Déconstruction de l'égo et conscience pure
Déconstruction de l'égo et conscience pure
DAYANA
sommaire
Accueil 4
1. Introduction 5
1. le chemin 6
2. dualité/ unité 7
2. Déconstruction de l'égo 8
1. nature de l'égo 8
1. Qu'est-ce que l'égo? 10
2. le sens du moi et l'affect corporel 11
3. l'égo et les personnages 13
4. l'observateur 15
5. la mécanique égotique 16
2. innocence de l'enfance 19
3. le temps et l'égo 21
4. lien corps-esprit 22
5. les résistances 23
6. le désir 25
1. la saga du désir 26
7. opinions et points de vue 29
8. la volonté 30
9. les émotions 32
10. travail thérapeutique 33
11. le lâcher prise 35
12. les choses se font toutes seules 36
13. action / réaction 39
14. l'égo n'appartient à personne 41
15. l'ego et le monde 41
16. le karma 42
17. qu'en est il des problèmes? 43
18. la dépendance au mental 43
19. le chaos d'une expérience de dissolution 46
20. post vidange du mental, le vide 47
21. l'intérêt de fonctionnement égotique 49
22. que reste t'il sans les histoires? 50
23. sentiment de séparation 51
24. la fin de la souffrance 52
3. Déconstruction des apparences 54
1. investigation 55
1. investigation, la place des pensées 56
2. différence entre reflechir et observer 57
3. observation 58
4. focalisation et défocalisation 58
2. qui sommes nous? 61
1. ni le corps, ni le mental 64
3. le corps 64
4. les sens 65
1. les sens constructeurs de formes 67
2. un épisode de sensorialité 68
5. équanimité des formes 69
6. le mental, la pensée 70
1. nature de la pensée et des mots 72
2. torpeur 72
3. les pensées 73
4. l'inconsistance du contenu mental 74
5. les mots du silence 76
7. Qu'est ce qu'une croyance? 77
8. qu'en est il de l'identification 79
1. identification aux films 80
2. chaos au cours du détachement 81
3. identification à l'individu 82
4. la surimposition 84
9. le temps 85
10. le monde 87
11. le sommeil 91
12. la mémoire 93
1. la conscience témoin, origine de la mémoire 95
2. l'idée et l'idéation 95
13. la matière est immatérielle 96
14. les apparences sont des coquilles vides 98
4. Voie directe 100
1. connaissance de soi 100
2. voie radicale 103
3. relation ou communion 103
4. pratiques 104
1. être avec ce qui est 105
2. se mettre à l'écoute 106
5. seul le point de vue change 107
6. le fil d'Ariane 110
7. la conscience 112
1. la conscience témoin 112
2. le verbe 113
3. une seule et même conscience 114
8. solitude 115
9. le sens et la valeur donnés 116
10. les films: rêve 117
11. projection 119
12. la surimposition 121
13. le vécu direct 122
1. l'instant présent 123
2. le vécu tronqué de l'ego 124
14. l'ancrage au quotidien 126
15. témoignage 126
16. la fin de la dualité 128
5. Êtreté 129
1. la conscience 130
2. être 130
3. innocence 131
4. l'amour 131
5. la présence 132
6. le silence 132
7. l'intelligence 133
8. vide et plénitude 133
9. l'instant 134
10. l'illimité 135
11. Vie 136
12. sérénité, paix 137
13. Dieu 137
6. Conclusion 138
Accueil
Cela fait déjà quelques années que j’écris de nombreux textes qui s’empilent soit dans des
classeurs soit dans des dossiers d’ordinateur. Quand je les ressors avec l’idée d’en faire
quelque chose ils me paraissent souvent poussiéreux, déjà un peu dépassés et me donnent
envie de les refondre. A peine écrit, cela veut se modifier..
Les mots qu’ils soient parlés ou écrits jaillissent ainsi dans l’instantanée et sont vivants. Ils se
remodèlent, se réécrivent suivant la spontanéité, le jaillissement de ce qu’ils pointent.
En attendant de peut-être les mettre un jour en imprimerie, il m’est venu l’idée qu’ils pourraient
être proposés sur le web à travers des textes qui se réécrivent au fil de ce qui a envie de se dire.
C’est cela que je vous propose: un recueil de textes, livre vivant qui s’écrit sans cesse, se
transforme et pointe vers ce qui est inexprimable: l'innommable. J'ai essayé de regrouper les
textes suivant un certain fil mais ces textes ayant été écrits dans la spontanéité d'un instant et
non dans la continuité d'un ouvrage, ils sont tous indépendants. Il y a de nombreuses redîtes
sous des formes différentes ou pas. Dans mon expérience, j'ai constaté que des mots lus ou
entendus de nombreuses fois sans impact particulier, en déclenchaient brusquement un à un
autre moment, sans doute parce que la maturité de ce moment-là le permettait.
Certains écrits, déjà un peu anciens ne correspondent plus tout à fait à la perspective actuelle
mais ayant occupé une place importante dans mon cheminement, je les ai laissés.
Ces textes se sont écrits comme un fil d'Ariane remonté le long d'un parcours de la
connaissance de soi, parcours d'investigation par observation, depuis l’identité illusoire d’être
une personne vers la véritable identité: Une, pure conscience, unité que nous sommes tous
J'insiste sur le fait que ces écrits témoignent de l'observation faîte de ce qui est, de ce qui se
passe et non d'une reflexion intellectuelle. Je remarque que souvent les personnes entendent
ces paroles ou les regardent à partir de l'intellect et cherchent à les comprendre. Cela apparaît
alors comme de la philosophie ou hypothèses mentales etc..En aucun cas, il ne s'agit de
recettes à suivre. En réalité il n'y a rien à comprendre, cela ne sert à rien, je vous déconseille de
continuer plus avant votre lecture si vous percevez ces écrits ainsi. Si en revanche vous les lisez
avec votre coeur, si vous les vivez, et sentez qu'ils vous parlent c'est que vous les recevez à
partir de votre propre vécu et de votre observation, c'est la bonne perspective. Ces écrits sont
tous vérifiables et je vous invite à le faire, il suffit juste de se placer dans l'observation de ce qui
se passe, de ce qui est et cela se déploie.
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Bonne lecture !
Introduction
Nous sommes conscience pure.
Nous fonctionnons de cela et sommes cela à chaque instant et sans discontinuité. Toute quête
de se connaître, se trouver part de cela que nous cherchons (une vraie farce !). Il n'y a rien à
faire, ni à chercher pour être ce que l'on est. La différence du vécu se traduit simplement par
l'endroit où se place l'attention.
Lorsque nous disons « je » au-delà de l’apparence imaginaire qui nous fait croire à une
personne séparée, le « je » est cette conscience qui parle d’elle.
Arrière-plan immuable, immaculé, sans cesse présent, au sein duquel jaillit toutes les
perceptions ou Manifestation.
La conscience pure existe sans cesse même quand il n’y a aucune perception.
La conscience pure ne se réfère qu’à elle-même.
Quand il y a perceptions, ces perceptions n’existent que par le support de la conscience qui
les fait vivre et exister.
Quand il y a perception, il y a unité avec chaque perception. Chaque perception est donc
également conscience mais comme une facette de cette conscience.
Nous nous vivons donc à la fois comme pure conscience et à la fois comme unité à la
perception.
Les quêtes sont multiples mais la principale, bien souvent est la quête du mieux-être, du
bonheur et de la disparition de la souffrance. Cette quête est forcément tôt ou tard vouée à
l’échec (car s’appuie sur un postulat erroné, celui de croire que nous sommes coupés du
bonheur) et se transforme alors un jour en quête de vérité, ce que j’appelle plutôt enquête de
vérité.
En effet quand la quête du bonheur arrive à son échéance, c’est que l’on sait désormais que
jamais rien d’objectif ne pourra apporter vraiment ce que l’on cherche, qu’on ait eu tout ce que
l’on désirait ou pas. C’est à ce moment-là que pointe le sentiment profond qu’on ne regarde pas
au bon endroit.
L’enquête du réel n’est pas forcément synonyme de bien-être. Il y a même des moments où
c’est franchement inconfortable eu égard à nos vieilles croyances et habitudes, cela demande
parfois de « digérer » ce que nous découvrons. Mais une fois enclenchée on ne peut plus
reculer tellement on sent que c’est le chemin juste; on est prêt à tout découvrir quel que soit ce
qui va être découvert. La recherche de vérité s’apparente alors à un amour total pour cette
vérité. Tout lui est donné car elle se justifie à elle seule. Plus tard lorsque le réel s’est enfin
révélé, le bien-être et le bonheur s’ensuivent, pas du tout ce qui pouvait être imaginé
auparavant. Il y a les états de bonheur mais surtout le « se savoir être" la source de tout
bonheur est immensément plus vaste et puissant. Le bien-être, le bonheur trouvés n’étant plus
le moteur de la quête, sont un effet secondaire de la réalisation de la vérité. Ils sont de notre
nature même.
Le vécu direct
Dans la condition (conditionnement) humaine, nous prêtons davantage attention aux pensées
qu’aux autres perceptions sensorielles qui sont à disposition. En faisant cela nous portons
attention à un imaginaire fabriqué que nous prenons pour le réel. Cet imaginaire est
responsable du sentiment de séparation « moi et les autres » ou « moi et le monde », source
de toutes les souffrances.
Lorsque l’on observe le mental, on découvre comment il fonctionne.
On réalise que les pensées émises sont fabriquées avec une matière 1 ère que l’on pourrait
nommer mémoire et qu’à partir d’elle, des découpages et associations sont faits, créant un
monde conceptuel, virtuel. Une fois la pensée émise, lorsque l’attention s’accroche à elle,
cela devient une croyance. Celle-ci va se manifester dans le corps sous forme de sensations
directes (différentes des sensations imaginaires du mental) et concrétiser en perceptions
sensorielles ce que dit la pensée. C’est tout ceci qui crée comme un monde parallèle se
juxtaposant à la réalité et nous fait vivre d’innombrables histoires toutes issues du "moi" et
toutes génératrices de souffrance.
Bien que cela ait l’air très réel (dû au fait que le corps manifeste par les sensations directes ce
qui se dit dans la pensée), c’est l’équivalent d’un film qui se déroule devant nos yeux et auquel
on adhère totalement (bon public dit on). La réalité est toute autre, infiniment plus simple et
infiniment plus riche en même temps. Cette réalité est douce, bonne et ne génère aucune
souffrance.
Dualité/ unité
Tant que l’on est perdu dans ce monde mental imaginaire, elle n’est même pas envisageable.
C’est souvent à force de souffrance ou de sentiment d’incomplétude que petit à petit va se
réveiller comme un parfum de paradis perdu nous amenant à endosser l’habit du quêteur à la
recherche de ce qu’il croit avoir perdu.
En réalité, rien n’a jamais été perdu et il n’y a rien à retrouver qui manquerait. Il s’agit juste de
décrisper le regard du contenu des pensées, de le délocaliser, pour que, libres, les autres
perceptions reprennent leur juste place. Dès lors la réalité s’éclaire et permet de se libérer de
tous les fantasmes auxquels on était identifié.
Il y a une voie très simple et directe qui peut s’auto suffire car permet à l’attention distraite et
crispée sur l’illusoire d’être ramenée au réel instant par instant. Cette voie est ce que j’appelle
le vécu direct. Le fonctionnement mental fabrique des « choses » qui ne sont pas réelles, qui
n’ont pas de réelle existence. Il suffit donc de regarder ce qui est vraiment là à chaque instant.
Pas besoin de comprendre quoique ce soit, pas besoin de chercher midi à 14h ou mille
astuces. Regarder ce qui existe vraiment à l’instant, rétablit le regard à sa juste place et
amène le discernement entre le faux du réel.
Cela peut demander comme une pratique pendant un moment car l’habitude de se confondre
au contenu du mental est si ancrée qu’il y a à inverser cette tendance. Des efforts peuvent-
être à fournir un certain temps pour ce faire. Mais ensuite cela devient de plus en plus facile
d’autant que l’on a commencé à réaliser les bienfaits engendrés par le regard direct.
La question à se poser est :
Quel est le vécu direct de l’instant ? Quelle est la réalité hors de la pensée? Qu'est ce qui est
perçu directement et non pensé?
Le repère principal à cela c’est ce qui existe vraiment à l’instant.
Lorsque le vécu direct à détrôné le vécu mental, on réalise l’unité de tout ce qui est et que
nous sommes.
Je "me" regarde.
Je, regarde un film dont "je" est le héros.
Le titre du film est "la vie de je" ou équivallent: "l'histoire de ma vie".
*NB
- Je est le Spectateur: Regard
- je ou me ou ma ou mien est l'individu, le héros du film et ses possessions, il n'a d'existence
que dans le film et pourtant....
- Je, bon public, se prend pour cela...........
Nature de l'égo
racine de l'égo
La sensation de séparation, l'impression d'être une entité individuelle, séparée s'installe dans
la toute petite enfance (entre 1 et 3 ans) par la focalisation de l'attention en direction de
l'individu-enfant, sans cesse répétée par les adultes de l'entourage.
La racine de ce sentiment d'être séparé est la pensée crue "je suis moi" qui supplante
progressivement le vécu non pensé "être".
De cette pensée racine, toutes les pensées égotiques découlent: moi, mien, ma, mon.
Les 2 corollaires à cette pensée sont deux autres croyances : la croyance d'être périssable et
celle d'avoir un pouvoir personnel qui peut permettre de diriger « sa » vie.
Ce qui est étrange, c'est qu'en profondeur on sait que tout phénomène a une durée de vie
limitée et il y a l'intime évidence (bien qu'oubliée en surface) que l'on ne peut pas mourir.
Ainsi, dans la confusion de croire en cette fausse identité, on cherche à rendre éternel
l'individu corps mental qui lui ne l'est pas.
NB: J'entends par le terme individu, le corps-mental qui représente une "chose" au même titre
qu'un arbre, un astre, une pierre ou tout autre chose de la création.
Chez le petit enfant, on peut noter que les 1ères expressions égotiques sont d'ordre corporel
plutôt que mental (conceptuel) car celui-ci n'est encore pas très actif. En effet la croyance des
pensées égotiques est créatrice, elle fabrique des énergies en rapport, des énergies
bloquantes. Non seulement cela touche le corps relié au mental où cela se passe mais aussi
tous les autres corps ou "choses" de proximité. L'enfant est totale ouverture, une éponge et il
capte donc très facilement les énergies rayonnantes de son entourage sans discrimination. Il
capte toutes les énergies de son environnement et en particulier celles issues des
fonctionnements égotiques de l'entourage. C'est pourquoi, par exemple, une peur, un état de
colère, d'agacement des parents se retrouve facilement dans la posture du corps de l'enfant
(ou chez les animaux domestiques qui sont sous le même toit ). En revanche tant que le
mental-mémoire conceptuelle de l'enfant n'est pas très présent, ces énergies bloquantes ont
tendance à disparaître facilement dès que l'événementiel change et notamment celui qui
concerne les proches.
la sortie
Un jour, cela décide de cesser, quand, pourquoi, comment? Le mystère de la vie.
Un processus de "réveil" du rêve mental se met en place, un cheminement qui va remonter le
fil d'Ariane de toutes ces constructions imaginaires et qui va déplacer l'attention sur le réel. La
libération représente alors une dé focalisation de l'attention de la pensée. Les histoires
s'effondrent, l'attention se replace sur le vécu direct, se refond avec le vécu direct et la
réalisation qu'il n'y a jamais eu de prison, de limitation ni de personne, entité séparée permet
de retrouver la véritable identité que l’on est: conscience pure.
Toute l'attention est figée sur l'histoire et les rôles imaginaires, distraction fondamentale par
rapport à ce qui est vraiment. C'est cela qui génère toutes les dysfonctions par rapport au réel
et qui est la source de toutes les souffrances.
Il arrive un moment où toutes ou presque toutes les mécaniques, tous les fonctionnements
égotiques ont été vus et sont connus. Mais malgré cela nous replongeons dans l’ego souffrant.
La clé pour en sortir n’est plus de chercher à comprendre les tenant et aboutissant de ce
fonctionnement égotique, c’est-à-dire les croyances qui génèrent ce fonctionnement mais
plutôt de se tourner vers l’investigation de la racine même de l’ego : celle d’exister en tant
qu’individu séparé, celle de se sentir une conscience séparée, limitée.
L’ego est fait bien sûr des croyances aux illusions, ou plutôt ce sont elles qui le nourrissent
mais il est fait aussi d’un sens subtil, énergétique du corps qui l’a pétri modelé depuis la plus
tendre enfance. On pourrait appeler ce processus qui imprègne le corps physique, l’affect. Cet
affect s’est installé avant même le démarrage des croyances et en a préparé le terrain. Ainsi
le sens du moi est la perception sensorielle du corps dans sa composante crispée, figée,
séparée, qui maintient l’illusion de frontière et de limite. Cet aspect est à investiguer de la
même façon que les illusions crues si l’on veut retrouver la vérité de ce que l’on est vraiment
La seule chose qui maintient l’illusion du moi est la fixité du regard sur ce qui constitue le lit du
« moi » et qui sert de point de référence à toutes les autres perceptions.
· Bien sûr toutes les pensées qui parlent du moi, de mon, de mien etc.. et toutes les histoires
qui en dérivent, c’est l’ego dans toute sa splendeur
· Il y a aussi les sensations imaginaires comme le schéma corporel qui servent de point
d’ancrage, référence aux autres perceptions
· Mais même lorsque les pensées « paroles » et les pensées « imaginaire sensoriel »
cessent il reste un subtil sens du moi fait de toutes les sensations inhérentes au corps ce que
j’appelle sensibilité corporelle (tactile, chaleur, pression, kinesthésie, proprioception…) Ces
sensations ont été rendues « particulières » par l’incessante désignation du corps en tant que
« moi ». Elles ont été retirées de la globalité des perceptions pour devenir le point de
référence par rapport à toutes les autres. C’est ainsi que se maintient comme une distance
avec toutes autres perceptions et même avec la pensée, une impression d’individualité
corporelle qui s’appuie sur ces fameuses sensations du corps et qui percevrait tout ce qui est
autre que les sensations corporelles.
En réalisant ceci, tranquillement, l’habitude figée sur ce type de perception lâche restituant
une équanimité à toutes les perceptions contenues dans le seul regard. Plus aucune
perception ne devient dès lors référente aux autres, seul le regard devient sa propre
référence.
Regard toujours présent et qui prend la forme des perceptions quand elles se présentent.
C’est dans l’abandon de la séparation des perceptions que se dévoile l’unification du vécu.
Le sens du moi: se reconnait dans le rêve nocturne plus facilement
Il est très intéressant d'observer ce qui se passe à l'état de sommeil avec rêve et de le
comparer à l'observation de ce qui se passe à l'état de veille.
Lorsque l'on rêve pendant le sommeil, tant que l'on est identifié au "moi" il y a ce sens du moi
qui se ressent et se voit pendant toute la durée du rêve. Ce « moi » vit et évolue avec les
histoires qui se passent dans le rêve. Il est plus facile de l'identifier pendant ce temps car il n'y
a pas de vécu sensoriel associé à ce sens du moi nocturne, à la différence de l'état de veille.
En effet à l'état de veille ce sens du moi étant cru et donc pris pour étant ce que l'on est, cette
croyance induit tout un vécu sensoriel qui rajoute à la confusion de l'identification erronée.
Pendant le rêve nocturne, la plupart du temps même si ce sens du moi vit plein d'événements
plus ou moins stressants, il y a toute une tranquillité présente car on le voit. Le regard,
l'observation de ce moi est comme davantage reconnu que pendant la journée. C'est ce qui
fait que la tranquillité est là malgré tout ce que vit ce "moi". L'identification est beaucoup moins
forte que pendant l'état de veille. C'est aussi cela qui permet dès le réveil de sortir du rêve, on
sait instantanément que l'on a rêvé.
Si l’on prête attention à cela, on va réaliser qu'en fait ce qui se passe pendant le sommeil avec
rêve c'est que l'on rêve de soi. Ce rêve de soi est ce fameux sens du moi. En le
reconnaissant, il devient dès lors possible de réaliser que le moi que l'on ressent et vit à l'état
de veille est exactement le même que celui du rêve nocturne. Il suffit de l'observer. Et c'est
ainsi que l'évidence saute aux yeux: le sens du moi de veille est un rêve. Le rêve nocturne se
prolonge en rêve diurne et vient surimposer la perception et vécu direct de l'instant réel.
Quand on habite pleinement le vécu direct avec un mental au repos il n’y a pas de
personnage. C’est donc que le personnage appartient au monde du mental. On peut le
vérifier en particulier pendant la nuit dans le sommeil sans rêve ou il n’y a aucun vécu de
personnage. Pendant la journée, quand on ne pense pas, il n’y a aucun personnage.
En observant ce qui se passe dans le mental on se rend compte que le personnage apparaît
avec la pensée. Cette pensée peut être faite de plusieurs types de choses : il y a des pensées
parlées, conceptuelles, ce sont les plus fréquentes mais il y a aussi des pensées faîtes de
mémoires sensorielles: mémoires images, mémoires sonores etc.. plus subtiles à identifier
mais qui n'en évoquent pas moins le personnage imaginaire.
En fait, ces personnages appartenant à la pensée sont des fictions exactement comme ceux
inventés dans les histoires de roman ou de films. Ils paraissent comme réels, comme les
personnages que l’on voit en regardant un film ou en lisant un livre car on leur prête
artificiellement les formes des perceptions sensorielles.
Les personnages ont des jeux de rôles dans les histoires de la pensée et on pourrait dire aussi
qu’ils s’articulent à partir d’un personnage principal (qui serait comme l’acteur endossant la
myriade de rôles créés par les histoires) : la personnalité, le « moi » fondamental.
Tout ceci, malgré le fait que l’attention figée dessus en fait des croyances, est exactement de
même nature que le rêve nocturne. Quand le matin on se réveille, cela est d’une telle
évidence ! Il ne viendrait même pas à l’esprit de croire une parcelle de ce qui a été rêvé
pendant la nuit.
Quand il y a identification avec l'individu, il y a aussi identification avec ses idées c'est à dire
avec le monde fictif qui constitue la mémoire interprétative de ses expériences.
Quand 2 individus se rencontrent au sein du film, l'identification de ce que nous sommes à
chacun de ces individus crée l'impression de vivre dans 2 mondes différents qui ne peuvent
pas se rencontrer. Il y a incompréhension sauf occasionnellement quand les idéations
respectives coïncident. Dans ce cas-là, ce sont les idées qui se rencontrent et se
reconnaissent. La plupart du temps ce n'est pas le cas. Ce sont 2 égos qui se rencontrent
donc 2 mondes qui ne se comprendront jamais. C'est cela qui est source de tous les conflits.
Sans compter que ces idées coexistent aussi souvent à l’endroit d'un même individu créant
comme 2 mondes impénétrables en lui-même et générant conflit en son sein.
Réaliser cela va permettre de mettre en doute ces idéations au fur et à mesure qu'elles se
présentent c’est-à-dire se mettent en pensée et donc d'en voir le caractère erroné. Celles-ci ne
tardent alors plus à s'effacer, comme le chiffon efface les mots sur le tableau immaculé de la
conscience.
Plus que les pensées elles-mêmes ce sont les idées qui sont à remettre en cause pour se
dégager de l'identification égotique.
A l'instar de la conscience qui pourrait sembler se dédoubler en lumière éclairant et objet éclairé,
l'ego, lui aussi, semble être constitué de 2 parties. (Ceci est bien naturel car l'ego est issu de
l'imaginaire mental et que la nature de celui-ci est de reproduire-interpréter tel le peintre avec le
paysage).
L'ego, c'est à dire le moi individualisé pourrait donc se diviser en 2 parties: le spectacle du moi,
c'est à dire le moi-personnage avec sa vie et le spectateur du spectacle ou observateur. Ceci se
résume directement par l'énoncé: "je me regarde". Le moi est fait du je + du me.
Lorsque le film avec son acteur principal "moi"dans tous les rôles de sa vie est constaté, la
désidentification du film s'installe.
Malgré cela il peut rester une persistance de vécu duel assorti des tensions et stress qui
imprègnent de façon caractéristique le corps soumis à l'ego. C'est qu'il n'a pas été vu que
l'identification s'est subtilement déplacée du film sur l'observateur. Le détachement du "me" n'a
pas levé celui du "je" dans la phrase "je me regarde".
En étant attentif à la survenue de l'ego on constate que le "je" précède le "me" et même que
c'est lui qui fait naître le film du "me". Ce "je " c'est l'observateur. Il est confondu avec le voir c'est
à dire la conscience.
La différence entre l'observateur et le voir, déjà, c'est que l'observateur est vu alors que le voir,
lui, n'est pas observé. D'autre part, voir est sans effort, sans besoin, sans attente, sans
jugement, sans refus sans complaisance. L'observateur, lui, est ce qui juge l'expérience faisant
alors naître le film référant en lien avec la mémoire et le réécrivant si besoin est face aux
nouveautés rencontrées. C'est à son niveau que se fait le "j'aime, je n'aime pas". Il scrute,
cherche, veut, refuse, juge etc...Il est épuisant. C'est lui qui est à la source des modèles
mentaux. Dans l'identification à ce fonctionnement, il y a alors comme superposition de ce film
créé par lui à l'expérience réelle qui en fonction de l'intensité donnée à ce fonctionnement va
comme prendre sa place . C'est par la valeur donnée à l'observateur que l'imposture peut avoir
lieue.
Le constater, permet de lui rendre sa valeur d'imaginaire au même titre que le "me" du "je me
regarde". Le moi peut alors s'éteindre.
Il peut rester encore un passage à traverser. C'est qu'au moment de la possible extinction du
moi, il peut y avoir un effet "stop" du processus de dissolution par l'arrivée de la peur.
En effet, le moi disparaît, il ne reste rien. Il n'y a plus du tout de personne, ni même de vie ou de
monde de la personne. Ce rien est jugé néant mort absolue, terrifiant. Si l'angoisse est trop
forte, cela peut ramener de nouveau le film et le moi complet.
En réalité, ce vide jugé terrifiant est vu à partir d'un observateur résiduel, celui qui a perdu tous
ses films, à qui on a retiré le pouvoir de gestion, c'est lui qui initie la panique la plus absolue ne
voyant devant lui que son prochain anéantissement. Lorsque l'on arrive à laisser être cela, la
panique finit par s'éteindre avec la lutte de cet mécanisme observateur, la paix de l'être se révèle
alors comme l'arc en ciel après l'orage.
L'observateur résiduel sans son film c'est ce qui pourrait aussi s'appeler la nuit noire de l'âme.
Le maintien de l'observateur, même quand le film a disparu, est un mouvement d'appel vers ce
fonctionnement par peur du vide.
Plus il est constaté que ce vide mental ne correspond pas au "vide" de l'être, plus il devient facile
de se détacher de la totalité du fonctionnement égotique.
Dans l'absolu, de même qu'il n'y a pas de sujet qui voit et d'objet qui est vu, il n'y a pas
séparation entre ce mécanisme d'observateur et le film créé. Il s'agit juste de mouvements
mentaux qui concourent à ce fonctionnement égotique global qu'on appelle "le moi". Cependant
de voir et reconnaître l'ensemble de ces mécanismes est utile à la dissolution de la totalité de ce
fonctionnement.
La mécanique égotique
Il est intéressant de constater comment cela se passe quand nous sommes "automatisés" par
une croyance égotique. En effet, en s'intéressant au "comment ça marche" on va pouvoir
constater un modus opérande, trame égotique identique quel que soit le schéma en place.
Ainsi non seulement l'imposture de la croyance est dévoilée mais également celle de toutes
les croyances égotiques et donc du rêve mental psychologique.
En se prenant pour un égo, c'est à dire un moi séparé, on se fait automatiquement vivre la
peur de la mort, la peur de disparaitre. L'ego est donc, dans la croyance, un individu qui peut
mourir, qui doit se battre pour survivre, qui doit se prouver sans cesse qu'il existe. Toute
situation qui va mettre à mal sa valeur et donc sa survie va être jugée comme blessante et
dangereuse.
Le fonctionnement égotique cherche donc à empêcher de se faire vivre ces circonstances
jugées indésirables.
Pour ce faire, il met en place un plan d'action visant à ne plus se faire vivre ce qui est craint.
Celui-ci peut en gros se répartir soit en forme de lutte soit en forme d'anesthésie.
Peu importe, quel que soit le plan d'action, si on regarde de près, tout ce qui est obtenu suite à
l'action égotique est de recréer exactement ce que l'on cherche à éviter et donc de se le faire
vivre plein pot. (cf le texte sur la saga du désir)
Alors que si l'on accepte de se laisser vivre la peur, la souffrance, la douleur de ce qui est
craint, sans chercher à l'empêcher, on se rend compte qu'après l'agitation mentale,
rapidement, le calme revient et dévoile l'illusion qui sous tendait ce refus.
Prenons un exemple:
1- Il n'y a pas de rentrée d'argent, j'ai peur du manque d'argent. Ceci risque de faire que je ne
puisse plus m'offrir ce dont j'ai besoin. Pour le moment ce n'est pas le cas, il n'y a pas de
manque. Mais je crains de ne plus en avoir par la suite.
Le plan d'action va être par ex
1er cas de figure: de chercher à économiser le plus possible. Je peux devenir avare, compter
sans cesse. Dès lors je me fais vivre exactement ce que je craignais: je ne m'offre plus ce dont
j'ai besoin, je ne veux pas dépenser mon argent car je risque alors de ne plus en avoir assez.
2ème cas de figure: au contraire, je me dis qu'il faut en profiter à fond car demain ça risque
d'être les vaches maigres, je flambe tout de façon irraisonnée et rapidement je me retrouve
effectivement démunie à vivre les vaches maigres.
