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Étude d'une inéquation quasi-variationnelle

Meca

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


UNIVERSITE Mohamed Seddik Ben Yahia – Jijel

Faculté des Sciences Exactes et Informatique

Département de Mathématiques

Mémoire
Pour l’obtention du diplôme de : Master

Spécialité : Mathématiques Fondamentales

Option : Analyse et Applications

Thème

ETUDE D’UNE INEQUATION QUASI-VARIATIONNELLE DE TYPE ELLIPTIQUE

-Application de théorème de point fixe-

Présenté par :
BOUDOUDA Halima & DEGHDACHE Meriem

Devant le jury :
Président : A. MAKHLOUF M.C.B Université de Jijel

Encadreur : S. MEDJERAB M.A.A Université de Jijel

Examinateur : W. BOUKROUK M.C.B Université de Jijel


Promotion 2016/2017
Table des matières

Introduction générale 2

Notations 6

1 Notions et dénitions préliminaires 8


1.1 Rappels sur les espaces vectoriels normés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Convergence et continuité dans un espace vectoriel normé . . . . . . . . . . . 10
1.3 Dualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4 Formes bilinéaires continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5 Espace de Hilbert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.6 Convexité et semi continuité inférieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

2 Théorème du point xe et ses applications aux inéquations quasi-variationnelles 26


2.1 Version du Théorèmes de point xe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.2 Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique . . . . . . 32

3 Problèmes de contact avec frottement 45


3.1 Petits rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.2 Notions simples de mécanique du solide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.3 Problème physique d'élasticité linéarisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.4 Modèle mathématique du problème physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

Conclusion 71

Bibliographie 72

1
Introduction générale

La théorie des inéquations variationnelles a débuté avec les problèmes de minimisation


de fonctionnelles. L'étude systématique de cette théorie remonte aux travaux de G. Fichera
et son analyse du problème de Signorini en 1964. Cette théorie a connu de nombreux déve-
loppements, d'abord avec les travaux de G. Stampacchia et P. Hartmann en 1966 et ensuite
avec la contribution en 1967 de G. Stampacchia et J.L. Lions. Ces derniers ont utilisés
les inéquations variationnelles pour l'étude des équations aux dérivées partielles elliptiques
et paraboliques, associées à des formes bilinéaires coercives, dans le but d'appliquer leurs
résultats aux problèmes de la théorie de l'élasticité, de la plasticité et de la mécanique.

Les domaines d'applications des inéquations variationnelles sont nombreux, citons la


variété de divers domaines des sciences pures et appliquées (la physique, la chimie, l'écono-
mie, la nance etc...). Il n'est pas étonnant que cette théorie ait conduit à de nombreuses
contributions depuis les années soixante. Mais dans ces dernières années, les inéquations
variationnelles ont été généralisées et prolongées dans plusieurs directions en utilisant des
nouvelles techniques. Elle a été mis en place et considéré comme une nouvelle classe des in-
équations variationnelles qui s'appelle en général inéquation quasi-variationnelle. La théorie
des inéquations quasi-variationnelles (ou I.Q.V), introduite par A. Bensoussan et J-L. Lions
[6] et Tartar [29], est apparue récemment comme un outil particulièrement puissant pour la
résolution de problèmes apparaissant en économie et en physique.

Cette théorie a démontrée que les inégalités variationnelles et quasi-variationnelles four-


nissent un cadre simple, unié et ecace pour un traitement général d'une large classe de
problèmes numériques et de problèmes aux limites de valeurs linéaires et non linéaires.

L'étude mathématique d'inéquations variationnelles et quasi-variationnelles nécessite l'exis-


tence des espaces fonctionnels importants qui s'appellent espaces de Sobolev. Ces espaces
dont les puissances et les dérivées au sens faible sont intégrables. Tout comme les espaces de
Lebesgue, ils sont complets ce qui est un avantage considérable pour l'étude des solutions
des équations aux dérivées partielles et la résolution des problèmes mécanique.

2
Introduction générale 3

Les espaces de Sobolev sont des structures mathématiques très intéressantes pour ré-
soudre les formulations variationnelles des EDP. En Physique, ces espaces de Sobolev s'in-
terprètent comme des fonctions d'énergie.

La mécanique et les mathématiques ont été des partenaires complémentaires depuis le


temps de Newton, et l'histoire de la science montre beaucoup de preuve de l'inuence béné-
que de ces disciplines les unes sur les autres. Dans la plupart des systèmes de la mécanique
des structures, il existe des situations dans lesquelles un corps déformable est en contact
avec d'autres corps, cette caractérisation de ce contact peut jouer un rôle fondamental dans
le comportement de la structure; sa déformation, son mouvement, la distribution des eorts,
etc...

En dépit du rôle fondamental du contact dans les mécanismes des solides et des structures,
les eorts de contacts sont rarement pris en considération dans l'analyse des structures. La
raison est que modéliser des phénomènes de contact pose de sérieuses dicultés conceptuelles
mathématiques et informatiques qui sont bien plus complexes que celles qui proviennent de
la mécanique des structures linéaire classique.

Le contact entre les matériaux est un phénomène très fréquent et important dans notre
vie quotidienne et il a attiré l'attention de l'être humain depuis les anciens temps, c'est
pourquoi les scientiques ont essayé de l'étudier et le modéliser. La connaissance et la maî-
trise de ce phénomène confèrent aux scientiques et aux industriels la possibilité d'élaborer
des matériaux aux propriétés et aux performances voulues. A cause de l'importance de ces
phénomènes, les études consacrées à ce vaste sujet qu'est la mécanique de contact.

Les humains se sont intéressés aux problèmes de contact entre deux corps, ou les pro-
blèmes de contact sont posés avec ou sans frottement entre corps déformables ou entre un
corps et une fondation rigide, qui ont trouvée dans la vie de tous les jours, et surtout les
phénomènes de frottement interviennent dans de nombreuses applications quotidiennes et
industrielles; la marche, une roue qui roule, une chaîne de vélo, sont autant d'exemples d'ap-
plications où l'on retrouve du frottement soit utile soit parasite. Le frottement est utile à la
marche mais parasite dans le cas des roulements.

L'objet de la théorie d'élasticité classique est l'étude des déformations des matériaux
solides élastiques sous l'eet de forces extérieures, ces forces peuvent déplacer ou déformer le
corps des solides. L'élasticité est une propriété physique d'un corps reprend sa forme initiale
après la suppression des contraintes extérieures. En 1933, A. Signorini pose le problème
général de l'équilibre d'un corps élastique en contact sans frottement sur une fondation rigide.
Les conditions de contact ont été formulées par lui même [26] en 1959. Il s'ensuite le travail
de Fichera [16] en 1964 où le problème de Signorini a été résolu en utilisant des arguments des

3
Introduction générale 4

inéquations variationnelles de type elliptique. Fichera donne la preuve de l'existence d'une


solution faible. Duvaut et Lions [14] présentent la formulation variationnelle de plusieurs
problèmes de contact accompagnée des résultats d'existence et d'unicité.

La théorie d'élasticité décrit une relation d'équilibre entre deux forces f0 = f2 , f0 est une
force provoquée par la déformation de la matière et f2 une force provoquée par l'exertion
de force à la surface de l'objet. Les quantités f0 et f2 sont des densités de force locale à un
point de la matière, ces forces sont des tenseurs.

Avant l'application de forces à un corps, la surface de contact réelle sur laquelle les
corps se touchent est inconnue. Les conditions de frontière sur cette surface inconnue fait
intervenir des eorts et des déplacements inconnus. En conséquence, les modèles mathé-
matiques de contact impliquent des systèmes d'inégalités ou d'équations linéaires et non
linéaires. D'ailleurs, quand le frottement est présent, la description du mouvement des corps
en contact devient extrêmement complexe. Néanmoins, il y a des formulations spéciques
de certaines classes de problèmes de contact dans lesquelles ces dicultés classiques sont
réduites au minimum et qui fournissent la base pour une méthode d'analyse mathématique.

Dans ce travail, on s'intéresse aux problèmes de contact dans le cas de petites défor-
mations d'un corps élastique frottant avec glissement sur une fondation rigide plane, et
nous consacrons notre étude sur l'existence et l'unicité de solution des inéquations quasi-
variationnelle.

Ce travail se compose d'une introduction, conclusion et trois chapitres.

Dans le premier chapitre, on rappelle des outils mathématiques qui seront utilisés dans
les autres chapitres. La plupart des résultats sont indiqués sans preuves, car ils sont standard
et peuvent être trouvés dans de nombreuses références. On s'intéresse aux petits rappels et
quelques notions et résultats classiques d'analyse fonctionnelle. Nous commençons par une
revue des dénitions et des propriétés des espaces linéaires normalisés et des espaces de
Banach, compris les résultat sur la dualité, la convergence faible et les formes bilinéaires
continues. Nous rappelons ensuite certaines propriétés des espaces de Hilbert. Enn nous
décrivons aussi des dénition sur la convexité et semi continuité inférieure.

Le deuxième chapitre présente la théorie des inéquations variationnelles et quasi-variationnelles.


Il sera divisé en deux parties principales, la première sera consacrée au version du théorème
de point xe de Banach et la seconde partie sera formalisée par l'étude d'inéquations varia-
tionnelles et quasi-variationnelles linéaires coercives, notre problème est lié à la convexité et
la semi continuité inférieure de la fonctionnelle d'énergie associée et la nature de la forme
bilinéaire qui gouverne l'inéquation quasi-variationnelle.

4
Introduction générale 5

Dans le dernier chapitre, nous nous intéressons aux problèmes de contact avec frottement
et contient deux partie remarquable. Nous passons en revue quelques résultats concernant
les espaces fonctionnels (espaces de Lebesgue, espaces de Sobolev, espace de distributions...).
Puis nous proposons une contribution à l'étude de quelques problèmes aux limites en méca-
nique de contact et nous considérons la loi de comportement linéaires pour des matériaux
élastiques dans le processus statique. Pour la résolution de notre problème à étudier, nous
commençons par décrire le problème mécanique de départ et la loi de comportement de
glissement, les conditions aux limites ainsi que la formulation mécanique, après avoir précisé
les hypothèses sur les données. Ensuite, nous présentons une formulation variationnelle du
problème mécanique pour laquelle nous démontrons l'existence et l'unicité de la solution
faible du problème traité.

5
Notations

Nous utiliserons les notations suivantes tout au long de notre travail.


K Corps commutatif (R ou C).
E Espace vectoriel sur K.
k · kE Norme sur E.
e.v.n Espace vectoriel normé.
(E, k · kE ) Espace normé sur E.
L(E, F ) Espace des applications linéaires de E dans F .
L(E, F ) Espace des applications linéaires continues de E dans F .
L(E) Espace des applications linéaires continues de E dans lui-même.
E0 Espace dual de E .
< ·, · >E×E 0 Produit de dualité entre E et E 0 .
E 00 Espace bidual de E .
−→ Convergence forte.
* Convergence faible.
s.c.i Semi continuité inférieure.
Ω Ouvert non vide de Rn .
Ω Adhérence de Ω.
Lp (Ω) Espaces de Lebesgue ou de classes des fonctions dont la puissance
d'exposant p est intégrable au sens de Lebesgue, où 1 ≤ p ≤ ∞.
p.p Presque partout.
α = (α1 , · · · , αn ) Multi-indice avec αi ∈ N pour tout i = 1, ..., n.
Dα Opérateur diérentiable d'ordre α.
C(Ω) Espace des fonctions continues sur Ω.
C m (Ω) Espace des fonction m fois continûment diérentiables sur Ω.
Suppf Support d'une fonction f .
D(Ω) Espace des fonctions inniment diérentiables à support compact sur Ω.
0
D (Ω) Espace des distribution sur Ω.
L1loc (Ω) Espace des fonctions localement intégrables sur Ω.
W (Ω)k,p
Espace de Sobolev de deux paramètres k et p sur Ω.
H k (Ω) Espace de Sobolev avec p = 2.
1
H0 (Ω) Adhérence de D(Ω) dans H 1 (Ω).

6
Notations 7

B(x0 , r)Boule ouverte de centre x0 et de rayon r.


γ Opérateur de trace.
R d
Espace Euclidien de dimension d, avec d = 2, 3.
Sd Espace des tenseurs symétriques de second ordre dans Rd .
[0, T ] Intervalle de temps, avec T > 0.
u Champ de déplacements.
Γ Frontière du domaine Ω, et Γ = ΓC ∪ ΓD ∪ ΓN .
mes(ΓC ) Mesure de Lebesgue de ΓC .
σ(u) Tenseur des contraintes.
ε(u) Tenseur des déformations.
A Tenseur d'élasticité.
div Opérateur de divergence.
I Opérateur d'identité de Rd .
n Vecteur unitaire normal.
f0 Force volumique.
f2 Force surfacique.
δij Delta de Kronecker.
∂n Dérivée normale.
un , uτ Composantes normale et tangentielle du vecteur de déplacement u.
σn , στ Composantes normale et tangentielle du vecteur de contrainte σ .
∇u Gradient de u.
u·v Produit scalaire entre u et v dans l'espace Rd .

7
Chapitre 1

Notions et dénitions préliminaires

Le but de ce chapitre est de rappeler quelques outils de bases et certains résultats clas-
siques d' analyse fonctionnelle. On s'intéresse à une introduction à l'étude des espaces vec-
toriels normés et des applications linéaires continues entre de tels espaces et de consacrer à
l'étude des espaces de Banach qui sont les espaces vectoriels normés complets pour la dis-
tance associée à la norme. Ce chapitre constitue aussi la notion de dualité qui est la base
de la théorie des distributions et la procédure dite d'identication du dual d'un espace de
Banach à un autre espace de Banach ainsi qu'une notion aaiblie de la convergence qui est
dénie dans le cadre du dual d'un espace de Banach, la convergence dite faible.

1.1 Rappels sur les espaces vectoriels normés


Dans ce chapitre tous les espaces vectoriels considérés seront sur K (le corps R des
nombres réels ou le corps C des nombres complexes) et λ désigne le nombre complexe conju-
gué de λ ∈ C.

Dénition 1.1.1. (Semi-norme et norme)


Soit E un espace vectoriel sur K, on dit qu'une application [Link] de E dans R est une semi-
norme sur E si les conditions suivantes sont satisfaites:
1. Pour tout λ ∈ K, kλxkE = |λ|kxkE (homogénéité).
2. Pour tout x, y ∈ E , kx + ykE ≤ kxkE + kykE (inégalité triangulaire).
L'homogénéité implique que k0kE = 0, et l'inégalité triangulaire implique que kxkE ≥ 0. On
appelle norme toute semi-norme vériant de plus:
3. kxkE = 0 =⇒ x = 0E (condition de séparation).
Dénition 1.1.2. (Espace vectoriel normé)
On appelle espace vectoriel normé (e.v.n) tout espace vectoriel sur K muni d'une norme.

8
1.1. Rappels sur les espaces vectoriels normés 9

Exemples 1.1.1.
a) E = Kn , n ≥ 1. Pour x = (x1 , ..., xn ) ∈ E , on dénit
q
kxk1 = |x1 | + . . . + |xn |, kxk2 = (x1 )2 + . . . + (xn )2 , kxk∞ = sup(|x1 |, . . . , |xn |).

L'espace vectoriel E muni de l'une de ces trois normes est un e.v.n.


b) On pose E = C([a, b], K) étant l'espace des fonctions continues sur l'intervalle [a, b]
et à valeurs dans K. Pour tout f ∈ E , on dénit
 b  21
Zb Z
kf k1 = |f (x)|dx, kf k2 =  |f (x)|2 dx , kf k∞ = sup |f (x)|.
x∈[a,b]
a a

L'espace vectoriel E muni d'une norme k.k1 , k.k2 où k.k∞ est un e.v.n, donc on peut
avoir plusieurs normes sur le même espace.
Dénition 1.1.3. (Distance associée à une norme)
Soit (E, [Link] ) un espace normé. On dénit une distance entre deux éléments x et y de E ,
par
d(x, y) = kx − ykE .

Cette distance est appelée distance associée à une norme et tout e.v.n est un espace
métrique.
Dénition 1.1.4. (Normes équivalentes)
Deux normes k.k1 et k.k2 dénies sur un espace vectoriel E sont dites équivalentes s'il
existe des constantes c1 > 0, c2 > 0 telles que

∀x ∈ E, c1 kxk1 ≤ kxk2 ≤ c2 kxk1 .

Remarques 1.1.1.
1. Deux normes équivalentes dénissent deux métriques équivalentes et donc des topolo-
gies identiques sur E (qui ne dépend pas de la norme).
2. Sur tout espace vectoriel de dimension nie toutes les normes sont équivalentes. Si
on prend E = Rn, on a
√ √
kxk∞ ≤ kxk1 ≤ nkxk∞ , kxk∞ ≤ kxk2 ≤ nkxk∞ , kxk2 ≤ kxk1 ≤ nkxk2 .

