Memoire
Memoire
1
Je tiens à exprimer ma sincère gratitude envers mon
professeur, Mr. Alj Abdelkamel à la FSJES Meknès, pour sa
patience, sa disponibilité et surtout ses judicieux conseils, qui
ont contribué à alimenter mes réflexions.
2
Dans le cadre de notre projet de fin d’étude sur l'intelligence artificielle (IA)
dans le secteur de l'assurance, nous avons examiné en profondeur l'impact de
cette technologie sur les pratiques et les services de l'industrie. Notre analyse a
couvert différents aspects, notamment l'utilisation de l'IA dans la gestion des
risques, l'optimisation des processus et l'amélioration de l'expérience client.
Nous avons mis en évidence les avantages de l'IA, tels que son potentiel pour la
détection de la fraude et l'amélioration de l'efficacité opérationnelle, tout en
reconnaissant les défis éthiques et réglementaires associés à son utilisation. En
outre, nous avons étudié comment l'IA transforme les pratiques professionnelles
et redéfinit les normes de l'industrie. Notre analyse s'est appuyée sur une
approche méthodologique rigoureuse, combinant une revue de la littérature
existante et des exemples concrets tirés du secteur de l'assurance. Cette étude
vise à fournir un aperçu complet des opportunités et des défis que l'IA présente
pour le secteur de l'assurance, soulignant son importance croissante pour la
compétitivité et la pertinence dans un paysage économique en évolution
constante.
3
Sommaire
Introduction Générale 7
Chapitre 1 : Usages de l’intelligence artificiel dans le domaine de l’assurance de
dommages et de l’indemnisation 10
2. Rôles de l’assurance 13
4
Le dépôt des demandes d’indemnisation 20
1. L'IA Générative pour l'Amélioration de la Recherche d'Informations dans les Bases de Données
26
35
1. Les tendances actuelles et futures de l'utilisation du big data par les assureurs 36
2.1. Optimisation des Opérations d'Assurance : Le Data Mining avec IBM SPSS
Modeler 37
2.2. Réinventez votre stratégie d'entreprise : Le potentiel du CRISP-DM et des solutions IBM
SPSS 38
Conclusion Générale 43
Bibliographie 44
6
Introduction Générale
Ces dernières années, l'Intelligence Artificielle (IA) suscite un engouement sans précédent
grâce à des progrès technologiques majeurs, notamment dans le domaine de l'apprentissage
machine, qui élargissent les capacités des ordinateurs et améliorent leurs performances dans
de nombreux domaines tels que le traitement du langage, la compréhension de la parole, la
reconnaissance d'images, la robotique, etc. Ces avancées ouvrent des perspectives
considérables en matière d'innovation technologique et d'automatisation dans le milieu
professionnel. Les compagnies d'assurance, notamment celles orientées vers l'innovation,
embrassent également la transformation numérique. Elles consacrent des ressources
croissantes à la technologie et intègrent des solutions de pointe dans leurs processus de
production : standardisation de certaines opérations, automatisation des pratiques,
amélioration de l'expertise et évaluation des dommages optimisées, etc. 1
L'IA sera un outil essentiel pour les compagnies d'assurance, les aidant à analyser et évaluer
les risques dès le départ. Une bonne connaissance du risque est essentielle, et les big datas,
passés à travers l'IA, joueront un rôle clé : données cartographiques, images satellites,
données publiques ou fournies par les utilisateurs, données des équipements connectés, etc.
Cela permettra à l'IA de mieux comprendre les situations et de prédire les événements futurs
tels que les inondations, l'usure des pièces, ou d'autres risques potentiels.3
L'impact potentiel de l'intelligence artificielle (IA) dans le secteur de l'assurance va bien au-
delà de simples améliorations opérationnelles. En effet, cette technologie révolutionnaire
redéfinit fondamentalement la façon dont les compagnies d'assurance interagissent avec leurs
clients, gèrent les risques et innovent dans un marché en constante évolution. L'IA offre la
possibilité de prédire et de prévenir les risques de manière proactive, tout en permettant une
analyse approfondie des données pour une gestion plus efficace des sinistres et une
7
personnalisation accrue des produits d'assurance. De plus, l'automatisation des processus
permet aux assureurs de gagner en efficacité tout en offrant une expérience client plus fluide
et intuitive.3
Introduction Générale
En tant que catalyseur de changement, l'IA et le Data Mining soulèvent également des
questions éthiques et réglementaires cruciales. La confidentialité des données, la transparence
des algorithmes et la responsabilité en cas d'erreur ou de biais algorithmique sont autant de
défis que les compagnies d'assurance doivent relever pour garantir la confiance des clients et
assurer une utilisation éthique de ces technologies émergentes.3
Problématique :
À travers les différents chapitres de ce mémoire, nous examinons les fondements des
assurances, l'évolution de l'intelligence artificielle dans le secteur de l'assurance, ainsi que les
implications du Data Mining et de l'innovation numérique. Des études de cas telles que celles
menées par AXA illustrent comment les partenariats technologiques et l'innovation numérique
peuvent transformer les pratiques professionnelles et améliorer les services aux assurés.
Méthodologie de travail :
8
Introduction Générale
Structure du travail :
Pour y parvenir, nous avons opté pour trois (3) chapitres distincts :
-Dans le premier chapitre, nous avons mis la lumière sur l'usages de l’intelligence artificiel
dans le domaine de l’assurance de dommages et de l’indemnisation.
- Dans le troisième chapitre, nous allons parler de l’impact transformateur du Data Mining
dans le Secteur de l'Assurance : Révolution Analytique pour la Prévention et la Détection de
Fraude - Étude de Cas AXA et Déploiement Innovant avec Microsoft et AXA Secure GPT.
9
Chapitre 1 :
10
Dans ce chapitre, nous explorerons les usages de l'intelligence artificielle (IA) dans le
domaine de l'assurance de dommages et de l'indemnisation. Nous commencerons par
examiner les fondements des assurances et les concepts clés de l'IA dans ce secteur,
notamment en définissant les différents types d'assurances et en présentant les services
essentiels de l'assurance. Ensuite, nous nous pencherons sur l'évolution de l'IA dans ce
domaine, en mettant en lumière son rôle crucial dans les parcours de souscription, la détection
de la fraude et la gestion des sinistres. Enfin, nous aborderons les défis, les limites et les
risques associés à l'utilisation de l'IA dans le domaine de l'assurance et de l'actuariat,
soulignant les enjeux à considérer dans l'application de cette technologie.
Dans le cadre de mon stage au sein de l’agence assurances SANLAM qui est le leader de
l'assurance non-vie au Maroc et détient également la première place en assurance automobile
et en assurance santé, j'ai eu l'opportunité d'explorer de près les fondements des assurances.
J'ai appris que L'assurance représente un service offrant une prestation en cas de réalisation
d'un événement incertain et aléatoire, communément désigné comme un « risque ». Cette
prestation, souvent de nature financière, peut être accordée à un individu, une association ou
une entreprise moyennant le paiement d'une cotisation ou prime. De manière élargie,
l'assurance englobe le secteur économique regroupant les activités de conception, de
production et de commercialisation de ce service spécifique.4
L'assurance constitue une branche financière dédiée à la gestion des risques encourus par les
acteurs économiques, qu'ils soient individus ou entreprises. Elle remplit deux fonctions
fondamentales : la protection contre les risques eux-mêmes et la réallocation de l'épargne dans
l'économie. Les compagnies d'assurance déploient leur expertise dans deux domaines
principaux : la gestion des risques et la gestion financière. Au cœur de leur activité se trouve
la gestion du risque, ce qui fait d'elles des spécialistes dans ce domaine. En plus de fournir
une protection contre les aléas de la vie, les assureurs proposent également des moyens pour
11
atténuer les risques eux-mêmes. Ils contribuent à la compréhension des risques et à la
diffusion de méthodes et d'outils efficaces tels que les normes de construction dans les zones
sismiques, le port du casque, les normes de fabrication et le contrôle de la chaîne de
production. Pour gérer ces risques, l'assurance s'appuie principalement sur les statistiques, en
se fondant sur le principe de la loi des grands nombres.4
D’un point de vue juridique, « L’assurance est une convention par laquelle, en contrepartie
d’une prime, l’assureur s’engage à garantir le souscripteur en cas de réalisation d’un risque
aléatoire prévu au contrat, moyennant le paiement d’un prix appelé prime ou cotisation ». 4
L'assurance, selon M. Joseph Hemard, est un processus où l'assuré, moyennant une prime,
obtient une protection contre les risques pour lui-même ou pour autrui. L'assureur, en prenant
en charge divers risques et en les compensant selon les lois statistiques, organise une
mutualité couvrant de nombreux assurés. En cas de sinistre, les assurés sont indemnisés grâce
aux primes collectées, ce qui permet aux assureurs d'équilibrer leurs comptes. En résumé,
l'assurance compense les aléas du destin sur le patrimoine humain par le biais d'une mutualité
organisée selon les lois de la statistique.4
Assurance de Assurance
personnes dommage
Assurance de Assurance de la
Assurance de
Assurance vie dommage responsabilité
biens
corporels civile
2. Rôles de l’assurance
Mon immersion au sein de l’agence assurances SANLAM m'a également permis de saisir les
rôles sociaux et économiques significatifs joués par l'assurance. En travaillant sur des projets
liés à la protection sociale et à la prévention des risques, j'ai constaté comment les compagnies
d'assurance complètent les initiatives de l'État en matière de santé, de retraite et de
dépendance.4
Ce rôle englobe diverses fonctions telles que la protection sociale, où les assurances privées
complètent les initiatives de l'État en matière de santé, de retraite et de dépendance, et la
prévention, où les assureurs sensibilisent les assurés aux risques et les incitent à adopter des
comportements prudents pour éviter les sinistres. De plus, l'assurance assure une fonction
réparatrice en indemnisant les préjudices causés par la réalisation des risques, permettant ainsi
aux assurés de maintenir l'équilibre de leur patrimoine. Elle peut également garantir la
réparation des préjudices subis par des tiers, comme dans le cas des assurances de
responsabilité obligatoires, offrant ainsi une protection étendue à l'ensemble de la société. En
parallèle, sur le plan économique, l'assurance sécurise les activités des acteurs économiques
en leur fournissant des capacités de financement nécessaires à leur développement et à leur
stabilité.