Voyez si vous trouvez d'autres scénarios, en les investiguant, vous allez remarquer toujours la
même chose.
Cette mécanique de base qui est un système de protection peut être vécue pendant
longtemps sans véritable souffrance. C'est ce que j'appelle le 1er bras actif de l'égo.
Après ce temps plus ou moins long commence à poindre en soi le sentiment que ce qui se
passe, que ce fonctionnement n'est pas très juste, pas adapté et qu'il prive de choses
essentielles. A ce moment-là arrive ce que j'appelle le 2nd bras de l'égo qui est en fait une
réactivité au 1er. Il est, en effet, fait du même principe que le 1er sauf qu'il s'adresse à l'ego
lui-même c'est à dire au fonctionnement du 1er bras. On pourrait aussi dire que le 1er bras de
l'ego est la réaction égotique à la circonstance "extérieure" et le 2nd, la réaction à l'action
égotique. L'arrivée de cette réactivité égotique anti égo, étant également un fonctionnement
égotique, suit les mêmes lois que le 1er: non seulement elle ne va pas faire disparaître le 1er
mouvement égotique mais elle va même le renforcer par levée des boucliers. Il se produit
alors en soi un conflit, une véritable guerre où les énergies sont utilisées à nourrir ces deux
bras de l'égo. Cela génère souffrance et épuisement mais, en même temps, est le moteur du
réveil. En effet, c'est par cette souffrance et cet épuisement que l'attention va être attirée sur
cette mécanique. Car notre nature originelle étant paix, joie et sérénité la situation vécue
apparaît comme une discordance totale avec notre nature fondamentale. C'est alors le début
de la quête du retour au réel.
On peut ainsi remarquer que tout schéma d'ego a 2 pôles: l'avare et le dépensier, le bourreau
et la victime, le fort et le faible, le bon et le méchant, le beau et le laid, etc. Au travers de la
mécanique égotique, le 1er bras de l'ego concerne un des pôles et l'arrivée du second bras
concerne l'autre pôle.
La réalité est retrouvée quand les 2 pôles sont transcendés par l'acceptation de leur réalité
vécue et par leur investigation. Le schéma est alors vu ainsi que la croyance sur laquelle il
s'appuie. L'action n'est plus réactivité mais action ou non-action guidées par la réalité des
circonstances.
Ainsi je reprends l'exemple donné, après investigation je réalise que c'est la peur qui sous
tendait ces réactions. Elle est vue, acceptée et accompagnée par la présence silencieuse et
englobante de la conscience que je suis. Elle se dissout laissant place à la tranquillité de l'être.
Dès lors l'attention se porte sur la réalité des faits qui ne sont plus ni jugés ni transformés.
C'est l'information issue de ces faits qui va diriger ou non une action potentielle. Des besoins
réels (manque de nourriture, de toit d'argent pour un évènement qui doit se produire etc..) vont
mobiliser la créativité pour y répondre alors que les besoins imaginaires dissouts ne génèrent
plus ni d'actions déplacées, ni d'affect souffrant.
Lorsque l'on se fait vivre l'impression qu'il nous manque quelque chose (incomplétude)
immédiatement le réflexe est d'aller le chercher chez l'autre (pour rétablir la complétude)
Ceci , bien entendu est le début des problèmes, car, déjà l'impression de manquer de quoique
ce soit est fausse puisque notre nature est la complétude, donc la rechercher est absurde et ne
peut que finir en impasse mais aussi car chercher chez "l'autre" implique dépendance,
attachement et ses corollaires frustrations et réactivation du manque qui est ainsi vivifié à
souhait.:un cercle vicieux complet.
La remontée du fil d'Ariane, consiste à revenir à cette impression du manque et à lui faire face,
la laissant totalement se déployer sans intervenir et en étant totalement à l'écoute. L'illusion de
base se dévoile alors tôt ou tard au rythme où on est prêt* à laisser la lumière se faire.
*prêt, c'est à dire quand la lumière du voir tient alors plus à coeur que l'objectif de combler le
manque.
L'idée et l'idéation
L’idée est comme un modèle, imagination créée à partir d’un vécu direct, lui-même interprété
puis mémorisés. Il s’agit comme d’une photographie de cet imaginaire qui devient référence.
En cela on ne peut que constater que cet instantanée remodelé par l’interprétation devient
référent uniquement que par la croyance qu’on lui donne. L’idée est une erreur d’appréciation
qui fait prendre cet instantanée construit et mémorisé pour le réel.
L’idée n’est pas perceptible en elle-même, on ne la découvre que lors de sa mise en forme à
travers la pensée qui l’exprime sous forme le plus souvent conceptuelle c’est-à-dire par le
langage.
Comme son nom l’indique, l’idée préconçue devient dès lors le scénario qui se met en forme
pensée et se surimpose à tout vécu direct qui semble en avoir le parfum et c’est cela qui crée
comme un film devant le regard.
Ce sont ces idées que l'on a qui finissent par constituer comme un monde parallèle,
imaginaire, bulle dans laquelle s'enferme chaque idée d’égo.
Innocence de l'enfance
La véritable innocence est celle de l’instant où tout jaillit spontanément, sans contrainte, sans
référé à quoique ce soit, c’est-à-dire la fraîcheur inconditionnelle et pure de la modulation de
l’instant.
Cette innocence est ensuite comme pervertie à partir du message de la séparation, « tu es
quelque chose », car se détourne sur l’imaginaire.
C’est là qu’est le bug car cet imaginaire enfantin plein de fraîcheur est confondu avec la véritable
innocence
En réalité, regardant exactement ce qu’il en est, on découvre que c’est dans cet imaginaire
enfantin que naît l’ego psychologique, le "moi" héros de toutes les histoires qui deviennent alors
"sa vie"
Lorsque cet imaginaire de l'enfance se heurte au réel, il y a discordance, c'est là qu'apparaît la
blessure et l'incompréhension par rapport à celle-ci, ce qui la renforce d'autant.
Tant que cela n’est pas clairement vu, cela initie le refus de ce qui se vit en direct cherchant
sans arrêt à retrouver l’imaginaire frais de l’enfance.
Tous les modèles du mental et idéalisations sont issus de cette rêverie qui, encore une fois, est
prise pour la vraie innocence c’est-à-dire la réalité de l’instant, ou vie en direct.
Et ce qui s’est mis en place pendant l’enfance n’a de cesse de se perpétuer telle une machine à
rêves bien huilée, même si le rêve adulte est moins idyllique que celui de l’enfance. En effet, une
différence avec le rêve enfantin c’est que le rêve adulte lui, se heurte sans arrêt au réel car il n’y
a plus rien pour « l’en détourner » ainsi que l’adulte le fait avec l’enfant. Cette confrontation
discordante et vécue comme douloureuse au réel reformate le rêve qui ressemble de moins en
moins à un paradis contribuant encore plus au regret du rêve « paradis perdu de l’enfance » et
aux innombrables stratégies qui se mettent en place pour essayer de faire coller le réel à ce
rêve, un véritable cercle vicieux.
La confusion se corrige dès lors qu’il est constaté que même le plus beau des rêves n’est qu’un
jaillissement parmi les autres, qu’il n’est qu’une forme de jaillissement et que c’est le
jaillissement qui est innocence et non le rêve.
Le temps et l'ego
Là encore, dans le vécu direct le mental n'est pas perçu, seules les pensées le sont. Si
l'attention éclaire le contenu des pensées, ce contenu apparaît vide de toute substance en
l'absence de croyance. Si la pensée est crue, en parallèle à elle des sensations de fermeture
sont perçues. Mais on remarque qu'il est impossible d'être présent en même temps à la
pensée et aux sensations. Il en est ainsi pour toute attention focalisée. Dans le vécu direct
donc, on ne peut être présent qu'à la pensée ou qu'aux sensations générées par elle. C'est le
va et vient de l'attention focalisée de la pensée aux sensations (et inversement) qui les
maintiennent, créant l'illusion de la réalité du contenu de la pensée c'est à dire la croyance en
elle. En laissant l'attention sur les seules sensations elles se dissolvent dans la réalité du
regard. En laissant l'attention sur la seule pensée, sa mise en doute face au réel la résorbe
dans le silence.
Ainsi, on observe en direct l’absence de temporalité. C’est la pensée qui relie les instants entre
eux, les rendant comme référents les uns par rapport aux autres et crée la fiction de la
temporalité. En l’absence de pensée, il n’y a plus moi et ma vie, les autres, l’histoire des vies, il
n’y a plus de référence d’aucune sorte, juste un jaillissement phénoménal éternellement neuf et
inédit sur le fond immaculé de la conscience .
lien corps-esprit
Corps et expressions de vie (2010)
Quand on regarde les gens dans la rue par exemple, on peut voir qu'à chaque instant leur
corps matérialise une intention sous-jacente par son expression: une émotion, un sentiment,
un ressenti, un état d'être etc... Cela peut être de la joie, de l'affairement, de la nonchalance,
du stress, de la tristesse, de la rêverie, de la concentration, de la préoccupation etc... Le
corps prend une ou des attitudes, des mimiques, certains mouvements qui permettent de
reconnaître ce qui est exprimé en arrière-plan. Lorsque nous sommes devant un
interlocuteur, nous percevons ses intentions au-delà des simples paroles, par toute la
gestuelle, les mimiques et positions de son corps bien souvent de façon plus sûre et fine que
par le langage seul.
A chaque instant, il existe comme une intention de la Source (ou Essence de tout ce qui est)
qui va s'exprimer à travers le corps.
Le corps peut ainsi être vu comme un medium d'expression des intentions de la conscience.
On pourrait même dire que l'entité psyché-corps est medium d'expression de la Vie.
Tout se passe dans le Présent, dans l'instantané, dans l'Eternel -Présent.
En général, on considère que c'est le non à ce qui est, qui est responsable d'un blocage ou
d'une résistance. Cela génère souvent un refus de cette résistance qui peut être le prélude à
une véritable cascade de refus.
Quand on croit à une pensée contraire à ce qui est, cela génère un vécu de résistance. On
extrapole en disant que l'on résiste à ce qui est.
Il me semble qu'il y a une toute autre perspective.
La résistance est en fait une fermeture. En effet, le senti de toute résistance est tensions,
blocages, crispations et le ressenti qui en découle est fermeture. (C’est bien sûr l'inverse avec
les sensations de détente qui sont ressenties comme ouvertures)
En réalité, il y a fermeture c'est-à-dire blocage dès lors qu'il y a mensonge.
Dès que la pensée et/ou les actes s'appuient sur une fausse vérité, c'est du non amour. Or
l'amour, c'est l'ouverture. L'expression amour existe quand cela se reconnaît en tant qu'amour.
Quand cela ne se reconnaît pas, cela se ferme c'est une réaction physiologique. Ainsi, quand
il y a fermeture, ce n'est pas à contrer ni à réparer, c'est l'indication qu'il y a un mensonge à la
clé qui est pris pour le réel. Le mensonge peut provenir de soi-même ou de n'importe quel
autre individu, dès qu'il est pris en compte en tant que vérité, cela ferme là où il est pris en
compte.
Pour rectifier cela, il y a deux solutions : soit de ne pas tenir compte du mensonge et de
regarder la vérité, soit de mettre l'attention sur le réel et de le comparer à ce que dit croyance
non explorée, le discernement lève alors le vrai du faux.
On a souvent tendance à parler de résistances à ce qui est, à la fois sur le plan mental et à la
fois sur le plan physique quand on n’accepte pas ce qui est. Mais dans la réalité, il n'y a
personne qui accepte ou n'accepte pas. Il y a juste des interactions qui gèrent le phénoménal.
Si on regarde les choses de près, on peut se rendre compte que toutes les résistances
correspondent à des fermetures. En effet dans le ressenti que l’on a, soit cela s’exprime en
ressenti d’ouverture soit en ressenti de fermeture.
Ce que j’ai réalisé c’est qu’en réalité tout est parfaitement vrai, physiologique et à sa place.
Quand il y a fermeture ce n’est pas une fermeture (ou résistance) à ce qui est mais une
fermeture à quelque chose en amont qui est faux. C'est le signe que ce qui est pris pour réel
ne l'est pas car n'est pas reconnu comme tel. Cela l'exclue par la fermeture. La fermeture
apparaît ainsi comme vérité à ce qui se passe.
L’ouverture est notre nature même, c’est l’Amour. Quand l’amour reconnait l’amour, l’ouverture
est, quand l’amour identifie un mensonge, cela se ferme, l’exclue car ne se reconnait pas en
tant que lui.
Ainsi la fermeture n’est pas la cause du refus de ce qui est mais la conséquence d’un
mensonge qui se vit en arrière-plan. De ce fait essayer de lâcher prise c’est-à-dire d’accepter
ce qui est sans avoir réalisé et discerné le mensonge est impossible et induit une nouvelle
lutte avec la vérité.
Une autre conséquence à cette constatation et pas des moindre: c’est que chaque fois que
nous sommes dans l’ouverture, chaque fois que nous éprouvons un état de bien être, nous ne
nous racontons pas de mensonge et n’en percevons pas autour de nous alors que dans la
situation inverse nous regardons un mensonge. Cela donne une clé pour retrouver le « bon
chemin ».
La résistance est l’espèce d’énergie mobilisée à enfermer dans un cadre la vie qui s’exprime.
Ce cadre est l’image mentale qui par confusion est associée à ce mouvement de vie.
La résistance est le mouvement de vie qui concrétise le cadre mental dans le vivant.
Lorsque les résistances sont percées à jour par le regard non impliqué, une surprise se trouve
au coeur même de l'enfermement.
Il y a vie sans limitation, il y a rêve c'est à dire formes avec des contours. Quand la forme est
associée par confusion à la vie elle-même, cela crée une croyance de limites à la vie. Un peu
comme une transposition d’une BD sur le réel qui deviendrait comme manifeste.
Ainsi la dimension fictive devient comme réelle par apparition d’une vitalité enfermante, limitante,
une énergie blocante : la résistance.
Par ex - il y a sensation de chaleur, immédiatement l'image corporelle mentale arrive contenant
l’idée de cette chaleur, la croyance en cette pensée fait naître une nouvelle sensation: une fine
résistance qui encadre la chaleur et parait alors conforter la croyance que la chaleur appartient
bien au corps.
-Une sensation apparait, elle est attribuée à la main parce que la sensation associée à l’image
mentale du schéma corporel y est référée, une fine résistance apparait comme une plume qui
décrirait les contours de la main imaginée et enferme ainsi énergétiquement la sensation qui
était alors libre de toute appartenance.
Ainsi par ex, mon amoureux me quitte, il y a sentiment de perte, perte d’amour, et donc
souffrance.
Ce qui se produit en réalité c’est qu’en voyant « mon amoureux « me quitter, cela est cru.
L’amoureux est associé mentalement à l’idée que c’est lui l’amour qui détient le pouvoir de
m’aimer.
Le fait qu’il parte, dans cette confusion, il y a croyance que l’amour me quitte donc que j’en suis
coupée.
Ainsi dans la concrétisation de cette croyance l’enfermement va se créer. Lorsque je vois ou
pense à l’amoureux, du fait de la projection, l’amour se déploie, s’exprime. Dans la croyance en
la séparation, l’amour est enfermé artificiellement comme dans une boîte par les résistances qui
vont ainsi l’occulter de l’immédiateté du vécu. Seules les résistances sont perçues c’est-à-dire
cette prison énergétique artificielle faite d’une puissante énergie (il en faut pour contenir ainsi
l’expression naturelle de l’amour).
En prêtant attention à cela on remarque que tout est tendu figé.
Si on ne s’intéresse plus aux commentaires mentaux qui n’ont de cesse de l’alimenter (car c’est
par ce biais que se maintient cette prison énergétique) on va voir que petit à petit les tensions se
relâchent, que la détente revient et qu’apparait …l’expression de l’amour dans toute sa
splendeur ! même avec le soi-disant amoureux parti !
Ainsi, ce qui est magnifique, c’est qu’en explorant par le regard neutre, non impliqué la
souffrance, l’énergétique fictif qui fait comme un traçage vivant des rêves mentaux surimposés
au réel, cet énergétique ou résistance disparait laissant place à « l’objet » ou plus exactement
l’essence de nous-même que l’on croyait avoir perdu.
La surprise, c'est qu'au coeur des résistances, au coeur même de la souffrance siège ce dont on
croit être privé: l'amour, la vie, le bonheur etc.. Ce n'est que la croyance en la privation de cet
essentiel que la coupure artificielle vient ériger des prisons énergétiques qui vont dès lors
occulter le joyau que l'on croit avoir perdu. On se fait vivre ce que l'on croit mais comme un jeu
de cache-cache!
Le désir (2013)
Lorsque le désir émerge de l'identité erronée qu'est l'égo, il s'agit d'une quête, une recherche
de quelque chose que l'on croit ne pas avoir et dont il semble avoir besoin. Cela s'appuie sur
la notion du manque et du besoin. La / les conséquences sont l'effort, la difficulté et la
frustration bien souvent car ce type de quête, même s'il est parfois un peu satisfait, ne peut
réellement aboutir puisqu'il part d'une base irréelle. En effet on cherche ce que l'on est ailleurs
qu'en soi-même.
Je propose ici la démarche qui a été suivie pendant le groupe, permettant à vous aussi de
réaliser cette introspection.
1) La 1ère étape consiste à exprimer les désirs du moment qui sont les plus présents , puis de
les regrouper en plusieurs classes ou thèmes de désirs, et ce de façon répétée jusqu'à ce qu'il
ne reste plus qu'un désir les contenant tous. Pour se faire, la question à chaque niveau
"qu'est-ce que cela me ferait vivre si ce désir était réalisé?" aide à voir ce qui en fait l'enjeu et
permet donc le regroupement en classes "génériques".
On réalise en effet que chaque "petit" désir est en fait un "sous-désir" d'un désir plus grand qui
lui-même est encore un sous-désir d'un autre jusqu'à arriver à ce que j'appelle un désir
existentiel qui les contient tous.
Déjà à ce stade il y a souvent des surprises car au départ, par exemple on peut croire avoir un
désir de paix, de sérénité et au cours de cette exploration découvrir, en fait que ce désir de
paix ne fait que cacher un autre désir, celui de ne plus souffrir qui peut aussi lui-même être un
sous désir d'envie de vivre, par exemple, etc...
2) A l'étape suivante il s'agit de se poser la question : "quels sont les moyens mis en œuvre
ayant pour objectif la réalisation de ce désir existentiel?", avec 2 phases:
- Comment l'ego s'y prend-t-il pour cela? Puis quels sont les résultats en termes d'efficacité
sur la réalisation de ce désir (on peut même jauger cela en %)
- Comment la vie (sans le mode ego) s’y prend-elle pour cela,? Quels sont les résultats en
termes d'efficacité (%)
La comparaison entre les deux coule de source.
Au terme de cette exploration, le fonctionnement de l'ego apparaît déjà de façon plus claire.
On peut remarquer qu'en essayant de se faire vivre l'objet du désir, l’ego ne fait que fabriquer
des situations ou expériences qui génèrent en réalité l'opposé de ce qui est désiré (je l'appelle
anti-désir). L'ego apparaît là dans toute sa splendeur comme l'outil de création de la dualité-
psychologique. En approfondissant cette exploration il est possible aussi de constater qu'à un
moment donné l'expérience de cet anti-désir fait naître en nous la sensation d'une limitation
ou d'un sentiment d'erreur qui va induire le besoin de trouver une autre voie en rapport à
l'objectif de ce désir. Le 1er réflexe est celui de vouloir arrêter cet anti-désir (c'est le rejet de
l'anti-désir) ce qui a pour effet la mise en place d'une rébellion à cet anti-désir. Il s'agit, en fait,
toujours de la voie de l'ego qui essaye de trouver une autre solution. Cela induit alors un
conflit intérieur entre la création du 1er mouvement de dualité (l'anti-désir) et celui qui
s'oppose à cette 1ère création duelle (l'anti-anti-désir). Dès que cela se met en place, la
souffrance apparaît. Elle est le résultat de ce conflit interne et égotique. Puis, de nouveau, par
la perception d'une inaptitude à l'efficacité de résoudre ce désir, le fonctionnement égotique
continuera de chercher toutes les solutions qui, à chaque fois, seront opposées et
réactionnelles à la précédentes (car il ne fonctionne que de cette façon, dans la dualité)
jusqu'à ce que l'inefficacité et la souffrance amènent progressivement la compréhension
interne que le fonctionnement égotique fait tourner en rond et n'apporte aucune solution
satisfaisante. La reddition de l'ego est alors proche avec le lâcher prise. Dès que le
fonctionnement égotique n'est plus utilisé, la réalité apparaît dans toute sa splendeur car elle
ne nous a jamais quittés puisque que c'est notre véritable nature.
Ceci amène
En repartant de notre désir existentiel du moment, les réflexions suivantes peuvent émerger:
- Si j'ai ce désir c'est que je sais au fond de moi ce que l'objet de ce désir peut m'apporter s'il
se réalise. De plus, ce désir étant existentiel, c'est un désir profond, vital même.
-Si je sais ce que l'objet de ce désir peut m'apporter c'est que je le connais.
-Si je le connais c'est que c'est en moi. Autrement dit j'en fais l'expérience en mon intimité. En
effet si cela n'était pas le cas, je ne pourrais pas le connaitre. Si j'en avais juste entendu parler,
cela pourrait me faire envie mais cela n'aurait pas la même importance pour moi car au fond
de moi je n'en pressentirais pas l'effet, cela resterait sur le plan mental et non sensitif. De
même, si je l'avais eu mais perdu, j'en aurais une mémoire intellectuelle et ne pourrais pas en
pressentir l'importance. PRESSENTIR.
Or essayez de sentir ce désir existentiel: est-il vraiment juste intellectuel ou a-t-il une autre
profondeur? Il est tout à fait possible de différencier un désir d'ordre intellectuel d'un désir
existentiel. Leur importance est sans commune mesure.
En se plaçant dans cette intériorité, c'est une évidence, on pressent ce que cet objet du désir
peut faire vivre. Pressentir-sentir, cela parle bien en soi.
A partir de là, force est de constater que cet objet du désir auquel j'aspire intensément est en
moi et il ne peut en être autrement sinon je n'en aurais pas le désir.
Mais si je porte en moi cet objet de désir, comment se fait-il que je ne le vive pas?
En se plaçant sur un plan plus profond ou au niveau de ce qui fait vivre ou pas ce désir, on
peut s'apercevoir qu'il y a comme une force qui détourne la conscience de cet objet du désir
vers son manque (via la dualité fabriquée par le fonctionnement égotique.)
Pourquoi, pourquoi ? Se demande-t-on alors!
Posez-vous la question:" Que se passerait il si j'avais toujours vécu cet objet du désir sans
jamais avoir fait l'expérience de son contraire ou anti désir ? ». Et là si vous regardez
vraiment, c'est aussi une évidence: je ne saurais pas et il me serait impossible de savoir ce
qu'est vraiment cet objet de mon désir. L'objet de désir est en moi mais je serais incapable de
le reconnaitre si je n'en avais pas expérimenté l'opposé.
Ainsi, ce voyage peut permettre de comprendre que le désir est la voie égotique que la
conscience choisit pour se connaitre elle-même, ou dit autrement est la voie que NOUS
choisissons pour faire l'expérience de ce que nous sommes réellement par l'expérience de
son contraire.
La compréhension totale et profonde de ceci amène à l’acceptation de tout ce qui est et en
particulier au pardon du fonctionnement égotique . Tout conflit cesse en nous. Il est alors
possible de se tourner totalement vers la voie du cœur, voie royale et alignée avec la Vie,
conscience divine et essence de tout ce qui est créé. Le mental, rafraîchi, se met à son
service et non plus à celui du fonctionnement égotique.
Il est alors possible, d'accéder à une nouvelle dimension où l'exploration peut se faire sans
avoir recours à l'égo psychologique souffrant.
Afin d’expérimenter cela, à partir de l’exploration du désir, je vous propose de reprendre votre
désir existentiel. Dirigez l'attention à l’intérieur de vous-même ainsi que sur la présence de
votre objet de désir. Il vous est alors possible de retrouver les sensations et ressentis que cet
objet de désir par sa simple évocation génère en vous. En laissant votre conscience sur ces
perceptions et ce qu’elles font naître, la pleine lumière sur cet objet de désir se fera, vous
permettant de le reconnaître totalement puis à partir de là, de le concrétiser en le créant dans
votre vie, aligné à la justesse de votre réalité existentielle.
Ainsi,
Cela peut être difficile pendant un moment, de faire la part dans ce qui est observé entre la
constatation des simples faits de ce qui est et celle des faits issus des opinions ou jugements.
L'observation de ce qui est, est en réalité simple: elle ne constate que ce qui est. Les faits
constatés représentent ce qui est, quelle qu'en soit l'origine.
La difficulté est de savoir s'ils sont là issus de l’immédiateté ou s'ils sont là en réponse à un
jugement, une opinion. En effet, la réponse réactive à ce type de chose peut être si rapide
qu'elle seule est vue, il y a rideau sur son origine mentale.
Les faits issus de la pensée égotique sont empreints de tensions, crispations car sont en
opposition à ce qui est naturellement. Il est donc facile de les reconnaître. Toute action
empreinte de tension, résistance, fermeture prend donc sa source en une pensée bloquante.
Par l'investigation à partir de la présence écoutante et observante on peut remonter le fil de sa
création et retrouver le jugement originel.
Quand il y a ego :
L’idée sous-jacente est qu’il n’y a qu’un seul point de vue qui soit juste, il faut donc tendre à ce
seul point de vue. Certains semblent détenir le point de vue, ce sont les personnages «
enseignants, thérapeutes, guides »*, ceux qui savent ; d’autres non, ce sont les apprentis,
élèves, disciples etc..*. Quand 2 egos croient détenir le point de vue ultime cela génère
opposition, contestation, frictions, guerre pour affirmer le point de vue gagnant c’est-à-dire celui
qui semble être vrai. Ceci au sein même d’un seul individu ou entre plusieurs individus, ce qui
revient au même.
*à ne pas confondre avec « enseignement, guidance, thérapie » etc.. qui est en l’absence du
personnage. Même remarque pour les élèves etc..
En matière d’ultime,
aucun point de vue ne peut être juste car l’ultime n’est pas un point de vue mais un vécu. Les
points de vue ne sont que des panneaux indicateurs pointant vers l’ultime. Ces panneaux
peuvent être multiples, il n’y en a pas un meilleur qu’un autre, en cela ils rejoignent ce qui a été
dit ci-dessus. En revanche, l’ultime est un, il est pur vécu présence conscience. A ce « niveau »
il n’y a ni conflit ni contestation car il est reconnu que tout est cela.
La volonté (2013)
Ainsi, en examinant de près ce qui se passe, la constatation terrible va être de réaliser que
l'impuissance est le fait de l'égo car rien ni personne ne décide quoique ce soit! C'est pourquoi
cette constatation d'impuissance est si difficile à affronter tant que l'on se prend pour
quelqu'un.
La volonté s'adresse à l'agir. Le non-agir volontaire est une forme d'agir par la retenue de
l'action.
En observant à partir de quoi nous agissons, on peut remarquer qu'il y a en gros 2 sources:
*la 1ère semble être directe, l'action émerge d'elle même sans intermédiaire. Il en est ainsi de
toutes les fonctions naturelles du corps: digestion, respiration, turn-over des cellules, la
circulation du sang, les battements cardiaques et aussi de l'arrivée du vent, de la pluie, le lever
le coucher du soleil etc..
En fait, en y regardant bien, la plupart des choses, des phénomènes semble surgir de cette
façon.
*la 2nde, un peu moins directe, semble passer par l'intermédiaire de la pensée. Ainsi par ex, il
y a la pensée que le frigo est vide, alors il faut faire les courses ou bien qu'il y a à prévoir un
rendez-vous chez le dentiste ou bien que le petit dernier va aller à l'école l'an prochain alors il
faut le préinscrire etc..
Dans ce cadre-là, on peut faire une sous rubrique suivant que la pensée émerge d'une
évidence fonctionnelle (le frigo est vide) ou d'une réflexion psychologique issue du
fonctionnement égotique (ex: les voisins ont fait du bruit hier soir, ils m'ont empêché de dormir,
je vais leur rendre la pareille ce soir, comme ça ils verront ce que ça fait!)
Ainsi de la même façon que la réalité de l'égo est la croyance au simple contenu de la pensée
"je suis moi", la réalité de la volonté est aussi la croyance au contenu de la pensée qui
commente l'action "c'est moi qui ai fait ça".
On peut aussi décrire cela en une appropriation individuelle erronée des mouvements inter-
phénomènes par l'intermédiaire de la pensée.
Bien sûr, la pensée se saisit de tout ça secondairement et s'approprie les actions (et la
motivation)
Si on regarde bien, il devient vite évident que la seule possibilité que l'on a sur l'agir c'est
d'observer tous ces fonctionnements et à partir de là de discerner les croyances racines des
moteurs égotiques. Mais sur la motivation et la "fabrication" de la motivation elle-même: aucun
pouvoir possible. Si vous en doutez, observez vos motivations et voyez si vraiment vous avez le
contrôle sur elles, contrôle soit de les provoquer soit de les annihiler
On ne peut que constater que la motivation est un jaillissement hors de tout contrôle direct.
Dans le cadre des croyances, ce jaillissement semble avoir un lien avec; dans le cadre de
l'évidence, aucun lien n'est trouvé, cela est.
Ainsi,
Quelle tranquillité! Plus d'effort à fournir pour contrer ce qui est (ce qui était aussi une motivation
en lien avec la croyance du pouvoir personnel) juste laisser la douce observation de ce qui est
agir à sa guise, c'est à partir d'elle que les phénomènes se placent au mieux élaguant
progressivement tout ce qui est issu des croyances pour ne laisser être que l'agir fluide naturel
et spontanée requis.
