- Améliorer la lutte contre le processus de déminéralisation et renforcer l'effet anti-caries du
matériau.
Technologie adhésive :
Ariston AT combine l'effet cariostatique, basé sur le relargage d'ions, avec une nouvelle
technologie adhésive : Ariston AT liner. Ces deux matériaux sont spécifiquement conçus pour
fonctionner ensemble.
Ariston AT liner ne nécessite pas de photopolymérisation préalable, ce qui permet un gain de
temps et d'efficacité. De plus, la fonction adhésive d'Ariston AT liner n'entrave pas l'échange
ionique au niveau des tissus dentaires, offrant ainsi une double protection contre les caries dans
les zones marginales périphériques.
Propriétés d'Ariston AT :
La puissance des ions : Les verres alcalins de deuxième génération sont une arme efficace
contre les récidives de caries, grâce à la libération d'ions.
Neutralisation des acides : Les ions diffusés par l'Ariston AT permettent de neutraliser les acides
organiques, assurant ainsi une étanchéité périphérique.
Renforcement cariostatique : Les ions de fluor et de calcium renforcent l'effet cariostatique
d'Ariston AT en empêchant la formation d'hiatus marginaux par la reminéralisation.
Les avantages d'Ariston AT :
Comparé aux compomères et aux verres ionomères, il a été prouvé qu'Ariston AT empêche de
manière plus significative le processus de déminéralisation, avec un effet tampon élevé observé
après la réalisation des restaurations Ariston AT dans les zones cervicales.
La neutralisation des acides organiques empêche le développement des S. mutans.
Les hiatus marginaux, dus au retrait de polymérisation ou à la tension de mastication, sont
compensés par la diffusion d'ions à proximité des restaurations.
Les indications :
Restauration des dents de lait.
Cavités de classe III.
Cavités de classe I et II dont la largeur ne dépasse pas 60 % de la distance intercuspidienne
vestibulo-linguale.
Les contre-indications :
-Perte de substance importante.
-Restauration des dents antérieures
-Reconstitution des moignons.
-Reconstitution de cuspides.
-Restaurations des dents ayant subi un traitement endodontique. (57)
* Protocole opératoire de la mise en place du Verre Alcalin (figure 26) :
Fig.2 : Carie occlusale sur la 46 (Service Fig.3 : Curetage de carie à minima sous
odontologie conservatrice) champs opératoires (Service odontologie
conservatrice)
Fig.4 : Application du primer (Service
odontologie conservatrice)
Fig.5 : Photopolymérisation pendant 10 s
après avoir éliminé les excès du primer
avec le jet d’air (Service odontologie
conservatrice)
Fig.6 : Injection du produit + sculpture +
photopolymérisation 40 s (Service odontologie
conservatrice)
Fig.7 : Résultat après finition avec fraises
à finir et disques (Service odontologie
conservatrice)
Figure 24 : Restauration de la 46 au Verre alcalin.
CHAPITRE 4 :
Application clinique des CVI
[Link] den odontolgie conservatrice :
1.1 Classification de blzck versus classifcation Sis/Sta
L’un des pères fondateurs de la dentisterie moderne, le Dr Green Vardiman BLACK a élaboré
une classification des lésions carieuses en fonction de leur position sur la dent.
La classification des caries de BLACK comporte 5 catégories originellement décrites par
l’auteur (5):
Figure 25 : Schéma de la classification de BLACK
- Classe I : Caries des puits et sillons des dents postérieures
- Classe II : Caries proximales ou occluso-proximales des dents postérieures
- Classe III : Caries proximales des dents antérieures sans atteinte des bords libres
- Classe IV : Caries proximales des dents antérieures avec atteinte des bords libres
- Classe V : Caries des collets
- Classe VI : Caries des bords libres antérieurs et cuspides postérieures.
Classification Générale à But Thérapeutique = SISTA
Le concept SI/STA a comme caractéristique principale le diagnostic des lésions carieuses en fonction du site concerné et du
stade évolutif de la lésion
Site 1 – Lésions occlusales et les puits palatines
Site 2 – Lésions proximales
Site 3 – Lésions cervicales
Figure 26 :classification de SISTA
Technique sandwich
Dans de nombreuses situations cliniques, la perte de substance dentaire au niveau occlusal ou proximal est
importante.
