Chapitre 1 :
Généralités sur les matériaux
1 Définitions :
1.1 Matériau
D’une manière générale un matériau est la matière utilisée pour réaliser un matériel. Selon
(DUPEUX, 2004); un matériau est la forme marchande d’une matière première choisie en
raison de propriétés d’usage spécifiques et mise en œuvre par des techniques appropriées pour
l’obtention d’un objet de géométrie donnée à fonction préméditée.
1.2 Science des matériaux
La science des matériaux a pour but d’étudier les relations entre les structures et les propriétés
des matériaux.
On définit la structure d’un matériau comme étant la façon dont ses éléments constitutifs sont
organisés quant à la propriété, elle constitue une caractéristique correspondant à l’ampleur et
au type de réactions d’un matériau exposé à un agent extérieur déterminé (CALLISTER,
2001). Cette science est pluridisciplinaire (chimie, physique, sciences de base), elle est
complétée par le génie des matériaux.
1.3 Génie des matériaux
Le génie des matériaux est basé principalement sur la conception et la mise au point. Ce
dernier utilise les résultats de la science des matériaux pour réaliser un matériau ayant des
propriétés préétablies.
2 Propriétés
Le comportement d’un matériau est caractérisé par sa réaction à une sollicitation. On définit
une propriété comme étant la mesure d’un comportement par un essai. On peut distinguer
trois types de catégories de propriétés selon le type de sollicitations extérieures (Kurz et al.,
1991) :
1
Les propriétés mécaniques qui reflètent le comportement des matériaux déformés par des
systèmes de forces.
Les propriétés physiques qui mesurent le comportement des matériaux soumis à l’action de la
température, des champs électriques ou magnétiques, ou de la lumière.
Les propriétés chimiques qui caractérisent le comportement des matériaux soumis à un
environnement plus ou moins agressif.
3 Classification et nature des matériaux
Les matériaux solides sont répartis, selon leur structure et leur composition chimique, en trois
grands groupes : les métaux, les céramiques et les polymères. Il existe d’autres matériaux dits
d’intermédiaires qui appartiennent, soient aux composites, soient aux semi-conducteurs ou
soient aux biomatériaux.
4 Choix d’un matériau
Le choix d’un matériau repose sur plusieurs critères. La sélection d’un matériau doit se faire
en tenant compte (in Mamlouk et al., 2011) :
• Des facteurs économiques
• Des propriétés mécaniques
• Des propriétés non mécaniques
• De sa production et de sa fonction principale dans la construction
• Des propriétés esthétiques.
5 Cycle des matériaux
2
Elaboration Matériaux Fabrication
Matières
Eléments
1ières
Extraction Recyclage Assemblage
Ressources Produits
Déchets
Figure 1 : Cycle des matériaux
6 Etats physiques des matériaux
L’état physique est déterminé par la balance entre l’énergie de cohésion (rapprochant les
atomes) et l’énergie thermique (tendant à les séparer).
L’énergie thermique Eth qui résulte du mouvement continuel des atomes est proportionnelle à
la température absolue T(K).
Eth = kT
La constante de Boltzmann1 k (égale à 1,381.10-23 JK-1) est le quotient de la constante des gaz
parfaits par le nombre d’Avogadro2.
L’énergie de cohésion peut être définie comme l’énergie qu’il faudrait apporter au système
pour le dissocier en ses éléments constitutifs. Cette énergie est plus élevée pour les corps dont
les éléments constitutifs sont reliés entre eux par des liaisons fortes (métaux, céramiques) que
dans le cas où les éléments constitutifs sont des atomes (gaz) ou molécules (F2, Cl2 …) reliés
entre eux par des liaisons faibles.
