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Équations fonctionnelles par Ivar Fredholm

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365

SUR UNE C L A S S E D'I~QUATIONS FONCTIONNELLES


PAR

IVAR FREDHOLM
sTocKHOLM.

Dans quehlues travaux I ABEL s'est oeeup6 avee le probl&ne de dd-


terminer une fonetion C(x) de mani~re qu'elle satisfasse ~t l'6quatiou fone-
tionnelle .

(a) f f(x , y)r = r


f(x, y) et ~b(x) 6tant des fonetions donndes. ABEL a rdsolu quelques eas
partieuliers de eette gquation fonctionnelle dont il paralt avoir reconnu
le premier l'impm~anee. C'est pour eela que je propose d'appeler l'dqua-
tion fonetionnelle (a) une dquation fonctionneUe abglienne.
Duns cette note je ne m'oecupe pus en premier lieu de l'dquation
abglienne mats de l'4quation fonetionnelle
1

(b) F(x) + f f(x,y)~,(y)dy = r


0

qui est 6troitement li~e ~ l'~quation ab~henne.


I I
En effet, si on introduit au lieu de f(x,y) et ~b(x), -~f(x,y) et~iO(x),
l'6quation (b) s'~erit
1

(e) ~r + f f ( x , y)r = r
o

6quation qui se transforme en l'dquation (a) en posant ,t-----o. Ainsi la


solution de l'dquation (a) peut ~tre eonsiddrde eomme implicitement con-
tenue duns la solution de l'6quation (b).
1 lgagazin for Naturvidenskaberne, Kristiania 1823 et O e u v r e s com-
pletes.
4tr ma~h~a~iea. 27, Iml)rimd le 30 mars 1903,
366 Ivar Fredholm.
Quant h l'6quation (b) elle me paralt m6riter l'attention particuli~re
des gdomStres, car la plupart des probl~mes de la Physique math6matique
(lUi conduisent h des ~quations diffdrentielles lin6aires se traduisent par des
6quations fonctionnelles de la forme (b) ou de la forme

r + f...ff(x,...x,, ~,... ~.)r Sn)d$,...dSn = r


Pour le voir on n'a qu'~ rappeler le probl6me dc Dn{ICHLE'r dans le
cas oh l'on eherche ~ reprdsenter le potentiel inconnu par le potentiel de
double couche, des probl~mes analogues de la thdorie du magndtisme et de
la th6orie de l'41asticit6.
Le premier essai de r6soudre une dquation (b) a dt6 fair par NEUMA~ ~.
En offer, la m4thode cdl~bre de NEUMA>'N pour la rdsolution du probl~me
de DIalCHLET consiste en le d6veloppement de F(x) suivant les puissances
i
croissantes du param~tre ~. Mais le ddveloppcment de NEU~ta~'.x-, tout
J,
en convergeant dans lo cas du probl~me de DIRICHLET, nc peut pas con-
verger dans le cas gdn6ral.
Dans un travail i m p o r t a n t ' la mdthode de NEU.~L~.x'.x a 6t6 appliqu6e
avec succ~s par M. VOLTEm~A h l'6quation fonctionnelle
x

(c) ~,(x) + f f(x,y)~,(y)dy = r


0

Dans le mgme travail M. VOL'rERttA a aussi mis en dvidence le rapport


intime entre l'6quation (c) et l'6quation ab6lienne
x

ff(x,y)~,(y)dy = r
0

L'dquation que je me propose ~ dtudier dans le prdsent travail com-


prend eomme eas particulier l'dquation de M. VOLTERRA, car en supposant,
dans l'dquation (b), que f(x, y) soit nul pour y > x, on obtient imm6diate-
ment l'dquation (c).
Dans ce qui suit la fonction f(x, y) sera soumise h quelques restric-
tions. Je suppose que f(x, y) soit telle que, a dtant infdrieur ~ l'unitd,
(x--y)~f(x, y) soit une fonction finie et intdgrable. Ainsi je ne vais
1 Annali di I~Iatematica, I896.
Sur une classe d'~quations fonctionnelles. 367
pas traiter l'6quation (b) dans route sa g~n&alit6. Mais les restrictions
que j'ai impos6es h la fonction sont justifi~es par les applications de l'6qua-
tion (b) h la Physique math6matique auxquelles je me r6serve de revenir
dans un autre travail.

w 1. Sul, la f o r m a t i o n et les propr,idtds dlt ddter ininant


de l'dquaton fonctionnelle fonda,mentale.