Par contre dans un espace de dimension innie. Si on prend un contre exemple :


Les deux normes k.k1 et k.k∞ qui sont dénies sur E = C([0, 1], R) ( voir l'exemple
précédent) ne sont pas équivalentes; on a la première inégalité

kf k1 ≤ kf k∞ .

9
1.2. Convergence et continuité dans un espace vectoriel normé 10

Mais on n'a pas d'inégalité dans l'autre sens. En eet


On considère la suie (fn )n≥1 d'élément de E dénie par:
 1
2
 −n x + n si x ∈ [0, n ].

fn (x) =

0 si x ∈ [ n1 , 1].

On a Z 1
1
kfn k∞ = sup | fn (x)| = n, et kfn k1 = fn (x) dx = ,
x∈[0,1] 0 2
d'où
kfn k∞
= 2n −→ +∞.
kfn k1 n→+∞

Donc il n'existe pas c tel que kfn k∞ ≤ ckf k1 , pour tout n ∈ N. Donc les normes k.k1
et k.k∞ ne sont pas équivalentes.

1.2 Convergence et continuité dans un espace vectoriel


normé
Dans cette partie, on utilise la notion d'une norme pour dénir la notion de convergence
des suites dans un espace vectoriel E .

1.2.1 Suites et convergence dans un espace vectoriel normé


Dénition 1.2.1. (Suites convergentes)
On dit qu'une suite (xn )n∈N des vecteurs d'espace vectoriel normé (E, [Link] ) converge for-
tement vers un vecteur x ∈ E si et seulement si la propriété suivante est vériée
la suite réelle de terme général kxn − xkE tend vers 0 quand n tend vers l'inni.
Autrement dit,

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ n0 =⇒ kxn − xkE < ε.

Si ce n'est pas le cas, on dit que la suite diverge.


Si la suite (xn )n∈N converge vers x, on dira que x est une limite forte de la suite (xn )n∈N et
on notera
x = lim xn ou xn −→ x dans E.
n→∞

10
1.2. Convergence et continuité dans un espace vectoriel normé 11

La notion de la convergence dans un e.v.n est liée au choix de la norme sur cet espace.
Le théorème suivant montre qu'il est possible de généraliser la notion de la convergence de
suite dans un e.v.n, dans le cas ou l'on choisit deux normes équivalentes sur cet espace.

Théorème 1.2.1.
Soit E un espace vectoriel k.k1 et k.k2 deux normes sur E .
k.k1 et k.k2 sont équivalentes si et seulement si toute suite convergeant vers 0E pour une
norme converge vers 0E pour l'autre norme.
Dénition 1.2.2. (Suites extraites)
On appelle suite extraite (ou sous-suite) d'une suite (xn )n∈N d'éléments d'un espace vectoriel
normé (E, [Link] ) toute suite de la forme (xϕ(n) )n∈N , où ϕ est une application strictement
croissante de N dans N (en particulier lim ϕ(n) = +∞).
n→+∞

Remarque 1.2.1. ( Caractérisation des suites convergentes)


Une suite est dite convergente si et seulement si toutes les suites extraites de cette suite
convergent et ont la même limite.
Dénition 1.2.3. (Suites de Cauchy)
Une suite (xn )n∈N dans un e.v.n (E, [Link] ) est dite de Cauchy si pour tout ε > 0, il existe
un rang n0 à partir du quel on a kxm − xn kE < ε, ce qui s'écrit

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n, m ∈ N, m, n ≥ n0 =⇒ kxm − xn kE < ε,

ou encore

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀(n, p) ∈ N2, ∀n ≥ n0 , =⇒ kxn+p − xn kE < ε.

Remarques 1.2.2.
1. Toute suite convergente est de Cauchy.
En dimension innie, la réciproque est fausse. Mais, dans un espace vectoriel normé
de dimension nie sur R ou C, une suite converge si et seulement si elle est de Cauchy.
2. Si deux normes k.k1 et k.k2 sont équivalentes sur E , alors toute suite de Cauchy pour
k.k1 est également une suite de Cauchy pour k.k2 .

Dénition 1.2.4. (Suites bornées)


Soient (E, [Link] ) un e.v.n. On dit qu'une suite (xn )n∈N de E est bornée, s'il existe c > 0 tel
que
kxn kE ≤ c, ∀n ∈ N.

Autrement dit, une suite (xn )n∈N de E est bornée si l'ensemble {||xn ||E , n ∈ N} est borné.

11
1.2. Convergence et continuité dans un espace vectoriel normé 12

Remarques 1.2.3.
1. Toute suite convergente est bornée.
2. Toute suite de Cauchy est bornée.
3. De toute suite bornée de E on peut extraire une suite convergente (voir le théorème
de Bolzano-Weierstrass [11]).

1.2.2 Espaces Complets


Dénition 1.2.5. (Espace Vectoriel Normé complet)
Soit (E, [Link] ) un espace vectoriel normé. On dit que E est complet si toute suite de Cauchy
de E converge vers un élément de cet espace.
Dénition 1.2.6. (Espace de Banach)
Soit (E, [Link] ) un espace vectoriel normé. On dit que (E, [Link] ) est un espace de Banach si
et seulement si l'espace métrique (E, d) où d est la distance associée à la norme [Link] (i.e.
d(x, y) = kx − ykE ) est un espace complet.

Exemples 1.2.1.
1. (R, | . |) est un espace de Banach.
2. (Rn , k.k1 ), (Rn , k.k2 ), (Rn , k.k∞ ) sont des espaces de Banach.
3. L'espace des fonctions C([0, 1]) muni de la norme k.k∞ est un espace de Banach mais
cet espace muni de la norme k.k1 n'est pas complet donc n'est pas de Banach.

1.2.3 Limite et continuité dans un espace vectoriel normé


Dénition 1.2.7.
Soient (E, [Link] ) et (F, [Link] ) deux espaces vectoriels normés et f une application de E dans
F . Soit x0 ∈ E , on dit que f a une limite ` quand x tend vers x0 , si

∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀x ∈ E : kx − x0 kE < δ =⇒ kf (x) − `kF < ε.

On écrira alors lim f (x) = ` ou f (x) −→ `.


x→x0 x→x0
x∈E x∈E

Cette notion de limite reste inchangée si l'on utilise des normes équivalentes.

12
1.2. Convergence et continuité dans un espace vectoriel normé 13

Dénition 1.2.8. (Continuité d'une application dans un e.v.n)


Soient (E, [Link] ) et (F, [Link] ) deux espaces vectoriels normés et f une application de E dans
F.
1. f est continue en x0 ∈ E si et seulement si
∀ε > 0, ∃δ > 0 : kx − x0 kE < δ =⇒ kf (x) − f (x0 )kF < ε.

On écrit lim f (x) = f (x0 ).


x→x0
2. On dit que f est continue sur E si et seulement si f est continue en tout point de E.

Maintenant, on donne une caractérisation séquentielle de la continuité.


Proposition 1.2.1.
Une fonction f: (E, [Link] ) −→ (F, [Link] ) est continue en un point x0 ∈ E si et seulement si,
pour toute suite (xn )n∈N d'éléments d'espace E convergeant vers x0 ∈ E , la suite (f (xn ))n∈N
converge vers f (x0 ) dans F .

1.2.4 Applications Lipschitziennes et uniforme continuité


Dénition 1.2.9. (Applications lipschitziennes)
Soient (E, [Link] ) et (F, [Link] ) deux espaces vectoriels normés et f une application de E dans
F.
Soit k ∈]0, +∞[, f est dite k-lipschitzienne (lipschitzienne de rapport k) sur E , si
kf (x) − f (y)kF ≤ kkx − ykE , ∀x, y ∈ E.

Autrement dit, f est dite lipschitzienne sur E s'il existe k > 0 telle que f soit k-lipschitzienne
sur E .
f est dite contractante sur E s'il existe k ∈]0, 1[ telle que f soit lipschitzienne sur E .

Exemple 1.2.2.
Soit (E, [Link] ) un espace vectoriel normé. Alors, [Link] est une application 1-lipschitzienne.
En eet, on a toujours
kxkE − kykE ≤ kx − ykE , ∀x, y ∈ E.

Conséquence immédiate: une application lipschitzienne est continue mais la réci-


proque est fausse.
Dénition 1.2.10. (Continuité uniforme)
Soient (E, [Link] ) et (F, [Link] ) deux espaces vectoriels normés et f une application de E dans
F . On dit que l'application f est uniformément continue sur E si et seulement si

∀ε > 0, ∃η > 0 : ∀(x, y) ∈ E 2, kx − ykE < η =⇒ kf (x) − f (y)kF < ε.

13
1.3. Dualité 14

Remarques 1.2.4.
1. La continuité uniforme est une propriété plus forte que la continuité usuelle.
2. Il est clair qu'une application uniformément continue est nécessairement continue.
En eet, si l'on souhaite démontrer la continuité de f en x0 ∈ E , il sut
de poser y = x0 pour retrouver la dénition de la continuité à partir de la
dénition précédente de l'uniforme continuité.
La réciproque de cette propriété n'est pas toujours vrais que dans certains cas.
3. Si f est une application k-Lipschitzienne, alors f est uniformément continue.
En eet, il sut de choisir η = kε pour retrouver la dénition de l'uniforme continuité.

1.3 Dualité
1.3.1 Applications linéaires continues
Dans cette partie, nous intéressons à l'espace des applications (opérateurs) linéaires conti-
nues. Nous allons chercher à normée cet espace, puis à le caractériser. Dans toute cette partie,
(E, [Link] ) et (F, [Link] ) désignent deux espaces vectoriels normés sur un corps K.

Dénition 1.3.1. (Linéarité d'une application)


Soient E et F deux espaces vectoriels. Une application T de E dans F est dite linéaire si
1. ∀(x, y) ∈ E 2, T (x + y) = T (x) + T (y),
2. ∀x ∈ E, ∀α ∈ K, T (αx) = αT (x).
Ces deux assertions peuvent être réunies en une seule

∀(x, y), ∀α, β ∈ K ∈ E 2, T (αx + βy) = αT (x) + βT (y).

Notation 1.3.1.
On note L(E, F ) l'ensemble des applications linéaires de E dans F et L(E) l'ensemble des
applications linéaires de E dans lui même.
Remarque 1.3.1.
Si L(E, F ) est un espace vectoriel sur K et T est linéaire, alors T (0E ) = 0F ( prendre α = 0).
Proposition 1.3.1. [23]
Soit T : E −→ F une application linéaire entre deux espaces vectoriels normés. Alors T est
continue si et seulement si

∃M > 0, ∀x ∈ E, kT (x)kF ≤ M kxkE .

14
1.3. Dualité 15

Notation 1.3.2.
On note L(E, F ) l'ensemble des applications linéaires continues de E dans F et L(E) l'en-
semble des applications linéaires continues de E dans lui même.
Théorème 1.3.1. [21][25]
Soit T: E −→ F une application linéaire entre deux espaces vectoriels normés. Alors les
hypothèses suivantes sont équivalentes
1. T est continue en 0,
2. T est uniformément continue sur E ,
3. T est bornée; il existe M > 0 tel que pour tout x ∈ E , kT (x)kF ≤ M kxkE .
4. T est lipschitzienne.

Le théorème suivant est une caractérisation de l'espace L(E, F ) en dimension nie.

Théorème 1.3.2. [9][11]


Soient E et F deux espaces vectoriels normés, avec E de dimension nie. Alors L(E, F ) =
L(E, F ). Autrement dit, toute application linéaire dans E de dimension nie est continue.

Théorème 1.3.3. (Norme d'une application linéaire continue)[23]


1. L(E, F ) est un sous-espace vectoriel de L(E, F ).
2. L'application dénie pour tout L(E, F ) par l'une quelconque des formules suivantes
kT (x)kF
kT kL(E,F ) = sup kT (x)kF = sup = sup kT (x)kF
x∈B̄(0E ,1) x∈E\{0E } kxkE x∈S(0E ,1)

= inf{c > 0, kT (x)kF ≤ ckxkE , ∀x ∈ E},

est une norme sur L(E, F ).


Théorème 1.3.4. [11]
Si E est un e.v.n et F un espace de Banach, alors L(E, F ) est un espace de Banach.
Dénition 1.3.2. (Convergence dans L(E, F ))
Soit (Tn )n∈N une suite d'élément de L(E, F ).
i. On dit que Tn converge fortement vers T ∈ L(E, F ), si

kTn − T kL(E,F ) −→ 0, quand n → +∞.

ii. On dit que (Tn )n∈N converge ponctuellement (simplement) vers T, si pour tout x ∈ E

||Tn (x) − T (x)||F , quand n → +∞.

15
1.3. Dualité 16

1.3.2 Espace dual


Dans cette partie, on étudie un cas particulier important des applications linéaires conti-
nues entre les espaces vectoriels normés est celui où l'espace d'arrivée est F = K.

Dénition 1.3.3. (Dual d'un espace vectoriel normé)


On appelle dual topologique (ou simplement dual) d'un espace vectoriel normé (E, [Link] ),
l'espace de Banach E 0 = L(E, K) des formes linéaires continues sur E . On le munit de la
norme
| < l, x >E 0 ×E |
klkE 0 = sup ,
kxkE 6=0E kxkE
x∈E

où l ∈ E et son action sur un élément x ∈ E est notée à l'aide du crochet de dualité


0

< ·, · >E 0 ×E de sorte que


déf
< l, x >E 0 ×E = l(x).

Remarque 1.3.2.
Par la dénition de la norme sur E 0, on a
| < l, x >E 0 ×E | ≤ klkE 0 kxkE , ∀l ∈ E 0, ∀x ∈ E.

Dénition 1.3.4. (Bidualité)


Soient E un espace vectoriel normé et E 0 son dual. On appelle bidual de E l' espace vectoriel
dual de E 0 , et on le note E 00.
Soit x ∈ E xé. L'application Jx de E 0 dans K dénie par

l 7−→ Jx (l) =< l, x >E 0 ×E = l(x),


est une forme linéaire continue sur E 0 donc un élément de E 00, on écrit Jx ∈ E 00.
Remarque 1.3.3.
Le bidual E 00 de E est un espace de Banach.
Dénition 1.3.5. (Réexivité)
Un espace vectoriel normé E est dit réexif, si J: E −→ E 00 est une bijection.
Proposition 1.3.2. [9][11]
Soit E un espace de Banach. L'injection canonique de l'application linéaire continue J :
E −→ E 00 , qui à x ∈ E associe l'application

Jx : E 0 −→ K
l 7→ Jx (l) = l(x)

et on muni E 00 de la norme
| < J(x), l >E 00 ×E 0 |
kJ(x)kE 00 = sup .
l∈E 0 −{0E 0 } klkE 0

16
1.3. Dualité 17

tel que
< J(x), l >E 00 ×E 0 =< l, x >E 0 ×E = l(x), ∀x ∈ E, ∀l ∈ E 0,

est une isométrie (i.e, kJ(x)kE 00 =kxkE , ∀x ∈ E ). Lorsque de plus J est surjective, on dit
que E est un espace de Banach réexif.
Remarque 1.3.4.
S'il existe une isométrie linéaire surjectif J: E −→ E 00, on dit que E s'identie à E 00 et on
note E ' E 00.
Proposition 1.3.3. [11]
1. Tout espace normé réexif est de Banach, puisque E est isomorphe à E 00.
2. Tout e.v.n de dimension nie est réexif.
3. Soit E un espace de Banach, alors E est réexif si et seulement si E 0 est réexif.
4. Tout espace réexif est complet.

1.3.3 Convergence faible


Dénition 1.3.6. (Convergence faible)
Soit (xn )n∈N une suite de l'espace vectoriel normé (E, [Link] ). On dit que xn converge faible-
ment dans E, s'il existe un élément x ∈ E tel que

∀l ∈ E 0 , < l, xn >−→< l, x >, quand n → +∞.

On écrit alors xn * x, dans ce cas x est appelée limite faible de (xn)n∈N.


E

Remarques 1.3.5.
1. Dans un espace vectoriel normé de dimension nie, les notions de la convergence forte
et faible coïncident.
2. Grâce à la continuité des formes l ∈ E 0 , la convergence en norme (appelée aussi
convergence forte) entraîne la convergence faible. i.e, si xn −→ x, alors xn * x et
E E
kxn kE −→ kxkE .

Proposition 1.3.4. [11][23]


Soit (E, [Link] ) un espace vectoriel normé.
1. La limite faible d'une suite (si elle existe) est unique.
2. Si xn * x, alors xnk * x, pour tout sous-suite (xnk )k∈N de (xn )n∈N .
E E
3. Si xn * x et yn * y, alors xn + yn * x + y.
E E E
4. Si xn * x et λn −→ λ dans R, alors λn xn * λx.
E E
5. Si xn * x, alors {kxn kE , n ∈ N} est borné et kxkE ≤ lim inf kxn kE .
E n→+∞

17
1.4. Formes bilinéaires continues 18

Théorème 1.3.5. (Eberlien Smulyan)[27]


Soit (xn )n∈N une suite bornée d'un espace de Banach E. Alors on peut extraire une sous-suite
faiblement convergente.

