DIMENSIONNEMENT DES OUVRAGES : BUSES ET DALOTS
1- Calcul en sortie noyée
a- Buse circulaire
• Calcul D ≥ 4xQ avec N le nombre d’ouvertures
Л x N x Umax
• Choisir D tel que D ≥ Dmin
• Calculer L = LC + 2.m(HRmax – D/2)
L = LC + 2.m(HR + D/2)
• Calculer ΔH
ΔH = q² Ke + 2.g.L + 1
2.g.A KS².RH4/3
• Calculer Zam = Zav + ΔH
• Vérifier si Zam < ZLR puis conclure.
b- Buse en arche
• Calculer Amin = Q
[Link]
• Choisir A, D, RH, et 2.g.A² dans le tableau IV-9 de la page 116
• Calculer L, ΔH, et Zam puis conclure.
c- Dalot
• Calculer Amin = Q
[Link]
• Choisir B et D tel que B x D ≥ Amin avec D la largeur en miroir. Souvent,
on considère que D = 2B.
• Calculer L, ΔH, et Zam puis conclure.
1
2- Calcul en sortie libre
a- Buse circulaire
• Calculer D ≥ 4xQ avec N le nombre d’ouvertures
Л x N x Umax
• Faire un choix
• Calculer Q* = Q / N avec Q / N = q
2.g.D5
• Déterminer H1* sur l’une des figures des pages 124 et 126 (buses en
métal) et la page 125 (buses en béton).
• Déduire H1 = H1*. D
• Calculer ZPHE = ZTH + H1
• Vérifier si ZPHE < ZLR
• Calculer la vitesse
➢ Calculer Q* = q avec R = D / 2
g.R5
➢ Déterminer IC* sur la figure de la page 129.
➢ Déduire IC = IC*. g
KS2. R1/3
➢ Calculer Q* = q
KS2. R8/3. IC 1/2
➢ Déduire V* sur la figure de la page 131.
Déduire V = V*. KS2 . R2/3. IC 1/2
➢ Comparer V à Vmax et conclure.
b- Buses en arches
• Calculer Amin = q avec q = Q / N
Umax
• Choisir A, D et RH dans le tableau IV-9 de la page 116
• Calculer L, ΔH, et Zam puis conclure.
2
• Calculer Q* = q avec q = Q / N
A 2.g.D
• Déterminer H1* sur l’une des figures de page 127.
• Déduire H1 = H1*. D
• Calculer ZPHE = ZTH + H1
• Vérifier si ZPHE < ZLR
• Calculer la vitesse
➢ Calculer Q* = q avec R = D / 2
g.R5
➢ Déterminer IC* sur la figure de la page 129.
➢ Déduire IC = IC*. g
KS2. R1/3
➢ Calculer Q* = 6,35 x Q
KS. D8/3. IC 1/2
➢ Déduire V* sur la figure de la page 131.
Déduire V = V*. KS . D2/3. IC 1/2
1,59
➢ Comparer V à Vmax et conclure.
c- Dalot
• Calculer Amin = q avec q = Q / N
Umax
• Choisir B et D tel que A = B x D ≥ Amin avec D la largeur en miroir.
Souvent, on considère que D = 2B.
• Calculer Q* = q avec q = Q / N
A 2.g.D
• Déterminer H1* sur l’une des figures de page 128.
• Déduire H1 = H1*. D
• Calculer ZPHE = ZTH + H1
3
• Vérifier si ZPHE < ZLR
• Calculer la vitesse
➢ Calculer Q* = q
g.D5
➢ Déterminer IC* sur la figure de la page 130.
➢ Déduire IC = IC*. g
KS2. D1/3
➢ Calculer Q* = Q
KS. D8/3. IC 1/2
➢ Déduire V* sur la figure de la page 132.
➢ Déduire V = V*. KS . D2/3. IC1/2
➢ Comparer V à Vmax et conclure.
