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Droit et enjeux de la RSE en entreprise

Ce module traite du concept de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de ses aspects juridiques. Il présente l'évolution historique de la RSE, allant d'un droit mou au départ à une approche plus rigide aujourd'hui. Le module abordera également les principaux référentiels en matière de RSE.

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Droit et enjeux de la RSE en entreprise

Ce module traite du concept de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de ses aspects juridiques. Il présente l'évolution historique de la RSE, allant d'un droit mou au départ à une approche plus rigide aujourd'hui. Le module abordera également les principaux référentiels en matière de RSE.

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

Institut des Sciences Politiques Relations


Internationales et Communications
------------------------------------

ISPRIC

Masters

UE : Le droit de la responsabilité sociétale des entreprises

(Ci-après RSE)

Pr Issiaka CISSE

Maître de Conférences à l’USJPB

Maître assistant des Universités du CAMES

Enseignant chercheur

E-mail : issiakacisse56@[Link]

Contact : 76/26/17/27

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

Introduction

Un module sur la responsabilité sociétale n’est pas habituel dans la formation d’un juriste. En
effet, la RSE est une partie intégrante du droit des sociétés. La RSE permet de voir autrement la
notion d’intérêt social. L’intérêt social apparaît comme un outil d’intégration indispensable de la
RSE1. La RSE est admise aujourd’hui comme la transposition des principes du développement
durable. C’est aussi l’incarnation des trois piliers du développement économique, de l’équité
sociale et de la préservation de l’environnement dans le management des entreprises. La RSE se
présente alors comme la prise en compte des effets des activités de l’entreprise sur
l’environnement naturel et social2.

La RSE fait l’objet de plusieurs définitions. Milton FRIEDMAN appréhende la RSE comme une
activité qui « se limite à la création de profits et d'emplois, au paiement des impôts et au respect
des règles du jeu définies par les pouvoirs publics »3. Adopter une démarche RSE est aperçue
comme une activité généreuse au profit des tierces personnes. Une action volontariste ne pouvant
aboutir à aucune contrepartie dont l’entreprise peut profiter. Cela est confirmé par plusieurs
textes internationaux notamment la Commission européenne qui appréhende la RSE comme «
l'intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs
activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes »4. Elle trouve parfois des
définitions plus étroites ou plus larges.

D’autres proposent encore une définition hiérarchisée insinuant que « les pratiques de RSE
s'ajoutent à celles qui visent à créer des profits, ce qui conduit à une hiérarchisation entre la
responsabilité économique et sociale des entreprises, cette dernière constituant un luxe que l'on
pourrait s'offrir dans les périodes de croissance économique »5.

L'émergence du concept de la RSE traduit un intérêt accru et une attention particulière que le
monde entend porter aux interactions entre les Hommes d'une part et entre l'Homme, les

1 J.-C. JAVILLIER, « Responsabilité sociétale des entreprises et Droit : des synergies indispensables pour un développement durable », dans
Gouvernance, droit international et responsabilité sociétale des entreprises, Institut international d’études sociales, Genève, 2007, p.24, spéc. p.31.
2 « La Responsabilité Sociale des Entreprises : une nouvelle définition sociologique de l’entreprise ? », Sociologies Pratiques n°18, mardi 18 mars

2008 in [Link]
3 A. SOBCZAK, « Pour une définition de la RSE à la hauteur des enjeux ! », Metis, 16 Avril 2010, [Link]

definition-de-la-rse-a-la-hauteur-des-enjeux_fr_70_art_28765.html.
4 Communication de la Commission du 2 juillet 2002 concernant la responsabilité sociale des entreprises : une contribution des entreprises au

développement durable, COM(2002) 347 final et Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil et au Comité économique
et social européen du 22 mars 2006 sur la mise en œuvre du partenariat pour la croissance et l’emploi: faire de l’Europe un pôle d’excellence en
matière de RSE, COM(2006) 136 final ; v. la synthèse de M. DOURCIN, Ambassadeur chargé de la bioéthique et de la responsabilité sociale des
entreprises, [Link]
5 A. SOBCZAK propose d’intégrer les comportements obligatoires, v. A. SOBCZAK, « Legal dimensions of International framework agreements

in the field of corporate social responsibility », Relations Industrielles/Industrial Relations, 2007, 62(3), 466-491, p. 477.

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

organisations humaines et la nature d'autre part6. La notion de responsabilité sociétale des


entreprises dénote une prise de conscience encore plus importante quant aux conséquences
négatives que les activités des entreprises peuvent avoir sur la communauté humaine et
l'environnement. Dans les pays développés, tout comme en voie de développement, le concept
de RSE se trouve au centre des débats aussi bien au sein du milieu des affaires et du monde
politique, que dans l'arène des organisations de la société civile et du monde académique.
Les dénonciations de pratiques irresponsables, aidées en cela par différentes catastrophes
humaines, sociales et environnementales impliquant les entreprises, ont contribué à aiguiser la
conscience et la sensibilité des opinions publiques nationale et internationale sur les risques
globaux qu'encourt l'humanité en cas de persistance de telles pratiques non éthiques et non
durables. Le débat sur la RSE s'est ainsi développé et plusieurs initiatives ont été entreprises par
différents acteurs. Plus qu'une question d'actualité, la RSE est devenue un sujet de négociation,
nationale, régionale et internationale7.
La réponse des grandes entreprises ne s'est pas fait attendre. Elles ont, parallèlement au débat qui
a cours, développé plusieurs initiatives pour faire face aux problématiques et enjeux de la RSE, et
contribué de manière volontaire au développement durable. Les entreprises africaines et
étrangères opérant en Afrique en particulier doivent aussi faire face à des problématiques sociales,
environnementales et économiques spécifiques. La façon d'intégrer ces préoccupations à leurs
activités quotidiennes va leur permettre ou non de contribuer à un développement durable des
États et des communautés locales. Mais, le paradoxe est que si la RSE est une notion qui suscite
débat dans les pays occidentaux et au niveau international, on ne sait pas vraiment ce qu'il en est
en Afrique, alors même que ce continent est de ce fait concerné et interpellé au même titre que
les autres par la problématique de l'émergence et de l'institutionnalisation de la RSE.
Le concept de la RSE consiste alors à concilier production, respect de l’environnement et gestion
sociale. Mais, il est évident que son appréhension est frappée d’une grande hésitation dans la
pratique surtout dans les pays en voie de développement. Il s’agit là d’un nouveau concept dont la
juridicité est mal appréciée. La RSE tout comme la gouvernance d’entreprise font leur apparition
dans un environnement juridique en pleine mutation et fragilisé par les disparités prégnantes du
secteur public et privé. La sphère juridique tant au Mali qu’ailleurs est de nouveau en gestation
avec l’émergence des concepts de la gouvernance d’entreprise et de la RSE.
Pour définir la RSE, il faut se référer aux référentiels des grandes entreprises. En effet, la RSE est
progressivement définie à travers des référentiels, adoptés de façon volontaire par les entreprises.