I. Supposons que f(x, y) soit une fonction finie et intggrable soit


par rapport ~t une seule ou par rapport aux deux variables rgelles x et y
qui, pour fixer les idles, seront suppos6es positives et moindres que l'unit4.
Dans c0 cas il existe une quantitd Dw qui joue par rapport h l'6qua-
tion [Link] (b) le mSme rble que joue le d6terminant par rapport
h un systSme d'dquation lindaires.
Pour d~finir D r j'introduis la notation abrdg~e

f(x,,y,) f(x,, y~) ... f(x,, y,,)

(') f 'y: =

f(x,, y,) f(x:, Y2) ... f(x,, y:)


et je pose
1 1

1 ,ffo 0
("'3d,.d,+...
1 1

0 0

2. Pour d~montrer la l~gitimit~ de eerie expression nous n'avons


que rappeler un th6or~me de M. ~-~ADAMARD. 1
Le dit th~orSme nous apprend que la valeur absolue d'un d~terminant
donng est au plus ~gale 7t la racine carrie du terme principal darts 10 d~-

1 Bulletin des s c i e n c e s math~matiques, x893, p. 242.


368 Ivar Fredholm.
terminant obtenu en multipliant le ddterminant donnd avec son ddtermi-
nant imaginaire conjugu6.
Par consdquent, si F est la limite sup6rieure d~, f ( x , y) on a

, X~, . . . , ~ ]7'".
,Yi, , Y,
Ainsi la s6rie Df converge comme la s6rie enti~re

il=O __

3. I1 n'est pas sans infarct de noter que la convergence s'am~liore


si on suppose ehez f ( x , y) une certaine espbce de continuif6.
En effet, supposons qu'il existe une limite supdrieure A des valeurs
du quotient
f(z, y) - - f(z, z)
(y-,)=

Alors on peut ~videmment 6crire

Or, le premier membre ~tant une fonction sym6trique des variables x~...x~
il suffit ~videmment pour en trouver le maximum de eonsid6rer oelles qui
remplissent les conditions

Xl > X~ ~ X3 ~ . .. ~ X,,.

Dans ce cas la valeur maxima du produit


( x , - x ~ ) ( x , - x , ) . . . (x._, - - x.)
est dgale
!
- - ~
?L n

Par consequent
1 1 1---a

! /'" I.] \'T1 T,,,t "'" In


0 0
Sur une classe d'6quations fonctionnelles. 369

4. D e la m~me m a m*c~ r e que nous avons loem


p 0
n~re
i 9
la l e g *l h9m l*t ei de 9

l'expression de Df on ddmontre celle des expressions suivantes que j'appelle


les mineurs de Dr.
J e pose

(3) ])f (::~ ' ~'~ , 9 . . , ::)


1

=~(~""'
~ ~,, ~ ', 2 ), + f ~,( " ~, ~,
~ ' ~x, 0

1 1

+~- J J \71 .7,, x,, x#


0 0

1 1

= ~=o ~_ ... f " ' dx, . . . dx~.


o 0

. Les mineurs satisfont h des relations importantes que nous allons


ddduire maintenant.
Ddveloppant le d 6 t e r m i n a n t
%

71 , 72 , , 7/. , X 1 . X~ ]
suivant les dl6ments de la premiere ligne on trouve

f(~l, ~,,..., ~,,x]...xv)


\~1, ~2 , , ~,, , x 1 xv

,~(::... 0~,~,... ~)_ ~,~,,~,,~(::, ~... ~, ~,... ~)+...


= f($' ' ~' ~,,, x 1 z~ , ~3 72,, x 1 x~

-- (-- , ) " f ( ~ , , ~ . ) f ( '-~' - " " ~" ' z1" " z ~ -


\vla ~ Xl X~

- - ( - - I)"+~f($,, z ~ ) f "'" ~" , z , . . . .