1
Ludwig Boltzmann (1844-1906): Physicien Autrichien
2
Amedeo Avogadro (1776-1856) : Physicien et chimiste Italien
3
6.1 Désordre complet : Les gaz
A l’état gazeux, la matière existe sous une forme complètement désordonnée dont la forme
limite est représentée le gaz parfait. Les gaz sont compressibles, et chacune des particules qui
les composent, atomes ou molécules, est en mouvement continuel à cause de l’agitation
thermique. Dans un gaz, le nombre de particules par unité de volume est fonction de la
pression et de la température. Dans un gaz, on ne peut définir une relation d’ordre. La position
d’un atome ou d’une molécule est indépendante d’un autre ou d’une autre molécule prise
comme référence.
6.2 Ordre parfait : Les solides cristallins
Dans un solide cristallin, chaque atome occupe une position entièrement définie dans l’espace
par rapport à ses plus proches voisins mais également par rapport à tous les atomes du cristal,
quelle que soit la distance entre eux.
Dans un cristal parfait ou idéal, l‘arrangement des atomes est régulier et s’étend à une très
longue distance.
Ainsi un cristal est caractérisé par un
arrangement régulier et périodique des
atomes liés entre eux par les forces de
cohésion. C’est ainsi qu’on parle d’ordre
parfait pour les solides cristallins.
La figure 2 représente schématiquement
une portion de cristal cubique simple. Ce
cristal est obtenu en empilant ou en
juxtaposant des cubes ayant tous les
mêmes dimensions.
Figure 2 : Schéma d’un cristal forme d’un empilement de cubes.
6.3 Les liquides et les solides amorphes
L’état amorphe est caractérisé par des atomes placés de façon plus irrégulière dans lesquels on
ne peut construire aucun réseau à distance.
Lorsqu’on examine la structure des liquides par diffraction des rayons X, on constate que les
premiers voisins d’un atome ou d’une molécule occupent une position très proche de celle
4
qu’ils occupent dans le cristal. Par contre, les deuxième et troisième voisins sont déjà moins
bien localisés. Au-delà des troisièmes voisins l’ordre est rapide perturbé : on parle ainsi
d’ordre à courte distance. Il faut noter aussi que la densité des atomes est proche de celle du
cristal.
Une structure amorphe résulte de la présence d’espace vide dont la taille peut atteindre les
dimensions d’un atome.
A la suite de nombreuses études effectuées dans ce domaine, il apparaît que les métaux
amorphes constituent les premiers exemples expérimentaux de solide possédant une structure
du type « assemblage compact désordonné de sphères dures ».
7 Cristallographie
La cristallographie décrit l’architecture des cristaux, c'est-à-dire la répartition des atomes dans
l’espace et les lois géométriques qui en fixent la position.
Les solides cristallins sont caractérisés par un ensemble d’atomes arrangés périodiquement
suivant les trois directions de l’espace dans un ordre strict qui définit la structure cristalline.
7.1 Structure cristalline
Le cristal est défini comme l’état le plus important pour les matériaux. La structure cristalline
d’un matériau est caractérisée par : le réseau et le motif.
• Réseau : C’est un ensemble infini de points ordonnés et répartis régulièrement dans
l’espace. Les points du réseau sont appelés nœuds. Le réseau spatial est obtenu par
une translation dans l’espace de trois vecteurs non coplanaires, a, b et c qui
déterminent les directions et les distances entre les nœuds du cristal.
• Motif : c’est l’élément de base dont la répétition suivant le réseau engendre le cristal.
Le motif peut être un atome ou un groupe d’atomes ayant une orientation et une
géométrie bien déterminées.
Dans le cas d’un réseau bidimensionnel, on définit la maille cristalline comme étant un
parallélogramme construit sur quatre nœuds, c’est- à – dire sur deux vecteurs et issus d’un
même nœud. Elle est définie par les longueurs des vecteurs et l’angle γ entre eux comme
indiqué dans la figure 3.
5
a b
Figure 3 : Mailles bidimensionnelles (a) et tridimensionnelles (b)
Tableau 1 : Réseaux de Bravais
6
Dans le cas d’un réseau tridimensionnel, la maille est un parallélépipède construit sur huit
nœuds c’est à dire sur trois vecteurs, et issus d’un même nœud et non coplanaires. Elle est
définie par les longueurs des vecteurs, a, b et c et les angles entre eux α, β et γ.
