LOI N°2012/001 DU 19 AVRIL 2012
PORTANT CODE ELECTORAL MODIFIEE ET
COMPLETEE PAR LA LOI N°2012/017 DU 21 DECEMBRE
2012 ET LA LOI N°2019/005 DU 25 AVRIL 2019
L'Assemblée Nationale a délibéré et adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur
suit :
TITRE PREMIER
DISPOSITIONS GENERALES
er
Article 1 .- (1) La présente loi porte Code électoral.
(2) Elle fixe notamment :
- les dispositions spécifiques à l’organe chargé de
l’organisation, de la gestion et de la supervision du
processus électoral et référendaire ;
- les dispositions communes à l’élection du Président de la
République, des députés, des conseillers municipaux et
au référendum ;
- les dispositions spécifiques à l’élection et à la vacance à
la Présidence de la République ;
- les dispositions spécifiques à l’élection des députés à
l’Assemblée Nationale ;
- les dispositions spécifiques à l’élection des conseillers
municipaux ;
- les dispositions spécifiques au référendum ;
- les dispositions applicables à l’élection des sénateurs ;
- les dispositions applicables à l’élection des conseillers
régionaux;
- les dispositions spécifiques au vote des citoyens
camerounais établis ou résidant à l’étranger;
- les dispositions relatives au financement des partis
politiques et des campagnes électorales et référendaires.
1
Article 2.- (1) L’élection a lieu au suffrage universel, égal et
secret.
(2) Le suffrage peut être direct ou indirect dans les
conditions et selon les modalités prévues par la Constitution et
par la présente loi.
Article 3.- L’organisation, la gestion et la supervision du
processus électoral et référendaire sont assurées par «Elections
Cameroon», en abrégé «ELECAM».
TITRE II
DISPOSITIONS SPECIFIQUES A L’ORGANE CHARGE DE
L’ORGANISATION, DE LA GESTION ET DE LA
SUPERVISION DU PROCESSUS ELECTORAL
ET REFERENDAIRE
CHAPITRE I
DISPOSITIONS GENERALES
Article 4.- (1) «Elections Cameroon» est un organisme
indépendant chargé de l’organisation, de la gestion et de la
supervision de l’ensemble du processus électoral et
référendaire.
(2) Elections Cameroon exécute ses missions dans le
respect des dispositions de la Constitution ainsi que des lois et
règlements en vigueur.
(3) Elections Cameroon est doté de la personnalité juridique
et jouit d’une autonomie de gestion.
(4) Le siège d’Elections Cameroon est fixé à Yaoundé.
Article 5.- (1) Les membres d’Elections Cameroon doivent
s’abstenir de toute activité qui peut compromettre
l’indépendance et la dignité de leurs fonctions. Il leur est interdit
en particulier pendant la durée de leur mandat d’user de leur
statut pour des motifs autres que ceux relatifs à l’exercice de
leurs fonctions.
2
(2) Les membres d’Elections Cameroon, dans l’exercice de
leurs fonctions, ne doivent, en aucun cas, solliciter ou recevoir
d’instruction ni d’ordre d’une autorité publique ou privée,
nationale ou étrangère.
Article 6.- (1) Les membres d’Elections Cameroon ne peuvent
être poursuivis, recherchés, arrêtés, détenus ou jugés pour des
opinions émises dans le cadre de leurs fonctions.
(2) Sauf cas de flagrant délit, les membres d’Elections
Cameroon ne peuvent faire l’objet de poursuites répressives
pendant l’exercice de leurs fonctions.
CHAPITRE II
DES MISSIONS
Article 7.- (1) Elections Cameroon est chargé de l’organisation,
de la gestion et de la supervision du processus électoral et
référendaire.
(2) A cet effet, Elections Cameroon est investi de tous les
pouvoirs nécessaires à l’exercice de ses missions.
CHAPITRE III
DE L’ORGANISATION ET DU FONCTIONNEMENT
Article 8.- Pour l’exécution de ses missions, Elections
Cameroon dispose des organes ci-après :
- un Conseil Electoral (CE) ;
- une Direction Générale des Elections (DGE).
Article 9.- (1) Elections Cameroon est placé sous l’autorité du
Conseil Electoral.
(2) Le Conseil Electoral veille au bon fonctionnement
d’Elections Cameroon.
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SECTION I
DU CONSEIL ELECTORAL
PARAGRAPHE I
DES ATTRIBUTIONS
Article 10.- (1) Le Conseil Electoral veille au respect de la loi
électorale par tous les intervenants de manière à assurer la
régularité, l’impartialité, l’objectivité, la transparence et la sincérité
des scrutins.
(2) A ce titre, le Conseil Electoral :
- opère les vérifications et les contrôles qu’il juge opportuns ;
- examine les dossiers de candidature et publie la liste ou
les listes définitives des candidats à l’élection
présidentielle, aux élections législatives, sénatoriales,
régionales et municipales ;
- transmet les procès-verbaux des élections au Conseil
Constitutionnel ou aux instances prévues par la loi ;
- veille à ce que la liste des membres des commissions
locales de vote soit publiée et notifiée, dans les délais
impartis, à tous ceux qui, selon la loi électorale, doivent la
recevoir, notamment les représentants des listes des
candidats ou les candidats ;
- contrôle la mise en place du matériel électoral et des
documents électoraux dans les délais impartis par la loi ;
- connaît des contestations et réclamations portant sur les
opérations préélectorales et électorales, sous réserve des
attributions du Conseil Constitutionnel et des juridictions
ou administrations compétentes ;
- ordonne les rectifications rendues nécessaires à la suite
de l’examen des réclamations ou contestations reçues,
relatives aux élections ou aux opérations référendaires.
Article 11.- (1) Dans le cadre de ses missions, le Conseil
Electoral :
- adopte le règlement intérieur d’Elections Cameroon ;
- soumet des rapports et/ou des propositions aux autorités
compétentes sur les questions relevant de celles-ci ;
- examine et approuve les projets de budgets élaborés par
le Directeur Général des Elections ;
4
- approuve le programme d’actions élaboré par le Directeur
Général des Elections ;
- approuve les rapports d’activités élaborés par le Directeur
Général des Elections ;
- émet un avis ou formule des suggestions surtout projet de
texte qui lui est soumis dans le domaine des élections;
- fixe, sur proposition du Directeur Général des Elections,
l’organisation et les modalités de fonctionnement des
démembrements.
(2) Le Conseil Electoral organise des concertations avec
l’Administration, la Justice, les partis politiques et éventuellement
la société civile, dans le cadre de la gestion du processus
électoral.
PARAGRAPHE II
DE LA COMPOSITION ET DE LA DUREE DU MANDAT
Article12.- (1) Le Conseil Electoral comprend dix-huit (18)
membres, dont un (01) Président et un (01) Vice-Président.
(2) Les membres du Conseil Electoral sont choisis parmi
des personnalités de nationalité camerounaise, reconnues pour
leur compétence, leur intégrité morale, leur honnêteté
intellectuelle, leur sens patriotique et leur esprit de neutralité et
d’impartialité.
(3) Le Président, le Vice-Président et les membres du
Conseil Electoral sont nommés par décret du Président de la
République après consultation des partis politiques représentés
à l’Assemblée Nationale et de la société civile.
(4) Le Président et le Vice-Président du Conseil Electoral
assurent les fonctions de Président et de Vice-Président
d’Elections Cameroon.
(5) Le mandat des membres du Conseil Electoral est de
quatre (04) ans, éventuellement renouvelable.
(6) Avant leur prise de fonctions, les membres du Conseil
Electoral prêtent le serment suivant devant le Conseil
Constitutionnel : «Je jure de bien et fidèlement remplir mes
5
fonctions, de les exercer en toute impartialité dans le respect de
la Constitution et des lois en vigueur, de garder le secret des
délibérations et des votes, de ne prendre aucune position
publique, de ne donner aucune consultation sur les questions
relevant de la compétence d’Elections Cameroon».
(7) Ils sont soumis à l’obligation de déclaration de leurs
biens et avoirs.
Article 13.- (1) Le mandat d’un membre du Conseil Electoral
prend fin dans l’un des cas ci-après :
- non renouvellement du mandat ;
- démission ;
- décès.
er
(2) La démission évoquée à l’alinéa 1 ci-dessus est
dûment constatée par le Conseil Electoral. Dans ce cas, le
Président de la République procède au remplacement du
membre dont la démission a été constatée, après consultation
du Président du Conseil Electoral. Le membre nommé achève le
mandat du membre démissionnaire. Il prête serment selon les
dispositions de l’article 12 alinéa 6 ci-dessus.
Article 14.- (1) L’empêchement temporaire d’un membre est
dûment constaté par le Conseil Electoral. Si cet empêchement
se prolonge au-delà d’une durée de six(06) mois, il peut être mis
fin aux fonctions de l’intéressé, par décret du Président de la
République.
(2) Le membre nommé en remplacement du membre
empêché achève le mandat de celui-ci. Il prête serment selon
les dispositions de l’article12 alinéa 6 ci-dessus.
Article 15.- Il peut être mis fin au mandat d’un membre du
Conseil Electoral dans l’un des cas ci-après :
- incapacité physique ou mentale, dûment constatée par le
Conseil Electoral ;
- faute lourde, dûment constatée par le Conseil Electoral,
notamment, la violation du serment ;
- condamnation définitive à une peine afflictive ou
infamante.
6
Article 16.- Un membre dont le mandat a pris fin, en application
des dispositions des articles13, 14 et 15 ci-dessus, ne peut être
candidat à l’élection qui suit la fin de son mandat.
PARAGRAPHE III
DES INCOMPATIBILITES
Article 17.- Les fonctions de Président, de Vice-Président et de
membre du Conseil Electoral sont incompatibles avec les
fonctions ou la qualité de :
- Membre du Gouvernement et assimilés ;
- Membre du Conseil Constitutionnel ;
- Magistrat en activité ;
- Secrétaire Général de Ministère et assimilés ;
- Directeur Général d’un établissement public ou d’une
Entreprise du secteur public et parapublic ;
- Directeur d’Administration centrale et assimilés ;
- personne exerçant un mandat électif national, régional ou
local ;
- Gouverneur, Secrétaires Généraux et Inspecteurs
Généraux dans les services du Gouverneur ;
- Préfet, Sous-Préfet et leurs Adjoints ;
- Chef traditionnel ;
- Président d’une chambre consulaire ;
- responsable ou personnel des forces de maintien de
l’ordre en activité ;
- personne inéligible ou frappée d’une incapacité électorale ;
- candidat aux élections contrôlées par Elections Cameroon ;
- membre d’un parti politique ou d’un groupe de soutien à
un parti politique, à une liste de candidats ou à un
candidat.
PARAGRAPHE IV
DU FONCTIONNEMENT
Article 18.- Le Conseil Electoral tient quatre (04) sessions
ordinaires par an, sur convocation de son Président. Toutefois,
en cas de nécessité ou à la demande des deux tiers (2/3) de ses
membres, le Conseil se réunit en session extraordinaire.
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Article 19.- (1) En période électorale, le Conseil Electoral se
réunit aussi souvent que nécessaire.
(2) Dès la convocation du corps électoral, le Conseil
Electoral se réunit au moins une fois tous les quinze (15) jours.
Article 20.- Les sessions du Conseil Electoral sont convoquées
par le Président ou, en cas d’empêchement de ce dernier, par le
Vice-Président.
Article 21.- (1) Les décisions du Conseil Electoral sont prises
par consensus ou, à défaut, à la majorité simple des membres
présents. En cas de partage des voix, celle du Président est
prépondérante.
(2) La présence des deux tiers (2/3) au moins des membres
est nécessaire pour la validité des délibérations.
(3) Les réunions du Conseil Electoral donnent lieu à
l’établissement de procès-verbaux signés du Président et du
secrétaire.
(4) Le secrétariat des réunions du Conseil Electoral est
assuré par la Direction Générale des Elections.
CHAPITRE IV
DE LA DIRECTION GENERALE DES ELECTIONS
Article 22.- La Direction Générale des Elections est chargée de
la préparation et de l’organisation matérielle des opérations
électorales et référendaires, sous l’autorité du Conseil Electoral.
Article 23.- (1) La Direction Générale des Elections est placée
sous l’autorité d’un Directeur Général, assisté éventuellement
d’un Directeur Général Adjoint.
(2) Les fonctions de Directeur Général et de Directeur
Général Adjoint des Elections sont incompatibles avec les
fonctions ou qualités visées à l’article 17 de la présente loi.
8
SECTION I
DE LA DESIGNATION
Article 24.- (1) Le Directeur Général et le Directeur Général
Adjoint des Elections sont nommés par décret du Président de la
République pour un mandat de cinq (05) ans, éventuellement
renouvelable, après consultation du Conseil Electoral.
(2) En cas de vacance du poste de Directeur Général ou de
Directeur Général Adjoint des Elections, il est procédé au
remplacement de ceux-ci selon la procédure décrite à l’alinéa 1
ci-dessus, pour la durée restante du mandat.
Article 25.- (1) Les fonctions de Directeur Général ou de
Directeur Général Adjoint des Elections prennent fin dans l’un
des cas ci-après :
- non renouvellement du mandat ;
- démission ;
- décès.
(2) Il peut être mis fin au mandat du Directeur Général ou
du Directeur Général Adjoint des Elections dans l’un des cas ci-
après :
- incapacité physique ou mentale, dûment constatée par le
Conseil Electoral ;
- faute lourde, dûment constatée par le Conseil Electoral ;
- condamnation définitive à une peine afflictive ou
infamante.
SECTION II
DES ATTRIBUTIONS
Article 26.- (1) Le Directeur Général des Elections est chargé,
sous l’autorité du Conseil Electoral, des opérations électorales
ou référendaires, notamment :
- la constitution, la gestion, la mise à jour et la conservation
du fichier électoral national ainsi que des documents et
matériels électoraux ;
9
- l’acquisition et la distribution du matériel et des documents
électoraux ;
- l’établissement des listes électorales, en liaison avec les
commissions mixtes compétentes ;
- la publication des listes électorales ;
- l’établissement des cartes électorales ;
- la distribution des cartes électorales, en liaison avec les
commissions mixtes compétentes ;
- l’organisation ou la supervision de la formation du personnel
chargé des scrutins ;
- l’élaboration du projet de budget annuel du Conseil Electoral
et de la Direction Générale des Elections ;
- l’élaboration du projet de budget des élections ;
- l’exécution du budget de la Direction Générale des Elections
et du budget des élections ;
- la gestion des ressources de toute nature et des matériels mis
à sa disposition ;
- la réception et la transmission au Conseil Electoral des
dossiers de candidatures à l’élection présidentielle et aux
élections législatives, sénatoriales, régionales et municipales ;
- la réception et la transmission au Conseil Electoral des
demandes de participation à la campagne référendaire ;
- la remise, dans les délais impartis par la loi, des spécimens
de bulletins de vote aux candidats ou aux partis politiques
prenant part aux scrutins, en vue des campagnes électorales
ou référendaires ;
- la coordination des actions des observateurs accrédités par
les autorités nationales compétentes ;
- l’organisation des bureaux de vote ;
- la coordination de l’ensemble des structures chargées des
opérations électorales ;
- la coordination de l’acheminement des procès-verbaux des
élections et autres documents électoraux à partir des bureaux
de vote jusqu’au siège d’Elections Cameroon ;
- la transmission des procès-verbaux des élections au Conseil
Electoral.
(2) A cet effet, le Directeur Général des Elections est investi
de tous les pouvoirs nécessaires à l’exercice de ses fonctions.
10
(3) Il rend compte de ses activités au Conseil Electoral au
moins une fois par trimestre et aussi souvent que nécessaire en
période électorale.
(4) Après chaque scrutin, le Directeur Général des Elections
est chargé de la centralisation de tous les documents et
matériels électoraux ainsi que de leur conservation.
(5) Il élabore le rapport final sur le déroulement des
élections.
Article 27.- (1) Le Directeur Général des Elections assure
l’administration d’Elections Cameroon sous l’autorité du Conseil
Electoral.
(2) Il assiste avec voix consultative aux réunions du Conseil
Electoral.
(3) Il représente Elections Cameroon dans le cadre de ses
attributions et peut ester en justice.
(4) Le Directeur Général Adjoint des Elections exerce les
attributions et exécute les missions qui lui sont confiées par le
Directeur Général des Elections dans le cadre de l’administration
d’Elections Cameroon.
SECTION III
DES STRUCTURES D’APPUI
Article 28.- (1) La Direction Générale des Elections dispose de
structures d’appui.
(2) L’organisation et le fonctionnement des structures
visées à l’alinéa 1 ci-dessus sont fixés par le Conseil Electoral,
sur proposition du Directeur Général des Elections.
(3) Les responsables des structures d’appui sont nommés
par le Directeur Général des Elections, après approbation du
Conseil Electoral.
11
SECTION IV
DES PERSONNELS
Article 29.- (1) Le Directeur Général des Elections recrute les
personnels pour le compte d’Elections Cameroon, dans le
respect des lois et règlements en vigueur.
(2) Il peut également solliciter le détachement des
fonctionnaires ou l’affectation des personnels de l’Etat relevant
du Code du Travail ainsi que des agents décisionnaires.
(3) Les personnels d’Elections Cameroon sont régis par un
statut propre adopté par le Conseil Electoral, dans le respect des
lois et règlements en vigueur.
(4) Pendant toute la durée de leur emploi, les personnels de
l’Etat, détachés ou affectés, sont soumis à la législation du
travail, sous réserve des dispositions du Statut Général de la
Fonction Publique de l’Etat relatives à la retraite, à l’avancement
et à la fin du détachement.
(5) En période électorale, le Directeur Général des
Elections peut recruter des personnels temporaires, pour la
durée des tâches à effectuer.
SECTION V
DES DEMEMBREMENTS
Article 30.- (1) Elections Cameroon dispose de
démembrements territoriaux aux niveaux régional,
départemental et communal.
(2) L’organisation et les modalités de fonctionnement des
démembrements territoriaux sont fixées par le Conseil Electoral,
sur proposition du Directeur Général des Elections.
(3) Les responsables des démembrements territoriaux au
niveau régional sont nommés par le Conseil Electoral, sur
proposition du Directeur Général des Elections.
(4) Les responsables des démembrements territoriaux au
niveau départemental et communal sont nommés par le Directeur
Général des Elections, après approbation du Conseil Electoral.
12
CHAPITRE V
DES DISPOSITIONS FINANCIERES
Article 31.- Les ressources d’Elections Cameroon sont des
deniers publics, gérés conformément aux règles de la
comptabilité publique.
Article 32.- (1) Elections Cameroon dispose d’un budget annuel
et d’un budget des élections programmées dans l’année.
(2) Le Directeur Général des Elections est l’ordonnateur du
budget d’Elections Cameroon et du budget des élections.
Article 33.- (1) Les projets des budgets mentionnés à l’article 32
ci-dessus sont élaborés par le Directeur Général des Elections
et approuvés par le Conseil Electoral.
(2) Le Président du Conseil Electoral transmet les projets
visés à l’alinéa 1 ci-dessus au Gouvernement pour examen
concerté et présentation au Parlement, aux fins d’adoption dans
le cadre de la loi de finances.
Article 34.- (1) Le Conseil Electoral dispose d’une dotation
spéciale inscrite dans la loi de finances, destinée à la prise en
charge des emplois visés à l’article 41 ci-dessous.
(2) L’Agent Comptable du Trésor prévu à l’article 36 ci-
dessous, exécute les dépenses du Conseil Electoral
conformément aux textes en vigueur.