13
Ces deux dimensions démontrent l'importance et la diversité des rôles que joue l'assurance
dans la société contemporaine.4
Le rôle économique de l'assurance est crucial dans la gestion des risques pour les acteurs
économiques. En tant qu'industrie financière, elle assume plusieurs fonctions essentielles.
Tout d'abord, elle agit comme un dispositif d'épargne en collectant des primes des assurés et
en redistribuant ces fonds sous forme de prestations aux sinistrés. En parallèle, elle garantit
les investissements en offrant une assurance nécessaire à la réalisation de projets
d'investissement, sans laquelle les entrepreneurs et les banquiers hésiteraient à engager des
capitaux. De plus, l'assurance crée une capacité de financement en percevant des cotisations
avant que les risques ne se matérialisent, ce qui permet aux compagnies d'assurance de
contribuer à l'activité économique en effectuant des placements financiers. Enfin, elle
constitue un moyen de crédit en renforçant les garanties offertes aux créanciers et en facilitant
l'accès au crédit pour les assurés. En somme, l'assurance joue un rôle essentiel dans
l'économie en sécurisant les investissements, en fournissant des ressources financières et en
favorisant le crédit, ce qui contribue à la croissance économique. Son évolution de simple
outil social vers un acteur financier majeur souligne son importance dans le fonctionnement
des économies modernes.4
Pendant mon stage à l'agence d'assurance SANLAM, j'ai pu enrichir mes connaissances sur
les services de l'assurance tels que :
Ce service gère les problèmes auxquels sont confrontés les clients assurés, tels que les
accidents de la route, les accidents du travail, les vols, etc. Il est divisé en deux catégories
principales de sinistres : les sinistres matériels et les sinistres corporels :
Sinistres matériels
Cela peut résulter d'une collision impliquant deux voitures ou plus, entraînant des dommages
matériels. Il est donc nécessaire de déterminer la responsabilité de chaque partie impliquée
afin de procéder à une indemnisation conforme à la garantie souscrite.
Sinistres corporels :
14
Dès qu'un sinistre impliquant des dommages matériels survient, la personne concernée doit en
informer l'agent en remplissant un formulaire de déclaration d'accident. En fonction de la
gravité de la déclaration, la compagnie d'assurance décide de désigner ou non un expert pour
évaluer les dommages.
Étant donné que les contrats d'assurance automobile sont les plus fréquents, il est devenu
essentiel de leur attribuer un service dédié. Ce service offre aux clients la possibilité de
souscrire une assurance pour leur véhicule et de renouveler leur police d'assurance.
L'assurance maladie complémentaire (AMC) est une prestation gratuite, ne nécessitant aucune
souscription préalable. Elle constitue un complément à l'assurance maladie de base
AMO/CNOPS, couvrant le remboursement et/ou la prise en charge des frais médicaux restant
à la charge des bénéficiaires. Cette assurance intervient notamment dans les cas suivants :
Affections graves et/ou chroniques : incluant les maladies de longue durée (ALD) et les
affections lourdes et onéreuses (ALC) prises en charge par l'AMO-CNOPS.
Le journal des opérations diverses, également connu sous le nom de journal des OD, constitue
un document complémentaire au journal général de comptabilité. Il est destiné à enregistrer
les opérations comptables qui ne sont pas liées au journal des achats, au journal des ventes, ni
aux journaux de trésorerie. Ce journal des opérations diverses permet l'enregistrement
d'opérations telles que les mouvements de TVA, les provisions, les transactions salariales,
ainsi que les corrections d'erreurs de saisie. Il convient de noter que la tenue d'un journal
comptable est une exigence légale pour les entreprises relevant du régime réel, dans le but de
suivre toutes leurs opérations financières.
15
objectif est de permettre à une machine d'accomplir des tâches traditionnellement réservées à
l'intervention humaine. Actuellement, l'IA s'appuie principalement sur des technologies telles
que le Machine Learning (apprentissage automatique) et le Deep Learning (apprentissage en
profondeur), des algorithmes permettant de réaliser des prévisions ou de prendre des décisions
de manière automatisée. Ces algorithmes possèdent une capacité d'apprentissage qui les rend
de plus en plus performants et précis au fil du temps.5
De plus, elle permet aux assureurs de mieux comprendre les besoins de leurs clients, ce qui
peut se traduire par des tarifs plus compétitifs et des processus de souscription simplifiés. De
nombreux assureurs ont déjà adopté l'IA, et son intégration ne cesse de croître.3
L'impact de l'intelligence artificielle dans le secteur des assurances est significatif. Tout
d'abord, elle agit comme un outil essentiel pour les compagnies d'assurance, facilitant
l'analyse et l'évaluation des risques associés à leurs polices. Les données massives traitées par
l'IA, telles que les données cartographiques, les images satellites et les informations fournies
par les utilisateurs, permettent une meilleure compréhension des risques et une prédiction plus
précise des événements futurs, comme les inondations ou l'usure d'équipements. 3
Enfin, les législateurs commencent à développer des règles spécifiques concernant l'utilisation
de l'IA dans le secteur de l'assurance. L'analyse automatique des sinistres, basée sur des
photos envoyées par les assurés et des données historiques, révolutionne la manière dont les
compagnies d'assurance évaluent et traitent les réclamations.3
16
En résumé, l'intégration de l'IA dans le domaine de l'assurance ouvre de nouvelles possibilités
pour les assureurs et les assurés, mais soulève également des défis en termes d'équité, de
transparence et de réglementation.3
L'une des principales applications de l'IA réside dans l'amélioration et l'accélération les
parcours de souscription de contrats d’assurance. C'est pourquoi l'IA et le machine Learning
sont déjà largement intégrés dans les parcours de souscription de la plupart des assureurs.
L'avantage clé de l'intelligence artificielle dans ces parcours réside dans sa capacité à
automatiser le traitement des documents, ce qui réduit considérablement le temps et les
ressources nécessaires à la validation des dossiers indispensables à la souscription de contrats
d'assurance. Par conséquent, l'intelligence artificielle contribue significativement à améliorer
l'expérience et la satisfaction client. Il est également important de noter que l'IA ne se limite
pas au processus de souscription des contrats d'assurance, mais qu'elle joue également un rôle
majeur dans la détection de la fraude et la gestion des sinistres.6
La lutte contre la fraude à l’assurance représente un enjeu majeur pour les compagnies
d'assurance et constitue l’une des principales sources de méfiance des assureurs envers les
assurés. La fraude se manifeste lorsque des individus ou des entités tentent de tromper les
compagnies d’assurance pour obtenir des compensations ou des avantages indus. Deux types
de fraudes sont généralement distingués : la fraude à l’assurance dure, qui survient lorsque des
individus simulent intentionnellement un accident, et la fraude à l’assurance douce, qui se
produit lorsque des demandes d'indemnisation valides sont altérées ou falsifiées.7
17
de la fraude, bien que cela puisse parfois donner l’impression qu'elles cherchent à refuser
systématiquement les demandes d’indemnisation.7
L'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) offre des solutions efficaces pour réduire le
risque et le coût de la fraude à l’assurance, tout en contribuant à restaurer la confiance entre
les assureurs et les assurés. Grâce à des techniques avancées d'analyse de données, l'IA permet
aux assureurs de détecter les comportements frauduleux avant même qu'une tentative de
fraude ne se concrétise. Ces outils fournissent des résultats précis dans des délais
considérablement réduits par rapport aux méthodes traditionnelles.7
Par exemple, la solution Shift Claims Fraud Detection développée par la start-up française
Shift Technology a révélé des schémas de fraude difficiles à détecter auparavant. Cette
solution repose sur un algorithme capable d'observer les modèles de comportement
frauduleux, de repérer les anomalies et d'apprendre de ses résultats.7
De plus, les techniques d'analyse et de traitement d'images par l'IA permettent de vérifier
l'authenticité des pièces justificatives fournies par les assurés, en détectant toute altération ou
manipulation. Enfin, la comparaison des photos associées à une réclamation avec des photos
de sinistres frauduleux antérieurs constitue une autre approche de prévention de la fraude.
