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Expérience de l'Habitat à Genève

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L‘expérience de l‘habitat

Programme semestre d‘automne 2008

EPFL ENAC LABEX Atelier Astrid Staufer & Thomas Hasler


Bachelor Semestres 3 & 4, Théorie et critique du projet III
Semestre d‘automne 2008 Thomas Hasler, Semestre de printemps 2009 Astrid Staufer
José Bento, Yves Dreier, Alicia Escolar Rinquet, Gian-Marco Jenatsch, Gabriela Mazza
Sommaire

I Les objectifs
LABEX - Laboratoire de l‘expression
L‘expérience de l‘habitat

II Le programme
Les types
>Logement modest-raffiné
>Logement généreux-urbain
>Logement luxueux-chic

Les thèmes
>Espace central
>Espace servant - Espace servi
>Espace de circulation
>Espace intérieur - Espace extérieur

III Le site
Artamis, Genève
Texte sur Genève
Plans historiques / Développement de la ville
Plan du cadastre avec mention des parcelles
Photographies des environs du site

IV Les textes
Organisation de l’espace
Caractère de l’espace
Les espaces en soi : espaces principaux-secondaires, espaces de service
Fenêtre, espaces extérieurs, relation intérieur - extérieur
Construction
Lieu

V Le calendrier
Semestre d‘automne 2008
Excursion, Genève, mercredi, 17 septembre 2008
Excursion, Corseaux-Vevey, jeudi, 30 octobre 2008
Voyage d‘étude, Paris - le logement, semestre de printemps 2009

VI LABEX
Administration
Biographies

2
I Les objectifs

3
Les objectifs >LABEX

LABEX - Laboratoire de l‘expression

A la recherche de l’expression
En raison de nos expériences et de nos centres d’intérêt dans nos activités1
professionnelles et de recherche, notre «Laboratoire de l’expression (LABEX)»
s’intéresse aux instruments de «contrôle de l’effet2» et pose la question de
la «création de l’expression3».

«produire une expression», signifie pour nous :


créer un «être», un caractère pour le lieu et l’utilisation;
parvenir à communiquer des souvenirs personnels ou collectifs;
traduire des émotions ressenties en une forme physique,
matérielle;
former un vis-à-vis;
insuffler la vie aux choses et leur donner un nom;
révéler un état.

Textes – image – dessin – maquette


Nous voulons, à travers une méthode4 de travail spécifique, ouvrir un nouvel
espace de jeu et de pensée:
Textes suggestifs5, images denses, croquis conducteurs et maquettes
ordonnatrices doivent agir en parallèle comme catalyseurs6 puissants et se
féconder les uns les autres dans le déroulement du projet. En traduisant des
thèmes et des contenus analogues7 et comparables sous ces différentes formes,
nous souhaitons préciser et révéler les raisons cachées motivant8 les prises
de décisions dans le processus du projet. Dans les différentes phases, nous
testerons et rechercherons l’efficacité des instruments et moyens d’expression
utilisés ainsi que la pertinence du degré d’abstraction9 atteint à chaque
étape, dans le mode de pensée et de représentation. Nous alimenterons le
projet à travers l’interaction10 constante entre le travail sur le dessin, le
travail sur la maquette et le travail sur le texte.

Notre méthode de «projet simultané11» remplace le «projet séquentiel»


traditionnel, en faveur d’une simultanéité de la pensée. Une évolution en
parallèle succède à l’habituelle méthode progressive passant de la grande
à la petite échelle, de l’analyse du site à une solution d’implantation et
ensuite de la mise en place d’un programme aux dessins constructifs. Il faut
parvenir à travailler ensemble, dans un même déroulement, parallèle et fécond,
l’analyse12 et le projet. Par exemple, le caractère13 du lieu, l’organisation
spatiale, la forme du bâtiment, la structure ou l’expression des matériaux
sont, à certaines phases du travail, isolés et travaillés à travers des
textes.

En bref: l’acte de projeter est révélé comme étant la somme de la perception,


de la pensée et de la formalisation. Le processus doit mener à une expression
forte, pertinente, une atmosphère unique, traduisant les caractéristiques
issues du lieu et du programme en une langue spatiale, formelle, matérielle et
constructive.

4
Les objectifs >LABEX

Espace et forme sont pour nous:


le résultat dense d’un processus interprétatif de la perception,
pour le déroulement duquel des motivations claires et des
stratégies d’évolution performantes existent.
Notre but est de les explorer et de les appliquer.

La ville est pour nous:


Tout.
Vie.
Corps, conglomérats, espace de bruit.
Lieu dense, espace dense, forme comprimée, matérialité comprimée.
La lutte constante de la masse et de l’espace. Largeur et
étroitesse.
Sensualité. Forme. Forme de vie:
Plaisir, bonheur et peur.

1
Voir curriculum vitae Astrid Staufer & Thomas Hasler en annexe, ainsi que [Link]
2
Effet: Impression produite sur quelqu’un, par quelque chose ou par quelqu’un. (selon définition du
dictionnaire Trésor de la langue française)
3
Expression: Action de rendre manifeste par toutes les possibilités du langage, plus
particulièrement par celles du langage parlé et écrit, ce que l’on est, pense ou ressent. (déf.
Trésor de la langue française)
4
Méthode: Ensemble des principes et des règles propres à faciliter l’apprentissage progressif d’une
matière. (déf. Trésor de la langue française)
5
Suggestif: Qui a le pouvoir d’évoquer des idées, des sentiments, des actes. (déf. Trésor de la
langue française)
6
Catalyseur: Agent de la catalyse* Catalyse: Modification de la vitesse d’une réaction chimique sous
l’influence d’une substance capable, par sa seule présence, de déclencher cette réaction sans subir
elle-même d’altération finale. (déf. Trésor de la langue française)
7
Analogue: Qui présente une analogie. Analogie: Rapport de ressemblance, d’identité partielle entre
des réalités différentes préalablement soumises à comparaison; trait(s) commun(s) aux réalités ainsi
comparées, ressemblance bien établie, correspondance. (déf. Trésor de la langue française)
8
Motiver: Faire naître le motif, les raisons de quelque chose; susciter. Motif: Élément d’ordre
(généralement) mental qui incite à agir ou, selon le cas, à réagir. (déf. Trésor de la langue
française)
9
Abstraction: Opération intellectuelle, spontanée ou systématique, qui consiste à abstraire.
Abstraire: Dégager d’un ensemble complexe les traits communs aux éléments ou aux individualités qui
le composent. Les résultats de cette opération intellectuelle sont : Une idée générale, un concept.
Un symbole. Une vue d’ensemble, une représentation simplifiée. (déf. Trésor de la langue française)
10
Interaction: Action réciproque de deux ou plusieurs objets, de deux ou plusieurs phénomènes. (déf.
Trésor de la langue française)
11
Simultané: Qui existe, qui a lieu dans le même temps, au même instant. (déf. Trésor de la langue
française)
12
Analyse: décomposition d’une chose en ses éléments, d’un tout en ses parties. (déf. Trésor de la
langue française)
13
Caractère: Trait(s) distinctif(s) d’une chose. (déf. Trésor de la langue française)
14
Contamination: Action exercée par un élément sur un autre élément (...) de façon à réaliser un
croisement. (déf. Trésor de la langue française)
15
Nature: Ensemble des qualités, des propriétés qui définissent un être, un phénomène ou une chose
concrète, qui lui confèrent son identité. (déf. Trésor de la langue française)

5
Les objectifs >L‘expérience de l‘habitat

L‘expérience de l‘habitat

Le cadre de notre travail nous est offert par la ville de Genève. Sur trois
différents sites et à travers 3 typologies de logements distinctes (modeste -
raffiné / urbain - généreux / luxueux - chic), nous allons aborder les princi-
pes de la construction de logements.

Durant le premier semestre de l’année académique, nous allons tout d’abord


travailler le logement depuis l’intérieur vers l’extérieur. Et cet «intérieur»
nous allons l’aborder à travers deux démarches parallèles:

>Nous nous occuperons en premier lieu de l’espace intérieur avant de nous


tourner vers la forme extérieure du bâtiment,
>L’espace architectural sera développé à partir d’une représentation in-
térieure, d’une image intérieure.

Le point de départ pourrait être des textes sur la construction de logements,


cela pourrait être également des expériences ou des souvenirs personnels pou-
vant alimenter la représentation de l’espace. Une représentation spatiale in-
térieure, une image abstraite, qui dans un premier temps se laisserait décrire
par des mots, sans que cela ne se traduise déjà par un plan concret. Par ce
biais, une idée centrale d’espace sera développée et nommée, elle pourra en-
suite être dessinée et traduite par une image concrète.

Ainsi sera travaillée, pas à pas, l’architecture du bâtiment, son expression


extérieure, à partir du thème central librement choisi de l’espace intérieur
(espace principal, espace servant - espace servi, relation intérieur - ex-
térieur, espace de circulation), qui sera ensuite complété par les autres es-
paces pour obtenir l’ensemble du logement.
Une composante du logement, le module isolé d’un type de logement, sera
finalement combiné en série pour former un bâtiment entier. C’est là
qu’interviendra la forme extérieure et sa relation à la situation urbaine, en
jeu avec le terrain.

Plusieurs instruments de travail et moyens de représentation seront toujours


utilisés afin que la pensée puisse se développer parallèlement à différents
niveaux. Le dessin ou la construction de maquettes seront toujours traduits
en pensées (cela veut dire décrits en mots) et soutenus par cette démarche.
Textes et images, se complétant l’un l’autre, formeront une entité idéale.

6
II Le programme - les types

7
Le programme >Les types

Logement modeste-raffiné

Paramètres
Environ 120m2
Un espace inventif, flexible et simple, à proximité immédiate de toutes les
infrastructures
Un logement modeste et riche à la fois
Projet d‘un ensemble répondant à la pression des conditions économiques

Scénarios possibles
Famille modeste avec enfants, cheminements intérieurs multiples, dégagements
raffinés et relations visuelles entre les espaces, polyvalence et interaction
des lieux de jour et de nuit.

Logement généreux-urbain

Paramètres
Environ 180m2 - 200m2
Une typologie citadine recherchée
Projet d‘un immeuble de logement urbain de haut standing

Scénarios possibles
Couples sans enfants, médecins, avocats, photographes, salaires aisés, possi-
bilité d‘aménager un lieu de travail dans la maison, pas de limites claires
entre la vie professionnelle et la sphère privée, rapports sociaux soignés,
invitation de nombreux amis dans le cadre de repas gastronomiques.

Logement luxueux-subtil/chic

Paramètres
Environ 260m2 - 280m2
Un espace généreux et chic
Chaque logement offre le confort et le luxe d‘une villa dans le cadre de vie
communautaire et dense d‘un immeuble

Scénarios possibles
Famille nombreuse, parents employés au sein d‘une grande institution interna-
tionale, avantages liés à la proximité de la ville et à la vie dans une maison
individuelle, espaces extérieurs de qualité.

8
II Le programme - les thèmes

9
Le programme >Les thèmes

Espace central

Caractéristiques
Espace organisateur
Espace générant des configurations, des organisations
Espace ordonnant; force centrifuge
Espace rassemblant, force liant les autres espaces; force centripète
Espace en soi, constellation d‘espaces; hiérarchisation
Espace marquant, fondateur de l‘identité du logement
Rapport entre l‘espace principal et les espaces secondaires et périphériques
Circulations radiales et concentriques; mouvements tangentiels et périphé-
riques

Références
Otto Senn, Immeuble d‘habitation „Parkhaus Zossen“, Bâle, 1934-1935
Alvar Aalto, Immeuble d‘habitation, Hansaviertel, Berlin, 1957
Luigi Caccia Dominioni, Immeuble d‘habitation, Milan, 1960-1962
Kazuo Shinohara, The Uncompleted House, 1970

10
Le programme >Les thèmes

Otto Senn, Immeuble d‘habitation „Parkhaus Zossen“, Bâle, 1934-1935


réf.: Architekturmuseum Basel (ed.), Otto Senn. Raum als Form, Bâle, 1990.

11
Le programme >Les thèmes

Alvar Aalto, Immeuble d‘habitation Hansaviertel, Berlin, 1957


réf.: Gabi Dolff-Bonekämper/Franziska Schmidt, Das Hansaviertel. Internationale Nachriegsmoderne in Berlin, Berlin: Verlag Bauwesen, 1999.