(3) La fin de l’exercice, il élabore un compte d’emploi qu’il
adresse au Ministre chargé des finances pour apurement. Ce
compte d’emploi accompagne les autres documents comptables
adressés à la Chambre des Comptes.
Article 35.- (1) Après l’adoption du budget de l’Etat parle
Parlement, le Ministre chargé des finances effectue des
déblocages de fonds au profit d’Elections Cameroon au titre des
dépenses prioritaires de l’Etat, conformément aux dotations
inscrites dans la loi de finances.
13
(2) En cas d’élection non prévue au cours d’une année,
l’Etat prend les mesures appropriées pour mettre à la disposition
d’Elections Cameroon les moyens nécessaires à l’organisation
du scrutin.
Article 36.- Le Ministre chargé des finances désigne un Agent
Comptable du Trésor Public auprès d’Elections Cameroon.
Article 37.- (1) Un Commissaire aux comptes est nommé
auprès d’Elections Cameroon par le Ministre chargé des
finances pour un mandat de trois (03) ans, renouvelable une
(01) fois.
(2) A la fin de chaque année, le Commissaire aux comptes
adresse au Ministre chargé des finances un rapport sur la
gestion financière d’Elections Cameroon.
Article 38.- Le compte administratif et le compte de gestion
d’Elections Cameroon sont transmis annuellement au Ministre
chargé des finances et à la Chambre des Comptes de la Cour
Suprême.
Article 39.- Elections Cameroon est soumis à un audit financier
annuel des services compétents de l’Etat.
CHAPITRE VI
DISPOSITIONS DIVERSES
Article 40.- Un décret du Président de la République fixe les
rangs protocolaires et les privilèges du Président et du Vice-
Président du Conseil Electoral, ceux des membres du Conseil
Electoral, ainsi que ceux du Directeur Général et du Directeur
Général Adjoint des Elections.
Article 41.- (1) Le Président et le Vice-Président du Conseil
Electoral ainsi que le Directeur Général adjoint des Elections
bénéficient d’une rémunération mensuelle et des avantages en
nature.
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(2) Les membres du Conseil Electoral bénéficient d’une
indemnité de session à l’occasion de ses réunions et au
remboursement des frais occasionnés par ces réunions sur
présentation des pièces justificatives.
(3) Des indemnités et frais de mission sont accordés aux
membres du Conseil Electoral.
(4) La rémunération mensuelle, l’indemnité de session, les
indemnités et frais de mission prévus aux alinéas 1, 2 et 3 ci-
dessus sont fixés par décret du Président de la République.
Article 42.- Les règles de procédure et les modalités de
fonctionnement d’Elections Cameroon font l’objet d’un règlement
intérieur.
Article 43.- (1) Les administrations de l’Etat apportent leur
collaboration et leur appui à Elections Cameroon dans le cadre
de l’exécution des missions qui lui sont assignées.
(2) Le Ministère chargé de l’administration territoriale assure
la liaison permanente entre le Gouvernement et Elections
Cameroon. Il reçoit notamment de ce dernier, copies des
procès-verbaux de séances et des rapports d’activités.
Article 44.- (1) En cas de défaillance ou de dysfonctionnement
d’Elections Cameroon, le Président de la République prend, les
mesures qu’il juge nécessaires pour y remédier.
(2) Le Président de la République peut, en vertu des articles
5 et 8 de la Constitution, mettre fin, selon le cas, aux fonctions
du Président, du Vice-Président et des membres du Conseil
Electoral, ainsi que du Directeur Général et du Directeur Général
Adjoint des Elections.
15
TITRE III
DISPOSITIONS COMMUNES A L’ELECTION DU PRESIDENT
DE LA REPUBLIQUE,
DES DEPUTES ET DES CONSEILLERS MUNICIPAUX
ET AU REFERENDUM
CHAPITRE I
DE L’ELECTORAT
SECTION I
DE LA CAPACITE ELECTORALE
Article 45.- Est électeur, toute personne de nationalité
camerounaise, sans distinction de sexe, âgée de vingt (20) ans
révolus, inscrite sur une liste électorale et ne se trouvant dans
aucun cas d’incapacité prévue par la loi.
Article 46.- (1) Peuvent être inscrits sur la liste électorale d’une
commune, les citoyens camerounais jouissant du droit de vote et
qui ont leur domicile d’origine ou résident effectivement dans
ladite commune depuis au moins six (6) mois.
(2) Peuvent également être inscrits sur les listes
électorales, les citoyens qui, ne remplissant pas les conditions
d’âge ou de résidence requises lors de la révision des listes, les
rempliront avant la clôture définitive des inscriptions ou le cas
échéant, le jour du scrutin.
(3) Les militaires et assimilés de toutes armes peuvent être
inscrits sans condition de résidence sur les listes électorales du
lieu où se trouve leur unité ou leur port d’attache.
(4) Peuvent également être inscrits sur les listes
électorales, les citoyens qui justifient de leur inscription au rôle
des contributions directes dans la circonscription électorale
concernée pour la cinquième année consécutive.
(5) Dans le cas visé à l’alinéa 4 ci-dessus, la demande
d’inscription doit obligatoirement être accompagnée d’un
certificat de non-inscription sur les listes électorales ou de
radiation, délivré par le démembrement communal d’Elections
16
Cameroon du lieu du domicile ou de résidence habituelle de
l’intéressé.
SECTION II
DES INCAPACITES ELECTORALES
Article 47.- Ne doivent pas être inscrits sur la liste électorale :
- les personnes condamnées pour crime, même par défaut ;
- les personnes condamnées à une peine privative de liberté
sans sursis supérieure à trois (03) mois ;
- les personnes condamnées à une peine privative de liberté
assortie de sursis simple ou avec probation supérieure à
six (06) mois ;
- les personnes qui font l’objet d’un mandat d’arrêt ;
- les faillis non réhabilités dont la faillite a été déclarée soit
par les tribunaux camerounais, soit par un jugement rendu
à l’étranger et exécutoire au Cameroun ;
- les aliénés mentaux.
Article 48.- (1) Ne peuvent pas être inscrites sur les listes
électorales pendant un délai de dix (10) ans, sauf réhabilitation ou
amnistie, les personnes condamnées pour atteinte à la sûreté de
l’Etat.
(2) Le délai de dix (10) ans prévu à l’alinéa 1 ci-dessus
court du jour de la libération, pour les condamnés à une peine
privative de liberté, et du jour de paiement de l’amende, le cas
échéant.
CHAPITRE II
DES COMMISSIONS ELECTORALES
Article 49.- Il est créé des commissions électorales mixtes
chargées respectivement des opérations préparatoires aux
élections, de l’organisation et de la supervision des opérations
électorales, des opérations de vote et du recensement général
des votes.
17
SECTION I
DES COMMISSIONS CHARGEES
DES OPERATIONS PREPARATOIRES AUX ELECTIONS
Article 50.- Sont considérés comme opérations préparatoires
aux élections, l’établissement et la révision des listes électorales,
ainsi que l’établissement et la distribution des cartes électorales.
PARAGRAPHE I
DES COMMISSIONS DE REVISION
DES LISTES ELECTORALES
Article 51.- Les listes électorales sont établies par les
démembrements territoriaux d’Elections Cameroon, en relation
avec les commissions mixtes compétentes.
Article 52.- (1) Il est créé dans chaque commune, une
commission chargée de la révision des listes électorales.
Lorsque l’étendue ou le chiffre de la population de la commune
le justifie, le Directeur Général des Élections peut créer plusieurs
commissions de révision des listes électorales.
(2) La commission de révision des listes électorales est
composée ainsi qu’il suit : Président : un représentant
d’Elections Cameroon, désigné par le responsable du
démembrement départemental d’Elections Cameroon.
Membres :
- un représentant de l’Administration, désigné par le sous-
préfet ;
- le maire, ou un adjoint au maire ou un conseiller
municipal désigné par le maire ;
- un représentant de chaque parti politique légalisé et
présent sur le territoire de la commune concernée.
(3) Le sous-préfet, le maire et chaque parti politique doivent
notifier au moins quinze (15) jours avant le début des opérations
de révision des listes électorales, au démembrement communal
d’Elections Cameroon, les noms de leurs représentants
désignés pour siéger au sein de la commission.
18
(4) Si un parti politique n’a pas désigné de représentant en
temps utile, le responsable du démembrement communal
d’Elections Cameroon peut, après une mise en demeure restée
sans effet, adjoindre à la commission une personnalité issue de
la société civile.
(5) Si le maire n’a pas désigné de représentant en temps
utile, le responsable du démembrement communal d’Elections
Cameroon, après une mise en demeure restée sans effet, saisit
le préfet qui désigne un responsable de la commune pour siéger
au sein de la commission en qualité de représentant de la
commune.
(6) La composition de chaque commission de révision des
listes électorales est constatée par décision du responsable du
démembrement départemental d’Elections Cameroon.
(7) Les fonctions de membre d’une commission de révision
sont gratuites.
(8) Les travaux de la commission peuvent être valablement
conduits par un seul de ses membres, à condition que tous les
membres soient mis au courant des travaux avant leur clôture.
(9) A l’issue de ses travaux, la commission de révision des
listes électorales dresse un procès-verbal signé du président et
de ses membres.
PARAGRAPHE II
DES COMMISSIONS DE CONTROLE DE L’ETABLISSEMENT
ET DE DISTRIBUTION DES CARTES ELECTORALES
Article 53.- (1) Il est créé au niveau de chaque commune, une
ou plusieurs commissions chargées du contrôle de
l’établissement et de la distribution des cartes électorales.
(2) La commission de contrôle de l’établissement et de la
distribution des cartes électorales est composée ainsi qu’il suit :
Président : un représentant d’Elections Cameroon, désigné par
le responsable du démembrement départemental d’Elections
Cameroon ;
Membres :
- un représentant de l’Administration, désigné par le sous-
19
préfet ;
- le maire, ou un adjoint au maire ou un conseiller municipal
désigné par le maire;
- un représentant de chaque parti politique légalisé, présent
sur le territoire de la commune concernée.
(3) La composition de la commission de contrôle de
l’établissement et de la distribution des cartes électorales est
constatée par décision du responsable du démembrement
départemental d’Elections Cameroon qui, au moins quinze (15)
jours avant le début des opérations de distribution des cartes
électorales, transforme les commissions de révision des listes
électorales en commissions de contrôle de l’établissement et de
la distribution des cartes électorales.
(4) A l’issue de ses travaux, la commission de contrôle de
l’établissement et de la distribution des cartes électorales dresse
un procès-verbal signé du président et de ses membres.
SECTION II
DES COMMISSIONS LOCALES DE VOTE
Article 54.- (1) Il est créé pour chaque bureau de vote, une
commission locale de vote composée ainsi qu’il suit :
Président : une personnalité désignée par le responsable du
démembrement départemental d’Elections Cameroon.
Membres :
- un représentant de l’Administration, désigné par le sous-préfet ;
- un représentant de chaque candidat, liste de candidats ou
parti politique.
(2) Au plus tard le sixième jour avant le scrutin, les noms
des représentants de l’Administration et des candidats, liste de
candidats ou parti politique, choisis parmi les électeurs inscrits
sur la liste électorale correspondant au bureau de vote
concerné, sont notifiés au démembrement communal d’Elections
Cameroon.
(3) La composition de chaque commission locale de vote
est constatée par décision du responsable du démembrement
départemental d’Elections Cameroon.
20
Article 55.- Lors du dépouillement, le président de la
commission locale de vote désigne quatre (04) scrutateurs parmi
les électeurs inscrits dans la liste du bureau de vote concerné.
Article 56.- Si un ou plusieurs représentants désignés par les
candidats, mandataires de liste ou partis politiques font défaut à
l’ouverture du scrutin, le président de la commission locale de
vote doit, par décision consignée au procès-verbal, désigner,
pour la compléter, des électeurs sachant lire et écrire le français
ou l’anglais, inscrits sur la liste électorale correspondant au
bureau de vote.
Article 57.- (1) Trois (03) membres de la commission au moins
doivent être présents dans le bureau de vote ou à proximité
immédiate pendant tout le cours des opérations électorales.
(2) Cependant, s’il éprouve des difficultés insurmontables
pour constituer la commission, le président peut ouvrir le bureau
de vote à l’heure d’ouverture du scrutin. Il mentionne au procès-
verbal l’heure à laquelle les membres de la commission ont été
désignés et ont pris leurs fonctions.
Article 58.- Les représentants des candidats, listes de candidats
ou partis politiques, qui, sans motif valable, ne se présentent pas
à l’heure de l’ouverture du scrutin et qui sont remplacés par le
président dans les conditions prévues aux articles 54 et 55 ci-
dessus, ne peuvent prétendre siéger au sein de la commission
locale de vote.
Article 59.- Chaque candidat, liste de candidats ou parti
politique peut désigner trois (03) représentants par
arrondissement, lesquels ont libre accès dans tous les bureaux
de vote de l’arrondissement. Ils ne peuvent être expulsés qu’en
cas de désordre provoqué par eux. Mention en est faite au
procès-verbal. Ils peuvent présenter à la commission locale de
vote des observations sur le déroulement du scrutin. Ces
observations sont consignées au procès-verbal.
21
Article 60.- Le président de la commission locale de vote assure
seul la police du bureau de vote.
Il doit faire expulser du bureau de vote toute personne qui
n’a pas la qualité d’électeur du ressort dudit bureau de vote, à
l’exception des candidats, des chefs de circonscriptions
administratives dans le ressort desquelles se trouve le bureau
de vote, et de leurs représentants.
Il interdit tout stationnement encombrant devant le bureau
de vote. Il peut requérir la force publique pour faire rétablir
l’ordre ou faire évacuer le bureau de vote.
Nul électeur ne peut entrer dans le bureau de vote s’il est
porteur d’une arme quelconque.
Article 61.- La commission locale de vote se prononce sur toute
difficulté liée à l’organisation, au déroulement et au
dépouillement du scrutin. En cas de partage des voix, celle du
président est prépondérante.
En cas de contestation de sa décision, soit par un membre
de la commission, soit par un électeur intéressé, soit par un
candidat, soit par un mandataire d’une liste ou parti politique, il
est fait mention au procès-verbal de la contestation et de la
décision motivée.
Article 62.- (1) La commission locale de vote dresse un procès-
verbal de toutes les opérations du scrutin. Ce procès-verbal est
signé du président et des membres présents et adressé au
responsable du démembrement communal d’Elections
Cameroon.
(2) Dans les quarante-huit (48) heures qui suivent la clôture
des opérations de vote, le responsable du démembrement
communal d’Elections Cameroon transmet un exemplaire des
procès-verbaux des commissions locales de vote, assorti des
pièces annexes, à la commission départementale de supervision
ou à la commission communale de supervision, le cas échéant.
22
(3) La commission départementale de supervision transmet
le procès-verbal de ses travaux à la Commission nationale de
recensement général des votes dans les soixante-douze (72)
heures.
SECTION III
DES COMMISSIONS DEPARTEMENTALES
DE SUPERVISION
Article 63.- Il est créé au niveau de chaque département, une
commission départementale de supervision chargée de veiller
au bon déroulement des opérations préparatoires aux élections
et des opérations électorales proprement dites. A ce titre, la
commission départementale de supervision:
- contrôle les opérations d’établissement, de conservation
et de révision des listes électorales ;
- connaît des réclamations ou contestations concernant les
listes et les cartes électorales ;
- assure le contrôle de la distribution des cartes électorales ;
- ordonne toutes rectifications rendues nécessaires à la
suite de l’examen des réclamations ou contestations
dirigées contre les actes des commissions compétentes
concernant les listes et les cartes électorales ;
- centralise et vérifie les opérations de décompte des
suffrages effectuées par les commissions locales de vote
ainsi que tout document y relatif. En cas de simple vice
de forme, elle peut en demander la régularisation
immédiate aux membres de la commission locale de
vote.
Article 64.- (1) La commission départementale de supervision,
dont le siège est fixé au chef-lieu du département, est composée
ainsi qu’il suit :
Président : le président du tribunal de grande instance du
ressort.
Membres :
- trois (03) représentants de l’Administration, désignés par
le préfet ;
23
- trois (03) représentants d’Elections Cameroon, désignés
par le responsable du démembrement départemental
d’Elections Cameroon ;
- un représentant de chaque candidat.
(2) La composition de la commission départementale de
supervision est constatée par un acte du responsable du
démembrement régional d’Elections Cameroon.
(3) Nonobstant les dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus, la
commission départementale de supervision est présidée par un
magistrat désigné par le président de la Cour d’Appel
territorialement compétent, dans tout département non pourvu
d’un tribunal de grande instance ou en cas d’empêchement du
président du tribunal de grande instance, suivant le cas.
(4) Le membre défaillant peut-être remplacé par l’autorité
ou le candidat qui l’a désigné, par simple notification au
président de la commission départementale de supervision.
Article 65.- (1) La liste des membres de la commission
départementale de supervision est tenue en permanence au
greffe du tribunal de grande instance, à la préfecture et au
démembrement départemental d’Elections Cameroon.
(2) Elle peut être consultée partout électeur de la
circonscription.
Article 66.- Les fonctions de président et de membre de la
commission départementale de supervision sont gratuites.
Article 67.- (1) Les travaux de la commission départementale de
supervision sont effectués au vu des procès-verbaux transmis
par les responsables des démembrements communaux
d’Elections Cameroon.
(2) En cas d’erreur de calcul, la commission départementale
de supervision peut redresser les procès-verbaux
correspondants. Toutefois, elle ne peut les annuler. En cas de
24
rectification ou de redressement, la commission départementale
de supervision est tenue de motiver sa décision et d’en faire
mention dans son procès-verbal.
(3) Les travaux de la commission départementale de
supervision sont consignés dans un procès-verbal signé du
président et des membres présents, établi en autant
d’exemplaires que de membres plus deux. Chaque membre
signataire en reçoit un exemplaire. L’exemplaire détenu par les
représentants d’ELECAM faisant foi. Ce procès-verbal est
transmis dans les soixante-douze (72) heures à la commission
nationale de recensement général des votes, accompagné des
documents provenant des commissions locales de vote.
(4) Un exemplaire dudit procès-verbal est transmis à la
Direction Générale des Elections.
SECTION IV
DE LA COMMISSION NATIONALE
DE RECENSEMENT GENERAL DES VOTES
Article 68.- (1) Il est créé une commission nationale de
recensement général des votes, composée ainsi qu’il suit :
Président : un (01) membre du Conseil Constitutionnel, désigné
par le président du Conseil Constitutionnel.
Membres :
- deux (02) magistrats de l’ordre judiciaire, désignés par le
Premier Président de la Cour Suprême ;
- cinq (05) représentants de l’Administration, désignés par
le Ministre chargé de l’administration territoriale ;
- cinq (05) représentants d’Elections Cameroon, désignés
par le Directeur Général des Elections;
- un (01) représentant de chaque candidat ou parti
politique en compétition, désigné par le candidat ou le
parti politique.
(2) La composition de la commission nationale de
recensement général des votes est constatée par résolution du
Conseil Electoral.
25
(3) La liste des membres est communiquée au Conseil
Constitutionnel et tenue à la disposition du public.
Article 69.- (1) La commission nationale de recensement
général des votes procède au décompte général des votes, au
vu des procès-verbaux et des pièces annexes transmis par les
commissions départementales de supervision.
(2) Elle redresse les erreurs matérielles éventuelles de
décompte des votes. Elle ne peut toutefois annuler les procès-
verbaux correspondants.
(3) Le recensement général des votes est public et
s’effectue au siège du Conseil Constitutionnel.
