PSYCE5126 Les grands courants psychothérapeutiques contemporains :
Psychanalyse (Fouchet) – Systémique (Duret) - Cognitivo-comportemental (Fantini)
PARTIE TCC: CAROLE FANTINI
ACT : Acceptance and Commitment therapy : thérapie de l’acceptation et de l’engagement
Examen : rapport (3-4 pers) de 4-5 pages MAX sur un trouble psychopathologique, lier avec
ce que dit la littérature sur le trouble en question autour de l’efficacité/intérêt des ACT.
INTRODUCTION
Thérapies ACT: fortement ancrées dans les approches humanistes à la « Carl Rogers » (3
attitudes fondamentales ; congruence – considération positive inconditionnelle –
compréhension empathique). Être « ici et maintenant » dans le moment présent ! L’idée est
de toujours aider les personnes à grandir avec leurs limites et de transformer les difficultés en
qqch qui peut être moteur d’une remise en marche constructive et d’aller dans une meilleure
direction de vie.
à Approche purement comportementale par essence : on discute des pensées, on vit le
moment présent quand les pensées sont là pour observer ce que l’on ressent physiquement
(exposition pas toujours facile, revivre des moments – et apprendre à les observer permet au
final d’avoir un autre regard sur ces phénomènes corporels).
Objectif : ce n’est pas la disparition des symptômes en tant que tel, c’est la conséquence d’une
remise sur les rails de notre propre vie en direction de ce que l’on souhaite pour nous.
- Vidéo “Gran Corto: Miedos (fears)”
- Vidéo « TEDx UniversityofNevada » - Steven Hayes
Steven Hayes : père fondateur de la thérapie ACT, ancien agoraphobe (phobie des lieux ou
situations pouvant provoquer un état de panique, un sentiment d'impuissance ou une gêne).
Il décrit les processus et la mécanique dans lesquels il était coincé et explique tout ce qui se
passe aussi de l’ordre du réseau associatif (réseaux réactivés de pensées dès qu’il y a une
certaine anxiété qui mettent en pré-alerte). Lorsqu’il faisait des attaques de paniques, il a
essayé pas mal de techniques cognitives et comportementales dans la relaxation. La relaxation
et la réponse qu’elle produit d’un point de vue musculaire est antagoniste à la réponse
musculaire typique de l’anxiété. On ne peut pas ressentir en même temps de la décontraction
et de la tension. Le simple fait de penser le mot relaxation ou l’idée de se dire « je dois faire
de la relaxation » a déjà un effet d’activation de pensées liées à ça et l’anxiété.
Tout le monde n’est pas capable de faire de faire de la pleine conscience et de la méditation.
L’évitement est une réponse principale des troubles psychopathologiques dans des situations
émotionnelles pour ne pas ressentir des émotions négatives. Or les émotions sont vitales et
nécessaires à notre survie. La peur a une fonction (activation des processus pour fuir).
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D’après une étude réalisée aux USA, les outils thérapeutiques n’auraient que 15% de poids sur
l’évolution, c’est avant tout l’alliance thérapeutique qui va permettre de faire évoluer
significativement la situation. Cependant, il est toujours préférable de travailler avec des outils
empiriquement reconnus. à Les outils qu’on expérimentent sont avant tout des choix
personnels.
Par exemple même si en TCC on travaille souvent avec de l’exposition, c’est notre devoir de
réaliser une analyse fonctionnelle de notre patient (repérer les forces et les faiblesses, quelles
sont les ressources dont il a besoin pour pouvoir faire face à l’exposition). Si l’on estime qu’il
n’est pas en mesure de vivre correctement le processus, on ne le réalise pas ! Le cas échéant,
ce serait une faute professionnelle.
En psychanalyse, soit on est en cure psychanalytique (forme de partage mais très limitée) soit
en approche psychodynamique (très centrée sur le dialogue, la réciprocité). L’approche
humaniste sera plus appropriée pour des patients ne souffrant pas de troubles psychopatho.
Existence également d’un thérapie centrée sur les émotions. Quand on travaille avec des
patients borderline, ils sont quand même résistants a beaucoup d’approches à on optera
alors pour une approche intégrative = thérapie dialectique.
