TEXTE 11 :
Extrait de la 1ère partie « Le talisman », La Peau de chagrin, Honoré de Balzac, 1831
INTRODUCTION :
1. Qui est Balzac ? Qu'est-ce que le réalisme et le fantastique en lien avec l'intrigue ?
2. Situation de l’extrait dans l’œuvre et résumé.
3. Ton dramatique.
MOUVEMENT 1 : l.1 à 7 Raphaël vu par les joueurs.
D’ABORD le lecteur se retrouve dans la conscience des joueurs
- 2 indices de perception visuelle (l.1) : « coup d’œil », « lurent »
PAR AILLEURS, ils le décrivent comme "novice" = donc comme un débutant, en retrait des autres (décalage).
Il développe ensuite 2 aspects chez le héros :
1) Sa beauté avec une périphrase (l.2) : « jeunes traits empreints d’une grâce nébuleuse »
2) Mais ils développent davantage son désespoir : 3 hyperboles « horrible mystère », « efforts trahis »,
« mille espérances trompées »
+ Illustration de son désespoir avec le lexique d’une grande souffrance (l.3-5) : « morne impassibilité »,
« pâleur mate », « maladive », « amer », « résignation »
=> Les joueurs ont pitié de Raphaël : expression explicite (l.5) « qui faisait mal à voir »
REMARQUE : Mot illogique « suicide » (l.3) car les joueurs ne sont pas censés savoir que Raphaël a des pensées
suicidaires. C’est peut-être Balzac qui intervient ici ? Nous n’en savons rien.
ENFIN, 2 hypothèses semblent être formulées par les joueurs
- Adverbe « peut-être », l.6
- Question directe -> « ? », l.7
Les joueurs imaginent que la luxure est à l’origine du désespoir de Raphaël :
1) Périphrase débauche (l.6) : « les fatigues du plaisir »
2) Mot « débauche » explicite (l.6) associé à son vocabulaire péjoratif « sale » & « dégradée »
TRANSITION :
Mais à la fin de ce 1er mouvement nous repérons le [Link] « jadis », qui nous annonce le 2nd mouvement car
seul un narrateur omniscient peut être au courant du passé du joueur. Ainsi, nous pouvons sans doute dire que
Balzac s’exprime.
MOUVEMENT 2 : l.7 à 16 Balzac s’exprime avec un point de vue omniscient et un ton didactique.
D’ABORD Balzac fait une transgression, c’est-à-dire un arrêt du récit :
Pour avancer 2 conditionnels, c’est-à-dire 2 hypothèses sur l’état de santé de Raphaël :
1) Selon les MEDECINS « auraient attribué » (cond.) : utilise un lexique scientifique voir anatomique :
« lésion », « cœur », « poitrine », « cercle jaune » (cernes = fatigue).
2) Selon les POETES « eussent voulu » (cond.) + contredit médecins (conj de sub d'opp) "tandis que" : ils
accusent les études à travers l'hyperbole "les ravages de la science" et l'adj "studieuse".
ENSUITE, à partir de "mais" (conj. coor), Balzac contredit les 2 hypothèses précédentes et donne SA vérité :
Selon lui, Raphaël est atteint d'une "passion" (l.10), qui le dépasse comme le montrent 2 hyperboles : "plus
mortelle que la maladie" & "plus impitoyable que l'étude".
Puis 3 verbes d’actions traduisent sa douleur physique : "altéraient", "contractaient", "tordaient" = Balzac
nous présente comme un anti-héros, malheureux, dépassé, souffrant.
Car à ce moment du roman le lecteur ignore la nature de cette passion OR nous savons (lu entier) qu’il
souffre du Mal du Siècle = l’idéal romantique (début du siècle) = mélancolie, désillusion, esprit de liberté.
PUIS, il termine par une conclusion qui repose sur une métaphore filée entre la maison de jeu et la prison :
- Lexique : « criminel », « bagne », « condamné »
- Illustre par 2 hyperboles : « démons humains », « experts en tortures »
Opinion de Balzac sur les joueurs est sans appel : pour lui ils sont diaboliques et barbares.
DE PLUS, les joueurs idéalisent Raphaël, ce qui est plutôt étonnant :
Vocabulaire mélioratif qui traduire leur admiration pour lui : « célèbre », « respect », « saluèrent »,
« princes », « majesté »
=> Ici Balzac évoque le code d’honneur des bandits > Pourquoi dans un texte descriptif ?
POUR FINIR, le même personnage passe de « novice » à « prince » :
Cela s’explique avec le changement de point de vue par Balzac qui idéalise son héros romantique :
- Cf. dernier champs lexical employé de la « douleur » intense : « d’inouïe » et « profonde »
Puis l’auteur achève avec 2 oxymores :
1) « muette ironie » = laisse penser que Raphaël n’est pas si naïf qu’il en a l’air.
2) « élégante misère » = souligne sa beauté, sa prestance
CONCLUSION :
Cette page illustre bien la plume de balzacienne. Effectivement, l’auteur commence par un décor
réaliste (maison de jeux et point de vue des joueurs sur le héros). Mais rapidement, Balzac
intervient dans son propre récit et donne son opinion ; il idéalise Raphaël en le voyant comme un
romantique torturé.