(4) La commission nationale de recensement général des
votes dresse procès-verbal de toutes ses opérations. Ce procès-
verbal, établi en autant d’exemplaire que de membres est signé
du Président et des membres présents. Un exemplaire est
transmis dans un délai de cinq (05) jours au Conseil
Constitutionnel, accompagné des pièces annexes.
CHAPITRE III
DES LISTES ELECTORALES
SECTION I
DE L’ETABLISSEMENT DES LISTES ELECTORALES
Article 70.- (1) Les listes électorales sont établies et tenues au
niveau de chaque commune. Une liste électorale est également
établie pour chaque bureau de vote.
(2) Les listes électorales sont établies par ordre
alphabétique.
(3) Il est délivré à chaque électeur nouvellement inscrit un
récépissé portant la date, le lieu et le numéro d’inscription.
26
(4) Le récépissé visé à l’alinéa 3 ci-dessus sert
exclusivement aux réclamations relatives aux opérations
d’inscription sur les listes électorales. Il ne peut en aucun cas
remplacer la carte d’électeur.
(5) Figurent sur la liste, les noms, prénoms, date et lieu de
naissance, profession, domicile ou résidence de chaque
électeur.
Article 71.- L’inscription sur les listes électorales est un droit.
Elle se fait par les soins des démembrements territoriaux
d’Elections Cameroon, en relation avec les commissions mixtes
compétentes.
Article 72.- (1) La liste électorale comprend tous les électeurs
inscrits résidant dans la commune depuis au moins six (06)
mois.
(2) La liste électorale comprend également les électeurs qui
ont obtenu leur inscription dans les conditions prévues à l’article
46 de la présente loi.
(3) Dans ce cas, l’inscription ne peut être d’office. Elle ne
l’est que sur la demande expresse de l’électeur qui doit justifier
au préalable qu’il n’est pas inscrit sur une autre liste électorale.
Article 73.- (1) Nul ne peut être inscrit sur plus d’une liste
électorale ou plusieurs fois sur la même liste.
(2) Lorsqu’un électeur a été inscrit plusieurs fois sur la
même liste, il ne peut subsister qu’une seule inscription. La
radiation des autres inscriptions a lieu d’office.
(3) Lorsqu’un électeur a été inscrit sur plusieurs listes, seule
la dernière inscription est prise en compte, sauf option contraire
de l’électeur. La radiation sur les autres listes a lieu d’office.
27
(4) Tout refus d’inscrire un électeur doit être motivé et
notifié à l’intéressé. Ce refus peut faire l’objet de réclamation ou
de contestation devant la commission départementale de
supervision ou le Conseil Electoral, suivant le cas.
SECTION II
DE LA REVISION ANNUELLE DES LISTES ELECTORALES
Article 74.- (1) Les listes électorales sont permanentes. Elles
font l’objet d’une révision annuelle sur l’ensemble du territoire
national.
(2) La révision annuelle des listes électorales commence le
er
1 janvier et s’achève le 31 août de chaque année.
Article 75.- (1) Le Directeur Général des Elections peut, à
l’occasion de la révision annuelle, après avis conforme du
Conseil Electoral, ordonner par décision une refonte des listes
électorales.
(2) Par dérogation aux dispositions de l’article 74 alinéa 2 et
de l’alinéa 1 du présent article, la révision annuelle ou, le cas
échéant, la refonte des listes électorales est suspendue à
compter de la date de convocation du corps électoral.
(3) En cas de refonte, le Directeur Général des Elections
peut proroger la période prévue à l’article 74 alinéa 2 ci-dessus
pour une durée n’excédant pas trois (03) mois.
(4) Pendant la période de révision des listes électorales, les
commissions prévues à l’article 52 ci-dessus reçoivent les
demandes de radiation ou de modification. Elles procèdent aux
opérations correspondantes.
Article 76.- (1) En cas de refonte, il est procédé à la
reconstitution intégrale des listes électorales.
28
(2) En période de révision, sont ajoutés à la liste électorale,
les citoyens :
- qui remplissent les conditions exigées par la loi ;
- qui ont été précédemment omis.
(3) Sont retranchées de la liste électorale :
- les personnes décédées ;
- celles dont la radiation a été ordonnée par l’autorité
Judiciaire compétente ;
- celles qui ne remplissent plus les conditions exigées par
la loi ;
- celles qui ont été indûment inscrites.
(4) Sont apportées à la liste électorale toutes les
modifications relatives aux changements de résidence ou à des
erreurs matérielles constatées notamment sur les noms,
prénoms, filiation, date et lieu de naissance des électeurs.
Article 77.- (1) Les inscriptions, radiations et modifications sur
les listes électorales sont effectuées sur des registres et des
fiches fournis à cet effet par Elections Cameroon.
(2) Les registres visés à l’alinéa 1 ci-dessus sont tenus et
conservés au niveau du démembrement communal d’Elections
Cameroon. Ils peuvent être consultés partout intéressé.
(3) Pendant la période de révision, tout citoyen omis sur la
liste électorale peut demander son insertion.
Article 78.- (1) Au plus tard le 5 septembre, le président de la
commission de révision des listes électorales adresse le procès-
verbal des travaux de ladite commission au démembrement
départemental d’Elections Cameroon. Sont annexés à ce procès-
verbal, les documents relatifs aux radiations et modifications.
(2) Après la saisie, les vérifications techniques et
l’établissement du fichier électoral provisoire du département, le
responsable du démembrement départemental d’Elections
Cameroon transmet les listes électorales provisoires
correspondantes aux démembrements communaux concernés
pour affichage au plus tard le 20 octobre.
29
(3) Dès la publication des listes électorales provisoires, tout
parti politique, tout électeur peut saisir la commission de révision
ou, le cas échéant, la commission départementale de
supervision des irrégularités ou omissions constatées.
Article 79.- (1) La commission de révision des listes électorales
adresse au démembrement départemental d’Elections
Cameroon le procès-verbal des opérations rectificatives opérées
le cas échéant sur les listes électorales provisoires, au plus tard
le 10 novembre.
(2) A la suite de l’établissement du fichier électoral révisé du
département, le démembrement départemental d’Elections
Cameroon transmet ledit fichier au Directeur Général des
Elections, par l’intermédiaire du démembrement régional, au
plus tard le 10 décembre.
Article 80.- A l’issue des opérations de révision, et au vu des
documents et données communiqués par les démembrements
régionaux d’Elections Cameroon, le Directeur Général des
Elections établit et rend publique la liste électorale nationale au
plus tard le 30 décembre.
Article 81.- (1) Le Directeur Général des Elections est chargé de
la tenue du fichier électoral national.
(2) Tout parti politique, tout électeur, tout mandataire d’un
parti ou d’un candidat peut saisir le Conseil Electoral de toute
demande en réclamation ou contestation relative notamment à
une omission, une erreur ou une inscription d’un électeur
plusieurs fois sur la liste électorale nationale.
(3) En cas de rejet de la demande, l’intéressé peut former
un recours devant la Cour d’appel du ressort d’Elections
Cameroon qui statue en dernier ressort, sans frais ni forme de
procédure, dans les cinq (05) jours de la saisine.
30
SECTION III
DE L’INSCRIPTION SUR LES LISTES ELECTORALES
EN DEHORS DES PERIODES DE REVISION
Article 82.- (1) Peuvent être inscrits sur les listes électorales en
dehors des périodes de révision, sans conditions de résidence et
lorsque ces mutations entraînent un changement de résidence :
a) les fonctionnaires et agents des administrations
publiques mutés ou admis à faire valoir leurs droits à la
retraite après la clôture des délais d’inscription, ainsi que
les membres de leurs familles domiciliés avec eux à la
date de la mutation ou de la mise à la retraite ;
b) les militaires démobilisés après la clôture des délais
d’inscription.
(2) Les dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus s’appliquent
également aux agents du secteur privé mutés ou admis à faire
valoir leurs droits à la retraite.
(3) Les demandes d’inscription sur les listes électorales en
dehors des périodes de révision sont accompagnées des
indications nécessaires et déposées dans les services du
démembrement communal d’Elections Cameroon.
ARTICLE 83.- (1) Les demandes sont examinées par la
commission de révision des listes électorales dans un délai de
neuf (09) jours, et au plus tard six (06) jours avant la date du
scrutin. Les décisions de la commission sont notifiées sans délai
aux intéressés.
(2) La commission inscrit l’électeur sur la liste électorale
ainsi que sur le tableau additif qui est publié au plus tard quatre
(04) jours avant la date du scrutin.
31
CHAPITRE IV
DES CARTES ELECTORALES
Article 84.- (nouveau) (1) Tout électeur inscrit reçoit une carte
électorale biométrique sur laquelle figurent ses noms, prénoms,
date et lieu de naissance, filiation, photo, empreintes digitales,
profession, domicile ou résidence.
(2) Les cartes électorales sont permanentes.
(3) En cas de renouvellement des cartes électorales ou de
nouvelles inscriptions sur les listes électorales, la distribution des
cartes a lieu dans les quarante jours précédant la tenue du
scrutin.
(4) Toutefois, en cas de refonte, la distribution des cartes
électorales peut se faire lors de l’inscription ou dès leur
établissement lorsque les conditions techniques sont remplies.
Article 85.- (1) La distribution des cartes électorales est faite
sous le contrôle de la commission prévue à l’article 53 de la
présente loi.
(2) Les cartes électorales qui n’ont pas été remises à leurs
titulaires sont déposées aux bureaux de vote où ceux-ci sont
inscrits. Elles y restent à la disposition des intéressés jusqu’à la
clôture du scrutin.
(3) Elles ne peuvent être délivrées aux intéressés qu’au vu
de la carte d’identité de chaque titulaire ou du récépissé visé à
l’article 70 ci-dessus.
(4) Dans chaque bureau de vote, lors de la clôture du
scrutin, les cartes non retirées sont comptées par la commission,
mises sous pli, cachetées et apportées au démembrement
communal d’Elections Cameroon avec le procès-verbal des
opérations qui en mentionne le nombre.
32
CHAPITRE V
DE LA CONVOCATION DU CORPS ELECTORAL
Article 86.- (1) Le corps électoral est convoqué par décret du
Président de la République.
(2) L’intervalle entre la publication du décret convoquant le
corps électoral et la date fixée pour le scrutin est de quatre-
vingt-dix (90) jours au moins.
(3) Le scrutin doit avoir lieu un dimanche ou un jour qui est
déclaré férié et chômé. Il ne peut durer qu’un jour.
(4) Le décret convoquant le corps électoral précise les
heures d’ouverture et de fermeture des bureaux de vote.
CHAPITRE VI
DE LA CAMPAGNE ELECTORALE
Article 87.- (1) La campagne électorale est ouverte à partir du
quinzième jour précédant le scrutin. Elle prend fin la veille du
scrutin à minuit.
(2) Les candidats peuvent faire établir à leurs frais ou à
ceux du parti qui présente leur candidature, des circulaires, des
professions de foi ou des affiches.
(3) Ces documents sont établis sur papier de la couleur
retenue pour le candidat ou le parti. Ils portent le sigle qui a été
retenu pour l’impression des bulletins de vote.
(4) Le format maximum des affiches établies en vue de la
campagne électorale est fixé par décision du Directeur Général
des Elections.
Article 88.- (1) La Direction Générale des Elections établit pour
chaque candidat, parti ou liste de candidats en compétition, un
nombre de bulletins de vote correspondant à celui des électeurs
inscrits majoré d’un quart, ainsi que des bulletins de campagne.
33
(2) Le format des bulletins est fixé par décision du Directeur
Général des Elections, après avis du Conseil Electoral.
Article 89.- (1) Le texte des circulaires ou professions de foi et
des affiches, signé par le mandataire de la liste, du candidat ou
du parti, doit être soumis en double exemplaire au visa préalable
d’Elections Cameroon.
(2) Un exemplaire est conservé aux archives, l’autre, revêtu
du visa, est remis au candidat ou au mandataire du candidat, de
la liste ou du parti politique. Mention du visa est faite sur le
document imprimé.
(3) Le visa est refusé à tout texte constituant un appel à la
violence, une atteinte à l’intégrité du territoire national, à la forme
républicaine de l’Etat, à la souveraineté, à l’unité nationale ou
une incitation à la haine contre une autorité publique, un citoyen
ou un groupe de citoyens.
(4) Le visa mentionne la couleur et le sigle attribués à
chaque candidat ou parti politique.
Article 90.- Tout document établi ou distribué en violation des
dispositions des articles 87, 88 et 89 ci-dessus est, sur
réquisition d’Elections Cameroon, saisi par l’autorité
administrative, sans préjudice des poursuites pénales pouvant
être engagées contre son auteur et contre les personnes qui
l’ont distribué.
Article 91.- (1) Des emplacements sont réservés par les
municipalités à la demande d’Elections Cameroon, pour
l’apposition des affiches et du matériel de campagne de chaque
candidat ou liste de candidats.
(2) Tout affichage public, même par affiche timbrée, relatif à
l’élection, en dehors de ces emplacements, est interdit, aussi
bien pour les candidats que pour tout autre personne ou
groupement.
34
(3) Il en est de même pour les affiches ou inscriptions
apposées dans un lieu ouvert au public ou dans un local privé, si
elles n’y sont pas placées par le propriétaire du local.
(4) Il est interdit aux candidats, listes de candidats ou partis,
d’afficher leurs documents de campagne sur les panneaux
attribués aux autres candidats, listes de candidats ou partis
politiques.
(5) Elections Cameroon fait procéder à l’enlèvement des
affiches apposées irrégulièrement.
Article 92.- (1) Il est interdit de distribuer ou de faire distribuer,
le jour du scrutin, des bulletins, circulaires, documents, articles
ou objets ayant un quelconque lien avec le scrutin.
(2) Les documents et autres articles distribués en violation
des dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus sont saisis par l’autorité
administrative sur réquisition d’Elections Cameroon, sans
préjudice des poursuites pénales pouvant être engagées contre
les auteurs de la contravention.
Article 93.- (1) Pendant la campagne électorale, des réunions
ayant pour but d’expliquer et de commenter à l’intention des
électeurs les programmes et les professions de foi, peuvent être
organisées par les partis politiques en compétition, ou par les
candidats et leurs représentants.
(2) A cet effet, le mandataire de chaque liste ou autre
représentant de chaque parti politique ou candidat ayant
l’intention d’organiser des réunions électorales, dépose auprès
des autorités administratives et des démembrements territoriaux
d’Elections Cameroon, son calendrier de réunions, afin que des
dispositions soient prises pour assurer le maintien de l’ordre
public.
(3) A défaut d’un calendrier de réunion, toute réunion
publique organisée à cet effet doit être déclarée à l’autorité
administrative et aux démembrements territoriaux d’Elections
Cameroon, au moins vingt-quatre (24) heures à l’avance, avec
mention de l’heure et du lieu de sa tenue.
35
Article 94.- (1) En cas de menace manifeste ou de troubles
graves à l’ordre public, l’autorité administrative peut, par arrêté,
interdire une ou plusieurs de ces réunions.
(2) Elle doit, dans ce cas, convenir avec les organisateurs,
d’une nouvelle date ou, éventuellement, d’un autre lieu pour leur
permettre de tenir cette ou ces réunions. Elle en informe les
démembrements compétents d’Elections Cameroon.
Article 95.- (1) Sauf autorisation spéciale de l’autorité
administrative territorialement compétente, les réunions ne
peuvent être tenues sur la voie publique.
(2) L’autorité administrative peut fixer par arrêté, compte
tenu des circonstances locales, l’heure au-delà de laquelle les
réunions ne peuvent se prolonger.
CHAPITRE VII
DES OPERATIONS ELECTORALES
SECTION I
DES BUREAUX DE VOTE
Article 96.- (1) Le Directeur Général des Elections fixe, pour
chaque commune, la liste des bureaux de vote.
(2) La liste indique le ressort de chaque bureau de vote.
(3) Chaque bureau de vote comprend cinq cent (500)
électeurs au plus.
(4) Tout bureau de vote doit se situer dans un lieu public ou
ouvert au public.
Article 97.- La liste des bureaux de vote est transmise aux
démembrements communaux d’Elections Cameroon pour
affichage au moins huit (08) jours avant la date du scrutin.
36
SECTION II
DU DEROULEMENT DU SCRUTIN
Article 98.- (1) Chaque bureau de vote dispose des listes des
électeurs devant prendre part au vote. Une de ces listes est
destinée aux émargements par les électeurs. Une liste est
affichée devant le bureau de vote.
(2) Chaque bureau de vote est doté du matériel électoral
nécessaire à l’accomplissement des opérations de vote.
Article 99.- (1) Le président de la commission locale de vote doit
constater, au début des opérations de vote, l’heure à laquelle le
scrutin est ouvert. Il la mentionne au procès-verbal.
(2) Préalablement au vote du premier électeur, le président
de la commission locale de vote ouvre publiquement l’urne pour
faire constater qu’elle est vide et ne comporte qu’une ouverture,
puis la referme sous le contrôle des autres membres du bureau
et en présence, le cas échéant, de toute autre personne
accréditée.
Article 100.- (1) Le scrutin est secret. Le vote a lieu sous
enveloppes réglementaires uniformes et opaques.
(2) Dans chaque bureau de vote, les bulletins de vote de
chaque candidat ou liste de candidats, ainsi que les enveloppes,
doivent être en nombre supérieur à celui des électeurs inscrits.
Article 101.- (1) Tout électeur régulièrement inscrit sur une liste
électorale a le droit de prendre part au vote.
(2) Toutefois, ce droit est suspendu pour les personnes
frappées d’une condamnation pénale ou faisant l’objet d’une
détention préventive ou d’une garde à vue administrative ou
judiciaire.
Article 102.- (1) Nul ne peut être admis à voter s’il n’est inscrit
sur la liste électorale du bureau de vote concerné.
37
(2) Nonobstant les dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus, le
président et les membres de la commission locale de vote sont
autorisés à y voter sur présentation de leur carte d’électeur.
(3) L’ordre d’inscrire donné en cas de recours par le tribunal
compétent, attesté par une ordonnance, vaut inscription de
l’électeur sur la liste électorale concernée.
Article 103.- (1) A son entrée dans le bureau de vote, l’électeur
doit présenter sa carte électorale. Il doit en outre prouver son
identité par la présentation de la carte nationale d’identité.
(2) La commission locale peut autoriser à voter tout électeur
inscrit dans ce bureau qui se trouverait, pour une cause
quelconque, empêché de présenter sa carte électorale. Elle doit
au préalable s’assurer de son identité, tel que prévu à l’alinéa 1
ci-dessus.
Article 104.- (1) L’électeur, après avoir fait constater son
identité, prend lui-même une enveloppe et chacun des bulletins
de vote mis à sa disposition, rentre obligatoirement dans l’isoloir
et y opère son choix.
(2) Il ressort de l’isoloir, et après avoir fait constater à la
commission locale de vote qu’il n’est porteur que d’une seule
enveloppe, introduit celle-ci dans l’urne.
(3) L’isoloir doit être aménagé de manière à assurer le
secret du vote.
Article 105.- (1) Tout électeur atteint d’une infirmité ou se
trouvant dans un état physique le mettant dans l’impossibilité
d’effectuer seul les opérations de vote décrites aux articles 103
et 104 ci-dessus, peut se faire assister par un électeur de son
choix.
(2) L’électeur choisi doit être inscrit sur la liste électorale du
bureau de vote concerné. Il ne doit être ni candidat, ni
mandataire d’un candidat, d’une liste de candidats ou d’un parti
politique. Il ne peut assister plus d’une personne le jour du
scrutin.
38
Article 106.- (1) Le vote de chaque électeur est constaté par sa
signature et par l’apposition d’une empreinte digitale à l’encre
indélébile sur la liste d’émargement.