En psychologie clinique, il est important de réaliser une activité diagnostique en terme de
trouble, mais également une activité diagnostique centrée sur la personnalité, le
fonctionnement mental (stratégies défensives, angoisses) etc. C’est la mise en lumière de
toutes ces facettes vont nous permettre de mettre en place un suivi et une prise en charge
adaptée (=interventions). Le diagnostic ce n’est pas que la maladie, c’est aussi une évaluation
sur la personnalité et la dynamique psychique
1) ACT et TCC ?
Ces thérapies sont centrées sur l’émotionnel ; on ne cherche pas à restructurer la vision du
patient ou à changer quelque chose, on veut plutôt changer le rapport qu’entretient l’individu
avec ses pensées. Le point d’intérêt de cette vague est que les interventions sont centrées sur
l’observation, la reconnaissance, l’exploration active et le non-jugement des situations
émotionnelles ; on ne se concentre pas sur le problème du patient mais sur la relation qu’il
entretient avec ce problème.
Rappel des « vagues » du courant TCC :
´ TCC vague 1 : tout ce qui est comportemental (Pavlov, Skinner…). Les comportements
dysfonctionnels ou troubles psychopathologiques sont des résultats d’apprentissage.
• Supprimer ces apprentissages pour les remplacer par d’autres qui sont
incompatibles : réponse anxieuse à relaxation
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´ TCC vague 2 : rôle des représentations cognitives – découle directement de la
psychologie cognitive du traitement de l’information (croyances, pensées
dysfonctionnelles)
• Remplacer ces représentations dysfonctionnelles par des représentations plus
fonctionnelles (modèle des 5 colonnes de Beck)
´ à TCC vague 3 : ACT : les troubles psychopathologiques sont la conséquence de
l’évitement expérientiel (évitement des émotions, des pensées douloureuses)
Il faut d’abord se souvenir que la peur en tant que telle n’est pas une ennemie. Si on avait plus
de peur, imaginons on retire notre amygdale, on resterait planter face à des tout même des
choses potentiellement dangereuses sans broncher. L’anxiété en tant que telle va nous alerter
sur ce potentiel danger, la peur est donc un sentiment utile. Or la plupart des patients veulent
fuir cette peur et mettent en place des stratégies pour fuir leurs peurs. On parle de stratégies
de lutte ou d’évitement.
Notion d’acceptation : l’acceptation c’est le fait de pouvoir continuer à avancer dans la vie
tout en acceptant nos émotions et en développant une relation complémentaire, en quelque
sorte, avec nos propres émotions.
A différencier avec la résignation : l’acceptation n’est pas se dire « je suis anxieux et tant pis »,
c’est plutôt le fait de se dire « je suis anxieux et je vais faire de mon mieux avec ça ». On
reconnait nos difficultés et on avance avec celles-ci. La résignation c’est plutôt une soumission
de notre volonté, on abandonne.
La notion de rumination est importante aussi en TCC. Une rumination d’idées va provoquer
des comportements et des ressentis désagréables. On va être angoissés sur le plan émotionnel
mais ça va aussi passer par le corps ; on est figé, bloqué, on n’arrive pas à penser à autre chose,
on est entièrement focalisés la dessus.
® Un besoin qui nait des ruminations est le besoin de flexibilité : être capable de déplacer
son attention vers autre chose, de désengager son attention du stimulus menaçant.
L’acceptation permet d’augmenter la flexibilité. La pleine conscience aussi nous apprend à
faire cet exercice de flexibilité, de désengagement de l’attention (ex : body scan où il faut
déplacer notre attention sur chaque partie du corps). Un exercice de méditation que la prof
aime bien à ce propos c’est l’exercice des feuilles (pensées) qui tombent dans la rivière et qui
sont emmenées avec le courant.