Dans la technique sandwich, deux matériaux de restauration adhésifs sont utilisés pour former une restauration
finale. Les ciments verres ionomères et les résines composites sont souvent utilisés à de telles fins.
L’objectif est « de tirer le meilleur parti des propriétés physiques et esthétiques de chacun des matériaux et en
présence d’adhésion, d’obtenir autant que possible une reconstruction monolithique de la dent » (Mount et
Hume, 2002). Dans un premier temps, le ciment verre ionomère est mis en place au niveau de la partie
profonde de la cavité et joue le rôle de substitut dentinaire. Le CVI répond au cahier des charges d’un matériau
substitut dentinaire car il protège le complexe dentino-pulpaire biologiquement et mécaniquement. Il est rapide
à mettre en œuvre, et va diminuer le stress de polymérisation au niveau de la 48 résine composite (Koubi et
coll., 2005). Dans un second temps, le ciment verre ionomère est recouvert d’une résine composite qui joue le
rôle de substitut amelaire. L’intérêt de cette technique est qu’elle permet de diminuer la contraction de prise et
le nombre d’incrément de résine composite nécessaire à la restauration du fait de la présence de CVI sous-
jacent (Andersson-Wenckert et coll., 2002 ; Andersson-Wenckert et coll., 2004).
• Technique sandwich fermé :
Elle est indiquée lorsque la perte de substance dentaire est modérée au niveau des puits, sillons et fossettes
des surfaces occlusales des dents postérieures, soit le site1 aux stades 2 ou 3 de la classification SiSta.
Le ciment verre ionomère est injecté au niveau de la partie profonde de la cavité. Il joue le rôle de substitut
dentinaire, et est totalement recouvert par la résine composite.
Figure 27: technique sandwich fermé
• Technique sandwich ouvert :
Elle est indiquée lorsque la perte de substance dentaire est modérée au niveau des zones de contacts
interproximales des dents postérieures, soit le site 2 aux stades 2 ou 3 de la classification SiSta.
Dans ces situations, l’absence d’émail cervical et la difficulté à mettre en place un champ opératoire rendent le
résultat d’une restauration adhésive hasardeuse. Le ciment verre ionomère est injecté au niveau de la partie
profonde de la cavité, sous le point de contact, pour éviter sa dégradation dans le temps (Scholtanus et
Huysmans, 2007). Il participe à la restauration externe. Une résine composite vient recouvrir le ciment verre
ionomère (figure).
Il est préférable d’utiliser les CVIMAR dans le cadre de la technique sandwich ouvert. La présence de
monomères résineux au sein de leur matrice permet de poursuivre la réaction de polymérisation avec l’adhésif
et la résine composite susjacente. Elle permet d’instaurer une meilleure adhésion entre les deux matériaux
qu’avec un CVI conventionnel.
Figure 28 : technique sandwich ouvert
Protocole
Le protocole opératoire est le suivant, illustré par un cas clinique, figure 14.
1. Mettre en place un champ opératoire.
2. Mettre en place une matrice et des coins de bois pour la technique de sandwich ouvert.
3. Décontaminer les surfaces dentinaires à l’aide de chlorhexidine à
2 %.
4. Conditionner les surfaces dentinaires à l’aide d’acide polyacrylique à
10% pendant 20 secondes.
5. Rincer le conditionneur à l’eau pendant 20 secondes.
6. Sécher sans déshydrater.
7. Mélanger le CVIMAR.
8. Insérer le CVIMAR dans la cavité d’obturation.
9. Photopolymériser pendant 20 secondes.
10. Prétraiter la dent :
• Système mordançage et rinçage ;
Appliquer l’acide orthophosphorique à 35% pendant
30 secondes sur l’émail et 15 secondes sur la dentine, le contact entre l’acide et le CVIMAR ne
nuit pas à la liaison CVIMAR-résine composite
(Liebenberg, 2005 ; Mount et Hume, 2002),
Rincer à l’eau pendant une durée équivalente,
Sécher sans déshydrater,
Appliquer l’adhésif,
Sécher légèrement,
Photopolymériser pendant 20 secondes,
• Système automordançant ;
