C ONCOURS GÉNÉRAL DES LYCÉES - S ESSION 2023 3.
On considère dans cette question, pour tout entier n Ê 1, l’équation :
1 2
z3 + z −1 = 0
1 Problème 1 : Soyons rationnels ! n
d’inconnue z.
Pour tout entier n Ê 1, on note v(n) le plus grand entier k tel que 2nk soit un entier.
On définit la suite (un )nÊ1 par récurrence, en posant u1 = 1 puis, pour tout entier n Ê 2, a. Soit n un entier naturel non nul.
( i. Étudier les variations de la fonction z 7→ z 3 + n1 z 2 − 1 sur l’intervalle [0, +∞[.
0 si un−1 = 0
un = ii. En déduire que cette équation admet une unique solution réelle positive, on la note
1
1 + 2v(n) − un−1 si un−1 6= 0 zn . Démontrer que zn appartient à l’intervalle ]0, 1[.
b. Démontrer que la suite (zn )nÊ1 est convergente.
1. Donner la valeur des entiers v(1), v(2), v(3) et v(4).
¡n¢
3
On pourra s’intéresser au signe du réel zn+1 + n1 zn+1
2
− 1.
2. Démontrer, pour tout entier n Ê 1, que v(n) = 0 si n est impair et que v(n) = v + 1 si n est
2 c. On note z∞ la limite de la suite (zn )nÊ1 .
pair.
Démontrer que z∞ est solution de l’équation z 3 − 1 = 0.
3. Calculer les huit premiers termes de la suite (un )nÊ1 et vérifier que u8 = 4.
4. On considère dans cette question, pour tout entier n Ê 1, l’équation :
4. Démontrer, pour tout entier n Ê 1, que un est un nombre rationnel strictement positif, que
u2n = un + 1 et que u2n+1 = uun +1
n
. 1 3
t − t2 −1 = 0
n
5. Démontrer que tout nombre rationnel strictement positif est égal à un terme un .
d’inconnue t .
6. Démontrer que tout nombre rationnel strictement positif est égal à un unique terme un .
a. Soit n un entier naturel non nul. Démontrer que cette équation admet une unique solu-
tion réelle, on la note tn .
2 Problème 2 : Limite sympathique !
b. La suite (tn )nÊ1 est-elle convergente ? Si oui, quelle est sa limite ?
2.1 Quelques exemples
2.2 Polynômes sympathiques
1. On considère dans cette question, pour tout entier n Ê 1, l’équation :
Dans les deux prochaines parties, on considère un entier d Ê 1. La fonction P est un polynôme
2 1 de degré au plus d s’il existe des réels a0 , a1 , . . . , ad tels que :
x + x −1 = 0
n
P (x) = ad x d + ad −1 x d −1 + · · · + a2 x 2 + a1 x + a0
d’inconnue x.
pour tout réel x.
a. Soit n un entier naturel non nul. Démontrer que cette équation admet une unique solu- Soit P : x 7→ ad x d + ad −1 x d −1 + · · · + a2 x 2 + a1 x + a0 un polynôme de degré au plus d. On dit que :
tion réelle positive ; on la note xn . Exprimer xn en fonction de n.
b. Démontrer que la suite (xn )nÊ1 converge, on note x∞ sa limite. ⊲ P est initialement sympathique si a0 = −1 et si ak Ê 0 pour tout entier k tel que 1 É k É d ;
2 ⊲ P est faussement sympathique si a0 = −1 et si ak É 0 pour tout entier k tel que 1 É k É d ;
c. Démontrer que x∞ est solution de l’équation x − 1 = 0.
2. On considère dans cette question, pour tout entier n Ê 1, l’équation : ⊲ P est vraiment sympathique si a0 = −1 et s’il existe un entier k tel que 1 É k É d − 1 et pour
lequel a1 É 0, a2 É 0, . . . , ak É 0 et ak+1 > 0, ak+2 Ê 0, . . . , ad Ê 0.
1 2
y − y −1 = 0 Enfin, on dit que P est sympathique s’il est initialement, faussement ou vraiment sympathique.
n
d’inconnue y. 5. Quels sont les polynômes qui sont à la fois faussement sympathiques et initialement sym-
pathiques ?
a. Soit n un entier naturel non nul. Démontrer que cette équation admet une unique solu-
6. Démontrer que tout polynôme faussement sympathique est
tion réelle positive, on la note y n .
b. Démontrer que la suite y n nÊ1 diverge. a. strictement négatif sur l’intervalle [0, +∞[ ;
¡ ¢
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b. décroissant sur l’intervalle [0, +∞[. b. En déduire que la suite (xn )nÊ1 converge vers x∞ .