Ce qui fait qu’on bloque dans les ruminations, ce sont les pensées automatiques qui nous
poussent à agir sans réfléchir. La prof donne un exemple de patiente qui va machinalement à
son frigo chercher à manger à chaque fois qu’elle se sent vide émotionnellement, qu’elle se
sent angoissée etc. C’est un processus automatique. La flexibilité, ça va aussi être de sortir de
cette pensée automatique pour retrouver une forme de choix qu’on peut mettre en place. On
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peut faire ça avec un travail de conscientisation en décidant d’agir en direction des valeurs,
par exemple (ex : j’ai envie de manger malgré le fait que je n’ai pas faim, mais cela ne
correspond pas à mes valeurs de santé.) En parlant de liberté de choix, on pourra par exemple
arriver à : ce n’est plus important pour moi de manger ; je suis libre de choisir de faire autre
chose quand je ressens un vide émotionnel.
Le langage et son développement ont un impact sur la naissance de pensée automatique
notamment parce qu’on compare beaucoup les choses et ce dès petit.
´ Film TedX (Hayes) : explication de la flexibilité (psychological flexibility) via son propre
vécu des attaques de panique. Il faut arrêter de fuir et accepter ce qui fait partie de
notre vie. Il dit aussi que ce qui nous fait souffrir c’est ce qui est important pour nous
(ex : on est amoureux donc ça crée une peur de perdre l’autre).
Avec les patients, on travaille le contenu des messages négatifs et on cherche à le comprendre.
2) Le langage : bénédiction ou pas ?
´ La première source de troubles psychopathologiques et de difficultés réside dans la
façon dont le langage et les cognitions interagissent avec nos circonstances de vie,
pour produire une incapacité à persister ou adopter des changements au service de
nos valeurs
´ L’inflexibilité survient quand les outils langagiers sont utilisés dans des contextes où ils
n’aident pas ou s’ils sont utilisés de manière problématique / inefficace (lorsqu’ils
servent à se soustraire à une expérience douloureuse)
à C’est difficile à concevoir tant le langage et la pensée rationnelle sont utiles et
efficaces dans de nombreuses circonstances
Ce qui est central, c’est de permettre aux patients d’agir, d’adopter des comportements
engagés malgré la présence d’émotions et d’expériences négatives. Le langage est aussi source
de pensées irrationnelles et peut donc créer un handicap.
Alors comment trouver une solution ? En fuyant nos ressentis douloureux ? Mais cette fuite
devient ensuite la source même du problème, selon le modèle ACT. Le modèle le montre bien
avec les patients qui mettent en place des stratégies de fuite pour fuir leurs sensations
anxieuses, ça marche bien à court terme mais les conséquences reviennent à long terme.
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3) Origine épistémologique
Contextualisme fonctionnel (Hayes, 1993)
- Rôle central donné aux variables de l’environnement dans le développement et
maintien de la psychopathologie
- Intérêt central pour l’action dans son contexte (aspects historiques et situationnels des
comportements)
- Peu importe si les pensées ou comportements sont vrais ou faux, la vraie question est
de savoir si les pensées et comportements sont efficaces pour atteindre les buts
• Ils sont efficaces s’ils nous rapprochent des valeurs, inefficaces s’ils nous en
éloignent
• Ce qui est donc essentiel c’est la fonction des comportements et des pensées
et leurs conséquences : éloignement, rapprochement, cercle vicieux
- Des comportements similaires (topographiquement) peuvent avoir des fonctions
différentes (efficaces et inefficaces)
- A l’inverse, des comportements différents peuvent n’avoir qu’une seule et même
fonction (évitement, éloignement des ressentis douloureux)
• Risque de renforcement et donc d’évitement expérientiel
4) Notion d’évitement expérientiel
Tous les comportements visant à se soustraire à une expérience intérieure indésirable, ou aux
conditions externes qui provoquent cette expérience. Elle est définie par sa fonction, c’est-à-
dire « modifier son expérience intérieure » et non pas par ses formes très variées.
à L’évitement expérientiel est le facteur commun des troubles psychopathologiques
La personne va éviter, tenter de contrôler les pensées, émotions et ressentis inconfortables
(ex : citron, licorne violette à irrémédiablement on visualise ou sent ou même perçoit le
goût). Le problème c’est qu’en essayant de contrôler une peur, un ressenti…on va d’office y
penser, et donc l’activer.