Lorsque l'adhésion au contenu des pensées s'efface, les émotions disparaissent comme par
enchantement.
Ce constat que l'on peut voir lorsqu' une prise de conscience nous fait sortir d'un schéma ou
lorsque l'on réalise que toutes les pensées d'origine égotique sont du vent, de l'imaginaire et
donc que l'on s'en désolidarise, prouve bien le lien émotionnel avec l'ego.
En même temps, tant que l'on est aux prises avec les croyances, il importe de laisser l'émotion
naturelle s'exprimer lorsqu'elle se présente. En effet l'émotion naturelle agit comme une
libération énergétique d'un blocage traduit dans le corps. La crispation mentale d'un schéma
psychologique se traduit au niveau corporel par un blocage du flux naturel de vie en
mouvement et donc par une crispation énergétique focalisée sur les zones qui sont en
adéquation symbolique avec ce que le schéma raconte. Lorsqu'un travail psychologique de
libération s'effectue, on rencontre souvent en 1er ce blocage énergétique corporel, remontant
ainsi le fil d'Ariane de l'expression du schéma ; une décharge émotionnelle libératrice
survient. Il s'ensuit un bien être par la détente retrouvée et la possible sortie également de la
croyance en la pensée égotique d'amont.
Ainsi ce qu'on appelle travail sur les émotions a son utilité uniquement pour ceux, qui du fait
de conditionnements les répriment. Comme tout ce qui est, lorsqu'une émotion est là, la
laisser être, se vivre, en étant à l'écoute, est juste la posture à adopter, ni plus ni moins.
L'intelligence de la vie s'en occupe.
Travail thérapeutique
Une thérapie efficace n’est pas de vouloir modifier ce qui est, mais plutôt est celle qui consiste
à déplacer l'attention de l'imaginaire de la pensée sur la réalité qui est. En effet, vouloir
changer ce qui est revient à un refus plus ou moins déguisé et nourrit la non acceptation, donc
l’ego. Il s'agit en fait d'une investigation qui va mettre l'accent sur le réel confrontant ainsi
l'imaginaire avec le véritable vécu.
La thérapie est un mouvement qui se demande et ne peut en aucune façon être provoqué. La
demande peut être consciente chez la personne concernée ou pas mais dans ce dernier cas,
une écoute inconditionnée, une présence totale de l'accompagnateur permet de le découvrir.
Quand l'identité "moi" est très forte, l'identification aux histoires et aux personnages que l'on
joue dans les histoires* est puissante. L'aide va consister à décoller cette identification dans la
mesure de ce qui est possible.
Ainsi inviter à décrire ce qui se vit en tant que personnage en en parlant à la 3ème personne
peut aider à comprendre ce type de vécu (et donc à mieux accepter ce personnage qui se vit
en soi) et procure une certaine distance
Un mouvement de compassion issu de cette compréhension de vécu aide à se libérer de la
souffrance qui en découlait et maintenait cette identité souffrante. C'est un pallier mais loin
d'être suffisant pour une totale désidentification.
Au fil de ce type de travail, émerge la compréhension que ces personnages appartiennent à
des histoires et que les histoires appartiennent à la pensée.
Au fil de l'investigation des pensées souffrantes il apparait que la souffrance n'est présente
uniquement qu'avec la rigidité de l'attention sur la pensée qui la contient.
Dès lors il suffit de repérer, lorsqu'une impression de souffrance est là, que le mental est en
action et donc de s'en désintéresser. Ne pas lutter, ne pas empêcher la pensée d'être là mais
ne pas s'en préoccuper, porter l'attention sur la fluidité qui se vit est une bonne posture. Il en
est de même avec l'expression de la souffrance au niveau du corps: déplacer l'attention sur la
tranquillité du corps au lieu de la garder rigide sur les tensions et crispations, voire mieux,
retrouver la fluidité et la tranquillité au sein même des tensions et crispations.
C'est ce que Tenzin Wangyal Rinpoché décrit dans son travail au sujet des 3 portes: quand le
corps est souffrant: on porte l'attention sur le calme, quand il y a trop de paroles, on déplace
l'attention sur le silence quand le mental est trop préoccupé, encombré on déplace l'attention sur
le vaste.
Cette posture qui serait mise en œuvre alors que l'identification à l'imaginaire et la réactivité à
la souffrance est trop forte reviendrait à faire l'autruche, une stratégie pour ne pas voir ce qui
est. En revanche, plus tard, à cette étape de maturité, rien n'est occulté, on sait simplement et
profondément, tout en n'étant pas totalement désidentifié, que c'est l'imaginaire égotique qui
procure ce vécu souffrant et que la source en est la croyance au contenu des pensées
égotiques. C'est grâce à cette compréhension qu'il est possible de détourner l'attention de
l'imaginaire sur le réel sans stratégie d'évitement.
Dès lors le processus se poursuit tranquillement, l'attention prenant racine à sa source réelle
et non plus dans la focalisation de l'imaginaire de la pensée égotique jusqu'à son ancrage
total. L'investigation se poursuit à partir d'un regard détaché de toute identification ou
appropriation.
On ne peut pas lâcher prise, le lâcher prise se fait de lui-même mais aucune volonté
personnelle ne peut le provoquer (d'autant que la volonté personnelle est un leurre, cf.
chapitre sur le sujet).
Le lâcher prise est comme une frontière, celle qui se situerait entre l'égo et le Soi.
C'est le fil du rasoir où se produit la reddition de l'ego qui se soumet à plus grand que lui, juste
avant sa dissolution.
Le lâcher prise est comme la résultante d'un (souvent long) processus qui consiste à épuiser
toutes les stratégies de l'égo jusqu'à ce que l'impuissance personnelle soit réalisée et non
combattue. C'est dans la prise de conscience de la toute réalité de cette impuissance que se
produit le lâcher prise c'est à dire comme son nom l'indique, la fin de l'accroche à la pensée et
aux actes qui en découlent.
Si on explore plus à fond la nature même de ce qui sous-tend ce lâcher prise, on réalise que
cela s’appuie sur une erreur d’évaluation de ce qui est.
Pour parler de lâcher prise, ça sous-entend que l’on tient prise. Cela s’appuie sur l’idée d’un
pouvoir personnel et d’un refus de ce qui est.
En réalité il n’y a ni l’un ni l’autre. On se fait croire à ça (et donc un vécu en adéquation) de
façon tout à fait hallucinatoire.
Il n’y a pas de pouvoir personnel pour la bonne raison, que la personne est une fiction
reposant sur les perceptions sensorielles interprétées et revisitées par le mental (cf. chapitres
sur la déconstruction des apparences).
Et, il n’y a pas de refus car tout ce que nous percevons (bon comme mauvais) n’est possible
que par la conscience que nous en avons. Autrement dit tout ce qui est perçu par la
conscience est forcément accepté par elle puisque c’est elle qui le fait vivre ! Or la conscience,
qu’on l’ait réalisé ou pas, c’est ce que nous sommes. Ainsi, tout ce que nous percevons est
d’office accepté par nous. Ce n’est que par l’analyse et la surimposition du tri sélectif du
mental que cette perception est classée, rejetée ou acceptée. C’est à partir de là que se place
le lâcher prise, il s’agit juste d’une voie pour sortir de l’idéation des perceptions.
Les choses se font toutes seules
Être avec ce qui se passe et c'est tout. ( 2011)
Un autre exemple: être avec la respiration. Elle se fait toute seule, inspir, latence, expir,
latence etc...Il est rare d'être avec et ça fonctionne tout seul! En étant avec, on commence à
percevoir le va et vient du volume de la cage thoracique par le biais des sensations puis le
frottement des vêtements à ce niveau puis la sensation de va et vient au niveau du ventre, du
cou, de l'arrière du corps et cela sans décider de mettre l'attention sur ces zones, ce sont elles
qui attirent l'attention. Puis cela s'élargit et la perception de l'air au niveau du nez arrive puis
de la gorge etc... CELA SE FAIT TOUT SEUL.
Chaque moment de notre vie se passe ainsi, la plupart du temps notre conscience n'est pas
avec ce qui se passe en l'instant, elle regarde ce que raconte la tête. A un moment un intérêt
de regarder, écouter ce qui est en train de se faire ailleurs plutôt que dans le mental surgit.
Une curiosité...et là la présence à ce qui est s'installe.
C'est un peu comme si vous étiez dans une usine où il se passe plein de choses mais vous
êtes assis sur une chaise au milieu de l'usine et il n'y a pas de lumière alors pour vous
occuper vous avez pris l'habitude de vous inventer un imaginaire et de vivre à travers lui. Et
puis un beau jour vous réalisez qu'il y a dans votre poche une lampe de poche. En l'allumant
vous découvrez petit à petit tout l'univers dans lequel vous étiez où tout se fait et s'est toujours
fait. La curiosité de la découverte aidant vous explorez par touches lumineuses votre
environnement. Cette exploration se révèle de plus en plus facile large et intense car la lampe
de poche devient une lampe de chevet puis un néon puis un lustre puis un rayon de soleil puis
le soleil tout entier dévoilant alors qu'il n'y a jamais eu de murs à l'usine mais que simplement
vos yeux étaient fermés. Il est à noter que dès que vous avez mis en marche la lampe de
poche l'intérêt pour le monde imaginaire s'est rapidement estompé devant la découverte de la
réalité de ce qui est...
Et il en est ainsi de chaque instant.
Questions :
Est-ce vous qui tous les soirs décidez quand vous avez sommeil ou pas
Est-ce vous qui pendant que vous dormez décidez quand le sommeil va passer du rêve au
sommeil sans rêve et réciproquement ?
Est-ce vous qui naturellement vous fait vous réveiller ?
Est-ce vous qui décidez de naître, de grandir, d’être grand, petit, homme, femme, ainsi que de
la couleur de votre peau, des yeux, des cheveux…..
"Mode d'emploi"
Pour commencer, je vous propose de choisir un moment de la journée, fixe, dédié à cela,
pendant quelques minutes, que vous élargirez progressivement.
J'ai remarqué que le matin au réveil était un temps privilégié, à condition de ne pas être
bousculé. Cela peut être aussi le soir juste avant de dormir ou à l'occasion de faire la
vaisselle, du sport, de danser, chanter ou toute autre activité qui vous plaira.
Plus tard, augmentez les moments de pratique, matin, midi et soir par ex et augmentez aussi
en parallèle la pratique de chaque moment en durée.
Faîtes-le à votre rythme. Puis augmentez encore et ainsi de suite.
NB: si vous n'obtenez rien à certains moments, ne vous découragez pas, il peut falloir de la
persévérance pour faire lâcher les vieilles habitudes de présence au mental et découvrir
ensuite le joyau que nous sommes, que la vie est à chaque instant.
Voici la séquence que je vous propose:
ex: je me lève, je bois mon café, je m'étire, Chantal rentre dans la pièce, la cafetière est
allumée, je bouge sur ma chaise, Chantal baille etc...
Cela devient au bout de quelques moments de pratique (en reprenant les exemples ci-dessus:
Les muscles des jambes se contractent, le corps se penche en avant puis se redresse, je suis
debout. Le bras bouge, la main saisit la tasse, le bras amène la main devant les lèvres, la
bouche s'ouvre, la main bascule la tasse, le café coule dans la bouche puis déglutition le café
coule dans la gorge etc..
Ceci amène au
Par sensation internes, cela comprend tout ce qui est tactile, kinesthésique, proprioception et
tout ressenti.
Même description qu'au-dessus, l'attention se porte également sur les sensations du corps en
lien avec le mouvement (en particulier, respiration battement du coeur etc..)
Lorsque vous êtes à l'aise avec ceci rajoutez:
Ces autres sens sont intégrés à ce qui est vu en 1 et 2 (et non à la place).
C'est pourquoi si vous n'y arrivez pas, ne forcez pas, revenez aux stades précédents jusqu'à
ce que cela devienne naturel.
Lorsque cela est possible, non seulement ce qui est entendu, senti, goûté et vu est remarqué
mais également le fait d'entendre, de sentir, de goûter et de voir est aussi remarqué.
Autrement dit, il y a conscience
du son et de l'écoute du son
de l'odeur et du fait de sentir,
du goût et du fait de goûter
de la vision et du fait de voir.
Remarquez quand vous parlez et ce que vous dîtes sans bien sûr chercher à modifier quoique
ce soit.
Vous noterez en même temps que l'écoute de ce que vous dîtes, le positionnement du corps,
les sensations "internes" et aussi les sensations "externes" permettant de voir et entendre le
monde (les autres en particulier) en écho à votre parole.
Il y a une suite, elle survient tout naturellement: elle se porte sur l'observation du mental déjà
bien amorcée par l'écoute de la parole. Je ne la détaillerai pas plus car elle se place d'elle-
même tout naturellement si besoin est.
Il est dit de cette pratique, si elle est régulière et maintenue jusqu'à devenir constante, qu'elle
pourrait conduire à l'Eveil.
Rf: Tout ceci est inspiré de l'ouvrage: l'éveil selon le Tchan, " les carnets de Sou-tchien", par
Jérôme Calmar aux éditions Alain Labussière et revu à partir de ma propre expérience
5 La perception pure:
Choisissez une perception, peu importe laquelle, une sensation corporelle par ex. .
Imaginez, juste avant, que votre mental n'est plus fonctionnel, qu'il est au repos complet: plus
de mémoire, plus de concepts, plus de pensées. Si cela fonctionne, vous allez sentir l'absence
d'activité cérébrale, un cerveau au repos.
Explorez la perception choisie en vous plongeant au coeur de cette perception, sans plus
aucune référence à la mémoire ni au connu puisque le mental est au repos et voyez ce que
dévoile cette investigation dès que plus rien ne s'interpose .
Si vous y arrivez, vous comprendrez immédiatement tout l'intérêt du guide proposé au-dessus.
Action / réaction
La réaction, elle, surgit sur le mode de la dualité. Elle se pose en opposé à ce qui est,
conséquence d'un jugement ou d'une opinion qui décrète que ce qui est n'est pas correct.
Cela s'appuie sur une modélisation établie à l'intérieur du mental dont la source est la
mémoire.
De ce fait la réaction est comme issue d'une volonté de changer ce qui est, et ainsi crée une
tension donc un blocage par rapport à la fluidité naturelle de l'autogestion des phénomènes.
Elle naît en conséquence d'une pensée alors que l'action naît d'elle-même spontanément.
Le voir, permet d'explorer la croyance, le jugement qui la sous-tend. Le discernement fait alors
son oeuvre dissolvant cette réaction avec la pensée qui la faisait naître.
Ainsi l'on peut dire: le fonctionnement égotique agit en réaction alors que le fonctionnement
exempt du "moi" est simple action.
L'agir (2014)
Lorsque l'on se fait vivre l'impression qu'il nous manque quelque chose (incomplétude)
immédiatement le réflexe est d'aller le chercher chez l'autre (pour rétablir la complétude)
Ceci , bien entendu est le début des problèmes, car, déjà l'impression de manquer de quoique
ce soit est fausse puisque notre nature est la complétude, donc la rechercher est absurde et ne
peut que finir en impasse mais aussi car chercher chez "l'autre" implique dépendance,
attachement et ses corollaires frustrations et réactivation du manque qui est ainsi vivifié à
souhait.:un cercle vicieux complet.
La remontée du fil d'Ariane, consiste à revenir à cette impression du manque et à lui faire face,
la laissant totalement se déployer sans intervenir et en étant totalement à l'écoute. L'illusion de
base se dévoile alors tôt ou tard au rythme où on est prêt* à laisser la lumière se faire.
*prêt, c'est à dire quand la lumière du voir tient alors plus à coeur que l'objectif de combler le
manque.
C’est pareil pour l’ego, il s’agit d’un simple fonctionnement qui prend racine dans une création
imaginaire issue de la pensée. C’est l’identification à cela qui fait apparaître le « je ».
En réalité, il n’y a pas « mon ego », l’ego n’appartient à personne car il n’y a personne. Quand
on dit « mon ego », c’est ce même ego qui dit « mon » et c’est uniquement une nouvelle
pensée qui dit s’attribuer l’égo c’est-à-dire la pensée « je suis un moi ». Il n’y a donc pas
« mon ego » car il n’y a aucun propriétaire mais juste une pensée qui dit « le moi » est
mien. !...
l'égo et le monde 2012
Ce que je comprends c’est que tout ce chemin d’éveil dont j’entendais parler et qui paraissait
comme quelque chose de lointain est en fait devenu très proche.
Quant à la peur de mourir, je vois que c’est le mental qui a peur de mourir ou plus exactement
la pensée qui dit « j'ai peur de mourir ». Il y a peur de mourir parce qu’en fait ce que je
commence à voir c’est que le monde entier, tel que je le connais et tel que je l'ai compris
jusqu'alors est construit à partir du mental. Et la peur de mourir c’est que si le mental disparaît,
"mon monde" disparaît avec. Ce n’est pas seulement le "je" égotique qui disparaît c’est la
globalité du monde. Bien sûr persiste la conscience mais la conscience sans le monde : il y a
comme un point crucial, comme si cela n’avait plus aucun intérêt. Ceci pourrait expliquer cette
peur viscérale et la saisie permanente du mental qui revient. Mais tout ça n'est encore que
pensées....
Ainsi, tant qu’il y a le moindre attachement au monde, l'éveil au réel ne peut se faire. Ce n’est
que lorsqu’il y a un détachement complet de tout ce que le monde peut comporter, que le vécu
direct peut se révéler..
Le karma
Le karma est l'idée que l'on récolte les conséquences des actions passées, donc que l'on est
le résultat des actions passées et que l'on prépare ce que l'on sera par les actions présentes.
Cela s'appuie sur la notion de temporalité passé-présent-futur et aussi sur l'idée d'un moi qui
change.
Ce n'est pas autre chose que la loi de cause à effets qui existe dans le monde de la dualité.
La dualité est en soi imaginaire mais dès lors qu'une croyance est portée sur elle le
mécanisme de concrétisation fait apparaître action-réaction et matérialisation des 2 pôles
opposés propres à la dualité.
Ces 2 pôles entrent en interaction et provoquent la réaction en chaîne de cause à effet.
Toute l'apparente manifestation est ainsi faîte, action-réaction entre chaque phénomène qui
fait que la globalité se gère.
Ce que l'on appelle karma est plus particulièrement la loi de cause à effet dont l'origine jaillit
des histoires égotiques.
On pourrait ainsi dire que le karma est une espèce de trame au scénario des histoires
égotiques.
Le karma concerne les individus et personnages du film mais pas ce que nous sommes. Il n'y
a jamais rien qui retentit, influence ou modifie le regard, la pure conscience où tout cela se
projette.
La plupart du temps quand on parle de problème c'est que l'on réfère ce qui se passe à un
modèle et que ce qui se passe est différent de ce modèle. Quand cette différence n'est pas
acceptée cela devient un problème. Qui dit problème, dit besoin de changer les choses pour
retrouver le cadre référent donc volonté à solutionner le problème.
En réalité, il n'y a pas de problème à résoudre. Les choses sont ce qu'elles sont, elles se
placent d'elles même, répondant à une globalité régie par une source en amont. Cette source
est soit issue de l'Unité (ou du Soi) et répond alors à l'intelligence innée de la vie soit est issue
du rêve de dualité c'est à dire du "moi égotique" et vient entraver le bon déroulement de cette
intelligence naturelle. Un peu comme si l'expression du Soi c'est l'ordinateur tout neuf qui
fonctionne parfaitement et l'expression du moi, le virus qui vient en entraver la bonne marche.
Personne ne fait quoique ce soit.
Vouloir résoudre un problème avec volonté de changer les choses, c'est comme essayer de
réorganiser les reflets dans le miroir.
La notion même de problème indique donc un refus de la réalité et implique un désir de
changement qui part d'une volonté personnelle égotique. Cette volonté personnelle se
concrétise par toutes les stratégies mentales qui représentent la quête du changement.
En partant de ce désir de changement des phénomènes, on part d'un postulat erroné qui
appartient déjà au rêve mental. L'action générée ne va donc se faire qu'à partir du rêve. Le
rêve se maintient et rien ne peut vraiment évoluer. Le rêve cherche à se changer lui-même:
impossible.
Lorsque les constructions mentales sont vues pour ce qu'elles sont, cette "hypersensorialité
tombe d'elle- même et laisse au mental affaibli, mais encore aux commandes, une impression
de non vie très déstabilisante. Il en est de même, lorsque l'on s'aperçoit que ce qui était jugé
bon pour soi par le mental est aussi illusoire que le jugement inverse. Renoncer à ce qui était
recette de bonheur laisse, un moment, un vide inquiétant pour ce même mental.
Pourtant il n'y a pas de compromis possible pour rétablir le maître de céans à son poste et
laisser le mental redevenir le merveilleux serviteur de celui-ci. Le rêve doit être vu dans sa
globalité. Tant qu'une part du rêve existe, le fonctionnement reste duel. Un pôle attirera
toujours l'autre. C'est une question d'équilibre. Le + ne peut fonctionner sans le -. La réalité les
réunit, le rêve les sépare mais les crée simultanément.
"Traiter" ce qui est jugé souffrant, pas de problème, mais "traiter" ce qui est jugé bon pour soi
est une cause possible de la persistance de l'addiction au mental.
La réalité se situe dans aucune interprétation mais dans le fait de ce qui est.
NB: "The Work", mis au point par Byron Katie est un processus méditatif merveilleux qui
oeuvre dans ce sens. Je ne saurais trop vous le conseiller.
Lorsque la réalité épurée des interprétations mentales refait surface, même si le mental
résiduel est déstabilisé et inquiet, il se développe en parallèle une sensation de profondeur
sans fond, de quiétude infinie qui dissout progressivement toutes ces scories du passé mental.
Cette dégustation de détente et paix si profonde permet d'accepter ce moment de perte de
repères. Il s'ensuit la restauration de la sensorialité d'origine, naturelle, fine, subtile et en
même temps intense, profonde et vaste, qui permet de retrouver la vérité du vivant: le vécu
direct.
Il ne s'agit pas de se battre pour y arriver, ni de s'efforcer à lâcher quoi que ce soit.
Cela se réalise tout naturellement à partir de l'observation de soi. L'observation de soi nous
apprend tout à notre sujet: notre façon de fonctionner, d'être et tout du monde de rêverie qui
nous fait vivre tant d'aberrations. C'est cette observation qui, par la mise en lumière
progressive de tout cela, le rectifie progressivement. En effet dès qu'une illusion est vue, elle
ne peut plus exister. C'est elle, encore, qui amène le lâcher prise et permet la restitution à
l'Intelligence de la vie des commandes de notre fonctionnement. Dès lors, le cheminement
naturel de ce que l'on est peut s'exprimer, nous apportant détente, joie, amour, plénitude et
retrouvailles de tout ce que nous sommes réellement.
Ainsi,
En arrière-plan de tout ce qui est, il y a la charpente, l'essence qui le supporte, le nourrit et lui
permet d'exister:
Le Silence, l'Océan de quiétude.
Cela est et a toujours été. Cela ne peut pas nous quitter. Simplement, lorsque nous regardons
les croyances du mental, cela parait occulté comme par un grand rideau de rêves. S'il est plus
aisé de quitter les illusions mentales jugées "mauvaises pour soi", le lâcher prise des
croyances "bonnes pour soi" l'est moins. Mais ce n'est qu'à ce prix que la vérité du réel et
donc la libération de l'imaginaire souffrant pourra se faire. Cela arrive en temps et heures
voulues.
le chaos d'une expérience de dissolution
Une expérience de dissolution, le chant du cygne de l'égo (2011-2012)
Il y a quelque chose en dedans qui a compris tout le jeu, le fonctionnement du mental et qui a
vu comment l'attention à ce qu'il raconte le fait exister en tant que croyance et dès lors le met
au-devant de la scène du vivant.
En comprenant intimement cela, quelque chose s'est décroché, une désolidarisation d'avec ce
que dit le mental.
En lieu et place est apparu un calme, un repos qui n'est pas de ce monde, une détente
comme jamais il n'y a eu auparavant assortie d'une sensation de déconstruction intense et
même physique avec des sensations de pans intérieurs qui s'écroulent. Ce renouveau est fait
aussi de vide. Tout est comme creux, vide. Les buts ont disparu, tout est à même hauteur et
en particulier les sensations. Chaque sensation est une simple expérience mais qui ne vient
plus nourrir quoique ce soit de l'intérieur. En fait il n'y a plus rien à nourrir. C'est vide mais sans
manque ni besoin. Il reste bien sûr les besoins corporels et tout ce qui fait la fonctionnalité de
la vie de tous les jours. Cela se fait tout naturellement. Avec cela un sentiment profond que la
réalité est ce qui se vit et que la volonté n'est qu'un pantin désarticulé et inefficace l'amenant à
ne plus rien faire.
Seulement l'ego, ce sens du moi, même s'il est affaibli, est encore présent dans la pensée. Il
persiste par moment cette impression du "j'existe". Avec ce qui est arrivé, tout d'abord comme
sidéré par ce phénomène de déconstruction il s'est tu un moment. Puis les choses perdurant,
il s'est comme réveillé dans un affolement d'intense danger pour lui, interprétant tout cela
comme de la non vie, une mort certaine et inacceptable.
C'est en particulier à partir de ce sentiment du vide et de cette sensorialité transformée que la
résistance et la lutte se sont tournées.
Le calme profond qui régnait s'est vu alors masqué par, tout d'abord l'apparition de douleurs
physiques inexpliquées qui sont tombées d'elles même, assez vite, sous la lumière de la
compréhension de ce mécanisme qui essayait de recréer des sensations fortes. (cf
l'hypersensorialité).
Puis, avec le même objectif, ce sens du moi a fait appel au corps émotionnel. Quoi en effet de
plus efficace pour se faire vivre des sensations fortes (encore une fois, synonymes de vie
dans le monde des rêves du mental) que les émotions, en particuliers dîtes négatives (cf le
corps de souffrance dont parle Eckard Tolle).Et là, un véritable enfer de folie. Tout est devenu
prétexte à problème, avec en plus un sentiment d'impuissance total additionné à une volonté
quasi inexistante pour lutter contre cela. L'ensemble faisant vivre des explosions internes de
l'esprit quasi proches de la folie lorsque l'identification s'en rapprochait de trop près. Des
schémas d'ego déjà déconstruit auparavant sont revenus en force malgré le regard qui les
voyait en tant que tel. Aucun outil ou presque d'aide à la lumière n'avait vraiment d'impact.
Bon gré mal gré, cela finissait presque par recréer quelques effets corporels de mal être au
niveau des sensations corporelles. Pourtant, le paradoxe, c'est que malgré ces cyclones
égotiques il y avait toujours en arrière-plan, ce calme immuable, ce silence imperturbable non
concerné par cette périphérie de folie.
Vivre les 2 en même temps ! A la fois l'agitation mentale la plus complète et délirante et ce
calme vide, imperturbable, sous-jacent.
Rien à faire cependant même si le fonctionnement égotique crie "branle-bas de combat, c'est
une question de vie ou de mort", il n'y a plus suffisamment de volonté pour nourrir le guerrier
ou contrer le vécu de tout cela. Il y a comme l'impression d'une marionnette désarticulée
presque sans vie qui est agitée par le cyclone et qui tombe par moment dans un vide qui la
dissout.
Je vois, quand cela est plus calme, en particulier dans la solitude où il y a moins de stimuli
pour venir alimenter les desseins émotionnels ce démembrement de la personne qui dissout
ses façons de fonctionner, ses conditionnements, son regard sur le monde, tout ce qui est de
l'ordre du personnel, en écho à une déconstruction intense et totale d'un monde d'illusion alors
que le réveil n'est encore pas tout à fait total et que le renouveau ou plutôt réel n'a pas encore
pris place. Entre deux mondes peut être ou entre un monde et pas de monde?
Il n'y a plus de confiance ni certitude d'aucune sorte, les branches auxquelles s'accrocher
cassent les unes après les autres. Mais cela est et il n'y a pas moyens de revenir en arrière.
-Alors quelle est la réalité?
-le vécu:
Seul le Silence reste en amont de tout cela, ultime détachement?
Et quand j'ouvre les yeux je vois un monde de formes qui changent sans arrêt.
Il peut y avoir une période difficile lorsque l’on réalise que le monde de la pensée est pure
imagination et que l’on s’en désolidarise.
En effet, ne plus croire au contenu des pensées a pour effet d’élaguer toutes les pensées
souffrantes mais aussi toutes celles qui étaient aimées et qui correspondaient à des stratégies
pour améliorer la personnalité.
Ainsi par exemple toutes celles du type : je m’aime, je suis quelqu’un de bien, j’ai de la valeur
etc... Toutes les pensées qui ont trait à la personne quelle qu’elles soient, ne sont plus crues.
Cela plonge dans une équanimité de toutes les perceptions, une disparition des émotions et
une impression de neutralité qui peut être très dérangeante si elle est comparée à ce qui se
vivait avant.
En réalité un processus est en cours.
L’attention qui était fixée sur un monde illusoire est revenue à sa source. A la source, tout y
est il n’y a ni besoin ni manque, il y a plénitude. Ainsi par ex, à la source qui est amour, il n’y a
ni besoin d’aimer ni besoin d’être aimé cela se sait « source amour ». Quand les événements
attirent l’expression amour, cela se donne ou cela accueille. Le don comme l’accueil font partie
de l’événementiel et ne correspondent à aucun besoin particulier, ils sont et c’est tout.
