Modélisation MADA pour Énergie Éolienne
Modélisation MADA pour Énergie Éolienne
Thème
Modélisation et commande d’une Machine
Asynchrone à Double Alimentation pour la
production de l’énergie éolienne
REMERCIEMENTS
Dédicaces
A vous.
Yacine.
ﻣﻠﺨﺺ
.ﻳﻘﺪم هﺬا اﻟﻌﻤﻞ دراﺳﺔ ﻃﺮق اﻟﺘﺤﻜﻢ ﻓﻲ اﻟﻤﻮﻟﺪ اﻟﺤﺜﻲ ﺛﻨﺎﺋﻲ اﻟﺘﻐﺬﻳﺔ اﻟﻤﺴﺘﻌﻤﻞ ﻓﻲ ﺗﺤﻮﻳﻞ اﻟﻄﺎﻗﺔ اﻟﻬﻮاﺋﻴﺔ ﻹﻧﺘﺎج اﻟﻜﻬﺮﺑﺎء
. و اﻟﺴﻠﺴﻠﺔ اﻟﻤﺘﻜﻮﻧﺔ ﻣﻦ اﻟﻤﻤﻮج و اﻟﻤﻘﻮم, اﻟﻤﻮﻟﺪ اﻟﺤﺜﻲ ﺛﻨﺎﺋﻲ اﻟﺘﻐﺬﻳﺔ, اﻟﺘﻮرﺑﻴﻦ: ﻣﻦ اﺟﻞ ذﻟﻚ ﻗﻤﻨﺎ ﺑﺈﻧﺸﺎء ﻧﻤﻮذج ﻟﻜﻞ ﻣﻜﻮﻧﺎت اﻟﻤﻮﻟﺪ اﻟﻬﻮاﺋﻲ
ﻟﺘﺤﻘﻴﻖ. و اﻟﺘﻲ ﺗﺴﻤﺢ ﺑﺪورهﺎ ﻓﻲ اﻟﺘﺤﻜﻢ ﻓﻲ اﻟﻄﺎﻗﺔ اﻟﺘﻔﺎﻋﻠﻴﺔ و اﻟﺮدﻳﺔ, ﻗﻤﻨﺎ ﺑﺎﺳﺘﻌﻤﺎل ﺗﻘﻨﻴﺔ اﻟﺘﺤﻜﻢ اﻟﺸﻌﺎﻋﻲ,ﺑﻬﺪف ﺗﻮﻟﻴﺪ اآﺒﺮ ﻗﺪر ﻣﻤﻜﻦ ﻣﻦ اﻟﻄﺎﻗﺔ
. آﻤﺎ ﺣﻠﻠﻨﺎ و ﻗﺎرﻧﺎ أدﺁت هﺬﻩ اﻟﻤﻨﻈﻤﺎت اﻟﻤﺴﺘﻌﻤﻠﺔ ﻓﻲ اﻟﻨﻈﺎم اﻟﻤﺬآﻮر ﺳﺎﻟﻔﺎ, اﺳﺘﺨﺪﻣﻨﺎ ﻋﺪة أﻧﻮاع ﻣﻦ اﻟﻤﻨﻈﻤﺎت,هﺬا اﻟﺘﺤﻜﻢ
ﻓﺎﺳﺘﻌﻤﻠﻨﺎ ﺗﻘﻨﻴﺔ, أﻣﺎ ﺑﺎﻟﻨﺴﺒﺔ ﻟﻠﻤﻘﻮم اﻟﺬي ﻳﻘﻮم ﺑﺘﻐﺬﻳﺔ اﻟﻤﻤﻮج.ﺗﻐﺬﻳﺔ اﻟﻌﻀﻮ اﻟﺪوار آﺎﻧﺖ ﻋﻦ ﻃﺮﻳﻖ اﻟﻤﻤﻮج اﻟﻤﺘﺤﻜﻢ ﻓﻴﻪ ﺑﺘﻘﻨﻴﺔ ﺗﻌﺪﻳﻞ ﻃﻮل اﻟﻨﺒﻀﺔ
. وذﻟﻚ ﻟﻠﺤﻔﺎظ ﻋﻠﻰ ﺟﻮدة اﻟﺸﺒﻜﺔ,اﻟﺘﺤﻜﻢ ﺑﻮاﺳﻄﺔ اﻟﺘﻴﺎر
و اﺳﺘﺨﻠﺼﻨﺎ ﻣﻦ ذﻟﻚ أن اﻟﻤﺎآﻨﺔ اﻟﻼﺗﺰاﻣﻨﻴﺔ ﺛﻨﺎﺋﻴﺔ اﻟﺘﻐﺬﻳﺔ ﻟﻬﺎ ﻗﺪرة ﺟﻴﺪة ﻋﻠﻰ اﻟﻌﻤﻞ ﻓﻲ اﻟﺘﻄﺒﻴﻖ اﻟﺴﺎﻟﻒ,اﺧﺘﺘﻤﺖ هﺬﻩ اﻟﺪراﺳﺔ ﺑﻤﺤﺎآﺎة اﻟﻤﻮﻟﺪ اﻟﻬﻮاﺋﻲ
.اﻟﺬآﺮ
:اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﻤﻔﺘﺎﺣﻴﺔ
. ﺗﺤﻜﻢ ﺷﻌﺎﻋﻲ, ﻣﻘﻮم,ﻣﻤﻮج, ﺗﻨﻤﻴﻂ, ﻣﻮﻟﺪ اﻟﻬﻮاﺋﻲ,اﻟﻤﺎآﻨﺔ اﻟﻼﺗﺰاﻣﻨﻴﺔ ﺛﻨﺎﺋﻴﺔ اﻟﺘﻐﺬﻳﺔ
Résumé
Ce travail présente la modélisation et la commande de la machine asynchrone à double alimentation
(MADA) pour la production de l’énergie éolienne.
Pour ce faire, un modèle a été établi pour chaque composant de l’éolienne (Turbine, MADA et cascade
redresseur –onduleur).
Afin d’atteindre le point de fonctionnement à puissance produite maximale (MPPT), une commande
vectorielle en puissance active et réactive statorique a été élaborée. Le réglage de cette commande a été effectué
par la synthèse de trois régulateurs linéaires : PI, IP, RST.
Les performances du dispositif ont été analysées et comparées en termes de suivi de consigne, robustesse,
et rejet de perturbations.
La MADA étant pilotée par le rotor nous avons appliqué la technique de commande par MLI
triangulosinusoïdale à l’onduleur. Pour éviter la dégradation du réseau nous avons commandé le redresseur en
courant par la technique MLI à hystérésis.
Cette étude a été conclue par la simulation de l’ensemble de l’éolienne. Nous avons pu ainsi constater la
capacité de la MADA à intégrer ce genre d’application.
Mots clés :
Machine asynchrone à double alimentation, éolienne, modélisation, onduleur, redresseur, commande vectorielle.
Abstract
This work presents the modelling and the control of the doubly-fed induction machine (DFIM) in the
wind power production.
With this intention, a model of the different components of the wind generator (Turbine, DFIM and
cascaded converter- inverter) was established.
The maximum power point tracking control was done by a vector control of the generator with active and
reactive stator powers as control variables.
This control is elaborated by synthesizing three different linear controllers; PI, IP and RST.
The performances of the system are analysed and compared in terms of references tracking, robustness
and disturbance rejection.
The converter is used for drive the DFIM. For this reason we used the PWM technique to control this
device. In order to limit the damage of the network we controlled by the current the inverter by using the PWM
hysteresis technique.
This study was concluded by a simulation of the wind generator. We observed at a result, that the DFIM is
able to be used in the wind generation application.
Keywords:
Doubly fed induction machine, wind turbine, modeling, inverter, converter, vector control.
SOMMAIRE
Remerciements………………………………………………………………………………i
Dédicaces……………………………………………………………………………………ii
Résumé……………………………………………………………………………………...iv
Sommaire……………………………………………………………………………………v
Notations et symboles……………………………………………………………………..viii
Notations et symboles
Cp Le coefficient de puissance.
G Gain du multiplicateur.
Cg Couple résistant issue du multiplicateur.
X em Grandeur électromagnétique.
fr Fréquence rotoriques.
g Glissement.
Tf Horizon de filtrage.
r Taux de modulation.
Up Amplitude de la porteuse.
Rf Résistance du filtre.
Lf Inductance du filtre.
Introduction générale
Avec la crise mondiale marquée par la hausse du prix du pétrole, nous constatons
l’émergence des énergies renouvelables qui se caractérisent par leur stock inépuisable et
durable. Elles sont propres et ont un faible impact sur l’environnement d’où leur succès
grandissant dans l’opinion publique, chez les investisseurs et les pouvoirs publics.
La source principale de ce type d’énergie est le soleil. Cette énergie est captée dans sa
forme primaire à travers les cellules photovoltaïques ou thermo solaires. Elle peut être
également transformée par la nature en courants marins à l’origine de l’énergie hydrolienne
(énergie des vagues) ou en mouvement de masse d’air à l’origine de l’énergie éolienne
(énergie du vent). Cette dernière offre des bénéfices certains pour la communauté, son prix
peut être maîtrisable sans faire l’objet de spéculation sur le marché. Le développement de son
industrie a pour effet d’absorber une main d’œuvre nombreuse et variée.
Ce type d’énergie procure l’avantage de ne pas être centralisé mais d’être disponible là
où a lieu la demande. En effet, l’éloignement engendre des pertes considérables à travers les
câblages dont l’investissement se caractérise par des coûts très importants .Aujourd’hui, le
transport classique de l’électricité est remis en question grâce à la disponibilité et la
démocratisation des éoliennes et donc une décentralisation de la production.
Les premières machines électriques qui furent utilisées dans le domaine éolien étaient
les machines asynchrones [1]. En effet, celles-ci présentent plusieurs avantages tels que leur
moindre coût, leur robustesse et leur entretien réduit.
Le travail que nous avons à réaliser, consiste en une étude sur la MADA pilotée à
travers les grandeurs rotoriques, intégrée dans un système éolien. L’étude portera sur l’apport
d’une MADA dans l’amélioration du rendement de l’éolienne, de par sa capacité à
fonctionner à vitesse variable. Ce travail est structuré en cinq chapitres, ces derniers sont
énoncés de la manière suivante :
Le premier chapitre sera consacré à des généralités sur l’éolienne accompagnées d’un
état de l’art sur la conversion électromécanique à travers les différents types de génératrices
utilisées.
Dans le second chapitre, une modélisation de la MADA sera reproduite. Celle-ci sera
suivie par l’établissement de la stratégie de commande qui permettra à la machine d’avoir
un fonctionnement à vitesse variable sur les quatre cadrans. Ceci est possible à travers la mise
en place de la double alimentation. L’une constante au stator, l’autre variable par la tension et
la fréquence au rotor. Cette stratégie consiste en la commande vectorielle en P et Q.