Toute tentative délibérée de contrôler une pensée implique une règle verbale :
• Ne pense pas au citron
Mais spécifier « citron » va tendre vers l’évocation de « citron ». En plus du langage, spécifier
le mot, la pensée ou autre fait apparaitre une image.
C’est la même chose avec les émotions. Essayer de contrôler la peur implique de penser à la
peur, ce qui tendra à évoquer la peur.
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5) Le modèle de la persistance de la détresse émotionnelle : Barlow et Allen
(2007)
La souffrance induite par la pathologie des émotions est rarement le fait d’une émotion
primaire ; la souffrance est plutôt le résultat d’une réaction de refus de l’émotion – une
émotion secondaire. Nous souffrons quand nous avons peur de nos émotions (l’anxiété n’est-
elle pas une peur d’avoir peur ?) ; lorsque nous n’acceptions pas certaines de nos réactions,
lorsque nous dénions ou réprimons certains sentiments. Le fait d’accepter et d’exprimer une
émotion primaire est psychologiquement sain et adaptatif. Le refus de cette émotion entraine
des dysfonctionnements : émotion secondaire, non-résolution de la problématique engendrée
par l’émotion primaire, échec de la suppression ou de l’évitement émotionnel… (Commentaire)
® Selon ce modèle la clé est de travailler sur l’acceptation des émotions.
6) La théorie des cadres relationnels
Le langage est souvent pratique. Il existe, pour les gens, des règles verbales fonctionnelles :
ü On n’a pas besoin d’avoir été en contact avec un serpent pour savoir que ça peut être
dangereux.
Il existe cependant, parfois, pour les gens, des règles verbales inadéquates :
´ Comme par exemple éviter quelque chose qui objectivement n’est pas dangereux : « si
tu marches sur ce préservatif usagé, tu vas tomber enceinte » ; « si tu ne comptes pas
trois fois trois, le diable sera dans ta chambre »
Une des caractéristiques du langage est de mettre en relation des évènements entre eux, sur
base de leurs caractéristiques non physiques, et ce de manière arbitraire. L’exemple typique
est celui de la phobie.
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La valeur symbolique du langage est la capacité d’établir des relations entre deux évènements
alors qu’ils n’ont jamais été mis en relation directe l’un avec l’autre.
« Je suis plus petit que l’univers »
« Dieu est plus grand que l’univers »
Transitivité ? : Je suis plus petit que Dieu
Hayes (2001) a montré que la mise en relation de 2 stimuli peut être arbitraire (non reliée aux
caractéristiques intrinsèques.
• Une Audi A4 est plus grande qu’une Porsche
• La Porsche est plus cher que l’A4 : contexte social
A partir de la mise en relation, de nouvelles fonctions peuvent être attribuées aux évènements
Ex : un enfant se blesse avec un couteau : « tu vois, je t’avais dit que c’était dangereux ». Plus
tard il court partout : « ne cours pas, c’est dangereux ». L’enfant peut créer une équivalence
entre le couteau et l’action de courir : les deux peuvent être source de douleur. Pourtant le
caractère dangereux de courir n’a pas été expérimenté (pas d’expérience de la douleur), mais
la relation est créée.
Il y a une transformation par le langage de la fonction d’un évènement : courir.
Indices relationnels : c’est pire, c’est comme, …
Alors faut-il expérimenter le danger pour l’éviter ? Non, mais problème :
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¾ Si les fonctions de transformations via le langage affectent des évènements de
l’environnement, elles affectent aussi nos processus de pensées et nos émotions
¾ Ces fonctions affectent de manière arbitraire des éléments de notre environnement,
qui acquièrent ainsi des fonctions qui ne correspondent pas à la réalité objective
• Exemple. Clinique. Mr X: accident moto (passager)
• Dérivation , connexion par le langage à tout ce qui se rapporte aux transports, à la
route...l’évocation d’occasions qui sont associées à la conduite génèrent des émotions
douloureuses....partir en vacances...
• Le conditionnement opérant (ou apprentissage pour les plus frileux) fonctionne pour
expliquer la mise en relation entre danger et moto. La généralisation arbitraire (biais
cognitif) pour comprendre danger et voiture ou trottinette. Mais ne fonctionne pas
pour vacances....dérivation par le langage (fonction symbolique de mise en relation).
