CABINET D’ETUDES ET DE FORMATION EN GESTION DES
RESSOURCES NATURELLES
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Tchamba-Togo
MODULES DE FORMATION SUR L’AGROECOLOGIE
Par ALFA Essodong, Ingénieur Agronome, Agroécologiste
Contact : 92331285 ; Email : leonceroll@[Link]
Août 2021
MODULE 1 : AGROECOLOGIE, AGRICULTURE
REGENERATIVE, ET AGROFORESTERIE
Introduction
En effet l’agroécologie est un concept dynamique qui a pris de l’importance dans les débats scientifiques,
agricoles et politiques ces dernières années. Elle est de plus en plus présentée comme une solution qui
peut contribuer à transformer les systèmes alimentaires, en appliquant les principes écologiques à
l’agriculture et en veillant à une utilisation régénérative des ressources naturelles et des services
écosystémiques, tout en répondant au besoin de systèmes alimentaires socialement équitables dans
lesquels les individus peuvent exercer un choix quant aux aliments qu’ils consomment et à la manière
dont ceux-ci sont produits. L’agroécologie réunit une science, un ensemble de pratiques et un
mouvement social, et a commencé ces dernières décennies à élargir sa portée: initialement axée sur les
champs et les exploitations agricoles, elle englobe aujourd’hui des systèmes agricoles et alimentaires
entiers. Elle se présente maintenant comme un domaine transdisciplinaire qui couvre l’ensemble des
dimensions écologique, socioculturelle, technologique, économique et politique des systèmes
alimentaires, de la production à la consommation.
Les pratiques agroécologiques mettent à profit, préservent et améliorent les processus biologiques et
écologiques dans la production agricole, afin de réduire l’utilisation d’intrants commerciaux
(combustibles fossiles et produits agrochimiques, notamment) et de constituer des écosystèmes agricoles
plus diversifiés, plus résilients et plus productifs. Les systèmes agroécologiques privilégient, entre
autres: la diversification; les cultures mixtes; les cultures intercalaires; les mélanges de cultivars; les
techniques de gestion des habitats, pour favoriser la biodiversité associée aux cultures; la lutte biologique
contre les ravageurs; l’amélioration de la structure et de la santé des sols; la fixation biologique de l’azote
et le recyclage des nutriments, de l’énergie et des déchets.
I. Agroécologie
L’agro-écologie est une façon de pratiquer l’agriculture dans une logique de maintien des équilibres des
agrosystèmes (= maintien du « cadre » des activités agricoles).
Les interactions avec les exploitations agricoles ne se limitent pas au milieu naturel. Elles sont également
nombreuses avec le milieu économique (filières d’approvisionnement en intrants, marche s et prix des
produits…) et avec le milieu social (législation agricole, acteurs…).
L’agroécologie est donc un mode de développement agricole qui vise à optimiser la production tout en
maintenant les équilibres de l’exploitation avec son milieu naturel mais aussi économique et social.
II. Agriculture régénérative
C’est l’ensemble des pratiques agricoles qui donnent vie à un sol fatigué et non fertile. Il s’agit de
essentiellement de l’utilisation des engrais organiques (Bokashi, Supermagro, Microbes natifs activés
de forêts, phosphites…) qui améliorent et restaurent la fertilité des sols et l’utilisation des biopesticides
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(Apichi, Ormus, Viçosa, bouillon de cendre…) qui non seulement répulsent ou détruisent les ennemis
de culture, mais apportent également des oligoéléments et sels minéraux aux plantes.
III. Les différentes pratiques de l’agroécologie
Techniques comprennent :
-Association cultures (mais et le soja) :
La pratique des cultures associées est un système qui permet de cultiver plusieurs espèces végétales sur
les mêmes parcelles en même temps.