A partir des commandes mises en place dans le chapitre deux, nous obtiendrons neuf
combinaisons liant chacun des régulateurs au mode de contrôle précédemment cité. Ainsi,
une comparaison pourra être réalisée, grâce à la simulation dont une analyse s’en est émanée
en terme de suivi de consignes, de résistance aux perturbations et de robustesse.
Dans le chapitre quatre, nous nous intéresserons à la liaison du rotor avec le réseau.
Cette liaison sera sous la forme d’une cascade composée d’un onduleur de tension
commandée par une MLI triangulosinusoïdale à une porteuse, d’un bus continu composé d’un
condensateur lissant la tension et d’un redresseur alimentant l’ensemble à partir du réseau. Ce
redresseur sera commandé par une MLI à hystérésis. Cette commande a été prise en compte
afin d’éviter de dégrader le réseau en lui injectant des courants harmoniques importants.
Chapitre 1
1. Introduction
L’intérêt pour l’usage des énergies renouvelables augmente, car les populations sont de plus
en plus concernées par les problèmes environnementaux. Parmi les énergies renouvelables,
l’énergie éolienne est maintenant largement utilisée.
Une grande partie des éoliennes utilise les machines asynchrones à double alimentation
(MADA). Cette génératrice permet une production d’électricité à vitesse variable. Elle donne
l’occasion, alors, de mieux contrôler les ressources éoliennes pour différentes conditions de
vent. Bon nombre de configurations existent, elles utilisent divers types de convertisseurs
statiques. Pour chaque configuration nous disposons d’une commande adaptée ainsi que de
performances spécifiques. Ces différents points seront plus détaillés dans les paragraphes
suivants.
2. Historique
L'énergie éolienne est l'une des premières formes d'énergie employée par l'homme. Elle fut
utilisée pour la propulsion des navires ensuite pour les moulins à céréales. La première
utilisation connue de l'énergie éolienne remonte à 2000 ans avant J-C. Les Babyloniens
avaient conçu à cette époque tout un projet d'irrigation de la Mésopotamie en faisant usage de
la puissance du vent. Ce n'est qu'au moyen age que les moulins à vent furent introduits en
Europe pour moudre le blé et assécher les terres inondées au pays-Bas.
En 1890 Poul La Cour a eu l'idée d'associer une turbine éolienne à une génératrice. Cette
application a évolué en terme de puissance et de rendement durant tout le 20éme siècle et
jusqu'au début du 21éme. Elle fut utilisée à travers le monde notamment dans les zones
isolées telles que les îles du pacifique. Les Pays-bas se sont avérés les leaders incontestés dans
les domaines de la construction des éoliennes (50% des éoliennes dans le monde sont de
fabrication Hollandaise) [1]. La crise pétrolière de 1973 a alerté les états non producteurs
d'énergie fossile sur la nécessité du développement de l'énergie éolienne. En 2006 l'Algérie a
décidé de se doter de la technologie éolienne en implantant la première ferme éolienne à
Tindouf. Elle aura une puissance de 50 MW et, d’ici 2015, 5% des besoins algériens en
électricité seront assurés par les énergies renouvelables dont l’énergie éolienne [2].
L'énergie éolienne est une énergie "renouvelable" i.e (non dégradée), géographiquement
diffuse, et surtout en corrélation saisonnière (l’énergie électrique est largement plus demandée
en hiver et c’est souvent à cette période que la moyenne des vitesses des vents est la plus
élevée). De plus, c'est une énergie qui ne produit aucun rejet atmosphérique ni déchet
radioactif. Elle est toutefois aléatoire dans le temps et son captage reste assez complexe,
nécessitant des mâts et des pales de grandes dimensions (jusqu'à 60 m pour des éoliennes de
plusieurs mégawatts) dans des zones géographiquement dégagées pour éviter les phénomènes
de turbulences [2].
L’énergie éolienne fait partie des nouveaux moyens de production d’électricité décentralisée
proposant une alternative viable à l'énergie fossile (Centrale thermique ou à cycle combiné)
sans pour autant prétendre la remplacer (l'ordre de grandeur de la quantité d'énergie produite
étant largement plus faible). Les installations peuvent être réalisées sur terre mais également
de plus en plus en mer (fermes éoliennes offshore) où la présence du vent est plus régulière.
De plus, les éoliennes sont ainsi moins visibles et occasionnent moins de nuisances sonores.
Hormis l'aspect visuel des éoliennes, leur impact sur l’environnement est réduit. Une
éolienne ne couvre qu'un pourcentage très réduit de la surface totale du site sur laquelle elle
est implantée, permettant alors à la plupart des sites de conserver leurs activités industrielles
ou agricoles.
Elles ont été les premières structures utilisées pour la production de l'énergie électrique. De
nombreuses variantes ont vu le jour mais rares sont celles qui ont atteint le stade de
l'industrialisation.
Ce type d'éolienne a été de plus en plus abandonné à cause des différents inconvénients qu'il
a posés. Des problèmes d'aéroélasticité et la grande occupation du sol ont été les raisons de
cet abandon au profit des éoliennes à axe horizontale [3].
Ce type d'éolienne est le plus répandu dans le monde. Ce système se base sur le principe de
portance aérodynamique, les pales sont profilées de la même façon qu'une aile d'avion et la
circulation du flux d'air dans la turbine entraîne la rotation du rotor de la machine [3].
Les éoliennes généralement utilisées pour la production d’électricité sont des éoliennes
rapides à 2 ou à 3 pales [4], ceci pour plusieurs raisons :
• Elles sont légères et donc moins chères.
• Elles tournent plus vite car le multiplicateur utilisé présente un rapport de
multiplication moins important d’où sa légèreté et des pertes réduites.
• Le couple nécessaire pour la mise en route de ce type d’aérogénérateur est très faible
et donc un fonctionnement à faible vitesse de vent.
Ces raisons expliquent notre restriction à ce type d’aérogénérateur dans la suite de nos
travaux.
L’éolienne à axe horizontale (Figure 1.4), étant le sujet de notre étude, sera décrite en citant
ses différents composants.
En générale, l’éolienne à axe horizontale est constituée de trois éléments principaux ; La
tour (mat), la nacelle et les pales qui sont supportées par le moyeu [21].
¾ La tour : C’est un élément porteur, généralement un tube en acier ou un treillis
métallique. Avec l’augmentation des puissances nominales des éoliennes, le mat
devient de plus en plus haut pour éviter les perturbations prés du sol mais aussi
permettre l’utilisation de pales plus longues. La tour a une forme conique ou
cylindrique. A l’intérieur sont disposés les câbles de transport de l’énergie électrique,
les éléments de contrôle, l’appareillage de connexion au réseau de distribution et
l’échelle d’accès à la nacelle.
Cependant, il est à noter que pour l’emploi efficace de cette ressource il est indispensable
d’étudier les caractéristiques aérodynamiques de la turbine utilisée.
La théorie du moteur éolien à axe horizontal a été établie par BETZ. Il suppose que « le
moteur éolien est placé dans un air animé à l’infini amont d’une vitesse V1 et à l’infini aval
d’une vitesse V2 » [4]
Considérant le système éolien à axe horizontal représenté sur la Figure 1-5 sur lequel on a
représenté la vitesse du vent V1 en amont de l'aérogénérateur et la vitesse V2 en aval.
Désignant par V la vitesse de l’air traversant l’aérogénérateur, par S1 et S2 les sections amont
et aval du tube d’air et par S la surface balayée par l’hélice. L’égalité qui traduit
l’incompressibilité de l’air et la permanence de l’écoulement s’écrit [4], [5] :
S1V1 = SV = S 2V2 (1.1)
La force exercée par l’air sur l’aérogénérateur d’après le théorème d’EULER :
F = ρ ⋅ SV ⋅ (V1 − V2 ) (1.2)
D’ou la puissance absorbée par l’aérogénérateur:
Paero = F ⋅ V = ρ ⋅ SV ² ⋅ (V1 − V2 ) (1.3)
ΔEc 1
= ⋅ ρ ⋅ SV ⋅ (V1 − V2 ) = Paero = ρ ⋅ SV 2 ⋅ (V1 − V2 )
2 2
(1.4)
Δt 2
On en déduit:
V = (V1 − V2 ) / 2 (1.5)
En remplaçant l’expression de V dans les relations1.2 et 1.3 on obtient :
1
⋅ ρ ⋅ S (V1 − V2 )
2 2
F= (1.6)
2
1
Paero = ⋅ ρ ⋅ S (V1 ² − V2 ²) ⋅ (V1 + V2 ) (1.7)
4
Un vent théoriquement non perturbé traverserait cette même surface S sans diminution de
vitesse, soit à la vitesse V1, la puissance Pmt correspondante serait alors :
Pmt = ρ ⋅ S ⋅ V1 / 2
3
(1.8)
Le ratio entre la puissance extraite du vent et la puissance totale théoriquement disponible
est:
2
V ⎛V ⎞
(1 + 1 ) ⋅ (1 − ⎜⎜ 1 ⎟⎟ )
Paero
=
V2 ⎝ V2 ⎠ = Cp (1.9)
Pmt 2
Si on représente la caractéristique correspondante à l'équation (1.9), on s'aperçoit que le
Paero
ratio appelé aussi coefficient de puissance Cp présente un maximum pour
Pmt
V1 16
= qui égale à 0,59 (Figure 1.6). Cette limite n'est en réalité jamais atteinte et chaque
V 2 27
éolienne est définie expérimentalement par son propre coefficient de puissance exprimé en
fonction de la vitesse relative λ représentant le rapport entre la vitesse de l'extrémité des pales
de l'éolienne et la vitesse du vent.
Paero
Pmt
Les éoliennes à marche lente sont munies d'un grand nombre de pales (entre 20 et 40), leur
inertie importante impose en général une limitation du diamètre à environ 8 m. Leur
coefficient de puissance (Figure 1.7) atteint rapidement sa valeur maximale lors de la montée
en vitesse mais décroît également rapidement par la suite. Les éoliennes à marche rapide sont
beaucoup plus répandues et pratiquement toutes dédiées à la production d'énergie électrique.
Elles possèdent généralement entre 1 et 3 pales fixes ou orientables pour contrôler la vitesse
de rotation. Les pales peuvent atteindre des longueurs de 45 m pour des éoliennes de plusieurs
mégawatts [5].
Les éoliennes tripales sont les plus répandues car elles représentent un compromis entre les
vibrations causées par la rotation et le coût de l'aérogénérateur. De plus, leur coefficient de
puissance (Figure 1.7) atteint des valeurs élevées et décroît lentement lorsque la vitesse
augmente.
