CHAP : II GENERALITES SUR LE PONT ROULANT
II.1 INTRODUCTION
Le pont roulant est l’appareil de manutention permettant le levage et le transfert de charges
lourdes, il est généralement installé dans tous les ateliers, magasin, ou salles des machines de
moyenne et de la grosse industrie. Il est capable de lever des charges de plusieurs centaines de
tonnes telles que les poches de fonte ou d’acier liquide dans les aciéries. Le crochet de l’appareil
peut occuper tous les points dans le volume constitué par l’atelier et, par conséquent, desservir
toutes les machines, selon leurs constructions les ponts roulants peuvent être classés en : Pont
roulant suspendu et pont roulant posé est dit mono poutre, lorsque sa charpente est réalisée
avec une seule poutre ( le chariot de levage est alors monorail ) , le pont est dit bipoutre
lorsque sa charpente est constituée de deux poutres, Les ponts pour faibles charges
sont mono-poutres, la conduite de l'engin se fait par télécommande, et pour les gros ponts la
commande se fait par une cabine de conduite Il diffère aussi de la potence, du portique, du
semi-portique, et du monorail principalement par sa conception.
Figure II.1 : Quelques exemples sur les familles des ponts roulants
II.2 DEFINITION
Un pont roulant est un équipement de levage utilisé pour déplacer des charges lourdes dans des
environnements industriels. Il se compose d'une structure métallique supportant un chariot
roulant qui se déplace le long de rails fixés en hauteur. Le chariot est équipé d'un palan ou d'un
treuil qui permet de lever et de déplacer la charge. Les ponts roulants offrent une grande capacité
de charge, une grande flexibilité de mouvement et une sécurité optimale lors de la manipulation
des charges. Ils sont largement utilisés dans divers secteurs industriels pour faciliter le transport
et la manutention de marchandises lourdes.
Figure II.2 : Pont roulant
On distingue deux familles principales d’appareils dont la construction peut être des deux types suivants :
le pont roulant est dit mono poutre, lorsque sa charpente est réalisée avec une seule poutre (le chariot de
levage est alors monorail), le pont est dit bipoutre lorsque sa charpente est constituée de deux poutres, le
chariot de levage est alors du type bi rail [4].
Figure II.3 : Les deux types de construction de pont
II.3 LES CARACTERISTIQUES DU PONT ROULANT
Les caractéristiques du pont roulant sont définies par :
- La valeur maximale de la masse à déplacer ;
- La portée (c’est la distance entre les axes des rails) ;
- Et sont considérées également par : La vitesse de levage ;
- La vitesse de translation du pont ;
- La vitesse de translation du chariot sur le pont ;
- La hauteur libre sous crochet dans sa position la plus haute ;
- La course du pont qui dépend des dimensions concrètes des ateliers.
Toutes caractéristiques nécessaires aux calculs principaux du pont. Un pont roulant de grande
taille est constitué d’un quadrilatère, structure de :
- Sommiers équipés de galets (roues) assurant le déplacement sur les voies de
roulement ;
- Deux poutres qui relient les sommiers et supportant le chariot ;
- D’un chariot équipé d'un ou deux palans ou Treuils permettant d'enrouler le câble de
levage ;
- D’une moufle reprenant les accessoires de levage à l'extrémité basse des câbles.
II.4 FONCTION DU PONT ROULANT
Les Ponts roulants ont le plus grand emploi, comme moyens de transports au sein de l’usine pour
le déplacement des charges. Stocker les matières premières aux magasins- introduire ces
matières dans la fabrication.
- Le pont roulant se déplace sur des chemins de roulements dont l’organe de saisie est
suspendu à un mécanisme de levage susceptible de se déplacer perpendiculairement à
ses chemins de roulements ;
- L’opération de levage consiste à saisir une charge en un endroit déterminé, à lever
plus ou moins vite, à descendre ensuite plus ou moins rapidement et enfin à déposer
doucement aux besoins ;
- Dans les opérations d’orientation, le levage des charges s’opère à des vitesses allant
jusqu’à 200 m/min puis a lieu un déplacement horizontal et enfin le dépôt aux
endroits choisis ;
- Alimenter les postes de travail (pendant le processus de fabrication).
II.5 ELEMENTS CONSECUTIFS D’UN PONT ROULANT
Les éléments principaux du pont roulant sont :
- Ossature : c'est l’ensemble de charpente comprenant en particulier les éléments
suivants : Poutres principales (passerelle plus garde corps) et Sommier ;
- Chariot : C’est l’ensemble auquel est suspendu le dispositif de préhension, il contient
les éléments suivants : Galet de roulement ; Tambour ; Moteur de levage ; Moteur de
direction ; Moufle ;
- Chemin de roulement : Il se compose de deux rails (généralement on choisit le rail
BURBACH) fixés au bâtiment, sur les quels le pont roule [5].