18
déplacement et le travail d'un ou de plusieurs experts. L'IA peut grandement assister ces
experts en améliorant l'analyse des données et en accroissant la précision de la gestion des
sinistres. Les algorithmes d'IA sont ainsi d'une grande utilité pour faciliter ou approfondir le
travail des experts. De plus, certains sinistres pourront être entièrement pris en charge par
l'IA, ce qui permettra une indemnisation automatique et rapide des clients. 7
De nombreux exemples cités par les experts montrent comment la technologie d’analyse
d’images alimentée par l’IA est utilisée dans le secteur de l’assurance pour l’évaluation des
dommages et l’indemnisation des sinistres. Prenons l’exemple d’un sinistre automobile. Lors
d’un accident, l’assuré filme les dégâts avec son téléphone intelligent et envoie la vidéo à son
assureur par le biais d’une application. Le système va alors, de manière autonome, déterminer
le type de véhicule, modéliser le sinistre en chiffrant les réparations, y compris les
conséquences qui ne sont pas directement visibles sur les images, puis déclencher le processus
d’indemnisation de l’assuré. Ce système fonctionne grâce à des algorithmes très complexes et
exige des millions de données, telles que les photos de sinistres et les catalogues de pièces
détachées. Il permet en revanche à l’assuré d’obtenir un dédommagement rapide de ses
indemnités et d’éviter aux assureurs de mandater un intermédiaire pour effectuer le constat,
tout en favorisant l’uniformité des processus en estimation des dommages (Arnal, 2019). De
même, en assurance habitation, les images vidéo transmises en direct par des drones survolant
les dommages causés par les feux de forêt à Fort McMurray, en Alberta, ont facilité le
traitement et le règlement de sinistres. L’évaluation initiale des dommages a été réalisée grâce
à une technique d’imagerie fondée sur l’IA par Opta Information Intelligence, une entreprise
spécialisée dans le domaine de la technologie et de l’analytique, qui offre des services à
l’industrie canadienne de l’assurance de dommages. Les images obtenues ont permis aux
assureurs de voir quel pourcentage des maisons avait été endommagé par le feu (Gambrill,
2017).7
Le processus conventionnel de traitement des sinistres est réputé pour sa lenteur, impliquant
plusieurs étapes entre la déclaration du sinistre et son règlement par l'assureur. Les agents
d'indemnisation doivent vérifier les informations fournies, collecter des preuves et évaluer les
dégâts avant de procéder au suivi avec le demandeur, en se basant sur leur analyse et
l'interprétation du sinistre par rapport aux termes du contrat. L'intégration de l'IA révolutionne
cette approche en offrant un soutien aux agents d'indemnisation à divers stades du processus.
19
Dans certains cas, ces outils assurent une automatisation totale, y compris la collecte de
preuves et la prise de décision pour résoudre le sinistre. Le processus d'évaluation des
indemnisations repose sur l'analyse des données de cas antérieurs similaires par les solutions
d'IA. Ces outils identifient les modèles de résolution des réclamations passées pour prédire le
règlement d'un nouveau sinistre et déterminer le montant de l'indemnisation. Cette adoption
de prévisions par les assureurs garantit un traitement rapide des réclamations avec un risque
réduit d'erreurs.7
Certains assureurs offrent désormais à leurs clients des plateformes intelligentes disponibles
en continu (24h/24) pour déposer leurs réclamations. Les demandeurs sont souvent assistés
par des robots conversationnels de nouvelle génération, capables d'interagir de manière
précise et personnalisée. Ces robots guident les demandeurs dans la collecte de preuves,
fournissant aux gestionnaires de sinistres des données détaillées pour évaluer rapidement les
dégâts et les indemnisations. Ce canal de services permet non seulement de déposer des
réclamations, mais aussi d'obtenir des soumissions auprès de l'assureur, simplifiant ainsi le
processus pour les assurés et réduisant la pression sur les centres d'appels des compagnies
d'assurance. En plus de rationaliser les processus, l'utilisation de ces systèmes contribue à
réduire les coûts d'exploitation.7
20
exploitées pour fournir aux experts en sinistres des résumés et des statistiques qui les aident à
évaluer les dommages et les indemnisations de manière plus informée.7
Autrefois, la gestion des sinistres impliquait le déplacement d'experts sur les lieux pour
constater les dommages et collecter des preuves. Les progrès en reconnaissance d'images
permettent désormais un examen automatisé à partir de photos des dommages. Des solutions
d'IA, notamment dans l'assurance automobile, sont capables de déterminer avec précision la
gravité d'un accident et d'évaluer les dommages en combinant la reconnaissance visuelle des
accidents et des modèles observés. Par exemple, une application mobile de WeProov détecte
les dommages sur un véhicule et estime les coûts de réparation en analysant les photos. Ces
technologies facilitent l'évaluation des sinistres et permettent de finaliser les dossiers en
quelques jours plutôt que plusieurs semaines. En assurance habitation, les drones et l'IA ont
été utilisés pour évaluer les dommages causés par les incendies de forêt, facilitant ainsi le
traitement des réclamations. De même, pour évaluer les dégâts causés par des catastrophes
naturelles comme les inondations, les images aériennes sont analysées pour estimer les pertes
agricoles. En cas de préjudices corporels, l'IA peut prédire le type et la gravité des blessures,
facilitant ainsi l'intervention rapide et efficace des soins médicaux appropriés. De plus, elle est
utilisée pour vérifier la validité des réclamations et détecter la fraude, notamment dans les
accidents de travail.7
Certains exemples évoqués démontrent que l'utilisation de l'IA dans le secteur de l'assurance
peut se traduire par une automatisation complète du processus d'indemnisation des sinistres,
éliminant ainsi toute intervention humaine. Ce changement transforme le règlement des
demandes d'indemnisation en une expérience client en libre-service, avec des paiements
rapides. Dans le contexte de l'assurance automobile, par exemple, un système d'IA peut
évaluer de manière systématique les dommages sur un véhicule accidenté à partir de photos,
organiser la réparation chez un garagiste, planifier un rendez-vous, et procéder au paiement
des réparations, sans nécessiter l'intervention d'un employé de l'assureur (St-Onge et al.,
2020).7
Cette automatisation complète présente plusieurs avantages, notamment la réduction des coûts
opérationnels et l'amélioration de la satisfaction client grâce à la rapidité du règlement. De
21
plus, elle assure aux demandeurs une indemnisation juste et précise, contrairement à une
évaluation basée sur la perception humaine, qui peut conduire à des résolutions imparfaites
des réclamations (Navarrina, 2022).7
Cependant, pour garantir une expérience client optimale, les compagnies d'assurance
déploient également des solutions d'IA telles que les chatbots. Ces chatbots permettent une
proximité et une personnalisation de la relation client, tout en offrant une assistance
instantanée pendant le traitement des sinistres. Le client peut ainsi suivre l'évolution de la
gestion de son sinistre en temps réel, ce qui contribue à renforcer la satisfaction client et la
réactivité des assureurs (Flinders, 2020).8
Cette intégration permet de montrer comment les chatbots s'inscrivent dans le contexte plus
large de l'automatisation et de l'utilisation de l'IA dans le secteur de l'assurance, tout en
répondant aux besoins spécifiques des assurés en matière de rapidité et de personnalisation de
l'expérience client.8
22
3. Les défis et Limites, Risques de l’utilisation dans le domaine de l’assurance et de
l’actuariat
Les limites liées à l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans le secteur de l'assurance
sont multiples. Il est crucial pour les acteurs de ce domaine de tirer profit des avantages de
l'IA tout en en contrôlant les conséquences. Voici quelques-uns des principaux aspects
à considérer :
L'équilibre entre l'humain et l'IA : L'IA ne devrait pas remplacer l'humain, mais plutôt
le compléter et l'assister. Maintenir un équilibre entre l'automatisation et l'intervention
humaine est essentiel pour garantir la qualité, la sécurité et l'éthique des services. Il est
également crucial que l'IA respecte les principes de transparence, d'explicabilité et de
responsabilité, afin que les clients puissent comprendre et contester les décisions
prises par les algorithmes.
La déshumanisation dans les interactions client-assureur : Bien que l'IA puisse faciliter
et accélérer les interactions entre les clients et les assureurs, elle ne doit pas conduire à
une perte de contact humain et de confiance. Il est important de veiller à ce que l'IA
enrichisse et renforce le dialogue et l'écoute, plutôt que de les remplacer.
Par ailleurs, outre le coût élevé de cette technologie, prohibitif pour de nombreuses petites
compagnies d'assurance et cabinets de courtage, une certaine méfiance persiste quant aux
capacités des machines, ce qui limite les investissements massifs dans l'IA et entrave une
révision complète des pratiques (Gambrill, 2017).7
En outre, le déploiement de l'IA est entravé dans certains domaines par le manque de données
nécessaires à son fonctionnement. Dans le domaine de l'assurance des dommages, par
exemple, le volume de données disponible est relativement faible, ce qui pose des défis pour
l'apprentissage automatique et la construction de modèles prédictifs (Gambrill, 2017). De
plus, la qualité des données est aussi cruciale que leur quantité, les ensembles de données
devant être représentatifs et équilibrés pour éviter les biais (Yeo et al., 2019). 7
La manipulation de grands volumes de données par les technologies d'IA soulève également
des préoccupations, d'autant plus que les cadres réglementaires concernant leur utilisation ne
sont pas encore pleinement développés (Gambrill, 2017). La sécurité des données est une
priorité, nécessitant des mesures strictes telles que l'anonymisation ou la dénominalisation
pour se conformer aux réglementations en vigueur (Arnal, 2019).7
24
En l'absence de mesures de sécurité adéquates, les risques de cyberattaques sont accrus,
comme l'illustre le développement de techniques d'extraction automatique de contenu de sites
Web, facilité par l'automatisation des tâches répétitives permise par l'IA (Arnal, 2019). 7
Chapitre 2 :
25
Le chapitre traite de l'utilisation de l'IA générative et de l'apprentissage automatique dans le
secteur de l'assurance. La première partie explore comment l'IA générative améliore la
recherche d'informations, optimise la production de rapports, et crée de nouvelles données
pour anticiper les risques et développer des stratégies innovantes. La deuxième partie se
concentre sur l'intégration de l'apprentissage automatique, en détaillant ses fondements, les
méthodes supervisées et non-supervisées, et des techniques spécifiques comme les arbres de
décision et les forêts aléatoires. Ces technologies permettent aux assureurs d'améliorer leurs
processus, réduire les coûts, et offrir des services personnalisés et efficaces à leurs clients.
