Métaphores de l'amour en littérature
Métaphores de l'amour en littérature
Bacs scientifiques
Texte :
( Philippe, le narrateur, rencontre pour la première fois Anna, la sæur de son ami
Alexandre. )
ÉTUDE DE TEXTE :
A- Compréhension:
1) Anna ne laisse pas le narrateur indifférent. Quel effet produit-elle sur lui?
2) Quel changement la rencontre avec Anna va-t-elle entraîner dans la relation entre les
deux amis, Philippe et Alexandre ?
B-Langue :
1) " Le charme d'Anna semblait exercer autant d' (emprise) sur lui que sur moi. "
1. Tracez les synonymes du verbe aimer et dites à quel registre de langue appartient chacun.
a. Il a cette fille dans la peau.
b. Il ne cache pas sa flamme pour cette fille.
c. Il s’est épris de cette fille.
d. Son transport pour cette fille le faisait souffrir.
e. Il s’est coiffé de cette fille.
Corrigé.
a. Il a cette fille dans la peau. (R. familier)
b. Il ne cache pas sa flamme pour cette fille. (R. soutenu ou littéraire)
c. Il s’est épris de cette fille. (R. courant)
d. Son transport pour cette fille le faisait souffrir. (R. soutenu ou Littéraire)
e. Il s’est coiffé de cette fille. (R. familier)
2. Décrivez l’évolution du sentiment amoureux en plaçant dans les vides les expressions suivantes,
du moins fort au plus intense : amour – attachement – fou – inclination – idolâtrie.
D’abord, ce n’était qu’une …………………. pour cette jeune personne. Ensuite, c’était devenu de
l’………………………………….. car il pensait souvent à elle et voulait la revoir. Puis, n’en pouvant
plus, il lui avoua son …………………… Après, cet amour lui faisait perdre la tête, il était devenu le
……….. de cette jeune et belle personne. Enfin, c’était plus fort que lui et sa passion s’est transformée
en …………………….
Corrigé.
Dans l’ordre : inclination – attachement – amour – fou – idolâtrie.
Liste B
a. Il lui fit les yeux doux. b. Il était fou d'amour. c. Il contait fleurette. d. Il eut un coup
de foudre. e. Ils filaient le parfait amour. f. Il fit sa déclaration. g. Ils échangèrent des serments.
Corrigé.
1/ c ( conter une fleurette à une femme = la
courtiser) 2/f 3/a 4/d 5/b 6/g 7/e
4. Associez à chaque définition le mot qui lui correspond dans la liste suivante :
une extase - un caprice – une passion.
a. n.m Un amour qui nait brusquement mais qui ne dure pas.
b. n.f. L’amour quand il apparaît comme une inclinaison puissante et durable, dégénérant parfois en
obsession.
c. n.f. État dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et du monde sensible.
Corrigé.
a. n.m Un amour qui nait brusquement mais qui ne dure pas. (Un caprice de l’italien capriccio)
b. n.f. L’amour quand il apparaît comme une inclinaison puissante et durable, dégénérant parfois en
obsession. (Une passion = une souffrance)
c. n.f. État dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et du monde sensible.
(Une extase)
5. Le mot «cœur » figure dans bon nombre d’expressions françaises. Distinguez les différents
sens.
Chroniques d'un raté Cœur qui soupire1 n’a pas ce qu’il désire!
Écoutez-moi, amis. Si le cœur vous en dit2, je vous raconterais bien une affaire de cœur3. Il me tient
beaucoup à cœur4 de faire de vous mes confidents et vous ouvrir mon cœur5. Vous le savez déjà: les
filles me font peur et je n'ai pas un cœur de lion6 pour les aborder. J'ai trop peur d'avoir le cœur brisé7.
Moi, qui suis un homme au cœur pur8 et qui offre mon cœur9 volontiers à qui en voudra, je n'ai guère eu
la chance de trouver l'élue de mon cœur10. Ce qui m'est arrivé la dernière fois vous le confirmera.
Un jour, j'ai rencontré une demoiselle jolie comme un cœur11, j'ai voulu lui parler et lui faire l'aveu que
son beau visage m'a fait battre le coeur12 mais elle m'a bien fait comprendre qu'elle n'avait pas le cœur
à causer13 avec un inconnu. Son refus m'a bien serré le cœur14. Une larme m'a échappé, mais, hélas, elle
n'a pas trouvé le chemin de son cœur15 . La demoiselle a cru que j'étais l'un de ceux qui, pour séduire les
dames, faisaient le joli cœur16. J'ai juré, la main sur le cœur17, que je ne suis guère un séducteur et que
je suis prêt à donner ma vie si elle daigne me donner son cœur18. Mon discours venait du fond du
cœur19, j'ai bien cru un moment que mes propos lui iraient droit au cœur20, mais, elle, qui avait un
cœur de pierre21, m'a ri au nez si bien que j'avais le cœur gros22. J'ai tellement pris à cœur23 ce qui
m'était arrivé qu'il me suffit d'y repenser pour avoir mal au cœur24.
Corrigé.
1. Personne insatisfaite,. 2. Si vous voulez, si cela vous tente. 3. Une affaire d’amour. 4. Il m’intéresse
de (J’y attache beaucoup d’importance ). 5. Révéler ses sentiments. 6. Je ne suis pas très courageux,
téméraire. 7. …d’être très affligé. 8. Animé de bonnes intentions. 9. Disposé à l’amour. 10. La fille qui
partagera mon amour. 11. Attendrissante. 12. M’a beaucoup ému. 13. Elle n’était pas disposée à parler.
14. … m’a causé de l’angoisse et de la tristesse. 15. Elle ne l’a pas attendrie. 16. …faisaient le
galant. 17. Dans une attitude théâtrale. 18. … m’aimer. 19. …était sincère. 20. … la toucheraient. 21. …
était impitoyable. 22. Peiné, triste. 23. J’ai attaché trop d’importance … 24. Ressentir du dégoût.
L'amour est un besoin pour tout jeune. Avoir ou vivre des expériences amoureuses est en effet très
avantageux pour l’avenir ou plutôt le devenir de ce dernier puisqu’il aura l’opportunité de connaître et de
vivre la notion du couple et de la vie partagée. C’est aussi bénéfique au niveau de la santé. Cela
s’explique par l’exigence intense de connaître l’autre et de vivre avec lui quelque chose de spéciale. Les
expériences amoureuses des adolescents les aident aussi à être responsables et à prendre soin du
partenaire. Ce qui les prépare pour la vie future en tant que mari ou femme.
Pour la plupart des filles, c’est toujours la même chose : elles cherchent « Le Parfait » ! Chacune avec ses
conditions et ses exigences ! Pour moi, Mr. Parfait ne veut pas dire un blond aux yeux bleus, un beau
gosse au corps musclé, avec une voiture de luxe et des vêtements assez chers ! Ce qui m’attire, c’est, en
premier, les attitudes du garçon : sa façon de parler, ses amis, ses intérêts… sa série préférée, son dessin
animé préféré, sa meilleure chanson, son plus grand groupe… Mon prince charmant doit être intelligent,
aimant et surtout un homme à la fois gentil et drôle. Je veux qu’il sache comment prendre soin de moi et
qu’il me respecte pour ce que je suis. C’est, à peu prés, à cela que ressemblerait mon prince charmant.
Pour d’autres filles, ces critères peuvent changer mais il restera toujours « Mr. Parfait » en fin de compte.
Une relation à l’âge de l’adolescence ne dure pas, pour ne pas dire, ne dure jamais. En effet, elle
commence toujours par une petite étincelle de lumière, au début, forte et très douce, mais qui finit par
s’affaiblir et par s’éteindre petit à petit. A cet âge-là, on n’aime pas vraiment mais plutôt on croit aimer.
Les garçons nous plaisent, nous, on leur plaît, on les apprécie, eux aussi, et voilà. C’est se qui se passe en
vérité. Une fois ensemble, on se donne totalement à cette nouvelle relation croyant toujours que c’est lui
le garçon tant attendu, le fameux « Mr. Parfait » quoi ! Tout nous paraît beau, plus que les autres jours,
plus brillant, plus limpide… La vie nous semble plus magnifique… on commence à voir la vie en rose
comme le dit si bien Piaf dans sa célèbre chanson. Après, on commence à avoir des petits problèmes et
des malentendus… Mais, toujours croyant à cette relation, on essaie de tout régler, de tout effacer, de tout
oublier... Néanmoins, très vite, le doute prend place dans nos petits cœurs et, on se rend compte, après
quelques temps, que ce n’est pas celui-là qu’on attendait. Et voilà, une petite brise souffle et éteint la
petite étincelle lumineuse et chaleureuse qui nous avait envahies d’enthousiasme et d’exaltation !
Des fois, cela ne marche pas de cette façon-là : en effet, je n’ai donné , dans cet article, qu’un exemple de
la « vie en couple » aux yeux des adolescentes. Cela pourrait marcher autrement. Mais, la recherche est
toujours en court… On t’attrapera Mr. Parfait, on t’attrapera tôt ou tard… !
Je trouve que presque tout ce qui a été écrit sur l’Amour est vrai. Shakespeare a dit : « Tout voyage
s’arrête au rendez-vous d’amour ». C’est tellement vrai … !! Je n’ai moi même jamais rien vécu de
semblable mais je crois que d’autres en ont vécu … et j’ai l’impression que j’y pense un peu trop ces
derniers temps !! Sa capacité de transformer et de définir nos vies ne cessera jamais de m’impressionner!
Shakespeare a aussi dit que « l’amour est aveugle » … et, là, je suis certaine que rien n’est plus vrai...
Pour certaines personnes, l’amour est une sorte de coup de foudre où l’attirance physique est importante.
Pour d’autres, ce n’est qu’une sorte de passe-temps : ils n’aiment pas se sentir vraiment prisonniers d’une
relation « sérieuse » ... C’est comme jouer à un petit jeu avec plusieurs partenaires. Il ya aussi ceux qui
vivent l’amour « affectueux » : un amour durable qui est, souvent, dérivé d’une amitié. C’est un amour
tendre et doux ! Et, il ne faut pas oublier aussi le plus cruel de tous : l’amour non partagé !!!