7. Soit P un polynôme vraiment sympathique et initialement sympathique. 13. On suppose dans cette question que le polynôme P ∞ est faussement sympathique. Démon-
trer que (xn )nÊ1 diverge vers +∞.
a. Démontrer que P est strictement croissant sur l’intervalle [0, +∞[ ;
14. Retrouver les résultats de la première partie.
b. Démontrer que l’équation P (x) = 0 admet une unique solution strictement positive.
8. Soit P un polynôme vraiment sympathique mais pas initialement sympathique. 3 Problème 3 : Polynômes et polygones réguliers
a. Démontrer qu’il existe un réel b > 0, un entier ℓ Ê 0 et un polynôme Q vraiment sympa-
Le plan est rapporté à un repère orthonormé R = (O;~ı,~).
thique tels que :
Soit k un entier tel que k Ê 3. Les points M1 , M2 , . . . , Mk sont les sommets d’un polygone régulier
P ′ (x) = bx ℓ Q(x)
de centre O si ces points
pour tout réel x.
⊲ sont deux à deux distincts,
b. Démontrer qu’il existe un réel r > 0 tel que le polynôme P vérifie les quatre propriétés
⊲ apparaissent dans le sens trigonométrique (c’est-à-dire le sens contraire des aiguilles d’une
suivantes :
montre) sur un même cercle de centre O, et
⊲ P est décroissant sur l’intervalle [0, r ] ;
⊲ vérifient l’égalité M1 M2 = M2 M3 = · · · = Mk−1 Mk = Mk M1 . En particulier, pour k = 3, il s’agit
⊲ P est strictement croissant sur l’intervalle [r, +∞[ ; d’un triangle équilatéral ; pour k = 4, il s’agit d’un carré.
⊲ P est strictement négatif sur l’intervalle [0, r ] ;
Pour tout entier d Ê 0, une fonction P est un polynôme de degré d s’il existe des réels a0 , a1 , . . . , ad
⊲ l’équation P (x) = 0 admet une unique solution dans l’intervalle [r, +∞[.
tels que ad 6= 0 et
9. Quels sont les polynômes sympathiques P pour lesquels l’équation P (x) = 0 admet au moins P (x) = ad x d + ad −1 x d −1 + · · · + a2 x 2 + a1 x + a0
une solution strictement positive ? Donner, dans ce cas, le tableau de signes de P sur l’inter- pour tout réel x ; on pourra admettre que, pour un tel polynôme, l’équation P (x) = 0 admet au
valle [0, +∞[. plus d solutions réelles.
Quant à elle, la fonction P : x 7→ 0 est appelée le polynôme nul.
2.3 De la suite dans les idées Enfin, étant donné un polynôme P (nul ou non), on note C P la courbe représentative de P dans
le repère R.
On considère désormais des polynômes vraiment sympathiques P 1 , P 2 , . . . Puisque ces poly-
nômes sont de degré au plus d, on peut écrire chaque polynôme P n sous la forme :
3.1 Triangles équilatéraux
d d −1 2
P n : x 7→ ad ,n x + ad −1,n x + · · · + a2,n x + a1,n x + a0,n 1. Soit P un polynôme de degré 1. Existe-t-il un triangle équilatéral dont les sommets appar-
tiennent à C P ?
On suppose en outre, pour tout entier k tel que 0 É k É d, que la suite ak,n est convergente,
¡ ¢
nÊ1
2. On considère les points :
on note ak,∞ sa limite. Ã p ! p ! p !
On considère alors le polynôme P ∞ défini par :
à Ã
3 3 2 3
A 1, , B −1, et C 0, −
3 3 3
P ∞ : x 7→ ad ,∞ x d + ad −1,∞ x d −1 + · · · + a2,∞ x 2 + a1,∞ x + a0,∞
a. Démontrer que A, B et C sont les sommets d’un triangle équilatéral de centre O.
Enfin, pour tout entier n Ê 1, on note xn l’unique solution strictement positive de l’équation b. Démontrer que les points A, B et C appartiennent à la courbe représentative du poly-
P n (x) = 0. Ci-dessous, on étudie la convergence éventuelle de la suite (xn )nÊ1 . nôme : p
3¡ 2
Q : x 7→ 3x − 2
¢
10. Soit t un réel fixé. Démontrer que la suite (P n (t ))nÊ1 converge vers P ∞ (t ). 3
11. Démontrer que le polynôme P ∞ est sympathique. c. Démontrer que les points A, B et C appartiennent à la courbe représentative du poly-
12. On suppose dans cette question que le polynôme P ∞ est vraiment sympathique, et on note nôme : p
3¡ 2
x∞ l’unique solution strictement positive de l’équation P ∞ (x) = 0. R : x 7→ 3x − 2 + x x 2 − 1
¢ ¡ ¢
3
a. Soient u et v deux réels tels que 0 < u < x∞ < v. Démontrer qu’il existe un entier Mu,v tel d. Démontrer que, pour tout entier d Ê 2, il existe un polynôme de degré d dont la courbe
que P n (u) < 0 < P n (v) pour tout entier n Ê Mu,v . représentative contient les points A, B et C .
