Agriculture et développement rural au Cameroun
Agriculture et développement rural au Cameroun
Par
KENMEUGNE KAMGAING Pierre
Matricule: CM-UDS 12ASA0647
Ingénieur agronome, option de génie rural
Master en Développement Rural Intégré et Vulgarisation Agricole
Composition du jury:
President: DJIMANTED Godfrey FORGAH, Professeur, Université de Bamenda
Rapporteurs :
TSI Evaristus ANGWAFO, Professeur, Université de Dschang
TOHNAIN Norbert LENGHA, Maitre de conférences, Université de Dschang
Examinateurs :
FONGANG FOUEPE Guillaume, Maitre de conférences, Université de Dschang
DJOUDA F. Yves Bertrand, Maitre de conférences, Université de Yaoundé I
MBANGA Lawrence, Maitre de conférences, Université de Bamenda
FICHE DE CERTIFICATION DE CORRECTION APRÈS
SOUTENANCE
Le président du jury
Rapporteur Co-superviseur
TOHNAIN Norbert,
TSI Evaristus ANGWAFOR
Maître de conférences, Université de Dschang
Professeur, université de Dschang
Examinateurs
ii
DEDICACE
iii
REMERCIEMENTS
La présente thèse n’aurait pas été réalisée sans la contribution des personnes à qui j’adresse
ma profonde gratitude. Cette reconnaissance s’adresse à :
Pr TSI Evaristus ANGWAFO qui en dépit de ses multiples préoccupations a accepté de
diriger cette thèse. Je lui dois ma profonde gratitude ;
Pr TOHNAIN Norbert pour avoir contribué par les conseils, la documentation, les
encouragements, la relecture, les corrections et les orientations ;
A DZEUKO Elie pour de multiples soutiens qu’il m’a apporté tout au long de ma vie
scolaire ;
A Mr TAKOGAING Patrice à Bafoussam pour de multiples soutiens et sacrifices ;
A la grande famille Baho de Bafoussam et de Baham pour de nombreuses discussions
relatives à cette thèse ;
A TOUNSSI Monique et NGUIAKAM Marie pour les encouragements ;
A la famille PINLAP pour leur accueil et leurs encouragements ;
A Mr ZEH DIMA Giles et tout le personnel du CIPCRE de Bafoussam pour leur accueil,
les conseils et l’accès à leur centre de documentation ;
Mr LADO Paul la relecture ;
Mme NGOTTI Anne pour la collaboration lors de la recherche documentaire ;
A tous mes camarades de promotion pour les travaux de groupe, les recherches
documentaires, les exposés et les moments glorieux à l’université de Dschang ;
A mes camarades MEYE Serges et FONCHI, Dénis, DONTSA Bertolt avec qui nous
avons passé d’agréables moments à Dschang lors de la collecte des données;
Ames amis KOUNGA Bernard, DJUIDJE Monique et KAMDEM Victor pour leur soutien
moral ;
A tous les paysans chez qui j’ai collecté les données lors des questionnaires, interviews,
diagnostics de leurs exploitations ou au cours des focus groups tant à Baham, Bafoussam II et
Babadjou ;
A tous mes enfants et plus particulièrement mes jumeaux KAMMEUGNE KENMEUGNE
Auberlin et TCHOUINEUGNE KENMEUGNE Ivane qui m’ont aidé lors de dépouillements des
questionnaires;
A tous j’adresse mes sincères remerciements
iv
LISTE DES ABREVIATIONS
AG Assemblée Générale
APEE Association des Parents d`Elèves et Enseignants
AT Administration du Territoire
BIP Budget d’Investissement Public
BIT Bureau International de Travail
BM Banque Mondiale
CES Coefficient d’Emprise du Sol
CES Collège d’Enseignement Secondaire
CETIC Collège d’Enseignement Technique Industrielle et Commercial
CIA Central Intelligent Agency
CIPCRE Cercle International Pour la Créativité
CO Monoxyde de Carbone
CO2 Dioxyde de carbone
CSI Centre de Santé Intégrée
CTA Centre Technique d`Agriculture
DAADER Délégation d’Arrondissement d’Agriculture et de Développement Rural
DR Développement Rural
DRADER Délégation Régionale d’Agriculture et de Développement
DREPIA Délégation Régionale d’Elevage de Pèche et des Industries Animales
ECAM Enquête Camerounaise Auprès des Ménages
ENAM Ecole Nationale de Magistrature
ENIEG Ecole Normale d’Instituteur d’Enseignement Général
ETM Elément de Traces des Métaux
ETO Elément de Traces Organiques
FAO Food and agriculture organization of the United Nations
FASA Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles
GIC Groupe d’Initiative Commune
HCDH Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme
IDD Indice De Développement
IDDH Indice De Développement Humain
INS Institut National de la Statistique
IPH Indice de Pauvreté Humaine
v
IRAD Institut de Recherche Agricole pour le Développement
MB Matière Brute
MUFID Mutuelle financière de Développement
MINADER Ministère d’Agriculture et de Développement Rural
MINEPAT Ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire
MINEPIA Ministère d’Elevage de Pèche et des Industries Animales
MO Matière Organique
MOB Matière Organique Brut
MS Matière Sèche
ND Niveau de Développement
NTIC Nouvelle Technique de l’Information et de la Communication
OCDE Organisation de la Coopération et du Développement Economique
ONARET Office National de la Recherche Scientifique et Technique
PA Poste Agricole
PC Paysan de Contact
PCD Plan Communal de Développement
PED Pays En Développement
PIB Produit Intérieur Brut
PIB/H Produit Intérieur Brut par Habitant
PNB Produit National brut
PNDP Programme National de Développement Participatif
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PNVRA Programme National de Vulgarisation et Recherche Agricole
RADEC Rapport de Développement Economique
SDE Service Déconcentré de l’Etat
SPSRP Secrétariat Permanant de la Stratégie de la Réduction de la Pauvreté
SPSS Statistical Package for Social Sciences
UEPJEP Union des Entreprises pour la Protection des Jardins et Espaces Publics
vi
TABLE DE MATIERE
FICHE DE CERTIFICATION DE CORRECTION APRÈS SOUTENANCE ......................i
PENSÉE ................................................................................................................................ ii
DEDICACE.......................................................................................................................... iii
REMERCIEMENTS .............................................................................................................iv
ABSTRACT ........................................................................................................................... 2
CHAPITRE I .......................................................................................................................... 3
1.1. Contexte...................................................................................................................... 3
vii
CHAPITRE II....................................................................................................................... 12
viii
[Link]. Part de l’autofinancement dans l’agriculture familiale ........................................................... 29
2.3.3. Mécanisme de production agropastorale ............................................................... 30
ix
3.2.3 Données démographiques et administratives ......................................................... 55
3. 4 Échantillonnage ........................................................................................................ 64
CHAPITRE IV ..................................................................................................................... 69
x
[Link] Périodes de lutte contre les ennemis des cultures ...................................................................... 86
[Link] Entretien des outils agricoles ......................................................................................................... 88
[Link] Protection pour l’utilisation des pesticides ................................................................................. 89
4.3.6. Modes de conservation des denrées agricoles ....................................................... 90
4.5.4 Modèle d’agriculture susceptible de développer activement les zones rurales .... 102
xi
ANNEXE 5 : Questionnaires à adresser aux producteurs ............................................. 123
xii
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Répartition des modes de perte post récolte du producteur au consommateur ............. 46
Figure 2: situation géographique de l’Ouest dans le Cameroun ................................................ 52
Figure 3: Pyramide des âges de la population de l’ouest Cameroun ............................................ 55
Figure 4 : sources de financement de l`agriculture ....................................................................... 70
Figure 5 : Lieu d’épargne des revenus agricoles ........................................................................... 72
Figure 6 : Document de gestion comptable des exploitations agricoles ....................................... 73
Figure 7: Utilisation des revenus agricoles ................................................................................... 75
Figure 8 : Mode d’accès à la terre ................................................................................................ 76
Figure 9 : Superficies des parcelles cultivées................................................................................ 78
Figure 10: Associations des cultures .................................................... Erreur ! Signet non défini.
Figure 11 :A et B: Evaluation des activités anthropiques dans la région de l’ouest ..................... 80
Figure 12: Provenance des semences utilisées dans les champs .................................................. 82
Figure 13: Période de traitement des cultures ............................................................................... 86
Figure 14: Surdosage des produits phytosanitaires sur la culture maraichère .............................. 87
Figure 15 : Destruction des abeilles par les pesticides a’ usage agricole ...................................... 87
Figure 16: Lieu de rinçage des pulvérisateurs après usage ........................................................... 88
Figure 17: Mode de protection pour l’utilisation des pesticides ................................................... 89
Figure 18: Méthodes utilisées pour la conservation des grains post- récolte ............................... 90
Figure 19: Destination des récoltes ............................................................................................... 91
Figure 20 : Mise en place et entretien des infrastructures rurales par les populations ................. 96
Figure 21: Lieu d`investissement des revenus agricoles ............................................................... 97
Figure 22: Modèle du plan d’occupation du sol .......................................................................... 103
Figure 24 : Modèle du plan d’occupation du sol de l’agriculture pour le développement optimal
de zones rurales………………………………………………………………………….………95
xiii
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Source d’énergie pour la préparation des sols ............................................................. 35
Tableau 2: Les effets du séchage par feu de bois .......................................................................... 36
Tableau 3: Type de semences utilisées pour la production à l’Ouest Cameroun .......................... 37
Tableau 4: Répartition de des répondants par fréquence .............................................................. 69
Tableau 5: Situation des champs ................................................................................................... 79
Tableau 6: Lieu rejet des emballages des pesticides ..................................................................... 84
Tableau 7: Fréquence des pertes post récolte ................................................................................ 93
Tableau 8: Appartenance aux organisations de développement rural ........................................... 94
Tableau 9: Type de réalisations communautaires visibles par les paysans. ................................. 95
Tableau 10: Corrélation entre type de réalisation et sources de financement ............................... 98
Tableau 11: Réalisation en fonction des superficies des cultures ............................................... 100
Tableau 12 : Corrélation entre les types de réalisation et les superficies cultivées .................... 100
Tableau 13: Type de réalisation visible dans le village .............................................................. 101
Tableau 14: Corrélation entre les types de réalisation visible et appartenance aux
organisations................................................................................................................................ 102
xiv
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 1: Attestation de recherche ........................................................................................ 119
ANNEXE 2: Autorisation de collecte des donnees a Baham ...................................................... 120
ANNEXE 3: Autorisation de collecte des donnees a babadjou ................................................. 121
ANNEXE 4 : Autorisation de collecte des données à Bafoussam II .......................................... 122
ANNEXE 5 : Questionnaires à adresser aux producteurs ........................................................... 123
ANNEXE 6. ENTRETIEN SEMI STRUCTURE....................................................................... 126
ANNEXE 7: FOCUS GROUP .................................................................................................... 127
ANNEXE 8. ENTRETIEN INDIVIDUEL ................................................................................. 129
ANNEXE 9 : Choix du nombre de producteurs à enquêter par commune ................................. 131
ANNEXE 10 : comparaison entre l’agriculture familiale et l’agriculture commerciale ............. 132
ANNEXE 11 : curriculum vitae .................................................................................................. 133
ANNEXE 12 : ARTICLES PUBLIÉE ........................................................................................ 138
ANNEXE 13 : RAPPORT DE SOUTENANCE ....................................................................................139
xv
RESUME
L’agriculture est pratiquée par plus de 90 % des populations des zones rurales de l’ouest
Cameroun. Etant basée sur les méthodes artisanales, elle produit assez de nutriments pour la
consommation locale, mais pas suffisamment les matières premières pour les agro-industries
pouvant créer les valeurs ajoutées et générer les emplois. L’objectif de cette thèse
instituée « enjeux et perspectives de l’agriculture pour le développement rural dans la région de
l’ouest Cameroun » est de contribuer à l’analyse des problèmes qui freinent le développement des
zones rurales a’ travers l’agriculture familiale. Pour mener cette étude, 02 tirages au sort successifs
de 03 communes dans 03 départements ont permis d’obtenir par choix raisonne’, un échantillon
de 83 producteurs constitués de 51 vivriers et 32 maraîchers ont été effectués. Elle a été complétée
par des entretiens avec 30 personnes ressources composées des autorités traditionnelles, des
services déconcentrés de l’Etat, des leaders d’association, des représentants des bailleurs de fonds
et des leaders des associations. Des analyses des données, il ressort que les sources de financement
proviennent 65 % des ressources propres des producteurs, de 28 % des fonds négociés dans les
tontines et 4 % des crédits bancaires. La production est centrée sur de petites parcelles éparpillées
dans les villages et distribuées de manière discriminatoire à 65 % d’hommes et 35 % de femmes.
Les semences sont prélevées 41 % sur les dernières récoltes, 14 % les producteurs les achètent en
vrac sur les marchés locaux ou chez les voisins et 24 % les obtiennent dans des magasins
spécialisés. Les paysans pratiquent une polyculture a’ cycle variable en se servant uniquement des
houes et des machettes : aucune machine agricole n’est appropriée pour sa mise en œuvre.
L’autoconsommation avoisine 42 % de la production, aucune structure de stockage ou de
transformation n’est disponible. Néanmoins pour améliorer leurs conditions de vie, 8 % des
producteurs participent a’ la construction et a’ l’équipement les salles de classe, 9 % des habitants
contribuent à l’adduction d’eau potable tandis que 20 % des paysans aménagent les pistes rurales.
Aucun plan d’occupation du sol n’est envisagé laissant place à l’exploitation anarchique des terres
en bidonvilles et les activités agro-sylvo-pastorales. Ainsi, le système agricole actuel ne permet
pas le développement optimal des zones rurales de l’ouest Cameroun. Pour l’améliorer, il faudrait
concevoir et mettre en application les plans d’occupation des sols avec la participation de tous les
acteurs concernés. Il serait judicieux de mettre en place les structures d’épargne–crédit adaptées
aux activités agricoles avec l’implication des paysans. Il faudrait vulgariser les techniques
agricoles, encourager les producteurs a’ se regrouper et les impliquer dans les projets de
développement de leurs zones.
Mots clés: Agriculture familiale, développement rural, source de financement, Ouest-
Cameroun, participation au développement, vulgarisation agricole.
1
ABSTRACT
Agriculture is practiced by more than 90% of the populations of rural areas in western
Cameroon. Being based on artisanal methods, it does not sufficiently produce the raw materials
needed by agro-industries which could create added values and generate jobs. The objective of
this thesis entitled "challenges and perspectives of agriculture for rural development in the region
of western Cameroon" is to contribute to the analysis of the problems which hinder the
development of rural areas through family farming. To conduct this study, 02 successive draws
from 03 municipalities in 03 administrative divisions made it possible to obtain by a purposive
choice, a sample of 83 producers made up of 51 food croppers and 32 market gardeners were
carried out. It was supplemented by interviews with 200 resource persons made up of traditional
authorities, leaders of decentralized state services, association leaders, representatives of donors
and farmers. Data analyzes show that the sources of financing come from 65% of the producers'
own resources, 28% from funds negotiated in the tontines or local micro-financial services and
4% from conventional bank loans. Production is centered on small plots scattered throughout the
villages and distributed in a discriminatory manner to 65% men and 35% women respectively.
The seeds 41% are taken from the last harvests, 14% are bought by the producers in bulk on the
local markets or from the neighbors and 24% get them from specialized stores. The peasants
practice variable-cycle polyculture using only hoes and machetes: no agricultural machine is
suitable for its implementation, making the work difficult. Self-consumption takes 42% of the
production, no storage structure is available, the market is unorganized ’and structures for
processing agricultural products that can create jobs are non-existent. However, to improve upon
their living conditions, 8% of the producers participate in the construction and equipment of
classrooms, 9% of inhabitants contribute to the supply of drinking water while 20% of peasants
develop rural farm to market roads. No land use plan is envisaged leaving room for the anarchic
exploitation of land in slums and agro-sylvo-pastoral activities. Thus, the current agricultural
system only leads to the slow development of rural areas in western Cameroon. To improve upon
it, land use plans should be designed and implemented with the participation of all relevant
stakeholders. It would be wise to set up savings-credit structures adapted to agricultural activities
with the involvement of farmers. Agricultural techniques should be popularized with producers
encouraged to come together and involve themselves in development projects in their areas.
2
CHAPITRE I
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1.1. Contexte
3
primaire et particulièrement à son agriculture. Cependant, la croissance moyenne annuelle du
Produit Intérieur Brut agricole n’est que de 2,4 % face à une croissance démographique de 2,8
%, créant un énorme déséquilibre entre la production et la consommation. Par ailleurs, la
contribution du secteur rural au taux de croissance du PIB national n’est que de 0,78 %,
indiquant l’extrême faiblesse de l’investissement agricole et les contres performances de ce
secteur avec pour conséquence la dégradation des conditions de vie des populations vivant dans
les zones rurales (FAO, 2017).
Par ailleurs toutes les zones rurales au Cameroun ne sont pas affectées de développement
agricole de la même manière. A l’ouest particulièrement, plus de 72 % de la population vit en
zone rurale et plus de 92 % d’entre elle pratique l’agriculture (DRADER, 2017). La vie au
quotidien est centrée sur la production végétale couplée à l’élevage, mais la forte densité des
habitants les oblige à explorer d’autres sources de revenu telles que le petit commerce,
l’exploitation artisanale des ressources naturelles ou l’exercice des petits métiers. Ces
populations mobilisent les ressources issues de ces activités le plus souvent en groupes informels
autour des chefs ou en organisations paysannes autour des leaders pour mener des actions de
développement rural. Ces activités concernent particulièrement l’ouverture et l’entretien des
pistes agricoles, le financement et l’entretien des points d’eau, la construction et l’équipement
des écoles pouvant contribuer à l’éducation de la jeunesse.
Le milieu naturel est favorable à la production agriculture, mais le développement rural
durable à envisager consiste à un desserrement de la pression foncière et au contrôle de la
dégradation de l’écosystème (PNUD, 2006). Sur le plan spatial, l’habitat est dispersé et centré
sur les petites chefferies autonomes ayant des fortes densités de la population, entrainant un fort
taux d’exode rural dont la finalité est la pratique de commerce ou la création de nouvelles
plantations (Boutrais & Gubry, 1979). Sur le plan sociologique, les campagnes de l’ouest
Cameroun constituent un terrain d’étude particulièrement intéressant à la fois par l’originalité
historique et socio-économique, l’expérience et la capacité d’adaptation des paysanneries
locales, mais aussi l’acuité des contraintes auxquelles celles-ci sont actuellement confrontées
(Guilleermou, 2007). Du point de vue agricole, Dogmo (cité par Courade et al., 1994) trouve
que l’agriculture bamiléké de l’ouest Cameroun s’est développée en jouant sur un registre
complexe de potentialités transformées en ressources pour une gestion sociale et technique
hautement sophistiquées pouvant entrainer le développement de ses zones rurales. Légèrement
avantagée par ses potentialités naturelles dans le contexte camerounais, elle a assimilé rapidement
l’économie marchande tout en trouvant en son sein, les régulations indispensables pour sortir des
situations apparemment bloquées. Sur le plan culturel, l’agriculture et particulièrement la
4
production vivrière est perçue comme une activité réservée aux femmes et les hommes qui la
pratiquent sont considérés comme des marginaux. , Cependant, cette remarque n’affecte rien les
paysans qui y pratiquent, faisant même des concurrences avec les femmes pour la mise en œuvre
des parcelles des cultures de banane, des ignames et des pommes de terre. Pourtant, de nombreux
obstacles tant sur les plans financiers, techniques qu’environnementaux contribuent à freiner cette
agriculture de manière ralentir le niveau de développement de la population rurale (Tchekote’,
2017 ; Nguedia & Siyapdje, 2018).
1.2. Problématique
Les exploitants familiaux se servent généralement des dons et des fonds issus du
manoeuvrage dans d’autres champs agricoles (pambe’), de la vente des produits agricoles (FAO,
2016). Ces ressources leurs permettent d’acquérir quelques semences dites améliorées ou de
détailler les engrais chimiques en boite pour les épandre en couronne aux pieds de plants
considérés comme vigoureux.
7
production que pour satisfaire les besoins de ménage.
La FAO (2011) observe qu’a’ l’ouest Cameroun, la mauvaise répartition des terres, le
labour et la fertilisation restent les maillons les plus faibles. Ainsi plus 50 % des personnes y
vivant manque des matériels adaptés pour la production agricole et dans les villages plus 20 %
de petits producteurs sont des paysans sans terre. Dans la plus part des cas, les pauvres vivant
dans ces zones utilisent rarement les engrais et les semences améliorées et adaptées. De plus, ils
n’ont pas accès aux marchés pour écouler leurs productions, aux infrastructures de
transformation et transport et à la technologie pour créer la valeur ajoutée (Haut-Commissariat
aux droits de l’Homme et al., série 34).
Selon la Stratégie de développement du Secteur Rural (SDSR, 2016), 2/3 des ménages
exploitent des parcelles de moins de 2 ha et pratiquent une agriculture de subsistance. Ces
exploitants connaissent de fortes contraintes telles que la faible productivité du fait du système
cultural traditionnel extensif et de faibles proportions des producteurs ayant l’accès aux sources
du financement. Ces problèmes ont pour conséquence un déséquilibre dans la répartition de la
valeur ajoutée générée au détriment de ces petits producteurs. La forte densité de la population
de l’ouest Cameron oblige une partie des habitants à s’émigrer et les rebus sont obligés
d’exploiter des petites parcelles de superficie variant de 0,5 ha à 2 ha par famille (Tiwa, 2017).
Pourtant la FAO estime qu’une exploitation agricole de moins de 2 ha n’est pas économiquement
rentable.
De plus, les constructions de somptueuses résidences secondaires faites par les habitants
nantis natifs du village mais installés dans les grandes villes et pratiquant les activités libérales,
continuent à réduire les espaces au détriment de l’agriculture (Tchekoté, 2017). Des us et
coutumes localisés freinent la création des plantations industrielles, car le foncier en zone rurale
est régulé par la tradition au détriment de la loi foncière entrainant de multiples dérapages
couplés aux multiples jours interdits d’activités champêtres, perturbent considérablement les
activités agricoles.
De même, les inputs agricoles qui sont des facteurs indispensables pour une production
de masse, subissent après la libération des prix, entrainant une augmentation des couts d’achat
de ces produits. La conséquence est la baisse du pouvoir d’achat des paysans entrainant leur
faible participation financière des travaux de développement rural dans leur zone. Ainsi, la mise
en œuvre de systèmes d’adduction d’eau potable, l’entretien des routes et des pistes agricoles, la
8
construction des centres de santé et des écoles qui étaient construits et entretenus grâce a` des
subventions issues de la commercialisation du café sont tombés en ruine (Courade et al., 1995).
L’abandon de ces infrastructures prive les zones rurales de l’ouest Cameroun de la plus part de
ses structures sociales de base ou en les laissant à la charge aux paysans qui pourtant ne disposent
pas des moyens suffisants pour les entretenir.
Les populations sont rarement impliquées dans les plans de développement de leurs
zones : les habitants connaissent a’ peine leur conseiller municipal ou le président de comite’ de
développement. Ceux-ci sont généralement des élites fortunées résidant dans les villes et ne
visitent le village qu’a’ l’occasion de certaines cérémonies de grandes envergures impliquant les
autorités traditionnelles ou modernes.
Habituellement, les projets de développement sont du type top down conçus dans les
capitaux sans tenir compte de l’avis des bénéficiaires. Cependant certains chefs de quartier et
autres personnes ressources s’évertuent à initier les actions de nettoyage des point d’eau potable,
a’ curer les caniveaux, a’ embler les nids de poule sur les pistes rurales ou fabriquer des briques
de terre pour la construction de l’école, du foyer ou du centre de sante’. La participation des
paysans a’ l’amélioration de leurs conditions de leur vie collective ne concernent que certaines
taches de faibles envergures se limitant le plus souvent aux travaux de contonnage ou a’
l’entretien de l’environnement immédiat de leur domicile.
Rarement les sols de l’ouest Cameroun sont occupés selon les normes rationnelles. Les
billons progressent et visent a’ obstruer les pistes dans les zones rurales et s’arrêtent que grâce
a’ la destruction des cultures par le passage des véhicules. Chaque paysan est maitre de son
terrain et occupe le sol a’ sa manière : la case du chef de ménage au centre concession, les
maisons des femmes de part et d’autre de la grande cours familiale, jardins de case et arbres
fruitiers entre les bâtiments d’élevage et une haie vive ceinturant la limite du patrimoine. Les
cultures sont entremêlées et stratifiées sans tenir compte de leurs spécificités a’ l’intérieur
desquelles sont implantées des lieux sacrés comportant une multitude des dieux tutélaires (yan
Rivière, 2010). Les maisons sont bâties partout dans les champs indépendants des unités de
paysage ni des aspects socio-culturels ou environnementaux. Il n’existe aucune limite entre les
zones d’habitation et les champs ni entre les zones d’élevage, d’agricole ou de foret. Les villas
sont entourés des cultures annuelles ou pluriannuelles, des arbres fruitiers, des légumes et
condiments de cuisine donnant l’expression des villages perdus dans les champs.
9
1.3. Questions de recherche
Comment développer une zone rurale à base de l’agriculture familiale ?
De cette question se déduit un certain nombre de questions spécifiques :
1) Quelles sources de financement faut-il à l’agriculture pour permettre de développer
activement les zones rurales dans la région de l’ouest Cameroun ?
2 Quels mécanismes utilisent les paysans pour produire dans le développement des zones
rurales dans la région de l’ouest Cameroun ?
3 Quels effets produit la faible participation des populations aux activités
communautaires sur le développement rural?
4 Quel modèle d’agriculture convient-il pour développer a’ l’optimum les zones rurales?
L’objectif global est de contribuer au développement optimal des zones rurales par
l’analyse les facteurs qui freinent l’agriculture familiale.
10
1.5.2. Hypothèses spécifiques
Ho I : Les sources financières allouées aux activités agricoles ne suffisent pas pour
développer les zones rurales dans la région de l’ouest Cameroun ;
Ho II : Les mécanismes de production de l’agriculture familiale ne permettent pas
le développement rural dans la région de l’ouest Cameroun ;
Ho III : La faible participation des producteurs agropastoraux aux activités socio-
culturelles ne constitue pas un handicap pour le développement des zones rurales dans la
région de l’ouest Cameroun ;
Ho IV : Aucun modèle d’agriculture ne convient pour développer les zones rurales.
1.6. Importance de l'étude
La littérature abonde dans le domaine l’agriculture et le développement rural. Mais peu
d’auteurs ont mis en relation les enjeux de l’agriculture dans le développement rural. Il s’agit
dans cette thèse de mesurer l’apport de l’agriculture familiale dans le développement rural dans
le but de proposer des solutions pour l’amélioration durable les conditions de vie de la
population.
Sur le plan socio-économique, ce travail permettra de comprendre la cohésion sociale sur
la base des structures mises en place dans les zones rurales et ayant une multitude de fonctions.
Du point de vue économique, cette thèse permettra de dégager les mécanismes de
l’autofinancement ; les conditions de production agricole au niveau des paysans et de mobiliser
les ressources issues de ces activités pour le développement. Sur le plan environnemental ; ce
travail présentera l’agro écologie dans le cadre de la maitrise des intrants agricoles.
La zone rurale a été vue sous l’angle sectoriel et territorial. Cependant nos champs
d’investigation se sont limités dans les domaines du financement ; de la production et de la
participation des producteurs au le développement rural à base à l’agriculture. De plus, nous
nous sommes limités à l’agriculture familiale de la composante production végétale, telle que
pratiquent les paysans pour leur survie et qui investissent de faibles moyens financiers et
techniques. Nous nous sommes intéressés particulièrement aux paysans qui pratiquent les
cultures vivrières ou maraichères.
Du point de vue spatial, nous nous sommes limités aux départements des Bamboutos, des
hauts-plateaux et de la Mifi et précisément dans les communes de Babadjou. Bafoussam II et
Baham.