En combinant les équations (1.8) et (1.9), la puissance mécanique Paero disponible sur
Avec :
Ω turbine ⋅ R Ω mec ⋅ R
λ= = (1.11)
V1 G ⋅ V1
P3
P2
P1
La vitesse de rotation des pales de l’aérogénérateur ne doit pas dépasser une vitesse
maximale car cela pourrait endommager le dispositif de conversion. Différentes méthodes de
régulation de la vitesse existent, parmi lesquelles certaines sont basées sur le principe de
l’orientation des pales, d’autres sont plus simples et utilisent le principe de décrochage
aérodynamique afin de réguler la vitesse. Les méthodes précédemment citées sont expliquées
dans ce qui suit :
C’est le système le plus simple et le moins coûteux car il se base sur le principe de
limitation naturelle (intrinsèque à la forme de la pale) dit "stall". Il utilise le phénomène de
décrochage aérodynamique. Lorsque l’angle d’incidence i devient important, c’est à dire
lorsque la vitesse du vent dépasse sa valeur nominale Vn , l’aspiration créée par le profil de la
pale n’est plus optimale ce qui entraîne des turbulences à la surface de la pale (Figure 1.9) et
par conséquent une baisse du coefficient de puissance. Ceci empêche alors une augmentation
de la vitesse de rotation [10].
Figure 1.9 - Flux d’air sur un profil de pale " stall ".
Figure 1.10 - Flux d’air sur un profil de pale " stall ".
Figure 1.11 - Flux d’air sur un profil de pale " stall ".
5. Conversion électromécanique
La production de l'énergie éolienne se base sur le principe de la conversion de l'énergie du
vent en énergie mécanique de rotation. Cela se fait grâce à la turbine à axe horizontal décrite
précédemment. La conversion de l'énergie mécanique en électrique implique une génératrice
couplée à la turbine.
Elle représente la configuration la plus répandue dans le monde. L'écoulement du vent dans
la turbine étant en constante fluctuation, ce type de machine offre la possibilité de travailler à
vitesse variable tout en respectant les contraintes de fréquence et de tension.
Le stator de cette machine est relié à une interface électronique composée d'un onduleur et
d'un redresseur permettant d'assurer la circulation du flux de puissance tout en ayant deux
fréquences différentes au stator et au réseau.
Contrairement aux machines asynchrones à cage ou aux machines synchrones qui sont
contraintes à fonctionner à la vitesse du synchronisme ou dans son voisinage, la MADA est
une machine dont la vitesse de fonctionnement est située sur une grande plage de variation.
Par cette caractéristique intéressante, la MADA connaît un succès grandissant dans le
domaine de la conversion électromécanique.
La MADA comme son nom l'indique est une machine doublement alimentée. Elle a le
surnom de « machine généralisée »vu sa flexibilité de fonctionnement. Grâce à l'accès au
rotor et via une interface électronique il est possible de contrôler la vitesse de rotation ainsi
que le facteur de puissance.
Nous verrons dans les paragraphes suivants comment une machine asynchrone à double
alimentation à rotor bobiné peut être transformée en génératrice à vitesse variable en
contrôlant l'écoulement de puissance entre le rotor et le réseau. Suivant les sens du transfert de
puissance entre le rotor et le réseau mais aussi entre celui-ci et le stator, la MADA devient
ainsi génératrice ou moteur. De plus, grâce à ce mécanisme, sa vitesse de rotation peut être
contrôlée. Les différents modes de fonctionnement de la MADA sont décrits ci-
dessous (Figure 1.12):
La puissance statorique est fournie par le réseau ainsi que la puissance de glissement. Les
machines à cage ne peuvent avoir ce type de fonctionnement car celui-ci ne peut être obtenu
qu’à l’aide d’un accès au rotor via un circuit électronique.
Il est évident qu’un moteur à cage ne peut avoir ce type de fonctionnement, car celui-ci n a
pas d’accès permettant un apport de puissance au rotor.
l’intermédiaire du rotor.
A travers nos lectures, nous avons distingué deux types de dispositifs utilisant la machine
asynchrone pour la production de l’énergie éolienne : Un dispositif tournant à vitesse fixe et
utilisant un moteur à cage et un autre dispositif tournant à vitesse variable. Ce dernier est
appelé communément machine asynchrone à double alimentation (MADA). Toutefois il est à
noter que dans le cadre de notre étude nous avons besoin d’une machine qui offre la plage de
variation de la vitesse la plus grande possible afin de maximiser le rendement. Pour cela notre
recherche s’est restreinte aux topologies utilisant des convertisseurs bidirectionnels. Nous
avons ainsi, pu distinguer plusieurs variantes se basant sur des architectures différentes
utilisant toutes une MADA pour la conversion électromécanique.
Cette machine est à double stator (Figure 1.13). Un bobinage transite la puissance il a une
grande section et est directement connecté au réseau. L’autre bobinage est de section moins
importante. Il est connecté à un onduleur pour contrôler les flux d’excitation. Le rotor dans
cette machine est à cage d’écureuil, cependant il a une structure différente de celle classique
en boucles concentriques [9].
La MADA à rotor bobiné est une machine qui a un stator identique aux machines
asynchrones classiques. Son rotor est bobiné en étoile dont l’accès se fait grâce à un contact
glissant. Le contrôle du fonctionnement de la machine se fait grâce à une fraction de la
puissance nominale circulant dans le rotor. Cela implique un convertisseur réduit et donc
moins coûteux. Il existe différents systèmes décrits ci-dessous :
Tel qu’il a été illustré dans la partie portant sur la conversion de l’énergie éolienne, il a été
montré que la puissance produite par la turbine dépend de sa vitesse de rotation et de la
vitesse du vent. Sachant que la cette dernière n’est guère constante dans la nature, une
utilisation à vitesse variable est imposée pour positionner le fonctionnement sur le point
optimale de production de la puissance (Figure 1.17).
6. Conclusion
La MADA devient une alternative à la machine synchrone ainsi qu’aux autres dispositifs de
productions d’énergie électrique dans les réseaux isolés mais aussi en tant que génératrice
d’appoint lors des pics de consommations. Car dans le cas des groupes électrogènes le
fonctionnement à vitesse variable permet de réduire la consommation du carburant [5].
Etant donné que la structure cherbius avec convertisseur MLI offre une simplicité de
fonctionnement et un faible coût de fabrication et de maintenance, nous nous baserons sur
cette dernière dans la suite de notre travail.
Chapitre 2
1. Introduction
Nous avons vu dans le chapitre précédent que pour tirer le maximum de puissance éolienne,
la génératrice doit fonctionner à vitesse variable.
Pour cela il faut établir une stratégie de commande permettant d’atteindre un rapport
d’avance λ optimale. Une modélisation de la MADA est donc indispensable pour mettre en
place une commande adéquate et performante.
Dans cette optique la MADA sera pilotée par les tensions rotoriques afin de nous permettre
de maîtriser les puissances produites tant au niveau actif que réactif, ceci sera très utile pour la
gestion de l’éolienne.
2. Modélisation de la MADA
2.1. Hypothèses
La machine asynchrone comprend une répartition des enroulements et une géométrie très
complexe. Par conséquent, pour une analyse tenant compte de sa configuration exacte il est
nécessaire d’adopter des hypothèses simplificatrices [9].
On suppose les circuits magnétiques non saturés. Les relations entre les flux et les
courants sont d’ordre linéaire.
On considère une densité de courant uniforme dans la section des conducteurs
élémentaires, l’effet de peau est donc négligé.
Le phénomène d’hystérésis et les courants de Foucault sont négligés.
Les enroulements statoriques et rotoriques sont symétriques et la f.m.m est distribuée
sinusoïdalement le long de la périphérie des deux armatures.
On ne tient compte que du premier harmonique d’espace de distribution de force
magnétomotrice de chaque phase du stator et du rotor. L’entrefer est d’épaisseur
uniforme (constant), les inductances propres sont constantes. Les inductances
mutuelles sont des fonctions sinusoïdales de l’angle entre les axes des enroulements
rotoriques et statoriques.
Les équations des tensions statoriques, peuvent être exprimées, en utilisant la notation
matricielle, par :
⎡Φ ar ⎤ ⎡ Rs 0 0⎤ ⎡ Rr 0 0⎤
[Φ r ] = ⎢⎢Φ br ⎥⎥ ; [Rs ] = ⎢⎢ 0 Rs 0 ⎥⎥ ; et [Rr ] = ⎢⎢ 0 Rr 0 ⎥⎥
⎢⎣Φ cr ⎥⎦ ⎢⎣ 0 0 Rs ⎥⎦ ⎢⎣ 0 0 Rr ⎥⎦
Les flux statoriques et rotoriques instantanés par phase, sont donnés par :
[Φ s ] = [Lss ]⋅ [I s ] + [M sr ] ⋅ [I r ] (2.3)
[Φ r ] = [Lrr ] ⋅ [I r ] + [M sr ]t ⋅ [I s ] (2.4)
⎡ ls Ms Ms⎤ ⎡ lr Mr Mr ⎤
Tel que : [Lss ] = ⎢⎢ M s ls M s ⎥⎥ ; [Lrr ] = ⎢⎢ M r lr M r ⎥⎥
⎢⎣ M s Ms l s ⎥⎦ ⎢⎣ M r Mr l r ⎥⎦
En remplacent les relations (2.3) et (2.4) dans, respectivement les relations (2.1) et (2.2),
nous obtenons les deux expressions suivantes :
B Iq q
Vq
Vb
θ
Va
d
Vb Id
Vas A
Vc
Vd
Vcs
C
⎡ 2π 2π ⎤
⎢ cos(θ s ) cos(θ s −
3
) cos(θ s + )
3 ⎥
⎢ ⎥
[P(θ s )] = c ⋅ ⎢− sin(θ s ) − sin(θ s − 2π ) − sin(θ s + 2π )⎥ (2.7)
⎢ 3 3 ⎥
⎢ 1 1 1 ⎥
⎢ ⎥
⎣ 2 2 2 ⎦
2
Dans le cas de la conservation de la puissance nous avons c= [10].
3
Il est noté par θs (resp. par θr) l'angle de la transformation de Park des grandeurs
La transformation de Park aboutit à une relation liant les angles θs et θr, celle-ci s’exprime
par :
θ + θr = θs (2.8)
[Φ ] = [P(θ )]⋅ [L ]⋅ [P
sdq s ss
−1
][ ] [ ][ ]
(θ s ) ⋅ I sdq + [P (θ s )] ⋅ [M sr ] ⋅ P −1 (θ r ) ⋅ I rdq (2.12)
Parmi les différentes méthodes qui nous permettent d’exprimer l’équation du couple
électromagnétique, deux méthodes sont distinguées. La méthode des travaux virtuels [11], et
la méthode du bilan des puissances instantanées. Ainsi grâce à cette dernière, nous pouvons
avoir plusieurs expressions scalaires du couple électromagnétique toutes égales :
⎧C e = P ⋅ (Φ qr ⋅ I dr − Φ dr ⋅ I qr )
⎪
⎪C e = P ⋅ (Φ ds ⋅ I qs − Φ qs ⋅ I ds )
⎪
⎨C e = P ⋅ Lm ⋅ ( I dr ⋅ I qs − I ds ⋅ I qr ) (2.17)
⎪
⎪C Lm
= P⋅ (Φ dr ⋅ I qs − Φ qr ⋅ I ds )
⎪⎩ e Lr
Il a été montré dans le premier chapitre que l’utilité de la MADA est de permettre le
fonctionnement à vitesse variable, ceci est nécessaire pour extraire le maximum de puissance
à partir du vent et ainsi augmenter le rendement de la machine.