6 C’est d’ailleurs la réflexion menée par certains auteurs qui estiment l’entreprise doit dorénavant faire face à des nouvelles frontières. V. M.
DRANCOURT, Les nouvelles frontières de l'entreprise, PUF, 2005 ; R. DUMONT, Les nouvelles frontières de l'entreprise, PUF, 1995.
7 U. K. YAMEOGO, L'émergence de la responsabilité sociale des entreprises en Afrique : état des lieux, enjeux et perspectives, Université Paris 12

(Créteil), Mémoire de Master, 2007, p. 2.

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

Ils sont spécifiques à chaque secteur et le plus souvent internationaux. Les principaux sont le
Global Compact8, l'ISO 26000 et la GRI9. La RSE doit ainsi conduire les entreprises à prendre
des engagements qui vont au-delà du respect de la loi dans les pays où elles opèrent. Ils s'appuient
sur des normes et de référentiels internationaux. Le cadre que doivent respecter les entreprises est
posé par les conventions internationales comme celles de l'OIT, les Principes directeurs de
l'OCDE ou la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Dans le cadre du présent module, il sera question de mettre l’accent sur le contour du concept de
la RSE et surtout les volets exclusifs de la RSE.

- Première partie : Le contour du concept de la RSE


L’émergence de ce concept est largement significative. Pour en savoir plus, un regard sur son
évolution historique permet de comprendre l’intérêt pour l’implication des organisations de
normalisation et des firmes.

Chapitre 1 : Évolution de la RSE

Cette évolution de la RSE est marquée au départ par son caractère mou et devenue par la suite
rigide.

I. D’un droit mou au départ

La RSE est dominée en grande partie par l’engagement volontaire. En effet, la principale
spécificité de la RSE est son caractère volontaire ou non obligatoire, son habit de droit mou (soft
law). L’entreprise s’engage seule et sans contrepartie envers ses travailleurs, et vis-à-vis de son
environnement, mais ne se l’impose pas. Cela est confirmé par plusieurs textes internationaux
notamment la Commission européenne qui appréhende la RSE comme « l'intégration
8 Ce « Pacte mondial » constitue en quelque sorte les 10 commandements de la RSE que doivent respecter les entreprises. Né d'une initiative
internationale lancée en 1999 par le Secrétaire Général des Nations Unies, le Global Compact propose aux entreprises membres d'adhérer à 10
grands principes dans les domaines des droits de la personne, du travail, de l'environnement et de la corruption. Le dixième principe a été ajouté
en 2004. Les 10 principes du Global Compact :
- Les entreprises sont invitées à promouvoir et à respecter la protection du droit international relatif aux droits de l'homme
- Les entreprises sont invitées à veiller à ne pas se rendre complices de violations des droits de l'homme
- Les entreprises sont invitées à respecter la liberté d'association et à reconnaître le droit de négociation collective
- Les entreprises sont invitées à contribuer à l'élimination du travail forcé ou obligatoire
- Les entreprises sont invitées à contribuer à l'abolition effective du travail des enfants
- Les entreprises sont invitées à contribuer à l'élimination de toute discrimination en matière d'emploi et de profession
- Les entreprises sont invitées à appliquer l'approche de précaution aux problèmes touchant à l'environnement
- Les entreprises sont invitées à prendre des initiatives tendant à promouvoir une plus grande responsabilité en matière d'environnement
- Les entreprises sont invitées à favoriser la mise au point et la diffusion de technologies respectueuses de l'environnement
- Les entreprises sont invitées à agir contre la corruption sous toutes ses formes, y compris l'extorsion de fonds et les pots-de-vin.
- Depuis 2003, les entreprises signataires doivent publier des bonnes pratiques dans au moins l'un des dix principes du Pacte sous peine
d'être exclues de la liste des signataires. Au 1er janvier 2014, plus de 8000 entreprises avaient signé le Global Compact dans 145 pays.
9 La Global Reporting Initiative (GRI) est une initiative internationale qui a progressivement proposé des standards de reporting extrafinancier aux

entreprises sur une base volontaire. Elle a permis aux milliers d'entreprises qui l'utilisent dans le monde de partager le même référentiel selon le
secteur de leurs activités. Ces entreprises doivent intégrer les parties prenantes dans des rapports pertinents, exhaustifs, neutres, précis,
comparables, clairs et contenant des données fiables.

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités


commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes ». Elle trouve parfois des définitions
plus étroites ou plus larges. Par exemple, selon Milton FRIEDMAN, elle « se limite à la création
de profits et d'emplois, au paiement des impôts et au respect des règles du jeu définies par les
pouvoirs publics ». D’autres proposent encore une définition hiérarchisée insinuant que « les
pratiques de RSE s'ajoutent à celles qui visent à créer des profits, ce qui conduit à une
hiérarchisation entre la responsabilité économique et sociale des entreprises, cette dernière
constituant un luxe que l'on pourrait s'offrir dans les périodes de croissance économique ».

La spécificité de la RSE notamment son caractère volontaire ou non obligatoire, son habit de
droit mou (soft law) crée une grande désillusion dans la pratique des entreprises maliennes. La
reconnaissance des parties prenantes soulève des difficultés. Les parties prenantes de l’entreprise
constituent l’ensemble des acteurs direct ou indirect au tour d’une entreprise. En effet, la notion
de partie prenante est née d'une exigence éthique de la société civile qui sollicite désormais que les
entreprises rendent compte des conséquences sociales et environnementales de leur activité.

La caractéristique de soft law ou droit mou lui appose un sceau de non-droit qu’il est difficile de
dépasser. Les mécanismes de droit dur qu’on a tenté de lui superposer se révèlent souvent de
faible efficacité du fait de leur inadéquation originelle. Se pose alors la question de sortir de cette
échelle d’analyse allant du droit dur au droit mou. Peut-on imaginer une nouvelle façon de
conceptualiser la règle molle sans se référer à la sanction et au juge ? Par exemple, l’impossibilité
d’établir de frontière tangible entre le non-droit et le droit, l’observation de la
procéduralisation du droit de la RSE au plan mondial, ou encore le constat que l’action et le conflit
précèdent le droit ou la norme dévoilent des changements d’approche. Le fait que juger devienne
progressivement secondaire dans l’ordre du raisonnement amène à sortir de la logique classique
de droit toujours tiraillée entre la crainte de la sanction et le juge. Autre exemple, la multiplication
des textes de référence en matière de droits sociaux fondamentaux donne une très grande
flexibilité aux garants de la loi. Ce constat conduit encore à remettre en question
l’application juste et uniforme du droit. Sans apporter une véritable réponse pour le moment, il
faut comprendre la RSE comme un sujet nouveau, pluridisciplinaire qui appelle des analyses en
matière de droit national et international, de protection des parties prenantes, peut-être
d’organisation incomplète ou encore de théorie de la régulation dans une perspective de la
firme construite sur les fondements de l’analyse économique du droit, à partir de la corporate
governance. Un détour par les politiques économiques ou les techniques managériales ou la

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

sociologie pourrait se révéler utile. Il s’agirait alors de repenser les systèmes de décision au sein
des entreprises.