Selon les relations que prennent les trois vecteurs a, b et c et les trois angles α, β et γ, nous
pouvons distinguer sept systèmes cristallins différents et dans les mailles ainsi obtenues, en
plaçant des nœuds supplémentaires, soit au centre des bases, soit au centre de chacune des six
faces ou soit au centre de la maille, nous obtenons ainsi quatorze réseaux cristallins distincts
appelés réseau de Bravais3 (Tableau 1).
7.2 Compacité
Elle est définie par le rapport du volume occupé par les atomes (Va) sur le volume de la maille
(Vm).
7.3 Indexation des directions et des plans réticulaires : indice de Miller
Le système d’axes utilisé pour l’indexation des directions et des plans sont toujours celui qui
correspond aux trois vecteurs de translation du réseau a, b et c. Le choix de l’origine situé à
un nœud du réseau est arbitraire, car tous les nœuds sont équivalents géométriquement.
• Directions : une direction est désignée par trois indices [u v w] ; c’est la direction
d’une droite passant par l’origine et le point de coordonnées u, v, w. La direction
réticulaire ou rangée réticulaire est toute droite passant par deux nœuds. Le vecteur
portant la direction est donné par la relation : r = u.a + v.b + w.c.
Figure 4: Rangées réticulaires
3
Auguste Bravais (1811-1863) : Physicien français
7
Par définition les indices de Miller sont les inverses des intercepts du plan avec les trois axes
du cristal mesurés en fonction de a, b et c. Il faut noter que l’origine des axes ne doit pas être
• Plans : un plan réticulaire est défini comme tout plan passant par trois nœuds. Pour
indexer les plans d’un cristal, on utilise généralement les indices de Miller 4 notés (h k
l).
dans le plan à indexer.
Le principe pour déterminer les indices d’un plan est le suivant :
• Déterminer les coordonnées d’intersections du plan entre les axes x, y et z en
fonction des longueurs a, b et c
• Prendre l’inverse de chacun des intercepts
• Réduire les trois fractions au plus petit dénominateur commun
• Les trois numérateurs ainsi obtenus représentent les trois indices h, k et l par
rapport aux trois axes x, y et z.
Exemple :
• Coordonnées d’intersections
OA = 1a, OB = 2b, OC =
3c : caractéristiques du plan ABC
OA’= 2a, OB’= 4b, OC’= 6c
: caractéristiques du plan A'B'C
• Calcul des indices de Miller à partir
des inverses des segments
OA=1 OB=2 et OC=3 pour le plan ABC
4
William Hallowes Miller (1801-1880) : Minéralogiste et cristallographe Britannique
Figure 5 : Détermination des indices de
Miller
8
1/OA = 1/1 1/OB = 1 /2 1/OC = 1/3
OA’=2 OB’=4 OC’=6 pour le plan O’B’C’
1/OA’ = 1 /2 1/OB’ = 1 /4 1/OC’ = 1/6
• les indices de Miller sont obtenus en multipliant chacun de ses inverses par le
plus petit commun multiple (PPCM) des dénominateurs
pour le plan ABC 1 , 2 , 3 : ppcm = 6 indice de Miller ( h k l ) ( 1/1 x 6 =6 ) ( 1 /2 x
6 = 3 ) ( 1 /3 x 6 = 2 ) : 6 3 2
pour le Plan A’B’C’ 2 , 4 , 6 : ppcm = 12
indice de Miller ( h k l ) 1 /2 x 12 = 6 ) ( 1/4 x 12 = 3 ) ( 1/6 x 12 = 2 ) : 6 3 2
Les deux plans ont le même indice de Miller. Ils sont parallèles.
7.4 Densité des nœuds
Dans un réseau cristallin la densité de nœuds peut être déterminée soit par unité de longueur
(densité de nœuds selon une direction), soit par unité de surface (densité sur un plan) ou soit
par unité de volume.
