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Modes Alternatifs de Règlement des Conflits

Ce document présente un cours sur les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MACRC) qui comprend trois chapitres. Le premier chapitre introduit les approches théoriques du conflit en définissant des concepts clés comme la concurrence, la tension, la crise et le mouvement social. Il présente également diverses définitions du conflit selon différentes perspectives.

Transféré par

Becanty bedel Yao
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Modes Alternatifs de Règlement des Conflits

Ce document présente un cours sur les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MACRC) qui comprend trois chapitres. Le premier chapitre introduit les approches théoriques du conflit en définissant des concepts clés comme la concurrence, la tension, la crise et le mouvement social. Il présente également diverses définitions du conflit selon différentes perspectives.

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Cours :

Université Nord Sud


Titre : Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MACRC)
Année : 2023-2024
Niveau : Licence 2 Droit
Volume Horaire : 20 H
Enseignant : KOUAME Justin
0748916156 / 0141393299
Kouamejustin73@[Link]

Introduction
La systématisation du conflit en tant domaine de savoirs de la sociologie remonte en ses
prémices à la théorie marxiste du conflit (1882).
Les sociétés contemporaines sont confrontées à des conflits dont la recrudescence, l’envergure,
les escalades, les processus de complexification, les conséquences désastreuses, l’actualité
récurrente, etc., font d’eux, des problèmes sociaux préoccupants de la scène mondiale. En effet,
des foyers de tensions se multiplient plus en plus ; des dissensions voire des inégalités se muent
en guerres ou conflits sociaux, idéologiques, religieux, politiques, économiques, fonciers,
armés, stratégiques, professionnels, etc. L’expansion violente du fondamentalisme religieux et
de l’extrémisme violent ainsi que les attaques terroristes en viennent à corser l’ampleur et la
dangerosité de la conflictualité. Ainsi, les conflits aux contours asymétriques et
multidimensionnels menacent la paix et la stabilité des nations, et posent un problème de
sécurité internationale plus que préoccupant.
Le présent cours se focalise sur la connaissance des Modes Alternatifs de Règlement des
Conflits (MACRC). Il se décline de la manière suivante : les approches théoriques du conflit
(Chap1), les approches théoriques du conflit (Chap1), la typologie, les enjeux et acteurs de
conflits (Chap2) et les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (Chap3).
CHAPITRE 1 : APPROCHES THEORIQUES DU CONFLIT

1- Notions et concepts en sociologie des conflits


1-1- Concurrence ou compétition
La concurrence désigne une rivalité ou compétition entre plusieurs personnes, plusieurs forces
poursuivant un même but. Par exemple, une compétition sportive.
Par ailleurs, dans le domaine commercial, la concurrence est un rapport entre producteurs,
commerçants qui se disputent une clientèle. Retenons que la concurrence n’est pas de facto le
conflit, mais dégénérée, elle peut conduire au conflit.

1-2- Tension
La tension en sciences sociales exprime l’idée d’achoppement, de friction, frottement ou de
problèmes qui naissent à l’intérieure d’une société, d’une organisation, d’un groupe ou d’un
système.

1-3- Crise
La crise est définie suivant divers domaines et situations. Il peut s’agir d’un brusque accès, forte
manifestation d'un sentiment, d'un état d'esprit : Une crise de larmes, de jalousie ; d’un
enthousiasme soudain pour une action, brusque mouvement d'ardeur : Il est pris d'une crise de
rangement ; d’un moment très difficile dans la vie de quelqu'un, d'un groupe, dans le
déroulement d'une activité, etc. ; d’une période ou situation marquée par un trouble profond :
Crise de conscience.
La crise traduit la rupture d'équilibre entre la production et la consommation, caractérisée par
un affaiblissement de la demande, des faillites et le chômage. Elle peut être une manifestation
violente d'un état morbide, survenant en pleine santé apparente (crise d'appendicite, crise de
goutte, crise d'épilepsie, crise de colique néphrétique, etc.). Elle peut être aussi une grave
pénurie de quelque chose : Crise du logement.
La crise sociale peut être définie comme un état de déséquilibre dans un système, dans une
organisation dont l’harmonie est rompue ou perturbée, c’est-à-dire le déséquilibre d’un système
qui n’a pas su ou pu garder ses forces de contrôle (ou régulation) sur tous les éléments qui le
constituent. Exemple : la crise politique qui affecte la capacité de gestion de la société.
(Dictionnaire Larousse en ligne).
1-4- Mouvement social
On utilise le concept de « mouvement social » pour désigner une organisation qui mobilise des
individus afin de faire prévaloir ses intérêts ou ses idées. Les groupes écologiques, féministes,
religieux ou les associations de consommateurs, etc., sont des mouvements sociaux. Les
mouvements sociaux sont donc considérés comme des acteurs du changement social, entre
autres, par les conflits qu’ils suscitent.
1-5- Définition du mot conflit
Le conflit est un concept auquel se rattachent diverses perceptions et connaissances venant de
différentes disciplines ; et dont l’étymologie, le latin ‘‘conflictus’’ ou ‘‘confligere’’, signifie ‘‘
heurt, choc’’.
Au XIXe siècle, les darwinistes sociaux, emmenés par Herbert Spencer, ont affirmé que le
conflit était inhérent à la société humaine et se rattachait au processus de sélection naturelle et
de « survie du plus apte », qui caractérise la nature.
Il se conçoit en général comme une situation de contradiction (actuelle ou potentielle, réelle ou
perçue) impliquant un changement entre les préférences subjectives (pensées, sentiments,
émotions, opinions) ou objectives (besoins, valeurs, intérêts) propres à un(e)
personne/groupe/organisation ; ou entre celles de deux ou plusieurs personnes/ groupes/
organisations.