Exemple : Dans le domaine de l'assurance automobile, les modèles d'IA générative peuvent
analyser les données des sinistres, les conditions météorologiques et les comportements des
conducteurs pour générer des rapports détaillés sur les tendances de sécurité routière. Ces
26
rapports aident les assureurs à concevoir des programmes de prévention des accidents plus
efficaces.11
Les rapports générés par ces modèles fournissent des informations précieuses aux courtiers et
aux développeurs, leur permettant de concevoir des solutions sur mesure qui répondent de
manière proactive aux besoins spécifiques des clients. En améliorant la précision et la
pertinence des rapports, l'intelligence artificielle générative favorise une prise de décision plus
éclairée et une gestion des risques plus efficace, permettant ainsi aux assureurs de mieux
anticiper les défis à venir et de proposer des solutions adaptées.11
Exemple : Les modèles d'IA générative peuvent être utilisés pour analyser les données de
santé des assurés et identifier les facteurs de risque associés à certaines conditions médicales.
Ces informations permettent aux compagnies d'assurance santé de personnaliser leurs offres et
de promouvoir des programmes de bien-être spécifiques pour leurs clients.11
La création de nouvelles données par l'IA générative représente une avancée majeure dans le
domaine de l'assurance, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives et possibilités. Ces systèmes
sophistiqués sont en mesure d'explorer et d'analyser d'énormes ensembles de données pour
produire des informations jusqu'alors inédites et pertinentes. En utilisant des techniques
avancées telles que l'apprentissage automatique et l'analyse prédictive, ils aident les
compagnies d'assurance à anticiper les tendances futures, à évaluer les nouveaux risques
émergents, et à concevoir des services innovants en réponse aux besoins changeants du
marché.11
27
Cette capacité à générer de nouveaux rapports enrichit l'expérience des utilisateurs en leur
fournissant des analyses approfondies et des perspectives nouvelles. Elle permet également
aux assureurs de consolider leur position en tant que leaders de l'innovation dans leur secteur,
en proposant des produits et des services qui anticipent et répondent aux besoins émergents
des clients. En conséquence, cette évolution renforce la confiance des clients et leur fidélité
envers les assureurs qui se distinguent par leur capacité à innover et à s'adapter aux défis du
marché.11
Exemple : Les modèles d'IA générative peuvent être déployés pour analyser les tendances
économiques, démographiques et environnementales afin d'anticiper les nouveaux risques
auxquels les assureurs pourraient être confrontés. Par exemple, en analysant les données
climatiques et les comportements des consommateurs, les assureurs peuvent développer des
produits d'assurance adaptés aux changements climatiques et aux besoins émergents du
marché.11
Les modèles d'IA générative optimisent la production de rapports en examinant les données
des clients et en identifiant des motifs significatifs. Cette approche novatrice aide les
compagnies d'assurance à mieux appréhender les besoins et les comportements de leurs
clients. Les rapports ainsi générés fournissent des informations précieuses aux courtiers et aux
développeurs, leur permettant de concevoir des solutions adaptées à chaque cas. En
améliorant la précision et la pertinence des rapports, l'IA générative favorise une prise de
décision plus éclairée et une gestion des risques plus efficace.11
28
2.3. La Création de Nouveaux Rapports
L'automatisation des tâches par l'IA générative dans le secteur de l'assurance représente une
avancée significative. Cette technologie, bien au-delà de sa simple capacité conversationnelle,
permet d'automatiser des processus complexes, libérant ainsi les conseillers pour des activités
à plus forte valeur ajoutée. Les modèles d'IA, dotés de compétences en compréhension et
génération de texte, gèrent de manière efficiente les demandes de sinistres, analysent les
données personnelles tout en préservant la confidentialité, et simplifient les interactions. Cette
innovation technologique constitue un atout majeur pour les assureurs, leur permettant
d'optimiser leurs ressources et d'améliorer leur service à la clientèle. 11
Dans le domaine de l'assurance, l'IA générative joue un rôle essentiel dans l'optimisation de la
productivité. En mettant à disposition des modèles d'IA avancés, les assureurs peuvent traiter
des volumes massifs de données en un temps record. Ces systèmes intelligents facilitent
l'analyse des tendances de sinistralité, l'évaluation des dommages, et la fourniture de réponses
rapides et précises aux clients. Cette efficacité accrue permet aux compagnies d'assurance de
se concentrer sur l'innovation et le développement de nouvelles stratégies afin de mieux servir
leurs clients.11
L'impact de l'IA générative sur la libération du temps de cerveau disponible est manifeste. En
automatisant les tâches répétitives et en gérant efficacement les vastes quantités de données,
l'IA permet aux conseillers en assurance de se concentrer sur des activités plus stratégiques.
29
Cela leur donne l'opportunité de se focaliser sur la personnalisation de l'offre pour chaque
client, de comprendre en profondeur leurs besoins spécifiques et de proposer des solutions
adaptées. Cet aspect de l'IA générative redéfinit la manière dont les assureurs interagissent
avec leurs clients, offrant ainsi une expérience plus enrichissante et plus satisfaisante. 11
Le machine learning est une composante essentielle de l'IA qui est largement utilisée dans
l'industrie des assurances pour améliorer les processus, réduire les coûts, et fournir de
meilleurs services aux clients.
La classification est un type d'apprentissage supervisé qui produit des modèles prédictifs. Un
modèle de classification prend en entrée une observation caractérisée par un ensemble de
30
variables explicatives et en sortie, il détermine la classe (valeur discrète) à laquelle appartient
l’observation.
Statistique :
-L’apprentissage non-supervisé :
Cette famille de méthodes est utilisée pour regrouper les différentes observations Xi en
groupes homogènes selon un critère précis, généralement une distance euclidienne ou du khi-
carré.
-L’apprentissage supervisé :
À partir d’une base de données de n observations (Xi, Yi), cette famille d’algorithmes a pour
objectif d’apprendre à prédire Y en fonction d’une entrée X :
Dans la suite de cette section , nous nous concentrerons plus particulièrement sur la famille
des méthodes d’apprentissage supervisé, car nous disposons des variables à expliquer.
31
L'apprentissage supervisé est une forme d'apprentissage automatique dans laquelle on fournit
à l'algorithme un ensemble d'observations décrites par des variables explicatives ainsi qu'une
variable cible (la réponse ou l'étiquette). L'algorithme d'apprentissage supervisé va alors
apprendre une fonction de prédiction qui permet de mapper les données des observations vers
la réponse.
L'analogie de supervision vient du fait que l'on fournit la réponse correcte à l'algorithme, qui
l'utilise pour s'entraîner.
Cette illustration représente un cas d'apprentissage supervisé où l'algorithme reçoit des images
accompagnées de leurs étiquettes (chien ou chat). L'algorithme autonomement acquiert la
capacité de reconnaître les différences entre un chien et un chat. Une fois cet apprentissage
achevé, lorsqu'on lui présente une nouvelle image en entrée, il est capable de déterminer le
type d'animal qu'elle représente.
Les arbres de décision sont couramment utilisés pour résoudre des problèmes de classification
et de régression. Ils fonctionnent en suivant une hiérarchie de conditions "si/sinon" pour
aboutir à une décision.
Dans le cas où la variable d'intérêt (celle à prédire) est quantitative, l'application des arbres de
décision conduit à une régression. L'objectif est de diviser les sous-groupes en fonction de
32
leurs variables explicatives de manière à ce que les valeurs des variables pertinentes soient
aussi proches que possible.
En revanche, si la variable à prédire est qualitative, cela mène à une classification. Dans ce
contexte, l'objectif est de prédire à quelle catégorie appartient la réponse.
Les arbres de décision sont des modèles hiérarchiques qui fonctionnent comme une série de
tests conditionnels successifs, où chaque test dépend des résultats précédents. L'objectif est de
diviser les données en groupes aussi homogènes que possible en fonction de la variable à
prédire, que ce soit des actes médicaux ou des individus par exemple. Cette méthode
d'apprentissage est récursive et structurée comme un arbre, avec chaque nœud représentant un
test effectué par l'algorithme et conduisant à de nouveaux embranchements jusqu'à atteindre
des feuilles, qui représentent des classes distinctes.
33
Figure 3 Arbre de décision
Un arbre de décision est un modèle de prédiction représenté sous forme d'un arbre. Chaque
nœud de l'arbre teste une condition sur une variable, et chacun de ses enfants correspond à
une réponse possible à cette condition. Les feuilles de l'arbre représentent des étiquettes.
Pour prédire l'étiquette d'une observation, on suit les réponses aux tests depuis la racine de
l'arbre et on retourne l'étiquette de la feuille à laquelle on arrive.
En général, la construction d'un arbre peut aboutir à des modèles très complexes. Lorsque
l'ensemble des données d'apprentissage est cohérent, c'est-à-dire qu'une même observation
n'est étiquetée que d'une seule manière, l'apprentissage par arbre de décision fournit une
représentation avec des feuilles pures uniquement, ce qui signifie que la prédiction peut être
correcte à 100 %. Cependant, cela peut entraîner un phénomène de surapprentissage, où les
arbres obtenus sont très grands.
Deux stratégies sont souvent employées pour prévenir le surapprentissage dans la construction
d'arbres de décision. La première consiste à limiter la croissance de l'arbre dès le départ (pré-
élagage). La seconde implique la construction complète de l'arbre, suivie de la suppression ou
de la réduction des nœuds contenant peu d'informations (post-élagage).
L'un des défis majeurs lors de la construction d'un arbre de décision réside dans le choix des
variables. Les critères de sélection de chaque nœud sont basés sur une mesure d'impureté, qui
doit être
34
croissante en fonction du désordre d'un nœud.
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour mesurer cette impureté, telles que l'entropie de
Shannon, l'entropie de Boltzmann ou l'index de Gini.
Malgré le pré-élagage, les arbres de décision peuvent parfois présenter des performances
médiocres. Ainsi, dans de nombreuses applications, des méthodes d'ensemble telles que les
forêts aléatoires et les arbres avec descente de gradient sont préférées à un arbre de décision
unique.