Appliquer le système automordançant,
Sécher sans déshydrater,
Photopolymériser 20 secondes,
11. Mettre en place la résine composite par stratification.
12. Photopolymériser la résine composite pendant 40 secondes après chaque incrément.
13. Déposer le champ opératoire.
14. Polir l’obturation.
15. Vérifier l’occlusion statique et dynamique.
a : vue préopératoire b : mise en place du champ opératoire
c : éviction carieuse d : mise en place du coin de bois et de la
matrice
e : conditionnement tissulaire à l'acide f : mise en place du CVIMAR
polyacrylique
g : mordançage à l'acide orthophosphorique h : application de l’adhésif
i : mise en place de la résine composite j : polissage
k : vue post opératoire
Figure 29 : la technique sandwich ouvert (d’après Liebenberg, 2005)
Technique ART (Atraumatic Restorative Treatment) :
La technique ART, ou Traitement de Restauration Atraumatique, a été développée dans les années
1980 dans les pays sous-développés ou en voie de développement, auprès de populations ayant un
accès limité aux soins dentaires. Cette technique a permis de mettre en place des méthodes de
prévention et de traitement curatif, notamment pour les populations vivant dans des zones reculées
et/ou sans électricité (Van Gemert-Schricks et al., 2007). Elle repose sur l’utilisation d’instruments
manuels et de matériaux de restauration adhésifs.
Pour traiter une lésion carieuse, on retire la dentine infectée à l’aide d’instruments manuels tels que
des excavateurs, puis on referme la cavité nettoyée en utilisant un coiffage pulpaire indirect avec des
matériaux adhésifs. Les ciments verres ionomères (CVI) sont particulièrement adaptés à cette
technique car ils adhèrent aux parois dentaires et libèrent du fluor, ce qui favorise la diminution ou
l’arrêt des lésions dentaires.
L’instrumentation manuelle est peu coûteuse et ne nécessite ni eau ni électricité. Son utilisation limite
la douleur et le besoin d’anesthésie locale. L’absence d’instruments rotatifs réduit l’anxiété chez les
patients phobiques des soins dentaires (Frencken et al., 1997).
La technique ART est également utilisée dans les pays développés pour les patients anxieux
(Carvalho et al., 2009), les enfants (Smales et Yip, 2000), les personnes handicapées (Molina et al.,
2014) et les personnes âgées (Chalmers, 2006).
**Protocole :**
Le protocole classique de la technique ART, proposé par Frencken et al., est illustré
par un cas clinique (figure 15) :
1. Isoler la dent à l’aide de cotons salivaires.
2. Retirer la plaque dentaire avec des boulettes de coton humides.
3. Sécher la surface de la dent avec des boulettes de coton sèches.
4. Ouvrir la cavité à l’aide de ciseaux à émail.
5. Retirer la dentine infectée à l’aide d’excavateurs manuels.
6. Nettoyer la cavité avec des boulettes de coton humides, puis sécher avec des
boulettes de coton sèches.
7. Conditionner les surfaces dentinaires avec de l’acide polyacrylique à 10 %
pendant 20 secondes.
8. Rincer le conditionneur à l’aide d’au moins deux boulettes de coton imbibées
d’eau.
9. Mélanger le CVI :
- Respecter le dosage poudre/liquide.
- Incorporer la totalité de la poudre au liquide le plus rapidement possible.
- Spatuler pendant 20 secondes.
10. Mettre en place le CVI à l’aide d’une spatule à bouche.
11. Positionner correctement le CVI avec l’index.
12. Retirer les excès.
13. Vérifier l’occlusion.
14. Protéger le CVI avec un vernis ou de la vasel
a : isolation et nettoyage de la dent à l’aide b : éviction carieuse à l’aide des instrument
de coton salivaires manuels
c : mise en place du CVI d : compression de la restauration avec
l’index
e : restauration achevée
Figure 30 : technique ART
Technique ITR
Les techniques ART (Atraumatic Restorative Treatment) et ITR (Interim Therapeutic
Restorations) sont similaires, mais leurs objectifs diffèrent (American Academy of Pediatric
Dentistry, 2011). La technique ART est destinée à être définitive, tandis que la technique ITR
vise à prévenir et à restaurer temporairement les déminéralisations ou les lésions carieuses
n'ayant pas atteint le stade de pulpite irréversible ou de nécrose pulpaire.