Le conditionnement ne permet pas de comprendre la relation entre l’anxiété, la peur
et les objets ; c’est la dérivation symbolique du langage qui peut nous l’expliquer.
• La dérivation du langage fonctionne aussi pour l’évitement (Dymond & Roche) :
protocole ;
1. Apprentissage d’équivalence arbitraire A = B, B = C. On obtient la dérivation A = C.
2. Présentation du stimulus A, suivi d’une image aversive (IAPS) : apprentissage
répondant. Les participants apprenaient à éviter l’image dès la présentation du
stimulus A en appuyant sur un bouton qui la faisait disparaitre : apprentissage opérant.
3. Résultats : l’évitement se propageait aux stimuli qui avaient une relation
d’équivalence : A et B mais aussi par dérivation A =C. Des apparitions de A, B ou C, les
participants appuyaient sur le bouton alors que seul A a été associé aux images
aversives.
Des mots, sons, pensées (mots), images peuvent ainsi acquérir une valeur anxiogène et être
évitées sans avoir été associées directement à des émotions douloureuses :
àC’est la fusion cognitive.
C’est ce concept de fusion cognitive qui mène à l’évitement (le fait d’associer des images à
des faits, des créateurs d’émotions douloureuses).
* La fusion cognitive conduit à l’évitement comportemental
* Souvent liée à la poursuite de « règles » issues de cadres relationnels
¾ Se sentir mal et mauvais
¾ « Si je ne suis pas heureux, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche en moi »
¾ Aspects socio-culturels : média…
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* L’évitement expérientiel réduit le répertoire comportemental et entraine une
inflexibilité psychologique. C'est inefficace et s’amplifie dans le temps.
C’est parce que la personne établit ces règles qu’on voit apparaitre les émotions
douloureuses.
7) Avec l’ACT, on choisit la direction vers laquelle on souhaite aller.
ü Aller vers les personnes / choses qui sont importantes pour soi, au travers de nos
actions, et aller dans cette direction malgré les obstacles et expériences douloureuses.
La disparition des symptômes est une conséquence de cette remise en mouvement
ü Retrouver une flexibilité psychologique : capable de switcher entre ce qu’on fait et ce
qu’on pense
´ Inflexibilité psychologique : fusion avec le langage (le langage tient lieu de la réalité),
lutte contre les pensées et les émotions (évitement expérientiel), et tentative de
contrôler les émotions et pensées. Conduit à s’éloigner des valeurs et réduit le
répertoire comportemental.
ü Alors que les autres approches se focalisent sur la réduction d’obstacles (pensées
automatiques, émotions…), l’ACT se focalise sur les actes engagés et les valeurs pour
suivre la direction importante pour soi
ü En ACT, on parle de vie centrée sur les valeurs, ou vie engagée ; identifier ce qui est
important et agir dans cette direction de choses importantes à nos yeux plutôt que de
vivre en pilote automatique ou d’attendre que les obstacles disparaissent avant de
faire ce qui est important pour soi.
ü Le but de l’ACT n’est jamais de se sentir bien ou d’éviter les émotions négatives, mais
de faire les choses qui nous mettent en mouvement vers ce qui est important pour
soi (vivre avec nos émotions négatives mais toujours continuer à faire ce qui nous fait
du bien).
ü Vivre en accord avec nos valeurs essentielles et nos buts sans permettre à nos
expériences internes de fonctionner comme des obstacles, afin de nous tourner vers
ce qui est réellement important.
ü Apprendre à faire un pas de côté par rapport à nos pensées, à prendre de la distance ;
changer le rapport à nos sensations et messages
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Métaphore : potion magique qui nous permet de ne plus jamais ressentir les émotions
négatives. Potion avec effets secondaires à on ne peut plus faire les choses qu’on aime à on
ne prend pas car on ne veut pas arrêter les bonnes choses // prix de l’évitement.
« Si vous la prenez, Vous ne ressentirez que les émotions positives, la joie, l’enchantement
etc....vous ne ressentirez plus jamais de sensations désagréables. La prendriez-vous?
