Exercices vidéo pour l'enseignement
Exercices vidéo pour l'enseignement
Les 43 exercices présentés dans ce document ont été publiés originairement dans l’ouvrage :
ACHARD Jean-Paul, Des images et des sons, Paris, Eyrolles,1991. Ce livre est aujourd’hui
épuisé.
Les outils vidéo d’alors n’étaient pas numériques et les caméscopes peu répandus. Toutefois il
nous semble que la plupart des propositions gardent aujourd’hui toutes leurs pertinences.
Il s'agit, dans cette série, d'exercices d'initiation à la prise de vue et à la prise de son en vidéo. Un camé-
scope et un moniteur vidéo (ou téléviseur) suffisent pour certains. Pour d'autres, un complément de ma-
tériel (micros, éclairage) est indispensable.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 1
B1 - Initiation à la prise de vue - travail sur sujets fixes
B2 - Initiation à la prise de vue - travail sur sujets mobiles
B3 - Initiation à la prise de son
B4 - Initiation à l'éclairage
B5 - Carton de cadrage
Comme pour la série A, il n'est pas nécessaire de disposer de matériel de prise de vue pour cette catégo-
rie d'exercices. Les images seront enregistrées à partir de la télévision. En revanche les opérations de
montage nécessitent au minimum deux magnétoscopes et au mieux un banc de montage. Un matériel
complémentaire de prise de son (micros et magnétophone) est souhaitable dans certains cas.
Dans cette série sont regroupés les exercices mettant en jeu à la fois des opérations de prise de vue et
de montage (D1 excepté). Un équipement complet (caméscope et banc de montage) est donc souhaita-
ble, voire indispensable.
Sur l’image : A3 - A4 - A5 - A6 - A7
B1 - B2 - B4 - B5
D1 - D3 - D4 - D7
Sur le son : A8 - A9
B3
C1 - C2 - C3
Sur les rapports image/son, la mise en A2 - A10 - A11 - A12 - A13 - A14 - A15
scène, le montage... : C4 - C5 - C6 - C7 - C8
D2 - D6 - D8 - D9
Sur les aspects sociologiques de la A1 - A16 - A17 - A18 - A19 - A20 - A21
communication audiovisuelle : D5
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 2
A1 - Diversité et pluralité de la communication audiovisuelle
Objectif
Faire ressortir la diversité des productions audiovisuelles, la pluralité des attentes et des approches.
Conditions
Groupe : de 4 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope, 1 tableau papier. Temps : de 1
heure. Pré requis : aucun.
Description
Rechercher collectivement tous les éléments permettant de caractériser un document vidéo. On veillera,
particulièrement, à ne pas limiter la réflexion aux seuls produits télévisés.
Déroulement
Brainstorming ("remue-méninges", en français !)
Noter tous les éléments pertinents évoqués, puis hiérarchiser, classer, éliminer,....
Etablir une typologie fonctionnelle répondant aux besoins du groupe.
Tester la classification établie, sur un ou des produits (direct ou enregistré) et la modifier si besoin.
Remarques :
Définir une typologie fonctionnelle pour un usage social donné, ce n'est pas multiplier les catégories,
mais au contraire limiter leur nombre par des choix pertinents.
On prendra soin de bien distinguer les différentes sources possibles de productions vidéo (télévision, vi-
déo d'entreprise, vidéo institutionnelle) et de faire ressortir leur spécificité de diffusion, de public, d'ob-
jectif,...
En multipliant cet exercice avec des groupes différents, on pourra faire ressortir la diversité des attentes,
liée au besoin social de communication du groupe.
Commentaires
A titre indicatif voici une liste (non exhaustive) d'éléments possibles de différenciation :
* Genre : reportage, fiction, documentaire, divertissement, création artistique, autre,...
* Fonction : information, formation, animation, démonstration, divertissement, publicité, archivage (mé-
moire), autre,...
* Style de construction : fiction, reportage, clip,..
* Style de forme : original, jeune, simple, moderne, dynamique, banal,...
* Qualité technique : des images, des mouvements, des sons, du montage, de l'ensemble,...
* Qualité artistique : des images, des mouvements, des sons, du montage, de l'ensemble,...
* Type de message : fermé, semi-fermé, semi-ouvert, ouvert.
* Public visé : âge, catégorie socioprofessionnelle, niveau de formation, de compétence, de savoir-faire,
niveau culturel, lieux, circonstances, époque, ...
* Construction : chronologie domine, espace domine, personnage(s) domine, priorité à l'image, au son,...
* Utilisation : le document fonctionne seul, en accompagnement, en complément,....
* Appréciation du document : apportée par un critique, par le producteur,..
* Durée, date de réalisation,..
Note : attention à ne pas confondre genre, fonction et style de construction. On peut par exemple avoir
un reportage joué dans un film à intention didactique, ce qui se traduirait par fonction --> formation ;
genre --> reportage ; style de construction --> fiction,..).
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 3
SOURCES ET GENRES DES PRODUCTIONS VIDEO :
1) La télévision :
* Emissions d'information (journal télévisé, magazines d'information, débats,...)
* Emissions culturelles et documentaires
* Emissions de fiction (films, téléfilms, séries, feuilletons)
* Emissions de divertissement (variétés, jeux, émissions sportives,...)
* Emissions pour la jeunesse
* Publicité
* Emissions diverses (religieuses,...)
Objectif
Montrer les rôles joués respectivement par les images et les sons dans la communication audiovisuelle,
en les dissociant à la lecture d'un document vidéo.
Conditions
Description
La moitié d'un groupe visionne un document vidéo sans entendre le son. Dans une autre salle, l'autre
moitié du groupe écoute la bande-son de ce même document sans voir les images.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 4
Déroulement
Choisir un document vidéo relativement court (15/20 minutes) et si possible entier (pas d'extraits). Eviter
de choisir un document recopié à partir de la télévision, il risque d'une part d'être connu (style d'émis-
sion, présentateur,...) et d'autre part, on risque de perdre de vue que le public de la télévision est, par
nature, un public non spécifique (tout public).
L'idéal est de rechercher un document vidéo s'adressant à un public particulier : promotion ou informa-
tion d'entreprise, production institutionnelle didactique ou d'information,... (voir pour cela les diffuseurs
de films en cassettes, tels que le CEDFI ou les multiples cinémathèques ou centres audiovisuels institu-
tionnels).
Faire préalablement à cet exercice une copie son (sur simple magnétophone) du document vidéo choisi.
Dans une salle, le premier demi-groupe visionnera le document sans le son. (On prendra soin de décon-
necter, si possible, l'entrée audio.)
Dans une autre salle, le second demi-groupe écoutera seulement le son.
Chaque demi-groupe essaye de définir d'après ses seules observations :
* quel est le contenu principal du document,
* quel est son objectif,
* qui s'adresse à qui,
* quelle est la structure du montage, le genre, le style ...
On pourra également demander : au "groupe image" d'imaginer des sons et au "groupe son" d'imaginer
des images.
Chacun des demi-groupes établit un compte-rendu succinct de ses observations sur tableau papier. (Ce
passage ar l'écrit est nécessaire pour éviter, lors de la mise en commun, que le premier exposé d'un
groupe influence les réponses de l'autre groupe).
Réunion des deux demi-groupes : chacun d'eux expose à l'ensemble du groupe ses observations écrites,
confrontation des points de vue et discussion.
Revisionnement entier du document (images et sons) et nouvelle confrontation sur les différences de
perception.
Commentaires
Cet exercice permet de bien différencier les apports respectifs du son et de l'image, de faire ressortir les
interactions et les types de construction.
On observe souvent que : l'image permet de définir plus facilement qui est "l'émetteur", tandis que le son
permet de définir plus facilement à qui s'adresse le document (le récepteur).
Les sons : rôle de continuité, capacité à transmettre une information précise (aspects logiques de la
communication), mais fugacité de la perception.
Les images : discontinuité, capacité à transmettre une ambiance, une émotion, un style, (aspects analo-
giques de la communication), souvenirs plus marqués.
On s'attachera à faire ressortir l'influence réciproque des constructions sonore et visuelle. Ce qui pouvait
paraître bien construit par l'image seule ou par le son seul, peut être perçu comme une lourdeur - et
inversement.
Quelle est la position du son par rapport à l'image : le son précède l'image, l'image précède le son, le son
accompagne l'image ? On pourra faire ressortir la primeur d'un de ces éléments selon le type de docu-
ment (fiction, reportage, film didactique,..) et montrer qu'elle le caractérise.
NB : on pourra multiplier cet exercice en choisissant des types de documents différents (fiction, docu-
ment didactique, émission d'information, émission documentaire....)
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 5
A3 - Diversité des cadrages
Objectif
Montrer que les images d'un document vidéo sont une construction. Découvrir par l'observation la diver-
sité, l'originalité et la constitution des cadrages. Exercer le regard à discerner les divers éléments consti-
tuants de l'image.
Conditions
Groupe : de 2 à 6 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope, 1 chronomètre. Temps : de 1 à 4
heures. Pré requis : initiation aux éléments constitutifs de l'audiovisuel (échelle des plans, mouvements,
lumière, ...)
Description
Analyser plan par plan un extrait de document vidéo. (Ce document pourra être une fiction). L'observa-
tion portera sur tout ce qui permet de définir ou décrire l'image.
Déroulement
C'est un travail qui ne peut pas être effectué en grand groupe. L'arrêt sur image, le retour arrière néces-
sitent qu'un petit groupe se réunisse autour d'un magnétoscope pour pouvoir effectuer ces opérations.
(On pourra s'organiser pour analyser les images d'un document entier en fractionnant le travail selon le
nombre de sous-groupes possible ou (et) en couplant cet exercice avec les suivants.)
Limiter les observations seulement à la composition de l'image. Les mouvements, zooms, éclairages, et
autres observations font l'objet d'autres exercices qui pourront s'effectuer sur le même document.
Préparer des feuilles d'observation selon les critères retenus.
Noter plan par plan toutes les observations (voir commentaires). Un des observateurs pourra dessiner
sommairement les images dans leur succession.
Montrer que les cadrages sont signifiants. (Ils ne sont pas le fruit d'une improvisation ou du hasard mais
le résultat d'une construction spécifique.)
Commentaires
• ...
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 6
Echelle des plans :
PG : plan général
PE : plan d'ensemble
PM : plan moyen
PA : plan américain
PR : plan rapproché
GP : gros plan PE PG
TGP : très gros plan
GP TGP
PR
PA
PM
Objectif
Montrer la diversité des mouvements dans un document vidéo. Découvrir par l'observation l'originalité et
les différents effets obtenus par les mouvements d'appareil. Exercer le regard à discerner les divers élé-
ments constituants de l'image.
Conditions
Groupe : de 2 à 6 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope, 1 chronomètre. Temps : de 1 à 4
heures. Pré requis : initiation aux éléments constitutifs de l'audiovisuel .
Description
Observer et noter tous les mouvements contenus dans un document vidéo. (Ce document peut être une
fiction). Analyser en particulier les différences entre le travelling et le panoramique.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 7
Déroulement
Comme pour l'exercice précédent, c'est un travail qui ne peut pas être effectué en grand groupe. L'arrêt
sur image, le retour arrière nécessitent qu'un petit groupe se réunisse autour d'un magnétoscope pour
pouvoir effectuer ces opérations.
Limiter les observations seulement aux mouvements. Les cadrages, éclairages, et autres observations
font l'objet d'autres exercices qui pourront s'effectuer sur le même document.
Préparer des feuilles d'observation.
Noter dans la succession des plans toutes les observations possibles sur les mouvements (voir commen-
taires).
Déterminer ce qui a guidé le réalisateur dans le choix d'un mouvement de caméra. Qu'apporte ce mou-
vement par rapport à un plan fixe ?
Observer les différents mouvements principalement utilisés selon différents types d'émissions télévisées
(films, informations, séries américaines, variétés...).
Commentaires
Types de mouvements :
* mouvements des personnages (ou objets) devant la caméra.
* mouvements de la caméra elle-même (mouvements d'appareil).
* combinaison des deux.
Effets rendus :
* différences dans la perception de l'espace selon le type de mouvement.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 8
A5 - Caméra sur pied, caméra portée
Objectif
Faire ressortir la diversité des techniques de prise de vue. Différencier les prises de vue réalisées selon la
tenue de la caméra. Analyser les effets recherchés et produits par ces différentes utilisations.
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré
requis : aucun.
Description
Observer sur différents types d'émissions télévisées les tenues supposées de la caméra.
Déroulement
Enregistrer différents types d'émissions télévisées (reportages, débats de plateau, variétés, films,...).
Chercher à définir le mode de tenue de la caméra.
On en distinguera trois :
1) caméra sur pied
2) caméra portée (à l'épaule en général)
3) caméra sur système articulé et télécommandée (Louma)
Remarque : le mode de tenue de la caméra n'est pas directement lié au type de mouvement. Un travel-
ling, par exemple, peut être réalisé par le déplacement du cadreur si la caméra est portée sur l'épaule, ou
par l'utilisation d'un rail de travelling si la caméra est sur pied.