7,-1 , 7). .%-1
Aeta mathematiea. 28. imprim~ le 3o mars 1~03. 47
370 Ivar Fredholm.
Multiplions les deux membres de eette identit5 par d x , . . , dx, et in-
t@rons entre les limites o et i, nous aurons la formule
1 I

o 0

1 1

0 0

1 1

--f(~l )~],)f"" "ff( "~21 ), 77]3


~3 " ]" " ~]n
~r~ ,' X
~l~l
1 " " ~v~("?~l"
"Xv] "(1~''~'-''*

0 0

1 1

0 0

I
Multipliant ensuite par !~ et faisant la somme depuis u - o .lusqu a
I--
= c~ on arrive ~t la formule tr~s-impol~ante
1

(4) fk,v, ~ f ( $ " r)Dr ~7,, V, ~7,,/


0

=f(~,,:7,)Dr "r --f(~,,T],) %,r162 + ....

En eommencant par d~velopper le ddterminant suivant Ins 61dments


de la premiSre eolonne on trouve de la m~me mani['re ]a f0rmule
1

(5)
(:::) f
I)r\~,~ ' ' " +
0
f ( r , ~/, ,7A
::) dr

,~ .,,
f(8 )Dr " r % r -1- . . . etc.
Sur uno classe d'4quations fonctionnelles. 371

Dans le eas n = I ces deux formules deviennent


1

(4,)
0

(5,)
0

6. I n t r o d u i s a n t daus D r au lieu de f ( x , y), ),f(x, y) nous trouvons


que D~r peut se d6velopper suivant les puissances croissantes de 2 dans une
s4rie qui, ~ cause du lemme de M. HADAMAaD, converge pour route valeur
de ~. Ainsi D),r est une fonction enti~re de 2.
En se rappelant les d4finitions de D r et de ses minem's on trouve
imm4diatement" les relations
1 1

(6) " d,t" - - "'" D~f x~ &


0 0

qui subsistent pour n = i , 2, 3, e~c.


Ces relations nous p e r m e t t e n t de parvenir h un rdsultat important.
En effet, D~f 6rant une fonction enti~re de 2 chaque racine de l'4quation

D~f -~ 0

a n4cessairement une multiplicit4 f i n i e .


Par consgquent, on ne peut pas trouver de valeur de 2 pour laquelle
D~r et routes ses dgrivges soient nulles.
E n particulier si, pour 2 = I, D ~ r = D r y . o, on peut toujours trouver
un premier m i n e u r de JOf qui n'est pas identiquement nul,
372 Ivar Fredholm.

w 2. S~J' ~tne classe de trans]'ol'n~ations ]'onctioJ~J~cllcs et l e u r


inve~'sion.

7. Considdrons maintenant une dquation fonctionnelle


1
(7) ~(x) + f f(x, s)~(s)ds = r
o

oh ,r cst une fonction inconnue et r une fonction finie et mtegra)le.


En considdrant l'dquation (7) comme transformant la fonction F(x)
en une nouvelte fonction r j'~cris cette m~me 6quation

(7) sr~(~) = r
et dis que la transformation S r appartient h la fonction f(x, y).
je
I, es tra~sformations (7) forment une yroupe. En effet, considdrons une
au~re transformation Sg appa~enant ~ la fonction g ( x , y) qui remplit les
m~mes conditions d'intdgrabilitd etc. que f ( x , y).
Alors on trouve facilement qu'on peut poser

oi~
1
T~(x, y) = g(x , y) -p f ( x , y) q - f g ( x , t)f(t, y)dt.
0

Quant h l'inversion de l'dquation (7) deux cas sont possibles: .Df e s t


diff6rent de z6ro ou Df ~ o.

8. Supposons d'abord que lc d6terminant D; soit different de z6ro


et posons

e(x y ) = Y
Df
Alors on trouve ~ cause de l'6quation (51) que F est identiquement nulle.
Par consdquent, l'dquation identique
8,SrC(x ) = r
Sur une classe d'6qnations fonctionnelles. 373

ayant lieu, Sg est la transformation inverse de S r. Ainsi, s'il existe une


solution de l'~quation (7) die est unique et donn~e par l'gquation

r = s~r

D'autre cbtd, introduisons dans l'gquation (7) au lieu de ~ ( x ) S g r


nous obtenons
srr = srs~r s~r

off F, h cause de l'dquation (4~) est encore 6gale h zdro.