Le calcul de la densité est décrit à l’aide d’exemples de la figure 6 en utilisant le cas d’un
réseau cubique à faces centrées.
7.5 Arrangement des atomes dans un réseau cristallin
Jusqu’ici, nous avons défini un réseau cristallin en fonction de la position respective de nœuds
dans l’espace, alors que ces nœuds sont des points géométriques. En réalité, les solides sont
constitués d’ensemble d’atomes. A un nœud peut correspondre un ou plusieurs atomes. Le cas
le plus simple correspond à la plupart des métaux ; chaque atome est centré sur un nœud.
Pour les composés plus complexes, à un nœud est associé plusieurs atomes qui forment un
motif. La figure 7 ci-dessous montre la position des différents atomes dans des cristaux de Cu,
de NaCl et de SiO2.
9
Figure 6 : Exemple de détermination des densités de nœuds
Figure 7 : Structure cubique à faces centrées du Cu, du NaCl et du SiO2
10
8 Défauts
Le cristal réel est un arrangement atomique qui se rapproche beaucoup du cristal parfait du
fait de la présence des défauts dans la structure cristalline. Ces défauts peuvent modifier
certaines propriétés du matériau notamment le comportement sous l’action de contrainte, la
conductibilité électrique…
La caractérisation de ces défauts est l’un des aspects les plus importants de la science des
matériaux, afin d’analyser leurs effets sur les propriétés et d’étudier les méthodes de les
induire pour arriver à un comportement optimal des matériaux.
8.1 Défauts ponctuels
Les défauts ponctuels sont de l’ordre de grandeur du volume de l’atome. Comme tous les
défauts ponctuels déforment le réseau et génèrent un champ de contrainte dans le cristal.
Il existe trois défauts ponctuels (figure 8) :
• La lacune caractérisée par l’absence d’un atome en site normal du réseau cristallin (A).
• L’interstitiel qui apparait lorsqu’un atome étranger de petite taille (B) s’insère dans
les espaces vides du réseau cristallin. Il y’a auto-interstitiel (B’) lorsqu’un atome constitutif
du cristal est placé en insertion.
• L’atome en substitution qui apparait lorsque la position régulière d’un atome
constitutif est occupée par un atome étranger (C).
Figure 8 : Types de défauts ponctuels dans un cristal
8.2 Défauts linéaires
Les défauts linéaires ou dislocations est un défaut qui résulte d’une perturbation de la
structure centrée autour d’une ligne ou d’une rangée réticulaire. Nous distinguons deux types
de dislocations :
11
• La dislocation vis est le résultat d’un cisaillement du réseau parallèlement à la ligne
de dislocation.
• La dislocation coin est la ligne sur laquelle se termine un plan atomique à l’intérieur
du cristal.
(a) (b)
Figure 9 : Dislocations vis (a) et coin (b)
8.3 Défauts à deux dimensions
Les défauts de surface à deux dimensions peuvent être divisés en joints de grains et en fautes
d’empilement de l’architecture cristalline.
• Les joints de grains : Généralement les matériaux ont une structure polycristalline
c'est-à-dire une structure formée de cristaux de petite taille appelés grains. Les régions où
les grains se touchent sont appelées joints de grains.
(a) : Joints de grains (b) : macle
Figure 10 : Défauts à deux dimensions
• Fautes d’empilement et macles : dans un certain nombre de cas, en particulier dans
les structures cristallines compactes, il y’a des anomalies dans les modes d’empilement
des plans. Un groupe de deux plans successifs pris isolément possède la même structure
et les anomalies n’apparaissent que si on considère un ensemble de plus de deux plans.
12
8.4 Défauts à trois dimensions
Nous définissons un défaut à trois dimensions comme étant une partie du cristal, de la matrice
remplacée par un volume d’un composé différent chimiquement. Le composé peut avoir
également une cristallographie différente ou non de celle de la matrice.
