I.
DEFINITION
L’injection c’est l’introduction dans l'organisme d'une ou plusieurs substances
médicamenteuses par une autre voie que la voie digestive. Ces substances sont introduites
dans les tissus à l'aide d'une aiguille et d’une seringue stérile.
Les différentes injections susceptibles d'être effectuées par l'infirmier sont :
- Injection intradermique I.D
- Injection sous cutanée S.C
- Injection intramusculaire I.M
- Injection intraveineuse I.V
1
Les substances injectables
Elles sont présentées soit sous : forme liquide, soit en poudre nécessitant une dilution
extemporanée.
Elles sont conservées :
- en ampoules scellées et effilées à chaque extrémité;
- en ampoules-bouteilles;
- en flacons obturés par un bouchon de caoutchouc.
2/AVANTAGES DE LA VOIE PARENTERALE
A) Éviter le tube digestif
• Certains médicaments irritent les muqueuses digestives
• Certains médicaments sont désagréables au goût
• Certains médicaments sont dégradés par la digestion
• Dans le cas de certaines pathologies (diarrhées, vomissements)
• En cas de troubles de la déglutissions (coma, à jeun, pathologies O.R.L.)
B) Effet plus rapide
• Le médicament passe directement dans la circulation générale (intraveineuse)
• La voie intramusculaire passage dans la circulation sanguine.
• La voie sous cutanée passage dans la circulation sanguine un peu plus longtemps.
• Voie intradermique passage dans la circulation sanguine (quelques minutes à
quelques heures)
II. INCONVENIENTS
• Douloureux
• Risque infectieux
• Risque d'hématome
3 types : hypotonique : G2,5% isotonique : G5% hypertonique : G10%, 15%, 20%,
30% et 50%
III. SUBSTANCES MEDICAMENTEUSES INJECTABLES
A) Les différents types et présentation
2
• Les solutés : produits aqueux, huileux, produit de contraste, autres….
• Les solutions hypotoniques : (de concentration en ions inférieure au
sang) exemple : G2,5% :
Réhydratation dans les états hyperosmolaires - Patients diabétiques
Administration : voie IV lente
3
• Les solutions isotoniques (de " concentration équivalente " au
sang) Exemple :
✓ Chlorure de sodium à 9 %o
✓ Sérum glucosé à 5 %
- Hydratation - Véhicule pour administration de médicaments
injectables - Apport calorique (≠ nutrition parentérale) Administration : voie IV
• L’hypertonique. (De " concentration supérieure " au sang) Exemple :
✓ Des produits de contraste
✓ Sérum glucosé à 10 %,15%,30%
- Hypoglycémie sévère - Prévention des déshydratations intra et extra
cellulaires -Apport calorique glucidique etc… : Administration : voie IV centrale
• Les poudres : à diluer avec un solvant
• Les solvants : eau pour préparations injectable, chlorure de sodium
9/1000 ou 0,9% ou sérum physiologique
• Poche à perfusions : emballage stérile
B) Conservation et stockage
• Ne jamais déconditionner les médicaments, ne pas séparer le solvant
• Conservation et stockage sous la responsabilité du manipulateur dans son service.
• Dans une armoire à pharmacie (au sec, sans lumière), pour certains produits dans le frigo
• La date de péremption doit être vérifiée régulièrement surtout avant utilisation
• Vérifier le changement de couleur
A) Les cathéters courts intraveineux
• Tube souple en silicone ou Téflon de longueur et de
diamètre variable
• Mandrin, tube souple, une chambre de visualisation et la
garde en plastique de différentes couleurs selon le
diamètre et la longueur
4
IV. LES DIFFERENTS TYPES D’INJECTIONS
1°) PRINCIPE ET BUT :
• Injecter un produit médicamenteux en
solution sous la peau pour favoriser la diffusion
progressive au niveau du tissu sous cutané (sous
la peau).
• La voie sous-cutanée a une action thérapeutique
lente (le tissu sous-cutané est moins vascularisé
que le tissu musculaire).
• Elle permet une diffusion retardée du médicament, le volume du produit injecté
ne doit pas dépasser 2ml
5
L’injection se fait habituellement sur :
o La région sous et sus-épineuse de l’omoplate
o La face externe du bras
o La face externe de la cuisse
o Zone externe de l'abdomen.