1-5-1- Conflit comme une relation sociale


La sociologie1 appréhende le conflit comme un phénomène inhérent à la société qui, elle,
fonctionne de manière antagoniste. Toute société ou organisation sociale est faite d’intérêts
antagonistes, de différences, de divisions et de tensions. De ce postulat, le conflit social renvoie
à une relation contradictoire entre classes sociales (Marx : lutte des classes), entre deux ou
plusieurs acteurs, entre domination (autorité) et servitude ou sujétion (Ralf Dahrendorf). Le
conflit suppose ainsi l’idée de divergence, opposition, discorde, clash, désaccord, mésentente,
querelle, litige, différend, hostilité, confrontation, malentendu, incompatibilité, déséquilibre,
inégalité, injustice, etc.

1
La théorie du conflit a été élaborée au Royaume-Uni par Max Gluckman et John Rex, aux États-Unis par Lewis A. Coser et
Randall Collins, et en Allemagne par Ralf Dahrendorf, tous étant plus ou moins influencé par Karl Marx, Ludwig Gumplowicz,
Vilfredo Pareto, Georg Simmel.
1-5-2- Conflit comme conséquence de situations sociales
Le conflit peut être également perçu comme résultant de situations structurelles, relationnelles,
culturelles et matérielles, à savoir :
 Le choc civilisationnel ou culturel (Thorsten Sellin : conflit de culture) ;
 L’intolérance à la diversité culturelle (Daisaku Ikeda, Majid Tehranien) ;
 La confusion dans l’échelle des valeurs et normes (inversion des valeurs) ;
 L’uniformisation de la diversité (mondialisation) ;
 La ‘‘prédation’’ des ressources et richesses (répartition, accès) ;
 La rupture avec un ordre établi ;
 Le manque de dialogue social ou les incompréhensions sociales ;
 La suppression d’un système d’injustice ou de discriminations ;
 Les conditions d’une participation politique (dictature), etc.

1-5-3- Conflit perçu comme la guerre


Le terme conflit peut aussi arborer une autre acception, dit-on contemporaine, qui exprime la
guerre en son sens de ‘‘conflit armé’’.
Pour Carl Schmitt, la guerre peut résulter du prolongement ou de la perversion du conflit, c’est-
à-dire, le moyen, pour une élite dirigeante ou politique, de transformer des problèmes sociaux
et politiques internes en une mobilisation contre un ennemi externe. Exemple, les conflits socio-
politiques ivoiriens (2002 et 2011) ont vu le patriotisme anti-français et l’implication (ouverte)
politique et militaire de la France (accord de Linas Marcoussis (2003), bombardements des
objectifs militaires et civils 2004 et 2011).
Frédéric Gros (2006), quant à lui, trouve que, de nos jours, la conception de la ‘‘guerre
classique’’ est démodée. De son côté, Alberico Gentili, l’un des fondateurs du droit public
international, affirme que : « la guerre est un conflit armé, public et juste ». Le conflit public est
celui qui se veut moral au sens qu’il projette tuer un ennemi pour défendre la patrie, les hommes,
les valeurs, etc. ; et il est juste quand il est conforme au droit humanitaire international (guerres
de légitime défense, assistance collectivement délibérée, devoir d’ingérence).
Cependant, le conflit armé est devenu anarchique et asymétrique. Il engage souvent des groupes
privés (sociétés militaires privées, mercenaires, narcotrafiquants, pirates, terroristes, et autres
experts) qui offrent leurs services aux Etats et aux organisations socio-politiques. En témoigne
l’avènement des ‘‘contractors’’, en 2008, en Irak où les troupes occidentales étaient composées
de moitié d’entreprises privées de sécurité.
Selon le ‘‘Stockholm International Peace Research Institute’’ (SIPRI), il n’y a plus aucun
conflit armé entre grandes puissances sur la planète. Mais, l’on note la prolifération des conflits
intra-étatiques, des guerres sécuritaires menées par les Etats-Unis ont en Irak et
Afghanistan, des guerres impériales de la Russie (Tchétchénie, Géorgie, Ukraine) et l’état de
guerre permanent ‘‘Israël/Palestine’’.
D’un autre côté, l’arme nucléaire implique un équilibre de la terreur et fait qu’en cas de
déclenchement des hostilités, les antagonistes se détruiraient mutuellement (ce qu’on appelle le
phénomène « MAD » Mutually Assured Destruction). L’arme atomique a donc profondément
modifié la nature des conflits armés, et a conduit à une prolifération de guerres dites de « basse
intensité » : guerres civiles, insurrections, contre insurrections, luttes antiterroristes, opérations
de police internationale.
En outre, pour certains auteurs (G. Agamben, 2003), une sorte d’« état d’exception permanent
» s’est déployé et généralisé du fait que le terrorisme est assimilé à une « guerre infinie » depuis
le 11 septembre 2001.

2- Conflit dans l’histoire de la pensée sociologique


Des auteurs de la sociologie des conflits, pour ne citer que Durkheim, Marx, Weber, Parsons,
Coser, Touraine, Dahrendorf, Bourdieu, Simmel, Hobbes, Marx, Tönnies, Mendras, ont conduit
leurs réflexions vers la connaissance des fonctions sociales du conflit. Le conflit est alors
envisagé soit sous l’angle du désordre et du pathologique, soit sous celui du changement social.
Une autre approche, plutôt interactionniste, le présente comme un élément de régulation et
d’intégration sociale.