Il y’a deux type de défauts à trois dimensions : les précipités et les inclusions.
• Les précipités sont des composés formés entre les atomes de la matrice et des atomes
étrangers, généralement des éléments d’addition ou d’alliages ajoutés intentionnellement.
• Les inclusions (figure11) sont des « saletés » dans le métal provenant de son
élaboration à l’état liquide. Les inclusions les plus courants sont les oxydes, les sulfures et les
silicates.
Figure 11 : Défauts à trois dimensions
13
Chapitre 2 : Comportement mécanique
des matériaux
1 Généralités sur les propriétés mécaniques des matériaux
De nombreux matériaux utilisés sont soumis à des forces ou à des charges. Il faut donc
connaitre les caractéristiques du matériau et concevoir la pièce de telle sorte qu’elle ne se
déforme pas trop et qu’elle ne se casse pas. Le comportement mécanique d’un matériau reflète
sa réponse (déformation) à une force ou à une charge appliquée.
Le rôle de l’ingénieur civil est de déterminer les contraintes et leurs distributions dans les
structures soumises à des charges bien définies. Ainsi, les ingénieurs doivent comprendre
comment se mesurent les diverses propriétés mécaniques des matériaux et ce que celles-ci
représentent.
De leurs côtés, les ingénieurs spécialisés en sciences des matériaux et les ingénieurs
métallurgistes produisent et fabriquent des matériaux conformes aux exigences de service
prévues par ces analyses de contraintes. Ils doivent donc comprendre les relations qui existent
entre la microstructure (caractéristiques internes) des matériaux et leurs propriétés
mécaniques.
Ainsi, Il est important de distinguer les propriétés et la résistance mécaniques des matériaux.
Un matériau doit posséder des propriétés intrinsèques suffisantes et clairement définies tandis
que l’élément doit posséder une forme et des dimensions telles qu’en tout point les conditions
d’utilisation soient satisfaites. Il s’agit d’une part des propriétés mécaniques du matériau et
d’autre part ce qui est convenu d’appeler la résistance des matériaux.
2 Notions de contrainte et de déformation
Il existe trois principales façons d’appliquer uniformément une charge statique ou variant
lentement sur l’aire d’une pièce : en tension ou en traction, en compression et en cission
comme c’est indiqué sur les figures ci-dessous.
14
• Traction • Compression
• Cission • Torsion
Figure 1 : Types de contraintes
2.1 Notion de contrainte
On définit alors la contrainte de tension σ ou la cission τ qui s’exerce sur la surface S, par le
rapport de la force F sur la surface S0.
F
σ=
s0
Dans le système international la contrainte s’exprime en Pascal (Pa), avec 1 Pa = 1 N/m². On
utilise souvent le MPa qui est égal à 106 Pa.
2.2 Notion de déformation
La déformation ε est définie par la formule suivante :
l − lo ∆ l
ε= = x100 où lo est la longueur initiale avant l’application de
lo lo
la force et l est la longueur instantanée.
15
La déformation est une grandeur sans dimension, mais on l’exprime souvent en pourcentage.
3 Comportement sous charge statique
Un tel comportement est obtenu si le matériau est sous l’action de charge permanente ou quasi
permanente. C'est-à-dire que la vitesse d’application de la charge ne modifie pas le
comportement du matériau.
3.1 La traction
L’essai de traction est l’un des essais mécaniques les plus fréquents. Il sert à déterminer avec
certitude plusieurs propriétés mécaniques des matériaux qui sont important à la conception.
L’essai consiste à soumettre une éprouvette d’un matériau donné à une charge
progressivement croissante et à enregistrer l’allongement de cette éprouvette.
La courbe caractéristique (σ, ε ) est appelée courbe de traction dont un exemple est
représentée ci-dessous.