12
Le programme >Les thèmes

Luigi Caccia Dominioni, Immeuble d‘habitation, Milan, 1960-1962


réf.: Fulvio Irace/Paola Marini (ed.), Luigi Caccia Dominioni, Case e cose d‘abitare: Stile di Caccia, Venise: 2002.

13
Le programme >Les thèmes

Kazuo Shinohara, The Uncompleted House, 1970


réf.: Kazuo Shinohara, Shinohara Kazuo, Tokio: Toto, 1996.

14
Le programme >Les thèmes

Espace servant - Espace servi

Caractéristiques
Espace fonctionnel; services (cuisine, bain, WC)
Espace servant
Machine, machine à habiter, machine d‘espaces
Relation entre espace servant et espace servi
Hiérarchie des espaces, réseaux et structure d‘espaces
Déplacements fonctionnels

Références
Pierre Chareau, Maison de Verre, Paris, 1928-1932
Rudolf Olgiati, Immeuble d‘appartements „Las Caglias“, Flims-Waldhaus, 1959-
1960
Louis I. Kahn, Maison Esherick, Chestnut Hill (Philadelphie), 1959-1961
Angelo Mangiarotti/Bruno Morasutti, Immeuble d‘habitation „Via Quadronno“, Mi-
lan, 1960
Paulo Mendes da Rocha, Maison Mendes da Rocha, Sao Paulo 1969
Peter Märkli, Immeuble d‘habitation, Trübbach, 1988

15
Le programme >Les thèmes

Pierre Chareau, Maison de Verre, Paris, 1928-1932


réf.: Yukio Futagawa (ed.), Pierre Chareau with Bernanrd Bijvoet, Maison d‘Alsace („Maison de Verre“), Tokio: A. D. A. Edita, 1984.

16
Le programme >Les thèmes

Rudolf Olgiati, Immeuble d‘appartements „Las Caglias“, Flims-Waldhaus, 1959-


1960
réf.: Vittorio Magnago Lampugnanii (ed.), Die Architektur, die Tradition und der Ort, Stuttgart/München: Deutsche Verlags-Anstalt, 2000.

17
Le programme >Les thèmes

Louis I. Kahn, Maison Esherick, Chestnut Hill (Philadelphie), 1959-1961


réf.: Yutaka Saito (ed.), Louis I. Kahn. Houses, Tokio: Toto, 2003.

18
Le programme >Les thèmes

Angelo Mangiarotti/Bruno Morasutti, Immeuble d‘habitation „Via Quadronno“, Mi-


lan, 1960
réf.: Enrico D. Bona, Angelo Mangiarotti: Il Processo del Costruire, Milan: Electa Editrice, 1980.

19
Le programme >Les thèmes

Paulo Mendes da Rocha, Maison Mendes da Rocha, Sao Paulo 1969


réf.: Annette Spiro, Paulo Mendes da Rocha. Bauten und Projekte, Works and projects, Sulgen/Zurich: Niggli Verlag, 2002.

20
Le programme >Les thèmes

Peter Märkli, Immeuble d‘habitation, Trübbach, 1988


réf.: Moshen Mostafavi (ed.), Approximations. The architecture of Peter Märkli, Londres: Architectural Association, 2002.

21
Le programme >Les thèmes

Espace de circulation

Caractéristiques
Promenade architecturale
Liaison entre les espaces, d‘espace à espace
Liaison typologique à travers un hall, un corridor, un couloir
Circulations internes ou externes; relation entre espaces intérieurs ou entre
l‘extérieur et l‘intérieur
Eclairage naturel ou artificiel; espace sombre ou éclairé
Cages d‘escaliers communes, escaliers privés, marches isolées, rampes
Circulations prédéfinies, orientées, régulières, fonctionnelles
Espaces de séjour, de calme, statique; espaces de déplacement, en mouvement,
dynamique
hiérarchie des cheminements

Références

Auguste et Gustave Perret, Immeuble 25 bis Rue Franklin, Paris, 1903-04


Robert Mallet-Stevens, Maison-atelier Martel, Paris, 1926-1927
Adolf Loos, Villa Müller, Prague, 1928-1930
Luigi Moretti, Immeuble d‘habitation „Corso Italia“, Milan, 1951-1953

22
Le programme >Les thèmes

Auguste et Gustave Perret, Immeuble 25 bis Rue Franklin, Paris, 1903-04


réf.: L‘architecture d‘aujourd‘hui, Perret, Paris: 1932.
réf.: Arthur Rüegg/Lukas Felder, 40 europäische Wohnikonen neu gesehen, Zurich: gta Verlag, 2007.

23
Le programme >Les thèmes

Robert Mallet-Stevens, Maison-atelier Martel, Paris, 1926-27


réf.: Arthur Rüegg/Lukas Felder, 40 europäische Wohnikonen neu gesehen, Zurich: gta Verlag, 2007.

24
Le programme >Les thèmes

Adolf Loos, Villa Müller, Prague, 1928-1930


réf.: Heinrich Kulka, Adolf Loos, Vienne: Löcker, 1979.
réf.: Arthur Rüegg/Lukas Felder, 40 europäische Wohnikonen neu gesehen, Zurich: gta Verlag, 2007.

25
Le programme >Les thèmes

Luigi Moretti, Immeuble d‘habitation „Corso Italia“, Milan, 1951-1953


réf.: Giuliana Gramigna/Sergio Mazza, Milano. Un secolo di architettura milanese das Cordusio alla Bicocca, Milan: Hoepli, 2001.

26
Le programme >Les thèmes

Espace intérieur - Espace extérieur

Caractéristiques
Relation entre intérieur - extérieur
Fenêtre, porte, porte-fenêtre
Loggia, balcon, véranda, terrasse
Ouvert, fermé, franchissable, non franchissable
Vue ou/et apport de lumière ou/et apport d‘air
Sons, bruit
Relation directe, cachée, parcours

Références
Ignazio Gardella, „Casa al parco“, Milan, 1947-48
Luis Barragàn, Maison Antonio Galvez, Colonia San Angel (Mexico-City), 1955
José Antonio Coderch, Immeuble d‘habitation „Girasol“, Madrid, 1966
Paulo Mendes da Rocha, Immeuble résidentiel „Jaragua“, Sao Paulo 1984

27
Le programme >Les thèmes

Ignazio Gardella, „Casa al parco“, Milan, 1947-48


réf.: Pier Carlo Santini (ed.), Ignazio Gardella, Milan: Edizioni di Communità, 1959.

28
Le programme >Les thèmes

Luis Barragàn, Maison Antonio Galvez, Colonia San Angel (Mexico-City), 1955
réf.: Raùl Rispa (ed.), Barragàn. Das Gesamtwerk, Bâle/Boston/Berlin: Birkhäuser Verlag, 1996.

29
Le programme >Les thèmes

José Antonio Coderch, Immeuble d‘habitation „Girasol“, Madrid, 1966


réf.: Charles Fochs (ed.), José Antonio Coderch, Barcelone: Editorial Gustavo Gili, 1989.

30
Le programme >Les thèmes

Paulo Mendes da Rocha, Immeuble résidentiel „Jaragua“, Sao Paulo 1984


réf.: Annette Spiro, Paulo Mendes da Rocha. Bauten und Projekte, Works and projects, Sulgen/Zurich: Niggli Verlag, 2002.

31
III Le site

32
Le site

Artamis, Genève

Orthophoto

33
Le site

Texte sur Genève

Et quand je dis: Genève, c‘est aussitôt un grand vol de mouettes que je vois
se lever en moi. Poussant ces cris lancinants qui, dans la grisaille ensorce-
lée de novembre, vous déchirent les entrailles. Tout en tournoyant au-dessus
d‘un square - devenu parking aujourd‘hui - et où, enfants, on jouait au foot-
ball. Et par la suite, je les revoyais, ces mêmes mouettes, tout près des
anciens Abattoirs, disparus de nos jours, et déversant le sang des bêtes dans
l‘Arve, où lesdites mouettes plongeaient vers les eaux rougies, pour en re-
monter à tire d‘ailes. Emportant dans leur bec élégant et cruel des bribes
de chair sanguinolentes. Tandis que l’Arve, avec ses eaux basses, l‘hiver,
en leur lamento, et, lisses l‘été, comme les rivières de France, entre les
saules, et qu‘en raison de quelques suicides par noyade, j‘appelais, me rap-
pelle, la rivière des vies perdues, s‘en allait, on va voir dans un instant,
vers quelle destination.

Mais non sans longer auparavant une rive où s‘étendait, à perte de vue,
un village avec, pour demeures, les roulottes multicolores des manouches
et des romanichels ... Petites merveilles, chacune, avec leurs jardinets,
d‘architecture improvisée. Et reliées entre elles par des sentiers, entre deux
haies piquées ici et là de roses. Vie paisible, tour à tour, et tumultueuse
en ce royaume. Accordéon, le soir; vin rouge; quelques bagarres ... Tout cela
disparu également il y a belle lurette.

Mais pour en revenir à la destination de l‘Arve, elle est très simple re-
joindre, avec ses eaux grises, celles, couleur d‘émeraude et profondes, du
Rhône, et dont la jonction précisément a donné son nom au quartier envi-
ronnant. L‘un des derniers quartiers populaires de cette ville effectivement
cette Jonction. Avec ses cafés; ses petits commerces: épiciers, marchands de
graines; ses artisans: cordonniers, petits imprimeurs etc. Et où j‘ai même vu
une fois, héritage des temps révolus, un commis boulanger, sa hotte sur le
dos, allant livrer le pain à domicile. Mais plus encore ce qui m‘attirait,
c‘était ce vaste dépôt où les trams, après leur labeur, venaient dormir. Ce-
pendant que d‘autres restaient dans leur coin, fatigués, comme ces personnes
de grand âge, dans les asiles, prostrées, ne partant quasi plus, repliées
sur elles mêmes et ressassant à la fois leurs misères physiques et leur vie.
De même, pour moi, tes vieux trams dont quelques-uns portaient encore à leur
flanc une affichette vantant les mérites d‘un apéritif relégué lui aussi dans
les oubliettes : Buvez Byrrh. Mais dans ce même quartier le silencieux petit
jardin attenant au Musée d‘Ethnographie, d‘où l‘on entend le murmure de la
ville. Et tout d‘un coup, à l‘heure de la récréation, dans la cour de l‘école
voisine, tes cris des enfants aussi lancinants dans un léger brouillard que
celui des mouettes. Tout se tient dans une ville !

Mais avant de défiler devant ce quartier, le Rhône, sorti du lac, passe au


pied d‘une colline: celle de Saint-Jean au sommet de laquelle il y avait au-
trefois une Brasserie bien connue, de type germanique, et où d‘athlétiques
serveuses vous servaient de non moins athlétiques choucroutes. Et à travers
de larges baies on apercevait les différents quartiers de cette ville. Cha-
cun ayant sa physionomie, son caractère, sa musique et surtout ses person-
nages dont beaucoup très typés alors (on en pourrait faire toute une galerie).
Cependant que, du haut de La Brasserie toujours, on entendait venir à nous la
rumeur de la ville qui en est comme le soupir et celui de mille vies. Et que
flottait alors, immuable, quelque chose comme l‘aura même de la cité. Ce que
le poète italien Umberto Saba, considérant lui aussi sa ville - Trieste - du
haut d‘une colline, appelait l‘aria natale : l‘air natal.

