III.
Processus d’obtention de l’aluminium
Le processus de fabrication de l’aluminium de première fusion se déroule
en deux grandes phases, Chacune comporteant plusieurs étapes :
1. Extraction de l’alumine
Le minerai utilisé est la bauxite rouge (hydrate double d'aluminium, de fer, de
silice et d'oxyde de titane). La bauxite est constituée d’environ 75 % d’alumine
hydratée. Elle est d’abord pulvérisée dans d'immenses broyeurs, puis mélangée
dans des autoclaves à une solution de soude caustique (NaOH). À haute
température (200 à 240 C) et sous pression (30 atm), la soude caustique dissout
l'alumine hydratée et produit une solution d'aluminate de sodium. Les impuretés
demeurent à l'état solide ; elles sont séparées de la solution d’aluminate par
lavage et filtration sous pression.
La solution d'aluminate de sodium obtenue est ensuite pompée dans des
décomposeurs de 25 à 30 m de haut dans lesquels on ajoute du trihydrate
d'alumine pur très fin, qui sert à amorcer la réaction. Sous l'effet de l'agitation et
du refroidissement graduels, le trihydrate d'alumine en solution précipite et
forme d’autres cristaux. Ceux-ci sont ensuite séparés de la solution de soude
caustique par sédimentation et filtration. La solution de soude caustique est
renvoyée aux autoclaves pour être réutilisée.
L’alumine Al2O3 est déshydratée par chauffage à 1100°c en vue d’éliminer l’eau
combinée chimiquement (dans un four rotatif) et devient une poudre blanche
qui titre à 99%.
Poudre d’alumine
2. Production de l’aluminium
L'aluminium est tiré de l'alumine par un procédé électrolytique (procédé
Hall-Héroult, du nom de ses inventeurs) qui s'effectue dans des cuves traversées
par un courant continu à haute intensité. Les cuves, des caissons d'acier
rectangulaires, sont revêtues de briques réfractaires et de blocs de carbone qui
forment la cathode. Le procède consiste à dissoudre l'alumine calcinée dans de
la cryolite (Na 3AlF 6, qui est un sel fondu, alumino fluorure de sodium). Le
courant de l'électrolyse sert à la fusion du mélange entre 900 et 1000°c.
L'alumine ne fondrait qu'au-dessus de 2000°c si elle n'était pas en présence de
cryolithe et de fluorure de calcium. Pour produire un kilo d'aluminium, il faut
compter en moyenne 15 kWh. À intervalles réguliers, l’aluminium en fusion est
siphonné dans des poches de coulée ou creusets et transféré dans des fours
d’attente à la fonderie. L'aluminium obtenu est pur à 99% et doit être raffiné
pour éliminer les impuretés (fer, silicium, zinc, titane, cuivre,). On emploie pour
cela un procédé électrolytique proposé par Betts en 1905, mis au point par la
société ALCOA en 1922 et perfectionné par le français Robert Gadeau en 1933.
L'aluminium obtenu est pur à 99,998%.
3. Transformation de l’aluminium
Le laminage
Le laminage permet d'obtenir des tôles ou bandes d'aluminium pour la
fabrication de tous produits légers de grandes surfaces nécessitant des
propriétés mécaniques performantes.
Issue de la première ou de la deuxième fusion, une plaque d'aluminium
qui fait l'objet d'un premier laminage à chaud, puis d'un laminage à froid,
présente une épaisseur pouvant atteindre 6 microns (papier d'aluminium).
Le procédé de laminage à chaud consiste à préchauffer la plaque
d’aluminium pour l'amollir et/ou l'homogénéiser. Celle-ci est ensuite soumise à
un va-et-vient répété entre des cylindres compresseurs qui se resserrent à
chaque passe. L'aluminium est ainsi aminci et allongé, sans que sa largeur soit
modifiée.
Le procédé de laminage à chaud améliore les qualités métallurgiques du
métal sans provoquer d'écrouissage appréciable. Le laminage à froid subséquent
réduit encore la dimension du métal et lui confère la résistance mécanique
provenant de l'écrouissage.
La plaque laminée à chaud a une épaisseur supérieure à 6,30 mm, tandis
que celle qui est laminée à chaud et à froid peut avoir une épaisseur variant de
6,30 à 0,15 mm. La tôle d’aluminium laminée à froid peut être aussi mince que 6
microns, et un lingot laminé à froid peut donner une bande de 450 km de long.
Cette tôle d'aluminium sert principalement à la fabrication de canettes.
L’extrusion
L'extrusion consiste à presser une billette préalablement chauffée à
travers une filière d'acier. Le métal est façonné sur toute sa longueur selon le
profil de la filière. Pour obtenir des tuyaux extrudés et des profilés creux, on
place un mandrin dans l'ouverture de la filière ; forcé entre le mandrin et la
filière, l'aluminium prend la forme du mandrin à l'intérieur et la forme de la
filière à l'extérieur.
Les profilés qui en résultent servent à la fabrication de portes, de cadres
de fenêtres, de revêtements muraux, de lampadaires, de meubles de jardin, ainsi
qu’à la construction de voitures, de wagons, de remorques, d'avions et de
navires.
Autres techniques
On peut obtenir des formes diverses en coulant l'aluminium en fusion
dans des moules. Les techniques utilisées sont la coulée sous pression, le
moulage en coquille et le moulage en sable.
Le forgeage permet de former une pièce dans une matrice à partir d'un
pion métallique chaud. Durant cette opération, une ébauche adopte sous
pression la forme d’une matrice.
L'étirage permet de fabriquer le fil d'aluminium ainsi que des tubes et des
barres. Ce procédé de laminage à froid consiste à former et à réduire une
ébauche en la faisant passer dans une filière de plus en plus petite, jusqu'à
l'obtention du diamètre souhaité.
Le filage par choc est une combinaison des procédés de filage et de
forgeage. On introduit dans une matrice un pion métallique qui est soumis à la
forte pression d'un poinçon. Le métal prend ainsi l'espace vertical ou oblique
ménagé entre le poinçon et la matrice, sauf une partie qui reste au fond et qui
constitue le culot de la pièce filée.
L'aluminium peut être anodisé, surtout lorsqu'il est destiné à
l'architecture. L'anodisation est un procédé électrochimique qui remplace la
couche d'oxyde qui recouvre naturellement l'aluminium par une couche d'oxyde
dont l'épaisseur et l'orientation sont déterminées. Cet oxyde peut être teinté.
L'anodisation améliore la résistance à la corrosion.