Commentaires
Dans certaines émissions de plateau, l'utilisation de caméras portées permet de donner une impression
d'improvisation, de direct, de spontané, de non-construit alors qu'il s'agit la plupart du temps d'émissions
très bien préparées. Cette apparente spontanéité de l'image (pour le spectateur) masque la construction
audiovisuelle. Cet aspect peut être positif, oubli de la technique, plus grande implication, il peut aussi être
un leurre dans la mesure où il voile un peu le processus de médiation.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 9
A6 - Caméra "je, tu, il,"
Objectif
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré
requis : aucun.
Description
A partir de différents enregistrements vidéo (films en particulier), rechercher les formes possibles de trai-
tement de l'image permettant de situer le regard de spectateur dans le déroulement de la scène. On dis-
tinguera trois cas de figure :
1- le spectateur est placé en position de témoin "neutre". L'action se déroule indépendamment de son
regard. Caméra en "il".
2 - le spectateur est invité à partager le regard d'un des protagonistes de la scène. Caméra en "je".
3 - le spectateur est pris à témoin. Un des personnages ou l'action s'adresse directement à lui. Caméra
en "tu".
Déroulement
C'est un travail d'observation et de recherche, qui pourra être organisé en fonction des disponibilités et
des possibilités du groupe.
Rechercher en particulier comment sont introduits les différents points de vue, comment ils s'articulent à
l'intérieur d'un même film.
Ce travail ne se limitera pas aux seuls films de fiction, mais portera aussi sur différents types d'émissions
télévisées ou de films vidéo documentaires ou pédagogiques.
On essayera de définir quel genre de document se prête le mieux à tel ou tel procédé, dans quelle situa-
tion il est le plus fréquemment observé,...
Commentaires
Caméra en "il" :
C'est la forme la plus répandue. Le spectateur est invité à regarder une action qui se déroule devant ses
yeux. Le regard caméra est "objectif". Le processus de représentation se fait totalement oublier. Le spec-
tateur n'est pas directement impliqué dans la situation, il est en position de témoin, de voyeur. (Ce qui ne
l'empêche pas de s'identifier à l'un ou plusieurs des protagonistes et d'éprouver de l'émotion).
Dans cette forme de point de vue, les regards des différents acteurs ne croisent jamais le regard de la caméra.
Caméra en "je" :
Appelée aussi caméra subjective. Invite le spectateur à partager le regard d'un personnage de la scène.
Le regard du spectateur prend la place du regard de la caméra. Le spectateur voit ce que le personnage voit.
La caméra en "je" peut être suggérée ou introduite par différents procédés :
* le cadrage,
* le mouvement : mouvement de caméra se substituant au mouvement d'un personnage (course trem-
blée, par exemple),
* le montage (par exemple : personnage qui enlève ses lunettes, puis plan suivant flou).
Dans cette forme de point de vue, la place de la caméra correspond à la place supposée des yeux d'un
personnage de la scène.
Caméra en "tu" :
Un personnage s'adresse directement au spectateur qui est pris à témoin. La caméra se substitue au re-
gard du spectateur.
Dans cette forme de point de vue, le regard d'au moins un des protagonistes est dans l'axe de la caméra.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 10
A7 - Diversité des éclairages, des lumières, des couleurs
Objectif
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré
requis : aucun.
Description
Observer l'éclairage utilisé dans divers plans d'intérieur. L'analyse s'appuiera principalement sur les élé-
ments caractéristiques de la lumière : quantité, qualité, direction (chapitres sur la "Lumière" et "L'éclai-
rage").
Déroulement
L'observation ne portera que sur l'éclairage. Les autres aspects, cadrage, mouvements,... font l'objet
d'autres exercices.
Préalablement à l'exercice, enregistrer sur cassette vidéo diverses séquences présentant des caractéristi-
ques différentes d'éclairage. On ne se limitera pas aux seules productions filmiques, on choisira différen-
tes situations d'éclairage (reportage, débat, présentateur, plateau,..).
Utiliser l'arrêt sur image pour analyser l'éclairage d'une scène.
Observer, pour chaque plan, la quantité, la qualité physique, la direction, la qualité artistique de l'éclai-
rage (voir commentaires).
On essayera de représenter sur un schéma la provenance des éclairages dominants.
On cherchera à établir les liens entre la situation d'éclairage d'un type d'émission avec le style recherché,
souhaité, supposé,... (L'interview confidence ne se traite pas comme un face-à-face politique ou une
émission de variétés.)
Commentaires
Quantité :
La quantité d'éclairage correspond au niveau global de luminosité de l'image. Pour pouvoir l'apprécier
plus facilement, on pourra visionner l'image en "noir et blanc" (en baissant le potentiomètre de couleur
du téléviseur).
On pourra distinguer la quantité de lumière selon deux ou trois niveaux de profondeur de l'image (sujet
principal, environnement immédiat, ambiance générale).
Qualité physique :
La qualité physique de l'éclairage correspond à sa température de couleur. Elle se traduit sur l'image par
l'adéquation dans le rendu des couleurs, par leur constance tout au long des différents plans.
On distinguera en particulier la qualité selon la lumière du jour et selon la lumière artificielle.
Direction :
La direction des éclairages se traduit sur l'image par les notions de dureté et de douceur. La dureté peut
s'apprécier par la quantité et l'intensité des ombres, par les contrastes.
Qualité artistique :
C'est une appréciation tout à fait subjective qui résulte néanmoins de la maîtrise des aspects physiques
de la lumière.
On cherchera à apprécier si l'éclairage obtenu est en adéquation avec la scène, avec les effets recher-
chés, ce qu'il apporte ou traduit par rapport à notre propre émotion esthétique.
On essayera d'imaginer, pour une scène, un éclairage différent ; comment se transformerait l'image si on
faisait varier un seul paramètre (quantité, qualité, direction).
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 11
A8 - Diversité des sons
Objectif
Montrer que les sons d'un document vidéo sont le résultat d'une construction très élaborée. Découvrir par
l'observation, la diversité, l'originalité et la constitution de la bande sonore.
Conditions
Groupe : de 2 à 6 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré re-
quis : aucun.
Description
Analyser séquence par séquence tous les éléments constitutifs de la bande sonore d'un document vidéo
Déroulement
Commentaires
Les paroles :
On appelle voix "on" la voix d'une personne qui est présente à l'image et voix "off" la voix d'une personne
qui en est absente. Pour certains cette distinction est plus générale : le terme de voix "on" correspond à
la voix d'une personne enregistrée pendant le tournage et dont l'image est plus ou moins présente dans
le document, et la voix "off" correspond aux paroles enregistrées en studio (commentateur anonyme,
doublage son, etc,...)
Observations possibles sur les voix : nombre, registre vocal, timbre, intonation, style, langage, débit,
accent, fluctuation,...
Les bruitages :
Les bruits semblent fonctionner comme des "images sonores", c'est-à-dire qu'ils sont souvent perçus
dans leur globalité, à la différence des autres sons qui sont perçus dans une linéarité de temps. Pour être
significatifs, les bruitages sont bien souvent "dépouillés" de tous les bruits "parasites". C'est pourquoi la
reconstitution des bruitages en studio est une solution qui fournit des images sonores bien plus évocatri-
ces que les enregistrements directs trop chargés de bruits "annexes".
Le spectateur (ou plutôt l'auditeur) doit pouvoir identifier un bruit, ce qui implique que celui-ci est déjà
connu. Si ce n'est pas le cas, soit ce bruit paraîtra étrange et toute la vigilance et l'attention du specta-
teur seront portées sur lui, soit il apparaîtra comme un bruit parasite, comme une "erreur" de prise de
son.
Observations possibles sur les bruitages : mixage de plusieurs bruits, relief (présence), rythme, densité,
originalité, évocation (connotation), sons naturels ou reconstitués.
Les ambiances :
On appelle "ambiance sonore" le son naturel d'un lieu en l'absence de bruits caractéristiques ou de paro-
les. L'ambiance est presque du silence. Elle est le bruit de fond typique d'un lieu.
Observations possibles sur les ambiances : on cherchera en particulier, à distinguer l'ambiance de l'ab-
sence de sons. On observera surtout la différence de "présence" que cette distinction engendre.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 12
Les musiques :
De tous les éléments sonores, c'est sans doute la musique qui est la plus connotée. Notre passé auditif
(notre culture musicale) fait que l'écoute d'une musique déclenche en nous les émotions que nous avions
antérieurement associées à ce type de musique. Non seulement les formes musicales sont connotées
(classique, jazz, rock,...) mais également certains instruments sont fortement imprégnés de leur propre
usage culturel (accordéon, flûte de pan, clairon, clavecin, orgues, guitare,...).
(En vidéo institutionnelle ou amateur, il est rarement possible de recourir à un compositeur. Le choix
d'une musique est donc toujours très délicat.)
Observations sur les musiques : styles, instruments, rythmes, intensité, évocation,...
Observations sur l'ensemble :
En plus des observations détaillées, on pourra faire figurer sur un autre schéma l'organisation plus géné-
rale du son. On observera les rythmes globaux. On portera une attention particulière aux traitements so-
nores de début et de fin, ainsi qu'à la ponctuation éventuelle des séquences.
On observera surtout que le son n'est pas découpé comme l'image (plan par plan), mais qu'au contraire il
assure par sa continuité la "liaison" des images entre elles.
Les silences :
De plus en plus rare, le silence est parfois reçu comme une lacune, alors qu’il peut porter une significa-
tion forte, notamment dans un propos. La radio nous a habitué à ne contenir aucun moment de silence,
et les lieux publics sont de plus en plus musicalisés. La place du silence devient alors particulièrement
remarquable.
A9 - La prise de son
Objectif
Faire ressortir la diversité des techniques de prise de son. Différencier les prises de son réalisées selon la
tenue du (des) micro(s). Analyser les effets recherchés et produits par ces différentes utilisations.
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré
requis : aucun.
Description
Observer, sur différents types d'émissions télévisées, les techniques de prise de son.
Déroulement
Observer différents types d'émissions télévisées (reportages, débats de plateau, variétés, films,...)
Chercher à définir la technique de prise de son utilisée. On en distinguera cinq :
1) micro "perché" (hors champ)
2) micro tenu à la main
3) micro posé
4) micro-cravate
5) micro HF
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 13
Commentaires
Micro "perché" :
On peut inclure dans cette catégorie les autres techniques à micro caché (micro HF ou micro et magnéto-
phone dissimulés sur les acteurs,...).
La technique s'efface, disparaît, ne se montre pas. Elle est plus difficile à mettre en oeuvre (nécessité de
répéter la prise de son au moment de la préparation, prévision des distances pour équilibrer les niveaux
et ne pas gêner la prise de vue,...).
Utilisation caractéristique : le film de fiction.
Micro à la main :
Plus grande souplesse d'utilisation du son au moment du tournage, mais les mouvements sont rendus
difficiles par le fil à la patte.
La technique se montre et accrédite l'authenticité du propos (même si celui-ci a fait l'objet d'un mon-
tage).
Celui qui tient le micro se trouve, de fait, en situation de leader. C'est lui qui dirige l'interview.
Utilisation caractéristique : l'interview, le témoignage.
Micro posé :
Impossibilité de mouvement. Convient aux situations statiques autour d'une table par exemple avec plu-
sieurs micros posés.
La technique se montre, souligne ici aussi l'idée de direct, de vérité (la parole donnée). La situation de
leader n'est pas déterminée par la seule disposition des micros qui, au contraire, semble assurer une dis-
tribution objective de la prise de son. L'ouverture ou non des micros n'est pas du ressort des protagonis-
tes, elle reste cachée.
Utilisation caractéristique : le plateau "statique".
Micro-cravate :
Mêmes remarques que précédemment, avec en plus, l'avantage de permettre une plus grande souplesse
de mouvement.
Utilisation caractéristique : le plateau "mobile".
Micro HF :
La liaison est assurée par émission et réception en haute fréquence (d'où son nom).
Combine les avantages du micro à la main avec la totale liberté de déplacement. Ici encore sa présence
dans l'image témoigne du direct (même s'il s'agit de play-back !).
Utilisation caractéristique : les variétés.
Objectif
Montrer que la notion de plan sonore et de plan image sont comparables et participent à la construction
de l'espace filmique.
Conditions
Groupe : de 2 à 6 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré re-
quis : initiation aux éléments constitutifs de l'audiovisuel.
Description
Rechercher dans des séquences de films les différents rapports de profondeur, de distance et d'espace
entre les images et les sons.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 14
Déroulement
Observer plan par plan diverses séquences de film en notant pour chaque plan image, la distance des
éléments principaux entrant dans la composition de l'image et parallèlement la distance des éléments
constitutifs de la bande sonore.