En tant qu’adolescente, je m’implique toujours dans ces relations où je m’y crois vraiment amoureuse…
Mais, par la suite, j’éprouve un sentiment qui me rend à la fois heureuse et malheureuse ; aussi, parfois, je
me sens libre comme je ne l’ai jamais été, et, parfois, enfermée comme une prisonnière. Certes, comme
l’avait si bien dit Shakespeare : « L'amour est un esprit malin; l'amour est un démon; il n'y a pas d'autre
mauvais ange que l'amour. »
A mon avis, chacun de nous a son âme sœur qui l’attend quelque part … !! Alors, il ne faut pas se faire de
soucis. Et…, l’Amour, je crois que c’est quelque chose de merveilleux que chaque être humain a le droit
de sentir et de vivre … !!!
L'amour est un indicateur de besoins. Il révèle parfois la présence de besoins cruciaux, d'autres fois celle
de besoins moins urgents comme des aspirations. Il révèle aussi qu'on croit, à tort ou à raison, trouver
auprès de l'être aimé la satisfaction de ces besoins. C'est le cas, qu'il s'agisse de l'amour pour une
satisfaction potentielle ou réelle.
Le besoin d'être reconnu comme être sexué et le besoin de contacts physiques de l'adolescent sont forts et
même envahissants. Ce dernier est prêt à jeter son dévolu sur le premier inconnu qui, à première vue,
présente des caractéristiques qui laissent croire qu'il pourrait combler ces besoins. Il est beau donc
attirant, fort donc capable d'avoir un ascendant sur moi, sûr de lui donc pouvant être affirmatif et
rassurant, etc...
Le besoin impérieux d'être aimé ou confirmé dans sa capacité d'avoir un impact sexuel n'est pas
spécifique à l'adolescent. On le retrouve aussi chez la personne qui recherche le coup de foudre. Celle-ci
voit, dans l'attrait intense et spontané, la preuve irréfutable qu'il peut trouver tout ce qu'il recherche pour
répondre à ses besoins affectifs. La dé couverte éventuelle de la personne réelle entraîne souvent le dé
senchantement. Le coup de foudre est le prototype de l'amour d'une personne pour son potentiel de
satisfaction.
Aimer dans une relation toxique est un autre exemple de l'amour d'une personne pour son potentiel de
satisfaction. Cet attrait est incompré hensible sans l'éclairage du phénomène du transfert. Dans cette
situation celui qui aime tente d'obtenir de l'autre des confirmations essentielles à son identité.
Habituellement ses tactiques sont infructueuses (voir " Conquérir la liberté d'être soi-même" pour en
savoir plus).
L'amour est la réaction au fait d'obtenir la nourriture affective que nous cherchons dans une relation.
L'amour d'une activité exprime la satisfaction qu'elle nous procure sur des dimensions importantes de
notre vie. Selon son intensité et la qualité de la satisfaction, l'amour prend la forme de sympathie,
d'affection et peut aller jusqu'à la passion.
Il est utile de préciser sur quoi porte notre amour si on veut y voir plus clair. En spécifiant ce que l'on
aime on peut identifier plus facilement les besoins auxquels il répond ou les aspirations qu'il é veille en
nous. On peut aussi cerner son besoin en identifiant les genres de satisfaction que nous procure le contact
avec la personne ou l'objet aimé.
-Les deux amoureux partagent le même sentiment d'amour qui est fondé sur la fidèlité, la confiance, le
respect. L'amour devient une source de bien-être. Il assure l'équilibre psychique puisque la présence de la
femme aimée accorde à son élu la béatitude et donne sens à sa vie. Ce plaisir a été éprouvé par Louis
Aragon dont la passion fervente pour Elsa Triolet est devenue une source d'inspiration.
-Le coup de foudre crée aussi un bonheur indescriptible. Les deux amoureux se sentent en harmonie
parfaite. Leurs yeux se répondent et par suite leurs coeurs se font écho.
-l'amour qui mène au mariage est aussi un amour heureux car les deux amoureux réussissent à s' unir par
un lien conjugal témoignant de leur affection. ainsi, le conjoint partage avec sa partenaire ses soucis, ses
peines, ses joies...
L’amour possède un aspect narcissique et possessif qui nous prive de notre liberté. L’amoureux cherche à
posséder l’être aimé. (jalousie qui accable l'être aimé )
L’amour peut être une source de souffrance et de mélancolie.
Lorsque l'amant apprend que l’être aimé l'a trahi, sa vie s'obscurcit.
citons à titre d'exemple le chevalier de Grieux à la découverte de la trahison de sa bien-aimée Manon. Il
était tellement désespéré qu'il a perdu le goût de vivre.
-l'amour non partagé cause la souffrance de la personne aimée qui se sent négligée. elle vit des troubles
psychologiques qui peuvent la conduire au suicide .
-l'amour peut être source de malheur quand il est basé sur l' intérêt personnel car le côté matériel
l'emporte sur les sentiments sincères et surtout sur l'amour par exemple les immigrés cherchent souvent à
conclure un mariage d'intérêt avec les européennes pour avoir le visa et pour régulariser sa situation
d'immigré clandestin.
une fois son but est atteint, l'homme demande à sa femme de se divorcer ce qui cause le malheur de cette
infortunée. (Trouble psychologique, méfiance, refus de se remarier à cause de l'insincérité)
-L' échec passionnel provoque aussi une grande tristesse .les victimes des séparations dues à la mort, à un
malentendu, à une trahison sentent une souffrance irréversible. Musset dans les nuits d' octobre écrit après
avoir été trahi par sa maitresse" il faut aimer après avoir aimé, il faut souffrir après avoir souffert"
- Après la mort de Virginie, Paul n'a pas pu vivre sans sa bien-aimée d'où sa décision de se suicider et de
rejoindre son élue même à la mort.
Etude de texte :
Benoist connaît Martine depuis longtemps. Ils ont le même âge et sont du même village. Maupassant
raconte la naissance de leur amour. Cet extrait se situe au début de la nouvelle.
Le souvenir de la Martine s'agitait dans l'esprit de Benoist comme une mouche emprisonnée. Puis un
désir le prit de la revoir, et il passa plusieurs fois devant la Martinière1. Il l'aperçut enfin étendant son
linge sur une corde, entre deux pommiers. Il faisait chaud ; elle n'avait gardé qu'une courte jupe, et sa
seule chemise sur sa peau dessinait bien ses reins cambrés quand elle levait les bras pour accrocher ses
serviettes. Il resta blotti contre le fossé pendant plus d'une heure, même après qu'elle fut partie. Il s'en
revint plus hanté2 encore qu'auparavant.
Pendant un mois, il eut l'esprit plein d'elle. Il tressaillait quand on la nommait devant lui. Il ne mangeait
plus, il avait chaque nuit des sueurs qui l'empêchaient de dormir. Le dimanche, à la messe, il ne la quittait
pas des yeux. Elle s'en aperçut et lui fit des sourires, flattée d'être appréciée ainsi.
Or, un soir, tout à coup, il la rencontra dans un chemin. Elle s'arrêta en le voyant venir. Alors il marcha
droit sur elle, suffoqué3 par la peur et le saisissement, mais aussi résolu4 à lui parler. Il commença en
bredouillant : « Voyez-vous, la Martine, ça ne peut plus durer comme ça. » . Elle répondit, comme en se
moquant de lui : « Qu'est-ce qui ne peut plus durer, Benoist ? » Il reprit :« Que je pense à vous tant qu'il y
a d'heures au jour. » Elle posa ses poings sur ses hanches : « C'est pas moi qui vous force. » Il balbutia :
« Oui, c'est vous ; je n'ai plus ni sommeil, ni repos, ni faim, ni rien. » Elle prononça très bas : « Qu'est-ce
qu'il faut, alors, pour vous guérir de ça ? » Il resta saisi, les bras ballants, les yeux ronds, la bouche
ouverte. Elle lui tapa un grand coup de main dans l'estomac et s'enfuit en courant.
À partir de ce jour, ils se rencontrèrent le long des fossés, dans les chemins creux, ou bien, au jour
tombant au bord d'un champ, alors qu'il rentrait avec ses chevaux et qu'elle ramenait ses vaches à l'étable.
Il se sentait porté, jeté vers elle par un grand élan de son cœur et de son corps. Il aurait voulu l'étreindre,
l'étrangler, la manger, la faire entrer en lui. Et il avait des frémissements d'impuissance, d'impatience, de
rage, de ce qu'elle n'était point à lui complètement comme s'ils n'eussent fait qu'un seul être.
On en jasait5 dans le pays. On les disait promis l'un à l'autre. Il lui avait demandé, d'ailleurs, si elle
voulait être sa femme, et elle avait répondu : " Oui". Ils attendaient une occasion pour en parler à leurs
parents.
Guy de Maupassant. Les contes de la
Bécasse. 1883.
1. Décrivez à partir d’indices du texte l’évolution du sentiment amoureux chez Benoist. ( Voir dans les
paragraphes 1, 2 et 4 )
2. Cet amour de Benoist pour Martine est comparable à une maladie : Qu’est – ce qui le prouve dans le
texte ? ( Voir paragraphes 2 et
3)
3. Relevez, nommez deux procédés d’écriture employés par le narrateur dans sa description du sentiment
amoureux. Expliquez ce qu’il veut dire à chaque fois. ( Voir paragraphe 4
surtout )
Corrigé.
Compréhension.
1. Il y a évolution du sentiment amoureux chez Benoist : D'abord, l'image de Martine s'était fixée dans
son esprit, il pensait trop à elle et son "souvenir s'agitait dans [son] esprit". Puis son inclination qui se
traduisait par le " désir de la revoir "devenait de l'attachement car " il s'en revint plus hanté encore
qu'auparavant" lorsqu'il l'avait vue une autre fois devant sa ferme. Ensuite, il était devenu vraiment
amoureux puisqu' "il eut l'esprit plein d'elle". Enfin, c'était plus fort que lui, c'était l'amour fou : " Il se
sentait porté, jeté vers elle ....Il aurait voulu l'étreindre, l'étrangler, la manger" ....