Le référentiel diphasé choisi est celui lié au champ tournant. L’avantage d’utiliser ce
référentiel est d’avoir des grandeurs constantes en régime permanant [11]. Il est alors plus aisé
d’en faire la régulation. Afin de simplifier la commande de la machine, le vecteur flux
statorique Φ s est aligné avec l’axe « d » du repère diphasé (Figure 2.3), d’où :
Φ ds = Φ s (2.18)
Φ qs = 0 (2.19)
Φs
Dans l’hypothèse ou le réseau auquel est connecté la MADA est stable, le flux Φ ds devient
alors constant. Le choix de ce repère rend le couple électromagnétique produit par la machine
et par conséquent la puissance active uniquement dépendant du courant rotorique d’axe q.
Dans le repère triphasé les tensions statoriques s’expriment par l’expression (2.1):
[Vs ] = [Rs ]⋅ [I s ] + d [Φ s ]
dt
Rs Étant négligeable pour les machines de forte puissance utilisées dans les turbines
éoliennes [13], l’expression de la tension statorique devient alors :
dΦ s
Vs ≅ (2.21)
dt
Dans le même référentiel et dans l’hypothèse où le flux statorique est constant grâce à une
alimentation par un réseau stable [3], [5], [6], [13], [19], les équations des tensions
s’exprimeront par :
⎧Vds = 0
⎨ (2.22)
⎩V qs= Vs = ω s Φ s
En utilisant les simplifications précédentes, les équations des flux s’exprimeront comme
suit :
⎧⎪Φ s = Ls I ds + MI dr
⎨ (2.23)
⎪⎩0 = Ls I qs + MI qr
A partir des équations des composantes directes et quadrature du flux statorique (2.23), nous
pouvons écrire les équations liant les courants statoriques aux courants rotoriques comme
suit :
⎧ Φs M
⎪ I ds = L − L I dr
⎪ s s
⎨ (2.24)
⎪I = − M I
⎪⎩ qs Ls
qr
Dans un repère diphasé quelconque les puissances actives et réactives sont exprimées par :
⎧⎪ P = Vds I ds + Vqs I qs
⎨ (2.25)
⎪⎩Q = Vqs I ds − Vds I qs
L’application des hypothèses choisies ainsi que le système d’axes nous permet d’établir la
simplification suivante :
⎧ P = Vs I qs
⎨ (2.26)
⎩Q = Vs I ds
⎧ M
⎪ P = −Vs L I qr
⎪ s
⎨ (2.27)
Φ
⎪Q = s s − Vs M I
V
⎪⎩ Ls Ls
dr
Les flux rotoriques s’expriment en fonction des courants rotoriques, après avoir remplacé
les courants statoriques par leur expression, da la façon suivante :
⎧ ⎛ M2 ⎞ MVs
Φ = ⎜
⎪ dr ⎜ rL − ⎟⎟ ⋅ I dr +
⎪ ⎝ Ls ⎠ ω s Ls
⎨ (2.30)
⎪Φ = ⎛⎜ L − M ⎞⎟ ⋅ I
2
⎪ qr ⎜ r L ⎟ qr
⎩ ⎝ s ⎠
⎪ qr r qr ⎜ r L ⎟ dt s⎜ r
Ls ⎟⎠
dr s
ω s Ls
⎩ ⎝ s ⎠ ⎝
En régime permanent, les termes faisant intervenir les dérivées des courants rotoriques
diphasés disparaissent, nous pouvons donc écrire :
⎧ ⎛ M2⎞
⎪ dr
V = R I − g ω ⎜ L
s⎜ r − ⎟ ⋅ I qr
Ls ⎟⎠
r dr
⎪ ⎝
⎨ (2.32)
⎪V = R I + gω ⎛⎜ L − M ⎞⎟ ⋅ I + gω MVs
2
s⎜ r
⎪ qr Ls ⎟⎠ ω s Ls
r qr dr s
⎩ ⎝
L’étude précédemment établie nous permet de définir le schéma bloc du système à réguler
(Figure 2.4).
Les tensions rotoriques diphasées sont les grandeurs à imposer pour contrôler les courants
rotoriques. Vdr et Vqr sont ainsi considérés comme des variables de commande qui sont
générées par le bloc de contrôle à flux orienté (Figure 2.5) et les courants rotoriques I dr et I qr
comme des variables d’état. Les tensions rotoriques sont ainsi fonction des grandeurs de
consigne Pref et Qref .
Il est à noter que les puissances et les tensions sont liées par une fonction de transfert du
premier ordre. Du fait du faible couplage entre les axes d et q (glissement faible) il est
possible d’établir aisément une commande pour ce système. Ainsi les deux axes pourront être
commandés séparément avec leurs propres régulateurs.
Cette commande utilisant les puissances actives et réactives comme des consignes est
appelée « Commande en P et Q ».
Afin d’aligner le flux sur l’axe d, il suffit de retrancher de la phase des tensions statoriques
L’angle θ m étant celui que forme le rotor avec le stator, l’angle θ 2 nécessaire aux
Dans le souci de simplifier la synthèse des régulateurs, un certain nombre d’hypothèses ont
été émises. Ceci dans le but de linéariser et de simplifier le modèle de la MADA (Figure 2.7).
• La première simplification consiste à considérer que la dynamique des onduleurs
est très rapide par rapport à celle de la MADA. Le modèle de l’onduleur est réduit
à son gain statique K ond réduisant ainsi l’ordre du système :
Il est à noter que d’autres configurations (Sans prise en compte des hypothèses
simplificatrices) telles que la linéarisation autour d’un point de fonctionnement existent mais
les performances obtenues ne sont meilleures qu’avec le modèle simplifié [13].
Le découplage entre ces axes étant considéré total, la régulation sera indépendante pour
chacune des puissances active et réactive. Concernant la synthèse des régulateurs celle-ci sera
détaillée dans un chapitre ultérieur.
Cette méthode consiste à estimer les valeurs des tensions rotoriques à partir des valeurs des
puissances actives et réactives. Ainsi, les courants rotoriques seront régulés indirectement.
Cette démarche aboutit à un modèle qui correspond à celui de la MADA mais dans le sens
inverse [3].
A partir du bloc de commande nous pouvons élaborer deux structures, l’une utilise une
boucle régulant le courant, et l’autre se base sur la première en lui ajoutant une boucle
régulant les puissances.
Ls
−
Pref MVs I qr _ ref
Vs2
L s ws
Qref L I dr _ ref
− s
MVs
Figure 2.10 – Bloc de génération des courants de référence à partir des puissances de
consigne.
MVs
g
Ls
Iqr_ref Rr
V qr _ ref
⎛ M2 ⎞
gωs ⎜⎜ L r − ⎟⎟
⎝ Ls ⎠
⎛ M2 ⎞
gωs ⎜⎜ L r − ⎟
⎝ Ls ⎟⎠
Cette commande consiste à réguler les courants par une boucle dans chaque axe. Les
consignes de régulation sont déduites à partir des valeurs de références telles qu’illustrées
dans la (figure 2.12)
Les régulateurs de cette structure sont calculés de la même façon que pour la commande
directe. Ils sont identiques pour chaque axe.
MVs
g
Ls
Ls
Pref
−
MVs Rr
Vqr _ ref
⎛ M2⎞
Iqr g ω s ⎜⎜ L r − ⎟
⎝ Ls ⎟⎠
⎛ M2⎞
Idr g ω s ⎜⎜ L r − ⎟
⎝ L s ⎟⎠
Ls
Q ref −
MVs Rr
Vdr _ ref
Vs2
Lsωs
Ce type de structure (Figure 1.13) est composé de deux boucles, la première est celle du
courant tel qu’effectuée dans la section précédente, et la deuxième boucle est celle des
puissances. Ainsi on aboutit à une régulation de la puissance à partir de consignes que l’on
impose.
Les gains des régulateurs de courants sont établis de la même manière que précédemment.
Les régulateurs intervenants dans la boucle de puissance sont de type proportionnel intégral,
car celui-ci offre des résultats suffisamment probants. Ces derniers seront illustrés dans le
troisième chapitre.
MVs
g
Ls
Pmes
Ls
− Rr
Pref
MVs Vqr _ ref
⎛ M ⎞
2
I qr g ω s ⎜⎜ L r − ⎟
⎝ Ls ⎟⎠
⎛ M2⎞
I dr g ω s ⎜⎜ L r − ⎟
⎝ Ls ⎟⎠
Ls
Vdr _ ref
− Rr
MVs
Q ref
Qmes Vs2
Lsωs
5. Conclusion
Dans le but d’établir une commande vectorielle en P et Q, un modèle adéquat a été établi.
Celui-ci permet le contrôle des puissances active et réactive statoriques à travers la régulation
des tensions rotoriques.
Ainsi, trois modes de contrôle ont été réalisés .Un mode direct dans lequel les puissances
sont mesurées et comparées à leurs références. Un autre indirect où les courants rotoriques
sont utilisés pour commander les puissances. Un troisième a pour rôle d’améliorer le suivi de
consigne de la commande précédente en y ajoutant une boucle de puissance.
Chapitre 3
1. Introduction
Une simulation des différentes combinaisons liant les modes de contrôle et les régulateurs
étudiés sera effectuée. Ainsi il sera aisé de les comparer en terme de poursuite de trajectoire,
de sensibilité aux perturbations et de robustesse.
Tel qu’il a été expliqué dans le chapitre précédent, la synthèse des régulateurs est la même
pour chaque type de structures (directe et indirecte) (Figures 3.1 et 3.2). Pour éviter toute
répétition une même étude sera effectuée. Celle-ci est valable pour chaque commande utilisée
dans cet exposé. Ainsi trois types de régulateurs (PI, IP, RST) seront étudiés, cela sera la base
théorique de la simulation dont les résultats seront exposés dans une section ultérieure. Dans
le cas de la boucle externe de la commande indirecte, celle-ci est réalisée grâce à un
régulateur PI. Sa synthèse suivra la même démarche que celle de la boucle interne.
Réseau
(θ )
V dr Vra
Pref R Vrb
Pmes
MADA
−1
Vrc
Qref R Vqr
P
Qmes
θ r
Système interne
Pmes Qmes
Réseau
Estimation des
Compensation
P − 1 (θ )
Idr _ ref V dr Vra
courants de
R1 R2
référence
Pref
Pmes Vrb
I dr _ mes MADA
Iqr_ref Vrc
Qref R1 R2 Vqr
Qmes Iqr _ mes
θr
Système interne
2.1. Régulateurs PI
Dans un premier temps une commande à base de régulateurs PI sera réalisée. Cette dernière
en étant simple et rapide à mettre en œuvre, procure l’avantage d’avoir des performances
acceptables.