Figure II.4 : Schéma descriptif d’un pont roulant
II.6. DIFFENTS MOUVEMENTS POSSIBLES
- Mouvement de levage Mouvement vertical du crochet ou des accessoires de levage
(avec ou sans charge) selon l’axe (OY) ;
- Mouvement de direction Déplacement du chariot par rapport à l’ossature du pont
selon l’axe (OX) ;
- Mouvement de translation Déplacement de l’ensemble, de l’appareil sur le chemin de
roulement selon l’axe (OZ) ;
- Orientation Rotation autour de l’axe (Oy).
Figure II.5 : Différents mouvements d’un pont roulant
II.7 LES PRINCIPAUX MECANISMES DES PONTS ROULANTS
Le pont roulant est un ensemble monté de trois mécanismes à savoir :
II.7.1 Mécanisme de levage
Il assure la monte et la descente de la charge, ce mécanisme peut comporter les éléments
suivants :
Figure II.6 : Prinipaux élements des mécanismes de levage
A. Moteur de levage principal
En général, les moteurs électriques des appareils de levage sont alimentés soit par un courant
triphasé qui produit un couple important lors du démarrage, ou bien par un courant continu qui
permet d’obtenir un bon rendement et une meilleure souplesse. Le choix du moteur se fait à base
de la puissance nécessaire à la montée de la charge appelée aussi puissance résistante (Pn).
Figure II.7 : Photographie d’un moteur de levage
[Link]
Roue dentée ou noix d’entraînement de levage principal. Le tambour, pièce essentielle du
mécanisme de levage, sur laquelle s’enroule le câble il a une surface utile tubulaire, en effet, il
obtenu à partir d’un ‘’tube mécanique’’; ainsi les économies sur le poids sont appréciables
constitué en acier, suffisamment dur pour éviter les indentations crées par le câble ne viennent
détériorer le câble qui le remplace. Les tambours doivent être dimensionnés dans toute la mesure
du possible afin que la capacité d’enroulement soit tenue en une seule couche. L’angle déflection
du câble sur le tambour ne devra pas dépasser 6,33% soit approximativement degré 4° [5].
Figure II.8 : Photographie d’un tambour d’un pont roulant
[Link]
Les freins ont deux rôles :
- Absorber l’inertie cinétique des masses en mouvement pour ralentir rapidement la
charge avant l’arrêt ;
- Maintenir la charge en toute sécurité Les freins les plus utilisés pour les appareils de
levage de moyenne puissance sont les freins à sabots, commandés par électro-
aimants.
Pour un service intensif, la tendance actuelle est de remplacer les freins à sabots par les freins à
disque, qui permettent d’obtenir dans un espace plus réduit des couples de freinage plus
importants [5].
Figure II.9 : Photographie d’un frein à disque
D. Réducteur de vitesse : (levage)
Les engrenages de réducteurs sont montés sous carter étanche à bain d’huile. Toutefois, pour les
grandes puissances ou les très grands rapports de réduction (≥100), on utilise une couronne
dentée à l’air libre fixée sur le tambour, et attaquée par un pignon monté sur l’arbre de sortie du
réducteur. Les réducteurs à engrenage (denture inclinée) sont les plus employés. Ils sont
silencieux et ont un très bon rendement (0,98 à 0,99 par train d’engrenage). Les réducteurs à 1
train d’engrenage sont utilisés pour des rapports de réduction variant de 1 ÷ 10, ceux à 2 trains
d’engrenages de 6 ÷ 50, ceux à 3 trains d’engrenage de 30 ÷ 300. L’emploi d’un premier train
conique épicycloïdal permet d’avoir l’arbre moteur à 90° de l’arbre mené.
Figure II.10 : Photographie d’un réducteur de vitesse
E. Moufle
Il se compose d’un câble de levage, poulies et croché.
Figure II.11 : Photographie de l’ensemble mouffle
- Câble
Des fils d’acier enroulés en hélice autour d’un fil central constituent un toron, ces torons sont
eux-mêmes enroulés en hélice autour d’une âme centrale ; un câble à fils fins est plus souple
qu’un câble à gros fils, il pourra s’enrouler sans dommage sur une poulie ou un tambour de plus
faible diamètre.
On notera que l’âme centrale en textile augmente la souplesse des câbles. Les câbles sont
avantagés d’être huit fois plus légers qu’une chaîne ayant à supporter la même charge.
La durée de vie d’un câble de levage dépend de facteurs inhérents, d’une part à la construction
interne du câble (âme, souplesse du fil, composition) et d’autre part aux conditions
d’enroulementAinsi, la durée de vie du câble est d’autant plus longue que les diamètres
d’enroulement sont grands et l’effort détection est faible [5].
Figure II.12 : Cable métallique
- Poulies
Les poulies sont des roues dont la jante est appelée gorge qui reçoit un flexible, câble ou
cordage.
Une gorge est définie par :
✓ Sa largeur de jante ;
✓ Le rayon du congé de la jante.