II. Un droit de plus en plus rigide

Le droit de la RSE devient de plus en plus exigeant. En effet, le législateur malien, soucieux des
préoccupations sociétales a consacré une série de disposition dans le cadre des activités minières.
En effet, le code minier du 1er septembre 2023 a beaucoup innové en consacrant une série
d’obligation de nature sociétale. C’est le cas de l’article 47 du code minier. Dans son alinéa 1
relatif aux obligations des titulaires de permis de recherche, le paragraphe a), dispose que :
« d’élaborer et de déposer au niveau du service compétent en charge de l’Environnement une
Notice d’Impact environnemental et social pour les travaux de recherche envisagés,
conformément aux dispositions du décret d’application du présent Code, et en obtenir
l’approbation comme condition préalable au commencement des travaux de recherche ». Une
volonté largement exprimée en faveur de la prise en compte des questions environnementales et
sociales.

Le paragraphe d) du même alinéa va plus puisqu’il dispose que : « de déposer, avant le


commencement des travaux de recherche, au soutien de la réalisation des mesures relatives à la
réhabilitation du site prévues dans la Notice d’Impact environnemental et social, une caution ou
garantie auprès d’une banque internationalement reconnue, appelable à première demande,
destinée à garantir la remise en état et la sécurisation du site après la fin des travaux de
recherche ».

Les nouvelles obligations n’excluent pas les exploitations artisanales et semi-mécanisées. En effet,
l’article 159 dispose que : « Les titulaires de permis d’exploitation artisanale sont tenus de réaliser
leurs activités conformément à la législation et à la réglementation en vigueur en matière de
protection de l’environnement. Ils doivent réparation aux tiers ayant subi un préjudice certain
causé par l’exploitation artisanale ».

La judiciarisation de la RSE est plus qu’une réalité. Pour citer entre autres l’affaire totale et l’État
Ougandaise. Cette multinationale française a été poursuivie pour avoir violé son devoir de
vigilance10 consacré par une loi nouvelle consacrée en France. En effet, la loi sur le devoir de
vigilance, adoptée le 27 mars 2017 au terme d’un long processus, a marqué un tournant

10 Conformément à l’article L. 225-102-4 du Code de commerce, le plan de vigilance (ci-après le « Plan de vigilance ») vise à présenter les mesures
de vigilance raisonnable mises en place au sein du Groupe en vue d’identifier les risques et de prévenir les atteintes graves envers les droits
humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes et l’environnement résultant des activités de la Société et de celles des
sociétés qu’elle contrôle au sens du II de l’article L. 233-16 du Code de commerce, directement ou indirectement, ainsi que des activités des sous-
traitants ou fournisseurs avec lesquels est entretenue une relation commerciale établie, lorsque ces activités sont rattachées à cette relation.

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majeur en redéfinissant le périmètre des responsabilités des sociétés. Désormais, les sociétés de
plus de 5 000 salariés en France et plus de 10 000 salariés à l’étranger doivent mettre en place un
plan de vigilance pour identifier et prévenir les risques et atteintes graves en matière de droits
humains, santé et sécurité des personnes, et environnement, et ce pour leurs activités comme
pour celles des sous-traitants ou fournisseurs avec lesquels est entretenue une relation
commerciale établie.

Dans cette jurisprudence précurseur, il faut retenir que le 29 octobre 2019, le groupe Total fait
l’objet de 2 assignations en référé déposées par 2 groupes d’associations non
gouvernementales. Il s’agit de la première application de la loi de 2017 sur le devoir de
vigilance des grandes entreprises. Cette assignation sera suivie de 4 autres (dont une deuxième
contre Total) et de deux mises en demeure. Les décisions rendues par le tribunal judiciaire de
Nanterre le 30 janvier 2020 ont fait l’objet d’un appel. La décision de la cour d’appel de
Versailles ayant confirmé celle de première instance, les associations se sont pourvues en
cassation en avril 202111.

Ce processus de judiciarisation se justifie aussi par une plainte en avril 2019 contre l’entreprise
sud-coréenne Samsung, spécialisée dans l’électronique. Elle a été contrainte de se défendre, après
que deux ONG avaient apporté de nouveaux éléments à leurs accusations de violations des droits
de l’homme dans les usines chinoises du constructeur.

Il faut ajouter que la loi sur le contenu local12 (Loi n°2023-041 relative au contenu local dans
le secteur minier) constitue sans doute une avancée dans la prise en charge de la répartition des
fruits de la croissance verte. C’est une nouvelle disposition qui vise à protéger les intérêts locaux.
Deux commentaires peuvent être retenus. Le premier retient de ce texte une opportunité pour
les localités dotées de ressources naturelles de bénéficier des fruits de la croissante verte. Le
second commentaire c’est l’espoir pour les communautés de définir un cadre de développement
durable à travers les contrats miniers.

À noter que cette évolution juridique et jurisprudentielle est liée à l’implication des agences de
normalisation.

11 Le juge français retient l’incompétence et estime que c’est le juge ougandais qui est habilité à statuer.
12
Article 1 paragraphe 13 de LOI N°2023-040 DU 29 AOUT 2023 PORTANT CODE MINIER EN REPUBLIQUE DU
MALI dispose que le Contenu local est : « ensemble des dispositions et mesures qui exigent des entreprises
minières qu’elles donnent la priorité aux nationaux, aux communautés locales, aux entreprises nationales et
aux matériaux produits localement dans l’exécution de leurs activités ».

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

Chapitre 2 : Le rôle des organisations de normalisation

Ce rôle s’inscrit dans le cadre du droit international notamment par les Nations unies, l’OIT et
l’OCDE. La somme des efforts des organisations interétatiques donne naissance entre autres à la
norme de référence iso 26000 tout comme OHSAS 18001 et la norme SA 8000.

I. La norme de référence iso 26000

Pour les entreprises et les organisations qui s’engagent à fonctionner de manière socialement
responsable, ISO 26000 est incontournable. Cette norme de référence a élaboré les lignes
directrices pour tous ceux qui ont conscience qu’un comportement socialement responsable et
respectueux de l’environnement est un facteur clé de la réussite. Non seulement ISO 26000
donne la bonne ligne de conduite à suivre, mais, de plus en plus, cette norme est appliquée pour
évaluer l’engagement des organisations en faveur du développement durable ainsi que leur
performance globale. La norme ISO 26000 contient des lignes directrices et non des
exigences. Elle ne se prête donc pas à la certification, contrairement à d’autres normes très
connues de l’ISO. Elle permet en revanche de clarifier la notion de responsabilité sociétale,
d’aider les entreprises et les organisations à traduire les principes en actes concrets, et de faire
connaître les meilleures pratiques en matière de responsabilité sociétale, dans le monde entier.
Elle vise les organisations de tous types, quelle que soit leur activité, leur taille ou leur localisation.