2-1- Conflit, un phénomène pathologique


Une tendance de la pensée sociologique voit dans le conflit, un état anormal, qu'il est
souhaitable d'éliminer ou que l’organisation sociale doit contenir. Le conflit est perçu comme
un élément négatif : chez Hobbes, c’est un désordre naturel ; pour Marx et Tönnies, il est
pathologique et ; pour Emile Durkheim, dysfonctionnel. Il en est ainsi pour Talcott Parsons, lui,
qui voit les conflits comme ayant principalement des conséquences perturbatrices, dissociées
et dysfonctionnelles. Il considère le conflit principalement comme une «maladie» (Coser, 1956
: 21). En clair, les approches qui privilégient le consensus et l’intégration pour caractériser les
sociétés (Durkheim, Parsons) ne voient dans les conflits que menace pour l’ordre social et
dysfonctionnement à réguler.
Le conflit est vu comme anormal en considération des conséquences qu’il engendre dans les
relations sociales. Le conflit exprime donc des conduites de coercition, de prédation, de
violence, de guerre civile ou de rupture qui rendent les êtres humains moins sociables. C’est
en fait un mouvement de dualisme qui sépare, et ne mène pas à l’unité. Les hommes engagés
dans des conflits, très souvent, mobilisent des ressources pour tenter de parvenir à leurs fins
devenant, ainsi, chacun le pire ennemi de son semblable, comme chez Hobbes « homo homini
lupus », ils sont dans des logiques de destruction et de survie.
Cette approche permet de discerner les limites du conflit, jugé en termes négatifs, dans une
société définie avant tout comme un ensemble intégré de normes, de rôles et de valeurs.
Comme DURKHEIM et TARDE l'ont montré, toute une idéologie voudrait que les conflits
sociaux - assimilés parfois à de la délinquance pure et simple - soient nécessairement un
symptôme pathologique. C’est dire finalement que le conflit traduit l’état d’une société qui est
malade.

2-2- Conflit comme régulateur social


D’autres sociologues, comme Georg Simmel, trouvent que le conflit n’est pas forcément
destructeur ; il est un élément de régulation et un facteur d’intégration sociale. Même s’il paraît
diviser ou opposer les individus par ses causes, le conflit représente une scène d’interaction qui,
rétablissant « l’unité de ce qui a été rompu », fait lien et socialise. L’auteur offre ainsi une
analyse valorisante du conflit en le présentant comme un facteur essentiel d’unité sociale, un
catalyseur de socialisation et de régulation de la vie collective.
L’approche simmelienne du conflit a fini par persuader des sociologues américains dont
notamment Lewis Coser, qui s’en est inspiré pour formaliser sa théorie fonctionnaliste du
conflit. Pour lui, le conflit maintient la cohésion à l’intérieur d’un groupe ; il empêche que
certains de ses membres ne le quittent ; il contribue à l'entretien du groupe, à l'adaptation ou à
la modification des relations sociales et des structures sociales (Coser, 1956 : 151).

2-2-1- Conflit : identité et cohésion des groupes


Le conflit social exerce une influence sur l’identité, la cohésion et le pouvoir des groupes, et il
rapproche les adversaires.
a) Le Conflit renforce l’identité des groupes.
Le conflit conduit nécessairement à une affirmation du sentiment de différence avec autrui ; et
donc, au développement de l'esprit de corps, le sentiment du « nous collectif », autrement dit le
sentiment de l'identité du groupe. Alain Touraine (1976) le montre si bien à travers sa définition
du mouvement social qui est la rencontre de de trois principes : principe d'identité (conscience
du groupe social d’appartenance), principe d'opposition (conscience de contre qui le groupe
lutte), principe de totalité (conscience de l'unité du système social où s’insère le conflit).

Pour l’illustrer, Touraine propose le diagramme triangulaire qui suit :

Un mouvement social n’existe donc que s’il a


conscience de son identité propre, s’il connaît son
adversaire, et s’il combat pour le contrôle de
l’historicité, d’où le diagramme triangulaire :

b) conflit renforce la cohésion du groupe.


Le conflit renforce la cohésion du groupe lorsque celui-ci est aux prises avec un adversaire
externe. Les membres du groupe se resserrent autour de leur identité commune ou appartenance
à la même cause, en dépit des différences et rivalités internes, pour se battre ensemble contre
l’extérieur.
c) Le conflit rapproche les adversaires.
Le conflit réunit les adversaires ou les groupes opposés autour des enjeux, d’un champ ou de
quelque chose en commun. Sans raisons de se disputer, deux groupes ont très peu de choses en
commun.
d) Le conflit influence l’équilibre de pouvoir.
Le conflit est une occasion pour les adversaires d’opposer leurs pouvoirs, forces ou puissances.
C’est l’issue du conflit qui détermine du maintien ou du changement de l'équilibre du pouvoir.