On distinguera, pour l'image et le son, 4 types de distance : premier plan, second plan, arrière-plan, hors
champ (voir commentaires).
Analyser les multiples associations rencontrées (personnages proches et voix proches, personnages éloi-
gnés et voix toujours proches, personnages hors champ et voix éloignées, son très proche provenant
d'un objet hors champ,...).
Analyser l'apport du son dans la perception de l'espace. (Le son décentre l'attention portée à l'image ; il
introduit une autre dimension ; il complète la composition de l'image ; il nous renseigne sur son volume :
écho, son feutré,... ; le son peut conforter l'image, la renforcer ou au contraire la détourner).
On pourra éventuellement effectuer ces observations en deux temps : visionner les images sans les sons
puis avec les sons, afin de bien définir les apports respectifs de chacun dans la constitution et la percep-
tion de la distance.
Commentaires
Premier plan : ("plan" doit être entendu ici dans le sens de distance)
Les éléments sonores et visuels de premier plan sont ceux qui nous paraissent proches et assez proches.
Ce sont sur ces éléments que se portent prioritairement notre regard et notre écoute (personnage en
plan rapproché, voix assez forte,...).
Second plan :
Le second plan est constitué par tous les éléments qui semblent peu rapprochés et qui cependant mobili-
sent encore notre attention (personnages éloignés, paroles à peine distinctes,...).
Arrière-plan, fond :
L'arrière-plan c'est tout ce qui constitue le reste de l'image (le décor, le lieu, le fond) et l'ambiance so-
nore,...
Hors champ :
Le hors champ, c'est tout ce qui n'apparaît pas directement à l'écran. Pour l'image, c'est tout ce qui est
suggéré ou qui va de soi. Pour le son, c'est tout ce que l'on entend et que l'on ne voit pas.
Pour simplifier, on peut dire que ces 4 niveaux correspondent : pour l'image, à 4 valeurs de distance et
pour les sons, à 4 intensités sonores, même si dans les faits la subtilité est parfois bien plus grande.
La grille d'observation des rapports de distance images et sons pourra s'établir, par exemple, sous cette
forme :
2 personnages
Image rue, vitrines,.. La ville
discutent
Sons Voix des ambiance coup de
personnages de rue klaxon
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 15
A11 - Combinaisons possibles entre les images et les sons
Objectif
Montrer les différentes combinaisons possibles entre les images et les sons. Faire ressortir les types de
message ainsi obtenus.
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré
requis : (connaître la base des constructions audiovisuelles").
Description
Analyser les rapports entre les sons et les images dans un court document vidéo (une publicité convient
parfaitement à cet exercice) en considérant deux éléments de proximité spatiale ou temporelle. Faire res-
sortir les combinaisons de base :
Déroulement
Enregistrer le document à analyser pour pouvoir utiliser l'arrêt sur image et le retour arrière.
Bien considérer deux éléments de proximité (deux sons - ou deux images - ou un son et une image).
Commentaires
La publicité se prête admirablement à ce type d'analyse car les différentes formes de combinaisons se
trouvent souvent juxtaposées sur un temps très court. Un film publicitaire débute fréquemment par un
message en contrepoint (musique, texte poétique, paysage, soleil,..) pour se finir sur un message redon-
dant au moment de l'énonciation du produit (le produit est montré, son nom est affiché, son nom est
prononcé). On passe ainsi d'une situation d'ouverture (rêves) à une situation de fermeture (conditionne-
ment).
Bien entendu, on pourra rechercher les différents types de combinaisons dans des documents autres que
publicitaires.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 16
A12 - Le montage
Objectif
Montrer les différents niveaux d'organisation d'un film, découvrir les styles et formes de montage.
Conditions
Groupe : de 2 à 6 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : 2 heures minimum. Pré
requis : initiation aux éléments constitutifs de l'audiovisuel.
Description
Analyser un film afin d'en faire ressortir la ponctuation, la structure, le style.
Déroulement
Choisir un film enregistré, si possible un court métrage. (L'exercice sera plus facile à réaliser sur un film
de fiction étant donné le travail de préparation et d'écriture qui préfigure à sa réalisation, toutefois l'exer-
cice pourra porter sur un film documentaire ou didactique.)
Visionner le film : veiller à ce que l'attention soit concentrée principalement sur l'observation du montage
(formes, style, raccords de plans...) et non détournée par le contenu. Si le temps le permet, deux passa-
ges sont souhaitables, un normal et un pour l'analyse.
(L'analyse du rythme de montage sera l'objet de l'exercice suivant.)
Observations d'ensemble :
Analyser le montage du film. On notera sur papier le plan global puis le contenu de chaque partie, sé-
quence, scène.
Pour chacune des scènes, on notera parallèlement : les unités de lieux, les personnages concernés et
l'époque de l'action.
Définir à partir de ces observations les figures de style de montage utilisées.
On pourra éventuellement chercher à établir le plan du tournage en sachant que les contraintes matériel-
les de réalisation sont principalement déterminées par les lieux, les personnages, les saisons,...
Observations de détail :
Au moyen de l'arrêt sur image, observer des raccords de plans. Déterminer ce qui différencie les plans
(pourquoi deux plans différents ?) et ce qui les unit (par quoi est suggérée la continuité ? - formes de
raccord).
Commentaires
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 17
Styles de montage :
Montage narratif : assemblage logique ou chronologique. Chaque plan apporte un contenu événementiel.
Montage expressif : fondé sur les effets produits par la juxtaposition de plans.
Montage parallèle : alternance de plans situant deux actions différentes.
Montage par ellipse : élimination de plans que le spectateur peut imaginer.
Montage par leitmotiv : dans différentes séquences, les mêmes plans reviennent.
Autres figures de style : montage par répétition, montage par comparaison, montage entrelacé, montage
analogique, montage analytique, montage synthétique, montage poétique, montage subjectif, montage
rythmique,...
Rythme du montage :
Le rythme est conditionné par la succession des plans dans leurs rapports de longueur. C'est la "respira-
tion intelligente" du montage.
Objectif
Analyser les durées de plans de différents documents vidéo. Montrer que la maîtrise du rythme témoigne
d'une maîtrise de la construction.
Conditions
Groupe : de 2 à 6 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope, 1 chronomètre. Temps : de 1 à 2
heures. Pré requis : initiation aux éléments constitutifs de l'audiovisuel.
Description
Comparer la structure rythmique de divers documents vidéo par l'étude de la durée des plans.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 18
Déroulement
Choisir différents enregistrements d'émissions télévisées (documentaire, film, série, variétés,...), ainsi
que différentes autres productions (scolaires, institutionnelles, d'entreprises,....).
Pour chacun des documents, chronométrer la durée de tous les plans à la seconde près, en utilisant la
pause si besoin. (C'est un travail laborieux qui pourra être partagé en fonction de l'organisation du
groupe). Pour les émissions en direct, on considérera chaque changement de caméra comme étant un
changement de plan.
Deux représentations des observations peuvent être réalisées :
1- Une représentation dynamique - décrivant minute par minute la composition en nombre de plans.
2 - Une représentation statistique - à partir de la composition respective de chaque catégorie de durée.
(Plans très courts < 3 secondes, plans courts entre 3 et 6 secondes, plans moyens entre 6 et 12 secon-
des, plans longs > 12 secondes.)
La moyenne générale de la durée des plans fournit également une indication intéressante.
Est-il besoin de rappeler que les relevés, moyennes, catégories,... constituent des outils d'observation
permettant d'apprécier les différences, de faire ressortir les structures rythmiques. Ils ne constituent en
aucune façon des normes ou des modèles de référence.
Commentaires
Le montage, le rythme de montage et par voie de conséquence la durée des plans restent les parents
pauvres des pratiques vidéo amateurs ou institutionnelles. Les longueurs si souvent ressenties devant tel
ou tel document didactique sont bien réelles et révèlent dans la plupart des cas une absence de prépara-
tion et de construction audiovisuelle.
Le cadrage, le mouvement, le récit,... et de nombreux autres aspects sont des éléments facilement com-
pris et intégrés dans les formations audiovisuelles. En revanche l'enchaînement des plans, leur durée
sont très rarement pensés à l'avance. C'est bien souvent le hasard d'un mouvement de caméra ou la fin
d'une phrase d'interview qui détermine le début ou la fin d'un plan.
Plusieurs raisons contribuent à cette absence de rythme :
* Le manque de temps :
Cadrer une scène en recherchant différents angles de prise de vue demande une préparation qui se tra-
duit par un temps de repérage et de tournage important. Le temps de préparation et de réalisation est
presque toujours sous-estimé. (Que l'on songe qu'en tournage professionnel, on tourne à peu près 2 mi-
nutes utiles par jour.)
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 19
A14 - Images et sons dans les documents didactiques
Objectif
Découvrir les formes de construction audiovisuelles des documents vidéo à intention didactique par
l'analyse des combinaisons images et sons dans leurs rapports de temps.
Conditions
Groupe : de 2 à 6 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré
requis : initiation aux éléments constitutifs de l'audiovisuel.
Description
Observer sur divers types de documents vidéo pédagogiques les articulations de temps entre les images
et les paroles. Rechercher les formes de constructions sous-jacentes à ces articulations.
Déroulement
Choisir plusieurs productions vidéo : documentaires, pédagogiques ou qui, d'une façon générale, présen-
tent un caractère ou une intention didactique.
Observer les rapports de temps entre images et paroles en distinguant trois cas de figures :
* L'image précède le son.
* Le son précède l'image.
* Le son accompagne l'image.
On essayera de définir à partir de ces observations et en fonction des documents observés, ce qui dans le
montage a déterminé son organisation. Commentaire illustré, images commentées ou construction plus
élaborée.
On pourra par une réflexion individuelle ou collective envisager, pour un document particulier, d'autres
formes de traitement que celle retenue et réfléchir aux effets qui pourraient en résulter par rapport au
style et à l'objectif du document.
Commentaires
La facilité apparente de l'outil vidéo a incité de nombreux enseignants à se lancer dans la réalisation pour
couvrir leurs propres besoins pédagogiques. On ne peut que s'en réjouir. Malheureusement cette sponta-
néité généreuse s'est souvent traduite par une mésestimation des particularités des constructions audio-
visuelles.
1- Le scénario est construit à partir d'un texte écrit ; les images viennent après, pour justifier le propos,
l'étayer, le renforcer ou simplement l'égayer. Ce sont des images prétextes pour "faire passer" un texte
conçu pour être lu.
2- Le scénario est construit à partir d'images réalisées au cours d'une situation particulière (exposition,
visite, expérience,...), le son vient apporter un commentaire explicatif aux images montrées.
Ces deux solutions traduisent, chacune à leur façon, un manque de préparation. En l'absence de scéna-
rio, on part d'une idée texte ou images et pour faire "audiovisuel" on rajoute des images dans un cas et
des sons dans l'autre.
La solution la plus satisfaisante est de concevoir a priori l'ensemble du document images et sons, d'écrire
un scénario, de réfléchir à ce qui peut être ou doit être prioritairement traité par le son ou par l'image.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 20
L'image par son aspect analogique permet d'établir une ambiance, de décrire des formes et des situa-
tions, de traduire une façon particulière de sensibilité et d'émotion.
Le texte par son aspect logique s'adresse d'abord à la raison, il permet de resserrer le sens, mais il ne
peut pas tout dire. Un document vidéo ne remplace pas un rapport écrit, un dépliant ou un cours magis-
tral. C'est autre chose et surtout il doit être conçu comme un texte devant être écouté et non pas lu.
L'observation des documents didactiques pourra se poursuivre sur les autres sons que le texte :
La musique : utilisée parfois comme "bouche-trou" en l'absence de texte, servant à masquer un vide.
Les bruitages et sons d'ambiance : souvent absents, ils pourraient dans bien des situations être utilisés à
bon escient.
Objectif
Montrer la diversité des mises en scène d'interviews. Réfléchir aux effets produits pour le spectateur.
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré
requis : aucun.
Description
A partir de différents interviews que l'on aura préalablement enregistrés sur la télévision :
Inventorier les différentes mises en scène utilisées.
Analyser ces différentes situations par rapport au degré d'implication recherchée du spectateur.
Déroulement
Commentaires
Type d'interview :
directif - semi directif - ouvert.
Forme de l'interview :
brute (émission en direct) ou construite (montage).
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 21
Place de l'intervieweur :
C'est l'aspect le plus déterminant d'une mise en scène d'interview. Les solutions rencontrées peuvent être
rangées dans trois catégories :
* L'intervieweur est présent à l'image (dans le champ) : avec l'interviewé ou seul (alternance de champ
contrechamp avec l'interviewé).
* L'intervieweur est absent de l'image (hors champ).
