Cours Machines électriques - Machines Asynchrones
MACHINES ASYNCHRONES
4. Rôle et importance de la machine asynchrone :
4.1. Construction des Machines Asynchrones
4.1.1. Stator : Le stator est un empilement de tôles magnétiques, formant le circuit
magnétique statorique (fig.1). A l’intérieur des encoches statoriques est logé un bobinage
triphasé, qui engendre un champ magnétique tournant.
a) b)
Figure 4.1. Tôles magnétiques et Fig. 4.2. Tôles d’un rotor Fig.4.3. Barres et anneaux d’un
Paquet statorique a)bobiné et b) à cage moteur à cage
Vues en coupe (fig. 4.4)
1 : Stator bobiné 14 : Tiges de montage 38 : Circlips de roulement côté
2 : Carter 21 : Clavette accouplement
3 : Rotor 26 : Plaque signalétique 39 : Joint côté accouplement
5 : Flasque côté accouplement 27 : Vis de fixation du capot 50 : Roulement arrière
6 : Flasque arrière 30 : Roulement côté 54 : Joint arrière
7 : Ventilateur accouplement 59 : Rondelle de précharge
13 : Capot de ventilation 33 : Chapeau intérieur côté 70 : Corps de boîte à bornes
accouplement 74 : Couvercle de boîte à
bornes
Fig. 4.4 vue en coupe d’une machine asynchrone
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4.1.2. Rotor :
[Link]. Rotor à cage d'écureuil. Pour les petites puissances (usuellement < 10 kW), le
rotor est constitué de barres (cuivre ou aluminium) formant un tambour appelé "cage d'écureuil"
(fig.2). Le rotor, non connecté, est en court-circuit : ce moteur est dépourvu de collecteur et de
balais.
[Link]. Classification des rotors à cage d’écureuil
a)
b) c)
Fig. 4.5 Rotors à cage d’écureuil :
a) à simples encoches b) à encoches profondes
c) à double encoches d) rotor à encoches inclinées d)
[Link]. Rotor bobiné (à bagues) Pour des puissances plus importantes, le rotor est
bobiné (triphasé, relié en étoile Y ou en triangle Δ), relié à l'extérieur via un collecteur
simplifié à trois bagues qui le rendent accessible de l’extérieur par l’intermédiaire de
balais qui permettent d’insérer des résistances dans le circuit du rotor lors du démarrage et
dans certains cas spéciaux de fonctionnement
a) b)
Fig. 4.6. Moteur asynchrone à rotor bobiné Fig 4.7. Symboles a) Moteur à rotor bobiné
avec résistances extérieures b) moteur à cage d’écureuil
4.1.3. Entrefer : L’entrefer est l’espace entre le stator et le rotor.
4.2. Champ tournant
Une bobine parcourue par un courant
alternatif crée un champ magnétique
alternatif. L'induction alternative d'amplitude
b(t) = Bm sin ωt est équivalente à deux
champs tournant en sens contraires à la
vitesse ω, chacun d'eux ayant une amplitude
égale à Bm/2.
Un ensemble de trois bobines identiques,
disposées aux trois sommets d'un triangle
équilatéral, de manière que leurs axes se
trouvent dans le même plan et fassent entre
eux un angle de 120°, et parcourues par des
courants triphasés, produisent au centre
géométrique de l'ensemble un champ
tournant à une vitesse égale à la pulsation des
courants. Si chaque bobine crée en ce centre
Fig. 4.8. Champ tournant Moteur 2p= 2
un champ d'amplitude Bm, la somme des
trois champs est représentée par un vecteur
d'une amplitude constante, égale à 3 Bm/2.
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4.3. Principe de fonctionnement du moteur asynchrone :
Le fonctionnement du moteur asynchrone est basée le principe de l’interaction
électromagnétique du champ tournant, crée par le courant triphasé fourni à l’enroulement
statorique par le réseau de distribution et des courants induits dans l’enroulement rotorique
lorsque les conducteurs de ce dernier sont coupés par le champ tournant sinusoïdal avec une
fréquence de rotation ns = f / p [tr/s] (4.1).
L’interaction électromagnétique n’est possible que lorsque la vitesse du champ tournant ns
diffère de celle du rotor nr (c-a-d ns ≠ nr ).
S’il y a synchronisme ns = nr le champ statorique serait immobile par rapport au rotor donc
aucun courant ne sera induit dans l’enroulement rotorique et le moment du couple moteur
devient nul : Cela explique le qualificatif d'asynchrone, donné à ce moteur. La différence relative
entre la vitesse du champ statorique et la vitesse nr du rotor est appelée le glissement. Sa valeur
est donnée par l'expression :
n n
g s r (4.2)
ns
g : glissement en %
ns : vitesse de synchronisme en tr/min nr : vitesse du rotor en tr/min
f 2 f
ns 60 [tr/min] s 2 ns (4.3)
p p p
f : fréquence du réseau d'alimentation en Hz
p : nombre de paire de pôles
ω : pulsation en rd/s
4.5. Plaque signalétique
Prenons comme exemple la plaque signalétique d’un moteur triphasé
Fig.4.9. Plaque signalétique d’un moteur asynchrone
1- Marquage de la norme européenne CE
2- Type de moteur : les moteurs sont normalisés par type en fonction de leur puissance et de leur
vitesse de rotation. Le type défini les dimensions du moteur.