Pendant un moment qui peut être plus ou moins long, on ne réalise pas encore cela et la
pensée « ce n’est pas normal ce qui arrive, je n’ai plus aucune humanité, plus aucun
sentiment, donc plus de vie plus de goût à rien… », si elle est crue, peut rendre cette période
extrêmement difficile. Il importe alors de la confronter au quotidien de ce qui se vit et même si
les sensations paraissent éteintes par rapport à ce que l’on connaissait avant, en réalité tout
est paisible et détendu.
Alors, progressivement, on découvre que rien ne nous a vraiment quitté, les expressions de la
vie de l’amour sont toujours là, mais elles jaillissent de l’évènementiel y contribuant, sans
interprétation, sans notion de quelqu’un qui aime, qui donne, qui accueille. Ce sont des
mouvements naturels qui émergent dans l’êtreté. Leur moteur n’est plus la pensée égotique.
Quand l’événement s’éteint, ses expressions aussi, tout se dissout dans la plénitude d’être qui
elle ne disparait plus.
Un certain nombre d'évènements, d'expériences, de cheminement vont tôt ou tard nous placer
face à ce "vide" qui est en fait la peur existentielle de l'égo.
Lorsque plus rien ne vient combler ses désirs, lorsque le mental est vidé comme par exemple
au cours d'un burn-out ou à l'issue de la mise en évidence du caractère illusoire de la pensée,
lorsque l'impuissance ne peut plus être dépassée etc... On peut se retrouver en face d'un vide
total qui est vécu comme une fin, un anéantissement proche bref comme l'angoisse absolue
de la fin de la vie.
En réalité, ce vide que nous regardons est juste l'esprit vidé de tout contenu mental donc
l'esprit sans perception.
C'est parce que dans l'identification égotique le regard est crispé sur le contenu mental, et
c'est cela qui sert de repères connus, que lorsque celui-ci se vide, la crispation si elle ne lâche
pas en même temps fait voir l'absence au lieu de la plénitude de ce que l'on est.
Autrement dit, c'est l'habitude de regarder la périphérie plutôt que de s'intéresser à la Source
qui regarde, qui fait vivre ce sentiment de vide lorsqu'il n'y a plus rien à regarder.
La clé est de s'abandonner à ce vide, ce qui se produit lorsque toutes les stratégies pour le fuir
sont vues comme inefficaces. La peur s'éteint d'elle même avec l'acceptation de la mort.
Et c'est alors qu'on réalise que ce que l'on est vraiment est toujours là et ne peut pas mourir.
Le vide est alors vu comme éclairé par notre nature propre, c'est à dire conscience qui donne
naissance, vie et mort à toutes les perceptions sans en être jamais affecté.
l'intérêt de fonctionnement égotique
L'égo a t'il un sens? (2013)
Dans l'absolu, la réalité de l'êtreté, cette question même n'a aucun sens puisque l'ego n'existe
pas.
Dans le monde de la dualité qui est en fait un rêve de ce que nous sommes, on pourrait
comme voir un sens à ce fonctionnement égotique qui part du contenu dela pensée crue.
Comment percevons nous le corps, comment percevons nous toute chose, comment
percevons nous le monde?
A partir des sens et des commentaires issus du mental. On peut ainsi voir le mental également
comme un sens.
De tous les sens qui sont à disposition, le mental est le seul qui construise des informations
inverses à la réalité.
A travers ce qui se vit dans la pensée on peut déceler des processus, des expérimentations.
Ainsi on se fait croire à plein de choses complètement fausses.
On peut remarquer qu'à travers le fonctionnement égotique, cela part d'une croyance en un
mensonge qui va évoluer puis revenir à la mise en lumière de la vérité qui semblait perdue et
semble retrouvée avec béatitude. En regardant les individus, on peut même déceler comme
des fils d'expériences de qualités particulières:
Certaines personnes sont plus spécifiquement sur la voie de l'amour: Elles démarrent cette
expérimentation en se faisant croire au non amour comme pour mieux ensuite réaliser qu'elles
sont amour
D'autres sur l'expérience de la vie en se faisant croire à la non vie pour réaliser ensuite
qu'elles sont la vie même,
d'autres sur la voie de l'individualité donc de la séparation de la dualité, pour réaliser enfin que
tout est Un etc...
Et dans ce type de chose on peut retrouver de véritables fils directeurs pendant tout un
parcours de vie ou l'ego apparaît comme un outil de réalisation du réel.
Ainsi quand on se vit identifié à un contenu de pensée égotique, de savoir qu'il ne s'agit que
d'une étape de tout un parcours intelligent de réalisation de soi est apaisant et permet de
mieux accepter ce qui se vit .
Juin 2014
L’expérience vécue à travers l’ego:
Il y a quelque chose de magnifique dans l’expérience de se vivre en mode séparation si tout est
bien observé :
En effet, tout ce qui est éprouvé, perçu attribué à soi est vécu sur un mode très impliqué. On ne
peut pas le négliger, c’est soi.
Mais il y a l’autre versant, très intéressant aussi à regarder c’est ce que l’on éprouve de l’autre,
des autres, du monde, donc du « non soi ». Ce que semble vivre l’autre ne nous atteint pas de la
même façon que ce que l’on vit soi, pourquoi ? Tout simplement parce que l’on ne se l’approprie
pas, du fait même de l’idée de la non appartenance.
En conjuguant ces deux expériences du moi et du non moi, il apparaît clairement que la douce
réalité se situe dans la combinaison subtile des deux c’est-à-dire dans l’implication sans
appropriation.
Tout le discernement repose là-dessus. En cet instant s'il n'y a pas d'histoire que reste-t-il?
On s'aperçoit rapidement que sans histoire cela ramène complètement l'attention dans le
présent. Dans l'instant, il n'y a plus tout ça. Sans histoire il y a ce qui est.
Dans ce qui est, il n'y a pas d'histoire. Et sans histoire, il n'y a plus personne.
Je sens cela très fort . En même temps, je sens cette propension magnétique à raconter des
histoires et à aimer ces histoires qui de ce fait s'interposent devant la réalité.
Il n'y a que la désolidarisation de ces histoires qui peut ramener à la vérité de ce qui est.
Sentiment de séparation
Conséquences du sentiment de se sentir séparé:
Quand on se prend pour quelque chose (un individu ), cela induit le sentiment d'être séparé de
notre véritable nature. La conséquence de cela est le déni du Soi, de soi.
En pratique, c'est la racine même du fonctionnement égotique. Le déni se porte sur la
conscience ou sur l'amour.
Si on se vit comme quelqu'un en manque d'amour, cela signifie, que l'on se vit en tant que déni
d'amour. La conséquence en est l'impression sous-jacente de non vie. Les choses paraissent
figées, on se sent coupé, anesthésié, non vivant. La stratégie mise alors en place va n'avoir de
cesse de chercher cette vie...au sein des autres (logique puisque l'on s'en sent dépourvu).
Si l'on se vit comme quelqu'un en manque de conscience, c'est à dire incapable d'avoir la claire
vision, cela induit un sentiment de doute de soi, d'insécurité profonde et donc de peur. Il n'y a
pas confiance en son propre [Link] non confiance en sa propre vision génère repli sur
soi même avec refus de regarder ce qui est. On n'ose plus bouger, on se sent victime de la vie.
La stratégie pour pallier à cela va être de chercher la vision des autres créant une dépendance
aveugle.
Le retour au réel peut se faire dès lors que l'on se rend compte que même au moment où ces
croyances sont le plus crues, la conscience est présente ainsi que l'amour. C'est grâce à la
conscience que ce que disent les croyances sont vues. Ce sont des informations. Elles sont à ce
moment là ce qui tient le plus à coeur (amour) et c'est cela qui génère le positionnement que l'on
a pris.
Il convient d'observer comment une action se pose. Les informations présentes à l'instant sont
vues, chaque information "collectée" est alors comme valorisée à des degrés divers, on pourrait
dire que chaque information a comme une sorte de hiérarchie dans le domaine de "ce qui tient à
coeur" et l'action se pose (ou pas) en réponse à l'information qui tient le plus à coeur. C'est ainsi
que l'amour "choisit" ou plus exactement impose ce qui se vit.
Ainsi même lorsqu'une croyance est crue, même si ce qu'elle raconte est un déni, c'est elle "qui
peut tenir le plus à coeur" et donc générer le positionnement décrit ci-dessus. L'amour et le voir
(la conscience) sont donc là. C'est en le constatant que le déni va perdre sa valeur puisque la
disparition de l'amour ou de la conscience est alors identifié comme pure imagination et non plus
comme réalité.
La fin de la souffrance
Il y a la vie qui se vit et la vie qui se pense.
Dans la vie qui se vit il y a des faits, dans la vie qui se pense il y a des problèmes.
La vie qui se vit est paix, la vie qui se pense est souffrance.
La bonne nouvelle c'est que la vie qui se pense est pure imagination, elle n'existe pas.
La fin de la souffrance
Pour se délivrer de la souffrance, il convient de réaliser le lien, l’intimité totale que nous
établissons entre les pensées et les croyances.
En elles même, les pensées n’ont aucun pouvoir. En revanche dès lors que nous les croyons,
elles deviennent comme créatrices de notre vie. Même si elles sont créatrices de ce ressenti, il
est toujours possible de s’en détacher. Comment ? Simplement en réalisant que ces créations
n’existent que de façon concomitante avec leur pensée source. Dès lors que la pensée n’est
plus là, la création qui en est issue disparait aussi. En remarquant cela régulièrement on réalise
progressivement le caractère faux de ce qu’elles véhiculent. En effet si ce qu’elles disent étaient
vrai cela ne disparaitra jamais et le ressenti créé existerait même quand la pensée n’est pas là.
En remarquant que la souffrance n'est là que lorsque la pensée y est aussi (ou du moins l'idée
préconçue de ce qu'elle véhicule) et non plus dès lors qu’elle a disparu, on réalise que la vie
sans la croyance en la pensée est sans souffrance et que c’est cela qui est vrai et naturel.
Une autre façon de réaliser que la vie est tout simplement ouverture, vastitude, plénitude c’est
de porter davantage attention à ces "qualités". La plupart du temps notre attention est attirée par
la souffrance et tend à y rester fixée. Mais si nous nous entraînons à rester dans ou à retrouver,
si cela a été oublié un moment, la vastitude le silence la quiétude, il se peut que tout ce qui est
inhérent aux croyances et illusions et donc à la souffrance qui en découle soit englouti au sein
de cette ouverture consciente que nous sommes. La voie du cœur est un exemple direct de
cela. Quand on écoute le cœur plutôt que la tête, immédiatement le vécu d’ouverture est là
refoulant et dissolvant le vécu de fermeture propre aux illusions véhiculées par l’ego.
Au terme de ceci, nous pouvons constater que la vérité de la vie c’est l’ouverture. En s’installant
dans cette ouverture, nous la découvrons consciemment, la vivons directement et réalisons que
nous sommes cela.
Nous réalisons que nous sommes ce regard d’arrière-plan toujours présent : conscience pure
qui observe.
Puis que cette conscience est présence, vibrante de vie, toujours là. C’est elle qui est
permanence.
Puis que c’est en elle que jaillissent tous les phénomènes et qu’elle les éclaire et qu’ainsi sans
phénomènes elle est pure lumière
Que sa nature est ouverture totale inconditionnée, accueil, disponibilité donc amour
inconditionnel
Qu’elle est en tout et que tout est elle, c’est l’unité
Et qu’enfin elle est totale félicité.
La souffrance (2014)
Une des racines de l’égo, conséquence de l’idée de séparation, c’est la peur de souffrir.
Tôt ou tard on est confronté à cela. Il devient alors évident de remarquer que toute résistance
est érigée en vue de ne pas souffrir. Le plus grand non à ce qui est c’est le refus de souffrir.
Au maximum, le mental dans l’effort ultime à éradiquer la souffrance peut amener à la folie,
résistance de fuite maximale ou disjoncte et se retire révélant de façon radicale l’anéantissement
de la personne et la permanence de l’être
En observant ces résistances, la constatation que celles-ci génèrent elles même la souffrance
devient évidence entraînant le lâcher prise de toute stratégie.
Ainsi, le face à face direct avec ce qui est occulté amène la question :
Qu’est ce que la souffrance ?
La souffrance est observée comme toute autre chose. La souffrance touche, elle est en écho
direct avec le cœur, c’est la tristesse, la peine, le chagrin, le désespoir, nommés ainsi en
fonction de son intensité
Quand le chagrin (ou tout autre état de peine suivant l’intensité) peut se déployer car non
contraint, il est possible de retrouver le joyau qu’il détient en son cœur. Le chagrin n’est ni plus ni
moins que la dissolution de tout ce qui est faux. Il dissout l’arrogance, la volonté, la saisie,
l’image de soi bref tout ce qui est inhérent à la personnalité. Et c’est sans doute pour cela qu’il
est tant fuit. Mais lorsque toute stratégie d’évitement a disparue, on réalise que c’est le cœur qui
tout en pleurant s'expend, se réveille de sa léthargie. Une fois le processus achevé, la paix, le
silence incommensurable et l’amour que l’on est, sont mis à jour en lieu et place de tout le fatras
de la personnalité.
Lorsque cela est clairement vu, la souffrance n’est plus jamais un problème elle est le processus
de clarification qui redonne à l’être sa véritable identité en dissolvant toutes celles, factices avec
lesquelles semblait s’être confondu.
Déconstruction des apparences
Il y a comme 2 perspectives face à la Manifestation, une illusoire et une réelle:
1- La perspective mentale, un film est alors créé à partir de la manifestation. Ce film s'appuie
sur 2 concepts principaux: les dimensions du temps et de l'espace. Le monde apparaît
C'est la perception du "serpent de l'advaita" qui surimpose la corde
2- La perspective du vécu direct sans détours par le mental, c'est la conscience mise en forme
qui se reconnaît comme telle. L’instant est tout ce qui est.
C'est le vécu direct "corde" qui n'est plus surimposé par le serpent
Dans le 1er cas, le monde est créé et il s'ensuit rapidement la création d'un second film au
sein du 1er: le film du "moi" et de "ce qui n'est pas moi" avec tous les scénarii et souffrances
qui en découlent.
Le 1er comme le 2nd films sont des films issus de la pensée séparatrice et n'appartiennent
donc qu'à la fonction mentale. Dès que celle ci est négligée, les films disparaissent c'est ce
que certains appellent "éveil"
Dans le second cas, le vécu est en unité avec tout ce qui est, que la conscience "se mette en
forme ou pas" Ceci se révèle être ainsi en permanence et n'est ni conditionné ni
conditionnable. A noter que même quand le(s) film(s) via la construction mentale sont là, il y a
unité avec l'imaginaire et ses conséquences en terme de ressentis.
On réalise que c'est donc la seconde façon d'aborder "ce qui est », qui est une constante,
sans condition, totale et permanente alors que la 1ère façon est conditionnée à la présence
fonctionnelle mentale et à la croyance en l'imaginaire produit.
C'est donc la 2nde perspective qui est la réalité absolue de la Manifestation, de tout ce qui est.
A noter que la conscience en forme ou pas est de nature totalement éveillée ce qui implique
que l'éveil est aussi une constante. L'impression d'être "non éveillé" au cours de la
manifestation vient du fait de l'unité à l'imaginaire mental qui focalise et sépare excluant de
façon fictive une partie du champ perceptif : celui présent en dehors de la focalisation mentale
ainsi que la reconnaissance d'être cela, donc de l'unité au vécu.
De cela découle la mise en doute du contenu des pensées même non souffrantes.
Une fois les histoires égotiques vues, la pensée est comme désinvestie de son pouvoir de vérité.
Bien sûr toutes les pensées ne sont pas à mettre dans le même "sac".
Certaines sont des pointeurs directs de vérité. Elles émergent directement du silence et ont une
force qui se reconnaît facilement.
Cette investigation pour ma part a été (et est encore) très jouissive.
Puis toutes les pensées finissent par être négligées, mêmes les pointeurs les plus proche du
réel car la pensée par essence maintient la séparation entre un sujet percevant et un objet
perçu.
Dès lors les mots disparaissent et là règne l'Êtreté.
Son moteur n'est pas une quête quelconque mais la soif de vérité.
Elle permet de voir le mensonge, l'illusion et donc de s'en détacher
Elle est le processus qui observe ce qui est et permet de comparer le contenu de la pensée à
ce qui se passe réellement. Le regard (synonyme, l'écoute) voit ce que dit la pensée et voit
aussi ce qui se passe en dehors de la pensée. Une pensée qui parle "vrai" est vérifiable par le
fait que ce qu'elle énonce existe même en dehors d'elle.
C'est par cette comparaison que l'on réalise que, si ce qui est ne correspond pas à ce qui se
dit au sein de la pensée, il s'agit d'une illusion..
C’est parce que l’on croit aux pensées qu’on se les fait vivre.
L’investigation permet de rétablir la vérité.
Cette investigation passe par une étape intermédiaire : étape où l’on commence à réaliser que
l’origine de la souffrance se situe dans le contenu de certaines pensées, les pensées
égotiques.
Lorsque l’on commence à réaliser que ce sont les pensées qui véhiculent l’origine de la
souffrance, on cherche à s’en débarrasser.
Il ne faut pas s’arrêter à cela car la perspective est encore fausse, en effet en cherchant à s’en
débarrasser on leur donne encore un pouvoir qu’elles n’ont pas celui, implicite de dire vrai.
L’investigation doit permettre de réaliser que lorsque la pensée n’est pas là, il n’y a pas la
souffrance qu’elle véhicule. Donc, que notre nature propre, sans cette pensée, est sans cette
souffrance.
En réalisant que de façon innée, de façon naturelle, nous vivons sans cette souffrance, nous
réalisons que c’est ce qui existe en permanence, dès lors qu’il n’y a pas d’accroche à la
pensée. C’est la constatation de ce vécu direct sans souffrance qui permet de réaliser que
seule la croyance en la pensée la fait apparaître.
.
Dès lors, la croyance tombe par l’évidence que de façon naturelle il n’y a pas ce que la pensée
raconte. Cette croyance tombée, la pensée peut ou ne pas être là, cela n’a plus d’impact, cela
n’a plus d’importance et ne vient plus troubler la sérénité profonde que nous sommes.
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Exemple:
Exemple : j’ai peur de mourir. Si cela était vrai, la peur ne me lâcherait jamais. Or les seuls
moments où la peur est là, c’est quand cette pensée est là et que je la crois. Quand je suis
occupée à autre chose, quand je dors quand je me promène etc..il n’y a aucune peur. Mais
quand la pensée ‘je suis quelqu’un’ est là, en filigrane avec elle arrive l’inévitable peur de
disparaître. Ce qui amène la confusion, c’est que l’on ressent souvent plus vite le cortège de
sensations qui est issu de la peur de mourir que la pensée dont il est issu. En interrogeant les
sensations, on observe bien qu’elles sont en lien avec la peur de ne plus exister. Peu importe
finalement la direction à partir de laquelle tout cela est perçu car il y a une totale dépendance
entre les 2. Mais en investiguant cette peur, on découvre peu à peu que dans la plus grande
partie de notre vie elle n’y est pas. Quand le mental est occupé à autre chose ou qu’il est au
repos, il n’y a pas cette peur. Si cette peur existait vraiment elle serait là tout le temps, sans
discontinuité avec ou sans mental. On réalise ainsi qu’elle n’apparaît qu’avec la pensée ‘peur
de mourir, peur de ne plus exister’ mais pas avec la vie directement vécue. Dès que cela est
totalement vu, il devient évident qu’il s’agit d’une chimère et non du réel.
1 L'observation
Elle est la base de tout. Elle existe avant toute analyse, toute pensée, toute interprétation. Elle
est de notre nature même. Sans effort, elle est la source de toute perception. D'une neutralité
absolue, elle accepte tout. Toujours disponible et de même qualité, elle est synonyme
d'écoute, de présence, d'accueil, d'ouverture, de conscience.
Elle ne se réfère à rien d'autre qu'elle-même, alors que toutes les perceptions se réfèrent à
elle.
C'est à partir d'elle que tous les actes se posent ou non.
Même quand l'identification erronée à un ego est, c'est par elle que cette fausse identité se
produit : par l'observation crispée sur la pensée "moi" et/ou ce qui fait son lit.
Elle ne dépend d'aucune analyse ni d'aucune stratégie..
Elle est pure lumière, éclairant tout ce qui est et ne pouvant jamais être obscurcie.
2 L'intellect:
Pour que la fonction intellectuelle puisse être, il faut d'abord observation. L'intellect qui
intervient donc en second, est une "machinerie" permettant tri et analyse.
L'observation récolte les informations. Ces informations appartiennent à la fois à l'expérience
directe (sur laquelle on veut refléchir) et à la fois à la mémoire.
Les informations issues de l'expérience directe sont ensuite retraitées par comparaison à une
référence. Cette référence est un modèle élaboré par le biais du mental à partir de la mémoire.
Le modèle est construit à partir d'une idée d'idéal dans le domaine, fait d'interprétations
d'anciennes expériences vécues et d'apprentissages conditionnés.
Ainsi, la réflexion est une comparaison des données que l'on veut examiner à ce modèle.
Celle-ci recherche les similitudes, les différences par rapport à lui et éventuellement cherche
comment les faire coller à ce modèle.
Il s'ensuit, dans ce dernier cas, bien des efforts car la réflexion cherche à trouver des
informations supplémentaires, des moyens supplémentaires à ce qui est pour faire
correspondre les données au modèle.
L'observation naturelle est ainsi tronquée d'une part, par la référence à un modèle "imaginé" et
d'autre part, par la recherche d'informations n'existant pas. Quand la recherche de ces
informations est rendue caduque, l'imagination vient parfois pallier à cela et invente les
informations manquantes afin de compléter la stratégie. Le résultat obtenu après tout ce
traitement d'analyse des données initiales conduit alors à un résultat purement imaginaire.
Observation
Dans le sens que je donne à ce mot, observer est synonyme de voir, de regard, d'écoute, de
contemplation, d'attention, de vigilance, de présence consciente, ouverte à ce qui est.
Ce n'est ni un acte volontaire ni une action tout court.
Elle est sans effort, naturelle toujours présente mais prend toute son intensité quand elle se
sait être. Elle paraît alors comme habitée. En fait l'observation habitée est simplement due au
fait que l'observation s'est déplacée du film à elle-même.
Elle est le doigt qui prolonge la main tout en étant de même nature que la main: elle est
conscience orientée dérivée de la conscience pure tout aussi impersonnelle qu'elle.
Focalisation et défocalisation
Délocalisation (avril 2014)
Ce qui est vraiment au sujet de la conscience, plus qu’une dé-focalisation, c’est une
délocalisation.
Ce n’est pas de réaliser que la conscience n’est pas focale qui annihile le sens du moi mais
plutôt de réaliser qu’elle n’est pas locale, autrement dit qu’il n’y pas de géographie à la
conscience.
En effet , constater que la conscience peut se dé-focaliser ne change rien à l’illusion de croire
qu’elle vient d’un centre conscient. Ce centre aurait alors la possibilité de zoomer ou de dé
zoomer.
En réalité la conscience est à l’endroit de la perception même.
Lorsque quelque chose est perçu, il y a conscience de la perception. Cette conscience est au
point de la perception sans aucune distance d’avec elle.
Il n’y a pas comme un endroit conscient qui percevrait une perception loin de lui, il y a intimité
totale entre la perception et la conscience qui la perçoit.
La conscience est à l’endroit même de la perception. En réalisant cela, c’en est fini du centre
conscient qui maintient le sens du moi. Tout est remis à sa juste place.
conscience et perception
Il y a souvent croyance que la "réalisation" ou l'"éveil" seront atteints lorsque qu'il y aura une
espèce d'omniprésence interprétée comme une espèce de perception globale comprenant
toutes les perceptions existantes ou du moins toutes les percptions que l'on imagine exister en
même temps.
Ceci est faux.
Si cela était vrai cela voudrait dire qu'à partir d'une espèce de centre conxcient (moi) tout
serait perçu en même temps. Impossible! Ce la exploserait bien avant :-)) !
Dans la réalisation de ce qui se passe dans l'expérience immédiate vivante force est de
constater qu'il n'y a qu'une seule perception à la fois. Cette perception peut être faite d'une
forme avec des contours une vision précise de ceux ci ou être faîte d'un espèce de magma
incluant la disparition des contours de la forme. Que la perception soit faite de contours précis
ou de l'absence de contours il s'agit d'une seule perception.
Dans le regard focal, la perception a des contours et la définition des formes est précise. Dans
le regard défocalisé, la perception ne concerne plus la forme et ses limites mais une globalité
sans forme.
Dans tous les cas quelque soit le type de perception, la concience qui perçoit la perception
est, elle, ni focale ni défocale, elle est à la localisation même de la perception, elle est l'intimité
de la perception, elle est la perception elle même.
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Tout ce qui est perçu semble l'être par la sensorialité (dans la signification la plus large) et ce
qui s'en dit et fait via le mental.
On a aussi comme l'impression que les phénomènes ont une préexistence à la conscience
individuelle,
Cependant, ils ne paraissent avoir d'existence malgré tout pour l'individu que dès lors qu'ils
sont perçus par ce même individu. Il semble qu’ils soient perçus à partir des sens de ce même
individu.
Si on part du point de vue que les phénomènes n’existent uniquement que parce que c'est la
conscience qui les fait émerger là encore, la reconnaissance des phénomènes passe par la
conscience de la sensorialité.
Il semblerait que cette sensorialité passe par le corps physique, par les sens.
Tout ce qui est perçu à travers les sens est forcément limité.
Une idée assez couramment répandue est de croire que l'on atteint la conscience pure dès
lors que tout ce qui existe est perçu.
Dans cette pensée, l'idée est que tout ce qui existe c'est ce qui est perçu non seulement par
l'individu que je crois être (avec conscience, inconscience, subconscient etc.) mais aussi ce
qui est perçu par tous les autres individus que je ne suis pas sans compter les phénomènes
qui me paraissent exister en dehors de la conscience
Si l'on regarde de près cette pensée c'est impossible. Cela voudrait dire que toutes les
perceptions réparties dans tous les individus existants (et plus) pourraient être perçues à partir
d'un seul individu. Que toutes ces perceptions perçues dans la multiplicité pourraient être
perçues directement par un seul petit « objet » : un individu unique. La façon dont est fabriqué
l'individu ne lui permet pas cela. L'individu peut être comparé à un émetteur-récepteur
(transistor). Comment un seul transistor pourrait-il capter et transmettre ce que la totalité des
transistors capte et transmet?
Cela montre que la recherche de l'illimité dans les phénomènes est absurde.
Une autre pensée est celle de se croire conscience certes, mais conscience individuelle c'est-
à-dire limitée. Cela part du postulat qu'il existe plein de consciences individuelles au sein de la
pure conscience.
En fait quand je crois à cette pensée, je me sens, je me vis conscience mais je lui surimpose
une idée : cette idée est une forme de limitation. Celle-ci peut être une image dans la tête,
celle d'un corps (que je dis être mon corps, nouvelle pensée), celle d'une forme plus ou moins
géométrique comme par exemple, une espèce de lasso qui encerclerait cette conscience
individuelle ou tout autre forme née de l’imaginaire. Une autre image peut être celle d'une
vision d'un paysage imaginaire, d’un lieu au sein duquel il y a des formes humaines dont une
serait la mienne et les autres celles des autres humains. Il peut également s'agir du simple
mot » conscience » dont l'image associée au vécu vient le limiteretc...
Là encore, on confond la conscience avec les formes qu'elle prend dans l’imaginaire mental.
Dès lors que l'on réalise l'attention portée sur ces pensées, celles-ci peuvent s'écarter ne
laissant que le vécu direct de la conscience. Dans ce vécu direct il n'existe pas de conscience
individuelle ni de conscience collective ni de globalité de conscience. Il existe un vécu de
conscience sans aucun qualificatif. Ce vécu est le même qu'il existe ou non des perceptions et
il est notre nature intime et permanente.
On réalise alors que les phénomènes n’existent que par la conscience qu'il y a d'eux. Parler
de quantité de conscience ou de localisation de conscience devient un non-sens.
Enfin, il devient évidence que conscience individuelle, conscience témoin, conscience pure ne
sont que des concepts qui désignent une seule réalité: l'Ultime, pure conscience
Qui sommes nous?
Que sommes-nous ?
Qui suis-je ?
Première affirmation :
-je suis le corps
Qu’est-ce que le corps ? Le corps est fait de sensations, de perceptions sensorielles et
également de conceptualisation mentale.
Si l'on regarde de près, comment sait-on que nous avons un corps. Nous le savons parce que
nous le percevons et que nous le pensons.
Que percevons-nous ?
Je perçois une forme par la vision directe, forme sans cesse changeante.
Je perçois des sons par l'écoute directe, ces sons sont aussi des formes sans cesse
changeantes.
Je perçois la sensibilité corporelle à travers le tactile, le chaud, le froid, le dense, le mou, etc.
dans une perception directe.
Je perçois également directement le gustatif, les odeurs du corps.
Ce que j'appelle corps est une conceptualisation de toutes ces perceptions. Cette
conceptualisation est fabriquée par le mental. En ce sens, le mental peut également être
considéré comme une perception sensorielle : un sixième sens dont nous sommes gratifiés.
Le mental associe les perceptions entre elles, les désignent, et crée une espèce de pack
conceptuel dont l'ensemble est nommé corps. En réalité il n’y a pas qu'un seul corps, il y a un
corps mouvant qui change à chaque instant. Même cette mouvance, ces changements sont
nommés par un seul mot : corps.
Si l'on fait abstraction de cette conceptualisation mentale et de la fonction mentale et s'il ne
reste que les perceptions sensorielles, on se rend compte que le corps, le mot corps ou ce qui
s'appelle corps n'existe pas mais que ce qui existe c'est une palette de perceptions
sensorielles perçues par une trame de fond consciente.