-Rotation culture (cultiver le soja après avoir fait le mil ou le sorgho) :
De façon simple, la rotation est une succession dans le temps de différentes cultures sur une même
parcelle. Cette pratique permet principalement d’améliorer les propriétés physico-chimiques en
apportant les éléments nutritifs par la fertilisation en engrais vert du sol. La rotation se base sur les
interactions entre les plantes
-Agroforesterie : planter des arbres fertilisants dans les champs,
L’agroforesterie est un mode de culture des terres qui associe les plantes ligneuses pérennes en
interaction écologique et économique avec des cultures saisonnières ou de l’élevage. Les objectifs de
l’agroforesterie sont :
-Utilisations des engrais organiques (à base de résidus de récoltes et déchets ménagers) ; biopesticides
(à base de neem ; de cendre; de piment…) au lieu d’utiliser les engrais chimiques
-Défrichage sans brulis ;
-Paillage au sol sous les cultures pour maintenir l’humidité
-l’utilisation des semences locales…
IV. Comparaison entre agroécologie et l’agriculture conventionnelle
L’AE est différente de l’agriculture conventionnelle qui utilise beaucoup les intrants chimiques qui
détruisent énormément le sol et la nature
Libellé Agriculture conventionnelle Agroécologie
Défrichage Mécanique et ou chimique Mécanique ou zéro-défrichege
Labour Mécanique e ou chimique Mécanique ou zéro-labour
Semis Mécanique Mécanique
Semence Semence améliorée, importée, Semences paysannes, ou semence
locales améliorées
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Sarclage Mécanique et ou chimique Mécanique, Zéro sarclage ou
paillage
Amendement Chimique et ou organique Organique
Binage Mécanique et ou chimique Mécanique
Récolte Mécanique Mécanique
Stockage et conservation Mécanique et ou chimique Organique
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MODULE 2 : BIOFERTILISANT (BOKASHI)
1 C’est quoi le Bokashi ?
Le Bokashi est aussi un engrais. Il est aussi comme le compost car on le préparer comme le compost en
tas. Il est plus efficace et déjà à partir du 4ème jour de sa préparation, il peut être utilisé en amendement
(apport au champ avant le labour).
2 Avec quoi nous pouvons fabriquer le bokashi (Ingrédients ou matériaux)
Pour préparer le Bokashi, nous avons besoin de :
20 sacs de terre argileuse ;
20 sacs de balles de riz ou de mélange de végétaux secs, paille, feuilles sèches finement découpés, (ou
dire plutôt feuilles mortes en décomposition ou rafles de mais bien découpé ou sciure de bois je crois)
etc. ;
20 sacs de bouse de vache (ou déjections de lapins, du porc, volaille, avec plumes c’est bien)
NB : Ne pas utiliser les déchets de chevaux. On voit aussi que les 3 principaux éléments sont apportés dans les
mêmes proportions. Cela veut dire que nous devions apporter les mêmes quantités.
1 sac de son de riz (ou son d’autres céréales) ;
1 sac de la poudre de charbon ;
5 litres de mélasse ou 10 l de jus de canne ou 10 l de solution de sucre (5 kg de sucre dissout dans 10 l
d’eau) ;
1 Kilogramme de levure de boulangerie ou levure de bière locale (Toukoutou) ;
Eau sans chlore ou l’eau de pluie propre (il ne faut pas utiliser l’eau de robinet) ;
20 kg de cendre ou farine de roches volcaniques par tonne de Bokashi.
Mélasse qui est un sous-produit de la fabrication du Canne à sucre
sucre
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Où trouver la mélasse ?
On peut trouver la mélasse dans les usines qui produisent du sucre comme
à Anié. Au Togo, c’est très difficile de trouver ce produit. Mais on peut le
remplacer par deux (2) choses : le jus de canne ou même de l’eau de sucre
caramélisé. C’est le sucre mis sur le feu.