Et pour les quartiers aperçus à vol d‘oiseau, commençons par celui, situé au
34
Le site

bord du lac, populaire par excellence lui aussi. Et dont le nom à lui seul -
les Eaux Vives - est loin d‘être indifférent. Première caractéristique : au
bout de chacune de ses petites rues latérales, on entrevoit une légère tache
bleue, qui est le lac. Et confère à cette partie du quartier une note ra-
fraîchissante. Mais autre caractéristique - du moins à l‘époque dont je par-
le ici - : dans le haut du quartier, les petites industries du bois avec des
entrepôts fleurant bon la sciure. Et non loin d‘eux, des estaminets dotés de
jeux de quilles ou de boules. Et c‘était une fête, ce samedi, me rappelle,
durant la belle saison, de voir, au soleil, le matin déjà, de solides autant
que paisibles personnages, en bras de chemise - bretelles ancrées sur leurs
épaules et tenant haut les pantalons - jouer à la pétanque. Leur verre de Ri-
card attendant patiemment sur les tables, à l‘ombre de la tonnelle. Cependant
que, dans une ruelle voisine, on entendait Piaf, à la radio, chanter La vie en
rose ou J’ai fait le tour du Monde... Et il semblait, un instant, que le mal
ici-bas - injustice, guerres etc. - était conjuré, laissant émerger, dans la
vie populaire, quelques îlots d‘innocence. Bien sûr, ce n‘était pas, comme on
le dit sottement, la belle époque - il n‘y a jamais eu en fait, sur terre, de
belle époque - mais c‘était, disons, par rapport à aujourd‘hui, une vie plus
lente. Apéritif, à midi, le soir, aux terrasses des cafés. Moins de voitures
et plus de vélos pour les gars allant à leur travail. Airs d‘accordéon dans
les cours et les rues. Et dans les cafés toujours, le soir - pas de TV encore
- des conversations à n‘en plus finir, pendant que se produisaient de petits
orchestres. Bref, un autre monde.

Et dans les heures fastes de ce quartier des Eaux-Vives, comment pourrions-


nous excepter ces premières matinées de printemps - le temps de mars - où
après quelques giboulées, au bord du tac, le ciel s‘éclaircit. Avec, au loin,
le Jura tacheté encore de neige. Et sur les quais, déjà, de vieux loups de
mer lémaniens, barbus, et portant casquette d‘amiral, étaient en train de ra-
fistoler ou de repeindre leurs barques. Avec, à leurs pieds, bien entendu, un
litron de rouge. Tandis que, dans la rade, on entendait s‘ébrouer, en leurs
amours, les canards. Et plus discrètement, dans l‘air humide encore, et léger,
sonner les heures aux églises et aux tours de la ville; et le grondement d‘un
tram traversant le Pont du Mont-Blanc qui relie les deux rives. Sur l‘une
desquelles, faisant face aux Eaux-Vives, se trouve un autre quartier - les
Pâquis - pas moins populaire. Mais dans une toute autre tonalité. A savoir,
allègre et actif, le matin, et, la nuit venue, le plus chaud des quartiers.
Avec, pour transition, en fin d‘après midi, ces Dames faisant leurs emplettes,
avant de se mettre au travail. Cela dit, multiples bistrots et bouis-bouis.
Dont la mémorable Grotte aux fées avec ses niches particulières. Et cet éta-
blissement d‘un tout autre genre; le cabaret du Vieux Monmartre. Où, de temps
à autre, venait chanter le cher Gilles, avec Edith. Et avant lui le pétillant
Bob Georgis. Dont le public, compact et ravi, reprenait en chœur le refrain de
sa chanson favorite: C’est Bébert le Monte-en-l’air. Le tout finissant vers
les quatre heures du matin. Et quand on sortait, on arrivait directement sur
la rade illuminée, l‘été, par les feux d‘une aurore radieuse. Lac immobile,
d‘un bleu pâle, et dans lequel nonchalamment s‘avançaient Monsieur et Madame
cygnes avec leurs petits. En face, le coteau de Cologny, où fut Byron, et, à
l‘arrière-plan, les Alpes de Haute-Savoie dominées par un Mont-Blanc à peine
teinté de rose. Dans l‘air vif, on était d‘un seul coup purifié des miasmes de
la nuit. Chacun rentrant chez soi. Pour dormir ou travailler, c‘était selon.

Non sans passer parfois par le Centre-Ville où se trouve entre autres la Place
dite du Molard, Avec sa Tour. Et, en son milieu, le Marché aux fleurs... Sous
des platanes où, matin et soir, c‘est un délire de cris de moineaux. Et juste
à côté, jadis, trois établissements, bondés toujours, avec, chacun, sa clien-
35
Le site

tèle, ses spécialités. Et durant et après la guerre, en raison de la présence


d‘un grand éditeur qui avait ici son siège, on apercevait, de temps à autre,
Malraux, Eluard, Georges Bataille, Léger, le peintre, et, taciturne, Giaco-
metti assis à une des terrasses. Alors que, quelques années auparavant encore,
éclataient, chaque semaine, le samedi, de sérieuses bagarres entre tenants
de l‘extrême-gauche et les pro-fascistes et pro-nazis de l‘Union nationale
la ville étant très politisée alors. Mais j‘ai longuement parlé de cela,
j‘abrège.

Le plus curieux ici étant que, de cette place animée, se détache une rue mi-
nuscule, dite Rue Neuve du Molard, qui était à elle seule, un secteur de quar-
tier chaud. Bars et troquets où, dans l‘un, Chez Pierrot, avec son escalier en
colimaçon, les Dames, vers les cinq heures de l‘après-midi, se réunissaient
comme en conclave. Et je ne peux pas ne pas rapporter ici - comme je l‘ai fait
une fois déjà - une menue mais désopilante péripétie dont j‘ai été le témoin.
A savoir que l‘une de ces Dames, de haute stature et souveraine, en son tail-
leur bleu ciel, cheminait au milieu de la petite rue par une rayonnante fin
de journée d‘été, lorsque le tonnelier du coin, sur son pas de porte, avec
son tablier de cuir et sa casquette sur l‘oreille, la voyant passer, ne put
s‘empêcher de lui lancer en guise d‘hommage, rieur, à la fois, et chaleureux :
«Ce que t‘es belle, Yvonne !». A quoi celle-ci, avec un demi-sourire, de lui
répondre: «Eh va donc, grossiste». Telle était la gouaille, un peu, des gens
d‘ici, à mi-chemin entre la pesanteur vaudoise et la légèreté française.

De là, le plus simple, me semble-t-il, pour gagner l‘autre versant de la


ville, est de gravir la colline où bat le cœur historique de la Cité, que je
renonce en l‘occurrence à évoquer, avec le dédale de ses ruelles où coexis-
tent boutiques d‘artisans, de petits commerçants et demeures patriciennes. Ici
est né Rousseau («Ma naissance fut le premier de mes malheurs !»), ici vécut
Amiel. Où, depuis des siècles, se taisent les canons de l’Arsenal. Voisin de
cette cour Saint-Pierre où l‘on n‘entend, dans le silence, que des pigeons.
Tandis qu‘au culte du dimanche, dans la cathédrale, se retrouve la bonne so-
ciété locale. Banquiers en tête. Ces banquiers dont Stendhal, à son époque
déjà, disait : «Si un banquier genevois se jette par la fenêtre, suivez-le, il
y a dix pour cent à gagner !» Enfin, si, du haut de la promenade dite de la
Treille, d‘où l‘on aperçoit la campagne environnante et, au-delà, la France,
vous plongez vers cette autre promenade - des Bastions - qui est une miette
encore de paradis, avec ses pelouses au vert tendre arrosées, le matin, par
des jets d‘eau à tourniquet, son kiosque à musique 1900, son allée centrale,
jonchée en octobre de feuilles mortes, et donnant sur cette Place-Neuve aux
proportions harmonieuses, où, d‘un coup, vous sentez que cette ville un peu
resserrée sur elle-même est, en même temps, ouverte au monde. Géographique-
ment, mais en vertu aussi d‘une secrète vibration qu‘avec un peu de sensibi-
lité on ne manque pas de percevoir. Et qui a fait rayonner cette petite grande
ville en Europe et dans le monde : le protestantisme, la banque, les sciences
naturelles, la pédagogie et, plus tard, la Croix-Rouge, les Institutions in-
ternationales. Passons. Au centre de la place, une vasque naguère entourée
de catalpas le Grand-Théâtre où j‘ai vu en son temps Jouvet, avec Madeleine
Ozeray, jouer L’Ecole des femmes. Et déclamer à sa manière à lui, unique, le
passage fameux :

Chose étrange d’aimer et que pour ces traîtresses


les homes soient sujet à de telles faiblesses…

Cependant que, non loin de là, au Victoria Hall, quelques années aupara-
vant, Maurice Chevalier venait chanter Ma Pomme, Pigalle, Donnez-moi la main,
36
Le site

Mam’zelle. Entre deux concerts selects de l’Orchestre de la Suisse romande.


C’était ça aussi Genève : les contrastes. Dans tous les domaines.

Mais en fait de respiration rien n‘égale, tout près de là, la Plaine de Plain-
palais. Enfin, rien. Pas de jardins. Pas de baraques. Pas de parcs pour en-
fants. L‘air, le ciel, l‘espace. Et où chaque année le cirque Knie arrive,
annonciateur de l‘automne. Mais le petit miracle, si d‘aventure, fin décembre,
vous traversez cette plaine, juste avant l‘aube, et tandis qu‘il fait nuit
encore, c‘est d‘entendre, soudain, le premier chant velouté d‘un merle soli-
taire. En avance sur son temps. Et en cela prophète ! Après quoi, continuant
sur votre lancée, vous vous retrouverez à nouveau devant l‘Arve. Dont il faut
suivre le cours, non plus en le descendant, cette fois, mais en le remontant
jusqu‘à ce pont qui donne accès à la petite ville sarde de Carouge, aux mai-
sons basses, et dont les deux places font penser, l‘été, à la Provence. Cette
du Marché particulièrement, ombragée, il n‘y a pas si longtemps encore, par de
magnifiques platanes. Que des Conseillers municipaux irresponsables ont fait,
d‘un coup, abattre. Tous. Sous prétexte de maladie. Un crime contre le monde
végétal !

Mais retour au Rond-Point de Plainpalais - autre respiration encore - il me


faut rappeler l‘existence de deux établissements. Pas très éloignés l‘un de
l‘autre. Tous deux, de nos jours, liquidés. La brasserie Landolt d‘abord. Plus
que séculaire. Où se rendait Lénine. Et où s‘affairaient, il y a quelques
années encore, des garçons italiens efficacies et rieurs: Bruno, Stefane et
un Espagnol dénommé Jésus. A qui on se plaisait à demander: «Jésus, un pas-
tis, s‘il vous plaît». Honte aux autorités de cette ville de n‘avoir pas su
ou voulu protéger cette enclave civilisée. A laquelle succéda, un temps, une
bastringue à l‘américaine ayant pour enseigne – qui dispense de tout commen-
taire -: F.B.I. Quant à l‘autre établissement, le Café des Beaux-Arts; c’était
une veritable institution, si j’ose dire, artistico-sportivo-populaire. Où
se retrouvaient, le soir, les acteurs (excellents comiques) du petit Théâtre
voisin; des catcheurs, au temps où il y avait encore des rencontres de catch;
des boxeurs aussi. Et pas des moindres.

Brouhaha ... Palabres. Drôleries. Pas l‘ombre d‘une violence en dépit de la


rudesse de certains personnages. Et, naturellement, l‘accordéon et même un
vieux joueur de mandoline, italien lui aussi, et dont irréprochables étaient
toujours le pli de son pantalon et ses souliers vernis. Le fils du patron,
lui, coureur cycliste, s‘était produit, de temps à autre, au Vélodrome, situé
hors de ville (disparu également) et où les vedettes du Tour de France, après
la Grande Boucle, venaient animer une soirée. Au cours de laquelle un public
chaleureux voyait leurs jambes hâtées et musclées, briller sous les projos.