2-3- Conflit comme source de changement social


Dans l’évolution de la pensée sociologique relativement au conflit, des sociologues du conflit
ont porté une attention soutenue aux modèles de changement. Ils ont orienté la curiosité vers
l’appréciation de l’impact du conflit sur le social. C’est ainsi que Marx, Dahrendorf, Touraine,
Coser, Bourdieu et bien d’autres sont parvenus à la conclusion que le conflit est l’axe central
du changement social. Ces sociologues font du conflit, un élément positif, un facteur de progrès
et de dynamisme, du moins, une forme normale de la vie sociale, un type d’interaction assurant
le changement, ou bien encore, le fonctionnement de la société.
Le conflit est analysé comme contribuant au changement social, à la production de la société
(Touraine) ou encore comme « moteur de l’histoire ».
Outre le changement social, chez les interactionnels comme Weber, Simmel et Mendras, le
conflit est un producteur d’ordre social. Pour Weber, la rivalité pour diverses sortes de biens
est un fonctionnement normal. Selon Mendras : « l'ordre social est fondé sur des conflits
résolus ». Simmel considère que le conflit est nécessaire pour la cohésion des sociétés ; il assure
l’unité du social : « le conflit rétablit l'unité de ce qui a été rompu ». Les raisons qu’il avance
pour tenir sa position sont les suivantes :
- le conflit permet à des personnes qui étaient autrefois opposées de se réunir face à un
ennemi commun ;
- s'il y a conflit c'est que les adversaires sont d'accord sur la valeur de l'objet disputé
(intérêts) ;
- les conflits s'accompagnent souvent de la mise en œuvre de règles communes
(traitement des prisonniers de guerre) ;
- on ne s'étonne donc pas que, souvent, de nouvelles communautés émergent du conflit ;
- le conflit se termine souvent par le compromis, une invention humaine fondamentale,
car il suppose que les individus ont une idée du " fongible ", c’est-à-dire du
remplacement possible de l'objet convoité par un autre en quantité, qualité ou valeur.

Le conflit joue un rôle incontournable dans le changement social à travers des avancées dans le
progrès, l’interaction, le fonctionnement, la production, l’ordre, l’unité et l’évolution de la
structuration sociale.

3- Phases du conflit (genèse, déroulement, dénouement)


Le cycle de vie du conflit se résume en trois grands mouvements : la genèse, le déroulement et
le dénouement. Le conflit naît, évolue jusqu’à son acmé puis baisse et s’éteint.
Cependant, de l’avis certains analystes et spécialistes du conflit, le parcours d’un conflit
normal peut être scindé en cinq étapes.

Étape 1 : Phase de pré-conflit


Cette étape correspond à l’apparition des signes avant-coureurs du conflit. Le conflit est à l’état
latent avec une fine allure d’aversion pressentie, entre 2 ou plusieurs personnes ou groupes, à
travers quelques murmures, ruminements, bruits et rumeurs. C’est la phase de gestation où le
conflit commence déjà à se profiler à partir, par exemple, de ressentis non exprimés et négatifs
(d’individus ou groupes) relativement à des situations malaisées, à une injustice, à des intérêts,
à des frustrations, tristesses ou froideurs liées aux attitudes, etc.

Étape 2 : Phase de désaccord


C’est la phase manifeste, ouverte du conflit ou la tension. C'est le moment où les opinions
discordantes commencent à s’extérioriser. Au fur et à mesure que la discussion prend forme,
les arguments se précisent et le ton monte légèrement ; en fait, les deux interlocuteurs se disent
en clair ce qui était caché auparavant et campent sur leurs positions. Chaque camp fourbit ses
armes et cherche à prouver que l'autre a tort. Le désaccord apparaît ici sous la forme
d’incompréhensions sans qu’aucune recherche de terrain d'entente ne soit d’actualité.

Étape 3 : Phase d’éclatement


C’est la crise, c’est-à-dire, l’explosion soudaine du conflit. Elle exprime le point culminant du
conflit, sa manifestation violente et plus intense, le temps de la guerre. À ce niveau, les deux
protagonistes sont loin du stade de l'argumentation, et leur hostilité brutalement plus apparente.

Étape 4 : Phase du dénouement


Cette étape renvoie à la manière dont le conflit s’achève ou trouve une issue. Plusieurs cas de
figures peuvent se présenter : une partie l’emporte sur l’autre ; une partie se rend ou reconnaît
sa défaite ; en cas de conflit armé, il y a un appel à un cessez le feu ; les parties entrent en
négociation avec ou sans l’aide d’un facilitateur ; une tierce partie puissante peut imposer un
terme aux hostilités ; les deux parties renoncent au conflit pour diverses raisons.

Étape 5 : Phase de l’après conflit


Dans cette étape, conflit est résolu, et l’on remarque généralement une sorte de normalisation
des relations entre les belligérants marquée parfois par une communication constructive et
contrôlée. Seulement, le risque est que, si les problèmes de fond ne sont pas réglés
convenablement et durablement, alors une situation de résurgence du conflit n’est pas à écarter.
Ce fut le cas de la guerre du Libéria durant les années Taylor.
CHAPITRE 2 : TYPOLOGIE, ENJEUX ET ACTEURS DE CONFLITS

1- Typologie
Les conflits sont de plusieurs ordres, et leur taxinomie, non moins aisée, est tout aussi variée et
multiple, surtout non exhaustive.

1-1- Types de conflits suivant les manifestations


 Conflit latent ou larvé
Le conflit est dit « latent » ou « larvé » lorsqu’il reste caché, ne se manifeste pas, mais demeure
susceptible d'apparaître, de s’extérioriser à un certain moment. On dit de ce conflit qu’il couve.
 Conflit ouvert ou déclaré
Lorsque le conflit est ouvert, ses signes sont objectivés. Les désaccords sont clairement
exprimés. Le conflit est déclaré, et on sait pourquoi, où et quand, il a éclaté. Le conflit a une
forme concrète et est souvent accompagnée de fortes tensions, de violences verbales ou
physiques.
 Conflit refoulé
Le conflit refoulé est un ancien conflit qui n’a pas trouvé de solution définitivement acceptable
pour l’une ou l’autre des deux antagonistes et qui, à tout moment, risque resurgir.

