1.
Distinction des charges variables
et des charges fixes
Dans la méthode des coûts complets, on distingue les
charges directes des charges indirectes. La distinction
charges directes/charges indirectes ne permet pas de faire
des prévisions des charges quand l’activité varie. Dans la
méthode des coûts partiels, on distingue les charges
variables des charges fixes.
a. Les charges variables (ou charges
opérationnelles)
Le tableau ci-dessous retrace le montant des charges de
matières premières en fonction du niveau d'activité.
Activité 1 000 2 000 5 000 10 000 12 000 15 000 20 000
Matières
4 000 8 000 20 000 40 000 48 000 60 000 80 000
premières
Les charges variables (ou charges opérationnelles) sont des
charges variant proportionnellement au niveau d'activité. Le
montant unitaire d'une charge variable est constant.
b. Les charges fixes (ou charges de structure)
Le tableau ci-dessous retrace le montant des charges de
loyer en fonction du niveau d'activité.
Activité 1 000 2 000 5 000 10 000 12 000 15 000 20 000
Loyer 10 000 10 000 10 000 10 000 10 000 10 000 10 000
Les charges fixes sont indépendantes, pour un palier donné,
du niveau d'activité de l'entreprise. Les charges de structure
(ou fixes) ne sont pas éternellement fixes.
Dans notre exemple, il est possible qu'à partir de 25 000
unités produites, il faille un deuxième bâtiment loué. Avec
un nouveau bâtiment loué, les charges de loyer augmentent.
Les charges de structure sont donc fixes mais pour un palier
donné.
2. Le compte de résultat différentiel
Le compte de résultat différentiel est un tableau calculant
des résultats partiels et permettant de préparer le calcul du
seuil de rentabilité.
Montant Taux
Chiffre d'affaires 19 200 000 100 %
Coût variable 10 560 000 55 %
Marge sur coût variable 8 640 000 45 %
Charges fixes 7 000 000
Résultat 1 640 000
Le coût variable est le coût tenant uniquement compte des
charges variables.
Le taux de marge sur coût variable est égal à :
Marge sur coût variable = chiffre d'affaires – coût variable
Ce taux permet d'effectuer des prévisions et de calculer le
seuil de rentabilité.
Dans l'optique des coûts partiels, les charges fixes connues,
le gestionnaire a pour objectif de maximiser la marge sur
coût variable. Donc la marge sur coût variable met en
évidence les produits les plus rentables. Le résultat est
obtenu après déduction des charges variable et fixes. Le
résultat est différent de la trésorerie car il existe des
décalages entre l'enregistrement des charges/produits et les
décaissements/encaissements correspondants.
Le développement des activités tertiaires au sein des
entreprises a modifié la nature de leurs coûts en privilégiant
les charges de structure (ou charges fixes) au détriment des
charges opérationnelles (ou charges variables). La méthode
des coûts partiels perd donc de sa pertinence avec
l'augmentation des charges fixes.
3. Le seuil de rentabilité
a. Définition
Le seuil de rentabilité (SR) d'une entreprise est le chiffre
d'affaires pour lequel l'entreprise couvre la totalité de ses
charges (fixes + variables) et donc dégage un résultat nul. On
parle également de chiffre d'affaires critique ou de point mort.
b. Le point mort (ou date du seuil de rentabilité)
Il s'agit de déterminer le jour ou le mois de l'année au cours
duquel le seuil de rentabilité est atteint. Plus ce seuil est
atteint tôt, plus l'activité est rentable. Il existe deux
hypothèses :
chiffre d'affaires réparti linéairement sur l'année ;
chiffre d'affaires différent mois par mois.
Il faut effectuer un cumul du chiffre d'affaires mois par mois
jusqu'à atteindre le seuil de rentabilité.