11
CHAPITRE II
CADRE CONCEPTUEL, THEORIES ET REVUE DE LA
LITTERATURE
Afin d’harmoniser la compréhension de cette thèse, les mots et termes clés ci-dessous
seront définis. Il s’agit d’enjeu, perspective, agriculture, rural, développement et développement
rural
2.1.1. Enjeu
L’enjeu est le garanti que chaque joueur met au jeu pour être pris par celui qui gagnera.
(Larousse. 1996). Un enjeu est quelque chose que l'on risque dans une compétition, une activité
économique ou une situation vis-à-vis d'un aléa. C'est donc ce que l'on peut gagner ou perdre en
faisant quelque chose: la mise dans un jeu ; la gloire ou la récompense de la bataille dans une
compétition.
L’enjeu est l’objet dont le sort en est la cause dans une compétition. Dans le contexte de
l’agriculture familiale, l’enjeu est de produire suffisamment des nutriments en quantité et en
qualité pour nourrir d’abord la population des zones rurales et de vendre le surplus dans le but
d’acquérir les ressources nécessaire pour se développer.
2.1.2. Perspectives
La perspective est un aspect d’un évènement qu’on envisage comme probable, bien
qu’encore éloigné ; c’est également les actions dans un certain éloignement mais à portée de vue.
C’est également un aspect d’évènement, de projet ou évolution, devenir de quelque chose qui se
présente comme probable ou possible (Larousse, 1996). Les perspectives sont ici comprises
comme des solutions qu’on cherche à apporter pour résoudre les problèmes posés dans le long
terme.
2.1.3. Agriculture
L’agriculture est l’art de cultiver la terre en vue de lui faire produire les végétaux propres
aux besoins des hommes et des animaux (Larousse, 2010) ;
L’agriculture est une activité économique dont la particularité est de s’ancrer dans un
milieu biophysique et de climat donné en se basant sur la forme d’exploitation d’un ou plusieurs
12
écosystèmes à des fins de production animale et végétale (Ferraton & Touzard, 2009). Selon ces
auteurs, nous pouvons affirmer que l’agriculture concerne la production animale et végétale dans
le but économique.
L'agriculture est un processus par lequel les êtres humains aménagent leurs écosystèmes
et contrôlent le cycle biologique d'espèces domestiquées. Le but est de produire des aliments et
d'autres ressources utiles à leurs sociétés, mais également une activité ayant pour objet principal
la culture des terres en vue de la production des végétaux utiles à l'homme et à l'élevage des
animaux. C’est l’ensemble des travaux transformant le milieu naturel pour la production des
végétaux ou animaux utiles à l’homme. Elle comprend la culture champêtre, l’horticulture, la
sylviculture et l’économie rurale.
L’agriculture est une activité qui consiste à produire les plantes (production végétale) ou
les animaux (production animale) selon de normes appropriées avec les outils adaptés dans le
but soit de maximiser le profit, soit de vulgariser les résultats d’après le centre permanent pour
l’environnement. Cet organisme distingue en effet plusieurs types d’agricultures selon les
techniques appliquées et la destination des productions. Il s’agit de l’agriculture intensive,
l’agriculture raisonnée, l’agriculture durable, l’agriculture paysanne ou traditionnelle et
l’agriculture familiale.
[Link]. Agriculture intensive
L’agriculture intensive est un système de production qui se repose sur une forte utilisation
d'intrants dans le but de rentabiliser la production. Elle utilise une haute mécanisation ainsi
qu’une technologie de pointe, des investissements importants et des compétences scientifiques.
Elle utilise les inputs appropriés et les outputs sont uniquement orientés vers la vente des biens
et services dans le but de maximiser le profit.
L’agriculture intensive peut également se faire de manière artisanale comme sur les
versants du mont Bamboutos ou’ la population pratique les cultures maraichères de fortes
densités (chou, pomme de terre, tomate, légume, carotte) en utilisant uniquement les houes et
en se servant de la main d’œuvre familiale. Cependant, la production est orientée vers le marché
bien que l’autoconsommation utilise une partie importante de la récolte.
[Link]. Agriculture raisonnée
L’agriculture raisonnée est un mode de production agricole qui vise à optimiser le résultat
économique en maîtrisant les quantités d’intrants et notamment les substances chimiques
utilisées (pesticides, engrais) dans le but de limiter leur impact sur l’environnement. Cette
forme d’agriculture concilie le respect de l’environnement (milieu naturel, hommes, animaux)
13
et des préoccupations économiques. Cependant elle néglige l’aspect social et oublie les
relations entre les hommes dans la société.
[Link]. Agriculture durable
L’agriculture durable est la forme où la production est extensive par rapport à sa densité
dans l’espace. Son fonctionnement s’inscrit dans les perspectives ouvertes pour le
développement durable. Elle se veut économiquement viable, écologiquement vivable et
socialement équitable. Cette forme est la plus envisagée pour le développement rural, mais dans
la pratique, elle est la plus difficile à réaliser à cause de ses exigences pour l’environnement et
sa faible productivité pour l’économie.
[Link] Agriculture paysanne
L'agriculture paysanne a un lien étroit entre des paysans, hommes et femmes, enracinés
sur des territoires spécifiques, avec un profond attachement à leur culture et des règles d'usage
souvent historiques des ressources de leur territoire. L’Agriculture paysanne ou traditionnelle
est basée en général sur les productions vivrières, maraîchères et l’agroforesterie pour satisfaire
les besoins alimentaires de la population. La main d’œuvre est familiale et l’outillage utilisé est
rudimentaire ainsi que la fertilisation approximative des champs. Elle fournit de faibles
rendements et sert d’autoconsommation pour le ménage des exploitants agricoles avec le plus
souvent peu d’excédents (FAO, 2010).
En Agriculture familiale, les producteurs correspondent à une grande variété
d’exploitations, caractérisée par des différences importantes notamment en termes de
superficies disponibles et de moyens techniques. La production est surtout destinée à
l’autoconsommation et est pratiquée sur de petites étendues avec des outils rudimentaires, des
techniques traditionnelles et les faibles productivités (Mushagalusa et al., 2015). Cette activité
permet aux paysans de survivre en vendant le surplus de la production pour acquérir les autres
biens et services ou pour acheter les produits manufacturés permettant de développer une petite
économie rurale.
[Link]. Agriculture familiale
L’agriculture familiale selon Sourisseau et al. ; (2015), désigne les formes d’organisation
de la production agricole caractérisées par l’existence des liens organiques et l’organisation
effective du travail. L’existence des liens organiques lie les économies domestiques, la famille
et l’unité de production.
Le recensement général de l’agriculture et des exploitants (RGAE , 2018) considère
comme l’agriculture familiale, la production faite par les personnes ayant ou non un lien de
14
sang ou de mariage, vivant dans la même exploitation et prenant habituellement les repas en
commun. Ils surviennent généralement de manière commune aux dépenses courantes d’une
seule personne appelée chef d’exploitation.
Les agriculteurs peuvent mener une spécialisation parfois excessive sur une culture ou
un élevage au détriment de la diversité des productions. Ils peuvent aussi développer une très
forte intension de leur exploitation agricole au détriment d'une répartition des terres.
Parmi ces différents types de production, celle familiale est particulièrement
intéressante. Elle mobilise effectivement le travail familial et se fait sans recours au salariat
permanant. Cependant ces approches quantitatives peuvent conduire à un salarial temporaire
ou occasionnel et ce travail salarial aboutit à un adjectif économique structurel où à un acte de
production et modifie ce que Mendras (1967) qualifie de rapports sociaux à l’intérieur de l’unité
de production.
Il ressort des différentes définitions que l’agriculture est une activité humaine qui
consiste à produire les denrées alimentaires d’origine animale ou végétale. Elle se fait dans un
but économique pour améliorer les conditions nutritionnelles de l’homme.
Dans la suite dans notre thèse, le terme agriculture désignera les activités paysannes et
traditionnelles de type familial. Elle renferme les cultures vivrières (arachide, maïs, haricot,
banane, Macao), des cultures maraichères (pomme de terre, chou, tomate, oignon, condiment
vert pour la cuisine) et des cultures de rente (café, cacao, huile de palme) qui sont des
spéculations produites dans la région de l’ouest Cameroun. Mais également elle concernera
l’élevage (aviculture ; porciculture, pisciculture, apiculture, petits ruminants…) et le petit
commerce pratiqués qui permettent aux paysans d’acquérir les capitaux pour les réalisations
individuelles ou pour les travaux communautaires.
2.1.4. Développement
15
Le développement selon Perroux (cité par Deubel, 2008) est la combinaison des
changements mentaux et sociaux d’une population qui la rend apte à faire croître
cumulativement et durablement son produit réel et global. Il implique l’amélioration du bien-
être de toute la population et se traduit par une hausse de revenu par tête d’habitant un
accroissement de la ration alimentaire et meilleurs accès a’ des infrastructures de base et des
services tels que la sante’ et l’éducation.… A long terme le développement vise la destruction des
sociétés rurales au profit des villes.
Ainsi Le développement englobe les grands bouleversements tels que les valeurs, les normes et les
structures sociales. Il implique par nature un phénomène qualitatif de transformation sociétale ayant comme
indicateurs l’éducation, l a santé, les libertés civiles et politiques. Ainsi le développement dépend d’une
multitude de paramètres selon les organisations telles le PNUD ou la Banque Mondiale (2017).
2.1.5. Rural
Le rural concerne les champs, les campagnes. C’est un entendu de terre de faible densité
de population humaine par rapport à la ville. Le rural est une zone à l’intérieur de laquelle vivent
différents sujets économiques, sociaux et environnementaux qui exercent différentes activités.
Ils ont besoin des différents services, différentes infrastructures pour s’épanouir. Par rural,
Elisma & Joyal (2012) sous-entendent les notions d’espace, de territoire, de communauté
engagée dans des activités multiples pour sa reproduction et son développement. Les populations
rurales vivent en dehors des agglomérations urbaines et ayant comme agriculture la plus grande
partie de leur activité. Les habitants se subdivisent en différents groupes socioculturels ayant
leur propre système de valeurs, leurs goûts en matière de loisirs et leurs styles de production et
de consommation.
L’espace rural se caractérise par une densité de population relativement faible, par un
paysage à couverture végétale prépondérante (champs, prairies, forets, autres espaces naturels),
par une activité agricole relativement importante, du moins par les surfaces qu’elle occupe (Sénat
français, 2003).
Le rural est donc un espace habité par de petites communautés humaines dont les valeurs
d’entraide et l’histoire commune tournent autour de la fierté et de l’appartenance à un milieu, à
un territoire et à une famille. Ces communautés retrouvent une dynamique et des pratiques
sociales, culturelles et économiques fondées sur la proximité, la convivialité, l’entraide et la
coopération.
L’organisation de la coopération et du développement économique (OCDE) met au point des
16
critères objectivement vérifiables pour qualifier le rural. Elle classe le rural en 02 niveaux selon
l’étendue de son territoire en se basant sur le local et le régional. Le niveau local concerne les
zones rurales ayant de communautés dont la densité de population inférieure à 150 habitants/km².
Au niveau régional se distingue par des unités fonctionnelles ou administratives plus importantes
selon leur degré de ruralité en fonction de la part de la population de la région vivant dans des
communautés rurales. Ainsi les régions sont classées en 03 groupes :
- Les régions essentiellement rurales : elles sont des territoires dont plus de 50 % de la
population vivent dans la communauté rurale ;
- Les régions relativement rurales concernent les territoires dont de 15 à 20 % de sa
population vivent dans les zones rurales ;
- Les régions essentiellement urbaines qui ont moins de 15 % de la population habitant dans
les communautés rurales
Il ressort des différentes définitions que le rural est une zone de faible densité ayant pour
activité principale l’agriculture avec une forte solidarité entre les populations.
Le Développement Rural selon Elisma & Joyal (2012), représente une approche globale
et coordonnée des territoires ruraux dans les composantes sociale, économique et
environnementale. Il a pour objet de mieux tirer parti des complémentarités entre ville et
campagne et de valoriser les ressources spécifiques des territoires ruraux.
Le développement rural est la promotion de toutes les activités en zone rurale pouvant
contribuer à l’accroissement du niveau de vie des populations. Il n’est pas seulement un simple
développement agricole mais il englobe également l’espace rural au sein duquel coexistent
différentes activités ayant des fonctions et des diversités objectives. Celles-ci s’intègrent dans
une optique de développement cohérent, durable et solidaire. Les programmes de
développement rural intégré s’exécutent dans le but non seulement d’accroître la productivité
agricole, l’aménagement des forêts, la protection de l’environnement, mais de favoriser l’accès
des populations à la santé, à l’éducation, à l’information.
Ainsi le PNUD (1990) avait élaboré les indicateurs qui favorisent le développement
humain parmi lesquels le niveau de vie, l`espérance de vie à la naissance et le niveau
d`instruction. Ces facteurs se traduisent en zone rurale par la mise en place d`une multitude
d`infrastructures communautaires de base tels que l`accès a` l’eau potable, les soins de santé, la
construction et équipement des écoles ou l’ouverture et entretien des routes.
17
2.1.7. Recentrage de la thèse
Une théorie est une réunion d’un ensemble de lois concernant un phénomène donné en un
corps explicatif global et synthétique (Aktouf, 1987). Pour notre travail, 02 théories sont utilisées
parmi lesquelles la théorie de la modernisation élaborée en 1960 par Rostow et celle de la
pression créatrice de la population de Boserup en 1970 :
18
de rente servent de matière première des industries et entreprises étrangères.
Cependant la théorie de modernisation ignore les techniques de production qu’utilisent
les paysans pour la production ainsi que les difficultés qu’ils rencontrent pour l’amélioration de
leur condition de vie.
La théorie de la pression créatrice de la population a été mise au point par Ester Boserup
en 1970 dans son ouvrage dénommé «Évolution agraire et pression démographique ». Boserup
estime que l’agriculture et l’approvisionnement agro-alimentaire dépendent de la taille et de
l’accroissement de la population. Elle défend la thèse selon laquelle les êtres humains sont
capables de réagir et de s’adapter aux situations mettant en danger leur vie tant individuelle que
communautaire. C'est une théorie qui donne une vision optimiste face au désastre malthusien
(Kini, 2007). En effet, Malthus affirmait que la croissance géométrique de la population est
disproportionnelle face à une croissance arithmétique de la production alimentaire. Ainsi, Malthus
montrait que les pressions démographiques peuvent dégrader l'environnement et conduire à la
famine, la guerre, la maladie elles-mêmes à mesure de contrôler la population. Selon Boserup, si
les densités de population augmentent, l'intensification agricole fait de même, et n'accroît pas
seulement la production, mais aussi stimule l'adoption des techniques de gestion des terres
conservatrices des ressources naturelles. Boserup affirme donc que la pression démographique
entraîne une réorganisation de la production agricole. Contrairement à l'analyse malthusienne,
elle ne peut séparer l'évolution de la production agricole de celle de la population. C'est la taille
de la population et donc le niveau de subsistance nécessaire qui conduit à des modifications dans
les modèles d'exploitations des terres. Ainsi, la pression démographique a obligé les pays du Nord
à adopter la charrue afin d'augmenter la productivité des terres agricoles. Boserup pense qu'une
population clairsemée n'incite pas la société à changer le système d'utilisation du sol. La
croissance démographique joue donc un rôle moteur dans le changement des techniques, c'est la
pression créatrice.
Elle distingue 02 formes de production classique dans le domaine de l’agriculture qui
peuvent être extensive ou intensive avec 5 niveaux intermédiaires, évoluant sous l’influence de
la croissance démographique en se basant sur la jachère forêt, la jachère buisson, la culture à
courte jachère, la jachère avec récolte annuelle, la récolte multiple sans jachère (Boserup cité par
Tiwa, 2017).
Cependant, cette théorie met l’accent sur l’agriculture familiale et particulièrement
l’utilisation de la main d’œuvre. En effet dans les zones rurales, la population est relativement
19
jeune et a une grande capacité de se déployer dans les champs pour exploiter de grandes
superficies. Malheureusement ces jeunes sont scolarisés et ne sont libres que durant les week-
ends, les congés et les vacances. De même, le travail des enfants est vivement condamné par la
communauté internationale. De plus, cette théorie ignore l’aspect social de l’agriculture : en
effet, la terre, facteur capital de production, est disproportionnément distribuée entre les
différentes classes sociales ou entre les hommes et les femmes (Geny et al., 1974 ; Tiwa, 2017).
2.3. Revue de la littérature
Plusieurs auteurs se sont intéressés aux problèmes l’agriculture familiale en relation avec
le développement rural : Pour certains penseurs, l’agriculture est au centre de toutes les attentions
par son rôle, son financement ou son système de production. D’autres écrivains analysent
l’agriculture paysanne du point de vue de sa contribution et de son rôle de changement positif des
conditions de vie des populations rurales.
Dans les zones rurales l’agriculture est au centre des activités des populations et fournit
l’essentiel des ressources de revenu sur lesquelles les populations doivent s’appuyer pour se
développer. Les revenus non agricoles bien que utiles, ne sont que complémentaires
20
La disposition d’une importante population qui constitue un marché potentiel pour les biens
industriels.
Pourtant, Dufumier néglige le rôle social de l’agriculture. Elle retient les populations dans les
villages et contribue à la réduction de l’exode rural. Ainsi chaque année, des milliers d’enfants nés
en ville sont envoyés dans les villages pour assister les grands parents dans les campagnes,
contribuant à la réduction de la population urbaine et à sa pression sur l’environnement.
D’après Friffon (2006), le rôle capital de l’agriculture est d’assurer les besoins alimentaires
en quantité et en qualité à une population mondiale sans cesse croissante. Par ses potentiels, elle
contribue à la réduction de la pauvreté et des vices de la société rurale. Cependant cet auteur ne
mentionne pas le rôle de l’agriculture dans l’agro-industrie qui consiste à transformer les
produits agricoles dans les usines pour accroître la valeur ajoutée et la création des emplois.
Ainsi, après la récolte, les céréales sont moulues et deviennent farine puis livrés aux
consommateurs finaux sous forme de pain et ses dérivés. A chaque étape une nouvelle
technologie est ajoutée à la matière première et le produit agricole demeure une source de devise
utilisée tant en milieu rural qu’en zone urbaine.
[Link] .Moyen de production en agriculture familiale
Sims et al., (2016) soulignent que la majorité des petites exploitations agricoles disposent
d’un accès limité aux moyens de production, en particulier à la mécanisation : Ils soulignent que
les sols mal labourés ne permettent pas aux racines de plantes de se fixer et de puiser les éléments
nutritifs pour assurer une bonne croissance. Les productions qui en découlent sont de faibles et
contribuent à renforcer les impacts environnementaux négatifs qui pèsent sur des ressources
naturelles déjà en déclin. En outre, elles ont moins de possibilités d’accéder aux marchés et donc
de bénéficier des nombreuses activités à valeur ajoutée que peuvent offrir les systèmes
alimentaires plus développés.
Selon ceux auteurs, les petits producteurs sont de plus en plus pauvres et s’ils ne sont pas
financièrement soutenus, ils risquent d’être marginalisés par les multinationaux. En effet ceux-
ci contrôlent les agro-industries depuis la production jusqu'à la distribution car ils se servent des
prix abordables, des produits de hautes qualités, de la promotion et la publicité pour placer leurs
fabrications a’ la table des consommateurs finaux, ruinant le système l’agriculture artisanale.
Pourtant les paysans peuvent se regrouper et cultiver les denrées ou’ ils ont les avantages
comparatifs tout en protégeant l’environnement.
[Link]. Niveau de vie des producteurs agricoles
Malthus (cité par Leridon, 2014) propose les méthodes pour augmenter le niveau de vie
21
de la population des zones rurales par la réduction de la natalité. Selon lui, les couples dans les
pays en développement(PED) doivent réduire volontairement leur fécondité et les jeunes
célibataires peuvent se tenir à l’écart du mariage tant qu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir nourrir
une famille. Dumont (1973) argumente et encourage les couples des PED à inverser la tendance
en limiter le nombre d`enfants pour réduire leurs dépenses et leurs contraintes familiales. Ces
mesures permettrons a’ concentrer leurs efforts sur un nombre restreint d’enfants afin d’assurer
à ceux-ci une chance de promotion sociale et a’ épargner une grande quantité de ressources pour
se développer.
Ces auteurs se trompent surement car en absence de la mécanisation ; il faudrait une
grande quantité d’énergie pour produire les denrées alimentaires pour nourrir la population de
plus en plus croissance et dégager un surplus pour le développement. Ainsi réduire la fécondité,
conduirait a’ réduire la main d’œuvre, a’ encourager la famine et a’ baisser le niveau de vie de
la population en zone rurale.
[Link] .Indicateurs de développement
Le développement s’inspire de la théorie des besoins essentiels conçus par le Bureau
International de Travail (1974). Il se caractérise par la disponible d’un minimum de biens pour
assurer le bien-être de l’homme tels que l’alimentation, l’habillement et des services de base.
Les besoins essentiels sont des faits quantifiables, universels et de facteurs de croissance
économique. Cependant Perroux (cité par Deubel, 2008) trouve que le développement est la
« combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rend apte à faire
croitre cumulativement et durablement son produit réel et global ». Ce sont des organes d'intérêt
général qui transforment la croissance d'une industrie ou d'une activité en croissance d'une
nation envoie de se faire et les développements anarchiques en un développement ordonné.
Le développement est un tout. Il englobe les dimensions culturelles, sociales,
institutionnelles, politiques et écologiques qui doivent être traitées dans leurs interrelations par
une politique intégrée (Sacks, 1988). Ainsi tous les acteurs dans une communauté participent au
développement de manière individuelle ou par des activités communautaires. Le développement
humain (PNUD, 1990) montre les trois facteurs qui différencient les villes des zones rurales. Ils
concernent le niveau de vie, l’accès aux soins de santé et le niveau de l’éducation en relation
avec la production et la transformation de la paysannerie. Dans les campagnes ces indicateurs
sont difficiles à mesurer par manque des données statistiques fiables. Portant, ces organisations
mesurent le niveau de développement à l’aide d’une multitude d’indices parmi lesquels le
Produit Intérieur brut par habitant, l’indice de développement humain. Grace à lui, les pays se
22
classent en pays riches, en pays en voie de développement, ou les pays moins avancés selon le
produit intérieur brut par habitant et l’indice de développement. Ainsi, le développement dépend
d’Indices de Développement conçu par le PNUD (1990) et prenant en compte la santé et la
longévité, le savoir et le niveau de vie. Ces indicateurs sont mesurés par l’espérance de vie à la
naissance, le niveau d’instruction, et le produit intérieur brut par habitant en parité avec le
pouvoir d’achat. Cependant dans les PED, le développement se mesure par le nombre d’élèves
par enseignant, le nombre de classes jumelées, la distance parcourue par l’élève pour atteindre
l’école la plus proche, le membre et l’état des infrastructures sociales dans une zone. Pourtant,
ces indices tiennent rarement compte des aliments produits et consommés par la population
locale. Elle ignore la quantité et la qualité de glucide, de protéine, de lipide qu’une personne doit
consommer pour être en bonne santé’ ; ces nutriments ne peuvent provenir que de l’agriculture
d’où l’intérêt de la développer au niveau des zones rurales.
[Link]. Niveau de développement des zones rurales
Généralement dans les zones rurales, Codene & Kamala (1998) trouvent que la qualité
des biens est médiocre et porte sur les objets de moindres importances ou des outils de
récupération : Ainsi les habits prêts à porter proviennent de la friperie et portent sur le numéro
choix : premier, second et troisième choix. Les ustensiles de cuisine, les motos et les voitures
qui s’utilisent dans les villages sont issus des occasions d’Europe ou « des casses » des villes et
livrés aux prix d’or aux paysans. Les services disponibles se réduisent le plus souvent à de faibles
infrastructures telles des passerelles artisanales ou des vieilles chassies mises en travers sur les
cours d’eau. Ainsi dans la plus part des campagnes, la population utilise l’eau des rivières et des
lacs pour la consommation domestique appelée « eau de source ». Elle se sert également des
lampes tempêtes pour alimenter les maisons et les centres de santé intégrée (PCD Babadjou,
2014) malgré d’immenses opportunités qui sont offertes par la nature qu’ on peut s’en servir
pour l’obtention de l’eau potable ou mettre les centrales hydro-électriques sur les cours d’eau
gravitaire pour obtenir du courant électrique a’ moindre cout pour améliorer les conditions de
vie des populations rurales. Ces indices prouvent qu’en matière de développement des
infrastructures sociales, il existe un écart énorme entre les villes et les campagnes qui se solde
par le bien être des habitants des cités par rapport à ceux des villages.
23
l’Etat, des organismes et les producteurs eux-mêmes.
Pourtant au cours des dernières années, les investissements en faveur de l’agriculture
n’ont cessé de diminuer. En effet, les apports financiers destinés au développement agricole ont
reculé de près de 40% entre 1988 et 1998 (Bara, 2003). Cependant le fonds International pour le
développement de l’agriculture (FIDA, 2001) avoue que seulement 12% de l’aide pour le
développement totale sont consacrés au développement agricole.
[Link] Financements de l’agriculture par l’Etat
L’agriculture est riche de promesse pour la croissance, la réduction de la pauvreté et
l’auto emploi des populations rurales. Cependant pour que ces promesses se concrétisent, la main
visible de l’État doit se manifester pour fournir des biens publics essentiels, améliorer le climat
de l’investissement, réglementer la gestion des ressources naturelles et obtenir des résultats
sociaux souhaitables. La poursuite de plans d’action pour mettre l’agriculture au service du
développement exige une amélioration de la gouvernance pour l’agriculture aux niveaux local
et national (BM, 2017). Seul l’État dispose des cadres législatifs et des capacités pour pouvoir
coordonner les actions entre les secteurs et former des partenariats avec des intervenants du
secteur privé et de la société civile.
Elisma & Yoyal (2014) démontrent que dans la plus part des pays en voie de
développement, la décentralisation est balbutiante ou inexistante, le pouvoir central assiste
rarement les ruraux en terme de développement. Peu de moyens financiers sont engagés dans les
campagnes en termes de financement des infrastructures. Cette approche contraste avec les pays
industrialisés où le développement rural nécessite les grands investissements de l’Etat dans le
but d’améliorer durablement les conditions de vie de la population car le développement rural
n’est pas uniquement l’agriculture et les structures annexes. Il élargit son champ d’action à
d’autres secteurs d’activités comme la petite industrie, le secteur des services et la mise en valeur
des ressources locales à travers la production, la transformation, le transport, la distribution et la
commercialisation des biens non agricoles. Toutes ces activités font partie du rôle régalien de
l’Etat et méritent une attention particulière en terme de ressources financières que les populations
locales ne peuvent pas mobiliser. Ces auteurs pensent que les ruraux font face à cinq enjeux
majeurs tels que :
- Le développement d’une meilleure compétence de l’interdépendance des économies
urbaines et rurales;
- Le développement d’une gouvernance rurale citoyenne ;
- Le renforcement des capacités de développement des communautés rurales ;
- Le renouvellement du rôle de l’Etat et des politiques publiques et la généralisation des
24
approches de développement durable.
Toutes ces actions nécessitent des ressources tant matérielles, humaines que financières
disponibles le plus souvent hors des zones rurales mais susceptibles de provenir de l’Etat en
collaboration avec les bénéficiaires et les bailleurs de fonds.
Les ressources se traduisent au Cameroun par les lois de finances votées par l’assemblée
nationale et reparties dans les ministères concernés pour exécution (lois des finances, 2010-
2021). Ainsi, 02 départements ministériels ont la charge de l'élaboration et de la mise en œuvre
des politiques de développement agricole du pays; chacun d'eux ayant une spécialisation
sectorielle précise:
Un ministère en charge des questions relatives au développement de la production végétale,
le Ministère de l'Agriculture, transformé en Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural
(MINADER); Un ministère en charge des questions liées au développement des productions
animales: le Ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA). Cette
bipolarisation constitue un réel obstacle à la mise en cohérence de la politique agricole. Ces 02
ministères partagent dans la réalité des actions de terrain, les mêmes cibles et les mêmes
problèmes à résoudre pour assurer un meilleur développement agricole. Cependant, ils ont des
approches et des stratégies différentes sur le terrain alors qu’ils encadrent les mêmes paysans
pratiquant la production végétale et la production animale (DRADER, 2015 et DREPIA, 2017).