Et puisqu‘en veine de sport nous sommes, il me faut signaler là l‘existence


aussi, à l‘époque, de trois clubs de football. Rivaux alors. Et marqués un peu
par l‘esprit de classe. Servette, le club des nantis; Etoile Carouge, le popu-
lo; Urania, le petit commerce. Ayant chacun leur stade. Avec son cachet parti-
culier. Soit dit en passant, on sait de quoi il s‘agit, dans un stade, pen-
dant un match. Mais le plus beau, c‘est de s‘y rendre un jour où il n‘y a ni
match, ni entraînement. Silence. Pelouse déserte. Tribunes et gradins vides.
Vides? Allons donc ! Avec un rien de réceptivité vous y sentez encore la pré-
sence, quelque peu fantomatique, des publics qui s‘y sont succédé. Et celle
des joueurs, plus ou moins illustres, qu‘on a vu y évoluer. Et dont les noms
jalonnent notre vie. Comme la jalonnent les chansons qu‘on a entendues depuis
notre jeunesse. La particularité de l‘un de ces stades, celui des Charmilles,
en voie de démolition aujourd‘hui, au profit d‘un autre tout neuf, était que,
37
Le site

match ou pas match, on voyait soudain, derrière les gradins sud, s‘élever les
flocons d‘une fumée blanche, émanant d‘où ? Tout simplement de la locomotive
de l‘express Genève Paris passant tout près. Et dirai-je, question locomoti-
ve, qu‘on me pardonne, que je revois encore mon père, à notre retour de Grèce,
m‘emmenant à la Gare de Cornavin, l‘ancienne, pour voir et admirer une locomo-
tive précisément sur le point de partir. Cette du PLM (Paris Lyon Méditerra-
née). Etincelante, haletante, redoutable, à la fois, et familière, fraternelle
presque pour moi. Et après le départ du convoi, en descendant la rampe de la-
dite gare qu‘est-ce que l‘on voyait, en lieu et place des taxis actuels? Sinon
des calèches avec leur cocher, plus ou moins bougon, attendant le touriste.

Inséparable de l‘enfance est, en effet, pour chacun la ville natale. Et c‘est


ainsi que je me souviens, petit, au Boulevard des Philosophes, avoir entendu,
vers les cinq heures du matin, le pas du laitier pénétrant dans l‘escalier de
l‘immeuble; le bruit du lait versé dans les bidons, posés devant les portes,
à chaque étage. Et, plus tard, le cri du rémouleur, celui du vitrier, le trot
enfin d‘un cheval attelé à une carriole chargée de blocs de glace destinés aux
divers restaurants.

Et le soir, sur la Place, près de la petite fontaine, un vieil homme aux mou-
staches tombantes, criant d‘une voix dolente: «La Tribune, achetez La Tri-
bune». Et moi je comprenais «La Bibune, achetez la Bibune».

Toutes choses lointaines, à la fois, et proches. Car cette ville, inscrite


en nous, contrairement à celle, extérieure, qui change avec une accélération
croissante, en notre mémoire ne bouge plus. Dans la mesure où c‘est à tra-
vers elle, et notre propre vie, qu‘on a découvert la vie. Les trois ne faisant
qu‘un. D‘où la densité de sa présence.
Georges Haldas, Patrimoine de Genève, Ed. Slatkine, Genève, 2004

38
Le site

Plans historiques / Développement de la ville

Genève 1899

Genève 1916

39
Le site

Genève 1928

Genève 1945

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Le site

Plan du cadastre avec mention des parcelles

Plan du site avec mention des parcelles au choix

41
Le site

Photographies des environs du site

Vue depuis la rue du Belvédère vers le quartier Artamis, Photographie Nicolas Rossier

42
Le site

Vue de la promenade du Rhône le long du Quai du Seujet, Photographie LABEX

Vue de la promenade du Rhône le long du Quai du Rhône, Photographie LABEX

43
Le site

Vue depuis le barrage du Seujet en direction du Pont de Sous-Terre, Photographie LABEX

Vue le long de la Rue de la Coulouvrenière, Photographie LABEX

44
IV Les textes

45
Les textes

Pourquoi lisons-nous des textes?

„Ceci, cher Phèdre, est le plus important: Pas de géométrie sans la parole.
Sans elle, les figures sont des accidents; et ne manifestent, ni ne servent,
la puissance de l’esprit. Par elle, les mouvements qui les engendrent étant
réduits à des actes nettement désignés par des mots, chaque figure est une
proposition qui peut se composer avec d’autres; et nous savons ainsi, sans
plus d’égards à la vue ni au mouvement, reconnaître les propriétés des combi-
naisons que nous avons faites; et comme construire ou enrichir l’étendue, au
moyen de discours bien enchaînés.“
Paul Valéry, Eupalinos ou l’Architecte, 1921

46
Les textes >Organisation de l‘espaces

Le peintre regarde, le visage légèrement tourné et la tête penchée vers prise de


conscience de
l’épaule. Il fixe un point invisible, mais que nous, les spectateurs, nous l’espace
pouvons aisément assigner puisque ce point c’est nous-mêmes : notre corps,
notre visage, nos yeux. Le spectacle qu’il observe est donc deux fois invisi- point de vue
ble : puisqu’il n’est pas représenté dans l’espace du tableau, et puisqu’il
voir
se situe précisément dans ce point aveugle, en cette cache essentielle où se
dérobe pour nous-mêmes notre regard au moment où nos regardons.
Michel Foucault, [Extrait de la description du tableau: „Las Meninas“ de Velázquez] dans: Les mots et les choses,
Paris 1966, Ed. Gallimard, p.20.

47
Les textes >Organisation de l‘espaces

Dans l’espace de la perception immédiate [...] l’égalité des lieux et des di- espace abstrait;
prise de
rections n’existe pas, mais chaque lieu a sa propre nature et sa propre va- conscience de
leur. L’espace visuel et l’espace tactile sont, au contraire de l’espace de l’espace;
la géométrie Euclidienne, des espaces anisotropes et inhomogènes : dans les lieux et
deux espaces physiologiques les directions principales, devant – derrière, directions dans
l’espace;
en haut – en bas, droite – gauche, sont stigmatisément inéquivalents. Ceci devant-derrière
dit : l’espace mythique est familier à l’espace de la perception et opposé à en haut-en bas
l’espace pensé de la géométrie. droite-gauche

Ernst Cassirer, Philosophie der symbolischen Formen, Teil 2: Das mythische Denken, Berlin 1925, S. 108. (trad GM)

[Au sujet du Palais des Nations] Les plans de Le Corbusier sont comme des cou- espace découpé
teaux qui découpent l’espace en tranches précises. S’il nous était possible de en tranches
conférer à l’espace les qualités de l’eau, son bâtiment serait comme un barra-
ge qui, ceint par l’espace, retenu, traversé, éclusé, est finalement déversé
dans les jardins informels qui bordent le lac.
Colin Rowe et Robert Slutzky, Transparence réelle et virtuelle, Les Editions du demi-cercle Paris 1992, p. 76. [orig.
Transparenz, Basel 1968]

Un zoologiste Suisse, Adolf Portmann a mis en évidence une différence caracté- relation entre
ristique entre les formations internes et externes des structures organiques, intérieur et
particulièrement chez les animaux. A l’intérieur, la tendance directrice est extérieur;
un besoin d’espace. “Les organes abandonnent leur symétrie; ils sont lovés intérieur : be-
soin d’espace;
comme dans le tube digestif, ou unis en grappes comme dans les poumons et les organisation
reins. Tous les moyens sont bons pour agrandir leur surface et l’espace inté- spatiale de la
rieur est utilisé au mieux, de la même manière que nous faisons notre valise valise;
asymétrie de
pour partir en voyage, sans tenir compte de considérations esthétiques ou de l’organisation
l’effet produit sur les organes sensoriels.” L’extérieur suit des principes de l’espace;
différents. Il crée une symétrie. L’esthétique de la surface revêt des formes symétrie de la
géométriques qui façonnent les organes externes. De façons qui ne s’expliquent forme;
différence entre
par aucune utilité pratique, l’organisme exprime son existence particulière formes intéri-
dans l’espace qui l’entoure et qui est exposé à la lumière. Cette différence eure et extéri-
fondamentale entre intérieur et extérieur apparaît nettement dans le corps eure;
multiplicité des
humain, qui est symétrique à l’extérieur et étroitement replié à l’intérieur. principes forma-
Dans les organismes primitifs uniquement, et dans les organismes transparents teurs
en particulier, un même principe formateur gouverne l’ensemble du corps.
Rudolf Arnheim, Dynamique de la forme architecturale, Pierre Mardaga éditeur , Bruxelles 1986, p.98-99. [orig. Lon-
dres 1977]

Seuls l’inclusion de l’espace, le franchissement de la bidimensionnalité des structure vi-


parois, l’abolition de l’accomplissement fonctionnel des formes tectoniques suelle dans
pour la structure visuelle de l’architecture ont menés à un retournement. l’espace

Wulf Herzogenrath, Oskar Schlemmer – Die Wandgestaltung der neueren Architektur, München 1973, S. 134. (trad. GM)

Car il y avait autour de Combray deux „côtés“ pour les promenades, et si op-
posés qu’on ne sortait pas, en effet, de chez nous par la même porte, quand
on voulait aller d’un côté ou de l’autre. […] Alors, “prendre par Guermantes” perception et
direction: deux
pour aller à Méséglise, ou le contraire, m’eût semblé une expression aussi sens contraires
dénuée de sens que prendre par l’est pour aller à l’ouest. […], je leur don-
nais, en les concevant ainsi comme deux entités, cette cohésion, cette unité
qui n’appartiennent qu’aux créations de notre esprit ; […] Et cette démarca- unité malgré les
différences
tion était rendue plus absolue encore parce que cette habitude que nous avions
de n’aller jamais vers les deux côtés un même jour, dans une seule promenade,
[…] les enfermait pour ainsi dire loin l’un de l’autre, inconnaissables l’un
à l’autre, dans les vases clos et sans communication entre eux, d’après-midi
différents.
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, A la recherche du temps perdu, Ed. Gallimard 1987 +1988. [orig. Grasset 1913]

48
Les textes >Organisation de l‘espaces

Je ne sais pourquoi. je souhaiterais que l’homme, au lieu de ces énormes monu-


ments qui ne témoignent que de la disproportion grotesque de son imagination
et de son corps (ou alors de ses ignobles. mœurs sociales, compagniales), au
lieu encore de ces statues à son échelle ou légèrement plus grandes (je pense
au David de Michel-Ange) qui n’en sont que de simples représentations, sculpte
des espèces de niches, de coquilles à sa taille, des choses très différentes coquillage :
de sa forme de mollusque mais cependant y proportionnées (…), que l’homme met- modeste
te son soin à se créer aux générations une demeure pas beaucoup plus grosse et raffiné;
proportions
que son corps, que toutes ses imaginations, ses raisons soient là comprises,
qu’il emploie son génie à l’ajustement, non à la disproportion, ou, tout au espace et corps
moins, que le génie se reconnaisse les bornes du corps qui le supporte. humain

Francis Ponge, Le parti pris des choses, Extrait de Notes pour un coquillage, Ed. Gallimard 1942, pp. 76-77.

On peut imaginer sans peine un appartement dont la disposition reposerait, non


plus sur des activités quotidiennes, mais sur des fonctions de relations : ce
n’est pas autrement, d’ailleurs, que s’opérait la répartition modèle des
pièces dites de réception dans les hôtels particuliers du XVIIIe siècle ou
dans les grands appartements bourgeois fin-de-siècle : suite de salons en en- séparations spa-
filade, commandée par un grand vestibule, et dont la spécification s’appuie tiales
sur des variations minimes tournant toutes autour de la notion de réception :
grand salon, petit salon, bureau de Monsieur, boudoir de Madame, fumoir, bi-
bliothèque, billard, etc.
Il faut sans doute un petit peu plus d’imagination pour se représenter un ap- séparations sen-
sorielles
partement dont la partition serait fondée sur des fonctions sensorielles : on
conçoit assez bien ce que pourraient être un gustatorium ou un auditoir, mais
on peut se demander à quoi ressembleraient un visoir, un humoir, ou un pal-
pair...
D’une manière à peine plus transgressive, on peut penser à un partage repo-
sant, non plus sur des rythmes circadiens, mais sur des rythmes heptadiens :
cela nous donnerait des appartements de sept pièces, respectivement appelées :
le lundoir, le mardoir, le mercredoir le jeudoir, le vendredoir, le samedoir
et le dimanchoir. Ces deux dernières pièces, il faut le remarquer, existent
déjà, abondamment commercialisées sous le nom de « résidences secondaires » ou
« maisons de week-end ».
Georges Perec, Espèces d’espaces, Extrait de L’appartement, Ed. Galilée, 1974, pp. 42-46.