Maintenant, cette potion a des effets indésirables: vous ne pourrez plus jamais sortir de votre
lit ou interagir avec des gens. La prendriez-vous? «
Si vous choisissez alors de ne pas prendre la première c’est qu’il y a des choses plus
importantes que vous souhaitez faire, malgré le fait se sentir mal…
• ACT c’est exactement ça : identifier l’important pour vous et apprendre comment se diriger
efficacement vers ceci.
L’ACT en trois lettres :
¾ A : accepter tout ce qui provient de notre monde intérieur (sans jugement) : pensées,
émotions, sensations ® suppose d’être présent, d’observer
¾ C : choisir la direction que l’on souhaite prendre en fonction des valeurs qui sont
importantes pour soi ® se traduit par des actes engagés car en direction de nos
valeurs.
¾ T : thérapie
L’objectif : à nouveau, est de retrouver une flexibilité psychologique, c’est-à-dire notre
capacité de disposer d’un choix de comportements en présence d’émotions, de pensées, de
sensations négatives, et non pas d’agir pour les éviter ou y échapper.
Le but c’est d’augmenter les possibilités de réponses comportementales quand un patient est
« coincé », « piégé » dans ses émotions négatives !
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8) Processus psychologiques au cœur de l’ACT
STRUCTURE EN 6 POINTS ;
1. Entrainer l’observation. Promouvoir l’observation non-jugeante des évènements internes
et externes tels qu’ils surviennent. On cherche à faire prendre conscience du moment présent
(= observer). Cela nécessite une attention flexible afin de shifter entre ce qui nous traverse
l’esprit et l’instant présent.
Diriger l’attention de la personne sur ce qui se déroule à l’intérieur d’elle, ici et maintenant,
et dans son environnement.
L’observation est un comportement incompatible avec l’évitement d’expérience Le passé
n’existe plus et le futur n’est pas encore là. Observer = sans étiquettes négatives et sans
jugement
Debrief : Que constatez-
vous?
Variantes : SIM express : 3
choses de chacune des
dimensions, ou simplement
observez n’importe quand à
n’importe quel moment !
Toujours connecter le
patient au présent ;
observez les moments
d’évitement (change de
sujet, perd le contact
visuel...), l’apparition de
réponses émotionnelles....
2. Faire ressortir la futilité de la lutte, le fait que la lutte ne fonctionne pas : la lutte a des
conséquences, notamment, on n’est pas acteur dans sa vie, on n’est pas dans le présent, on
est déconnectés de ce qui est important pour nous (valeurs) ; on reproduit toujours les mêmes
comportements, notre répertoire comportemental devient plus petit. La lutte peut aussi
amener à renoncer à des domaines de vie importants.
3. Aider les clients à contacter leurs valeurs : les valeurs sont des motivations intrinsèques
renforcantes qui organisent les comportements tout au long de la vie. En ACT, les valeurs sont
des directions que l’on peut incarner par l’action (agir en partenaire proche et disponible) – et
pas des objectifs qui peuvent être atteints (me marier avec XY).
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Ce sont des principes directeurs sous-jacents à nos actions. On va aider les personnes à
associer les changements de comportements aux valeurs de vie choisies, tout en restant
connectés/présentes à leurs sensations, émotions et expériences.
Pour aller en direction de nos valeurs, il y a des objectifs, des actes pour s’en approcher.
Exemples ;
Valeur : être un bon père de famille
Objectif : passer du temps avec mes enfants
Valeur : Partager
Objectifs : consacrer du temps à mes relations, être disponible pour les autres
Différence entre les valeurs et les buts :
• Les valeurs donnent du sens à la vie, pas les buts (ex: mon but est d’être milliardaire).
Quel sens cela donne t’il a ma vie? Les buts seuls rendent la vie peu pimenté, un peu
fade....amassez des buts comme on collectionne les coquillages !
• Mais être milliardaire peut me permettre d’avoir des actions en lien avec mes valeurs
: imaginons qu’une de mes valeurs soit la solidarité...je pourrais investir ces milliards
dans des actions caritatives...