Pour que ces dimensions soient correctes, il faut qu’un certain nombre de condition soit remplie :
✓ Le fond de gorge ou congé doit être un arc de cercle égal au 1/3 de circonférence du
câble ;
✓ Le câble doit poser sur un arc de cercle compris entre 120° et 140°, il est donc
indispensable de vérifier fréquemment le diamètre exact du congé on se sert d’un jeu de jauges ;
✓ L’angle de frottement formé par les bords des gorges doit être compris entre 350 et
400.
On distingue les poulies de moufle, de renvoi et la poulie d’équilibrage (point fixe) [5].
Figure II.13 : Poulie mouffle
- Crochet
La charge est suspendue aux câbles par l’intermédiaire d’un crochet, le crochet est en général en
acier forgé extra-doux pour petites charge ( 25 t), on utilise parfois des crochets en acier estampé
pour une très grande charge ( > 100 t), on peut utiliser des crochets formés par plusieurs
épaisseurs de tôles découpés. Jusqu’à 25 tonnes le crochet est généralement simple croc. De 15 à
50 tonnes, les crochets sont soit à simple soit à double croc. Cette forme permet une meilleure
répartition des charges transmises par les élingues. Pour les très grandes charges, on emploie
quelque fois des axes pour la sécurité, les crochets fermes constitués de plusieurs éléments
assemblés par des axes pour la sécurité, les crochets doivent être munis obligatoirement de
linguets qui s’opposent de façon sûre aux décrochages des élingues.
II.7.2 Mécanisme de direction
Il assure le déplacement du chariot d’un pont roulant et se compose des éléments suivants :
- Moteur ; réducteur
- Frein ;
- Arbre de transmission ;
- Galets de direction.
Figure II.14 : Mécanisme de direction du chariot
II.7.3 Mécanisme de translation
Le mécanisme de translation se compose de quatre galets ; deux pour chaque sommier dont est
un moteur. Les arbres du porte - galets sont montés sur roulement à rouleaux.
Chacun de ces mécanismes a son propre mouvement à réaliser dans l’espace, Ainsi le crochet,
élément de contact entre le pont et l’objet à faire déplacer peut occuper n’importe quel point de
l’espace.
II.8 LES DIFFERENTS TYPES DE PONT ROULANT
II.8.1 Les Ponts Posés
Le pont posé peut-être mono-poutre au bipoutre dont les chemins de roulement sont posés sur
des consoles à des colonnes métalliques où en bétons .les avantages du pont Posé sont :
- Meilleure hauteur de levée ;
- Meilleure stabilite ;
- Autorise de plus grandes ;
- Portées et de plus grandes Capacités de levage [5].
Figure II.16 : Pont roulant bipoutre posé
Figure II.16 : Pont roulant mono-poutre posé
II.8.2 Les Ponts Suspendus
Ce sont des ponts roulants mono-Poutre dont les chemins de roulement peuvent être
suspendus sous la charpente Les mouvements horizontaux (direction et translation) sont équipés
en séries de variateurs de vitesses ce qui procure une plus grande souplesse d'utilisation, moins
de balancement de la charge, moins d'usure des freins et des moteurs. Les mouvements de levage
sont équipés de deux vitesses en standard avec possibilité de variateur de fréquence en option.
Permet une meilleure utilisation de la surface au sol.
Figure II.17 : Mono-poutre suspendu
Figure II.18 : Bipoutre suspendu
II.8.3 Les Potences
La potence est un assemblage de pièces de métal formant équerre, en L renversé, pour soutenir
ou suspendre quelque chose. En charpente la potence est l'appui au sol constitué du poteau, du
chapeau (poutre) seul ou sous la dalle ou la poutre à soutenir, Les potences sont étudiées et
réalisées avec la plus grande rigueur et conformément aux normes et coefficients en vigueur Les
composants sont déterminés pour assurer à l’utilisateur la plus grande sécurité. Potence spéciale
jusqu’à 10 tonnes.
II.8.4 Les Semis Portiques
Est un appareil de levage pour charges lourdes, autonome, roule sur deux voies de roulement est
utilisé principalement sur de grandes aires de stockages à l'air libre, tels que les ports, les parcs
de Matières en vrac ou produits industriels de masse, est constitué par un rail au sol, alors que
l'autre s'appuie sur la charpente et roule sur un chemin de roulement aérien.
Figure II.19 : Semi-portique
II.9 CONCLUSION
Après avoir fait une présentation des principaux éléments constituant un pont roulant, nous avons
exposé dans cet article les différents types de ponts roulants et leur fonctionnement. Ainsi nous
avons survolé les principales solutions techniques utilisées dans la pratique pour la réalisation de
déplacement de charge. Pour toute manipulation de levage ou de déplacement, une présentation
plus détaillée de model adéquat était proposée, l’option d’une solution quel que soit sa
complexité occupe une place trés importante pour le déplacement de charge d’une maniére plus
pointue et performante.
BIBLIOGRAPHIE
[4] Techniques de l’ingénieur ; AG2 / AG7010 et AG2 / AG7020 (Appareils de levage et
Appareils de manutention).
[5] mémoire de fin d’étude ; maintenance industrielle.