▪ Les indications de la voie sous-cutanée :
• La vaccination
• Administration d’anticoagulant
• Administration d’anesthésique local
• Administration d’insuline
• Réhydratation de la personne âgée (perfusion sous cutanée).
▪ Les contre-indications de la voie sous-cutanée
• Plan cutané septique ou lésé
• Produits hypertoniques
6
B/-INJECTION INTRA-MUSCULAIRE - Fiche technique -
1°) PRINCIPE ET BUT : C’est l’introduction d’un produit
médicamenteux dans le tissu musculaire.
• La voie intramusculaire permet une absorption et une
diffusion des médicaments plus rapide du fait que le
tissu musculaire et très vascularisé.
• Le volume du produit ne doit pas dépasser 10ml, la seringue
doit être adaptée au volume injecté, l’aiguille doit être
longue, selon la corpulence du patient et à biseau long.
• Les injections intramusculaires se font habituellement sur :
⮚ La région fessière : dans le quart (1/4) supéroexterne de la fesse droite ou
gauche afin d’éviter le nerf sciatique, pour délimiter la région tracer 2
lignes virtuelles : La première allant du grand trochanter au sommet du pli
inter fessier, la deuxième ligne croise la première au milieu
perpendiculairement.
⮚ La région deltoïdienne
⮚ La face externe de la cuisse dans la partie moyenne du « vaste externe »
Quart supéroexterne
Nerf Sciatique
9
Muscle Deltoïde
o Les indications de la voie intramusculaire : Les injections
intramusculaires sont indiquées :
• Lorsque la voie orale est impossible
• Lorsque le médicament n’existe pas sous forme orale
• Lorsqu’on recherche un effet plus rapide d’un médicament
• Pour la vaccination
o Les contre-indications de la voie intramusculaire : Les injections
intramusculaires sont contre indiquées :
• Chez les patients sous traitement anticoagulant (héparine, antiagrégant
plaquettaires, anti vitamines K) : il y a risque d’hématome.
• Ne pas injecter du côté de l’hémiplégie, et du côté d’une prothèse de la hanche.
• Ne pas injecter des produits hypertoniques.
C/-INJECTION INTRADERMIQUE IDR - FICHE TECHNIQUE –
I) PRINCIPE ET BUT :
• C’est l’introduction d’un produit médicamenteux
dans le derme.
• La voie intradermique a une action
thérapeutique très lente.
• Le volume du produit injecté ne doit pas dépasser 01ml.
• L’injection se fait habituellement sur la face
antérieure de l’avant-bras.
• On emploie une seringue appropriée, d’un volume ne dépassant pas 1ml, graduée en
1/10 de ml ou en unités internationales (UI) et d’une aiguille de 15 mm de longueur
avec biseau court.
o Les indications de la voie intradermique :
• Vaccin contre la tuberculose (le BCG= Bacille de Calmette-Guérin)
• Tests de sensibilité à des allergènes divers
• Tests à la tuberculine IDRT (intradermo-réaction à la tuberculine)
• Anesthésie locale
8
o Les contre-indications de la voie intradermique :
• Plan cutané hépatique ou lésé
• Produits hypertoniques
9
D/- INJECTION INTRA-VEINEUSE DIRECTE : I.V.D- FICHE TECHNIQUE -
I) DEFINITION :
· L’injection intraveineuse directe est l'introduction directement
dans une veine d'un produit médicamenteux présenté sous forme
injectable suivant une prescription médicale.
· Elle permet aux médicaments d’agir immédiatement et d’injecter
de très grandes quantités de produits.
· La voie intraveineuse peut être dangereuse du fait de l’injection
directe dans la circulation de produits étrangers pour l’organisme, elle
réclame donc des précautions rigoureuses d’asepsie.
· On utilise des aiguilles à biseau
court pour éviter de transpercer la veine.
· Les injections intraveineuses
se font dans :
o Les veines de l’avant-bras
(Veine cubitale, Veine
céphalique, Veine
basilique).
o Face dorsale de
la main
(douloureuse)
10
II/-Les indications de la voie intraveineuse :
• Administration de solutions médicamenteuses en continue (perfusions)
• Administration de sang et dérivés (transfusion)
• Nécessité d'une action rapide (Administration de produits d’urgence).
• Action de contraste (en radiologie).