Vu l’importance de l’agriculture dans le développement rural, les chefs d’Etats africains
avaient décidé dans la déclaration de Maputo (2002) de consacrer à leurs secteurs agricoles au
moins 10 % de leurs ressources budgétaires. Pourtant les pays d’Afrique saharienne qui tire une
grande partie de leur produit Intérieur brut de l`agriculture et fournit plus de 60 % d’emploi total
reçoit moins de 10 % de crédit bancaire (Mustapha, 2016).
[Link]. Contribution des banques au financement de l’agriculture
Au vue de la forte contribution de l’agriculture dans le PIB et son apport dans la réduction
du taux de chômage par le nombre d’emplois total dans les pays subsahariens, le taux de crédit
qui lui est consacré dans la proportion des crédits bancaires est très faible et ne peut pas
promouvoir le financement d’une agriculture familiale de masse. Sur le plan du crédit bancaire,
les paysans sont pratiquement abandonnés. Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer ce
phénomène parmi lesquelles les risques liés aux aléas dans la production et l’incertitude de prix
de vente des denrées alimentaires qui font dire aux banquiers que le secteur agricole est un
domaine à haut risque (Platform, 2017).
25
[Link]. Financement de l’agriculture par les producteurs
Janin (1997) ayant réalisé les enquêtes sur la répartition des dépenses des producteurs de
l’ouest Cameroun trouve que «les 2/3 des personnes à charge sont constitués par des scolaires
tandis qu’une proportion équivalente des emprunts contactés sont affectés à des dépenses de
scolarité et de santé». Toutes les ressources des producteurs étant consacrées à la santé et à
l`éducation, le secteur agricole est négligé et les paysans investissent peu de ressources pour le
développement de leur zone. Ainsi la plus part des projets réalisés dans les zones rurales sont
issus non pas par les ressources des producteurs, mais proviendraient des élites extérieurs
installés dans les villes et menant des activités lucratives. Cette situation fait penser que la
proportion de la contribution des producteurs serait faible mais pas négligeable car dans les
villages la population paye la carte de développement dont les montants sont fixés par la
population elle-même selon les critères initiés par les comités de développement.
HLPE (2013) trouve que les acteurs du secteur agricole travaillant à très petites échelles,
éprouvent d’énormes difficultés à investir. Ce faible niveau d’investissement est souvent lié à
l’impossibilité d’accéder à la finance et au crédit. Ainsi dans les zones rurales des PED, les
contraintes qui pèsent sur l’accès au crédit sont l’un des principaux obstacles à la réalisation
d’investissements qui devraient servir à adopter les technologies nécessaires pour la production
à grandes échelles. En dépit de leur essor considérable, les programmes de micro finance et de
crédit communautaire ne couvrent qu’une petite partie de la finance rurale. Le manque d'accès
au crédit rural formel atteint un taux de 80 % dans la majorité des pays en développement (BM,
2007). Les études menées par Doligez et al., (2010) confirment cette tendance et montrent que,
plus de la moitié des producteurs africains n’a pas eu accès au crédit, même de manière
informelle. Dans ce cas, comment financer la production de masse pour conquérir les marchés
quand les facteurs de production dépendent que de très faibles investissements.
[Link]. Aide au développement dans l’agriculture familiale
Dans son rapport institué « Agriculture au service du développement » la BM (2007)
affirme qu’il faut accorder plus d’importance à l’agriculture à tous les niveaux pour le
développement. Selon elle, les pays doivent adopter des réformes indispensables, notamment
diminuer les subventions génératrices de distorsion et ouvrir les marchés et les organisations de
la société civile. En particulier, les associations de producteurs agricoles doivent être davantage
impliqués dans l’élaboration de la politique agricole car si 75 % de la population pauvre
mondiale vit dans les espaces ruraux, seulement 4 % de l’aide publique au développement va à
l’agriculture dans les pays en développement. En Afrique subsaharienne, les dépenses publiques
consacrées à l’agriculture ne représentent que 4 % des dépenses totales alors que la charge fiscale
26
reste relativement lourde dans ce secteur.
Ce faible investissement dans le secteur agricole se traduit par le faible équipement en
outils de production, en infrastructures de transport, de transformation ou de conservation. Il se
traduit par le faible niveau de vie des zones rurales. Si rien n’est fait pour financer la production
agricole, la population rurale deviendrait de plus en plus pauvre et dépendante des aides
alimentaires. Pourtant, elle dispose d’énormes potentialités de produire les nutriments en
quantité et en qualité selon leur convenance (B M, 2008).
[Link] .Répartition des cofinancements en agriculture familiale
Abordant le financement les activités génératrices de revenu, Vincent (1994)
recommande que l’aide au développement dans le domaine agricole se fasse sous forme d’un
cofinancement selon les règles bien définies. Les actions de productivité doivent se faire par des
fonds propres ou par des crédits provenant des populations locales. Cependant, les frais de
formation et d’encadrement des producteurs, les frais institutionnels et sociaux proviendront des
bailleurs de fonds sous forme de don ou des subventions.
Cet auteur pose ainsi la problématique du financement total des activités génératrices de
revenu comme des projets sociaux qui peuvent recevoir des dons et de subventions. Ainsi, l’aide
au développement agricole ne peut être efficace que si la partie productive provient des
bénéficiaires et les dons ne servant que de financer les accessoires du projet. Le financement de
la production par l’argent froid ne peut pas contribuer à la promotion d’une agriculture rentable
et durable. Ainsi l`argent chaud provenant seulement des producteurs serait insuffisant et
difficile à mobiliser tandis que l’argent froid contribuerait à freiner les efforts des populations
locales. C’est la raison pour laquelle l’auteur préconise l’utilisation de l’argent tiède qui est issu
d’un cofinancement ; serait idéal pour le développement de l’agriculture dans les zones rurales,
chaque partie prenante ayant sa responsabilité dans un tel projet agricole pour le développement.
Cependant il ne précise ni les proportions de ces ressources ni les méthodes de coopération qui
peuvent provenir d’un système de top down faisant des paysans des éternels assistés. Il oublie
également les stratégies a’ utiliser pour financer la masse de paysans pauvres et analphabètes qui
croupissent dans les villages et qui ne peuvent pas ouvrir les comptes dans les institutions
financières pour bénéficier des mânes que peuvent apporter les bailleurs de fonds. Ces paysans
qui constituent plus de 80 % de la population rurale, produisent pourtant plus de la moitie’ des
cultures vivrières et participent a’ la réduction de la famine dans les villages. Ceux-ci ne peuvent
bénéficier ni de l’argent froid ni de l’argent tiède, mais se servent uniquement de l’argent chaud
pour le financement de leurs activités. Ils sont autonomes vis a’ vis des bailleurs de fonds et
investissent leurs ressources sur les cultures de leur convenance, selon leur planification et sans
27
pression externe.
Bedard (2000) quant à lui souligne que l’argent chaud issu de l`épargne des paysans et des
crédits serait plus génératrice de développement que l’argent froid provenant des dons et des
aides octroyés par les organismes de bienfaisance dans les coopérations décentralisées. Ainsi la
recherche du financement de l’agriculture se doit se reposer sur 03 composantes telles que :
- l’effort propre d’autofinancement des associations locales et de leurs membres ;
- l’appui par un financement local adapté ;
- l’aide qui peut intervenir en complément de l’effort propre et du financement local.
Ce mode de financement de l’agriculture permet d’avoir un développement autocentré où
les paysans seront à la base de l’évolution positive de leur localité et non une croissance
économique agricole imposée de l’extérieur par les bailleurs de Fonds. Les propos de cet auteur
montrent que le développement de la zone serait lent a’ cause de la faiblesse des montants des
investissements, mais irréversible.
[Link]. Placement des ressources financières
Les ressources financières issues des producteurs sont placées dans divers lieux selon leur
convenance tels que la thésaurisation, les tontines, dans les banques/micro finances ou dans les
endroits secrets.
La thésaurisation
Abordant les lieux de placement des revenus, Vincent (1994) trouve les paysans ont
tendance plus à thésauriser leur argent. Pourtant par cette manière, il constate que l’argent fuit
le circuit économique et n’est donc pas utile au développement, puisqu’il ne pourra pas être prêté
à d’autres acteurs.
Les tontines
Les tontines, issues régulièrement des organisations paysannes sont subdivisées en tontine
rotative avec bénéfice à chaque tour par un membre, mais également comportent en leurs seins
des volets de banque : banque scolaire, banque d’épargne, banque annuelle. En fonction des
activités menées et des montants de contribution, un membre négocie des crédits dans les
conditions fixées par l’Assemblée Générale. Cependant, rarement, ces tontines disposent des
crédits agricoles ou des crédits de campagne alors qu’à l’ouest Cameroun, la production agricole
concerne plus de 90 % des membres (DRADER, 2017).
A l’ouest Cameroun, Tadjuidje (1982) constate qu’en cas de difficultés avec les banques,
les paysans replient vers la tontine pour garder leur argent. Elle est non seulement un lieu
d’épargne, mais un recours en période de crise financière pour les populations rurales. Les
échanges sont codifiés par les usages, les coutumes et les rituels. La richesse des tontines est leur
28
spécificité : contrairement à la banque, la seule mise sur pied des normes permet aux membres
de confier la gestion de leur patrimoine sur la seule base d’appartenance aux catégories
identiques (village, travail) et des types de rapports qu’ils entretiennent entre eux (Kemayou;
Tadjuidje & Madiba , 2011).
Vincent (1994) recommande alors de placer les revenus dans les tontines ou dans les
banques/micro finances. Malheureusement, certains malhonnêtes bénéficient des cotisations des
membres et disparaissent avec les mânes, faisant croire que les tontines sont les lieux à hauts
risques par rapport à des banques.
Cependant, ces auteurs regrettent que les associations tontinières ne disposent pas
généralement du volet des crédits agricoles dans leurs activités alors que la production concerne
plus de 90 % de leurs membres (DRADER, 2017). Pourtant, dans la plus part ces tontines, le
montant des prêts accorde’ a’ un membre actif est fonction de ses avoirs dans l’association.
Ainsi, les cotisations hebdomadaires, les intérêts de placement des fonds, les banques tant
scolaires qu’annuelles, les fonds de l’association, les sanctions de membres convertis en
ressources financières sont facilement négociés pour obtenir les fonds pour financer les activités
et de devenir un véritable entrepreneur rural en une seule campagne agricole.
[Link]. Complémentarité des banques et tontines dans le financement de l’agriculture
Rozas. & Gauthier (2012) estiment que les ressources provenant des tontines sont
généralement insuffisantes pour financer les investissements de grandes valeurs, mais servent
plutôt à obtenir les fonds de roulement. Les grandes entreprises agricoles utilisent des ressources
négociées dans des banques et seuls les petits paysans ou les micro-entreprises parviennent a’
colmater les fonds des tontines.
Les propos de ces auteurs laissent croire que les entrepreneurs agropastoraux se servent
des ressources des tontines et des banques pour financer les activités agricoles. Ainsi ils évitent
la sècheresse de la trésorerie qui peut être fatale dans la production agricole.
[Link]. Part de l’autofinancement dans l’agriculture familiale
En Tanzanie la situation d’accès au crédit agricole est difficile et complexe pour les
29
paysans. Dans ce pays-là, 60 % de la population rurale s’autofinance tandis que 28 % des ruraux
obtiennent des crédits auprès des associations ou des opérateurs informels locaux. Cependant, 8
% des paysans négocient dans les banques classiques tandis que 4 % des ruraux préfèrent
acquérir les prêts dans les Instituts des Micro- Finances (Grain de sel n° 72, 2016). Cette situation
fait penser qu’en Afrique, les producteurs du secteur agropastoral sont négligés et abandonnés à
eux –mêmes en matière de financement de leurs activités, l’agriculture étant considérée par les
banquiers comme un domaine à haut risque.
Quant au système de vulgarisation et des appuis aux producteurs; des questions posées
aux paysans par l’économie camerounaise des ménages (ECAM 3 cité par INS, 2007), révèlent
qu’au Cameroun seulement 18,9 % des paysans sont informés de l’existence des structures en
charge de l’agriculture. Ces producteurs sont surpris que ces structures octroient des appuis aux
agriculteurs tandis que 58 % d’entre eux sont insatisfaits des interventions du MINADER dans
la production agricole dans les zones rurales. Ces statistiques prouvent que quelques moyens
sont mis à la disposition des paysans pour la production mais a’ cause des sous informations de
ces opportunités, ils utilisent leurs ressources propres pour financer leurs activités, laissant croire
qu’ils sont abandonnés.
Le mécanisme de production agropastorale se repose sur les facteurs tels que l’accès a’
la terre, les techniques de production et de consommation.
30
et qui en possèdent les droits de jouissance délivrés par l’administration (titre foncier).
La FAO (2008) analysant l`accès a` des facteurs de production, conclut que dans les pays
d’Afrique saharienne, les lois et les décrets existent et accordent des droits égaux de propriété
foncière aux femmes et aux hommes. Mais rarement ces lois sont appliquées, laissant prévaloir,
les systèmes coutumiers qui n’octroient le plus souvent l’héritage des droits de propriété qu’aux
seuls hommes au détriment des femmes. Alors que les textes statutaires proclament l’égalité
devant l’héritage foncière, les femmes qui dans les zones rurales produisent plus de 80 % de
nourriture et qui assurent les activités de production et de reproduction, sont exclues de la
possession des terres. Cependant, la FAO ne préconise aucun moyen pour renverser la situation
mais encourage celles-ci à se regrouper pour susciter l’application des lois en vigueur en
dénonçant les communautés qui continuent à pratiquer ces discriminations.
[Link]. Aspects socio-culturels liés aux fonciers
La diversité des données et des modes d’organisation des sociétés se reflètent dans une
gamme de croyances des populations situées en zone rurale. Ainsi les différentes composantes
de l’environnement telles que la terre, l’eau et l’arbre sont perçues sous l’angle cosmogonique
par les habitants que relatent Gény et al., (1992) dans l’ouvrage institué « Environnement et
développement rural : guide de la gestion des ressources naturelles ».
D’après ces auteurs, les terres appartiennent à une communauté mais peuvent être
morcelées en petites parcelles sous la direction des chefs traditionnels, des notables ou des
patriarches. Les limites sont matérialisées par les arbres limitrophes, des cours d’eaux, les
rigoles. L’attribution à l’exploitant est tributaire des règles traditionnelles parfois scellées par les
pactes. De plus ces parcelles renferment des lieux sacrés, des cases rituelles ou des biens
appartenant à autrui. Ainsi dans les villages, certains paysans sont liés à leurs terres par les pactes
et ne peuvent sous aucune condition les céder à des tiers. Ainsi la terre dont la fertilité assure
l’alimentation, joue un rôle sacré et mérite la purification. Espace de rencontre entre les vivants
et les morts dont le chef de terre est l'intermédiaire incontournable, la terre est un bien inaliénable
et une source d'enracinement culturel et religieux. C'est pourquoi, « elle ne doit pas avoir une
finalité vénale, marchande vu son caractère sacré » (Ouedraogo, 2009). Vue sur cet angle, elle
ne doit être ni vendue ni attribuée aux femmes. Les hommes y ont seulement le droit d’usage
dans le respect des normes éditées par les ancêtres tandis que les étrangers doivent être
uniquement des usufruitiers.
A l’ouest, la terre appartient aux hommes et aux esprits (Tradits, 1960). C’est la raison
pour laquelle les Bamilékés de l’ouest Cameroun ont certains jours considérés interdits
d’activités champêtres dans les villages. Ces jours-là, les activités agricoles utilisant les houes,
31
sont proscrites. Les femmes doivent se reposer et s’occuper des activités ménagères à la maison,
laissant champ libre aux esprits de la terre de se promener à travers les plantations pour veiller à
la productivité et à la prospérité de la communauté. Ainsi, une longue sécheresse, une pluie
diluvienne avec la verse de cultures, une tombée abondante des grêlons, un vent violent
accompagné de tornade, une mauvaise récolte ou une incendie des lieux sacrés, sont interprétés
par les paysans comme la colère des dieux contre les populations pour n’avoir pas respecté la
tradition. Dans ces zones rurales, que peut-on faire pour obtenir la terre pour une agriculture
intensive dans la mesure où les étrangers sont exclus d’y accès dans la mesure où celle–ci est
scellée par les pactes et gérée selon les normes traditionnelles.
L’eau est la source de la vie et abrite des génies qu’il convient de respecter et d’honorer.
Considérée comme des éléments divins, l’eau et la terre ne sont pas appropriables par les
individus mais doivent appartenir à la communauté entière. Ils constituent un patrimoine
appartenant aux ancêtres vivants au ciel et ayant confié la gestion d’usage à leurs descendants
vivants sur la terre. A ce titre, ces derniers ne peuvent pas céder la propriété à un tiers puisqu’ils
ne sont que des usufruitiers (Gény et al., 1992).
L’arbre est en fonction de l’espèce et de sa forme, un intermédiaire entre les deux divinités
majeures que sont le ciel et la terre. Constitué en bosquet, en forêt ou individuel, l’arbre est le
domaine des génies dans lequel certains animaux sauvages jouent aussi des rôles et passent des
accords avec certains hommes pour sauvegarder le secret de-là communauté. Ainsi, certains
arbres sont de véritables temples des divinités pour les prières et des offrandes : ce sont les lieux
sacrés tant protecteurs de la famille que de la communauté toute entière. Dans ce cas, ces arbres-
là ne doivent être détruits mais jalousement gardés et utilisés comme un temple rituel ou le refuge
des divinités du village.
Alors on peut se demander comment peut-on entreprendre le développement des zones
rurales sans aménager les espaces et l’environnement. Cependant cet auteur ne présente aucune
statistique sur le nombre de décès enregistrés ou les victimes des catastrophes obtenus dans une
zone rurale après la destruction de ces arbres pour l`électrification rurale ou pour l’ouverture des
routes.
[Link]. Croyance et gestion des terres agricoles a’ l’ouest Cameroun
Le paysage est marqué par de nombreux sanctuaires dédiés à des divinités tutélaires,
échelonnés dans les différents quartiers, les villages et les chefferies. La taille du territoire sur
lequel ces divinités ont une influence varie en fonction de cette échelle (.Salpeteur ,2010)
Certains dignitaires ont également le privilège d’avoir sur leurs terres un bois sacré abritant une
ou plusieurs puissances tutélaires. La présence de cet ensemble de lieux sacrés permet donc un
32
« maillage rituel » du territoire : Chaque parcelle de terrain, chaque concession, dépend d’une
série hiérarchisée de divinités protectrices, qui interviennent à différents niveaux dans la vie de
ses habitants.
On peut se demander comment pratiquer une agriculture moderne avec des centaines
d’hectares de terre en utilisant les machines agricoles sans les détruire car une concession de
moins d’un demi-hectare peut abriter plus d’une dizaine de divinités ou de lieux sacrés
comportant des arbres socialement protégés. Dans ce cas, il serait impossible d`entreprendre une
agriculture d`envergure, mais de pratiquer l’agroforesterie avec une très forte densité des arbres
sacrés Ces sont les pratiques de ces us et coutumes qui font croire à Rostow (1960) que dans les
zones rurales des communautés autochtones ne se développent pas à cause des aspects
socioculturels.
[Link] .Mode d’accès au foncier
Yan rivière (2000) trouve que chez les bamiléké de l`ouest, le chef héritier des ancêtres
fondateurs, est le propriétaire des terres. Il la distribue en usufruit à la population, collectivement
pour les pâturages, individuellement pour les champs et les raphiales. Le pouvoir coutumier gère
l'aménagement du territoire, il contribue à la création et/ou au maintien d'espaces d'intérêt
collectif, tels que les bas-fonds avec les peuplements de raphia, les forêts résiduelles qui peuvent
avoir un caractère sacré, les savanes pâturées sur les sommets des collines. Ces espaces forment
de véritables réserves foncières qui en général ne peuvent pas être l'objet d'appropriation
individuelle. Il est difficile de promouvoir une agriculture moderne car la distribution des
parcelles se font selon les normes coutumières propres à chaque famille et rarement la population
a record aux droits modernes. Quelques fois de vastes étendus de terres non occupées sont
disponibles dans les villages mais ne peuvent pas être exploités le chef de famille les ayant déjà
attribué à un de ses membres. Ces difficultés compliquent la disponibilité d`accès à des terres
pour mise en place d’une agriculture moderne dans les villages de l’ouest Cameroun.
[Link] .Dysfonctionnement de gestion du foncier
Ce dysfonctionnement de la gestion des terres occasionne ainsi l’exclusion des couches
les plus vulnérables que constituent les femmes, les jeunes, les allochtones ainsi que certains
autochtones non issus des castes de propriétaires terrains et les familles modestes. Pourtant ces
propriétaires terrains sont rarement les exploitants agricoles. Ainsi dans les villages des vastes
étendues de terres fertiles sont inexploitées alors que les producteurs sans terre sont obligés de
quitter les compagnes par manque d’espaces cultivables (Yan rivière, 2000).
Tchékoté, Nguedia. & Siyapdje (2018) observent qu’à l`ouest Cameroun, la distribution
33
de terre par la vente est discrète et complexe, chaque propriétaire terrien ayant une stratégie
particulière pour céder une partie de ses parcelles. Dans le groupement Bafou, l’information sur
la vente des terres est secrète et se véhicule de bouche à oreille entre les membres d`une famille
en fonction des affinités. Le vendeur informe un de ses proches et ce n’est que lorsque celui-ci
se trouve dans l’incapacité de s’en acquérir qu’il informe à son tour un autre membre de sa
famille et ainsi de suite jusqu’à ce que le vendeur trouve un acheteur. Les propos de ces auteurs
font penser qu’en dehors des membres d’une famille, le terrain ne se vend pas aux autres
membres de la communauté ou aux allogènes. Cette stratégie fait penser qu`à l`ouest le terrain
ne se vend pas aux étrangers. Cette idée est fausse dans la mesure où il faudrait mieux connaitre
la mentalité des populations pour pouvoir avoir l`information sur la vente des terres avant
d`entreprendre des négociations. De plus en plus, les étrangers et les non résidants dans les
localités ont recours a` des démarcheurs, ceux –ci étant parfaitement au courant de toutes les
affaires dans les villages. Dans ces zones, il serait difficile de négocier des grandes superficies
pour entreprendre une agriculture industrielle, les parcelles des paysans dépassant rarement un
demi –hectare.
Les nantis des villages basés en ville, issus d’hommes d’affaires et d’intellectuels
disposant de grands moyens financiers, ont d’énormes capacités d’occupation des sols en matière
de construction Leur type d’habitat, avec un Coefficient d’Emprise sur le Sol (CES) de plus de
50 %, est généralement occupé (.Tchékoté,2017). Pourtant sur l’habitat rural traditionnel, la
maison n’occupait qu’un CES inférieur à 1% des terres. Le reste des parcelles était aux activités
agropastorales. De plus en plus, cet accaparement des terres pour le gigantisme de villas rurales
modernes se fait au détriment des exploitations agricoles et participe à la déconstruction du
paysage dans une campagne traditionnellement agricole. Dans ces conditions d’occupation
anarchique des parcelles on peut se demander, comment les paysans et particulièrement les
femmes qui sont généralement les métayers, peuvent-elles survivre quand les terres sont bradées
aux bourgeois et qui les servent uniquement pour la construction des maisons.
[Link]. Valeurs du foncier dans la production agricole
D’après la BM (2008), la terre fait partie des marchés fonciers pouvant accroître la
productivité, aider les ménages à diversifier leurs sources de revenus et faciliter leur sortie de
l’agriculture. Pour assurer le transfert des terres aux utilisateurs les plus productifs et pour
faciliter la participation à des activités rurales non agricoles, la terre sert à des transactions
financières pour permettre l’acquisition des facteurs de production. Elle affirme que la sortie de
l’agriculture lorsque les producteurs deviennent trop âgés ou dans le contexte de la
diversification des économies rurales et de l’accélération des courants de migration, il est
34
important qu’il existe des marchés fonciers fonctionnant de manière harmonieuse dans les cadres
règlementaires fixés par les pouvoirs publics. Ainsi, la terre n’est pas un bien inaliénable, mais
un capital pouvant servir pour l’acquisition d’autres biens, indépendamment des aspects
socioculturels de la plupart des communautés rurales. Vue sur cet angle, la terre peut être
redistribuée, cédée, servie de gage ou vendue à toute personne qui désire l’acheter pour les
activités agropastorales.
B- Technique de production agricole
[Link]. Préparation des sols
Selon Gény et al. (1992), le faible niveau des exploitations agricoles explique en partie la
limitation des outils de production de grandes valeurs dans l’agriculture familiale. Cette sous-
utilisation du machinisme agricole se généralise en Afrique subsaharienne, chaque zone ayant
des facteurs qui la bloquent pour la production de masse par rapport aux autres continents comme
indique le tableau 1 ci-dessous.
Tableau 1: Source d’énergie pour la préparation des sols
35
que de petites tailles et sont cultivées en utilisant que l’énergie humaine, limitant la production
de masse que Rostow pose comme conditions préalables pour le développement d’un pays.
De plus les produits agricoles sont récoltés transportés dans les porte-tout, dans les
brouettes ou sur la tête des champs sur les flancs des collines ou dans les bas-fonds et séchés au
soleil ou sur le feu bois. Sonegueng (2005) analyse les différents types de séchage des produits
agricoles par le feu et présente les risques que sont exposés les paysans dans la conservation de
leurs productions comme indique le tableau 2 ci-dessous.
Tableau 2: Les effets du séchage par feu de bois
36
Tableau 3: Type de semences utilisées pour la production à l’Ouest Cameroun
37
1994). Afin de les rendre plus aptes à une large gamme de cultures, les agriculteurs y apportent
une série de techniques parmi lesquels les jachères, la rotation culturale et l`application des
déchets organiques ou engrais minéraux pour accroitre les rendements agricoles.
[Link]. Fertilisation des sols
Rares sont les paysans qui connaissent le niveau fertilisant de leur sol .La FAO (2011)
constate que les producteurs camerounais utilisent 7,3 Kg d’engrais chimique à l’hectare pour
fertiliser les champs alors qu’elle recommande un épandage de 224 kg/ha/an pour l’obtention d’un
rendement optimal pour l’agriculture commerciale. Elle ne précise ni le type de sol ni les types de
culture ou la composition des fertilisants pour l’obtention du dit résultat.
Cependant, la FAO ne précise pas le dosage d’engrais chimique faut-t-il pour l`agriculture
paysanne pour obtenir une production optimale dans la mesure où sa fertilisation est complexe :
elle associe les déjections animales, les cendres de bois, et autres déchets ménagers et urbains.
Jacquard et al. (1970), Williams & Cooke, (1970) concluent que la fumure organique fait
de fumier, de compost ou d’engrais vert entretient dans le sol une teneur en matière organique
plus élevé que l’emploi seul des engrais minéraux. Ils affirment que l’abandon des fumures
organiques diminue lentement le taux de matière organique, celui-ci se stabilise après quelque
temps à un niveau seuil entretenu, celui-là par production annuelle des racines.
[Link]. Utilisation des matières organiques
Chabalier estime que les déchets organiques bien que utiles pour entretenir la vie des
micro-organismes des sols, sont dangereux s’ils sont mal utilisés. Quant à l’élevage, il fournit la
litière provenant du vide sanitaire des cycles de production pour la rupture des chaînes de
parasites, des fientes des poules, des fèces des porcs ou des crottes des chèvres. La production
végétale fournit les résidus des récoltes, des feuilles mortes, des herbes sèches qui peuvent
directement être utilisés en champ ou compostés. Les matières organiques d’origine végétale
comme le compost apportent à la fois l’humus et les éléments accessibles aux microorganismes
et aux plantes et participent à la vie du sol. Quant aux amendements d’origine animale comme
les litières et les fumiers, ils agissent comme des engrais minéraux mais apportent d’humus dans
de faibles proportions.