« La maison est un corps d’images qui donnent à l’homme des raisons ou des
illusions de stabilité. Sans cesse on réimagine sa réalité : distinguer toutes
âme, caractère
ces images serait dire l’âme de la maison ; ce serait développer une véritable vivant
psychologie de la maison.
Pour mettre en ordre ces images, il faut croyons-nous, envisager deux thèmes
principaux de liaison :
verticalité
La maison est imaginée comme un être vertical. Elle s’élève. Elle se différen-
cie dans le sens de sa verticalité. Elle est un des appels à notre conscience
de verticalité ;
La maison est imaginée comme un être concentré. Elle nous appelle à une con- centralité
science de centralité.
Ces thèmes sont sans doute énoncés bien abstraitement. Mais il n’est pas
difficile, sur des exemples, d’en reconnaître le caractère psychologiquement
concret. »
Gaston Bachelard, La poétique de l’espace, Presses Universitaires de France, 1957, pp. 34-35.

49
Les textes >Organisation de l‘espaces

Mais quand un correspondant hollandais m’a demandé quel genre de maison


j’avais, je me suis aperçu que la notion de maison ne suffisait pas, pour la unités de loge-
simple raison que cette maison se trouve dans une autre maison et que c’est ments
précisément cette autre maison que l’on appelle ici „maison“. Oui, ils trai-
tent de „maison“ ces gigantesques armoires à vivre où différentes couches de
carré
maisons s’empilent autour du carré de la cour. „Casernes en location“ di- empilement les
saient-ils autrefois, mais rien ici ne m’évoque une caserne, ne serait-ce que unes sur les
parce que je n’entends presque jamais mes voisins. autres

Cees Nooteboom, Une année allemande, Chroniques berlinoises, Actes Sud 1990, p.39.

Au deuxième étage, quatre chambres à coucher étaient groupées autour de


l’escalier qui conduisait à l’entrée. Il y avait une salle de bain et un pe-
tit bureau avec deux fenêtres et une porte étroite qui s’ouvrait sur un bal-
con; densément recouvert de branches, il était toujours frais en été. Au même
étage, derrière une porte, en temps normal close, se trouvait une autre par- porte fermée
tie de la maison avec une cinquième chambre à coucher, occupée par la tante
lorsqu’elle venait en visite. Il y faisait atrocement chaud en été et glacé en
hiver. Depuis le couloir à côté, un étroit escalier menait à la cuisine et un
autre au grenier en haut.
Paula Fox, In fremden Kleidern, Deutscher Taschenbuch Verlag, p.36. (trad. AER)

Ensuite elle se dresse contre le battant de la porte d’entrée qu’elle a refer-


mé derrière soi. Depuis ce point elle aperçoit toute la maison en enfilade : la maison en
enfilade
la pièce principale (salon sur la gauche et salle à manger sur la droite, où
le couvert est déjà mis pour le dîner), le couloir central (sur lequel donnent premier plan /
les cinq portes latérales, toutes closes, trois à droite et deux à gauche), la arrière-plan
terrasse et, au-delà de sa balustrade à jours, le versant opposé du vallon.
Alain Robbe-Grillet, La jalousie, Les éditions de Minuit, Paris, 1957, p.117.

Dans le petit matin d’hiver, le bois du lit grince au-dessus de moi. Bientôt
tu vas descendre l’escalier. Lentement. L’escalier n’est pas qu’un endroit de l’espace de cir-
culation
passage : miroirs encadrés de bois peint, dessins d’Hansi, albums pour les
enfants. Si le papier peint se décolle un peu le long des murs humides, on ne
le voit pas trop sous les cartes postales d’autrefois, les boîtes anciennes de
pastilles pour la toux, les affiches de musée.
Philippe Delerm, Le bonheur, Tableaux et bavardages, Ed. Gallimard, coll. Folio, 1986, p.115 .

50
Les textes >Caractère de l‘espaces

« En tout cas, je crois que l’inquiétude d’aujourd’hui concerne fondamentale-


ment l’espace, sans doute beaucoup plus que le temps; le temps n’apparaît pro-
bablement que comme l’un des jeux de distribution possibles entre les éléments
qui se répartissent dans l’espace.
Or, malgré toutes les techniques qui l’investissent, malgré tout le réseau de
savoir qui permet de le déterminer ou de le formaliser, l’espace contemporain la sacralité de
n’est peut-être, pas encore entièrement désacralisé - à la différence sans l’espace
doute du temps qui, lui, a été désacralisé au XIXe siècle. [...]
L’oeuvre - immense - de Bachelard, les descriptions des phénoménologues nous l’espace n’est
ont appris que nous ne vivons pas dans un espace homogène et vide, mais, au pas homogène et
contraire, dans un espace qui est tout chargé de qualités, un espace, qui est vide
peut-être aussi hanté de fantasme; l’espace de notre perception première, ce-
lui de nos rêveries, celui de nos passions détiennent en eux-mêmes des quali-
tés qui sont comme intrinsèques; c’est un espace léger, éthéré, transparent, les différentes
ou bien c’est un espace obscur, rocailleux, encombré : c’est un espace d’en qualités des
espaces
haut, c’est un espace des cimes, ou c’est au contraire un espace d’en bas, un
espace de la boue, c’est un espace qui peut être courant comme l’eau vive,
c’est un espace qui peut être fixé, figé comme la pierre ou comme le cristal.»

Michel Foucault, „Des espaces autres“, conférence donnée le 14 mars 1967 au Cercle d’Etudes Architecturales à Paris.

Chaque fois que, dans un monastère de Kyôto ou de Nara, l’on me montre le


chemin des lieux d’aisance construits à la manière de jadis, semi-obscurs et
pourtant d’une propreté méticuleuse, je ressens intensément la qualité rare
de l’architecture japonaise. Un pavillon de thé est un endroit plaisant, je
le veux bien, mais des lieux d’aisance japonais, voilà qui est conçu véri-
calme dans
tablement pour la paix de l’esprit. Toujours à l’écart du bâtiment princi- l’espace
pal, ils sont disposés à l’abri d’un bosquet d’où vous parvient une odeur de
vert feuillage et de mousse ; après avoir, pour s’y rendre, suivi une galerie
couverte, accroupi dans la pénombre, baigné dans la lumière douce des shôji * atmosphère
et plongé dans ses rêveries, l’on éprouve à contempler le spectacle du jar-
din qui s’étend sous la fenêtre, une émotion qu’il est impossible de décrire.
Au nombre des agréments de l’existence, le Maître Sôséki comptait, paraît-il,
satisfaction
le fait d’aller chaque matin se soulager, tout en précisant que c’était une physiologique
satisfaction d’ordre essentiellement physiologique; or, il n’est, pour appré-
cier pleinement cet agrément, d’endroit plus adéquat que des lieux d’aisance
de style japonais d’où l’on peut, à l’abri de murs tout simples, à la surface
nette, contempler l’azur du ciel et le vert du feuillage. Au risque de me ré-
péter, j’ajouterai d’ailleurs qu’une certaine qualité de pénombre, une absolue qualité de
propreté et un silence tel que le chant d’un moustique offusquerait l’oreille, pénombre
absolue propreté
sont les conditions indispensables. Lorsque je me trouve en pareil endroit, il silence
me plaît d’entendre tomber une pluie douce et régulière. Et cela tout parti-
culièrement dans ces constructions propres aux provinces orientales, où l’on
a ménagé, au ras du plancher, des ouvertures étroites et longues pour chasser
fonction et uti-
les balayures, de telle sorte que l’on peut entendre, tout proche le bruit lisation
apaisant des gouttes qui, tombant du bord de l’auvent ou des feuilles d’arbre,
éclaboussent le pied des lanternes de pierre, imprègnent la mousse des dalles
avant que ne les éponge le sol.

[* shôji : pans de fenêtres ou portes formés par une grille de bois recouverte
de papier blanc translucide. De nos jours, le papier est normalement remplacé
à l’extérieur par des verres translucides.]
Tanizaki Junichiro, Eloge de l’ombre, Publications orientalistes de France 1977, pp.21-22. [orig. In’ei raisan, Tokyo
1933]

51
Les textes >Caractère de l‘espaces

Chez moi : un appartement dans une grande et sombre maison de la Goethestras- pièces immenses
poêles plus
se. Des pièces immenses, garnies de poêles en faïence plus hauts que moi mais hauts qu’une
désaffectés, quadrangulaires idoles. Avant moi a résidé ici pendant des années personne
un écrivain chilien qui, pour le moment, a regagné sa lointaine patrie. Tempo-
ra mutantur. Il a laissé ici une partie de sa bibliothèque. [...]
Les meubles me regardent fixement et je le leur rend bien. Ce sont des meubles effet des meu-
de rencontre, on les déplace, on les pousse ou on les tire, ils ne réagissent bles
pas. Ils ne vous ont pas choisi, ni vous eux, ils ont leur mot à dire sur la
vie des exilés et ce n’est pas pour me déplaire. Pour moi qui passe ma vie
dans les hôtels, cela finit par devenir une situation normale – coucou tou-
jours logé dans le nid d’autrui.
Cees Nooteboom, Une année allemande, Chroniques berlinoises, Actes Sud 1990, pp. 26-27.

La maison avec sa façade de six à huit mètres de large comprenait un étage,


petite et néanmoins accueillante, et son aspect ordonné reflétait le carac-
tère de Usan. Hayami se tenait sur le sol cimenté de la petite entrée, d’une
absolue propreté, et se retrouvait dans l’atmosphère calme, fraîche, de la atmosphère
maison de laquelle n’émanait aucun son ; il se souvint à nouveau de logements fraîche
comme lieux de vie humaine – une conception qu’il avait, depuis des années,
oubliée. Autrefois, bien que dans un passé lointain, il s’était, lui-même,
retrouvé dans un lieu de la sorte ; en un lieu tel que celui-là, comme il se
l’imaginait, il avait vécu.
Yasuhi Inoue, Schwarze Flut, Suhrkamp Taschenbuch Verlag 2007, Frankfurt am Main, S.18. ([Link])

Grand-mère et Lalla vivaient en une symbiose pleine d’entrain, faite aussi de


nombres de petites querelles et réconciliations, mais qui jamais ne fut re-
mise en question. La grande (peut-être pas si grande) maison, dans la calme
Trädgardsgatan, incarnait pour moi la sécurité et la magie. Les nombreuses sécurité et
horloges comptaient le temps, la lumière du soleil se promenait sur les inter- magie
minables tapis verts. Le feu embaumait dans le poêle de faïence, cela grondait
dans le conduit d’évacuation et les écoutilles du poêle cliquetaient. Parfois,
un traîneau avec des clochettes passait en bas dans la rue. La cathédrale
sonnait pour l’office ou pour un enterrement. Matins et soirs, l’on pouvait
entendre, austère, Gunilla la cloche, de loin.
De très vieux meubles, de lourds rideaux, d’obscurs tableaux. Au bout du long
hall obscur, se trouvait une chambre intéressante, avec quatre trous per-
cés dans la plinthe de la porte, avec des tapis rouges, un trône d’acajou et
de velours avec des ferrures en laiton et des sculptures. Deux marches re-
couvertes d’un doux tapis menaient au trône. Lorsque l’on soulevait le lourd
siège de la chaise, l’on découvrait un abîme d’obscurité et de senteurs. Cela
exigeait du courage de s’asseoir sur le trône de grand-mère.
Ingmar Bergmann, Laterna Magica, Alexander Verlag 2003, Berlin, S.30. (trad. AER)

Dans la Maison rouge, c’était une demeure sombre, plus grande au-dedans qu’au- petite à
dehors qui changeait lentement de forme, se multipliait en couloirs, galeries l’extérieur,
grande à
et mansardes impossibles, en escaliers sans fin qui ne conduisaient nulle part l’intérieur
et donnaient sur des chambres obscures qui apparaissaient et disparaissaient
en une nuit, emportant avec elles les sortilèges qui les habitaient sans qu’on
les revoie jamais.
Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du vent, Ed. Grasset 2001, p.545. [orig. La sombra del viento, Barcelone, 2001]

52
Les textes >Les espaces en soi : espaces principaux-secondaires, espaces de service

D’où vient cette scène, cet isolement, au milieu de cet enchevêtrement de enfermé
exclu
voix, tout à la fois? Du bois échauffé par le soleil, du claquement des ser-
viettes de bain trempées, d’un filet d’eau sous les pieds, de voisins invi- perception
sibles, d’eau, d’urine, de glace fondue ? Une brise estivale, même dans cet sensuelle des
espace minimal, le bourdonnement d’un taon débusqué, ce déshabillement et matériaux, des
odeurs, des sons
habillement presque fébrile, tant est la joie de se jeter au lac ou à la mer,
scandée de petits retardements, du regard soudain sur soi-même, sans confi-
dence, l’écoute attentive aux appels depuis dehors, de même exclue et im-
prégnée par ceux-ci, le pressentiment joyeux de l’intrépidité des profondeurs
des eaux.
Gertrud Leutenegger, „Kabine“, in: Neue Zürcher Zeitung 2002 [Beilage zu Soloth. Literaturtagen]. (trad. GM)

J’ai plusieurs fois essayé de penser à un appartement dans lequel il y aurait


une pièce inutile, absolument et délibérément inutile. Ca n’aurait pas été un pièce inutile
débarras, ça n’aurait pas été une chambre supplémentaire, ni un couloir, ni un
cagibi, ni un recoin. C’aurait été un espace sans fonction. Ca n’aurait servi espace sans but,
sans fonction
à rien, ça n’aurait renvoyé à rien.
Il m’a été impossible, en dépit de mes efforts, de suivre cette pensée, cette secret;
image jusqu’au bout. Le langage lui-même, me semble-t-il, s’est avéré inapte au-delà du
à décrire ce rien, ce vide, comme si l’on ne pouvait parler que de ce qui est descriptible
plein, utile, et fonctionnel.
Georges Perec, Espèces d’espaces, Extrait de L’appartement, D’un espace inutile, Ed. Galilée, 1974, p. 47.