• Administration de solutés d’alimentation parentérale
• Médicaments pouvant être caustiques (irritants) pour les tissus sous-
cutanés et musculaires « chimiothérapie » (risque de douleur, œdème,
nécrose)
• Pour imagerie médical produit de contraste (radiologie).
III/-Les contre-indications de la voie veineuse :
• La voie intraveineuse est contre-indiquée pour les produits huileux
Recommandations : Eviter de piquer :
• du côté de l’hémiplégie
• Le bras comportant une fistule arterio-veineuse
• Si le plan cutané est septique.
VI/-Surveillance après le soin
▪ Surveiller le point de ponction : signe inflammatoire à type de douleur, rougeur, chaleur,
œdème
▪ Demander au patient de vous prévenir en cas de douleur ou malaise après l’injection
▪ Surveillance des risques d’intolérance.
VII/-RISQUES ET COMPLICATIONS:
✓ L’extravasation de produit : surveiller le site d’injection à la recherche de
gonflement au point d’injection et au pourtour, (inconfort, douleur, sensation de
tension, brûlure dans la zone d’injection), retirer l’aiguille, faire un pansement
alcoolisé et recommencer l’injection sur un autre site.
✓ L’hématome : souvent dû à une mauvaise compression.
✓ Le choc anaphylactique : surveiller toute réaction allergique.
✓ Le malaise : possible si le temps d’injection préconisé n’est pas respecté.
11
VIII/-CONSIGNES ET CONSEILS PRATIQUES :
✓ Ne pas piquer du côté de la fistule artério-veineuse
(l’hémodialysé), ou d’hémiplégie(AVC)
✓ Si la quantité de liquide à injecter est importante, aspirer de temps en temps pour
vérifier que l’aiguille est toujours dans la veine (reflux de sang dans la seringue
✓ Respecter la durée d’injection préconisée.
✓ Injecter lentement et observer le malade.
• Injection dans une veine
• Vérifier le retour veineux
Incidents et accidents des injections parentérales
Certains incidents (ou accidents) sont imputables à des erreurs ou
à des fautes techniques de l'opérateur
a. Les erreurs :
1. Les erreurs médicamenteuses:
• Pour les prévenir, il faut respecter certaines précautions:
- vérifier le nom du médicament et la dose prescrite, le dosage de
l’ampoule, le nom du malade (et non le numéro du lit) ;
- ne jamais préparer dans un même plateau plusieurs injections
pour des malades différents.
2. Les erreurs dans le mode d'injection:
• vérifier le mode d'injection sur la prescription, sur l'ampoule. En cas
de doute, il est impératif de se renseigner avant d'injecter. En effet :
- un produit injecté en intraveineux, alors qu'il doit être injecté en
intramusculaire ou sous-cutané peut entraîner un état de choc
(produit huileux, dose importante poussée trop rapidement) ;
- un produit injecté en intramusculaire
12 ou par voie sous-cutanée,
alors qu'il doit être injecté en intraveineux, peut provoquer
l'apparition d'une escarre (vasoconstricteur).
- un produit injecté en intramusculaire ou par voie sous-cutanée,
alors qu'il doit être injecté en intraveineux, peut provoquer
l'apparition d'une escarre (vasoconstricteur).
b. Les fautes techniques:
♦ Un mauvais choix du lieu d'injection : trop proche du nerf
sciatique, elle peut provoquer une douleur immédiate
reconnaissais par sa topographie mais également, par la suite, une
névralgie sciatique par lésion du nerf.
♦ Les fautes d'asepsie tant au moment de la préparation que de
l'exécution : doigt sur le piston ou l'embout de la seringue,
aiguille non protégée, mauvaise désinfection de la peau. Elles
favorisent la survenue d'abcès nécessitant parfois une incision
chirurgicale.
♦ La transmission de maladies virales (hépatite, HIV) peut être
évitée par l'utilisation de matériel à usage unique...
♦ Localement, la mauvaise résorption de certaines substances
huileuses peut aboutir à la formation d'un « abcès apyrogène ».
Prévenir cet incident en variant les points d'injection.
♦ I "insuline est responsable de lipodystrophies ce qui impose de
changer d'endroit à chaque injection (éviter de repasser au même
endroit à moins de 6 ou 8 jours d'intervalle)
♦ Les réactions allergiques peuvent être :
• locales : urticaire, œdème ;
•générales: choc anaphylactique.
13