Développements Limités et Exemples
Développements Limités et Exemples
Marc SAGE
6 mars 2006
2 DL de tangente en 0 2
3 Moyenne géométrique 3
4 Un calcul de double-limite 4
5 Règle de Raab-Duhamel 6
6 Formule de Stirling 7
11 Un équivalent de puissances 12
15 Un joli problème 15
1
1 Apéritif
Solution proposée.
1. Dans ces problèmes d’équivalents avec autre chose que du produit, on écrit de vraies égalités avec des
DL, puis on prend l’équivalent à la …n. Ici, un DL à l’ordre 1 conclut immédiatement :
1 x
arctan (1 + x) = arctan 1 + x arctan0 1 + o (x) =x + o (x) .
4 4 1 + 12 2
Il est indispensable de voir cela graphiquement : autour du point (1; arctan 1), le graphe de arctan est
approché par sa tangente de pente arctan0 1 = 12 .
2. Une fonction réciproque ? On fait intervenir la fonction source, ici cos. On se place à gauche de 1,
donc on regarde arccos (1 x). Il tend vers arccos 1 = 0, donc on peut utililser le DL connu de cos en 0 :
2
arccos (1 x) 2
1 x = cos arccos (1 x) = 1 + ox!1 arccos (1 x) ,
2
2 2
d’où arccos (1 x) = 2x + o arccos (1 x) 2x. Comme tout est positif, on peut prendre la racine
et obtenir p
arccos (1 x) 2x.
Encore une fois, c’est une évidence graphique lorqu’on se souvient que le graphe de arccos s’obtient à
partir de celui de cos par une symétrie par rapport à la première bissectrice. Celui de cos étant approché
2 2
en 0 par la parabole y = x2 , celui de arccos en cos 0 = 1 doit l’être par la parabole x = y2 .
2 DL de tangente en 0
Donner un DL en 0 de la fonction tangente à tout ordre. Procédez de même pour la tangente hyperbolique.
Solution proposée.
Préciser tout d’abord que tan étant C 1 autour de 0, on a bien l’existence d’un DL en 0 à tout ordre par
Taylor-Young. Ensuite, pour obtenir e¢ ctivement ce dernier, il y a plein de manières de procéder. On peut :
i) calculer les dérivées n-ièmes de tan, les évaluer en 0 et appliquer Taylor-Young ;
sin
ii) faire un quotient de DLs (selon les puissances croissantes) en écrivant tan = cos ;
iii) utiliser le DL connu d’arctan, écrire Id = tan arctan et invoquer l’unicité du DL ;
iv) intégrer la formule tan0 = 1 + tan2 pour faire une récurrence.
n
!2 n
!2
X X
2 2i 1 2n 2i 1
1 + tan x = 1+ ai x +o x =1+ ai x + o x2n+1
i=1 i=1
0 1
n+1
X X
= 1+ @ ai aj A x2k 2
+ o x2n+1 ,
k=2 i+j=k
2
puis on intègre :
n+1 P
X i+j=k ai aj
tan x = x + x2k 1
+ o x2n+2 .
2k 1
k=2
a1 = 1;
1 1 1
a2 = = ;
3 3
1
1 3 + 13 1 2
a3 = = ;
5 15
2 1 1 2 12 5
1 15 + 3 3 + 15 1 45 + 45 17
a4 = = = :
7 7 315
On pourra donc retenir
1 2 17 7
tan x = x + x3 + x5 + x + o x8 .
x 0 3 15 315
Pn
Pour la tangente hyperbolique, en supposant connu th x = i=1 bi x2i 1
+o x2n et en écrivant th0 = 1 th2 ,
on obtiendrait de même
X bi bj
bn = .
i+j=n
2n 1
Remarque. On aurait aussi pu dire que th(x) = tan(ix)i et substituer, ce qui donne l’alternance des
signes caractéristique de la di¤érence de comportement entre fonctions circulaires et hyperboliques (mais cela
nécessite l’existence d’un DL dans C, ce qui n’est pas immédiat avec les outils au programme).