3- Numéro de série
4- Norme de rendement énergétique
5- Couplage en étoile ou en triangle (uniquement sur moteur triphasé)
6- Tension d'alimentation 230/400V en triphasé et 230V pour les moteur électrique monophasé.
7- Fréquence (en Algérie c'est 50Hz)
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8- Puissance en kiloWatt kW
9- Puissance en Chevaux (0.75kW=1CV) peut aussi être exprimé en HP.
10- Vitesse de rotation exprimée en tr/min ou en rpm. si f = 50Hz on a d’après la formule 4.3 :
p 1 2 3 4 5 6
ns [tr/min] 3000 1500 1000 750 600 500
11- Ampérage, appellé aussi intensité. Celle-ci est une résultante de la puissance et de la
tension notamment. Par conséquent elle est plus élevée sur les moteur 220V.
12- Cos φ : Le cosinus Phi représente la valeur du déphasage angulaire entre la tension et
l'intensité du courant dans un circuit alternatif.
13. Classe d’Isolation CI
14. Type de Service S1-S9
15- Indice de protection IP
16. Poids en Kg
4.6. Couplage du moteur asynchrone:
Fig.4.10. Couplage étoile Y. U= 220V Fig.4.11. Couplage triangle Δ. U= 220V
U V= U (4.7)
V= (4.4)
3 I
J= (4.8)
J=I (4.5) 3
rm 3
Rph = (4.6) Rph = . Rm (4.9)
2 2
U - tension de ligne (entre 2 phases) V - tension de phase (entre Ph et N)
I - courant de ligne J - courant de phase
Rm – résistance mesurée entre 2 bornes Rph – résistance d’une seule phase
V - est la tension maximale que peut supporter l’enroulement de chaque phase du moteur.
La tension V est mesurée entre deux bornes d’un enroulement par exemple : entre U1 et U2.
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Remarque :
Pour assurer un bon couplage on doit comparer la plus grande valeur de la tension du côté
réseau U (tension de ligne) soulignée en rouge avec la plus petite valeur sur la plaque
signalétique du moteur Vmot (qui est la tension que peut supporter une seule phase du moteur) :
si les deux valeurs sont égales U=Vmot , donc on fait le couplage triangle ,
si la tension du réseau U 3 Vmot c’est le couplage étoile.
4.7. Bilan des puissances d’un moteur asynchrone
Fig.4.12. Bilan de puissance d’un moteur asynchrone
Puissance absorbée par le moteur :
P1 = Pa= 3 . U1 . I1 . cosφ (4.10)
Puissance électromagnétique transmise au rotor :
P12 = Pem = P1 - pst mag – pst J (4.11)
= Cem . (2π . ns) (4.12)
Puissance mécanique totale :
P2’ = Pem - p J r (4.13)
= Pem – g . P12
= Pem . (1-g) (4.14)
Puissance utile :
Pu = P2 = P2’ – pmec (4.15)
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Pertes statoriques par effet Joule:
pst J m1 I12 R1 (4.16)
Pertes magnétiques statoriques (pst mag ) sont proportionnelles à la fréquence f.
Pertes rotoriques par effet Joule:
pr J m2 . I 22 . R2 m1 . I 2'2 . R2 = g . Pem (4.17)
Pertes magnétiques rotoriques elles sont proportionnelles à la fréquence
fr =g . fs (4.18)
Exemple fr =g . fs =0,04 .50= 2Hz donc. pr mag - sont négligeables.
Pertes constantes :
Elles sont déterminées à partir de la puissance absorbée à vide du moteur.
P0 = ps f + pméc + psJo (4.19)
d’où pst J 0 m1 I 0 R1
2
(4.20)
avec I0 – courant absorbé à vide.
pméc - Pertes mécaniques elles sont dues aux frottements dans les enroulements et le
ventilateur
4.7. Schéma équivalent d’une MAS:
Un schéma équivalent, est un circuit électrique composé de dipôles linéaires permettant de
modéliser la machine réelle. Le schéma équivalent le plus pertinent est fonction du domaine
d'utilisation et du degré de précision nécessaire. Dans le cas des machines asynchrones, il
comprend, au minimum, une association de résistances et d'inductances.
Fig.4.13. Schéma équivalent en « T »
. . . . .
V1 I 1 Z1 I 12 Z12 (4.21)
(4.22)
.
I 12 Z12
. '
I Z 2 R2'
' 1 g (4.22)
g
2
I1 I12 I 2' (4.23)
Avec : Z1 R1 j X1 (4.24)
Z 2 R2' j X 2' (4.25)
Z12 R12 j X 12 (4.26)
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Z12 - est l’impédance de circuit magnétique
R12 - tient compte des pertes magnétiques dans le circuit magnétique statorique (fer)
X 12 - réactance mutuelle d’auto-induction de la phase du stator due à l’harmonique principal du
flux dans l'entrefer.