Les effets d’amendement organique ne se font sentir que sur une période de 4 à 5 ans
lorsqu’ils sont rependus régulièrement. Ils maintiennent, augmentent le taux de matière
organique et améliorent l’état physique du sol. Ils influencent significativement les propriétés
biologiques et participent à l`entretien de sa biodiversité. Ainsi Mbogning (2000) constate que
les amendements organiques en agissant sur les propriétés physiques, chimiques et
microbiologiques du sol, favorisent une meilleure croissance des plants et une augmentation du
38
rendement des cultures. D’après ces auteurs, les déchets organiques augmentent la quantité de
la matière organique, améliorent la fertilité du sol. Ils permettent une bonne circulation de l’air
et de l’eau. Ils ont un effet important sur la densité du sol et permettent à celui-ci les échanges
gazeux et cationiques nécessaires à la fixation et la vie des plantes.
Chabalier rappelle que l’apport d’amendements organiques sur les cultures est une
pratique de recyclage qui peut être considérée comme durable si elle est réalisée dans les
conditions réglementaires sous l’encadrement du conseil agronomique. L’irrespect de la quantité
de matières fertilisantes utilisées, le respect des normes et l’amélioration des critères de la qualité
de la fertilisation organique peut engendrer des risques sanitaires et des risques de pollution de
l’environnement. Ces propos permettent d’affirmer que les risques sanitaires sont liés à une
contamination des populations humaines, des animaux et de l’environnement par des
microorganismes pathogènes contenus dans les matières organiques brutes (MOB). Elles
hébergent quatre types de microorganismes pathogènes : les parasites, les bactéries, les virus, et
les champignons. Les risques de pollution de l’environnement sont a’ des contaminations par les
nitrates, les phosphates, les éléments de traces métalliques (ETM) et les éléments de traces
organiques (ETO) présents dans les matières organiques utilisés en agriculture. Ces risques
apparaissent en cas de mauvaises pratiques de fertilisation organique : surdosage, répartition
irrégulière sur les sols, teneur élevée en contaminant des matières épandues. Ces éléments
potentiellement dangereux polluent l’atmosphère, le sol, les êtres exposés vers les chaînes
alimentaires, les êtres transférés vers la nappe souterraine. Ces polluants touchent les
composantes de l’environnement telles que le sol, l’eau et l’air. De même, il serait dangereux
d’épandre les fertilisants sans équipements de protection appropriés au risque de contacter les
maladies.
[Link]. Absence de la jachère
Ducret & Grangéret (1986) trouvent que les maraichers de l’ouest brassent une forte
proportion d’engrais chimique pour la fertilisation des cultures alors les paysans ne s’en servent
pas ou les utilisent en faible quantité pour les cultures vivrières au vue de leur prix sur les
marchés. Ainsi une combinaison des engrais chimiques et des amendements organiques dans des
proportions définies de manière empirique par les producteurs permettent d’obtenir de bons
rendements (Tchékoté et al., 2018). Aussi, en l’absence de la jachère, les éléments minéraux
fertilisants se reconstituent difficilement dans les exploitations agricoles de la région, où la
jachère a presque disparu des pratiques paysannes. Ainsi, les agriculteurs pensent que sans les
engrais et les déjections animales, les rendements ne seront à la hauteur des attentes pour une
agriculture commerciale.
39
Cependant ces auteurs ne mentionnent pas les proportions d’engrais chimiques et des
matières organiques qu’il faut sans jachère apporter à un sol pour obtenir un rendement optimal.
De manière hasardeuse, les producteurs sous-dosent ou sur dosent les éléments fertilisants et
contribuer plutôt soit a’ un faible rendement ou à une intoxication des plants par une fertilisation
inadaptée.
[Link]. Situation des champs par rapport à la source d’eau potable
Lors que les parcelles sont proches des habitations et sont de petites superficies, elles
bénéficient le plus souvent des ordures ménagères, des cendres de cuisine, et des déjections des
animaux des élevages. Cependant Niang (1996) recommande une grande prudence dans
l’utilisation des déchets provenant des villes pour la fertilisation des cultures maraîchères dont
les feuilles sont consommables, étant données que certains métaux lourds comme le cadmium,
le plomb, le zinc ou le cuivre peuvent être accumulés dans la partie foliaire. La stagnation des
eaux ou la rétention d’eau pour les cultures irriguées et les bas-fonds humides, facilite la
propagation des moustiques vecteurs du paludisme source de l’anémie chez les enfants et les
femmes enceintes et provoque de nombreux décès chez les nourrissons.
Myrand (2007) estime que la distance minimale entre le puits d`eau de consommation est
les ouvrages agricoles est de 15 m. Cependant dans les lieux de stockage des déjections animales
elle se situe à 300 m pour éviter l’infiltration des micro-organismes. En ce qui concerne les puits
de pompage, une distance de 30 m de diamètre doit être laissée autour du puits pour éviter les
infiltrations des eaux usées de surface porteuses des microorganismes.
Cependant, le Ministère de la Coopération française (1998) rapporte qu’il n’est pas du tout
aisé de déterminer le meilleur emplacement pour un point d’eau potable pour rapport aux sources
de pollution dues aux pesticides et aux résidus agricoles et d’élevage. Néanmoins elle
recommande de le placer en amont de toute source de contamination et de pollution et de
respecter une distance minimale de 30 m entre les sources de pollution et la source d’eau potable.
[Link]. Association des cultures
Yan rivière (2000) analysant les modes de stratification de la production, trouve que la
parcelle agricole de l’ouest est organisée en système agro forestier, associant les cultures
vivrières et maraichères aux cultures de rente et à l'arboriculture. Ce système présente une
structure verticale stratifiée. Il observe que dans la strate basse, en dessous de 1,5 m, des cultures
vivrières dont s'occupent, traditionnellement, les femmes. La strate moyenne basse, entre 1,5 et
3 m, est celle du café arabica géré par l'homme comportant le plus souvent, les petits arbustes
d'intérêt alimentaire (Vemonia amygdalina) ou qui régénèrent les sols (Sesbania macrantha); ils
40
sont gérés par les femmes. La strate moyenne haute, entre 3 et 10 mètres, est réservée aux
bananiers, aux petits fruitiers proches des jardins de case des femmes (goyavier, papayer,
agrume), aux espèces locales à usages multiples ; ils sont répartis dans les parcelles et exploités
par élagage, recépage ou étêtage. La strate haute, supérieure à 10 mètres, est composée d'espèces
arborescentes qui doivent arriver à maturité pour exprimer tout leur potentiel alimentaire, pour
les fruitiers (avocatier, kolatier, manguier, safoutier), marchand pour les espèces de reboisement
sur pied ou débitées en planches.
Comment dans un tel système de production, fait des cultures annuelles et pluriannuelles
peut-on établir un compte d’exploitation et quelles machines faut-il employer pour sa mise en
œuvre. Il serait difficile dans ces modes de production de passer de l’agriculture familiale à une
production de marché sans désorganiser les cultures des populations.
Ainsi, le paysage de l’ouest Cameroun est un système d’agroforesterie spéciale ; la zone
rurale constituée d’un mélange hétérogène de cultures vivrières, des jardins de case, des cultures
industrielles, des arbres fruitiers et de la foresterie étalée et stratifiée. Cette agriculture artisanale
semble produire qualitativement et quantitativement des nutriments pour nourrir la population
et vendre le surplus sur les marchées car les plants sont associés aboutissant à des récoltes
échelonnées. Cependant, ces cultures exigent une main d’œuvre familiale abondante et un
entretien particulier de chaque plante qu’aucune machine agricole ne pourrait être utilisée. Ainsi
le cout de production manuelle a’ l’ouest Cameroun serait élevé et rendrait cette agriculture
pénible et peu compétitive (FAO, 2005).
[Link] Genre et l’agriculture familiale
Dans les zones rurales de l’ouest, le caféier, culture masculine, est progressivement
remplacé par les cultures vivrières et maraichères (Tiwa, 2017). Cette situation amène les
hommes a` se retrouver en compétition avec les femmes pour des parcelles qui leur avaient
traditionnellement destinées à la production des denrées alimentaires. Il s’en suit des querelles
entre eux pour le contrôle des parcelles de terre pour la mise en valeur. Cependant, les femmes
ayant acquis une autonomie financière par la vente des produits agricoles, achètent des parcelles
de terre et deviennent des propriétaires. Fort du pouvoir financier, elles inversent le pouvoir
patriarcal traditionnel créant de multiples dérapages dans la société qui se soldent par les conflits
conjugaux aboutissant parfois a` des divorces voire des crimes.
[Link]. Lutte phytosanitaire sur les cultures
La bonne conduite de culture permet de limiter les effets indésirables dans les champs.
Cependant quelles que soient les techniques, les méthodes et les stratégies utilisées, les herbes,
41
les bactéries, les champignons, les insectes, les nématodes ou les mollusques s’attaquent toujours
aux cultures et limitent la production. La protection se fait avec une multitude de produits tant
endogènes qu’exogènes. Pourtant, les producteurs se servent d’un mélange des produits
endogènes et exogènes pour protéger leurs cultures et estiment qu’ils sont très efficaces pour
limiter les fléaux et les maladies des plantes. Cependant, leurs dosages, leurs modes d’utilisation
et leurs antidotes sont inconnus, rendant ces mélanges dangereux tant par les producteurs que
par les consommateurs des récoltes issues de ces champs.
Wilma et al., (1989) et UEPJ (2013) soulignent que la bonne utilisation des biocides
rendent de précieux services aux producteurs tant en champ sur les cultures qu’en stock lors de
la conservation des denrées agricoles. Malheureusement la mauvaise manipulation de ces
produits provoque chez son utilisateur ou consommateur de graves conséquences et de multiples
dégâts (Chebalier, 2006 ; Mando et al., 2000 & Niang ,1996). Cette situation entraîne selon
Dubois(2013), le cancer, la dépression, la dégénérescence rétinienne, les problèmes respiratoires
, la faible densité des spermatozoïdes et les malformations congénitales.
[Link]. Protection des cultures contre les ravageurs
Dans les pays en voie de développement, l’UEPJ(2013) constate que les producteurs
utilisent les pesticides sans bien être au courant des dangers courus et aboutissent a’ des
conséquences fâcheuses : L’usager s’intoxique, les résidus restent sur les végétaux et attaquent
les consommateurs. Les poissons, les abeilles et les végétaux sont endommagés. Ainsi les
biocides posent toutes sortes de problèmes dont les plus importants sont énumérés comme ci-
dessous.
- Vente des produits très toxiques librement sur les marchés locaux indépendamment des
dangers qu’encourent les utilisateurs, le seul critère étant que ce biocide soit disponible et à bon
prix ;
- Vente des produits sans étiquette ou avec des notices mentionnant peu d’informations
sur la matière active, les premiers soins à apporter en cas d’intoxication ;
- Mélange des pesticides conditionnés localement sans distinction des pestes à combattre ;
ni sur la rémanence ou le dosage ;
- Des appareils de traitement défectueux et utilisés sans les équipements de protection
adéquats ;
- Les restes et les emballages ne sont pas éliminés dans les conditions légales, mais jetés
dans l’eau ou aux environs de points potables, polluant l’environnement ;
- Rinçage et déversement des lies des produits chimiques après traitement dans l’eau de
boisson ou dans les cours d’eau ;
42
- Utilisation des emballages des pesticides pour la collecte d’eau potable ou pour la
conservation des denrées alimentaires.
Ainsi les cultivateurs se protègent rarement lors des épandages de pesticides agricoles. De
même Cissé (2014) trouve que les paysans ne se protègent jamais convenablement pendant
l’usage des produits chimiques lors de traitement des cultures. Ils arborent les vieux blousons en
nylon et des chemises démodées tandis que Kissira (2011) montre que 99 % des maraichers ont
des tenues quelconques. Ceux-ci arborent un ensemble composé d’un vieux pantalon et d’une
longue chemise qui sont, après le travail, lavés ou non avant la prochaine utilisation. Les lunettes,
le cache-nez, les gants et les bottes ne leur sont pas accessibles a’ cause de haut prix sur le
marché. Cette source affirme également que le bureau central de recensement général de
l’agriculture montre que dans toutes les régions des pays en développement ; le coût élevé des
différents équipements reste la principale difficulté pour l’accès à une protection adéquate.
Ainsi ces auteurs observent que les maraichers traitent au hasard des cultures en
mélangeant les produits systémiques et ceux de contact et en ne récoltant ces produits traités
qu’en fonction de la demande sur le marché indépendamment de la rémanence. Pourtant,
l’utilisation des produits phytosanitaires dans toute leur diversité est à l’origine sans doute de
multiples problèmes environnementaux et des maladies des producteurs (Wilma et al., 1989).
Ces paysans en mélangeant les produits systémiques et de contact, développent la résistance des
maladies des plantes et insectes, augmentent les couts de production, détruisent les faunes,
s’intoxiquent et prédisposent les consommateurs a’ des graves maladies.
En effet, pendant la pulvérisation sur le feuillage et en fonction des conditions
météorologiques, d’importantes quantités de produits phytosanitaires se volatilisent. Ces
quantités qu’Aubertot et al., (2005) estiment entre 30 et 50 %, contribuent à la pollution de l’air.
Aussi, le risque de contamination des eaux de surface correspond aux fortes averses qui se
produisent après l’application ou le dépôt du produit au sol. De même, l’utilisation à mauvais
escient des produits phytosanitaires constitue un danger pour les micro-organismes, surtout que
dans les conditions de pratiques phytosanitaires actuelles, non seulement les produits sont
manipulés sans équipements de protection individuels (EPI) mais aussi, à une mauvaise gestion
des emballages desdits produits. Ces auteurs font une analyse des dangers que représentent les
biocides à usage agricole dans les régions agricoles et plus particulièrement dans les zones à
forte densité des cultures maraîchères de l’Ouest Cameroun. Les utilisateurs et les
consommateurs de produits traités sont concernés et subissent de lourdes conséquences.
[Link]. Gestion des déchets des pesticides
Les emballages issus du conditionnement des produits chimiques à usage agricole, sont
43
réutilisés par 97 % de paysans et seulement 3 % les détruisent soit par le feu ou par enterrement
(Cissé 2014). Elle observe qu’après leur utilisation en champ, les sacs d’engrais chimiques ou
biologiques sont lavés et servis pour emballer le manioc, le maïs ou les gaines d’arachide. Les
bidons et les bouteilles contenant les insecticides, les fongicides ou les nématicides sont vendus
sur les marchés pour la collecte et la conservation d’eau potable. De ce fait, les producteurs et
les consommateurs sont victimes des intoxications tant chroniques qu’aigues qui les
prédisposent à de nombreuses maladies (Wilma et al., 1989).
L’OMS (1991) affirme que les populations et les professionnels agricoles s’intoxiquent
généralement par 2 voies selon le mode d’utilisation des pesticides. Les intoxications générales
dues aux expositions par voie cutanée à cause de l’usage des vêtements souillés ou par inhalation
au moment de l’épandage ou au traitement des produits chimiques agricoles. Les intoxications
aigues sont dues à l’utilisation pour les pesticides des récipients qui ne leurs sont pas destinés.
Ainsi Hayo (1997) relève que les substances contenues dans la plupart de produits
phytosanitaires restent longtemps à la surface du sol et sont sensibles à l’entrainement par l’eau
de ruissellement vers les rivières, les captages et les puits
Dans la région des Hautes Terres de l’Ouest Cameroun où les précipitations qui oscillent
entre 1500 et 2000 mm/an et une altitude de 800 à 2 750 m, le risque d’entrainement par l’eau
de ruissellement des résidus des produits phytosanitaires vers les cours d’eau environnant s’est
très élevé. Ainsi, l’agriculture et principalement les cultures maraichères, est considérée, selon
Pujol & Diron (1999), comme le principal responsable de l’augmentation des concentrations
en produits phytosanitaires dans le milieu. Elle est le premier émetteur pour 65 % de la
pollution azotée et du 2e émetteur de phosphore avec une pollution évaluée à 20 %. Cette
pollution affecte surtout la qualité de l’eau, notamment celle de l’eau potable des captages ainsi
que les écosystèmes naturels et la qualité de l’air (Katerjia et al., 2002).
2.3.3. 20 Utilisation des pesticides en agricole
L’Afrique emploie moins de 2 % des pesticides mondiaux mais la mauvaise utilisation la
rend très vulnérable (Hunsmann , 2019). Une étude menée conjointement par la FAO & l’OMS
(2005), révèle qu’environ 30 % des pesticides commercialisés dans les Pays En Développement
(PED) ne sont pas conformes aux standards de qualité internationale. Ces biocides représentent
de réels dangers pour la santé humaine et l’environnement. Ces produits contiennent des
substances chimiques dangereuses telles que le paraquat, l’endosulfan ou le monocrotophos et
des impuretés interdites ou strictement limitées (Hunsmann, 2019). Pourtant, elles sont infiltrées
par les firmes agrochimiques et sont régulièrement vendues aux paysans par les marchands
ambulants sur les marchés locaux a’ travers les réseaux informels. Ces produits participent à la
44
destruction de la flore et de la faune tels que les oiseaux, les poissons et les algues et les abeilles
et créent le déséquilibre des écosystèmes. En effet, ces biocides favorisent la pollution du sol et
contaminent les nappes d’eau souterraines, lors des traitements phytosanitaires ou l’épandage
des engrais tant organiques que minéraux à l’occasion de la fertilisation des sols. De plus, les
exploitants agricoles et plus particulièrement les maraîchers ainsi que les consommateurs des
produits agricoles sont exposés aux risques d’intoxication alimentaire dus aux mauvaises
utilisations des pesticides ou à l’utilisation de ceux périmés.
De même, la manipulation permanente des pesticides sans protection édictée par les
fabricants expose les producteurs à des risques divers pour leur santé telle que l’irritation cutanée
et oculaire, altération du système de la reproduction et du système nerveux. En plus, Ils sont
exposés à des maladies hydriques telles que la typhoïde, la dysenterie amibienne et la bilharziose
(Wilma et al., 1989). Cependant l’auteur ne mentionne aucune statistique sur le nombre de
malades, ni le taux de décès qu’il a trouvé ou dans les pays concernés. De plus, il omet d’indiquer
les types d’agriculture consternés et les équipements utilisés pour le traitement.
De même, les études menées par Sharp et al., (1986) montrent que les agriculteurs et les
personnes utilisant les pesticides ont un risque de cancer. Cependant, l’exposition d’un homme
à un nematicide provoquerait la stérilité masculine tandis que Yoder et al., (1973) révèlent une
augmentation des lésions chromosomiques chez les personnes employées à la pulvérisation
d’herbicides et d’insecticides. Pour plus de visibilité, ces travaux devraient être publiés en
relation avec les taux de stérilités masculines ou le nombre de lésions chromosomiques par
rapport aux nombres d’employés soumis aux tests.
Les modes de contamination sont simples et ayant de nombreuses externalités. Les
personnes qui vivent à proximité ou à la limite d’une exploitation agricole sont exposées aux
gouttelettes des pesticides en suspension dans l’atmosphère, à la consommation de l’eau
souillées ou des aliments contaminés (OMS, 1991). Wilma et al., (1989) précisent que les
dangers encourus pour les pesticides, proviennent du manque d’informations et de
connaissances, de la négligence, de l’insuffisance d’encadrement et du fait que les produits
extrêmement toxiques sont vendus librement sur les marchés locaux.
[Link]. Conservation des denrées agricoles
HLPE (2014) précise que chaque année, les paysans perdent une partie ou la totalité de
leur récolte entre leur champ de production et la consommation/vente soit par le prétraitement,
le transport, la conservation ou pendant le conditionnement. De la production à la consommation,
il existe une multitude d’étapes comportant à chaque niveau une perte post récolte plus ou moins
importante comme montre le figure 1 ci-dessous.
45
Figure 1 : Répartition des modes de perte post récolte du producteur au consommateur
Source : Pariser, 1987
Les dégâts de pertes sont nombreux et provenir selon Pariser(1987) soit de prétraitement,
du transport, du stockage, de la transformation ou de la commercialisation. Du producteur au
consommateur final, il existe une multitude d’étapes plus ou moins longues et complexes,
aboutissant toujours à des pertes d`aliments. D’ailleurs, la FAO (2014) affirme que plus de tiers
des aliments produits dans le monde sont perdus soit en stock par les mauvaises techniques de
conservation ou lors de transport, de transformation ou de distribution.
Dans le domaine du maraîchage, les plants sont fragiles et exigent des traitements avec les
pesticides. La conservation de la production est difficile, rendant la commercialisation
relativement complexe. Les pertes post récoltes sont relativement plus élevées, pouvant
occasionner la chute du producteur à la fin d’une seule campagne. Pour éviter ces pertes, l’Etat,
la commune ou les producteurs peuvent construire les usines de traitement, ce conservation ou
de transformations des produits agricoles de manière a’ réguler le marché des denrées agricoles.
C- participation au développement
46
leur degré de ruralité en fonction de la part de la population de la région vivant dans des
communautés rurales. Ainsi les régions sont classées en 03 groupes :
Les régions essentiellement rurales : elles sont des territoires dont plus de 50 % de la
population vit dans la communauté rurale ;
Les régions relativement rurales concernent les territoires dont de 15 à 20 % de sa
population vit dans les zones rurales ;
Les régions essentiellement urbaines qui ont moins de 15 % de la population habitant dans
les communautés rurales.
D’après cette organisation, le seul critère de classification reste la densité de la population.
Elle ne se préoccupe des activités qui sont menées ni de lien entre les différentes personnes. De
plus, l’environnement et l’économie sont complètement oubliés ainsi que les infrastructures
susceptibles d’améliorer le niveau de vie de la population. La ruralité est dynamique puisque les
campagnes se transforment progressivement en agglomération puis en zone semi urbaine en
fonction des indices de développement humain édité par le PNUD, (1990)
Selon Ouattra (2003) le développement se caractérise par les systèmes politiques fermés
et montre que depuis les indépendances, les différents résultats dans l`exécution de multiples
projets de développement n’ont donné que des résultats mitigés. Les échecs sont plus nombreux,
tandis que les succès sont restés rares ou incertains malgré les quantités impressionnantes des
ressources financières investies (BM, 2014). Les causes de ces échecs cumulés montrent a`
travers les analyses que la responsabilité effective de la population a` la base est une condition
incontournable pour accroitre les chances de succès. Un développement ne peut ni s’administrer
ni s’imposer car on ne développe pas mais on se développe. Le développement implique les
populations à toutes les phases de la conception à la réalisation. Ainsi les programmes de
développement devraient se dérouler selon le principe de cofinancement des projets avec la
contribution des bénéficiaires sous différentes formes et comportant la mobilisation des
ressources financières, l’apport en main d’œuvre et des ressources naturelles locales.
[Link]. Enjeux de développement des zones rurales
Les exploitations familiales (Bara, 2003) s’appuient sur un système complexe de
transactions sociales qui renvoient à des droits et obligations mutuels entre chaque membre de
la famille et le reste du groupe. L’entretien et l’investissement dans ces réseaux assis sur des
valeurs de solidarité et d’entraide, constituent un élément important de la stratégie des ménages,
car ils peuvent offrir un filet de sécurité de premier plan en cas de crise.
Le développement rural fait référence à Cinq enjeux majeurs auxquels font face la ruralité
47
actuelle (Bruno, 2010):
Le développement d’une meilleure compréhension de l’interdépendance des
économies urbaines et rurales ;
Le développement d’une gouvernance rurale citoyenne ;
Le renforcement des capacités de développement des communautés rurales ;
Le renouvellement du rôle de l’État et des politiques publiques ;
La généralisation des approches de développement durable.
La Politique du développement rural doit inclure la démographie, l’économie,
l’environnement domaines qui participent à l’évolution de paysannerie. Ainsi cet auteur trouve
les causes profondes de l’échec des projets de développement dans les pays en développement.
Ces projets sont généralement du type top down conçus dans les capitales ou dans les métropoles
pour les exécuter dans les périphéries sans l’implication des populations bénéficiaires. Celles–
ci restent indifférentes soldant par un résultat décevant n’ayant aucun impact visible sur
l’amélioration des conditions de vie des populations bénéficiaires Pour se développer l’auteur
propose le développement local centré sur la participation effective des populations concernées.
Le développement rural est associé au développement local. Les paysans, les jeunes, les
femmes, la société civile sont au centre du processus qui conduit à l'amélioration des conditions
de vie de tous les habitants de la collectivité. La vision de développement rural se mesure par
des critères tels que : la diminution du chômage, la capacité des familles paysannes à se nourrir
tout le temps, à satisfaire les besoins des enfants en âge de scolarité, d'écouler facilement leur
production. Les indicateurs se vérifient par la mise en place d'infrastructures d'intérêt
communautaires telles que la construction d'infrastructures administratives, de foyers
socioculturels, d'écoles, de centres de santé, de maisons de jeune, de voies routières, de
marchés. Donc les développements quantitatif et qualitatif constituent les deux faces du
développement local (Diallo, 2010).
[Link]. Participation des populations aux activités de développement rural
Camara et al., (2010) pensent que la participation dans le développement rural est conçue
comme l'ensemble des contributions que peuvent ou doivent apporter la population locale dans
les différents projets de développement de leur localité. La participation consiste pour les
membres des communautés à avancer ensemble, à réfléchir sur la manière de s'organiser avec
les animateurs des comités de développement pour prendre en main sa propre promotion au
niveau des quartiers, des villages, des groupements ou des communes. Ils estiment que la
participation paysanne permet de donner aux communautés de base, la possibilité de décider
elles-mêmes de leur développement et non plus les considérer comme les exécutrices des
48
politiques de développement conçues au niveau national. La participation est recherchée surtout
pour les décisions qui affectent en priorité la population, en particulier dans le domaine de la
gestion des ressources et de l'environnement.
Concernant les communautés rurales, Dioubate (2004) affirme que la participation permet
d'identifier et de poursuivre les véritables priorités des villageois. Ils sont les seuls à pouvoir dire
ce dont ils ont besoin et ce que les agents de développement devraient faire. La démarche
participative leur permet d'identifier les problèmes, d'analyser leurs causes, de planifier et
exécuter un plan d'action villageois. Ainsi, ils sont encouragés à établir un programme de travail
en fonction des ressources humaines et financières disponibles. La création des associations
réellement opérationnelles, qui sont des véritables cellules de réflexion, contribuent à mener des
actions de développement des territoires villageois.
Si dans la théorie, cette démarche de Dioubate est facile, la réalité est complexe. Le plus
souvent les paysans sont hypocrites et participent rarement aux programmes de développement,
laissant penser que les projets de développement de leur localité leurs sont imposés. De plus, il
est difficile de designer les vrais représentants de la population dans une localité : Les élus et les
chefs d’une communauté ne donnent que leur point de vue, parfois en contradictoire avec
l’aspiration des habitants qu’ils sont supposés représenter au profit de leur intérêt personnel dans
les projets de développement, laissant croire que les populations ne participent a’ la prise de
décision les concernant.
[Link] .Appartenance des populations aux organisations rurales
Selon l’INS (2015), seulement 11% des exploitants agricoles appartiennent à une
organisation paysanne (OP). Ces organisations de base regroupent des individus vivant sur le
même territoire et comptent entre 5 et 30 personnes. Elles permettent l’entraide pour certaines
activités de production et l’échange d’expériences; la collecte primaire (groupage) en vue de la
commercialisation. Le Cameroun compte 123 305 organisations enregistrées sous forme de
Groupe d’Initiative Commune (GIC), sociétés coopératives ou organisations issues de la
fédération de celles-ci (MINADER, 2017) qui sont le plus souvent basés dans les zones rurales
et qui participent à la production agricole. Mais comment mobiliser ces producteurs dans les
villages pour les initiatives de développement de manière à entreprendre un développement du
type Botton off.
[Link]. Conditions de réussite les activités de développement rural
Le comité de développement représente les habitants a` la base et joue un rôle d’interface
entre les populations, la commune et les organisations paysannes dans son rayon d’action (PCD
49
de Babadjou, 2014 ; Baham, 2017 & Bafoussam II, 2014). Il s’occupe des travaux
communautaires de moindres importances mais vitales pour les habitants. Il se charge
régulièrement des pistes agricoles, de l’entretien de l’eau potable, des foyers communautaires,
de l’appui a’ la scolarisation des enfants et des autres activités à caractère social.