Par cons6quent, nous pouvons 6noncer le tMorbme"

Si le ddterminant D r d'une dquation fonctionnelle de la forme


1

~(~) + f r(~, 8 ) r = r
0

oh f ( x , s) et r sont des fonctions finies et int@rables, est dif/drent de


zdro, il existe une et une seule fonction s satisfaisant t~ cette dquation.
Cetle fonction est donnde par lYquation:
1

%)
r = r Dr r
\- 0

9. Considdrons maintenant le cas off D r est nul.


Nous avons vu, duns ce cas, qu'il existe un premier mineur de D r qui
n'est pas identiquement nul.
Soit
D(,~,...
ce mineur. Parce que les mineurs d'ordre mfermur song nuls, la formule
(4) s'6crit
1

~---O.

II
374 Ivar Fredholm.

C'est h dire

~,(,) = D r ' %....


rk, W ~2,

est une solution de l'~quation homog~ne


1

(7') ~(~) + f f(x, y)~(,j)~,] = o.


O

Pour en frouver routes les solutions, ddsignons par S r la transforma-


tion appartenant h f et soit C une solution de l'dquation

8r~,Cr ) = o.

kpellons S~ la transformation pseudo-inverse de S/, ,i

Dr( x' r r
g ( x , y) - - Y' ~' %/

Df r/, 7q.l

les paramStres r y/ dtant ehoisis de mani~re que le ddnominateur soit


diffdrent de zdro, ce qui, par hypoth~se, est toujours possible.
Alors
[Link](,) == s . f ( , ) = o.
oh
]

~'(x, v) = l(x, v) + v(~, v) + f g ( * , ~)/(~, ,jhl~.


0

Or ~ cause de l'dquation (5) on a

(9) F(~ , v)

, y)Df\~,, 7, ~,I-- ' /IkT]1, ~,, ~]a ~,]

...-- (- ~) f(r y)D .~,,

ou bien, en employant une notation abr~g~e


~J

(,o) F(,~, v) = - Z f(e,, y)~(~).


Sur une classe d'$quations fonctionnelles. 375
Or, ~(x) satisfait h l'dquation

S~r
par eonsdquent on a

(ii) ~(~) = - f F ( z , y)~(y)@ = r y)~,(y)@


0 v=l 0

= :c
On vdrifie immddiatement que cette expression satisfait h l'dquation

quelle s que soient les coefficients A~.


Les n fonctions (P~... ~P~ sont lindairement inddpendantes, car la for-
mule (4) nous apprend que

{o si ,t=~o,
f r ( ~ , x) ~(~)d~ =
o si ,~ ~/~.

Cela posd, l'hypoth~se qu'il existe une relation lindaire entre les fonctions
9 ~ soit
al r + ' ' . -4- a~4~. -- o,
conduit h la contradiction
1

f " ~=ia~f(~,
0
x).~a~r = ~,a~ ~- o.

Ainsi, non seulement les fonctions 4~ mais encore les fonctions f($,,, x)
sont lindairement ind@endantes.
Nous pouvons rdsumer les rgsultats obtenus en dnon~ant le thdorbme"

La condition n@essaire et suffisante pour qu'il existe une solution diff,.


rente de z&o de l'd~uation

c'est que Df ~ o. Si n est l'ordre du premier mineur de Df qui soit diff,-


rent de zdro, l'dquation donn~e poss~de n solutions lin~airement ind@enda~#es.
375 Ivar Fredholm.
Cherchons maintenant les conditions de l'existence d'une solution de
l'dquation
Sr~(x ) = r
darts l'hypoth~se que DW ~ 0 et les mineurs d'ordre infdrieur h n soient nuls.
D'abord il faut ddmontrer une formule. Parce que la fonction

~(z)=
D (
r b,,b,
x , a~... a.)
b~
satisfait b~ l'gquation
sr~(~) = o,
a(x) est une fonction lin~aire des fonctions ~ ( x ) . En se rappelant que
a(x) satisfait aussi h l'6quation

s'~(~) = o
oh bien h l'6quation
1

~(x) = - - 0f F ( ~ , y)~(y)@

on obtient imm~diateraent pour a(x) l'expression

(,2) ~(x) = - ~:~(~) r

Procddant d'une mani~re analogue a v e c l a fonction

D t~l J 6 2 " " . a.)


fl(~) = r ~, b, . b.