La norme a été publiée en 2010 au terme de cinq années de négociations entre un très grand
nombre de parties prenantes dans le monde entier. Des représentants des gouvernements, des
ONG, de l’industrie, des groupes de consommateurs et du monde du travail ont été impliqués
dans son élaboration. Elle représente donc un consensus international.

Il a fallu cinq ans de discussions qui ont réuni plus de 500 experts (entreprises, syndicats,
associations de consommateurs, ONG…) venant de 90 pays pour faire aboutir la norme ISO
26 000. Non contraignante, cette norme n'est pas certifiable. ISO 26 000 constitue la première
définition de la RSE à l'échelle mondiale et doit s'appliquer à tout type d'organisation, entreprise,
collectivité locale ou encore ONG. Sept domaines ont été définis : la gouvernance de
l'organisation (la transparence, la responsabilité de rendre compte et le dialogue avec les parties
prenantes) ; les droits de l'homme ; les conditions et les relations de travail ; l'environnement ; les
bonnes pratiques des affaires; les questions relatives aux consommateurs ; l'engagement sociétal.

L'ISO 26000 a vocation à aider les organisations à contribuer au développement durable. Elle vise
à encourager les organisations à aller au-delà du respect de la loi, tout en reconnaissant que le

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respect de la loi est un devoir fondamental pour toute organisation et une partie essentielle de sa
responsabilité sociétale. Elle a vocation à promouvoir une compréhension commune dans le
domaine de la responsabilité sociétale et à compléter les autres instruments et initiatives de
responsabilité sociétale, non à les remplacer. Lors de l'application de l'ISO 26000, il est
recommandé que l'organisation prenne en considération les différences sociétales,
environnementales, juridiques, culturelles, politiques et la diversité des organisations ainsi que les
différences de conditions économiques, en toute cohérence avec les normes internationales de
comportement.

La norme ISO 26000 dégage un certain nombre de caractéristiques sur la responsabilité sociétale.
De ce point de vue la norme ISO 26000 invite les organisations à articuler leur démarche autour
de sept questions centrales : la gouvernance de l'organisation, les droits de l'Homme, les relations
et conditions de travail, l'environnement, les loyautés des pratiques, les questions relatives aux
consommateurs, les communautés. On comprend alors que l’intégration de la RSE dans les
activités de l'entreprise est une boussole stratégique source d'opportunités. Elle vise à transformer
les pratiques et les activités, vers une performance globale : économique, et aussi
environnementale et sociale.

Contrairement aux autres normes, iso 26000 est une norme méthodique dans laquelle toute
entreprise peut adhérer. La norme iso 26000 est la norme de référence qui élabore les lignes
directrices pour l’adoption d’une démarche RSE. Elle s’annonce comme le référentiel
incontournable en matière de développement durable. Elle offre la première définition partagée
au niveau international du concept de la responsabilité sociétale et un cadre pour son intégration
et sa mise en œuvre. Elle permet de réaliser un diagnostic pour construire un plan d'action dans
une logique de démarche socialement responsable.

En droit comparé, dans d’autres sphères juridiques nationales comme en France, la norme ISO
26 000 bénéficie des mesures d’accompagnement qui s’apparentent à une sorte de transposition
dans l’ordre juridique interne. On peut mesurer l’engagement des entreprises, en particulier
françaises, sur la RSE grâce au reporting extrafinancier. Il consiste à fournir des informations sur des
indicateurs environnementaux (consommations d’énergie, émissions de Co 2…) et sociaux
(création d’emploi, politiques de diversité...). En France, c’est une obligation pour les entreprises
de plus de 500 salariés13. En effet, les caractéristiques et les engagements de la norme iso 26000

13 En France, l'article 116 la loi NRE votée en 2001 a instauré pour la première fois une obligation de reporting social et environnemental destinée
uniquement aux entreprises cotées, sans l'assortir de sanctions. Cette législation a été modifiée par l'article 225 de la loi Grenelle 2, adoptée en
juillet 2010, qui élargit progressivement aux entreprises de plus de 500 salariés l'obligation de faire ce type de reporting. Elle ajoute la nécessité de
faire certifier ces données extra-financières par un tiers et introduit l'idée de pertinence des indicateurs laissée au libre choix des entreprises. Dans
certains secteurs comme l'immobilier, les entreprises se sont concertées pour élaborer des guides pratiques d'application de l'article 225.

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

sont en parfaitement relation avec les exigences du développement durable. Les lignes directrices
mettent l’accent sur le comportement éthique, de respecter des réglementations en vigueur et les
normes internationales de comportement (traités, conventions internationales ou normes issues
d’organisations), l’adoption d’une démarche qualité basée sur la stratégie de moyen à long terme,
la transparence dans la communication, la prévention des risques de l’activité de l’entreprise, la
prise en compte des intérêts des parties prenantes.

II. OHSAS 18001 et la norme SA 8000

Ces normes contrairement à la norme iso 26000 sont certifiées iso. Elles portent respectivement
sur le contrôle des risques et le développement socialement acceptable dans le milieu de travail.

La norme OHSAS 18001 est une spécification britannique pour Occupational Health and Safety
Assessment Series (Séries d’évaluations de la Santé et de a Sécurité au travail) précise les règles pour
la gestion de la santé et la sécurité dans le monde du travail. C’est une norme qui est centrée sur le
contrôle des risques. Elle offre un cadre pour une gestion efficace des questions de santé et de
sécurité sur le lieu de travail, y compris tous les aspects ayant trait à la gestion des risques et à la
conformité juridique.

La norme OHSAS 18001 fixe un certain nombre d’objectifs. Il s’agit entre autres de maîtriser le
management de la santé et de la sécurité ; garantir leur conformité réglementaire ; améliorer
continuellement les performances dans ces domaines ; améliorer le dialogue social en donnant
une référence ; impliquer chacun. C’est une norme internationale publiée en 1999 et annulée en 2018.

La norme OHSAS 18001 dégage des principes. L’OHSAS 18001 définit un système de
management de la santé et de la sécurité au travail avec comme objectif global
l’amélioration continue. OHSAS 18001 porte sur les principaux éléments suivants :

- Planification pour l'identification des dangers, ainsi que l'évaluation et la gestion des
risques ;
- Programme de gestion OHSAS ;
- Structure et responsabilité ;
- Formation, présentation et compétence ;
- Consultation et communication ;
- Gestion opérationnelle ;
- Préparation aux situations d'urgence et solutions ;
- Mesure, suivi et amélioration des performances.

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Par ailleurs la norme OHSAS 18001 ne possède pas le statut d’une norme internationale.
L’OHSAS 18001 est néanmoins un référentiel mondialement reconnu, inspiré des travaux de
l’OIT (Organisation Internationale du Travail), l’entreprise peut se faire certifier. À l’instar de
la norme iso 14001, construite selon la même structure et dans une logique similaire,
l’OHSAS 18001 est basé sur une analyse des risques. Il comporte, entre autres, une exigence de
conformité à la réglementation. Elle a été établie par Social Accountability International en 1997 en
tant qu'initiative de diverses parties prenantes.