* Solutions de compromis : l'intervieweur est présent mais discrètement, (par exemple de dos en légère
amorce sur le bord de l'écran) ; sa présence est rappelée puis effacée (intervieweur en amorce, puis
mouvement de caméra sur le seul interviewé),…
Cadrage de l'interviewé :
Sens du regard : l'interviewé regarde la caméra, l'interviewé regarde l'intervieweur, autres…
Taille du plan.
Objectif
Faire ressortir les aspects connotatifs dans la réception d'un document audiovisuel.
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope, 1 tableau papier. Temps : de 1
heure. Pré requis : aucun.
Description
Utiliser le "différentiateur de connotations" élaboré par Abraham Moles (voir commentaires).
Déroulement
Reproduire la grille d'analyse ci-après et informer les participants sur les intentions générales de l'exer-
cice (ne distribuer la grille qu'après le visionnement).
Visionner un document vidéo.
Demander à chaque participant de remplir la grille (on pourra respecter l'anonymat).
Confronter les points de vue.
Noter les différences de perception ainsi que les dominantes communes.
On pourra, pour l'ensemble du groupe, faire les totaux par cases et représenter graphiquement les résul-
tats.
On pourra éventuellement rechercher d'autres dipôles que ceux proposés par Abraham Moles et les tes-
ter.
A partir d'un même document, on pourra comparer les réponses apportées par différents groupes.
Commentaires
Dans un ouvrage intitulé "L'image communication fonctionnelle" (1981), Abraham Moles proposait une
grille d'analyse permettant de faire ressortir les aspects connotatifs d'une image, à partir de "paires de
qualification" ou "dipôles dialectiques".
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 22
Nous pouvons étendre l'usage de ce différentiateur à un ensemble d'images et de sons pour porter une
appréciation globale et subjective sur un document vidéo.
++ ++ + 0 + ++ ++
+ +
banal original
chaud froid Attention à un risque de malenten-
ordonné désordonné du fréquemment rencontré :
masculin féminin
plaisant déplaisant A travers les réponses demandées,
il s'agit d'apprécier la forme géné-
signifiant insignifiant
rale, l'impression globale, voire
décontracté tendu l'émotion que nous procure un do-
beau laid cument audiovisuel et non de porter
plein vide un jugement sur le contenu.
réaliste abstrait
Si nous prenons par exemple le di-
érotique austère pôle "ordonné / désordonné", il ne
vieux jeune s'agira pas d'apprécier si les situa-
actif passif tions filmées sont, elles-mêmes,
triste ordonnées ou désordonnées, mais
gai
d'estimer si le document, dans son
profond superficiel ensemble, procure une sensation
bon mauvais d'ordre ou de désordre.
harmonieux discordant
coloré terne
mort vivant
simple compliqué
naturel artificiel
vulgaire distingué
moderne ancien
stimulant apaisant
lourd léger
banal original
La représentation graphique peut
s'établir en reliant par un trait chaud froid
épais les cases concernées : ordonné désordonné
masculin féminin
plaisant déplaisant
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 23
A17 - Ce que l'on retient
Objectif
Faire ressortir l'aspect subjectif de la communication. Montrer que la réception des informations est liée à
des préoccupations et des attentes personnelles.
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope, 1 tableau de papier. Temps : 2
heures. Pré requis : aucun.
Description
Analyser ce que l'on retient d'un journal télévisé.
Déroulement
Pour les besoins de cet exercice, il conviendra de ne pas informer, dans un premier temps, les partici-
pants sur les objectifs.
Enregistrer un journal télévisé.
Inviter les participants à visionner ce journal, sans dévoiler le travail qui sera ultérieurement demandé.
Si les conditions le permettent, on pourra visionner en direct un journal télévisé, à condition de l'enregis-
trer simultanément pour les besoins de l'analyse.
Après visionnement, proposer aux participants de restituer, individuellement et par écrit, le maximum de
données sur ce qu'ils ont retenu (voir commentaires).
Revisionner le journal, partie par partie, en effectuant un décryptage précis du contenu. On pourra se
répartir les diverses observations (temps, musique, images,...) et noter l'ensemble sur tableau papier.
Comparer et commenter ces observations avec les réponses originales des participants.
Commentaires
A titre indicatif, voici quelques questions qui pourront être posées après visionnement :
Début de journal :
• forme du générique
• modalités d'apparition du présentateur
• ordre et contenu de la présentation des sujets
• à quel instant s'arrête la musique du générique
Développement :
• ordre de traitement des sujets
• pour chaque sujet traité :
• évaluation de la durée
• description de la situation (ce que l'on a vu)
• description des protagonistes (de qui s'agissait-il)
• description du contenu (de quoi s'agissait-il)
• forme de traitement de l'information (reportage direct ou différé, plateau,...)
• mots caractéristiques entendus ou contenu précis de phrases
• présence de musique ou non ?
si oui : type, intensité, moment d'apparition et de disparition
• les rapports images et sons : est-ce que le son commente l'image, est-ce que
l'image atteste le commentaire,... quel est l'élément principal porteur d'information ?
• entre chaque sujet : modalités de transition (image, son,...)
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 24
Fin de journal :
ordre et contenu des rappels d'informations
modalités de clôture du journal (mots de la fin, formes de transition)
à quel instant démarre la musique du générique ?
On essayera d'établir une correspondance entre ce que l'on retient du contenu et la forme de traitement.
Dans quelle mesure la présence de l'image atteste, confirme, transforme l'information.
On pourra s'interroger sur la hiérarchie accordée aux traitements des sujets, quels critères ont présidé à
la mise en forme du journal. On montrera en particulier les décalages possibles entre l'importance de
l'événement et ses possibilités de traitement en images.
Objectif
Montrer que l'utilisation du zoom par la proximité qu'il peut introduire révèle d'une certaine façon des
rapports sociaux.
Conditions
Groupe : grand groupe. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 4 heures. Pré requis :
initiation aux éléments constitutifs de l'audiovisuel.
Description
Observer et noter les utilisations du zoom dans les actualités télévisées ou les magazines d'information.
Analyser les rapports hiérarchiques révélés par son utilisation.
Déroulement
Préparation du travail avec l'ensemble du groupe. Les observations proprement dites pourront s'effectuer
soit à partir d'enregistrement d'émissions, soit directement chez soi, par chacun, en se répartissant les
chaînes et les émissions.
Les observations porteront uniquement sur l'utilisation du zoom sur les personnages et en particulier sur
le statut social (supposé ou connu) du personnage, la situation dans laquelle il se trouve, la taille de plan
utilisée.
Après ces observations, on pourra chercher à établir une correspondance entre statut social, situation et
échelle des plans.
Commentaires
L'utilisation du zoom permet de s'approcher des personnages tout en maintenant l'éloignement physique
avec ceux-ci. Le zoom se prête ainsi aux fantasmes de contacts (regard voyeur ou caressant) tout en
marquant l'apparence de distance (la caméra est loin).
Consciemment ou inconsciemment, les journalistes cameramen s'autorisent ou ne s'autorisent pas à ce
contact. En cela ils traduisent une certaine forme de rapports sociaux basés sur la distance comme indice
de valeur hiérarchique.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 25
A19 - Rôle du dispositif
Objectif
Faire ressortir le rôle du "dispositif" dans le style et la construction d'une production audiovisuelle (émis-
sion télévisée par exemple). Montrer que ce dispositif participe à la forme, au style et d'une façon géné-
rale à la construction audiovisuelle. Montrer, en particulier, que le "direct" télévisé n'est pas une improvi-
sation sur la réalité mais une mise en scène.
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré
requis : aucun.
Description
Analyser la disposition et la mise en scène des personnages dans une émission de télévision. Analyser la
fonction et la disposition du décor et des objets sur le plateau.
Déroulement
Enregistrer l'émission à analyser pour pouvoir utiliser l'arrêt sur image et le retour arrière. On choisira
une émission de plateau (variétés, information, magazine, jeux,...).
Voir ci-après, quelques critères possibles d'observation.
Après les observations, on dressera un plan du studio, sur lequel on fera figurer tous les éléments obser-
vés.
On essayera d'imaginer la place et le nombre de caméras ainsi que leurs déplacements.
On réfléchira aux effets produits par ce dispositif en rapport avec le style général de l'émission.
On pourra, pour la même émission observée, envisager un autre dispositif en essayant de réfléchir sur les
effets (positifs ou négatifs) que ce nouveau dispositif pourrait produire.
Commentaires
Eléments sur lesquels pourront porter les observations (liste non exhaustive) :
PRESENTATEUR(S) ou animateur(s)
* Place (physique) : assis, debout, en mouvement, position symétrique ou asymétrique dans l'image,..
* Présence : importance (vedette principale ? ), rôle, temps de parole par rapport à l'ensemble de l'émis-
sion.
* Le style : habillement, langage, ton général,...
INVITES
* Place (physique) : assis, debout, en mouvement, position symétrique ou asymétrique dans l'image,..
* Présence : importance, rôle, temps de parole par rapport à l'ensemble de l'émission.
DECORS
* Style général (sérieux, gai, jeune, moderne, feutré, design, original, caractéristique,...).
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 26
* Styles particuliers du mobilier (fauteuils, chaises, présence de table, de tribune,....) des objets, des
décors,...
* Dimensions (vaste, restreint,...)
* Nombre de lieux : un, plusieurs ,...
* Relation avec l'émission,...
AUTRES ELEMENTS
Renvoi en régie d'images préalablement enregistrées, liaisons entre les différentes parties de l'émission,
générique, utilisation de musiques, de ponctuations sonores ou visuelles ...
ENSEMBLE de L'EMISSION
Comment fonctionne l'ensemble de tous ces éléments ? On observera les enchaînements de caméras, les
cadrages, les angles de prise de vue, le rythme,...
TELESPECTATEURS
Dans quelle situation sont placés les téléspectateurs : (témoins passifs ou actifs, invités à choisir un
camp, à s'informer, à regarder,...) ? A quel degré d'implication, à quelle considération du spectateur le
dispositif est-il censé répondre ?
Remarques :
Quelques considérations qui pourront être prises en compte, lors de l'analyse des rapports dispositif /
style d'émission :
Longtemps la télévision a bâti des dispositifs symétriques où le présentateur vedette occupait une place
privilégiée sur l'axe de symétrie. Depuis quelque temps, ces constructions semblent complètement dispa-
raître sauf pour souligner l'égalité de traitement (face-à-face politique par exemple), mais on notera dans
ce dernier cas que l'animateur du débat se situe rarement dans l'axe des protagonistes (voir chapitre sur
"Symétrie et image").
L'objectif de la plupart des productions télévisées d'aujourd'hui est de conquérir et maintenir un public
devant son téléviseur (pour les besoins de la publicité). Pour cela, les contenus sont de plus en plus ba-
nalisés (on évite que les spectateurs aient à trancher, à prendre parti, ils risqueraient de changer de
chaîne !), de même, le style général doit permettre d'éveiller un intérêt constant et réserver des surpri-
ses entretenues (pas de temps morts, pas de prises de parole trop longues,...).
L'art du direct est de laisser croire à la spontanéité de l'événement, alors qu'il s'agit toujours d'une mise
en scène de la réalité. Le dispositif participe à cette mise en scène en même temps qu'il la masque.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 27
A20 - Pubs et séries américaines
Objectif
Montrer que certaines émissions sont construites en fonction de la place occupée par la publicité. Réflé-
chir aux conséquences pour la création.
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope, 1 chronomètre. Temps : de 1 à 2
heures. Pré requis : aucun.
Description
Analyser le rythme de montage d'un épisode de série américaine, afin de faire ressortir les emplacements
prévus pour des coupures publicitaires.
Déroulement
Commentaires
De toutes les émissions télévisées, les séries américaines sont les seules oeuvres de fiction construites en
fonction des coupures de publicité. Au-delà d'un aspect socio-économique, c'est la création elle-même qui
s'en trouve profondément transformée.
Un épisode est généralement construit à partir de quatre ou cinq temps forts caractérisés par un rythme
très soutenu d'images et destinés à maintenir devant l'écran un public séduit par une accroche visuelle
très intense. C'est bien entendu à ces moments forts que correspondent les emplacements publicitaires.
On pourra s'interroger sur l'influence de ces constructions sur le cinéma en général. Certains auteurs font
remarquer que le cinéma américain, autrefois si soucieux de l'harmonie et de l'équilibre du montage,
emprunte aujourd'hui aux séries, publicités et clips un style de montage cut de plans de plus en plus ra-
pides. Le concept d'"art du montage" se trouve remplacé par celui d'"impact".
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 28
A21 - La télévision manichéenne
Objectif
Montrer que la télévision n'est pas une fenêtre sur le monde mais une mise en spectacle du monde.
Conditions
Groupe : de 3 à 30 personnes. Matériel : 1 téléviseur, 1 magnétoscope. Temps : de 1 à 2 heures. Pré
requis : aucun.
