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Égalité hommes-femmes selon Olympe de Gouges

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F) Forme du contrat social de l'homme et de la femme

Cette dernière partie prend la forme d’un contrat. L'auteure propose des mesures
concrètes pour améliorer l’institution du mariage. Elle évoque le partage des biens
entre époux en cas de séparation. Elle aborde aussi la question de la protection des
femmes et des enfants dans les cas des naissances hors mariage. Elle n’oublie pas la
protection des « demoiselles trompées », des veuves et des prostituées.
Olympe de Gouges revient également sur la condition des esclaves (qu’elle assimile à
celle des femmes), sur les droits des hommes noirs et sur le mariage des prêtres,
auquel elle est favorable.
Elle poursuit sur l’évocation d’une anecdote qui dénonce la façon dont les femmes
sont traitées.
Alors qu’un cocher essaie de l’escroquer, elle fait appel à un juge. Mais ce dernier,
fortement misogyne, ne prend pas même le temps de l’écouter et donne raison au
cocher.
Le postambule se termine sur un post-scriptim dans lequel Olympe de Gouges se
rejouit de voir que la situation politique de la France s’apaise et semble s’améliorer.

II ) Les thèmes principaux


Cet ouvrage comporte deux thèmes principaux : la dénonciation de la condition des
femmes et le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes.

1. La dénonciation de la condition des femmes

Depuis l’Antiquité, les femmes ont un statut différent de celui des hommes. Olympe de
Gouges dénonce la condition des femmes mais montre qu’elles ont aussi des choses
à se reprocher.
Les droits des femmes n’ont cessé de régresser du Moyen Âge au XIXe siècle.
Destinées au mariage et à la maternité, les femmes n’ont quasiment pas de droits
sociaux et juridiques.

Les femmes sont tout d’abord éloignées de la vie économique. En effet, peu de
professions leur sont ouvertes. Les femmes mariées n’ont le droit ni d’apprendre ni
d’exercer un métier. Elles n’ont donc aucune indépendance financière.
Cela les contraint à rester sous l’autorité de leur père, à se marier ou bien à rentrer
dans les ordres

Les filles ont une éducation très restreinte. On les initie à la lecture, à l’écriture et au
calcul. On leur enseigne comment être de bonnes épouses et de bonnes mères.
Même au sein de leur propre famille, les femmes sont considérées comme des «
domestiques » au même titre que leurs enfants et les serviteurs. Elles n’y ont aucun
droit et sont soumises à l’autorité de leur mari.
Les femmes sont également éloignées de la vie politique. Les deux lois saliques,
forgées au XVe siècle empêchent les femmes d’hériter ou de transmettre la couronne.
Elles ne peuvent donc pas diriger un État. Ces lois prennent toute leur puissance en
1791 car elles sont inscrites dans la première Constitution. Les femmes ne peuvent ni
voter ni être élues.

Enfin, les femmes ne sont pas soumises aux mêmes lois juridiques que les hommes.

Olympe de Gouges dénonce donc la condition dans laquelle les femmes sont
maintenues.
Elles sont perpétuellement soumises à la domination des hommes. Selon elle, leur
fragilité sociale mais aussi financière les met en danger. Elles ne peuvent pas se
défendre contre les hommes qui abusent d’elles car aucune loi ne les protège. Elles
risquent sans arrêt le déshonneur même si elle sont des victimes.
Ainsi, Olympe de Gouges montre que les femmes pauvres, les prostituées, les
veuves, les vieillardes mais aussi les femmes abandonnées sont méprisées et bien
peu considérées. Elles courent même le risque d’être mises au ban de la société.

Les femmes, tout comme les esclaves, sont donc soumises à la tyrannie des
hommes. Mais cela est contre nature. En effet, selon Olympe de Gouges, on
n’observe dans la nature aucune distinction entre les sexes. Seul l’homme opprime le
sexe opposé ou les minorités.

Cependant, elle nuance son propos. Même si les femmes sont victimes de
l’oppression des hommes, elles contribuent à donner une mauvaise image d’elles-
mêmes. Étant privées de leurs droits, certaines d’entre elles jouent de leurs charmes
féminins pour s imposer dans une société patriarcale. Ainsi elles manigance, rusent.
Pour l’auteure, ce comportement est néfaste tant pour l’image que les femmes
donnent d’elles-mêmes que pour l’influence qu’il a sur les gouvernements. Ce pouvoir
qu’elles se donnent par la ruse est la conséquence de leur condition mais, en agissant
ainsi, elles « ont fait plus de mal que de bien ». Et cela n’aide pas à améliorer leur
condition car elles restent les esclaves des hommes.

2. Le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes


Olympe de Gouges souligne le fait que les hommes, grâce à la Révolution française,
ont acquis des droits mais que ce n’est pas le cas des femmes. Elle s’applique donc à
corriger cela.

Tout d’abord, en donnant un aspect légal à son texte puisqu’elle reprend la forme de
la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen et qu’elle emploie tout un
vocabulaire législatif, Olympe de Gouges entend montrer le sérieux de sa démarche
et influer sur la rédaction de la Constitution de 1791.

Pour elle, l’égalité entre les hommes et les femmes ne pourra passer que par un
cadre légal rigoureux. Elle réclame donc que les femmes aient légalement les mêmes
droits que les hommes: liberté d’opinion et d’expression, garantie des droits, égalité
devant l’impôt, garantie de la propriété, accès à l’éducation. Elle souhaite, en somme,
que les hommes et les femmes aient les mêmes libertés et droits fondamentaux.

Pour que l’égalité soit possible, il faut aussi que les femmes ouvrent les yeux sur
l’oppression qu’elles subissent et cessent de se soumettre aux hommes. Ce sont donc
les femmes qui doivent revendiquer l’égalité.

Ce que l’auteure veut avant tout, c’est que les droits des femmes et leur égalité avec
les hommes soient reconnus aussi bien pour leur utilité que pour les bienfaits qu’ils
apporteront à la nation. Elle veut les imposer par la raison et non par la force afin
qu’ils soient les fondements solides d’une nouvelle société. Le combat d’Olympe de
Gouges pour l’égalité entre les hommes et les femmes est donc à la fu combat
féministe et un combat citoyen.

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