Elle est indiquée chez les patients jeunes, peu coopérants ou dépendants (American Academy
of Pediatric Dentistry, 2011). La technique ITR est utilisée lorsque l'éviction des caries ou la mise
en place du matériau de restauration ne peut pas être réalisée de manière traditionnelle et doit
être différée (Gryst et Mount, 1999; Deery, 2005). Pour les patients présentant de multiples
lésions carieuses, elle permet de les éliminer d'abord pour limiter et contrôler leur expansion
avant d'effectuer des restaurations définitives (Vij et al., 2004).
La technique ITR utilise des instruments manuels et des matériaux de restauration adhérant aux
tissus dentaires et libérant du fluor, comme les ciments verres ionomères (CVI). Le protocole
opératoire des techniques ART et ITR est identique.
3.3 Application en odontologie pédiatrique
L'émail des dents temporaires est plus épais et moins minéralisé que celui des dents définitives.
La dentine est également plus fine, avec des tubuli dentinaires de plus grand diamètre, facilitant
ainsi la pénétration bactérienne. La chambre pulpaire est beaucoup plus volumineuse. Ces
caractéristiques favorisent une progression rapide des lésions carieuses. La préparation des
cavités doit donc être la moins invasive possible pour éviter une effraction pulpaire. De plus, la
faible hauteur coronaire, la constriction cervicale marquée et les papilles gingivales
volumineuses des dents temporaires peuvent compliquer la mise en place d'un champ
opératoire.
D'où l'intérêt d'utiliser des matériaux de restauration comme les CVI et CVIMAR en odontologie
pédiatrique, car ils sont étanches, adhésifs, bioactifs et relativement résistants à l'eau.
3.3.1 Scellement des puits et fissures
Le scellement des puits et fissures est recommandé dès que possible sur les premières et
deuxièmes molaires permanentes lorsque le risque carieux individuel (RCI) du patient est élevé.
Le scellement des sillons vise à réduire la fréquence des caries occlusales en cas de RCI élevé et
à diminuer la fréquence des caries dans les sillons anfractueux.
Le CVI peut être utilisé pour le scellement des puits et fissures. Cependant, son taux de
rétention est plus faible par rapport à une résine composite fluide. De nombreux auteurs
estiment que le CVI ne peut pas remplacer les matériaux de scellement à base de résine
(Simonsen et Neal, 2011; Kumaran, 2013). Toutefois, il est recommandé lorsque la dent n'a pas
encore fait totalement son éruption et que l'isolation de la dent à l'aide d'un champ opératoire
pour appliquer une résine composite fluide ou ultra-fluide est imparfaite (Berg et Croil, 2015).
Figure 31 : vue clinique de 36 chez une patiente de 8 ans avec un RCI élevé avant et
après la mise en place d’un CVI fluide (GC Fuji Triage)
Restaurations des dents temporaires
En raison des contraintes masticatoires généralement moins importantes chez l’enfant (Castelo
et al., 2010 ; Palinkas et al., 2010), l’utilisation de matériaux comme les CVI (ciments verres
ionomères) ou les CVIMAR (ciments verres ionomères modifiés par adjonction de résine) peut
être intéressante.
Bien que les résines composites soient les matériaux de restauration à privilégier, en cas de
mauvaise compliance de l’enfant, on peut utiliser un CVI condensable, plus résistant
mécaniquement que le CVI conventionnel, ou un CVIMAR. Si ce matériau est utilisé sur une
dent temporaire au stade 1 ou 2, il doit être considéré comme un matériau de restauration
provisoire à remplacer lorsqu’une meilleure coopération de l’enfant sera possible.
L’utilisation des CVI et CVIMAR doit être de courte durée, c'est-à-dire entre 2 et 4 ans (Forss et
al., 2003 ; Courson et al., 2009). Ils sont indiqués pour les cavités de taille petite à modérée
(stade 1 et 2 de la classification SiSta) en proximal et en occlusal.
3.3.3 Lésions juxta pulpaires
Lorsqu’une lésion carieuse juxta pulpaire survient chez un jeune patient, sur une dent définitive
immature, un coiffage indirect est nécessaire si l’inflammation pulpaire est réversible. Le
coiffage indirect permet de reminéraliser la dentine affectée à proximité de la pulpe et de
préserver la vitalité pulpaire. Après l’éviction carieuse, un matériau est appliqué au fond de la
cavité pour stimuler la dentinogénèse (Massler, 1967).