Elles vivaient dans une étroite maison en bois de deux étages qui ne se diffé-
renciait pas des autres maisons de Washingtonville. Le repas du dimanche était
servi dans une chambre à l’arrière qui occupait la totalité de la largeur de chambre à
la maison et qui était assez grande pour une table à laquelle nous pouvions, l’arrière
tous les quatre, nous tenir. Elle se trouvait à quelque distance de la cuisine
où elles prenaient d’habitude leur repas et il y avait beaucoup de va et vient
lorsqu’elles amenaient et ramenaient à nouveau les assiettes, à tel point
qu’il me sembla que des années d’attente s’écoulaient entre les minutes pen-
dant lesquelles nous mangions effectivement.
Paula Fox, In fremden Kleidern, Deutscher Taschenbuch Verlag, S.18. (trad. AER)

Le couloir de la cuisine était clair, vitré des deux côtés, et un soleil bril- les objets sous
lait de chaque côté, car Coli aimait la lumière. Il y avait des robinets de la lumière
laiton soigneusement astiqués, un peu partout. Les jeux des soleils sur les
robinets produisaient des effets féeriques. Les souris de la cuisine
aimaient danser au son des chocs des rayons de soleil sur les robinets, et
couraient après les petites boules que formaient les rayons en achevant de se
pulvériser sur le sol, comme des jets de mercure jaune.
Boris Vian, L’écume des jours, Union générale d’éditions, coll. 10 / 18, Paris 1963, pp. 10-11.

Camille s’assit sur le panier à linge sale et dessina la forme du carrela-


ge, les frises, les arabesques, la grosse baignoire en porcelaine avec ses
quatre pieds de lion griffus, les chromes fatigués, l’énorme pomme de douche
qui n’avait plus rien craché depuis la guerre de 14, les porte-savons, évasés
comme des bénitiers, et les porte-serviettes à moitié descellés. Les flacons
vides, Shocking de Schiaparelli, Transparent d’Houbigant ou Le Chic de Mo-
lyneux, les boîtes de poudre de riz La Diaphane, les iris bleus qui couraient
le long du bidet et les lavabos si travaillés, si tarabiscotés, si chargés de
fleurs et d’oiseaux qu’elle avait toujours eu des scrupules à poser sa trous-
se de toilette hideuse sur la tablette jaunie. La cuvette des toilettes avait
disparu, mais le réservoir de la chasse d’eau était toujours fixé au mur et
elle termina son inventaire en reproduisant les hirondelles qui voletaient là- précision et
atmosphère
haut depuis plus d’un siècle.
Anna Gavalda, Ensemble, c’est tout, Ed. J’ai lu, Paris 2004, pp. 178-179.

53
Les textes >Les espaces en soi : espaces principaux-secondaires, espaces de service

Mais c’est aux petits coins qu’on juge les maisons. Mon frère possède en ce le petit coin
domaine délicat une petite merveille, à antichambre-vestibule, à siège caré-
né de bois chaud, dans sa maison d’ancienne bourgeoisie. La chasse d’eau est
très lointaine. On ne peut l’actionner que debout, dans une déférence hiéra-
tique pour la solennité des lieux. Ailleurs, j’en ai connu d’horriblement dou-
ceâtres, moquettés, chargés d’effluves de violette ou de rose alanguie, d’un
écoeurant confort qui vient impudemment vous reprocher la barbarie de l’acte
en en minimisant les conséquences. Chez moi, pas de danger. L’humilité du lieu
vous ramène d’emblée à la simplicité originelle. L’espace est si réduit qu’il
faut modestement courber la tête pour y pénétrer. A l’intérieur, un coulis de
vent frais passe sous le petit carreau mal dépoli. Quelques très vieux jour-
naux et magazines vous invitent narquoisement à prolonger l’opération, ce qui
serait bien héroïque. Enfin, je possède en ce lieu un baromètre indiscutable
pour juger de la délicatesse de mes invités : à la moindre violence, la chasse
d’eau s’ébranle en furieuses saccades de reproche hydraulique.
Philippe Delerm, Le bonheur, Tableaux et bavardages, Ed. Gallimard, coll. Folio, 1986, pp. 34-35.

L’escalier tournait trois fois sur lui-même et amplifiait les sons dans sa l’escalier tour-
cage, comme les ailettes dans le résonateur cylindrique d’un vibraphone. nant

Boris Vian, L’écume des jours, Union générale d’éditions, coll. 10 / 18, Paris 1963, p.33.

De forme sensiblement carrée, assez élevée de plafond, la chambre de Colin


prenait jour sur le dehors par une baie de cinquante centimètres de haut qui
courait sur toute la longueur du mur à un mètre vingt du sol environ. Le plan-
cher était recouvert d’un épais tapis orange clair et les murs tendus de cuir
naturel.
Le lit ne reposait pas sur le tapis, mais sur une plate-forme à mi-hauteur du différents ni-
mur. On y accédait par une petite échelle de chêne syracusé garnie de cuivre veaux
rouge-blanc. La niche formée par la plate-forme, sous le lit, servait de bou-
doir. Il s’y trouvait des livres et des fauteuils confortables, et la photo-
graphie du Dalaï-Lama.
Boris Vian, L’écume des jours, Union générale d’éditions, coll. 10 / 18, Paris 1963, p.64.

Lumière. En ce matin d’été elle semblait même éblouissante dans le salon. Le


soleil entrait à flots par la façade de fenêtres contiguës qui s’ouvraient
sur l’étang. Tous les meubles étaient peints en blanc, le sofa recouvert d’un
tissu à rayures bleu pâle et blanc. Sur le sol, les lirettes confortablement
entassées donnaient envie de s’asseoir par terre. Jamais je n’avais senti ail-
leurs cet équilibre de recherche et de nonchalance. Devant la baie vitrée, une
large marche faisait comme une petite scène. Encore entortillée dans sa ser-
viette, Suzanne y grimpa, un petit arrosoir à la main, pour abreuver la longue
série de fleurs en pots qui couraient tout au long des fenêtres.
Ulf tombait de sommeil. Je grimpai à l’étage, et le déposai doucement dans son
berceau, près du lit de Suzanne. La chambre des enfants était toute claire,
elle aussi, avec son parquet aux larges planches peintes en blanc, son toit du
même vert que les volets et les parements de la maison. Suzanne avait laissé
sur le sol sa chemise de nuit, près d’un jeu de construction en bois fabriqué
dans l’atelier de Carl.
Quand je redescendis, Karin avait entrepris d’écosser les petits pois sur la
table de la salle à manger. J’aimais cette pièce un peu plus sombre mais plus
chaude. Au-dessus de la porte menant à la cuisine, Carl avait écrit en let-
tres rouges et noires une devise en français : „Bien faire et laisser dire“. couleur et lu-
Ces mots m’avaient frappé, non que leur sens me parût étonnant, au regard de mière
la vie des Larsson, mais par ce qu’ils laissaient supposer de blessures déjà
reçues. La pièce était toute lambrissée de vert amande, les portes, les fenê-
tre rehaussées de cet orange abricot qui habillait les murs extérieurs de la
maison.
Philippe Delerm, Sundborn ou les jours de lumière, Ed. Gallimard, coll. Folio, 1996, pp.165-167.

54
Les textes >Fenêtres, espaces extérieurs, relation intérieur-extérieur

[...] tout perplexe et craintif, je levais les yeux vers la maison, et remar-
quais alors seulement l’aspect étrange qu’elle présentait. Elle était, tout image d’un songe
comme un ancien et noble ouvrage de menuiserie et de lambrissage, bâtie tout
entière en noyer sombre, avec d’innombrables corniches, retraits, panneaux et
galeries, le tout du travail le plus fin, et polie comme un miroir. C’était, intérieur tourné
vers l’extérieur
en quelque sorte, l’intérieur d’une maison tourné vers le dehors. Sur les cor-
niches et les galeries, s’alignaient des cruches et des gobelets d’argent de ordre
forme archaïque, des vases de porcelaine et des figurines de marbre. Des vi-
eclat des fe-
tres de cristal resplendissaient d’un mystérieux éclat, devant un fond sombre, nêtres, transpa-
entre des portes de chambres ou d’armoires en bois madré, auxquelles se vo- rence de la
yaient des clés d’acier luisant. Par dessus cette étrange façade se voûtait le maison
ciel bleu sombre, et un soleil à demi-nocturne se mirait dans la sombre splen-
deur du noyer, dans l’argent des cruches et dans les vitres.
Gottfried Keller, Henri le Vert, Editions l’âge d’homme, Lausanne 1987, pp. 302-303. [orig. Der grüne Heinrich,
Frankfurt M. 1961]

La fenêtre du coin a ses deux battants ouverts – en partie, toutefois. Celui la fenêtre
de droite n’est qu’entrebâillé, si bien qu’il masque encore sensiblement la les battants
le paysage
moitié de l’embrasure. Le gauche au contraire est poussé en arrière vers le
mur, mais pas à fond non plus : il ne s’écarte guère, en fait, de la perpen-
diculaire au plan du chambranle. La fenêtre présente, de cette façon, trois
panneaux d’égale hauteur qui sont de largeur voisine : au milieu l’ouverture
béante et, de chaque côté, une partie vitrée comprenant trois carreaux. Dans
l’une comme dans les autres s’encadrent des fragments du même paysage : la
cour caillouteuse et la masse verte des bananiers.
Alain Robbe-Grillet, La jalousie, Les éditions de Minuit, Paris, 1957, p.73.

Au lieu de servir la glace, elle continue à regarder vers la vallée. De la vue fragmentée
terre du jardin, fragmentée en tranches verticales par la balustrade, puis
jalousie
en tranches horizontales par les jalousies, il ne reste que de petits carrés
représentant une part très faible de la surface totale – peut-être le tiers du
tiers.
Alain Robbe-Grillet, La jalousie, Les éditions de Minuit, Paris, 1957, p.52.

La maison de Paulette était une petite bonne femme carrée qui se haussait les éléments du
du col et vous accueillait les mains bien calées sur les hanches avec l’air bâtiment person-
entendu des fausses mijaurées. Celles qui baissent les yeux et font les mo- nifiés
destes alors que tout en elles suinte le contentement et la bonne satis-
faction.
La maison de Paulette était une grenouille qui avait voulu devenir aussi gros-
se que le bœuf. Une petite bicoque de garde-barrière qui n’avait pas peur de
rivaliser avec Chambord et Chenonceaux.
Rêves de grandeur, petite paysanne vaniteuse et fière disant :
-regardez bien ma sœur. Est-ce assez, dites-moi. Mon toit d’ardoises avec ce
tuffeau blanc qui rehausse les encadrements de la porte et des fenêtres, j’y
suis, n’est-ce point ?
-Nenni.
-Ah bon ? Et mes deux lucarnes-là ? Elles sont jolies mes lucarnes ouvragées
en pierre de taille ?
-Point du tout.
-Point du tout ? Et la corniche ? C’est un compagnon qui me l’a taillée !
-Vous n’en approchez point, ma chère.
La chétive pécore se vexa si bien qu’elle se couvrit de treille, se farda de
pots de fleurs dépareillés et poussa le dédain jusqu’à se piercer un fer à
cheval au-dessus de la porte. Tatata, elles n’avaient pas ça les Agnès Sorel
et autres dames de Poitiers !
La maison de Paulette existait !
Anna Gavalda, Ensemble, c’est tout, Ed. J’ai lu, Paris 2004, pp. 494-495.