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3.2 Carrés de centre O 3.4 Où l’on prouve que tout entier d Ê k − 1 convient
Dans les questions 3. et 4., on considère un polynôme P et un carré ABC D de centre O dont les On suppose dans cette partie que les abscisses xi sont deux à deux distinctes et on veut démon-
quatre sommets appartiennent à C P . trer que, pour tout entier d Ê k − 1, il existe un polynôme de degré d dont la courbe contient les
points M1 , M2 , . . . , Mk .
3. a. Exprimer les coordonnées des points B, C et D en fonction de celles de A. Démontrer que
les abscisses de A, B, C et D sont distinctes et non nulles. 7. Soient a et b deux réels. Dans le repère R, on considère les points :
b. Démontrer que P est non nul et que son degré vaut au moins 3.
4. On suppose dans cette question qu’il existe des réels a, b et c tels que : A(cos(a), sin(a)) , B(cos(a + b), sin(a + b)) et C (− sin(a), cos(a))
−−→ −−→
P : x 7→ x 3 + ax 2 + bx + c a. Démontrer que le repère R ′ = (O; O A, OC ) est orthonormé.
a. Démontrer que a = 0 et c = 0. b. Quelles sont les coordonnées du point B dans le repère R ′ ?
b. Démontrer que les abscisses respectives de A, B, C et D sont solutions de l’équation : c. En déduire que :
P (P (x)) + x = 0 cos(a + b) = cos(a) cos(b) − sin(a) sin(b);
c. Démontrer que le polynôme : cos(a − b) = cos(a) cos(b) + sin(a) sin(b).
Q : x 7→ x 4 + 3bx 3 + 3b 2 x 2 + b b 2 + 1 x + b 2 + 1
¡ ¢
8. On considère la suite de polynômes définie par T0 : x 7→ 1, T1 : x 7→ x et
admet au moins deux racines positives distinctes.
Tn+2 : x 7→ 2xTn+1 (x) − Tn (x)
d. Démontrer que b < 0.
e. On suppose qu’il existe deux réels α et β tels que 0 < α < β et pour tout entier n Ê 0.
2 2
Q(x) = (x − α) (x − β) a. Démontrer que Tn (cos(θ)) = cos(nθ) pour tout entier n Ê 0 et tout réel θ.
p
pour tout réel x. Démontrer qu’alors b = − 8, puis déterminer les valeurs de α et β. b. Soit θ un réel, et soient ℓ Ê 1 et j Ê 0 deux entiers. Démontrer que :
5. a. Démontrer qu’il existe un polynôme P de degré 3 et un carré ABC D de centre O dont les 2j π 2j π 2j π
µ µ ¶¶ µ ¶ µ ¶
sommets appartiennent à C P . Tℓ−1 cos θ + − cos(ℓθ) cos θ + = sin(ℓθ) sin θ +
ℓ ℓ ℓ
b. Pour quels entiers d existe-t-il un polynôme de degré d dont la courbe représentative
contient les points A, B, C et D obtenus en question 5.a. ? c. Démontrer que, pour tout entier d Ê k −1, il existe un polynôme de degré d dont la courbe
contient les points M1 , M2 , . . . , Mk .
3.3 Où l’on prouve que d Ê k − 1
Soit M1 M2 · · · Mk un polygone régulier de centre O. On suppose dans cette question qu’il existe
un polynôme P , de degré d, dont la courbe contient les points M1 , M2 , . . . , Mk . On souhaite alors
démontrer que d Ê k¡ − 1. ¢
Pour tout i , on note xi , y i les coordonnées de Mi dans le repère R.
6. a. Pourquoi peut-on supposer que x1 est inférieur ou égal à x2 , x3 , . . . , xk et que y 1 É 0 ?
b. Démontrer que les abscisses xi sont deux à deux distinctes et que les ordonnées y i sont
non nulles.
c. Démontrer qu’il existe un nombre réel R > 0 et un nombre réel θ appartenant à l’intervalle
]0, π/k[ tels que x1 = −R cos(θ) et y 1 = −R sin(θ).
d. Démontrer que x1 < xk < x2 < xk−1 < x3 < xk−2 < · · ·
e. Démontrer que P admet une racine sur chacun des k − 1 intervalles :
]x1 , xk [ , ]xk , x2 [ , ]x2 , xk−1 [ , ]xk−1 , x3 [ , ]x3 , xk−2 [ , . . .
f. En conclure que d Ê k − 1.
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