Le schéma en « T » reflète complètement les processus physiques qui se produisent dans
la MAS, mais il y a un point nœud entre Z1 et Z 2' , qui complique le calcul des courants pour
différentes valeurs du glissement. Pour faciliter l’analyse de la MAS, le plus souvent, on utilise
le schéma équivalent en « » ou le circuit magnétisant est rapporté (branché directement) aux
bornes du réseau électriques.
Fig.4.14. Schéma équivalent en « »
A partir du schéma équivalent en « », on peut écrire
V1
I 2' (4.27)
2
'
R
R1 X 1 X 2'
2 2
g
4.8. Calcul du couple électromagnétique à travers la puissance électromagnétique :
Pem
C em (4.28)
1
R2'
Pem m . I '22 . (4.29)
g
Si on met (4.25) et (4.27) dans (4.26) on aura :
R2'
2
m .V .1
g
C em (4.30)
2
R'
1 . R1 2
X 1 X 2'
2
g
4.9. La caractéristique mécanique du moteur asynchrone :
La caractéristique mécanique du moteur asynchrone (MA) est la représentation graphique
du couple en fonction du glissement C = f (g) ou bien C = f (n).
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On considère que les paramètres du MA sont constants. Si V = const, le couple est proportionnel
seulement au glissement g : C = f (g). Donc l’expression (4.30) du couple électromagnétique
va nous servir pour construire la caractéristique mécanique du MA.
4.9.1. 1ère cas : Lorsque g << 1 :
' R 2'
R1 , X 1 et X 2 sont négligeables devant . Dans ces conditions le couple aura pour
g
expression :
m .V12 .
Cem g (4.31)
1 . R2'
C = f (g) est de la forme : y = A . x donc la courbe a un caractère rectiligne.
4.9.2. 2ème cas : Lorsque g 1 :
R2'
Les résistances R1 et sont négligeables par rapport aux réactances X 1 et X 2' , dans ce cas le
g
couple est défini par :
m .V12 . R2' 1
C em . (4.32)
1 . X 1 X
' 2
2
g
C = f (g) est de la forme : y = A . 1/ x
Le couple est inversement proportionnel au glissement, la courbe C = f (g) à l’allure d’une
hyperbole.
Le fonctionnement normale du MA correspond la partie rectiligne de la courbe avec un
glissement :
g = 0,015 - 0,05. (4.33)
Le couple maximal Cmax caractérise la capacité de surcharge du moteur, il lui correspond
le glissement critique :
gcr = 0,07 – 0,15. (4.34)
Le coefficient de capacité de surcharge du moteur est :
kc = Cmax / Cn = 1,7 – 3. (4.35)
Au démarrage gd = 1 :
kd = Cd / Cn = 1 – 1,35 (4.36)
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Fig.4.15. Caractéristique mécanique du moteur asynchrone C = f (g)
Cette courbe montre que le couple utile est important au démarrage.
Le couple utile présente un maximum Cmax .
Le glissement est maximum au démarrage gd = 1.
On peut trouver une zone quasi linéaire au voisinage de la fréquence (vitesse) de rotation
nominale. Comme cette zone correspond au fonctionnement normal, nous cherchons
l’équation de la caractéristique de la forme : Cu = A.n + B.
Fig.4.16. Les trois zones de fonctionnement du moteur asynchrone C = f (n)
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4.9.3. Couple maximal
La caractéristique mécanique passe par deux maximums (Cmax ), l’un en moteur et l’autre
en générateur. Pour calculer la valeur de Cmax on doit tout d’abord chercher la valeur du
glissement critique g = gcr pour laquelle le couple est maximal C=Cmax.
C R 2' (4.37)
0 g cr
g R 1
2
X1 X 2 ²
'
Si on pose X X 1 X 2' , on aura donc :
R 2'
g cr (4.38)
R12 X ²
Si on remplace le glissement g par gcr dans l’expression du couple électromagnétique, on aura :
mV12
C max
2 1 R1 R12 X 2 (4.39)
Le signe plus de l’équation (4.39) correspond au régime moteur, et le signe moins correspond au
régime générateur.
Cn 2
Formule de Kloss : (4.40)
C max gn g
cr
g cr gn
au démarrage on remplace gn par gd = 1 on aura :
Cd 2
(4.41)
C max 1 g
cr
g cr 1
Références :
1. Machines électriques. B.F. Tokarev. Editions Energo-atomizdat Moscou 1990.
624 pages.
2. Kostenko Machines Electriques à courant alternatif. Editions Mir Moscou 196pages.
3. A. Fouillé, Electrotechnique à l’usage des ingénieurs. Tome II Machines électriques à
courant alternatif. Editions Dunod. Paris 1980. 352 pages.
4. Lucas. Les machines électriques. Delagrave.
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Annexe :
13. Classe d’Isolation CI
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