on parvient h l'expression
n
(I3) fl(X) = -- ~fl(~v)qe~(3'),

off nous avons pos6 pour abr6ger


r ~,...~)
Df z , ~h ~.
~'l(X) -----
Sur une clusse d'6quutions fonctionneUes. 377

et ainsi de suite.* On voit que ces n fonctions ~F sont lingairement in-


d6pendantes.
ttevenons maintenant ~ l'6quation propos6e et int6grons-la apr~s l'avoir
multipli6e par
Dr ax , b~
a~ . . .
o) dx
b.
nous trouvons

1 1 1

f ( )f f(
a 1 ~ a~...a. 61~ g~...
~(x)Dr x, b2 . b, dx + ~(y)f(x,y)D r x, b~ b,
0 0 0
1

=
f
0
r
~ax , b 2 . .
, a~..
aO
b~
dx
"

Or, ~ cause de l'6quation (4) on trouve qua le premier membre est


nul quelle qua soit la fonction ~(x).
Par consgquent ~b(x) doit satisfaire ~ l'6quation
1

(~5) r b, .b.
0

quels que soient les parambtres a e t b. :Le nombre de conditions paralt


dtre infini, mais h cause de l'gquation (I 3) le nombre se rdduit ~ n h savoir
les n 6quations
1

('5') fr v~(~)d~ = o. (,-,...,)


0

Supposons ces conditions vdrifides et cherchons s'il existe, dans ce cas, une
solution de l'dquation (7).
Appliquons pour ce but la transformation S~ aux deux membres de
l'6quation (7) nous aurons
sgsr~(~ ) = s ~ ( ~ ) = sgr
Or,

~ieta matl~matOa. 27. Imprim~i lo 30 m a r s 1903, 48


378 Ivar Fredholm.
Ainsi
n

Cherchons maintenant si la valeur trouvde sa~isfait h l'dquation (7).


Pour eela il suffit de voir si , ~ ( x ) = Sgr satisfait '~ l'dquation (7) car
l'autre terme est une solution de l'gquation homog6ne et peut 4tre rej6t6.
On a
sr~(~ ) = srs,r = sor

oh h cause de l'6quation (4) et de la dgfinition des fonctions ~ on a


fl

a @ , y) = -- Zf(~ , ,~,)r
v=l

Par consdquent on trouve ~ cause de l'~quation (I 5)


1

f G(x, y)ii,(y)dy = o
0

et par suite
see(x) = r
et
sr~(~) = r

Ainsi les conditions ndcessaires ct suffisantes pour que l'6quation

zr~(~) = r

air une solution s'expriment par les n 6quations (I 5)-

Io. Le syst6me d'6quations


1

(i6) r + , y)~,(y)@ = r Q, ~ 1 . . n)

peut ~tre ramend h une seule 6quation du type pr6cddent.


Sur une classe d'6quations fone~ionnelles. 379
~ ) o u r le montrer, dr une fonction F ( x , y) pour des valeurs
entre o e~ n par les n 2 conditions
z--X+I
F ( x , y) = 5~(z - - ~ + ~ , y - - ~ + ~), pour o < y - - ~ A - 1 < x

et une fonetion ~F par les n conditions

r = r ~ + ~), pour o < x ~ + I < I .

Si alors le ddterminant de l'dquation


n

(~7) ~(~) + ofP(~, ~)o(y)~y = ~(~)

est diffdrent de zdro on en obtient une solution ~(x) et u_ne seule. Dd-
finissant ensuite les fonctions ~ ( x ) par les conditions

r = r -- ~ + ~), pou~- o < x - - ~ + ~<

on voit que ces fonctions satisfont au syst~me propos6.


On voit aussi que c'est la seule solution qui puisse satisfaire au syst~me
donn6 car aufcement il en r6sulterait une auixe fonction ~ ( x ) satisfaisant
l'6quation (I7) , ce qui n'est pas possible.

w 3. Sur la premiere va~atr du ddte~'minant Dr.

II. Catculons d'abord la premiere variation de

Si nous d6signons par la notation

x l , x 2 . . . (x~) . . . x n

la suite des valeurs x l , x 2 . . . x , h l'exception de x~, nous pouvons 6erire

htt
380 Ivar Frodholm.
Multiplions les deux membres par d x l . . , dxn et intdgrons entre les limites
o e t I. En observant que la notation des variables est indiff6rente nous
aurons dvidemment
1 1

0 0

"f
1 !