55
Les textes >Fenêtres, espaces extérieurs, relation intérieur-extérieur

Je peins les jours, c’est un peu plus qu’ouvrir la porte de chez moi. La mai-
son tout entière se sent gagnée de transparence, et veut jouer dans la lumiè-
re. Elle reste une maison pourtant, et donne seulement ce qu’elle a su cacher
– trois pommes rouges sur la table, un bouquet d’anémones, la silhouette de
Vincent qui finit ses devoirs. Elle reste une maison ancienne de village, avec
beaucoup de murs pour donner envie des fenêtres. Les gens qui marchent dans la
rue lui volent une image en passant, un geste sous la lampe, la courbe l’image par la
ambrée d’une guitare, une sécurité d’épaule et le chat dort sur un cahier. fenêtre
C’est cette image un peu flottante, la couleur de nos jours et quelque chose
en plus que le passant s’invente, et l’image lui appartient ; dans quelques
pas elle va lui ressembler. C’est tout à fait le bonheur, et c’est chez vous
quand même.
Ce livre est à travers mes murs comme une pièce imaginaire, si douce à vivre
dans la pluie de Normandie, comme une grande pièce claire ouverte au jardin
de la rue, une pièce magique où l’on pourrait enfin tout donner, tout gar-
der, dans le verger des lampes et les fruits de papier. C’est un théâtre lent
d’images arrêtées dans le soir, qu’on cueille en avançant sur son chemin, à
peine un peu plus loin. C’est une pièce imaginaire, dans la couleur des jours
au jardin qui s’achèvent, le bonheur dans la véranda.
Philippe Delerm, Le bonheur, Tableaux et bavardages, Ed. Gallimard, coll. Folio, 1986, pp. 71-72.

Je m’attendais à rencontrer Jean et Michel les fils de Monet, mais ils


étaient à Paris ce jour-là, et c’est dans une effervescence très féminine que
nous nous dirigeâmes vers la salle à manger. Quelle fête de lumière, dans cet- lumière et
te grande salle claire où tout était d’un jaune éblouissant : les murs, les porte-fenêtre
chaises, et même la nappe ! On avait laissé les deux portes-fenêtres ouvertes
en raison de la chaleur, et, au-delà de la véranda, le jardin aux iris tout
entier semblait convié au déjeuner.
Philippe Delerm, Sundborn ou les jours de lumière, Ed. Gallimard, coll. Folio, 1996, p.143.

56
Les textes >Construction

Les grands édifices d’aujourd’hui comportent une ossature, une charpente en Ossature;
Squelette
acier ou en béton de ciment armé. L’ossature est à l’édifice ce que le sque-
lette est à l’animal. De même que le squelette de l’animal, rythmé, équilibré, Charpente
symétrique, contient et supporte les organes les plus divers et le plus diver-
sement placés, de même la charpente de l’édifice doit être composée, rythmée, Organes et orga-
nismes
équilibrée, symétrique même. Elle doit pouvoir contenir les organes, les orga-
nismes les plus divers et le plus diversement placés, exigés par la fonction.
Et la destination.
Auguste Perret, Contribution à une théorie de l’architecture, Paris 1952.

La paroi droite et verticale avec sa surface limitée et rectangulaire, possède la paroi verti-
une direction: elle monte, vainquant l’attirance de la terre. [...] Evidem- cale;
ment, les énergies ascendantes sont prépondérantes dans une paroi verticale la superposition
horizontale
de surface rectangulaire, cependant un mur pareil se construit par la super-
position de couches horizontalement posées. [...] L’union particulière dans la
création architecturale entre la forte tension énergétique et la restriction
extrême des motifs prescrits à ce but, se montre le plus clairement dans le
façonnage, qu’elle donne à l’opposition entre direction et aspiration. Finale- les trois direc-
ment, l’art de la construction ne connaît que trois directions de base, la di- tions princi-
rection purement verticale de l’aspiration en hauteur et la direction purement pales: hauteur,
profondeur,
horizontale doublement utilisée pour l’aspiration en profondeur et en largeur. largeur
Celles-ci contrôlent toujours la structure, la disposition des masses, et même
la formation des éléments singuliers utilisés pour la construction.
Hans Hildebrand, „Die Wand, ihr Aufbau und ihre Gliederung“, dans: Wasmuths Monatshefte für Baukunst, Heft 7-10, Ber-
lin 1919/1920, p. 59f. ([Link])

dissociation
[...] et même là où les murs solides deviennent nécessaires, ceux-ci restent entre le mur
le châssis intérieur et invisible des représentants véritables et légitimes de (structure) et
l’idée spatiale, à savoir des parois textiles artificielles, cousues ensemble. la parois (élé-
ment spatial)
Gottfried Semper, Der Stil, Frankfurt M. 1860, p. 229. (trad. GM)

L’ascenseur monta directement du rez-de-chaussée au septième étage. Lorsque la


porte s’ouvrit, la lumière provenant de grandes vitres, envahissante et inon- lumière en ex-
dante de tous côtés, m’entoura. Dans cette absence d’espace, l’arrivant avait cédent
le sentiment d’être propulsé dans le ciel ou, du moins, par un treuil, dans un absence d’espace
haut, étourdissant, tremblant, échafaudage d’aluminium. Devant moi, s’élevait
un escalier aérien entre les marches duquel on apercevait, à un étage plus monde
d’escaliers
bas, un autre escalier. Ici haut, le monde semblait n’être constitué que
d’escaliers. Les marches oscillaient légèrement, dégageant un son clair et
métallique lorsqu’on les empruntait. La cime des châtaigniers se trouvait
nettement plus basse que moi. Dans la profondeur, voguaient des nuages verts.
C’était un logement d’architecte, bâti, depuis des décennies déjà, dans le but
de manifester très clairement le style du maître, sans compromis, comme l’on
peut seulement bâtir, lorsque les réflexions d’un maître d’ouvrage ne viennent
pas, inlassablement, contrarier les plus beaux plans.
Martin Mosebach, Das Beben, Deutscher Taschenbuch Verlag 2003, München , S.7. (trad. AER)

57
Les textes >Lieu

Ces rues font penser à une sorte de bibliothèque, avec ses allées courant contenant-conte-
nu
entre de gigantesques rayons couverts de livres. Vue de la rue, chaque ran-
gée de fenêtres fermées constitue la porte vitrée donnant sur d’autres rayons
de la bibliothèque. Les portes de bois vernis sont les tiroirs fermés con-
tenant ses catalogues. Derrière les murs de ces rues, tout attend d’être lu. ordre extérieur
Ce sont ce que j’appelle les rues-archives de Genève. Elles n’ont rien à voir diversité inté-
avec les immenses archives de la ville – rapports de comités, mémorandums ou- rieure
bliés, résolutions votées, minutes de millions de réunions, rapports d’obscurs
chercheurs, pétitions publiques sans espoir, dossiers top secret, premières
esquisses de discours aux marges couvertes de gribouillis amoureux, prophé-
ties si exactes qu’on a dû les enterrer, plaintes à propos d’interprètes et
d’innombrables budgets annuels. Tous ces documents sont conservés ailleurs,
dans les bureaux des organisations internationales. Ce qui attend d’être lu
sur les rayons des rues-archives est privé, sans précédent et d’un poids
presque nul.
John Berger, A la recherche de Jose Luis Borges, portrait de Genève, le monde diplomatique, janvier 2004, p.26.

Genève sur sa colline avec ses inutiles fortifications qui la ressèrent, ses conquête
d‘espace
maisons étagées gagnant sur le ciel ce qu’elles ne peuvent prendre sur la
terre, Genève avec ses rues étroites et montueuses, ressemble beaucoup à une ordre
ruche bien organisée où chaque habitant travaille sans bruit et avec zèle à
grossir le trésor commun en richesses et en sciences.

Alexandre Philippe Andryane, Souvenirs de Genève, Ed. Coquebert, 1839, pp. 76-77

Jonction des eaux.


atmosphère
Dernier refuge aujourd’hui des petits cafés, des petits métiers – officines
d’imprimerie ; épiceries ; cordonniers – et où aux terrasses, l’été, de vieux
personnages, hommes et femmes, viennent encore, à petits pas mesurés, prendre
un verre. Et puis s’en retournent chez eux de même. Une baguette sous le bras.
Et, durant un temps, on pouvait voir un livreur de pain – un homme corpulent,
visage pâle, boursouflé un peu, expression lasse – cheminer avec sa hotte sur
le dos. Et vous saluant, au passage, avec une politesse quelque peu somnambu-
lique. Mais là aussi j’aurais trop à dire de ce quartier. Au bout duquel je
revois, dans notre ville intime, une bâtisse en forme de dépôt. Où petit, je
me disais, intrigué, qu’y venaient dormir les trams. Ce qui était le cas. De
vieux trams, en l’occurrence, dont quelques-uns avaient l’air, rentrant le
soir, fourbus. D’autres restant dans le dépôt. Ayant passé l’âge et parais-
sant attendre, comme les vieux chevaux, la fin. Chacun de ces trams en service
ayant par ailleurs, selon la ligne qu’il desservait, son caractère propre et
son allure à lui, à nulle autre pareille. Avec quelque chose, par moments de
fier ou de touchant. De nos jours, dans ce même dépôt, entièrement transfor-
mé et rénové, ce sont des bus qui, anonymes et silencieux, et comme exempts
de toute fatigue, y viennent simplement, fonctionnellement, se ranger pour la
nuit.
Mais au-delà de ce dépôt un chemin, entre des saules et de vieilles barques
amarrées, à demi pourrissantes et prenant l’eau, vous mène à une minuscule es-
planade en forme de rotonde, pourvue d’un parapet ; et d’où l’on peut voir les
eaux grises de l’Arve, venues de France ; et celles, au vert profond du Rhône,
arrivant de Suisse, après avoir traversé le lac, s’unir ou, si on veut, se ma-
rier. Pour faire route commune vers la mer. Tout un symbole, à la fois, et une
idylle. Quotidienne. Qui se passe de commentaires.
Georges Haldas, La légende de Genève, Ed. L’Age d’Homme, Lausanne, 1996, pp. 74-75

58
Les textes >Lieu

Miroitement des tours en perspective sous le soleil couchant, alors qu’entre


répétition
les berges le fleuve déroule ses torsades. Trafic ininterrompu sur le pont
balisé de candélabres. Des étages en plein ciel, le surplomb sur un fourmille-
ment lilliputien, carrosseries accolées telles des écailles. Les terrasses
inoccupées où rocking-chairs et balancelles attendent les usagers, mus par la
même transhumance.
Georges Haldas, Patrimoine de Genève, Ed. Slatkine, Genève, 2004

Plus encore qu’une marque familière de la ville dont nous approchions, ce


panache liquide s’échevelant dans un arc-en-ciel en était un des symboles,
par le souci qu’il traduisait non seulement d’agrémenter le décor habituel
de la vie, mais aussi de ramener, autant qu’il le pouvait, la nature envi- nature domesti-
ronnante aux mesures de l’intimité. J’ai toujours admiré ici ce goût de la quée
modération, de la possession étroite, ce culte de la quotidienneté, qui vise
à l’assagissement du monde, jusque dans ses proportions, et qui a conduit les
habitants de Genève à domestiquer l’anse lacustre déjà dénommée, de façon si-
gnificative, le « petit lac », au moyen de ce jet d’eau destiné, en bornant
leur regard à conjurer un horizon trop lointain et trop vaste.
Pierre Gascar, De Genève, Ed. Champ Vallon, 1984, pp. 12

Oui, c’est cela : contraste


Une villa dans la verdure, avec une grande terrasse,
Devant la mer d’est, derrière la Friedrichstrasse ;
Avec une belle vue, champêtre – mondaine,
De la salle de la salle de bain, l’on aperçoit la Zugspitze –
Mais le soir jusqu’au cinéma, il n’y a pas loin.