Les CVI et CVIMAR sont des matériaux de choix car ils peuvent reminéraliser la dentine
déminéralisée grâce à la libération d’ions fluorure. Leur adhésion à la dentine assure une bonne
étanchéité, empêchant ainsi la pénétration bactérienne (Ngo, 2010).
Le tableau ci-dessous synthétise les différentes applications des familles de matériaux
présentées.
Tableau : tableau récapitulatif de l’utilisation des ciments verres ionomères (d’après Berg et
Coil, 2015)
Dent temporaire Dent permanente
Scellement des puits et
CVI CVI
fissures
CVI
CVI condensable CVIMAR ou Compomère si
Site 1 petite cavité stade 1, sinon
CVIMAR technique sandwich
Compomère
CVI
CVI condensable CVI ou CVIMAR dans la
Site 2
CVIMAR technique sandwich
Compomère
CVI CVI
Site 3 CVIMA CVIMA
R R
Compomère Compomère
ART CVI condensable CVI condensable
ITR CVI condensable CVI condensable
CVI CVI
Coiffage indirect
CVIMAR CVIMAR
3. Application en odontologie gériatrique :
Le vieillissement de l'organe dentaire se manifeste par un émail moins perméable, présentant des usures, des craquelures,
fêlures, avec un effondrement des prismes d'émail, ainsi qu'une teinte plus foncée des couronnes dentaires.
Au niveau dentinaire, on observe une oblitération des tubulis par la dentine péri-tubulaire et dépôt de dentine secondaire
(figure 44). La réduction des tubulis dentinaires influence l'efficacité des adhésifs.
Figure 32 :dentine du patient âgé, dite « sclérotique
Les caries cervicales ont une forte prévalence chez ces patients, beaucoup plus que les caries
occlusales, les lésions cervicales peuvent être traitées par des CVI présentant des capacités
d'adhésion physico-chimiques, facilitant leur utilisation, un relargage en fluor inhibant la reprise
de caries, mais présentent une esthétique limitée. Ils peuvent donc être en association avec des
composites.
Un traitement parodontal par élongation coronaire est envisageable dans le cas de lésions intra-
sulculaires.
En cas de contre-indication de chirurgie, ou bien lorsque l'état général du patient nécessite des
séances courtes, le traitement par CVI peut convenir.
4. Application en prothèse :
Dans le domaine prothétique l'utilité des CVI est diverse ; scellement des couronnes, inlays-onlays, ainsi pour
scellement des tenons.
Les CVI confèrent un joint dento-prothétique fin, comparé à certains ciments, et notamment aux résines,
permettant une meilleure adaptation marginale de la prothèse sur sa préparation et limitant l'exposition du
ciment aux fluides buccaux. La sensibilité de ces matériaux à une hydratation ou un dessèchement exagérés
limitent leur étanchéité, et des auteurs proposent de protéger le joint dento-prothétique par du vernis ou de
l'adhésif dentinaire, afin d'améliorer la qualité de la prise.
Concernant les micro-infiltrations marginales, la protection de la suprastructure à la fracture, la résistance aux
contraintes mécaniques des ciments, ainsi que la rétention d'éléments prothétiques, les résines sont plus
performantes.
De même, Les qualités des CVI sont soulignées en implantologie, à savoir une bonne rétention et une
adaptation marginale correcte. Par ailleurs, certaines études mesurent une radio-opacité limitée pour certains
CVL, pouvant compliquer la détection d'excès de matériaux au sein du parodonte ou autour de l'implant. De
plus, comme pour les autres ciments, une préparation rétentive ainsi qu'un traitement des surfaces (dentaires
et prothétiques) améliore la rétention de l'élément prothétique et un rescellemment la diminue. Enfin, le
mélange manuel aurait de meilleures propriétés (moindre porosité au sein du mélange, amélioration de la
résistance à la compression), comparé au mélange mécanique des capsules.
4.1. Scellement des couronne, inlay-onlay :
-A- mise en place du ciment
-B- préparation de la dent
-C- mise en place de la couronne
-D- ablation des excès sous pression occlusal
Figure 45 : scellement aux CVIMAR
4.2. Scellement des tenons :
1. Ce cas clinique s'inscrit dans le cadre d'une réhabilitation
globale de l'arcade maxillaire, et cette prémolaire doit être
couronnée. L'obturation au composite est déposée et la
préparation périphérique effectuée.