La méthode CHAID : Cette méthode est particulièrement utile dans le cas de grandes
bases de données.
La méthode C4.5 : Cette méthode présente l'avantage d'être efficace même sur de
petits ensembles de données et ne nécessite pas de paramètres complexes. Elle permet
la construction d'arbres de grande taille tout en restant facilement interprétable.
Les algorithmes CART et C4.5 se basent respectivement sur l'indice de Gini (mesure de
l'impureté) et sur la notion d'entropie (issue de la théorie de l'information). Pour ajuster la
taille de l'arbre, on utilise le post-élagage pour CART et C4.5, tandis que pour CHAID, on
utilise le pré-élagage.
Dans notre travail, nous utilisons la méthode CART, plus précisément les arbres de
régression.
35
Il s'agit d'un algorithme d'apprentissage supervisé appelé "forêts aléatoires". La prédiction est
générée à partir d'un ensemble aléatoire d'arbres de décision, généralement entraînés avec la
méthode de bagging, ce qui améliore souvent les performances du modèle final. Le bagging
implique l'entraînement de plusieurs modèles (en l'occurrence des arbres de décision) sur des
sous-ensembles aléatoires des caractéristiques du jeu de données.
Les forêts aléatoires sont une solution au problème de surapprentissage associé aux arbres de
décision. Une forêt aléatoire est essentiellement une collection d'arbres de décision
légèrement différents les uns des autres. L'idée est que chaque arbre peut être assez précis
dans sa prédiction, mais risque de surapprendre sur certaines parties des données. En
construisant de nombreux arbres, tous performants mais différents, ce risque est réduit.
3. Le nombre d'arbres à construire dans la forêt est choisi, puis les étapes précédentes sont
répétées.
4. Pour toute nouvelle observation, chaque arbre prédit la catégorie ou la classe à laquelle elle
appartient.
5. Enfin, l'observation est affectée à la catégorie qui a le plus de votes parmi tous les arbres de
la forêt.
36
Chapitre 3 : Applications Pratiques de
l'Apprentissage Automatique dans
l'Assurance
37
Les compagnies d'assurance régulièrement utilisent des modèles statistiques classiques pour
évaluer les risques qu'elles couvrent et fixer les tarifs des produits d'assurance non-vie, en
particulier via des modèles de régression linéaire. Récemment, les modèles linéaires
généralisés (GLM) ont remplacé ces approches traditionnelles, permettant de modéliser à la
fois des comportements non linéaires et des distributions de résidus non gaussiens, améliorant
ainsi la prédiction des risques. Cependant, les GLM présentent des limitations inhérentes qui
peuvent restreindre leur capacité prédictive, notamment en ce qui concerne la structure du
risque modélisé et la détection des interactions entre les variables explicatives, qui doivent
être spécifiées à l'avance par un statisticien.
Le projet en question vise à comparer les performances des GLM classiques avec celles des
méthodes d'apprentissage automatique, en particulier l'algorithme "Random Forest", dans
l'estimation de la fréquence des sinistres en assurance non-vie, appliquée à un portefeuille de
38
responsabilité civile automobile d'une compagnie d'assurance. L'étude implique l'estimation
de la fréquence moyenne des sinistres en utilisant plusieurs techniques, notamment les GLM,
les arbres de régression, le Bagging, le Random Forest et le G-boosting. Les résultats obtenus
seront ensuite comparés, permettant de sélectionner le modèle le plus performant pour estimer
la fréquence des sinistres, et d'en tirer des conclusions sur ces différentes méthodes.
À partir du jeu de données initial, notre objectif est de construire un modèle et de tester sa
capacité prédictive sur des données distinctes non utilisées dans la phase de modélisation.
Cela nécessite donc de diviser l'ensemble des données en deux échantillons distincts. Le
premier échantillon est réservé à la modélisation, tandis que le deuxième est utilisé pour
évaluer la performance de notre modèle. Ensuite, nous allons utiliser ce modèle pour prédire
les fréquences de sinistres sur une nouvelle base de données appelée db_pred.
Les données que nous utilisons sont des données réelles, comprenant des observations portant
sur environ 520 338 polices d'assurance collectées entre 2015 et 2016. Chaque observation est
associée à un contrat d'assurance spécifique.
Notre jeu de données comprend plusieurs variables explicatives, notamment celles liées au
souscripteur de l'assurance, au véhicule assuré et aux différentes couvertures choisies par le
souscripteur. Les détails sur les variables contenues dans notre jeu de données sont
disponibles dans le fichier info-db.
39
Variables explicatives :
cont_package (facteur) : cette variable comporte les garanties auto que l'assuré a choisi ? (tpl
signifie que l’assuré a choisi RC seule, tpl_glass_nat_fire_theft_mdsingifie que l’assuré a
choisi la garantie omnium, tpl_glass_nat_fire_theft signifie qu’il a choisi la garantie mini-
omnium).
cont_multi_contract (facteur) : yes signifie que l'assurée possède au moins trois assurances
"non-vie" dont l'assurance Auto (ex: Auto + Habitation + RC Familiale). "miss" peut être
considéré comme "no".
cont_sepa (facteur) : pour savoir si l'assuré a t-il domicilié son paiement ? (i.e. l'assuré
autorise-t-il la compagnie à prélever le montant de la prime automatiquement de sa banque).
driv_m_age (numérique) : c’est l’âge du conducteur principal. Cette variable est continue.
veh_gobox (facteur) : pour savoir sil'assuré a installé un boitier télématique dans son véhicule
ou non. (vendu seulement pour les personnes qui ont moins de 26 ans à la souscription afin
de réduire leur prime contre de l'échange d'information).
veh_garage (facteur) : ici pour savoir si l'assuré possède un garage dans lequel il gare sa
voiture.
claim_nb (numérique) : C’est notre variable à expliquer (variable exogène), c’est le nombre
de sinistres RC en tort.
La variable décrivant la sinistralité est le nombre de sinistres claim_nb qui estdéclaré par
l’assuré à la compagnie.
Analyse préliminaire :
En examinant le jeu de données, nous avons observé l'absence de variables présentant des
valeurs aberrantes ou extrêmes inconnues. De plus, les valeurs inconnues sont déjà codées en
tant que données manquantes, ce qui permet au logiciel R de les identifier aisément. Ainsi,
nous pouvons considérer que notre jeu de données est déjà nettoyé.
Statistique descriptive
Nous constatons que le nombre maximal de sinistres déclarés par un assuré est cinq. Plus
précisément, 95.79% des assurés n'ont déclaré aucun sinistre, 4.20% ont déclaré un seul
sinistre, 0.17% en ont déclaré deux, 0.009% trois, 0.001% quatre, et un seul assuré dans notre
portefeuille a déclaré cinq sinistres au cours de l'année en cours.
En termes binaires, cela signifie que 95.79% des assurés n'ont déclaré aucun sinistre, tandis
que seulement 4.21% ont déclaré au moins un sinistre à l'assureur.
43
Min Q1 Median Mean Q3 Max
Driv_m_age 17.04 34.55 45.41 46.46 56.46 85.00
Driv_m_experienc 0.00 12.39 23.29 24.06 34.91 50.00
e
Driv_y_age 0.00 0.00 0.00 5.518 0.00 75.00
Driv_y_experience 0.00 0.00 0.00 2.263 0.00 40.00
Veh_age 0.00 3.123 6.764 7.483 11.085 20.00
Veh_power 40.00 55.00 76.00 80.31 94.00 200.00
Veh_weight 610 1227 1395 1477 1685 2500
Veh_sportivity 0.03 0.04 0.05 0.05 0.06 0.15
Veh_value 5 000 14 322 19 107 21 807 24 794 100 000
44
45
46
47
48
Nous analysons graphiquement l’exposition au risque et la fréquence de sinistres par rapport
aux variables continues à l'aide de la figure ci-dessous :
49
50
les variables explicatives catégorielles par effectif, qui sont associées aux caractéristiques de
l'assuré, du bien assuré et du contrat d'assurance, à l'aide des graphiques présentés dans la
figure ci-dessous :
51
52
II. Calcul de la Fréquence des sinistres
Dans notre étude , nous examinons la fréquence des sinistres et avons choisi de sélectionner
les variables significatives à partir des résultats du modèle GLM. Cette sélection implique
d'exclure certaines variables explicatives pour réduire la complexité du modèle, notamment
celles avec de nombreuses modalités telles que "veh_model". Bien que le modèle GAM offre
la possibilité d'utiliser des coordonnées géographiques dans le modèle, nous nous sommes
limités au GLM pour notre étude, utilisant la variable "geo_mosaic_code" pour la zone
géographique.
53
Notre ensemble de données comprend des variables numériques continues comme l'âge du
conducteur et du véhicule, ainsi que des variables discrètes et catégorielles telles que le type
de véhicule. Étant donné que le GLM ne peut pas utiliser directement des variables continues,
nous devons les discrétiser au préalable.
Les paramètres sont estimés par maximum de vraisemblance. En introduisant toutes les
variables explicatives dans le modèle GLM avec une régression de Poisson, nous avons
identifié plusieurs variables non significatives qui ont été retirées par la suite.
Après avoir testé plusieurs modèles et éliminé les variables non significatives, nous avons
construit notre meilleur modèle (GLM1) avec les variables les plus pertinentes. La
discrétisation des variables continues a conduit à une perte d'information, ce qui a conduit à la
non-significativité de certaines variables continues comme "veh_power" et "veh_weight",
bien qu'elles soient souvent significatives dans les modèles d'assurance automobile. Cela
souligne l'un des inconvénients de la discrétisation dans le modèle GLM.