(σ)
(ε)
Les grandeurs caractéristiques déterminées à partir de la de courbe de traction sont:
Le module d’élasticité ou module de Young E : c’est la rigidité ou la résistance à la
déformation élastique d’un matériau, il est donné par la pente de la courbe (σ, ε), ou par la
loi de Hooke :
σ = Eε
où E s’exprime en GPa
La limite conventionnelle d’élasticité Re0.2 : elle est définie par la contrainte
produisant une déformation plastique de 0.2%. La valeur de cette contrainte est obtenue en
16
traçant une parallèle à la caractéristique élastique, à une distance correspondant à 0.2% de la
déformation ; Re0.2 s’exprime en MPa.
La résistance à la traction Rm (MPa) : c’est la contrainte au sommet de la courbe
contrainte-déformation. La résistance à la traction correspond à la contrainte maximale que
peut supporter une structure en traction ; si cette contrainte est appliquée et maintenue, il y
aura rupture.
La ductilité : elle indique le degré de la déformation plastique à la rupture. Un
matériau qui à la rupture a subi une très petite déformation plastique ou qui n’en a subi aucune
est dit fragile. La ductilité s’exprime quantitativement par un pourcentage d’allongement
après la rupture ou un coefficient de striction exprimé en pourcentage.
L’allongement à la rupture A (%) est le pourcentage de la déformation
plastique à la rupture, soit
l f − lo
A(%) = x100
lo
Avec lf est la distance entre les repères à la rupture, et lo, la distance initiale.
Coefficient de striction Z (%) est-il est défini par :
So − S f
Z (%) = x100
So
Avec So est l’aire initiale de la section transversale, et Sf, l’aire de la section transversale
au point de rupture.
Ténacité : Elle désigne la capacité d’un matériau à absorber de l’énergie avant sa
rupture. La ténacité indique également la résistance à la rupture d’un matériau lorsqu’il y a
fissure. Un matériau est tenace s’il est résistant et ductile ; les matériaux ductiles sont
d’ailleurs souvent plus tenaces que les matériaux fragiles.
3.2 La compression
Un matériau homogène soumis à un effort de compression se comportera de la même manière
que sous l’effort de traction.
Les différences de comportement se situent essentiellement dans le domaine de la rupture :
L’essai de compression est utilisé pour les matériaux fragiles, difficiles ou voir même
impossible à usiner tels que les bétons ou les céramiques.
• Les matériaux ductiles se déforment élastiquement puis plastiquement en compression
suivant les mêmes mécanismes que ceux qui interviennent en traction ; cependant lors
de la rupture, le glissement prédominera conduisant parfois à des allongements et des
résistances de compression supérieurs à ceux obtenus en traction.
17
• Les matériaux fragiles peuvent présenter des caractéristiques très supérieures en
compression comparativement à celles qu’il possède en traction (le béton est douze
fois plus résistant en compression). Leur rupture se produit par une succession de
décohésions qui conduisent souvent à la formation de plusieurs fragments.
L’éprouvette a une forme cylindrique. Cependant pour réaliser un bon essai de compression
certaines difficultés sont à éviter :
• le risque de flambage (instabilité élastique) l’éprouvette doit avoir un rapport hauteur
sur diamètre doit être inférieur à trois : (h/d) < 3.
• Les frottements de l’éprouvette contre les appuis, produits par les efforts de cission
dus à l’augmentation du diamètre.
3.3 La flexion
a) Essai de compression b) flambage de l‘éprouvette c) déformation de
l’éprouvette causée par les forces de frottements
La flexion est un mode de sollicitation qui se rencontre dans
de nombreuses conditions d’utilisation (un pont, un toit de
maison, un axe de roue de véhicule…).
Une pièce en flexion est soumise à un couple (ou moment
fléchissant) provoquant des efforts de tension sur une moitié
et des efforts de compression sur l’autre.
18
Pour contrôler la qualité de certains matériaux fragiles (fonte, bois, béton) des essais de
flexion normalisés sont utilisés.