On retient pour la norme OHSAS 18001 trois piliers indissociables :

- L’ENGAGEMENT ferme de la direction.


- LA TOLÉRANCE ZERO.
- L’EXEMPLARITÉ qui, au passage, est la seule responsabilité qu’aucun ne peut déléguer.

Selon un les dirigeants d’entreprise, l’OHSAS 18001 apporte une valeur ajoutée en aidant les
dirigeants à déterminer les priorités et mieux définir leurs moyens pour maîtriser les impacts et les
risques liés à leur activité. Cette norme incite à réfléchir avant d’agir et à se remettre en cause,
même si le danger paraît anodin. Tout comme pour l’ISO 14001, nous entendons dire que sa
mise en place et l’audit d’un référentiel coutent trop cher aux entreprises. Mais à combien ces
dernières chiffrent-elles les atteintes à la vie humaine, sans compter la perte financière, en ne
mettant pas en place ce type de référentiel ou, tout simplement, en ne respectant pas les exigences
réglementaires et législatives auxquelles elles sont soumises ?

Quant à la norme SA 8000, c’est une norme internationale de certification qui encourage les
organisations à développer, maintenir et adopter des pratiques socialement acceptables en milieu
de travail. C’est aussi un standard de responsabilité sociétale qui défend des conditions de travail
décentes. Il permet aux entreprises de mieux communiquer avec ses parties prenantes. Il s'agit
d'un code de conduite pour les entreprises, orienté sur les aspects sociaux du développement
durable.

La norme SA 8000 a été conçue à la fin des années 1990 par le Council On Economic Priorities,
une ONG américaine devenue aujourd'hui Social Accountability International (SAI) qui le développe
et supervise. SA 8000 est basée sur la déclaration universelle des droits de l’homme de l'ONU, sur
la Convention internationale des droits de l'enfant, sur la Convention sur l’élimination de toutes
les formes de Discrimination à l’égard des femmes et différentes conventions de l'Organisation
internationale du travail (OIT).

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

La norme SA 8000 couvre les domaines suivants de la responsabilité sociétale :

- Le travail des enfants


- Le travail forcé
- L'hygiène et la sécurité
- Les pratiques d'organisation
- La discrimination
- Le droit de réunion et de parole (syndicats)
- Le temps de travail
- La rémunération
- Le système de gestion des ressources humaines

Cependant, ce standard ne traite pas des problèmes plus larges sur l'écologie (NB : ce domaine est
traité par la norme internationale ISO 14001 ou par le règlement européen EMAS) ou la
corruption, ou d'autres problèmes qui peuvent demander des restrictions de la part des
consommateurs ou des dirigeants. Cette norme est résolument orientée sur l'amélioration des
conditions de travail. C'est ainsi que l'aspect Hygiène, Santé, et Sécurité s'appuie essentiellement
sur les risques maîtrisés par l'entreprise pour préserver la santé et l'intégrité physique des
travailleurs (formation à l'Hygiène et Sécurité, exercices d'évacuation, prise de conscience des
risques liés au non-port des Équipements de Protection Individuelle (EPI) adéquats aux risques
du poste de travail et fournis gratuitement par l'entreprise).

Deuxième partie : Les volets exclusifs de la RSE


Le concept de la RSE définit deux volets essentiels. Il s’agit d’une part de la dimension sociale et
d’autre part de la dimension environnementale.

Chapitre 1 : La dimension sociale de la RSE

Plusieurs aspects peuvent être évoqués dans le volet social de la RSE.

I. L’attribution gratuite des actions de société

Le législateur OHADA à travers l’acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique n’est pas exclusivement écarté de la consécration de la RSE.
En effet, la réforme de 2014 a vu l’introduction dans l’acte uniforme précité l’attribution gratuite
des actions. L’AUDSC-GIE a été très ambitieuse au point de consacrer l’attribution gratuite
d’actions (articles 626-1 à 626-6). Selon l’alinéa 1 de l’article 626-1 « l'assemblée générale
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extraordinaire, sur le rapport du conseil d'administration ou de l'administrateur général, selon le


cas, et sur le rapport spécial du commissaire aux comptes, peut autoriser le conseil
d'administration ou d'administrateur général, selon le cas, à procéder, au profit des membres du
personnel salarié de la société ou de certaines catégories d'entre eux, à une attribution gratuite
d'actions existantes ou à émettre. Les délibérations prises à défaut des rapports prévus au présent
alinéa sont nulles ».

Cette disposition révèle sans doute que le législateur OHADA est favorable à une extension de la
notion de l’intérêt social notamment l’intégration du volet social dans certaines formes de
sociétés. La possibilité d’accorder des actions gratuites est tout de même limitée aux seules
sociétés anonymes. Cela traduit une certaine limite dans la vulgarisation du volet social dans les
sociétés commerciales OHADA. Or, l’attribution gratuite d’actions est une possibilité de
socialisation de l’entreprise. Des méfiances soulevées par la doctrine, mais non moins
importantes puisqu’un cadre juridique suffit de rendre rationnelle l’attribution gratuite d’actions.

En France, le code de commerce n’est pas trop explicite contrairement au législateur OHADA
sur l’attribution gratuite d’action. Selon l’article L228-33 du code de commerce : « En cas de
distribution gratuite d'actions, de nouvelles actions de préférence sans droit de vote et assortie
des mêmes droits que les certificats d'investissement doivent être créées et remises gratuitement
aux propriétaires des certificats anciens, dans la proportion du nombre des actions nouvelles
attribuées aux actions anciennes, sauf renonciation de leur part au profit de l'ensemble des
porteurs ou de certains d'entre eux ». Dans cette approche, il ne s’agit pas expressément des
salariés plutôt aux propriétaires des certificats anciens.

Par ailleurs, l’article L225-102 du code de commerce français dégage une certaine évolution. En
effet, cette disposition insiste sur le fait que le rapport présenté par le conseil d'administration ou
le directoire, selon le cas, à l'assemblée générale rend compte annuellement de l'état de la
participation des salariés au capital social au dernier jour de l'exercice et établit la proportion du
capital que représentent les actions détenues par le personnel de la société et par le personnel des
sociétés qui lui sont liées au sens de l'article L. 225-180 dans le cadre du plan d'épargne
d'entreprise prévue par les articles L. 443-1 à L. 443-9 du Code du travail et par les salariés et
anciens salariés dans le cadre des fonds communs de placement d'entreprise régis par le chapitre
III de la loi n° 88-1201 du 23 décembre 1988 relative aux organismes de placement collectif en
valeurs mobilières et portant création des fonds communs de créances. Sont également prises en
compte les actions détenues directement par les salariés durant les périodes d'incessibilité prévues

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

aux articles L. 225-194 et L. 225-197, à l'article 11 de la loi n° 86-912 du 6 août 1986 relative aux
modalités des privatisations et à l'article L. 442-7 du Code du travail.