1-2- Types de conflits selon les acteurs


 Conflit intra personnel
Ce type de conflit est psychique car logé dans la psyché de la personne. C’est est un combat
interne à l’individu, qui peut être habité de pensées contradictoires, ressentir une ambivalence
de ses sentiments, souffrir d’une situation quelconque. Tout individu, quelle que soit son
époque, sa culture ou sa condition, doit faire face, tout au long de sa vie et à des degrés divers,
à des situations génératrices de conflit psychique, lesquelles agissent sur la structuration
profonde de sa personnalité.
Dans de nombreux cas, le conflit psychique, lorsqu’il n’est pas résolu, provoque chez l’individu
un malaise profond qui peut le conduire jusqu’à l’automutilation voire au suicide. Lorsque ses
propres pensées deviennent insupportables pour lui, il peut par exemple les refouler, les dénier
ou bien les projeter sur autrui. Ces conflits ont aussi une influence sur les relations de la
personne avec d’autres voire sur le social.
 Conflit inter personnel
Le conflit inter personnel se définit par une situation dans laquelle deux ou plusieurs personnes
s’affrontent.
Des raisons communes (valeurs, besoins, désirs, divergence d’opinion, culture, différence de
croyance, etc.) sont à l’origine de la discorde. Exemple : Conflit de couple, conflit entre voisins,
entre amis, entre acheteurs convoitant un même bien.
 Conflit intra groupes
Le conflit intra-groupe naît entre des personnes appartenant à un même groupe. Ce type de
conflit apparaît à l’intérieur d’une organisation (leadership), une entreprise, une association,
une communauté religieuse ou ethnique, une famille, un parti politique, un syndicat, un
groupement, etc.
 Conflit inter groupes
Ce type de conflit oppose des groupes distincts qui ont par exemple une culture ou une idéologie
différente.
L’élément fédérateur pour les groupes antagoniques n’est plus les individualités, mais c’est
l’affirmation de l’identité du groupe d’appartenance pour construire une mobilisation autour
d’une cause commune.
En Côte d’Ivoire, ce genre de conflit est fréquent dans le milieu politique (groupements
politiques), religieux et rural (communautés agro-pastorales).

1-3- Types de conflits selon les causes


 Conflits de besoins
Les conflits viennent très souvent de besoins incompatibles ou inconciliables entre des
personnes. On peut, en fait, classer les besoins de la personne suivant le corps organique, le
corps affectif, le psychisme (le mental, la pensée) et le spirituel (religion).
Le psychologue Abraham Maslow, dans la deuxième édition de son ouvrage ‘‘Motivation and
Personality’’, a mis à jour, en 1970, sa théorie de la motivation : la hiérarchie des besoins,
élaborée dans les années 1940. Il met au jour la taxinomie des besoins fondamentaux (cinq
groupes) : les besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d'appartenance et
d'amour, les besoins d'estime et le besoin d'accomplissement de soi. En somme, tout conflit est
avant tout un conflit de besoins.
Voici comment se présente la Pyramide des besoins d’Abraham Maslow :
Figure 1 : Pyramide des besoins d’Abraham Maslow

Besoin d'accomplissement
de soi
Besoins d'estime (confiance et respect de
soi, reconnaissance et appréciation des
autres)
Besoins d'appartenance et d’amour
(affection des autres)
Besoins de sécurité
(environnement stable et prévisible, sans anxiété ni
crise)
Besoins physiologiques
(faim, soif, sexualité, respiration, sommeil, élimination)

Exercice : Cas pratique


- Jean et Paul habitent le même appartement. Rentrés le soir d’une journée harassante de
travail, chacun veut évacuer le stress accumulé. Jean veut s’étendre dans le canapé,
dans le calme, pour se reposer et récupérer de sa fatigue. Quant à Paul, il choisit de
mettre de la musique et de danser un peu pour faire passer la tension qu’il a dans les
muscles. Les deux voisins ont des besoins incompatibles sur l’instant. Jean voulant du
calme va demander à Paul d’arrêter la musique pour qu’il puisse se reposer ; ce que ce
dernier refusera expliquant que la musique le détend. Alors, naît un conflit sur la base
de la divergence des besoins des deux amis. Des voix s’élèvent et ils se disputent.

 Conflit d’intérêts
Un conflit d’intérêts fait suite à une confusion ou une méprise dans la distinction des intérêts
individuels d’avec les intérêts publics, collectifs, professionnels, corporatistes, etc. Il peut être
défini communément comme un conflit entre la mission d'un agent public et ses intérêts privés,
conflit susceptible d'influencer la manière dont il exerce ses fonctions. En d'autres termes, le
conflit d'intérêt peut potentiellement remettre en cause la neutralité et l'impartialité avec
lesquelles la personne doit accomplir sa mission du fait de ses intérêts personnels.
Exercice : Cas pratique
Une personne, ayant la charge de la gestion des terres familiales, entreprend des exploitations
agricoles personnelles alors que les autres membres copropriétaires de la famille souhaitent
garder les terres en l’état en vue de les vendre plus tard. Identifier ce type de conflit.
 Conflit de valeurs
Le conflit de valeurs renvoie à la conviction, issue de la socialisation, qu’un état de fait, des
attributs et des perceptions ou croyances sont parfaits, préférables, profitables, désirables à
d’autres. Les valeurs, bien que s’intégrant à l’identité ou à l’image de soi, varient selon les
cultures, les générations et les sexes. Pour le pédagogue réformiste japonais, Tsunesaburo
Makiguchi2 relativement à sa théorie des valeurs, la véritable valeur doit correspondre à trois
critères : bonté, beauté et gain. Pour d’autres, la valeur d’une chose est perçue qualitativement,
quantitativement, financièrement et symboliquement.
Ainsi, une valeur très importante pour une personne peut ne l’être qu’à peine pour une autre.
Par exemple, en milieu professionnel, le conflit de valeur peut survenir lorsqu’un travailleur
trouve que ce que sa hiérarchie lui demande de faire vient en opposition avec ses normes
professionnelles, sociales ou subjectives.
NB : Plusieurs experts en conflit s’accordent à dire que les conflits de valeurs sont les conflits
les plus difficiles à régler.