La participation des populations aux initiatives de développement est primordiale, si les
interventions extérieures apportent des solutions à certains problèmes, elles n'ont pour autant pas
la capacité de comprendre en profondeur les désidératas des bénéficiaires de leurs apports. D'où
la nécessité d'associer ces dernières aux prises de décision, la conception des projets leur suivi-
évaluation pour une meilleure amélioration des conditions de vie et de travail des communautés
rurales dans une perspective de développement durable. Ainsi pour la vraie participation des
paysans, Badjedi (2002) estime que les conditions requises et nécessaires pour assurer la réussite
et la pérennité de la participation de la population au développement de leur zone, sont centrés
sur quelques points saillants parmi lesquels:
Ouverture à la prise de décision décentralisée dans le cadre de politique générale et les
institutions;
Constat par la population que leur participation est en mesure de rapporter des avantages
tant économiques que sociaux permanents ;
Formation spécifique et d'autres formes d'appui au renforcement des capacités
institutionnelles.
Ainsi, les différents points de vue des acteurs laissent penser que, le regroupement des
populations rurales au sein des organisations tant formelles qu`informelles serait plus efficace.
Ces associations de base permettent régulièrement aux acteurs d’échanger sur les problèmes
qu’elles vivent au quotidien et de rechercher les solutions appropriées. Les populations se
réjouissent des projets communautaires qu`elles ont mémés dans leurs villages pour leurs
développements et les perspectives avenirs pour leurs milieux.
50
CHAPITRE III
METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
51
l’accès à la terre cultivable et sa gestion deviennent problématique et pourrait contraindre la région
à se développer.
3.2 Présentation de la région de l’ouest Cameroun
52
Le relief est assez accidenté dans son ensemble et constitué des plaines, des plateaux et des
zones de hautes terres.
Les plaines ont les altitudes variant de 500 à 800 m et se trouvent dans les zones suivantes:
- La plaine de MBO vers la frontière Sud-ouest du Département de la Menoua ;
- La plaine du Noun à cheval entre les départements du Noun et la Mapé ;
- Le Bassin de la Mapé dans le Noun.
Les plateaux se situent entre 800 et 1500 m d’altitude.
Les hautes terres varient de 1500 à 2500 m d’altitude et sont constituées par les chaînes
montagneuses et les massifs tels que la chaîne du mont Batcha (Bana) 2700 m, les chaînes des
monts Bamboutos (2740 m), le massif du Mbam (2333 m), Les massifs du Kogam et de Bapit
(2263 m).
La végétation variée est composée de forêts et de savanes :
- La forêt primaire et les mangroves qui, du fait des actions anthropiques, évoluent de plus
en plus vers les forêts secondaires et les galeries forestières le long des cours d’eau dans
les départements du Haut-Nkam, du Ndé, de la Menoua et du Noun ;
- La savane boisée et arborée de moyenne et de haute altitude qui couvre le centre de la
Région ;
- La savane herbacée, zone de pâturage par excellence qui s’étale dans la partie du Nord-
Ouest de la Région (Arrondissements de Koutaba, Bangourain et Kouoptamo dans le Noun
et Arrondissements de Galim et de Babadjou dans les Bamboutos).
Ce relief multiforme permet d’avoir une végétation étagée adaptée à la pratique d’une
gamme de cultures tant de rente que vivrières : café arabica, café robusta, bananier, pomme de
terre, tomate, piment.
L’hydrographie est constituée d’une multitude de rivières et de marigots parmi lesquels les
plus importants sont :
- Le Nkam grossi par la Menoua qui prend sa source sur le flanc ouest dans la commune
de Babadjou dans le mont Bamboutos ;
- Le Noun qui se jette dans le Mbam dans la commune de Massangam ;
- Le Mbam qui prend sa source à 1500 m d’altitude dans la chaîne montagneuse de l’ouest
séparant le Nigeria du Cameroun ;
- La Mifi prenant sa source à Badenkop, traverse les communes de Baham et de Bafoussam
II, donne son nom au département de la Mifi en se jetant dans le Noun ;
- Le Ndé sillonne le département du Ndé auquel il donne son nom.
Le climat de la région de l’Ouest est de type soudano guinéen tempéré par l’altitude
53
appelée climat Caméronien. Il est marqué par deux saisons distinctes : une saison sèche qui va
du 15 Novembre au 15 Mars et une longue saison pluvieuse. La moyenne annuelle des
précipitations est de 1600 mm qui se déversent dans la nature durant 98 jours de pluie
(DRADER, 2015) ; Cependant, les effets du changement climatique rendent la démarcation
entre les saisons sèches et pluvieuses de moins en moins précise et les pluies deviennent
imprévisibles (Tiwa , 2017) .
Les températures moyennes se situent autour de 21°C, les minimas de Décembre allant
de 16 à 18°C tandis que les maximas dépassent rarement 24 C en Mars avec une amplitude
thermique annuelle de 3°C. L’humidité relative de l’air se situe autour de 80 % avec de légères
variations au cours de l’année. A cette proportion, elle favorise le développement rapide des
microorganismes tels que les bactéries et les champignons ; entraînant des pertes post récolte
très élevées sur la conservation de haricot et de maïs, aliments de base de la population rurale.
La plupart des sols est de couleur rouge et latéritique, exposée à l’érosion dans les
départements du Ndé, du Haut-Nkam, du Koung-Khi et des Hauts-plateaux. Ils varient du brun
ou noir et sont fertiles sur la couche supérieure dans les zones volcaniques de la Mifi, de la
Ménoua, du Bamboutos. Ce sol confère une grande fertilité par endroit et permet de produire
une grande variété de cultures, ce qui fait de cette région le grenier du Cameroun (DRADER,
2017).
Dans la région de l’ouest se retrouvent les animaux tels que les rats palmistes, l’écureuil,
la perdrix et les diverses variétés d’oiseaux. En dehors de quelques villages isolés de la commune
de Massangam dans le Noun, les grands mammifères sauvages ont presque disparu ou sont en
voie de disparition parce que victimes soit des activités anthropiques ou du changement
climatique (DREFOF, 2017).
Les aires protégées bien que rares, ont résisté à la destruction des populations locales
pour la création des zones d’habitation, des champs des cultures vivrières et maraîchères. Il
s’agit de la réserve de santchou ayant 7 000 ha et celle de Metchengoum avec 6 000 ha. Ces
réserves sont de plus en plus envahies par les populations en quête des plantations des cultures
de rente, et la faune détruite, victime du braconnage (DREPAT, 2018).
Dans les agglomérations, certains arbres sont protégés par les populations pour des raisons
diverses : lieux sacrés, limites des concessions, haies vives pour limiter la divagation des animaux,
brise vent. Ils fournissent également le bois de chauffage utilisé comme source d’énergie pour le
séchage des produits agricoles. Leurs écorces, feuilles et racines utilisées en pharmacopée
54
traditionnelle permettent de soigner certaines maladies qui échappent même à la médecine
conventionnelle.
Dans les campagnes de l’ouest Cameroun, Le commerce concerne la vente des produits
agricoles, pastoraux, artisanaux, vin de raphia et quelques produits manufacturés. Les marchés
sont généralement périodiques permettant aux populations d’écouler le surplus des produits
agricoles issu du surplus de leur autoconsommation pour acquérir les produits manufacturés
La population totale de la région est estimée à 2 197 520 habitants avec 1 588 003
personnes résidant dans les zones rurales. La densité de la population est de 158 habitants /km².
D’après les critères élaborés par l’OCDE, la région de l’Ouest est un territoire semi urbain. La
forte densité de la population et une mauvaise répartition des terres poussent les habitants à
émigrer pour la conquête de nouvelles plantations fertiles dans les autres régions du pays.
Cependant, les campagnes abritent environ 1 588 003 personnes soit une densité de114
habitants/km² pour la population rurale lorsque 609 517 habitants occupent les villes, ce qui
prouve que les locaux sont des zones rurales ; La densité des actifs agricoles est d’environ 103
producteurs par km² mais reste très inégalement répartie. L’activité principale de la population
est l’agriculture et particulièrement les productions vivrières, maraîchères et de moins en moins
les cultures de rente. La pratique de l’élevage en faible proportion. Les autres activités telles que
le petit commerce, l’artisanat, les petits métiers et les fonctionnaires occupent 10 % des habitants
de la région de l’ouest Cameroun (DRADER, up cite).
La figure 3 ci-dessous montre la répartition de la population de l’Ouest Cameroun par sexe
et par tranche d’âge
tranche d`age
Masculin Féminin
Féminin
Masculin
population
Figure 3: Pyramide des âges de la population de l’ouest Cameroun
Source : INS, 2017
55
La pyramide des âges a la forme d’un triangle ayant une base très élargie et un sommet
pointu : ce qui montre que la population est très jeune. L’âge moyen se situe à 23 ans et 45 %
des habitants ont moins de 15 ans. De plus, 47 % de la population ont un âge compris entre 15
et 49 ans et moins de 8 % des habitants ont plus de 60 ans (REDEC, 2016). Cependant 86,6 %
des habitants sont actifs selon le BIT, (1974), ce qui permet de classer l’Ouest comme la région
la plus active du Cameroun (69%). Les hommes sont plus actifs dans les centres urbains tandis
que les femmes font l’inverse dans les zones rurales. Avec une moyenne de 158 habitants /km²,
la région de l’Ouest est un territoire semi urbain. Cette forte densité et une mauvaise répartition
des terres poussent les habitants à émigrer pour la conquête de nouvelles plantations fertiles dans
les autres régions du pays (INS, 2017).
L’activité principale de la population est l’agriculture et particulièrement les productions
vivrières, maraîchères et de moins en moins les cultures de rente. La pratique de l’élevage en
faible proportion tandis que les autres activités telles que le petit commerce, l’artisanat, les petits
métiers et les fonctionnaires occupent 10 % des habitants (DRADER, 2015).
56
cobayes et les lapins généralement de souche locale. Le gros bétail concerne quelques centaines
de pasteurs Bororo, semi-nomades qui pratiquent l’élevage extensif des bœufs dans les zones de
savane herbeuse du Noun et de Bamboutos. De plus en plus, l’élevage traditionnel amélioré
intensif progressant dans les villages et l’apparition parsemée des fermes modernes utilisant les
techniques appropriées de production qui font de l’ouest la plus grande zone de production des
œufs de table du Cameroun. Les paysans améliorent leur qualité et quantité de production animale
de sorte que l’élevage des petits ruminants, les élevages non-conventionnels, la pêche
continentale, la pisciculture et l’apiculture sont pratiqués dans la région de l’Ouest à une échelle
satisfaisante (DREPIA, 2017).
Les artisans sont diversifiés : L’artisanat traditionnel concerne la transformation des
produits forestiers, de l’argile et du bronze. Ils utilisent les lianes et les bambous pour fabriquer
les tables, les armoires, les chaises et des corbeilles pour la récolte de maïs, l’artisanat moderne
est une activité économique très importante : plusieurs centres sont opérationnels et jouissent
d’une certaine tradition à l’instar des centres artisanaux de Foumban et de Dschang. En effet plus
de 90 % des objets d’art qui sont utilisés au Cameroun pour recevoir les hautes personnalités
proviennent de l’ouest (RADEC, 2017). Ces objets concernent principalement, les produits issus
de bronze ou de cuivre, les meubles sculptés, les fibres en liane tissée et autres objets d’art ornés
de plumes ou de cauris.
Dans les zones rurales de l’ouest, la transformation des produits agricoles est assez rare.
Toutefois, le manioc est souvent transformé en bâton (de manioc), en cossette, en farine en tapioca
avant la commercialisation. De plus en plus, certains pains se fabriquent localement avec un
mélange de la farine de blé, de manioc et de patate dans les fours artisanaux installés dans les
quartiers en utilisant le feu de bois comme source d’énergie (PCD Babadjou, 2014). L’huile de
palme sert à la fabrication du savon et le café est moulu pour en faire un produit de luxe par
l’UCCAO (DRMIDT, 2016) Le tissu industriel de la région reste peu développé. En effet, en
dehors de quelques unités de décorticage du café, des unités de production de farine et des
provenderies, la quasi-totalité des industries se concentrent dans la production du savon et des
boulangeries pâtisseries (RADEC, 2016).
La région de l’Ouest regorge cependant d’énormes potentialités naturelles inexploitées. Il
s’agit des ressources minières telles que les carrières de sable et de pierre, des ressources
forestières ligneuses ou non et différentes ressources énergétiques liées à l’électricité. Les
barrages hydroélectriques, notamment les centrales de Dschang, Fonjumetaw, Bamougoum,
57
Bapi, Batotcha , Bangang et Mamarem ont une capacité de production totale estimée
7306,02KW (RADEC, 2017). Malheureusement ces ressources qui sont des véritables atouts
pour la production, le transport et la transformation des produits agricoles, demeurent
inexploitées.
Certaines activités non agricoles sont en pleine expansion dans la région de l’Ouest. La
tradition exige que chaque adulte construise sa maison qui matérialise son passage sur la terre
au village .Ainsi chaque année, des habitants bâtissent de nouvelles maisons en parpaing ou en
brique de terre dans leur quartier transformant très rapidement les petits villages en
agglomérations (Tchakote’, 2017). C’est la raison de l’engouement de certains métiers par les
jeunes dans les villages: maçonnerie, menuiserie, charpente, électricité. Ces jeunes, en période
de baisse d’activité du génie rural, se livrent à des travaux champêtres tels que l’effeuillage des
bananiers, le tuteurage des plantains, le désherbage des parcelles des cultures vivrières, la
construction des séchoirs des produits agricoles et des cribs.
58
population à la base : il s’agit de l’échantillonnage au niveau des départements et des
communes. Ainsi le nom de chacun des départements a été inscrit sur les papiers homogènes et
indiscernables au toucher puis placé dans un sceau de 10 litres utilisé comme urne. La main
innocente d’un enfant a permis d’effectuer le tirage. Après chaque opération, l’urne était
vigoureusement secouée avant le prochain tirage et sans remise. Le résultat se présente comme
suit : La Mifi, le Bamboutos, les hauts-Plateaux
Dans chaque département tiré, nous nous sommes intéressés aux communes pour le choix
des producteurs agricoles à la base.
Nous avons décidé de prendre les paysans issus de 03 communes sur un total de 11 unités
soit 27,30 % des effectifs des communes pour mener les enquêtes à raison d’une entité par
département. Dans chaque département, nous avons procédé comme au précédent et à l’issu de
ces 03tirages, les communes de Bafoussam 2ième, Babadjou et Baham ont été choisies.
3.3.1- Présentation sommaire de la commune de Babadjou
La commune de Babadjou a été créée par décret n° 93 / 321 du 25/11/1993, suite à
l’éclatement de la commune de Mbouda en deux unités administratives : Mbouda et Babadjou.
Elle s’étend du 10°4’ au 10°10’ longitude Est et du 5°37’ au 5°46’ latitude Nord avec une
altitude variant de 1 350 a’ 2 750 m. La mairie est située à 07 Km de Mbouda sur la Nationale
N°6 reliant Bafoussam à Bamenda. Elle couvre une superficie de 170 km² est limitée :
- Au Nord par la Commune de Santa dans le Département de la MEZAM (Région du Nord-
Ouest),
- A l’Est par la Commune de Mbouda,
- A l’Ouest par les régions du Nord-Ouest et le Département de LEBIALEM (Région du
Sud-ouest),
- Au Sud par les Communes de Mbouda et de Batcham.
Babadjou se présente dans l’ensemble sous forme de hautes terres situées sur le versant
Est de la chaîne des monts Bamboutos. L’ensemble a une forme pentue, avec des bas-fonds de
1350 m et les sommets de 2740 m. Cette chaîne montagneuse est accidentée et formée d’une
succession des collines et des vallées intermittentes. Ce type de relief pose un problème
d’exploitation rationnelle des terres à cause de l’érosion et l’évacuation des produits agricoles.
La végétation est essentiellement celle de la savane arbustive avec une fraction originelle
dans les forêts sacrées et les zones à forte altitude. Dans les contrées se trouvent parsemés des
arbres fruitiers tels que les goyaviers, les orangers, les manguiers, les avocatiers, les safoutiers
et des plantes telles que des bananiers, le raphia et les caféiers arabica.
59
Le climat est camerounien d’altitude caractérisé par une longue saison pluvieuse qui va
de mi-mars à mi–novembre et une courte saison sèche allant de mi-novembre à mi-mars. La
pluviosité moyenne annuelle est comprise entre 1600 et 2100 mm, les températures moyennes
varient entre 16 et 28°C. Les minima se situent à 9°C dans les zones de mouvances des Monts
Bamboutos.
La structure démographique de Babadjou présente environ 58% de jeunes de moins de 20
ans et environ 6% la population âgée de plus de 60 ans. La tranche des actifs agricoles se situe
autour de 36%, car les jeunes ruraux sont essentiellement les exploitants agricoles et éleveurs.
Cette unicité d’emploi pose le problème de rareté des terres exploitables (DAADER Babadjou,
2018).
Dans le domaine agricole, les paysans travaillent individuellement, en famille ou
s’organisent de plus en plus en GIC et en coopératives. On dénombre 30 GIC et 03coopératives
qui bénéficient régulièrement des appuis techniques et financiers du MINADER et de la micro
finance (MC²) de la localité (DAADER Babadjou, 2018). L’unité de paysage prédominante est
constituée des zones de polyculture caractérisées par les cultures maraîchères, vivrières, les
fruitiers et les cultures de rente telles que le café Arabica et les bambous raphia pour la
production du vin. La production moyenne du vin de raphia se situe autour de trois mille litres
récoltés par jour dont deux mille litres sont commercialisés localement ou exportés vers les
grandes villes du Cameroun. Chaque matin les collecteurs parcourent les zones de production,
les achètent aux producteurs et les acheminent dans les lieux de consommation ou aux abords
des axes routiers pour les transporter vers les villes, limitant la consommation des boissons
alcoolisées.
Les maraîchers ont su dompter les reliefs et les cours d’eau pour en faire une agriculture
intensive avec des techniques artisanales. Les agriculteurs construisent des mini barrages avec
les sacs de sable et transportent les eaux avec les tuyaux et en les dirigeants dans leurs champs.
A longueur des journées en saison sèche, des tourniquets aspergent l’eau sur des hectares les
cultures de chou, de poireau, de carotte, d’aubergine permettant d’effectuer plusieurs récoltes
au cours de l’année. Dans les zones de faibles pentes, ou dans les vallées, l’eau de ces rivières
est déviée pour l’irrigation à la raie pour la production des pommes de terre, de tomate et de
morelle noire. Ces produits partent directement des champs pour alimenter les villes
camerounaises et la région d’Afrique centrale. Malheureusement il n’existe aucune structure de
transformation et conservation des produits frais et les pertes après production est très élevés
surtout en période ou’ les prix sont bas sur les marchés aucune structure pour défendre les intérêts
des producteurs n’ayant jamais été mise en place.
60
En absence des banques classiques, les paysans brassent leurs ressources financières dans
l’unique microfinance(MC2) de Babadjou, les téléphones mobiles et les tontines. Les maraichers
après les ventes et achètent et stockent les fientes de poule ; des déjections de porc ou les bouses
des bœufs pour les nouvelles campagnes limitant la thésaurisation d’argent.
Chaque village et quartier s’est organisé et y a mis en place un comité de développement et
la population y est très active. Chaque membre y contribue en fonction de son sexe, son rang
social et des activités qu'il mène. Les taux de contribution annuelle pour l’acquisition de la carte
de la taxe de développement varient de 1 000 frs a’ 10 000 frs cfa et plus des dons volontaires.
Cette mobilisation financière a permis la construction des écoles des parents d’élèves et des
foyers communautaires, l’adduction d’eau potable, l’ouverture et l’entretien des pistes agricoles.
3.3.2 Présentation de la commune de Bafoussam II
La commune d’arrondissement de Bafoussam II constituée des groupements Baleng, Bapi
et Badeng est située dans le département de la Mifi, Région de l’Ouest Cameroun et est limitée
comme suit :
Au Nord par les communes de Mbouda et de Kouoptamo,
Au Sud par les communes de Bafoussam IIIe et Bafoussam Ier,
A l’Ouest par les communes de Mbouda et de Bafoussam IIIe,
A l’Est par les communes de Kouoptamo et de Bafoussam Ier
Elle fait partie des 03 communes d’arrondissement qui forment la Communauté Urbaine
de Bafoussam et couvre une superficie de 219,30 km² dont 164,48 km² de terre cultivable
(DAADER, 2018). Elle est centrée sur 5°30 latitude Nord et 10° 25 de longitude Est. La zone
rurale occupe les 4/5 de la commune tandis que la ville et ses bidonvilles de Bafoussam ne
s’étendent que sur 1/5 de l’espace communal.
L’activité principale reste l’agriculture motivée par la fertilité de son sol. Exploité à
plus de 70%, le sol de Bafoussam IIe ne connaît pas des moments de repos car les jachères sont
très rares ou de courtes durées (DAADER, 2018). Les populations produisent principalement les
cultures vivrières et particulièrement le maïs le haricot.
Pourtant, les arbres fruitiers tels que les avocatiers, les manguiers, les sagoutiers, les agrumes,
les goyaviers abondent. Malheureusement aucune forme de transformation ou de conservation
pour créer la valeur ajoutée de ces produits n’est menée. Au contraire, pendant la période de
récolte, ces fruits mûrs tombent, pourrissent et inondent les champs. Leurs surconsommations
par les enfants entraînent la dysenterie amibienne, la typhoïde et le choléra.
Malgré la présence des grandes banques classiques, les producteurs financent la production
agricole par les diverses transaction dans les tontines.
61
……La participation aux activités de développement est assez limitée et rarement la population
a pu mettre en place les comités de développement fonctionnels. Les projets communautaires
sous l’initiation des habitants sont rares. Mais de manière spontanée, la population construit des
passerelles artisanales ou entretien les pistes de collecte des produits agricoles
3 3.3 présentation de la commune de Baham
La commune de Baham constituée uniquement du groupement Baham ayant 16 villages
est située dans le Département des Hauts Plateaux dans la région de l’Ouest Cameroun. C’est
également le chef-lieu du Département des Hauts Plateaux. Elle se situe du 10ème au 12ème degré
de longitude et du 5ème au 6ème degré de latitude avec une altitude moyenne de 1400 mètres.
Cette commune est limitée :
- Au Nord par les communes de Bandjoun et Bamendjou
-Au Sud par la commune de Bayangam ;
-A l’Est par la commune de Bandjoun ;
-A l’Ouest par les communes de Bangou et Batié.
Baham a un sol rouge ferralitique latéritique très lessivé et pauvre, entraînant de faibles
rendements agricoles. Cependant les paysans s’activent à sa correction par l’usage combiné des
déjections animales et des engrais chimiques.
La végétation se compose des arbustes tels que, les eucalyptus, les manguiers, les
avocatiers, les kolatiers, d’herbacées telles que de l’impérata cylindrica et des fougères. La
plupart des arbres sont plantés ou ont été protégés pour les fonctions diverses et se retrouvent à
des endroits précis dans les concessions : les haies vives constitués de rideau d’arbres sont en
voie de disparution et servent de limite des parcelles familiales. Les arbres fruitiers sont de
production médiocre et sont dissimulés dans les champs et le plus souvent autours des maisons
d’habitations tandis que arbres d’ornement se placent dans la cours, les lieux sacrés étant discret.
En raison de la pression démographique, les arbres naturels tendent à disparaitre et entraînant
la rareté du bois de chauffage.
La population est estimée à 40 000 habitants avec une densité de 390 habitants /km²,
Baham tend vers une zone semi urbaine. Cependant les plantations de plus d’un demi-hectare y
sont rares et les paysans se concentrent sur de petites parcelles dissimulées partout dans les
villages. Les modes régissent le système d’acquisition des terres sont: l’achat, le don et l’héritage.
Si l’achat est rare et discrète, le don et l’héritage sont les plus répandus, la plupart des habitants
n’occupant que les terres familiales
Le sol est squelettique de couleur rouge vif fortement lessive’.et très pauvre en matière
62
organique la production agricole est médiocre mais les paysans y pratiquent une fertilisation
mixte en associant les déjections animales, la cendre de bois et les feuillages d’arbre et les engrais
chimiques. De plus en plus la méthode zaï est appliquée sue les cultures de maïs et le maraichage
permettant d’obtenir une récolte passable. La polyculture est pratiquée mais après la grande
campagne les cultures secondaires occupe le terrain et se récolte progressivement pour jumeler
la disette L’agriculture pratiquée est extensive, basée sur les cultures vivrières et faite en grande
partie pour l’autoconsommation. Grace a’ la vulgarisation assumée par une délégation
d’arrondissement et 05 postes agricoles, un centre zootechnique et vétérinaires et des sous-
produits de l’élevage la production agricole renait a’ Baham. Elle se situe autour de 500 tonnes
de maïs, 1 000 tonnes de pomme de terre, 300 tonnes de plantain, 400 tonnes de banane douce
et six 800 tonnes de chou (DRADER, 2018). Principalement destine’ a’ l’autoconsommation
surplus de ces produits est écoulée sur les petits marchés hebdomadaires dans les conditions
d’hygiène déplorable. Aucun espace n’a été aménagé dans les marchés pour la vente de produits
agricoles, la commune se limitant à collecter les tickets de marché sur ces produits.
Les paysans ignorent les crédits de campagne dans le domaine agricoles. Le financement
des activités provient des ressources négociées dans les tontines et des dons issus des élites
extérieurs. Il comporte régulièrement les semences améliorées de maïs et de pomme de terre, des
fertilisants ayant les fientes de poule et quelques fois des engrais chimiques parmi lesquels le 20-
10-10 et l’urée.
Chaque paysan est maitre de sa parcelle qu’il morcelle et attribue a’ sa descendance male,
les filles étant totalement exclues. Aucun plan d’aménagement ni individuel ni communautaire
n’est envisagé et le territoire de Baham ressemble a’ des groupes de maisons noyées dans les
champs et limitées par les haies vives
63
3. 4 Échantillonnage
Dans cette recherche est considéré comme producteur toute personne résidant dans la
localité indépendamment de son statut matrimonial dont l’âge varie de 20 à 70 ans. Au Cameroun,
la proportion de la tranche de la population de moins de 20 ans est de 47 % et celle de plus de 70
ans se situe autour de 3 % des effectifs (CIA, 2018-2019). Il s’ensuit que la population active
agricole s’estime en moyenne à 50 % des habitants d’une campagne.
Nous avons décidé de choisir dans les 03 communes un échantillon de 83 producteurs dont
dans la tranche d’âge de 20 à 70 ans issus dans la zone rurale. Le lieu d’enquête est le domicile,
le champ ou la ferme du paysan de manière à nous servir, en cas de besoin, d’une multitude
d’outils complémentaires (observation, grille d’entretien, questionnaire) pour collecter le
maximum des données sur son activité.
Nous avons enquêté 83 paysans en utilisant un questionnaire de 25 questions regroupées
en quatre (4) sections se basant sur l`identification du répondant, les sources de financement des
activités agricoles, les mécanismes de production, la participation au développement rural le plan
d’occupation des sols (Annexe IV)
64
téléchargées, traitées et analysées au laboratoire de la foresterie de l’Université de Dschang avec
le logiciel Arc Aview version 3.0.
Avant la descente sur le terrain, des outils de collecte des données avaient été élaborés en
nous servant des variables des objectifs telles que les sources de financement, les mécanismes de
production et la participation des producteurs au développement rural. Un échantillon de 10
paysans choisis au hasard a été utilisé pour tester ces outils pour mesurer les pertinences des
réponses et les difficultés qu’on pourrait y faire face sur le terrain afin de les réorienter. Le
dépouillement et l’analyse nous ont permis de mesurer l’ampleur des difficultés que nous réserve
le terrain et nous avons pris les mesures pour les corriger.