Au terme déjà de ces deux choses, on peut voir que la seule existence réelle ce sont les
perceptions sans cesse changeantes au sein d'une trame d'arrière-plan immuable et
permanente. Ces perceptions sont triées, classées par une fonction mentale qui les
conceptualise en les nommant soit corps, soit monde, mais de façon finalement arbitraire.
Troisième affirmation :
Nous avons souvent l'impression qu'il existe des choses, des entités réelles séparées de
nous, préexistantes à notre conscience, indépendantes.
Comment savons-nous cela ?
Prenons l'exemple d'un arbre :
nous avons l'impression que cet arbre est un objet existant de lui-même, à part entière. Que
nous soyons là ou pas, qu'en est-il réellement ?
Comment savons-nous qu'il s'agit d'un arbre ?
Nous en avons une perception visuelle directe, cette perception visuelle change à chaque
instant suivant la position du regard. On pourrait donc dire que l'arbre est en mouvement si
l'on se fie à cette seule perception visuelle.
L'arbre lui-même ne semble pas émettre de son mais l'association avec les éléments dits
extérieurs à l'arbre, comme le vent par exemple peuvent produire certains sons : bruissement
du feuillage, des branches, craquements. Ces sons sont également mouvants.
Nous pouvons toucher l'arbre et nous percevons certaines sensations dites tactiles : rugosité,
fraîcheur, douceur, relief , densité, etc.. Ces perceptions sont mouvantes
Nous pouvons humer, sentir l'arbre : odeur de sous-bois humus, noisette etc. perceptions
également mouvantes suivant la zone humée ou le moment choisi. De la même façon nous
pourrions goûter l'arbre.
Nous réalisons alors que cet arbre est un amalgame de perceptions sensorielles sans cesse
mouvantes mais regroupées sous forme de pack mémorisé par le mental et appelé arbre.
En dehors de cela, il n'existe aucun élément permettant d'affirmer l'existence de l'arbre.
Aux termes de cette exploration, on peut dire que l'arbre, le monde, le corps sont exactement
faits de la même chose : perceptions sensorielles multiples mouvantes changeantes au sein
d'un espace d'arrière-plan percevant.
La fonction mentale mémorise les perceptions sensorielles, les trie en pack et les nomme
arbre, corps, monde. On peut ainsi voir que c'est au niveau du mental que se passe la
séparation par cette mémorisation des perceptions et le trie qui en est fait.. La réalité
immédiate du vécu ne sépare pas.
Quatrième affirmation :
Ce que dit le mental est vrai ou autrement dit, ce que dit la pensée est vrai
Si c'est le cas, ce que dit la pensée est vérifiable même quand elle n'est pas là, sinon il ne
s'agit que d'une construction purement mentale, imaginaire totalement équivalente à ce qui se
produit la nuit dans le rêve.
À noter que ce travail mental est lui-même perception, perçu par cet arrière-plan percevant.
Et l'on peut continuer ainsi, investiguant tout ce que nous croyons être. Il apparaît que tout ce
à quoi nous nous sommes identifié fond comme neige au soleil ne laissant que l'évidence de
l'arrière-plan dans lequel tout cela se produit et qui lui, non objectif ne pourra jamais se
trouver, se voir, se penser, se percevoir.
Nous sommes ce qui reste quand tout a été enlevé, inommable, inexplicable.
Cinquième affirmation :
Je suis ce que je perçois.
Si cela est vrai, qui perçoit ce que je suis ?
Mais c’est moi qui perçois ce que je suis.
C’est donc que ce que je perçois et moi qui perçois sont identiques.
Il n’y a pas de vécu séparé : sinon où est la frontière entre ce qui perçoit et ce qui est perçu ?
Impossible à trouver
Corps et mental sont comme un ordinateur ultra-perfectionné, il va sans dire, mais en réalité
de la même chose encore une fois. Corps et mental sont conditionnés, conditionnables,
simples objets de création, simples rêves de créateurs.
Le corps
Les sens
1 Le sens de la vue
Il y a vision, c'est en direct, sans personne qui voit. Quand on croit qu'il y a quelqu'un qui voit
(soi), la personne en question est vue. Comment pourrait-elle se voir elle-même ???
Totalement impersonnel (il en est de même pour tous les sens)
Non modifié par les états d’âme
Il crée la forme par contraste entre les couleurs. Prisme de la lumière blanche qui fait naître
les couleurs.
Avez-vous déjà regardé l'air?
Aucune forme visuelle n'est indépendante du champ visuel
Le mental s’en sert et fabrique un imaginaire visuel qui se juxtapose à la perception directe ou
la supplante.
2 le sens du toucher
A l’intérieur de ce sens il y a :
Le chaud et le froid,
La pression,
Le dur, le mou, le doux, le rugueux,
Proprioception, kinesthésie
La perception des vibrations,
Tension et détente,
Poids et légèreté,
Sensibilité et anesthésie,
Densité énergétique ou fluidité,
Immobilisme et mouvements vibratoires.
Le sens du toucher semble particulièrement appartenir au corps (parce que c’est ainsi que
cela a été enseigné dès le plus jeune âge) et donne l’impression d’en être totalement
dépendant, comme si le corps se résumait presque à lui seul.
En fait cela s'explique car c'est lui qui est la source du ressenti.
Les autres sens, vision, audition, odorat, goût, paraissent davantage tournés à l’extérieur
(mais ceci est très conceptuel)
C’est cette impression qui fait que le sens du toucher paraît être totalement lié à notre intimité,
intimité corporelle qui en fait une source d’identification au corps.
C’est l’association de l’imagerie mentale au sens du toucher qui crée un schéma corporel et
contribue à cette identification au corps.
Si on se met dans le vécu direct qui ne se réfère à rien, le sens du toucher n’est plus associé à
l’imagerie mentale, il devient pure perception.
Tant que l’on n’a pas discerné cette surimposition mentale de la perception sensorielle directe,
l’attention se porte davantage sur l’imaginaire mental que sur la perception pure.
Exemple : je caresse ma joue.
Il y a la sensation main-joue, sensation de frottement.
Il y a aussi l’image mentale du visage, de la joue et du va-et-vient de la main : c’est un
imaginaire car non vu directement. Même si je regarde dans un miroir le va et vient de la main
sur la joue, la réalité perçue est une alternance entre la sensation tactile et la sensation
visuelle, 2 sensations toutes deux perçues et c’est tout.
Exercice : caresser son genou.
Observer avec quoi je suis présent :
->si c’est avec une image mentale, ouvrir les yeux et la comparer avec la vision directe.
->puis refermer les yeux et déplacer l’attention de l’image mentale à la perception tactile
directe.
-> Il peut survenir une nouvelle surimposition : « cela dit : tu caresses ton genou ». Détourner
l’attention des mots vers la perception innommable.
3 L'audition
4 odorat et 5 goût
Là encore une spécificité sensorielle, chacun avec son propre champ perceptif
L'imaginaire mental de ces 2 sens est moins fréquent que les autres mais possible.
NB: Ce n'est pas le corps qui détient les sens mais les sens qui détiennent le corps. Les sens
sont mis en forme (visuelle et tactile surtout) dans ce qu'on appelle corps (œil, oreille etc...)
Les sens et le mental, constructeurs de formes.
Le sens de la séparation s'appuie sur un postulat : celui qu'il existe des objets indépendants,
existant par eux même et en dehors de la conscience.
En regardant ça de près, on découvre que cela vient d'un subtil mélange de fonctionnalités
sensorielles et mentales.
Comment le savons-nous?
Par quels biais avons-nous connaissance des "objets? Ainsi que décrit pour le corps et le
monde, nous «connaissons" les objets par les perceptions sensorielles et par la pensée.
Il suffit alors de les explorer les uns après les autres à partir de son propre vécu pour
décrypter ce qu'il en est vraiment.
Prenons pour exemple la vision:
Nous voyons, visuellement parlant, des formes. Ces formes paraissent représenter totalement
les objets en tant qu'entité séparées.
En réalité ce qui est vu est un champ visuel à l'intérieur duquel les formes apparaissent.
Ce qui détermine les formes visuelles, ce sont les couleurs. Le contraste inter couleur permet
de réaliser ces formes. Par ailleurs, toutes ces formes sont totalement dépendantes du champ
visuel qui les contient. Même si le champ visuel change sans cesse, il n'existe aucune forme
visuelle en dehors de lui. Autrement dit, il n'existe aucune forme visuelle ayant une existence
visuelle propre sans champ visuel.
On s'aperçoit donc que ce n'est pas la vision qui fournit la preuve de l'existence séparée de la
forme.
On peut ainsi explorer chaque champ perceptif sensoriel, il en sera de même. Tout objet a une
correspondance sensorielle mais celle-ci ou forme sensorielle est totalement dépendante du
champ perceptif qui la contient. Il n'existe aucune forme sensorielle indépendante du support
perceptif qui la crée. Ainsi un son n'a d'existence que par contraste avec les autres sons ou
avec le silence qui le contient, le dur ne se sait que par contraste au mou, les couleurs du goût
ne se perçoivent que par contraste inter goût etc...
Il n’y a aucune autre perception qui puisse fournir la preuve d’une existence propre du dit
objet.
Ainsi au terme de cette exploration il devient évident qu’il n’existe aucun objet ayant
d’existence propre indépendante du champ perceptif qui le contient.
Un épisode de sensorialité
SENSORIALITE
Alors ça dit « ah oui ça y est j’y suis » et là plouf, tout disparaît et redevient limité partiellement
anesthésié.
Puis en profondeur, comme un sourire, un clin d’œil d’espièglerie et de nouveau envolée la
mémoire (cette nouvelle mémoire qui est sensée savoir comment on fait pour en arriver là…)
et cela revient…Unité vibrante de la création.
C'est la valeur donnée aux perceptions qui voile de façon artificielle l'équanimité de base de ce
qui est, elle fait le lit de l'expérience égotique dans son sens le plus large.
Le mental, la pensée
La pensée est par nature hallucination (2013)
Il suffit de se mettre dans le vécu direct, c'est à dire dans le vécu sans pensée pour réaliser
l'intensité de la vie de ce vécu et l'unité de ce qui se vit et se voit. Il n'y a pas de séparation
dans le vécu direct, la vie est totale.
En explorant la pensée on réalise qu'il s'agit comme d'une reproduction de l'instant présent :
un film fabriqué qui essaye de reproduire le vécu direct. Ce film n'a pas la vitalité du vécu
direct. A dire vrai, il n'a aucune vitalité, c'est du vent. On a l'impression qu'il prend une certaine
vitalité dès lors qu'il est cru et que cela génère des ressentis. Mais la vitalité n'est pas le film
lui-même mais les ressentis qui découlent de la croyance.
La pensée est film, creux, sans vie, pure imagination, c'est une hallucination
Une grande partie du temps nous rêvons notre vie au lieu de la vivre.
L'observation de ce fonctionnement peut apprendre, petit à petit, comment se met en place
cette illusion gérée par le mental, ce qu'elle induit et la construction du rêve qui est prise pour
la réalité.
Le mental fonctionne sur un mode duel. Tout est divisé en une chose et son contraire. La
création d'un pôle induit obligatoirement la création de son opposé. Ceci explique les
phénomènes de retour de manivelle vécus obligatoirement dans ce mode de fonctionnement.
La "matière" dont se sert le mental pour fonctionner correspond tout simplement à l'expérience
de la vie. Cette expérience est ensuite saisie, de façon souvent extrêmement rapide, tellement
rapide que nous n'en avons pas conscience la plupart du temps, expliquant la superposition
du rêve à la réalité. La saisie de cette expérience, permet au mental de l'analyser et de la
répertorier dans ce qui est déjà connu
. Ainsi l'expérience est jugée correcte ou non correcte conformément au mode de
fonctionnement du mental duel. À partir de cette saisie et analyse, l'expérience est intégrée à
la mémoire stockée dans le mental et donne naissance dans ce même mental à une histoire
racontée. Cette histoire qui se raconte, bien souvent de façon compulsive se place devant les
sens et obscurcie la réalité.
L’écoute, la vision se heurtent ainsi à un voile ou même à un mur déformant diffractant la
perception directe.
En laissant être ce qui est, en particulier cet état de rêve, l'observation fluide, sans attente,
sans jugement, sans stratégie d'évitement va permettre de décrypter petit à petit ce
mécanisme fonctionnel du mental. La première étape est de porter l'attention sur les
sensations corporelles. En observant dans la durée ces sensations, il est possible de
remarquer leur extrême labilité qui répond instant après instant à la psyché. En effet, elles
concrétisent dans le corps ce qui se pense dans la tête. En insistant sur cette attention portée
aux sensations corporelles on remarque régulièrement que ces sensations se dissolvent entre
2 pensées à l'intérieur d'un espace silencieux et calme toujours présent en amont. À partir de
là, apparaît déjà une dissociation entre l’hyperactivité de l'intellect avec ses réponses
sensorielles et ce calme permanent en amont des sensations corporelles. Lorsque le
discernement s'installe et voit la discordance entre ce que raconte la tête et ce qui se vit
réellement, l'observation du mental peut réellement commencer. En effet tant que ce
discernement n'est pas là, l'observation s'effectue à partir du mental lui-même et ne peut donc
pas le regarder. Ce n'est que lorsque l'observation quitte le mental qu'elle peut l'observer.
L'observation du mental objective petit à petit son mode de fonctionnement. À l'origine donc, il
y a l'expérience de vie. Le mental se saisit de cette expérience, l'analyse, la répertorie,
l'associe à sa banque de données déjà présentes et à partir de tout cela en fait une histoire.
Cette histoire, tout d'abord sous forme uniquement de pensées conscientes ou plus souvent
inconscientes va se concrétiser. En effet toute création est issue d'une intention. Le premier
mode de concrétisation de la pensée est vibratoire. Cette vibration s'exprime ensuite de façon
variable selon les individus. Très souvent cette première expression est une image statique et
ou dynamique lorsque la vision est le sens préférentiel de l'individu. Chez d'autres cette
première forme est plutôt auditive. Le cortège sensoriel qui accompagne la pensée peut
précéder ou seconder l'image ou l'audition. Lorsque ceci est mis en place l'observation permet
de constater que seules les sensations corporelles sont réelles. En effet l'image statique ou
dynamique de même que l'audition issue de la pensée ne sont que des constructions
mentales au même titre que cette pensée. Ainsi même si le rêve est pris pour la réalité, il est
possible de le retrouver dans les sensations corporelles.
Petit à petit, l'observation du fonctionnement mental fait prendre conscience de tous ces
voiles, constructions mentales pures qui interfèrent avec la vision directe de la réalité. Dès que
ceci est vu la construction s’effondre, la vision s’éclaire, intense, totalement transparente
retrouvant la simplicité et la beauté fondamentale de la réalité.
À chaque instant les constructions du mental peuvent être révélées. Toutes les interprétations
de la réalité sont vues pour ce qu'elles sont, et ainsi abandonnées.
Les mots
Dans le vécu direct, le mot est une vibration véhiculée par sa forme qui attire l’attention
consciente vers ce qu’il désigne. L’attention peut alors se diriger vers deux sortes « d’endroits
». Le premier réflexe est de se diriger vers la pensée mémoire d’un ancien vécu direct. Dans
ce cas, le concept reste dans le domaine de la pensée donc de l’imaginaire. La deuxième
possibilité est de se diriger vers l’expérience directe de ce qui est désigné. Dans ce cas le
concept est au service du réel.
TORPEUR 2016
Après le sommeil profond émerge le rêve. En fait le rêve qui est du pur mental a exactement le
même goût que la torpeur
De même, lorsque « l’on pense » cela donne l’impression de dormir, même goût que la torpeur
du sommeil profond. C’est cela qui fait dire l’impression de ne pas être présent.
La « sensation » de présence est pleinement là lorsque le mental est silencieux et que l’instant
présent se goûte clairement. Elle est à son apogée lorsque l’attention est retournée clairement
sur elle-même (conscience) se sachant être.
Quand on confond l’état de torpeur avec la conscience pure c’est-à-dire avec la clarté, le soi, il
s’ensuit tout un système de conséquences :
L’abandon, le lâcher prise est confondu avec la torpeur, c’est-à-dire aveuglement. C’est cela qui
fait dire l’amour est aveugle. C’est cela qui empêche de regarder clairement ce qui se vit, donc
d’être présent à l’expression de l’instant. Il s’ensuit un profond sentiment d’insécurité qui va
générer une posture de recherche vigilante pour voir les dangers éventuels (dus au fait d’être
inconscient et que tout peut arriver alors). Cela fait naître une posture d’observation tendue à la
recherche des dangers donc un voir avec effort qui épuise l’énergie. Cet épuisement à son tour
génère une recherche d’abandon donc d’inconscience. Le cercle vicieux infernal est en place.
La sortie est de réaliser que la pure clarté est ce qui est fondamentalement aimé et non
l’imposture de la torpeur. La dissolution du cercle infernal, au fur et mesure de la clarté qui peut
enfin opérer se produit alors.
Les pensées
La pensée (2012)
La pensée est une perception mais ce n’est pas la seule. Tous les sens donnent lieu aussi
à des perceptions spécifiques.
A travers les conditionnements, la pensée est placée prioritaire par rapport à toutes les
autres perceptions. De ce fait, elle se surimpose aux autres perceptions renforçant l’idée
que ce qu’elle dit est réel.
Si le contenu d’une pensée est vrai, il est non dépendant de la pensée, il fait partie du
vécu, il existe même si la pensée n’est pas là. Il est donc « vérifiable »
Pour voir cela, il suffit de comparer ce que dit la pensée avec ce qui se passe, ce qui est
en dehors de la pensée.
Ainsi, si le contenu ne se retrouve pas quand la pensée n’est pas là, il s’agit d’une
construction uniquement de la pensée, sans autre support, c'est donc un rêve.
Pourquoi ?
La nuit au cours des rêves, c’est le même mental que celui de la journée qui est en action.
Seules les « formes pensées », les contenus de la pensée sont différents mais c’est le
même type de perception.
Le matin, en se réveillant, il est évident que la pensée nocturne était un rêve. De façon
immédiate se reconnaît l’irréalité du contenu de ces pensées c’est-à-dire l’absence de
support vécu au contenu de la pensée nocturne.
Il en est de même avec ce que dit la pensée diurne en l’absence de support vécu.
L’inconsistance du mental
Le mental c’est en fait un concept qui désigne la pensée, son élaboration et les fonctionnalités
d’analyse, comparaison, et tri en inter pensées.
Dans la métaphore du serpent de l’advaita (on croit voir un serpent alors qu’il s’agit d’une
corde) le mental constitue le serpent qui se surimpose à la corde, c’est-à-dire le rêve qui se
surimpose au réel.
Dans l’écoute attentive et fine de ce qui se passe à chaque instant il est possible de repérer
que la pensée apparaît dans un second temps. Il y a en 1 er lieu une immédiateté qui se vit en
direct. Celle-ci dans un second temps devient le « terrain » d’action de la pensée qui
l’interprète, la compare à sa banque de données « mémoire » puis vient comme se surimposer
à elle, uniquement par le fait que l’écoute se déplace sur elle au lieu de rester dans
l’immédiateté non pensée. C’est alors le contenu de la pensée qui devient immédiateté vécue,
sauf que ce vécu-là est une élaboration fictive, construction sans aucun autre support que la
pensée elle-même.
Pour sentir la différence entre le vécu non pensé et le vécu pensée, il suffit d’expérimenter la
différence de vécu entre par exemple la perception en direct de la vue d’un paysage, et la
perception, les yeux fermés, du souvenir du paysage précédemment observé. Rien à voir.
Regardez en direct le corps et regarder la pensée du corps….etc..
En effet, quand l’observation est habitée, la clarté illumine ce qui est. L’illusion immédiatement
reconnue, s’efface ne laissant que ce qui ne peut pas s’effacer : la pure réalité. Ce qui est
reconnu et vu comme faux est la pensée ainsi que toutes les élaborations qui la produisent.
Ceci se fait d’une façon beaucoup plus facile et immédiate, en se réveillant du rêve nocturne
où sans l’ombre d’un doute la plupart du temps il est évident que les pensées de la nuit sont
bien de l’imagination .
Ce qui nous trompe, c’est que dans cette habitude ancrée de surimposer la pensée à toutes
perceptions 1ères, c’est que cette surimposition se fait non seulement à partir des perceptions
sensorielles mais aussi à partir de la perception de la pensée elle-même.
Le type de pensée surimposé est celui qui donne du sens et éventuellement de la valeur à ces
perceptions. La croyance en la signification donnée ainsi qu’en la valeur amène un vécu
ressenti secondaire alternant entre des états de fermeture et des états d’ouverture et ce,
encore une fois, quel que soit le type de perception 1ere. Ainsi tant que ce mécanisme n’a pas
été vu il y a l’impression que tout ce qui est perçu amène ces ressentis « yoyo ». C’est en
réalité le vécu issu de la surimposition.
Lorsque cela est vu, la pensée sens et valeur s’efface et le vécu « yoyo » avec.
Ce qui est alors dévoilé est la vie elle-même, en direct vibration lumière qui se déploie et
danse avec elle-même.
Quand le Silence se met en mots.
Quand on se prend pour un ego, les mots surgissent à partir de cette croyance. Ils sont porteurs
de la vibration étriquée de la limitation et contribuent à nourrir l’illusion du moi.
Lorsque l’intellect est au repos et n’interfère pas avec le vécu direct, les mots surgissent du
Silence, de la lumière du Silence. En cela ils sont porteur du silence lui-même, du parfum de
l’êtreté et ont pouvoir de reconnexion avec ce que l’on est réellement.
La « forme – mot » est en elle-même totalement neutre, une coquille vide, comme toute forme,
toute apparence. Ce qui en fait la qualité c’est l’essence qui la fait naître, l’anime et la fait vivre.
La forme mot est construction du mental, le mental n’est qu’un outil totalement neutre comme
l’atelier qui fabrique une voiture. Ce qui fait toute la différence entre la teuf-teuf et la Rolls-Royce
c’est le commanditaire de la voiture. Dans un cas l’ego commande la teuf-teuf (il ne peut pas
faire autrement car n’en a pas les moyens), dans l’autre cas le commanditaire a tous les moyens
à sa disposition et commande ce qu’il y a de mieux….. ;)
Dans le parcours du chercheur de vérité, on rencontre souvent une réactivité, un rejet du mental
et des mots, du langage. Il y a une quête du silence pour trouver la paix avec confusion entre le
réel et le silence sans bruit. Le véritable Silence coiffe le bruit et l’absence de bruit. Dès lors qu’il
est retrouvé, qu’il y ait ou non du bruit, il est vécu comme trame et source permanente de tout ce
qui est.
Tant que cela n’a pas été vu, le langage est souvent associé au bruit, interprété comme bruit
mental et rejeté avec le mental lui-même, parfois avec violence, comme une nuisance à l’éveil. Il
est interprété comme fruit de la pensée et comme perturbateur, envahisseur, nuisant gravement
à l’être.
En faisant cela, tout est mis dans le même panier : mots égotiques, pensées issues de l’ego et
paroles de Silence, paroles de lumière.
Or les mots issus du Silence sont porteurs de vérité et ont un pouvoir évocateur de celle-ci très
puissant.
Les candidats à l’éveil vont privilégier tout ce qui ne parle pas, musique, danse, expériences
vibratoires, méditations silencieuses, expériences diverses " non-mentales", cherchant d’autres
pointeurs de vérité qui ne fassent pas appel au mental. Très bien. Mais lorsque le vecteur utilisé
demande à être le langage, le fuir, le rejeter va automatiquement couper de soi et réensemencer
la graine de l’ego.
Les mots issus du Silence s’écoutent avec le cœur, avec tout son être, ils s’écoutent comme une
musique, pas avec l’intellect même si celui-ci, occasionnellement interfère en générant quelques
compréhensions ou incompréhensions au passage. Ce ne sont pas vers elles que l’attention doit
se fixer; les remarquer et les laisser aller est la posture la plus juste afin de garder toute
l’attention sur le ressenti et l’écho intérieur généré par l’écoute de ces paroles. C’est alors en
cela que leur fort pouvoir d’évocation de la Réalité qui est, pourra remplir son rôle.
Ces mots et paroles de Silence se révèlent à nous soit par le langage « extérieur » à travers
un maître, un accompagnant, un ami ou même quelqu’un rencontré au hasard mais ils se
révèlent aussi à nous par l’intermédiaire de la pensée. Il importe de savoir discerner quelle est
leur origine: Silence ou ego.
C’est dans l’écoute inconditionnée que cela peut se faire, par le ressenti de cette écoute. Les
mots de Silence n’ont pas de localisation et ils touchent, les mots de l’ego viennent de l’intellect
et font vibrer l’intellect. Cette écoute inconditionnée ne peut se faire bien évidemment que si les
mots écoutés sont acceptés quel qu’ils soient dès le départ. Une posture de rejet de même
qu’une posture qui cherche à comprendre avant tout, place d’office dans une écoute
conditionnée, limitée qui ne pourra que maintenir la suprématie de l’ego et faire rater ce que la
Réalité cherchait à nous dire.
Toute la souffrance vécue vient du fait de croire à du fictif. Il parait donc important dans
l'enquête du soi d'observer la racine de ces fondations, la racine du fictif c'est à dire la
croyance.
De quoi est faite la structure de la croyance, comment cela fonctionne t-il?
Une 1ère constatation qui s'impose c'est que ce qui est vu, observé avec clarté n'est pas cru,
c'est direct, c'est une évidence qui ne peut être remise en doute.
La croyance ne peut donc s’installer que si la vision, l’observation ne sont pas claires.
Il s'ensuit donc que seul ce qui n'est pas vu directement peut donner lieu à une croyance.
On pourrait donc dire aussi que la croyance ne peut s'appliquer qu'à une éventualité, une
hypothèse, une supposition.
Ainsi donc il y a au départ une hypothèse, une supposition non vérifiée c'est à dire non
directement vue.
Lorsque l'hypothèse est crue, un processus se met en place pour la transformer en vérité, en
évidence (car sinon, la croyance finirait par ne plus être crédible et s’éteindrait assez
rapidement). Le processus va donc consister à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires
pour concrétiser la croyance et la rendre visible afin qu'elle devienne évidence. C'est pour cela
que les pensées crues amènent les ressentis et finissent par attirer les événements et actions
dont elles parlent. La croyance précède les faits.
Mais avant cela, qu'est ce qui va faire que cette supposition, cette hypothèse va être crue ou
pas?
Il semble que la supposition va devenir croyance dès lors que suffisamment de preuves pour
l'étayer vont être apportées.
Quelles sont ces preuves?
Multiples, la plupart de ces preuves va être de la nature de la pensée, raisonnements,
comparaisons des données de la mémoire, analyses et conclusions.
En fait, toutes ces preuves s’appuient elles-mêmes sur d’autres croyances. Ces autres
croyances viennent soit des conditionnements, en particulier de l’enfance, soit d’une confiance
que l’on dit à juste titre « aveugle » en ce que disent certaines personnes (parents, éducateurs
etc…). Les conditionnements semblent agir par la répétition quasi non-stop d’une information
qui vient dès lors formater le mental.
Quant à la confiance, elle agit via l’affectif et nul est besoin dans ce cas de répéter
l’information, celle-ci est prise comme argent comptant, impossible à remettre en doute à ce
moment-là et formate de la même façon le mental.
(Je mets à part une autre catégorie de croyances, non concernées par ce qui est écrit au
dessus, celles qui viennent de l’intuition, non raisonnées. La foi, l'intime conviction peuvent se
placer dans ce type de registre.
Dans ce cas, la croyance serait comme un appel de l’être, de la conscience elle-même, à agir
suivant ou à regarder la réalité. Contrairement à précédemment, on pourrait dire que les faits
précèdent ce type de croyances, celles-ci en étant leur écho. Elles concernent un réel non
encore reconnu.)
En fait, quelles que soient les preuves qui génèrent la croyance, celles-ci peuvent être mises
en doute. Toute croyance peut ainsi, tôt ou tard être soumise à l'épreuve du doute et être
confrontée à la vision directe rapport à l’information qu'elle véhicule. Ainsi toute croyance
fondée se transforme en évidence et toute croyance fictive disparait comme neige au soleil.
Les ressentis et vécus issus des croyances fictives disparaissent également quand le réel est
devenu évidence. Si la croyance était en lien avec une évidence (non directement observée
auparavant), le ressenti en lien demeure. En effet dans ce cas, le réel précédait la croyance
alors qu'en cas de fictif c'est la croyance qui précédait une construction de réel (c’est-à-dire le
ressenti et les événements amenant à se faire vivre cette croyance).
Les suppositions et hypothèses n'ont donc aucune réalité. La croyance en elles fait construire
comme un ersatz de réalité
En fait les croyances ne concernent que les pensées. En effet toutes les autres perceptions
sensorielles directes ne sont pas crues elles sont vues, ce sont des évidences. Les pensées
sont également vues "pensées" et cette vision est évidence, il est vu également le contenu en
tant que forme comme évidence. C'est le sens (et la valeur) donné à ce contenu qui, lui, est
postulat et non évidence.
Or ainsi que détaillé dans la rubrique pensée, mémoire, la pensée est faites de formes
conceptuelles et imaginaires qui n'ont aucune correspondance réelle, elles n'en sont au mieux
qu'une pâle reproduction partielle. Croire en une pensée c'est déplacer l'évidence du réel vécu
sur du fictif. C'est déplacer le vu sur le supposé vu, la réalité sur la fiction. Ce déplacement est
la base même du rêve.
Au terme de cette observation, il apparait donc clairement que toute croyance s'adresse à
l’imaginaire de la pensée, c'est un déplacement de l'évidence sur du rêve.
Les croyances font partie du rêve et non de la réalité.