Le GLM est efficace lorsque les données comprennent à la fois des variables catégorielles et
des variables numériques discrètes. Nous avons construit notre modèle GLM sur un ensemble
d'apprentissage (70% de la base de données) et le testerons sur un ensemble de test (30% de la
base de données) pour ensuite construire notre meilleur modèle afin de prédire la fréquence
des sinistres dans la base de prédiction (db_pred).
Pour déterminer les variables les plus significatives, nous proposons une procédure de
sélection des variables pertinentes.
Déviance et critère AIC, BIC
Pour sélectionner les variables pertinentes, deux méthodes sont couramment utilisées :
L'algorithme forward : Cette méthode consiste à ajouter les variables une par une au modèle,
en ne conservant que celles qui sont significatives.
L'algorithme backward : Cette méthode implique de retirer les variables non significatives une
par une à partir du modèle complet, qui inclut toutes les variables explicatives, jusqu'à ce que
seules les variables significatives demeurent.
Nous avons opté pour l'algorithme backward pour sélectionner les variables pertinentes à
inclure dans notre modèle.
Pour évaluer la qualité globale des modèles avec des nombres de paramètres différents, on
peut utiliser les critères AIC (Critère d'Information d'Akaike) ou BIC (Critère d'Information
Bayésien). Ces critères permettent de choisir le meilleur modèle en prenant en compte à la
fois la qualité de l'ajustement et la complexité du modèle.
54
Ils sont formulés comme suit :
AIC=2 . K −2. ln ( L )
BIC=K . ln (n)−2. ln ( L )
Le critère AIC du modèle est celui qui correspond à la plus petite valeur de déviance. Donc la
déviance est égale à 98 665 et le premier critère AIC égal à 129 976.
55
Itérations Critère AIC
1 129 976
2 129 973
3 129 970
4 129 968
Après quatre itérations, le modèle a éliminé trois variables non significatives. La quatrième
itération correspond au critère AIC le plus bas (129968). Dans le tableau suivant, nous
présentons les variables les plus significatives ainsi que leur critère AIC :
Nous notons que le critère AIC optimal est de 129 968. Nous avons ensuite testé ces 24
variables significatives dans le modèle GLM. Après avoir réalisé une nouvelle régression de
Poisson et examiné la qualité de différents modèles, nous avons retenu notre modèle final,
GLM1, comme le meilleur.
Le critère AIC nous a permis de conserver 24 variables significatives. Suite aux résultats du
GLM, nous avons retiré 6 autres variables qui présentaient une faible significativité, laissant
finalement 18 variables très significatives.
56
Le tableau suivant présente les résultats du modèle GLM :
57
Dans ce tableau, nous constatons que toutes les variables de notre modèle sont significatives.
Nous passons maintenant à l'estimation de la fréquence des sinistres. Pour cela, nous
calculons la fréquence des sinistres en fonction de l'une des variables les plus pertinentes que
nous avons choisie : l'expérience du conducteur principal (driv_m_experience_1).
Remarque :
58
Nous avons utilisé la base d'apprentissage fullTrain (70 % de la base de données) pour trouver
le modèle optimal. Ensuite, nous avons testé ce modèle sur la base fullTest (30 % de la base
de données).
Le graphique suivant illustre les fréquences des sinistres sur la base fullTest.
Nous notons une nette différence dans les fréquences de sinistres entre les assurés ayant
moins de 5 ans d'expérience et ceux ayant plus de 5 ans d'expérience de conduite. Les
sinistres sont significativement plus élevés chez les conducteurs ayant moins de 5 ans
d'expérience, tandis que la fréquence diminue considérablement avec l'augmentation de
l'expérience de conduite.
Par ailleurs, pour toutes les catégories de classes d'années d'expérience, nous observons la
présence de valeurs exceptionnelles, représentées par des points isolés sur le graphique. Ces
valeurs peuvent être considérées comme des valeurs aberrantes, car elles se distinguent
nettement de la majorité des autres observations.
Nous avons trouvé que la fréquence moyenne des sinistres pour la base test avec GLM est
égale à 0.04400274. Cette valeur est calculé pour la base fullTest (30% de la base db).
Nous avons trouvé que la déviance est égale à 0.2720563.
Nous avons trouvé que le MSE = 0.0459224.
59
Nous avons appliqué notre modèle sur la base db_pred et nous avons complété la colonne des
fréquences sur cette base, donc la fréquence moyenne sur la bsedb_pred est égale à
0.04406699.
Nous observons que la fréquence moyenne de la base db_pred (0.04406699) est très similaire
à celle calculée sur la base de test (0.04400274). Cette concordance entre les fréquences
moyennes obtenues en appliquant notre modèle GLM1 à une nouvelle base (db_pred)
renforce la précision de notre modèle.
À ce stade, nous avons constaté que le modèle linéaire généralisé est paramétrique, ce qui
signifie qu'il nécessite de spécifier une distribution pour la variable d'intérêt. De plus, les
modèles GLM présentent des limitations dans la détection des interactions entre les variables
explicatives, car ils ne peuvent pas utiliser les variables continues sans les discrétiser. Par
conséquent, ils ne peuvent pas explorer toutes les interactions potentielles pour sélectionner le
meilleur modèle. Pour surmonter ces limitations, nous envisageons maintenant d'adopter de
nouvelles méthodes non paramétriques, en commençant par les arbres de régression.
2. Arbres de régression
Notre but est de donner une comparaison entre les méthodes paramétriqueset non
paramétriques pour voir la différence entre ces deux approches et la raison pour laquellenous
allons étudier les méthodes non paramétriques.
Les arbres de classification et de régression sont des méthodes non paramétriques, elles ne
nécessitentpas d’hypothèse sur la distribution de la variable d’intérêt (nombre de sinistre dans
notre cas). A l’inverse du modèle GLM quiprécise une distribution pour les données.
Les arbres de décisions sont des algorithmes non linéaires, ceci permet de relâcher
l’hypothèse delinéarité du GLM.
Contrairement aux GLM, les arbres permettent de détecterles interactions entre les variables
explicatives, ces interactions permettent de créer les différents nœuds de l’arbre pour
construire des groupes d’observations les plus homogènes possibles.
60
Dans les méthodes de machines learning, on peut utiliser les variables continues sans
discrétisations, comme ça on évite la perte d’information dû au discrétisation.
La sélection des variables significatives est un point primordial dans les méthodes GLM pour
obtenir un meilleur modèle. Ce travail n’est pas nécessaire lorsqu’on utilise les arbres, car lors
de la création des nouds de l’arbre, l’algorithme CART (Classification and Regression Tree)
Notre objectif est de comparer les approches paramétriques et non paramétriques afin de
comprendre les différences entre ces deux méthodes et d'expliquer pourquoi nous examinons
les méthodes non paramétriques.
Les arbres de classification et de régression constituent des méthodes non paramétriques, ce
qui signifie qu'elles ne requièrent pas d'hypothèse sur la distribution de la variable d'intérêt
(dans notre cas, le nombre de sinistres). En revanche, le modèle GLM nécessite de spécifier
une distribution pour les données.
Les arbres de décision sont des algorithmes non linéaires, ce qui permet de contourner
l'hypothèse de linéarité du GLM. Contrairement aux GLM, les arbres sont capables de
détecter les interactions entre les variables explicatives. Ces interactions sont utilisées pour
créer les différents nœuds de l'arbre, permettant ainsi de construire des groupes d'observations
les plus homogènes possible.
Dans les méthodes d'apprentissage automatique, il est possible d'utiliser des variables
continues sans les discrétiser, ce qui évite la perte d'information due à la discrétisation.
La sélection des variables significatives est un aspect crucial des méthodes GLM pour obtenir
un modèle optimal. En revanche, cette étape n'est pas nécessaire avec les arbres. L'algorithme
CART (Classification and Regression Tree) utilisé pour créer les arbres hiérarchise
automatiquement les variables explicatives en fonction de leur capacité discriminante. Ainsi,
la variable la plus significative est placée à la racine de l'arbre, ce qui nous permet de tracer
les graphiques des fréquences de sinistres en fonction de cette variable.
Enfin, la facilité de présentation et d'interprétation des arbres constitue un autre avantage, ce
qui explique la popularité de cette méthode. Les solutions apportées par CART offrent une
alternative intéressante par rapport au GLM, nous permettant d'explorer en détail cette
approche.
Présentation
Un arbre de décision commence avec une racine contenant l'ensemble de l'échantillon, qui est
ensuite divisé en deux nœuds (arbre binaire) en fonction des modalités d'une variable
explicative. Ce processus se répète, chaque nœud se divisant (ou non) en deux nouveaux
61
nœuds jusqu'à ce que plus aucune séparation ne soit possible. Les nœuds terminaux,
également appelés feuilles, regroupent des observations présentant des valeurs de la variable
d'intérêt aussi homogènes que possible. Ces feuilles fournissent une estimation de la variable
d'intérêt en fonction des valeurs des variables explicatives.
Pour expliquer la variable de sortie à l'aide de l'arbre, nous commençons par diviser les
individus en deux classes en utilisant la variable explicative qui offre la meilleure séparation.
Cette division crée des sous-groupes représentés par les nœuds de l'arbre. À chaque nœud est
associé un pourcentage qui indique l'appartenance à une classe ou la signification de la
variable dépendante. Ce processus est répété pour chaque nœud jusqu'à ce qu'aucune autre
division ne soit possible, produisant ainsi les nœuds terminaux ou feuilles de l'arbre (arbre
saturé). Chaque feuille est caractérisée par un chemin spécifique à travers l'arbre, et
l'ensemble de ces chemins pour toutes les feuilles constitue le modèle. Pour les arbres de
régression, les valeurs associées aux feuilles sont des moyennes empiriques pour les profils
identifiés.