Comme il a été illustré dans les paragraphes précédents, chaque axe comprend un régulateur
Ki
de type PI dont la fonction de transfert est de la forme K p + . Nous avons donc un système
p
bouclé et corrigé par le régulateur précédemment cité (Figure 3.3).
MVs
Yref
K
K p+ i ⎛ M2 ⎞ Y
p Ls Rr + p⎜⎜ Lr − ⎟⎟
⎝ Ls ⎠
La méthode de compensation des pôles est celle choisie pour la synthèse des régulateurs [5].
Ainsi nous aurons l’égalité suivante :
Ki Ls ⋅ Rr
= (3.2)
Kp ⎛ M2⎞
Ls ⋅ ⎜⎜ Lr − ⎟
⎝ Ls ⎟⎠
Il est à noter que la compensation des pôles n’a d’intérêt que si les paramètres de la machine
sont connus avec une certaine précision car les gains des correcteurs en dépendent
directement. Dans le cas contraire la régulation sera défaillante.
Le temps de réponse τ r sera choisi lors de la simulation afin d’offrir le meilleur compromis
entre performances et rapidité. D’autant plus qu’une valeur non adaptée causerait des
perturbations lors des régimes transitoires et provoquerait des dépassements et des instabilités
indésirables [3].
Ainsi, les gains des correcteurs seront exprimés en fonction des paramètres de la machine
comme suit :
⎧ ⎛ M2 ⎞
⎪ L ⎜ L
s⎜ r − ⎟
⎪⎪ K = 1 ⋅ ⎝ Ls ⎟⎠
⎨
p
τr MVs (3.5)
⎪
⎪ K i = 1 ⋅ Rr Ls
⎪⎩ τ r MVs
Il est clair que la méthode de la compensation des pôles n’est pas la seule alternative
permettant la synthèse des régulateurs PI. Toutefois cette méthode procure l’avantage d’être
rapide à mettre en œuvre sur une fonction de premier ordre [5].
2.2. Régulateurs IP
Dans cette partie seront utilisés des régulateurs IP. Ces derniers sont analogues aux
régulateurs PI sauf que les actions proportionnelles et intégrales sont mises en série
contrairement aux régulateurs PI ou ces actions sont mises en parallèle (Figures 3.4 et 3.5)
[14].
Yref I P FT Y
I
Yref FT Y
P
MVs
Yref
Ki
Kp ⎛ M2 ⎞ Y
p Ls Rr + p⎜⎜ Lr − ⎟⎟
⎝ Ls ⎠
Tel que :
⎧ MVs
⎪A = L L − M 2
⎪ s r
⎨ (3.7)
⎪ B = Ls Rr
⎪⎩ Ls Lr − M 2
Un régulateur de type RST est polynomial, il est considéré comme une alternative aux
régulateurs PI [5]. L’utilisation de ce type de régulateurs permet un meilleur compromis entre
rapidité et performance. Les éléments R, S et T intervenant dans ce type de régulation sont
des polynômes dont le degré est fixé suivant les fonctions de transfert de poursuite et de
régulation en boucle ouverte.
Ces polynômes sont calculés à l’aide d’une stratégie de placement de pôles robustes [6].
Cette stratégie permet le réglage des performances de l’asservissement à l’aide de deux
paramètres de synthèse ( Tc et T f ). Ces paramètres sont respectivement les horizons de
commande et de filtrage à partir desquels sera défini le placement des pôles de la fonction de
transfert en boucle fermée [16].
γ
T
Yref
S
FT Y
R
S
Figure 3.7 – Schéma bloc d’un système régulé par RST
Dans le cas de la machine asynchrone à double alimentation traitée dans cette étude les
termes A et B s’expriment par :
⎧ ⎛ M2⎞
⎪ A = Ls Rr + pLs ⎜⎜ Lr − ⎟
⎨ ⎝ Ls ⎟⎠ (3.11)
⎪ B = MV
⎩ s
Tel qu’illustrée dans la figure (3.7) la fonction de transfert du système en boucle ouverte
s’écrit sous la forme suivante :
BT BS
Y= Yref + γ (3.12)
AS + BR AS + BR
⎪⎩S = s 2 p 2 + s1 p + s0
rôle d’accélérer le système, il est n fois supérieur au pôle du polynôme A. Pour accroître la
robustesse de la régulation, les horizons doivent être déséquilibrés. Nous choisissons Tc
Afin que la perturbation soit rejetée, il est nécessaire que S(0) soit nul [5] d’où
s0 = 0 (3.16)
⎛ d 3 ⎞ ⎛ a1 0 0 0 ⎞⎛ s2 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟⎜ ⎟
⎜ d2 ⎟ ⎜ 0 a1 0 0 ⎟⎜ s1 ⎟
⎜d ⎟ = ⎜ 0 a0 b0 0 ⎟⎜ r1 ⎟
(3.17)
⎜ 1⎟ ⎜ ⎟⎜ ⎟
⎜d ⎟ ⎜ 0 0 0 b0 ⎟⎠⎜⎝ r0 ⎟⎠
⎝ 0⎠ ⎝
Y
Ce type de régulation ayant pour but d’égaler la sortie à la référence ( = 1 ) en régime
Yref
permanent, un choix doit être fait sur la valeur de T. Celui-ci doit vérifier
la relation suivante [5] :
T = R (0) (3.18)
Nous avons ainsi toutes les valeurs des coéfficients des polynômes constituants la régulation
RST.
Bien que ce type de régulation offre l’avantage d’améliorer la qualité du filtrage et un rejet
des perturbations, nous avons un impact peu explicite des paramètres de synthèses sur les
performances de l’asservissement mais aussi un ordre élevé des régulateurs utilisés.
Dans ce qui suit nous allons étudier les performances des différentes structures de
commande ainsi que les différents types de régulateurs cités précédemment. La MADA sera
connectée à un onduleur à deux niveaux qui est alimenté par une tension parfaitement
constante. Cette analyse sera réalisée par simulation sur le logiciel MATLAB – SIMULINK.
Plusieurs essais de performance et de robustesse seront établis. Afin d’étudier la viabilité des
commandes précédemment réalisées, une comparaison sera naturellement effectuée pour
déterminer la configuration la plus adéquate pour une application dans le domaine éolien.
Cet essai consiste à réaliser des échelons de puissances actives et réactives tout en
maintenant une vitesse d’entraînement de la MADA constante.
¾ à t=1,5 s : échelon de puissance réactive (Qref passe de 1000 VAR à -1000 VAR)
¾ Uc=800V
¾ f p =1000 Hz
Les résultats de la simulation (Figures 3.8 à 3.12) présentent les différentes courbes des
courants obtenues par la commande des puissances actives et réactives générées au niveau du
stator de la MADA. Cette commande permet de découpler les expressions des puissances
actives et réactives statoriques ou autrement dit celle du couple et du flux.
donc la puissance active. La composante directe contrôle le flux et donc la puissance réactive
transitée entre le stator et le réseau. Cela est constaté lors des variations des composantes
directes et quadrature des courants rotoriques qui sont respectivement les images des
puissances réactives et actives.
En ce qui concerne le courant statorique, il est à noter que celui-ci a une forme quasi
sinusoïdale pour les commandes indirectes avec régulateurs PI et IP, et donc pas
d’harmoniques dans le stator qui peuvent causer des pertes fer supplémentaires. Quant aux
autres configurations le courant reste pollué et donc nuisible au rendement de la machine.
Il est toutefois utile de noter que les composantes symétriques des courant rotoriques liés
aux commandes « directe » et « indirecte en boucle fermée » utilisant respectivement les
régulateurs PI et IP, oscillent avec une amplitude importante. Ceci nuit dangereusement au
bobinage rotorique car le courant dans ce dernier atteint des proportions interdites. Ainsi à
cause de ce constat, ces modes de contrôle associés aux régulateurs précédemment cités
seront écartés pour une application expérimentale.
D irec te/ Is (A )
20
0 0
0
20 20 20
In direc te B O / Is (A )
0 0 0
20 20 20
Ind irec te B F / Is (A )
0 0 0
0 0 0
-10 -5 -10
0.5 0.51 0.52 0.53 0.54 0.5 0.51 0.52 0.53 0.54 0.5 0.51 0.52 0.53 0.54
5 5 10
Indirec te B O/ Is (A )
0 0 0
-5 -5 -10
0.5 0.51 0.52 0.53 0.54 0.5 0.51 0.52 0.53 0.54 0.5 0.51 0.52 0.53 0.54
5 5 10
Indirec te B F/ Is (A )
0 0 0
-5 -5 -10
0.5 0.51 0.52 0.53 0.54 0.5 0.51 0.52 0.53 0.54 0.5 0.51 0.52 0.53 0.54
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
Figure 3.9 - Courant d’une phase statorique (Teste de suivi de consigne avec
zoom).
20 20 20
D ire c te / Ir(A )
0 0 0
20 20 20
In d ire c te B O / Ir(A )
0 0 0
20
In d ire c te B F / Ir(A )
20 20
0 0 0
-20 -20
-20
0.5 1 1.5 2 0.5 1 1.5 2 0.5 1 1.5 2
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
20 20 20
10 10 10
0 0 0
10 10 10
0 0 0
-10 -10
-10
10 10 10
0 0 0
-10 -10
-10
-20 -20
-20
0.5 1 1.5 2 0.5 1 1.5 2 0.5 1 1.5 2
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
D ire c te / I q r(A )
20 20 20
0 0 0
20 20 20
In d ire c te B O / Iq r(A )
0 0 0
20 20 20
In d ire c te B F / I q r(A )
0 0 0
En ce qui concerne le découplage entre les axes directs et quadratures, il est à noter que
celui-ci n’apparaît pas dans le graphe de la puissance active. Cependant dans celui de la
puissance réactive l’influence de l’échelon de P y est visible. Néanmoins cette influence est
moins conséquente dans la commande indirecte et encore plus dans celle avec une boucle de
puissance. Aussi, il est constaté dans le cas de la commande indirecte que l’échelon de P est
accompagné d’une erreur statique dans le suivi de consigne de la puissance réactive. Cette
erreur est essentiellement due à la non considération de la résistance statorique dans
l’estimation des courants rotoriques à partir desquels sont calculées les références des tensions
rotoriques. Cet effet indésirable est atténué grâce au bouclage des puissances annulant ainsi la
différence entre référence et grandeurs mesurées.
Les régulateurs IP apparaissent être équivalents aux régulateurs PI sur le plan du suivi de
consignes. Néanmoins, il y apparaît un dépassement plus important celui-ci est atténué grâce
au bouclage de la puissance. Le couplage y est plus visible sauf pour la commande directe qui
semble mieux résister à l’échelon de P par rapport aux autres régulateurs.
Tel que constaté avec les régulateurs PI une erreur statique apparaît dans la mesure de la
puissance réactive lors de la diminution de la puissance active. Ceci est aussi du à la non prise
en compte des résistances statoriques dans l’estimation des courants rotoriques.
