ECOLE DE MANAGEMENT (Groupe ISM)
DROIT DU COMMERCE
ELCTRONIQUE
M. Basséne
ANNEE UNIVERSITAIRE 2023 -2024
INTRODUCTION
Le XXIème siècle est sans aucun doute celui des nouvelles technologies de l’information : le
multimédia a pris son essor ; les moyens de paiement sont devenus incontournables dans le
secteur des services financiers ; la disponibilité de banques d’informations sur l’internet a réduit
la planète à un village global. Ce nouvel espace de communication sans frontières a d’abord
suscité l’enthousiasme et confirmé l’évolution significative de l’humain dans l’art de
communiquer. L’enthousiasme et l’émerveillement passés, on a vite pris conscience des
opportunités que pouvaient offrir ces nouvelles technologies.
Tous ces éléments ne peuvent que favoriser le développement du commerce en ligne. Avec le
développement des réseaux informatiques, le nombre de transactions électroniques est en
constante augmentation. A titre indicatif, les transactions électroniques portent sur la
production, la promotion, la vente, la distribution de produits et les échanges par des réseaux
de télécommunication ou informatiques.
Si l’impact positif du commerce électronique sur les performances économiques des pays qui
l’ont adopté est indéniable, ses principaux atouts – globalité, immédiateté et automaticité – qui
font son essence même et favorisent la dématérialisation des transactions présentent des
difficultés juridiques de taille.
Le commerce électronique en effet pose en Afrique, comme il l’a fait ailleurs, des défis au droit.
Si les législateurs occidentaux ont essayé d’y apporter, vaille que vaille, des réponses plus ou
moins adaptées, tel n’est pas encore le cas de leurs homologues africains. Doter les pays
africains de cadres juridiques valables et susceptibles de leur permettre de tirer pleinement
profit des avantages du commerce électronique est aujourd’hui plus qu’une nécessité, c’est une
urgence. Seulement, « l’Afrique a ses spécificités à la fois culturelles et économiques » qui ne
peuvent être ignorées. Une réflexion juridique sur le commerce électronique dans l’espace
OHADA soulève de nombreuses interrogations qui appellent des réponses. C’est pour cette
raison et dans le cadre de cours, nous préciserons d’abord ce qu’il faut entendre par commerce
électronique (Chapitre I), ensuite qui dit commerce dit contrat. Le contrat est au cœur du
commerce électronique, nous déterminerons les conditions de sa formation et ses effets à la
lumière de l’OHADA (Chapitre II). Enfin, tout commerce suppose paiement d’un prix. Il sied
donc de nous pencher dans nos développements sur l’environnement législatif et réglementaire
des paiements (Chapitre III).
CHAPITRE I : QU’EST-CE QUE LE E-COMMERCE?
Toute définition en droit est périlleuse. Telle est la mise en garde servie par le Digeste1. C’est
donc avec quelques réserves que nous nous engageons sur ce terrain glissant. Définir le
commerce électronique, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin tant il est
difficile pour ne pas dire impossible de trouver une définition généralement reçue par tous.
Aussi, pour élucider le concept de commerce électronique convient-il d’apprécier sa définition
au regard du sens que lui donnent les législateurs (section 1) et la doctrine (section 2).
Section 1 : les définitions législatives
Outre Atlantique, en Europe, le législateur français est le seul à s’y commettre lors de sa
transposition de la directive européenne du 08 mars 2000. Il définit le commerce électronique
comme suit :
« L’activité économique par laquelle une personne propose ou assure par distance et par voie
électronique la fourniture de biens ou services. Entrent également dans le champ du commerce
électronique les services tels que ceux consistant à fournir des informations en ligne, des
communications commerciales et des outils de recherche, d’accès et de récupération de
données, d’accès à un réseau de communication ou d’hébergement d’informations, y compris
lorsqu’ils ne sont pas rémunérés par ceux qui les reçoivent »
C’est donc à la lumière de cette définition française, intégralement reprise par la loi sénégalaise
de 2008 sur les transactions électroniques2 que nous essayerons de comprendre et cerner l’esprit
du législateur.