ACT = n’a rien à voir avec la morale ! Les valeurs sont librement choisies sans jugement. Les
valeurs donnent du sens aux différents aspects de notre vie. Ce sont les principes directeurs
sous-jacents à nos actions.
Qu’est ce qui est important pour vous et QUI est important?
• Les valeurs ne sont pas des buts ou des objectifs à atteindre.
• Souvent, la souffrance est le signe qu’une valeur est touchée : deux faces d’une même pièce
Avancer vers nos valeurs c’est s’exposer au risque de la souffrance.
« Coincé ! – Le piège… »
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Quelles sont les conséquences de la lutte?
• Pas dans sa vie, pas dans le présent
• Déconnecté de ce qui est important pour soi: les valeurs
• Toujours les mêmes comportements qui apparaissent
• Rétrécissement du répertoire comportemental
• Peut amener à renoncer à des domaines de vie importants
à Actions engagées :
• Comportements qui reflètent vos valeurs
• Sont mises en place même si vous expérimentez des évènements ou émotions
déplaisantes.
• Intérêts des méthodes comportementales classiques :
Exposition: agir c’est accepter et accepter c’est choisir. Pour agir : exposition malgré
les obstacles.
4. Aider les clients à se décoller des pensées (la défusion) et à accepter. Accepter plutôt que
de contrôler ou éviter ; les expériences privées (émotions, pensées, sensations, souvenirs),
l’histoire personnelle, et les attitudes et comportements des autres. Cela implique de prendre
conscience de la manière dont notre esprit fonctionne et aussi d’identifier les patterns
d’évitement que l’on a dans nos comportements (distractions, abus de substance, se faire mal,
ruminer, …). On doit être capable d’observer ce qu’il se passe dans nos têtes sans y réagir.
L’acceptation va être de pouvoir s’ouvrir à ce qui apparait, plutôt que de repousser.
Généralement, les individus tentent de repousser les expériences désagréables ou de les
contrôler en prenant la fuite, en évitant.
L’évitement est souvent lié au suivi de règles internes (ex : « se sentir mal est mauvais pour
toi », « si tu te sens mal c’est qu’il y a quelque chose qui cloche en toi »). L’évitement
expérientiel se traduit par l’évitement comportemental.
Lutte « tire vers le bas » // sables mouvants
La fusion : prendre les pensées à propos de soi, du monde ou des autres, littéralement. C’est
le fait de les considérer comme des vérités pures plutôt que comme de simples pensées : les
prendre pour ce qu’elles racontent plutôt que pour ce qu’elles sont. On peut avoir une fusion
avec le soi conceptuel (je suis comme ci ou comme ça), avec notre histoire (je suis comme X…
à cause de Y… et c’est pour ça que je réagis comme Z…).
La défusion cognitive, c’est une forme particulière d’exposition aux stimuli verbaux de façon
à percevoir une pensée pour ce qu’elle est au lieu que pour ce qu’elle raconte ; à percevoir les
conceptions de soi-même et des autres comme des conceptions, et à percevoir les évaluations
des autres et de soi-même comme des évaluations.
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Il s’agit d’arrêter de considérer les pensées comme des faits et de les considérer comme des
constructions du langage à propos de soi ou des autres....
Toutefois, expliquer ne sert à rien puisque l’explication dépend de la signification littérale des
mots.
En ACT, nous utilisons beaucoup les métaphores pour sortir de la signification littérale des
mots et d’autres outils.
Prendre de la distance entre les pensées et celui qui pense; entre les ressentis et celui qui
ressent
à Il faut changer le rapport entretenu avec les pensées plutôt que leur contenu.
Passer du soi comme concept au soi comme contexte (résultat d’un apprentissage social) et
soi observateur à moment présent, observer ;
- Pour remarquer que les pensées et les émotions ne détruisent pas
- Pour remarquer que la personne est bien plus que le contenu de ses expériences
- Pousse à être dans l’instant présent.
Vidéo « Les passagers de l’autobus » ; métaphore aller dans une direction voulue
[Link]
5. Promouvoir et entrainer l’acceptation (les obstacles)
6. Accepter, choisir, transformer sa vie
Acceptation =/= résignation
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Une autre façon de conceptualiser :
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