et attributions
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Selon la chronologie proposée par Anna Sommella Mura d'après
les décors en terre cuite et reprise par Filippo Coarelli, le temple
archaïque a été édi é vers 570 av. J.-C. (vers 580 av. J.-C. selon
Coarelli) et restauré une trentaine d'années après, vers 540 av. J.-
C.50,62. En désaccord sur l'existence de deux phases,
l'étruscologue Mauro Cristofani situe la décoration vers 540/530 av.
J.-C.63. Selon Coarelli, le temple a été détruit à la n du
vie siècle av. J.-C., ce qui correspondrait à la n de la monarchie
étrusque à Rome, et le lieu aurait été abandonné jusqu'au
ive siècle av. J.-C., jusqu'à la reconstruction de Camille64,54.
Les sources antiques qui concernent cette période rapportent la
présence d'un temple dédié à la FortuneA 3, édi é par Servius
Tullius (579-534 av. J.-C.) pour honorer sa divinité protectriceA 4, et
celle d'un autre temple à Mater MatutaA 5. Arbitrairement, le temple
qui a été découvert est attribué à Mater Matuta46. Avec quelque
ironie, Jacques Poucet souligne l'incertitude de cette attribution, en
rappelant les avis divergents en faveur de Fortuna et Mater Matuta
(Hans Riemann), de Fortuna (Rudi Thomsen et Anna Sommella
Mura), de Mater Matuta (Filippo Coarelli, Cristiano Grottanelli65 et
Giuseppina Pisani Sartorio), d'Hercule (Francesco Sbordone) ou de
Minerve (Robert Ross Holloway)66. Le Sant'Omobono Project, plus
réservé, n'emploie que l'expression « temple archaïque »64.
Les temples républicains
Les archéologues ont constaté que le niveau du sanctuaire a été
arti ciellement rehaussé de 4 mètres à 6 mètres33, par un
soubassement qui recouvre presque entièrement l'implantation du
temple archaïque et représente un volume de terres prélevées au
pied du Capitole estimé à 30 000 m3 par Giovanni Ioppolo33.
Fréquemment reprise dans les articles relatifs aux temples
républicains, cette évaluation paraît excessive face à la surface
d'environ 2 200 m2 occupée par les temples et serait plus proche de
13 000 m314. Filippo Coarelli pense que cette surélévation, en
plaçant l'aire sacrée au-dessus de l'espace profane environnant,
avait une signi cation religieuse, mais la mise à l'abri des
inondations fréquentes du Tibre est une explication probable25.
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Les sondages réalisés en 1964 et 1977 de part et d'autre de ce
soubassement montrent un mur de soutien en assises de
cappellaccio, surmonté d'une autre série de cinq assises en
pépérin67. Les archéologues n'ont toutefois pas une vue
d'ensemble du processus d'édi cation, il semble que seule la moitié
nord du soubassement a été entièrement remblayée avec des
terres rapportées, tandis que la partie sud a été montée en
alternant des étages en cappellaccio et du remplissage14.
Sur cette surélévation a été édi é un unique podium carré,
d’environ 47,50 mètres de côté et selon une orientation nord-sud
parfaitement orthogonale. Sur la partie nord du podium ont été bâtis
les deux temples jumeaux, peut-être prostyles, c’est-à-dire chacun
avec une série de colonnes en façade, ou périptères, entourés de
colonnes sur trois côtés, ainsi que le suggèrent les fondations de
colonnade sur trois côtés de chaque temple. L’escalier unique se
trouve sur la partie frontale des temples, selon le modèle italo-
étrusque, à la différence du monde grec qui place les escaliers sur
les quatre côtés. Un autel en tuf a été retrouvé devant chaque
temple, en forme de U typique du style étrusque et latial du milieu
du ive siècle. Ces autels sont en contrebas des cellae et ouverts sur
l'Orient, selon la norme architecturale énoncée par VitruveA 11, de
sorte que l'of ciant qui se place entre les bras du U soit face à l'est,
d'où viennent les dieux. Malgré la découverte à proximité d'une
dédicace épigraphique à Fortuna sur un petit autel d'époque
impérialeA 12, aucun rattachement de chaque temple à sa déesse
n'a pu être réalisé68. Les archéologues nomment donc les temples
de façon neutre « A », communément attribué à Fortuna, et « B »,
attribué à Mater Matuta, la cella de ce dernier étant sous l'église
Sant'Omobono46.