Maintenant, on introduit à la notion de la convergence faible* dans un espace dual.

Dénition 1.3.7. (Convergence faible*)


Soient (E, [Link] ) un espace vectoriel normé et (E 0 , [Link] 0 ) son dual. Une suite (ln )n∈N des
éléments de E 0 converge faiblement* vers l ∈ E 0, si

∀x ∈ E, < ln , x >−→< l, x > quand n → +∞.

Dans ce cas, l est appelée limite faible* de (ln)n∈N et on écrit ln *



l. 0
E

Proposition 1.3.5. [11]


Soit (E, [Link] ) un espace vectoriel normé.
1. La limite faible* d'une suite d'élément de E si elle existe elle est unique.
2. Si xn −→ x et ln *

0
l, alors
E E

< ln , xn >E 0 ×E −→< l, x >E 0 ×E .

3. La convergence faible dans E 0 implique la convergence faible* dans E 0 i.e., si hn * h


dans E 0, alors hn *

0
h dans E 0.
E
4. La convergence forte dans E 0 implique la convergence faible* dans E 0.
5. Si E est de dimension nie, les notions de la convergence forte, faible et faible*
coïncident sur E 0.

1.4 Formes bilinéaires continues


Dans ce qui suit, E et F sont des espaces vectoriels sur un corps K = R.

Dénition 1.4.1. (Forme bilinéaire)


Une forme bilinéaire sur E × F est une application a(·, ·) : E × F −→ K, telle que
1. Pour tout x ∈ E xé, l'application a(x, .) : F −→ K est linéaire, c'est-á-dire

∀y1 , y2 ∈ F, ∀α, β ∈ K : a(x, αy1 + βy2 ) = αa(x, y1 ) + βa(x, y2 ).

2. Pour tout y ∈ F xé, l'application a(·, y) : E −→ K est linéaire, c'est-á-dire

∀x1 , x2 ∈ E, ∀α, β ∈ K : a(αx1 + βx2 , y) = αa(x1 , y) + βa(x2 , y).

18
1.4. Formes bilinéaires continues 19

Dénition 1.4.2. (Forme bilinéaire symétrique)


Une forme bilinéaire a(·, ·) : E × E −→ K est dite symétrique si on a

∀(x, y) ∈ E 2, a(x, y) = a(y, x).

Remarquons que la symétrique d'une forme bilinéaire permet de vérier la linéarité d'un
seul côté.

Dénition 1.4.3. (Coercivité d'une forme bilinéaire)


Soit (E, [Link] ) un espace vectoriel normé. On dit qu'une forme bilinéaire a(·, ·) : E × E −→ K
est E -elliptique (ou coercive), s'il existe une constante c > 0, telle que

a(x, x) ≥ ckxk2E , ∀x ∈ E.

Dénition 1.4.4. (Forme bilinéaire dénie positive)


Soit a(·, ·) : E × E −→ K une forme bilinéaire.
1. On dit que a(·, ·) est positive (respectivement négative) si a(x, x) ≥ 0 (respective-
ment a(x, x) ≤ 0) pour tout x ∈ E.
2. On dit que a(·, ·) est dénie positive (respectivement dénie négative ) si elle est
positive (respectivement négative) et a(x, x) = 0 si et seulement si x est nul.
Dénition 1.4.5. (Continuité d'une forme bilinéaire)
Soient E et F deux espaces vectoriels normés. Une forme bilinéaire a(·, ·) : E × F −→ K est
continue sur E × F , s'il existe une constante M > 0, telle que

∀(x, y) ∈ E × F, |a(x, y)| ≤ M kxkE kykF .

Dénition 1.4.6. (Forme bilinéaire et dualité)


Soit a(·, ·) : E × F −→ K une forme bilinéaire symétrique. Pour tout x ∈ E , l'application

a(·, x) : E −→ K
y 7−→ a(y, x)

est une forme linéaire sur K, c'est-à-dire un élément du dual E 0 .


Proposition 1.4.1. [32]
L'application

ϕa : E −→ E 0
x 7−→ a(., x)

est linéaire. On appelle ϕa l'application linéaire de E dans son dual E 0 associée à la forme
bilinéaire symétrique a(., x), x ∈ E.

19
1.5. Espace de Hilbert 20

1.5 Espace de Hilbert


Dénition 1.5.1. (Produit scalaire)
Soit E un espace véctoriel sur le corps K = R. On appelle produit scalaire une application
< ·, · >E : E × E −→ K
(x, y) 7−→ < x, y >E

telle que

1. Pour y ∈ E xé, l'application x 7−→< x, y >E est linéaire; (linéarité à gauche).


2. < x, y >E = < y, x >E ; (symétrie).
3. < x, x >E > 0 si x 6= 0; ( dénie positive).
La linéarité à gauche est une convention; on trouve parfois la linéarité à droite. Lorsque la
dernière propriété n'est pas satisfaite, on parlera de semi-produit scalaire.
Remarque 1.5.1.
Dans le cas K = R, un produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique dénie positive.
Dénition 1.5.2. (Espace préhilbertien)
Un espace vectoriel muni d'un produit scalaire est appelé un espace préhilbertien.
Remarques 1.5.2.
1. La donnée d'un produit scalaire permet de dénir une norme [Link] par la relation

kxk2E =< x, x >E ⇐⇒ kxkE = < x, x >E .

2. Si E est un espace de dimension nie muni d'un produit scalaire, on dit que E est un
espace euclidien.
Exemple 1.5.1.
Si on se place dans Rn , on choisit deux éléments x = (x1 , x2 , . . . , xn ) et y = (y1 , y2 , . . . , yn ).
Le produit scalaire dans Rn est déni par
n
X
< x, y >Rn = xi yi ,
i=1

par conséquent, la norme euclidienne dans Rn est dénie par


v
u n
uX √
kxk2 = t x2i = < x, x >Rn .
i=1

20
1.6. Convexité et semi continuité inférieure 21

Proposition 1.5.1. [11]


Soient E un espace vectoriel sur K, et < ·, · >E un produit scalaire sur E.
Pour tout x, y ∈ E, on a les propriétés suivantes
1. | < x, y >E | ≤ kxkE kykE , (inégalité de Cauchy-Schwartz)
2. < x, y >E = 12 (kx + yk2E − kxk2E − kyk2E ) = 14 (kx + yk2E − kx − yk2E ), (identité de
polarisation )
3. kx + yk2E ≤ (kxkE + kykE )2, (inégalité de Minkowski )
4. kx + yk2E + kx − yk2E = 2(kxk2E + kyk2E ), (identité de la médiane)
Dénition 1.5.3. (Espace de Hilbert)
On appelle espace de Hilbert (ou espace hilbertien) tout espace préhilbertien complet
pour la norme associée à son produit scalaire.
Remarque 1.5.3.
Tout espace de Hilbert est un espace de Banach réexif.
Théorème 1.5.1. (Représentation de Riesz)[11]
Soit E un espace de Hilbert. Pour toute forme l linéaire continue sur E ( un élément du dual
E 0 ), il existe un unique élément x ∈ E , tel que

l(y) =< x, y >E , ∀y ∈ E.

De plus, on a klkE 0 = kxkE .


Remarque 1.5.4.
Soit E un espace de Hilbert. Alors
E ' E 0 ' E 00.

1.6 Convexité et semi continuité inférieure


Une notion très intéressante dans un espace vectoriel est celle de convexité. Nous rap-
pelons, dans cette section quelques notion élémentaires de convexité et de semi continuité
inférieure.

1.6.1 Fonctions convexes à valeurs réelles


Dans cette partie, nous travaillons dans un espace véctoriel normé E .
Dénition 1.6.1. (Segment)
Soit A un sous ensemble de E . Si x et y sont deux éléments de A, on appelle segment [x, y],
l'ensemble des éléments de E qui s'écrivent de la forme
z = tx + (1 − t)y ou z = y + t(x − y) avec t ∈ [0, 1],

21
1.6. Convexité et semi continuité inférieure 22

c'est -à-dire

[x, y] = tx + (1 − t)y, t ∈ [0, 1] .

Dénition 1.6.2. (Ensemble convexe)


On dit qu'un sous ensemble A de E est convexe, si pour tout x, y ∈ A, le segment [x, y]
est inclus dans A. Autrement dit,

tx + (1 − t)y ∈ A, ∀x, y ∈ A, t ∈ [0, 1].

Exemples 1.6.1.
1. Les parties convexes de R sont les intervalles.
2. Si A et B ⊂ E deux convexes, alors A ∩ B est un convexe de E.
3. La somme de Minkowski de deux convexes A et B de E dénie par

A + B = {a + b, (a, b) ∈ A × B},

est un convexe de E.
4. Le produit cartésien de deux convexes est convexe.
5. L'image d'un sous ensemble convexe par une application linéaire est convexe.

Supposons maintenant que E est un espace vectoriel normé et A un sous ensemble convexe
de E .

Dénition 1.6.3. (Fonctions convexes)


Une application f : A −→ R est dite convexe, si pour tous x, y ∈ A et t ∈ [0, 1], on a

f (tx + (1 − t)y) ≤ tf (x) + (1 − t)f (y).

La fonction f sera dite concave lorsque −f est convexe.


On dit que f est strictement convexe si pour tous x, y ∈ A, t ∈]0, 1[ et x 6= y, on a

f (tx + (1 − t)y) < tf (x) + (1 − t)f (y).

La fonction f sera dite strictement concave lorsque −f est strictement convexe.


Remarque 1.6.1.
Dans le cas où A est un sous ensemble de R, nous avons l'interprétation géométrique suivante:
Pour tout x, y ∈ A, le segment qui joint les point (x, f (x)), (y, f (y)) se trouve au dessus de
la courbe géométrique de f .
Exemples 1.6.2.
1. f (x) = x2 est convexe sur R.
2. f (x) = kxkE est convexe sur un espace vectoriel normé E .

22
1.6. Convexité et semi continuité inférieure 23

Figure 1.1  Interprétation géométrique d'une fonction convexe.

On a la caractérisation fondamentale suivante.

Proposition 1.6.1.
Une fonction f : A −→ R est convexe si et seulement si son épigraphe est convexe dans
A × R, tel que l'épigraphe de f est noté epi(f ) et déni par par l'ensemble
n o
epi(f ) = (x, r) ∈ A × R, f (x) ≤ r .

Proposition 1.6.2. [31]


1. Si f et g : A −→ R sont deux fonctions convexes. Alors pour tout α, β ≥ 0, αf + βg
est convexe.
2. Soit f : A −→ R une application convexe sur A. Pour tous x1 , . . . , xn ∈ A et
n
t1 , . . . , tn ∈ R+ , tels que ti = 1, on a
P
i=1

n
X  n
X
f ti xi ≤ ti f (xi ), ∀n ∈ N.
i=1 i=1

1.6.2 Fonctions convexes à valeurs dans R


Soit E un espace vectoriel normé sur R. On note R = R ∪ {−∞, +∞} la droite achevée.
En analyse convexe, il est parfois intéressé de pouvoir considérer des fonctions pouvant
prendre des valeurs innies.

Dénition 1.6.4. (Domaine eectif)


Soient E un espace vectoriel normé et f: E −→ R. On appelle domaine eectif de f qu'on
le note D(f ) l'ensemble des points où elle ne prend pas la valeur +∞, i.e,

D(f ) = {x ∈ E, f (x) < +∞}.

23
1.6. Convexité et semi continuité inférieure 24

Dénition 1.6.5. (Fonction propre)


Soit f : E −→ R, on dit que f est propre si f : E −→] − ∞, +∞] et f 6≡ +∞ ( i.e
∃ x0 ∈ E, f (x0 ) < +∞). Autrement dit, la fonction f est propre si elle ne prend pas la
valeur −∞ et D(f ) 6= ∅.
Dénition 1.6.6.
Soit f : E −→ R une fonction propre. Alors f est convexe si et seulement si son épigraphe
est convexe.
Proposition 1.6.3. [31]
Soit f : E −→ R une fonction propre. La fonction f est convexe si pour tous x, y ∈ D(f ) et
t ∈ [0, 1], on a
f (tx + (1 − t)y) ≤ tf (x) + (1 − t)f (y).
La fonction f est strictement convexe si l'inégalité précédente est stricte pour x 6= y et
t ∈]0, 1[.

Remarque 1.6.2.
Le domaine d'une fonction convexe est convexe.

1.6.3 Semi continuité inférieure


Dans cette partie, nous intéresserons à la semi continuité inférieure et la semi continuité
faiblement inférieure des fonctions dénies sur un espace vectoriel à valeurs dans la droite
réelle achevée R.
Dénition 1.6.7. (Semi continuité inférieure)
Une fonction f: E −→ R est semi continue inférieurement (s.c.i) en point x ∈ E si et
seulement si pour toute suite (xn )n∈N d'éléments de E telle que xn −→ x, on a
E

lim inf f (xn ) ≥ f (x).


n→+∞

La fonction f est s.c.i sur E si elle est s.c.i au x ∈ E tout point de E .


Remarque 1.6.3.
Si la suite (xn )n∈N ⊂ E converge faiblement vers x ∈ E dans la dénition précédente, la
fonction f est dite faiblement s.c.i.
La fonction f est faiblement s.c.i si elle est faiblement s.c.i en chaque point x ∈ E .
Exemples 1.6.3.

La norme induite d'un produit scalaire x 7−→ kxkE = < x, x >E est faiblement s.c.i.

En eet, soit (xn )n∈N une suite des éléments de E , telle que xn * x. Donc on a
E

lim inf kxn kE ≥ kxkE .


n→+∞

24
1.6. Convexité et semi continuité inférieure 25

Remarques 1.6.4.
- La s.c.i faible implique s.c.i.
- Toute fonction continue est s.c.i, mais l'inverse n'est pas vraie car une fonction s.c.i
peut être discontinue; il sut de prendre comme exemple la fonction indicatrice d'un
sous ensemble ouvert A de E (e.v.n) qui est dénie par
11A : E −→ R
(
1, x ∈ A.
x 7−→ 11A (x) =
0, x 6∈ A.

Proposition 1.6.4. [27]


Soient (E, <· , · >E ) un espace préhilbertienne et f : E −→] − ∞, +∞] une fonction propre,
convexe, s.c.i. Alors f est bornée par une fonction ane, i.e., il existe α ∈ E et β ∈ R tel
que
f (x) ≥ < α, x >E +β, ∀x ∈ E.

25
Chapitre 2

Théorème du point xe et ses


applications aux inéquations
quasi-variationnelles

Dans la première partie de ce chapitre, nous présentons quelques résultats de la théorie


du point xe de Banach, ce théorème garantit l'existence et l'unicité d'un point xe pour
toute application contractante d'un espace de Banach dans luis-même à une classe large
d'inéquations variationnelles. Spéciquement on s'intéresse dans la deuxième partie à l'ap-
plication du théorème de point xe les inéquations quasi-variationnelles qui ont nombreux
applications en mécanique.

2.1 Version du Théorèmes de point xe


Dans cette partie on va donner la version de la théorie de point xe concerne des applica-
tions dénies sur un intervalle I ⊂ R, puis on généralise son résultat d'existence et d'unicité
sur un espace de Banach.

2.1.1 Théorème de point xe sur un intervalle de R


Dénition 2.1.1. (Stabilité d'intervalle par une application)
Soit f: I −→ R une application, avec I ⊂ R. On dit que l'intervalle J ⊂ I est stable par
f, si f (J) ⊂ J.
Autrement dit, si
∀x ∈ J, f (x) ∈ J.

26
2.1. Version du Théorèmes de point xe 27

Dénition 2.1.2. (Point xe )


Soit f: I −→ R une application continue sur I .
On dit que a est un point xe de f si f (a) = a.
En d'autres termes, les points xes de f sont les solutions lorsqu'elles existent de l'équation
f (x) = x.

Remarque 2.1.1. (Point xe et représentation graphique)


Les points xes de f correspondent aux points d'intersection de la courbe représentative de
f et de la droite d'équation y = x.

Théorème 2.1.1. (Localisation d'un point xe)


Soit f une application continue sur l'intervalle [a, b] ⊂ R, tel que [a, b] est stable par f. Alors,
l'application f possède au moins un point xe appartenant à l'intervalle [a, b].

Démonstration.

Considérons une application g dénie sur [a, b] par g(x) = f (x) − x.


Alors, g est continue sur [a, b], et on a



 g(a) = f (a) − a,



g(b) = f (b) − b,

par la stabilité de [a, b] par f i.e., f ([a, b]) ⊂ [a, b] , on a aussi







g(a) = f (a) − a ≥ 0,



g(b) = f (b) − b ≤ 0,

donc, on déduit que g(a)g(b) ≤ 0.


En appliquant le théorème des valeurs intermédiares sur l'application g qui est continue sur
[a, b], on déduit qu'il existe au moins une constante c ∈ [a, b], telle que g(c) = 0, alors f (c) = c.
Donc on peut armer que f possède au moins un point xe. 