= I J C f ( ; ,1N l , X2
J ~ #" l"- -~l~rl--l'
~f(xx2 , x) dx d x l . . , dx,,_l
0 ,0
1 1

-- n(n -- I)
f
O
" " "
f(,,',...=.-~3~,lx, y)dxdydxl.., dx,_:.
r
f , ~1 X.-2/

I
Multipliant par ~ et faisant la somme depuis u - ~ i jusqua oo nous
-ob~nons
1 1

eDr = f Drer(x, ~)dx --


0 ' ff
0 0
Dr
(0 er(x, y)dx~:y

OU
1 1

log Dr - ~f(x, y)dxdy.


- - -Dr
= fef@,
0
' x)d~ - -
Sf~
0 0

On a dvidemment
1

~r/x,,,)-f~
Par consdquent on peut aussi dcrire
0
~f(t, y)dt = 8 p ~i'(x, y).

(~s) Clog D r = f [ s p ~ f ( x , y)]==,dx.


o
Sur unc classe d'6quations fonctionnelles. 381
En introduisant pour la transformation
1

~(x) + . f0 f(y, ~)~,(y)dy


la notation
rr
on obtient une autre expression de la variation logarithmique de Df ~, savoir
1

(I8 his) 3 log D r ---- j-[r?1 ~f@ , y)]~=,dx.


0

4. Le thdor~me de multiplication.

I2. Pour arriver au thdor~me de multiplication consid~rons deux


transformations
1

~7e(z) = ~(z) + f f(x , y)~,(y)dy,


0

Posons le produit de ces deux transformations

nous aurons
1

9 '(x, y) = f(~, y) + e(x, y) + f r @ , t)e(t, y)et.


0

Considdran~ de m~me les transformations


1

Try(x) = ~(x) + f f(y, x)~(y)@,


0

nOUS auroIIs

TgTr ---- ~a
382 Ivar Fredholm.

off
1
G(x, y) = f O , x) + g(y, x) + ff(u, Off(t, x),tt = F(,j, x).
0

Nohs avons trouv6


1 1

3 log Dr = f 18F(x, x)dx - -


0 ff ~
0 0
- - ~ F r , y)dx@

formulo qui peut s'~crire aussi (x S)


1
(, 9) ~ lo~ D.. = f[(srs~)-' ~ ' r y)]~. dx
o

ou encore
1

0 log Dp = f [(T,~Tr)-',~F(x,y)]~:,~lx.
0

Or
1

3F(x , y) = ,~f(x , y) + ,~g(x, y) + f [f(x , t),~g(t, y) + .q(t, y),~/(x, t)]dt


o

= T,,~f (x, y) + sr~g(x, y),


par consequent en introduisant cette expression dans (I9)et (20)on trouve
1

~Iog-DF = f [ ( ~ r f ) - l ~(~/(xll Y) + (SfSg)-l~.~f~ff(~,, Y)]x=y d x


o
1

= f[rT',~f(x, y) + s;-',~g(:~, y)]~:, dx


0

OI1

log DF = 3 log D r + 3 log D~.

i1 s'ensuit que
log D~, - - log D f -- log D~
Sur une classo d'6quations fonctionnelles. 383
ne ddpend point des fonctions f e t g. Alors, paree quo pour f----g-~ o
on a D~ = D r = Dg = I, on arrive au thdor~me

(2 ~) D~ = D r D~.

w 5. 1 ) d v e l o p p e m e n t s divers.

I3. :Nous avons vu que la fonction

e(~ ' ~) = Df
satisfait h l'6quation
I

(41) e(*, >D+ f r(,, De(<, >Dat = ~<(~,>D.


0

Cherchons un d6veloppement de la fonction e(~, 7]) de la forme

(:~) , e($, ~) = e l ( s , ~ ) - - e,(r ~) + z~(~, ~) + .. 9


off e.($, 7) soit de dimension n par rapport ~ f.
Introduisant cette s6rie dans l'6quation (41) on trouve, en dgalant
h z6ro la somme des termes de la m~me dimension par rapport ~i f, les
dquations
e,($, 7) = f(~, 72),
1

e.(~, ,D = f f(~, r)e._,(.<, ,Ddt (n = 2 , ~,...)


0

d'oh il vient
1 1

= f
0
. . . f f(~,'rl)f(rl,
0
f(r._l, 72)drl . . . dr,,_1.