Il est par ailleurs possible d’obtenir la formule close suivante :
n 1 B2n 2n 2n
an = ( 1) 2 2 1
(2n)!
où B2i désigne le i-ième nombre de Bernouilli.
Les cinq exercices qui suivent montrent l’utilisation indolore des DLs dans des problèmes concrêts souvent
liés aux sommations.
3 Moyenne géométrique
P
Soit x1 ; :::; xn des réels positifs et 1 ; :::; n des poids dans ]0; 1[ de somme i = 1. Montrer que
p
lim 1 x1 + ::: + n xn = x1 1 :::xnn .
!0
6=0
Solution proposée.
3
On écrit les puissances sous forme exponentielle pour faire proprement ses DLs :
p X 1
ln(
P
i xi )
1 x1 + ::: + n xn = i xi =e .
Finalement, on a
p ln(
P
i xi ) P P Y
ln xi +o(1) ln xi
1 x1 + ::: + n xn =e =e !e = xi i , CQFD.
i i
pP
Remarque. Ceci montre que la fonction M ( ) = i xi , dite moyenne d’ordre des xi pondérée
par les i , dé…nie sur R , se prolonge par continuité en 0. On peut montrer par des arguments de convexité1
que la fonction M est strictement croissante si les xi ne sont pas tous égaux (et constante sinon –pourquoi ?),
lim1 M = max xi
puis que . On en déduit une série d’inégalités M ( ) M ( ) si < avec égalité ssi
lim 1 M = min xi
tous les xi sont égaux.
On retiendra les encadrements suivants dans le cas où les i sont tous égaux, ainsi que le nom des moyennes
correspondantes :
r
n p x1 + ::: + xn x21 + ::: + x2n
min xi 1 1
n
x1 :::xn max xi
x1 + ::: + xn
| {z } | n
{z } | {zn }
| {z } géom étrique arithm étique quadratique
harm onique
avec égalité (dans n’importe quel cas) ssi tous les xi sont tous égaux.
Ces égalités sont fondamentales et extrêmement utiles ; il est regrettable qu’elles ne fassent pas plus souvent
partie du baggage standard des taupins.
4 Un calcul de double-limite
Solution proposée.
1
1. Raisonnons d’abord à p …xé. En posant n = n et xi = 1 + pi , on peut écrire
s
x1 n + x2 n + ::: + xp n
upn = n
.
p
1 cf. feuille sur les fonctions convexes
4
En remarquant que n ! 0 quand n ! 1, upn tend (en n) vers la moyenne géométrique2 des xi , i. e.
v
u p
p uY i
lim un = x1 x2 :::xp = t
p p p
1+ .
n
i=1
p
Pour avoir la limite de ce dernier en p, nous voyons (au moins) deux possibilités.
La première (ré‡exe assez basique) consiste à prendre le logarithme pour se ramener à une somme
p
1X i
ln 1 + .
p i=1 p
Il reste à invoquer Stirling (cf. exercice 6) qui nous donne un équivalent de la factorielle :
n n p
n! 2 n.
e
Il faut également justi…er le passage aux équivalents sous la racine p-ième, mais cela est évident car si
p ln ap
ap ! 1 alors p ap = e p ! 1. On obtient donc
s v s
u 2p 2p p p q
1 p (2p)! 1ut
p e 4 p 1 p 22p pp 2 22 p p 4
p pp = = 2 ! .
p p! p e 2 p p ep e e
2. Raisonnons à présent à n …xé. On reconnaît sous la racine n-ième une somme de Riemann, d’où
r Z " 1
#x=2 p
2 p x1+ n 2n2 1
n lim upn = n
xdx = = .
p1 1 1 + n1 1+ 1
n
x=1
Le terme du bas ne doit poser aucun problème ; si l’on ne sait pas qu’il tend vers e, on le retrouve très
vite : n
1
= en ln(1+ n ) = en( n +o( n )) = e1+o(1) ! e.