(2) Si l’électeur ne sait ou ne peut pas signer, la
constatation de son vote s’effectue par l’apposition d’une
empreinte digitale à l’encre indélébile sur la liste d’émargement.
Article 107.- Les listes électorales émargées sont conservées
par le démembrement communal d’Elections Cameroon. En cas
de contestation, elles sont transmises pour consultation au
Conseil Constitutionnel ou à la juridiction administrative
compétente sur sa demande.
SECTION III
DU DEPOUILLEMENT DU SCRUTIN
Article 108.- (1) Aussitôt après l’heure prévue pour la clôture du
scrutin, le président de la commission locale de vote annonce la
clôture.
(2) Aucun électeur arrivé après le prononcé de la clôture ne
peut être admis à voter.
(3) Cependant, les électeurs présents à ce moment-là à
l’intérieur du bureau de vote ou qui attendent devant la porte
pour pouvoir y pénétrer doivent être admis à voter. Le procès-
verbal de la commission mentionne l’heure effective de la fin des
opérations de vote.
Article 109.- Le dépouillement du scrutin et le recensement des
votes se font dans chaque bureau de vote immédiatement après
la clôture effective du scrutin, en présence des électeurs qui en
manifestent le désir dans la mesure où la salle peut les contenir
sans gêne pour le déroulement des opérations.
Article 110.- (1) Cependant, si les nécessités de l’ordre public
l’exigent, le président de la commission locale de vote ferme
l’urne sous le contrôle des membres de la commission locale de
vote et des forces du maintien de l’ordre.
39
(2) Accompagné des membres de la commission, il
transporte l’urne au démembrement communal d’Elections
Cameroon.
(3) L’ouverture de l’urne, le dépouillement et le
recensement des votes se font alors en présence du
responsable du démembrement communal d’Elections
Cameroon, ou de son représentant et des membres de la
commission locale de vote.
Article 111.- (1) Le dépouillement du scrutin est opéré par les
membres de la commission locale de vote, assistés par des
scrutateurs désignés.
(2) Les noms des scrutateurs désignés sont consignés au
procès-verbal de chaque commission locale de vote.
Article 112.- (1) Le dépouillement est opéré de la manière
suivante :
- l’urne est ouverte et le nombre des enveloppes y
contenues est vérifié ;
- l’un des scrutateurs extrait le bulletin de chaque
enveloppe et le passe déplié à un autre scrutateur ;
- celui-ci le lit à haute voix ; le nom du candidat ou de la
liste de candidats, ou le choix «oui» ou «non» en cas de
référendum, porté sur les bulletins est relevé par deux
scrutateurs sur des feuilles de pointage préparées à cet
effet. Si une enveloppe contient plusieurs bulletins, le
vote est nul quand ces bulletins sont différents ; ils ne
comptent que pour un seul quand les bulletins sont
identiques.
(2) N’entrent pas en compte dans le résultat du
dépouillement :
- tous les bulletins qui porteraient des signes, mentions ou
signature permettant d’identifier l’électeur ;
- les bulletins contenus dans des enveloppes portant des
40
signes de même nature ou dans des enveloppes autres
que celles qui ont été mises à la disposition des électeurs ;
- tous les bulletins autres que ceux imprimés officiellement.
(3) Les bulletins ainsi annulés et, le cas échéant, les
enveloppes qui les contenaient sont annexés au procès-verbal
où leur nombre est mentionné. Sont également comptés comme
nuls et mentionnés au procès-verbal, les bulletins trouvés dans
l’urne sans enveloppe et les enveloppes trouvées vides. Les
feuilles de pointage sont annexées au procès-verbal.
Article 113.- Immédiatement après le dépouillement, le résultat
acquis dans chaque bureau de vote est rendu public.
Article 114.- Les contestations qui peuvent être présentées par
les électeurs à l’occasion du dépouillement font l’objet d’une
décision de la commission locale de vote. Il en est fait mention
au procès-verbal.
Article 115.- (1) Les résultats du scrutin sont immédiatement
consignés au procès-verbal. Celui-ci, rédigé en autant
d’exemplaires qu’il y a de membres plus deux (02), est clos et
signé de ceux-ci.
(2) Un exemplaire du procès-verbal est remis à chaque
membre présent de la commission locale de vote l’ayant signé.
(3) L’original est transmis par le président de la commission
locale de vote au responsable du démembrement communal
d’Elections Cameroon pour archivage. Cet original fait foi.
(4) Un exemplaire est transmis, dans les quarante-huit (48)
heures suivant la clôture des opérations de vote, au président de
la commission départementale de supervision ou au président
de la commission communale de supervision le cas échéant.
41
TITRE IV
DISPOSITIONS SPECIFIQUES A L’ELECTION ET A LA
VACANCE A LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
CHAPITRE I
DU MANDAT ET DU MODE DE SCRUTIN
Article 116.- (1) Le Président de la République est élu pour un
mandat de sept (07) ans au suffrage universel direct, égal et
secret.
(2) Il est rééligible.
(3) L’élection a lieu au scrutin uninominal majoritaire à un
tour, vingt (20) jours au moins et cinquante (50) jours au plus
avant l’expiration des pouvoirs du Président de la République en
exercice.
(4) Est élu, le candidat ayant obtenu la majorité des
suffrages exprimés.
CHAPITRE II
DES CONDITIONS D’ELIGIBILITE ET
DES INCOMPATIBILITES
Article 117.- Les candidats aux fonctions de Président de la
République doivent jouir de la plénitude de leurs droits civiques
et politiques et avoir trente-cinq (35) ans révolus à la date de
l’élection. Ils doivent être citoyens camerounais d’origine et
justifier d’une résidence continue dans le territoire national d’au
moins douze (12) mois consécutifs et d’une inscription sur les
listes électorales à la date du scrutin.
Article 118.- (1) Sont inéligibles les personnes qui, de leur
propre fait, se sont placées dans une situation de dépendance
ou d’intelligence vis-à-vis d’une personne, d’une organisation ou
d’une puissance étrangères ou d’un Etat étranger.
42
(2) L’inéligibilité est constatée par le Conseil Constitutionnel
dans les trois (03) jours de sa saisine, à la diligence de toute
personne intéressée ou du ministère public.
Article 119.- Les fonctions de Président de la République sont
incompatibles avec toute autre fonction publique élective ou
toute activité professionnelle.
CHAPITRE III
DE LA DECLARATION DE CANDIDATURE
Article 120.- Les candidats à l’élection du Président de la
République sont tenus de faire une déclaration de candidature
revêtue de leur signature légalisée.
Article 121.- (1) Les candidats peuvent être :
1. soit investis par un parti politique ;
2. soit indépendants, à condition d’être présentés comme
candidat à l’élection du Président de la République par au
moins trois cents (300) personnalités originaires de toutes
les Régions, à raison de trente (30) par Région et
possédant la qualité soit de membre du Parlement ou
d’une Chambre Consulaire, soit de Conseiller Régional ou
de Conseiller Municipal, soit de Chef Traditionnel de
premier degré.
(2) Le candidat investi par un parti politique non représenté
à l’Assemblée Nationale, au Sénat, dans un Conseil régional ou
dans un Conseil Municipal doit également remplir les conditions
prévues à l’alinéa (1) ci-dessus applicables aux candidats
indépendants.
Lesdites personnalités doivent apposer leurs signatures
légalisées par les autorités administratives territorialement
compétentes sur les lettres de présentation. Une même
personnalité ne peut apposer qu’une seule signature et pour un
seul candidat.
43
Article 122.- (1) Les déclarations de candidature doivent
indiquer :
- les noms, prénoms, date et lieu de naissance, profession
et domicile des intéressés ;
- la couleur, le signe et le titre choisis pour l’impression des
bulletins de vote.
(2) La déclaration de candidature est accompagnée :
- de la liste de 300 signatures des personnalités requises
à l’article 118 ci-dessus, le cas échéant ;
- d’un extrait d’acte de naissance du candidat datant de
moins de trois (03) mois ;
- de la lettre de présentation et d’investiture du parti
cautionnant la candidature du postulant, le cas échéant ;
- d’une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat
s’engage à respecter la Constitution ;
- d’un bulletin n°3 du casier judiciaire datant de moins de
trois (03) mois ;
- d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;
- d’un certificat de nationalité ;
- de l’original du certificat de versement du
cautionnement.
(3) Est interdit le choix d’emblème comportant à la fois les
trois couleurs : VERT, ROUGE, JAUNE.
Article 123.- (1) Les déclarations de candidature doivent être
faites en double exemplaire, dans les dix (10) jours suivant la
convocation du corps électoral.
(2) Les déclarations de candidature sont faites auprès de la
Direction Générale des Elections. Elles peuvent également être
faites auprès des démembrements régionaux d’Elections
Cameroon, qui les transmettent dans les vingt-quatre (24)
heures à la Direction Générale des Élections.
(3) Copie en est immédiatement tenue au Conseil
Constitutionnel par le candidat ou son mandataire, contre
accusé de réception.
44
(4) Les déclarations de candidature peuvent également être
faites par lettre recommandée, avec accusé de réception,
adressée à la Direction Générale des Élections avec copie au
Conseil Constitutionnel, à condition qu’elles y parviennent dans
le délai prévu à l’alinéa 1 ci-dessus.
(5) Lorsque les déclarations de candidatures sont
déposées, il en est donné récépissé provisoire. Lorsqu’elles sont
adressées par lettre recommandée, l’accusé de réception en
tient lieu.
Article124.- (1) Le candidat doit verser au Trésor public un
cautionnement fixé à trente millions (30000000) de francs.
(2) Suite au versement visé à l’alinéa 1, il est établi en triple
exemplaire, par les services du Trésor, un certificat dudit
versement. Un de ces exemplaires doit être immédiatement
transmis par les services du trésor au Conseil Constitutionnel;
l’original et l’autre exemplaire sont remis au candidat.
Article125.- (1) Le Conseil Electoral peut accepter ou déclarer
irrecevable une candidature.
(2) La notification de la décision motivée de rejet d’une
candidature est faite à l’intéressé par le Directeur Général des
Elections. Une copie de ladite décision est immédiatement
communiquée au Conseil Constitutionnel.
(3) La décision de rejet d’une candidature ou celle portant
publication des candidatures peut faire l’objet d’un recours
devant le Conseil Constitutionnel, dans les conditions fixées par
les articles 128, 129 et 130 ci-dessous.
Article126.- Soixante (60) jours au moins avant la date du
scrutin, le Conseil Electoral arrête et publie la liste des
candidats. Notification en est faite immédiatement au Conseil
Constitutionnel.
45
Article 127.- (1) Lorsqu’un candidat investi par un parti politique
décède avant l’ouverture de la campagne électorale, il peut être
remplacé à l’initiative dudit parti.
(2) Le remplacement visé à l’alinéa 1 ci-dessus n’est
possible que si la nouvelle candidature est déposée à la
Direction Générale des Elections au plus tard le vingtième jour
précédant le scrutin.
(3) Les candidats indépendants ne peuvent être
remplacés.
Article 128.- (1) Si un candidat présenté par un parti politique
est déclaré inéligible par le Conseil Constitutionnel après la
publication des candidatures, il peut être remplacé par un autre
candidat proposé par le même parti. Ce candidat doit remplir les
conditions d’éligibilité prévues par la présente loi.
(2) Ce remplacement doit intervenir dans un délai maximum
de trois (03) jours suivant la décision du Conseil Constitutionnel.
Article 129.- Les contestations ou les réclamations relatives au
rejet ou à l’acceptation des candidatures, ainsi que celles
relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés par un
candidat sont soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel
par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection
ou toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour
ladite élection, dans un délai maximum de deux (02) jours
suivant la publication des candidatures.
Article130.- (1) Les contestations ou les réclamations sont faites
sur simple requête adressée au Conseil Constitutionnel.
(2) Le recours n’est pas suspensif.
(3) Il en est donné acte par le Conseil Constitutionnel.
(4) Sous peine d’irrecevabilité, la requête doit préciser les
faits et les moyens allégués.
46
(5) La requête est communiquée à toutes les parties
intéressées par tout moyen rapide, laissant trace écrite puis
affichée au Conseil Constitutionnel dans les vingt-quatre (24)
heures suivant le dépôt de la requête.
(6) Les mémoires en réponse sont déposés dans les vingt-
quatre (24) heures suivant la communication ou l’affichage de la
requête. Il en est donné récépissé par le Conseil Constitutionnel.
Article131.- (1) En cas de contestations ou de réclamations
relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures, ainsi que
celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés par
un candidat, le Conseil Constitutionnel saisi statue dans un délai
maximum de dix (10) jours suivant le dépôt de la requête.
(2) En cas de recours concernant la couleur, le sigle ou le
symbole adopté par un candidat, le Conseil Constitutionnel
attribue par priorité à chaque candidat sa couleur, son sigle ou
son symbole traditionnel, par ordre d’ancienneté du parti qui l’a
investi et, dans les autres cas, suivant la date de dépôt de la
candidature, le récépissé de dépôt faisant foi.
(3) La décision survenant à la suite d’un recours contre le
rejet ou l’acceptation d’une candidature, ainsi que celle relative à
la couleur, au sigle et/ou au symbole sont immédiatement
notifiées au Conseil Electoral et aux autres parties intéressées.
CHAPITRE IV
DU CONTENTIEUX ELECTORAL
Article 132.- (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité
de l’élection présidentielle.
(2) Il statue sur toute requête en annulation totale ou
partielle des opérations électorales introduite par tout candidat,
tout parti politique ayant pris part à l’élection, ou par toute
personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour cette
élection.
47
Article 133.- (1) Toute contestation formulée en application des
dispositions de l’article132 ci-dessus doit parvenir au Conseil
Constitutionnel dans un délai maximum de soixante-douze (72)
heures à compter de la date de clôture du scrutin.
(2) Le Conseil Constitutionnel peut, s’il le juge nécessaire,
entendre tout requérant ou demander la production, contre
récépissé, des pièces à conviction.
(3) Sous peine d’irrecevabilité, la requête doit préciser les
faits et les moyens allégués. Elle est affichée dans les vingt-
quatre (24) heures à compter de son dépôt et communiquée aux
parties intéressées, qui disposent d’un délai de quarante-huit
(48) heures pour déposer, contre récépissé, leur mémoire en
réponse.
Article134.- Le Conseil Constitutionnel peut, sans instruction
contradictoire préalable, rejeter, par décision motivée, les
requêtes irrecevables ou ne contenant que des griefs ne
pouvant avoir aucune incidence sur les résultats de l’élection.
Article135.- (1) En cas d’annulation des opérations électorales,
notification immédiate en est faite au Ministre chargé de
l’administration territoriale et à Elections Cameroon.
(2) Nonobstant les dispositions de l’article 86 de la présente
loi, une nouvelle élection est organisée dans un délai de vingt
(20) jours au moins et quarante (40) jours au plus, à compter de
la date de l’annulation.
(3) Le Président de la République sortant reste en fonction
jusqu’à l’élection et à la prestation de serment du Président
nouvellement élu et convoque le corps électoral dans les délais
prévus à l’alinéa 2 ci-dessus.
Article136.- Les décisions du Conseil Constitutionnel relatives
aux opérations électorales, aux résultats des élections et aux
candidatures ne sont susceptibles d’aucun recours.
48
CHAPITRE V
DE LA PROCLAMATION DES RESULTATS
Article 137.- Le Conseil Constitutionnel arrête et proclame les
résultats de l’élection présidentielle dans un délai maximum de
quinze(15) jours à compter de la date de clôture du scrutin.
Article 138.- (1) Lorsqu’à l’issue de l’élection, aucun candidat
n’est proclamé élu Président de la République, le Président
sortant reste en fonction jusqu’à l’élection et à la prestation de
serment du Président nouvellement élu.
(2) Dans ce cas, une nouvelle élection est organisée dans
les délais prévus à l’article 135 ci-dessus, à compter de
l’expiration du délai légal de proclamation des résultats.
Article 139.- (1) Les résultats de l’élection sont publiés suivant
la procédure d’urgence, puis insérés au Journal Officiel en
français et en anglais.
(2) La publication prévue à l’alinéa 1 est applicable à toute
décision du Conseil Constitutionnel modifiant ou annulant lesdits
résultats.
CHAPITRE VI
DE LA PRESTATION DE SERMENT
Article 140.- (1) Le Président de la République élu entre en
fonction dès sa prestation de serment. Celle-ci intervient dans un
délai maximal de quinze (15) jours à compter de la proclamation
des résultats par le Conseil Constitutionnel.
(2) Il prête serment devant le peuple camerounais, en
présence des membres du Parlement, du Conseil
Constitutionnel et de la Cour Suprême réunis en séance
solennelle, dans les formes et termes suivants :
- le Président de l’Assemblée Nationale reçoit le serment
après une brève allocution qui se termine par la formule
suivante : « Monsieur le Président de la République, vous
49
engagez-vous sur l’honneur à remplir loyalement les
fonctions que le peuple vous a confiées et jurez-vous
solennellement devant Dieu et devant les hommes de
consacrer toutes vos forces à conserver, protéger et
défendre la Constitution et les lois de la République du
Cameroun, à veiller au bien général de la Nation, à soutenir
et à défendre l’unité, l’intégrité et l’indépendance de la
Patrie camerounaise».
- le Président élu, debout, la main droite levée, face aux
membres du Parlement, du Conseil Constitutionnel et de la
Cour Suprême, en prend l’engagement en répondant : « JE
LE JURE ».
Article 141.- (1) Il est dressé, de l’acte du serment, cinq (05)
originaux authentiques signés par le Président de l’Assemblée
Nationale et cosignés par les Présidents du Sénat, du Conseil
Constitutionnel et de la Cour Suprême.
(2) L’un des originaux de l’acte visé à l’alinéa 1 est
conservé par le Secrétariat Général de l’Assemblée Nationale.
Trois (3) sont déposés et conservés au rang des archives ou des
minutes du greffe, respectivement au Sénat, au Conseil
Constitutionnel et à la Cour Suprême.
(3) Un exemplaire est remis au Président de la République.
CHAPITRE VII
DE LA VACANCE A LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Article 142.- En cas de vacance de la Présidence de la
République pour cause de décès, de démission ou
d’empêchement définitif constaté par le Conseil Constitutionnel,
l’intérim du Président de la République est exercé de plein droit
jusqu’à l’élection du nouveau Président par le Président du
Sénat, et si ce dernier est, à son tour, empêché, par son
suppléant, suivant l’ordre de préséance du Sénat.
50
Article 143.- (1) En cas de vacance de la Présidence de la
République pour cause de démission, le Président
démissionnaire en informe la Nation par voie de message.
(2) Le Président de la République remet ensuite sa
démission au Président du Conseil Constitutionnel qui en
adresse copie au Président du Sénat.
(3) Le message visé à l’alinéa 1 est publié suivant la
procédure d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en français
et en anglais.
(4) L’intérim du Président de la République est assuré
conformément aux dispositions de l’article 142 ci-dessus.
Article 144.- (1) Le Président de la République par intérim-le
Président du Sénat ou son suppléant-ne peut modifier ni la
Constitution, ni la composition du Gouvernement. Il ne peut
recourir au référendum ni être candidat à l’élection organisée
pour la Présidence de la République.
(2) Toutefois, en cas de nécessité liée à l’organisation de
l’élection présidentielle, le Président de la République par intérim
peut, après consultation du Conseil Constitutionnel, modifier la
composition du Gouvernement.
Article 145.- (1) L’empêchement définitif du Président de la
République est constaté par le Conseil Constitutionnel statuant à
la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres.