1-4- Conflits contemporains


Cette typologie concerne l'ensemble des conflits armés qui se sont déroulés sur notre planète
après la fin de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1945. Leur nombre fait 224 conflits
dont 51 en cours en 2018 et 173 terminés. Il s’agit :

 Conflits interétatiques
Ce sont des guerres entre Etats aux idéologies et intérêts divergents. Il y a aussi des guerres de
libération contre les puissances coloniales, dégénérées en guerres civiles, des guerres de
contrôle de territoires (Israël/Palestine). L’on note, toutefois, que depuis 1992, il n’y a plus
aucun entre les grandes puissances. Cependant, depuis 2022, une guerre dite ‘‘Opération
spéciale’’ en cours entre la Russie et l’Ukraine. A partir d’octobre 2023, la Palestine, Gaza, est
sous les bombes d’Israël en réaction à des attaques terroristes de l’organisation dite ‘‘AMAS’’.

2
Théorie des valeurs de Tsunesaburo Makiguchi (bonté, beauté et gain) présentée dans son ouvrage de 1930
intitulé : SokaKyoikugaku Taikei (Théorie pour une pédagogie créatrice de valeurs).
 Conflits intra-étatiques
Ce sont en général les conflits socio-politiques, les guerres civiles aux relais (ou intérêts)
internationaux, les crises électorales, les coups d’Etats violents, les conflits fonciers, et bien
d’autres qui se produisent à l’intérieur des Etats.
 Conflits de la doctrine de « guerre juste »
La doctrine de « guerre juste » exprime l’éthique ou la morale de la guerre, mieux, sa
légitimation. Elle revient in fine à rendre la guerre acceptable, utile en réunissant les conditions
ou les preuves de sa justification : prévention, action humanitaire, proportionnalité, moyens
justes, traitement équitable des prisonniers et blessés...
D’origine hindoue (hindouisme), la doctrine de la guerre juste a été reprise par le christianisme
avec des auteurs catholiques comme Augustin d'Hippone, Thomas d'Aquin, Francisco de
Vitoria, etc., et plus tard (depuis 1977) par des contemporains tels Michael Walzer, James
Turner Johnson, Alex Bellamy et Brian Orend.
La doctrine de guerre juste a permis de justifier de nombreuses guerres dont notamment les
Croisades, les guerres de religion, les deux guerres mondiales, la guerre du Vietnam, certaines
interventions de l’ONU3 et l’OTAN4, la guerre contre la Terreur (Irak, 20 mars 2003),
l'intervention en Libye en 2011, les frappes dites sécuritaires des USA (Irak, Afghanistan, Syrie,
Somalie, etc.), et bien d’autres ingérences des puissances militaires dans des pays du tiers-
monde (Libéria (2003), Côte d’Ivoire en 2011, Mali, etc.).
 Conflits « asymétriques »
Depuis le 11 septembre 2001, la menace terroriste est devenue un phénomène sécuritaire global.
Al-Qaïda, Al-Shabaab, Ansar Dine, Armée de l'Islam, Al-Qaïda au Maghreb islamique
(AQMI), Boko Haram, État islamique, pour ne citer que ceux-là, sont répertoriés, par le
département d'État américain, comme des organisations terroristes qui sèment la terreur en se
servant des points faibles de leurs adversaires. Ces groupes mènent une guerre dite
« asymétrique », une sorte de guérilla ou de kamikaze, une guerre dont personne ne sait quand
et où ça commence et prendra fin.
 Conflit nucléaire
Le conflit nucléaire réside dans la conception que le concept de dissuasion nucléaire repose sur
l'idée illusoire que l'arme nucléaire, entre les mains d'individus rationnels, peut garantir la paix.
Mais dans le cas contraire, si par exemple cette arme tombe entre les mains des Etats ou

3
Organisation des Nations Unies
4
Organisation du Traité de l'Atlantique Nord
dirigeants jugés irresponsables, des groupes non-étatiques, des terrorismes, la planète terre
court à son anéantissement intégral.

2- Enjeux
Les enjeux sont les sources profondes qui expliquent les conflits. Ils sont de plusieurs ordres et
reflètent une multitude de réalités. Il peut s’agir, entre autres, de facteurs politiques,
économiques, culturels, sociaux, psychologiques, éducatifs, idéologiques, éthiques, religieux,
identitaires, structurels, stratégiques, sécuritaires, énergétiques ; de besoins humains, de
problèmes d’inégalité et d’injustice, du racisme, le manque de communication, de dialogue ou
de négociation, etc.

