2024
ELABORATION DE
DOSSIERS DE SOUMISSION
ET PROCEDURE DE
PASSATION DES MARCHES
CHARGE DU COURS : Dr OFFALEKE A. Ayodélé Assoumaila
MASTER PROFESSIONNEL GÉNIE CIVIL
TIMOTHÉE NANI
PARTIE A : PROCEDURES DE PASSATION DES MARCHES
1- Les di érents modes de passation des marchés :
L’Appel d’O res Ouverts : Le processus est tout candidat ; tout
fournisseur peut remettre son o re.
L’Appel d’O res Restreint : Seuls les candidats qui y ont été directement
invités par l’autorité contractante, sont invités à soumissionner
Les marchés passés par entente directe : c’est lorsque l’autorité
contractante engage directement les discussions qui lui paraissent utiles
avec les candidats et attribue le marché au candidat qu’elle a retenu. Le
candidat sélectionné sera soumis à un contrôle spécifique des prix de
revient durant l’exécution des prestations.
L’Appel d’O res avec Préqualification : Il est précédé d’une
préqualification dans les cas de travaux importants ou complexes ou,
exceptionnellement, de fournitures de matériels devant être fabriqués sur
commande ou de services spécialisés.
2- Les documents constituant un dossier d’appel d’o res sont :
La lettre d’invitation : c’est le document juridique par lequel l’autorité
contractante informe le public de l’ouverture de la concurrence pour la
réalisation d’un projet. Elle doit être signée par l’autorité contractante.
Règlement de la consultation : Énonce les règles et les procédures à
suivre pour participer à l’appel d’o res, les renseignements sur l’autorité
contractante, y compris les critères de sélection, les modalités de
soumission des o res, les délais, etc.
L’o re technique : Elle présente la méthodologie à utiliser, l’organisation
managériale, la mobilisation du matériel pour réaliser le projet. Modèle de
la proposition technique et les références techniques ; Note stratégique
sur la conception, la méthodologie et le plan de travail ; Observations et
suggestions du soumissionnaire sur les termes de référence ; Composition
et compétence du personnel ; Plan de mobilisation du matériel ; Modèle de
curriculum vitae ; Plan de travail et calendrier du personnel clé ; Plan de
travail et calendrier de mobilisation du matériel.
Les cahiers des clauses administratives générales (CCAG) : fixe les
dispositions administratives applicables à tous les marchés portant sur
une même nature
Les cahiers des clauses techniques générales (CCTG) : fixe
essentiellement les conditions et spécifications techniques applicables à
tous les marchés de même nature
Les cahiers de prescriptions spéciales : fixe les clauses propres à
chaque marché, qui sont établis par l'autorité contractante. Ils
comprennent les clauses administratives particulières et les clauses
techniques particulières.
Modèle de contrat : Présente les termes et conditions contractuels qui
seront applicables en cas d’attribution du contrat.
Bordereau des prix/unités : Détaille les prix unitaires des biens ou des
services à fournir, permettant une évaluation financière précise des o res.
Formulaires de soumission : Documents à remplir par les
soumissionnaires, comprenant souvent une lettre de soumission, une
déclaration d’intérêt, une déclaration de conformité, etc.
Plans et dessins techniques : Fournissent des informations
supplémentaires sur les spécifications du projet, notamment pour les
projets de construction ou d’ingénierie.
3- Les institutions de l’État qui conduisent et réglementent la
commande Public au Togo
a- ARCOP : Autorité de Régulation de la Commande Public. C’est
l’organe de régulation chargé de superviser et de contrôler les
procédures de passation des marchés publics au Togo. Son rôle
est de garantir la transparence, la concurrence et l’équité dans les
processus d’achat public.
- DNCCP : Direction nationale du contrôle de la commande
publique. Elle a pour mission d’assurer le contrôle a priori et a
posteriori des procédures de passation des marchés publics et
des délégations de service public. Suivi de l’exécution des
marchés publics. Attribution, organisation et fonctionnement de
la Direction Nationale du Contrôle des Marchés Publics.
b- L’ARCOP et la DNCCP collaborent avec les autorités
contractantes de di érentes manières pour garantir une gestion
e icace et transparente des marchés publics. Voici quelques
formes de collaboration typiques :
Conseils et orientation : Les institutions de régulation
fournissent des conseils et une orientation aux autorités
contractantes sur les procédures à suivre pour la passation des
marchés, y compris l’élaboration des documents d’appel d’o res,
la définition des critères de sélection, et la conformité avec la
législation en vigueur.