Remarque 2.1.2.
Remarquons que la stabilité de l'intervalle I = [a, b] ne garantit pas l'existence d'un point
xe, hormis le cas que nous venons d'étudier d'un intervalle fermé borné; Par exemple, si
on prend l'application exponentielle dénie sur I = R à valeurs dans R, mais on sait bien
que l'équation ex = x n'a pas de solution dans R.

27
2.1. Version du Théorèmes de point xe 28

Théorème 2.1.2. (Du point xe)


Soit f: I −→ R une application et I un intervalle stable par f et (un )n∈N une suite dénie
par 
 u ∈ I,
 0


(2.1)


∀n ∈ N∗.

u
n+1 = f (un ),
Si la suite récurrente (un )n∈N converge et l'application f est continue, alors f admet un point
xe.

Démonstration.

La stabilité de l'intervalle I montre que la suite récurrente (un )n∈N associée à f est bien
dénie.
Maintenant, supposons que la suite (un )n∈N converge vers un nombre réel `, et f est continue
sur I, alors la suite f (un ) n∈N converge vers f (`).


Par ailleurs, on a
lim un+1 = lim f (un ) = f ( lim un ) = f (`).
n→+∞ n→+∞ n→+∞

D'autre part, on a
lim un+1 = lim un = `.
n→+∞ n→+∞

Ainsi par l'unicité de la limite d'une suite, on obtient que f (`) = `, donc ` est un point xe
de f. 

Remarque 2.1.3.
Le théorème précédent énonce une condition susante, pas nécessaire d'existence d'un point
xe.
Théorème 2.1.3.
Soit f : I −→ R une fonction de classe C 1 , alors f est contractante si et seulement si
sup |f 0 (x)| = k < 1.
x∈I

Démonstration.

Si f est contractante alors il existe k ∈]0, 1[ tel que

|f (x + h) − f (x)| ≤ k|h|, ∀ x ∈ I et h > 0,

donc,
|f (x + h) − f (x)|
≤ k, ∀ x ∈ I et h > 0,
|h|
Par passage à la limite quand h −→ 0, on a, |f 0 (x)| ≤ k et 0 < k < 1, alors sup |f 0 (x)| < 1.
x∈I

28
2.1. Version du Théorèmes de point xe 29

Inversement, soit x un réel de l'intervalle I et h > 0. D'après le théorème des accroisse-


ments nis, on peut écrire

f (x) − f (x + h) = f 0 (c)(x − (x + h)) = f 0 (c)(−h) avec c ∈]x, x + h[.

Par suite
|f (x) − f (x + h)| = |f 0 (c)||h| ≤ k|h|,

ce qui prouve que f est contractant. 

Théorème 2.1.4. (Théorème du point xe sur un intervalle fermé)


Soit f une application dénie sur un intervalle fermé I, pas nécessairement borné de R et
vériant les conditions suivantes
i) L'intervalle I est stable par f.
ii) f est strictement contractante sur l'intervalle I de rapport k < 1.
Alors, l'application f admet un unique point xe a ∈ I et la suite (un )n∈N dénie par la
relation (2.1) converge vers a.
Remarques 2.1.4.
Chacune des hypothèses du théorème précédent montre que ces conditions sont réellement
nécessaires pour montrer l'existence et l'unicité d'un point xe. Pour cela, on a
1. Stabilité√de I par f.
Soit f (x) = x2 + 1 une fonction dénie sur I = [0, 1], tel que I n'est pas stable par f mais
il est un fermé dans R. D'autre part, la fonction f est contractante car sup |f 0 (x)| < 1.
x∈I
En eet, on a
x
f 0 (x) = √ < 1, ∀x ∈ [0, 1],
x2+1
alors sup |f 0 (x)| < 1.
x∈I

Donc f n'a pas de point xe (f (x) 6= x), car I n'est pas stable par f (f ([0, 1]) = [1, 2]).
[Link] de f.
Si on prend la même fonction dénie précédemment mais avec f: I −→ I tel que I = R+ est
un fermé de R, et on a la stabilité de I par f (f (I) = [1, +∞[⊂ I) et sup |f 0 (x)| = 1 alors
x∈I
f n'est pas contractante. Donc f n'a pas de point xe.

29
2.1. Version du Théorèmes de point xe 30

2.1.2. Théorème du point xe de Banach


Dans cette sous-section le théorème suivant donne l'existence et l'unicité d'un point xe
pour une contraction sur un espace de Banach.
Théorème 2.1.5.
Soient (E, [Link] ) un espace de Banach et Λ : E −→ E une application contractante. Alors Λ
admet un unique point xe a ∈ E. De plus, pour tout point initial x0 ∈ E , la suite (xn )n∈N
dénie par xn+1 = Λ(xn ) converge vers a.

Démonstration.
On montre d'abord l'existence d'un point xe, puis son unicité.

1. Existence.
Soit x0 ∈ E un point initial quelconque et (xn )n∈N une suite qui associe à tout entier n ∈ N,
une relation de récurrente xn+1 = Λ(xn ).
Nous allons d'abord démontrer que la suite (xn )n∈N est de Cauchy dans E. On a pour tout
n∈N
kxn+1 − xn kE = kΛ(xn ) − Λ(xn−1 )kE ≤ kkxn − xn−1 kE
≤ k 2 kxn−1 − xn−2 kE
..
.
≤ k n kx1 − x0 kE .
On pose P(n) la proposition suivante
P(n) : kxn+1 − xn kE ≤ k n kx1 − x0 kE .
On va montrer la vérité de P(n) par récurrence.
-Initiation: Pour n = 0, P(0) est vraie.
-Généralisation: Supposons que pour un certain entier n ∈ N quelconque mais xé, on ait
la propriété P(n) et montrons la vérité de P(n + 1).
On a, pour tout n ∈ N
kxn+2 − xn+1 kE = kΛ(xn+1 ) − Λ(xn )kE ≤ kkxn+1 − xn kE ≤ k n+1 kx1 − x0 kE ,
ce qui achève la récurrence.
Par conséquent, si m > n alors
kxm − xn kE = kxm − xm−1 + xm−1 − · · · − xn+1 + xn+1 − xn kE
m−1
X
≤ kxi+1 − xi kE
i=n
m−1
!
X
i
≤ k kx1 − x0 kE .
i=n

30
2.1. Version du Théorèmes de point xe 31

De plus, ona
m−1
X
k i = k n + k n+1 + · · · + k m−1
i=n

= k n (1 + k + k 2 + · · · + k m−n−1 )
1 − k m−n
n
=k .
1−k
Par ailleurs, on a aussi
m−1 +∞
X
i
X kn
k ≤ ki = .
i=n i=n
1−k
On peut alors écrire
kn
kxm − xn kE ≤ kx1 − x0 kE .
1−k
Comme 0 ≤ k < 1, k n tend vers 0 quand n tend vers l'inni, on conclut aussi que

kxm − xn kE −→ 0 .
n→+∞

Ceci preuve que (xn )n∈N est une suite de Cauchy et comme (E, ||.||E ) est complet, donc la
suite (xn )n∈N converge vers un élément de E noté a (i.e. lim xn = a).
n→+∞
Maintenant montrons que a est point xe de Λ, comme Λ est lipschitzienne, donc elle est
continue sur E.
En eet, on déduit que pour tout entier n ∈ N

kΛ(xn ) − Λ(a)kE ≤ kkxn − akE < kxn − akE ,

ce qui prouve que (Λ(xn ))n∈N converge vers Λ(a).

Comme (xn+1 )n∈N converge aussi vers a (i.e., lim xn+1 = a), donc (Λ(xn ))n∈N converge aussi
n→+∞
vers a (puisque Λ(xn ) = xn+1 ), alors on peut conclure que Λ(a) = a. Donc a est un point
xe de Λ.

2. Unicité.

Maintenant, supposons qu'il existe deux points xes de Λ, a et b ∈ E tel que a 6= b, on a

kΛ(b) − Λ(a)kE = kb − akE .

On autre, on a Λ est contractante donc il existe 0 < k < 1, tel que

kb − akE = kΛ(b) − Λ(a)kE ≤ kkb − akE .

Donc
0 ≤ (1 − k)kb − akE ≤ 0.

31
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 32

Et comme k ∈]0, 1[, on conclut que

kb − akE = 0 =⇒ a = b.

Ce qui contredit le fait que a 6= b. Par conséquent, le point xe est nécessairement unique. 

2.2 Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de


type elliptique
Dans toute la suite, on suppose que E est un espace de Hilbert réel (i.e., K = R) muni
de son produit scalaire < ·, · >E ainsi que de sa norme associée ||.||E et supposons aussi que
a(·, ·) : E × E −→ R est une forme bilinéaire.

Dénition 2.2.1. (Inéquation variationnelle)


Soient f ∈ E et j : E −→]−∞, +∞] une fonctionnelle dénie sur E . On appelle inéquation
variationnelle de première espèce le problème suivant
 Trouver u ∈ E, tel que


(P.I.V.1)

a(u, v − u) ≥ < f, v − u >E , ∀v ∈ E.

On appelle inéquation variationnelle de deuxième espèce le problème suivant


 Trouver u ∈ E, tel que


(P.I.V.2)

a(u, v − u) + j(v) − j(u) ≥ < f, v − u >E , ∀v ∈ E.

Dénition 2.2.2. (Inéquation quasi-variationnelle)


Soient f ∈ E et j : E × E −→] − ∞, +∞] une fonctionnelle dénie sur E × E . On appelle
inéquation quasi-variationnelle le problème suivant
 Trouver u ∈ E, tel que


(P.I.Q.V )

a(u, v − u) + j(u, v) − j(u, u) ≥ < f, v − u >E , ∀v ∈ E.

32
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 33

Les idées principales sur la solvabilité de (P.I.Q.V ) sont basées sur des arguments du
théorème de point xe, pour cela nous considérons les hypothèses suivantes sur a(·, ·) et j(·, ·).



 a(·, ·) : E × E −→ R une forme bilinéaire symétrique et

(a) a(·, ·) continue, i.e.,






∃ M > 0, |a(u, v)| ≤ M ||u||E ||v||E ∀u, v ∈ E. (2.2)

(b) E − elliptique ( ou coercive), i.e.,







∃ m > 0, a(v, v) ≥ m||v||2E ∀v ∈ E.




 j(·, ·) : E × E −→] − ∞, +∞], telle que

(c) Pour tout η ∈ E, j(η, .) est propre, convexe et s.c.i dans E.


(2.3)


 (d) Il existe α ≥ 0, tel que pour tous η1 , η2 , v1 , v2 ∈ E


j(η1 , v2 ) − j(η1 , v1 ) + j(η2 , v1 ) − j(η2 , v2 ) ≤ α||η1 − η2 ||E ||v1 − v2 ||E .

Supposons dans toute la suite que les hypothèses (2.2), (2.3) sont satisfaites et que f ∈ E .

Nous considérons maintenant le problème auxiliaire suivant.

Problème Auxiliaire PVη .


Pour tout η ∈ E xé. on va essayer de trouver uη ∈ E , tel que

a(uη , v − uη ) + j(η, v) − j(η, uη ) ≥ < f, v − uη >E , ∀v ∈ E. (2.4)

Le théorème suivant donne une résolution du problème auxiliaire, il s'énonce de la manière


suivante.
Théorème 2.2.1.
Supposons que les deux hypothèses (2.2) et (2.3) sont satisfaites, alors pour tout f ∈ E ,
l'inéquation variationnelle (2.4) admet une unique solution.

La démonstration de l'existence et l'unicité de la solution de (2.4) est basée sur les


arguments de la minimisation des fonctions convexes.
Nous supposons que (2.2) et (2.3) sont vériées. Pour tous f ∈ E et η ∈ E on dénit la
fonctionnelle Jf (η, .) : E −→] − ∞, +∞], telle que
1
Jf (η, v) = a(v, v) + j(η, v)− < f, v >E , ∀v ∈ E.
2
Une formulation variationnelle possède souvent une interprétation physique, en particulier
si la forme bilinéaire est symétrique. En eet dans ce cas, la solution de la formulation
variationnelle (2.4) réalise le minimum d'une énergie (très naturelle en physique ou en
mécanique).

33
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 34

Pour démontrer le Théorème 2.2.1, on a besoin du lemme suivant.

Lemme 2.2.1.
On se place sous les hypothèses du Théorème 2.2.1. Soient f, η ∈ E et Jf l'énergie dénie
pour tout v ∈ E, par
1
Jf (η, v) = a(v, v) + j(η, v)− < f, v >E . (2.5)
2
Soit uη ∈ E une solution unique de l'inéquation variationnelle (2.4). Alors uη est aussi
l'unique point de minimum de l'énergie, c'est-à-dire que

Jf (η, uη ) = min Jf (η, v). (2.6)


v∈E

Réciproquement, si uη ∈ E est un point minimum de l'énergie Jf , alors uη est la solution


unique de la formulation variationnelle (2.4).

Démonstration.
1. Supposons que uη est une solution unique de la formulation variationnelle (2.4) et la
fonctionnelle j(η, .) est propre (i.e., j(η, .) < +∞, ∀η ∈ E). Donc les opérations sur
j(η, .) sont bien dénies.
Par ailleurs, on a pour tout v ∈ E
1 1
Jf (η, v) − Jf (η, uη ) = a(v, v) + j(η, v)− < f, v >E − a(uη , uη ) −
2 2
j(η, uη )+ < f, uη >E
1h i
= a(v, v) − a(uη , uη ) + j(η, v) − j(η, uη ) +
2
< f, uη − v >E
1h i
= a(v, v) − a(uη , uη ) − a(uη − v, uη − v) +
2
j(η, v) − j(η, uη )+ < f, v − uη >E +
1
a(uη − v, uη − v).
2
En utilisant les propriétés de la forme bilinéaire a(·, ·), on obtient

Jf (η, v) − Jf (η, uη ) = a(uη , v − uη ) − j(η, uη ) + j(η, v)− < f, v − uη >E


1
+ a(uη − v, uη − v).
2
Pour chaque v ∈ E , en utilisant (2.2)(b) et (2.4), nous obtenons
1
Jf (η, v) − Jf (η, uη ) ≥ a(uη − v, uη − v)
2
m
≥ ||uη − v||2E ≥ 0.
2
Ce qui montre que uη est un unique point de minimum de Jf sur E .

34
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 35

2. Réciproquement, supposons uη est un point de minimum de Jf sur E , c'est-à-dire,


pour tout η ∈ E , on a
Jf (η, v) ≥ Jf (η, uη ), ∀v ∈ E.

Alors, pour tout v ∈ E et t ∈ [0, 1], nous avons


 
Jf η, uη + t(v − uη ) = Jf η, (1 − t)uη + tv ≥ Jf (η, uη ).

Et comme
1
Jf (η, v) = a(v, v) + j(η, v)− < f, v >E , ∀v ∈ E
2
alors, on a
1  
a uη + t(v − uη ), uη + t(v − uη ) + j η, uη + t(v − uη ) − < f, uη + t(v − uη ) >E
2
1
≥ a(uη , uη ) + j(η, uη )− < f, uη >E .
2
En utilisant les propriétés de la forme bilinéaire a(·, ·) et la convexité de j(η, .), on
obtient pour tout v ∈ E
1 t2 t t
a(uη , uη ) + a(v − uη , v − uη ) + a(uη , v − uη ) + a(v − uη , uη ) + (1 − t)j(η, uη )
2 2 2 2
+tj(η, v)− < f, uη >E −t < f, v−uη >E
1
≥ a(uη , uη ) + j(η, uη )− < f, uη >E .
2
En déduit que
t2 
t a(uη , v − uη ) + a(v − uη , v − uη ) + t j(η, v) − j(η, uη ) ≥ t < f, v − uη >E .
2
On divise par t, on obtient
t
a(uη , v − uη ) + j(η, v) − j(η, uη ) + a(uη − v, uη − v) ≥ < f, v − uη >E .
2
Par passage à la limite quand t −→ 0+ , on a

a(uη , v − uη ) + j(η, v) − j(η, uη ) ≥ < f, v − uη >E .

Pour tout v ∈ E . On conclut que uη ∈ E est une solution d'inéquation variationnelle


(2.4).