3- Acteurs de conflit
Les acteurs de conflit sont les parties ou personnes concernées ou impliquées dans le conflit.
L’on peut en distinguer trois types dans toute situation conflictuelle :
Les parties primaires sont celles qui sont directement impliquées dans le conflit, et que l’on
désigne parfois comme « les protagonistes », ou « les belligérants ». Le terme convenable, selon
les Conventions de Genève relativement au droit international humanitaire, est « parties au
conflit » qui désigne les entités étatiques ou non étatiques qui prennent part aux hostilités.
Les parties secondaires sont les alliés, c’est-à-dire les acteurs individuels, groupes, étatiques et
non étatiques qui ont quelque chose à gagner ou à perdre, en relation avec les gains et les pertes
réalisés par chacune des parties primaires.
Les parties tierces sont celles qui n’ont pas d’intérêt autre que celui de voire mettre fin au
conflit. Il s’agit donc d’une grande variété d’acteurs, individuels ou collectifs, privés ou publics,
bénévoles ou professionnels qui interviennent dans les conflits en tant que facilitateur,
médiateur, arbitre ou juge.
CHAPITRE 3 : MODES ALTERNATIFS DE REGLEMENT DES CONFLITS

La gestion des conflits regroupe les aspects de « prévention » et de « résolution ou de


dépassement » des conflits. Les mécanismes ou modes de gestion des conflits prennent en
compte les méthodes et techniques d’analyse des conflits et les modes de leur gestion.

1- Méthodes et techniques d’analyse des conflits


1-1- Analyse du conflit

L’analyse d’un conflit s’entend comme une méthode, un processus pratique visant à
comprendre le conflit en ses éléments constituants, sa dynamique et interprétation. Elle permet
de répondre aux questions : Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Où et Quand ? Comment ? Et, aussi de
développer des stratégies et planifier des actions pour agir sur le conflit.
L’analyse d’un conflit est utile pour :
 Comprendre l’histoire ou la genèse de la situation conflictuelle ;
 Clarifier et hiérarchiser les divers problèmes à traiter ;
 Identifier les effets d’un conflit ;
 Identifier les causes profondes et les facteurs aggravant le conflit ;
 Identifier les motivations et les incitations des parties prenantes, grâce à une bonne
compréhension de leurs intérêts, de leurs besoins et de leurs points de vue sur le
conflit ;
 Evaluer la nature des relations entre les parties prenantes (disponibilité,
rapprochement et capacité à négocier) ;
 Identifier les informations existantes sur le conflit, ainsi que les besoins en
informations ;
 Evaluer les capacités des institutions ou des pratiques de gestion des conflits
existantes à régler le litige en cause ;
 Renforcer les capacités d’analyse et de résolution des problèmes des parties
prenantes locales pour leur permettre de faire face aux conflits actuels et futurs (le
renforcement des capacités est un élément majeur de l’analyse participative d’un
conflit);
 Faire mieux comprendre les liens entre le contexte social, politique et économique
plus général et les conflits liés à l’utilisation des ressources.
 tirer les leçons tant des échecs que des succès.
1-2- Outils d’analyse des conflits
Les outils d’analyse du conflit sont multiples et divers, selon des différentes expériences de
terrain. Cependant, ces outils sont flexibles, combinables, adaptables. Ainsi, nous en citons :
 Les étapes du conflit ;
 Les repères ethnologiques ;
 La carte du conflit (schématisation) ;
 Le triangle ACC (Attitude, Comportements, Contrôle) ;
 L’oignon ;
 L’arbre à conflit ;
 Les piliers ;
 Le diagramme en arêtes (Ishikawa)
 La pyramide ;
 La matrice ou « problématique d’Essis » qui se présente comme suit :

Matrice d’Essis
Parties Parties Parties
primaires secondaires tierces
Qui : les acteurs qui sont “parties”
au conflit
Quoi : les questions, problèmes
et/ou ressources qui sont en jeu
Pourquoi : les objectifs visés par
chaque acteur/partie
Où et Quand : l’environnement ou
contexte du conflit
Comment : les stratégies et
méthodes utilisées par les parties

 Qui : Les parties ou acteurs concernés ou impliqués dans le conflit.


 Quoi : L’objet et l’enjeu : De quoi s’agit-il ? Quel est objet de ce conflit ? Quelles sont
les questions ou problèmes à résoudre et quelles sont les ressources qui sont en jeu ?
Tout conflit peut s’analyser comme la conséquence d’une rupture d’équité dans la
distribution d’un ensemble de ressources (Essis, 2004). La confrontation ouverte
signale donc l’effort engagé par les parties en vue de rétablir l’équité dans la
distribution de ces ressources.
 Pourquoi : Les objectifs
Pourquoi ces personnes agissent-elles dans le cadre de ce conflit ? Quelles sont les
raisons qui les animent, et les objectifs spécifiques qu’ils poursuivent ?
L’objectif est d’obtenir le résultat le plus favorable et/ou de créer/entretenir un rapport
de force favorable avec les autres parties afin de réaliser des gains ou profit maximum
dans le futur (moyen et long terme) : Acquisition/propriété, contrôle ou usage/échange
des ressources en jeu ; Minimisation ou dispersion des couts/risques et maximisation
(ou concentration) des bénéfices découlant de projets ou d’actions communs ;
Minimisation du niveau d’inconfort ou de tension psychologique causés par la peur, la
colère, l’anxiété, l’incertitude, l’ambigüité, le sentiment d’insécurité, la dissonance
cognitive, etc., pour les personnes qu’elle représente.
 Où et Quand : L’environnement
Où et Quand ce conflit prend-il place ? Autrement dit, quel est le contexte ou
l’environnement dans lequel il se déroule ? Quelles sont les conditions et contraintes
environnementales sous lesquelles les parties opèrent ?
Tout conflit prend donc place dans un contexte (ou environnement) changeant
caractérisé par l’existence de contraintes liées notamment, au temps, aux lois et
règlements, et aux ressources financières (budget) dont dispose chacune des parties.
Chacune de ces contraintes constitue une source de menaces/défis pour certaines parties
et d’opportunités pour les autres parties.
 Comment : Les stratégies et tactiques ;
Comment les acteurs (parties) gèrent-ils leur conflit ? Quelles sont les moyens,
méthodes, procédures, processus et modalités par lesquelles chaque partie essaie
d’atteindre ses objectifs ?