1 1 1
1+
n
2 cf. exercice précédent
5
p
Pour le terme du haut, le 2 n 2 1 sous la puissance tend vers 1, ce qui incite à DLi…er :
p
n ln 2 ln 2 1 2 ln 2 1
2 2 1 = 2e n 1=2 1+ +o 1=1+ +o ,
n n n n
d’où p n
= en ln(1+ ( n1 )) = en( 2 ln
n +o( n )) = e2 ln 2+o(1)
2 ln 2 2 1
n +o ! e2 ln 2 = 4.
n
2 2 1
4
Finalement, on retrouve le e de la première double-limite.
Remarque. Il est évidemment faux en général que l’on puisse intervertir de la sorte deux limites, même
dans le cas où les deux limites existent. Considérer par exemple
p
ln n
1+ p
upn = .
n
À p …xé, la suite s’écrase vers 0 quand n ! 1, et donc la double-limite vaut 0. Mais pour un n donné, le
numérateur tend vers eln n = n, donc la double limité vaut 1.
Un contre-exemple plus simple serait
1
upn = .
1 + np
5 Règle de Raab-Duhamel
un+1
=1 + an
un n
P
où est un réel > 0 et an une suite sommable ( i. e. jan j < 1).
Montrer qu’il y a une constante C > 0 telle que
C
un .
n
Solution proposée.
La méthode est classique. P
Le problème revient à montrer la convergence de la suite vn = un n , i. e. de la série (vn+1 vn ).
un+1
L’information dont on dispose portant sur le quotient un , il est judicieux de passer au logarithme avant de
considérer la série. En d’autres termes, on veut la convergence de ln un n , donc celle de la série
Xh i X un+1 (n + 1)
ln un+1 (n + 1) ln un n = ln .
un n
En utilisant l’information donnée, il vient
!
2
un+1
ln = ln 1 + an = + an + O + an
un n n n
1 an
= + an + O +O + O a2n
n n2 n
| {z }
=O(an )
P
où le grand O est pris quand n ! 1 vu que anPconverge et donc an ! 0. Les termes an et O (an ) sont
sommables par hypothèse et le O n12 également car 1
n2 < 1 par Riemann. Plus subtilement, an tend vers 0,
6
donc jan j < 1 à partir d’un certain rang, d’où a2n < jan j et la sommabilité des a2n , ce qui montrer que le O a2n
est sommable.
Il reste le premier terme en n , mais il est tué par
!
n+1 1 1
ln = ln 1 + = +O .
n n n n2
C
On en déduit la convergence de ln un n vers un l 2 R, d’où l’équivalent cherché un n
avec C = el > 0.
6 Formule de Stirling
Solution proposée.
n+ 3
2e n 1
P (n+1)
(n+1)!
On raisonne comme dans l’exercice précédent : on veut la convegence de ln n+ 1 . On a pris le
n 2e n
n!
logarithme avant de télescoper car tout va bien se simpli…er au quotient :
(n+1)n+ 2 e
3 n 1 " #
n+ 12
(n+1)! 1 1 1 1 1 1 1 1
ln 1 = ln 1+ = n+ ln 1 + 1= n+ +o 1
nn+ 2 e n e n 2 n 2 n 2n2 n2
n!
1 1 1 1 1
= 1 + +o 1=O
2n 2n 4n2 n2 n2
Soit f une fonction à valeurs réelles dé…nie au voisinage de zéro. On suppose que f admet un DL (en 0) de
la forme
f (x)
=1 xa + o (xa )
x
où > 0 et a > 0.
7
1. Montrer l’existence d’un voisinage de 0 où tout pour tout choix u0 dans ce voisinage la suite récurrente
un+1 = f (un ) converge vers 0.
2. Donner alors un équivalent de un .
3. Exemples ?
Solution proposée.
a
1. Pour x assez petit, le petit o est borné par 2 jxj , d’où l’encadrement (pour x positif)
3 a f (x)
1 x 1 xa .
2 x 2
Maintenant, pour x assez petit, le terme de gauche est positif. Prenons u0 (non nul) dans ce voisinage
positif. La condition uun+1
n
1 32 uan 0 assure que un reste positif, et l’autre inégalité montre que un
décroît, donc converge vers un l 0. Si l était non nul, on pourrait majorer
n
Y ui n
Y n
un
= 1 uai 1 la ! 0, absurde.
u0 u
i=1 i 1 i=1
2 2
un+1 un = ua+1
n + o ua+1
n .