35
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 36

Maintenant, montrons l'unicité de la solution du problème de minimisation de Jf qui


déni ci-dessus.
Soient uη et u0η deux éléments de E qui vérient (2.6) et que uη 6= u0η . Alors
1 1  uη + u0 
η
Jf (η, uη ) + Jf (η, u0η ) − Jf η,
2 2 2
1h1 1
= a(uη , uη ) + j(η, uη )− < f, uη >E + a(u0η , u0η ) + j(η, u0η )
2 2 2
i h1 uη + u0η uη + u0η uη + u0η
− < f, u0η >E − a( , ) + j(η, )
2 2 2 2

uη + u0η i
− < f, >E
2

1 1 2 1 1
= a(uη , uη ) + a(u0η , u0η ) − a(uη , u0η ) + j(η, uη ) + j(η, u0η )
8 8 8 2 2

uη + u0η
−j(η, )
2

1 1 1 uη + u0η
= a(uη − u0η , uη − u0η ) + j(η, uη ) + j(η, u0η ) − j(η, ).
8 2 2 2

Si uη =6 u0η , alors d'après la coercitive de la forme bilinéaire a(., .) et la convexité de


j(η, .), on a

1 1  uη + u0  m 1 1
η 2
Jf (η, uη ) + Jf (η, u0η ) − Jf η, ≥ uη − u0η E + j(η, uη ) + j(η, u0η )
2 2 2 8 2 2
1 1
− j(η, uη ) − j(η, u0η ).
2 2
On obtient
1 1  uη + u0  m
0 η
Jf (η, uη ) + Jf (η, uη ) − Jf η, ≥ kuη − u0η k2E .
2 2 2 8
D'où  uη + u0 
1 1 η
Jf (η, uη ) + Jf (η, u0η ) > Jf η, .
2 2 2
D'autre part, le problème de minimisation de Jf nous donne

Jf (η, uη ) = min Jf (η, v)


v∈E

et
Jf (η, u0η ) = min Jf (η, v)
v∈E

alors
Jf (η, uη ) = Jf (η, u0η ) = min Jf (η, v)
v∈E

36
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 37

par conséquent, on trouve que


 uη + u0 
η
min Jf (η, v) > Jf η,
v∈E 2
qui est contradiction.
D'où uη = u0η ce qui démontre l'unicité de la solution du problème de minimisation de
Jf d'un côté de l'autre on montre l'unicité de la solution de (2.4). 

Revenons maintenant à la démonstration du théorème 2.2.1.

Démonstration du Théorème 2.2.1.


Pour montrer l'existence et unicité de la solution uη de (2.4), il sut de démonter l'existence
et l'unicité d'un point de minimum de la fonctionnelle Jf .

1-Existence.
Supposons qu'il existe `f = min Jf (η, v) et j : E −→] − ∞, +∞] une fonctionnelle propre,
v∈E
alors on déduit que pour η xé dans E , Jf (η, .) : E −→] − ∞, +∞] est propre et par consé-
quent `f < +∞.

Montrons que Jf (η, .) est convexe et s.c.i pour tout η ∈ E xé.

i) Convexité.
Pour tous v ∈ E et f ∈ E , on a
1
Jf (η, v) = a(v, v) + j(η, v)− < f, v >E .
2
Soient v, v ∈ D(Jf ) et t ∈ [0, 1], montrons que
0

Jf η, tv + (1 − t)v 0 ≤ tJf (η, v) + (1 − t)Jf (η, v 0 ).




ou
Jf η, tv + (1 − t)v 0 − tJf (η, v) − (1 − t)Jf (η, v 0 ) ≤ 0.


On a
Jf η, tv + (1 − t)v 0 − tJf (η, v) − (1 − t)Jf (η, v 0 ) =


1
a tv + (1 − t)v 0 , tv + (1 − t)v 0 + j η, tv + (1 − t)v 0 −
 
2
h1 i
< f, tv + (1 − t)v 0 >E −t a(v, v) + j(η, v)− < f, v >E
2
h1 i
−(1 − t) a(v 0 , v 0 ) + j(η, v 0 )− < f, v 0 >E .
2

37
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 38

Par la convexité de la fonctionnelle j(η, .), pour tout η ∈ E et les propriétés de la forme
bilinéaire a(·, ·), on a
1h
Jf η, tv + (1 − t)v − tJf (η, v) − (1 − t)Jf (η, v ) ≤ a(tv, tv) + a tv, (1 − t)v 0
0 0
 
2

0
 0 0
i
+a (1 − t)v , tv + a (1 − t)v , (1 − t)v + tj(η, v)

+(1 − t)j(η, v 0 ) − t < f, v >E −(1 − t) < f, v 0 >E

h1 i
−t a(v, v) + j(η, v)− < f, v >E
2
h1 i
0 0 0 0
−(1 − t) a(v , v ) + j(η, v )− < f, v >E .
2
Par simplication de calcul, on trouve
t2
Jf η, tv + (1 − t) − tJf (η, v) − (1 − t)Jf (η, v 0 ) ≤ a(v, v) + t(1 − t)a(v, v 0 )

2

(1 − t)2
+ a(v 0 , v 0 ) + tj(η, v) + (1 − t)j(η, v 0 ) − t < f, v >E
2

t
−(1 − t) < f, v 0 >E − a(v, v) − tj(η, v) + t < f, v >E
2

(1 − t)
− a(v 0 , v 0 ) − (1 − t)j(η, v 0 ) + (1 − t) < f, v 0 >E
2

t(t − 1) t(t − 1)
≤ a(v, v) + t(1 − t)a(v, v 0 ) + a(v 0 , v 0 ).
2 2
D'après la continuité de a(., .), on a
Jf η, tv + (1 − t)v 0 − tJf (η, v) − (1 − t)Jf (η, v 0 )


t(t − 1) h 0 0 0
i
≤ a(v, v) − 2a(v, v ) + a(v , v )
2
t(t − 1) h i
≤ m||v||2E − 2M ||v||E ||v 0 ||E + m0 ||v 0 ||2E
2
t(t − 1)  M2 
≤ (m + )||v||2E + (m0 + m)||v 0 ||2E ≤ 0.
2 m
Donc on résulte la convexité de Jf .

ii) Semi continuité inférieure.


Soient (vn )n∈N une suite qui converge faiblement vers v dans E, f ∈ E. D'après les propriétés
de la forme bilinéaire a(·, ·), nous avons que vn 7−→ a(vn , vn ) est convexe et s.c.i. Alors
lim inf a(vn , vn ) ≥ a(v, v)
n→+∞

38
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 39

et comme j(η, .) convexe et s.c.i, alors

lim inf j(η, vn ) ≥ j(η, v)


n→+∞

donc, on a
 
lim inf a(vn , vn ) + j(η, vn )− < f, vn >E ≥ a(v, v) + j(η, v)
n→+∞

− < f, v >E .

On résulte que
lim inf Jf (η, vn ) ≥ Jf (η, v)
n→+∞

d'où Jf est s.c.i faiblement sur E donc s.c.i fortement dans E .


Puisque Jf (η, .) est propre convexe et s.c.i, donc elle admet un minimum `f = min Jf (v) <
v∈E
+∞ atteint à la solution uη .

En eet, considérons (uηn )n∈N ⊂ E une suite d'éléments de E , telle que

Jf (η, uηn ) −→ `f quand n → +∞.

On a j(η, .) : E −→] − ∞, +∞] est propre, convexe et s.c.i, alors j(η, .) est bornée par une
fonction ane, i.e., il existe α ∈ E et β ∈ R tel que

j(η, uηn ) ≥ < α, uηn >E +β, pour tout n ∈ N

d'après (2.2)(b), on obtient pour tout n ∈ N


1
Jf (η, uηn ) = a(uηn , uηn ) + j(η, uηn )− < f, uηn >E
2
m
≥ ||uηn ||2E + < α, uηn >E −||f ||E ||uηn ||E + β
2
donc
m
Jf (η, uηn ) ≥||uηn ||2E − ||α||E ||uηn ||E − ||f ||E ||uηn ||E + β, ∀n ∈ N.
2
Cela montre que (uηn )n∈N est une suite bornée dans E .
En eet,
supposons que (uηn )n∈N ⊂ E n'est pas bornée, alors il existe une sous-suite
(uηnk )nk∈N ⊂ (uηn )n∈N telle que ||uηnk ||E −→ +∞ quand k → +∞, et d'après
la formule précédent, on a

Jf (η, uηnk ) −→ +∞ quand k → ∞

et comme Jf (η, uηn ) −→ `f quand n → +∞, on peut voir que `f = +∞ ce qui


est une contradiction avec `f < +∞.

39
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 40

D'autre part, d'après le Théorème 1.3.5 d'Eberlein Smulyan, il existe un élément uη ∈ E et


une sous-suite (uηnp )np∈N ⊂ (uηn )n∈N telle que

(uηnp ) * (uη ) dans E quand p → +∞.

On a donc
lim inf Jf (η, uηnp ) ≥ Jf (η, uη )
p→+∞

et comme Jf (η, uηn ) −→ `f quand n → +∞, on obtient que `f ≥ Jf (η, uη ).


Pour l'inégalité inverse, on a par dénition de `f = inf Jf (η, uη ) la deuxième inégalité
uη ∈E
`f ≤ Jf (η, uη ). Donc on conclut que Jf (η, uη ) = `f . Ce qui montre que l'élément uη ∈ E est
un minimum de Jf dans E .

2-Unicité.
Le résultat d'unicité de la solution du problème variationnelle est une conséquence de la
résolution du problème de minimisation de Jf .
Ce qui termine la démonstration. 

Résolution du problème P.I.Q.V .

Dans cette sous-section, nous considérons les inégalités quasi-variationnelles de type ellip-
tique, c'est-à-dire que la fonctionnelle j(·, ·) doit dépendre explicitement de la solution. Ainsi,
pour un f ∈ E donné, on considère le problème suivant:

Problème P.I.Q.V .
Trouver un élément u ∈ E , tel que

a(u, v − u) + j(u, v) − j(u, u) ≥ < f, v − u >E , ∀v ∈ E. (2.7)

Grâce au Théorème 2.2.1, nous avons le résultat suivant.


Théorème 2.2.2. (d'existence et d'unicité du problème P.I.Q.V )
Supposons que les deux hypothèses (2.2) et (2.3) sont satisfaites et m > α. Alors pour tout
f ∈ E , l'inéquation quasi-variationnelle (2.7) admet une unique solution. De plus, cette
solution dépend continûment de f .

Avant de détailler la démonstration de ce théorème, nous donnons les principaux résultats


de cette étude, à savoir un problème d'existence et d'unicité de la solution du problème
P.I.Q.V . Pour cela on dénit l'application Λ : E −→ E par

Λη = uη , ∀η ∈ E. (2.8)

Et nous continuons avec le résultat de point xe suivant.

40
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 41

Lemme 2.2.2.
Si m > α, alors Λ admet un unique point xe η∗ ∈ E.

Démonstration.

Soit η1 , η2 ∈ E. On désigne par u1 et u2 deux solutions de (2.4) pour η = ηi , (i = 1, 2),


c'est-à-dire que u1 = uη1 et u2 = uη2 . Alors

a(u1 , v − u1 ) + j(η1 , v) − j(η1 , u1 ) ≥ < f, v − u1 >E , ∀v ∈ E.

a(u2 , v − u2 ) + j(η2 , v) − j(η2 , u2 ) ≥ < f, v − u2 >E , ∀v ∈ E.


En prenant v = u2 dans la première inégalité et v = u1 dans la deuxième, on obtient

a(u1 , u2 − u1 ) + j(η1 , u2 ) − j(η1 , u1 ) ≥ < f, u2 − u1 >E .

a(u2 , u1 − u2 ) + j(η2 , u1 ) − j(η2 , u2 ) ≥ < f, u1 − u2 >E .


La forme a(·, ·), est bilinéaire, donc

−a(u1 , u1 − u2 ) + j(η1 , u2 ) − j(η1 , u1 ) ≥ − < f, u1 − u2 >E .

−a(−u2 , u1 − u2 ) + j(η2 , u1 ) − j(η2 , u2 ) ≥ < f, u1 − u2 >E .


On additionne membre à membre les deux inégalités, on obtient

−a(u1 − u2 , u1 − u2 ) + j(η1 , u2 ) − j(η1 , u1 ) + j(η2 , u1 ) − j(η2 , u2 ) ≥ 0.

Donc
a(u1 − u2 , u1 − u2 ) ≤ j(η1 , u2 ) − j(η1 , u1 ) + j(η2 , u1 ) − j(η2 , u2 ). (2.9)
D'après (2.2)(b), on a
a(u1 − u2 , u1 − u2 ) ≥ mku1 − u2 k2E . (2.10)
D'après (2.3)(d), on a

j(η1 , u2 ) − j(η1 , u1 ) + j(η2 , u1 ) − j(η2 , u2 ) ≤ αkη1 − η2 kE ku1 − u2 kE . (2.11)

D'après (2.9),(2.10) l'inégalité (2.11) devient

mku1 − u2 k2E ≤ αkη1 − η2 kE ku1 − u2 kE .

Nous utilisons l'inégalité ab ≤ a2 +b2


2
, pour tout a, b ∈ R. On obtient
α
kΛη1 − Λη2 kE = ku1 − u2 kE ≤ kη1 − η2 kE . (2.12)
m
Lorsque m > α, alors l'application Λ donné par la formule (2.8) est une contraction dans E .
Donc le lemme 2.2.2 découle directement du théorème de point xe. 

41
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 42

Maintenant, nous avons tout ce qu'il faut pour montrer le théorème 2.2.2 d'existence et
d'unicité d'inéquation quasi-variationnelle.

Démonstration du Théorème 2.2.2.

La démonstration de ce théorème s'eectuera en trois étapes, et elle est basée sur les résultats
du théorème 2.2.1, le lemme 2.2.2 et les arguments du théorème de point xe.

Supposons que les conditions (2.2) et (2.3) sont satisfaites, f ∈ E et m > α.

Première étape: Existence.

Soit η ∗ le point xe de l'application Λ obtenu dans le lemme 2.2.2, alors η ∗ = Λη ∗ et par la
dénition (2.8), on a Λη ∗ = uη∗ . Donc

η ∗ = Λη ∗ = uη∗

et comme l'équation (2.4) est vériée pour tout η ∈ E , alors elle est vérie pour η = η ∗ . Si
on remplace η par η ∗ dans (2.4), on trouve

a(uη∗ , v − uη∗ ) + j(η ∗ , v) − j(η ∗ , uη∗ ) ≥ < f, v − uη∗ >E , ∀v ∈ E.

Puisque η ∗ = uη∗ , alors

a(uη∗ , v − uη∗ ) + j(uη∗ , v) − j(uη∗ , uη∗ ) ≥ < f, v − uη∗ >E , ∀v ∈ E.

On obtient que uη∗ est une solution d'inéquation quasi-variationnelle (2.7), ce qui conclut la
partie d'existence.

Deuxième étape: Unicité.

Supposons maintenant que u est une solution de (2.7), c'est-à-dire

a(u, v − u) + j(u, v) − j(u, u) ≥ < f, v − u >E , ∀v ∈ E

pour tout η ∈ E . Si on pose η = u, alors

a(u, v − u) + j(η, v) − j(η, u) ≥ < f, v − u >E , ∀v ∈ E.

On déduit que u est une solution de problème variationnelle.


D'autre part, d'après le théorème 2.2.1 on a que l'inégalité (2.4) admet une solution unique
que l'on note uη . Alors on a uη = u, plus précisément

uη = u = η.

42
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 43

Donc on déduit que uη est une autre solution de problème (P.I.Q.V).


De plus, par la dénition de l'application Λ, on a Λη = uη , pour tout η ∈ E .
On déduit que
η = Λη

donc η est un point xe de Λ.


Depuis le lemme 2.2.2, l'application Λ admet un unique point xe, noté par η ∗ ∈ E , tel que
on trouve que
η ∗ = Λη ∗ = uη∗ .

Par conséquent
η = η∗.

Ce qui conclut que u = uη∗ . Donc on termine la partie d'unicité.

Troisième étape.

Pour montrer que l'application de E dans E qui à tout élément u de E associe l'élément f
de E (i.e, f 7−→ u) est Lipschitzienne, supposons que u1 et u2 deux solutions de (P.I.Q.V.2)
pour f = f1 et f = f2 respectivement. Alors

a(u1 , v − u1 ) + j(u1 , v) − j(u1 , u1 ) ≥ < f1 , v − u1 >E , ∀v ∈ E.

a(u2 , v − u2 ) + j(u2 , v) − j(u2 , u2 ) ≥ < f2 , v − u2 >E , ∀v ∈ E.

Prenons v = u2 dans la première inégalité et v = u1 dans la deuxième, on obtient

−a(u1 , u1 − u2 ) + j(u1 , u2 ) − j(u1 , u1 ) ≥ − < f1 , u1 − u2 >E .

−a(−u2 , u1 − u2 ) + j(u2 , u1 ) − j(u2 , u2 ) ≥ < f2 , u1 − u2 >E .

Par l'addition des deux inégalités, on obtient

−a(u1 − u2 , u1 − u2 ) + j(u1 , u2 ) − j(u1 , u1 ) + j(u2 , u1 ) − j(u2 , u2 )

≥ − < f1 , u1 − u2 >E + < f2 , u1 − u2 >E


= − < f1 − f2 , u1 − u2 >E .
Donc

a(u1 − u2 , u1 − u2 ) ≤ j(u1 , u2 ) − j(u1 , u1 ) + j(u2 , u1 ) − j(u2 , u2 )

+ < f1 − f2 , u1 − u2 >E .