Description
Qui voit-on à la télévision ? Pour répondre à cette question, cet exercice d'analyse permettra de montrer
que les personnages qui paraissent à la télévision sont, pour la plupart d'entre eux, aux deux pôles de la
normalité. D'un côté ceux qui ont réussi ou qui tiennent le haut du pavé (artistes, hommes politiques,
spécialistes,..), de l'autre ceux qui font la une des "faits de sociétés" (déviants, manifestants, assassins,
sous-développés,...).
Déroulement
Noter pour chaque personnage nouveau qui apparaît à l'écran quel est son statut social, culturel, écono-
mique,.. (supposé ou connu). On fera exception des animateurs et présentateurs de la télévision.
Etablir une typologie fonctionnelle permettant de faire ressortir au moyen de tableaux appropriés l'en-
semble des observations.
Réfléchir au manichéisme télévisé et en discuter : d'un côté la réussite reflet du bien, du beau, des mo-
dèles de la société, de l'autre côté, le mal, l'échec, et le hors normes.
Commentaires
Informations : Elles reflètent, en général, ce qui fait exception au normal de la vie courante : les réus-
sites d'une part (leaders politiques, scientifiques et spécialistes renommés, artistes ayant déjà réussi,
sportifs de haut niveau,...) les faits divers (dits "faits de société") mettant en relief les personnages de la
vie courante mais dans leur rupture avec sa normalité.
Fictions : Films, téléfilms, séries,... rarement elles s'attachent à mettre en scène la quotidienneté (où
serait le spectacle !). Elles s'appuient elles aussi sur l'originalité et l'exception au quotidien.
Variétés :
L'époque des "radios crochets" et des débutants invités à montrer leurs talents potentiels semble
définitivement révolue. Seuls paraissent (audience oblige) ceux qui sont déjà connus et donc que l'on
reconnaîtra.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 29
Chaque type d'émission a ses leaders d'opinion connus (spécialistes du cancer, du sida, de l'astronomie,
de l'économie, de la culture, de la littérature, de la peinture,...). Mais où sont les milliers de chercheurs
et d'hommes de culture qui font et vivent le savoir ?
Parfois l'invité est "monsieur tout le monde" à condition qu'il ait quelque chose d'exceptionnel à dire ou à
montrer ("fadas" en tout genre, prisonniers libérés, victimes de viol, témoins authentiques,...).
Publicité : Elle amplifie le rêve, la beauté, la qualité. Elle marque toute la distance entre l'idéal à
atteindre (et à acheter) et l'ordinaire de la réalité.
Jeux : C'est apparemment le seul genre télévisé où les protagonistes n'ont rien d'exceptionnel. Ce peut
être vous ou moi qui participe à l'émission. On pourra réfléchir à la fonction qu'ils occupent dans les
programmations des chaînes. L'heure de diffusion correspond pour la plupart d'entre eux au moment où
les spectateurs rentrent chez eux, l'heure où ils "ouvrent" la télévision.
On pourra s'interroger sur ce fait et se demander si le besoin de se reconnaître par concurrents
interposés n'est pas une certaine façon d'accrocher le spectateur par une illusion de miroir.
Objectif
Initier à la manipulation de la caméra vidéo à partir d'exercices sur sujets fixes - Offrir un aperçu des
cadrages, mouvements et techniques de prise de vue - Apprécier les possibilités, les facilités, et les
difficultés de l'outil - Amorcer une réflexion sur la composition de l'image.
Conditions
Groupe : de 2 à 4 personnes par poste de matériel. Matériel : 1 caméscope, 1 téléviseur. Temps : de 1 h
à 1/2 journée selon le nombre de groupes. Pré requis : initiation au fonctionnement des appareils.
Description
1- Plan d'ensemble : filmez un sujet entier (ex: une maison) sans bouger pendant 15 secondes, zoom en
position "large" (Plan d'ensemble).
2- Gros plan : filmez un autre sujet sans bouger pendant 15 secondes, zoom en position "serrée" (Gros
plan).
3- Plan d'ensemble --> gros plan : filmez un autre sujet quelques secondes (plan d'ensemble), et en
utilisant le zoom effectuez un gros plan sur un détail et le maintenir quelques secondes.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 30
Déroulement
Avant de débuter les exercices, initier les participants aux manipulations techniques des appareils.
Distribuer seulement la liste des exercices à effectuer et réserver les commentaires pour le visionnement,
ce qui permet aux participants de découvrir les difficultés et de ne pas les contourner par avance.
Ces exercices peuvent être effectués à tour de rôle par tous les participants. Ils seront effectués sans
pied de caméra. Les systèmes "autofocus" seront, dans la mesure du possible, débrayés.
Au retour, visionner les exercices, en utilisant les remarques ci-après
Commentaires
1 - Filmez un sujet en entier (ex : une maison) sans bouger pendant 15 secondes, zoom en position "large" (Plan
d'ensemble).
Premier exercice permettant de rechercher une bonne stabilité. Quinze secondes sans bouger, on se rend compte
que si la caméra est mal tenue, on se fatigue rapidement et l'image "bouge".
Le réglage de mise au point sera plus délicat à faire en faible lumière (diaphragme ouvert à 1,8 - 2,8 - 4) qu'en
forte lumière (diaphragme fermé 11 - 16 - 22 ).
A la lecture observez : la stabilité, la mise au point, le cadrage.
2 - Filmez un autre sujet sans bouger pendant 15 secondes, zoom en position "serrée" (Gros plan).
La stabilité est ici beaucoup plus mise en évidence. Le moindre écart de mouvement est amplifié sur l'image. On
observe d'autre part (à la différence de l'exercice 1) que la mise au point (netteté) est très sensible. On remarque
qu'un autre détail qui n'est pas exactement à la même distance est flou.
A la lecture observez : la stabilité, la mise au point.
3 - Filmez un sujet quelques secondes (plan d'ensemble), et en utilisant le zoom effectuez un gros plan sur un
détail et le maintenir quelques secondes.
Si on enchaîne directement du plan d'ensemble au gros plan, on a toutes les chances "d'arriver flou" sur le détail.
On se rend compte qu'il faut, au préalable, faire la mise au point sur le détail et revenir au plan d'ensemble avant
de démarrer, la mise au point (le point) restant toujours réglée sur ce détail. Si le détail n'est pas au centre de
l'image, il faut introduire un léger mouvement de caméra. Il faut donc répéter le mouvement avant, pour ne pas
"chercher" le détail à l'arrivée.
A la lecture observez : la régularité du mouvement de zoom, la mise au point finale, la précision du mouvement
de caméra pour cadrer le détail. S'il n'y a pas eu de répétition préalable, on voit immédiatement les hésitations,
les retours arrière ...
4 - Repérez un décor et effectuez un panoramique descriptif sur 180°. Choisissez une position de zoom et ne la
modifiez pas durant le mouvement.
Premier exercice de mouvement du corps. Il est nécessaire pour ne pas être en position d'instabilité à l'arrivée
d'une part de répéter le mouvement de rotation et d'autre part d'adopter une bonne position de stabilité (pieds
légèrement écartés). Le panoramique (mouvement de description) doit comporter un centre d'intérêt au départ
et à l'arrivée. Il doit être effectué à une vitesse plus lente que celle du regard humain.
A la lecture observez : la stabilité (surtout en fin de mouvement), la régularité et la vitesse du mouvement, le
cadrage (plus particulièrement en début et fin de plan), la mise au point...
5 - Repérez un décor et effectuez un travelling latéral sur quelques mètres. Choisissez une position de zoom et ne
la modifiez pas durant le mouvement.
La stabilité du cadrage est assez difficile à maintenir. Le déplacement peut s'opérer de deux manières : pieds dans
le sens du déplacement avec le buste en 1/4 de rotation, ou pieds perpendiculaires au déplacement avec une
avance par translation. Les solutions intermédiaires conduisent à une déviation de trajectoire. Il est nécessaire de
bien définir préalablement le trajet et de se faire guider par une autre personne (ex : main sur l'épaule). Pour une
plus grande stabilité de déplacement, il faut utiliser un accessoire, par exemple : un chariot (caddie) ou une voi-
ture. Mêmes remarques que précédemment pour ce qui concerne la vitesse et le choix des cadrages.
A la lecture observez : la stabilité, la régularité, la vitesse, le cadrage, la trajectoire,... comparez la différence de
rendu entre un travelling et un panoramique.
6 - Filmez une voiture à l'arrêt en effectuant un tour complet et ininterrompu autour d'elle. Vous pourrez modifier
la position du zoom durant le déplacement.
Exercice de synthèse sur sujet fixe, combinant panoramiques, travellings et mouvements optiques. Outre les ob-
servations précédentes, cet exercice met en évidence la nécessité d'une attention collective. En effet les personnes
qui accompagnent le cadreur doivent se déplacer avec lui pour ne pas gêner la prise de vue.
A la lecture observez : la stabilité, la régularité, la continuité du mouvement, la mise au point, l'adéquation des
cadrages avec le déplacement...
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 31
B2 - Initiation à la prise de vue- Travail sur sujets mobiles
Objectif
Initier à la manipulation de la caméra vidéo à partir d'exercices sur sujets mobiles - Offrir un aperçu des
cadrages, mouvements et techniques de prise de vue - Apprécier les possibilités, les facilités, et les diffi-
cultés de l'outil - Amorcer une réflexion sur la composition de l'image.
Conditions
Groupe : de 2 à 4 personnes par poste de matériel. Matériel : 1 caméra vidéo, 1 caméscope,1 téléviseur.
Temps : de 1 h à 1/2 journée selon le nombre de groupes. Pré requis : initiation au fonctionnement des
appareils - exercice B1.
Description
2- Filmez un personnage qui marche dans votre direction. Vous ne bougez pas de place. Position de dé-
part du zoom : gros plan. Vous essayez, par un "zoom arrière" de conserver la même taille du person-
nage durant son déplacement.
6- Essayez un mouvement plus complexe : définissez avec le personnage sujet un trajet varié, filmez
son déplacement en combinant différents mouvements (optiques et mécaniques).
Déroulement
Comme pour les exercices de B1, distribuer seulement la liste des exercices à effectuer et réserver les
commentaires pour le visionnement.
Ces exercices peuvent être effectués à tour de rôle par tous les participants. Ils seront effectués sans
pied de caméra. Les systèmes "autofocus" seront, dans la mesure du possible, débrayés.
Au retour, visionner tous les exercices, en utilisant les remarques ci-après.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 32
Commentaires
1 - Filmez un personnage qui marche dans votre direction. Vous ne bougez pas de place, vous n'utilisez pas le
zoom (position large - plan d'ensemble). Vous vous efforcez de conserver une image nette du personnage
durant son déplacement.
Exercice permettant la prise en main de la bague de mise au point. Ici encore il est nécessaire de préparer le
mouvement si l'on veut conserver une image nette. Pour ce faire, il faut repérer les positions de départ et
d'arrivée (soit par répétition, soit par estimation de la distance). Entre ces 2 points extrêmes, la main qui ac-
tionne la bague de mise au point doit avoir un mouvement proportionnel au déplacement du personnage.
Pratiquement, en utilisant une position "grand angle", on se rend compte que la netteté est peu sensible sur
la plupart du déplacement (sauf en fin de course lorsque la distance est faible).
A la lecture observez : le cadrage et la netteté du personnage, la sensibilité de la mise au point sur des dis-
tances faibles. L'exercice pourra être recommencé avec un déplacement plus rapide (vélo, voiture...).
2 - Filmez un personnage qui marche dans votre direction. Vous ne bougez pas de place. Position de départ
du zoom: gros plan. Vous essayez par un zoom arrière de conserver la même taille du personnage durant
son déplacement.
C'est un panoramique optique. Pour conserver une image nette, il est nécessaire de bouger en même temps
le zoom et la bague de mise au point, ce qui est très difficile, à moins de posséder 3 mains ou un harnais.
Comme nous l'avons vu précédemment, la mise au point est très sensible lorsqu'on utilise une longue focale
(gros plan), ce qui est le cas au début de cet exercice, en revanche elle est moins sensible en courte focale
(plan large), ce qui est le cas en fin d'exercice.
Cet exercice permet d'observer les effets de l'utilisation du zoom. Tout au long du déplacement, on a l'impres-
sion que le personnage fait du "sur-place" pendant que l'espace s'agrandit derrière lui. L'utilisation du zoom
est facile et pratique, par contre la "compression" des distances offre un rendu différent de celui obtenu par
un travelling mécanique (exercice suivant).
A la lecture observez : la stabilité, la netteté, l'espace...
3 - Filmez un personnage qui se déplace en marchant derrière lui. Vous ne modifiez pas la position du zoom.
Vous essayez de conserver la même distance entre vous et le sujet.
C'est un travelling. Si la distance au sujet est maintenue, il n'est pas nécessaire de "retoucher" la mise au
point. Contrairement à l'exercice précédent, le déplacement du personnage est mieux rendu. L'espace n'est
pas comprimé, mais on introduit un mouvement qui pose à nouveau le problème de la stabilité.
