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Épreuve de Mathématiques TSI 2024

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SESSION 2024 TSIM24

ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE TSI

MATHÉMATIQUES

Mercredi 28 février

Durée : 4h

N. B. : Le ou la candidat·e attachera la plus grande importance à la clarté, à


la précision et à la concision de la rédaction. Si un·e candidat·e est amené·e à
repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il ou elle le signalera
sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des
initiatives qu’il ou elle aura été amené·e à prendre.

Les calculatrices sont autorisées

Le sujet est composé de 5 pages, numérotées de 1/5 à 5/5.

1/5
Notations. Mn (R) désigne l’ensemble des matrices carrées d’ordre n à coefficients réels, In
la matrice identité d’ordre n à coefficients réels et 0n la matrice nulle d’ordre n.
IdRn désigne l’application identité sur Rn .
Si A est une matrice de M2 (R), on définit la suite (An )n∈N des puissances de A par :

A0 = I2 ,


∀n ∈ N, An+1 = AAn .
 
Si (An )n∈N est une suite de matrices de M2 (R), avec An = acnn dbnn , on dit que la suite (An )n∈N
converge si chacune des suites (an )n∈N , (bn )n∈N , (cn )n∈N et (dn )n∈N converge. On note alors :
 
limn→+∞ an limn→+∞ bn
lim An = .
n→+∞ limn→+∞ cn limn→+∞ dn

R → R
On note la fonction exponentielle réelle.
x 7→ ex

Objectif. L’objectif de ce problème est d’étudier des extensions de la fonction exponentielle


à différents ensembles et d’en traiter quelques applications.
Il est demandé aux candidat·es de mentionner clairement les résultats qu’ils ou elles utilisent
pour répondre aux différentes questions du problème.

1. L’exponentielle réelle
1.1. Une équation fonctionnelle. On se propose de déterminer l’ensemble des fonctions f
de classe C 1 sur R, à valeurs dans R vérifiant les deux conditions suivantes :

f (1) = e,
(1)
∀(s, t) ∈ R2 , f (s + t) = f (s)f (t).
Q1. Justifier que la fonction x 7→ ex est solution de (1).
On se propose de démontrer que c’est la seule solution. Pour cela, on suppose que f est une
fonction de classe C 1 sur R vérifiant les conditions (1).
Q2. Pour tout nombre réel x, calculer f (x)f (1 − x).
Q3. En déduire que f ne s’annule pas sur R, puis que f est strictement positive sur R.
Q4. Démontrer que f (0) = 1.
Q5. Justifier que :
∀(s, t) ∈ R2 , f ′ (s + t) = f ′ (s)f (t).

Q6. En donnant à s une valeur bien choisie, démontrer qu’il existe une constante k réelle telle
que :
′ (0)t
∀t ∈ R, f (t) = kef .

Q7. Déterminer les valeurs de k et de f ′ (0) et justifier que f est solution du problème de
Cauchy :

y(0) = 1,
(2)
∀t ∈ R, y ′ (t) = y(t).

Q8. En déduire que le problème (1) a une solution unique que l’on donnera.
Q9. Donner le développement en série entière en 0 de cette solution et préciser le rayon de
convergence de la série entière.

2/5
1.2. Un problème de probabilité faisant intervenir l’exponentielle réelle.
Q10. Étudier les variations de la fonction définie sur R par h(x) = e−x − 1 + x et en déduire
que :
∀x ∈ R∗ , e−x > 1 − x.
Dans cette sous-partie, θ et α sont deux nombres réels strictement positifs et on pose :
1 − e−αθ
p=
αθ
Q11. Justifier que p ∈ ]0, 1[.
On pose q = 1 − p.
Un service d’urgences médicales de capacité supposée illimitée reçoit des patients entre
l’instant 0 et l’instant θ inclus. On modélise le nombre de patients arrivés dans le service au
cours de l’intervalle de temps [0, θ] par une variable aléatoire Nθ suivant la loi de Poisson de
paramètre θ.
θk
On rappelle que, ∀k ∈ N, P (Nθ = k) = e−θ .
k!
On suppose par ailleurs qu’un patient arrivé dans le service entre les instants 0 et θ a la
probabilité p d’être toujours présent dans le service au-delà de l’instant θ. On fait l’hypothèse
que les instants aléatoires de sortie des urgences sont mutuellement indépendants. On note Rθ
le nombre de patients arrivés entre les instants 0 et θ qui sont encore présents dans le service
au-delà de l’instant θ.
Q12. Pour (s, k) ∈ N2 , calculer P ((Rθ = k) | (Nθ = s)), probabilité conditionnelle de (Rθ = k)
sachant (Nθ = s). On distinguera les cas k ⩽ s et k > s.
Q13. Pour tous entiers s et k tels que k ⩽ s, démontrer que :
e−θ (pθ)k (qθ)s−k
P (Rθ = k) ∩ (Nθ = s)) = .
k!(s − k)!
Q14. En utilisant la formule des probabilités totales, calculer, pour tout entier naturel k, la
probabilité P (Rθ = k) en fonction de k, p et θ.
Q15. Reconnaitre la loi de probabilité de Rθ et donner la valeur de son espérance E (Rθ ).