Les titres acquis par les salariés dans le cadre d'une opération de rachat d'une entreprise par ses
salariés prévus par la loi n° 84-578 du 9 juillet 1984 sur le développement de l'initiative
économique ainsi que par les salariés d'une société coopérative ouvrière de production au sens de
la loi n° 78-763 du 19 juillet 1978 portant statut de sociétés coopératives ouvrières de production
ne sont pas pris en compte pour l'évaluation de la proportion du capital prévue à l'alinéa
précédent.

Selon l’art. L225-102-1, le rapport visé à l'article L. 225-102 rend compte de la rémunération
totale et des avantages de toute nature versés, durant l'exercice, à chaque mandataire social, y
compris sous forme d'attribution de titres de capital, de titres de créances ou de titres donnant
accès au capital ou donnant droit à l'attribution de titres de créances de la société ou des sociétés
mentionnées aux articles L. 228-13 et L. 228-93. Il indique également le montant des
rémunérations et des avantages de toute nature que chacun de ces mandataires a reçu durant
l'exercice de la part des sociétés contrôlées au sens de l'article L. 233-16 ou de la société qui
contrôle, au sens du même article, la société dans laquelle le mandat est exercé. Ce rapport décrit
en les distinguant les éléments fixes, variables et exceptionnels composant ces rémunérations et
avantages ainsi que les critères en application desquels ils ont été calculés ou les circonstances en
vertu desquelles ils ont été établis.

II. Le rôle de l’investissement socialement responsable

De toute évidence, l’approche de la RSE gagne du terrain dans la sphère sociétaire. C’est
pourquoi certains font leur adhésion dans l’ordonnancement juridique en France. La loi Pacte de
2019 a introduit deux nouvelles notions (raison d’être et entreprise à mission), qui permettent aux
entreprises de remobiliser en interne leurs salariés et d’afficher des objectifs volontaires auprès de
leurs clients, de leurs partenaires, des régulateurs.

A. L’entreprise en mission

La notion de l’entreprise en mission est nouvellement consacrée dans le droit français. Cette
évolution juridique prend son repère dans le Code civil français. En effet, l’article 1833 du Code
civil issu de la Loi n°78-9 du 4 janvier 1978 dispose que :

« Toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans l'intérêt commun des associés.

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

La société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et
environnementaux de son activité ». Cette précision de l’objet social n’est pas prévue dans l’acte
uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique.
Certes la notion d’intérêt social est une création de la Cour de cassation et non celle du
législateur. Le législateur OHADA évoque la notion d’intérêt social dans l’article 131, alinéa 3 qui
convoque la responsabilité d’un associé minoritaire ou égalitaire auteur d’un comportement jugé
abusif. La juridiction compétente est appelée à désigner un mandataire ad hoc. La législation
française est allée jusqu’à consacrer le concept entreprise en mission. Le terme
« entreprise à mission » (ou société à mission) désigne en France les formes d'entreprise qui se
donnent statutairement une finalité d'ordre social ou environnemental en plus du but lucratif. Il
s’agit là pour une entreprise d’intégrer dans son objet social le volet social et environnemental en
plus des objectifs de spéculations.

Il faut dire que pendant longtemps, les entreprises ont cherché uniquement à maximiser leurs
profits. Comme l’écrivait l’économiste Milton Friedman : « Il y a une et une seule responsabilité
des affaires – utiliser ses ressources financières et engager des activités désignées à accroître ses
profits ». Même si des réflexions avaient été lancées auparavant, le glissement de l’entreprise
appartenant à des personnes physiques (leur propre patrimoine) vers un actionnariat financier
(fonds) dans les années 1980 – ce que Dominique Plihon a appelé « capitalisme actionnarial » – a
amené à faire évoluer la gouvernance d’entreprise, notamment en précisant les relations entre les
actionnaires et les dirigeants, puis progressivement en intégrant toutes les parties prenantes. C’est
d’ailleurs ce qui distinguait les entreprises privées des associations ou des collectivités publiques,
qui seules incarnaient une mission d’intérêt et étaient réputées ne pas faire de profit ou en tout
cas le réinvestir dans l’activité – et non le distribuer aux actionnaires.

Selon l’art. L225-102-1 du code de commerce, on exige à ce que les informations de la société
prennent en compte les conséquences sociales et environnementales de son activité ainsi que sur
ses engagements sociétaux en faveur du développement durable et en faveur de la lutte contre les
discriminations et de la promotion des diversités. S’agissant des installations classées soumises à
autorisation ou à enregistrement, les informations fournies portent sur chacune d'entre elles
lorsque ces informations ne présentent pas un caractère consolidable. Les informations sociales et
environnementales figurant ou devant figurer au regard des obligations légales et réglementaires
font l'objet d'une vérification par un organisme tiers indépendant, selon des modalités fixées par
décret en Conseil d'État.

B. La raison d’être

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

Les concepts de la raison d’être et de l’entreprise en mission sont issus de la Loi pacte. En effet,
la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (loi
PACTE) prévoit que les dossiers de création, de modification et de cessation d'activité des
entreprises devront être déposés auprès d'un organisme unique par voie électronique. Toute
forme de société peut envisager l’intégration d’un tel objet social. C’est pourquoi, la possibilité est
accordée à une entreprise peu importe la forme sociale d’affirmer publiquement sa raison d'être,
ainsi qu'un ou plusieurs objectifs sociaux et environnementaux qu'elle se donne pour mission de
poursuivre dans le cadre de son activité.

La raison d’être peut être ajoutée dans les statuts de la société. En effet, il ressort des articles 1835
du Code civil français et L210-10 du code de commerce français que les entreprises souhaitent intégrer la
raison d’être dans l’objet social, peuvent prendre deux orientations. En premier lieu, conformément à l’article 1835
du Code civil, les statuts de la société peuvent préciser une raison d'être. Il s’agit des principes dont
la société se dote et pour le respect desquels elle entend affecter des moyens dans la réalisation de
son activité. En second lieu, l’article L210-10 du code de commerce mentionne qu’une société peut faire
publiquement état de la qualité de société à mission lorsque les conditions suivantes sont
respectées :

- les statuts doivent préciser une raison d'être, un ou plusieurs objectifs sociaux et
environnementaux que la société se donne pour mission de poursuivre dans le cadre de
son activité, les modalités du suivi de l'exécution de la mission.
- l'exécution des objectifs sociaux et environnementaux mentionnés fait l'objet d'une
vérification par un organisme tiers indépendant, selon des modalités et une publicité
définies par décret en Conseil d'État (à paraître).
- la société déclare sa qualité de société à mission au greffier du tribunal de commerce, qui
la publie, sous réserve de la conformité de ses statuts, au registre du commerce et des
sociétés, dans des conditions précisées par décret en Conseil d'État (à paraître) ».