2- Modes de gestion des conflits


2-1- Méthodes non-violentes
La littérature consacrée à l’analyse des conflits distingue entre cinq méthodes non-violentes
pour la prévention, la résolution et la transformation des conflits sociaux qui sont :
l’Adjudication (règlement judiciaire), l’Arbitrage, la Médiation, la Facilitation et la
Négociation.
 Adjudication
Un juge et/ou un jury s’emploient à régler un litige. Cette méthode a un caractère contraignant
car les décisions s’imposent à toutes les autres parties.
 Arbitrage
Une tierce partie, généralement non-judiciaire, est appelée à prononcer un jugement/opinion
sur les questions litigieuses à lui soumises par les parties, volontairement ou sur injonction de
la loi ou de l’autorité judiciaire.
L’arbitrage peut être non-contraignant quand la décision de l’arbitre n’a qu’un effet
indicatif/consultatif pour les parties en conflit. Il est contraignant lorsque la décision arrêtée par
l’arbitre s’impose aux parties. La légitimité de l’arbitre repose sur son charisme personnel ou
son expertise dans le domaine du règlement des conflits.

 Médiation
Un tiers intervenant (TI) négocie directement, indirectement, séparément ou collectivement
avec les parties en conflit.
Dans la médiation « traditionnelle », le tiers intervenant ou le médiateur établit les règles du
jeu, en informe les parties, et les met en application, dans un processus orienté vers la conclusion
d’un accord.
Concernant la médiation « transformative », le TI se contente d’aider les parties à comprendre
leur conflit et à réparer la cassure dans leur relation.
Et dans la Médiation « intégrative », TI répond aux besoins exprimés par les parties en
combinant les deux modes précédents.

 Facilitation
Un tiers intervenant (TI) fournit l’assistance, la logistique, et dirige la procédurale. Les parties
elles-mêmes communiquent de manière optimale dans la recherche d’une solution à leur
problème. La facilitation est aussi appelée « Conduite de réunion ».

 Négociation
Les parties discutent librement en vue d’arriver à un accord généralement fondé sur un échange
de promesses et de concessions. La négociation est l’une des activités les plus élémentaires par
lesquelles les êtres humains poursuivent la satisfaction de leurs besoins individuels et collectifs.
C’est aussi la « meilleure manière » de prévenir, gérer, résoudre, et transformer positivement
les conflits sociaux.
Les Types de négociation sont :
 La négociation distributive : les parties se comportent comme si tout gain obtenu par
l’une d’elle constituait une perte pour les autres ;
 La négociation intégrative : les parties agissent comme si elles voulaient et pouvaient
intégrer leurs intérêts individuels et collectifs dans l’accord recherché.
NB : Tous les modes décrits ci-dessus constituent des cas spéciaux de négociation qui ont en
commun la participation d’un tiers intervenant.

2-2- Attitudes dans les conflits

Toute personne engagée dans un conflit a un choix à faire entre la compétition et la coopération
comme mode de résolution des problèmes auxquels elle se trouve confrontée. L’on distingue
généralement cinq styles de comportement :
 Le style abstentionniste (ou repli) essaie de minimiser le conflit et de le laisser se
résoudre de lui-même ;
 Le style oppressif rejette toute idée de coopération et essaie de gagner à tout prix, ce qui
suppose que l’autre partie doit perdre (jeu à somme nulle) ;
 Le style conciliant accepte de se soumettre aux désirs des autres parties, soit par pur
désintéressement, soit en vue d’obtenir leur coopération dans le futur ;
 Le style de compromis est prêt à faire des concessions susceptibles de satisfaire
partiellement chaque partie mais ne visant pas nécessairement à aboutir à une solution
maximale ;
 Le style coopératif est favorable à une solution qui offre le maximum d’avantages
mutuels, et fait confiance aux autres parties pour coopérer à cette fin (“win-win” ou jeu
à somme positive).
Conclusion

Le présent cours a défini le conflit comme un antagonisme reflétant l’expression du changement


inévitablement contenu dans la diversité ou la différence sociale sous toutes ses formes. C’est
un processus diversement perçu par les sociologues comme à la fois anormal, perturbateur,
régulateur, transformateur, mais qui, dans sa première acception, conserve tout de même sa
dynamique de progrès social inhérent à l’humanité. Toutefois, les conflits sont devenus des
violences armées. Le conflit qui implique les groupes terroristes demeure une menace
sécuritaire mondiale et dont la résolution durable reste toujours un questionnement.
Le conflit naît, grandit et meurt. Son cycle est constitué d’étapes cruciales à connaître dans les
moindres détails, si l’on veut l’appréhender et l’éradiquer. Ce cours a aussi fait cas des outils
d’analyse des conflits et de leurs modes de résolution fondés sur le dialogue social. Il faut retenir
que les trois grands principes de base pour gérer le conflit sont : l’analyse, la prévention, la
gestion, la résolution et la transformation.

9- Références bibliographiques
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organisations, Chronique sociale, 1990.
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notamment les articles : conflits sociaux, mouvements sociaux, action collective
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de France. doi:10.3917/[Link].2013.01.0157.

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