D'autre part, d'après (2.2)(b), on a

mku1 − u2 k2E ≤ a(u1 − u2 , u1 − u2 ).

43
2.2. Résolution d'une inéquation quasi-variationnelle de type elliptique 44

D'après (2.3)(d), on a aussi

j(u1 , u2 ) − j(u1 , u1 ) + j(u2 , u1 ) − j(u2 , u2 ) ≤ αku1 − u2 k2E .

L'inégalité de Cauchy-Schwartz donne

< f1 − f2 , u1 − u2 >E ≤ kf1 − f2 kE ku1 − u2 kE .

Par ailleurs, les résultats précédents nous donne aussi

mku1 − u2 k2E ≤ αku1 − u2 k2E + kf1 − f2 kE ku1 − u2 kE .

Nous utilisons l'inégalité ab ≤ a2 +b2


2
, pour tout a, b ∈ R. On obtient

(m − α)ku1 − u2 k2E ≤ kf1 − f2 kE ku1 − u2 kE


(m − α) 1
≤ ku1 − u2 k2E + kf1 − f2 k2E
2 2(m − α)

alors
(m − α) 1
ku1 − u2 k2E ≤ kf1 − f2 k2E .
2 2(m − α)
Quand m > α, on trouve
1
ku1 − u2 k2E ≤ 2
kf1 − f2 k2E .
(m − α)

D'où
1
ku1 − u2 kE ≤ kf1 − f2 kE .
m−α
Ce qui conclut que la solution de (P.I.Q.V ) dépend continûment de f.
Ce qui détermine la démonstration. 

44
Chapitre 3

Problèmes de contact avec frottement

L'objet de ce chapitre est d'étudier un type des problèmes aux limites de contact avec frot-
tement entre un corps déformable et une fondation. Nous supposons le long de ce chapitre que
le processus est statique pour des matériaux élastiques. Nous construisons une formulation
variationnelle de ce problème et nous décrivons les hypothèses et les équations qui modélisent
les problèmes anti-plans ainsi que les conditions aux limites avec frottement. Finalement, les
résultats que nous obtenons concernant l'existence et l'unicité de la solution faible de ce
problème, la preuve est basée sur des arguments d'inéquations quasi-variationnelles.

3.1 Petits rappels


Dans cette partie de ce chapitre, nous regroupons les propriétés principales des espaces
fonctionnels que nous utiliserons et quelques résultats concernant les distributions pour dé-
nir les espaces de Sobolev, ce n'est pas obligatoire mais les possibilités de dériver n'importe
qu'elle distribution et de détecter les distributions qui sont des fonctions vont permettre une
dénition rapide.

3.1.1 Rappels sur les espaces Lp


Dans tout la suite Ω désigne un ouvert de Rn muni de la mesure de Lebesgue et une
fonction f sera considérée de Ω dans R. Pour 1 < p < ∞, on note l'exposant conjugué de p
par q tel que 1q + p1 = 1 et pour p = 1, nous posons q = ∞.

45
3.1. Petits rappels 46

[Link] Dénitions et propiétés élémentaires


Le cas 1 ≤ p < +∞.
Pour 1 ≤ p < +∞, on désigne par Lp (Ω) l'espace des fonctions mesurables dénies sur Ω à
valeurs réelles dont la puissance p-ième de la valeur absolue est intégrable pour la mesure de
Lebesgue. En réalité, les éléments de cet espace sont des classes de fonctions qui coïncident
sauf sur un ensemble de mesure de Lebesgue nulle. Muni de sa norme naturelle
Z  p1
kf kLp (Ω) = |f (x)|p dx < +∞, (3.1)

pour tout f ∈ L (Ω). Cet espace est un espace de Banach (c'est-à-dire, un espace vectoriel
p

normé complet). De plus il est réexif pour 1 < p < +∞, et son dual (Lp )0 = Lq . Pour p = 1,
L1 (Ω) n'est pas réexif et son dual (L1 )0 = L∞ .

Le cas particulier p = 2.
Le cas p = 2 est particulier parce que dans ce cas, la norme k.kL2 (Ω) découle d'un produit
scalaire suivant:
Si f et g sont dans L2 (Ω), on a
Z
< f, g >L2 (Ω) = f (x)g(x)dx.

L'application <· , · >L2 (Ω) est un produit scalaire sur L2 (Ω). Dans ce cas, la norme k.kL2 (Ω)
vérie q
kf kL2 (Ω) = < f, f >L2 (Ω) .
L'espace L2 (Ω) muni de cette norme est un espace de Hilbert, et cet espace est identie a
son dual (ce qui n'est pas vrai dans d'autre cas, pour p 6= 2).
Dans ce chapitre nous aurons besoin d'espace
L2 (Ω)n = f = (fi ), fi ∈ L2 (Ω), i = 1, . . . , n ,


ce qui est un espace de Hilbert muni du produit scalaire canonique


n Z
fi (x) gi (x) dx (3.2)
X
< f, g >L2 (Ω)n =
i=1 Ω

et la norme associée à ce produit scalaire


n Z
X  12
kf kL2 (Ω)n = fi2 (x) dx . (3.3)
i=1 Ω

46
3.1. Petits rappels 47

Le cas p = +∞.

On appelle L∞ (Ω) l'espace des fonctions mesurables essentiellement bornées sur Ω, ces élé-
ments de cet espace sont des classes de fonctions qui sont bornées sauf sur un ensemble de
mesure de Lebesgue nulle. On note

kf kL∞ (Ω) = inf{ c > 0, |f (x)| ≤ c p.p sur Ω}

une norme associée à l'espace L∞ (Ω). Cet espace est de Banach, n'est pas reéxif et son dual
est strictement plus gros que L1 (Ω), c'est-à-dire que L1 (Ω) ( (L∞ (Ω))0 .

3.1.2 Introduction aux espaces de Sobolev


[Link] Rappels sur les distributions

Dans cette partie Ω désigne un ouvert de Rn, (n ≥ 1) et Ω = Ω ∪ ∂Ω.

[Link].1 Notations

Pour un point x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn, on va noter l'opérateur (1 ≤ i ≤ n) par Di .
∂xi
On rappelle que la longueur d'un multi-indice α = (α1 , . . . , αn ) ∈ Rn est donnée par |α| =
n
αi , et que l'opérateur diérentiel Dα d'ordre α déni par
P
i=1

∂ |α|
Dα = ·
∂xα11 . . . ∂xαnn

[Link].2 Espaces fonctionnels

On désigne par C 0 (Ω) ou C(Ω) l'espace des fonctions continues sur Ω à valeurs réelles.
Pour tout entier positif m ∈ N, on peut désigner les espaces C m (Ω), (resp. C m (Ω)) les espaces
des fonctions m fois continûment diérentiables sur Ω, (resp. sur Ω), on note

C m (Ω) = {ϕ ∈ C(Ω), Dα ϕ ∈ C(Ω) pour |α| ≤ m}.

Support d'une fonction continue.

Le support d'une fonction ϕ ∈ C(Ω) est le sous-ensemble fermé de Rn noté supp ϕ et déni
par
supp ϕ = {x ∈ Ω, ϕ(x) 6= 0}.

On dit qu'une fonction ϕ est à support compact sur Ω, s'il existe un compact K dans Ω, tel
que f (x) = 0 pour tout x ∈ Ω \ K .

47
3.1. Petits rappels 48

On va noter Ccm (Ω) resp. Ccm (Ω) le sous-espace de C m (Ω) resp. C m (Ω) formé par des
 

fonctions de classe C m (Ω) resp. C m (Ω) à support compact sur Ω resp. sur Ω .
 

Pour m un entier ni et Ω un ouvert borné, l'espace C m (Ω) muni de la norme [Link] m (Ω) est
un espace de Banach, telle que
X
kϕkC m (Ω) = sup Dα ϕ(x) .
|α|≤m x∈Ω

Espace des fonctions test (d'essai).

Maintenant, on notera

\

C (Ω) = C m (Ω).
m=0

L'espace des fonctions indéniment diérentiables dans Ω. Pour mieux comprendre quel est
le sens de l'opérateur Dα ϕ pour des fonctions ϕ qui ne sont pas dérivables, nous rappelons
brièvement la dénition des distributions sur Ω.
On va désigner par D(Ω) l'espace des fonctions test, noté aussi Cc∞ (Ω) qui est l'ensemble
des fonctions ϕ de classe C ∞ à support compact sur Ω.

Notion de convergence dans D(Ω).

On dit qu'une suite ϕn ∈ D(Ω) converge dans D(Ω) vers ϕ lorsque:


i) Les supports de (ϕn )n∈N sont contenus dans un même ensemble borné indépendent
de n.
ii) Les dérivées de chaque ordre de (ϕn ) convergent uniformément vers les dérivées cor-
respondantes de ϕ, c'est-à-dire Dα ϕn −→ Dα ϕ uniformément sur Ω, pour tout α
multi-entier positif.

Les distributions forment un espace vectoriel noté D0 (Ω) (le dual de D(Ω)). Donc une distri-
bution sur un ouvert Ω de Rn est une forme linéaire continue sur l'espace D(Ω). C'est-à-dire,
une application de D(Ω) dans R faisant correspondre à une fonction test ϕ un nombre réel
< T, ϕ > ou T (ϕ).
Où <· , · > désigne le produit de dualité entre D0 (Ω) et D(Ω).

• Linéarité de la forme:

Pour tous ϕ1 , ϕ2 ∈ D(Ω) et α, β ∈ R, on a

< T, αϕ1 + βϕ2 >= α < T, ϕ1 > +β < T, ϕ2 > .

48
3.1. Petits rappels 49

• Continuité de la forme linéaire:

Si pour tout n ∈ N, ϕn −→ ϕ dans D(Ω), on a

< T, ϕn >−→< T, ϕ >, dans R.

On distingue deux classes de distributions :


les distributions régulières et les autres, dites singulières.
Les distributions régulières sont associées à des fonctions localement intégrables (i.e., f ∈
L1loc (Ω) ; si pour tout sous-ensemble compact K de Ω, la restriction f |K de f à K est un
élément de L1 (K)), telles que
Z
< Tf , ϕ >=< f, ϕ >= f (x)ϕ(x) dx, ∀ϕ ∈ D(Ω),

où Tf est la distribution associée à f .


On utilise souvent la même notation f pour désigner une fonction ou une distribution (Tf ),
donc le sens étant précisé dans le contexte.

Une propriété générale donne qu'on peut approcher toute distribution de D0 par une suite de
distributions régulières associées à des fonctions test de D, on dit que l'espace D est dense
dans D0 .

Notion de dérivée faible.

La notion de dérivée faible est une extension de la notion de dérivée usuelle pour des fonctions
qui ne sont pas forcément dérivables.
Pour f localement intégrable sur Ω, On dit que f est dérivable au sens faible, s'il existe des
fonctions wi localement intégrables sur Ω, pour i ∈ {1, ..., n} telles que, pour toute fonction
ϕ ∈ D(Ω), on a Z Z
∂ϕ
f (x) (x)dx = − wi (x)ϕ(x)dx.
Ω ∂xi Ω

De même, pour tout α multi-indice, par intégration par parties |α|-fois on a


Z Z
α |α|
(D f (x))ϕ(x)dx = (−1) (Dα ϕ(x))f (x)dx.
Ω Ω

Ces résultats motivent ainsi la dénition de la dérivée Dα Tf d'une distribution Tf ∈ D0 . On


pose alors
Dα Tf (ϕ) = (−1)|α| Tf (Dα ϕ).

Si f admet une dérivée partielle (classique) par rapport à la i-ème variable, alors elle est
également dérivable au sens faible par rapport à cette i-ème variable, et la dérivée au sens
faible (qui est toujours unique) coïncide avec la dérivée au sens fort. En revanche, il existe
des fonctions dérivables au sens faible qui ne sont pas dérivables au sens fort.

49
3.1. Petits rappels 50

[Link] Dénitions et quelques propriétés des espaces de Sobolev

Soit Ω un sous-ensemble ouvert de Rn , p ∈ R avec 1 ≤ p ≤ +∞ et k un entier positive.

[Link].1 Espaces W k,p (Ω)

On note W k,p (Ω) l'espace des fonctions f ∈ Lp (Ω) telles que les dérivées Dα f au sens des
distributions (avec α un multi-indice vériant |α| ≤ k ) soient des fonctions de Lp (Ω), i.e.,

W k,p (Ω) = {f ∈ Lp (Ω), Dα f ∈ Lp (Ω), pour |α| ≤ k}.

On munit W k,p (Ω) de la norme


   p1   p1
p
|D f (x)| dx , si p < +∞
 P α
P R α p
||D f ||Lp (Ω) =




 |α|≤k |α|≤k Ω
||f ||W k,p =


α
 sup ||D f ||L∞ (Ω) , si p = +∞.



|α|≤k

L'espace W k,p (Ω) muni de cette norme est un espace de Banach et W 0,p (Ω) = Lp (Ω).
On peut montrer que la norme

||Dα f ||Lp (Ω) , si 1 ≤ p < ∞
P



 0≤|α|≤k

||f ||k,p =
||Dα f ||L∞ (Ω) , si p = +∞

 P



0≤|α|≤k

est une norme équivalente à la précédente (plus de détails voir [3]) . L'espace W k,p (Ω) a les
mêmes propriétés quelle que soit la norme utilisée (soit ||· ||k,p où ||· ||W k,p ).

[Link].2 Espaces H k,p (Ω)

Pour tout k ∈ N et pour tout 1 ≤ p < +∞, on dénit l'espace de Sobolev H k,p (Ω) comme
étant le complété de l'espace C ∞,k,p (Ω) dénie par :

C ∞,k,p (Ω) = {f ∈ C ∞ (Ω), Dα f ∈ Lp (Ω), pour|α| ≤ k},

pour la norme
X
||f ||k,p = ||Dα f ||Lp (Ω) .
|α|≤k

Grâce au théorème de Meyers-Serrin (voir [8]) qui identie les deux espaces H k,p (Ω) et
W k,p (Ω), on peut dénir les espaces de Sobolev de deux manières naturelles, autrement dit

H k,p (Ω) = W k,p (Ω), ∀k ∈ N et 1 ≤ p < +∞.

50
3.1. Petits rappels 51

Dans le cas particulier p = 2, on écrit W k,2 (Ω) = H k (Ω). Pour k ∈ N, nous désignerons par
H k (Ω) l'espace de Sobolev déni par

H k (Ω) = {f ∈ L2 (Ω), Dα f ∈ L2 (Ω), ∀α, |α| ≤ k}

où Dα f est la dérivèe au sens des distributions, on introduit sur H k (Ω) le produit scalaire
XZ
< f, g >H k (Ω) = Dα f (x)Dα g(x)dx
|α|≤k Ω
X
= < Dα f, Dα g >L2 (Ω) .
|α|≤k

où <· , · >L2 (Ω) désigne le produit scalaire usuel sur L2 (Ω), et la norme associée ||f ||H k (Ω) =
< f, f >H k (Ω) . L'espace de Sobolev H k (Ω) muni du produit scalaire < ., . >H k (Ω) est un
p

espace de Hilbert.

[Link].3 Espace H01 (Ω)

On dénit le sous espace W0k,p (Ω) de W k,p (Ω) comme l'adhérence de D(Ω), dans W k,p (Ω),
on écrit W0k,p (Ω) = D(Ω).
Dans le cas particulier p = 2, on dénit l'éspace H01 (Ω) comme l'adhérence de D(Ω) = Cc∞ (Ω)
dans H 1 (Ω), ce qu'on note aussi
H 1 (Ω)
H01 (Ω) = D(Ω) .

[Link].4 Domaine lipschitzienne

Soit Ω un ouvert borné de Rn . Le domaine Ω est dit lipschitzien si il existe une une famille
n
nie de boules ouvertes (B(xi , ri ))i=1,...,n telle que ∂Ω ⊂ B(xi , ri ) et sur chaque (B(xi , ri )
S
i=1
il existe un système de coordonnées (x1 , ..., xn ) et une fonction gi lipschitzienne telle que

Ω ∩ B(xi , ri ) = {(x1 , ..., xn ) ∈ B(xi , ri ) : xn > gi (x1 , · · · , xn−1 )}.

Cela signie que la frontière de Ω peut-être vue localement comme le graphe d'une fonction
lipschitzienne.

[Link].5 Théorème de trace

On termine cette partie de ce chapitre par l'énoncé du théorème de trace. Rappelons


un résultat concernant la restriction au bord ou trace des fonctions des espaces de Sobolev:
si Ω un domaine lipschitzienne avec une frontière ∂Ω et 1 ≤ p < ∞, alors il existe une

51
3.2. Notions simples de mécanique du solide 52

application linéaire continue γ : W 1,p (Ω) −→ Lp (∂Ω) qui à une fonction v dénie sur Ω
associe sa restriction γv au bord ∂Ω (i.e, γv = v|∂Ω ) vérie l'estimation

kγvkLp (∂Ω ) ≤ ckvkW 1,p (Ω) , ∀v ∈ W 1,p (Ω),

où la constante c > 0 dépend de Ω.