Les arbres de décision sont des techniques d'apprentissage supervisé visant à répartir un
ensemble d'individus de la variable d'intérêt en groupes homogènes à partir des variables
prédictives. Pour construire un arbre, il faut sélectionner la première variable de division et
choisir les variables explicatives de la plus discriminante à la moins discriminante. Il est
également nécessaire de définir la taille optimale de l'arbre pour obtenir un modèle à la fois
parcimonieux et robuste.
Il existe plusieurs algorithmes pour construire des arbres de décision, notamment l'algorithme
CHAID, la méthode C4.5 et la méthode CART. Dans cet exposé, nous nous concentrons sur
l'algorithme CART.
Critère d’optimalité
Le processus algorithmique récursif de division d’un nœud conduit à l’obtention d’un arbre
saturé. C’est le processus de construction de l’arbre binaire qui affecte une feuille pour chaque
profil. Les valeurs présentes dans ces feuilles sont des moyennes empiriques pour chaque
profil identifié.
Le développement de l'arbre s'arrête lorsqu'un nœud atteint un nombre d'observations
inférieur à un seuil préalablement défini. Dans le contexte de notre portefeuille automobile,
nous avons obtenu l'arbre saturé suivant à partir de la base d'apprentissage :
62
Lorsque nous obtenons un arbre saturé, nous sommes confrontés à une situation de sur-
apprentissage, ce qui entraînera de mauvaises prédictions sur la base de prédiction (db_pred)
ou la base de test (fullTest). L'arbre saturé est instable, ce qui rend nécessaire la recherche
d'une méthode pour le rendre optimal.
Pour évaluer la qualité de l'arbre, nous utilisons le terme déviance. Étant donné qu'il est
impossible de calculer la vraisemblance pour les modèles non paramétriques, la déviance ne
63
correspond pas à celle des modèles GLM. Elle représente soit la somme des carrés des écarts
à la moyenne (MSE) pour une variable d'intérêt continue, soit la fonction d'entropie pour une
variable d'intérêt discrète. Les erreurs sont calculées sur une base différente de celle
d'apprentissage (base test).
Le processus de construction adapté précédemment nous a conduit à un arbre de taille
maximale (arbre saturé), résultant en un modèle de prédiction instable, illustrant une situation
de sur-apprentissage où l'arbre saturé peine à estimer correctement les profils qui ne sont pas
présents dans les données d'apprentissage.
Trouver l'arbre optimal après l'obtention de l'arbre saturé revient à trouver un équilibre entre
l'arbre trivial (réduit à une seule feuille) et l'arbre maximal. Cela conduit à l'obtention d'un
arbre optimal produisant de bonnes estimations sur de nouvelles données de la base de
prédiction (db_pred).
Il existe deux techniques pour contrôler la taille d'un arbre : le critère à priori, où des
conditions sont imposées avant la construction de l'arbre, et le critère a posteriori, où l'élagage
est appliqué après la construction de l'arbre saturé. L'élagage consiste à supprimer certaines
feuilles jusqu'à l'obtention de l'arbre optimal
L'arbre saturé est construit sur la base d'apprentissage (70 % de la base initiale dans notre
cas), puis élagué à l'aide d'une base de validation. Cette étape d'élagage consiste à construire
d'abord l'arbre saturé, puis à le réduire en éliminant les nœuds dont la division ne contribue
pas à optimiser la performance de l'arbre, en se basant sur la base de validation. Cette base de
validation permet de prévenir le sur-apprentissage.
Résultats de des arbres
Au début de l'élaboration du modèle, nous commençons par importer les packages les plus
importants, tels que Caret et rpart, par exemple.
Lors de la construction du modèle avec l'algorithme CART, la phase de validation est réalisée
par défaut. Cette procédure est effectuée en appelant la fonction rpart(). Par défaut, cette
fonction applique la technique de validation croisée pour fournir les modèles construits et
leurs performances.
En utilisant la fonction rpart(), nous lançons la construction de l'arbre saturé avec la base
d'apprentissage. Pour mettre en œuvre la construction d'un arbre de régression de Poisson,
nous spécifions dans la fonction rpart() le paramètre "method" avec la valeur "poisson".
La commande utilisée est la suivante :
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rpart(cbind(admi_risk_exposure,claim_nb) ~ . , data = fullTrain, method = "poisson",
parms=list(shrink=1), control=[Link](minsplit=10, cp=0.0002), xval=10)
Les entrées de cette fonction comprennent la durée d'exposition au risque, le nombre de
sinistres et les variables explicatives. La méthode considère la statistique de déviance de
Poisson.
Les paramètres minsplit, cp et xval sont des paramètres de contrôle de l'arbre. La division de
l'arbre s'arrête lorsque le nombre d'observations dans chaque nœud devient inférieur à la
valeur de minsplit (10 dans notre cas), ou lorsque la valeur cp prédéfinie (0.0002 dans notre
cas) est atteinte. Pour choisir le bon niveau de simplification ou le bon nombre de feuilles,
nous utilisons la validation croisée en sélectionnant la valeur minimale de xerror.
L'utilisation de la fonction rpart() dans R pour la construction de l'arbre CART permet par
défaut d'estimer les performances par validation croisée pour chaque nombre de split
pertinent.
Le tableau suivant présente les mesures de construction de l'arbre saturé :
Chaque rangée du tableau représente un niveau différent de l'arbre. À mesure que le nombre
de divisions augmente, les valeurs de l'erreur relative diminuent. La première colonne du
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tableau affiche le paramètre de complexité cp, utilisé pour contrôler la taille de l'arbre et
sélectionner l'arbre optimal lors du processus d'élagage.
La construction de l'arbre cesse lorsque nous atteignons la valeur de cp fixée au départ (cp =
0.0002). Cette valeur nous aide également à approcher la construction de l'arbre saturé. La
deuxième colonne correspond au nombre de divisions, indiquant la somme totale de toutes les
divisions réalisées depuis la première division jusqu'à la création de l'arbre saturé. La
troisième colonne représente l'erreur relative, calculée sur l'échantillon d'apprentissage utilisé
pour construire l'arbre saturé. La quatrième colonne affiche l'erreur obtenue avec la validation
croisée, calculée sur la base de validation. La cinquième colonne présente l'écart type.
Dans le tableau ci-dessus, la ligne en bleu représente l'erreur minimale de la validation
croisée. Le nombre optimal de divisions est de 16, ce qui signifie que les 16 premières
divisions créent un arbre optimal permettant de corriger le sur-apprentissage.
Ci-dessous, la figure illustre graphiquement l'évolution de l'erreur de validation croisée en
fonction du paramètre de complexité cp :
Nous remarquons que l’erreur minimum de validation croisée est de 0.98 362, il correspond à
la valeurde cp = 0.00026166. Pour mieux comprendre l’utilité de cette courbe, la figure
suivante permet de visualiser la courbe de sur-apprentissage sur notre base d’apprentissage :
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Ce graphe illustre bien la notion de sur-apprentissage. Nous remarquons que une amélioration
des performances de l'arbre saturé à mesure que le nombre de divisions augmente. Cependant,
par la suite, nous observons une augmentation de l'erreur de validation croisée, tandis que
l'erreur relative continue de s'améliorer (diminue), ce qui indique un problème de sur-
apprentissage.
Après avoir simplifié l'arbre saturé en utilisant le critère d'optimalité a posteriori (élagage),
nous obtenons l'arbre optimal suivant :
Cet arbre est élaboré à partir de 14 divisions des nœuds, ce qui correspond à la présence de 14
feuilles distinctes. De plus, nous constatons l'importance significative de la variable
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"Expérience du conducteur" dans la construction de cet arbre. (driv_m_experience) qui existe
dans la racine, il est aussi la variable la plus significative dans le modèle GLM. Dans les
feuilles on trouve les fréquences des sinistres.
Voici une autre présentation pour l’arbre optimal pour pouvoir un peu lire les noms de
variables dans les nœuds :
Les variables significatives sont ordonnées de la racine jusqu'aux feuilles, avec la variable la
plus pertinente affichée à la racine de l'arbre. Parmi toutes les variables explicatives, il est
remarquable que la variable "Expérience du conducteur" (driv_m_experience) se démarque
comme la plus significative de notre ensemble de données. Cette constatation concorde avec
nos résultats du modèle GLM, où cette même variable s'est avérée la plus significative. Ainsi,
nous avons choisi de présenter la fréquence des sinistres en fonction de cette variable afin de
comparer les variations des fréquences pour chaque modèle en fonction de cette variable.
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Nous avons aussi classé les variables selon leur importance
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Nous avons calculé que la fréquence moyenne des sinistres avec les arbres de régression est
de 0.0660543. Une observation importante est que le modèle prévoit des fréquences de
sinistres plus élevées pour les conducteurs ayant moins de 5 ans d'expérience, tandis que pour
les autres catégories d'expérience entre 20 et 50 ans, la fréquence des sinistres est plus faible.
Nous remarquons également qu'avec la méthode des arbres, il n'y a pas autant de valeurs
aberrantes qu'avec le GLM. Cela pourrait être attribué à l'utilisation de toutes les variables
continues sans discrétisation dans le cas des arbres. Ainsi, la méthode des arbres de régression
permet de détecter les interactions entre les variables continues, ce qui constitue un avantage
majeur de cette approche.
En ce qui concerne l'arbre, nous avons trouvé que MSE=0.04685687, ce qui est légèrement
plus élevé que le MSE du GLM (MSE = 0.0459224).
Pour déterminer la déviance, nous avons utilisé la fonction summary sur notre modèle d'arbre
et avons trouvé les informations à partir de l'image ci-dessous :
La déviance de l'arbre optimal correspondant au nœud numéro 16 est de 0.1901699, ce qui est
inférieur à celle calculée pour le GLM (0.2720563). Ainsi, pour évaluer la qualité du modèle,
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nous utilisons la déviance. On peut donc conclure que la méthode des arbres est plus
performante que celle du GLM pour la prédiction des fréquences de sinistres.