Le d6veloppement ainsi trouv6 converge pourvu que la limite sup6rieure


de f soit assez petite.
Rappelons maintenant la formule (6) que nous pouvons derire pour
i~ ------ I
l
,~d log D~f
- -d2 = f e(~, ~)d~
o
384 Ivar Fredholm.
nous aurons, en introduisant pour ~(~, ~) rexpression (22), la formule
1 1 1
log D~.r = ~f f(x, x~dx - - 2~' f f r(~, y)r@,~)ax~y+ etc.
0 0 0

---- -- ... f f(x,, xi)f(x,, x,=).., f(x,,_,, x.)f(x,,, :ri)dxi ... dx,,
n=l 0 0

ou bien, si la s~rie dans le second membre converge pour 2 =- ,

=,~(__ i).__1 1 1
log Dr
n~l
,~ f...f
0 0
f(~,, ~,)f(~,, ~,)...r(~,_,, ~,,)r(.~,, ~,)a~,...az..

t6. JSe cas oft f ( z , y) d e v i e n t l n f l n i de telle m a n i O r e q u e


(z -- y)~f(x, y) r e s t e flni.

I4. Soit f@, y) une fonction finie et intdgrable, i(x, y ) u n e fonction


telle que ( x - - y ) " i ( x , y) soit fini et intdgrable. Supposons que Dw soit
nul ainsi que ses mineurs jusqu'h l'ordre n. Soit de plus

8rs,=8,sr,
on a dvidemment

(2z) [Link] ..... ~)

r r dtant les n solutions lin&irement inddpendantes de l'dquation

sr~(z)--o.
Soit
!

TW(x ) = ~(x) + f f(y,x)~(y)dy


o

nous ~urons

(24) T~ ~ ( x ) - - ~ q~.~~P~,(x) (,=, ...... )


--/*=1

t~](m)... ~;,(x) dtant les n solutions lindairement inddpendantes de l'6quation

Tr~'(x ) = o.
Sur une classe d'6quations fonctionnelles. 385

Je dis que le d6terminant des coefficients p~z est 6gal h celui des coeffi-
cients q~z.
Je le d6montre en supposant que le d6terminant des quantitds
1

soit diffdrent de z6ro, un simple raisonnement par continuit6 permettant


6videmment d'dtendre la proposition au cas oh le d6terminant est nul.
Observant qu'on a identiquement
1 1

f ~(~)s, ~(z)d~ = f ~(z)T, q~(z)dx


0 0

on obtient en tenant compte des dquations (23) o} (24)

~I Cv#P)'v ~--- cxvq#v (~,/*=1 ..... n)


v=l

d'oh rdsulte immddiatement le rdsultat cherch6.

15. Dgsignons par i(x, y) une fonetion ~ laquelle appartient la


transformation S,. •ous allons chercher les conditions clans lesquelles fl
existe une transformation inverse de Si en supposant que i(x, y) devient
infini de telle mani~re que (x ~ y)"i(x, y) reste fini, a grant un hombre in-
fdrieur ~ l'unit6.
Posons
1 1

~(~, y) = f .. f ~(~, t,)i(tl, t2).., i(t~_l, y)dt,.., dt~_l


o o

et
k(~,v) = - - ~ ( z v ) + ~2(~ v) ... + ( - - ) ,~-i(~ v)
nous aurons
s.s,=s,s.=sr
off
f(x, y) = ( - - I)"-1i.(x, y).
Si on a choisi n tel que
I

i,(x, y) ne devient plus infini.


A~ta mathematiea. 27. I m p r i m 6 lo 3 a v r i l 1903, 49
386 Ivar Fredholm.
Pour le ddmontrer observons qu'on peut 6crire
1

I * - - t I~1 t - .vF < I* - y l ~


0

oh ~ ( a , ~) est une fonc~ion finie rant que

o'<a< I, o<fl< I, a+fl< I.

L'in6galit6 (25) se ddmontro facilement en faisant dans l'intdgrale le change-


ment de variable
t=x+ (y-- ~)s.