2. L'amour de Benoist pour Martine est présenté dans le texte comme une maladie, d'ailleurs elle lui dit : "
Qu'est -ce qu'il faut alors pour te guérir de ça ?" Les manifestations pathologiques de son mal sont : " Il
tressaillait ... Il ne mangeait plus, il avait chaque nuit des sueurs qui l'empêchaient de dormir" .....
3. Dans sa description du sentiment amoureux, le narrateur a employé les procédés de la gradation et de
l'hyperbole lorsqu'il avait dit : " Il aurait voulu l'étreindre, l'étrangler, la manger" pour nous montrer que
la passion de Benoist devient de plus en plus forte jusqu'à atteindre des degrés extrêmes.
II /LANGUE :
LA COMPARAISON
La comparaison rapproche deux éléments, (mots .ou groupes de mots), grâce à un outil grammatical, afin
de mettre en évidence une caractéristique qui leur est commune.
Quand le ciel est bas et lourd pèse comme un couvercle
comparé outil de comparaison. comparant
L’outil de comparaison peut être: 1 .Une conjonction: comme. [Link] locution conjonctive: de même que,
ainsi que, aussi, plus, moins [...] que. 3 .Un adjectif: semblable à, tel (que), pareil à. [Link] verbe:
ressembler à, avoir l’air de, faire penser à.
EXERCICES :
1. Soulignez l’outil de comparaison et précisez sa nature grammaticale.
Corrigé.
1. Comme = conjonction ; 2. ainsi que = locution conjonctive ; 3. semble = verbe ; 4. tel
= adjectif.
2. Même exercice
1. Loup : quadrupède sauvage et carnassier qui ressemble à un grand chien.(Dictionnaire
Encyclopédique Ouillet )
2. Le navire roulait sous un ciel sans nuages
Comme un ange enivré du soleil radieux. (Baudelaire)
3. Ô Dieu! Le vent rugit comme un soufflet de forge,
La côte fait le bruit d’une enclume, on croit voir
Les constellations fuir dans l’ouragan noir
Comme les tourbillons d’étincelles de l’âtre... (Hugo) : ,
4. Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer... (Baudelaire)
Corrigé.
1. Ressemble à = verbe ; 2. comme = conjonction ; 3. comme = conjonction ; fait le bruit
= verbe ; comme = conjonction ; 4. semblable à = adjectif.
3. Dans chacune des phrases de l’exercice 1, identifiez le comparé et le comparant. Écrivez-les dans
la colonne qui convient.
Comparé Comparant
1. ………………………….. .....................................
2 ……………………………. ........................................
3. ……………………………… .......................................
4. ………………………………. ………………………………
Corrigé.
Comparé Comparant
1. je rêve de pierre
2. les sages d'autrefois l'Écrevisse
3. l'horizon un rêve éblouissant
4. père fils
Comparé Comparant
1. ……………………………… ……………………………
2. ……………………………… ………………………………
3. ……………………………… ……………………………
4. ………………………………………. …………………………….
Corrigé.
Comparé Comparant
1. loup grand chien
2. navire ange
3. vent soufflet de forge
- côte - enclume
- constellations - étincelles
4. Poète prince des nuées
2. La comparaison 2.
Une comparaison peut rapprocher des éléments concrets et des éléments abstraits .
Ici , une notion abstraite , ( le moi , la personnalité du poète ) , est comparée à une réalité concrète (la
feuille flétrie )
Sa conversation était plate comme un trottoir de rue ….( Flaubert ). Comparaison dévalorisante .
Toute sa gentille personne sentait frais comme un bouquet ( Flaubert ) . Comparaison valorisante.
Une comparaison peut retenir l’attention par son aspect original . Ton souvenir en moi luit commun
ostensoir ! ( Baudelaire )
A l’inverse , certaines comparaisons sont devenues banales du fait d’une utilisation trop fréquente .
Elles ne traduisent plus aucune recherche stylistique . On les appelle des clichés . Exemples : Etre blanc
comme un linge , bavard comme une pie .
Exercices :
Corrigé.
Comparé Comparant
1. conscience humaine (abstrait) un chien (concret)
2. les colibris (concret) les martinets (concret)
3. ma jeunesse (abstrait) essaim d'oiseaux (concret)
4. je (abstrait) la feuille morte (concret)
Nos émotions sont dans nos mots comme des oiseaux empaillés. ( Montherlant ) . -
Corrigé.
1.=(-); 2.=(+)
7. Même exercice.
1. Dans la brume grise, les gratte- ciel devenus blanchâtres se dressent comme de gigantesques sépulcres
d’une ville morte. ( Camus )
2. Elle ressemblait aux femmes des livres romantiques. ( Flaubert ) .
3. Avec ses vêtements ondoyants et nacrés / Même quand elle marche, on croirait qu’elle danse…
( Baudelaire ) .
Corrigé.
1. = (-) ; 2.=(+) ; 3.=(+)
La métaphore.
La métaphore est une sorte de comparaison dans laquelle on aurait supprimé l’outil de comparaison .
L’homme est un roseau .
L’homme est semblable à un roseau . Elle permet d’exprimer une idée abstraite à l’aide de mots concrets.
Lorsqu’un texte entier est une métaphore filée, on parle d’allégorie.
Plus condensée que la comparaison , la métaphore établit une assimilation entre deux termes dont l’un a
fonction de comparé (ex) l’homme ) l’autre de comparant (ex le roseau )
Par juxtaposition .
La mer rauque chanteuse …. ( Baudelaire )
Comparé Comparant
Exercices
10. Repérez les métaphores, construites ici avec le verbe être, en soulignant le comparé et
en entourant le comparant.
Corrigé.
Comparé Comparant
1. une forêt un monstre hideux
2. votre âme un paysage choisi
3. le temps des hommes de l'éternité pliée
4. ma jeunesse un ténébreux orage
5. une étoile cette mouche de feu
6. la femme le potage de l'homme
Corrigé.
Comparé Comparant
1. mon amour un horrible naufrage
2. l'humanité le boeuf à courte haleine
3. l'homme de bien un athlète
4. une heure un vase rempli de...
12. Même exercice. Les métaphores suivantes sont construites par juxtaposition.
Corrigé.
Comparé Comparant
1. poésie trésor, perle de la pensée
2. mon amour ma déchirure
3. les strophes oiseaux
4. la voix de Paris un ronflement d'ogre
5. Tour Eiffel bergère
13. Même exercice. Les métaphores suivantes sont construites avec un complément de
nom.
Corrigé.
Comparé Comparant
1. la mitraille les crachats rouges de
2. étoiles un grand troupeau d'
3. cathédrales les grandes amandes des
4. l'État le vaisseau de
5. La métaphore ( 2 )
La métaphore peut reposer sur l’utilisation d’un seul mot choisi pour son analogie avec une autre
réalité .
Boulets, mitraille ,obus , mêlés aux flocons blancs ,
Pleuvaient ….. ( Hugo )
Le seul emploi de pleuvaient de préférence à tombaient ,sous –entend que les projectiles s’abattent
comme une pluie brutale .
Dans son étal le plus élaboré , la métaphore opère une fusion totale entre deux éléments . Cette fusion
peut aller jusqu’à la suppression du comparé : seul le comparant est exprimé .
L’image de la faucille suffit ici à évoquer la lune . Le comparé la lune n’est pas exprimé : Tout le sens a
été transféré sur le comparant la faucille .
Grâce aux analogies qu’elle dévoile , la métaphore révèle la singularité d’un auteur et traduit une vision
originale du monde .
Rimbaud établit ici une analogie entre les étoiles et des toilette féminines , ce qui humanise le cosmos,
et lui donne une dimension rassurante.
La métaphore peut néanmoins perdre de sa force poétique , lorsqu’elle est souvent employée : Elle
devient alors un cliché .
Exemple : J’ai vécu six ans avec mon mari sans un nuage . ( lonesco )
Exercices
14. Soulignez les métaphores et indiquez à droite la nature du ou des terme ( s ) qui exprime (n ) la
métaphore : Nom – N, Adjectif – A, Verbe – V .
Corrigé.
1. marchepieds = (N) ; 2. apparaissait = (V), rose = (A) ; 3. régnait = (V) ; 4. noueuse = (A) ; 5.
apprivoiser, toiser = (V-V)
15. Dans les exemples suivants, soulignez les métaphores et indiquez celles qui sont
originales (+) et celles qui sont des clichés (-).
1. Un despote [...], c'est un bon pâtre qui réduit ses sujets à la condition des animaux... (Diderot)
2. Le gouvernement indien annonce un gel des salaires. (Le Monde)
3. La lune est un singe échappé du baluchon d'un marin
Qui vous regarde à travers les barreaux de la nuit...(Supervielle)
Corrigé.
1. un bon pâtre = (+) ; 2. un gel des salaires = (-) 3. la lune est un singe = (+)
16. Dans les métaphores suivantes, le comparé n'est pas exprimé : retrouvez-le en vous
aidant de la liste suivante : enfance - yeux - ville.
Ce toit tranquille où marchent les colombes. (P Valéry) = la mer et les voiles blanches des
bateaux.
Corrigé.
1. la ville ; 2. l'enfance ; 3. des yeux
La personnification.
La personnification transforme un inanimé en un être vivant. C'est une sorte de métaphore dont le
comparant est animé et le comparé inanimé.
-La rue assourdissante autour de moi hurlait...
(Baudelaire)
-..la rue est ici personnifiée grâce à un verbe réservé au domaine humain ou animal.
.La personnification s'effectue à l'aide :
*D’adjectifs.
- Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés... (Rimbaud)
*Des noms et compléments de nom.
- C'était une de ces machines d'express {...} d'une élégance fine et géante, avec son poitrail large,
des reins allongés. ..(Zola)
*Des verbes.
- L'automne souriait... (Hugo)
En abolissant la frontière entre inanimé et animé, la personnification donne une dimension inhabituelle à
la vision du monde offerte au lecteur.
19 -Soulignez ce qui est personnifié, et entourez les termes qui servent à personnifier.
21. Soulignez les termes qui servent à la personnification et précisez à droite, leur nature : Adjectif
= A, Nom = N, Verbe = V.