Le tout simple, empli de modestie


luxe
Neuf chambres, - non mieux encore dix !
Un jardin sur le toit, d’où les hêtres s’élèvent, abondance
Radio, chauffage central, vide, calme
Des serviteurs, bien éduqués et muets,
Une douce épouse racée et pleine de verve-
(et une pour la fin de semaine, en réserve) -,
une bibliothèque et tout autour
solitude et bourdonnement d’abeilles
Kurt Tucholsky, „Das Ideal“, dans: Wenn die Igel in der Abendstunde..., Gedichte, Lieder und Chansons, Reinbek bei
Hamburg: Rowohlt Taschenbuch Verlag 1999. (trad. AER)

59
V Le calendrier

60
Le calendrier >Semestre d‘automne

Semestre d‘automne 2008

date le programme les exigences les conférences input

Texte Plans/Image Maquette

mer, 17.9. 1 Introduction au semestre; Excursion


Explication de l'exercice "scénario espace Genève; Conférence 1 "Culture de l'habitat" TH
intérieur"
jeu, 18.9. Choix du type et du thème TH/ASS.
central/générique/architectural
mer, 24.9. 2 Atelier: "scénario espace intérieur"; maquette du Conférence 2 "Travail de texte" TH
site
jeu, 25.9. Atelier: "scénario espace intérieur"; maquette du Lunchcinéma "rouge"
site
mer, 1.10. 3 Rendu de l''exercice: "scénario espace intérieur" Description du thème Image; dessin (à la main), ASS.
central choisi collage, rendering,
photogaphie travaillée, etc.
jeu, 2.10. Explication de l'exercice "analyse des références" TH

mer, 8.10. 4 Atelier: "analyse des références" Conférence 3 "Pierre Chareau" GMJ

jeu, 9.10. Atelier: "analyse des références" Lunchcinéma "Himmel über Berlin"

mer, 15.10. 5 Rendu de l'exercice "analyse des références" Explication du choix de la Plans schématiques TH/ASS.
référence
jeu, 16.10. Explication de l'exercice "configuration d'espace" TH

mer, 22.10. 6 Atelier: "configuration d'espace" Conférence 4 "Marc Saugey" par Catherine INVITE
Dumont d'Ayot
jeu, 23.10. Atelier: "configuration d'espace" Lunchcinéma "angel-a"

mer, 29.10. 7 Rendu de l'exercice "configuration d'espace" Description de la Représentation dessinée Maquette de l'espace 1:20 TH/ASS.
configuration de l'espace (plans/images) de la
spécifique configuration de l'espace

jeu, 30.10. Explication de l'exercice "expression Visite de la petite maison du Corbusier et pièce TH
architecturale extérieure" de théâtre avec Jean Winiger, Vevey

mer, 5.11. 8 Atelier: "expression architecturale extérieure" Conférence 5 "expression architecturale TH


extérieure"
jeu, 6.11. Atelier: "expression architecturale extérieure" Lunchcinéma "la notte"

mer, 12.11. 9 Rendu de l'exercice "expression architecturale Description de l'expression Plans/coupes/élévations; Maquette de la façade 1:20
extérieure" extérieure esquisses, collages,
jeu, 13.11. Explication de l'exercice "développement de rendering TH
l'unité et mise en série"

mer, 19.11. 10 Atelier: "développement de l'unité et mise en Conférence 6 "Fernand Pouillon" GMJ
série"
jeu, 20.11. Atelier: "développement de l'unité et mise en
série"
mer, 26.11. 11 Rendu intermédiaire Texte Plans/Image Maquette

jeu, 27.11. Rendu intermédiaire Texte Plans/Image Maquette

mer, 3.12. 12 Développement du projet Séminaire layout et représentation ASS.

jeu, 4.12. Développement du projet

mer, 10.12. 13 Développement du projet

jeu, 11.12. Développement du projet

mar, 16.12. 14 Critiques finales Texte de synthèse Plans/Image Maquette volumétrique TH/AS/
1:500; maquette de ASS./
l'espace 1:20; Maquette de INVITE
la façade 1:20
mer, 17.12. Critiques finales TH/AS/
ASS./
INVITE

61
Le calendrier >Excursion Genève

Excursion à Genève, mercredi 17 septembre 2008

2
Artamis
1

11.30 Rendez-vous à la gare de Genève


Sous-voies sortie sud, rue du Mont-Blanc

12:00 Introduction de Thomas Hasler et visite du site „Artamis“


Théâtre/Cinéma

14.00 1 - Immeuble Clarté, Le Corbusier et Pierre Jeanneret, 1931-1932


Rue Saint-Laurent 2-4
Rencontre avec Jacques-Louis de Chambrier, architecte

15.30 2 - Immeubles locatifs au square Montchoisy, Maurice Braillard/
Louis Vial, 1931-1932
Av. William Favre 22-26, Rue de Montchoisy 74-78, Av. Ernest-Hentsch 7-11
Rencontre avec Paul Marti, Fondation Braillard

16.30 3 - Malagnou-Parc, Marc-Joseph Saugey, 1948-1951


Av. Théodore-Weber 34-36 et route de Malagnou

17.30 4 - Miremont-le-Crêt, Marc-Joseph Saugey, 1954-1955


Av. de Miremont 8A, 8B, 8C et avenue Cals 5-7)
Rencontre avec Oleg Calame, architecte

62
Le calendrier >Excursion Genève

Le Corbusier/Pierre Jeanneret, Immeuble Clarté, Genève, 1931/32


réf.: Christian Sumi, Immeuble Clarté Genf 1932 von Le Corbusier & Pierre Jeanneret, Zurich: gta/Ammann, 1989.

63
Le calendrier >Excursion Genève

Maurice Braillard/Louis Vital, Square Montchoisy, Genève, 1931-32


réf.: Isabelle Charollais et. al., l‘architecture à Genève 1919-1975, Lausanne: Editions Payot, 1999.

64
Le calendrier >Excursion Genève

Marc-Joseph Saugey, Malagnou-Parc, Genève, 1948-1951


réf.: Arthur Rüegg/Bruno Krucker, Konstruktive Konzepte der Moderne, Sulgen/Zürich: Verlag Niggli AG 201.

65
Le calendrier >Excursion Genève

Marc-Joseph Saugey, Miremont-le-Crêt, Genève, 1954/55


réf.: Isabelle Charollais et. al., l‘architecture à Genève 1919-1975, Lausanne: Editions Payot, 1999.

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Le calendrier >L‘excursion

Visite de la petite maison du lac du Corbusier,


Pièce de théâtre avec Jean Winiger, jeudi 30 octobre 2008

14:00 Rendez-vous devant la petite maison du lac


21 route de Lavaux, 1802 Corseaux (train depuis Renens départ 13h07, arrivée 13h33, train depuis
Lausanne départ 13h20, arrivée 13h33 / 10-15 minutes de marche depuis la gare de Vevey en direc-
tion de Lausanne)

15:30 Pièce de théâtre «Le Corbusier» avec Jean Winiger, auteur-comédien


Théâtre de Vevey, 4 rue du Théâtre – 1800 Vevey (10-15 minutes de marche depuis la petite maison
du lac, vers la place du marché de Vevey)

67
VI LABEX

68
LABEX >Administration

Administration

EPFL / ENAC / IA / LABEX-CO


Atelier Théorie et critique du projet III
Bachelor Semestre 3 & Semestre 4

EPFL ENAC IA LABEX-CO


BP 4224 (Bâtiment BP)
Station 16
CH-1015 Lausanne
Tel : +41 21/693.83.73
Fax : +41 21/693.83.72

[Link]

69
LABEX >Biographies

Biographies

Astrid Staufer (*1963)


1983–1989 Etude d‘architecture à l‘ETH Zürich, Diplôme 1989
1988–1990 Travail de recherche: „Recherches sur l‘oeuvre de l‘architecte
milanais Luigi Caccia Dominioni“
1990–1992 Collaboratrice chez Meili, Peter Architekten, Zürich
depuis 1993 architecte indépendante, dès 1994 bureau avec Thomas Hasler
1995–1996 Maître-assistente chez la Prof. Flora Ruchat-Roncati, ETHZ
1997–1998 Chargée de cours à l‘ETHZ, „Frauen in der Geschichte des Bauens“
1997–2001 Professeur de projet et de construction à la Zürcher Hochschule
Winterthur, Architecture
2002–2004 Professeur invitée à l‘ETHZ, Architecture
2004–2007 Co-directrice du Zentrum Konstruktives Entwerfen ZKE und pro-
fesseur de Master, Zürcher Fachhochschule Winterthur ZHW, membre
de la commission de Master et directrice du département
depuis 2007 Professeur à l‘EPFL, faculté ENAC, Architecture, LABEX Labora-
toire de l‘expression Staufer & Hasler

Thomas Hasler (*1957)


1974–1985 Formation de base (apprentissage de menuisier, études
d‘architecture à l‘HTL Winterthur, séjours à l‘étranger, archi-
tecte dans divers bureau)
1985–1989 Etude d‘architecture à l‘ETH Zürich, Diplôme 1989 , collaborateur
chez le Prof. Bruno Reichlin, Genève, projet d‘exposition „Châ-
teau Bordeaux au Centre Pompidou, Paris
1989–1990 Maître-assistent chez le Professeur Eraldo Consolascio, ETHZ
1990–1997 Doctorat sur „Rudolf Schwarz, deutscher Kirchenbauer“ (1887–
1961), ETHZ
1993–1995 Maître-assistent chez les pProfesseurs invités Marcel Meili et
Markus Peter, ETHZ
seit 1993 architecte indépendante, dès 1994 bureau avec Astrid Staufer
1999–2000 Professeur invité, Université de Genève, Institut d’Architecture,
Sauvegarde du patrimoine bâti
2002–2004 GProfesseur invitée à l‘ETHZ, Architecture
depuis 2007 Professeur à l‘EPFL, faculté ENAC, Architecture, LABEX Labora-
toire de l‘expression Staufer & Hasler

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LABEX >Biographies

José Bento (*1970)


1991 Certificat fédéral de capacité (CFC) de dessinateur en bâtiment,
Genève
1995 Diplôme d’architecte ETS, Genève
1995-1996 Collaborateur, chez V. Mangeat, Nyon
2001 Diplôme d’architecte EPFL, Lausanne
2001 Architect chez Atelier Oï architecture et design, La Neuveville
2002-2003 Architecte chez b.müller’s architekten ag, Ipsach
2004- Cellule GmbH Architecture et Design

Yves Dreier (*1979)


1998-2004 Etudes et diplôme à l‘ETHZ
2005-2008 Architecte chez Bakker & Blanc à Lausanne
2004- Base de données [Link]
2006- Werkbund Suisse, président du groupe Romandie
2008- Dreier Frenzel Architecture et Communication

Alicia Escolar Rinquet (*1969)


1995 Diplôme d‘architecture de l‘EPFL
1995-2006 architecte dans divers bureaux d‘architecture à Lisbonne, Berne,
Fribourg et architecte aménagiste dans des bureaux d‘urbanisme et
d‘aménagement du territoire à Fribourg et Lausanne
2004-2005 chargée de cours à la HES de Lullier
2006- collaboratrice scientifique auprès du professeur N. Pham au
jointmaster of architecture à l‘EIG, HES-SO

Gian-Marco Jenatsch (*1971)


1991-1998 Etudie à l’ETHZ
1998 Meisterklasse à la chaire de Peter Zumthor à l’Accademia di
Architettura à Mendrisio
1998-2002 architect chez Diener & Diener Architekten à Bâle et chez Barkow
Leibinger Architekten à Berlin
2002- bureau d‘architecture à Zurich
2002-2006 assistant à la chaire de Bruno Krucker à l’ETHZ et à l’EPFL;
différentes publications et expositions

Gabriela Mazza (*1973)


1993-2000 Etudie à l’EPFL
2000-2001 architecte chez mlzd à Bienne
2001-2006 engagée chez Herzog & de Meuron à Bâle et travail sur différents
projets en Suisse et à l’étranger
2006- bureau d’architecture mazzapokora avec Daniel Pokora à Zurich et
assistante à l’EPFL

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