(2) Il est saisi à cet effet par le Président de l’Assemblée
Nationale, dans les conditions fixées par voie réglementaire.
(3) La déclaration de vacance de la Présidence de la
République intervenue conformément aux alinéas 1 et 2 ci-
dessus, est publiée par le Conseil Constitutionnel suivant la
procédure d’urgence, puis insérée au Journal Officiel en français
et en anglais.
51
Article 146.- Dans les cas visés aux articles 143 et 145 ci-
dessus, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la
République doit impérativement avoir lieu vingt (20) jours au
moins et cent vingt (120) jours au plus après l’ouverture de la
vacance.
CHAPITRE VIII
DISPOSITIONS DIVERSES
Article 147.- Le cautionnement est restitué par le Trésor Public :
- soit au candidat qui retire sa candidature avant l’impression
des bulletins de vote. Il est alors restitué sur présentation du
certificat de versement du cautionnement et de l’attestation
de retrait dûment établie par le Directeur Général des
Elections ;
- soit au candidat élu ou ayant obtenu au moins 10% des
suffrages valablement exprimés. Dans ce cas, il est restitué
sur présentation du certificat d’obtention des suffrages
valablement exprimés, délivré par le Conseil Constitutionnel
et valant titre de paiement. Dans le cas contraire, le
cautionnement reste acquis au Trésor Public.
TITRE V
DISPOSITIONS SPECIFIQUES A L’ELECTION
DES DEPUTES A L’ASSEMBLEE NATIONALE
CHAPITRE I
DU MANDAT ET DU MODE DE SCRUTIN
ARTICLE 148.- (1) Les députés à l’Assemblée Nationale sont
élus au suffrage universel direct et secret, pour un mandat de
cinq (05) ans.
(2) Ils sont rééligibles.
(3) L’Assemblée Nationale se renouvelle intégralement tous
les cinq (05) ans. L’élection a lieu au plus tard quarante (40)
jours avant l’expiration du mandat des députés.
52
(4) Le mandat des députés commence le jour de l’ouverture
de la session ordinaire de plein droit qui suit le scrutin.
(5) L’Assemblée Nationale se réunit de plein droit en
session ordinaire le deuxième mardi suivant la proclamation des
résultats de l’élection des députés par le Conseil Constitutionnel.
Article 149.- (1) Le département constitue la circonscription
électorale.
(2) Toutefois, compte tenu de leur situation particulière,
certaines circonscriptions peuvent faire l’objet d’un découpage
spécial par décret du Président de la République.
Article 150.- (1) L’Assemblée Nationale est composée de cent
quatre-vingt (180) députés.
(2) Un décret du Président de la République fixe le nombre
des députés représentant chaque circonscription électorale.
Article 151.- (1) L’élection se fait au scrutin de liste sans vote
préférentiel ni panachage.
(2) Chaque parti politique existant légalement, et désireux
de prendre part à l’élection dans une circonscription, présente
une liste complète comportant autant de candidats choisis parmi
ses membres qu’il y a des sièges à pourvoir.
(3) La constitution de chaque liste de candidats doit tenir
compte des différentes composantes sociologiques de la
circonscription concernée. Elle doit en outre tenir compte du
genre.
Article 152.- (1) L’élection a lieu au scrutin mixte à un tour,
comportant un système majoritaire et un système de
représentation proportionnelle.
(2) Toutefois, dans les circonscriptions où il n’y a qu’un seul
siège à pourvoir, l’élection se fait au scrutin uninominal
53
majoritaire à un tour.
(3) A l’issue du scrutin:
a) dans les circonscriptions à scrutin uninominal, est déclaré
élu le candidat ayant obtenu la majorité des voix, en cas
d’égalité des voix, le candidat le plus âgé est proclamé
élu ;
b) dans les circonscriptions à scrutin de liste :
- si une liste obtient la majorité absolue des suffrages
exprimés, elle se voit attribuer la totalité des sièges à
pourvoir ;
- si aucune liste n’obtient la majorité absolue des
suffrages exprimés, la répartition des sièges se fait de
la manière suivante :
la liste arrivée en tête se voit attribuer un nombre de
sièges égal à la moitié de sièges à pourvoir, arrondi,
le cas échéant, à l’entier supérieur ; en cas d’égalité
des voix entre deux (2) ou plusieurs listes, ce
nombre de sièges arrondi le cas échéant à l’entier
supérieur est attribué à la liste dont les candidats ont
la moyenne d’âge la plus élevée ;
le restant des sièges est réparti aux autres listes par
application de la représentation proportionnelle au
plus fort reste ; en cas d’égalité des voix, la liste
ayant la moyenne d’âge la plus élevée est
privilégiée.
(4) Les listes ayant obtenu moins de 5% de suffrages
exprimés au niveau de la circonscription ne sont pas admises à
la répartition proportionnelle des sièges.
(5) Les sièges sont attribués aux candidats dans l’ordre de
présentation sur chaque liste.
Article 153.- Pour chaque siège à pourvoir, il est prévu un
candidat titulaire et un candidat suppléant. Le titulaire et le
suppléant se présentent en même temps devant les électeurs de
la circonscription.
54
Article 154.- Après leur élection, et dans tous les cas de
vacance autres que le décès du titulaire, le suppléant est appelé
à siéger à l’Assemblée Nationale à la place du titulaire jusqu’à la
fin du mandat.
Article 155.- (1) Lorsqu’il se produit une ou plusieurs vacances
définitives par suite de décès, démission du titulaire et du
suppléant ou de tout autre cause dans une circonscription
électorale, il est procédé à des élections partielles dans les
douze (12) mois qui suivent la vacance.
(2) Les élections partielles se déroulent à l’échelon de la
circonscription électorale concernée, comme précisé aux articles
153 et 154 ci-dessus.
(3) Lorsqu’il se produit une vacance définitive dans une
circonscription électorale ayant plusieurs sièges, l’élection a lieu
au scrutin uninominal.
(4) Seuls les partis politiques ayant pris part aux élections
générales dans la circonscription électorale concernée peuvent
participer aux élections partielles.
(5) Il n’y a pas lieu à l’élection partielle si la vacance se
produit moins d’un an avant la fin de la législature.
CHAPITRE II
DES CONDITIONS D’ELIGIBILITE
Article 156.- Peut être candidat aux élections des députés à
l’Assemblée Nationale, tout citoyen camerounais sans distinction
de sexe, jouissant du droit de vote et régulièrement inscrit sur
une liste électorale, âgé de vingt-trois (23) ans révolus à la date
du scrutin et sachant lire et écrire le français ou l’anglais.
Article 157.- L’étranger qui a acquis la nationalité camerounaise
par naturalisation n’est éligible qu’à l’expiration d’un délai de dix
(10) ans à compter de la date d’acquisition.
55
Article 158.- (1) Sont inéligibles les personnes qui, de leur
propre fait, se sont placées dans une situation de dépendance
ou d’intelligence vis-à-vis d’une personne, d’une organisation,
d’une puissance étrangère ou d’un Etat étranger.
(2) L’inéligibilité est constatée par le Conseil Constitutionnel
dans les trois (03) jours de sa saisine, à la diligence de toute
personne intéressée ou du ministère public.
Article 159.- (1) Sont également inéligibles et ne peuvent être
candidats aux élections des députés à l’Assemblée Nationale,
pendant l’exercice de leurs fonctions et pendant les six (06)
mois qui suivent la cessation de ces fonctions par démission,
destitution, mutation ou de toute autre manière, les personnels
des services concourant à la défense et à la sécurité du
territoire, notamment de la sûreté et de la police, ainsi que les
militaires et assimilés des forces armées.
(2) Cette inéligibilité s’applique dans les mêmes conditions
aux personnes exerçant ou ayant exercé pendant une durée
d’au moins six (06) mois les fonctions visées à l’alinéa 1 ci-
dessus, sans être ou sans en avoir été titulaires.
Article 160.- (1) Tout fonctionnaire élu député est de plein droit
en position de détachement auprès de l’Assemblée Nationale
pendant la durée de son mandat.
(2) Pour l’agent public relevant du Code du Travail élu
député, le contrat de travail est suspendu pour la durée de son
mandat.
Article161.- (1) Les conditions d’éligibilité doivent continuer
d’être remplies, pour le député et pour le suppléant, pendant
toute la durée du mandat.
(2) Est déchu de plein droit de sa qualité de député ou de
suppléant celui dont l’inéligibilité se révèle postérieurement à la
proclamation des résultats de l’élection ou qui, pendant la durée
du mandat, se trouve ne plus être éligible dans les conditions
fixées par la présente loi.
56
(3) La déchéance du député est constatée par le Conseil
Constitutionnel à la diligence du bureau de l’Assemblée
Nationale. Celle du suppléant est d’office.
(4) En cas de condamnation définitive postérieure à
l’élection et entraînant une privation du droit d’éligibilité, la
déchéance est constatée par le Conseil Constitutionnel.
CHAPITRE III
DES INCOMPATIBILITES
Article 162.- (1) L’exercice du mandat de député à l’Assemblée
Nationale est incompatible avec les fonctions de membre du
Gouvernement ou assimilés, de membre du Conseil
Constitutionnel et de membre du Conseil Economique et Social.
(2) Le mandat de député est également incompatible avec
celui de sénateur, avec les fonctions de maire, de délégué du
Gouvernement auprès d’une communauté urbaine, de président
du conseil régional, avec toute fonction publique non élective et
avec les fonctions de président de chambre consulaire, de
président du conseil d’administration ou de statut de salarié dans
un établissement public ou une entreprise du secteur public et
parapublic.
Article 163.- (1) L’accession à l’une des fonctions visées
àl’article162 ci-dessus entraîne la vacance du poste de député.
(2) Il est interdit à tout député de faire ou de laisser suivre
son nom de l’indication de sa qualité dans une publicité relative
à une entreprise financière, industrielle ou commerciale.
CHAPITRE IV
DES DECLARATIONS DE CANDIDATURE
Article 164.- (1) Les candidatures font l’objet, dans les
quinze(15) jours suivant la convocation du corps électoral, d’une
déclaration en triple exemplaire, revêtue des signatures
légalisées des candidats.
57
(2) Cette déclaration est déposée et enregistrée, contre
récépissé, à la Direction Générale des Elections ou au niveau du
démembrement départemental d’Elections Cameroon de la
circonscription concerné. Copie en est immédiatement tenue au
Conseil Constitutionnel par le candidat ou le mandataire, contre
accusé de réception.
(3) Les déclarations de candidature déposées au niveau du
démembrement départemental d’Elections Cameroon sont
transmises sans délai à la Direction Générale des Elections.
(4) La déclaration de candidature mentionne :
- les nom, prénoms, date et lieu de naissance, filiation,
profession et domicile des candidats ;
- le titre de la liste et le parti politique auquel elle se
rattache;
- lesignechoisipourl’impressiondesbulletinsdevoteoupouride
ntifierleparti;
- le nom du mandataire de la liste, candidat ou non et
l’indication de son domicile ;
- les indications sur la prise en compte des composantes
sociologiques de la circonscription dans la constitution de
la liste ;
- les indications sur la prise en compte du genre dans la
constitution de la liste.
(5) Est interdit le choix d’un emblème comportant à la fois
les trois (3) couleurs : vert, rouge, jaune.
Article 165.- La déclaration de candidature est accompagnée,
pour chaque candidat titulaire ou suppléant :
- d’un extrait d’acte de naissance datant de moins de trois
(03) mois ;
- d’un certificat de nationalité ;
- d’un bulletin n°3 du casier judiciaire datant de moins de
trois (03) mois ;
- d’une déclaration par laquelle chaque candidat titulaire ou
58
suppléant certifie sur l’honneur qu’il n’est candidat que sur
cette liste et qu’il ne se trouve dans aucun cas d’inéligibilité
prévu par la loi ;
- d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;
- d’une attestation d’inscription sur une liste électorale ;
- de l’original de versement du cautionnement ;
- d’une attestation par laquelle le parti politique investit
l’intéressé en qualité de candidat.
Article 166 (nouveau).- (1) Le candidat titulaire et son
suppléant doivent conjointement verser au trésor public un
cautionnement fixé à un million de FCFA, selon les formes et
modalités prévues par l’article 124 alinéa 2.
(2) Le cautionnement est restitué par le trésor public dans
les cas visés à l’article 147 de la présente loi.
Article 167.- Les dispositions des articles 125, 126, 127, 128,
129, 130 et 131 de la présente loi relatives aux déclarations de
candidature, aux contestations, aux réclamations en cas de rejet
ou d’acceptation d’une candidature, ainsi qu’à celles portant sur
la couleur, le sigle ou le symbole adopté par un candidat ou une
liste de candidats, s’appliquent à l’élection des députés à
l’Assemblée Nationale.
CHAPITRE V
DU CONTENTIEUX ELECTORAL ET
DE LA PROCLAMATION DES RESULTATS
Article 168.- (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité
de l’élection des députés à l’Assemblée Nationale. Il en
proclame les résultats dans un délai maximal de vingt (20) jours
à compter de la date de clôture du scrutin.
(2) Le contentieux électoral et l’organisation, le cas échéant,
d’une nouvelle élection se font en application des dispositions
des articles 132 à 136 de la présente loi.
59
(3) Le procès-verbal des opérations électorales et de
proclamation des résultats est dressé par le Conseil
Constitutionnel en quadruple exemplaire dont il conserve
l’original. Les autres exemplaires sont transmis au ministère
chargé de l’administration territoriale, à l’Assemblée Nationale et
au Conseil Electoral.
TITRE VI
DISPOSITIONS SPECIFIQUES A L’ELECTION
DES CONSEILLERS MUNICIPAUX
CHAPITRE I
DU MANDAT ET DU MODE DE SCRUTIN
Article 169.- (1) Les conseillers municipaux sont élus pour
cinq(05) ans au suffrage universel, direct et secret.
(2) Ils sont rééligibles.
(3) L’élection a lieu au plus tard vingt (20) jours avant
l’expiration du mandat des conseillers municipaux.
(4) Le mandat des conseillers municipaux commence le jour
de la première session du conseil municipal de plein droit qui
suit la proclamation des résultats de l’élection. Ladite session de
plein droit se tient le deuxième mardi suivant la proclamation des
résultats.
Article 170.- (1) Les conseils municipaux sont renouvelés
intégralement tous les cinq (05) ans à la même date.
(2) Toutefois, en cas de nécessité, le Président de la
République peut, par décret, proroger ou abréger le mandat des
conseillers municipaux pour une durée n’excédant pas dix-huit
(18) mois, après consultation du Gouvernement et du Bureau du
Sénat.
Article 171.- (1) L’élection des conseillers municipaux a lieu au
scrutin de liste, sans vote préférentiel ni panachage.
60
(2) Chaque commune constitue une circonscription électorale.
(3) La constitution de chaque liste doit tenir compte :
- des différentes composantes sociologiques de la
commune concernée ;
- du genre.
Article 172.- (1) Le scrutin pour l’élection des conseillers
municipaux est un scrutin mixte à un (01) tour, comportant un
système majoritaire et un système de représentation
proportionnelle.
(2) A l’issue du scrutin:
- lorsqu’une liste a obtenu la majorité absolue des
suffrages exprimés, elle est proclamée élue et remporte
la totalité des sièges à pourvoir;
- lorsqu’aucune liste n’a obtenu la majorité absolue des
suffrages exprimés, la répartition des sièges se fait ainsi
qu’il suit :
o la liste arrivée en tête se voit attribuer un nombre de
sièges égal à la moitié des sièges à pourvoir,
arrondi, le cas échéant, à l’entier supérieur ; en cas
d’égalité des voix entre deux (02) ou plusieurs listes,
ce nombre de sièges arrondi le cas échéant, est
attribué à la liste ayant la moyenne d’âge la plus
élevée ;
o le restant des sièges est réparti aux autres listes, y
compris celle ayant obtenu la majorité relative, par
application de la représentation proportionnelle
suivant la règle du plus fort reste ; en cas d’égalité
des voix, la liste ayant la moyenne d’âge la plus
élevée est privilégiée.
(3) Les listes ayant obtenu moins de 5% des suffrages
exprimés au niveau de la circonscription ne sont pas admises à
la répartition proportionnelle des sièges.
(4) Les sièges sont attribués aux candidats dans l’ordre de
présentation sur chaque liste.
61
Article 173.- (1) Le nombre de conseillers municipaux est fixé
ainsi qu’il suit :
- commune de moins de cinquante mille (50.000) habitants
: vingt-cinq (25) conseillers ;
- commune de cinquante mille (50.000) à cent mille
(100.000) habitants : trente et un (31) conseillers ;
- commune de cent mille un(100.001) à deux cent mille
(200.000) habitants : trente-cinq (35) conseillers ;
- commune de deux cent mille un (200.001) à trois cent
mille (300.000) habitants : quarante et un (41) conseillers ;
- commune de plus de trois cent mille (300.000) habitants :
soixante et un (61) conseillers.
(2) Le nombre de conseillers municipaux par commune est
déterminé par décret du Président de la République, sur la base
du recensement officiel de la population précédant
immédiatement les élections municipales.
Article 174.- (1) Des élections municipales partielles ont lieu
ème
lorsqu’un conseil municipal a perdu au moins les 2/5 de ses
membres. Dans ce cas, les partis politiques ayant présenté une
liste de candidats aux élections municipales générales sont seuls
habilités à présenter une liste de candidats complémentaire.
(2) Il n’y a pas lieu à l’élection partielle si les cas de
vacance visés à l’alinéa 1 ci-dessus surviennent moins d’un an
avant la fin du mandat des conseillers municipaux.
CHAPITRE II
DES CONDITIONS D’ELIGIBILITE ET
DES INCOMPATIBILITES
Article 175.- (1) Peut être candidat aux élections municipales,
tout citoyen camerounais sans distinction de sexe, jouissant du
droit de vote et régulièrement inscrit sur une liste électorale, âgé
de vingt-trois(23) ans révolus à la date du scrutin, sachant lire et
écrire le français ou l’anglais, et justifiant d’une résidence effective
d’au moins six (6) mois sur le territoire de la commune concernée.
62
(2) Les personnes non résidentes peuvent être candidates
si elles justifient d’un domicile d’origine dans le territoire de la
commune concernée.
(3) L’étranger qui a acquis la nationalité camerounaise par
naturalisation n’est éligible qu’à l’expiration d’un délai de dix (10)
ans à compter de la date d’acquisition.
Article 176.- (1) Sont inéligibles les personnes, qui de leur
propre fait, se sont placées dans une situation de dépendance
ou d’intelligence vis-à-vis d’une personne, d’une organisation,
d’une puissance étrangère ou d’un Etat étranger.
(2) L’inéligibilité est constatée par la juridiction
administrative compétente dans les trois (03) jours de sa saisine,
à la diligence de toute personne intéressée ou du ministère
public.
Article 177.- (1) Sont également inéligibles et ne peuvent être
candidats aux élections des conseillers municipaux, pendant
l’exercice de leurs fonctions et pendant les six (06) mois qui
suivent la cessation de ces fonctions par démission, destitution,
mutation ou de toute autre manière, les personnels des services
concourant à la défense et à la sécurité du territoire, notamment
de la sureté et de la police, ainsi que les militaires et assimilés
des forces armées.
(2) Cette inéligibilité s’applique également dans les mêmes
conditions aux personnes exerçant ou ayant exercé, pendant
une durée d’au moins six (06) mois, les fonctions visées à
l’alinéa 1 ci-dessus, sans être ou sans en avoir été titulaires.
Article 178.- (1) Est déchu de plein droit de sa qualité de
conseiller municipal, celui dont l’inéligibilité se révèle
postérieurement à la proclamation des résultats des élections ou
qui, pendant la durée de son mandat, ne réunit plus les
conditions d’éligibilité prévues par la loi.