2. Forme exponentielle des fonctions trigonométriques


On rappelle que l’exponentielle est définie sur l’ensemble des nombre imaginaires purs par
l’égalité :
∀t ∈ R, eit = cos(t) + i sin(t).
Dans le plan complexe, on considère la courbe paramétrée Γ formée par l’ensemble des points
M (t) d’affixe :
1  it 
z(t) = 2e + e−2it ,
3
où t décrit l’ensemble R. Le point M (t0 ) est dit stationnaire si z ′ (t0 ) = 0.
Q16. Pour tout nombre réel t, exprimer en fonction de z(t) les nombres z(t + 2π) et z(−t).
Q17. En déduire un intervalle de la forme [0, γ] (avec 0 < γ < 2π ) et une transformation géo-
métrique simple permettant d’obtenir la courbe Γ toute entière à partir de sa restriction
à l’intervalle [0, γ].
Q18. Déterminer trois nombres réels t1 < t2 < t3 appartenant à l’intervalle [−π, π] tels que les
points M (t1 ), M (t2 ) et M (t3 ) sont des points stationnaires de Γ.
Q19. Préciser la nature du triangle formé par ces trois points.
 

Q20. Pour tout nombre réel t, exprimer z t + 3 en fonction de z(t).
Q21. En déduire une transformation géométrique laissant globalement invariante la courbe Γ.

3/5
Q22. Dresser le tableau des variations conjointes des fonctions x = Re(z) et y = Im(z) sur un
intervalle bien choisi. On admet que la tangente au point stationnaire M (t2 ) est l’axe des
abscisses. En déduire les tangentes aux points M (t1 ) et M (t3 ), puis tracer la courbe Γ.
Q23. Calculer la longueur de la courbe Γ.

3. Exponentielles de deux matrices de M2 (R)


Dans cette partie, l’espace R2 est muni de son produit scalaire canonique et de la base
canonique B = (e1 , e2 ) .

3.1. On note f l’endomorphisme de R2 dont la matrice dans B est :


4 −6
 
A=
1 −1
Q24. Démontrer que F1 = ker (f − IdR2 ) et F2 = ker (f − 2 IdR2 ) sont deux droites vectorielles
supplémentaires. Préciser un vecteur directeur u1 de F1 et un vecteur directeur u2 de F2 .
On note q1 le projecteur sur la droite F1 parallèlement à la droite F2 et q2 le projecteur sur la
droite F2 parallèlement à la droite F1 .
Q25. Déterminer la matrice Q1 de l’endomorphisme q1 dans la base B et la matrice Q2 de
l’endomorphisme q2 dans cette même base.
Q26. Justifier les égalités :
Q21 = Q1 , Q22 = Q2 , Q1 Q2 = Q2 Q1 = 02 , Q1 + Q2 = I2 et A = Q1 + 2Q2 .
Q27. Démontrer que, pour tout entier naturel k, Ak = Q1 + 2k Q2 .
Q28. Donner les développements en série entière au voisinage de zéro des fonction cosinus et
sinus.
Pour tout entier naturel n et tout nombre réel t, on note En (t) la matrice :
n
X tk
En (t) = Ak .
k=0
k!
Q29. Pour tout nombre réel t, justifier que la suite (En (t))n∈N converge vers la matrice E(t) =
et Q1 + e2t Q2 .
Q30. En déduire que :

 E(0) = I2
∀(s, t) ∈ R2 , E(t + s) = E(t)E(s)
∀ t ∈ R, E ′ (t) = AE(t).

Q31. Justifier la notation E(t) = etA , valable pour tout nombre réel t.

3.2. On note g l’endomorphisme de R2 dont la matrice dans B est :


0 −1
 
B=
1 0
Q32. Pour tout entier n ∈ N, exprimer B 2n et B 2n+1 en fonction de n, I2 et B.
Pn tk k
Pour tout entier naturel n et tout nombre réel t, on note Rn (t) la matrice Rn (t) = k=0 k! B
et on l’écrit sous la forme :  
αn (t) βn (t)
Rn (t) =
γn (t) δn (t)
Q33. Démontrer que les quatre suites (αn (t))n∈N , (βn (t))n∈N , (γn (t))n∈N et (δn (t))n∈N con-
vergent.
On pourra considérer les suites extraites (R2n )n∈N et (R2n+1 )n∈N .

4/5
4. Un système différentiel
Dans cette partie, on identifie tout élément u de R3 avec la matrice colonne associée.
On considère la matrice :
0 −1 0
 

A = −1 0 0 .
1 1 1
Q34. Déterminer le rang de la matrice A − I3 et démontrer que les deux vecteurs :
−1
   
0
v1 =  1  et v2 = 0
0 1
forment une base de ker (A − I3 ).
Q35. Déterminer le rang de la matrice A + I3 et démontrer que le vecteur :
 
1
v3 =  1 
−1
est un vecteur directeur de ker (A + I3 ).
Q36. Justifier que (v1 , v2 , v3 ) est une base de R3 .
Q37. Déterminer une matrice D diagonale et une matrice P inversible telles que A = P DP −1 .
Q38. Résoudre le système différentiel linéaire :
X ′ (t) = AX(t) (3)

x1 (t)

où la variable t est réelle et X(t) = x2 (t).


x3 (t)

y1 (t)

On pourra poser X(t) = P Y (t) où Y (t) = y2 (t).


y3 (t)
On rappelle que, pour tout (a, b, c) ∈ R3 , il existe une unique solution X de (3) vérifiant
 
a
X(0) =  b  .
c
Q39. Déterminer une fonction telle que :
 
a
∀t ∈ R, X(t) = M (t)  b 
c
On pourrait démontrer, ce qui n’est pas demandé dans le cadre de ce problème, que, pour tout
nombre réel t, M (t) = etA .
(d’après Centrale-Supélec 2022)

5/5

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