Nous avons utilisé les questionnaires pour enquêter les producteurs sur leurs activités en
relation avec le développement rural et communautaire. Ces questionnaires ont été ensuite
administrés à 83 habitants issus de 03communes choisies par tirage au sort dans la région l’ouest
(cf. tableau 4).
L’attestation de recherche délivrée par la Faculté d’Agronomie et des Sciences
Agricoles(FASA) a permis aux différents sous-préfets concernés de délivrer les autorisations de
recherche sur leurs territoires. Des ampliations envoyées aux chefs de villages et quartiers ont
servi a’ informer les populations cibles et ont contribué à faciliter la collette des données dans les
arrondissements de Babadjou, Bafoussam II et Baham (annexe I, II, III, IV).
Dans chacune des 03 communes, nous avons choisi au hasard des villages dans lesquels
nous devions faire les investigations à raison 02 paysans résidants par village. Avant d’entrée
dans une zone, la chefferie était déjà avisée de notre mission. Après une courte visite de
courtoisie au chef du village, nous choisissions au hasard un axe le long duquel nous devions
administrer les questionnaires aux paysans. La première concession du côté droit de la route était
retenue, puis nous devons par la suite encore parcourir une dizaine de concessions avant de nous
arrêter pour enquêter à la prochaine du côté gauche. A chaque concession, nous tenions compte
du type d’habitat et de la disposition des maisons et un seul questionnaire était administré par
contrée. Le paysan enquêté était soit en activité dans son champ ou dans sa ferme ou au repos
dans son domicile de manière à éviter les passants. Ensuite nous nous entretenions avec tous les
habitants de la concession en utilisant l’ISS ou l’entretien simple selon les circonstances et la
pertinence des réponses obtenues au cours du questionnaire. Grâce à la carte provenant des plans
de développement de ces communes, nous nous sommes orientés dans toutes les directions de
manière à couvrir la commune dans sa quasi-totalité.
65
Les questionnaires ont été administrés de manière directe. Les réponses ont été notées au
fur et à mesure sur l’espace approprié à la réponse ou sur un bloc note initialement tracé ayant
une marge pour les commentaires. Les questionnaires où les répondants ont eu des difficultés à
répondre ont été expliqués pour harmoniser la compréhension
Nous avons enquête’ les producteurs sur les sources de financement des activités de
l’agriculture. Elles ont permis d’obtenir les statistiques sur les différentes proportions des
sources de financement. Nous avons initié 03 rencontres avec 10 personnels des micro finances
de Mutuel financière de Developpement (MUFID) de Babadjou mandatés par leur structure a’
raison de 02 agents a’ Babadjou, a’ Bafoussam et 02 a’ Baham. Ces réunions ont porté sur les
conditions d’ouverture des comptes, les types d’activités éligibles au financement, les stratégies
mises en œuvre pour le suivi et le recouvrement des crédits; les montants des agios, le statut des
clients qui disposent des comptes dans leurs établissements ainsi que les organisations paysannes
qui disposent des comptes dans leur banques. Les discussions portaient également sur les types
des relations qui existent entre leurs structures, les tontines les projets de développement et les
bailleurs de Fonds
Nous avons également rencontre’ les représentants de 02 les bailleurs de fonds (ACEFA,
et PRODEL) qui opèrent dans les zones consternées dans le domaine de financement des
activités agropastorales dans le but de déceler les types des projets éligibles, les degrés
d’implication des bénéficiaires et les modes de suivi-évaluation. Nous avons rencontré d’autres
producteurs qui sont restés discrets sur les modes et les provenances des ressources qu’ils
utilisent dans leurs activités et toutes les tentatives sont restées vaines; ceux-ci nous taxant
d’espions mandatés par des services d’impôts.
Les grilles d’observation nous a permis d’observer les outils agricoles, les modes de
désherbage, les techniques de labour, les types de semence, les associations et densités de semis,
les types de fertilisation, les méthodes de protection contre les ennemis des cultures, le buttage
et la récolte. Ainsi les points d’ombres ont été ensuite posés aux paysans lors des entretiens semi
structurés ou pendant les focus groups. Ainsi 40 personnes ressources ont été entretenues parmi
lesquelles 06 chefs traditionnels ; 05 chefs de service déconcentré de l`Etat, 04 leaders
d’opinons, 05 ministres de culte et 20 leaders des producteurs (Annexe 8), le but recherche’ est
l’apport de ces personnes dans la production sur les plans social, économique et environnement
dans l’agriculture familiale.
La lecture des cartes satellitaires élaborées par le laboratoire géomatique du département
de la foresterie de l’université de Dschang en 1988 et 2017 a permis de mesurer le degré de
l’emprise des activités anthropiques sur l’environnement et de rechercher les solutions pour
66
limiter leurs impacts sur le plan agropastoral.
En effet 06 focus groups à raison de 02 séances par commune regroupant de 06 à 12
personnes comportant: les jeunes, les femmes, les hommes les vieux, les autochtones, les
allogènes, les agriculteurs et les autres groupes socioculturels habitant les zones concernées. Le
but visé est de trianguler les informations collectées et d’avoir les points de vue contradictoires
sur leur mode d’organisation, de la communauté, les modes d’accès au foncier, la situation des
champs par rapport aux zones d’habitation. Les discussions portaient sur la provenance des
semences, les différentes techniques de fertilisation des sols, les modes de protection des cultures
contre les ravageurs, la provenance des produits chimiques ainsi que les différents modes
d’utilisation des emballages, la gestion des récoltes. Egalement, nous cherchons leur perception
sur la gestion de l’environnement dans l’optique de déceler les problèmes qui se posent a’
l’agriculture pour de rechercher les perspectives (annexe 7).
Nous avons organisé 06 focus group (voir objectif II) avec la participation de 58
personnes. Au cours de ces mini ateliers de réflexion les participants ont donnés leurs points de
vue sur le développement rural et ont dressé la liste des différentes infrastructures d’intérêt
communautaire nécessaire pour leur épanouissement. A chaque infrastructure, ils évaluent leur
participation en terme de financement, de matériaux ou en main d’œuvre dans le cout de
l’ouvrage. L’observation de ces infrastructures montre une nette différence sur l’entretien de ces
ouvrages selon ou pas le degré d’implication des bénéficiaires dans la mise en œuvre.
Les questionnaires de la section III ont permis de mesurer l’apport des paysans dans le
processus de développement de leur zone. Ainsi leur adhésion aux organisations paysannes,
leurs apports visibles sur la mise en place des infrastructures communautaires dans leur village
ainsi que les lieux ou’ ils souhaiteraient investir leurs revenus dans le but d’améliorer
durablement leurs conditions de vie.
La carte de plan d’occupation du sol dans laquelle toutes les activités sont incluses et avec
la participation de tous les acteurs de développement a été dressée. Nous avons recense’ de
manière non exhaustive les facteurs pouvant concourir a’ une production optimale de
l’agriculture puis nous les avons comparés a’ des éléments pouvant stimuler le développement
d’une zone rurale. Ainsi nous avons place’ les acteurs face a’ leur destin dans la mesure où
l’apport externe serait de faible quantité laissant soin de la population locale le soin de concevoir
leur avenir face a’ un environnement favorable a’ la production.
67
3.6 Analyse des Données
Les informations obtenues à partir des observations directes ont fait objet de profondes
analyses de manière objective en utilisant les personnes ressources. Elles ont été dépouillées et
ont permis de compléter les données quantitatives
Les données collectées à l’aide des questionnaires auprès des paysans ont été dépouillées
manuellement. Elles ont été codifiées et introduites dans le logiciel statistique SPSS 26
(Statistical Package for Social Sciences). Les statistiques ont été utilisés pour déterminer les
paramètres d’observations (moyenne, fréquence,). Ce logiciel nous a permis de générer les
Les hypothèses ont été testées avec la corrélation de Pearson au seuil de P ≤ 0,05
68
CHAPITRE IV
RESULTATS ET DISCUSSION
Les répondants se répartissent par type de culture, par sexe, par tranche, d’âge, selon le
niveau d’instruction et selon la taille de ménage. Le tableau 4 ci-dessous indique les fréquences.
Tranche d’âge
20- 35 ans 27 33
36-50 ans 39 47
51-70 ans 17 20
Total 83 100
69
au maximum 50 ans. Cette population est relativement jeune et a de la vigueur pour effectuer les
activités agricoles.
On constate que 5 % des effectifs n’ont pas été a’ l’école. Le mode de l’échantillon est le
secondaire et regroupe plus de 65 % de la population. Cependant 15 % ont un niveau
universitaire. La répartition de la population en fonction du niveau scolaire permet de constater
que celui-ci est suffisamment élevé est peut être un atout pour la maitrise de la production
agricole.
La taille de famille moyenne est de 7 à 11 personnes permet au chef de ménage d’avoir
une grande main d’œuvre pour la production mais accroit l’autoconsommation.
27,7
Il ressort que les activités agricoles se financent avec les revenus propres des producteurs,
des fonds négociés dans les tontines et les banques, les dons et legs ainsi que les ressources
provenant des Bailleurs de Fonds.
70
En moyenne, 65 % des paysans financent leurs activités agricoles avec leurs revenus
propres. Ces fonds proviennent de la vente des produits agricoles, des travaux champêtres
rémunérés, effectués dans d’autres champs (pambe’), des revenus issus du petit commerce ou
des recettes provenant de l’exercice de petits métiers. Les paysans usent de toutes les stratégies
pour financer leurs activités agricoles. Pendant la saison sèche les femmes sur écobuage y sèment
les cultures dont les récoltes précoces permettrons de vendre a’ un prix relativement élevé pour
acquérir les ressources pour financer l’’acquisition des inputs la campagne. Certaines familles
élèvent autour des maisons d’habitation des poules locales, des chèvres naines de grandes
résistances aux maladies et du porc en divagation. D’autres agriculteurs se spécialisent en saison
sèche dans la fabrication des briques de terre devant servir a’ la construction des maisons. Ces
revenus propres permettent aux paysans de se procurer des engrais, des semences et du petit
matériel agricole
Les producteurs vendent également le surplus de leur production qui a échappé à
l’autoconsommation pour acheter une houe, une machette ou un pulvérisateur .D’autres
ressources sont collectés dans les petites négociations d’affaires issues des participations aux
cérémonies culturelles ; ils procurent des recettes qui sont minutieusement exploitées pour le
financement des activités agricoles. Quelques fois ces ressources sont insuffisantes et les paysans
s’en servent pour détailler les engrais en kilogrammes, en seaux ou en verres pour les éprendre
aux pieds de maïs, de pomme de terre, de macabo.
Les tontines qui sont des cotisations financières périodiques des personnes unies par
affinité, ont permis à 28 % des paysans de bénéficier des fonds pour financer leurs activités
agricoles.
Cependant rien que 4 % des producteurs ont bénéficié des crédits issus des
microfinances. Ce résultat confirme bien les propos du MINADER et fait penser qu`en matière
de financement, les activités agricoles sont abandonnés. Cette situation ne concerne pas que
l’ouest et le Cameroun ; mais la majorité des pays en développement (Grain de sel n° 72, 2016).
Quelques fois les producteurs reçoivent des dons de 2% pour les activités agricoles. Il
s’agit des semences de maïs, des pommes de terre ou de haricot ou des fertilisants tels que, les
fientes de poule, les crottes de porc, parfois des engrais chimiques et les petits matériels
agricoles. Ils proviennent de la commune, des ministères en charge du développement rural, du
comité de développement ou des élites externes nantis installés dans les villes.
Les bailleurs de fonds a’ travers les projets et les programmes de développement tels que
ACEFA et PNVRA octroient des financements pour la production agricole dans les villages. Ce
financement est discret et limite’, ne concerne que de 1 % des producteurs.
71
Malgré le dynamisme de la population dans le cadre de la production, l’insuffisance de
financement pour se procurer des matériels agricoles de pointe oblige les paysans à se contenter
que des outils rudimentaires. Ainsi la théorie de Boserup qui pense la forte densité des
populations les oblige à améliorer les outils de production semble ne pas se vérifier dans le cas
de l`ouest Cameroun car les producteurs n’ont pour seul outil de labour rien que les houes et les
machettes, la seule source d’énergie disponible étant la force musculaire
Les revenus issus des activités agricoles sont placés en divers lieux selon la discrétion des
producteurs ; mais en général les paysans épargnent leurs revenus à la maison, dans les tontines
ou dans les micros finances. La figure 5 ci-dessous en donne les proportions.
lieu discret
1%
micro-finance thesaurisation
28% 31%
tontine
40%
Il est à constater que 31 % des producteurs gardent leurs revenus à la maison. Selon eux,
ces ressources sont à la portée de la main et peuvent être utilisées a’ tout moment. Elles ne
produisent aucun intérêt. De plus, ces paysans se plaignent de vol, des confusions des lieux de
thésaurisation et les billets sont quelques fois détruits par les intempéries ou emportés par les
rongeurs.
Cependant 40 % des ruraux placent leurs revenus dans les tontines. Pourtant, ces structures
informelles ne disposent pas en leurs seins des crédits agricoles ou des crédits de campagne alors
que la production concerne plus de 90 % de leurs membres. Pourtant, les paysans rusés se servent
aisément de ces cotisations pour obtenir les ressources nécessaires a’ leurs activités agricoles et
peuvent obtenir les ressources nécessaires pour financer leurs productions en un seul tour de
tontine (entretien avec les paysans de Baham et Babadjou, 2019) .
72
Il revient à croire que plus de 70 % des paysans qui n’ont pas des activités bancaires, ont
difficilement recours à des bailleurs de fonds pour financer leurs activités. Ceux-ci exigent la
traçabilité des opérations a` travers les pièces de justification des encaissements et les
décaissements issus des institutions financières.
En moyenne, 28 % des paysans épargnent leurs revenus dans les micros finances alors que
moins de 4 % ont recours au crédit bancaire. Il en ressort que les paysans préfèrent plutôt
emprunter des ressources financières dans les tontines à cause de la souplesse des conditions
d’obtention (absence des garantis) mais se plaisent a’ épargner en lieu sûr et à portée de main
plutôt qu’à la banque/ micro-finance. Le découragement vient du fait que les banques ont selon
eux, des taux d’intérêt bas pour les dépôts mais prélèvent des agios élevés aux épargnants de
telles sortes que les ressources placées dans les institutions financières ne rapportent rien par
rapport à leurs placements dans les tontines.
En moyen, 1 % des paysans estiment qu’ils n’ont pas de revenu suffisant soit pour le
sécuriser dans les banques / micro finances, soit pour le placer dans les tontines ou pour les
garder dans leurs maisons. Ceux-là sont discrets et préfèrent s’abstenir sur le lieu de placement
de leurs revenus.
Les productions agricoles exigent d’énormes rubriques de dépense que les opérateurs
doivent comptabiliser pour optimiser leurs exploitations. La figure 6 ci-dessous présente les
documents de la comptabilité tenus des paysans.
77,1
14,5
8,4
73
- Environ 77 % des producteurs n’ont aucun document comptable. Ceux-ci
effectuent les achats et payent les mains d’œuvre sans les moindres traces. En fin de
campagne aucun bilan comptable ne peut être effectué. Pourtant plus 60 % d’entre eux ont
au moins le niveau secondaire et peuvent au moins enregistrer les bons entrée-sortie dans
les journaux qu’ils jugent nécessaires pour l’obtention du bilan de leurs activités. En fin
de campagne, ils ne disposent aucun moyen de vérification du bilan de leur production.
On pourrait penser soit à l`ignorance ou de manque de formation dans le domaine de la
gestion des exploitations agricoles.
- Il revient a’ voir que 15 % des paysans disposent des livres journaux permettent
d’enregistrer chronologiquement les opérations permettant d’effectuer le compte
d’exploitation réel en fin de campagne. Ce seraient en principe les membres de GIC suivis
par le personnel du MINADER ou les projets de développement où les microprojets sont
montés et le compte d’exploitation prévisionnel établi.
Rien que 8 % des producteurs établissent des comptes d’exploitation de leurs
activités. Ce sont des personnes ayant été formées sur par les projets après l`obtention des
financements de leurs microprojets et sont suivis par les bailleurs de fonds.
Il est difficile de dire avec certitude si les activités agricoles sont rentables car plus
de 90 % des producteurs ne réalisent aucune comptabilité, font des navigations à vue. Cependant,
en zone rurale, les habitants pensent que producteurs qui font des comptabilités sur leurs
productions, sont trop rigoureux et ne peuvent pas assister financièrement les nécessiteux. Ainsi
ils sont marginalisés et ridiculisés dans les associations où les réalisations des œuvres socio-
culturelles se posent en terme de financement, leurs ressources ne leur servant qu`à s`enrichir
(Focus group, 2019).
Chaque producteur dispose des priorités accordées pour les revenus affectés aux dépenses
des ménages. La figure 7 ci-dessous indique les principaux postes de dépense des paysans
74
vie paisible
21%
oeuvre social scolarisation
6% 48%
extension des
champs
25%
La priorité des paysans est de s’occuper de l’éducation de leurs enfants. Ainsi 48 % des
ménages ruraux utilisent leurs ressources pour la scolarisation de leurs enfants tant au niveau
primaire, secondaire qu’universitaire. Ce résultat confirme les enquêtes réalisées par Janin
(1997) qui avait observé qu’à l’ouest Cameroun, les 2/3 des personnes à charge étaient constitués
par des scolaires tandis qu’une proportion équivalente des emprunts contactés étaient affectés à
des dépenses de scolarité et de santé.
- Etendre les champs est la préoccupation de 25 % des paysans. Selon eux, l’agriculture
est socialement et économiquement rentable. Chaque année, ils créent de nouvelles plantations
dans les villages en s`attaquant sur les flancs des collines en s`investissant dans les bas-fonds ou
en négociant des espaces inoccupés pour étendre les cultures. Leurs parcelles sont fertilisées
avec un mélange d’engrais chimiques, des déjections et des déchets de cuisine, leur objectif étant
d’avoir de bonnes récoltes.
- Mener une vie paisible, acheter les objets de luxe, s’habiller avec élégance, négocier les
titres de noblesse, épouser de nouvelles femmes, construire des belles maisons sont les
préoccupations de 20 % des paysans de l’ouest Cameroun. Ainsi année, de nouvelles maisons
naissent dans les villages suite a` la vente de la tomate, de pomme de terre et autres produits
vivriers et maraichers.
- Rien que 6 % des producteurs se soucient du développement de leurs zones en
investissant dans les œuvres a` caractère social. Selon ces paysans, le bien être de la population
passe par la construction et l`entretien des infrastructures communautaires tels que les pistes
rurales, l’adduction d`eau potable, les foyers sociaux culturels.
Ces sources de financement de l’agriculture étant peu diversifiées et limitées aux
producteurs et à quelques bailleurs de fonds, peuvent-elles déclencher une grande production
75
des denrées dont les revenus peuvent servir pour le développement des zones rurales.
Toutes les méthodes de production en agriculture sont conditionnés par l`accès à la terre,
les autres facteurs n’étant que complémentaires (charte de l`union européenne).
masculin féminin
18 18
13,25 13,25
frequence
6 6
La location est un mode ou’ le paysan verse un certain revenu au bout d’un temps
déterminé pour avoir la possibilité d’exploiter une portion de terre. Pourtant, la terre familiale
dans son originalité ne se loue pas, mais elle est redistribue de manière discrétionnaire aux
membres de la famille.
Le métayage est un type de bail rural dans lequel un propriétaire, le bailleur, confie à un
exploitant le soin de cultiver une terre en échange d'une partie de la récolte. Le don consiste à
céder définitivement une portion de terre a’ un membre par une communauté ou par un patriarche
pour de grands services rendus au profit de la collectivité. Il s’agit par exemple des conquêtes
militaires pour repousser les ennemis et récupérer de nouvelles terres, l’introduction de nouvelles
76
cultures et plantes reconnues dans le village ou la réalisation des infrastructures collectives. Le
legs est la transmission à titre gratuit d'un terrain du défunt, faite de son vivant par testament, mais
qui ne prendra effet qu'à son décès. Le legs se distingue de la donation qui prend effet du vivant
du donateur et est irrévocable tandis que le legs qui prend effet qu'au décès, est révocable. Par
contre, l’héritage est un Patrimoine laissé par une personne décédée et transmis par succession.
L’achat quant lui consiste à donner les sources financières pour acquérir de manière définitive
une portion de terre ou les végétaux qui s’y trouvent. A l’ouest une personne peut jouir d’une
plantation ou d’un champ sans posséder des arbres qui s’y trouvent, Il s’agit plus particulièrement
des kolatiers et les forets raphiales.
Ces différentes dénominations permettent de gérer les terres chez les bamilékés de l’ouest
Cameroun depuis l’époque post coloniale jusqu'à’ nos jours. A Babadjou, de véritables factures
constituées par les os et les matériaux locaux, issues de l’achat des parcelles de raphia sont
fièrement accrochées aux barbillards des salles de spectacle des patriarches. Malheureusement
ces factures ne sont pas archivées. De plus, ces documents sont quelques volés, détruits par les
incendies et les intempéries ou emportés par les rongeurs.
- Plus de 13 % d`hommes ont des portions de terre dans les concessions familiales contre 6 % de
femmes. Aussi elles ne reçoivent que 6 % de terre comme don et legs tandis que leurs frères en
possèdent plus du double. Ces résultats sont surprenants et même une révolution dans la mesure
où les auteurs (; Oudraogo, 2010 ; & Salpeter, 2010 ) affirment que dans les zones rurales
d’Afrique subsaharienne, les femmes n’ont pas accès a` la terre.
- Jusqu'à 6 % des femmes héritent et contrôlent la distribution des terres contre 18 % des
hommes. Cette disproportion s`observe également lors des achats des terres ou’ les femmes
négocient les parcelles de terre pour les léguer a’ leurs garçons.
Cet accès a` la terre selon le genre, montre une disproportion dans le facteur de
production et fait penser que les femmes, qui produisent plus de 80 % des cultures vivrières, ne
possèdent qu’une faible portion de terre. Les hommes qui sont des propriétaires terrains, en
exploitent rarement ou les attribuent temporairement aux femmes en location masquée ou en
métayage selon les lieux et les circonstances.
Les superficies des champs varient de moins d`un demi hectare a` 6 hectares. Elles sont
utilisées pour les cultures vivrières et maraîchères comme indiquées dans la figure 9 ci-dessous.
77
superficies des champs cultivees
36
28
21
13
Les paysans appliquent sur leurs parcelles des multitudes techniques agricoles parmi
lesquels, la culture continue, la rotation culturale, la jachère et autre en fonction de l’emplacement
de leurs champs comme indique le tableau 5 ci-dessous.
78
Tableau 5: Situation des champs
Ce tableau indique :
En moyenne14 % des paysans ont leurs champs autour de leur maison d`habitation. La
présence des spéculations associées qui comportent des plantes pérennes, des cultures annuelles
et des légumes, limitent l’usage de la jachère. Ces parcelles reçoivent un maximum de fertilisant
tant organique que chimique et produisent les denrées alimentaires à la portée de la main. Les
paysans pratiquent les cultures associées en semant sur le même billon les plantes de cycles et
tailles différents de manière à obtenir le plus souvent une récolte échelonnée au cours de l’année
comme le montre le figure 10 ci-dessous
Les champs de petites superficies sont des jardins de case sont les terres les plus fertiles et
sont rarement mis en jachère. Ils reçoivent les cendres de bois, des déchets de cuisine, les
79
déjections animales et autres matières organiques et sont adaptés a` supporter une gamme de
cultures. Ce sont dans ces jardins de case que les paysans récoltent les meilleurs épis de maïs, les
gros tubercules de macabo, les larges tiges de légumes et les meilleurs condiments pour la cuisine.
Cependant, ils reçoivent des associations de plantes parfois incompatibles créant un microclimat
favorable a’ la propagation à des virus, des bactéries et des champignons nocifs a` la production.
De fait de leur proximité de l`habitat, la mauvaise utilisation des matières organiques et la lutte
phytosanitaire sur les cultures prédisposent les populations a` des graves maladies
En moyenne 57 % des producteurs ont des champs partout dans les villages. Ces paysans
utilisent toutes les techniques utiles pour la production. Ainsi, 30 % d’entre eux font des cultures
en continue alors que la rotation culturale, la jachère et l`assolement permettent de reconstituer la
fertilisation naturelle de la parcelle.
Cependant, 21% des champs sont situés sur les flancs des montagnes et 13 % d’entre eux font
des cultures en continue. Cependant aucun paysan ne pratique la jachère. Ici l’érosion pluviale
est plus accentuée, entrainant les bonnes terres dans les bas-fonds. Mais ces difficultés sont
comblées par les avantages qu’offre ce paysage particuliers : le soleil est généralement aplomb
avec un maximal de rayonnement permettant d’obtenir un meilleur rendement en saison humide.
De plus, les récoltes issues de cette parcelle résistent à la pourriture et se conservent mieux que
les cultures provenant des bas-fonds (Kenmeugne k.,,[Link] group, 2019) Ces raisons en plus,
poussent les populations à ouvrir des champs au-dessus de la limite autorisée par l`administration
au détriment des pâturages et des aires protégées, créant des conflits agropastoraux et la
destruction des faunes (Tardits, 1960).
- Il revient a’ 6 % des paysans de créer leur champ dans les bas-fonds pour la production agricole
en contre saison. Ils profitent de l’eau permanente pour entreprendre les cultures maraichères.
Ainsi, les bas-fonds humides, les longs des cours d’eau ou les points d’eau sont très convoités par
de la population. Cependant les exploitants agricoles le plus souvent détruisent les raphias et
polluent la fragile écologie humide par l’usage excessif des produits chimiques ; compromettant
l’agriculture durable.
Une tranche de 1 % des personnes préfèrent le long des axes routiers pour installer leurs
champs. Elles produisent en continue ayant l`avantage d’accès facile pour le transport d’intrant
et d`extrant agricole. Ils sont victimes des poussières sur les cultures, et particules nocives
provenant des combustions des carburants des voitures.
Vue sur le plan aérien, l’ouest se présente comme un champ de couleur verte entrecoupée
par des bandes hétérogènes semblables à un sol ferralitique de couleur rougeâtre. L’analyse des
images du satellite Landsast TM de 1988 et Landsast OU 2017 par le laboratoire de géomatique
80
environnementale de l’université de Dschang montre que le milieu physique se présente comme
montre les figures 11 A et B graphique ci-dessous.
Figure11
Figure 13A
A :: Région
Régionde
ouest en 1988
l’ouest en 1988 Figure 11B : Région ouest en 2017
81
pratique à courte durée, les savanes sous l’effet des érosions, sont lessivées et on arrive à
l’apparition d’un sol dégradé et peu fertile pour la production agricole.
Toutes les populations sont consciences que les semences améliorées donnent une
grande production. Cependant le matériel végétatif qu’elles utilisent dans leurs champs provient
de diverses sources comme montre la figure 12 ci-dessous
vivrier
20 maraicher
11
8
6
4
2
1 1
0
82
indésirables. Ces semences sont quelquefois vendues en seau, en boîte ou en tas malgré les
recommandations et les sanctions de la législation semencière.
- Seulement 24 % des paysans dont 20 % des maraîchers achètent et utilisent les
semences issues des magasins spécialisés des produits agrées en agriculture. Les produits ces
magasins provenant des firmes ses multinationaux, sont supposés livrer aux producteurs les
semences homologuées et à hauts rendements. Ces semences sont-elles adaptées a’ des
conditions locales susceptibles de fournir les rendements envisagés D’où proviennent ces
semences ?
- Il revient a’ croire que rien que 5% des semences proviennent d`autres sources. Elles
sont issues de l`institut Agronomique pour le développement (IRAD), des fermes de
multiplication des semences des structures du MINADER et des semenciers agrées dont le
matériel végétatif de base proviennent de la recherche. Ce matériel végétatif produit localement
s’adapte au milieu et résiste a’ l’attaque des maladies. Pourtant, il se dégénère rapidement, les
rendements diminuent au fil du temps et se transforme en semence locale.
Les semences locales sont prélevées sur les dernières récoltes ou issues de la sélection
massale dans les champs. Elles ne sont pas cataloguées et sont classées comme des semences
« tout venant ». Elles sont transmises de génération en génération dans les zones rurales. La
production issue de ces semences serait faible malgré les techniques utilisées.