63
(2) La déchéance est prononcée, suite à une délibération
du conseil municipal, par arrêté du ministre chargé des
collectivités territoriales décentralisées. Ledit arrêté peut faire
l’objet de recours devant la juridiction administrative compétente.
Article 179.- (1) Ne peuvent exercer le mandat de conseiller
municipal dans le ressort de leur circonscription administrative,
pendant l’exercice de leurs fonctions :
- les Gouverneurs ;
- les secrétaires généraux et inspecteurs généraux dans les
services du gouverneur ;
- les préfets, sous-préfets et leurs adjoints.
(2) Ne peuvent également exercer le mandat de conseiller
municipal dans le territoire d’exercice de leurs fonctions :
- les fonctionnaires de police, les gendarmes, les militaires,
les personnels de l’administration pénitentiaire et assimilés ;
- les secrétaires généraux de mairie, les receveurs
municipaux et les chefs de service municipaux ;
- les magistrats.
Article180.- (1) Tout conseiller municipal qui, pour une cause
survenue postérieurement à son élection, se trouve dans un des
cas d’incompatibilité prévue par la loi, doit opter pour son
mandat municipal ou pour la fonction concernée. Faute d’option
dans les quinze (15) jours suivant l’accession à la dite fonction, il
est déclaré démissionnaire par arrêté du ministre chargé des
collectivités territoriales décentralisées.
(2) Nul ne peut être candidat sur plus d’une liste, ni membre
de plus d’un conseil municipal.
CHAPITRE III
DES DECLARATIONS DE CANDIDATURE
ARTICLE181.- (1) Les candidatures font l’objet, dans les
quinze(15) jours suivant la convocation du corps électoral, d’une
déclaration en trois (03) exemplaires, revêtue des signatures
légalisées des candidats, auprès du démembrement communal
64
d’Elections Cameroon. Cette déclaration est déposée contre
récépissé.
(2) La déclaration de candidature mentionne :
- les noms, prénoms, date et lieu de naissance, filiation et
profession des candidats ;
- le titre de la liste et le parti politique auquel elle se
rattache ;
- le signe choisi pour l’impression des bulletins de vote ou
pour identifier le parti ;
- le nom du mandataire de la liste, candidat ou non, et
l’indication de son domicile
- les indications sur la prise en compte des composantes
sociologiques dans la constitution de la liste ;
- les indications sur la prise en compte du genre dans la
constitution de la liste.
(3) Est interdit, le choix d’emblème comportant à la fois les
trois (3) couleurs : vert, rouge, jaune.
Article182.- La déclaration de candidature est accompagnée
pour chaque candidat :
- d’un extrait d’acte de naissance datant de moins de trois
(03) mois ;
- d’un certificat de nationalité ;
- d’un bulletin n°3 du casier judiciaire datant de moins de
trois (03) mois ;
- d’une déclaration par laquelle l’intéressé certifie sur
l’honneur qu’il n’est candidat que sur cette liste et qu’il ne
se trouve dans aucun cas d’inéligibilité prévu par la loi ;
- d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;
- d’une attestation d’inscription sur une liste électorale ;
- d’une attestation de domicile ou de résidence dans la
commune concernée délivrée par l’autorité administrative
compétente ;
- de l’original du certificat de paiement du cautionnement ;
- d’une attestation par laquelle le parti politique investit
l’intéressé en qualité de candidat.
65
Article 183.- Chaque candidat doit payer au Trésor Public un
cautionnement fixé à cinquante mille (50.000) francs. Un
certificat de paiement du cautionnement est établi en triple
exemplaire par les services du Trésor.
Article 184.- N’est pas recevable, toute liste :
- incomplète ;
- non accompagnée des pièces et indications visées par la
présente loi ;
- comportant des candidats non membres du parti politique
concerné.
Article 185.- (1) Dans les cinq (05) jours qui suivent le dépôt, le
démembrement communal d’Elections Cameroon s’assure que
la liste des candidats est conforme aux prescriptions de la
présente loi.
(2) Dans tous les cas, il transmet au Directeur Général des
Elections, dans les délais visés à l’alinéa 1 ci-dessus, toutes les
déclarations de candidatures reçues, assorties éventuellement
de ses observations.
Article 186.- Aucun retrait de candidat, ni aucune modification
de la déclaration de candidature n’est admis(e) après le dépôt
de la liste.
Article 187.- Soixante (60) jours au moins avant la date du
scrutin, le Conseil Electoral arrête et publie les listes des
candidats.
Article188.- Si un candidat figurant sur une liste décède ou est
déclaré inéligible, il peut être remplacé par un autre, dans les
formes prévues pour la déclaration des candidatures, au plus
tard trente (30) jours avant le scrutin.
Article 189.- (1) La décision d’acceptation ou de rejet d’une liste
de candidats peut faire l’objet d’un recours devant la juridiction
administrative compétente, par un candidat, le mandataire de la
liste intéressée ou de toute autre liste, ou partout électeur inscrit
sur la liste électorale de la commune concernée.
66
(2) Les contestations ou réclamations sont faites sur simple
requête, dans un délai maximum de cinq (05) jours suivant la
publication des listes de candidats.
Article 190.- (1) La juridiction administrative compétente statue
dans un délai maximum de cinq (05) jours suivant sa saisine.
(2) La décision de la juridiction administrative compétente
est immédiatement notifiée au Conseil Electoral d’Elections
Cameroon, pour exécution, et aux autres parties intéressées.
CHAPITRE IV
DU RECENSEMENT DES VOTES ET DE
LA PROCLAMATION DES RESULTATS
Article 191.- (1) Il est créé au niveau de chaque commune, une
commission communale de supervision composée ainsi qu’il suit :
Président : une personnalité désignée par le Directeur Général
des Elections.
Membres :
- trois (03) représentants de l’Administration, désignés par
le Préfet ;
- un (01) représentant de chaque parti politique ayant pris
part à l’élection ;
- trois (03) représentants d’Elections Cameroon, désignés
par le Directeur Général des Elections.
(2) La composition de la commission communale de
supervision est constatée par le Directeur Général des Elections.
Article 192.- La commission communale de supervision est
chargée de la centralisation, de la vérification des décomptes
des votes au vu des procès-verbaux et pièces annexes transmis
par les commissions locales de vote. Elle procède, le cas
échéant, à la rectification, au redressement ou à l’annulation
desdits procès-verbaux.
67
Article 193.- (1) La Commission communale de supervision
proclame les résultats des élections municipales au niveau de la
circonscription électorale concernée, dans un délai maximal de
soixante-douze (72) heures à compter de la clôture du scrutin.
(2) Les travaux de la commission communale de
supervision sont consignés dans un procès-verbal signé de tous
les membres de la commission présents. Chacun des membres
signataires en reçoit un exemplaire.
(3) Une copie dudit procès-verbal est transmise au Préfet
territorialement compétent pour acheminement au Ministre
chargé des collectivités territoriales décentralisées. Une copie
est également transmise à la Direction Générale des Elections.
CHAPITRE V
DU CONTENTIEUX ELECTORAL
Article 194.- (1) Tout électeur, tout candidat ou toute personne
ayant la qualité d’agent du Gouvernement pour l’élection, peut
réclamer l’annulation des opérations électorales de la commune
concernée, devant la juridiction administrative compétente.
(2) Les contestations font l’objet d’une simple requête et
doivent intervenir dans un délai maximum de cinq (05) jours à
compter de la proclamation des résultats par la commission
communale de supervision.
(3) La juridiction administrative compétente statue dans un
délai de quarante (40) jours à compter de sa saisine.
Article 195.- (1) Les conseillers municipaux dont l’élection est
contestée restent en fonction jusqu’à l’intervention d’une
décision ayant acquis l’autorité de la chose jugée.
(2) Dans le cas où l’annulation de tout ou partie des
élections est devenue définitive, des élections partielle sont lieu
dans les soixante (60) jours suivant l’annulation.
68
(3) Seules les listes de candidats en lice aux élections
municipales générales sont habilitées à prendre part à ces
élections partielles.
CHAPITRE VI
DISPOSITIONS DIVERSES
Article 196.- (1) Le cautionnement est restitué au candidat :
- déclaré inéligible avant l’impression des bulletins de vote ;
- dont la candidature est définitivement déclarée irrecevable ;
- dont la liste a obtenu au moins 5% des suffrages exprimés
dans la commune concernée. Dans ce cas, la copie du
procès-verbal de proclamation des résultats délivrée par la
commission communale de supervision compétente vaut
ordre de paiement.
(2) Le cautionnement visé à l’alinéa 1 ci-dessus peut
éventuellement être retiré par le mandataire du candidat ou de la
liste de candidats.
(3) Dans tous les cas autres que ceux mentionnés à l’alinéa
1 ci-dessus, le cautionnement est acquis au Trésor Public.
TITRE VII
DISPOSITIONS SPECIFIQUES AU REFERENDUM
CHAPITRE I
DISPOSITIONS PRELIMINAIRES
Article 197.- Le Président de la République, après consultation
du Président du Conseil Constitutionnel, du Président de
l’Assemblée Nationale et du Président du Sénat, peut soumettre
au référendum tout projet de réforme qui, bien que relevant du
domaine de la loi, serait susceptible d’avoir des répercussions
profondes sur l’avenir de la Nation et les institutions nationales.
Il en est ainsi notamment :
- des projets de loi portant sur l’organisation des pouvoirs
publics ou sur la révision de la Constitution ;
69
- des projets de loi tendant à la ratification des accords
ou des traités internationaux présentant, par leurs
conséquences, une importance particulière ;
- de certains projets de réforme portant sur le statut des
personnes et le régime des biens.
Article 198.- Le projet de loi soumis au référendum est annexé
au décret convoquant le corps électoral. Ledit projet fait l’objet
d’une large diffusion.
Article 199.- Le projet de loi soumis au référendum est adopté à
la majorité des suffrages exprimés.
Article 200.- Les dispositions des articles 197 et 198 ci-dessus
s’appliquent également aux projets et propositions de loi de
révision de la Constitution soumis au référendum.
CHAPITRE II
DE LA CAMPAGNE REFERENDAIRE
Article 201.- Les dispositions des articles 87 à 95 ci-dessus
s’appliquent à la campagne en vue du référendum, sous réserve
de celles du présent chapitre.
Article 202.- (1) Peuvent être autorisés, sur leur demande, à
participer à la campagne organisée en vue du référendum :
- les partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale
et /ou au Sénat ;
- les partis politiques ayant obtenu au moins 5% des
suffrages exprimés dans au moins une circonscription au
cours de la dernière élection des députés et/ou des
sénateurs.
(2) La demande visée à l’alinéa 1 ci-dessus mentionne :
- l’adresse complète du parti ;
- les nom et prénom du représentant légal ou du
mandataire du parti politique et l’indication de son
domicile ;
70
- l’option choisie, ‘’OUI’’ ou ‘’NON’’, par rapport au projet
soumis au référendum.
Article 203.- (1) Les demandes de participation à la campagne
référendaire, revêtues de la signature légalisée du représentant
légal ou du mandataire du parti, doivent être accompagnées de
l’original du certificat de paiement au Trésor Public du
cautionnement d’un million (1.000.000) de francs.
(2) Elles sont faites en double exemplaire et déposées à la
Direction Générale des Elections dans les quinze (15) jours
suivant la convocation du corps électoral. Copie en est
immédiatement tenue au Conseil Constitutionnel par le
représentant légal ou le mandataire du parti contre accusé de
réception.
Article 204.- (1) Le Conseil Electoral peut accepter ou déclarer
irrecevable toute demande de participation à la campagne
référendaire. Notification de la décision motivée de rejet ou
d’acceptation d’une demande est faite au représentant ou au
mandataire du parti. Mention de cette décision est consignée
dans un procès-verbal immédiatement communiqué au Conseil
Constitutionnel.
(2) La décision de rejet ou d’acceptation d’une demande de
participation à une campagne référendaire peut faire l’objet de
recours devant le Conseil Constitutionnel, dans les conditions et
délais fixés aux articles 132, 133 et 134 de la présente loi.
CHAPITRE III
DES OPERATIONS REFERENDAIRES
Article 205.- Les bulletins de vote mis à la disposition des
électeurs sont de couleurs différentes, et portent respectivement,
en caractères identiques, les mentions «OUI» ou «NON».
Article 206.- Les électeurs se prononcent par ‘’OUI’ ’ou par
‘’NON’’ sur le projet ou la proposition soumis(e) au référendum.
71
Article 207.- Les autres opérations référendaires se déroulent
conformément aux articles 98 à 107 de la présente loi.
Article 208.- Pour le recensement des votes, il est fait
application des articles 68 et 69 de la présente loi.
CHAPITRE IV
DU CONTENTIEUX DES OPERATIONS REFERENDAIRES
Article 209.- (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité
des consultations référendaires.
(2) Il examine et tranche définitivement toutes les
réclamations et contestations relatives aux opérations
référendaires.
Article 210.- En cas de contestation sur la régularité d’une
consultation référendaire, le Conseil Constitutionnel peut être
saisi par le Président de la République, le Président de
l’Assemblée Nationale ou le Président du Sénat, un tiers des
députés ou un tiers des sénateurs, dans les conditions et formes
prévues aux articles 133 et 134 ci-dessus.
Article 211.- Dans le cas où le Conseil Constitutionnel constate
l’existence d’irrégularités dans le déroulement des opérations
référendaires, il peut, eu égard à leur incidence sur les résultats,
soit maintenir lesdites opérations, soit prononcer leur annulation
totale ou partielle.
CHAPITRE V
DE LA PROCLAMATION DES RESULTATS
Article 212.- (1) Le Conseil Constitutionnel proclame les
résultats du référendum dans un délai de quinze (15) jours à
compter de la date de clôture du scrutin.
(2) Il en dresse procès-verbal en double exemplaire et en
conserve l’original, l’autre exemplaire étant transmis au
Président de la République.
72
Article 213.- (1) Le projet ou la proposition de loi est adopté(e)
si, à l’issue du référendum, le «OUI» emporte la majorité des
suffrages valablement exprimés.
(2) Le Président de la République promulgue la loi adoptée
dans les quinze (15) jours suivant la transmission du procès-
verbal de proclamation des résultats.
(3) Ladite loi est précédée de la mention ci-après :
- «Le Peuple Camerounais a adopté par référendum du….
le Président de la République promulgue la loi dont la
teneur suit».
TITRE VIII
DISPOSITIONS RELATIVES A L’ELECTION
DES SENATEURS
CHAPITRE I
DISPOSITIONS PRELIMINAIRES
Article 214.- (1) Chaque Région est représentée au Sénat par
dix (10) sénateurs dont sept (07) sont élus au suffrage universel
indirect sur la base régionale et trois (03) nommés par décret du
Président de la République.
(2) La durée du mandat des sénateurs est de cinq (05) ans.
(3) Les sénateurs élus sont rééligibles.
(4) Le mandat des sénateurs nommés est renouvelable.
Article 215.- (1) Le mandat des sénateurs commence le jour de
l’ouverture de la session ordinaire qui suit le scrutin, date à
laquelle expire le mandat des sénateurs antérieurement en
fonction.
(2) Le Sénat se réunit de plein droit en session ordinaire le
troisième mardi suivant la proclamation des résultats des
élections sénatoriales par le Conseil Constitutionnel.
73
(3) Le décret prévu à l’article 214 alinéa 1 ci-dessus
intervient dans un délai maximal de dix (10) jours suivant la
proclamation des résultats par le Conseil Constitutionnel.
Article 216.- (1) Le Sénat se renouvelle intégralement tous les
cinq (05) ans.
(2) L’élection des sénateurs a lieu au plus tard quarante
(40) jours avant l’expiration du mandat.
CHAPITRE II
DU MODE DE SCRUTIN
Article 217.- (1) Chaque Région constitue une circonscription
électorale.
(2) L’élection des sénateurs a lieu au scrutin de liste, sans
vote préférentiel ni panachage.
Article 218.- (1) Le scrutin pour l’élection des sénateurs est un
scrutin mixte à un tour, comportant un système majoritaire et un
système de représentation proportionnelle.
(2) Chaque parti politique prenant part à l’élection présente
une liste complète de sept (07) candidats choisis parmi ses
membres. Pour chaque siège, il est prévu un candidat titulaire et
un candidat suppléant. Le titulaire et le suppléant se présentent
en même temps devant le collège électoral.
(3) La constitution de chaque liste doit tenir compte :
- des différentes composantes sociologiques dans la
Région ;
- du genre.
(4) Lorsqu’une liste a obtenu la majorité absolue des
suffrages valablement exprimés, elle est proclamée élue et
remporte la totalité des sept (07) sièges mis en compétition.
74
(5) Lorsqu’aucune liste n’a obtenu la majorité absolue des
suffrages exprimés, il est attribué à la liste ayant la majorité
relative la moitié des sièges à pourvoir arrondi à l’entier
supérieur, soit quatre (04) sièges.
(6) En cas d’égalité de suffrages entre les listes arrivées en
tête, ces quatre (04) sièges sont répartis à égalité entre lesdites
listes. Le cas échéant, le siège supplémentaire est attribué à la
liste dont les candidats ont la moyenne d’âge la plus élevée.
(7) L’attribution visée aux alinéas 5 et 6 ci-dessus étant
opérée, les trois (03) autres sièges sont répartis entre toutes les
listes, y compris celles ayant obtenu la majorité relative à la
représentation proportionnelle, suivant la règle du plus fort reste.
Sont exclues de cette répartition, les listes ayant obtenu moins
de 5% des suffrages exprimés au niveau de la Région.
(8) Les sièges sont attribués aux candidats dans l’ordre de
présentation sur chaque liste.
(9) Si plusieurs listes ont la même moyenne pour
l’attribution du dernier siège, celui-ci revient à la liste ayant
obtenu le plus grand nombre de suffrages. En cas d’égalité de
suffrages, le siège est attribué au plus âgé des candidats.
Article 219.- (1) En cas de décès d’un sénateur élu et
conformément aux dispositions de l’article 155 ci-dessus, il est
procédé à des élections partielles à l’échelon de la région
concernée.
(2) Les élections partielles se déroulent comme il est
précisé à l’article 218 ci-dessus. Toutefois, s’il n’y a qu’un seul
siège vacant à pourvoir, l’élection se fait au scrutin uninominal
majoritaire à un tour.
(3) En cas de décès d’un sénateur nommé, un nouveau
sénateur est nommé pour achever le mandat, à la diligence du
Président du Sénat.
75
CHAPITRE III
DES CONDITIONS D’ELIGIBILITE ET
DES INCOMPATIBILITES
Article 220.- (1) Les candidats à la fonction de sénateur, ainsi
que les personnalités nommées à ladite fonction, doivent avoir
quarante (40) ans révolus à la date de l’élection ou de la
nomination.
(2) Ils doivent être citoyens camerounais d’origine et justifier
d’une résidence effective sur le territoire de la région concernée.
Article 221.- Les autres conditions d’éligibilité et les
incompatibilités sont les mêmes que celles fixées par les articles
156 à 163 ci-dessus.
CHAPITRE IV
DU COLLEGE ELECTORAL
Article 222.- (1) Les sénateurs sont élus dans chaque région
par un collège électoral composé des conseillers régionaux et
des conseillers municipaux.
(2) Les conseillers régionaux et les conseillers municipaux
dont l’élection est contestée exercent leur droit de suffrage tant
que la juridiction compétente n’a pas rendu une décision
définitive.