Dans le cas des régulateurs RST l’amplitude des oscillations autour de la valeur de référence
reste importante. Ceci est dû à la machine utilisée lors de la simulation dont la résistance
statorique n’est pas négligeable. Ce phénomène peut être atténuée en utilisant des
convertisseurs multi niveaux.
0 0 0
0 0 0
D ire c te / Q s (V A R )
2000 2000 2000
0 0 0
0 0 0
0 0 0
3.2. Performances
Cet essai nous permet de vérifier dans quelles mesures les puissances suivent leurs
consignes lorsque la vitesse de rotation de la machine varie brusquement.
A travers les résultats obtenus (Figures 3.115 et 3.16) il est constaté que la machine réagit
différemment aux perturbations de vitesse d’entraînement suivant la commande utilisée.
Celle-ci a d’autant plus d’effet pour la commande directe, que pour la commande indirecte
pour laquelle l’effet de la perturbation est moins important. Il l’est particulièrement pour la
commande à boucle de puissance fermée, car la perturbation est pratiquement annulée avec ce
type de commande. Il est constaté dans le cas de la commande directe que les régulateurs IP
rejettent plus efficacement les effets de la perturbation de la vitesse. Néanmoins, dans le cas
de la commande indirecte les régulateurs PI et RST donnent des résultats probants.
Direc te/ Qs (V A R)
2000 2000 2000
0 0 0
0 0 0
0 0 0
3.3. Robustesse
Cet essai consiste à faire varier les paramètres du modèle de la machine et de voir si la
régulation reste dans les limites des contraintes fixées par le cahier des charges. Cette étude
est très importante car dans un système réel les paramètres de la machine sont soumis à des
variations causées par différents phénomènes physiques (Saturation et échauffement).
Ajoutons à cela que l’identification de ces paramètres est astreinte à des imprécisions dues à
la méthode employée ou aux appareils de mesure.
Dans cette optique plusieurs essais de simulation seront réalisés. Ces essais consistent à
varier chaque paramètre de la machine indépendamment des autres. Ceci nous permettra de
cibler la grandeur pour laquelle les commandes précédemment établies ne sont pas robustes.
Ainsi cette démarche nous incitera à prendre les précautions nécessaires pour le maintien de la
grandeur précédemment citée mais aussi l’amélioration de la précision de sa mesure.
[Link]. Essai 1:
¾ à t=1.5 s : échelon de puissance réactive (Qref passe de 1000 VAR à -1000 VAR).
¾ à t=1 s : échelon de puissance active (Pref passe de 1000 W à -4000W).
¾ La résistance statorique augmente de 50% sans variation des autres paramètres.
[Link]. Essai 2 :
¾ à t=1 s : échelon de puissance réactive (Qref passe de 1000 VAR à -1000 VAR).
¾ à t=1,5 s : échelon de puissance active (Pref passe de 1000 W à -4000W).
¾ La résistance rotorique augmente de 50% sans variation des autres paramètres.
[Link]. Essai 3 :
¾ à t=1 s : échelon de puissance réactive (Qref passe de 1000 VAR à -1000 VAR).
¾ à t=1,5 s : échelon de puissance active (Pref passe de 1000 W à -4000W).
¾ Les inductances diminuent de 50% sans variation des autres paramètres.
Lors des variations des résistances statoriques et rotoriques (Figures 3.17 à 3.20), nous
n’avons constaté aucun effet sur le suivi des consignes. Cependant, dans le cas des régulateurs
IP, il est à remarquer que la commande directe devient instable avec une énergie réactive
négative. Ceci est observé à partir de t=1.5 s quand Q passe de 1000 VAR à -1000 VAR. Ce
passage est accompagné de l’augmentation des oscillations autour de la référence.
Direc te/ P s (W )
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
Direc te/ P s (W )
0 0 0
0 0 0
-2000 -2000 -2000
-4000 -4000 -4000
-6000 -6000 -6000
-8000 -8000 -8000
0.5 1 1.5 2 0.5 1 1.5 2 0.5 1 1.5 2
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
Dans le cas de la variation des inductances (Figures 3.21 et 3.22), une erreur statique
apparaît dans le suivi de consignes de la puissance réactive lors de l’utilisation de la
commande indirecte en boucle de puissance ouverte. Celle-ci est due au changement des
inductances qui fausse l’estimation du courant rotorique à partir des puissances de référence.
Cette erreur apparaît dans l’énergie réactive et non dans l’énergie active en raison du
changement avec la même proportion de l’inductance cyclique mutuelle et de l’inductance
cyclique statorique.
Ls
Ce changement garde le rapport ( ) constant et par conséquent n’a pas d’influence sur
MVs
le résultat de la relation (2.27) qui estime Iqr à partir de Pref. Si le changement n’avait pas été
Ls
réalisé avec la même proportion, le rapport ( ) aurait été modifié et donc l’estimation de
MVs
Iqr aurait été faussée.
Il est bon à noter qu’en raison des relations qui lient les différentes inductances, il a été
nécessaire de procéder à leur diminution de manière identique.
Pour palier au phénomène de l’apparition de l’erreur statique avec la variation des
inductances, le bouclage de la puissance s’avère une solution robuste et efficace. La
commande directe offre aussi une robustesse avérée, cependant elle possède des
inconvénients tels que la fragilité devant les perturbations et le couplage très visible entre les
axes directs et quadrature qui la marginalisent au profit de la commande indirecte.
D irec te/ P s (W )
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
4. Conclusion
Bien que le mode direct offre une simplicité de mise en œuvre avec des résultats
convenables, le mode indirect justifie sa supériorité par la possibilité de contrôler les courants
et de les limiter afin de protéger le bobinage rotorique de la machine.
C’est pourquoi, ce mode sera retenu pour la suite de nos travaux. Le régulateur IP étant le
plus adapté en terme de performance et de simplicité de réalisation. Il va être choisi pour
commander l’éolienne qui est constituée d’une MADA, d’une cascade redresseur -bus
continu- onduleur et d’une turbine.
Enfin, il est à noter que la MADA est capable de fournir de l’énergie réactive et donc de
compenser le déficit du réseau de cette même énergie.
Chapitre 4
1. Introduction
Dans ce chapitre, nous allons traiter l’alimentation continue de l’onduleur de tension. Ceci
comprendra son maintien à la valeur désirée et la limitation des harmoniques injectées dans le
réseau par l’utilisation d’un redresseur commandé par la technique MLI à hystérésis.
L’ensemble composé du redresseur, du bus continu et de l’onduleur formera la cascade qui
sera la liaison entre le rotor et le réseau.
Il est à noter que le redresseur ne peut être connecté directement au réseau car la tension de
ce dernier ne permet pas d’atteindre la tension de fonctionnement du bus continu. Pour cette
raison un transformateur sera utilisé. De plus un filtre fera la liaison entre le redresseur et le
transformateur pour limiter les harmoniques d’ordre supérieur et ainsi diminuer les pertes fer
dans la MADA et le transformateur.
2. Description du montage
Tel que décrit dans la section précédente l’onduleur alimentant le rotor de la MADA doit
être lui-même alimenté par une tension continue. Ceci est assuré par un redresseur de tension
liant le réseau à l’onduleur. La cascade (Figure 4.1) ainsi formée comporte deux
convertisseurs à MLI. L’utilisation de ce type de convertisseurs permet d’obtenir des signaux
dont la modularité permet de limiter les perturbations [16].
Transformateur
Vdc Rf Lf
Rf Lf
MADA Rf Lf
Figure 4.1 – Principe de la cascade basée sur une machine asynchrone à double
alimentation.
Les deux convertisseurs interposés entre le rotor et le réseau sont à deux niveaux.
Commandés par MLI, ils sont bidirectionnels en puissance donc répondant aux exigences de
ce type d’application. Le convertisseur coté réseau aura le même modèle que celui de
l’onduleur tel que décrit précédemment. Néanmoins les signaux de commande seront
déterminés en faisant un asservissement de la tension du bus continu.
Il est à noter que le redresseur à MLI a le même principe de fonctionnement qu’un hacheur
élévateur. Sa tension de sortie est toujours supérieure à celle d’entrée, d’où la nécessité
d’avoir une tension du bus continu supérieure à la valeur crête des tensions composées du
réseau [17].
Après avoir repousser les harmoniques générées par le redresseur vers un rang supérieur
grâce à la technique MLI, celles-ci doivent être atténuées grâce à un filtre liant le réseau au
redresseur. Ce filtre étant passe bas, la qualité du réseau sera améliorée en y atténuant les
harmoniques supérieurs.
3. Onduleur de tension
La symétrie des onduleurs à deux niveaux permet leur modélisation par bras. Après avoir
modéliser chaque couple transistor – diode par un seul interrupteur bidirectionnel « Si ». Il
S1 S2 S3
Vdc
S4 S5 S6
Va Vb Vc
Pour exprimer les tensions de lignes en fonction de la tension dans l’étage continu et de
l’état des commutateurs, les variables S a , Sb et Sc se doivent d’être définies en fonction de
Or, si on considère que les tensions sont équilibrées on peut déduire les expressions des
tensions en lignes par rapport aux tensions composées :
⎧Va = 1 ⋅ (U ab − U ca )
⎪ 3
⎪ 1 ⋅ (U bc − U cb )
⎨Vb = 3
(4.2)
⎪
⎪⎩Vc = 1 ⋅ (U ca − U bc )
3
Ainsi l’onduleur est pris en compte dans les simulations par l’intermédiaire de l’équation
classique suivante :
⎡Va ⎤ ⎡ 2 − 1 − 1⎤ ⎡ S a ⎤
⎢V ⎥ = Vdc ⎢− 1 2 − 1⎥ ⋅ ⎢ S ⎥ (4.3)
⎢ b⎥ 3 ⎢ ⎥ ⎢ b⎥
⎢⎣Vc ⎥⎦ ⎢⎣− 1 − 1 2 ⎥⎦ ⎢⎣ S c ⎥⎦
Etape 2 :
⎧Vk = Vdc ⇒ S k = 1
⎨ (4 .7)
⎩Vk = −Vdc ⇒ S k = 0
Nous pouvons ainsi, grâce à cette commande, avoir un système de tension équilibré direct
ou inverse. L’algorithme précédent nous servira à simuler l’onduleur de tension à deux
4. Redresseur de tension
Le redresseur a la même architecture que celle de l’onduleur précédemment établi. Son rôle
est de fournir de la tension continue à partir de la tension alternative du réseau. La commande
par MLI à hystérésis contrôle les courants injectés par ce convertisseur dans le réseau .Ainsi,
il est possible de contrôler non seulement la puissance active mais aussi la puissance réactive
permettant à ce type de redresseur de ne pas dégrader le facteur de puissance du réseau. En
outre, les formes d’ondes des courants alternatifs peuvent êtres sinusoïdales et ainsi repousser
les harmoniques vers des fréquences élevées.