A la lecture observez : la stabilité, le cadrage, l'espace. Comparez avec l'exercice précédent. (L'exercice pour-
ra être refait en inversant le sens des déplacements. Dans ce cas-là, la comparaison avec l'exercice précédent
sera plus "parlante".)
5 - Filmez de profil un personnage qui marche en l'accompagnant latéralement dans son déplacement (tra-
velling latéral).
Si l'on obtient une bonne restitution du déplacement par le défilement du décor, on se rend compte qu'il est
très difficile de se déplacer en conservant une image stable avec un cadrage "régulier" du personnage. On
obtient, dans bien des cas, l'impression d'une personne qui avance et recule. Comme pour l'exercice précé-
dent, le personnage a besoin d'espace devant lui, il ne doit pas "buter contre le bord de l'écran".
A la lecture observez : la stabilité, la régularité, le cadrage. Comparez les diverses possibilités de filmer un
déplacement qui viennent d'être vues dans les exercices 1,2,3,4,5 et plus particulièrement sur les critères
suivants: "rendu" du déplacement, importance du décor par rapport au personnage, importance du person-
nage par rapport à l'espace, facilités et contraintes dans l'exécution des mouvements...
6 - Essayez un mouvement plus complexe. Définissez avec le personnage sujet un trajet varié, filmez son
déplacement en combinant différents mouvements (optiques et mécaniques).
La nécessité de bien définir préalablement la trajectoire prend ici toute son importance. Un mouvement com-
plexe de caméra ne peut pas être improvisé.
A la lecture observez : la continuité et la régularité du mouvement, l'opportunité du choix des cadrages...
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 33
B3 - Initiation à la prise de son
Objectif
Conditions
Groupe : de 2 à 4 personnes par poste de matériel. Matériel : 1 caméra vidéo, 1 caméscope, 1 téléviseur.
Temps : de 1 h à 1/2 journée selon le nombre de groupes. Pré requis : initiation au fonctionnement des
appareils, exercices B1-B2.
Description
On pourra, dans la mesure du possible, répéter les exercices 2 et 3, avec des micros de différentes direc-
tivités.
Déroulement
Comme dans les exercices B1 et B2, distribuer seulement la liste des exercices à effectuer et réserver les
commentaires pour le visionnement.
Ces exercices peuvent être effectués à tour de rôle par tous les participants.
Au retour, visionner tous les exercices, en utilisant les remarques ci-après.
Commentaires
1 - Filmez un court dialogue entre deux personnages en utilisant uniquement le micro incorporé à la ca-
méra. Vous pourrez modifier le cadrage.
En vidéo, on enregistre des images mais on enregistre également des sons. La fascination de l'image fait
que les débutants prennent rarement conscience de cela. En visionnant les premiers exercices, vous
avez dû vous en rendre compte ! (Il n'est pas rare, en effet, d'entendre les commentaires du cadreur,
sans qu'il ait conscience d'avoir été enregistré.)
Le micro incorporé à la caméra offre l'avantage d'une grande facilité d'utilisation (pas de câble, pas d'ou-
bli..), mais il présente des inconvénients notoires :
* Si les personnages sont éloignés, on ne les entend plus.
* Les bruits de gâchette ou les bruits de déplacement du cadreur prennent une importance très grande.
* On ne peut pas jouer sur la directivité du micro (multidirectionnel)...
L'usage du micro incorporé doit donc être limité aux situations où micro et câble extérieurs sont impossi-
bles à mettre en oeuvre (foule...).
A la lecture observez : la qualité du son, les bruits extérieurs à la discussion, les bruits parasites, le choix
des cadrages par rapport à la discussion...
2 - Filmez un court dialogue entre deux personnages, en utilisant un micro extérieur. Vous pourrez modi-
fier le cadrage.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 34
Avec un micro extérieur le son est plus facilement "maîtrisable" (choix de l'emplacement, directivité...) et
la qualité de celui-ci est meilleure. L'inconvénient majeur est "d'avoir un fil à la patte", ce qui paralyse
quelque peu les mouvements des acteurs. On se rend compte d'autre part que celui qui tient le micro a
tendance à "prendre les choses en main" et conduit spontanément un interview. La présence du micro
modifie la situation, il faudra en tenir compte. Pour réduire ces effets, l'idéal est d'utiliser une perche.
Dans cette éventualité le "preneur de son" devra être très au courant de la prise de vue pour ne pas gê-
ner le cadreur dans ses mouvements.
A la lecture observez : la qualité du son, l'espace sonore, les bruits, la modification de la situation créée
par la présence du micro, le choix des cadrages...
3 - Filmez un décor ou un paysage (variez le cadrage). Une autre personne (hors champ) effectuera un
commentaire descriptif.
L'objectif de cet exercice est de dissocier image et son, ce qui oblige à concevoir le tournage en ayant au
préalable réfléchi à l'image et au son. Si le commentateur et le cadreur n'ont pas, avant tournage, établi
ensemble un mode de traitement, le son ou l'image apparaîtra comme venant" à la traîne" de l'autre.
A la lecture observez : l'image, le son et les rapports qu'ils entretiennent...
B4 - Initiation à l'éclairage
Objectif
Conditions
Groupe : de 2 à 4 personnes par poste de matériel. Matériel : 1 caméra vidéo, 1 caméscope, 1 téléviseur,
matériel d'éclairage (minimum : 2 projecteurs de 800 W avec pieds, diffuseurs, réflecteurs, gélatines
bleues,...) Temps : de 2 h à 1/2 journée selon le nombre de groupes. Pré requis : initiation au fonction-
nement des appareils.
Description
Filmer toutes les possibilités d'éclairement d'un même sujet, à partir des trois variables possibles d'action
sur la lumière de l'image : action sur la caméra, action sur le décor et la situation, action sur l'éclairage.
Déroulement
Choisir un sujet simple. Ce sujet pourra être, par exemple, un personnage ou un objet mis en scène.
Tourner différentes situations d'éclairage en faisant varier un seul élément à la fois. On s'attachera, non
pas à obtenir une image conforme à notre représentation, mais à faire le tour de tous les possibles et en
particulier à rechercher les limites de chaque solution. Pour ne pas compliquer l'exercice, la prise de son
sera négligée.
Le travail pourra être réparti et mené parallèlement, selon les possibilités matérielles, entre trois groupes
:
* 1er groupe : travail sur la caméra (lieu et situation imposés, pas d'éclairage complémentaire).
* 2ème groupe : travail sur la situation, les décors, le maquillage (pas d'éclairage complémentaire et pas
de modification sur les réglages de caméra).
* 3ème groupe : travail sur l'éclairage uniquement.
Confronter les possibilités et difficultés rencontrées par chacun des groupes.
Les différents plans tournés pourront être montés bout à bout, afin de mettre en parallèle les résultats
obtenus. (On pourra envisager un montage plus "artistique" en utilisant comme fil conducteur, une
bande-son musicale, par exemple.)
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 35
Commentaires
B5 - Carton de cadrage
Objectif
Conditions
Groupe : grand groupe. Matériel : feuilles de carton, cutter, règle, mètre,.. Temps : 1 h. Pré requis :
aucun.
Description
Construire, à partir d'une feuille de carton, un outil permettant de simuler les caractéristiques optiques
d'une caméra et pouvant être utilisé pour exercer le regard au cadrage caméra ou lors de la préparation
de prises de vue.
Déroulement
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 36
Utiliser cet outil en plaquant le bord sur le front ce qui permet de maintenir
la distance par rapport à l'oeil et d'avoir ainsi un angle de champ constant.
Commentaires
Ouverture angulaire :
Elle correspond à l'angle de champ : F
h H
tg a = ___ = ___
H 2α h
2F 2D
Pour un objectif donné on peut calculer la hauteur H ou la distance
D à partir de la formule suivante :
D D F
H = h ___
F
2a = angle de champ
D = distance sujet objectif
F = distance focale
H = hauteur du sujet
h = hauteur projetée sur la surface sensible
(Note : le même calcul s'applique pour ce qui concerne la largeur, il suffit de remplacer H par L.)
La hauteur (H) dépend donc de la hauteur de la surface sensible (h) qui est la hauteur de la surface d'ou-
verture sur un appareil photo ou la hauteur du capteur CCD sur les actuelles caméras vidéo.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 37
Vérification :
On pourra vérifier la justesse des calculs en
se plaçant à une distance (D) d'un mur et
en mesurant la hauteur (H) de visée obte-
H=a D
a
H
nue sur ce mur. d
Selon les caractéristiques de la caméra et de l'objectif que l'on cherche à reproduire, on pourra prévoir
une ouverture, sur chaque face du carton, correspondant aux valeurs extrêmes du zoom. On aura ainsi
les limites possibles de cadrage de l'appareil :
- lire les valeurs extrêmes de la distance focale sur le zoom (ex : 11- 88mm)
- lire la taille du capteur CCD sur la notice technique (ex : 1/2")
88
- pratiquer sur une face la plus grande ouverture correspondant à la plus
courte focale (ex : 81 mm x 111 mm)
- pratiquer sur l'autre face la plus petite ouverture correspondant à la plus
grande focale (ex : 10 mm x 14 mm).
11
Utilisation :
On pourra utiliser cet outil :
pour s'initier à la notion de cadre,
pour rechercher les cadrages possibles lors des repérages,
pour définir la position de la caméra, avant de l'installer, dans les situations de tournage.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 38
C1 - Doublage son - Le bruitage
Objectif
Montrer l'importance des sons (bruitages en particulier) dans une construction audiovisuelle, montrer le
rôle et la construction d'une bande sonore et son importance sur la perception des images.
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : magnétoscope, magnétophone, micros, matériel de montage
vidéo (banc ou autre magnétoscope), 1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée Pré requis : initiation au
fonctionnement des appareils - initiation à à la prise de son.
Description
Réaliser le doublage son d'un extrait de film ou de documentaire, à partir de bruitages.
Déroulement
Choisir dans un film enregistré une courte séquence de quelques minutes. Cette séquence ne devra pas
comporter de personnages en train de parler.
Faire une copie vidéo de cet extrait sans enregistrer le son.
On demandera au groupe d'imaginer la bande-son, de chercher les bruitages caractéristiques, les am-
biances sonores,...
On évitera tout recours à la musique et aux voix.
Rechercher ou créer les bruitages nécessaires, les enregistrer,..
On s'attachera à faire ressortir la distinction entre bruits caractéristiques (illustration) et bruits d'am-
biance (situation).
Tout le travail d'enregistrement son et de mixage, pourra être préparé et effectué sur magnétophone.
Transférer les sons mixés sur la copie vidéo (doublage son (dub)).
On recherchera les détournements possibles de l'image par le son, ou les sens différents, opposés, ...
Commentaires
Les bruits :
On trouve dans la commerce des disques de bruitage sur des sujets très variés. Ces enregistrements ne
sont guère intéressants dans la mesure où les bruits proposés, mêmes s'ils sont nombreux, variés et
techniquement satisfaisants, correspondent rarement à ceux que l'on recherche. L'idéal est de fabriquer
ses propres bruitages. Ce qui, dans le cadre de cet exercice, peut aussi être un objectif de recherche,
d'écoute et de réflexion sur notre environnement sonore. A défaut de pouvoir disposer de sons réels, on
s'en remettra aux trucs et astuces des bruiteurs. L'imagination et le hasard des manipulations sont bien
plus riches que les catalogues des maisons d'édition spécialisées.
Pas sur un sol dur : marcher sur un carrelage avec des chaussures à talon ferré.
Pas sur un sol mouillé : remplir avec du papier mouillé une boîte de fer blanc et retourner suivant le
rythme.
Pas en sous-bois : froisser dans la main une poignée de tissus raides.
Pas sur la neige : faire crisser très près du micro un sac de plastique rempli de farine.
Pas sur le gravier : enfoncer les poings dans une assiette remplie de riz.
Pas de cheval : frapper l'une contre l'autre les deux moitiés d'une noix de coco vidée. Envelopper dans un
chiffon pour obtenir une marche sur un sol meuble.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 39
Voiture : frôler les rayons d'une roue de bicyclette en rotation avec un petit morceau de papier.
Camion : idem, mais en utilisant un carton et en relisant la bande à vitesse réduite de moitié.
Hélicoptère : idem que le camion mais en faisant un peu plus cliqueter le petit bout de carton.
Freins : faire crisser un bouchon sur une plaque de verre.
Frein hydraulique : tremper dans de l'eau un morceau de fer rougi au gaz.
Locomotive à vapeur : frotter en rythme et l'une contre l'autre deux feuilles de toile émeri.
Klaxon, sirène : souffler au raz d'un goulot de bouteille et relire à vitesse double. On pourra jouer sur la
hauteur du son en faisant varier le niveau d'eau dans la bouteille.
Rames de barque : plonger en rythme deux planchettes dans une cuvette d'eau.