Formation et renforcement des capacités : Elles organisent
des sessions de formation et des ateliers pour les fonctionnaires
des autorités contractantes afin de les sensibiliser aux meilleures
pratiques en matière de passation des marchés et de renforcer
leurs compétences dans ce domaine.
Surveillance et contrôle : Les institutions de régulation
surveillent et contrôlent les activités de passation des marchés
pour s’assurer qu’elles sont menées de manière transparente,
équitable et conforme à la réglementation en vigueur. Elles
peuvent e ectuer des audits et des vérifications pour garantir la
conformité des procédures.
Assistance en cas de litiges : En cas de litiges ou de di érends
liés aux marchés publics, les institutions de régulation
interviennent pour faciliter la résolution des conflits de manière
équitable et e icace, souvent en fournissant des mécanismes de
médiation ou d’arbitrage.
- L’ARCOP et la DNCCP collaborent avec les soumissionnaires de
plusieurs manières pour favoriser la transparence et l’équité dans
les processus d’appel d’o res. Voici quelques formes de
collaboration :
Information et sensibilisation : Les institutions fournissent des
informations claires et précises sur les appels d’o res en cours,
les exigences et les procédures à suivre pour soumissionner. Elles
organisent également des sessions de sensibilisation pour
familiariser les soumissionnaires potentiels avec les règles et les
réglementations en matière de passation des marchés publics.
Assistance technique : Elles o rent une assistance technique
aux soumissionnaires pour les aider à comprendre les
spécifications techniques des projets, à remplir correctement les
documents de soumission et à se conformer aux exigences
légales et réglementaires.
Traitement équitable : Les institutions veillent à ce que tous les
soumissionnaires soient traités de manière équitable et
impartiale pendant tout le processus d’appel d’o res, en
garantissant que les critères de sélection sont appliqués de
manière objective et transparente.
Réception et traitement des plaintes : Elles établissent des
mécanismes permettant aux soumissionnaires de déposer des
plaintes ou des réclamations en cas d’irrégularités ou de
problèmes rencontrés pendant le processus d’appel d’o res. Ces
plaintes sont examinées de manière juste et transparente.
PARTIE B : PREPARATION DE DOSSIERS DE SOUMISSION
1- Les points essentiels à répertorier lors de la lecture de l’Avis
d’Appel d’O re :
- Description du projet à attribuer, y compris les spécifications
techniques et les exigences.
- Date limite de réception des o res (ouverture des plis) et lieu où
les o res doivent être déposées.
- Critères de sélection des o res, tels que les qualifications
requises, les capacités techniques, financières et
professionnelles, ainsi que les modalités d’évaluation.
- Modalités de consultation du dossier d’appel d’o res complet, y
compris les coordonnées pour obtenir plus d’informations.
- Les conditions de participation à l’appel d’o res, y compris toute
exigence de dépôt de garantie, de cautionnement ou de
document administratif requis.
- Les coordonnées de l’entité publique ou privée responsable de
l’appel d’o res, ainsi que les informations sur la procédure de
réclamation ou de recours en cas de litige.