La valeur maximale de la contrainte sur les faces extérieures d’une éprouvette rectangulaire
soumise à une flexion en trois points (a), est donnée en valeur absolue par :
| | =
Pour un essai de flexion à quatre appuis (b), la contrainte est égale à :
3
| | =
2
3.4 La dureté
La dureté d’un matériau est définie par sa résistance à la
pénétration, c’est-à-dire par la facilité avec laquelle un corps
étranger pourra déformer et détruire la structure du matériau
en y pénétrant.
Les essais de dureté sont fréquents pour plusieurs raisons :
• ils sont simples et bon marché ; en général, il n’est
pas nécessaire d’utiliser une éprouvette spéciale et
l’appareillage d’essai est relativement peu cher.
• l’essai est non destructif ; l’éprouvette ne se rompt et ne se déforme pas trop ; la seule
déformation est une petite rayure.
• les autres propriétés mécaniques s’estiment souvent à partir des données de dureté, en
particulier la résistance à la traction.
Les principaux types d’essais de dureté sont consignés dans le tableau ci-dessous.
Forme
d’indentation Formule du nombre de
Dureté Pénétrateur Charge
dureté
Vue générale
Bille en acier ou en
2F
Brinell
carbure de tungstène
F HB =
de 10mm πD[ D − D ² − d ² ]
Pyramide
Vickers
en F
HV = 1,854
diamant F d1 ²
microdureté
19
60
Rockwell 100 Rockwell
Cone en diamant
150
et Bille en acier d’un
diamètre de 1,56mm,
3,18mm, 6,35mm et 15kg HR = f(z)
Rockwell 12,70mm
30kg Rockwell
45kg
superficiel
superficiel
4 Comportement de la charge statique au choc
Dans cette partie nous allons analyser l’influence de la vitesse de sollicitation. La vitesse de la
sollicitation peut être exprimée en contrainte ou en déplacement.
Selon le mécanisme de déformations du matériau, la vitesse de sollicitation peut avoir une
grande influence sur le comportement du matériau. Dans le cas où cette influence existe dans
le domaine élastique, nous parlerons d’un comportement viscoélastique.
Analysons maintenant le comportement à la rupture de sous charge statique pour les
matériaux présentant un comportement fragile et pour ceux présentant un comportement
ductile.
1.1 Matériaux fragiles
La rupture d’un matériau fragile est le résultant d’une décohésion, localement ou globalement,
la contrainte atteinte est suffisante pour rompre les liaisons interatomiques. Cette contrainte de
décohésion ne représente qu’une valeur limite de la contrainte élastique, elle est
caractéristique du matériau, donc indépendante de la vitesse de déformation. C’est pourquoi
d’une manière générale les matériaux qui présentent un comportement fragiles sous charge
statique ne sont pratiquement pas influencés par une augmentation de la vitesse de
déformation.
1.2 Matériaux ductiles
La réalisation des essais permettant de mesurer le comportement des matériaux à des vitesses
de déformations élevées pose des problèmes expérimentaux et des problèmes théoriques qui
rendent difficile une analyse des phénomènes qui interviennent dans le comportement des
matériaux ductiles.
Cependant en règle générale, une augmentation de la vitesse de déformation provoque une
augmentation de la limite d’élasticité et de la résistance à la traction des matériaux ductiles.
20
5 Comportement sous charge variable
5.1 La fatigue
Lorsqu’un matériau est soumis à des charges répétitives, elles peuvent entrainer une rupture
appelée la rupture par fatigue.
5.2 L’endommagement par fatigue
Un matériau rompu par fatigue présente un aspect caractéristique ; celui-ci permet souvent
d’identifier la rupture par fatigue et apporte souvent de précieux renseignements qu’à
l’histoire de la rupture.
Macroscopiquement, la rupture à un aspect fragile. Elle ne présente pas de déformation
plastique. La zone la plus représentative de la rupture est relativement plane et lisse ; on y
observe des lignes d’arrêt et ont des courbures variables et convergentes vers un point
particulier de la surface.
21