Le convertisseur étant à deux niveau donc identique à l’onduleur étudié précédemment, son
modèle sera le même tel que :
⎡Va ⎤ ⎡ 2 − 1 − 1⎤ ⎡ S a ⎤
⎢V ⎥ = Vdc ⎢− 1 2 − 1⎥ ⋅ ⎢ S ⎥ (4.8)
⎢ b⎥ 3 ⎢ ⎥ ⎢ b⎥
⎢⎣Vc ⎥⎦ ⎢⎣− 1 − 1 2 ⎥⎦ ⎢⎣ S c ⎥⎦
Ce type de commande permet de fixer un courant de référence dans les lignes du réseau
électrique avec deux degrés de liberté, l’amplitude et la fréquence. Le principe de cette
stratégie est basé sur la commande des interrupteurs de telle sorte que les variations du
courant dans chaque phase soient limitées dans une bande encadrant les références des
courants. Ce contrôle se fait par une comparaison permanente entre les courants réels et les
courants de référence.
Si ε k ≤ − ΔI ⇒ S k = 1
Avec ε k est l’écart entre le courant de référence et le courant réel pour une phase k, tel que :
ε k = I res _ k − I ref _ k
Et ΔI est la largeur de la bande d’hystérésis.
5. Filtre
Le rôle du filtre est d’atténuer l’amplitude des harmoniques d’ordre supérieur car celui-ci
est passe bas. Dans le cadre de la simulation, l’effet de filtrage du transformateur est intégré
dans celui du filtre. De là, la non prise en compte du transformateur dans la simulation.
Après avoir modélisé les différents composants constituant la cascade, il devient plus aisé
de la commander. Ainsi, un schéma synoptique de la chaîne de convertisseurs est établi.
Celui-ci est régi par une régulation qui sera détaillée (Figure 4.5).
I MLI 2 _ ref
Calcule des
références
Pref Qref
L’utilisation du redresseur a pour but d’assurer une tension continue constante quelles que
soient les perturbations qui peuvent avoir lieu lors du fonctionnement. Pour cela, une boucle
de régulation doit être effectuée. Celle-ci permet de générer la référence du courant à injecter
dans le condensateur. Aussi, afin de déterminer les signaux de commande du redresseur, il
faut prendre en compte les puissances transitées qui sont fonction des courants du réseau
alimentant le convertisseur :
⎧⎪ P = v dr idr + v qr iqr
⎨ (4.11)
⎪⎩Q = v qr idr − v dr iqr
A partir de ces relations il devient aisé de réguler les courants du coté réseau en imposant
des références sur les puissances actives et réactives ( Pref , Qref ) :
commande du redresseur commandé par hystérésis. Cette solution est la plus adaptée pour la
commande des courants à la sortie d’un convertisseur électronique [19].
Le redresseur sera commandé par deux grandeurs. La puissance réactive de référence sera
fixée à une valeur nulle pour ne pas altérer la qualité du réseau. La puissance active sera
estimée à partir de la valeur référence du bus continu. L’estimation de la valeur référence de
la puissance active passe par la connaissance du bilan énergétique de la cascade et donc une
modélisation des transits de puissance active.
Pour pouvoir faire une modélisation du transit dans la liaison avec le réseau, il est impératif
d’effectuer le bilan énergétique de cette dite liaison. En supposant que les pertes dans les
convertisseurs et le condensateur sont nulles, la puissance transmise au redresseur s’exprime
par:
PMLI 2 = PMLI 1 − Pc (4.13)
Pc = Vdc ⋅ I c (4.14)
La puissance transitée par le redresseur vers le réseau passe par un filtre, celui-ci contient
une résistance et donc il dissipe par effet Joule la puissance qui y transite, d’où l’expression
de la puissance renvoyée au réseau:
P = PMLI 2 − Pfiltre (4.19)
Tel que :
(
Pfiltre = R filtre ⋅ I d2 _ res − I q2_ res ) (4.20)
A partir des relations (4.13, 4.14, 4.15, 4.17) cette puissance peut être écrite en fonction de
la tension du bus continu tel que :
P = (I MLI 1 − I c ) ⋅ Vdc − Pfiltre (4.22)
Il est possible donc d’estimer la valeur de la puissance de référence établie à partir d’une
valeur référence du courant dans le condensateur tel que :
Pref = (I MLI 1 − I c _ ref ) ⋅ Vdc − Pfiltre (4.23)
La régulation des transits de puissance permet d’imposer le courant capacitif au bus continu.
Le réglage du bus continu est alors réalisé au moyen d’une boucle de régulation utilisant un
régulateur générant la référence du courant à injecter dans le condensateur (Figure 4.6).
I MLI 1
Vdc
PMLI 1
I c _ ref
Vdc_ref Pref
Pfiltre
7. Simulation et interprétations
puissances active et réactive sur son évolution. Quant à celle des puissances, nous pouvons
remarquer qu’elle s’effectue dans de bonnes conditions (Figures 4.8 et 4.10). Il est cependant
utile à noter que le suivi de consigne ne commence que lorsque la tension du bus atteint un
niveau suffisant, d’où notre choix de fixer celui-ci à 800 V.
Le courant injecté par le redresseur est sinusoïdal et en phase avec la tension du réseau
(Figure 4.9) Ainsi, la commande utilisée participe à la préservation de la qualité de ce
dernier.
900
800
700
600
500
V d c (V )
400
300
200
100
-100
0 0.5 1 1.5
Temps (s)
4 4
x 10 x 10
6 6
4 4
2 2
Q s (V A R )
P s (W )
0
0
-2
-2
-4
-4
-6
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
Temps (s) Temps (s)
40
20
20
Is (A )
Ir (A )
0 0
-20
-20
-40
-40 -60
0.5 1 1.5 2 0.5 1 1.5 2
Temps (s) Temps (s)
Courant injecté par le redresseur Courant injecté par le redresseur avec zoom
5 5
Ire s (A ) e t V re s -e ff=4 4 0 V
Ire s (A )
0 0
-5 -5
0 0.5 1 1.5 2 1 1.05 1.1 1.15 1.2
Temps (s) Temps (s)
Figure 4.9 – Courants dans la MADA et courant injecté par le redresseur dans le réseau
(Teste avec Ps = −4000W Qs = 0VAR ).
V d c (V )
400 800
200
795
0
790
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 1.5 2 2.5 3
Temps (s) Temps (s)
Puissance active statorique Puissance réactive rotorique
2000 500
0 0
Q s (V A R )
P s (W )
-2000 -500
-4000 -1000
-6000 -1500
1.5 2 2.5 3 1.5 2 2.5 3
Temps (s) Temps (s)
Figure 4.10 - Tension du bus continu et puissances active et réactive statoriques (essai avec
des échelons de Ps et Qs).
8. Conclusion
Dans ce chapitre ont été étudiés les différents composants de la cascade liant le réseau au
rotor de la MADA. Il a été d’abord établi une étude sur l’onduleur alimentant le rotor. Celui-
ci est à deux niveaux et commandé par une commande à modulation de largeur d’impulsion à
une porteuse. Cet onduleur est lui-même alimenté par un bus continu dont la valeur de la
tension est maintenue égale à 800 V grâce à un redresseur de tension. Ce dernier est
commandé par une MLI à hystériser. Pour ne pas dégrader la qualité du réseau il faut y
injecter un courant sinusoïdale en phase avec la tension. Ceci n’est possible qu’en imposant
une référence adéquate à la commande à hystérésis. Cette référence doit prendre en compte le
maintien de la tension du bus continu à la valeur voulue. Pour cela, une commande est alors
réalisée au moyen d’une boucle de régulation utilisant un régulateur générant la référence du
courant à injecter dans le condensateur et par la suite le courant à injecter dans le réseau.
De manière générale, il est constaté que le but de cette commande est atteint car la tension
du bus continu se stabilise autour d’une valeur proche de celle de sa référence. La MADA suit
les consignes des puissances actives et réactives. La préservation de la qualité du réseau est
vérifiée à travers un courant injecté par la cascade qui est sinusoïdale et en phase avec la
tension du réseau.
Il est ainsi possible de dire que cette commande est applicable dans un dispositif liant la
MADA, la cascade (Redresseur, bus continu et onduleur) et la turbine éolienne. Cette étude
sera effectuée dans le chapitre suivant en établissant une commande adaptée permettant
d’avoir le meilleur rendement possible.
Chapitre 5
1. Introduction
Dans les chapitres précédents il a été question de l’étude détaillée des différentes parties
constituant une chaîne éolienne. Celles-ci ne peuvent pas fonctionner indépendamment et
leurs utilités s’avèrent par la complémentarité qu’elles constituent.
Dans cette optique une commande régissant l’ensemble de la chaîne éolienne constituée de
l’aérogénérateur, la MADA et de la cascade (Onduleur –Bus continu –Redresseur) sera
réalisée. Elle se basera sur deux principes différents. Une comparaison en sera faite pour
choisir la commande la plus adéquate.
La mesure exacte du vent à la hauteur des turbines est assez complexe. Cependant, le vent
peut être représenté par une grandeur aléatoire définie par des paramètres statistiques. [10]
De nombreux travaux sur la modélisation du vent ont été réalisés. L’un des principes retenu
consiste à générer l’allure temporelle du vent à partir d’un bruit blanc sur lequel est appliquée
une fonction de transfert à déterminer [20]. Les paramètres de cette fonction de transfert
dépendent de grandeurs caractéristiques du site et de la nature de vent.
La turbine étudiée comprend trois pales identiques. Elles sont fixées à un arbre
d’entraînement qui est relié à un multiplicateur de rapport G. Le multiplicateur entraîne le
générateur électrique à travers un arbre moteur.
En considérant que la vitesse du vent est uniforme sur toutes les pales d’où une égalité des
forces d’entraînement, nous pouvons remplacer les pales par un même système mécanique.
Celui-ci comprend la somme des caractéristiques mécaniques des trois pales.
L’étude dynamique précédemment établie dans le premier chapitre montre que pour une
vitesse de vent «V» traversant la turbine nous obtenons :
1
⋅ C p (λ ) ⋅ ρ ⋅ π ⋅ R ² ⋅ V
3
Paero = (5.1)
2
Nous avons donc choisi de modéliser une éolienne de 10 kW pour notre simulation. C'est un
modèle tripale dont la longueur d'une pale est de 3 m [5]. L'évolution du coefficient de
puissance est une donnée spécifique à chaque éolienne. Dans notre cas, son évolution en
fonction de λ est basée sur l’observation de données de plusieurs petites éoliennes de quelques
kW. Suite à ces observations, ses variations sont modélisées par l'approximation polynomiale
suivante :
C p = 7.9563⋅10−5 ⋅ λ5 − 17.375⋅10−4 ⋅ λ4 + 9.86⋅10−4 ⋅ λ4 + 9.86 ⋅10−3 ⋅ λ3 − 9.4 ⋅10−3 ⋅ λ2 + 6.38⋅10−2 ⋅ λ + 10−3 (5.2)
Ainsi comme il est illustré dans la figure 5.1, il est possible de constaté que le coefficient de
puissance évolue en forme de cloche, le maximum de celle-ci (Cp=0.5483) est atteint pour
une valeur du rapport d’avance λ = 6.4 . Avec cette valeur la turbine fonctionne avec le
rendement maximum théorique. Dans la suite de notre travail une commande adaptée sera
élaborée pour atteindre ce point de fonctionnement.