- Jacques vit d’abord la gueule noire du tunnel s’éclairer. ( Zola ) N
Corrigé de l’exercice 21
1. frissonnait = (V) ; éperdue = (A) ; 2. nez = (N) ; ,mortes (A) ; 3. leurs pattes de crustacés = (N) ; 4.
mordaient = (V) ; 5. me regarde, me connaît = (V)
Corrigé de l’exercice 22
1. se lave = (V) ; se couche = (V) ; 2. mariage = (N) ; 3. levée sur elle-même, tapante, ruante = (A),
dévalant =(V) ; 4. gagna = (V), se mit à terrasser = (V) ; 5. sourde ;cet muette de naissance = (A)
L'Allégorie.
● L'allégorie représente de façon imagée, sur le mode descriptif ou narratif, une idée, une abstraction,
qu'elle rend ainsi plus perceptible et plus frappante : on représente traditionnellement la mort, sous la
forme d'un squelette armé d'une faux.
● L'allégorie prend souvent la forme d'une métaphore filée (page 13).
-Bon chevalier masqué qui chevauche en silence,
Le Malheur a percé mon vieux cœur de sa lance. Verlaine)
« Le Malheur » est ici représenté sous les traits d'un cavalier, et Verlaine file la métaphore initiale en
utilisant le lexique de la chevalerie.
● L'allégorie est proche de la personnification. Elle repose sur une métaphore dont le comparant
est souvent un animé (ex. : « le chevalier »), mais dont le comparé est une notion abstraite (ex. :
« le Malheur »), parfois signalée par une majuscule.
Exercices.
23. Entourez le terme abstrait allégorisé, et soulignez les mots constituant une métaphore filée.
-Créon à Antigone : La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler
sans le savoir entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains [...] Retiens - la... (Anouilh)
Corrigé de l’exercice 23
Terme encadré
1. ma mémoire 2. mort 3. misère 4. ma pensée
Termes soulignés
navire - navigué - onde - à boire
vieux capitaine - levons l'ancre
appareillons
accroupie - bouche béante –
pour recevoir
mouette - suit la vague - balancée - biaisant - marée
24. Entourez le terme abstrait allégorisé et soulignez les termes qui permettent de le personnifier.
Corrigé de l’exercice.
Termes soulignés
mange - obscur ennemi - ronge –
se fortifie
se sert pour essuyer - toile à laver
sois sage - tiens toi plus tranquille
tu réclamais - donne-moi – viens
teint pâle et livide - suit d'un pied
la guide
L’Hyperbole.
L'hyperbole accentue l'expression d'une idée par rapport à sa réalité : c'est une exagération.
Célimène parlant de Bélise :
Lorsqu'elle vient me voir, je souffre le martyre :
Il faut suer sans cesse à chercher que lui dire... (Molière)
- Célimène exagère ici l'ennui qu'elle éprouve à recevoir Bélise.
• Un lexique fort.
Tu vois en Dom Juan, mon maître, le plus grand
scélérat que la terre ait jamais porté, un enragé, un chien, un diable... (Molière)
• Des superlatifs.
Je vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveiHeese;; la
plus miraculeuse... (Mme de Sévigné)
• Des comparaisons.
- Manger comme un ogre.
L'hyperbole sert à persuader, à traduire une émotion intense. Elle peut servir aussi une intention
ironique.
Exercices.
53. Soulignez les hyperboles.
4. Les cheveux dressent encore sur la tête, au souvenir de ces jours de meurtre et de feu, retentissant des
clameurs du tocsin... (Chateaubriand)
Corrigé.
1. merveilleux - tout - passion - extase - délire ; 2. altesses sérénissimes ; 3. sublime - emplissait - prises
d'assaut - effacées - souverain -tous les jours - prodige ; 4. dressent sur la tête
- meurtre - feu - retentissant - clameurs ; 5. renverse les murailles - défait les escadrons - gagne
les batailles - je couche... à bas.
Corrigé.
1. toutes les sciences - la plus absurde - le plus capable d'étouffer - toute espèce ; 2. il crie - il éclate - on
bouche ses oreilles - tonnerre ; 3. âmes de feu - vaincre - tous les grands efforts - actions sublimes ; 4. ne
se possédait plus - jeté à toutes les sautes du vent de violence - flagellé - la bête hurlante ; 5. j'engloutis
les cités - je renverse les monts
55. Soulignez les hyperboles et identifiez le ou les procédé (s) utilisé (s) : Pluriel = (P) - Lexique
fort = (LF) - Superlatif = (S) - Comparaison = (C).
- J'étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers Et des sept gares... (Cendrars)
1. Leurs habits, mieux faits, semblaient d'un drap plus souple et leurs cheveux [...], lustrés par des
pommades plus fines. (Flaubert)
2. La grimace sublime qui venait d'éblouir l'assemblée... (Hugo)
3. Quoi ! passés pour jamais ? quoi ! tout entiers
perdus ? (Lamartine)
4. Je crois que je pourrais rester dix mille ans sans parler . (Sartre)
5.... maigre et hâve comme un malade au dernier degré de la consomption. (Diderot)
6. Tandis qu'une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant... (Rimbaud)
Corrigé.
1. Mieux faits - plus souple - plus fines = (S) ; 2. sublime - éblouir = (LF) ; 3. pour jamais - tout entiers
perdus = (LF) ; 4. dix mille = (P-LF) ; 5. comme un malade au dernier degré de la consomption = (C-
LF) ; 6. folie épouvantable = (1,F) - broie = (LF) - cent milliers = (P) - un tas = (LF)
1. Les femmes avaient paru, près d'un millier de femmes [...] Et les hommes déboulèrent ensuite,
deux mille furieux... (Zola)
2. Il monta de la terre un souffle si brûlant que l'on sentit tout défaillir. (Gide)
3. Il l'admire à tous coups, le cite à tout propos,
Ses moindres actions lui semblent des miracles... (Molière)
4. Moi, je veux tout, tout de suite - et que ce soit entier - ou alors je refuse. (Anouilh)
5. Une créature femelle taillée en Hercule, plantée sur ses pieds comme un chêne de 60 ans sur ses
racines. (Balzac)
6. Oui, mon cher fils, parlez : traitez-moi de perfide,
D'infâme, de perdu, de voleur, d'homicide ;
Accablez-moi de noms encor plus détestés... (Molière)
Corrigé.
1. un millier de femmes - deux mille furieux = (P-LF) ; 2. si brûlant - tout défaillir = (S-LF) ; 3. à tous
coups - à tout propos = (P-LF) - miracles = (LF) ; 4. tout - tout de suite - entier = (LF) ; 5.
Hercule - comme un chêne de 60 ans = (C) ; 6. perfide - infâme - perdu - voleur - homicide - accablez =
(LF) - encore plus détestés = (S)
L’antithèse.
L’antithèse rapproche deux mots ou deux groupes de mots, pour les opposer, à l'intérieur d'un
énoncé bref (phrase, paragraphe, strophe).
Corrigé.
1. énorme/délicat ; 2. malheur/bonheur ; 3. transir/brûler ; 4. il manque (des) aliments/on mange des fruits
précoces ; 5. ami/ennemi - ignorant/sage
47. Soulignez les antithèses. Indiquez si le rapprochement des termes opposés s'effectue
par juxtaposition (J), coordination (C) ou symétrie (S).
Sa misérable tête n'est qu'un jouet dans l'énormité des vagues. (Hugo)
1. Je descends vivante au séjour des morts... (Sophocle)
2. Quand tout change pour toi, la nature est la même. (Lamartine)
3. Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand. (Hugo)
4. Si l'on savait combien le buveur de sang, le romancier féroce, est un digne bourgeois, un homme d'étude
et d'art... (Zola)
5. Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! Lui naguère si beau, qu'il est comique et
laid ! (Baudelaire)
Corrigé.
1. vivante/morts = (S) ; 2. change/est la même = (J) ; 3. jeune homme/vieillard = (C) ; 4. buveur de
sang, féroce/digne bourgeois, homme d'étude et d'art = (S) ; 5. ailé/gauche - beau/laid = (J)
Corrigé.
1. j'aime/je hais = (C) ; 2. néant/infini - tout/néant = (S) rien/tout = (C) ; 3. jeunesse/vieillesse = (J) ; 4.
amer/doux = (C) ; 5. l'un/l'autre - géant/nain = (S)
La périphrase.
La périphrase (le préfixe grec « peri » signifie autour) remplace un mot par une
expression détournée, comprenant des adjectifs, des
compléments de nom ou une proposition relative, qui précisent le sens. Par exemple, « le rêveur sacré »,
chez Hugo, désigne le poète.
La périphrase sert à :
Il y a des lieux où il faut appeler Paris, Paris, et des lieux où il la faut appeler capitale du royaume. (Pascal)
Exercices.
38. Quels personnages historiques et écrivains célèbres désignent ces périphrases ? Aidez-vous de la
liste suivante : De Gaulle - Margaret Thatcher – Louis XIV - Jeanne d'Arc - Émile
Zola - Rimbaud - George Sand - Chateaubriand.
1. La Dame de fer.....................................................
2. La pucelle d'Orléans .............................................
3. Le Roi Soleil ........................................................
4. L'homme du 18 Juin .............................................
5. L'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe ...............
6. Le maître du Naturalisme .....................................
7. La bonne dame de Nohant ...................................
8. L'homme aux semelles de vent ...........................
Corrigé.
1. Margaret Thatcher ; 2. Jeanne d'Arc ; 3. Louis xiv ; 4. de Gaulle ; 5. Chateaubriand ; 6. Émile Zola ; 7.
George Sand ; 8. Rimbaud
14. La périphrase2.
La périphrase possède une fonction poétique. Grâce à ses connotations elle permet de donner un tour
plus littéraire, plus « noble » à un énoncé.
L'astre au front d'argent. (Lamartine) → La lune est enrichie et personnifiée par la périphrase
L’antiphrase.
L’antiphrase consiste à employer, dans un but ironique, un mot ou une expression qui
signifie le contraire de ce qu'elle exprime littéralement.