La continuité de l'application de trace permet de dénir l'espace

H01 (Ω) = v ∈ H 1 (Ω), γv = 0 sur ∂Ω ,




qui est un sous-espace hilbertien de H 1 (Ω), cet espace est constitué les fonctions qui s'an-
nulent sur le bord ∂Ω.

3.2 Notions simples de mécanique du solide


Rappelons qu'en mécanique du solide les grandeurs de base sont les forces et les dépla-
cements, qui permettent de calculer directement des énergies.
En mécanique des milieux continus, il en est de même, mais on travaille avec des grandeurs
normalisées. Pour simplier disons que les contraintes sont des forces par unité de surface et
les déformations sont des variations de longueur par unité de longueur.

Dénition d'un solide.

Un solide est un corps qui ne peut subir aucune déformation. Les diérents points d'un solide
restent ainsi à des distances xes les uns des autres (ces points sont discrets ). Dans ce cas
on appellera d'un solide indéformable.

Vecteurs Contrainte.

Le but de la mécanique appliquée au matériau est de calculer la contrainte s'exerçant en


un point sur une facette donnée d'un matériau. Cette contrainte est représentée par un
vecteur ~σ .
La composante de ce vecteur perpendiculaire à la facette représente une contrainte normale
σn (équivalent à une pression), alors que la composante parallèle à la facette, une contrainte
tangentielle στ (voir la gure 3.1 ).
Ces deux composantes jouent un rôle très important pour le matériau, puisque les contraintes
normales induisent des ruptures de type fragile, alors que les contraintes de cisaillement
induisent de la plasticité. Le but des calculs de mécanique est de déterminer pour un point
donnée les facettes qui supportent un vecteur contrainte particulier. On peut voir que toutes
les contraintes de toutes les facettes peuvent être déterminées par la connaissance du tenseur
des contraintes en un point.

52
3.2. Notions simples de mécanique du solide 53

Figure 3.1  Composantes d'un vecteur contrainte.

Champ de déplacement.

Les déformations d'un objet sont mesurées à partir d'une position initiale, qui est générale-
ment la position de repos de l'objet dans laquelle aucun force n'est appliquée à l'objet.
On dénit alors le champ vectoriel de déplacement, généralement noté u qui est simple-
ment pour chaque point le vecteur reliant sa position au repos à sa position actuelle dans la
conguration déformée.

Figure 3.2  Composantes d'un vecteur de déplacement.

Tenseurs.

Dans un certain nombre de domaines de la physique, il est nécessaire d'introduire l'outil


mathématique des tenseurs. Très souvent, lorsqu'on parle de tenseur, on veut dire champ de
tenseurs.
On se place dans un espace de dimension d, avec en général d = 2 ou d = 3. On considère
une quantité physique, disons a, décrite par un tenseur de rang n, que l'on note

aijk...

où les n indices i, j, k... prennent des valeurs entre 1 et d. Cela signie que le nombre minimum
de quantités scalaires (= de nombres) nécessaires pour décrire complètement cette quantité
physique est dn .
Quelques exemples:
 La température T en un point est décrite par un nombre unique. C'est un scalaire, et
donc un tenseur de rang 0, puisque 30 = 1. Aucun indice n'est nécessaire.

53
3.2. Notions simples de mécanique du solide 54



 La vitesse u̇ est un tenseur de rang 1, car il est nécessaire d'avoir 31 = 3 nombres (les

− →

projections de u̇ selon les 3 axes) pour décrire entièrement u̇ . Il sut d'un indice,
disons i, et l'on note u̇i ce tenseur.
 Les dérivées spatiales de la vitesse forment un tenseur de rang 2 ; en eet, il est
nécessaire d'avoir 32 = 9 nombres pour décrire toutes les combinaisons de dérivées
∂ui
spatiales. Ce tenseur, très utile en mécanique des uides, est noté Gij = .
∂xj
Les tenseurs peuvent être utilisés dans des bases quelconques, cependant, on n'utilisera dans
le cadre de ce cours que la base des coordonnées cartésiennes en dimension d = 3, avec
i = 1, 2, 3 correspondant aux coordonnées x, y, z . Dans une telle base, un tenseur de rang 2
peut se représenter comme une matrice d × d (ici 3 × 3), les lignes étant numérotées par i et
les colonnes par j .

Tenseur des déformations.


Pour représenter les déformations du matériau, on dénit en chaque point un tenseur des
déformations, noté ε qui est symétrique d'ordre 2 servant à décrire l'état de déformation
local résulte de contrainte (eorts internes).

Tenseur des contraintes.


Le tenseur des contraintes, noté σ est également une matrice 3 × 3 symétrique. C'est tout
comme le tenseur des déformations, une approximation de ce qui se passe en chaque point
de matériau.

Tenseur d'élasticité.
Le tenseur d'élasticité est un objet mathématique utilisé en élasticité. C'est un tenseur
symétrique d'ordre 4 noté A.

Frottement.
Le frottement est une force s'opposant aux mouvements d'un corps en contact avec un autre
ou la force opposée à celle qui est à l'origine du mouvement. Un frottement est dit sec, si le
contact est direct entre les deux corps.

Frottement statique de glissement.


Le glissement décrit un mouvement relatif entre deux éléments en contact. Lorsque du glis-
sement, il y a du frottement (frottement de glissement).

Un corps reposant sur un autre et sollicité au glissement par une force tangentielle à leur
surface de contact, ne commence son glissement qu'à partir d'une valeur de cette force dite
"frottement statique ".

54
3.3. Problème physique d'élasticité linéarisée 55

Élasticité linéaire.

La notion d'élasticité s'intéresse exclusivement à la déformation illustré dans la gure sui-


vante.

Figure 3.3  Déformation d'un corps élastique soumis à une contrainte.

L'élasticité étudie les déplacements, les déformations et les contraintes dans un solide soumis
à des forces extérieures.
Nous adopterons les hypothèses suivantes:
 Le matériau est homogène (il a les mêmes propriétés en tout point) et isotrope (en
un point donné, il a les mêmes propriétés dans toutes les directions).
 Le comportement du matériau est linéaire (les relations entre les contraintes et les
déformations sont linéaires) et élastique (le solide reprend sa forme initiale dès que
les forces appliquées sont supprimées).

3.3 Problème physique d'élasticité linéarisée


Dans cette partie, nous présentons les équations du problème statique d'élasticité linéa-
risée avec conditions aux limites de contact unilatéral avec frottement de glissement. Nous
commençons par présenter le problème sans contact ni frottement. Ensuite, nous dénissons
les deux conditions de contact et de frottement tout d'abord d'une manière classique puis
nous donnons le problème complet qui sera la base de tout la suite.

3.3.1 Problème d'élasticité linéarisée


Nous nous limitons au cas d'un solide élastique frottant sur une surface rigide plane im-
mobile pour simplier la présentation.
On considère un solide élastique qui occupe l'ouvert Ω ⊂ Rd , (d = 2, 3), de frontière suf-
samment régulière ∂Ω constituée de trois parties ouvertes disjointes ΓD , ΓN , ΓC telles que
mes(ΓD ) > 0 et l'ensembles ΓD , ΓN et ΓC forment une partition disjointe de ∂Ω, illustré
dans la gure suivante.

55
3.3. Problème physique d'élasticité linéarisée 56

Figure 3.4  Corps élastique Ω en contact frottant avec une fondation rigide.

Les notations classiques des problèmes d'élasticité sont utilisées ici, on note:
 Le champ des déplacements:

u = u(x, t) = (ui (x, t)): Ω × [0, T ] −→ Rd ,

tels que [0, T ] l'intervalle de temps, T > 0 et i = 1, ..., d.


 Le tenseur des déformations linéarisées :
1 1
ε : Ω × [0, T ] −→ Sd et ε(u) = εij (u) = (∇u + ∇t u) = (ui,j + uj,i ),
2 2
tel que ui,j = ∂xj et S l'espace des tenseurs symétriques de second ordre dans Rd
∂ui d

(i.e., l'espace des matrices symétriques d'ordre d).


 Le tenseur des contraintes :

σ : Ω × [0, T ] −→ Sd et σ(u) = σij (u).


Le corps est soumis à une densité de forces volumiques dans Ω, par exemple son poids et à
une densité de forces surfaciques sur ΓN .
Le champ de déplacement est connu sur la partie de mesure non nulle ΓD . La partie ΓN
est soumise à une condition de Neumann, ΓD est soumise à une condition de Dirichlet et
la partie restante ΓC est la zone de contact avec ou sans frottement entre le corps et une
fondation rigide plane.

56
3.3. Problème physique d'élasticité linéarisée 57

3.3.2 Problème d'élasticité sans contact ni frottement


Pour un problème d'élasticité sans contact ni frottement, le déplacement u : Ω×[0, T ] −→
Rd du corps satisfait aux équations suivantes :




div σ(u) + f0 = 0, dans Ω (Equation d'équilibre) (3.4)
dans Ω (3.5)

 σ(u) = Aε(u),



 u = 0, sur ΓD (Condition de Dirichlet) (3.6)
(Condition de Newmen)

sur ΓN (3.7)

σ(u)n = f2 ,

où f0 représente la densité de force volumique (une force ramenée au volume dans lequel elle
est appliqué), f2 désigne les forces surfaciques imposées sur ΓN , n est la normale unitaire
sortante de Ω sur ∂Ω, A est le tenseur d'élasticité du quatrième ordre et div représente
l'opérateur divergence div σ = (σij,j ) tel que σij,j = ∂σ
∂xj
ij
.
Notons par u = (ui ), i = 1, d le vecteur de déplacement, (aijkh ), i, j, k, h ∈ 1, d les compo-
santes du tenseur A et par σ = (σij ), i, j = 1, d le tenseur de contraintes, tel que

σij (u) = aijkh εkh (u).

L'équation (3.4) représente l'équation d'équilibre à laquelle on ajoute la relation de compor-


tement et les conditions de Dirichlet et Neumann.

Le cas symétrique.

Dans le cadre de l'élasticité linéaire, le tenseur des déformations est relié au tenseur des
contraintes par la loi de Hooke généralisée. On a

σ = 2µε(u) + λtr(ε(u))I (3.8)

où λ et µ sont des coecients de lamé et satisfaisant λ > 0 et µ > 0 et tr(ε(u)) est le tenseur
de trace de ε(u)
tr(ε(u)) = εii (u),

et I représente le tenseur d'identité (la matrice d'identité) sur Rd .


Par les composantes, l'équation (3.8) s'écrit

σij = 2µεij (u) + λεii (u)δij ,

où δij est le delta Kronecker, i.e.,


(
1, si i = j
δij =
0, si i 6= j

57
3.3. Problème physique d'élasticité linéarisée 58

3.3.3 Problème d'élasticité avec contact et frottement


Dans cette partie, nous spécialisons les conditions de contact et de frottement d'un corps
élastique en contact frottant avec une fondation rigide plane.

[Link] Conditions de contact

Nous passons maintenant à la description de diverses conditions sur la surface de contact


ΓC , ce qui sont divisées naturellement dans la direction normale et ceux qui sont dans la
direction tangentielle. Pour les décrire, nous désignons par un et uτ les composantes normale
et tangentielle du déplacement u sur la frontière, elles sont données par

un = u.n, uτ = u − un n. (3.9)

Nous désignons également par σn et στ les composantes normale et tangentielle du tenseur


de contrainte σ , telles que

σn (u) = (σ(u)n).n, στ (u) = σ(u)n − σn (u)n, (3.10)

où στ représente le frottement sur la surface de contact ΓC .

Pour donner un sens à la décomposition précédente, on suppose que ΓC est de régularité


C 1 . On suppose aussi qu'il n'ya pas de distance initiale entre le solide et la fondation rigide.

[Link] Conditions de Frottement de glissement

L'absence des forces tangentielles de frottement est donnée par

στ (u) = 0.

Cette façon de voir le contact implique que la force de contact tangentielle est nulle dans la
zone de contact. On est dans le cas d'un glissement parfait, cette force tangentielle est non
nulle dans la plupart des contacts réels.

Sur la surface de contact ΓC , le frottement de glissement est modélisée par les conditions
suivantes 
 στ (u) ≤ g(|u|),
 si u = 0
(3.11)
 u
στ (u) = −g(|u|) |u| , si u 6= 0

tel que g : ΓC −→ R+ est le seuil de frottement.

58
3.4. Modèle mathématique du problème physique 59

3.4 Modèle mathématique du problème physique


Nous commençons par xer quelques notations.
Notations.
1. La notation ”.” représente le produit scalaire dans l'espace Rd , ce qui nous permet
d'écrire
u.v = ui vi , kvk = (v.v)1/2 pour tout u = (ui ), v = (vi ) ∈ Rd .

on note aussi

divτ = τ1,1 + τ2,2 avec τ = (τ1 (x1 , x2 , t), τ2 (x1 , x2 , t)) (3.12)

or τ = (τ1 (x1 , x2 ), τ2 (x1 , x2 ))

∇v = (v,1 , v,2 ) avec v = v(x1 , x2 , t) or v = v(x1 , x2 ). (3.13)

2. La notation k.k représente la norme Euclidienne dans l'espace Sd , on a

σ.τ = σij τij , kτ k = (τ.τ )1/2 pour tout σ = (σij ), τ = (τij ) ∈ Sd .

Maintenant, nous supposons que


• Les forces volumiques f0 dans Ω et les forces surfaciques f2 sur ΓN sont de la forme
suivante
f0 = (0, 0, f0 ) avec f0 = f0 (x1 , x2 , t) : Ω × [0, T ] −→ R, (3.14)
f2 = (0, 0, f2 ) avec f2 = f2 (x1 , x2 , t) : ΓN × [0, T ] −→ R. (3.15)

• Par la suite, nous supposons que f0 et f2 engendrent une déformation sur le corps avec
un déplacement u qui est indépendant de x3 , tel que

u = (u1 , u2 , u3 ) = (0, 0, u) avec u = u(x1 , x2 , t) : Ω × [0, T ] −→ R. (3.16)

Et le tenseur des déformations ε(u) est donné par


1
ε(u) = (εij (u)) avec εij (u) = (ui,j + uj,i ), i, j ∈ 1, 3.
2
Tel que  
1
0 0 u
2 ,1
 
 
 
1
ε(u) = 
 0 0 u
2 ,2


 
 
1 1
u
2 ,1
u
2 ,2
0
donc trε(u) = 0.

59
3.4. Modèle mathématique du problème physique 60

• Comme le matériau dans cette partie est supposé élastique, on peut écrire son loi de
comportement de la manière suivante.

σ(u) = 2µε(u) + λ(trε(u))I (3.17)

tels que λ et µ sont des coecients de Lamé, trε(u) = εii (u), I le tenseur d'identité
sur Rd . On obtient
   
0 0 µu,1 0 0 σ13
   
   
(3.18)
   
σ(u) = 2µε(u) = 
 0 0 µu,2 = 0
  0 σ23 

   
   
µu,1 µu,2 0 σ31 σ32 0

c'est-à-dire (
σ13 = σ31 = µu,1 .
σ23 = σ32 = µu,1 .
donc la loi d'équilibre sera écrite comme suit

div (σ(u)) + f0 = 0. (3.19)

Tel que div σ(u) = (σij,j ). Alors on a



 σ11,1 + σ12,2 + σ13,3 = 0,

σ21,1 + σ22,2 + σ23,3 = 0, (3.20)

σ31,1 + σ32,2 + σ33,3 + f0 = 0.

Comme u et f0 ne dépendent que des variables x1 , x2 et µ = µ(x1 , x2 ). Il découle de


(3.18) que les deux premières équations de (3.20) sont satisfaites de façon identique.
De plus, la dernière équation dans (3.20) devient

σ31,1 + σ32,2 + f0 = 0.

D'autre part, on a
∇u = (u,1 , u,2 ),

donc
µ∇u = (µu,1 , µu,2 ),

d'où
div (µ∇u) = div (µu,1 , µu,2 ) = σ31,1 + σ32,2 .

Alors l'équation (3.19) devient

div (µ∇u) + f0 = 0 dans Ω. (3.21)

60
3.4. Modèle mathématique du problème physique 61

• Conditions de Dirichlet et Neumann.


Nous décrivons maintenant les conditions sur la frontière ∂Ω. Nous supposons que les
déplacements sont bloqués sur la frontière ΓD , ainsi (3.16) nous donne

u = 0, dans ΓD ,
ce qui est la condition de Dirichlet.
Soit n le vecteur normale unitaire sur ∂Ω. Nous avons
n = (n1 , n2 , 0) avec ni = (x1 , x2 ) : ∂Ω −→ R, i = 1, 2. (3.22)
On désigne par ∂n u la dérivée normale du déplacement, donnée par
∂n u = ∇u.n = u,1 n1 + u,2 n2 (3.23)
avec les notions ci-dessus, on a les égalités suivantes

 τ.n = τ1 n1 + τ2 n2 ,

(3.24)

τ.∇v = τ1 v,1 + τ2 v,2 .