Tout de même, il y a des exigences lorsqu’une entreprise exprime une telle volonté dans les
statuts. La conséquence s’est de se voir interpeller devant le juge pour manquement à l’objet
social intégrant la raison d’être. La judiciarisation de la RSE est consacrée à partir de la violation
de sa raison d’être. C’est pourquoi l’entreprise sud-coréenne Samsung, spécialisée dans
l’électronique, a été contrainte de se défendre, lundi 11 janvier 2021, après que deux ONG
avaient apporté de nouveaux éléments à leurs accusations de violations des droits de l’homme
dans les usines chinoises du constructeur. Le Monde nous apprend que les poursuites judiciaires
n’auront pas lieu. En effet, la filiale du leader mondial des smartphones avait en effet été mise en

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

examen en avril 2019 pour « pratiques commerciales trompeuses », du fait de la présence sur son site
Internet de son opposition au travail forcé et au travail des enfants.

Or, cette plainte a été jugée irrecevable le 30 mars 2021 par la chambre de l’instruction de la cour
d’appel de Paris, au motif que les ONG ne disposaient pas de l’agrément pour agir en justice
contre des « pratiques commerciales trompeuses ». Cette décision entraîne de fait la nullité de la
procédure qu’elles avaient lancée, et a donc pour conséquence d’annuler la mise en examen de
Samsung France. La maison mère, Samsung Electronics, a dit « prendre acte » de ces décisions, sans
plus de commentaires.

Afin de justifier une procédure pénale en France, les ONG estimaient suffisant que le message
incriminé soit accessible aux consommateurs français pour que les juridictions du pays soient
compétentes. S’appuyant sur divers rapports d’ONG qui ont pu se rendre dans les usines du
groupe en Chine, en Corée du Sud et au Vietnam, Sherpa et Actionaid dénonçaient l’« emploi
d’enfants de moins de seize ans », des « horaires de travail abusifs », des « conditions de travail et d’hébergement
incompatibles avec la dignité humaine » et une « mise en danger des travailleurs ». Une autre association,
UFC-Que choisir, a déposé elle aussi en février à Paris une plainte avec constitution de partie
civile pour pratiques commerciales trompeuses visant le groupe, et attend désormais que la justice
se prononce.

A travers la loi pacte, la judiciarisation de la RSE est en marche. Les comportements contraires à
la loi notamment la fausse publicité en matière de la RSE donne l’opportunité d’intenter des
actions en justice. Ivan TCHOTOURIAN un grand spécialiste de la RSE reconnait cette nouvelle
tendance en droit des sociétés. On le sait depuis longtemps : la publicité mensongère peut être un
fondement de durcissement de la RSE Voilà qu’une actualité du Journal de Québec vient le
confirmer (New York accuse ExxonMobil, BP et Shel de tromperie sur les énergies propres », 22
avril 2021)… même si on ne sait pas l’issue de la procédure enclenchée. La plainte de 97 pages
leur reproche aussi « d’amplifier les bienfaits pour le climat » des produits liés au gaz naturel, aux
biocarburants ou à l’hydrogène. Elle accuse par ailleurs les entreprises, ainsi que la puissante
fédération professionnelle du secteur API, de « présenter de façon erronée » les impacts
climatiques des énergies fossiles.

Chapitre 2 : La dimension environnementale de la RSE

La prise en compte de la protection de l’environnement est un volet important de la RSE. C’est


dans cette optique que le législateur en réponse aux préoccupations soulevées par la doctrine a
consacré des instruments juridiques en faveur de la protection de l’environnement. Cela se traduit

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

par la consécration juridique des obligations en faveur de l’environnement et des instruments de


nature à préserver l’environnement.

I. Des obligations consacrées juridiquement (code minier)

L’environnement est au cœur des obligations nouvellement consacrées dans le code minier. Il est
perçu au terme du code minier l’ensemble perçu comme une entité, dans un espace et en un
temps donné, des facteurs physiques, chimiques, biologiques et sociaux, susceptibles d’avoir un
effet direct ou indirect, immédiat ou à terme, sur l’espèce humaine et ses activités et sur les
espèces animales et végétales. Une légistique dont le code fait usage pour définir les notions.

Dès lors, le législateur malien consacre désormais des règles en faveur de la protection
environnementale et sociale. En effet, l’article 172 du code minier de 2023 dispose que : « les
postulants au Permis d’Exploitation de grande Mine ou de petites mines ou de l’autorisation
d’exploitation de carrière industrielle soumettent à l’approbation des administrations chargées
respectivement des Mines et de l’Environnement, un plan de fermeture et de réhabilitation. Il est
révisé tous les cinq (5) ans, pour prendre en compte les changements intervenus dans les activités
minières ou lorsque les administrations citées ci-dessus le jugent nécessaire ». Le législateur
mobilise les moyens juridiques pour organiser les conditions de fermeture d’une exploitation
minière.

C’est le cas de l’article 47 du code minier. Dans son alinéa 1 relatif aux obligations des titulaires
de permis de recherche, le paragraphe d) dispose que : « de déposer, avant le commencement
des travaux de recherche, au soutien de la réalisation des mesures relatives à la réhabilitation du
site prévues dans la Notice d’Impact environnemental et social, une caution ou garantie auprès
d’une banque internationalement reconnue, appelable à première demande, destinée à garantir la
remise en état et la sécurisation du site après la fin des travaux de recherche ».

Il en est de même pour l’article 169 qui dispose que : « le plan de développement communautaire
est élaboré à l’initiative du postulant ou titulaire de titre minier d’exploitation ou détenteur
d’autorisation d’exploitation de carrière industrielle concerné en collaboration avec les
communautés et les autorités locales et régionales. Il est actualisé conformément au Plan de
Développement économique et social (PDESEC) ».

II. Les instruments de préservation de l’environnement

La RSE met tout en œuvre pour préserver l’environnement. Cela se manifeste notamment par la
mise en œuvre du principe appliquer ou expliquer et surtout le reporting extra financier.

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

A. Le principe appliquer ou expliquer

La mise en œuvre du code de la gouvernance d’entreprise peut s’appuyer sur le principe appliquer
ou expliquer. Celui-ci révèle une grande originalité, car il est adapté aux mutations actuelles du
droit économique. Il fait partie des concepts juridiques nés des mutations du droit suite à la crise
de l’État moderne14, mais aussi à une redéfinition du rôle de l’État15 et occupe une place
importante. C’est un principe qui permet d’apporter des précisions aux nouvelles méthodes
d’encadrement des comportements, mais aussi un outil d’exploitation des notions de régulations
et de gouvernance. Le principe appliquer ou expliquer s’est développé à travers l’organisation et
l’administration des règles de gouvernance des entreprises16. Son instauration peut faciliter
l’application du code au regard de ces objectifs du principe « appliquer ou expliquer ».