0.7
0.6
0.5
0.4
Cp (pu)
0.3
0.2
0.1
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Lambda (pu)
Les expressions de la puissance et la vitesse étant connues, il est aisé ainsi de déduire
l’expression du couple aérodynamique :
⋅ C p (λ ) ⋅ ρ ⋅ π ⋅ R ² ⋅ V
3
Paero
C aero = = (5.3)
Ω turbine 2 ⋅ Ω turbine
1
Cp (λ) λ R.Ω turbine
V Ω turbine G
1 1
G J .s + f Ω mec
Paero (Cp,V )
Ωturbine C turbine
Cem
V
résultante :
D’après la relation (5.9) qui lie la vitesse mécanique à la vitesse du vent permettant d’avoir
un C p maximum, nous pouvons déterminer une structure ayant pour consigne une vitesse
Dans ce cas un régulateur est utilisé, ayant pour but d’égaler la vitesse mécanique à la
consigne qui est fonction de la vitesse du vent.
Pem _ ref
λ opt ⋅ V Cem_ref
V
R Ωturbine_ ref
G
Ωmec_ ref
R
Ω mec
Figure 5.4 – Dispositif de commande avec asservissement de la vitesse.
qu’une mesure locale de la vitesse du vent qui n’est donc pas suffisamment
représentative de sa valeur moyenne apparaissant sur l’ensemble des pales.
Une fausse mesure de la vitesse conduit donc à imposer une consigne non adaptée d’où une
dégradation de la puissance captée.
Pour établir cette structure de commande, il est nécessaire d’émettre l’hypothèse que la
vitesse du vent varie très peu en régime permanent. Dans ce cas, à partir de l’équation
dynamique de la turbine, on obtient l’équation décrivant le régime permanent de
l’aérogénérateur :
dΩ mec
J⋅ = Cmec = 0 = C g − Cem − Cvis (5.10)
dt
Ceci revient à considérer le couple mécanique C mec développé comme étant nul. Donc, en
Cem = C g (5.11)
vitesse mécanique :
Ω mec
Ωturbine−estimé = (5.14)
G
La mesure de la vitesse du vent étant délicate, une estimation de sa valeur peut être obtenue
à partir de l’équation :
Ω turbine −estimé ⋅ R
Vestimé = (5.15)
λ
On obtient donc une relation globale de contrôle :
C p ρ ⋅ π ⋅ R 5 Ω 2mec
Cem−ref = ⋅ ⋅ 3 (5.16)
λ3 2 G
Pour extraire le maximum de puissance générée, il faut fixer le rapport d’avance à λopt qui
Pem _ ref
V estime
4. Simulation et interprétation
Dans la section précédente, il a été établi des commandes adaptées à la MADA pour la
production de l’énergie éolienne. Celles-ci se différencient par l’asservissement ou non de la
vitesse du vent. En raison des qualités que présente la deuxième configuration nous avons
choisi d’opter pour ce type de commande dans la suite de nos travaux.
Cependant, il est à noter qu’il diminue avec l’augmentation de la vitesse du vent. Ceci est dû
à la non prise en compte des frottements visqueux dans l’estimation de la valeur de la
puissance électromagnétique de référence. Néanmoins, cette erreur d’estimation ne dégrade
pas considérablement le rendement de la turbine.
3.5
V (m/s)
2.5
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (s)
Cp
Cp-ref
0.6
0.5
0.4
Cp (pu)
0.3
0.2
0.1
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (s)
3.5
3
V (m/s)
2.5
1.5
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Temps (s)
. Figure 5.7 – Vitesse du vent en fonction du temps (Essai avec un onduleur parfait).
0.7
Cp
Cp-max
0.6
0.5
0.4
Cp (pu)
0.3
0.2
0.1
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Temps (s)
De même que pour le coefficient de puissance, le facteur d’avance (Figures 5.9 et 5.10)
reste proche de sa valeur optimale. L’écart observé par rapport à cette dernière pour des
vitesses élevées du vent est dû au même phénomène que pour le coefficient de puissance.
5
Lambda
Lambda-ref
Lambda (pu)
4
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (s)
5
Lambda (pu)
4
Lambda
Lambda-ref
3
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Temps (s)
En ce qui concerne la MADA, celle-ci suit la référence de puissance active (Figures 5.11 et
5.13). Ses performances restent convenables avec le changement de la vitesse de rotation.
Toute l’erreur (Figures 5.12 et 5.14) entre la puissance mesurée et sa référence n’est pas nulle.
Celle-ci devient plus importante lors des régimes transitoires avec la variation de la vitesse du
vent. Ce phénomène est du à l’inertie importante de la turbine qui empêche un suivi
instantané de la consigne.
1000
Ps
500 Ps-ref
-500
-1000
Ps (W)
-1500
-2000
-2500
-3000
-3500
-4000
4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (s)
1000
800
Erreur sur le suivi de consigne de Ps (W)
600
400
200
-200
-400
-600
4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (s)
-500
-1000
Ps (W)
-1500
-2000
-2500
-3000
-3500
5 10 15 20 25 30 35 40
Temps (s)
Figure 5.13– Puissance active statorique et sa référence (Essai avec un onduleur parfait).
400
200
100
-100
-200
5 10 15 20 25 30 35 40
Temps (s)
Figure 5.14 – Erreur sur le suivie de la consigne de la puissance statorique (Essai avec un
onduleur parfait).
Quant à la puissance réactive (Figures 5.15 et 5.16), elle demeure proche du zéro qui à pour
conséquence la faible incidence de la machine sur la qualité du réseau.
Qs
600
Qs-ref
400
200
Qs (VAR)
-200
-400
-600
4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (s)
40
20
Qs (VAR)
-20
-40
-60
5 10 15 20 25 30 35 40
Temps (s)
Figure 5.16 – Puissance réactive statorique et sa référence (Essai avec un onduleur parfait).
En ce qui concerne la vitesse de rotation de la machine, il est constaté que celle-ci reste dans
des proportions acceptables (Figures 5.17 et 5.18). Car, mis à part la période de démarrage, la
vitesse varie dans une plage comprise entre 0.8 et 1.2 de la vitesse du synchronisme. Ce
constat vient en accord avec les contraintes technologiques qui limitent le glissement.
200
180
160
140
120
W (rd/s)
100
80
60
40
20
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (s)
200
180
160
140
120
W (rd/s)
100
80
60
40
20
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Temps (s)
5. Conclusion
Dans ce chapitre il a été établi une modélisation des différents constituants de la turbine.
Ceci nous a permis d’instaurer un modèle global composé de celui de l’aérogénérateur, de la
liaison mécanique et de la MADA.
A partir de ce modèle, un émulateur éolien a été mis en œuvre. Il nous a permis de vérifier
la capacité d’intégration de la MADA dans un système éolien. Nous avons pu donc obtenir
des résultats probants.
Ainsi, nous avons constaté que la MADA est capable d’assurer, par son fonctionnement à
vitesse variable, un rendement proche de celui du maximum théorique. Ceci a été observé à
travers l’évolution du coefficient de puissance en fonction du temps.
Conclusion générale
Lors de cette étude nous avons modélisé un système global de génération d’électricité à
partir d’énergie éolienne. Celle-ci a été suivie d’une commande adaptée en vue d’atteindre les
meilleures performances.
• La synthèse des travaux afin de mieux cerner le projet. Cette étape s’est intéressée
à l’optimisation du rendement de la MADA dans un système éolien (MPPT). Deux
types de commandes ont été élaborés. Ils reposent sur deux principes différents.
L’un utilisant la vitesse du vent pour commander la MADA, l’autre estimant la
valeur de la puissance active statorique de référence à partir de la vitesse mécanique
de rotation de la machine. L’avantage que procure la deuxième méthode en terme de
robustesse par rapport aux perturbations dues aux soudaines rafales de vent a été la
raison de son choix lors de la simulation.
Nous avons pu noter alors, que la MADA fonctionnait d’une façon efficace dans les
conditions auxquelles nous l’avons soumise. Cela prouve la viabilité de son application dans
un système éolien.
A travers cette étude nous obtenons non seulement un moyen générant de l’énergie avec
un rendement optimal, mais aussi un outil améliorant et contribuant à la qualité du réseau.
Suite aux résultats obtenus dans cette étude, des perspectives intéressantes pouvant
contribuer à l’amélioration du fonctionnement de la MADA sont envisageables:
Etablissement d’un modèle de la MADA prenant en compte la résistance de phase
statorique et la saturation magnétique.
Utilisation d’autres types de régulateurs plus performants dans la commande du
dispositif.
Utilisation d’un algorithme de maximisation de la puissance captée par différentes
techniques : Logique floue, réseau de neurones.
L’intégration d’un système de stockage inertiel.
L’étude des perturbations de la production de l’énergie éolienne vis à vis des
déséquilibres du réseau.
Bibliographie
[6] [Link], "Etude et commande d’un système éolien à base d’une machine
électrique à double alimentation", mémoire de magister, Université de BATNA, 2007.
[17] [Link], "Etude et réalisation d’un redresseur à MLI commandé par DSP.
Application à l’alimentation d’un onduleur à trois niveaux", mémoire de magistère, Ecole
Militaire Polytechnique, le 15/12/2004
Annexes
Annexe A
Paramètres utilisés.
1. Valeurs nominales :
4 kW, 220/380 – 50 Hz, 15/8.6A, 1440 tr/min.
2. Paramètres de la MADA:
• Résistance statorique: Rs = 1.2 Ω.
• Résistance rotorique: Rr = 1.8 Ω.
• Inductance cyclique statorique: Ls = 0.1554 H.
• Inductance cyclique rotorique: Lr = 0.1568 H.
• Inductance cyclique mutuelle: Lm = 0.15 H.
• Le nombre de paires de pôles est: p = 2.
3. Constantes mécaniques de la MADA:
• Moment d’inertie : J mach =0.2 kg.m².
Annexe B
Paramètres des régulateurs.
IP PI RST
Kp=36.57 Kp=0.6533 T=370860
Ki=5.7151 105 Ki=97.88 S=p²+67430p
R=4619p+T
IP PI RST
Kp=1.59 Kp=326.64 T=3833893
Ki=2.5077 104 Ki=4894.5 S=p²+14984p
R=22182p+T
IP PI RST
Kp=1.59 Kp=0.033 T=1318615
Ki=2.5077 104 Ki=0.0489 S=p²+10484p
R=1121p+T