Dans l’investigation où les croyances sont mises en doute, on se rend compte que ce qui
permet de remboîter l’évidence est une épuration du regard de ce qui lui est surimposé par le
rêve, amenant ainsi à retrouver la totale clarté de la pure conscience.
On regarde le film se dérouler sans cesse et l'individu que l'on croit être fait aussi partie du film!
L’identification
Qu’est ce qui fait que l’on s’identifie à des illusions ? Voici les constatations issues de
l’observation.
A partir de l’illimité de la conscience émerge comme un mouvement que l’on pourrait nommer
l’attention. Ce mouvement, cette attention est en réalité comme un bout de conscience, une
focale. C’est ce que l’on peut décrire aussi comme de la conscience qui se met en forme de
focale. C’est la forme que prend cette focale qui fait apparaître la perception c’est-à-dire le
phénoménal. Cette attention, conscience mise en forme est exactement de même nature que
la conscience source. Il y a donc bien identité avec la forme qui est prise, donc bien identité
avec la perception donc bien identité avec le phénoménal.
Ce qui va comme générer le « bug » de la séparation et donc de l’identification à l’individu,
c’est que l’observation reste fixée sur la forme, voire certaines formes en particuliers,
maintenant de ce fait la fixité de l’identité sur une focale au lieu de la laisser être en
mouvement à travers la danse des focales.
Ainsi l’identification erronée à un individu, est juste une fixation d’identité naturelle sur une
forme, focale de conscience qui se maintient alors que toutes les autres identités sont comme
ignorées au sein de l’identité source : la pure conscience.
Il y a 2 films qui se déroulent sans cesse devant l'œil de la conscience que nous sommes:
Le premier film est fait de vision, audition, ressenti etc.., de pensées, de toutes les perceptions
en vécu direct nommées, c’est-à-dire affublées de sens mais non commentées et de toutes les
fonctionnalités qui mettent ceci en mouvement et en interaction. Il est ce qu'on appelle : le
monde, l'univers, l'individu.
Le second film se greffe sur le 1er, comme un parasite, interprétant les perceptions
précédentes étiquetées de sens, en termes de valeurs. Il en résulte des histoires, histoires
souffrantes, imaginées sur la base erronée de la notion d’être un individu séparé.
La désidentification est donc de réaliser qu'il n'y a pas d'histoires, que celles-ci sont juste
imaginaires. Cela se produit avec la mise en évidence que seule la croyance en ce que
racontent les pensées procure la souffrance et que, surtout, ces histoires n'ont aucune réalité
en dehors de la pensée. La pensée psychologique n'est alors plus écoutée.
La désidentification totale du film se produit quand on réalise qu'il n'y a pas d'individu séparé,
qu'en fait il n'y a rien de séparé et que la séparation est issue d'artifices imaginaires au travers
de la fonction mentale qui sépare des formes qui ne le sont pas et qui les remixe entre elles de
façon toute aussi fantaisiste. On réalise que les objets n'ont pas d'existence propre et que tout
ce qui est perçu nommé et interprété est film.
L'identification à la véritable identité peut alors se faire en réalisant que tout ceci est vu,
observé à partir du regard impersonnel d'arrière-plan qui lui ne sépare rien.
En observant ce qui est à partir de cette perspective, on découvre l'unité permanente à tout ce
qui est, le film 1er non nommé n'étant pas autre chose que de la conscience mise en forme.
chaos au cours du détachement
Etape de détachement et de la perte de motivation
C'est en fait le sentiment profond que l'on n'a pas à être investi au film car tout ce qui
appartient au film est géré par le film.
Quand on ressent une déprime ou un rejet de ce qu'on appelle non motivation,
désinvestissement c'est qu'il reste une identification à l'individu et que l'on croit que c'est
l'individu qui est désinvesti, démotivé.
Hors l'individu fait partie du film, il ne peut donc ni être responsable de lui-même ni être
désinvesti. C'est le scénario du film qui le gère et il en est partie intégrante. Qui gère le
scénario ? Qui gère les rêves nocturnes pendant le sommeil ?....C’est la même chose.
Ce n'est pas l'individu qui est désinvesti de sa gestion et de celle du film mais le regard
d'arrière-plan qui ne fait que contempler le film et qui réalise qu’il n’est pas le gestionnaire du
film.
La période « noire » me parait maintenant assez fréquente, c’est l’égo qui cherche à
reparaître, à renaître de ses cendres (tel le phénix) parce que l’insubstantiel de l’être a du mal
à se retrouver sans la peur. Se réaliser est non seulement lâcher l’individu mais c’est aussi
lâcher le monde entier, la substance même du monde : la matérialité…Il n’y a pas que le rêve
de l’individualité il y a aussi le rêve de la matérialité. Sortir du rêve implique tout cela. C’est
plus ou moins facile suivant l’attachement que l’on a à ces croyances.
identification à l'individu
Désolidarisation du film.....
Ce qui est incroyable c’est que cette chose, ce corps-mental que j'appelle moi et bien cette
chose change et quand elle change et que je sens qu’elle change hors de tout contrôle je ne la
reconnais plus, « je » ne "me" reconnais plus dans cette identification. Cela crée une terrible
angoisse : je change sans que je ne puisse rien y faire, je perds les repères du moi connu je
suis comme à géométrie variable sans aucun pouvoir dessus, c’est insupportable et en même
temps….. C’est l’extraordinaire opportunité pour que je me rende compte qu’il est impossible
que je sois cet individu qui change alors que ce n’est pas moi qui le fais changer !
L’identification à l’individu
1er film :
L’histoire de ma vie, c’est à dire tous les scénarii, c’est la base de l’égo psychologique,
l’égo souffrant.
2ème film :
• La séparation artificielle c’est à dire la focalisation de l’attention sur une partie de l’instant ce
qui est appelé le moi. C’est fait de la forme, de l’assemblage artificiel des formes entre elles
créant un schéma (schéma corporel) avec en particulier les perceptions tactiles, ressentis
attribuées spécifiquement (et arbitrairement) au corps « mon corps »
• La temporalité.
En étant très attentif, on remarque que la personne est vraiment une image de personne, que
les images mises bout à bout créent le film qui fait la personne. Que ce film de la personne sur
lequel le regard se fixe si souvent est pâle, très pâle par rapport à la réalité du vécu direct. Cette
pâleur se retrouve dans le rêve nocturne. C’est cela qui permet de réaliser que cette
surimposition de ce film de la personne dans l’attention du vécu direct, est un rêve, un rêve de
soi : conscience, en tant que moi : personne.
En voyant que la temporalité n’existe pas, que c’est une construction imaginée qui lie
artificiellement les instants entre eux, plus rien du film de l’imagination ne peut être cru. C’est la
fin du rêve d’individualité et aussi la fin du rêve d’un monde, d’un univers, de la matérialité.
L’instant est reconnu, c’est ce qui est, pure conscience qui chatoie en mise en forme ou pas.
L'idée mentale est qu'il existe un moi qui pense, qui perçoit et qui est conscient. L'exploration de
ceci dans l'expérience directe montre tout l'inverse
La personne avec laquelle "je me" confond est faite uniquement de perceptions. A chaque
instant il est possible de le vérifier. Le moi est totalement perçu sous forme de sensation (tactile
surtout) et d'image mentale
En revanche ce qui est conscient, présent ne peut ni se sentir ni se penser, bref ni se percevoir.
La confusion se fait par un amalgame dans l'idée entre cette présence consciente, vivante et un
type particulier de perception: celui qui est attribué au moi.
L'ATTACHEMENT A L'EGO
L’attachement à la personnalité, au moi-je, à l’ego est en fait essentiellement l’attachement au
ressenti.
Le moi semble exister dès lors qu’il y a ressenti, sans ressenti il apparaît mort. Un moi qui a peur
de la mort a en fait peur du non ressenti qui apparaît alors comme un état de torpeur brute c’est-
à-dire anesthésie c’est à dire le factice de l’absence de ressenti qui est en fait un état
parfaitement ressenti d’anesthésie et non pas de non ressenti.
Le ressenti qui est l’interaction d’avec toutes les formes sensorielles (qui sans lui apparaissent
comme vides d’intérêt) joue en fait comme une sorte de contraste entre ouverture fermeture
sorte de témoin d’une expérience pointant vers le soi ou vers le non soi (déni factice de soi,
construction illusoire qui par codage préconçu fait croire en sa possibilité)
Le ressenti occupe donc une place qui paraît centrale dans la manifestation car, par elle, fait
goûter toutes les expressions qualitatives de l’être (joie, beauté, fait d’être, amour etc..).
C’est pourquoi l’identification égotique qui se construit par l’imaginaire de la pensée repose
concrètement sur l’expression sensorielle manifestée du sens tactile (qui au passage donne
aussi l’indication de la matérialité par les formes dures, tendues, résistante) et de façon encore
plus fine sur les formes ressenties de ce sens tactile.
Ce n’est que par une présence-conscience soutenue à ce qui se vit qu’il peut être réalisé que le
soi est, même en absence de ressenti, que ce constat fait vivre la détente ou absence de
ressenti et que c’est cela qui est fondamentalement goûté et aimé.
Surimposition
L’identification erronées au moi n’est pas une identification au véritable corps ou au véritable
mental mais à l’imaginaire du corps, c’est-à-dire au rêve du personnage qui dans ce rêve a un
corps.
Il n’y a qu’à constater ce qui se passe à l’instant. Une sensation est perçue, immédiatement elle
est rattachée à quelque chose, une géographie : un bras, une jambe ou bien un oiseau, une
voiture… En remarquant cela on peut constater qu’il y a derrière les paupières baissées l’image
d’un bras, d’une jambe, d’un oiseau ou d’une voiture qui « circonscrit » artificiellement la
sensation. En ouvrant les yeux, le bras, la jambe, l’oiseau, la voiture, s’ils sont présents, n’ont
absolument rien à voir avec l’image qui était derrière les paupières. Cette image, yeux fermés
est donc bien pure imagination.
Cette mécanique est très rodée et rapide par l’identification erronée de notre nature au rêve de
personne, elle est quasi permanente. C’est cela qui nous fait nous sentir (dans l’identité à un
moi) comme le centre du monde, ou plus exactement le centre du monde perceptif.
Le temps :
Le temps n’existe pas c’est un concept. Le passé fait appel à la mémoire et le futur est une
construction imaginaire à partir du passé. La seule réalité est l’instantané du vécu, en sachant
que même le mot instantané est de trop.
Pour le prouver :
de quoi est fait le vécu, seule réalité ?
De perceptions au sein d’une présence immuable. Ces perceptions sont sensorielles et
mentales.
Déjà en cela il est impossible de percevoir des perceptions passées ou de percevoir des
perceptions futures. Les perceptions ne se passent qu’en instantané.
De quoi est fait le passé ? De souvenirs, de mémoire. Comment sont perçus les souvenirs ?
Les souvenirs sont des formes pensées. Ce qui est donc perçu ce sont les pensées, le
contenu et la forme que la pensée prend. Le passé correspond à l’assemblage de ces formes.
Il ne correspond donc pas à des perceptions sensorielles directes. La seule perception directe
est celle de la pensée et elle est vécue dans le présent.
De quoi est fait le futur ? Là encore, ce qui est perçu directement ce sont les pensées qui
parlent du futur. La perception de la pensée est dans le présent, le contenu de la pensée est la
forme que prend cette pensée. Le futur, correspond à l’assemblage du contenu de ces
pensées. À noter que le contenu des pensées du futur se construit à partir de la mémoire,
donc du passé. Il est donc encore plus illusoire que le passé lui-même.
S’il n’existe ni passé ni futur, on peut donc réaliser que l’instant correspond à l’éternité siège
de l’immuabilité de ce que l’on est et que la forme expressive colore. On pourrait dire qu’à
chaque instant la totalité existe mais que suivant la position de « l’œil » qui le regarde il
apparaît différemment. Ainsi la manifestation apparaît simplement comme un positionnement
de ce regard conscience d’arrière-plan qui fait miroiter certaines facettes du diamant plutôt que
d’autres.
Seul, l’instant est ou atemporalité (2014)
Il n’existe rien d’autre que le seul instant ou moment présent. Tout, absolument tout, ne se
passe que là.
Le passé est pensée. La pensée du passé n’est perçue et ne se vit que dans l’instant.
Le futur est pensée. La pensée du futur n’est perçue et ne se vit que dans l’instant.
Le temps ou continuum horizontal entre le passé et le futur, et dont le présent est au centre de
l'horizontale, n’est qu’un concept artificiel mental qui fait se succéder les instants.
En réalité ce qui se succède ce sont les mémoires des vécus instantanés c’est-à-dire des
reproductions de ces vécus instants. Mais la mémoire est pensée. Il n’y a même pas une
succession de pensée puisque la pensée elle-même ne se vit et se perçoit que dans l’instant.
Le temps est donc une seule pensée faite de reproduction de reproduction de
reproduction….d’un instant vécu : poupées russes de pensées reproduites.
En y regardant encore de plus près, la mémoire non seulement sélective (car ne reproduit
qu’une parcelle du vécu) est également fausse par rapport à l'instant mémorisé car
reproduction (un tableau n’est pas l’original) mais fini par ne s’appuyer que sur une idée que
l’on a de cet instant. C’est-à-dire, elle reproduit une idée de la forme de l’instant et non pas
l'instant lui-même. Autrement dit, il s'agit d'une nouvelle forme d'instant tout à fait inédite,
forme uniquement pensée.
Ce qui ensuite est insufflé à cette nouvelle forme est sens et valeur. Ainsi cette soi-disant
mémoire qui est censée faire revivre un instant vécu dans le passé n’est qu’une nouvelle
forme de l’instant, coquille vide à laquelle sont insufflés un sens : reproduction d’un ancien
instant et une valeur : affect-souvenir, ainsi que cela fonctionne avec toutes formes.
Et bien sûr, tout ceci se produit….à l’instant.
Ainsi on ne peut que constater que la temporalité n’existe pas, qu'elle est fondation au rêve du
monde et de ce que contient le monde, c'est à dire rêve de dualité.
En effet, l'espace se définit par la durée qui sépare un point d'un autre. Pas de durée, pas de
lieu différent.
le monde
Qu'en est-il du monde?
Si l'on fait abstraction de la fonction mentale, de la pensée, on réalise que de la même façon
que pour le corps, la réalité du monde sur le plan perceptif est perceptions sans cesse
changeantes, mouvantes au sein d'un arrière-plan qui perçoit. Que ces perceptions sont
vécues dans l’instant et seulement là. Ainsi si aucune fonctionnalité mentale ne vient
commenter ou interpréter les perceptions, le monde, en réalité, c’est l’instant.
Déc 2015.
A PARTIR DE LA :
Il y a une ÉNORME différence entre les informations qui nous parlent du monde et le monde que
l’on vit !
Le monde qui se vit, déjà ne peut se vivre qu’à l’instant car point de vivre en arriéré ni en différé.
Le monde qui se vit est donc l’instant. L’instant se colore de multiples couleurs qui se vivent au
moment où elles se présentent.
Même lorsque l’on se rappelle via la mémoire les couleurs passées, il reste toujours un fossé
énorme entre ce qui a été réellement vécu et ce qui simplement a été purement informatif. La
différence tient essentiellement à la mise en forme sensorielle et à la réaction face à cette forme
via le ressenti qui ne concerne que la véritable expérience vivante et qui n’existe pas avec le
contenu informatif.
L’expérience du monde qui se vit est en lien avec l’idéation qu’on a de lui , c’est ce qui en fait la
trame.
Le monde « des autres » n’est pas le sien ( les autres= perpectives potentielles ; sien=
perspective dont on fait l’expérience), il correspond à des perspectives différentes.
Le corps, en réalité le senti-ressenti, apparaît comme une sorte de pont avec ce que l’on produit
(le monde –instant) pont fait à la fois d’un rayonnement de cette production mais aussi d’une
interactivité avec elle qui permet ainsi de la réajuster sans cesse.
A partir d’une perspective, il n’est pas possible de vivre conjointement les autres. LA PEUR DU
MONDE (risques qu’il pourrait nous arriver) S’EFFACE. Si on a peur, cela ne peut être que de
rêves, Si notre monde-instant est dysfonctionnel, il nous appartient de regarder notre façon de
voir et ainsi cela se rectifie de soi. Notre monde –instant répond à 100% à ce que l’on porte en
soi qui fait notre perspective. Les informations, c’est-à-dire les autres mondes-instant dont on
entend parler sont des occasions également d’observer en quoi ces perspectives potentielles
(pour soi) peuvent avoir leur place ou pas dans notre propre perspective.
1** je vis en direct un certain nombre de choses, Ex : le petit déjeuner que je prends, le chat
que je caresse, le paysage que je regarde, la chaleur de mon pull sur les épaules, le regard de
ma sœur que je rencontre, etc..)
Puis,
2** je pense ou je lis ou j’écoute la TV ou j’entends quelqu’un me parler…d’autres expériences
ex : ceux qui mangent du foie gras, la guerre la famine, la politique avec les conflits, les
risques des pesticides, ce que va devenir le petit voisin qui a commencé des études, la cousine
qui vient de se faire tatouer.. les enfants qui jouent avec leurs cadeaux de noël, le boulanger qui
fabrique le pain, mon amie qui reçoit sa famille etc…Tout ceci ne se vit qu’à titre d’informations,
je n’en fais en aucune façon l’expérience.
Ainsi la réalité expérientielle du monde à cet instant est 1 (puis 2 en tant qu’informations)
En aucun cas 2 n’appartient à mon champ d’expérience !!! 2 représente au niveau du vécu des
informations qui peuvent être vues comme des potentialités d’expérience selon l’importance que
je leur donne.
Prendre conscience de ceci est une révolution par rapport à la perspective conceptuelle du
mental
En effet
Par ex, même si j’entends que mon pays est en guerre, ceci reste un concept que je ne vivrai
pas si la guerre ne fait pas partie de ma perspective. Même si on me dit que je suis malade, ceci
restera purement conceptuel si la maladie ne fait pas partie de mon champ d’expérience, même
si les autres me jugent malade !
Ainsi les 3 états qui s'alternent en veille, sommeil profond et sommeil avec rêves ne sont qu'une
sorte de cycle décrivant les mouvements et l'arrêt de ces mouvements au sein de la conscience.
Deux états sont expérimentés pendant le sommeil : le sommeil sans rêve et le sommeil avec
rêve. Ce sont 2 états extrêmement intéressants à observer.
1- Lors de la phase du rêve, le mental est actif, les pensées vont bon train et la plupart du
temps (sauf période de stress intense ou lors de cauchemar) il y a un vécu de détente
imperturbable qui assiste à tout ce flot continu de pensées et d’histoires. Preuve, que ce ne
sont pas les pensées elles- mêmes qui sont la source de la souffrance mais bien la posture
que l’on prend face à elles. En effet,
pendant le rêve, on peut réaliser que l’on se sent être un « moi » à qui il arrive plein de
choses. Mais aussi qu’il existe un regard d’arrière-plan, qui lui est invisible et qui observe le
fameux « moi » à qui il arrive toutes ces choses. En observant encore plus en profondeur, cela
semble évident que ce qui observe le moi est plus de notre nature que le « moi » observé. Dès
le réveil, on sent très bien que « le moi » des rêves nocturnes n’a plus aucune réalité, il part
immédiatement en fumée par contre le regard, lui, est toujours là. Le moment d’éveil matinal,
avant que toute la mémoire ne se remette en place est un moment très privilégié pour
observer cela.
Ainsi on peut réaliser que « le moi » qui est observé est un rêve vu par un regard qui lui est
bien réel. On se sent le regard alors qu’on voit « le moi » et ses histoires comme la fiction de
la nuit. Il devient très vite évident qu’on a rêvé de soi pendant cette phase, que « le moi » était
cela.
En extrapolant à la journée, chaque fois que l’on se sent un moi, si l'on se rappelle de cette
observation du « moi » nocturne, il devient aussi évident que le moi diurne est identique au
moi nocturne et donc…que l’on rêve de soi aussi pendant la journée. Ce rêve de soi, c’est
l’ego.
En extrapolant ceci à l’état de veille, on peut remarquer que cette expansion est là aussi la
journée, c’est ce qu’on appelle « ouverture ». C’est à partir d’elle que toutes les perceptions
ont lieu. La différence c’est qu’à travers le mental la perception devient focale, contraction et
synonyme de fermeture. Comme l’attention est la plupart du temps tournée vers la perception
via la pensée, cela explique que l’on se fasse vivre des ressentis de fermeture. Après avoir
réalisé l’expansion qui est la nature même du regard qui se vit pendant la nuit, il peut être plus
facile de s’y intéresser la journée et donc de retrouver l’illimité et la plénitude que nous
sommes.
Ainsi donc l'observation de ce qui se passe pendant les phases du sommeil peut faciliter la
"prise de conscience" de ce qui se vit la journée et donc aider au repositionnement naturel de
l'attention en adéquation avec la réalité de ce que l'on est et non plus avec le rêve,
la mémoire
Qu’est-ce que la mémoire : un assemblage de pensées. (2012)
Pour le trouver :
Il est impossible de mémoriser le vécu direct directement.
Le vécu direct est transformé en vécu imaginaire dans la pensée, souvenir qui n’a que peu de
choses à voir avec la réalité du vécu direct.
Est-ce que c’est vrai ?
Lien entre le vécu direct et sa transformation en souvenir :
Cela demande d’observer chaque sens et sa transformation en sens-souvenir.
Je regarde le chat. Je ferme les yeux et je mémorise le chat observé quelques secondes
auparavant. De quoi est faite cette mémoire, comment apparaît-elle ? Je me rends compte
que l’image mémorisée est beaucoup moins riche que l’image directe. Il y a eu comme un tri
dans la forme. Ce qu'il reste est une image des contours assez grossiers que je pourrais
appeler le schéma corporel du corps du chat ainsi qu’une répartition assez grossière de
couleurs. En revanche ce dont je me rends compte c’est que cette forme mémoire véhicule
une impression de repos, de bien-être du chat qui est en écho direct avec mon ressenti de
repos et de bien-être. Si je rouvre les yeux le détail de l’apparence est beaucoup plus précis et
fin mais il me reste cette même impression de repos et de bien-être qui est également
accentuée par rapport à la mémoire que j’en avais.
Je peux donc dire que dans le souvenir, la forme ainsi que l’impression sous-jacente à la
forme ont une certaine existence mais avec une présence nettement atténuée par rapport à la
perception directe.
On peut donc dire que dans la pensée se construisent des formes, des apparences dont le
rayonnement est très nettement atténué par rapport au vécu perceptif direct.
On peut donc dire qu’il y a la conscience qui rayonne et se projette une première fois dans le
vécu direct à travers les sens et que ceux-ci rayonnent à leur tour en se projetant une seconde
fois à travers les sens souvenirs. Au fil de cette projection le rayonnement s’atténue.
En définitive:
Le vécu direct, non nommé ni interprété ne se mémorise pas, il est sans témoin, il est.
La conscience témoin : origine de la mémoire
À partir d’un vécu direct, la reconnaissance de ce vécu se fait comme par dédoublement de la
conscience c’est-à-dire une projection de celle-ci qui se positionne et prend note de ce qui se
passe. C’est là qu’apparaît le sujet percevant l’objet perçu. On peut aussi appeler ce
mouvement « l’attention ». C’est cette prise de notes du sujet percevant l’objet qui fait
apparaître le premier « je » individualisé, transformant le vécu direct précédent en expérience
de ce « je ». En observant ce mécanisme, on réalise que ce dédoublement du vécu direct en
un objet perçu et un sujet qui perçoit fait le lit de la pensée. Le « je » attention est le
1er mouvement de séparation de conscience. C’est le premier mouvement de création
[Link] se greffe sur le 1er mouvement de projection (l'attention par rapport à la
conscience pure)
Dès lors qu’apparaît ce sujet qui note l’expérience, cette prise de notes s’effectue sous forme
d’une conceptualisation avec mise en mots mais plus souvent, avant même cette
conceptualisation, sous forme d’une mécanique imaginaire sensorielle (images visuelles,
forme auditive, forme olfactive etc.) dérivée de la sensorialité directe mais construite
exactement comme une reproduction de paysage. C’est cela qui crée la mémoire.
L'idée et l'idéation
L’idée est comme un modèle, imagination créée à partir d’un vécu direct, lui-même interprété
puis mémorisé. Il s’agit comme d’une photographie de cet imaginaire qui devient référence.
En cela on ne peut que constater que cet instantanée remodelé par l’interprétation devient
référent uniquement que par la croyance qu’on lui donne. L’idée est une erreur d’appréciation
qui fait prendre cet instantanée construit et mémorisé pour le réel.
L’idée n’est pas perceptible en elle-même, on ne la découvre que lors de sa mise en forme à
travers la pensée qui l’exprime sous forme le plus souvent conceptuelle c’est-à-dire par le
langage.
Comme son nom l’indique, l’idée préconçue devient dès lors le scénario qui se met en forme
pensée et se surimpose à tout vécu direct qui semble en avoir le parfum et c’est cela qui crée
comme un film devant le regard.
Ce sont ces idées que l'on a qui finissent par constituer comme un monde parallèle,
imaginaire, bulle dans laquelle s'enferme chaque idée d’égo. L'idée, non pensée, peut être ce
que l'on appelle inconscient.
De la matière à l’immatériel
Toute la question centrale est là, celle qui est la pierre d’achoppement de l’édifice de la
séparation, de la dualité, de l’ego en particulier.
Dans le monde illusoire de la dualité on part du principe qu’il existe des objets en dehors de la
conscience, objets qui ont une réalité propre. En regardant cela de près, rien, absolument rien
n’est là pour le prouver, il ne s’agit que d’une spéculation issue de l’imaginaire mental. Que ce
soit la science ou l’investigation du réel, tout prouve le contraire.
Le sens du moi part de ce crédo erroné. Comment un individu pourrait-il vraiment exister par
lui-même puisque tout concoure à prouver qu’il n’existe aucune chose matérielle séparée.
La seule réalité évidente est, que ce qui existe est pure conscience au sein de laquelle
émergent toutes les perceptions ou formes ou apparences qui ne sont en fait que des reflets
d’elle-même. C’est cela que nous sommes !
Les apparences sont des formes: formes visuelles, formes sonores, formes pensées etc...En
fait toute sensation perçue est une forme perçue. Toute perception est une forme.
Si l'on regarde l'image de cette façon rien ne se lève en soi, l'état intérieur reste identique à
lui-même, pas de ressenti particulier, pas de vitalité particulière encore moins de sentiment ou
d'émotion. En résumé, ça ne fait "ni chaud ni froid"!
Ce qui va tout changer dans le vécu c'est ce qu'on insuffle à cette apparence.
A un moment cela va être la beauté, à un autre l'immensité, à un autre le banal, à un autre
l'inconfort etc... On donne du sens et de la valeur à cette apparence. Dès lors un
retentissement immédiat dans le ressenti se fait : ressenti d'ouverture pour les caractères en
reflet direct de ce que l'on est, ressenti de fermeture pour les reflets opposés. On dira des 1ers
qu'ils nourrissent et des seconds qu'ils ferment et font souffrir.
Il en est de même pour toutes les formes perçues, même les pensées.
En elles-mêmes, les pensées sont de simples formes : soit langage (formes visuelles et
sonores des mots) soit imaginaires sensoriels (ce qui revient au même que les sens dits
physiques en terme de forme). Sans signification ou valeur données à celles-ci, les pensées
n'ont aucun retentissement sur le vécu. C'est le sens et la valeur donnés qui comme pour la
vision produisent cet effet yoyo du ressenti entre ouverture et fermeture.
En réalité ce qui se passe vraiment pour toute perception c'est l'étiquetage mental en terme de
signification et valeur de toute perception qui va produire ces alternances de ressentis qu'on
appelle expériences de la vie (et que l'on confond bien souvent avec la vie elle-même)
Tout ceci est le composant fondamental des rêves développés à partir de la vie ; les rêves,
c'est à dire la vie "pensée" et non vécue en direct.
La sortie du rêve se fait quand l’intérêt abandonne non seulement le sens et la valeur donnés
aux formes mais la forme elle-même au profit de l'unité du vécu:
Le sens et la valeur ne sont plus attribués aux perceptions ce qui redonne à l'équanimité des
perceptions toute sa noblesse et ouvre la porte sans contours de la vrai vie.
La forme n'est plus regardée dans son individualité, le sens de la séparation n'est plus
alimenté.
Le vécu résultant est une immédiateté qui se vit à chaque instant dans la totalité de sa
plénitude.
Voie directe
Ce que j'appelle la voie directe, c'est la voie du regard, de l'écoute, de l'observation. C'est la
voie de la contemplation.
Tout "ce qui est" est vu comme une « ainsité » (c'est ainsi) et est donc observé. C'est la voie
de la conscience même.
*se placer d'office au niveau de la conscience et voir de ce point de vue comment est le vécu
ou
*ne plus accorder d'intérêt, de crédit aux pensées qui sont dès lors, négligées. D'abord les
pensées conceptuelles c'est à dire les mots, les phrases puis l'imaginaire sensoriel (images,
sons, odeurs goûts, sensibilité corporelle, imaginés). Cela replace dans l'immédiateté de la
présence et ne fait plus quitter la quiétude.
On se rend compte ensuite que ces 2 voies reviennent au même, seule l'approche a une
légère différence.
La connaissance de soi ou plutôt, devrais-je dire, la reconnaissance de Soi, est l'objectif ultime
de toute quête, le dernier désir qui reste lorsque tous ceux inhérents au monde objectif se sont
éteints.
C'est comme une soif qui se fait de plus en plus impérieuse.
Pourquoi sommes-nous amenés à nous re-connaître? Tout simplement parce qu'il y a
distraction de ce que nous sommes vraiment. Cette distraction fait croire en des illusions qui
sont alors prises pour le réel.
