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Expertise judiciaire : pénale et civile

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IV : LES DOMAINES D’INTERVENTION DE L’EXPERT JUDICIAIRE

Les experts peuvent donc se voir confier des missions dans les différents secteurs du contentieux dont les principaux cas se
manifestent en matière pénale ainsi qu’en matière civile.

1. LES OPERATIONS D’EXPERTISE JUDICIAIRE EN MATIERE PENALE

Il y a lieu de recourir, en matière pénale, à une expertise judiciaire lorsque des poursuites sont engagées pour délits se rattachant par
exemple au : abus des biens sociaux, présentation de bilans inexacts, distribution de dividendes fictifs, infractions aux lois relatives aux
sociétés par actions, abus de confiance, escroqueries, banqueroute, fraude fiscale…

L’expert doit en principe être choisi parmi les personnes figurant sur la liste des experts judiciaires. Toutefois, le juge conserve
toute la latitude pour désigner un expert ne figurant pas sur la liste.

Ce choix peut s’expliquer par une raison d’urgence, ou par l’absence sur la liste du spécialiste approprié ou par l’indisponibilité du
technicien figurant sur la liste.

1. La récusation et L’acceptation ou refus d’accomplir la mission

A. La récusation

Il est permis au procureur de la République, à la partie civile et à l’inculpé de récuser l’expert devant le juge qui l’a désigné. Ils peuvent
invoquer tout motif qui sera apprécié par le juge en statuant sans appel.

La demande de récusation doit être présentée dans les quatre jours de la notification de la désignation de l’expert par le juge aux
parties.

B. Acceptation et refus d’accomplir la mission

L’expert inscrit sur la liste est tenu d’accepter les missions qui lui sont confiées, sauf empêchement légal, raison valable ou motifs
de récusation.
Les diverses causes qui peuvent justifier, le refus d’une mission déterminée sont :
- le degré de parenté avec l’une des parties
- l’état de santé
- la surcharge dans les tâches que l’expert assume
- les déplacements à l’étranger.

Toutefois, l’expert n’a pas le droit de décliner une mission lorsque sa désignation est faite au moyen d’une réquisition.

B- Le rôle de l’expertise judiciaire et les opérations d’expertise

1. Mission d’expertise

L’expert ne peut que faire des constatations dans le cadre de la mission qui lui a été confiée en s’accrochant toujours au principe que
c’est « au juge la qualification du droit, à l’expert l’appréciation des faits».

L’expert ne peut avoir qu’une mission technique et il appartient à la juridiction d’instruction ou de jugement de préciser les points
sur lesquels doivent porter les travaux de l’expert .

2. Comment l’expert est-il prévenu ?

En matière pénale, l’autorité requérante prend contact avec l’expert avant de le désigner pour s’assurer s’il peut accepter la mission
envisagée. Lorsque l’expert est réquisitionné, il doit exécuter la mission qui lui est confiée.

3. Relation du juge et de l’expert au cours de l’expertise

Les experts doivent remplir leur mission en liaison avec le juge d’instruction ; ils doivent le tenir au courant du développement de
leurs opérations et le mettre à même de prendre à tout moment toutes mesures utiles.
On indique la nature et le sens de la relation du juge et de l’expert, une relation verticale, de l’autorité qui a confié une mission
sur celui qui est chargé de l’accomplir.

Une relation horizontale, en ce sens que l’expert doit tenir le juge au courant de l’évolution de ses travaux.
2- LES OPERATIONS D’EXPERTISE JUDICIAIRE EN MATIERE CIVILE

1. Caractères généraux de l’expertise en matière civile


1. Rôle du juge

Dans le procès civil, se sont les particuliers qui s’adressent au juge pour que celui-ci règle, conformément au droit, le litige qui les oppose et c’est à eux
qu’incombe la charge d’apporter la preuve de leurs prétentions.

L’expertise est d’ordinaire un moyen de preuve libre. D’ailleurs, le juge est toujours libre de l’accorder ou de la refuser.

En matière civile, la mesure d’instruction est exécutée sous le contrôle du juge qui l’a ordonnée.

2. Caractère technique

L’expert n’est désigné que pour éclairer le juge sur des points de fait et sur les conséquences techniques qu’ils comportent, d’où la nécessité pour le juge
de bien délimiter le cadre de l’expertise.

L’expert ne doit jamais porter d’appréciations d’ordre juridique.

3. Caractère facultatif

Le juge a un pouvoir d’appréciation et malgré la demande qui lui est faite, il a le droit de refuser ou d’ordonner une expertise s’il dispose d’éléments
suffisants pour statuer.

2. Le recours à l’expertise en matière civile

1. Les juridictions pouvant ordonner une expertise

En dehors de la cour de cassation, qui statue seulement en droit, toutes les juridictions peuvent ordonner une expertise.

2. Désignation et mission de l’expert

La décision d’expertise est prise par le juge soit d’office soit à la demande des parties.

Le juge n’a pas en matière civile la même optique ni la même liberté qu’en matière pénale, car il s’agit d’un litige privé et la charge
de la preuve incombe à chacun des plaideurs.
Le juge civil à la différence du juge pénal doit, dans sa décision, exposer les circonstances qui rendent nécessaire l’expertise.
3. Refus ou empêchement légitime et La récusation

A. Refus ou empêchement légitime

L’expert est libre d’accepter ou de refuser sa mission.


L’expert doit faire connaître au juge sa décision dans un délai de cinq jours

Les causes du refus peuvent être de deux sortes :

*Empêchement légitime sans rapport avec la mission, telle que la maladie ou l’incapacité de remplir de nouvelles missions.
*Empêchement légitime en rapport avec la mission, telle que la récusation ou l’impossibilité d’accomplir la mission dans les délais
impartis.

B. La récusation
La récusation est un moyen offert aux parties pour empêcher l’expertise d’être accomplie par un Expert qui n’offre pas les conditions
d’indépendance et d’objectivité requise.

3. Déroulement des opérations d’expertise

Dès que l’expert aurait accepté la mission, il est en mesure de commencer à accomplir les diligences que sa mission comporte.

Toutefois, s’agissant du domaine civil, un certain nombre de règles doit être respecté à savoir :

- La question préalable de la consignation


- La procédure contradictoire.

1- Question préalable de la consignation

Le juge qui ordonne l’expertise fixe, lors de la nomination de l’expert, le montant d’une provision à valoir sur la rémunération et
il désigne la ou les parties qui devront consigner la provision.
A défaut de consignation dans le délai et selon les modalités imparties, la désignation de l’expert est caduque à moins que le juge
à la demande d’une des parties se prévalant d’un motif légitime, ne décide autrement.

2- La procédure contradictoire

Le principe de la contradiction s’applique dans tous les domaines, c’est une règle fondamentale qui doit être respectée sous peine
de nullité. En droit pénal, elle s’applique seulement devant le juge. En matière civile, elle doit être appliquée également devant
l’expert.
La présence des parties, ou du moins leurs convocations aux opérations d’expertise, est une formalité substantielle dont l’inobservation
entraînerait la nullité de l’expertise.

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