Au champ les cultures sont généralement attaquées par les maladies et les insectes et
détériorent la qualité marchande. Afin de les combattre les producteurs utilisent les pesticides.
[Link] Lieu de rejet des emballages des pesticides
Les pesticides et les engrais vendus dans les magasins sont conditionnés dans les
emballages en polyéthylène, en verre et en plastique ou en aluminium. Apres utilisation, les
paysans se servent de plusieurs méthodes et lieux pour les détruire. Le tableau 6 ci-dessous
indique les lieux les plus fréquemment utilisés.
83
Tableau 6: Lieu rejet des emballages des pesticides
Vivrières Maraichères
Pas d’emballage 48 3,6 51,6
Dans l’eau 2,4 2,4 4,8
Dans la nature 2,2 14,4 16,6
Dans la poubelle 2,2 1,2 3,4
enterrement 0,0 9,6 9,6
Brulure 0,0 14,4 14,4
Retour aux fabricants 0,0 0,0 0,0
Total 54,8 45,2 100,
- Tandis que 15,6 % de producteurs les rejettent dans la nature ou les dissimulent chez leurs
voisins. Il s`agit 13,6 % des emballages de cultures maraîchères qui sont rejetés aux voisinages
de l`eau. Elles sont transportées par les eaux de ruissellement et se retrouvent dans l’eau de
consommation et participent à la destruction de la flore aquatique.
84
-On remarque 9,6 % des maraîchers enterrent les emballages dans leurs champs. Au contact
de l’eau souterraine ou d’irrigation, ces produits concentrés se dispersent dans le sol et détruisent
la biodiversité telle les vers de terre et les termites.
- Pourtant, 14,4 % des maraîchers entassent et brulent les emballages des pesticides. Ils le
font le plus souvent le soir avant le retour du champ de manière à éviter inhalation des fumées.
Cependant ces déchets sont le plus souvent en matière plastique et leur combustion produits des
gaz à effets de serre, nocifs à l’environnement.
- Rien que 2,4 % des personnes placent les emballages après usage dans les poubelles
dans leurs champs. Mais par manque des incinérations adaptées pour la destruction, ces
emballages se retrouvent dans la nature et servent d’épouvantails pour effrayer les oiseaux et les
singes.
-Pourtant, 1,2 % des paysans se servent des emballages des pesticides pour les usages
domestiques ou conserver les produits agricoles et de l`eau potable. (Cissé , 2014) souligne que
ce taux avoisine 97 % dans les régions de production des cultures maraîchères du sud du Bénin.
Cependant aucun producteur ne retourne les emballages des pesticides chez le fournisseur ;
ils retrouvent toujours dans la nature, aucun moyen de destruction selon les normes n’étant
disponible dans les zones rurales.
Que ce soit au Benin ou a` l’ouest Cameroun, les mauvaises utilisations des emballages
des pesticides contribuent à polluer l`environnement et prédisposent les populations a` des
graves maladies
85
[Link] Périodes de lutte contre les ennemis des cultures
Les paysans traitent leurs champs en fonction des critères qu`ils croient effaces contre les
ennemis des cultures, La figure 13 ci-dessous indique les périodes de traitement phytosanitaire.
avant pluie
19%
Aucun traitement
43%
Attaque
16%
a volonté
13%
86
Fig 14 A Surdosage sur les feuilles a’zavion Fig 14 B: surdosage sur les fruits à
dans la commune de Babadjou maturité a’ Tyo dans Bafoussam II
Figure 14: Surdosage des produits phytosanitaires sur la culture maraichère
-Alors, 13 % des producteurs pratiquant les cultures maraichères, traitent leurs parcelles à
volonté. De quels paramètres se servent-ils et en quelles proportions? Plusieurs raisons sont
évoquées par ces producteurs parmi lesquelles leur sens et des expériences des cultures des années
antérieures. Certains cultivateurs utilisent leur bon sens indépendamment de mode d’utilisation
édité par les fabricants de ces biocides. D’autres par contre se servent des conditions climatiques,
telles que l’intensité et la fréquence des pluies. Il s’en suit un gaspillage de produits, une perte de
temps et une intoxication de la biodiversité, du producteur et du consommateur final des récoltes.
- De même les 5 % de maraîchers qui font le traitement après la pluie et 2 % de ceux qui
protègent leurs cultures après la levée du soleil commettent des graves erreurs. L’usage des
pesticides suit le respect des normes éditées par les fabricants qu’il faut rigoureusement respecter
pour se protéger ainsi que les consommateurs et l’environnement comme montre la figure 15 ci-
dessous.
Figure 15 A : Destruction totale d’une ruche a’ Figure 15 B : Destruction partielle d’un essaim
Ngougoua dans la commune de Baham d’abeilles a’ Balepo dans la commune de Babadjou
Figure 15 : Destruction des abeilles par les pesticides a’ usage agricole
87
Rien que 2% des paysans utilisent les pesticides dans les normes éditées par les fabricants
tans disque 98 % s’en servent dans les mauvaises conditions. Il reviendrait aux paysans et
particulièrement aux maraîchères de respecter les fiches techniques de chaque biocide.
[Link] Entretien des outils agricoles
Apres le travail les outils agricoles sont entretenus. Le pulvérisateur reçoit des soins
particuliers à cause des produits chimiques qu’il contient. La figure 16 ci-dessous indique le lieu
de rinçage des pulvérisateurs après usage.
vivrier maraicher
13,3 13,3
4,54 4,54 2,27 0 0
Dans des zones rurales, les producteurs affirment leurs préférences sur le lieu de rinçage de
leur pulvérisateur après utilisation pour le traitement des cultures en champs. Les données
collectées permettent d’obtenir les statistiques suivantes:
- Pourtant 9 % des paysans rincent et déversent le reste de produit du pulvérisateur dans les
cours d’eau. Ces produits sont concentrés en insecticides, herbicides ou des fongicides. Ces
biocides à l’instar du maneb sont utilisés pour lutter contre les pourritures sur les cultures, sont
particulièrement toxiques pour les poissons et agissent à faibles doses (Wilma et al., 1989).
- Cependant 16 % des producteurs préfèrent rincer et déverser le reste des produits près du cours
d’eau. Ils s’infiltrent facilement dans le sol hydromorphe et se retrouvent dans le cours d’eau.
De plus, les grenouilles, les vers de terre, les termites et autres populations qui peuplent les
pourtours des cours d’eau sont systématiquement détruits (Stratégie Québécoise sur les
pesticides, 2015- 2018).
- De même, 75 % des producteurs dont 63 % des maraîchers lavent, rincent et déversent les
restes des pesticides du pulvérisateur loin des points ou des cours d’eau dont ils se servent pour
88
traiter leurs cultures. Ces produits déversés en amont ou sur les abords des cours d’eau s`infiltrent
et se retrouvent dans le lit ou dans la nappe phréatique.
Aucun producteur ne respecte les normes environnementales relatives à la distance de l`eau
par rapport à la source de pollution. Ainsi aucun maraicher n`a pu aménager une distance à 15
m du lieu de puisage d’eau de traitement, du lavage du pulvérisateur et le déversement de la lie
de l’appareil après le traitement (Stratégie Québécoise sur les pesticides, 2015- 2018).
Le lieu de rinçage et déversement du reste de produit issu du pulvérisateur permet de
comprendre pourquoi la plus part des cours d’eau des zones rurales de l`ouest Cameroun ne sont
pas poissonneux.
55
45
0 0
Aucun producteur ne dispose de salopette pour le traitement des pesticides. Pourtant cette
tenue très appropriée couvre entièrement le travailleur en dehors de la tête, des pieds et des
mains. Selon eux, cette combinaison étouffe, freine la cadence de pompage et ralentit le rythme
de travail. Régulièrement, ils la remplacent par les blousons en nylon et les vieux pantalons qui
sont réutilisés sans ou après lavage.
Rares sont les maraîchers qui se protègent correctement avant la manipulation des
pesticides. En moyenne, 55 % des producteurs se servent les méthodes approximatives de
protection en utilisant généralement les gants, les bottes, les cache-nez. A la fin du travail, les
produits percolent sur leurs blousons et leurs mains sont teintés par les pesticides à force de
manipuler les buses des pulvérisateurs
89
Cependant 45 % des maraîchers n’ont aucune disposition de protection. Ils se servent des
mains nues pour manipuler les biocides en les inhalant. Après les traitements, ils se plaignent de
la fatigue générale, des violents maux de tête et des vomissements.
Ces résultats sont similaires à ceux trouvés dans le sud Bénin où 72 % des cultivateurs ne
se protègent pas lors des épandages de pesticides agricoles; tandis qu’une étude semblable
montre que 99 % des paysans au Burkina Faso ont une tenue quelconque. On pourrait penser
qu`en Afrique subsaharienne, les producteurs ne font pas de protection adéquate avant, pendant
et après l`usage des biocides agricoles.
Après la récolte, les grains sont attaqués et détruits par les insectes et les rongeurs. Pour
les combattre, les paysans utilisent une multitude de méthodes qu’ils jugent plus ou moins
efficaces. La Figure 18 ci-dessous en donne les fréquences.
les deux méthodes
à la fois rien
19% 14%
utilisation des
produits locaux
10%
utilisation des
produits chimiques
57%
Figure 18: Méthodes utilisées pour la conservation des grains post- récolte
Dans l’Ouest Cameroun, 14 % des paysans conservent les graines sans protection. Le
maïs, le haricot, le soja et l’arachide sont emballés ou mis dans les gourdes plastiques puis fermés
hermétiquement. Rarement, ces produits se conservent bien. Les charançons attaquent et
détruisent la production par négligence ou par utilisation du matériel défectueux.
Cependant 10 % des paysans se servent des produits locaux pour conserver leurs graines.
Il s’agit de la cendre de bois, du piment écrasé, des bouses de bœuf, des feuilles de sapins et
de chinmagne. Ces feuilles écrasées et incorporées dans les graines servent d’insectifuges et
permettent de conserver les graines pendant une durée de 2 à 3 mois. Cependant quelles seraient
90
les doses optimales de ces produits locaux et la durée de la conservation des graines en stock?
Quels dangers s’exposent les consommateurs de ces aliments et les antidotes ?
Dans les villages, 57 % des paysans utilisent seulement les produits chimiques pour
conserver leurs productions. Ces produits provenant des magasins spécialisés ou des
commerçants ambulants sont achetés sur le marché local. Rarement les indications issues des
fabricants sont correctement utilisées, rendant les produits peu efficaces.
Afin de maximiser les chances de protection de graines stockées, 19 % des populations
utilisent les produits locaux et les produits chimiques à la fois. Elles les mélangent dans les
proportions dont elles détiennent seules les secrets indépendamment des fiches techniques des
fabricants. Rares sont les paysans qui conservent correctement leurs graines en stock. Les souris
rongent et détruisent les emballages, les insectes s’introduisent dans le stock et détruisent la
récolte faisant perdre parfois jusqu’à 3/5 de leur production.
[Link] Destination de la production agricole
Selon les types de production, les destinations sont variées : autoconsommation,
distribution, vente et leurs différentes combinaisons. La figure 19 ci-dessous présente les
différentes destinations :
19,28
6,02
Nous remarquons que plus de 22 % des paysans avouent que leurs productions sont
destinées uniquement à l`autoconsommation. Il s`agit soit des producteurs désœuvrés, des
agriculteurs pratiquant d`autres métiers tels le petit commerce, des mototaxi ou des
débrouillards. Après la récolte, les produits sont stockés dans les magasins ou les greniers. Ils
91
sont prélevés au fur et à mesure selon les besoins de la famille pour la consommation. Les amis,
les parents et autres connaissances installés en ville reçoivent des paquets de maïs, de haricot,
d’igname, de la patate, du macabo de manière qu’en fin de la saison, il ne reste que les semences
pour la prochaine compagne.
Dans un tel système de production, d’où proviendront les ressources pour le financement
de la prochaine campagne et pour entretenir les membres de la famille ? Les paysans sont obligés
de dépendre continuellement des tontines ou des usuriers pour emprunter les ressources
financières et ont de la peine à rembourser. C’est la raison pour laquelle 80 % de la population
agricole utilise la semence locale. Il s’établit alors un goulot d’étranglement, contribuant à ce
que Rostow qualifie de « retard cultural » relatif à la production agricole.
Cependant, 45 % des populations produisent uniquement pour la vente. Ce sont
principalement les maraîchers dont les récoltes sont vite périssables et qu’il faut rapidement
écouler sur les marchés. De plus, plus de 50 % d’entre eux utilisent les semences améliorées et
une bonne combinaison des déjections animales et des engrais chimiques pour fertiliser les sols.
Egalement, 6 % des paysans produisent seulement pour la vente. Il s`agit des personnes qui
pratiquent de l`agriculture de manière professionnelles et qui utilisent une comptabilité en fin de
campagne. Ce sont des agriculteurs d`élites qui se servent de l`agriculture pour les affaires.
Pourtant, jusqu`à 32 % des producteurs utilisent les produits agricoles pour
l`autoconsommation, la distribution et la vente. C’est le cas de 30 % des vivriers et 2 % des
maraichers. Une partie de la production est vendue sur le marché pour résoudre les problèmes
de la famille ou pour négocier les inputs pour la prochaine campagne agricole. Cette stratégie
permet à la famille d`acquérir un certain degré d`autosuffisance, de s`occuper de la scolarisation
des enfants et de planifier les projets pouvant contribuer à l`amélioration des conditions de vie.
Chaque année les paysans perdent une partie de leur récolte entre leur champ de production
jusqu’à la consommation/vente soit par le prétraitement, le transport, la conservation ou pendant
le conditionnement. De la production à la consommation, il existe une multitude d’étapes
comportant à chaque niveau une perte post récolte plus ou moins importante.
Les dégâts proviennent de moisissures, des insectes, des rongeurs ou des emballages. Le
tableau 7 ci-dessous donne des fréquences relatives des pertes post récoltes des paysans.
92
Tableau 7: Fréquence des pertes post récolte
protection culture Total
Perte post Aucune produits produits locaux et
récolte protection locaux chimiques chimiques
Négligeable 9 12 38 12 72
moins de 1/5 2 6 11 7 26
entre 1/5 et 2/5 0 1 0 0 1
Total 12 19 49 19 100
Dans les zones rurales, nous constatons que :
Environ 72 % des producteurs ont des pertes post récoltes négligeables. Il s`agit en
particulier des maraichers qui ayant traité les cultures avant les récoltes, les vendent
directement sur les marchés car la majorité est gorgée d`eau et sont vite périssables. Ainsi plus
de 38 % ont reçu des produits chimiques tans disque 12 % ont reçu uniquement des produits
locaux et 12 % ayant eu un traitement à base des produits locaux et chimiques. Ces cas
concernent les produits vivriers tels que les céréales et les lumineuses .Leur conservation se
font avec du cendre de bois, des bouses de chèvres, des feuilles sèches de sapins et une dose
d`insecticide de faible toxicité. Selon les praticiens cette méthode est très efficace car les pertes
sont inexistantes ou négligeables. Cependant a’ quelle proportion faut-il mélanger ces produits
pour obtenir un résultat efficiente? La réponse à cette question ne pourrait que prévenir des
chercheurs qui pourront établir les fiches techniques tout en se rassurant que ce mélange ne
serait pas nuisible pour la santé humaine.
Pourtant plus de 8 % des producteurs n`utilisent aucun traitement, mais ne subissent aucune
perte. Ils sécurisent leurs grains dans les sacs et les gourdes hermétiquement fermés en
permanence. Ceux-là’ sont de producteurs qui vendent directement leur production juste a` la
récolte ou qui les conservent au grenier en contact avec la fumée de bois.
Cependant plus de 26 % des paysans subissent des pertes de moins de 20 % tandis que mois
de 2 % ont des pertes post récolte entre 20 % et 40 % de leurs productions. Ce sont en particulier
les grands producteurs qui préfèrent vendre leur production que lors que le prix est au maximum
sur le marché.
En général les paysans perdent plus de 27 % de leur production lors des conservations.
Ce résultat confirme la tendance de la FAO (2014) qui estime qu’en moyenne un tiers des
aliments produits dans le monde est détruit lors de la conservation ou dans d`autres étapes entre
le producteur et le consommateur final.
93
4.4 Participation des paysans aux activités de développement rural
Les habitants vivent, soit individuellement, soit ou appartiennent à une multitude d’organisations
ayant des sièges dans ou hors de leur zone d’action. Le tableau 10 ci-dessous montre les
appartenances des populations aux organisations selon la taille de ménage.
Tableau 8: Appartenance aux organisations de développement rural
94
associations, des GIC ou des confréries mènent les activités de développement dans les zones
rurales. Le tableau 9 ci-dessous indique les types de réalisation des infrastructures de
développement rural visibles que les producteurs agropastoraux ont contribuées à la mise en
œuvre dans les villages.
Tableau 9: Type de réalisations communautaires visibles par les paysans.
95
l’œuvre des paysans de l’Ouest à travers les principes de décentralisation (constitution, 1996) :
Ainsi le Principe de subsidiarité qui encourage la prise des décisions au niveau de la base
comme font les paysans au niveau des organisations de tontine, de solidarité, des champs
communautaires. Ces organisations formelles ou non sont pour les plupart, des écoles de
développement où chaque membre doit cotiser individuellement pour l’eau potable, l’entretien
routier. Les figures 20 ci-dessous montrent les réalisations des producteurs agropastoraux pour
améliorer leur condition de vie.
Figure 20 (A, B, C): Mise en place et entretien des infrastructures rurales par les populations
Le mauvais état des pistes, la construction des salles de classe, affectent toutes les
populations nécessitant leur participation. La réalisation nécessite les moyens techniques,
humains et financiers que les paysans doivent habilement et progressivement mobiliser à travers
les travaux d`investissements humains, les cotisations provenant des ressources agricoles. Quels
que fois les ressources financières externes sont sollicitées à travers les personnes ressources,
ses organisations et ses bailleurs de fonds.
Une querelle est généralement faite sur le lieu des investissements des revenus des
populations ressortissantes de l’Ouest Cameroun. Les avis sont partagés et parfois
contradictoires, chaque groupe soutenant fermement ses positions : Certaines personnes estiment
qu’il faut investir le surplus de ses revenus dans son village d’origine, d’autres préfèrent la ville
tandis qu’une tranche pense quel lieu de l’investissement dépend de sa rentabilité. La figure 21
ci-dessous présente le lieu d’investissement de revenus leurs activités agricoles par les paysans.
96
lieux d'invertissement des revenus agricoles
61
25
12
Il ressort que :
Environ 61 % des producteurs pensent que la priorité est d’investir ses revenus au village.
En le faisant, le promoteur contrôle facilement ses activités et le village se développe. L’exode
rural serait réduit et les parents seraient flattés d’envoyer leurs enfants habiter avec les oncles,
les tantes, les grands parents au village. De plus, cet investissement ferait tache d’huile et
obligerait les élites et les bourgeois soit à initier ou à se lancer dans la concurrence.
Progressivement les routes se créent et s’entretiennent, l’eau potable et l’électrification rurale y
suivent et le village se transforme en agglomération puis en citée.
Cet avis est vigoureusement combattu par 25 % des producteurs qui croient qu’investir au
village revient à perdre ses revenus. La densité de la population rurale est faible et ayant un
pouvoir d’achat médiocre par rapport à des villes. En plus, cet investissement crée l’exode urbain
et oblige les populations à avoir de fortes pressions sur les ressources naturelles et la terre. Les
petites parcelles isolées dans les villages seront conquises dans l’espoir d’étendre leur pouvoir
économique et leurs influences sociales. Ce point de vue est partagé par des vivriers et des
maraichers qui estiment aussi qu’en zone rurale, la jalousie, la haine et le mouchardage font a`
ce que l’investisseur soit au centre du ridicule en cas des problèmes d’intérêt commun.
Cependant, 12 % des producteurs interrogés estiment qu’il est nécessaire de diversifier les
lieux d’investissement en allant tant au village qu’en ville. D’après eux, les ressources investies
en ville sont plus rentables tandis que celles du village sont plus en vue et mieux sécurisées.
Pourtant 2 % des producteurs n’ont aucune préférence, estimant que le seul critère de choix
du lieu d’investissement est la rentabilité économique. Ils sont prêts à investir dans toutes les
zones où ils peuvent tirer les maximas de bénéfice.
97
4.5 Vérification des hypothèses
Ho I : Les sources financières allouées aux activités agricoles ne suffisent pas pour
développer les zones rurales dans la région de l’ouest Cameroun.
Les sources de financement des activités agricoles proviennent à 65 % des ressources
propres des paysans. Elles sont issues de la vente des surplus des récoltes, des fonds issus des
travaux champêtres, de petits commerces. Les petites transactions financières ou des fonds
négociés dans les tontines tels les cotisations périodiques, les banques scolaires et annuelles
représentent 27 % tandis que des crédits négociés dans les micro-finances ne sont que de 3 %
des fonds pour investis dans la production agricole. Ainsi, rares sont les financements que l’Etat
à travers le MINADER et le MINEPIA accordent aux producteurs. Les bailleurs de fonds bien
que rares, financent des projets agricoles dans les villages. Il s’agit de la Banque Mondiale, de
l’union européenne de la coopération française a’ travers les projets tels que le PRODEL,
l’ACEFA. Les élites offrent quelques fois, les semences de maïs, de pomme de terre, des fientes
de poule et autres engrais chimiques aux paysans pour appuyer la production .Ces apports sont
insuffisants pour entreprendre une agriculture moderne mais capitale pour les petits paysans, qui
les rappellent de s’en servir pour contribuer au développement de leurs zones
Ainsi, le tableau 10 de la corrélation de Pearson se présente comme suit.
Tableau 10: Corrélation entre type de réalisation et sources de financement
Corrélations
type de source de
réalisation financement
Corrélation de 1 ,211
Pearson
type de réalisation
Sig. (bilatérale) ,056
N 83 83
Corrélation de ,211 1
source de Pearson
financement Sig. (bilatérale) ,056
N 83 83
La corrélation de Pearson 0,211 entre les types de réalisation et les sources de financement
montre qu’existe une faible relation de dépendance entre les types de réalisation et les sources
de financement.
98
Nous pouvons conclure que Hypothèse I : Les sources financières allouées aux activités
agricoles ne sont pas suffisantes pour développer activement les zones rurales dans la région de
l’ouest Cameroun est fausse. Ainsi nous pouvons affirmer que Les sources financières allouées
aux activités agricoles sont suffisantes pour développer les zones rurales dans la région de l’ouest
Cameroun est vraie. A comparer les contributions des populations dans les projets de
développement a’ caractère social et les indices de développement édités par le PNUD, nous
constatons que l’ouest est développe’. Mais elle pouvait l’être davantage au vue des potentialités
qu’elle dispose : les sources de financement existent mais ne sont pas allouées’ pour le
développement de l’agriculture. Les micro-finances, les tontines, l’Etat déversent d’importantes
ressources dans les villages mais le développement rural tant attendu est encore embryonnaire
et les paysans qui y habitent aimeraient investir dans les villes ou dans les lieux où ils
récolteraient le maximum de bénéfices.
99
Tableau 11: Réalisation en fonction des superficies des cultures
Il ressort que
- 62 % des producteurs sont inactifs tandis que 48 % d’entre eux entretiennent des
infrastructures communautaires servant au développement rural.
- 38 % des producteurs qui disposent des superficies inférieures à ½ ha participent plus
ou moins activement au développement du village à travers les réalisations visibles.
- Pourtant, 28 % ne sont pas socialement actifs tandis que 10 % d’entre eux entretiennent
des pistes rurales.
Ainsi la superficie cultivable ne semble pas être un critère pour mesurer les types de
réalisation visibles en zone rurale comme atteste la corrélation de Pearson dans le tableau 12 ci-
dessous.
Au regard de ces remarques, nous pouvons affirmer que l’hypothèse II: Les mécanismes
de production de l’agriculture familiale ne permettent pas le développement rural dans la région
de l’ouest Cameroun est fausse. Donc l’hypothèse alternative, Les mécanismes de production de
100
l’agriculture familiale permettent le développement rural dans la région de l’ouest Cameroun est
vérifiée.
101
Tableau 14: Corrélation entre les types de réalisation visible et appartenance aux organisations
La corrélation de Pearson au seuil de 0,01 est de 0,355. Donc les critères type de
réalisation et d’appartenance aux organisations sont faiblement liés. Donc l’hypothèse selon
laquelle la faible participation des producteurs agropastoraux aux activités socio-culturelles ne
constitue pas un handicap pour le développement des zones rurales dans la région de l’ouest
Cameroun est fausse.
Pour un développement rural, il faudrait un forte la participation des producteurs aux activités
communautaires. Ainsi l’accès a’ l’eau potable permettrait pour réduire les maladies hydriques,
l’ouverture et l’entretien des pistes rurales pour faciliter les transports des récoltes et la
construction des écoles pour éduquer les enfants. Ces travaux sont les rôles régaliens de l’Etat
mais les bénéficiaires doivent également s’investir pour s’en approprier.
102
les revenus permettraient de développer les zones rurales. Elle recruterait une main d’œuvre
abondante et octroierait les salaires décents permettant de créer des activités non agricoles
génératrices de revenu pour le bien naitre de tous les habitants.
La figure 22 ci-dessous est un modèle type du plan d’occupation du sol pour un
développement optimal des zones rurales.
Figure 22: Modèle du plan d’occupation du sol pour le développement optimal de zone rurale
4.4 Conclusion
103
dans la filière comme perspectives d’avenir pour le développer les zones rurales en terme de
financement, de production de la participation a’ la prise de décision dans la gouvernance locale
et de la mise en œuvre du plan d’occupation des sols.
104
CHAPITRE V
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
105
5.1.2 Les mécanismes de production agricole pour le développement rural
La production agricole s’effectue a’ base de l’énergie humaine sur des parcelles de
superficies cumulées de 0,2 à 2 ha dissimulées partout dans le village : ces superficies sont trop
petites pour promouvoir une agriculture de grandes envergures. Malgré le savoir-faire local
transmis de génération en génération par les us et coutumes, la production agricole s’augmente
mais la productivité reste faible et tributaire de la qualité des semences, de l’association des
cultures et de la protection phytosanitaire. La fertilisation se fait avec une association des engrais
organiques à base des digestions animales, du compost, de cendre de bois et des déchets de
cuisine complétée par les engrais chimiques dans les proportions quelconques, donne les
rendements mitigés les analyses du sol ayant été rarement effectuées. Les champs portent toute
l’année des cultures associées, avec des rares jachères ou de courtes durées, aboutissant à une
surexploitation de terres agricoles.
Les maraîchers se servent d’une gamme de mélange d’insecticides et de fongicides tant
systémiques que de contact pour protéger leurs cultures contre les attaques, et rejettent les lies
de leurs pulvérisateurs et leurs emballages aux environs des cours d’eau détruisant les
microfaunes aquatiques. La récolte se déroule parfois indépendamment du délai de traitement,
vendant les légumes frais pollués aux consommateurs. La plus part de ces cultivateurs sont-
mêmes soumis à des intoxications dues des contacts et a’ l’inhalation des produits de traitement
provenant des pulvérisateurs usés, en violation des indications éditées par les fabricants des
pesticides.
L’association des cultures est de règle avec des récoltes échelonnées permettant de
nourrir une population a` forte croissance et de dégager les surplus pour les vendre sur les
marchés, malgré les pertes post récoltes pouvant détruire plus du tiers de la production.
Cependant, les paysans se servent d’un mélange de produits locaux et des produits chimiques
pour protéger les graines en stock pouvant protéger, les récoltes mais susceptibles d’intoxiquer
les consommateurs aucune analyse chimique n’ayant pas été effectuée. La production subit
l’autoconsommation de plus de 2/3 et ne parvient plus à fournir suffisamment des matières
premières capables d’alimenter les agroalimentaires pour créer de la valeur ajoutée et pour
générer les emplois.