• Les temples républicains
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•
•
Les temples jumeaux :
• A : temple de la Fortune
• B : temple de Mater Matuta
• C (en rouge) : temple archaïque
• d : autels et puits rituels
• e : support d'offrande circulaire.
•
Aire du temple républicain, vue depuis l'ouest. Étagement des
multiples réfections du revêtement de l'esplanade.
•
Aire du temple républicain, vue depuis le sud.
• T1 : terrasse en tuf
• a : autel en tuf
• T2 : terrasse en travertin
• C : murs de la cella
• S : église Sant'Omobono, sur la cella du temple B.
•
Table d'offrande circulaire en pépérin, entre les autels des temples
A et B.
Le sol a été refait par le consul Marcus Fulvius Flaccus après la
chute de Volsinies en 264 av. J.-C., avec l’installation de deux
nouveaux supports d’offrande rectangulaires et un circulaire au
milieu30.
En 213 av. J.-C., les deux temples de la Fortune et de Mater Matuta
sont détruits par un incendie qui ravage le quartierA 13. Une
commission de triumvirs est chargée dès l'année suivante de les
reconstruireA 14. Tite-Live évoque encore les deux temples, lorsque
L. Stertinius fait construire en 196 av. J.-C. deux arcs de triomphe
en face de ces derniersA 15.
Visibilité touristique
Plaque explicative du site placée par le Sant'Omobono Project.
Ruine arasée dépourvue de mise en valeur ou d'explication, placée
entre la commerciale Bocca della Verità au sud et la spectaculaire
aire du Largo di Torre Argentina plus au nord, l'aire de
Sant'Omobono est restée longtemps ignorée des circuits
touristiquesNote 3.
Une exceptionnelle visite gratuite est organisée par la
Surintendance capitoline des Biens culturels lors de la journée
européenne du patrimoine du 28 septembre 201369. Depuis, de
rares visites de groupe sont organisées, sur réservation
préalable70,71.
Notes et références
Notes
1. Gjerstad extrapole la présence de cabanes sur la base d'un unique
fragment de torchis, une interprétation non con rmée 4.2 Major
interpretative debates.
2. On remarque que la tête de Minerve, en principe à droite du torse
d'Hercule, est tombée de son piédestal.
3. Le site de Sant'Omobono n'est pas nommé dans les Guides Bleus
anciens (édition 1975) ou plus récents (édition 2007).
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Références antiques
1. Aulu-Gelle, Nuits Attiques, XVI, 16.
2. Ovide, Fastes, VI, 480.
3. Tite-Live, Histoire romaine, X, 46 ; Denys d'Halicarnasse, IV, 8, III lire en
ligne sur [Link] [archive].
4. Ovide, Fastes, VI, 573-578 ; Plutarque, Questions romaines, XXXVI.
5. Tite-Live, Histoire romaine, V, 19 ; Ovide, Fastes, VI, 480.
6. Tite-Live, Histoire romaine, V, 19 et 23.
7. CIL VI, 40895 [archive] = CIL 01, 02836a = AE 1966, 00013.
8. Tite-Live, Histoire romaine, XXIV, 47, 15 et 16.
9. Virgile, Énéide, chant X, 198.
10. Silius Italicus, V, 7.
11. Vitruve De architectura, IV, 9, 1.
12. Inscription AE 1941, 00069 [archive].
13. Tite-Live, Histoire romaine, XXIV, 47.
14. Tite-Live, Histoire romaine, XXV, 7.
15. Tite-Live, Histoire romaine, XXXIII, 27.
Références modernes