Lorsque l'on regarde à l'intérieur d'une pièce mal éclairée et que l'on voit une forme effrayante,
après avoir réussi à surmonter sa peur, le 1er réflexe que l'on a est celui d'appuyer sur
l'interrupteur de l'électricité. La lumière efface alors d'un seul coup le leurre et permet de
réaliser que la forme effrayante n'était qu'une projection d'un objet anodin déformée par la
pénombre. Dans ce cas, ce qui permet de rétablir la connaissance de la réalité c'est la lumière
par l'intermédiaire de l'interrupteur.
Dans le cas de la distraction qui génère l'illusion, la lumière s'appelle Conscience et la
conscience se réalise par la reconnaissance de ce que l'on n'est pas. "L'interrupteur" de la
conscience est l'écoute ou observation de ce qui est là.
Il est impossible de décrire, observer ou écouter ce que l'on est. Cette réalité n'est pas
objective, elle est au-delà du mental et ne peut donc pas s'aborder par l'observation directe.
En revanche elle se "dévoile" tout naturellement, dès lors que le faux qui la surimpose
s'efface.
Nous avons tous "l'équipement nécessaire" pour cette exploration, encore faut-il en ressentir
l'impérieux besoin.
Mais dès que c'est chose faîte, cet "équipement" ne va avoir de cesse de se chercher, s'affiner
et se positionner afin de lever les voiles de l'illusion. On peut aussi appeler cet impérieux
besoin: "l'enquête de vérité". Pendant longtemps cette enquête s'est elle-même masquée en
s'appelant quête du bonheur.
L'équipement d'exploration dont je parle peut se nommer "conscience -témoin". On peut aussi
lui donner de nombreux noms tels qu'écoute, observation, conscience de ce qui est, regard
d'arrière-plan, contemplation, présence, etc...J'utilise écoute-observation indifféremment pour
la nommer mais vous pouvez les remplacer par tout autre terme qui vous "interpelle"
davantage.
L'écoute, l'observation se situent au-delà du plan mental car le connaisseur des illusions ne
peut pas être celui-ci puisque c'est du mental que naissent toutes les illusions et donc
l'ignorance.
Lorsque l'enquête de vérité commence, nous partons de là où nous en sommes c'est à dire en
général, d'une écoute-observation conditionnée par l'empreinte du fonctionnement mental.
L'écoute-observation conditionnée présente des caractéristiques tout autres, voire opposées à
celles décrites ci-dessus.
A partir d'une écoute ou observation via le mental, il y a tension, effort, fatigue et celle-ci non
seulement n'amène ni clarté ni libération mais au contraire fait comme "tourner" en rond.
Cette expérience d'écoute ou observation mentale souvent répétitive finie par être comprise
dans son erreur car est, en fait, elle même "vue" par un regard d'arrière-plan . Dès que cela
est intégré, l'écoute-observation se place au bon endroit délaissant son imposteur.
Des "rechutes ont souvent lieu mais petit à petit, l'écoute-observation s'affine, se déleste de
ses poids conditionnés, s'approfondie et se génère elle-même. Elle se rapproche de sa nature
inconditionnée.
On se rend alors compte que sa simple présence rend perceptif, vivant et de plus en plus
conscient. Sous ce regard pénétrant mais non interférant, les choses se déploient, se
dévoilent et se rectifient d'elles-mêmes. Ce regard est auto-suffisant.
A partir de lui, les questions émergent, pointeurs de la réalité et se résolvent d'elles même.
Les discours se dissolvent, les concepts s'évaporent laissant la lumière du vivant et de la
réalité infiltrer de plus en plus les perceptions. A l'ultime, le silence reprend ses droits dans la
plénitude totale d’être, l'écoute-observation est pleinement habitée.
A un moment ou un autre de ce cheminement d'écoute-observation, celle-ci délaisse
progressivement ce qui est écouté-observé pour ne s'intéresser qu'à elle-même.
La conscience abandonne son qualificatif de "témoin".
Elle cherche tout d'abord à se voir à s'écouter. Cela est sans issue.
C'est alors que dans l'abandon de sa propre quête d'unité, la compréhension la saisit, la
compréhension nous saisit: nous sommes cette conscience témoin mais aussi conscience
avec ou sans objet à écouter-observer. Nous sommes en réalité pure conscience. Présente
sans cesse, qui a toujours été, sans début ni fin, sans limite, qui fait vivre toute expérience
sans jamais en être affectée.
S'oublier pour se retrouver est en soi impossible, cela ne peut être fait qu'à partir d'un
personnage au sein du film dont le rôle est de s'identifier à un scénario d'oubli.
On peut remarquer aussi qu'au sein du film tous les personnages (sauf ceux qui sont dits
"éveillés"...) sont affectés par ce même "délire" qui est vécu à partir de cela même qui voit le
film, les personnages et se sait voir.....
Le Regard ne peut pas s’oublier puisqu’il est toujours là regardant le film ou simplement ce qui
est. La nature du Regard est en dehors de l’oubli. L’oubli est vu par le regard.
Voie radicale
**que la pensée, la réflexion, les perceptions sont les attributs et les fonctionnalités qui
appartiennent à l'individu, que cet individu appartient lui-même au film de la vie qui se déroule
devant l'œil du regard ou conscience et que c'est le film qui gère l'individu comme tout ce qu'il
contient.
**Que soi même voyons le film, l'individu et les attributs de l'individu, voyons les mouvements
et les changements gérés par le film ce qui implique donc que nous sommes identiques à
l'œil du regard
Ainsi, en ce moment même, Dayana qui écrit ces mots et phrases est individu au sein du film,
gérée par le film, et observée par moi c'est à dire conscience. Et vous qui lisez ces mots et
phrases êtes individus au sein du film, gérés par le film et observés par vous c'est à dire
conscience.
Rigolo, pas vrai, 2 individus mais une seule et unique conscience !
A noter que tout ce qui est perceptif est géré par le film et que celui-ci s'écrit à chaque instant.
RELATION OU EN COMMUNION ?
Porter le regard sur la relation c’est entrer dans le monde des apparences et des jeux de rôle.
C’est comme fixer son attention sur les nuages, les étoiles et oublier qu’il y a le ciel.
Quand on se vit comme élément d’une relation cela met en jeu immédiatement les
conditionnements appris depuis la plus tendre enfance, conditionnements de se comporter,
d’agir et de se positionner dans un cadre comme dans un film. C’est un véritable scénario, écrit
par un réalisateur qui s’appelle les autres (parents, professeurs société etc…) eux-mêmes
appartenant à un film. Le vécu qui en découle est agitation, stress, chaos.
En positionnant le regard sur l’être (présence), tout est vu comme partie intégrante de l’être
(présence) et le film se déroule dans son apparence suivant son propre fait, il n’y a plus de
conditionnement individuel, le Réalisateur est la Création elle-même. Le vécu est tranquillité et
joie simple.
Ainsi, il n’y a pas de relation entre les individus mais communion qui rayonne d’elle-même.
L’autre ?
Tout est Moi qui se rêve en forme de « moi », ou de « l’autre » ou « du monde » ou de « l’arbre »
etc…
Dans le rêve toutes les formes sont vues comme séparées les unes des autres, indépendantes
les unes des autres.
Dans la réalité toutes ces formes sont des parts de soi, sont soi.
pratiques
Un message: doutez de vos pensées!
Une pratique des plus radicales que je connaisse est celle de remettre en question les
pensées, toutes les pensées.
Un message d'entrée: doutez des pensées qui se présentent!, de toutes les pensées.
Toutes les pensées crues se surimposent à la vision 1ère. L'attention, au lieu de rester dans la
fluidité de la perception 1ère, se fige sur le contenu de la pensée créant hallucination.
En termes de progression, je suggère de mettre d'abord en doute les pensées qui parlent,
c'est à dire les mots et phrases qui se disent dans la tête. Cela va déconstruire les histoires.
En second lieu, mettre également en doute les pensées qui ont forme sensorielle: pensées
images, pensées sonores etc...Cela va déconstruire le monde tel qu'on croit le connaître.
L'abandon de l'intérêt à la pensée qui en résulte permet de se réaliser tel que l'on est
vraiment: vie, amour, joie, sérénité, pure conscience, source de tout ce qui est.
être avec ce qui est
31 mars 2012
Chaque fois qu'il y a acceptation de ce qui est, de ce qui se passe en cet instant, la vie circule,
tout se fait dans la fluidité. Ce n'est que la résistance à ce qui est qui amène comme un
blocage de l'énergie présente et génère résistance et donc stress et donc souffrance. Je vois
que ce qui est là en cet instant ne demande rien. Même si la tête a envie de lutter contre cela,
je perçois bien que cette demande du rien demande la reddition totale de la tête.
Comme si la tête pouvait gérer ce processus en cours, c'est ce qu'elle croit. Tant qu'elle croit
cela, elle a un effet bloquant : elle empêche quelque part ce processus. Elle l’empêche
simplement par l'illusion. Ce processus est très exigeant. Il ne tolère aucune intrusion sur son
territoire sacré. Même un simple petit coup d'oeil est de trop. Il demande un abandon total à ce
qui y est. Et il en est ainsi à chaque instant.
Voir
Ne pas chercher à se désidentifier de la personne que l’on se croit être mais juste profiter de
ce « qu’elle est là » pour l’observer et observer ce qui se vit et ce qui se passe. Ce n’est que
par l’observation non impliquée que l’identification erronée sera reconnue et non pas par la
stratégie d’évitement qui part de cette identification illusoire.
Ce n’est pas parce qu’on a l’impression d’observer à partir d’un moi que l’observation non
impliquée est absente. Puisque l’on peut parler de ce que le moi fait dit ou vit c’est que tout
cela est vu et cela ne peut pas être vu par ce moi puisque c’est de lui dont il s’agit. Cela est vu
de l’observation non impliquée toujours présente.
SE METTRE A L’ECOUTE
Se mettre à l’écoute, c’est habiter l’instant présent. L’instant présent est toujours accepté par
notre nature véritable. Si cela n’était pas le cas, il n’existerait pas. Tout ce que nous vivons,
percevons est d’office accepté par ce que nous sommes car sinon nous ne le percevrions pas.
Qu’il y ait des choses perçues ou pas (la perception de l’absence de chose perçue est aussi
une perception) nous le savons par ce champ de conscience que nous sommes. Toute chose
perçue l’est par la conscience que nous sommes. L’aperception est perçue également par la
conscience que nous sommes. Tout ceci se déroule en permanence et est toujours accepté. A
ce niveau, le mot même d’acceptation n’a pas lieu d’être, c’est une évidence, c'est Ainsi.
Ce n’est qu’en seconde main, si l’on peut dire, que le mental s’en mêle et vient faire le tri en
fonction de la base de ses données construites à partir de la mémoire, en j’aime, je n’aime
pas. A partir de ce tri mental se produit soit la crispation de la conscience sur ce qui est classé
en « j’aime », soit l’occultisme de cette même conscience sur le « je n’aime pas » qui dénie ce
qui est. C’est à ce niveau que se passe la non acceptation, au niveau de ce fonctionnement
arbitraire et conceptuel issu de mémoires donc de perceptions qui n’existent plus et qui se
substituent à la vérité de ce qui existe à l’instant. C’est ainsi que s'habite l’illusoire de ce qui
n’est pas au lieu d’habiter ce qui est. Ce déplacement de l'attention est la source de tous les
problèmes.
Se mettre à l’écoute c’est se repositionner d’office dans la réalité de l’instant présent. C’est
remboîter une réalité qui existe de toutes façons. Bien sûr, cette écoute peut être parasitée par
les mécanismes égotiques auxquels on adhère implicitement tant qu’ils n’ont pas été vus mais
dans l’acceptation de cette écoute, petit à petit, tout se dévoile, le faux du réel. D’elle seule
émergent la vision des mécanismes de la personnalité, les façons dont le corps et l’esprit
fonctionnent et le sentiment petit à petit de se sentir être davantage le sujet écoutant que ce
qu’il écoute. Les perceptions, aperceptions se déroulent inlassablement dans l’écoute
révélant la plénitude de chaque instant. Petit à petit l’habitude de porter l’attention sur les
seules pensées se relâche, l’ouverture de l’écoute s’agrandie, les barrières dedans-dehors
disparaissent ainsi que le sentiment de séparation. A l’ultime, l’attention se détache des
perceptions pour se réaliser elle-même se retrouvant source de tout ce qui est, présence,
conscience, amour, unité, silence, paix.
Seul le point de vue change tout! (2012)
Qu'on l'appelle Source, Dieu, Cela, le Soi, Essence, Conscience etc...Il ne s'agit que d'une
approche permettant peut être de guider l’attention dans cette direction et pas plus. En effet
rien que d'en parler, conceptualise ce dont il s'agit, met une limitation, transforme l'indicible en
objet.
A ce "niveau" il est impossible de définir ou de connaître ce dont il s'agit, c'est en amont (cela
qui contient) de tout ce qui est objectif (le contenu) et donc non objectivable.
Tout ce que l'on en dira ne peut donc qu'être faux mais peut parfois interpeller au changement
de point de vue..
Par commodité, je vais nommer cela conscience ou champ de conscience.
Les objets correspondent à toute la création. On peut donner la définition du mot objet à tout
ce qui peut être vu et décrit (un arbre, un animal, la nature, un son une odeur, une couleur,
l'énergie, un sentiment, une émotion, une pensée, le corps, le mental etc...).
Ainsi, l'on peut dire que l'expérience de la vie que nous faisons en tant qu'être humain se
déroule tel un spectacle à partir de l'incréé qui s'exprime dans le créé ;
ou autrement dit, à partir de la Source non manifestée qui s'objective dans la création,
ou encore, à partir de la conscience de laquelle émerge toute création,
ou aussi, à partir du "Contenant" duquel émerge le "contenu".
Ce qui se passe pour la majorité de l'humanité c'est que cette conscience se fige, s'hypnotise
sur le contenu. Elle regarde tellement sa création, les objets de création qu'elle se confond
avec eux et oublie donc qu'elle est le Sujet et non pas l'objet.
Tout cela peut paraître bien théorique, encore conceptuel si la compréhension n'est
qu'intellectuelle.
En réalité il s'agit non pas de le comprendre (même si cela peut être une étape préliminaire)
mais de le vivre. Pour ce faire, le point de vue doit se déplacer. Ce déplacement ne peut, bien
sûr, pas être en lien avec la volonté. C'est plutôt un déclic qui arrive ou bien une évidence
intime qui se présente au cours d'une méditation ou tout autre moment où le mental est au
repos et la présence vive, permettant à la conscience de se désidentifier de l'objet et de se
retourner sur elle-même.
En fait, à chaque instant, tous, nous sommes cela. Pas besoin d'avoir fait des années de
pratique quelles qu’elles soient, nous avons tous ce champ de conscience à l'intérieur duquel
sont perçues les formes de création. Ainsi, que l'on soit en train de vivre un repas en famille,
de travailler au bureau, de participer à un meeting politique, de faire un voyage à l'étranger
etc.. Cela se fait toujours à partir de ce qui est en amont c'est à dire de "notre" champ de
conscience. En effet ce qui voit ou entend par exemple, c'est le corps par le biais des sens de
la vue et de l'audition. Mais la perception sensorielle est au-delà des sens. Pour que la
sensation ait une existence pour soi elle doit être perçue. Il doit y avoir conscience de la
sensation.
Tout ce qui existe objectivement pour soi, c'est ce qui est dans le champ de conscience. Dès
que la conscience se détourne de quelque chose cette chose n'existe alors plus pour elle.
On peut aussi dire que nous faisons l'expérience de l'objectif uniquement par la perception
que nous en avons via les sens corporels. Sans le sensoriel et sans la perception du sensoriel
que reste-t-il de l'objectif?
En réalisant ceci, nous pouvons constater que le contenu de notre champ de conscience est
en perpétuel changement. A chaque instant il est différent. En revanche ce qui ne change pas,
qui est immuable, inaltéré par ce qui est vu, c'est justement le champ de conscience, la faculté
de "voir, écouter" le contenu quel qu'il soit.
Ainsi que l'on vive un moment de grâce devant un beau paysage ou que l'on soit témoin d'une
scène d'horreur, par exemple, la faculté de percevoir cela et donc de le rendre vivant pour soi,
est la même. La réalité de ces vécus très différents dans leur forme n'existe qu'à partir de
cette faculté de perception consciente, neutre, d'amont.
Du point de vue du champ de conscience, le contenu est le spectacle de la vie. Peu importe
de quoi est fait ce spectacle. Lorsque le point de vue passe au niveau du contenu, la
conscience se perd et s'identifie au spectacle faisant naître obligatoirement un vécu de
séparation (apparition du moi) et donc de souffrance. Cela induit l'apparition de la quête du
retour à la source. L'absurdité c'est que cette quête originelle (toutes les quêtes en dérivent)
s'oriente sur les objets (contenu) au lieu de revenir au Sujet. L'unité ne pourra jamais se
trouver dans l'univers des objets qui sont par définition limités et font partie du rêve de dualité.
L'unité n'existe que dans la source originelle, la conscience indicible, inconnaissable. Lorsque
la compréhension intime de ceci arrive, la conscience revient à elle-même, elle se sait être et
de là plus aucune quête ne persiste.
Il est possible de reconnaître cela à chaque instant, en réalisant que ce qui est vécu se fait à
partir du champ de conscience, faculté à percevoir les choses et donc à les faire exister.
Chaque fois que l’attention s’intéresse et donc revient à ce champ de conscience, il se produit
une désidentification du contenu et un vécu de complétude où plus aucune quête ne persiste
et où chaque instant se suffit à lui-même.
L'expérience de ce qui perçoit va ramener la conscience à elle-même faisant changer de
point de vue en ramenant à la réalité. La conscience est consciente du champ de conscience.
Elle ne peut le décrire ni en parler car il ne s'agit pas, encore une fois, d'un objet mais d'un
vécu qui se sait être. C'est la conscience d'êtreté.
De ce point de vue, le spectacle de la vie continue que ce soit dans un fonctionnement ou un
autre (fluide ou conditionné) cela n'a aucune importance. Paradoxalement c'est lorsque que
tout contenu devient accepté, du fait de ce repositionnement au niveau de sa vraie nature,
que la vie est comme rendue à elle-même et que les choses deviennent plus harmonieuses et
fluides.
Quand la conscience est figée sur son contenu, elle y est identifiée et le vécu est un vécu de
séparation donc générateur de souffrance.
Quand la conscience est renvoyée à elle-même, quel que soit le contenu de son champ
d'expérience il est accueilli et observé dans un total détachement lui rendant donc sa fluidité
naturelle. Le vécu est alors quiétude, complétude et joie et simplicité d'être.
L'accès à cela est possible à chaque instant, si le regard s'y intéresse, en prenant conscience
du "champ de conscience" qui accueille et fait vivre de par sa nature consciente tout le
contenu objectif du spectacle de la vie.
Ce que nous sommes est tellement évident que nous ne le voyons pas! C'est là, à chaque
instant, sans discontinuité. Comment pourrait-il en être autrement puisqu'il s'agit de notre
nature fondamentale? Bien souvent dans la recherche spirituelle on a l'impression qu'il s'agit
de quelque chose de si loin de soi ... Voyons l'erreur!..
Tout ce qui existe ne peut exister que par la conscience que nous en avons.
La conscience est la trame de fond permanente immuable de laquelle tout émerge et tout
retourne.
Elle est notre réalité, que nous le sachions ou pas. Elle est indescriptible et indicible (la
nommer ne permet que de pointer sa direction) mais se sait être. Ce qui en parle le mieux...
C'est le silence
En fait, le langage, les mots sont des "messagers " via le mental et ne font que conceptualiser
le vécu. Quand on reste focalisé sur les mots on ne peut que rester dans le rêve. Pour revenir
à la réalité vivante il importe de regarder comment le mot se vit en soi.
Revenir au vécu, c'est porter l'attention sur les sensations et le ressenti. A ce moment-là, la
sensibilité corporelle devient habitée au détriment du conceptuel alors délaissé. Dans cette
attention, l'instant présent devient vivant, habité.
On se rend compte que toute chose, quelle qu'elle soit (animal, végétal, minéral, pensée,
émotion, sensation..) est perçue et en cela est "objet de perception". Est objet (objectif) tout ce
qui est vu et peut donc être décrit.
L'objet de perception est une réalité relative car impermanente mais au moment de son
"existence" il l'est grâce à la perception. La perception de l'objet se fait par la conscience.
Ainsi l'objet n'existe que parce que l'on en a conscience. Remarquons que la seule et unique
connaissance de l'objet n'est que la conscience que l'on en a. On prend souvent comme réelle
l'idée (concept) que l'on a de l'objet, alors que la réalité de l'objet est le vécu qui découle de la
conscience de celui ci. L'objet en tant que tel (concept) n'existe pas, seule la conscience du
vécu existe à l’instant.
Ainsi, on peut résumer ce que nous sommes tous : Cela, conscience, permanence, contenant
illimité d'où émerge et fait vivre le contenu ou spectacle de la vie, impermanent et phénoménal
limité.
L'attention (ou conscience focalisée) a une espèce de fascination pour l'objectif impermanent
et en particulier pour le contenu mental (pensées) et oublie sa nature d'amont illimitée,
permanente.
En déplaçant l'observation naturelle du contenu mental vers une relation directe à l'objet hors
contenu mental c'est à dire vers la perception directe non nommée, non commentée de l’objet,
une bascule peut la saisir et la retourner à 180°sur elle-même. L’intérêt se déplace de lui-
même de l’objet à ce qui l’observe. Dès lors l'identité de ce que nous sommes est ramenée à
la conscience elle-même et non plus à ce qui était perçu en amont d'elle.
Le fil d'Ariane
*ce n'est pas l'individu qui est responsable de ses actes mais les actes qui façonnent l'individu
ou autrement dit, ce n'est pas l'individu qui agit mais l'agir qui prend la forme d'un individu
agissant.
*Les sens ne sont pas contenus dans le corps, c'est le corps qui est contenu dans les sens.
*la conscience n'est pas dans l'individu, c'est l'individu qui est dans la conscience
*Le monde (ou l'individu) n'est pas conscient c'est la conscience qui se met en forme monde
(ou en forme d'individu)
* le monde n'est pas une succession d'instant, ce sont les instants qui sont une succession de
monde
* ce n'est pas le monde (ou l’individu) qui crée les formes mais les formes qui créent le monde
(ou l'individu)
*le paysage n'existe pas avant moi, c'est moi qui projette le paysage
*je ne suis pas contenu dans le monde mais c'est le monde qui est contenu en moi ou dit
autrement mais de façon synonyme: la conscience n'est pas contenue dans le monde mais
c'est le monde qui est contenu en elle.
*ce n'est pas l'oeil qui voit mais la vision qui se met en forme d'oeil.
*ce n'est pas le monde qui retentit sur moi mais moi qui retentit sur le monde. Le monde ne
m'influence pas c'est moi qui le façonne car il est le reflet exact de mes croyances. Ce n'est
pas le monde qui me fait mais moi qui fais le monde
Ce que je crois fabrique un individu nommé moi et son monde, sa vie à chaque instant dans le
film
*je ne suis pas dans le film, je fabrique le film à partir de ce que je regarde « intérieurement »
*ce n'est pas la personne qui rêve mais le rêve qui crée la personne.
*ce n'est pas l'individu qui s'éveille à la conscience mais la conscience qui s'éveille de
l'individu
*ce n'est pas l'individu qui disparait mais la réalisation qu'il n'a jamais existé
à suivre
La conscience
Conscience témoin
Elle est comme le 1er dédoublement de la conscience. Elle est le sujet ultime qui perçoit. Ce
n'est bien sûr pas un individu, une créature consciente qui voit. C'est le regard lui-même. On
pourrait presque dire c'est la qualité "regard" de la conscience.
Elle voit tout ce qui est, elle contemple toute la manifestation dans une impartialité totale sans
choix ni opinion.
Ainsi, on pourrait dire à ce stade, que tout ce qu'elle voit ne peut être elle, sujet qui voit.
Elle est attention.
Elle est de même nature que la pure conscience, sans substance, présence, accueil, donnant
vie à ce qui est vu, silence, disponible sans discontinuité, sans effort .... Elle n'est en rien
affectée par ce qu'elle observe.
La vision, l'écoute, l'observation sont synonymes.
Impossible de la saisir, de la voir de la toucher mais on la sait vie, présence, "en action".
Parler de conscience témoin est en fait une séparation illusoire de la pure conscience mais qui
permet comme de mieux la reconnaître. Elle est la conscience pure qui se sait être l’instant, la
mise en forme de l’instant, et se constate en tant que telle. C’est finalement la pensée de la
conscience mise en forme qui se reconnait comme ayant vu la forme.
En effet, en regardant de plus près encore, sans jamais la voir on réalise qu'il n'y a aucune
différence entre la nature pure conscience et la conscience témoin, la conscience témoin
semble prolonger la pure conscience mais c'est encore une vue de l'esprit.
Il n'y a finalement pas de conscience témoin, dès lors qu'aucune pensée ne vient interférer
avec ce qui se passe vraiment. La conscience témoin est conscience pure mise en forme de
témoin par la pensée mais sans aucun changement de sa nature originelle.
"Effondrement de la conscience témoin"
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Il y a vision: la vision est impersonnelle, elle ne peut se saisir, elle est directe sans affect, sans
choix, sans jugement ni complaisance.
L'écoute, elle aussi, est impersonnelle, elle ne peut se saisir, elle est directe sans affect, sans
choix, sans jugement ni complaisance.
Il y a l'attention, toujours impersonnelle, elle ne peut se saisir, elle est directe sans affect, sans
choix, sans jugement ni complaisance.
L'observation est impersonnelle, elle ne peut se saisir, elle est directe sans affect, sans choix,
sans jugement ni complaisance.
La contemplation est impersonnelle, elle ne peut se saisir, elle est directe sans affect, sans
choix, sans jugement ni complaisance.
La présence est toujours impersonnelle, elle ne peut se saisir, elle est directe sans affect, sans
choix, sans jugement ni complaisance.
Être est impersonnel, ne peut se saisir, et est direct, sans affect, sans choix, sans jugement ni
complaisance.
La conscience est impersonnelle, elle ne peut se saisir, elle est directe sans affect, sans choix,
sans jugement ni complaisance.
Ce qui est, est impersonnel, ne peut se saisir, est direct sans affect, sans choix, sans jugement
ni complaisance.
etc....
La solitude
Le vécu solitude est ce qui se vit à chaque instant, ce qui se vit, vit à chaque instant, que
l'individu soit seul ou qu'il soit en compagnie d'autres congénères. La multiplicité des formes
se vit sans cesse à partir de la solitude que l'on est.
Naissance du 2
C’est le sens et la valeur, donnés aux perceptions qui créent artificiellement un monde auquel
on croit et auquel on s’identifie.
Le sens et la valeur donnés aux perceptions se font par l’intermédiaire de la pensée.
Tout d’abord se crée le sens c’est-à-dire signification : c’est un étiquetage de ce qui est perçu.
Cet étiquetage va intéresser des formes sensorielles qui artificiellement sont séparées de leur
champ perceptif global : séparation du champ perceptif conscient, séparation des champs
sensoriels spécifiques, formes visuelles, formes sonores, formes tactiles, etc..
Puis en second lieu étiquetage de « packs » de formes assemblées artificiellement entre elles
via la pensée créant des pseudos objets matériels auxquels on finit par croire « dur comme
fer »
C’est l’ancrage du sens de la séparation à travers le mental : le monde est créé.
En second temps (mais qui va très vite après le sens donné, c’est une valeur qui est donnée
aux étiquetages. Le bon/le mal, le mieux/le moins bien, le beau/le laid, le +/ le moins etc…
apparaissent amenant l’idée du choix, le plaisir et le déplaisir, le j’aime/je n’aime pas. Cela se
fait à partir des expériences perçues qui sont comparées les unes avec les autres à l’intérieur
d’une banque de donnée qui se garnit au fur et à mesure : la mémoire. A partir de cela, se
crée un vécu particulier autour du ressenti : tension, crispation dans le refus (valeur : mauvais)
et détente dans l’acceptation (valeur : bon). Il s’ensuit sans arrêt une espèce de système
d’accordéon corporel faisant vivre des états d’ouverture (détente) ou fermeture (tensions) en
alternance des valeurs données et qui sont crues.
C’est le vécu caractéristique de l’égo c’est-à-dire de l’histoire d’un moi dans le monde.
*Les rêves du rêveur sont faits de multiples films. Chaque film contient des personnages. Le
rêveur s'identifie à l'un d'eux et crée le personnage opposé à son identification (ex le gentil- le
méchant, le riche- le pauvre, le parent-l’enfant, le patron-l’employé, l'éveillé- le non éveillé,
etc...)
*Le rêveur lui-même est fait de la personnalité, et des caractéristiques de l’individu. C'est
l'identification à l'acteur lui-même qui présente les caractéristiques, qualités que l'on croit être
siennes. C'est l'individu de base du sens de la séparation.
Ce que l'on est se prend pour ça, le film du rêveur est "ma vie" faite de tous les événements,
rencontres, faits observés et que le rêveur s'approprie en les croyant être siens. Le parcours
spirituel en fait partie.
Les 2 films sont hallucination. Mais on peut dire que les rêves du rêveur représentent un degré
hallucinatoire plus profond que le rêveur lui-même dès lors qu'ils sont pris pour le réel.
Voir les personnages du rêveur en tant que tels aboutit à la désidentification des rêves du
rêveur et donc de l'égo psychologique souffrant.