L'applieation r~p6~e de l'in~galit~ (25) par rapport h l'indgalitd


a
li( z, Y)I < I * - yl"
conduit facflement au r~sultat que
als

li.(~, y) I < i ~_ y I..-.+,


~ n t que

e'est h dire kant que


I
- - ~
~ I ~ a

Soit
i i
I --a I --a

nous aurons
1
a.-1 a. dt Ia
i._tl~.-~)._.+,lt_y 9
0

De eette in6galifA fl vient qu'fl exis~e une limite supdrieure finie pour
i.(x, y).
Sur une classo d'6ctuations fonctionnelles. 387
I6. Les r~sultats ainsi obtenus s'6tendent pr~sque imm6diatement
des transformations plus g6n6rales
1 1

0 0

en admettant que i(x~...x,; yt...y,) devient infmi de mani~re que

r ~. i(x~.., y , . . . )

rdste fini, a grant un nombre convenablement ehoisi, infdrieur ~ n, e t r la


distance des points dont les coordonndes car~dsiennes sont x~...xn et Yl...Y~
respectrivement.
On a ell effet
9 n

X (~,-- w)' > ~


r ,_~(~,-- v,)' -

on
n i

~ >~~l~,-y,I ~
Par eonsdquent il existe un nombre a tel que

Nous dgfinissons de la m~me mani~re qu'auparavant les fonetions i,,


c'est h dire nous posons
1 1

i,(x,.., x,) = f ... f i(~l.., x,; tl... t,)i,-1 (ft... t.)dt,.., dt..
o 0

Par an raisonnement analogue h celui employ6 dans le cas prgcddent nous


arrivons ~t l'indgalit6
ay
I~(x,...x,, v,...y.)l < /La
.~---~,+~

et de cette in6galitg nous tirons le rgsultat que i~ ne devient infini si


I
388 Ivar Fredholm.

1 7. Pour montrer comment ces rdsultats s'appliquent ~ la r6solution


d'une 6quation
s,~(x) = r
je me restreins, pour abr~ger l'6criture, au eas oh i ne d@end que de deux
variables.
Appliquant aux deux membres de l'~quation proposdc la transforma-
tion S~, nous aurons
S~S,~(X) = Xrf(x ) = S~r
Ici f et S~r sont des fonctions finies et fividemment aussi intd-
grables. Par suite nous pouvons appliquer g l'dquation

(~6) sty(x) = s,r


les prpc6dds exposgs dans le paragraphe 2.
Supposons, pour nous placer dans l'hypothgse la plus gdngrale, que
Dw soit nul ainsi que ses mineurs jusqu'h l'ordre n et employons les no-
tat-ions du w 2.
Nous avons en appliquant aux deux membres de l'6quation ( 7 ) l a
transformation pseudo-inverse de S r

sgsrr )= s,r(~) = s~s,r

OU
n

r(x) = sgz.r + Zc~,(x).

S'il existe une solution de l'dquation proposde on peut ddterminer les


coefficients c, de mani~re que SW(x ) soit dgale h r

18. Parmi les cas oh cette ddtermination est possible il y a un qui


me paratt m~riter l'attention. C'est le cas oh l'6quation

S,~,(z) = o

n'admet que la solution


,/,(~) = o.

Nous avons @idemment


8,sr-- sr~.
Sur une classe d'6quations fonctionnelles. 389
Par consequent
n

oh le ddterminant des coefficients p~z est diffdrent de zdro, les fonctions


@~ grant lindairement inclgpenduntes et l'gquation

&~(~) = o

n'admettant que la solution ~(x)~--o.


Le ddterminant des p~ n'6tant pus nul le ddterminant des q~, est
aussi diffdrent de zgro. I1 s'ensuit que l'gquation

T~(~) = o

n'admet que la solution ~(x)----o et que l'on a

s~ v~(x) = o, / (~=' ...... )


(27)
T ~ ( ~ ) = o. !
Cela pos6, mettant
s(z) = &s.r
~OU8 aurons
sr~0(x) = 8rs~skr 8as.r
1

y=l 0

Or on a identiquement
1 1

f0~(~)s~r = f r162 =o.


0 0

Par state
sr~,0(x ) - - & r = o
OU
~(&~0(x)-- r = o
d'oh on conclut

les av dtant des hombres connus.


390 Ivar Fredholm.

Posant maintenant

~(~) = ~o(~) + ~:~(~)


on obtient

v=l y=l =

Or, le ddterminant des coefficients p~ n'dtant pas nul on peut gvidem-


ment d~terminer les c, de mani~re que l'on air

s,~(~) = r
C. Q. F. D.

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