Ascenseur : utiliser le bruit d'un sèche-cheveux ou d'un aspirateur.
Pluie : vider doucement un paquet de gros sel ou de riz sur une feuille de papier ou faire rouler des pois
secs sur un tamis. On peut aussi utiliser un arrosoir.
Grêle : verser de gros plombs sur une surface dure.
Tonnerre : agiter loin du micro une grande plaque de tôle.
Vent : frotter un morceau d'étoffe dure sur une surface de bois poli, en variant le rythme et la distance
au micro.
Tempête, ouragan : souffler entre ses mains réunies en coquille.
Feu : très près du micro froisser lentement du papier cellophane tout en écrasant peu à peu une boîte
d'allumettes.
Coup de feu : faire claquer une règle sur une table.
Explosion : faire éclater un sac de papier et relire à vitesse réduite de moitié.
Objectif
Montrer le rôle de la voix off dans une construction audiovisuelle et son influence sur la perception des
images. Réfléchir aux différents styles, registres et traitements de la voix humaine.
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : magnétoscope, magnétophone, micros, matériel de montage vi-
déo (banc ou autre magnétoscope), 1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée Pré requis : initiation au
fonctionnement des appareils - initiation à la prise de son.
Description
Réaliser un commentaire off, sur un extrait de film ou de documentaire.
Déroulement
Choisir dans un film enregistré une courte séquence de quelques minutes. Cette séquence ne devra pas
comporter de personnages en train de parler.
Faire une copie vidéo de cet extrait sans enregistrer le son.
On demandera au groupe d'imaginer un commentaire ou une voix d'accompagnement.
On évitera tout recours à la musique.
Préparer et écrire un texte d'accompagnement des images. On réfléchira en particulier à la forme que
peut prendre la voix par rapport aux effets recherchés (voir commentaires).
On pourra éventuellement ajouter quelques bruitages.
Enregistrer paroles et bruitages sur la copie vidéo (doublage son).
On pourra multiplier cet exercice à partir de la même bande image et montrer ainsi toutes les construc-
tions (ou détournements) possibles de sens.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 40
Choisir dans un film enregistré une courte séquence de quelques minutes. Cette séquence ne devra pas
comporter de personnages en train de parler.
Faire une copie vidéo de cet extrait sans enregistrer le son.
On demandera au groupe d'imaginer un commentaire ou une voix d'accompagnement.
On évitera tout recours à la musique.
Préparer et écrire un texte d'accompagnement des images. On réfléchira en particulier à la forme que
peut prendre la voix par rapport aux effets recherchés (voir commentaires).
On pourra éventuellement ajouter quelques bruitages.
Enregistrer paroles et bruitages sur la copie vidéo (doublage son).
On pourra multiplier cet exercice à partir de la même bande image et montrer ainsi toutes les construc-
tions (ou détournements) possibles de sens.
Commentaires
appel : on appelle généralement voix off toute voix dont le locuteur est absent à l'image.
Cette liste est, bien entendu, non exhaustive. On pourra trouver d'autres critères ou d'autres formes de
taxinomie.
En faisant ressortir l'étendue des ressources de la voix humaine, on montrera la diversité de ses utilisa-
tions. Il ne s'agit pas dans cet exercice d'acquérir ou d'adopter un "beau" langage, mais de réfléchir et
d'utiliser des formes vocales variées et adaptées au sens, et de contrecarrer autant que possible les ten-
dances à reproduire spontanément les modèles télévisuels existants.
Objectif
Montrer le rôle joué par la voix dans l'image donnée d'un personnage. Détourner cette perception par
une reconstruction ludique.
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : magnétoscope, magnétophone, micros, matériel de montage
vidéo (banc ou autre magnétoscope), 1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée. Pré requis : initiation au
fonctionnement des appareils - initiation à la prise de son.
Description
Effectuer un doublage de paroles sur les images d'un personnage connu.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 41
Déroulement
Commentaires
Tester la justesse de ce décryptage. Par exemple, quelqu'un lit le texte, guidé par une autre personne qui
lui donne les indications de temps, une troisième personne regarde défiler la bande image et note les
écarts de synchronisation.
On pourra porter sur ce graphique d'autres indications complémentaires telles que : amplitude du mou-
vement des lèvres, mots appuyés, expression du visage, des mains,.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 42
C4 - Réaliser un court montage à partir d'images de publicités
Objectif
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : magnétoscope, papier, ciseaux, colle, matériel de montage (banc
ou autre magnétoscope), 1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée. Pré requis : initiation au fonction-
nement des appareils.
Description
Construire une courte histoire à partir d'images de films publicitaires.
Déroulement
Enregistrer différentes publicités télévisées pour constituer une petite banque d'images.
Etablir un descriptif plan par plan, et très bien détaillé, de chacune d'entre elles (composition de l'image
en début et en fin de plan, durée, ...) (voir commentaires). Ce descriptif précis pourra servir à d'autres
exercices.
Photocopier plusieurs fois les descriptifs afin de pouvoir les découper.
Construire un court scénario à partir de ces informations. On attachera une grande importance à ce tra-
vail de préparation qui constitue l'essentiel de l'exercice et qui doit permettre de visualiser entièrement le
film sur papier.
Effectuer le montage image. Si la durée des plans est relativement courte le recours à un banc de mon-
tage est indispensable, sinon on pourra utiliser deux magnétoscopes mais avec une moindre précision sur
les coupures de plan.
Enregistrer un son sur ce montage image, soit en réutilisant les sons d'origine (difficile), soit en recons-
truisant totalement les bruitages, paroles et musiques.
Ici aussi on pourra s'amuser à détourner les publicités de leur vocation d'origine.
Commentaires
Voici, par exemple, la forme que le descriptif pourra présenter pour un plan :
La représentation,
Durée même sommaire, de
l'image en début et en
Taille
fin de plan est indis-
Angle de prise de vue pensable si l'on veut
effectuer un travail
Mouvement précis de préparation à
Image en début de plan Image en fin de plan
partir de ce descriptif.
Description image
Description son
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 43
C5 - Inverser sons et images sur des publicités
Objectif
Faire ressortir les différentes articulations possibles entre les images et les sons.
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : 1 ou 2 magnétoscopes, 1 magnétophone, 1 téléviseur. Temps :
de 1 h à 2 heures. Pré requis : initiation au fonctionnement des appareils.
Description
Enregistrer le son d'une publicité sur les images d'une autre publicité.
Déroulement
Parmi toutes les publicités que l'on aura précédemment enregistrées, choisir deux enregistrements
d'égale durée. Si l'on possède un deuxième magnétoscope, faire une copie vidéo, sinon travailler sur l'en-
registrement original.
Etablir une grille descriptive de chaque publicité en s'attachant à définir quels sont, à chaque instant, les
rapports entre image et son : redondance, complémentarité, contradiction, contrepoint.
Recopier la bande-son de chaque publicité sur une cassette de magnétophone.
Réenregistrer le son d'une publicité sur les images de l'autre.
Analyser les effets produits.
On notera en particulier à quel moment les associations nouvelles entre les images et les sons fonction-
nent et à quel moment elles ne peuvent fonctionner. On établira un parallèle entre ces observations et les
grilles initiales. On fera ressortir, en particulier, que ce qui fonctionne bien était au départ une construc-
tion ouverte (type contrepoint) et ce qui ne fonctionne pas était au départ une construction fermée (type
redondance).
Commentaires
La grille descriptive pourra se présenter sous une forme succincte (ex ci-dessous). Le principal est de
faire ressortir pour chaque instant quels sont les rapports d'association entre l'image et le son :
10
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 44
C6 - Concentrer une publicité
Objectif
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : magnétoscope, banc de montage, 1 téléviseur. Temps : de 2 h à
1/2 journée. Pré requis : initiation au fonctionnement des appareils.
Description
A partir des images et des sons d'une publicité télévisée de 45 ou 60 secondes, réaliser une publicité
condensée en se fixant un objectif très précis de temps, par exemple 20 ou 30 secondes.
Déroulement
Etant donné la durée extrêmement courte des plans et la précision demandée pour cet exercice, il sera
indispensable de pouvoir disposer d'un banc de montage.
Enregistrer une publicité relativement longue (45 ou 60 secondes) avec si possible sa version concen-
trée. (On en rencontre assez fréquemment à la télévision). Cette version déjà concentrée permettra de
comparer le travail demandé avec celui réalisé par les professionnels de la publicité.
Etablir sur papier un descriptif très précis de la publicité originale. On pourra s'inspirer de celui proposé
en C4.
Seuls les sons et les images de la même publicité seront réutilisés.
Effectuer la préparation sur papier, puis le montage réel. On veillera en particulier à la précision extrême
de la durée totale.
Comparer le résultat avec celui réalisé par les publicitaires et s'interroger sur les différences de traite-
ment retenues.
Commentaires
A défaut de pouvoir disposer d'un banc de montage, on pourra se contenter d'un travail réalisé entière-
ment sur papier à condition d'atteindre la même précision de construction que celle qu'aurait exigée un
montage réel.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 45
C7 - Reconstruire une séquence de film
Objectif
Montrer que mettre des images en séquence, c'est introduire une logique dans une perception de type
analogique.
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : magnétoscope, matériel de montage (banc ou autre magnéto-
scope), 1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée. Pré requis : initiation au fonctionnement des appa-
reils.
Description
Remonter les plans d'une séquence de film dans un ordre différent, en essayant de construire une autre
logique narrative ou en détournant le sens original.
Déroulement
Commentaires
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 46
C8 - Bande-annonce
Objectif
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : magnétoscope, matériel de montage (banc ou autre magnéto-
scope), 1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée. Pré requis : initiation au fonctionnement des appa-
reils.
Description
Réaliser un résumé d'une émission documentaire, d'un film ou d'un épisode de feuilleton.
Déroulement
Choisir un document vidéo : documentaire, film,... (Un feuilleton télévisé offre l'avantage de présenter à
chaque épisode un résumé des épisodes précédents. On dispose alors d'un travail réalisé par des profes-
sionnels qu'il sera toujours intéressant de comparer à l'exercice demandé).
Visionner le document.
Réaliser le montage d'un résumé de ce document en imposant 2 contraintes : la durée 1, 2 ou 3 minutes
et l'objectif.
Pour l'objectif on choisira parmi les trois finalités suivantes :
* Résumé positif,
* Résumé "neutre",
* Résumé critique (voir commentaires).
Seules les images prélevées sur le document original seront utilisées pour le montage.
La bande-son pourra être réalisée soit à partir des sons originaux, soit en enregistrant ou en mixant un
commentaire.
Commentaires
Résumé positif :
visant la promotion du document, sa publicité. Sa construction fera ressortir les aspects positifs et at-
trayants du film. C'est le type de bande-annonce que l'on observe le plus fréquemment au cinéma ou à la
télévision et qui invite à voir le film.
Résumé "neutre" :
visant à donner une information "objective" sur le contenu et la forme du document. C'est le type de ré-
sumé qui conviendrait à un catalogue, un archivage.
Résumé critique :
visant à apporter une mise en garde sur un ou plusieurs aspects du document. Cette information critique
ne devra pas inciter les spectateurs à rejeter le film mais les inviter à la vigilance en soulignant les côtés
négatifs du film et les orienter pour le type d'utilisation qu'ils peuvent en avoir.
A partir d'un même document, il peut être intéressant de demander à trois groupes de concevoir chacun
un type de résumé, et de tester ensuite, sur d'autres spectateurs, les trois productions réalisées.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 47
D1 - Courte réalisation sans montage et sans son
Objectif
Faire prendre conscience que l'image est porteuse de sens, que ce sens résulte d'une construction, que
ce sens n'est pas "unique".
Conditions
Groupe : grand groupe partagé en petits groupes de 2 ou 3 personnes. Matériel : 1 caméscope par
groupe ou sinon tournage à tour de rôle, 1 téléviseur. Temps : de 1 à 2 heures. Pré requis : initiation au
fonctionnement des appareils - initiation à la prise de vue (exercices C1-C2-C3).
Description
Construire (par petit groupe de 2 ou 3 personnes) une courte séquence de 5 à 10 plans sans montage et
sans son, en essayant de faire passer un court message, en respectant les consignes décrites ci-après.
Déroulement
Avant tournage : chaque groupe définit un sujet, simple de préférence et pouvant être facilement tourné
dans l'environnement immédiat.
Faire écrire les intentions de départ et la succession des 5 à 10 plans envisagés.
Tournage : les plans seront tournés chronologiquement (sans montage) conformément aux intentions
écrites.
Visionnement collectif (ensemble des groupes) avec énoncé des intentions originelles.
La discussion portera principalement sur 2 points :
* Différence entre les intentions (écrites) et le produit obtenu,
* Différence entre le sens voulu par le groupe et le sens perçu par les autres.