À partir de (3.18), (3.22) et (3.23), on obtient le vecteur σ(u)n = (σij nj ) tel que
    
0 0 µu,1 n1 0
    
    
    
σ(u)n = 
 0 0 µu,2   n2  = 
   0 

    
    
µu,1 µuu,2 0 0 µu,1 n1 + µu,2 n2

   
0 0
   
   
   
σ(u)n = 
 0 =
  0 

   
   
µ∇u.n µ∂n u
c'est-à-dire que
σ(u)n = (0, 0, µ∂n u). (3.25)
Maintenant nous utilisons (3.7), (3.15) et (3.25), pour obtenir
   
0 0
   
   
   
σ(u)n = 
 0  =
 
 0 

   
   
µ∂n u f2
donc µ∂n u = f2 sur ΓN . Ceci est la nouvelle forme de la condition de Neumann.

61
3.4. Modèle mathématique du problème physique 62

• Conditions du frottement de glissement.


Nous décrivons maintenant la condition de frottement. D'abord à partir de (3.16) et
(3.22), nous déduisons que le déplacement normal disparait un = 0, ce qui montre
que le contact est bilatéral, c'est-à-dire que le contact est conservé pendant toute la
durée du processus.
En utilisant maintenant (3.16), (3.18), (3.13) et (3.22) nous conclurons que

uτ = (0, 0, u), σn (u) = 0, στ (u) = (0, 0, µ∂n u) (3.26)

Nous pouvons maintenant décrire les principales conditions de frottement. Nous sup-
posons que le frottement est modélisé par les conditions (3.11) ci-dessus sur ΓC . En
utilisant (3.26) et (3.11), il est simple de voir que les conditions de frottement du
glissement deviennent


 |µ∂n u| ≤ g(|u|), si u = 0

(3.27)
u
 µ∂n u = −g(|u|) , si u 6= 0.


|u|

La fonction g est une fonction donnée.

Maintenant, d'après ce que nous avons ci-dessus, le problème d'élasticité avec contact et
frottement du glissement (PCF ) est le suivant.

Problème PCF . Trouver le champ de déplacements u : Ω −→ R, tel que

dans Ω


 div(µ∇u) + f0 = 0,






dans ΓD




 u = 0,


(PCF )


 µ∂n u = f2 , dans ΓN





si u = 0,
 (
 |µ∂n u| ≤ g(|u|),
dans ΓC



u
si u 6= 0,

 µ∂n u = −g(|u|) |u| ,

62
3.4. Modèle mathématique du problème physique 63

3.4.1 Quelques hypothèses


Pour étudier le problème PCF , on suppose que le coecient de Lamé satisfait

µ ∈ L∞ (Ω) et existe µ∗ > 0 tel que µ(x) > µ∗ p.p x ∈ Ω. (3.28)

Nous supposons dans ce qui suit que les forces volumiques de densité f0 et les forces surfa-
ciques de densité f2 satisfont

f0 ∈ L2 (Ω), f2 ∈ L2 (ΓN ). (3.29)

On suppose aussi que le seuil de frottement g satisfait ce qui suit

g ∈ L∞ (ΓC ) et g(x) ≥ 0, p.p x ∈ ΓC ,

et 


 (a) g : ΓC −→ R+ .





 (b) ∃ L ≥ 0, tel que

(3.30)
g


 |g(|x1 |) − g(|x2 |)| ≤ Lg |x1 − x2 |, ∀x1 , x2 ∈ ΓC .





 (c) x 7−→ g(x) est Lebesgue mesurable sur Γ .

C

3.4.2 Formulation variationnelle


On va transformer le problème physique au cas mathématique nous trouvons une inéqua-
tion quasi-variationnelle. Pour Présenter la formulation variationnelle de problème (P CF ),
nous introduisons l'espace fonctionnel suivant.

V = {v ∈ H 1 (Ω) : v = 0 sur ΓD }.

tel que mes ΓD > 0, (V, < ., . >) est un fermé dans H 1 (Ω), ce qui est un espace de Hilbert
associée au champ de déplacement u muni du produit scalaire
Z
< u, v >V = ∇u.∇v dx, ∀u, v ∈ V.

De plus, la norme associée est dénie par

||v||V = ||∇v||L2 (Ω)2 , ∀v ∈ V (3.31)

cette norme est équivalente à la norme usuel de ||.||H 1 (Ω) . Par le théorème de trace du Sobolev
on déduit qu'il existe une constante positive cV > 0 satisfait

||v||L2 (ΓC ) ≤ cV ||v||V , ∀v ∈ V. (3.32)

63
3.4. Modèle mathématique du problème physique 64

Nous rappelons la formule de Green [4], pour tout τ = (τ1, τ2) ∈ H 1(Ω)2 par l'équation
Z Z Z
τ · ∇v dx + div τ v dx = (τ.n) v da, ∀v ∈ H 1 (Ω)
Ω Ω Γ

tel que Γ = ∂Ω = ΓC ∪ ΓD ∪ ΓN .

Par la suite, nous dénissons la forme bilinéaire a : V × V −→ R et la fonctionnelle


j : V × V −→ R, par les égalités suivantes
Z
a(u, v) = µ∇u · ∇v dx, ∀u, v ∈ V (3.33)

Z
j(u, v) = g(|u|)|v| da, ∀u, v ∈ V (3.34)
ΓC

et comme V et un espace de Hilbert alors d'après le théorème de représentation de Riez, il


existe un unique élément f ∈ V , tel que
Z Z
< f, v >V = f0 v dx + f2 v da, ∀v ∈ V (3.35)
Ω ΓN

où f0 ∈ L2 (Ω) et f2 ∈ L2 (ΓN ).

Avec ces notations, on peut passer d'un problème d'élasticité avec contact et frottement au
problème quasi-variationnelle de type elliptique qui s'intéresse à trouver un élément u ∈ V
tel que
a(u, v − u) + j(u, v) − j(u, u) ≥ < f, v − u >V ∀v ∈ V.

Maintenant, nous allons présenter dans le Lemme qui suit la formulation quasi-variationnelle
du problème élastique (PCF ).

Lemme 3.4.1. Supposons que le champ de déplacements u: Ω −→ R est une solution du


problème élastique, alors u ∈ V et de plus, u vériait le système suivant

a(u, v − u) + j(u, v) − j(u, u) ≥ < f, v − u >V ∀v ∈ V. (3.36)

Démonstration.

Supposons que le problème mécanique (PCF ) admet une solution u, telle que u ∈ V donc
µ∇u ∈ H 1 (Ω)2 , et soit v ∈ V. Nous multiplions l'équation div (µ∇u) + f0 = 0 par (v − u),
on trouve que
div (µ∇u)(v − u) + f0 (v − u) = 0.

64
3.4. Modèle mathématique du problème physique 65

En intégrant le résultat sur Ω, on a


Z Z
div(µ∇u)(v − u) dx + f0 (v − u) dx = 0, ∀v ∈ V.
Ω Ω

En utilisant la formule de Green, on trouve


Z Z Z
(µ∇u)· ∇(v − u) dx = f0 (v − u) dx + (µ∇u· η) (v − u) da, ∀v ∈ V.
Ω Ω Γ

Par la notation (3.23), on a


Z Z Z
(µ∇u)· ∇(v − u) dx = f0 (v − u) dx + µ∂n u(v − u) da, ∀v ∈ V. (3.37)
Ω Ω Γ
Z
D'abord calculons l'intégrale µ∂n u(v − u) da.
Γ
Puisque l'intégrale sur Γ est divisé en ΓD , ΓN , ΓC et chaque élément v ∈ V s'annule sur ΓD .
Alors

Calculons l'intégral sur ΓD :


Suivant le problème (PCF ), on a u = 0 sur ΓD . Donc
Z
µ∂n u(v − u) da = 0.
ΓD

Calculons l'intégral sur ΓN :


Suivant le problème (PCF ), on a µ∂n u = f2 . Donc
Z Z
µ∂n u(v − u) da = f2 (v − u) da.
ΓN ΓN

Calculons l'intégral sur ΓC :


Suivant le problème (PCF ), nous pouvons montré que

µ∂n u(v − u) ≥ g(|u|)|u| − g(|u|)|v| sur ΓC .

En eet,
Si u 6= 0. D'après le problème (PCF ), on a

u uv u2
µ∂n u(v − u) = −g(|u|) (v − u) = −g(|u|) + g(|u|)
|u| |u| |u|
uv
= g(|u|)|u| − g(|u|) .
|u|

uv |uv|
D'autre part, on a uv ≤ |uv|, alors ≤ = |v|.
|u| |u|

65
3.4. Modèle mathématique du problème physique 66

Donc
µ∂n u(v − u) ≥ g(|u|)|u| − g(|u|)|v|.

Si u = 0. On a aussi
µ∂n u(v − u) = µ(∂n u)v ≥ −|µ∂n u||v|.

D'après le problème (PCF ), on a |µ∂v u| ≤ g(|u|). Donc

µ∂v u(v − u) ≥ −g(|u|)|v|


= g(|u|)|u| − g(|u|)|v|.

D'où sur ΓC , on a
Z Z Z
µ∂n u(v − u) da ≥ g(|u|)|u| da − g(|u|)|v| da.
ΓC ΓC ΓC

En remplaçant les résultats dans (3.37), on trouve


Z Z Z Z
µ∇u· ∇(v − u) dx + g(|u|)|v| da − g(|u|)|u| da ≥ f0 (v − u) dx
Ω ΓC ΓC Ω
Z
+ f2 (v − u) da.
ΓN

En utilisant les relations (3.33), (3.34) et (3.35), alors on obtient

a(u, v − u) + j(u, v) − j(u, u) ≥ < f, v − u >V ∀v ∈ V.

Ce qui conclut la démonstration. 

3.4.3 Résultat d'existence et d'unicité


Cette section comporte un résultat d'existence et d'unicité.

Théorème 3.4.1. Supposons que (3.28) et (3.35) sont satisfaites. Alors, le problème quasi-
variationnel suivant :
Trouver u ∈ V , tel que

a(u, v − u) + j(u, v) − j(u, u) ≥ < f, v − u >V ∀v ∈ V. (3.38)

possède une seule solution u qui satisfaite (3.38).


Tel que, a(·, ·) une forme bilineaire sur V associée au coecient d'elasticité et j : V ×V −→ R
la fonctionnelle décrivant de frottement.

66
3.4. Modèle mathématique du problème physique 67

Démonstration.

Notons tout d'abord que la preuve de ce théorème est basée sur des arguments et des pro-
priétés des inéquations variationnelles, quasi-variationnelles et les arguments du théorème
de point xe.
Nous commençons par montrer les conditions suivante.
1. Continuité de la forme bilinéaire symétrique.
La forme a(·, ·) vériant

a(·, ·) : V × V −→ R est une forme bilinéaire symétrique et

pour µ ∈ L∞ (Ω), on a
Z
a(u, v) = µ∇u · ∇v dx ∀u, v ∈ V.

Soient u et v ∈ V , alors
Z Z
|a(u, v)| = µ∇u · ∇v dx ≤ kµkL∞ (Ω) ∇u · ∇v dx
Ω Ω

d'après (3.13), on a aussi


2
Z X
|a(u, v)| ≤ ||µ||L∞ (Ω) u,i v,i dx
Ω i=1
2 Z
u,i v,i dx
X
= ||µ||L∞ (Ω)
i=1 Ω

en utilisant (3.2), on trouve

|a(u, v)| ≤ ||µ||L∞ (Ω) < ∇u, ∇v >L2 (Ω)2

et d'aprés l'inégalité de Cauchy-Schwartz et (3.31), on obtient

|a(u, v)| ≤ ||µ||L∞ (Ω) ||∇u||L2 (Ω)2 ||∇v||L2 (Ω)2


= ||µ||L∞ (Ω) ||u||V ||v||V

donc il existe M = ||µ||L∞ (Ω) > 0, tel que

|a(u, v)| ≤ M ||u||V ||v||V , ∀u, v ∈ V.

D'où la continuité de la forme a(·, ·).

67
3.4. Modèle mathématique du problème physique 68

2. Coercitive de la forme bilinéaire symétrique.


Pour µ ∈ L∞ (Ω) et pour tout v ∈ V , on a
Z
a(v, v) = µ∇v.∇v dx.

Par (3.13) et (3.28), on a


2
Z X
a(v, v) ≥ µ ∗
v,i2 dx
Ω i=1
2 Z
v,i2 dx.
X
= µ∗
i=1 Ω

En utilisant (3.3) et (3.31) , on obtient

a(v, v) ≥ µ∗ ||∇v||L2 (Ω)2


= µ∗ ||v||V , ∀v ∈ V.

Donc il existe m = µ∗ > 0, tel que

a(v, v) ≥ m ||v||2V , ∀v ∈ V.

D'où la coercivité de la forme a(·, ·).


3. Maintenant, il reste à montrer la vérication des conditions (2.3) sur la fonctionnelle
j.
3-1 Convexité.
Supposons η ∈ V (xé), t ∈ [0, 1] et v, v 0 ∈ V , alors

Z
0
j(η, tv + (1 − t)v ) = g(|η|) tv + (1 − t)v 0 da
ΓC
Z Z
≤t g(|η|)|v| da + (1 − t) g(|η|)|v 0 | da
ΓC ΓC
0
≤ tj(η, v) + (1 − t)j(η, v )

donc

j(η, tv + (1 − t)v 0 ) ≤ tj(η, v) + (1 − t)j(η, v 0 ), ∀v, v 0 ∈ V, t ∈ [0, 1].

D'où la convexité de la fonctionnelle.

68
3.4. Modèle mathématique du problème physique 69

3-2 Semi continuité inférieure.


Soit (vn )n∈N ∈ V une suite d'élément de V , telle que pour tout n ∈ N vn −→ v . Alors
V
Z Z
j(η, vn ) − j(η, v) = g(|η|)|vn | da − g(|η|)|v| da
ΓC ΓC
Z
= g(|η|)(|vn | − |v|) da
Γ
ZC
≤ g(|η|) |vn | − |v| da
ΓC
Z
≤ g(|η|) vn − v da
ΓC
Z 1/2  Z 1/2
2
≤ g(|η|) da
2
vn − v da
ΓC ΓC

≤ ||g||L2 (ΓC ) ||vn − v||L2 (ΓC ) .

Et par (3.32), on a

j(η, vn ) − j(η, v) ≤ cV ||g||L2 (ΓC ) ||vn − v||V .

Et comme
||vn − v||V −→ 0, n → +∞.
Donc
lim inf j(η, vn ) = j(η, v), ∀η ∈ V.
n→+∞

En déduit que la fonctionnelle j(η, .) pour tout η ∈ V, est continue donc elle est s.c.i
sur V.
3-3 Soient u1 , u2 , v1 et v2 ∈ V , en utilisant (3.30) et (3.34), on trouve que
Z
g(|u1 |) − g(|u2 |) (|v2 | − |v1 |)da
 
j(u1 , v2 ) − j(u1 , v1 ) + j(u2 , v1 ) − j(u2 , v2 ) =
ΓC
Z
≤ Lg|u1 − u2 ||v1 − v2 |da
ΓC
Z Z
 21  12
≤ Lg |u1 − u2 | da
2
|v1 − v2 |2 da
ΓC ΓC

≤ Lg||u1 − u2 ||L2 (ΓC ) ||v1 − v2 ||L2 (ΓC ) .

D'aprés (3.32), on obtient

j(u1 , v2 ) − j(u1 , v1 ) + j(u2 , v1 ) − j(u2 , v2 ) ≤ c2V Lg||u1 − u2 ||V ||v1 − v2 ||V

69
3.4. Modèle mathématique du problème physique 70

alors il existe α = c2V Lg ≥ 0, tel que

j(u1 , v2 ) − j(u1 , v1 ) + j(u2 , v1 ) − j(u2 , v2 ) ≤ α||u1 − u2 ||V ||v1 − v2 ||V .

Utilisons le théorème (2.2.2), il suit que le problème élastique (PF C ) admet une seule solution
u ∈ V. Cette solution peut considérer comme étant la solution faible du problème anti-plane
de contact.
Ce qui détermine la démonstration. 

70
Conclusion

Ce travail concerne essentiellement l'étude de quelques problèmes aux limites gouvernés


par le système de Lamé de type elliptique linéaire qui modélisent les petites vibrations dans
un domaine ouvert borné Ω et à frontière régulière Γ de Rd (d = 2, 3). Les techniques
utilisées sont celles de la méthode de point xe et des arguments des inéquations quasi-
variationnelles. L'objectif d'étudier les problèmes aux limites de contact avec frottement
entre un corps déformable et une fondation dans un processus statique pour des matériaux
élastiques est de caractériser le comportement d'un corps déformable et de savoir comment
les forces qui sont appliquées à ce corps modélisent sa déformation, son mouvement, son
déplacement... Et comment réagit la surface de contact.

71
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