Agnès à Arnolphe
Vous avez là-dedans bien opéré vraiment
Et m'avez fait en tout instruire joliment ! (Molière)
- Agnès feint d'admirer l'éducation que lui a donnée Arnolphe, mais ses paroles signifient : vous m'avez mal
fait instruire.
Comme les termes d'une antiphrase sont positifs, mais de sens négatif, il est parfois difficile
d'apprécier cette figure de style. À l'oral, le ton souligne le but ironique de l'antiphrase. À l'écrit,
seul l'examen du contexte permet une bonne interprétation.
Exercices.
42. Soulignez les antiphrases.
- Dom Juan : La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, [...] (Molière)
1. Une jolie source de poison, une opération qu'on aurait dû enterrer dans une cave, tant elle était effrontée
et abominable ! (Zola, à propos de l'alambic)
2. L'antichambre n'était à la vérité incrustée que de rubis et d'émeraude ; mais l'ordre dans lequel tout était
arrangé réparait bien cette extrême simplicité. (Voltaire)
3. Les familles peuvent se désoler, les nations mourir de misère, cela échauffe la cervelle de
Monsieur : Admirable poète ! (Musset)
4. Et votre petit chien Brusquet ? [...] mord-il toujours bien aux jambes les gens qui vont chez
vous ? (Molière)
Corrigé.
1. jolie source ; 2. extrême simplicité ; 3. admirable poète ; 4. mord-il bien
Corrigé.
1. invention merveilleuse et tout à fait sûre ; 2. horrible danger; 3. le beau projet ; 4. les sentiments
humains ; 5. le beau soulagement
44. Dans les phrases de l'exercice 42, rétablissez ce que le locuteur veut signifier, sous le
masque de l'antiphrase.
Corrigé.
1. affreuse source ; 2. luxe inouï ; 3. méprisable poète ; 4. mord-il toujours aussi douloureusement
LA Gradation.
La gradation est une énumération de mots ou de groupes de mots, ordonnée selon une
progression dans l'intensité.
Le fleuve naît, gronde et s'écoule... (Lamartine)
• La gradation est dite ascendante ou croissante, quand les termes sont de plus en plus
forts.
Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine... (Corneille)
• La gradation est dite descendante ou décroissante, quand les termes sont de moins
en moins forts.
(La voile) s'éloigne, elle blêmit, elle décroît... (Hugo)
Le nombre des termes composant une gradation est variable. Cependant, les gradations les
plus fréquentes sont :
Exercices.
57. Soulignez les termes des gradations dans les phrases suivantes.
- (...) va, cours, vole, et nous venge. (Corneille)
Corrigé.
1. croît, meurt, s'efface, fuit ; 2. horrible, sanglante, implacable ; 3. gémis, souffre, s'use, se flétrit ; 4.
dieu, table, cuvette ; 5. bandit, voyou, voleur, chenapan
58. Pour chacune des phrases ci-dessus, indiquez si la gradation est ascendante (+) ou
descendante (-).
va, cours, vole, et nous venge. → +
1) = .............. 2) =........ 3) = ....... 4) = ........ 5) =.......
Corrigé.
1. = (+) ;2.=(+) ;3.=(+) ;4.=(-1;5.=(-)
59. Soulignez les gradations et indiquez si elles sont binaires (B), ternaires (T) ou autres (A).
Je me meurs, je suis mort, je suis enterré. (Molière) → T
Corrigé.
1. veau, vache, cochon, couvée = (A) ; 2. un mois, un an = (B) ; 3. languis, brûle = (B) ; 4. glissé, tombé,
fini = (T)
1. Il y a ailleurs vingt-six familles indigentes qui ne se chauffent point pendant l'hiver, qui n'ont point
d'habits pour se couvrir, et qui souvent manquent de pain. (La Bruyère)
2. C'est ma première phrase. Elle me donne du mal, beaucoup de mal. (Camus)
3. C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ?... c'est une péninsule ! (Rostand)
Corrigé.
1. ne se chauffent point, n'ont point d'habits, manquent de pain = (T) ; 2. du mal, beaucoup de mal =
(B) ; 3. un roc, un pic, un cap, une péninsule = (A)
L’Énumération et l’accumulation.
L’énumération consiste à énoncer successivement les différentes composantes d’un tout, mentionné
explicitement ou non.
- Nanon faisait tout: elle faisait la cuisine. elle faisait les buées, elle allait laver le linge à la Loire ... elle
faisait à manger à tous les vendangeurs, ...défendait comme un chien fidèle, le bien de son
maÎtre, (Balzac)
..Ici, « énumération précise les différentes tâches de la servante, d’abord évoquées globalement, par le
terme englobant “ tout”.
L’énumération permet de transmettre au lecteur un grand nombre d’informations, notamment dans les
textes descriptifs.
Si l’énumération vise à un dénombrement complet, elle constitue un inventaire.
d -Ils se mirent en marche dès le matin, et passant par Meudon. Bellevue, Suresnes,
Auteuil...ils vagabondèrent entre les vignes, (Flaubert)
L’énumération peut produire un effet de désordre ou d’excès, On dit alors qu’il y a accumulation,
-Ah ! la douceur de vivre, Vos bals, vos amusettes. de vos cortèges. vos artifices et vos feux d’artifice, les
noces et les voyages de noces! (Ionesco)
Ici, la quantité de divertissements crée un effet d d’accumulation, où l’on perçoit une certaine ironie.
EXERCICES :
68. Entourez le terme englobant et soulignez les termes composant l’énumération :
II voyagea, Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des
paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues. (Flaubert)
1. Dans ces régions sauvages, l’âme se plaît à s’enfoncer dans un océan de forêts, à planer sur le gouffre
des cataractes, à méditer au bord des lacs et des fleuves. (Chateaubriand)
2. Tu es mon roi, mon idole! tu es bon! Tu es beau! Tu es intelligent! Tu es fort. ! (Flaubert)
3. Vent, ondes, flammes/Arbres, roseaux, rochers, tout vit ! Tout est plein d’âmes! (Hugo)
4. Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres
Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux... (Hugo)
5. Pour savoir où s’établir, ils passèrent en revue toutes les régions. Le Nord était fertile, mais trop
froid; le Midi enchanteur par son climat, mais Incommode, vu les moustiques. (Flaubert) )
Corrigé.
Terme englobant : 1. Ces régions sauvages. 2. mon roi, mon idole. 3. tout.
Termes de l’énumération : 1. océan, forêts, gouffre des cataractes; lacs et fleuves. 2. bon, beau,
intelligent, fort. 3. vent, ondes, flammes; arbres, roseaux, rochers
69. Soulignez les termes qui constituent une accumulation.
Il ne riait pas, le misérable ! Il ne pleurait pas. Il ne dansait pas, Il ne gesticulait pas. Il ne Criait pas...
(Baudelaire)
1. « Eh bien! mon cher Pangloss, lui dit Candide, quand vous avez été pendu, disséqué, roué de coups et
que vous avez ramé aux galères, avez-vous toujours pensé que tout allait le mieux du monde? «
(Voltaire)
2. L’astronomie est née de la superstition; l’éloquence, de l’ambition, de la haine, de la
flatterie, du mensonge; la géométrie, de l’avarice; la physique, d’une vaine curiosité ; toutes et
la morale même, de l’orgueil humain. Les sciences et les arts doivent donc leur naissance à nos
vices. (Rousseau)
Corrigé.
1. pendu, disséqué, roué de coups, avez ramé aux galères; 2. l’astronomie, l’éloquence, la géométrie, la
physique (= les sciences et les arts), la superstition, l’ambition, la haine, la flatterie, le mensonge,
l’avarice, la curiosité, (= nos vices)
1. Ma tante Mélie est muette. ... Ses yeux, son front, ses lèvres, ses mains, ses pieds, ses nerfs, ses
muscles, sa chair, sa peau, tout chez elle remue, jase, interroge, répond. (Vallès)
2. Nous étions entourés de fougères arborescentes, de fleurs velues, de parfums charnus, d’humus
glauque. (Cendrars)
Corrigé.
1. yeux, front, lèvres, mains, pieds, nerfs, muscles, chair, peau; remue, jase, interroge, répond;
2. fougères, fleurs, parfums, humus .
La répétition.
Répéter, c’est redire, donc employer plusieurs fois le même élément linguistique, mot, groupe, phrase. La
répétition participe à la fonction phatique du langage : faciliter la perception du message. Naturelle à
l’oral, elle peut, à l’écrit, devenir un écart de style.
Epiphore :
Il aperçoit le veston de son ennemi, la tête glabre de son ennemi, le sourire mauvais de son ennemi.
Symploque :
Alors, c’est qu’ils n’ont pas su ? Il faut que je me dise qu’ils n’ont pas su. Et il faut que je sache pourquoi
ils n’ont pas su. Il faut que je questionne ceux que je peux atteindre.
J. Romains, Les Hommes de bonne volonté
Anadiplose :
Chemin faisant, nous reverrons la petite auberge. La petite auberge, elle est toujours là.
Exercice : Repérez les procédés de répétition et classez – les selon leurs effets.
CHANSON DES SARDINIÈRES
Vous vivrez malheureuses
et vous aurez beaucoup d’enfants beaucoup d’enfants
qui vivront malheureux
et qui auront beaucoup d’enfants
qui vivront malheureux
et qui auront beaucoup d’enfants
beaucoup d’enfants
qui vivront malheureux
et qui auront beaucoup d’enfants
beaucoup d’enfants beaucoup d’enfants...
Tournez tournez
Petites filles
Tournez autour des fabriques
Bientôt vous serez dedans
tournez tournez
filles de pêcheurs
filles des paysans… J. Prévert, Spectacle . Gallimard 1949
Correction :
Les répétitions dans le texte de J. Prévert :
Analyse des répétitions : Prévert utilise systématiquement la symploque. En effet, le début des
propositions successives est anaphorique (qui vivront répété 3 fois, qui auront répété 3 fois) et leur fin
épiphorique (malheureux répété 3 fois, beaucoup d'enfants répété 8 fois). Au -delà de la symploque, les
répétitions vont jusqu'au ressassement (ressasser v. tr. 1. Revenir sans cesse en esprit sur. Ressasser de
vieilles rancunes. 2. Répéter à satiété. Ressasser les mêmes histoires.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999 ) Dans les vers 13 à 19, l'anaphore domine avec
l'impératif tournez. Noter aussi la répétition de filles (3 fois).