L'utilisation d'arbres optimaux dans le modèle CART permet de pallier le problème de sur-
apprentissage ainsi que les valeurs aberrantes, ce qui garantit des estimations plus précises.
Après avoir appliqué notre modèle sur la base db_pred et rempli la colonne des fréquences, la
fréquence moyenne sur cette base s'élève à 0.06619637.
Nous observons que la fréquence moyenne de la base de prédiction db_pred (0.06619637) est
très similaire à celle calculée précédemment sur la base de test (0.0660543). Cette cohérence
entre les deux valeurs indique que l'application de notre modèle d'arbre ([Link]) sur la
nouvelle base db_pred produit une fréquence moyenne identique. Ainsi, nous pouvons
conclure que notre modèle est précis et fiable.
3. Bagging
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les variables explicatives pour chaque arbre. L'ensemble des arbres ainsi construits forme un
algorithme connu sous le nom de Bagging. Les Forêts aléatoires, quant à elles, ajoutent à cette
approche un échantillonnage aléatoire des variables, également appelé échantillonnage des
caractéristiques.
Pour chaque profil, la variable d'intérêt est estimée en consolidant les différents résultats issus
des arbres construits :
Pour les arbres de classification, la décision finale est prise en recueillant les votes de chaque
arbre.
Pour les arbres de régression, le résultat final est obtenu en moyennant les résultats fournis par
les arbres.
Bien que la méthode du Bagging puisse produire des résultats précis, elle souffre d'un manque
de lisibilité : au lieu d'un seul arbre facilement interprétable, nous obtenons une moyenne de
résultats. Pour déterminer le nombre optimal d'itérations (c'est-à-dire le nombre d'arbres),
nous présentons ci-dessous le graphique montrant l'évolution de l'erreur de validation croisée
en fonction du nombre d'itérations.
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Le nombre optimal d'itérations qui minimise l'erreur sur la base de validation est B = 20, ce
qui correspond également à l'erreur moyenne minimale de validation croisée xerror = 0.9848
(comme indiqué sur le graphique ci-dessus où la valeur xerror correspond à 20). Étant donné
que cette méthode est stochastique, chaque exécution de l'algorithme produira de nouveaux
résultats et donc une nouvelle courbe. Idéalement, la meilleure valeur pourrait être supérieure
à 20, mais étant donné que l'exécution de code R avec un grand nombre d'itérations prend
énormément de temps, nous avons limité le nombre d'itérations à 20, ce qui est la meilleure
valeur pour notre cas ici. Ainsi, nous choisissons le Bagging avec 20 itérations.
Après avoir construit le modèle final du Bagging avec 20 arbres, nous présentons les
fréquences de sinistre par rapport à la variable explicative la plus pertinente :
driv_m_exprerience. Voici une représentation graphique de la distribution des fréquences des
sinistres en fonction de chaque modalité de la variable driv_m_experience :
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La fréquence moyenne pour le cas de bagging est égale à 0.06598039.
La déviance est égale à 0.04683931
Nous avons constaté que la déviance pour le bagging s'élève à 0.04683931, une valeur
inférieure à celle obtenue pour les arbres (0.1901699) et pour le modèle GLM (0.2720563).
Ainsi, en ce qui concerne la prédiction des fréquences de sinistres, la méthode du bagging
surpasse celle des arbres, qui à son tour est plus performante que celle du GLM.
Après avoir appliqué notre modèle à la base de données db_pred et rempli la colonne des
fréquences, la fréquence moyenne sur cette base, obtenue par la méthode du bagging, est de
0.06616733.
Ici, nous constatons une rareté de valeurs extrêmes, avec seulement six générées par le
modèle de bagging par rapport aux autres approches. Ces valeurs extrêmes, représentées par
des points, résultent de la saturation des estimateurs par les arbres agrégés via le bagging.
Ainsi, le bagging s'avère être une amélioration par rapport à la méthode des arbres.
Pour résoudre ce problème, nous envisageons de passer aux méthodes de Random Forest.
Dans le domaine des techniques d'apprentissage automatique, nous utilisons directement la
déviance pour comparer les modèles.
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Nous avons constaté que la déviance pour le cas du Bagging est égale à 0.04683931. Cette
valeur est plus petite que celle calculée pour les arbres (0.1901699) et celle du GLM
(0.2720563.
Ainsi, nous pouvons conclure que, pour la prédiction des fréquences de sinistres, la méthode
du Bagging est plus performante que celle des arbres. De même, la méthode des arbres est
plus efficace que celle du GLM.
Après avoir appliqué notre modèle sur la base db_pred et rempli la colonne des fréquences, la
fréquence moyenne sur la base db_pred avec la méthode du Bagging est égale à 0.06616733.
Les forêts aléatoires, un élément crucial parmi les algorithmes d'apprentissage, se démarquent
du Bagging par leur approche de division des nœuds. Au lieu de sélectionner la division
optimale parmi toutes les divisions possibles basées sur les variables explicatives, les forêts
aléatoires opèrent en tirant aléatoirement un sous-ensemble 𝑚
m de variables explicatives avant chaque division de nœud. Cette méthode favorise la
construction d'arbres plus indépendants et permet de réduire la variance de l'estimation. Dans
les scénarios où un grand nombre de variables explicatives sont en jeu, la sélection aléatoire
d'un sous-ensemble de ces variables permet d'exploiter pleinement les autres variables qui
auraient pu être négligées si elles avaient été confrontées à toutes les variables explicatives.
Pour déterminer le nombre optimal d'itérations du modèle de forêt aléatoire, nous traçons
l'évolution de l'erreur en fonction du nombre d'itérations :
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Dans la méthode de Randomforest, les arbres se construisent rapidement étant donné que
nousnous limitons à m variables explicatives à chaque nœud, donc nous remarquons que la
méthode deRandomforest permet d’avoir plusieurs itérations que celle du Bagging. Nous nous
avons limité à 40 itérations et nous avons trouvé l’erreur minimale xerror=0.9915 (l’erreur
correspond à l’itération 40). Il y a aussi la possibilité de réduire l’erreur en augmentant le
nombre d’itération. Mais puisque notre base de donnée est grande et contient plusieurs
variables explicatives, nous nous somme limité à 40 itérations. Nous sélectionnons donc le
modèle de Randomforest avec B*=40 itérations.
Nous pouvons conclure que l’utilisation de la méthode de Randomforest contrairement à celle
du Bagging, permet d’augmenter le nombre d’itérations et de réduire la corrélation entre les
arbres,ceci résulte une réduction de la variance de l’ensemble.
Après la construction du modèle de Randomforest avec 40 arbres, nous présentons les
fréquences desinistre par rapport au même variable explicative : driv_m_experience. Voici
une illustration graphiquesous forme d’un box-plot :
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Dans le contexte de Random Forest :
La fréquence moyenne des sinistres est de 0.06598039 et la déviance est de 0.04686883.
Comparativement au modèle de Bagging et aux arbres individuels, les fréquences moyennes
des sinistres dans le cas de Random Forest sont légèrement inférieures.
La fréquence des sinistres pour la classe d'âge des conducteurs avec 0 à 5 ans d'expérience est
notablement élevée par rapport aux autres classes d'expérience. Comme attendu, à mesure que
le nombre d'années d'expérience augmente, la fréquence des sinistres diminue, ce qui est
cohérent avec la réalité. Cependant, nous observons davantage de valeurs aberrantes générées
par le modèle de Random Forest que dans le cas du Bagging.
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connue; nous disposons seulement d'une estimation de cette fréquence. Ainsi, seule la
déviance est considérée comme un indicateur valide pour comparer les modèles.
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comparant les résultats obtenus par ces nouvelles méthodes avec ceux obtenus par les modèles
linéaires généralisés.
Nous avons analysé les résultats des graphiques pour obtenir une visualisation claire des
données extrêmes. Nous avons constaté que le modèle linéaire généralisé (GLM) produit une
fréquence inférieure à celle des méthodes d'apprentissage, principalement en raison des
valeurs extrêmes plus élevées dans le cas du GLM, contrairement aux méthodes
d'apprentissage qui parviennent à éviter le surapprentissage.
Les méthodes d'apprentissage automatique se révèlent plus performantes que les méthodes
paramétriques souvent utilisées en actuariat.
Dans le cadre de ce projet, nous avons également observé une certaine instabilité des arbres.
Des changements mineurs dans quelques observations peuvent entraîner des variations
significatives dans les estimations, ce qui souligne la nécessité de compléter les arbres avec
des méthodes d'apprentissage. Ces dernières sont très utiles pour améliorer les estimations et
renforcer la robustesse des modèles.
Les conclusions que nous avons tirées dépendent des données utilisées, car elles sont basées
sur notre ensemble de données spécifique. Nous ne pouvons donc jamais affirmer de manière
absolue que les méthodes d'apprentissage sont systématiquement supérieures au modèle
GLM. Par exemple, si notre base de données est composée uniquement de variables
catégorielles, le modèle GLM pourrait surpasser les méthodes d'apprentissage. En revanche, si
notre jeu de données contient principalement des variables continues, les méthodes
d'apprentissage seront plus adaptées.
Enfin, les méthodes d'apprentissage sont particulièrement adaptées pour l'analyse de grandes
bases de données, ce qui en fait une option intéressante pour le Big Data. Étant donné que
notre jeu de données comprend à la fois des variables catégorielles et continues, une évolution
potentielle des méthodes de tarification pourrait consister à combiner les deux approches,
c'est-à-dire le GLM et les méthodes d'apprentissage, afin d'améliorer les estimations en tirant
parti des avantages de chacune.
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