CHAPITRE V
DES LISTES ELECTORALES
Article 223.- (1) Dans chaque région, la liste des électeurs
sénatoriaux du ressort comprenant les conseillers régionaux et
les conseillers municipaux, est dressée et actualisée par le
démembrement régional d’Elections Cameroon.
(2) Figurent sur ladite liste, suivant un ordre alphabétique,
les nom et prénoms, ainsi que les date et lieu de naissance, la
nature du mandat électif, la profession et le domicile ou la
résidence de chaque électeur.
76
Article 224.- (1) Dès la publication du décret convoquant le
collège électoral, la liste des électeurs sénatoriaux fait l’objet
d’une actualisation.
(2) La liste actualisée des électeurs sénatoriaux tient
compte, le cas échéant, des additions et retranchements issus
notamment des décès, déchéances, élections partielles et de
divers cas d’inéligibilité et d’incompatibilité prévus par la loi.
(3) La liste actualisée des électeurs sénatoriaux est publiée
trente jours (30) jours au moins avant la date du scrutin. Elle
peut être copiée ou communiquée à tout requérant.
CHAPITRE VI
DES CARTES ELECTORALES
Article 225.- (1) Tout électeur sénatorial reçoit une carte
d’électeur sur laquelle figurent obligatoirement ses nom et
prénom, date et lieu de naissance, photos, empreintes digitales,
nature du mandat électif, filiation, profession, domicile ou
résidence.
(2) Les cartes électorales susvisées ne peuvent servir qu’à
l’occasion de l’élection des sénateurs.
Article 226.- (1) La distribution des cartes électorales est faite
par les démembrements départementaux d’Elections Cameroon,
dans les vingt (20) jours qui précèdent le scrutin.
(2) Les cartes non distribuées restent à la disposition de
leurs titulaires jusqu’à la clôture du scrutin au siège du
démembrement départemental d’Elections Cameroon.
CHAPITRE VII
DES BUREAUX DE VOTE
Article 227.- (1) Le vote se déroule au chef-lieu de chaque
département.
77
(2) Les membres du collège électoral sont tenus, à peine de
déchéance, de prendre part au scrutin.
(3) Toutefois, un membre du collège électoral empêché
peut donner procuration à un autre membre. Aucun membre du
collège électoral ne peut être porteur de plus d’une procuration.
(4) L’Etat prend en charge les frais afférents à la
participation des membres du collège électoral au scrutin suivant
les modalités fixées par voie réglementaire.
Article 228.- La liste des bureaux de vote ainsi que la répartition
des électeurs au sein desdits bureaux sont fixées par le
Directeur Général des Elections.
Article 229.- Le tableau de la liste des bureaux de vote et de la
répartition des électeurs sénatoriaux est affiché dans les
démembrements départementaux et communaux d’Elections
Cameroon, au moins quinze (15) jours avant le scrutin.
CHAPITRE VIII
DE LA CONVOCATION DU COLLEGE ELECTORAL
ET DES DECLARATIONS DE CANDIDATURE
Article 230 (nouveau).- Le collège électoral en vue de l’élection
des sénateurs est convoqué par le président de la République,
quarante-cinq jours au moins avant la date du scrutin, suivant
les modalités prévues aux alinéas (1), (3) et (4) de l’article 86 ci-
dessus.
Article 231 (nouveau).- (1) Les déclarations de candidature en
vue de l’élection des sénateurs se font en application des
articles 164 à 166 de la présente loi.
(2) Les dispositions des articles 125, 127, 128, 129, 130 et
131 de la présente loi relatives aux déclarations de candidature,
aux contestations, aux réclamations en cas de rejet ou
d’acceptation d’une candidature, ainsi qu’à celles portant sur la
couleur, le sigle ou le symbole adopté par un candidat ou une
liste de candidats, s’appliquent à l’élection des sénateurs.
78
(3) Quinze jours au moins avant la date du scrutin, le
Conseil électoral arrête et publie la liste des candidats.
Notification en est faite immédiatement au Conseil
Constitutionnel.
CHAPITRE IX
DE LA CAMPAGNE ELECTORALE
Article 232.- Les dispositions des articles 87 à 95 de la présente
loi s’appliquent à la campagne en vue de l’élection des
sénateurs.
CHAPITRE X
DES OPERATIONS ELECTORALES
Article 233.- Sous réserve des dispositions du présent chapitre,
les opérations électorales se déroulent conformément aux
articles 96 à 115 de la présente loi.
Article 234.- (1) Les résultats de l’élection des sénateurs dans
chaque bureau de vote sont consignés au procès-verbal.
(2) Le procès-verbal, rédigé en double exemplaire plus un,
est signé par le président et de tous les membres du bureau de
vote présents.
Un exemplaire est remis à chaque membre signataire.
(3) Ces deux exemplaires sont transmis au démembrement
régional d’Elections Cameroon. Y sont annexés, les bulletins
nuls, les enveloppes et les bulletins ayant fait l’objet de
contestation, les feuilles de pointage signées par chacun des
scrutateurs, ainsi que tout document utile sur le déroulement du
scrutin.
(4) Un exemplaire est conservé par le démembrement
régional d’Elections Cameroon. L’autre exemplaire est transmis
à la commission régionale de supervision, à la diligence du
démembrement régional d’Elections Cameroon.
79
CHAPITRE XI
DU RECENSEMENT DES VOTES
Article 235.- (1) Il est créé au niveau de chaque région une
commission régionale de supervision composée ainsi qu’il suit :
Président : un magistrat de la Cour d’Appel, désigné par le
Président de la Cour d’Appel du ressort.
Membres :
- trois (03) représentants de l’Administration, désignés par le
Gouverneur ;
- un (01) représentant de chaque parti politique ayant pris
part à l’élection ;
- trois (03) représentants d’Elections Cameroon, désignés
par le Président du Conseil Electoral.
(2) La composition de la Commission régionale de
supervision est constatée par le Président du Conseil Electoral.
Article 236.- (1) La liste des membres de la Commission
régionale de supervision est tenue en permanence au
démembrement régional d’Elections Cameroon.
(2) Elle peut être consultée partout électeur de la
circonscription.
Article 237.- (1) La Commission régionale de supervision
procède à la centralisation, au recensement des votes et à la
vérification des opérations de décompte des suffrages, au vu
des procès-verbaux transmis par le bureau de vote.
(2) La Commission régionale de supervision ne peut
procéder à l’annulation des procès-verbaux visés à l’alinéa 1ci-
dessus.
(3) Toutefois, en cas d’erreur de calcul ou de données
chiffrées erronées, elle peut redresser les procès-verbaux. Dans
ce cas, elle est tenue de motiver sa décision et d’en faire
mention dans son procès-verbal.
80
(4) La Commission régionale de supervision doit faire état
dans son procès-verbal de tout cas d’incohérence ou de doute
sur la sincérité des opérations. Elle transmet ledit procès-verbal
accompagné de ses observations à la Commission nationale de
recensement général de votes.
Article 238.- Le recensement des votes au niveau national
s’effectue conformément aux dispositions des articles 68 et 69
de la présente loi, sous réserve du remplacement des
commissions départementales de supervision par les
commissions régionales de supervision.
CHAPITRE XII
DU CONTENTIEUX ELECTORAL ET
DE LA PROCLAMATION DES RESULTATS
Article 239.- (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité
de l’élection des sénateurs.
(2) Le contentieux des élections sénatoriales obéit aux
dispositions des articles133 à136 de la présente loi.
Article 240.- (1) Le Conseil Constitutionnel proclame les
résultats de l’élection des sénateurs dans un délai maximum de
quinze(15) jours à compter de la date de clôture du scrutin.
(2) Le procès-verbal des opérations électorales et de
proclamation des résultats est dressé par le Conseil
Constitutionnel en quadruple exemplaire dont il conserve
l’original. Les trois (03) autres exemplaires sont respectivement
transmis au Sénat, au ministère chargé des collectivités
territoriales décentralisées et au Conseil Electoral.
(3) Les résultats de l’élection sont publiés suivant la
procédure d’urgence, puis insérés au Journal Officiel en français
et en anglais.
81
CHAPITRE XIII
DISPOSITIONS DIVERSES ET TRANSITOIRES
Article 241.- Le cautionnement versé par les candidats à
l’élection des sénateurs est restitué dans les conditions fixées à
l’article 147 de la présente loi.
Article 242.- Nonobstant les dispositions de l’article 222 alinéa1
ci-dessus, au cas où la mise en place du Sénat intervient avant
celle des Régions, le collège électoral pour l’élection des
sénateurs est composé exclusivement des conseillers
municipaux.
TITRE IX
DISPOSITIONS RELATIVES A L’ELECTION
DES CONSEILLERS REGIONAUX
CHAPITRE I
DISPOSITIONS PRELIMINAIRES
Article 243.- (1) Les conseillers régionaux sont :
- les délégués des départements, élus au suffrage universel
indirect ;
- les représentants du commandement traditionnel, élus par
leurs pairs.
(2) Leur mandat est de cinq(05) ans. Ils sont rééligibles.
Article 244.- Les conseillers régionaux élus se réunissent de
plein droit en session ordinaire du conseil régional, le deuxième
mardi suivant la proclamation des résultats des élections par les
commissions régionales de supervision.
Article 245.- (1) Les conseils régionaux se renouvellent
intégralement tous les cinq (05) ans. L’élection a lieu au plus
tard vingt (20) jours avant l’expiration du mandat des conseillers
régionaux.
82
(2) Dans toutes les régions, les collèges électoraux sont
convoqués le même jour, suivant les modalités et dans les délais
fixés à l’article 230 de la présente loi.
Article 246.- (1) Le conseil régional doit refléter :
- les différentes composantes sociologiques dans la région ;
- le genre.
(2) Le nombre, la proportion par catégorie et le régime des
indemnités des conseillers régionaux font l’objet d’une loi
spécifique.
Article 247.- (1) Chaque département constitue une
circonscription électorale pour l’élection des conseillers
régionaux.
(2) Toutefois, en raison de leur situation particulière,
certaines circonscriptions peuvent faire l’objet d’un
regroupement ou d’un découpage spécial par décret du
Président de la République.
CHAPITRE II
DU MODE DE SCRUTIN
Article 248.- (1) Les délégués des départements sont élus par
un collège électoral composé des conseillers municipaux.
(2) Les représentants du commandement traditionnel sont
élus par un collège électoral composé des chefs traditionnels de
ère e e
1 , 2 et 3 degrés autochtones, dont la désignation a été
homologuée, conformément à la réglementation en vigueur.
(3) Les chefs traditionnels justifiant de la qualité de
conseiller municipal ne peuvent exprimer leur suffrage que dans
un seul collège électoral.
83
Article 249.- (nouveau) (1) Les représentants des
Départements sont élus au scrutin de liste mixte à un tour,
comportant un système majoritaire et un système de
représentation proportionnelle.
(2) Les représentants du commandement traditionnel sont
élus au scrutin de liste majoritaire à un tour.
(3) Par dérogation aux dispositions des alinéas 1 et 2 ci-
dessus, l’élection a lieu au scrutin uninominal majoritaire à un
tour dans une zone électorale résultant du découpage ou du
regroupement spécial prévu à l’article 247 alinéa 2 ci-dessus.
Article 250.- (nouveau) (1) Les listes de candidats représentant
les Départements sont investies par les partis politiques.
(2) Les listes de candidats représentant le commandement
traditionnel sont conduites par un candidat ayant la qualité de
chef traditionnel de 1er ou de 2e degré.
(3) Lorsqu’il n’existe qu’un seul siège à pourvoir dans une zone
électorale résultant du découpage ou du regroupement spécial :
le candidat représentant le Département est investi par un
parti politique ;
le candidat représentant le commandement traditionnel
doit avoir la qualité de chef traditionnel de 1er ou de
2e degré. Toutefois, en l’absence d’un chef traditionnel de
1er et de 2e degré, la candidature d’un chef de 3e degré
est admise.
CHAPITRE III
DES CONDITIONS D’ELIGIBILITE ET
DES INCOMPATIBILITES
Article 251.- (1) Nul ne peut être candidat à un mandat de
conseiller régional, s’il ne réside de manière effective dans le
ressort de la région concernée.
(2) Toutefois, les personnes non résidentes peuvent être
candidates au mandat de conseiller régional, lorsqu’elles
justifient d’un domicile réel sur le territoire de la région retenue.
84
Article 252.- Les conditions d’éligibilité prévues aux articles 175
à 180 ci-dessus sont applicables à l’élection des conseillers
régionaux.
Article 253.- (1) Les Chefs de circonscription administrative et /
ou leurs adjoints ne peuvent être candidats à un siège de
conseiller régional pendant la durée de leurs fonctions.
(2) L’incompatibilité visée à l’alinéa 1 ci-dessus est
également applicable, suivant les mêmes modalités et pendant
la durée de leurs fonctions :
- aux personnels de police, de la gendarmerie et de
l’administration pénitentiaire ;
- aux fonctionnaires et agents de l’administration régionale ;
- aux militaires ;
- aux magistrats ;
- aux fonctionnaires et agents publics ayant à connaître des
finances ou de la comptabilité de la région concernée.
(3) L’incompatibilité prévue aux alinéas 1 et 2 ci-dessus
continue de s’appliquer dans un délai d’un (01) an suivant la
cessation des fonctions concernées.
Article 254.- (1) Tout conseiller régional placé dans l’une des
situations d’incompatibilité prévues à l’article 253 alinéas 1 et 2
ci-dessus est tenu d’opter, dans un délai maximum d’un (01)
mois, pour son mandat ou pour la fonction concernée.
(2) Il en informe, par tout moyen laissant trace écrite, le
représentant de l’Etat dans la région qui fait connaître son option
au Président du Conseil régional.
(3) A défaut d’option conformément aux dispositions des
alinéas 1 et 2 ci-dessus, le conseiller régional est déclaré
démissionnaire d’office de son mandat par arrêté du ministre en
charge des collectivités territoriales décentralisées.
85
Article 255.- (1)Tout conseiller régional qui, pour une cause
survenue postérieurement à son élection, se trouve dans un des
cas d’inéligibilité et/ou d’incompatibilité prévus dans la présente
loi, est déclaré démissionnaire d’office par arrêté du ministre
chargé des collectivités territoriales décentralisées.
(2) Les dispositions de l’alinéa1 ci-dessus sont également
applicables à tout conseiller régional frappé d’une incapacité
électorale.
(3) L’arrêté prévu à l’alinéa 1 ci-dessus est susceptible de
recours devant la juridiction administrative compétente.
(4) Lorsqu’un conseiller régional est déclaré démissionnaire
d’office à la suite d’une condamnation pénale devenue définitive,
prononcée à son encontre, et entraînant la perte de ses droits
civiques et électoraux, le recours éventuel prévu à l’alinéa 3
n’est pas suspensif.
Article 256.- Nul ne peut être candidat sur plus d’une liste, ni
être membre de plus d’un conseil régional.
Article 257.- (nouveau) Les dispositions des articles 181 à 190
ci-dessus sont applicables aux déclarations de candidature en
vue de l’élection des Conseillers régionaux, sous réserve :
du remplacement du démembrement communal par le
démembrement départemental d’Elections Cameroon ;
de la production d’une copie certifiée conforme de l’acte
homologuant la désignation comme chef traditionnel de 1er,
2e ou 3e degré pour chaque candidat représentant du
commandement traditionnel.
CHAPITRE IV
DES OPERATIONS PREPARATOIRES AU SCRUTIN
Article 258.- (1) Le démembrement départemental d’Elections
Cameroon dresse une liste électorale comportant les membres
des deux (02) collèges électoraux prévus à l’article 248 ci-
dessus.
86
(2) La liste des membres des collèges électoraux est
actualisée, arrêtée et publiée dans les quinze (15) jours suivant
la convocation des collèges électoraux.
(3) Les membres du collège électoral composé des
représentants du commandement traditionnel doivent justifier
d’un domicile dans le ressort de l’arrondissement concerné.
(4) Les cartes électorales sont distribuées dans les délais
prévus à l’article 226 ci-dessus.
Article 259.- (1) Toute décision d’acceptation ou de rejet d’une
candidature ou d’une liste de candidats peut être attaquée
partout candidat, tout mandataire d’une liste, et/ou partout
membre d’un collège électoral.
(2) La requête est portée devant la juridiction administrative
compétente, dans un délai maximum de cinq (05) jours suivant
la notification de la décision de rejet ou d’acceptation.
(3) La juridiction visée à l’alinéa 2 ci-dessus statue dans un
délai maximum de sept (07) jours suivant le dépôt de la requête.
Sa décision est immédiatement notifiée au Conseil Electoral,
pour exécution.
Article 260.- (1) En période de campagne électorale, les
contestations se rapportant à la couleur, au sigle, au symbole
choisi par un candidat ou une liste de candidats, sont portées
devant la juridiction administrative compétente, dans un délai
maximum de trois (03) jours à compter de la date de publication
des candidatures ou du constat des faits allégués. La juridiction
administrative compétente statue dans un délai maximum de
quatre (4) jours à compter de la date de saisine.
(2) Les atteintes à l’honneur des candidats, ainsi que toutes
autres infractions, sont poursuivies devant la juridiction de droit
commun saisie sur simple requête. La juridiction de droit
commun statue dans un délai maximum de quatre (04) jours à
compter de la date de saisine. Elle peut prononcer la
disqualification d’un ou de plusieurs candidats.
87
CHAPITRE V
DES OPERATIONS ELECTORALES
Article 261.- (1) Le vote se déroule au chef-lieu de chaque
département.
(2) Les bureaux de vote sont déterminés par décision du
Directeur Général des Elections.
Article 262.- Les opérations électorales s’effectuent
conformément aux dispositions des articles 96 à 115 de la
présente loi. Les procès-verbaux établis par les commissions
locales de vote sont transmis à la commission régionale de
supervision pour centralisation et vérification.
CHAPITRE VI
DU RECENSEMENT DES VOTES ET DE
LA PROCLAMATION DES RESULTATS
Article 263.- (1) Il est créé au niveau de chaque région une
commission régionale de supervision composée ainsi qu’il suit :
Président : Un magistrat de la Cour d’Appel, désigné par le
Président de la Cour d’Appel du ressort.
Membres :
- trois (03) représentants de l’Administration, désignés par le
Gouverneur ;
- un (01) représentant de chaque parti politique ayant pris
part à l’élection ;
- trois (03) représentants d’Elections Cameroon, désignés
par le Président du Conseil Electoral sur proposition du
Directeur Général.
(2) La composition de la Commission régionale de
supervision est constatée par le Conseil Electoral.
Article 264.- (1) La Commission régionale de supervision
procède à la centralisation, au recensement des votes et à la
vérification des opérations de décompte des suffrages, au vu
des procès-verbaux transmis par les commissions locales de
vote.
88
(2) Elle procède, le cas échéant, à la rectification, au
redressement ou à l’annulation de ces procès-verbaux.
Article 265.- (1) La commission régionale de supervision
proclame les résultats des élections des conseillers régionaux
au niveau de la circonscription électorale concernée, dans un
délai maximal de soixante-douze (72) heures à compter de la
clôture du scrutin.
(2) Les travaux de la commission régionale de supervision
sont consignés dans un procès-verbal établi en autant
d’exemplaires que de listes de candidats plus deux, signé de
tous les membres présents. Chaque membre signataire en reçoit
un exemplaire.
(3) Une copie du procès-verbal est transmise au
représentant de l’Etat dans la Région pour acheminement au
ministre chargé des collectivités territoriales décentralisées. Une
copie est également transmise à la Direction Générale des
Elections.