Commentaires
Cet exercice permet de faire ressortir tout le décalage qui peut exister entre l'idée d'une construction au-
diovisuelle et sa mise en application. Il permet d'entrevoir qu'une réalisation audiovisuelle est une pro-
duction complexe qui se situe dans un champ social lui-même complexe.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 48
D2 - Courte réalisation sans montage et avec son rajouté
Objectif
Faire prendre conscience que la vidéo, c'est l'association d'images et de sons. En les dissociant dans cet
exercice, on mettra en relief leur interaction
Conditions
Groupe : grand groupe partagé en petits groupes de 2 ou 3 personnes. Matériel : 1 caméscope par
groupe ou sinon tournage à tour de rôle, 1 téléviseur, matériel audio (platine disque, magnétophone, mi-
cros,..). Temps : de 2 h à une 1/2 journée. Pré requis : initiation au fonctionnement des appareils - initia-
tion à la pris de vue (exercices C1-C2-C3).
Description
Construire (par petit groupe de 2 ou 3 personnes) un court document de 2 ou 3 minutes (nombre de
plans au choix) permettant de situer un élément extérieur dans son environnement (arbre, auto,....) sans
montage (plans tournés chronologiquement) et en rajoutant un son après le tournage des images. Le son
pourra être, au choix, un commentaire, une musique, des bruitages,...
Déroulement
Avant tournage : demander au groupe de parcourir les lieux environnants afin de choisir un objet à dé-
crire et à situer dans son milieu. Ce parcours (de 10-15 minutes) se fera sans matériel, ni stylo. Après
cette imprégnation visuelle : réflexion et choix d'un sujet par sous-groupe.
Faire écrire les images et les sons envisagés.
Tournage des images sans son, visionnement par sous-groupe et post-sonorisation.
Visionnement collectif (ensemble des groupes) avec énoncé des intentions originelles.
La discussion pourra porter principalement sur :
* La différence entre les intentions (écrites) et le produit obtenu,
* L'articulation images/sons (rythme, complémentarité, redondance, contradiction, contrepoint, position
réciproque....),
* Quels sont les éléments principaux de compréhension et d'émotion,... ?
Commentaires
Complémentaire du précédent (D1), cet exercice impose de rechercher une signification première par
l'image (contrairement à la tendance spontanée des débutants qui est plutôt de mettre des images sur
un texte). Il montre le rôle du son dans le resserrement du sens à donner aux images.
Les problèmes de durée sont mis en évidence. L'impossibilité de développer longuement un propos im-
pose l'enregistrement d'un son "concis" devant signifier en peu de temps.
On pourra rendre cet exercice plus amusant en demandant à un groupe de réaliser les images, puis à un
autre groupe d'écrire et d'enregistrer un son (et réciproquement). Le détournement de sens fonctionne
alors à merveille !
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 49
D3 - Cadrage et symétrie
Objectif
Réfléchir aux notions de symétrie et de dissymétrie dans l'image. Rechercher et analyser différentes
solutions de cadrages.
Conditions
Groupe : grand groupe partagé en petits groupes de 4 à 6 personnes. Matériel : 1 caméscope par groupe
ou sinon tournage à tour de rôle, 1 téléviseur. Temps : de 2 h à une journée selon le nombre de sous-
groupes. Pré requis : initiation à la prise de vue.
Description
Réaliser différents plans sur des objets ou situations symétriques afin de pouvoir les comparer.
Déroulement
Commentaires
Pour compléter cet exercice, un autre groupe pourra rechercher, dans différents documents vidéo ou
émissions télévisées, les cadrages ou mises en scène symétriques, analyser les situations et les effets
recherchés et produits. (En complément à l'exercice A19 on recherchera, en particulier, des émissions
qui, actuellement ou par le passé, utilisent un dispositif symétrique.)
On pourra enfin étendre la réflexion sur la symétrie et la dissymétrie à d'autres formes de représentation
visuelles (photos, affiches, dessins,...).
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 50
D4 - Points de vue
Objectif
Conditions
Groupe : grand groupe partagé en petits groupes de 4 à 6 personnes. Matériel : 1 caméscope par groupe
ou sinon tournage à tour de rôle, 1 téléviseur. Temps : de 2 h à une journée. Pré requis : initiation à la
prise de vue.
Description
Réaliser trois courtes fictions, sans montage, en cherchant par la tenue de caméra ou par les mouve-
ments, à suggérer trois regards particuliers, trois points de vue sur un même sujet (caméra "je", caméra
"tu", caméra "il").
Déroulement
Si l'organisation matérielle le permet, trois sous-groupes réaliseront chacun un des points de vue. Sinon
les trois tournages seront réalisés par le même groupe à des moments différents.
Définir un sujet (personnages, situation, lieu) de telle sorte qu'il puisse être commun aux trois groupes.
Avant tournage, chaque groupe réfléchira aux cadrages, mouvements et raccords de plans qui vont per-
mettre de situer le regard du spectateur.
Tournage dans la continuité des plans. (Sauf si l'on dispose de matériel de montage.)
Commentaires
Caméra en "il" :
C'est la forme la plus répandue. Le spectateur est invité à regarder une action qui se déroule devant ses
yeux. Le regard caméra est "objectif". Le processus de représentation se fait totalement oublier. Le spec-
tateur n'est pas directement impliqué dans la situation, il est en position de témoin, de voyeur. (Ce qui ne
l'empêche pas de s'identifier à l'un ou plusieurs des protagonistes et d'éprouver de l'émotion).
Dans cette forme de point de vue, les regards des différents acteurs ne croisent jamais le regard de la caméra.
Caméra en "je" :
Appelée aussi caméra subjective. Invite le spectateur à partager le regard d'un personnage de la scène.
Le regard du spectateur prend la place du regard de la caméra. Le spectateur voit ce que le personnage voit.
La caméra en "je" peut être suggérée ou introduite par différents procédés :
* le cadrage,
* le mouvement : mouvement de caméra se substituant au mouvement d'un personnage (course trem-
blée, par exemple),
* le montage (par exemple : personnage qui enlève ses lunettes, puis plan suivant flou).
Dans cette forme de point de vue, la place de la caméra correspond à la place supposée des yeux d'un
personnage de la scène.
Caméra en "tu" :
Un personnage s'adresse directement au spectateur qui est pris à témoin. La caméra se substitue au re-
gard du spectateur.
Dans cette forme de point de vue, le regard d'au moins un des protagonistes est dans l'axe de la caméra.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 51
D5 - Cadrage vertical
Objectif
Montrer que le cadre de l'écran (au format 4/3) est une convention arbitraire de communication.
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : caméscope, matériel de montage (banc ou autre magnétoscope),
1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée. Pré requis : initiation à la prise de vue, à la prise de son.
Description
Détourner le cadrage traditionnel en réalisant un court film "vertical".
Déroulement
Pour cet exercice les téléviseurs seront placés en position verticale. La caméra ou
le caméscope seront également tenus verticalement à la main ou sur pied au
moyen d'une équerre de fixation.
Commentaires
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 52
D6 - Cadrages d'interviews
Objectif
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : caméscope, matériel de montage (banc ou autre magnétoscope),
1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée. Pré requis : initiation à la prise de vue, à la prise de son.
Description
Réaliser trois fois le même interview à partir de trois mises en scène différentes (voir commentaires).
Déroulement
Commentaires
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 53
Solutions intermédiaires :
Plus difficiles à mettre en oeuvre, car elles demandent
une plus grande préparation. Elles permettent toutefois
d'allier les avantages respectifs des deux
solutions précédemment évoquées. Différentes solutions
peuvent être envisagées (par exemple : panoramique +
zoom avant).
D7 - La nuit américaine
Objectif
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : caméscope, matériel de montage (banc ou autre magnétoscope),
1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée. Pré requis : initiation à la prise de vue, à l'éclairage, à la prise
de son.
Description
Tourner et monter une courte séquence en extérieur nuit. Le tournage s'effectuant en plein jour selon la
technique dite de la "nuit américaine".
Déroulement
On pourra compléter l'exercice (ce pourra être le travail d'un autre groupe) en recherchant dans diffé-
rents films les scènes qui ont été tournées avec cette technique. Elles sont pour beaucoup d'entre elles
assez facilement repérables (ombres des personnages qui ne proviennent apparemment pas de projec-
teurs, ciel bleu sombre mais trop clair pour un vrai ciel de nuit, absence d'étoiles, importance relative
d'autres éclairages,...)
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 54
Commentaires
La nuit américaine
Objectif
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : caméscope, matériel de montage (banc ou autre magnétoscope),
1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée. Pré requis : initiation à la prise de vue, à la prise de son.
Description
Réaliser le montage d'un interview par la technique du champ / contrechamp en créant un lieu
imaginaire.
Déroulement
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 55
Commentaires
Caméra en Caméra en
position position
" Champ" " Contrechamp"
L'angle obtenu par les axes de la caméra en position champ et contrechamp ne doit pas dépasser 180°.
Autrement dit la caméra, quel que soit son emplacement, doit toujours rester du même côté d'un axe
imaginaire reliant les 2 personnages.
En respectant cette règle, la position relative des personnages sur l'écran n'est pas modifiée. Dans
l'exemple ci-dessous, le personnage noir est toujours situé à droite de l'écran et le personnage gris à
gauche (raccord "dans l'axe"). S'il en était autrement, une certaine gêne serait créée à la lecture puisque
les personnages "sauteraient" d'un côté à l'autre de l'écran.
Pour l'exercice demandé : en changeant de lieu, prendre garde à la disposition des personnages si l'on
veut respecter cette règle.
Champ Contrechamp
C'est essentiellement à partir des fonds (1 et 2) que l'illusion d'un lieu imaginaire pourra se construire.
On s'amusera à rechercher par exemple des associations qui agrandissent l'espace ou qui le rétrécissent,
des fonds très différents (bureau feutré, cuisine). En extérieur on pourra construire des associations inso-
lites : champ sur fond de pavillon cossu, contrechamp sur fond de décharge publique,...
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 56
D9 - Créer un lieu imaginaire
Objectif
Conditions
Groupe : de 4 à 6 personnes. Matériel : caméscope, matériel de montage (banc ou autre magnétoscope),
1 téléviseur. Temps : de 2 h à 1/2 journée. Pré requis : initiation à la prise de vue, à la prise de son.
Description
Créer par le montage un espace imaginaire, insolite ou surréaliste..
Déroulement
Pour cet exercice, nous utiliserons la technique du raccord dans le mouvement (voir commentaires).
Une des solutions envisageables (mais on pourra en trouver d'autres) est d'utiliser l'artifice des portes
que l'on ouvre et que l'on ferme. Un personnage se déplace, ouvre une porte, se trouve dans un autre
lieu, va ouvrir une autre porte, etc. Tout le problème dans cet exercice sera d'assurer des raccords de
plan qui se justifient.
Repérer tout un ensemble de lieux différents.
Préparer le tournage pour chacun des lieux en pensant surtout aux raccords possibles sur les mouve-
ments de portes.
Filmer, dans chaque lieu, un personnage qui entre par une porte et se dirige vers une autre porte.
Effectuer le montage des plans pour donner l'illusion d'un espace continu.
Pour assurer une continuité filmique, on pourra en plus des raccords dans le mouvement penser à une
continuité sonore au changement de plan (grincement de porte qui couvre le raccord image, son d'am-
biance du second lieu qui débute un peu avant le changement de plan,...).
Commentaires
Pour créer un espace imaginaire nous pouvons assembler une série de plans tournés dans des lieux diffé-
rents et donner l'illusion qu'ils appartiennent au même lieu. Toutefois, le problème qui se pose est de
trouver une logique à leur enchaînement pour justifier aux yeux du spectateur la forme du montage.
C'est ici qu'intervient la technique du montage.
Un changement de plan dans le déroulement d'une scène doit assurer à la fois une rupture et une con-
tinuité.
La rupture marque la nécessité d'un changement de plan. Elle peut être assurée par un changement de
taille de plan ou par un changement d'angle de prise de vue.
La continuité accrédite l'idée d'une suite, d'une unité de la scène. Elle peut être assurée par la place rela-
tive occupée dans l'image par le sujet principal ou par un enchaînement de gestes ou de mouvements.
Dans l'exercice précédent (D8), nous avons utilisé l'artifice de l'interview et de la technique du champ/
contrechamp. Il s'agissait d'une forme de montage dit "dans l'axe". C'est-à-dire que la continuité filmi-
que de la scène se trouvait assurée par la position relative identique des deux protagonistes. Dans un
plan, chacun des personnages se retrouvait dans le même axe qu'il occupait au plan précédent.
Une autre forme de raccord peut être réalisée pour assurer une continuité apparente, c'est le montage dit
"dans le mouvement". Dans cette forme d'assemblage il s'agit de couper un plan dans un mouvement
(mouvement d'un personnage, d'un objet mobile...) et de monter à la suite un autre plan du même mou-
vement mais cadré sous un angle différent.
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Exercices pédagogiques pour la pratique de l’outil vidéo - JPA - 1991 57