La puissance a+1 nous dérange, on aimerait qu’elle soit nulle. Pour cela, on va choisir pour ' une fonction
puissance ' (x) = xb avec b à choisir pour tuer la puissance u?n à droite :
b
ubn+1 ubn = (un [1 uan + o (uan )]) ubn
b
= ubn [1 uan + o (uan )] ubn
= ubn [1 b uan + o (uan )] ubn
= b ua+b
n + o ua+b
n .
Les trois exercices qui suivent contrastent avec les précédents : ils sont et se veulent calculatoires. Leur
intérêt est donc essentiellement méthodique plus que présentant une facette intéressante de la mathématique.
8
8 Don’t panic (but be prepared...)
Calculer x
(sin x) xsin x
lim tan x sin x
.
x !0 (sin x) (tan x)
Solution proposée.
On ne panique pas devant une telle chose, mais on prend les termes un par un, on les DLi…e à un petit ordre,
et on prie pour ne pas devoir recommencer jusqu’à l’ordre 19 parce qu’on aurait obtenu une forme indéterminée
jusqu’à l’ordre 18.
Bien sûr, on passe tout à l’exponentielle et on connait ses DLs de trigonométrie par cœur...
x3 x2
x x ln x +o(x4 ) x ln 1 +o(x3 )
(sin x) = ex ln sin x = e 3!
= ex ln x e 6
x3
+o(x4 ) x3
= xx e 6 = xx 1 + o x3 ,
6
=o(x3 )
z }| {
3 4
x x6 +o(x4 ) ln x x3 ln x
+o x ln x
xsin x = esin x ln x = e = ex ln x e 6
x3 ln x
= xx 1 + o x3 ,
6
d é jà fa it
z }| { 3
x+ x3 +o(x4 ) (ln x x2
(x3 ))
= e(tan x)ln sin x = e 6 +o
tan x
(sin x)
x3 3 ln x 3 ln x x3
+o(x4 )+ x (x4 ln x) = xx e x +o(x3 )
= ex ln x 6 3 +o 3 6
x3 ln x x3
= xx 1 + + o x3 ,
3 6
p re sq u e d é jà fa it
z }| {
x3
sin x sin x ln tan x x +o(x4 ) (ln x+ x2 3
3 +o(x ))
(tan x) = e =e 6
x3 x3 ln x x3 ln x 3
+o(x4 ) (x4 ln x) = xx e + x3 +o(x3 )
= ex ln x+ 3 6 +o 6
x3 ln x x3
= xx 1 + + o x3 .
6 3
Il on peut maintenant espérer faire tomber la limite (remarquer que le xx se simpli…e partout) :
x3 x3 ln x
(sin x)
x
xsin x 1 6 + o x3 1 6 + o x3
tan x sin x
= x3 ln x x3 x3 ln x x3
1+ 3 + o (x3 )
(sin x) (tan x) 3 6 + o (x ) 1 6 + 3
3
x ln x 1
6 + O x3 1+O ln x 1
= 3
x ln x
= 1 ! .
2
3
+ O (x ) 3+O ln x
3
Solution proposée.
On commence par linéariser les produits
p p 1 p p 1 p p
sin sin 2 = cos cos + 2 ,
n n 2 n n2 2 n n
9
de sorte que la somme voulue s’écrit comme deux fois la partie réelle de
n
X p p p p
ei( n n2
) ei( n + n2 ) .
p=0
Pour évaluer ces deux sommes géométriques, il est plus aisé de sommer jusqu’à n 1:
X1 h
n ip h ip ei(1
1
n ) 1 ei(1+ n ) 1
1
ei( n ) ei( n + n2 )
1 1 1 1
n2 = .
ei( n ) ei( n + n2 ) 1
1 1 1 1
p=0 n2 1
Chacun des deux termes ci-dessus divergeant vers l’in…ni lorsque n ! 1 (leurs dénominateurs sont ni ), on a
a¤aire à une forme indéterminée (di¤érence de deux in…nis) : il faut donc DLi…er pour préciser cette divergence.