2. * La situation clinique permet d'envisager la réalisation d'une
restauration corono-radiculaire foulée.
Bien que cette dent comporte deux racines, un seul logement
canalaire est préparé et l'ancrage est essayé dans son
logement.
3. L'ancrage est adapté à sa bonne hauteur coronaire en
coupant la tête avec un disque diamanté, et la matrice Accor
ajustée au niveau des limites de la préparation.
4. L'étape du scellement adhésif de l'ancrage et de la
reconstitution coronaire peut alors débuter. Un mordançage à
l'acide orthophos-phorique pendant 15 secondes est suivi
d'un rinçage pendant la même durée et d'un séchage
modéré.
5. * L'adhésif est appliqué à l'aide des applicateurs.
Le solvant est évaporé pendant
5 secondes.
6. Le composite est injecté dans le canal à l'aide des embouts,
et l'ancrage radiculaire dont la surface est également
légèrement recouverte d'adhésif et de [Link]™ Flow est
immédiatement placé dans sa position définitive et stabilisé.
7. Après une première polymérisation, la partie coronaire est
reconstituée par injection de [Link]™Flow dans la matrice
polycarbonate autour de la tête du tenon.
8. L'ensemble est polymérisé une vingtaine de secondes.
La matrice est alors déposée en la sectionnant et le champ
opératoire peut être retiré et la préparation terminée.
9. La comparaison des radiographies avant et après intervention
montre les radio-opacités du composite de reconstitution et de
l'ancrage radiculaire.
Figure 46 : les étapes du scellement des tenons
5. Application en ODF:
Actuellement, avec les procédés de collage et les ciments de scellement verre ionomère, l'apparition de ces
altérations de l'émail à la suite de traitements orthodontiques est surtout liée aux non observances des règles
d'hygiène buccale par le patient.
Le collage au CVI trouve son indication soit pour brackets (figure 47), pour les bagues, ainsi pour le collage lors
des chirurgies de la désinclusion de canine (figure 48).
Due aux avantages majeurs : réduire considérablement les phénomènes de déminéralisation autour des attaches et
faciliter la dépose, la tolérance à l'humidité est particulièrement intéressant.
Utilisé depuis quelques années, le CVI est une bonne parade à cette situation, moins friable que l'oxyphosphate, il
adhère à la fois au métal et surtout à l'émail, libère du fluor, et constitue ainsi une protection de la dent. Son
emploi marque un progrès essentiel qui a fortement diminué la fréquence des zones déminéralisées sous les
bagues. (25)
Les résultats montrent une diminution significative de lésions carieuses avec l'utilisation d'un CVI de collage
pour les bagues orthodontiques, ainsi qu'il réduit de façon significative le nombre de lésions blanchâtres après
dépose de l'appareillage.
Figure 47: Collage des brackets Figure 48 : collage de bracket sur canine
Orthodontiques au CVIMAR incluse avec CVI
Conclusion :
Les ciments verres ionomères (CVI) présentent des propriétés remarquables, notamment grâce
à leur capacité à libérer du fluor, leur adhésion chimique aux tissus dentaires, leur excellente
étanchéité et leur bonne tolérance pulpaire. Leur principal inconvénient réside dans leur
incapacité à supporter des charges occlusales importantes, leurs propriétés mécaniques étant
largement inférieures à celles des résines composites, ce qui les contre-indique dans les zones
postérieures. En outre, malgré de nombreuses améliorations au fil des ans, ils restent
relativement opaques et moins esthétiques.
L’utilisation des CVI a trouvé une place de choix en odontologie conservatrice, en particulier
dans les pays en voie de développement grâce à la technique ART (Atraumatic Restorative
Treatment). Elle est également particulièrement utile dans les pays industrialisés pour les
patients peu coopérants.
Depuis le début de l’ère de la dentisterie adhésive, les laboratoires ont intensifié leurs
recherches pour créer le matériau idéal. L'évolution des biomatériaux en pratique dentaire est
continue, nécessitant une adaptation constante de la part des praticiens. Les CVI ont suscité
beaucoup d'espoir. Si leurs inconvénients actuels pouvaient être minimisés, ils pourraient
potentiellement supplanter les autres matériaux de restauration, qu'il s'agisse de l'amalgame,
dont le remplacement semble inévitable à moyen terme, ou même des résines composites,
dont la biocompatibilité est régulièrement remise en question