2- Les pièces administratives
Entreprises Nationales
Pièce Importance Procédure
d’acquisition
Il atteste de la Faire une demande à
Le quitus fiscal régularité de la l'O ice Togolais des
situation fiscale Recettes (OTR)
Il démontre
l’engagement de
L’attestation de l’entreprise envers la Faire une demande à
l’inspection du travail responsabilité sociale l’inspection du travail
et des lois sociales et garantie le respect et des lois sociales
des droits des
travailleurs
Elle garantit la
conformité aux
obligations légales en
matière de sécurité
Attestation de la sociale, assure la Faire une demande à
caisse nationale de protection sociale la CNSS
sécurité social des employés, facilite
les transactions
commerciales et
renforce la confiance
des partenaires
commerciaux
Atteste qu’une
Certificat de non- personne ou une Faire une demande
faillite entreprise n’a pas fait au Tribunal de
l’objet de procédures Commerce
de faillite ou de
liquidation judiciaire
Entreprises Internationales
Pièce Importance Procédure
d’acquisition
Confirme la
légitimité, la
conformité aux lois
locales, l’accès aux Faire une demande
avantages fiscaux, la d’inscription à la
Attestation facilitation des RCCM auprès du
d’inscription au transactions Tribunal de
registre du commerce commerciales, la commerce, payer les
protection des droits frais et attendre la
commerciaux et le délivrance de
renforcement de la l’attestation
réputation des
entreprises
internationales sur le
marché local
Atteste qu’une
Certificat de non- personne ou une Faire une demande
faillite entreprise n’a pas fait au Tribunal de
l’objet de procédures Commerce
de faillite ou de
liquidation judiciaire
3- Les caractéristiques du projet qui font sa spécificité
- Réhabilitation et de renforcement du tronçon Atakpamé –Blitta
d’une longueur de 102 km : Lot 1 de 54 Km décomposé en 14 Km
de tranche conditionnelle et 40 Km de tranche ferme ; Lot 2 de 48
Km
- La structure de la chaussée :
Revêtement : 5 cm de Béton bitumineux 0/14
Couche de base : 10 cm de Grave Bitume 0/31,5
Couche de Fondation : 20 cm Graveleux latéritique stabilisé au
ciment par recyclage du revêtement et de la couche de base
existants
- Le profil en traves de la route : en campagne 7 ml pour la
chaussée et 2x1,5 ml pour l’accotement ; en agglomération 9 ml
pour la chaussée et 2x2 ml pour l’accotement
- Le transport des matériaux de construction
- Analyse du trafic : Elle permet de déterminer le volume et le type
de trafic sur la route, en vue de mettre en place des plans de
gestion de la circulation pendant les travaux et l’aménagement
des voies de déviation
- Accessibilité : maintenir en permanence la circulation et l’accès
des riverains en cours de travaux.
- Considérations climatiques : Tenir compte des conditions
climatiques locales lors de la planification et de la conception du
projet
Les compétences en termes d’expérience que doit avoir une
entreprise capable de réaliser ce projet sont :
- Expérience dans la construction routière en zone tropicale
subsaharienne : Une solide expérience dans la construction, la
réhabilitation et la maintenance de routes d’au moins 40 Km est
essentiel (au moins deux projets similaires à ce projet au cours
des cinq dernières année) ; au moins un projet de travaux de
construction ou de réhabilitation et de renforcement de route
bitumée d’au moins 40 Km, avec une couche de fondation en
latérite stabilisée, couche de base en grave bitume et un
revêtement en béton bitumineux et au moins un projet de travaux
d’aménagement et de bitumage de route en zone urbaine (voirie
urbaine) d’au moins deux kilomètres avec revêtement de la
chaussée en béton bitumineux.
- Une équipe d’ingénieurs qualifiés et expérimentés
- Connaissance des matériaux utilisés dans la construction
routière
- Des compétences solides en gestion de projet
- Une entreprise doit avoir des ressources financières su isantes
pour mobiliser les fonds nécessaires à la réalisation du projet, au
moins six milliards pour le lot 1 et cinq milliards pour le lot 2
- Système de contrôle de la qualité
- Sécurité sur le chantier
- Capacité à travailler avec les parties prenantes
- Gestion environnementale
- Gestion des ressources humaines
- Connaissance des réglementations et des normes
Analyse des références spécifiques demandées dans le Dossier
d’Appel d’O res :
Le projet concerne une réhabilitation de route sur 54 Km d’une part
et 48 Km d’autre part ; avec des travails divers comme les travaux
préparatoires, le terrassement, la reconstruction de la chaussée
avec des particularités, l’assainissement et le drainage et plus. Ces
travaux seront exécutés dans une localisation géographique spéciale
avec des conditions environnementales spéciales. Ce qui fait que
dans les références spécifiques, il a été demandé au moins deux (02)
projets de travaux de construction ou de réhabilitation de routes
bitumés d’au moins 40 kilomètres chacune en zone tropicale
subsaharienne au cours des cinq (05) dernières années. Les travaux
doivent être exécutés de manière satisfaisante et terminés, avoir les
mêmes complexités, méthodes d’exécution et technologie que le
présent projet.
Il a été aussi demandé au moins un (1) projet de travaux de
construction ou de réhabilitation et de renforcement de route
bitumée d’au moins 40 Km, avec une couche de fondation en latérite
stabilisée, couche de base en grave bitume et un revêtement en
béton bitumineux et au moins un (1) projet de travaux
d’aménagement et de bitumage de route en zone urbaine (voirie
urbaine) d’au moins deux kilomètres avec revêtement de la chaussée
en béton bitumineux. Cela en vue de s’assurer de la maîtrise de la
méthodologie, les technologies récentes de construction.
