L’argumentation
-Les notions essentielles-
A/ Définition de l’argumentation.
L’argumentation permet de présenter et partager un point de vue, une thèse. L’interlocuteur est
ainsi amené à réfléchir à cette thèse construite à partir d’arguments précis.
Pour atteindre cet objectif, le locuteur utilise différentes stratégies. Il peut :
Démontrer : il présente sa thèse à travers un raisonnement scientifique, une
démonstration. Il se met en retrait de son raisonnement.
Convaincre : il cherche à venir « à bout » de la réticence de son interlocuteur et
s’implique personnellement dans sa démonstration, par des arguments précis, des
exemples choisis avec minutie. Il peut utiliser des arguments dits d’autorité (il s’appuie
sur des auteurs), ou sur des arguments dits d’expérience (vécu personnel, faits
historiques).
Persuader : Pour venir à bout de la réticence de son interlocuteur, il s’appuie sur les
émotions que ce même interlocuteur peut ressentir (il tente de l’émouvoir par des procédés
pathétiques, voire même de le faire sourire en discréditant, par l’emploi de l’ironie ou de
l’absurde, une thèse donnée). Il peut aussi tenter de discréditer une thèse en condamnant
celui qui la soutient : c’est l’argument ad hominem (Voltaire l’a très souvent employé
pour manifester ses désaccords philosophiques avec Rousseau en attaquant Rousseau
personnellement –abandon de ses enfants après la publication de l’Emile)
Délibérer : Le locuteur expose différents points de vue, différents aspects d’un même
problème, avant de présenter son opinion et de la justifier.
Le texte argumentatif est souvent présenté comme un texte dialogique car il suppose un dialogue
explicite ou implicite entre un locuteur et son destinataire. Le but de l’argumentation est donc de
créer un échange, d’amorcer une réflexion collective autour d’une thèse donnée. La structure
dialogique apparaît grâce à l’utilisation de pronoms personnels comme « je », ou « nous » et «
vous » (ce qui confèrera une portée plus générale au discours formulé).
B/ Organiser son raisonnement
Qu’il cherche à persuader ou convaincre son interlocuteur, celui qui argumente fera le choix de
présenter directement ou indirectement sa thèse soutenue et devra organiser son propos :
Raisonnement déductif : thèse soutenue => exemples
Raisonnement inductif : exemples => thèse soutenue
Raisonnement par analogie : on justifie la thèse défendue en l’associant à une idée
complémentaire -qui partage des caractéristiques communes- (Freud, dans son essai
Totem et tabou, pour évoquer l’enfant le compare à un primate car il n’a, comme le singe,
aucune conscience de la pudeur et de la morale)
Raisonnement concessif : On feint d’adopter la thèse de l’adversaire pour mieux la réfuter.
(cf : Discours sur le bonheur, Mme du Châtelet –leçon sur les connecteurs logiques)
Raisonnement par syllogisme : Il est présenté en 3 étapes :
Proposition A => Proposition B => Conclusion
(Point commun A/ B)
Tous les hommes sont mortels => Or, Socrate est un homme => Socrate est donc mortel.