Sur cette base, il est possible dire que la signification que donne ici le législateur français de
l’expression « commerce électronique » a une portée à l’évidence particulièrement large,
« impérialiste » même dit un auteur3. Une définition très étendue qui englobe plusieurs
services : de la fourniture en ligne d’informations, des communications commerciales, aux
outils de recherches, d’accès ou de récupérations de données, etc. L’énumération de cette série
d’activités rend, nous semble-t-il, le contenu de la définition trop général et vague.
1
Parfois désigné sous le vocable de Pandectes, le Digeste et un recueil regroupant des extraits d’opinions et de
sentences de juristes romain sous le règne de l’empereur Justinien.
2
Loi n° 2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques, Journal officiel de la République du
Sénégal, no 6404, 2008.
3
Jean-Louis BIDON, « La définition du commerce électronique par l’article 14 de la LCEN », Cahiers Lamy droit
de l’informatique et des réseaux, no 171, 2004, p. 21. Voir aussi Michel VIVANT, « Le contrat plongé dans
l’’économie numérique », RDC, no 2, 2005, p. 533.
Plus encore, employer le terme « activité économique » élargit la notion de commercialité30
et ne fait qu’ajouter à la confusion et ce d’autant plus que la Cour de justice des communautés
européennes (CJCE) a déjà maintes fois démontré que cette expression est une véritable «
auberge espagnole ». Aussi, le champ d’application de la loi française est-il en net dépassement
de celui couvert par la « directive sur le commerce électronique ». L’opération en effet visée
par l’article 14 de la Loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique (ci-
après « LCEN ») est celle par « laquelle une personne propose ou assure […] la fourniture de
biens ou de services ».
Interprété littéralement, cela veut dire que le législateur français prend en compte non seulement
le commerce électronique direct, celui exclusivement effectué par les voies électroniques, mais
aussi le commerce électronique indirect, celui dont une partie la livraison par exemple d’un
bien corporel, s’effectue hors ligne.
Section 2 : L'imprécision des définitions doctrinales
En l’absence d’une définition législative satisfaisante du commerce électronique, c’est à la
doctrine que revenait la tâche d’élucidation du vocable. Pour certains auteurs, le commerce
électronique est : « l’ensemble des échanges d’informations, opérations et transactions réalisées
sur le réseau et qui affecte la vie des affaires ». Pour d’autres, il désigne :
« L’ensemble des échanges électroniques liés aux activités commerciales. Il s’agit donc aussi
bien de relations interentreprises que de relations entre entreprises et administrations et des
échanges entre entreprises et consommateurs ».
Aussi, à défaut de « dénicher » une définition satisfaisante du commerce électronique, d’autres
auteurs vont-ils essayer de distinguer le concept de ses notions voisines. Ils invitent à différer
le commerce électronique des termes « affaires électroniques » :
« Les affaires électroniques [désignent] toute relation interentreprises facilitée par
l’intégration de technologies de l’information, alors que l’expression « commerce électronique
» sera réservée au processus de la transaction effectuée grâce à ces mêmes technologies, c’est-
à-dire toute transaction effectuée […] par l’intermédiaire d’un réseau informatique, tel
Internet. »
LA DIFFÉRENCE ENTRE E-COMMERCE ET E-BUSINESS
Le e-commerce permet à un marchand de vendre tout simplement en ligne ses produits;
le e-commerce ne garantit pas le succès du site en lui-même, car il n’offre que des
fonctionnalités limitées au panier et assure d’une manière basique la gestion du
catalogue en ligne.
Le e-business est une suite d’application, un ensemble d’outils qui permettent d’une part
de créer un site de vente en ligne et d’autre part de mettre à disposition du marchand
tous les moyens nécessaires pour prospecter, transformer et fidéliser les clients( listes
de cadeaux, points de fidélité, cash Back, chèques cadeau, coupons de remise,
parrainage, affiliation…).
LES DIFFERENTES FORMES DU E-COMMERCE
Le e-commerce peut être effectué entre des entités de différentes natures:
B to B (business to business): entre deux entreprises,
B to C (business to business): entreprise qui vend à des particuliers, il s’agit de sites
web marchands
C to C (consumer to consumer) entre particuliers il ne s’agit de sites web permettant
la vente entre particulier.
B to G/ G to C (business to governement/ governement to consumer) entre les
entreprises privées et le gouvernement et le gouvernement/ et le citoyen: portail pour
CIN timbres électroniques passeport…