3Comment Préparer le Bokashi
préparer d’abord la mélasse ou jus de canne en ajoutant de l’eau et de la levure de boulangerie ;
prendre soin de travailler et d’humidifier la bouse de vache quand elle est trop sèche (émietter la bouse
sèche, l’arroser avec de l’eau mélangée à de la mélasse) pour activer l’activité microbienne ;
mettre couche par couche de façon successive : la balle de riz, la terre argileuse, la bouse de vache,
mélasse et levure, le son de riz, le charbon de bois, la cendre ou la farine de roche jusqu’à atteindre une
hauteur de 1,20m au plus. Après chaque couche, ajouter un peu d’eau avec la mélasse ou jus de cannes
mélangée à la levure de boulangerie ;
retourner le tas pour mélanger les différents éléments. S’il y a de la poussière qui se dégage, il faut ajouter
un peu d’eau. Retourner plusieurs fois et tester l’humidité avec la poignée, si il y a de l’eau qui coule entre
les doigts c’est trop humide et il faut y ajouter de matériaux secs ;
les 3 premiers jours, il faut retourner 2 fois par jour (1 fois matin et une fois le soir) ;
à partir du 4èmejour, il faut retourner seulement une fois par jour, jusqu’à ce que la température du tas
atteigne la température ambiance ;
vérifier la température du Bokashi (en mettant la main dans le tas au moins 20cm de profondeur. Si on se
rend compte que la main ne peut pas rester en contact avec la matière pendant 30 secondes, cela veut dire
qu’il faut encore retourner, c’est trop chaud) ;
la température à l’intérieure du Bokashi ne peut dépasser 54°C. D’où la nécessité de faire le retournement
périodique ;
vérifier la présence ou l’absence de mouches, odeur, humidité (c’est bon s’il n’y a pas de mouche, pas
de mauvaise odeur, pas d’humidité et la température est aux environs de 45-55°C) ;
vérifier si possible l’activité microbiologique en utilisant de l’eau oxygéné H2O2 (test de volcan) : verser
l’eau oxygénée sur le Bokashi et si l’activité microbienne est intense on observe une effervescence
(facultatif) ;
ne jamais rajouter de l’eau après la préparation (très important) ;
faire des tests de poignée pour vérifier la texture et l’humidité en pressant une petite quantité de Bokashi
pour observer la teneur en eau ;
à partir du 4ème jour, on peut retourner une fois par jour et commencer à baisser la hauteur en étalant plus
le Bokashi jusqu’au 15ème et on ne touche plus ;
4Rôles des différents éléments qui rentrent dans la fabrication du Bokashi
Discussion générale en plénière avec les apprenants en leur posant la question de savoir, selon eux,
quels rôles peut jouer les différents éléments qui rentrent dans la composition du Bokashi (détails dans
le cahier de l’apprenant)
5Comment utiliser le Bokashi
On distingue trois (3) types de Bokashi :
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Bokashi de 15 jours (mûr)
Bokashi étalé et séché dès le 9ème jour et utilisation au 10èmejour (semi cru) ;
Bokashi étalé et séché dès le 4ème jour suivi de l’utilisation (cru)
L’utilisation de ces différents types de Bokashi dépend fondamentalement de la qualité du sol. Si le sol
est riche en microorganismes (biologie) et en matières organiques, on peut mettre du Bokashi cru ou
semi cru. Cependant, utiliser dans certains cas, le cru et le semi cru peuvent provoquer des brulures des
racines des plantes et des plantules.
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MODULE 2 : BIOPESTICIDE (Bouillon de Cendre- Contrôle des insectes)
a) Ingrédients et rôles :
- 100 litres d’eau,
- 2 - 4 kg de savon local, -
10 kg de cendre de bois propre (bien tamisé)
b) Matériels et rôles:
- Un tamis
- Un tonneau de 120 litres d’eau
- Une marmite
- Bouteille fumée
c) Préparation:
- Faire bouillir l’eau dans la marmite
- Ajouter du savon pour le faire fondre dans l’eau bouillante
- Ajouter de la cendre
- Laisser bouillir tout pendant au moins 10 min
- On laisse refroidir la préparation
- On conditionne la préparation dans des bouteilles fumées pour une période d’au moins 6 mois.
d) Utilisation et cibles:
Utiliser 3 à 5 litres pour diluer à 100 litres d’eau pour faire des traitements foliaires. Cette préparation
permet de contrôler les pucerons, la mouche blanche, les chenilles de chou, les champignons.