L’application de tout principe vise des objectifs. Dans le cadre de la mise en œuvre du code de
gouvernance des entreprises, le principe appliquer ou expliquer offre une opportunité en termes
d’efficacité et d’effectivité de son application. Cela est dû à la particularité du principe. Le
principe tient compte des standards de gouvernance d’entreprise ce qui traduit sa flexibilité et
exige une transparence accrue pour les entreprises.

Dans le premier cas, le principe « appliquer ou expliquer » est un tout entier fondé sur l’idée qu’il
n’existerait pas de prêt-à-porter en matière de gouvernement d’entreprise. Cela dit, il crée une
certaine flexibilité afin de permettre à chaque entreprise de choisir les modèles à adopter dans
l’éventail des recommandations disponibles17. Cette flexibilité doit être prise en compte par
l’institut des administrateurs, car, l’analyse économique des standards de gouvernement
d’entreprise a confirmé que le recours au principe appliquer et expliquer, à travers son aptitude à
intégrer cet élément idiosyncrasique, semblait constituer l’approche la plus efficiente.

Pour l’exigence de la transparence, il faut retenir que l’information joue un rôle essentiel dans la
bonne gouvernance notamment les entreprises intervenant dans les marchés financiers. Au plan
juridique, l’information est la matière première et constitue un objectif privilégié de la
réglementation18. La transparence s’impose alors comme une condition d’existence dans la
mesure où les produits échangés ne sont perceptibles que par l’information qui les décrit.
L’information fournie par les entreprises dans le cadre de l’application du code de la gouvernance

14 J. CHEVALLIER, L’État post-moderne, LGDJ, 3ème éd., 2008.


15 F. OST, M. VAN DE KERCHOVE, De la pyramide au réseau ? Pour une théorie dialectique du droit, Publications des Facultés universitaires Saint-
Louis Bruxelles, 2002, p. 29.
16 J.-B. POULLE, « L’apparition du principe ‘’se conformer ou expliquer’’ en droit français », RTDF, 2008/1, p. 41.
17 S. BHAGAT, B. BOLTON, R. ROMANA, «The promise and peril of corporate governance indices, ECGI », Law Working Paper, n° 89/2007.
18 A. PIETRANCOSTA, « Concurrence et marchés financiers : croisons les droits ! », RTDF, 2006/3, p. 71 ; J.-B. POULLE, « La régulation par

l’information en droit des marchés financiers », LPA, 21 janv., 2009, n°15, p. 6.

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

d’entreprise dans le cadre du principe appliquer ou expliquer est en réalité le produit proposé, et
réciproquement, le produit est le reflet de l’information donnée à cet effet.

B. Le reporting extra financier

L’un des atouts de la RSE résulte de la mise en œuvre du reporting extra financier. En effet, le
reporting extrafinancier permet de mesurer les impacts environnementaux et sociaux de leurs
activités à travers des indicateurs qu'elles choisissent et d'objectifs qu'elles se donnent. De ce fait,
les entreprises doivent intégrer, par exemple, dans leur reporting extrafinancier, leurs émissions de
CO2 ou leurs consommations d'énergie ou la répartition hommes et femmes de ces cadres
dirigeants sans oublier les investissements dans la formation ou le nombre d'accidents du travail.

Dans le cadre du droit OHADA, des réflexions sont en cours pour donner un cadre juridique à
cet instrument qui valorise le contrôle de la mise en application de la RSE. Cet engouement a une
proportion internationale. C’est le cas du Global Reporting Initiative (GRI), une initiative internationale
qui a progressivement proposé des standards de reporting extrafinancier aux entreprises sur une base
volontaire. Elle a permis aux milliers d'entreprises qui l'utilisent dans le monde de partager le même
référentiel selon le secteur de leurs activités. Ces entreprises doivent intégrer les parties prenantes dans des
rapports pertinents, exhaustifs, neutres, précis, comparables, clairs et contenant des données fiables.

Il en est ainsi, depuis 1976, les principes directeurs de l’OCDE pour les multinationales ; la
déclaration tripartite de l’OIT sur les entreprises multinationales et la politique social en 1977 ; le
Global reporting initiative initiée par le PNUE et la Coalition for Environmentally Responsible
Economies (CERES) en 1997 ; le global Compact/pacte mondial lancé par l’ONU (DH, normes
de travail, environnement, la lutte contre la corruption) en 2000 ; le Livre vert de la Commission
européenne en 2001 ; l’obligation de reporting extrafinancier pour les entreprises cotées en France
en 2001 ; le processus Grenelle Environnement entre 2007 – 2010 ; la norme internationale ISO
26000 Responsabilité sociétale des Organisations en 2010 ; la communication commission
européenne du 25 octobre 2011 « Responsabilité sociale des entreprises : une nouvelle stratégie
de l’UE pour la période 2011-2014 » en 2011 ; la parution le 22 octobre 2014 de la directive
UE sur le reporting extrafinancier des grandes entreprises.

On retient que le reporting extra financier fait son entrée dans le code minier de 2023. En effet,
l’article 173 dispose que : « le plan de fermeture et de réhabilitation est établi en fonction du site
et du type d’exploitation. Il doit être publié sur le site web de l’exploitant ainsi que sur le site web
de l’administration chargée des Mines ». L'idée de soumettre les entreprises maliennes à une
obligation de reporting extrafinancier constitue un impératif puisqu’il progresse dans de nombreux

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Module droit de la responsabilité sociétale des entreprises, Pr Issiaka CISSE, Masters, 2023-2024

pays. Le reporting extrafinancier permet de mesurer les impacts environnementaux et sociaux de


leurs activités à travers des indicateurs qu'elles choisissent et d'objectifs qu'elles se donnent. De ce
fait, les entreprises doivent intégrer, par exemple, dans leur reporting extrafinancier, leurs émissions
de CO2 ou leurs consommations d'énergie ou la répartition hommes et femmes de ces cadres
dirigeants sans oublier les investissements dans la formation ou le nombre d'accidents du travail.

Par ailleurs, en droit comparé, la législation française à travers le droit des procédures collectives
reconnait le reporting extrafinancier. Selon l’art. L623-1 du code de commerce français,
« L'administrateur, avec le concours du débiteur et l'assistance éventuelle d'un ou plusieurs
experts, est chargé de dresser dans un rapport le bilan économique et social de l'entreprise. Le
bilan économique et social précise l'origine, l'importance et la nature des difficultés de l'entreprise.

Dans le cas où l'entreprise exploite une ou des installations classées au sens du titre Ier du livre V
du Code de l'environnement, le bilan économique et social est complété par un bilan
environnemental que l'administrateur fait réaliser dans des conditions prévues par décret en
Conseil d'État ». Cette dispose confirme que les questions sociales et environnementales sont
prises comptes lorsque l’entreprise est soumise aux procédures collectives. C’est ce qui a été
confirmé par le chapitre III relatif à l'élaboration du bilan économique, social et environnemental
du titre II sur la sauvegarde.

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