Voir l'appropriation erronée des événements et de la forme individuelle avec ses
caractéristiques aboutit à la désidentification de la personnalité et donc de l'égo total. C'est la
fin du moi, c'est la fin complète de la croyance en la réalité des films
Ces désidentifications laissent comme "un moi" flottant, dépossédé de tout, ni pouvoir, ni
corps, ni film, sans aucun support pour se reconstruire: la fin du film qui s'approche avec la
mort du héros sans même pouvoir pleurer puisque les yeux du héros ont disparu.
Puis dans un jaillissement absolu, la vie est directe, immédiate, dès lors se vivant
totalement,...ainsi qu'il en a toujours été et qu'il en sera toujours, pleinement habitée car tout
rêve a désormais disparu.
Avec le moi naît le monde. Sans le moi reste l’immuable qui se met en forme d’instants.
Le rêve de soi
Le rêve de soi
Tout ce qui est expliqué au dessus va permettre de réaliser que ce pour quoi l’on se prend est
pure fiction.
Pour s’en rendre compte, on peut aussi s’aider de ce que l’on vit la nuit au cours du rêve
nocturne.
La nuit pendant cette phase, on rêve de soi. La plupart du temps quand on a conscience du
rêve (ce qui est plus facile au petit matin juste avant de se réveiller complètement) on se voit
personnage que l’on appelle « moi » en train de faire, vivre plein de choses, d’avoir des
aventures, de penser, de parler, de ressentir etc.. Il y a un dédoublement de soi : une partie
qui fait tout cela et l’autre qui la voit faire. En s’y intéressant il apparait clairement qu’il y a
vision de cette personne qui fait plein de choses sans que ce soit une autre personne qui voit.
Si on s’intéresse à la personne qui fait et vit plein de choses et que l’on prend donc pour soi,
on réalise que cette personne est une image. Cette image est une mémoire sensorielle
visuelle intégrée à tout un imaginaire identique de son environnement. Dans le rêve nocturne,
il devient assez facile de réaliser que tout ce qui existe est une construction imagée, sonore et
autres sensations donc qu’il s’agit de pure imagination.
Ainsi ce que l’on prend pour soi pendant la nuit est une image de soi c’est-à-dire une mémoire
sensorielle c’est-à-dire une forme de pensée. C’est tellement évident que c’est imagination
que dès le réveil, le rêve de soi que l’on vient de faire est oublié. Sauf exception, les histoires
et l’environnement de ce moi fictif est clairement identifié comme irréel. En revanche ce qui
reste car non clairement observé, c’est le moi lui-même, c’est à dire l’image de soi qui va
continuer à être rêvée pendant la journée.
Le moi pour lequel on se prend est juste une image de soi, une pensée image que l’on
regarde chaque fois que l’on se vit en tant qu’individu. Cette image de soi s’approprie le corps
et les pensées. Ainsi ce moi fiction par la croyance qu’il est réel va entrainer dans son rêve
d’histoires à la fois les pensées et à la fois les sensations (directes c’est-à-dire non imaginées)
et c’est cela le summum de l’hallucination, cela qui fait que la conscience s’oublie dans cette
distraction hallucinatoire.
La fin du rêve d’individualité est juste de voir, de réaliser que le moi est une image de soi, donc
juste une pensée qui s’approprie le corps et le mental.
Au passage, on rêve de soi en tant qu’image mais on rêve aussi de l’autre en tant qu’image.
Ni soi, ni l’autre ne sont des images.
projection
Le spectacle et l'instant
Projection
Chère Amie.,
Merci de ce beau message plein d’amour. Je reconnais cette lumière amour que tu rayonnes.
Toi, aussi tu es dans mon cœur.
La Surimposition
Dans ce rêve surimposé, ces histoires surimposées il y a des problèmes. Chercher à résoudre
ces problèmes ne se fait qu’à l’intérieur du film. Ce sont les personnages du film qui cherchent à
le faire. Il est bien évident que rien ne changera vraiment puisque cela reste en circuit fermé et
rêvé. C’est pour cela que le pouvoir personnel ne fonctionne pas. Le pouvoir personnel est rêvé,
il appartient au film.
En revanche il existe un vrai pouvoir, c’est celui du regard.
Voir n’appartient pas au film, il est en dehors. Le film ainsi peut être vu. La preuve en est, on voit
aisément le rêve nocturne.
En s’apercevant à chaque instant de la présence de la pensée, il devient possible pour le regard
de s’en détacher. Cela enlève les lunettes du film laissant la vision se fondre avec le vécu direct,
la réalité de l’instant.
Nous avons tous cette capacité.
Reconnaître de quoi sont faîtes les pensées, permet de reconnaître le rêve et permet de
reconnaître la surimposition du rêve sur l’instant vécu. Les cadres se dissolvent, la vie est.
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le vécu direct
Le langage, les mots ne sont pas la réalité, il s’agit de concepts qui pointent la réalité, c’est-à-
dire qui ont un pouvoir évocateur de cette réalité. Ce pouvoir évocateur ramène alors
l’attention, c’est-à-dire le regard conscient vers cette réalité. Par habitude et conditionnement
l’attention reste figée sur le conceptuel et finit par le prendre pour réel. Il en est de même avec
toutes les pensées images, sonores ou autres sensorielles qui ont même fonction en tant que
métaphore et pouvoir évocateur. Par conditionnement l’attention reste figée sur elles au lieu de
revenir au réel qui est pointé.
Ceci crée donc un monde virtuel totalement mental que l’on prend pour le réel.
Ce n’est qu’en ramenant l’attention sur ce réel que petit à petit l’imposture de ce monde virtuel
apparaît. J’appellerai cette réalité « vécu direct » par opposition au « vécu–pensée », c’est-à-
dire aux concepts et « images mémoire-sensorielle ».
l'instant présent
La vérité de l’instant présent. (2012)
Lorsque l’on se bat avec l’instant présent c’est tout simplement que l’on regarde dans
l’imaginaire de la pensée au lieu de constater simplement la vérité de l’instant présent.
En effet, dire « cela devrait être autrement », c’est ne pas reconnaître que si ce qui est là, est
là, c’est simplement que cela a été d'office accepté puisque perçu, si cela n’avait pas été le
cas, cela ne serait pas là en train de se vivre. En effet, avant de trier et refuser ce qui est, il a
fallu le percevoir, ce n'est qu'en second lieu que le mental intervient avec le rejet.
La réalité de l’instant présent c’est lui-même avec exactement ce qui s’y passe. La réalité n’est
pas ce qui aurait dû ou pu se passer, c’est ce qui s’y passe. Il suffit juste d’ouvrir les yeux.
Se battre avec la réalité ne peut qu'envoyer dans un monde de fantasmes totalement illusoires
et s'empêtrer dans ce mauvais rêve. Cela ne présume en rien de quoi l’instant suivant sera
fait. Chaque instant est totalement neuf, une fraicheur spontanée.
A partir de cette conscience de la réalité il n’y a plus à se plaindre ou se sentir victime de quoi
que ce soit il y a l’expérience de l’instant présent qui se suffit en elle-même, unie à un tout en
adéquation parfaite à l’intelligence de la vie. Celle-ci se vit alors de façon joyeuse et non plus
souffrante.
Le vécu tronqué de l’égo.
L’amour, la joie, la plénitude, l'êtreté, la conscience, la sérénité sont pleinement « vécu » dès
lors que le personnage s’effondre.
Ce n’est pas une faille en lui qui permet à la réalité de s’infiltrer mais uniquement sa disparition
qui permet de retrouver cette réalité toujours présente.
Ceci est une vérité qui se vérifie à chaque instant et non pas dans l’idée d’un continuum.
Il n’y a pas à rechercher un effondrement définitif donc temporel de tous les personnages mais
juste à voir cela à l’instant.
Ainsi par ex si vous sentez et vivez pleinement l’amour ce n’est pas l’autre ou un objet qui en est
la cause mais c’est parce que la personne que vous croyez être a disparue, si vous avez une
prise de conscience ce n’est pas la personne que vous croyez être qui prend conscience mais
c’est juste sa disparition qui a permis de retrouver la clarté, la connaissance que vous êtes. Etc..
Constatez, chaque fois que la joie, la plénitude, la présence, l’amour se vivent pleinement…
c’est tout simplement parce qu’il n’y a personne..
Où se trouve le réel ?
Le vécu direct, c’est l’instant. Cet instant est fait de la conscience et formes jaillissantes, crées
perçues et vécues par elle. Les formes sont exactement de même nature qu’elle, elles sont faîte
de conscience. La seule différence est qu’elles sont simplement en mouvance, changement
perpétuel donc impermanente pour une seule forme, alors que leur nature, elle, est
permanence.
En parallèle, il y a une forme très particulière qui crée comme une reproduction de ce
mouvement expressif de l’instant, c’est la forme du rêve, c’est-à-dire c’est la forme issue du
fonctionnement mental. Cette forme est comme un mime du réel, une forme reproductrice qui
peut surgir à chaque instant. La différence expressive de ces formes avec celles du réel c’est
que toutes les expressions sont imaginées, sont créés à partir de concepts et d’idées et ne sont
pas faîtes de l’essence elle-même comme précédemment. Ces formes pures imaginations sont
vides, elles n’ont rien à voir avec l’essence, elles appartiennent à un film, un rêve. Elles ne sont
pas « habitées ».
Il y a un attrait fort à ces formes mentales. Cet attrait fait que le fonctionnement mental est tant
sollicité que le regard finit comme par occulter la réalité jaillissante au profit de la forme
conceptuelle. C’est cela qui crée le bug de la surimposition du rêve sur le réel.
Si l’attention se libère un tant soit peu de cet attrait hypnotique du rêve, la réalité va pouvoir se
reconnaître.
En effet aucun personnage, aucune personne ne peut vivre le réel, ceci par nature même
puisque ceux-ci ne sont faits que de concepts, de mémoire ou idéation.
Ainsi tout vécu direct n’est réalisable que si la personne n’est pas regardée.
Lorsqu’il y a ressenti, ce n’est pas la personne qui ressent mais la conscience qui perçoit le
ressenti
Lorsqu’il y a vision, audition, olfaction ou toute autre sensation, c’est juste que la personne a
disparu le temps du vécu de la sensation
Lorsqu’il y a ressenti d’une émotion ou d’un sentiment idem, la personne ne peut absolument
pas percevoir cela, c’est juste qu’au moment du ressenti de cela, la personne est absente.
Le moi sent l’amour rayonner, c’est faux, l’amour est vécu dans son rayonnement quand la
personne est effondrée.
Je suis joyeuse, faux la joie se vit quand « je » ne suis plus là
A chaque immédiateté de vécu, il n’y a personne.
La personne comme les personnages ne peuvent et ne pourront jamais sentir, ressentir,
éprouver les expressions de l’amour, la joie, la plénitude, la présence, la conscience, bref de
l’existence. Ils « vivent » de l’imaginaire, du rêve, creux sans substance, sans vie, images de
BD, ou de pellicule de film.
En étant attentif, il se réalise que lorsque le personnage est regardé il n’y a aucun vécu direct,
c’est comme une espèce d’anesthésie générale. Quand tout le vécu direct est habité et reconnu
c’est qu’il n’y a plus personne.
Il y a en finalité une grande surprise, en effet, il devient comme évident que finalement le vécu
direct est bien prédominant à chaque instant car même si on se prend pour quelqu’un tous les
sentis, ressentis, perceptions perçus se font en dehors la personne. L’effondrement de la
personne et du rêve est donc pratiquement toujours présent !
l'ancrage au quotidien
Après la prise de conscience de sa véritable nature, cela s'ancre progressivement au
quotidien.
Il a été vu que « je » ne suis pas la ou les personnes que je croyais être, que ce que « je »
suis est impossible à percevoir ou à penser mais que le « je » auquel j’étais identifié est de
même nature que le « je » du sommeil et est donc un rêve.
Il a été vu que toute chose, toute perception pensées est aussi rêve.
Il se sait que la vie, le vécu direct est ce qui est là, à chaque instant, sans surimposition de
rêve et qu’aucun mot ne pourra jamais le décrire.
Mais……Les habitudes sont si fortes
L’attrait du rêve même s’il a grandement diminué laisse comme des traces qui réembarquent
l’attention à la manière d’un hypnotiseur.
Alors cela vacille entre la vision immédiate et la vision du rêve. L’instant peut encore se vivre
en rêve. Il y a comme une pratique qui se met d’elle-même en place, pratique qui tel un
aiguillon susurre « quelle est la réalité de cet instant ». Cette pratique, à son rythme décolle le
regard figé sur le rêve pour le ramener à l’immédiateté qui se vit et ce de plus en plus
facilement. Le rêve continue mais est vu. L’intérêt au rêve se dissout ainsi que la la fixité puis
l’abandonne totalement…et le rêve s’éteint de lui-même faute de spectateur « bon public »
Témoignage (2012)
Je comprends à partir de ça que c'est le sens du moi qui cherche désespérément encore cette
sensation de joie de vivre qui a été procurée si souvent par la sensation de manque et de
satisfaction du besoin.
En réalité, je vois qu'il est impossible de trouver la véritable joie de vivre en un seul endroit qui
s'appelle sens du moi. La joie de vivre est annulée.
C'est la nature même de la vie d'être joie. C'est synonyme d'amour. Amour, joie c'est la même
chose. Toute la création est cela ; et tant qu'il il y a un sens du moi, ce moi cherche cette
essence de la création à l'intérieur de cette entité qu'il se croit être. Il la cherche
désespérément.
Mais à l'intérieur de cette entité "moi" il n'y a plus rien à satisfaire, comme si tous les besoins
avaient déjà été satisfaits. Tout est comblé, tout est plein ou vide suivant l'endroit où l'on
regarde. Où est la joie?
En réalité, la joie est sans cesse et il suffit de regarder la fleur qui pousse, c'est de la joie, et
on la ressent. Des personnes sont tout excitées à l'idée de pratiquer une activité plaisante. On
peut vivre également leur joie. Je vis leur joie. L'oiseau vole c'est un vol qui est libre plein de
joie, c'est joie. L'air, léger, est joie. Le soleil qui réchauffe la terre, est joie. Les enfants qui
courent de partout, excités, encore joie.
En réalité, la joie est de partout. Peu importe quelle forme elle a, elle est là sans cesse. Il n'y
a pas à la chercher dans un moi séparé, il n'y a pas à la chercher du tout, elle est là. Juste la
voir, la vivre.
C'est l'idée même du moi séparé qui empêche de s’y connecter pleinement. Mais quand le
mental ne s'interpose pas, la joie se vit non-stop, elle est là. Elle fait partie de ce que je suis,
de ce que nous sommes tous.
Nous ressentons sans arrêt ce qui se passe autour de nous parce que nous sommes cela.
Il s'agit simplement d'une délocalisation de la conscience qui s'extirpe de son enveloppe
« sens du moi » pour réaliser qu'il n'y a pas de frontières, pas de barrière avec tout ce qui est.
Elle n'est pas « sens du moi », elle est tout..
Il se vit une plénitude de création, de manifestation, plénitude de vie, de façon très douce sur
ce fond immense abyssal insondable de silence et de quiétude.
Gratitude.
La fin de la dualité
Dès lors que le désintérêt pour la pensée se produit, celle -ci n'est plus crue, plus regardée en
tant que souveraine du vivant.
Il s'ensuit la disparition de la surimposition des pensées sur le perceptif ainsi que la fonction
de projection du mental. De par ces 2 caractéristiques, on réalise alors que non seulement
tout ce qui est, est de même nature mais aussi que l'on est tout ce qui est.
Il n'y a jamais eu deux choses séparées mais une Unité fondamentale qui se vit et se sait
être. Seules les fonctionnalités mentales créent de façon imaginaire, un sens de séparation
par projection partielle et surimposition au réel perceptif c'est à dire au vécu direct.
La dualité qui semble être et se vivre à l'état "humanité" correspond tout simplement au
contenu du film, à un rêve.
Il n'y a pas de monde ni d'individu , il n'y a pas la conscience et la manifestation, il y a être qui se
vit et se sait être, unité absolue et sans contraire.
Êtreté
Être, tout simplement, c'est cela que nous sommes sans cesse, formes ou sans formes," être"
est.
Des myriades de noms lui sont données, des qualificatifs s'essaient à le décrire sans jamais y
parvenir.
Insaisissable comme la vision, le silence, l'écoute, « être » est néanmoins de toutes les
parties, les insufflant, les vivifiant et les anéantissant et cela dans l'éternité de l'instant.
Êtreté, en tant que nom pourrait être le nom donné à tous les noms qui se nomment "Soi"
sans jamais parvenir à l'atteindre.
Êtreté
*Il n’y a jamais de peur avec les faits qui surgissent à l’instant, la peur est issue de la croyance
aux pensées qui extrapolent sur le futur. Ainsi le futur n’existant pas, la peur est un leurre total.
*Il n’y a personne qui gère l’instant, les actes et événements surgissent d’eux même.. Le pouvoir
personnel n’existe pas, seul le soi, l’amour a le vrai pouvoir, celui de sa nature même.
*L’expérience est la seule à se produire, sans personne qui la produise ni regard qui l’observe
au moment où elle se vit. C’est elle qui est présence, conscience, vie, c’est soi.
Cela transcende les états de rêve, de sommeil avec rêve et de sommeil profond car
l’expérience ne s’arrête jamais.
*Il n’y a pas de temporalité, pas d’expérience de début ni de fin; l’instant est l’éternité. La mort
n’existe pas. Elle ne concerne que les aspects des modulations de l’instant qui semblent
disparaître mais pas le vivre de ces modulations.
Les modulations de l’instant sont de simples aspects mais ce qui importe c’est le vécu de ces
modulations. C’est là que règne la métaphore de la corde et du serpent
C’est au cœur de l’expérience vivante que l’on fait sans cesse que toute la réalité de ce qui est,
de ce que l’on est, règne.
Incroyable de simplicité et d’intimité !!!
Sans le reconnaître bien souvent, il s’avère pourtant qu’il est évidence que l’expérience prime
sans commune mesure sur son interprétation ou sa représentation mentale. nous savons tous
au fond de nous que ce qui compte c’est le vécu..
Il suffit de s’y intéresser pour "s’habiter" totalement et en finir avec la souffrance de l’ego
imposture du soi.
"S’habiter" pleinement est simplement reconnaître ce que l’on est sans discontinuité, quelle que
soit la couleur de l’instant.
La conscience
La nature propre de la conscience est toujours la même quel que soit ce qu'elle contemple.
Etre
Innocence
L' innocence est celle de l’instant ou tout jaillit spontanément, sans contrainte, sans référé à
quoique ce soit, c’est-à-dire la fraîcheur inconditionnelle et pure de la modulation de l’instant.
Pour la plupart d'entre nous, l'amour c'est cette sensation de bien-être, de bonheur, de
légèreté, de plénitude que l'on ressent face à certaines circonstances, à certains êtres et qui
nous font dire j'aime cela, je l'aime. Si on fait abstraction de tout ce qui est de l'ordre du besoin
momentanément assouvi et donc de l'attachement (que l'on confond aussi avec de l'amour)
Cette sensation décrite n'est pas l'amour mais simplement une expression de l'amour.
On peut dire: l'amour c'est le don. D'une certaine façon c'est un peu vrai quand il s'agit de don
inconditionnel bien sûr. Mais là encore, il s'agit de la conséquence de l'amour et non pas de
l'amour lui-même.
D'autres diront l'amour c'est recevoir. Recevoir c'est l'accueil, c'est l'acceptation de ce qui est.
De la même façon que le don, c'est un peu vrai mais dans le sens de la conséquence de
l'amour et non pas de la nature même de l'amour.
Donner et recevoir sont les actes implicites de l'amour.
L'amour c'est simplement être. C'est le naturel, c'est tout ce qui est. Il n'y a pas de tralala, pas
de choses extraordinaires inaccessibles, c'est la banalité de chaque instant. Cet état d'être ne
peut être autre chose que de l'amour car l'amour est l'essence même de la création c'est le
"matériau" primordial avec lequel est fait la création. Ainsi dans son état naturel toute création
toute créature est fondamentalement amour.
Alors cette course à trouver l'amour à s'en croire séparé est absurde, elle fait partie du rêve de
l'ego, car non seulement il est impossible d'être séparé de notre nature fondamentale mais en
plus cette nature fondamentale est en tout et partout. Nous baignons dans et sommes amour.
Alors, plutôt que de garder les yeux rivés sur nos scénarios et personnages souffrants
illusoires mettons le regard sur la nature de chaque création à commencer par nous-même et
le manque d'amour apparaitra bientôt comme l'absurde de l'impossibilité.
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On confond la plupart du temps les reflets de l’amour avec l’amour lui-même. Ceci parce que
l’on cherche à le voir, à le percevoir. L’amour est notre essence même et de ce fait il est
impossible de le voir ou le percevoir sans l’objectiver. Objectiver l’amour le dénature, l’amour
objectif n’est plus l’amour il n’en est qu’un reflet.
L’amour ne peut que se reconnaître, se savoir être. Ainsi donner ou recevoir de façon
inconditionnelle procurent une grande joie car ces actions se reconnaissent comme issue de
l’amour et de sa substance même. L’amour en lui-même n’a ni besoin de donner ni besoin de
recevoir, il est la source de tous les dons et tous les accueils. L’amour n’a pas de contraire. La
haine n’est pas l’opposée de l’amour elle est synonyme d’attachement et refus de
détachement. L’indifférence n’est pas le contraire de l’amour, c’est le contraire de l’intérêt.
L’amour est, il ne peut pas en être autrement, il est présence, conscience, paix, simplicité,
êtreté, silence, reconnaissance de lui-même dans ses expressions et en cela, joie.
Présence
Présence,
Etre là, totalement ouvert, conscience sans but,
Une intensité sans matière, qui donne vie à ce qu’elle englobe
Sans condition, sans tri, sans opinion
Une totalité
La présence englobe, soutient, elle est la sécurité ultime sans faille
Elle est sans contraire, ne se définit pas mais se sait être.
Silence
ll y a « un endroit » qui est Silence total. Ce Silence est toujours et se vit en permanence. Il
n'est pas l'opposé du bruit, il contient tout, les sons et l'absence des sons, il en est la trame.
Lorsque le mental se tait il est possible d'en faire la pleine expérience. La plupart du temps,
notre attention se porte sur le monde des pensées qui ne sont que les vaguelettes de l'Océan
de Silence qui est en arrière-plan.
Se reconnecter à ce Silence permet de se retrouver réellement. A partir de l'Océan, les
vaguelettes ont une tout autre saveur.
Le Silence dont il s’agit n’est pas l’opposé du son, ou le synonyme de l’absence, c’est la
nature même de l’être, de la conscience. Ce n’est ni une qualité ni une expérience c’est ce
qu’est l’absence de nous-même en tant que personne mais la présence de soi en tant qu’être.
C’est la trame invisible et immatérielle de tout ce qui est, celle qui donne naissance, soutient et
absorbe toute perception. C’est l’inconnaissable tranquillité absolue.
L'intelligence
L'Intelligence est Conscience, ces mots désignent une seule et unique réalité.
vide et plénitude
Rien à nourrir
Ce matin je réalise qu’avant, les expériences de la vie me nourrissaient. En fait que faisaient-
elles ? Elles me permettaient de toucher un état de plénitude, un état où il n’y a pas de besoin
où tout est là. Cela amenait une sensation de joie, de légèreté, d’ouverture. À l'heure
d'aujourd'hui, les expériences de la vie ne sont plus nourrissantes elles n’apportent plus quoi
que ce soit. A l’intérieur, rien ne change.
En réalité l’état de plénitude que cela pouvait apporter autrefois est en permanence là.
Plénitude ou vide mais c’est un vide sans manque, un vide où il n’y a pas de besoin, un vide
qui n’a pas besoin de se nourrir. En réalité il y a une immense quiétude avec plus rien à
rechercher puisque c’est là.
Ce matin ce que j’ai compris, ce que je réalise, c’est que ce n’est plus la création qui nourrit
quelque chose en soi pour retrouver cet état mais c’est la plénitude qui peut aller nourrir la
création comme si le flux s’était inversé. Je comprends pleinement le sens des mots « il n’y a
pas à agir pour être » agir pour être était la croyance de la phase précédente. Aujourd’hui j’ai
la sensation d’être dans le « être » qui induit l’agir. C’est cette plénitude, ce vide, cette
quiétude totale qui peut s’infiltrer dans la création. Ainsi les actions ou non actions sont issues
de la plénitude alors qu’auparavant elles étaient issues de l’idée du manque ou du besoin.
L'instant
Au cœur de l’instant
Mettre l’attention sur l’instant éprouvé et non plus sur l’instant pensé
Dans la distraction du soi séparé, l’attention reste comme fixée sur la forme.
L’erreur d’appréciation est de croire que c’est la forme qui génère ce qui est essentiel (croire que
c’est l’autre qui apporte l’amour, le paysage qui est paisible, la possession matérielle qui donne
la sécurité, la pensée positive qui génère le bien être, etc…)
La forme seule n’est qu’une apparence, un prétexte à éprouver ou plus exactement elle est la
mise en forme de ce qui s’éprouve.
Ce qui s’éprouve est la réalité de la forme. Omettre cela c’est comme se distraire de «
l’emplacement » exact de la vie. Ne regarder que la forme, c’est habiter un mirage vide, un effet
d’optique inerte. C’est de cela que vient l’impression de ne pas être vraiment vivant.
Tout ce qui est la véritable valeur de cette forme est donc en réalité ce que l’on en éprouve. Ce
que l’on en éprouve est en lien avec l’essence de la forme, avec notre nature même.
Éprouver, vivre, c’est synonyme.
Ainsi, par exemple, que la beauté prenne forme du paysage ou d’un poème qui se lit ou d’une
action désintéressée, ce n’est pas la forme en soi qui importe mais bien la beauté qui se vit
alors. Que l’amour prenne la forme du sourire d’un enfant ou d’une étreinte de son compagnon
ou d’une caresse du vent sur le visage, ce n’est pas la forme qu’il prend qui est importante mais
bien l’amour qui s’éprouve. Etc…
En remontant le fil d’Ariane de notre nature on constate encore …
Qu’éprouver concerne la perception même, par ex ce ne sont pas les formes visuelles qui
comptent mais le voir, ce ne sont pas les sons qui comptent (en dehors de ce qui est éprouvé à
partir d’eux) mais le fait d’entendre. Idem pour le ressenti, le sentir, le goût et la pensée.
Et bien sûr, qu’en finalité éprouver n’est pas la forme sensorielle prise qui compte (en dehors
d’éprouver le voir, l’entendre etc…) mais la faculté de la savoir, de la faire naître, de la connaître,
d’en avoir conscience, de la conscience elle-même.
Il est ainsi reconnu que tout ce qui s’éprouve, absolument tout, est de même nature que la
source ultime, sans forme, aperceptive, ne pouvant ni se voir ni se toucher mais se sachant être.
Il s’agit d’un prolongement d’elle-même ou mieux, d’une modulation d’elle-même qui se colore à
l’infini de la multiplicité de ses expressions.
Le cœur de l’instant est éprouvé, c’est là qu’est le siège de tout ce qui est fondamental, il est
l’être qui se colore à l’infini de tous ses vrais visages.
L'illimité
Notre nature est illimitée. Aucune limite d'aucune sorte, aucune dimension.
C'est l'ouverture suprême. Même ce mot est inadéquat car pour ouvrir il faut des limites.
Les états de ressentis qui alternent entre ouverture et fermeture sont des reflets issus de
l'absence de limite qui s'exprime en état d'ouverture ou état d'absence d'ouverture.
Les états de fermeture sont aussi l'expression de la focalisation. La focalisation est apparition
de limites. C'est aussi comme une contraction de conscience qui se met en forme de focale.
C'est la focale qui fait naître la perception.
On peut réaliser tout cela par exemple en assistant consciemment à l'endormissement. En
effet lors de ce processus, les perceptions corporelles puis mentales se raréfient, s'estompent
progressivement (bien qu'assez vite) laissant la place à un sentiment profond d'expansion qui
se sait.
Ce vécu d'expansion est la porte d'accès à l'illimité de notre nature. Le vivre en toute
conscience fait instantanément disparaître tout besoin, sentiment d'incomplétude de manque
de quelle que sorte que ce soit et vivre la plénitude sans objet.
Vie
On ne peut en décrire que les reflets, les formes qu'elle anime mais la vie elle-même, on la
sait, on la vit sans pouvoir en parler.
Ce que l'on peut aussi constater c'est que les reflets, les expressions de la vie sont issus
directement de soi. Soi bien sûr en tant que regard, conscience, amour etc... et non pas la
forme mentale soi c'est à dire "le moi".
A travers la manifestation il existe une constante que l’on peut ressentir à chaque instant.
Cette constante, difficile voire impossible à décrire est comme faite d’une lumière, d’une force
transparente, d’une intensité, d’une puissance, qui éclairent et animent chaque « objet » de la
manifestation.
Le contraste est particulièrement net avec le passage de l’état de sommeil à l’état de veille.
Cela m’a souvent frappé : cette lumière intense qui contraste entre l’absence de perception et la
présence de perception.
Au moment du rêve nocturne, cette lumière paraît commencer, l’éclairage commence à être
perçu bien que nettement atténué par rapport aux perceptions diurnes.
Cette lumière, n’est pas visible, pas objectivable, elle est en fait toujours là mais ne se perçoit
qu’au travers de ses expressions ou perceptions. Sans perception, elle ne se voit pas mais se
sait être.
En fait cette lumière intense qui éclaire et anime toute perception c’est tout simplement la vie.
Sérénité, paix
L'agitation n'est pas dans la nature de l'être, elle n'est que leurre de mouvements répétitifs et
saccadés au sein même de la quiétude originelle.
L’agitation de l’instant est en lien avec l’agitation mentale
Dès que l’on s’intéresse au Regard, que l’écoute est comme ré-emboîter, la paix, la tranquillité
deviennent le vécu immédiat.
Dieu
Cela est.