Article 266.- (1) A l’issue du scrutin:
- en cas de scrutin uninominal, est déclaré élu le candidat
ayant obtenu la majorité des voix. En cas d’égalité des voix,
le candidat le plus âgé est déclaré élu ;
- dans les circonscriptions à scrutin de liste ;
a) pour les délégués des départements :
lorsqu’une liste obtient la majorité absolue des
suffrages exprimés, elle acquiert la totalité des
sièges à pourvoir;
lorsqu’aucune liste n’obtient la majorité absolue
des suffrages exprimés, la répartition s’opère de
la manière suivante :
o la liste arrivée en tête acquiert un nombre de
sièges égal à la moitié des sièges à pourvoir,
arrondi le cas échéant à l’entier supérieur. En
cas d’égalité des voix entre deux (2) ou
plusieurs listes, ce nombre de sièges arrondi à
89
l’entier supérieur est attribué à la liste dont les
candidats ont la moyenne d’âge la plus élevée ;
o le restant des sièges est réparti à toutes les
listes, par application de la proportionnelle au
plus fort reste. En cas d’égalité des voix, la liste
ayant la moyenne d’âge la plus élevée est
privilégiée.
b) pour les représentants du commandement
traditionnel :
- la liste qui obtient la majorité des voix acquiert la
totalité des sièges à pourvoir ;
- les listes ayant obtenu moins de cinq pour cent (5%)
des suffrages valablement exprimés dans la
circonscription électorale ne sont pas admises à la
répartition proportionnelle ;
- les sièges sont attribués aux candidats dans l’ordre
de leur présentation sur chaque liste.
CHAPITRE VII
DU CONTENTIEUX ELECTORAL
Article 267.- (1) Tout électeur, tout candidat ou le représentant
de l’Etat dans la Région peut saisir la juridiction administrative
compétente sur simple requête, d’une demande en annulation
totale ou partielle des opérations électorales de la région
concernée.
(2) Le recours doit intervenir dans un délai maximum de
cinq (05) jours, à compter de la date de proclamation des
résultats.
(3) La juridiction visée à l’alinéa 1 ci-dessus, statue dans un
délai maximum de quarante(40) jours. Sa décision est
susceptible d’appel.
Article 268.- (1) Les conseillers régionaux dont l’élection est
contestée restent en fonction jusqu’à l’intervention d’une
décision ayant acquis l’autorité de chose jugée.
90
(2) Lorsque l’annulation de tout ou partie de l’élection est
devenue définitive, les collèges électoraux concernés sont
convoqués dans un délai maximum de soixante (60) jours
suivant l’annulation.
(3) Seules les listes de candidats ayant pris part aux
élections partielles générales sont habilitées à participer aux
élections partielles.
CHAPITRE VIII
DISPOSITIONS DIVERSES
Article269.- (1) Les membres des collèges électoraux prévus à
l’article 248 ci-dessus sont tenus de prendre part au scrutin.
(2) L’Etat prend en charge les frais afférents à la
participation des membres des collèges électoraux au scrutin,
suivant des modalités prévues par voie réglementaire.
Article 270.-(1) Le cautionnement est restitué au candidat :
- déclaré inéligible avant l’impression des bulletins de vote ;
- dont la candidature est définitivement déclarée irrecevable ;
- dont la liste a obtenu au moins 5% de suffrages exprimés
dans la région concernée.
Dans ce cas, la copie du procès-verbal de proclamation des
résultats délivrée par la commission régionale de supervision
compétente vaut ordre de paiement.
(2) Le cautionnement visé à l’alinéa 1 ci-dessus peut
éventuellement être retiré par le mandataire du candidat ou de la
liste de candidats.
(3) Dans tous les cas autres que ceux mentionnés à l’alinéa
1 ci-dessus, le cautionnement est acquis au Trésor Public.
91
TITRE X
DISPOSITIONS SPECIFIQUES AU VOTE DES CITOYENS
CAMEROUNAIS ETABLIS OU RESIDANT A L’ETRANGER
Article 271.- Les citoyens camerounais établis ou résidant à
l’étranger exercent leur droit de vote par la participation à
l’élection du Président de la République et au référendum.
Article 272.- (1) Les citoyens camerounais établis ou résidant à
l’étranger sont inscrits sur les listes électorales ouvertes auprès
des représentations diplomatiques et des postes consulaires
dans les pays de résidence ou de rattachement.
(2) Ils doivent jouir de leurs droits civils et politiques et
remplir toutes les conditions légales requises pour être
électeurs.
(3) Des bureaux de vote sont créés au niveau des
représentations diplomatiques et des postes consulaires, sur
proposition du Gouvernement.
Article 273.- (1) En vue de la participation des citoyens
camerounais établis ou résidant à l’étranger à l’élection du
Président de la République ou au référendum, il est créé au
niveau des représentations diplomatiques et des postes
consulaires :
- des commissions chargées de l’établissement et de la
révision des listes électorales ;
- des commissions chargées de l’établissement et de la
distribution des cartes électorales ;
- des commissions locales de vote.
(2) Le Conseil Electoral organise des consultations avec les
représentations diplomatiques, les postes consulaires et les
partis politiques en vue de la constitution des commissions
prévues à l’alinéa 1 ci-dessus.
(3) La composition des Commissions visées à l’alinéa 1 ci-
dessus est constatée par le Directeur Général des Elections.
92
(4) La composition et les modalités de fonctionnement des
commissions visées à l’alinéa 1 du présent article sont fixées par
voie réglementaire.
Article 274.- Les règles spécifiques applicables aux opérations
préparatoires à l’élection du Président de la République et au
référendum, à l’organisation et à la supervision des opérations
électorales et référendaires, aux opérations de vote ainsi qu’au
recensement des votes des citoyens camerounais établis ou
résidant à l’étranger, sont fixées par voie réglementaire.
TITRE XI
DISPOSITIONS RELATIVES AU FINANCEMENT
DES PARTIS POLITIQUES ET DES CAMPAGNES
ELECTORALES ET REFERENDAIRES
CHAPITRE I
DISPOSITIONS PRELIMINAIRES
Article 275.- (1) Les partis et formations politiques concourent à
l’expression du suffrage.
(2) A ce titre, ils peuvent bénéficier du financement public
dans le cadre de leurs missions suivant les modalités fixées par
la présente loi.
Article 276.- (1) Le financement public concerne aussi bien les
dépenses couvrant les activités permanentes des partis
politiques que celles consacrées à l’organisation des campagnes
électorales et référendaires.
(2) Les fonds provenant du financement public ont des
deniers publics.
(3) Le financement public dont bénéficient les partis
politiques ou les candidats ne peut être source d’enrichissement
personnel.
93
Article 277.- (1) Il est institué une commission de contrôle,
habilitée à vérifier sur pièces que l’utilisation, par les partis
politiques ou les candidats, des fonds à eux alloués est
conforme à l’objet visé par la présente loi.
(2) Les partis politiques ou les candidats bénéficiaires d’un
financement public ont l’obligation de tenir une comptabilité y
afférente.
(3) L’organisation, la composition, les attributions et les
modalités de fonctionnement de la commission visée à l’alinéa 1
ci-dessus sont fixées par décret du Président de la République.
Article278.- (1) Il est interdit à un parti politique de recevoir des
subsides et des financements provenant de personnes,
d’organisations, de puissances étrangères et/ou d’Etat étranger.
(2) Un texte particulier fixe les modalités de financement
privé des partis politiques et des campagnes électorales et
référendaires.
CHAPITRE II
DU FINANCEMENT PUBLIC DES PARTIS POLITIQUES
Article 279.- Il est inscrit chaque année, dans la loi de finances,
une subvention destinée à contribuer à certaines dépenses de
fonctionnement des partis politiques légalement reconnus, dans
les conditions fixées par l’article 281 ci-dessous.
Article 280.- La subvention visée à l’article 279 ci-dessus est
servie par l’Etat à un parti politique pour concourir notamment :
- au fonctionnement de son administration courante ;
- à la diffusion de son programme politique ;
- à la coordination de l’action politique de ses membres ;
- à la préparation des consultations électorales et
référendaires.
94
Article 281.- La subvention est répartie en deux (02) tranches
d’égal montant :
- la première tranche destinée aux partis politiques
représentés à l’Assemblée Nationale, au Sénat, au Conseil
régional et/ou au Conseil municipal ;
- la deuxième tranche destinée aux partis politiques en
fonction de leurs résultats aux dernières élections à
l’Assemblée Nationale, au Sénat, et/ou aux élections
régionales et municipales.
Article 282.- (1) La tranche destinée au financement des partis
politiques représentés à l’Assemblée Nationale, au Sénat, au
Conseil régional et/ou au Conseil municipal, leur est allouée
proportionnellement à leur nombre de sièges respectifs.
(2) Les listes des députés, des sénateurs, des conseillers
régionaux et/ou des conseillers municipaux, par parti politique,
sont fournies respectivement par les bureaux de l’Assemblée
Nationale et du Sénat, ainsi que par les Conseils Régionaux et
les Conseils Municipaux.
Article 283.- (1) La tranche destinée au financement des partis
politiques en fonction des résultats aux dernières élections des
députés à l’Assemblée Nationale, des sénateurs, des conseillers
régionaux et des conseillers municipaux leur est servie à
condition qu’ils aient obtenu au moins 5% des suffrages
exprimés dans au moins une circonscription au cours desdites
élections.
(2) La répartition s’effectue au prorata des résultats obtenus.
CHAPITRE III
DU FINANCEMENT PUBLIC DES CAMPAGNES
ELECTORALES ET REFERENDAIRES
Article 284.- (1) L’Etat participe au financement des campagnes
électorales et référendaires par la prise en charge de certaines
dépenses des partis politiques ou des candidats.
95
(2) La participation de l’Etat aux dépenses visées à l’alinéa
1 ci-dessus est inscrite dans la loi de finances de l’année de
l’organisation de la consultation électorale ou référendaire.
Article 285.- Dans le cas des élections des députés, des
sénateurs, des conseillers régionaux ou des conseillers
municipaux, les fonds publics destinés au financement des
campagnes électorales sont répartis en deux (2) tranches d’égal
montant aux partis politiques qui participent à ces élections ainsi
qu’il suit :
- la première tranche est servie, après la publication des
listes de candidats, à tous les partis politiques au prorata
des listes présentées et acceptées dans les différentes
circonscriptions électorales ;
- la seconde tranche est servie, après la proclamation des
résultats, aux partis proportionnellement au nombre de
sièges obtenus.
Article 286.- (1) En cas d’élection présidentielle, les fonds
publics destinés au financement de la campagne électorale sont
répartis en deux (2) tranches d’égal montant aux candidats, ainsi
qu’il suit :
- la première tranche est, après la publication de la liste
des candidats, allouée sur une base égalitaire aux
différents candidats ;
- la deuxième tranche est, après la proclamation des
résultats, servie proportionnellement aux résultats
obtenus, aux candidats ayant obtenu au moins 5% des
suffrages exprimés.
(2) Est tenu de reverser au Trésor Public la totalité de la
somme reçue au titre de la première tranche visée à l’alinéa 1 ci-
dessus :
- tout candidat qui se désiste avant le scrutin ;
- tout candidat qui ne participe pas effectivement à la
campagne électorale.
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Article 287.- (1) En cas de référendum, les fonds publics
destinés au financement de la campagne référendaire sont
répartis en deux(2) tranches d’égal montant aux partis politiques,
ainsi qu’il suit :
- la première tranche est, après la publication de la liste
des partis autorisés à participer à la campagne
référendaire, allouée aux différents partis,
proportionnellement aux résultats aux dernières élections
des députés et/ou des sénateurs,
- la deuxième tranche est, après la proclamation des
résultats, servie proportionnellement aux résultats
obtenus par chaque parti concerné aux dernières
élections des députés et/ou des sénateurs.
(2) Est tenu de reverser au Trésor Public la totalité de la
somme reçue au titre de la première tranche visée à l’alinéa 1 ci-
dessus :
- tout parti politique qui se désiste avant le scrutin ;
- tout parti politique qui ne participe pas effectivement à la
campagne référendaire.
TITRE XII
DISPOSITIONS PENALES, DIVERSES ET FINALES
CHAPITRE I
DES DISPOSITIONS PENALES
Article 288.- (1) Est puni des peines prévues par l’article 122-1
du Code Pénal, celui qui :
- se fait inscrire sur les listes électorales sous une fausse
identité ou qui, en se faisant inscrire, dissimule une
incapacité prévue par la présente loi ;
- à l’aide de déclarations mensongères ou de faux
certificats, se fait inscrire indûment sur une liste
électorale ou qui, à l’aide des mêmes moyens, inscrit ou
y raye indûment un citoyen ;
- déchu du droit de vote, participe au scrutin ;
- vote soit en vertu d’une inscription frauduleuse, soit en
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prenant les noms et qualités d’autres électeurs inscrits ;
- à la suite des inscriptions multiples, vote plus d’une fois ;
- étant chargé dans un scrutin de recevoir, compter ou
dépouiller les bulletins contenant les suffrages des
citoyens, soustrait, ajoute ou altère des bulletins, ou
indique un autre nom que celui inscrit ;
- à l’aide de fausses nouvelles, de propos calomnieux ou
autres manœuvres frauduleuses supprime ou détourne
des suffrages, détermine un ou plusieurs électeurs à
s’abstenir de voter ;
- avant pendant ou après un scrutin, par inobservation des
dispositions législatives ou réglementaires, ou par tout
autre acte frauduleux, viole le secret, porte atteinte à la
sincérité, empêche les opérations du scrutin ou en
modifie le résultat ;
- se rend coupable de manœuvres frauduleuses dans la
délivrance ou la production des certificats d’inscription ou
de radiation des listes électorales ;
- utilise à des fins autres qu’électorales, les données
personnelles contenues dans le fichier électoral ;
- le jour du scrutin, avec violence ou non, se rend auteur
ou complice d’un enlèvement frauduleux de l’urne ou de
tout autre matériel électoral.
(2) Si l’auteur ou son complice est fonctionnaire au sens de
l’article 131 du Code Pénal, il est passible des peines prévues
par l’article 141 du Code Pénal.
Article 289.- Est puni des peines prévues par l’article 123-1 du
Code Pénal, celui qui :
- par attroupement, par clameurs ou démonstrations
menaçantes, trouble les opérations électorales ou porte
atteinte à l’exercice du droit ou à la liberté du vote ;
- le jour du scrutin, se rend coupable d’outrages ou de
violences, envers la commission locale de vote ou envers
un de ses membres, ou qui par voies de fait ou de
menaces, retarde ou empêche les opérations électorales ;
- pardons, libéralités, faveurs, promesses d’octroi
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d’emplois publics ou privés ou d’autres avantages
particuliers faits en vue d’influencer le vote d’un ou de
plusieurs électeurs, obtient leur suffrage soit directement,
soit par l’entremise d’un tiers ;
- directement ou par l’entremise d’un tiers, accepte ou
sollicite des candidats des dons, libéralités, faveurs ou
avantages cités au tiret ci-dessus ;
- par voies de fait, violences ou menaces contre un
électeur, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi,
d’exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa
fortune, influence son vote.
Article 290.- (1) Est puni d’une amende de 25.000 à 250.000
francs et d’un emprisonnement de dix (10) jours à deux (2) mois
ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui entre dans
un bureau de vote avec une arme apparente.
(2) La peine d’emprisonnement peut être portée à quatre (4)
mois et l’amende à 500.000 francs si l’arme était cachée.
Article 291.- (1) Toute activité ou manifestation à caractère
politique est interdite au sein des établissements publics, ainsi
que dans les établissements scolaires ou universitaires.
(2) Toute infraction aux dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus
est punie d’une amende de 25.000 à 250.000 francs et d’un
emprisonnement de dix (10) jours à quatre (04) mois, ou de l’une
de ces deux peines seulement.
Article 292.- Est punie de la peine prévue par l’article 184 du
Code Pénal, toute personne qui, agissant en son nom ou pour le
compte d’un parti politique, utilise les fonds reçus dans le cadre
du financement public à des fins autres que celles prévues par la
présente loi.
Article 293.- Hors le cas de flagrant délit, aucune poursuite
pénale contre un candidat à une élection pour infraction aux
dispositions de la présente loi ne peut être intentée avant la
proclamation des résultats du scrutin.
99
CHAPITRE II
DES DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES
Article 294.- (1) Le coût du papier, l’impression des bulletins de
vote, des enveloppes et de divers documents électoraux, ainsi
que les frais de transport ou de mise en place du matériel et des
documents électoraux sont pris en charge par le budget des
élections.
(2) La prise en charge du fonctionnement des commissions
électorales est assurée par le budget d’Elections Cameroon
et/ou le budget de sélections.
Article 295.- (1) Tous les actes judiciaires sont, en matière
électorale, dispensés du timbre et enregistrés gratis.
(2) Les extraits des actes de naissance nécessaires pour
établir l’âge des électeurs et des candidats sont délivrés
gratuitement sur papier libre à tout réclamant. Ils portent à l’en-
tête de leur texte, l’énonciation de leur destination spéciale et ne
peuvent servir à aucune autre.
Article 296.- (1) Dans le cadre de la supervision du processus
électoral et référendaire, Elections Cameroon peut collaborer
avec les observateurs nationaux et internationaux accrédités.
(2) Les observateurs nationaux sont accrédités parle
ministre chargé de l’administration territoriale.
(3) Les observateurs internationaux sont accrédités par le
ministre chargé de l’administration territoriale, après avis du
ministre chargé des relations extérieures.
(4) Le code de conduite des observateurs est établi par le
ministère chargé de l’administration territoriale, de concert avec
Elections Cameroon.
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Article 297.- (1) Sont abrogées, et remplacées par celles de la
présente loi, les dispositions de :
- la loi n°91/20 du 16 décembre 1991 fixant les conditions
d’élection des députés à l’Assemblée Nationale, modifiée et
complétée par la loi n°97/13 du 19 mars 1997 et parcelle
n°2006/009 du 29 décembre 2006 ;
- la loi n°92/02 du 14 août 1992 fixant les conditions
d’élection des conseillers municipaux, modifiée par la loi
n°95/24 du 11 décembre 1995 et par celle n°2006/010 du
26 décembre 2006 ;
- la loi n°92/10 du 17 septembre 1992 fixant les conditions
d’élection et de suppléance à la Présidence de la
République, modifiée et complétée par la loi n°97/20 du 9
septembre 1997 et par la loi n°2011/002 du 6 mai 2011 ;
- la loi n°97/06 du 10 janvier 1997 fixant la période de
révision et de refonte des listes électorales ;
- la loi n°2000/15 du 19 décembre 2000 relative au
financement des partis politiques et des campagnes
électorales ;
- la loi n°2006/004 du 14 juillet 2006 fixant le mode d’élection
des conseillers régionaux ;
- la loi n°2006/005 du 14 juillet 2006 fixant les conditions
d’élection des sénateurs;
- la loi n°2010/003 du 13 avril 2010 fixant les procédures du
référendum ;
- la loi n°2006/011 du 29 décembre 2006 portant création,
organisation et fonctionnement d’«Elections Cameroon»
(ELECAM) modifiée et complétée par la loi n°2008/005 du
29 juin 2008, par la loi n°2010/005 du 13 avril 2010 et par la
loi n°2011/001 du 06 mai 2011 ;
- la loi n°2011/013 du 13 juillet 2011 relative au vote des
citoyens camerounais établis où résidant à l’étranger.
Article 298.- Des textes réglementaires précisent, en tant que
de besoin, les modalités d’application de la présente loi.
101
Article 299.- La présente loi sera enregistrée, publiée suivant la
procédure d’urgence, puis insérée au Journal Officiel en français
et en anglais. /-
YAOUNDE, LE 19 AVRIL 2012
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
PAUL BIYA
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