Comme l’on va avoir du n1 au dénominateur, que l’on va tuer en multipliant par n en haut et en bas, il faut
DLi…er en haut jusqu’à du o n1 . Prions pour que l’ordre 1 su¢ se :
ei(1 )
1 i
n 1 ei 1 + o n1 1 n
ei 1 ei + o (1) n i
= i
n
= i
= e 1 ei + o (1) (1 + o (1)) .
ei( n
1 1
n2
) 1 n + o n1 1 + o (1) i
iei
ei(1 )
1 1
n 1 ei 1 n +o n ni ei 1 ei + o (1)
= =
1 i 2 1 n1 + 2n
i
+ o n1
ei( n )
1 1
1 1
n2 1 i n n2 + 2 n + o n12
1 i 1
= ni 1 ei ei + o (1) 1+ +o
n 2n n
1
= 1 ei ni + i + ei + o (1) .
2
On fait de même pour le second terme :
iei
ei(1+ n ) 1
1 1
ei 1 + n +o n ni ei 1 + ei + o (1)
= =
1 i 2 1 + n1 + 2n
i
+ o n1
ei( n + n2 ) 1
1 1
1 1
i n + n2 + 2 n + o n12
1 i 1
= ni 1 ei + ei + o (1) 1 +o
n 2n n
1
= 1 ei ni i+ + ei + o (1) .
2
La di¤érence vaut donc :
ei(1 ) ei(1+ n ) 1
1 1
n 1
= 1 ei 2i 2ei + o (1) ! 2i ei (1 + i) .
ei( n ) ei( n + n2 ) 1
1 1 1 1
n2 1
En prenant la limite, la partie réelle, puis la moitié, on trouve
p
Re ei (1 + i) = 2 cos 1 + = sin 1 cos 1.
4
Remarque. Le lecteur connaissant les sommes de Riemann pourra ici grandement apprécier leur e¢ -
cacité. En e¤et, lorsque n est grand, le terme np2 est majoré par n1 , donc proche de 0, de sorte que sin np2 ' np2 ,
ce qui permet de réécrire la somme cherchée
Xn n Z 1 Z 1
p p 1Xp p 1
sin sin 2 ' sin ! x sin xdx = [ x cos x]0 + cos = cos 1 + sin 1.
p=0
n n n p=0 n n 0 0
Par ailleurs, il n’est guère di¢ cile de transformer le signe ' en "la di¤érence tend vers 0".
10
10 Une limite immonde
Solution proposée.
On s’occupe des deux termes séparément, en écrivant les puissances comme des exponentielles a…n de faire
des beaux DLs en x1 , le but étant d’obtenir une précision en o (1) (on veut une limite).
On commence par écrire
1+ 1 1 a 1+ x1
(x + a) x = x1+ x 1 +
x
a…n de tout DLi…er, et on regarde chacun des termes un à un.
1 ln x ln x ln2 x ln x
x1+ x = xe x =x 1+ +O = x + ln x + O
x x2 x
| {z }
=o(1)
puis
1
a 1+ x 1 a 1 a 1
1+ = exp 1+ ln 1 + = exp 1+ +o
x x x x x x
a 1 a 1
= exp +o =1+ +o ,
x x x x
d’où le premier terme
1
1+ x 1 a 1+ x1 a 1
(x + a) = x1+ x 1 + = [x + ln x + o (1)] 1 + + o
x x x
= x + a + o (1) + ln x + o (1) = x + ln x + a + o (1) .
1
Il faut d’abord DLi…er le x+a :
1 1 1 1 1 1 1
= a = 1+O = +O ,
x+a x1+ x x x x x2
d’où
= xe x+a = xe x +O( x2 )
1 ln x ln x ln x
x1+ x+a
ln x ln x ln2 x
= x 1+ +O +O
x x2 x2
ln2 x
= x + ln x + O .
x
| {z }
=o(1)
On passe à présent à quatre exercices de déterminations d’équivalents, deux sur des sommes, deux sur des
suites dé…nies de manière implicite.
11
11 Un équivalent de puissances
Solution proposée.