Une telle agriculture pratiquée sur de faibles superficies, utilisant une main d’œuvre
familiale et associant les cultures et parfois incompatibles et sans possibilité de la mécanisation,
ne peut véritablement pas fournir suffisamment de la matière première pour l’industrie de
transformation dans le but de s’imposer sur le marché local et mondial. C’est à peine que
l’agriculture pratiquée à l’Ouest Cameron peut nourrir sa population et celle des villes
106
environnantes car malgré les obstacles, elle dispose d’énormes atouts qui peuvent lui permettre
de développer une véritable agriculture moderne et durable
5.1.3 Utilisation des ressources agricoles dans le développement rural
La production agricole est bénéfique pour les populations mais la comptabilité des
opérations est rarement réalisée, faisant planer des incertitudes sur la rentabilité de cette
agriculture familiale. Pourtant une partie des recettes d’agriculture permet de financer le
développement des zones rurales. Les populations rurales ont la propension à se regrouper en
centre d’intérêt et d’entreprendre les actions de développement. A leur actif, elles ont mené de
multiples des activités communautaires pouvant leur permettre d’améliorer leurs conditions de
vie telles que la construction des routes dans les villages, l’ouverture et l’entretien des pistes
agricoles, l’aménagement des sources d’eau potable la construction des passerelles artisanales.
Cependant ces actions sont importantes, mais ne sauraient développer harmonieusement une
zone rurale au vue des quantités et qualités des ressources qui peuvent lui permettre de
développer une véritable agriculture moderne et durable au vue de faibles pouvoirs de décision
que détiennent les populations locales. Les projets ruraux conçus et exécutés dans les zones
rurales de l’Ouest Cameroun sont généralement du type top down et mis en œuvre sans
l’implication des populations bénéficiaires. Ces projets et infrastructures se détériorent plus
rapidement faute de suivi les populations bénéficiaires se considérant étrangères.
Il revient de dire que l’hypothèse générale instituée les systèmes de production de
l’agriculture familiale ne permettent pas le développement est fausse. Nous pouvons affirmer
que les systèmes de production de l’agriculture familiale permettent le développement
rural dans la région de l’ouest Cameroun est vraie. Cependant, la mauvaise répartition des
terres agricoles, l’exclusion des femmes dans les facteurs de production, la pratique des jours
interdits, la délimitation des espaces dédiés aux des dieux tutélaires constituent de véritables
barrières pour la production agricole de masse conditions sine qua none pour le décollage du
développement rural. C’est fort de ces constat que Rostow dit la que les différences qui existent
entre les pays du Nord riches et ceux du Sud pauvres sont liées principalement à des problèmes
culturels.
Les populations de l’ouest n’utilisent que les houes les machettes et les pulvérisateurs avec
une absence de la mécanisation. Ces outils ne peuvent pas permettre de faire une bonne
préparation de sol pour obtenir un rendement optimal ou bien pour protéger les cultures contre
les attaques en champs malgré la main d’ouvre. De plus les jachères qui devraient permettre la
reconstitution de la fertilité’ des sols sont presqu’inexistantes ainsi que les rotations culturales
les assolements. Les cultures sont associées de manière désordonnée et difficiles a’ entretenir
107
donnant de faibles rendements. Les documents comptables sont inexistants et les planteurs font
des navigations a’ vue .et aucun plan de gestion n’est mis en œuvre Ainsi malgré la forte densité’
de la population et leur fortes pressions sur le sol et les ressources naturelles. Il n’y a pas eu
changement de la technologie dans la production. Donc la pression créative de la théorie de
Buserup n’est pas vérifiée
5.1.4 Possibilité de développer les zones rurales a’ base de l’agriculture familiale
L’hypothèse générale alternative selon laquelle les systèmes de production de
l’agriculture familiale ne permettent pas le développement des zones rurales est vérifiée. Mais
la théorie de Rostov qui montre le développement des zones rurales passent par la production de
masse ne se vérifie pas à l’ouest Cameroun. De même la théorie de la pression créative de la
population de Boserup qui démontre que la forte pression de la population dans les zones rurales
les obligent a’ changer de technologie avant de se développer n’est pas vérifiée pour notre étude.
Les théories et les hypothèses sont en contradiction. On pourrait penser que le développement
rural dans la région de l’ouest Cameroun proviendrait d’autres phénomènes autres que
l’agriculture familiale. En effet le développement rural serait en partie issu de combinaison des
recettes provenant de l’agriculture paysanne et des apports des bourgeois et des élites externes :
On remarque de plus en plus que des routes secondaires macadamisées, des foyers
communautaires, des adductions d’eau potables provient des financements des ressortissants des
villages mais habitant en ville et pratiquant des professions libérales.
Afin d’accélérer le développement rural de l’ouest Cameroun a’ base de l’agriculture
familiale, plusieurs solutions sont envisagées sur le plan financier, production, mobilisation de
la population et au niveau du plan d’occupation des sols.
5.2 Recommandations
Pour que les zones rurales se développent de manière optimale a’ base de l’agriculture
familiale quelques recommandations ci-dessous peuvent être appliquées.
Les banques agricoles sont inexistantes au Cameroun et les banques commerciales et les
microfinances ne connaissent pas les problèmes réels de l’agriculture tels que la mécanisation
agricole, la production, le transport, la transformation et la commercialisation des produits
agropastoraux .Ainsi la subvention les matériaux et les matériels de production agricole servirait
aux paysans des zones rurales de s’approprier des matériels agricoles de pointe pour la
108
production a’ grande échelle en vue de satisfaire la demande des marchés locaux et régionaux.
Les marchés des produits agricoles sont sous l’emprise des communes de leur ressort de
compétence Ainsi les maires des communes rurales a’ fort potentiel de production doivent
inscrire dans leurs plans d’action annuel (PIA) les projets d’ouverture et d’entretien des pistes
agricoles prioritaire identifiés par les paysans et les dotations des intrants agricoles. Elles doivent
construire des infrastructures communales a’ vocation agricole telles que les magasins
communautaires de stockage, les marchés de vente des produits agricoles et coopérer avec les
représentants des paysans.
Seul l’Etat fixe les cadres réglementaires et vote les lois de finance. Ainsi il lui revient de
baisser ou de supprimer les droits de douane sur l’importation des outils a’ usage agricole de
grandes importances telles les machines agricoles pour exciter les producteurs a’ les acheter et
a’ les utiliser.
Généralement les producteurs travaillent de manière individuelle. Ils doivent se regrouper
en GIC afin de défendre leur intérêt et pour bénéficier de toutes avantage qu’offrent les
ministères en charge de développement rural et des bailleurs de fonds.
Les paysans ne disposent pas quelques fois des expertises nécessaire pour rédiger les
projets et de rechercher les financements auprès des bailleurs de fonds. Il est nécessite de se
renseigner auprès des sectoriels pour en avoir les canevas ou de se faire assister par des personnes
ressources.
Les populations de l’ouest sont très denses et l’activité principale est l’[Link] gestion
des terres par les autorités traditionnelles (chefferie, chef de terre) et administratives (sous-préfets)
est complexe et difficile. De nombreux conflits naissent et aboutissent a’ des divorces, des bagarres
et des assassinats. Pour atténuer les conflits liés a’ l’accès a’ la terre, il serait nécessaire de mettre
en place un cadre règlementaires de gestion des terres agricoles comportant toutes les composantes
sociologiques et des autorités chargées de la distribution du foncier. Ce cadre comprendra les
femmes, les hommes, les agriculteurs, les éleveurs, les notables et les allochtones. En collaboration
avec les services techniques complétant. Il s’occupera également les problèmes spécifiques des
activités liées au genre et allouées ses ressources des collectivités territoriales décentralisées avec
l’implication des paysans dans la conception, la réalisation et le suivi des projets et programmes
de développement de leur zone .
…… Les semences agricoles que les paysans utilisent sont généralement de variétés
traditionnelles ou des types améliorés mais dégénérés de mauvaises de faibles productivités. Le
109
service de vulgarisation agricole doit sensibiliser les producteurs sur le lieu d’achat, l’utilisation,
la conduite d’un champ semencier et les techniques de conservation des semences agricoles. De
même il faudrait former les paysans sur l’utilisation des pesticides a’ usage agricole de manière
a’ protéger les travailleurs, les consommateurs et l’environnement.
Dans les zones rurales il existe plusieurs types d’organisations paysannes tels que le GIC
et les associations et des habitants isolés. Les problèmes de développement communautaires les
concernent et ils doivent les résoudre. Il faudrait sensibiliser toute la population a’ se regrouper
autour des projets de développement pour s’en approprier .Il les revient de Créer et animer un
cadre de concertation avec tous les secteurs et les populations des zones rurales.
Concrètement les producteurs doivent se regrouper en sous comite’ de développement
pour bénéficier des avantages y liés a’ profession tels que les achats et les ventes groupés
vulgarisation, formation, entretien des pistes agricoles. Respecter les principes de la
décentralisation tels que la subsidiarité et la complémentarité pour être dans les centres de
décision afin en tirer les avantages ;
En dehors des activités agricoles peu d’emplois sont disponibles dans les villages. Il
reviendrait aux paysans d’investir le surplus de leurs revenus agricoles dans les zones rurales
pour encourager le développement de celles-ci afin de réduire la pauvreté.
Les paysans gèrent leurs sols de manière anarchique sans distinction des zones d’habitat,
d’élevage, de la foresterie, des industries et des plantations. Le traitement des cultures avec les
pesticides dans ces espaces provoque chez des populations des zones rurales des maladies et
des intoxications telles que le cancer, les avortements, les vomissements ou les diarrhées. Il serait
nécessaire de mettre en place le plan d’occupation de chaque zone en y impliquant tous les
bénéficiaires et les services techniques compétentes de manière a’ spécifier chaque parcelle de
sol : habitat, agriculture, élevage, lieux de loisir…
110
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Loi n° 2001/014 du 23 Juillet 2001 relative à l’activité semencière au Cameroun.
118
ANNEXES
119
ANNEXE 2: Autorisation de collecte des donnees a Baham
120
ANNEXE 3: Autorisation de collecte des donnees a babadjou
a
,
121
ANNEXE 4 : Autorisation de collecte des données à Bafoussam II
122
ANNEXE 5 : Questionnaires à adresser aux producteurs
Dans le cadre des collectes des données relatives a’ notre thèse de doctorat Ph D
a’ la faculté’ d’agronomie et des sciences agricole de l’université de Dschang a’ l’ouest
Cameroun, sous le thème’ enjeux et perspectives de l’agriculture pour le développement
rural dans la region de l’ouest Cameroun, Nous vous prions de bien vouloir répondre a’
nos préoccupations ci-dessous. Nous vous garantissons la confidentialité de vos
réponses.
Questionnaire n………
Section o -IDENTIFICATION DU REPONDANT
01 sexe /___ /
1=Masculin, 2=Féminin
02 -âge /___ /
1= moins de 20ans, 2=de 20 à 40 ans, 3= 41 à 61 ans, 4 =plus de 61ans
03-taille de ménage /___ /
1=1 à 3 personnes ; 2= 4 à 6, 3= 7 à 10, 4= plus de 10 personnes
04-niveau d’instruction /___ /
1= pas instruction 2= primaire, 3= secondaire 4= universitaire
Section I FINANCEMENT DE DES ACTIVITES AGRICULTURES
05- Sources de financement des activités /___ /
1= Autofinancement, 2= tontine, 3= prêts bancaires, 4= don/ legs 5= élites 6= bailleurs de
fonds, 7= MINADER, 8= autres sources
06 -Sécurisation des revenus /___ /
1= thésaurisation, 2= tontine, 4= banque 5= autres lieux
07- comptabilité de la production /___ /
1= pas de document, 2= livre journal, 3 = bilan d’exploitation, 5 = autres documents de gestion
08-Utilisation des revenus agricoles /___ /
1=scolarisation des enfants 2= extension des champs 4= eau potable 5= santé 6 = entretien
routier 7= œuvres
Section II MECANISME DE PRODUCTION AGRICOLE
09-Mode d`accès à la terre /___ /
1= location 2= terrain familiale 3= métayer 4 = don/legs 5 héritage 6 =achat 7 =autre mode
10-Superficie valorisée /___ /
1= moins d’un demi ha, 2= entre ½ ha et 1 ha, 3= 1 à 2 ha ; 4= 2 à 4 ha, 5= 4 à 6 Ha, plus de 6
123
ha
11 -Situation des principaux champs /___ /
1=Autour de la maison 2= partout dans le village ; 3= le flanc des collines, 4= dans les bas –
fonds, 5= long des axes routiers, 6= parcelles isolées, 7= autres lieux
12-Mode d’utilisation des parcelles /___ /
1=culture continue, 2= rotation culturale, 4= jachère, 5= autres modes
13-Durée de la jachère/___ /
1= moins d’un an, 2= 1 à 3 ans ; 3= 4 à 6 ans, 4= 7 à 9 ans ; 5= plus de 9 ans
14-Fertilisation des champs /___ /
1= rien; 2= cendre de bois, 3= compost ; 4= déjection animale, 5= engrais chimiques, 6=
déjection et engrais, 7= autre
15-Provenance des semences utilisées /___ /
1= la dernière récolte; 2= en vrac sur le marché ; 4= achat aux voisins ; 5= dans les magasins
spécialisés, 6= autres provenances
16-Mode de protection des cultures contre les ravageurs /___ /
1= rien, 2= les produits locaux, 3= les produits chimiques ; 4= les deux méthodes à la fois
17-Lieu d’achat des pesticides /___ /
1= chez les voisins ; 2= aux marchands ambulants : 3= dans les magasins spécialisés, 4= autres
lieux
18- Protection pour l’utilisation des pesticides /___ /
1=Lunettes de protection ; 2= masque ; 3= gant ; 4= botte, 5 = salopette 6 = autres protections
7= pas de protection
19-Lieu de rejet des emballages des pesticides /___ /
1= dans l’eau ; 2= dans la parcelle ; 3= dans la nature, 4 = enterrement, 6 = respect des normes
7 =autres lieux
20- Moment de traitement du champ /___ /
1= A volonté, 2= en cas d’attaque ; 3= avant la pluie, 4= après la pluie, 6 = respect des normes,
7 = autres périodes
21- Lieu de rinçage du pulvérisateur après traitement /___ /
1= dans les cours d’eau, 2= près du cours d’eau ; 3= très loin de l’eau ; 4= autres lieux
22-Destination de vos récoltes /___ /
1=autoconsommation/distribution, 2= vente ; 3 = autoconsommation et vente,
124
SECTION III –PARTICIPATION AU DEVELOPPEMENT RURAL
23- Appartenance à un groupe /___ /
1= formel 2= informel 3= aucun groupe
24-Types de réalisations visibles dans le village /___ /
1= pas encore ; 2= point d’eau potable, 3= des pistes agricoles, 4= centre de santé : 5= des salles
de classe ; 6= autres actions
25- lieu d’investissement des revenus agricoles /___ /
1= au village ; 2= en ville, 3= au village et en ville, 4= lieu de maximum de bénéfice
Je vous remercie
125
ANNEXE 6. ENTRETIEN SEMI STRUCTURE
Dans le cadre des collectes des données relatives a’ notre thèse de doctorat Ph D a’ la
faculté’ d’agronomie et des sciences agricole de l’université de Dschang a’ l’ouest Cameroun,
sous le thème’ enjeux et perspectives de l’agriculture pour le développement rural dans la region
de l’ouest Cameroun, Nous vous prions de bien vouloir répondre a’ nos préoccupations ci-
dessous. Nous vous garantissons la confidentialité de vos réponses.
(Sous -préfet, maire, SDE, prêtre, Imam, cadre communal de développement et SG, chef de
groupement /chef de village … des zones rurales)
-Stratégie de lutte contre la pauvreté en milieu rural
-Points primordiaux sur lesquels on peut s’appuyer pour augmenter le niveau de vie de la
population rurale
-Us et coutume néfastes au développement l’agriculture dans votre circonscription
administrative
-Appui à apporter à la population rurale pour réduire la pauvreté dans les couches défavorisées
(femmes agricultrices, étranger, conflit agropastoral,)
-Stratégie mise en œuvre par votre structure pour la croissance économique de la population
rurale
-Méthodes à adopter pour amener les populations à entreprendre le développement participatif
Je nous remercie
126
ANNEXE 7: FOCUS GROUP
Dans le cadre des collectes des données relatives a’ notre thèse de doctorat Ph D a’ la
faculté’ d’agronomie et des sciences agricole de l’université de Dschang a’ l’ouest Cameroun,
sous le thème’ enjeux et perspectives de l’agriculture pour le développement rural dans la region
de l’ouest Cameroun, Nous vous prions de bien vouloir répondre a’ nos préoccupations ci-
dessous. Nous vous garantissons la confidentialité de vos réponses.
A-Technique culturale
Comment reconnaitre un sol fertile en se basant sur les éléments naturels
Technique culturale utilisée (désherbage, labour, semis, sarclage, battage, récolte, transport,
séchage, conservation, autoconsommation, vente)
Calendrier cultural
Moment et durée de la mise d’une parcelle en jachère
Technique d’Ouverture de nouvelles plantations (outils, feu de brousse, écobuage…)
Protection et conservation des cultures (provenance des produits, mode d’application, efficacité)
Technique de conservation des denrées alimentaires et estimation des pertes post récoltes
Problèmes que rencontre l’agriculture au village et solutions envisagées pour le résoudre
Technique de séchage des produits agricoles
Plantes, herbes et écorces que les populations utilisent pour la protection des cultures au champ
et en stock
Rôle de la vulgarisation dans l’adoption de techniques agricoles dans le village
B- Us et coutumes en agriculture
Éléments naturels sur lesquels se basent les paysans pour prédire une bonne ou mauvaise récolte
Rites et us utilisés au village pour avoir une bonne récolte
Tradition et système culturales
Jours interdits et activités agricoles
Tradition et utilisation des produits chimiques en agriculture
Tradition et Utilisation des semences améliorées
Points remarquables sur un terrain à usage agricole (à ne pas détruire) et les biens d’un tiers sur
le champ d’autrui
Négociation d’une parcelle de terre et sécurisation foncière
Accès au foncier (étranger, pauvre, administration, femme, jeune)
Nombre moyen de femmes pour un paysan (selon les hommes, selon les femmes)
127
Nombre d’enfants par femme rurale (selon les hommes, les femmes, les filles et les garçons)
C- Participation des producteurs au développement rural
Indicateurs de développement du village
Type d’activités que la population entreprend pour le développement du village
Utilisation de l’agriculture pour développer le village
Ouverture et entretien des pistes de collecte des produits agricoles
Source et point d’eau potable communautaire : son entretien et son financement
Lieux de rejet des ordures biodégradables et non biodégradables
Types de travaux communautaires que la population réalise elle-même
Rôles des groupes dans le développement rural
Eléments sur lesquels se base la population pour savoir qu’un paysan a réussi
D-Financement des activités agricoles
Provenance des ressources que les paysans investissent en agriculture
Lieu de sécurisation des ressources issues des activités agricoles
Lieu d’investissement des bénéfices issus des activités agricoles (village, ville, partout)
Sources de financement des travaux communautaires
Contribution de l’agriculture dans le financement du développement rural
Je vous remercie
128
ANNEXE 8. ENTRETIEN INDIVIDUEL
Dans le cadre des collectes des données relatives a’ notre thèse de doctorat Ph D a’ la
faculté’ d’agronomie et des sciences agricole de l’université de Dschang a’ l’ouest Cameroun,
sous le thème’ enjeux et perspectives de l’agriculture pour le développement rural dans la région
de l’ouest Cameroun, Nous vous prions de bien vouloir répondre a’ nos préoccupations ci-
dessous. Nous vous garantissons la confidentialité de vos réponses.(chef de poste agricole,
délégué d’arrondissement, délégué départemental, comite’ de développement)
A-Technique culturale
Comment reconnaitre un sol fertile en se basant sur les éléments naturels
Technique culturale utilisée (désherbage, labour, semis, sarclage, battage, récolte, transport,
séchage, conservation, autoconsommation, vente) dans votre rayon d’activité
Protection et conservation des cultures (provenance des produits, mode d’application, efficacité)
Techniques de conservation des denrées alimentaires et estimation de perte post récolte
Problèmes que rencontre l’agriculture et solutions envisagées pour le résoudre
Plantes, herbes et écorces que les populations utilisent pour la protection des cultures au champ
et en stock
Rôle de la vulgarisation dans l’adoption de techniques agricoles
Méthodes de vulgarisation utilisées
Taux d’adoption des innovations et innovation non adoptée par les paysans
Us et coutumes en agriculture
Éléments naturels sur lesquels se basent les paysans pour prédire une bonne ou mauvaise récolte
Rites et us utilisés au village pour avoir une bonne récolte
Jours interdits et activités agricoles
Accès au foncier (étranger, pauvre, administration, femme, jeune)
Développement rural et agriculture
Indicateurs de développement du village
Ouverture et entretien des pistes de collecte des produits agricoles
Eléments sur lesquels se base la population pour savoir qu’un paysan a réussi
-Financement des activités agricoles
Provenance des ressources que les paysans investissent en agriculture
Problèmes que rencontrent la production agricole et les solutions envisagées
Matériels de vulgarisation agricole disponibles dans votre service et leurs états
Pluviomètre
129
GPS
Humidimètre
PH mètre
Matériel de déplacement (moto, voiture)
Parcelle de démonstration
Je vous remercie
130
ANNEXE 9 : Choix du nombre de producteurs à enquêter par
commune
Babadjou 25 000 32
Bafoussam II 20 000 25
Baham 20 000 26
Total 65 000 83
131
ANNEXE 10 : comparaison entre l’agriculture familiale et
l’agriculture commerciale
132
ANNEXE 11 : curriculum vitae
CURRICULUM VITAE
E-mail : kenmeugnepierre@[Link]
I-DOMAINES DE COMPETENCE
Technique de production agro-pastorale ;
Technique de conception et réalisation des bâtiments d’élevage ;
Technique de multiplication rapide des végétaux (conduite des plants en pépinière ;
greffage)
Technique d’étude du milieu ;
Technique de conception, d’exécution, de suivi et d’évaluation des projets de
développement ;
Technique de gestion des ressources naturelles ;
Technique de gestion de l’eau (hydrologie, irrigation et drainage, adduction d’eau potable
et stockage) ;
Technique de conservation des produits post-récoltes (électrification rurale, machinisme
agricole, conservation des produits agricoles) ;
Gestion de l’eau (eau potable, irrigation, drainage) ;
Technique de collecte des statistiques agricoles ;
Technique d’élevage (apiculture, cuniculture, aviculture, porciculture) ;
Méthodologie de suivi des étudiants en stage pratique sur le terrain
Technique d’élaboration de programme de formation en andragogie
133
II - SCOLARITE
Année Cycle Etablissement Diplôme
-Ingénieur agronome, option
Faculté d’agronomie et des Génie Rural
2010- Couronnement sciences agricoles (FASA) de -Master en développent rural
2020 Dschang intégré et vulgarisation
agricole
- préparation du doctorat (Ph
D)
- publication de 02 articles
scientifiques
1998- Spécialisation Institut Panafricain pour le Cadre Technique de
2000 professionnelle Développement (IPD/AC ) Développement
Douala
1989- Professionnel Institut National de Technicien d’agriculture
1991 Développement Rural
(INADER) de Dschang
1988- Physique- Université de Yaoundé -
1989 chimie
1986- 2è Cycle Collège LELE de BACC C
1988 secondaire Nkongsamba
1981- 2è cycle Lycée polyvalent de Bonabéri Probatoire C
1986 secondaire
1976- I è Cycle Lycée polyvalent de Bonaberi BEPC
1981 secondaire
1969- Primaire Ecole saint André de Baham CEPE
1976
134
Stage au laboratoire DSCHANG 1991 INADER
zootechnique
Stage d’étude du milieu FOLAP-Foumban 1999 IPD /AC
Stage de projet de CIFORD- 1999 IPD /Ac
développement BAFOUSSAM
Stage de développement Commune urbaine 2000 IPD/AC
local et gestion des de DOUALA II
ressources naturelles
Stage de découverte du BAFOUSSAM 2010 FASA-Dschang
milieu
Stage insertion E-ROMAT-3I Baf 2012 FASA-DSCHANG
préprofessionnelle
Stage préprofessionnel Communauté 2013
urbaine de FASA-DSCHANG
Bafoussam
Stage professionnel Agence FEICOM 2014 FASA-DSCHANG
Bafoussam
IV - FONCTIONS ASSUMEES
Années Postes occupés Lieu Durée
1993- 1996 Chef de Centre d’essai adaptatif et de Bangou 03 ans
démonstration (CEAD)
1996-1997 Technicien spécialisé (T S) en production de Département des 1 an
semences agricoles Hauts Plateaux
1997-1999 Chef de ferme de production agricole Bangou-ville 2 ans
135
1998-2010 Chef de poste agricole (PA) Bahouan et 13 ans
Baméka
2016-2018 Délégué d’Arrondissement d’Agriculture et Massangam et 3 ans
de Développement Rural(DAADER) Bassamba
2013-2019 Enseignant dans les centres de formation et Bafoussam 6 ans
institutions supérieures
V –EXPERIENCES PROFESSIONNELLES
2019-2020 Formation des paysans de Baham, babadjou et Baleng sur les techniques de greffage
Suivi des champs des cultures maraichères et d’avocat dans la région de l’ouest
2016-2020 Conduite des pépinières suivie de greffage et de vente de 5 000 plants d’avocatier
de diverses variétés chaque année
Appui à la mise en place des pépinières de café et cacao
2017 Réalisation du diagnostic et projet mis en œuvre de 12 puits améliorés à motricité
humaine dans la commune de Batié
2015 Conception d’un réseau d’adduction d’eau potable dans la commune de Babadjou
2013 Contribution à la réalisation d’un pont en contre bas de la prison centrale de
Bafoussam
2012 Contribution à la réalisation de l’ouverture de la route YOM –PETE par la carrière
de pierre, financée par la commune de PETE BANDJOUN
contribution à la réalisation de l’organisation des marchés des produits agricoles de
2010 la commune de BANWA financée par le PDDL/ GTZ)
2010 contribution à la réalisation du diagnostic institutionnel de la commune de
Yokadouma (financement PADDL /GTZ)
2009 contribution à la réalisation du diagnostic des communes de PETE BADJOUN et de
DOUME (financement PDDL/GTZ),
2009 contribution à la réalisation de 14 plans de développement local (PDL) et de plan de
développement de la commune (PDC) de Bayangam
suivi – évaluation du projet « culture d’un hectare de tomate de contre saison à Tessé
Bandjoun », financé par le programme des Nations Unies pour le Développement
2008 PNUD)
Suivi-évaluation du projet « transformation du manioc en gari à Bamendjou »
financé par le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD)
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Contribution à la réalisation de 18 plans de développement locaux et du plan de
2007 développement de la commune de Nkong-Zem financé par le PNDP
Contribution à la mobilisation des comités de développement, financée par l’Union
Européenne à travers le programme PACDDU
Contribution à la mise en œuvre et à la réalisation de l’émission « cité en action » à
la radio Batcham financée par le PACDDU
2002-2007 Contribution à la formation des pairs éducateurs dans les départements de la MIFI,
NOUN, BAMBOUTOS, HAUT-KAM, HAUT-PLATEAU financée par le
programme National de lutte contre le VIH/SIDA
Collecte des données, rédaction des projets et suivi de l’exécution des projets de
développement dans la ville de Bafoussam, financés par le PACDDU
Contribution à la collecte des données relatives à l’élaboration du budget participatif
de la commune de Batcham financée par la coopération française
2004 Formation de l’union des associations des femmes Batcham –Chefferie à la
production des semences de maïs et pomme de terre financée par l’ONG GAID
formation des paysans de FAMTCHOUET BALENG sur la technique de la
2001 production des cultures maraîchères dans le cadre des accords CIFORD/FAO
composante maîtrise de l’eau de programme spécial de la sécurité alimentaire
financée par la FAO
Colette des données des produits agricoles sur le marché Bameka relatif à la
2001-2010 statistique agricole dans le cadre du programme SMART
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ANNEXE 12 : ARTICLES PUBLIE
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ANNEXE 13 : RAPPORT DE SOUTENANCE
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