Les effets des répétitions : C'est un monde d'aliénation que vise Prévert: les sardinières sont réduites à
un état de procréatrices et les excès démographiques ont pour effet la misère, répétée de génération en
génération. La disposition en vers accroît les effets répétitifs jusqu'à une tragique ritournelle du malheur
inéluctable.
LA RÉPÉTITION ET L'ANAPHORE
La répétition consiste à reprendre plusieurs fois un mot ou un groupe de mots à l’intérieur d’un
énoncé assez bref (phrase, paragraphe, strophe, court poème).
Elle avait de gros os, un gros nez, un gros front, de gros yeux... (Balzac)
Scapin: Oui Géronte : Que diable allait-il faire dans cette galère?
Scapin: Vous avez raison. Mais hâtez-vous [...]
Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu... (J. Brel)
5. De l’or, de l’or. L’or est tout; et le reste, sans or, n’est rien. (Diderot)
1. Ce qu’il faut de malheurs pour la moindre chanson Ce qu’il faut de sanglots pour payer un frisson Ce
qu’il faut de sanglots pour un air de guitare... (Aragon)
2. Caravanes! -Caravanes venues le soir; caravanes
parties le matin; caravanes horriblement lasses, ivres de mirages, et maintenant désespérées!
Caravanes! Que ne puis-je partir avec vous, caravanes! (Gide)
3. C’était un Chat vivant comme un dévot ermite, Un Chat faisant la chattemite, Un saint homme de
Chat, bien fourré, gros et gras... (La Fontaine)
4. Intérieur bourgeois anglais avec des fauteuils anglais. Soirée anglaise. M. Smith, Anglais, dans son
fauteuil et ses pantoufles anglais, fume sa pipe anglaise, et lit un journal anglais, près d’un feu anglais.
(Ionesco)
Autre exercice
73. Soulignez les anaphores.
Exemple : ... Sans rien voir, au dehors, sans entendre aucun bruit... (Hugo)
1.
Je n’écris point d’amour, n’étant point amoureux
Je n’écris de beauté, n’ayant belle
maîtresse, Je n’écris de douceur,
n’éprouvant que rudesse,
Je n’écris de plaisir, me trouvant douloureux. (Du Bellay)
2.
Que diras-tu, mon cœur, cœur autrefois
flétri, À la très belle, à la très bonne, à la très
chère, Dont le regard divin t’a soudain refleuri?
(Baudelaire)
___________________________________________________________________________________
3.
Car elle me comprend, et mon cœur, transparent Pour elle seule, hélas! cesse d’être un problème Pour elle
seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. (Verlaine)
Le parallélisme est un procédé de construction présentant deux phrases ou deux groupes de mots, dont les
éléments se correspondent parallèlement.
L'air est si parfumé ! La lumière est si pure ! (Lamartine)
A B A B
Dans ces deux phrases, les deux noms communs (A) se répondent, de même que les deux groupes verbaux (B).
Exercices.
81. Mettez en évidence les parallélismes, en affectant à chaque groupe de mots la lettre
correspondante: A ou B.
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive.
A B A B
Corrigé.
1. L'orage est dans ma voix, l'éclair est sur ma bouche A B A B
74
2. Songe aux cris des vainqueurs,
A B
songe aux cris des mourants...
A B
3. Car le jeune homme est beau,
A B
mais le vieillard est grand
A B
4. Suis le iour dans le ciel, suis l'ombre sur la terre
A B A B
5. Que ton sein m'était doux ! que ton coeur m'était bon
A B A B
6. Des arbres singuliers et des fruits savoureux.
A B A B
Corrigé.
1. Je ne sais rien de la reine, Et je ne sais rien du roi
A B A B
2. Fierté de l'homme en marche sous sa charrie d'éternité
A B
Fierté de l'homme en marche sous son fardeau d'humanité
A B
3. Présente, je vous fuis; absente, je vous trouve
A B A B
4. La faute. à Nevers, est d'amour.
A B
Le crime. à Nevers, est le bonheur
A B
5. Il avait eu le temps de voir
A B
Le temps de boire à ce ruisseau
A B
Le temps de porter à sa bouche
A B
6. Nous étions faits pour être libres
A B
Nous étions faits pour être heureux
A B
83. Pour les citations de l'exercice 81, indiquez les parallélismes contenant une antithèse
(notez vos réponses par le numéro de la phrase).
Corrigé.
n°2-n°3-n°4
84. Pour les citations de l'exercice 82, indiquez les parallélismes accompagnés d'une
anaphore (notez vos réponses par le numéro de la phrase).
Corrigé.
n° 1 -n°2-n°5-n°6
LES REGISTRES DE LANGUE
Exercice
1:
En relevant des exemples précis, montrez comment ce texte mêle différents
registres.
- On va dormir ?
- Je ne sais pas.
- J'ai faim.
- T'es pénible, Antoine.
En me penchant jusqu'à la taille contre la pierre de la fontaine, j'ai cherché mon visage tartiné de mousse
dans le miroir de l'eau. Puis j'ai brouillé mon reflet en rinçant le rasoir. Mister Laurence, allongé sur un
banc, préfère s'éventer avec son bouquin sur le protocole, diplomatique plutôt que répondre à mes
questions.
" On prend le soleil dans le jardin des Tuileries et la nuit à venir s'annonce plutôt bien. Alors pourquoi tu
nous empoisonnes la vie au lieu de regarder les filles qui bronzent? Ça fait longtemps qu'on l'attend, ce
mois de juin, Antoine.
Quand j'ai fini de lisser la joue gauche, je plonge la tête dans le bassin et me frotte le visage en
maudissant les gens éternellement glabres, comme Mister Laurence.
Si j'avais quarante francs à perdre, je le planterais là, lui et son indolence, son goût insupportable pour la
douceur des éléments, son abandon lascif au temps qui passe.
Tonino BENACQUISTA, Les Morsures de l'aube.
Corrigé.
Corrigé :
Querelle: dispute, engueulade. Courtiser: séduire, draguer. Dépouiller: voler, chouraver. Las: fatigué,
crevé. Biens: argent, blé. Fortune: chance, pot. Vêture : vêtements, fringues. Divertissant: amusant,
marrant. Maculé: sale, crasseux. Automobile: voiture, caisse.
Exercice 5 : Les mots suivants appartiennent au registre familier. Transposez – les en registre
courant, puis soutenu.
Lourder. Embobiner. Bouffe. Fumiste. Bazar. Godasses. Fastoche. Se prendre la tête. Frousse. Pomper.
Cinglé.
Corrigé :
Lourder: quitter, délaisser. Embobiner: tromper, abuser. Bouffe: nourriture, vivres. Fumiste: paresseux,
apathique. Bazar: désordre, chaos. Godasses: chaussures, souliers. Fastoche : facile, aisé. Se prendre la
tête: se tracasser, ratiociner. Frousse: peur, crainte. Pomper: copier, plagier. Cinglé: fou, dément.
Exercice 6 : Chacun des termes suivants appartient à la fois au registre courant ou soutenu et au
registre familier. Employez chacun eux dans deux phrases qui illustreront ce double registre.
Exemple : Registre courant: J'ai acheté des pêches au marché ce matin.
Registre familier: J'ai pas trop la pêche aujourd'hui.
fraise. Banane. Courge. Radis. Marron. Gourde. Clou. Rond. Touche.
Corrigé :
Exercice 7
Voici une liste de mots et d’expressions du registre médian ( le registre du français enseigné dans les
écoles, surveillé décent et purifié... ) cherchez leurs équivalents familiers et soutenus et employez - les
dans des phrases:
Avoir très froid , manger , regarder quelqu’un , battre quelqu’un.
Corrigé :
Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? [… ] veux-tu donc que je sois un spectre, et qu'en
frappant sur ce squelette, il n'en sorte aucun son ? (Musset)
E X E R CICES.
74. Distinguer les interrogations simples (S) et les interrogations rhétoriques (R).
- Ah çà, mômes, avons-nous dîné ? (Hugo) …….S
1. Quelle serait une société universelle qui n'aurait point de pays particulier, qui ne serait ni française,
ni anglaise, ni allemande [...] ou plutôt qui serait à la fois toutes ces
sociétés ? (Chateaubriand) ……………
2. Qu'importe aux cœurs unis ce qui change autour d'eux ? (Lamartine) ……………….
3. L'extension du machinisme est-elle à craindre ? La machine doit-elle tout envahir ? [...] À ces
questions graves je réponds sans hésiter : Non. (Michelet) ……………………..
4. Quelle personne parmi les gens dont l'esprit est cultivé ou dont le cœur a reçu des blessures, peut se
promener dans une forêt, sans que la forêt lui parle ? (Balzac) ………………..
5. Où vais-je ? Où peut-on souhaiter d'aller en hiver ? Je vais au devant du printemps, je vais au devant
du soleil... (Nerval) ………..
6. - Quoi de plus qu'un général qui vous parle de la paix des armes dans la paix de la nuit ? [...]
- Deux généraux. (Giraudoux) ……………………………
Corrigé.
1.=(S);2.=(R);3.=(S);4.=(R);5.=(S);6.= (S)
Corrigé.
1. je n'ai fait que pleurer ; 2. si - non ; 3. à personne
Corrigé.
1. non ; 2. oui ; 3. oui
III/ Ecrit :
Introduction.
Analyse des termes.
Amour :
a) sens général et le plus courant : attachement, désir de fusion, entre deux êtres. C'est donc quelque chose
dont on attend : du plaisir, du bien, le bonheur.
Domaine : affectif; sentiment, ou passion?
b) sentiment : affection pour quelqu'un (amour filial; amour maternel; amour du prochain, etc)
c) attachement exclusif et excessif envers quelqu'un ou quelque chose : c'est alors une passion (l'Amour-
passion)
Se méfier : on se méfie de quelque chose ou de quelqu'un qui ne nous fait pas confiance, parce qu'il nous
a déjà trompé, ou parce qu'il est susceptible de nous tromper, malgré qu'il ait l'apparence contraire. (On se
méfie, dit-on souvent, des apparences).