On sent bien que c’est le nn qui donne le ton. Pour y voir plus clair, simpli…ons par ce dernier et ordonnons
par ordre décroissant (comme pour un développement asymptotique) :
n n
1n + 2n + ::: + nn 1 2 1
=1+ 1 + 1 + ::: + .
nn n n nn
n n1
Comme 1 + nx ! ex pour tout réel x, il est raisonnable de penser que le membre de droite tend vers
1 + e + e + ::: = 1 1e 1 .
1 2
n
Tout réside en fait dans la croissance4 de la suite 1 + nx vers ex .
t
À 2 R …xé, la quantité 1 + t croît comme son logarithme t ln 1 + t , donc (à la constante prêt)
comme ln(1+u)
u , dont le numérateur de la dérivée vaut ln (1 + u) 1+u 1
u = ln (1 + u) 1 + 1+u1
1n +2n +:::+nn
On en déduit que notre quotient qn := nn croît (on ajoute
P desi suites croissantes positives) et est
1
borné par 1 + e 1 + ::: + en 1 1 e 1 , donc converge vers lim q i 0 e . Par ailleurs, en ne gardant qu’un
nombre …xe de termes dans le membre de droite, on obtient (à N …xé)
N
X n
i n1 1 N
qn 1 !1+e + ::: + e , d’où
n=0
n
N
X X
lim q e i , et ceci pour tout N , d’où lim q ei .
i=0 i 0
n2 nn
Donner un équivalent de 1 + n + 2! + ::: + n! .
Solution proposée.
n
On trouve e2 .
nn pe
n
Remarque. Les deux derniers termes se comportent en n! 2 n
et donc sont négligeables devant la
somme : ils ne pilotent pas tous seuls !
Montrer que l’équation xn + xn 1 + ::: + x = 1 admet une unique solution positive un pour tout n 1, que
un converge vers un réel l, puis caractériser la convergence en donnant un équivalent de ln (un l).
Solution proposée.
4 C’est un fait classique. Une manière élégante de le montrer est de dire que le logarithme x ln 1 + 1 est la moyenne de la
x
fonction inverse sur 1; 1 + x1 . Comme cette dernière décroît, la moyenne croît lorsqu’on rapetisse la borne supérieure de l’intervalle
où elle est prise.
12
La fonction Pn (x) = xn + xn 1 + ::: + x est strictement croissante sur R+ , vaut 0 en 0 et 1 en 1, donc est
une bijection de R+ sur lui-même, d’où l’existence et l’unicité de un .
Il est de plus immédiat que un est décroissante :
1 un+1
n
unn + unn 1
+ ::: + un = 1 =) 1 un+1
n = 2 (1 un ) =) un = 1 .
2
Or jun j est bornée pour n 2 par u2 < u1 = 1, donc un+1 n ! 0, d’où un ! 12 .
Pour passer au logarithme, on reprend l’expression ci-dessus et on isole le un+1
n ; en e¤et, c’est le seul terme
que l’on ait négligé, et c’est lui qui contient l’information du DL :
1
un+1
n = 1 2 (1 un ) = 2 un
2
1
ln 2 + ln un = (n + 1) ln un
2
1 1
ln un = (n + 1) ln + o (n) ln 2
2 2
1
ln un = n ln 2 + o (n) .
2
X X2 Xn
Pour un entier n 1, on pose Pn := 1 + 1! + 2! + ::: + n! .
an + 2n + 1 0.
3. En déduire un équivalent de an .
Solution proposée.
0 Xn
Il est utile d’observer pour la suite les relations Pn+1 = Pn = Pn 1 + n! .
1. Fixons un n 1. Le polynôme pairs P2n a pour limite 1 en 1, donc atteint son in…mum5 en un
an . Sa dérivée P2n 1 s’annule ainsi en an , ce qui permet simpli…er le calcul de
a2n
min P2n = P2n (an ) = P2n 1 (an ) + n 0.
| {z } (2n)!