Les ressources humaines demandés dans les références sont
justifiées par la complexité du projet donc il faudrait un personnel
possédant beaucoup d’années d’expériences et aussi les
compétences spécialisées.
4- Les points importants que doit présenter la méthodologie de
travail :
- L’évaluation initiale de l’état de la route
- La méthodologie d’installation du chantier, d’installations et
équipements des bureaux de l'Administration, de la mission de
contrôle et des laboratoires
- La méthodologie d’aménagement des voies de déviation
- La planification détaillée des travaux : Développer un plan détaillé
des travaux préparatoire, du terrassement, de la réalisation de la
chaussée et du revêtement, de la réalisation des ouvrages
d’assainissement et de drainage, en définissant les étapes
spécifiques de touts travaux
- Le choix des méthodes et des matériaux qui seront mises en
œuvre pendant les travaux
- Développer un plan de gestion de la circulation, les déviations
- Mettre en place des procédures de contrôle de la qualité des
matériaux et des travaux réalisés
- Un plan de communication et de coordination e icace entre
toutes les parties prenantes impliquées dans le projet
- Les mesures de protection de l’environnement, de la sécurité des
travailleurs et de gestion des risques
- Un plan de suivi et de contrôle des coûts et des délais
- Un plan de repliement du chantier
5- Les éléments caractéristiques du projet qui peuvent influencer le
coût du projet
- État actuel de la route : L'état initial de la route, y compris le
niveau de détérioration, les dommages structurels et les
problèmes de drainage, peut influencer les travaux de
réhabilitation nécessaires et donc les coûts associés.
- Portée des travaux : La portée des travaux de réhabilitation, tels
que le reprofilage de la chaussée, la reconstruction des trottoirs
et de la chaussée et l'installation de nouveaux systèmes de
drainage, aura un impact direct sur les coûts du projet.
- Dimension et configuration de la route : La longueur, la largeur et
la configuration de la route à réhabiliter peuvent influencer les
quantités de matériaux nécessaires, la durée des travaux et donc
les coûts associés.
- Conditions du site : Les conditions géographiques et
environnementales du site, telles que le relief, la présence de
cours d'eau ou de zones humides, peuvent nécessiter des travaux
de terrassement et de drainage supplémentaires, ce qui peut
influencer les coûts du projet.
- Accès et logistique : L'accessibilité au site de travail, les
restrictions de circulation et les contraintes logistiques peuvent
a ecter les coûts liés au transport des matériaux, à la gestion des
déchets et à la coordination des équipes sur le chantier.
- Réglementations et normes : La conformité aux réglementations
locales et aux normes de construction peut entraîner des coûts
supplémentaires liés à la documentation, aux permis et aux
inspections régulières.
- Échéancier du projet : Les délais impartis pour la réalisation du
projet peuvent influencer les coûts, notamment les coûts
supplémentaires associés à des travaux accélérés ou à des
heures supplémentaires de travail
- Coûts d'ingénierie et de conception : Les coûts associés à
l'ingénierie, à la conception et à la supervision des travaux sont
répartis sur la quantité de travail e ectué pour calculer les coûts
unitaires. Cela comprend les honoraires des ingénieurs, les
études de conception et les plans détaillés.
- Coûts de maintenance et de durabilité : Intégrer des techniques
de construction durables peut entraîner des coûts initiaux plus
élevés, mais des coûts de maintenance à long terme réduits. Ces
coûts sont pris en compte dans les coûts unitaires pour évaluer la
durabilité et la rentabilité à long terme du projet.
- Coûts d'achat de matériaux : Les prix des matériaux de
construction peuvent varier en fonction de la disponibilité sur le
marché, de la demande régionale et des conditions économiques.
Une évaluation précise de ces coûts est essentielle pour calculer
les coûts unitaires.
- Coûts de coordination et de communication : La coordination
entre les parties prenantes du projet et la communication avec les
résidents locaux peuvent entraîner des coûts supplémentaires,
tels que les réunions publiques, les notifications de travaux et les
services de gestion de projet. Ces coûts sont inclus dans les
coûts unitaires pour assurer une communication e icace tout au
long du projet