Faut-il :
a) nécessité physique : il faut/il est nécessaire de manger si on veut se maintenir en vie (on ne peut faire
autrement, c'est une contrainte naturelle)
b) obligation morale : il faut/on doit obéir à la loi (c'est un devoir, quelque chose qui nous oblige; que les
hommes soient naturellement enclins à être méchants, ne change rien à un devoir, puisque le "doit-être"
ne dérive pas du "ce qui est").
Mise en rapport des termes (problématique, présupposé, enjeu).
Faut-il donc se méfier de l'amour? Ie, d'abord, l'amour, au lieu d'être une source de bien, de bonheur, de
plaisir, ne serait-il pas source de maux (malheur, souffrance autant physique que morale, et contraire à la
morale)? N'est-il pas alors, dans ce cas, de l'ordre de l'erreur, de l'illusion? (puisqu'au premier abord, on
croit qu'il nous rendra heureux, etc)
Mais cette illusion est-elle dangeureuse? En effet, pour qu'il soit nécessaire de se méfier de l'amour, tout
comme par exemple il est nécessaire de se nourrir pour se maintenir en vie, encore faut-il que l'erreur ou
l'illusion qu'il provoque soit dangeureuse. Cette interrogation nous mène donc à chercher de quel ordre
peut bien être cette illusion, et de quels dangers elle est la source.
On se demandera ensuite s'il faut se méfier de l'amour au sens éthique : alors, cet amour est-il
nécessairement lié au mal, et peut-être à l'extinction de la société? L'amour est-il nécessairement néfaste à
l'homme, à la fois au sens physique et moral? Se méfier de l'amour, est-ce alors un devoir, une obligation
morale?
La réponse à ce questionnement ne suppose-t-elle pas qu' il y aurait plusieurs sortes d'amour, des amours
positifs et négatifs, des usages positifs ou négatifs de l'amour? Plutôt donc que de se demander s'il faut se
méfier de l'amour, il convient donc se demander : de quel amour faut-il se méfier?
I- L'amour est-il une illusion? Et si oui, est-ce une illusion vitale ou éthique?
A- D'abord, on peut facilement montrer que l'amour est une illusion. En effet, comme l'a montré Stendhal
dans De l'Amour, l'amour nous trompe.
Cf. la cristallisation.
Erreur sur la réalité : nous ne voyons plus le réel tel qu'il est; nous ne voyons pas non plus notre bienaimé
tel qu'il est réellement Nous croyons aimer quelqu'un pour ce qu'il est réellement, mais en fait, nous
n'aimons, à travers lui, que l'idée qu'on se fait de l'amour.
Il faut donc bien se méfier de l'amour. -Préciser que cet amour dont il s'agit ici est la passion au sens strict
du terme : ie, une attirance exagérée et dominante, exclusive, pour quelqu'un (ou quelque chose, mais
c'est moins pertinent).
B- Mais si l'amour nous trompe, est une illusion, puisqu'il idéalise son objet, et ne le voit pas comme il est
réellement, mène-t-il à la souffrance, physique, morale ? Et, peut-être, à la mort? (Ie : est-il nécessaire de
s'en méfier)
-Souffrance physique : pas très pertinent
-A la souffrance morale : après tout, c'est bien ce à quoi renvoie l'étymologie du terme de passion :
"patior" : je souffre, je subis. La passion n'est-elle pas quelque chose qui devient pour moi un fardeau,
dont je deviens l'esclave?
Cf. deuxième phase de la cristallisation : l'amour tourmente
-A la mort : cf. Tristan et Iseult. L'amoureux fou va s'isoler de la société, du réel, pour vivre son amour
"librement". Ce qui peut évidemment mener à la folie et à la mort (sous-entendu : l'homme est bien un
être inter-subjectif, qui n'est rien sans la société)
C- Obligation morale ? L'amour s'oppose à la vérité, puisqu'il déguise son objet. Ce que nous aimons dans
l'amour ce n'est pas ce que nous croyons. Mais est-ce néfaste pour la morale? Si nous devons nous méfier
de l'amour, est-ce parce qu'il contredit la morale? Parce qu'il est source de mal et non de bien, et ce,
essentiellement?
D'abord, que suppose la morale? On peut répondre que la condition qui fait de nous des êtres moraux,
c'est que l'on soit libre. En effet, nul ne peut nous accuser de notre forfait, si nous ne sommes pas
considérés comme libres. Nous sommes certes coupables d'avoir commis un crime, nous en sommes bien
la cause, l'origine, mais nous n'en sommes peut-être pas responsables. S'il est admis par des spécialistes
que je n'étais pas en possession de toute ma raison, alors, on dira que je ne porte pas la responsabilité de
ce crime, puisque je n'ai pas consciemment accompli cet acte. En général, on dit que ce qui m'a fait
accomplir cet acte, c'est l'alcool, ou la folie, ou un choc émotionnel intense qui remonte à ma petite
enfance (l'inconscient), et évidemment, la passion, l'amour passionnel.
L'amour fait donc partie de ce qui me pousse à faire des choses sans que j'en sois vraiment conscient, ou
sans que je puisse rien y faire. L'amour, c'est une force aveugle qui, comme l'inconscient, agit sur moi à
mon insu, et m'aliène à moi-même. Je ne m'appartiens plus, je ne suis plus moi. C'est que je suis
complètement obsédé par cet amour, plus rien ne compte pour moi, si ce n'est cet amour. Dès lors, si un
obstacle surgit sur la voie qui me mène vers la réalisation de cet amour, tous les moyens seront jugés bons
pour anéantir cet obstacle. Celui qui est "victime" d'un amour fou se moque de la morale, il emploiera un
moyen moralement condamnable s'il lui paraît nécessaire à la réalisation de sa passion. Exemple : tuer sa
femme et son amant s'ils commettent un adultère ou même si je crois seulement qu'ils le font.
De plus, l'amour est souvent égoïste et malveillant. Cf. opposition entre un amour "concupiscent" et un
"amour bienveillant" : l'amour bienveillant mène à vouloir et à faire le bien des autres; l'amour
concupiscent au contraire n'est que désir de l'autre, ie, désir de possession. Ce qui m'intéresse en l'autre
duquel j'attends du bien, c'est juste mon propre plaisir, la satisfaction de mon désir. Cet amour là ne
renvoie donc qu'à moi-même... Ainsi l'amour concupiscent envers quelqu'un est un amour qui nie autrui,
qui ne le respecte pas. Pour reprendre la formule de Kant, cet amour traite autrui seulement comme un
moyen, mais pas en même temps comme une fin en soi.
Il faut donc se méfier de l'amour, au sens éthique cette fois. L'amour passionnel est dangeureux car il
mène irrésistiblement à l'accomplissement d'actes moralement condamnables.
C'est bien ce que montre Kant dans L'anthropologie au point de vue pragmatique. L'amour étant une
passion, il empêche toute réflexion, tout usage normal de la raison. Celui qui est amoureux fou n'est plus
en mesure d'écouter sa raison. Dès lors, comment pourrait-il être moral, mener à accomplir une action
morale? En effet, qu'est-ce qu'une action morale selon Kant? C'est une action qui est accomplie seulement
par pur respect de la loi morale. Elle a pour origine la raison, mais la raison en son sens pratique. Il faut
savoir se placer du point de vue de tout homme pour savoir si mon acte est moral. Ie, savoir faire usage de
la raison, raisonner. Exemple : pour savoir s'il est bien ou mal de tuer mon prochain, il faut que je puisse
me demander si cet acte est contradictoire ou non (application d'une règle logique), et ce qui se passerait
si tout le monde en faisait autant. Si j'aboutis à une contradiction, alors, mon acte est immoral.
Voyons si l'amoureux fou peut accomplir cela et donc agir conformément à la morale. Peut-il se
demander si son acte est contradictoire, et si par exemple il mène à l'extinction de l'humanité? Non, car il
ne peut écouter sa raison, il est sous l'emprise de la [Link]-il agir et même agit-il en faisant comme
si tout le monde pouvait en faire autant? Non, car il ne se soucie nullement du reste des hommes. Ce qui
l'intéresse, c'est lui, ce sont ses petits intérêts égoïstes. Ne pensant qu'à la satisfaction de son intérêt
propre, à satisfaire son amour, l'amoureux fou ne peut qu'ignorer l'aspect universel de la morale.
Conséquence : c'est un devoir de se méfier de l'amour, car si on l'universalisait, ce serait sans doute la
ruine de la société. On a donc raison de dire qu'il faut se méfier de l'amour.
II- Mais n'avons-nous pas restreint, ci-dessus, l'amour à la passion? Tout amour est-il passion, et
faut-il donc se méfier de tout amour? Tout amour mène-t-il nécessairement à la mort, au malheur,
et au vice, à la perte de maîtrise de soi? Après tout, la vie est-elle possible sans amour? N'est-ce pas
une nécessité vitale? Et l'amour n'est-il pas parfois source de bien?
A- En effet, l'amour n'est pas seulement synonyme de passion au sens d'attachement exclusif et unique
envers quelqu'un ou quelque chose. Descartes, dans le Traité des passions, rattache ainsi l'amour au sens
plus général du terme de passion. La passion, c'est le domaine de l'affectif. Est passion tout phénomène
qui a pour origine le corps, mais qui est ressenti comme en l'âme même. Le lieu originaire de la passion,
c'est le corps. Mais elle est vécue comme psychologique. Ce qui nous intéresse pour notre analyse, c'est
que tout ce qui est de l'ordre de la passion, est de l'ordre de l'affectif, c'est un sentiment.
L'amour étant une passion, est donc un sentiment. Or, le sentiment, nous dit Descartes, est ce qui fait que
nous avons un rapport au monde; ce qui fait, par conséquent, que nous voyons les dangers ou les bienfaits
des choses de ce monde. Sans lui, je ne serais pas averti qu'il faut s'échapper lorsque je vois un danger
(peur); ou que la nourriture m'est néfaste...