=0
On a même l’inégalité stricite, sinon 0 = P2n 1 (an ) = P2n 1 (0) = 1, ce qui montre que P2n est toujours
> 0. En d’autres termes, la dérivée de P2n+1 est > 0, donc P2n+1 est strictement croissante. Au vu des
limites de ce polynôme impair, ce dernier doit s’annuler une et une seule fois sur R. Sans oublier d’évoquer
le cas de P0 = 1, cela conclut.
5 C’est un résultat classique : on conjugue par un homéomorphisme croissant pour ramener les intervalles in…nis à des segments
13
2. Il s’agit de montrer que P2n+1 ( 2n 1) 0. On observe alors que
N 1 N
( N) ( N)
PN ( N ) = PN 2 ( N) + + .
(N 1)! N!
| {z }
=0
PN ( N ) = PN 2 ( N) PN 2 ( (N 2)) .
PN ( N ) P1 ( 1) = 0, CQFD.
3. En remarquant que les an sont négatifs (les Pn croissent sur R+ et démarrent à Pn (0) = 1), on étudie
les Pn sur R lorsque n est grand. Pour un réel x < 0, la série Pn (x) est alternée et converge vers ex , ce qui
permet d’encadrer ex par P2n 1 (x) ex P2n (x). Pour faire apparaître du bn := an 1 aux puissances
2n et 2n + 1, on encadre plutôt par P2n+1 (x) ex P2n (x), ce qui donne
b2n
n b2n+1
n b2n
n
0+ + ebn 0+ .
(2n)! (2n + 1)! (2n)!
bn ebn
1+ (2n)! 1.
2n + 1 b2n
n
2
On utilise la question précédente pour minorer le membre de gauche par 2n+1 (et faire disparaître bn ),
puis on prend le logarithme :
ce qui donne (en simpli…ant par N := 2n pour retomber sur un o (1), et c’est pour cela que l’on a arrêté
le développement ci-dessus à un o (N ))
bn
o (1) ln jbn j + ln (2n) 1 0.
2n
an bn = jbn j 2 n.
Remarque. On retiendra de cet exercice que, même si un encadrement ne prend pas parfaitement le
terme étudié en sandwich (même limite des deux côtés), tout n’est pas perdu car cela peut le devenir après
simpli…cation ultérieure (ici, après division par n).
On termine cette feuille par un joli théorème portant sur les fonctions réelles.
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15 Un joli problème
Soit a et b deux entiers 1 premiers entre eux et f : R ! R une application telle que f a et f b sont C 1 .
Montrer que f est C 1 .
On pourra redémontrer le lemme suivant : une fonction ' C 1 telle que ' (x) xn quand x ! 0 avec n 1
s’écrit ' (x) = xn A (x) avec A de classe C 1 . On admettra6 pour cela qu’une fonction ' C 1 nulle en zéro
s’écrit ' (x) = x (x) avec de classe C 1 .
Solution proposée.
Commençons par montrer le lemme par récurrence sur n. Pour n = 1, le résultat admis conclut. Supposons
le lemme prouvé pour un n 1 et soit ' (x) xn+1 de classe C 1 . Alors le résultat admis montre que
'(x)
' (x) = x (x) avec (x) = x xn 1 de classe C 1 , d’où par récurrence un C 1 tel que (x) = xn 1 (x).
On en déduit ' (x) = x (x) avec C 1 , CQFD.
n
ajb aj
d’où b = a =) et : notons d l’entier a = b 1.
bja bj
a
f (x) = xda A (x) a b
En reprenant nos deux égalités b db , on voit que fx(x)
d et fx(x)
d convergent en 0 vers
f (x) = x B (x)
a
A (0) et B (0) respectivement, lesquels sont non nuls (remarquer que A (0) = limx!0 f (x) x = 1). Comme a
ou b est impair (sinon ils ne seraient pas étrangers), on peut prendre la racine a-ième ou b-ième et en déduire
que l’expression F (x) := fx(x)
d est dé…nie et non nulle au voisinage de 0.
Nous avons donc une nouvelle fonction F qui satisfait les hypothèses de l’énoncé : F a = A et F b = B
sont C 1 et ne s’annulent pas en 0, donc F est C 1 au voisinage de 0 par Bézout, d’où f (x) = xd F (x) de classe
C 1 au voisinage de 0, CQFD.
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