Cf. déf cartésienne précise de l'amour (TPA, 79): "l'amour est une émotion de l'âme causée par le
mouvement des esprits, qui l'incite à se joindre de volonté aux objets qui lui paraissent lui être
convenables" ; (TPA, 80)"en sorte qu'on imagine un tout duquel on pense être seulement une partie, et
que la chose aimée en est une autre".
Ainsi, sans l'amour, je serais incapable de savoir ce qui m'est "convenable", et de m'unir à cette chose.
Donc : incapable d'être heureux, puisque ma "moitié" me resterait inconnue!
J'ai donc besoin de l'amour car il est de l'ordre de la nécessité vitale. Il n'est pas nécessaire de se méfier de
l'amour, car il n'est pas cause de souffrance ni mortel en soi. Les passions, nous dit Descartes, sont toutes
bonnes de leur nature. C'est leur mauvais usage seulement qui peut nous être néfaste.
Mais alors, s'il y a un mauvais usage de l'amour, on doit quand même faire attention, et donc se méfier de
l'amour! Ce dont on ne doit pas se méfier, c'est de l'amour modéré (ie, comme sentiment non excessif).
Ainsi, on ne dira pas qu'il faut se méfier de l'amour modéré envers sa fille, sa mère, ou son fiancé. S'il est
accompagné de réflexion, alors, il est modéré et je ne risque pas de me tromper sur les qualités réelles de
la réalité et a fortiori de l'objet de mon amour.
Cf. texte sur l'amour de Descartes pour les filles qui louchent : s'et trompé sur ce qui lui était convenable,
mais en réfléchissant sur l'origine de cet amour, s'est rendu compte de son erreur.
B-Mais est-il pour autant moral? N'est-il source que de bien, de vertu?
Certes, il n'est pas toujours source de bien, mais il est susceptible d'être la source de la plus grande des
vertus humaines : cf. la générosité. Vertu consistant à savoir ce qui a de la valeur et ce qui n'en a pas.
Ainsi, je m'efforcerai de savoir ce qu'il est convenable d'aimer et ce qui ne l'est pas.
Ce que dit Descartes, c'est qu'il y a des amours négatifs et des amours positifs. Certains sont source de
vertu et d'autres de vice. Il n'est donc pas moralement nécessaire de se méfier de l'amour, étant donné qu'il
ne s'oppose pas toujours à la morale, qu'il ne nous déséquilibre pas nécessairement, qu'il ne nous aliène
pas toujours, etc.
C- Cf. les grands amours désintéressés (amour du prochain, etc). ne sont pas condamnables car ce que
nous désirons, c'est le bien des autres, etc.
Il n'est donc pas nécessaire, ni physiquement ni éthiquement, de se méfier de l'amour. Tout amour n'est
pas nuisible à l'homme au sens où il mènerait nécessairement à la mort, à la souffrance, et au vice. On
dira même qu'il est dangereux de se méfier de l'amour, puisqu'alors, on dit qu'il faut s'en débarrasser; or,
nous en avons besoin pour vivre, et pour vivre "avec douceur".
III- Mais l'amour au sens strict n'est-il toujours néfaste à l'homme et donc condamnable? Ainsi, le
problème ne serait pas résolu. L'amour en effet est essentiellement amour passion. C'est de cet
amour-ci qu'il convient donc de savoir s'il faut s'en méfier.
Nous avons dit que l'amour au sens de passion excessive, est nécessairement source de vices, et ne peut
mener au bien. Il ne serait que synonyme de mal, de souffrance, de malheur. Mais est-on sûr que l'amour
ne nous mène à rien de valable, à rien de grand et de louable? Demandons-nous donc si l'on pourrait agir
sans amour. L'amour, c'est ce qui fait qu'on va se polariser sur un objet unique, ou une personne unique.
On ne voit plus que lui, ou qu'elle. Exemple : le scientifique; le peintre; l'amoureux fou. La vie sera-t-elle
nécessairement insupportable? L'amour mènera-t-il à la destruction, soit de moi-même, soit de quelqu'un
d'autre, soit même de l'humanité entière? Au contraire, nous répondrait Hegel : sans cet amour excessif,
nous serions inactifs. Nous ne ferions jamais rien, nous ne créerions rien, nous ne prendrions pas goût à la
vie, parce que rien n'aurait d'intérêt pour nous. Aimer, c'est, comme il le dit des passions en général dans
La raison dans l'histoire, prendre intérêt à quelque chose. Grâce à l'amour, de grandes choses vont pouvoir
être accomplies. Exemple : l'amour de César pour Cléôpatre a changé l'histoire de l'humanité de manière
décisive. Pas d'amour, pas d'histoire, pas d'art, de science, etc.
Mais comment peut-on en arriver à une réponse tellement opposée à celle de Kant? C'est que, pour Hegel,
la raison divine, Dieu, ou la providence, a bien fait les choses. Les hommes sont ainsi faits qu'ils ne
peuvent agir seulement sous les injections de la raison pure pratique, qui leur enjoint de n'agir que de
façon déintéréssée? Et bien, "je vais me servir de ces passions qui sont le moteur de l'action, et les diriger
vers le bien, qui est la fin de l'histoire". Telles auraient pu être les pensées du réel sujet de l'histoire, la
raison divine. Hegel parle de "ruse de la raison" : la raison divine ruse, car elle se sert des passions des
hommes pour réaliser son but : l'avènement du droit, de la raison, et de la liberté dans l'histoire.
Ainsi, pourquoi se méfier de l'amour-passion? Il n'a pas seulement des effets néfastes puisqu'il réalise le
progrès de l'humanité. De plus, il n'est nullement illusion, puisqu'il réalise l'histoire. Réaliser, c'est ici
rendre plus réel. L'amour ne me trompe donc pas, puisqu'il réalise le bien le plus grand qui soit...
Conclusion. Toutefois, si l'argument de Hegel est convaincant, il ne l'est que si on accepte son
présupposé : que l'histoire va vers une fin rationnelle et qu'elle est gouvernée par une raison divine assez
rusée et puissante pour pouvoir transformer les passions en bien. Sans ce présupposé, tout s'écroule. Si
l'amour, quand on le modère, ou quand il est accompagné de réflexion, n'est pas nécessairement néfaste
mais peut nous apporter bonheur et vertu, l'amour passion nous paraît bien être quant à lui dangeureux et
néfaste à l'homme. Il faut donc bien s'en méfier. On répondra donc à la question initiale que s'il faut se
méfier de l'amour, il ne faut pas se méfier de tout amour, mais seulement de l'amour passionnel.
ESSAI 3 : L'Amour : entre bonheur et souffrance
L'amour, sujet bateau certes, mais non moins intéressant. Car il y a tant à dire, tellement de façons
différentes de l'aborder, tellement de mystères et de surprises à y découvrir...
L'amour, n'est-ce pas ce grand et noble sentiment qui ouvre la porte du bonheur ? C'est celui-là même, en
effet. Mais attention, qui dit amour ne dit pas forcément bonheur sans taches, chemin sans trous, blanc
sans noir. On ne peut nier - les amoureux du moins - que l'amour apporte également son lot de
souffrances. Quoique le terme semble un peu fort...
Etre amoureux, c'est être sur un nuage. On s'attache à une personne et on y pense, souvent, tout le temps.
Bien sur, il y a du bonheur à aimer, à découvrir ces sentiments. Mais le mieux est lorsqu'on apprend qu'ils
sont partagés et que, enfin, l'Amour véritable commence, en couple, à deux. Chaque début d'histoire est
un peu comme une première fois. Et c'est précisément ce qui offre l'aveuglement, l'insouciance,
l'innocence nécessaire à un bonheur complet.
A cette époque, tout semble parfait, on ne voit que le blanc, que les qualités, que le bonheur. Tout va bien.
Et ce n'est pas forcément une illusion après tout. Car oui, l'amour apporte le bonheur. L'amour est un
partage, de sentiments, de vie, de joies et de peines. C'est avancer à deux, main dans la main, pour s'aider
en cas de besoin, pour s'apporter mutuellement de quoi construire une vie et des sourires. L'amour forme
donc une relation particulière et intime entre deux personnes, qui seront plus proches entre elles qu'avec
n'importe qui d'autre. Et ce sentiment de félicité fait évoluer et grandir l'être humain avec l'envie de rendre
heureux, de vivre pour l'autre.
L'amour réciproque, le soin de chacun envers l'autre, l'idée d'une vie partagée et d'un futur commun,
contribuent à rendre heureux. Mais ne croyez pas que la vie de couple est un long fleuve tranquille...
Si le bonheur apporté par l'amour semble évident, il faut évidemment considérer que rien n'est tout blanc,
rien n'est tout noir. Ainsi, ce sentiment si pur et si idillique comporte lui aussi des défauts.
L'Homme est imparfait, et comme tout ce qui touche à l'humanité, l'amour se contradit lui-même. Sa
définition place le bonheur comme résultat, mais également la souffrance comme conséquence. L'amour
ne prône pas seul sentiment dans le coeur des amoureux. De ce fait, si l'autre est au centre de l'attention,
l'émergence de la jalousie ou encore du désir de reconnaissance n'en est que logique. Malgré la confiance
qu'on accorde à l'autre, il y a la peur de le perdre, le besoin d'attention et de compréhension... En effet,
l'amour est également une envie d'exclusivité, de possession de l'autre, d'harmonie parfaite. Un désir de
perfection en somme.
Donner sans rien attendre en retour est louable mais malheureusement utopique. L'amour induit donc
d'autres sentiments qui lui sont étroitement liés, et souvent inévitables. Et ces sentiments-là peuvent faire
souffrir. L'autre est à la fois source de bonheur et source de souffrance, cible de l'attention qu'on lui
accorde et de celle qu'on lui réclame.
La perfection n'existe pas. Les joies de l'amour ne peuvent qu'être accompagnés de soucis d'amoureux...
C'est dans la nature humaine.
Mais ne soyons pas pessimistes. L'amour, lorsqu'il est partagé et vécu serainement, malgré d'inévitables
points noirs, offre une vie accomplie et heureuse.