Les différentes pages des abaques en fonction de l’ouvrage
OAR-CT-VAK 020H4145 Hydraulique Routière BCEOM
116 222
124 236
125 237
126 239
127 244
128 248
129 254
130 258
131 261
132 263
4
HYDROLOGIE STATISTIQUE
1- Loi de Gibrat-Galton
• Calculer 𝐐
̅ , σ et µ3
̅ des débits max annuels Q i
❖ Moyenne arithmétique Q
∑ 𝐐𝐢
̅=
𝐐
𝐍
❖ Ecart-type σ
̅) 𝟐
∑(𝐐𝐢 – 𝐐
𝛔= √
𝐍−𝟏
❖ Moment centré d’ordre 3
𝐍 𝟑
𝛍𝟑 = ̅
∑(𝐐𝐢 – 𝐐)
(𝐍 − 𝟏)(𝐍 − 𝟐)
• Calculer le paramètre Qo
Il est calculé par la méthode des moments en résolvant l’équation suivante :
̅ – Qo, on obtient : µ3.X3 - 3σ4. X2 - σ6 = 0
En posant X = 𝐐
̅–X
En trouvant X, on a : Qo = 𝐐
• Calculer les paramètres a et b
𝟏,𝟓𝟏𝟕 𝟏,𝟏𝟓𝟏𝟑
𝐚= et 𝐛 = ̅ – Q o)
− 𝐚. 𝐥𝐨𝐠(𝐐
𝐚
𝛔𝟐
√𝐥𝐨𝐠 [𝟏+ ̅ ]
(𝐐 – 𝐐𝐨)𝟐
• Calcul de Q(T)
𝟏
➢ Pour T(ans), calculer 𝐅(𝐓) = 𝟏 −
𝐓
➢ Déterminer u(T) sur la table de Gauss (Loi Normale centrée réduite)
connaissant F(T) par interpolation
1
➢ Calculer Q(T)
car u(T)=[Link][Q(T)-Qo]+b
Q(T) = Qo + 10[u(T) - b) / a]
2- Loi de Goodrich
• Calculer Q, σ, µ3
∑ 𝐐𝐢
̅=
𝐐
𝐍
∑(𝐐 – ̅) 𝟐
𝐐
𝛔=√
𝐢
𝐍−𝟏
𝐍 𝟑
𝛍𝟑 = ̅
∑(𝐐𝐢 – 𝐐)
(𝐍 − 𝟏)(𝐍 − 𝟐)
• Calculer φ(n)
φ(n) = µ3 / σ3
• Déterminer n par interpolation à partir du tableau 16 de la page 65
BCEOM
• Calculer Γ1, Γ2 et Γ3 par interpolation à partir de l’annexe 2 Page 336
BCEOM
Γk = Γk (k.n + 1) soit Γ1 = Γ(n+1) ; Γ2 = Γ (2n +1) et Γ3 = Γ (3n + 1)
Sachant que Γ(n) = (n-1).Γ(n-1) si n> 𝟐.
• Calculer Qo et A
−𝟏
𝚪𝟏 .𝛔 𝛔𝟐
̅−
𝐐𝟎 = 𝐐 et 𝐀 = ( 𝟐)
𝟐𝐧
𝚪𝟐 −𝚪𝟏
√𝚪𝟐 −𝚪𝟏 𝟐
𝟏
• Calculer 𝐅(𝐓) = 𝟏 −
𝐓
• Calculer Q(T)
𝐥 𝐧(𝟏 − 𝐅(𝐓)) 𝐧
𝐐(𝐓) = 𝐐𝟎 +[− ]
𝐀
2
3- Loi de Gumbel
• Calculer 𝐐
̅ et σ
∑ 𝐐𝐢
̅=
𝐐
𝐍
∑(𝐐 – ̅) 𝟐
𝐐
𝛔=√
𝐢
𝐍−𝟏
• Calculer Qo
̅ – 0,45.σ
Qo = 𝐐
• Calculer F(T) et Q(T)
𝟏
𝐅(𝐓) = 𝟏 −
𝐓
𝐐(𝐓) = 𝐐𝟎 − 𝟎, 𝟕𝟖𝟎. σ.ln[-lnF(T)]
4- Loi de Frechet
• Calculer log Q
∑ 𝐥𝐨𝐠𝐐𝐢
̅̅̅̅̅̅̅ =
𝐥𝐨𝐠𝐐
𝐍
• Calculer σ
𝟏
𝛔=√ ̅̅̅̅̅̅̅ )𝟐
∑( 𝐥𝐨𝐠𝐐𝐢 – 𝐥𝐨𝐠𝐐
𝐍−𝟏
• Calculer (log Q)o
̅̅̅̅̅̅̅ – 0,45.σ
(log Q)o =𝐥𝐨𝐠𝐐
Calculer F(T)
𝟏
𝐅(𝐓) = 𝟏 −
𝐓
• Calculer u(T)
u(T) = -ln (-ln F(T))
• Déduire Q(T)
Q(T) = 10[(log Q)o – 0,780.σ.ln(-ln(-F))]
3
5- Loi de Person III
• Calculer Q
∑ 𝐐𝐢
̅=
𝐐
𝐍
• Calculer log Q
∑ 𝐥𝐨𝐠𝐐𝐢
̅̅̅̅̅̅̅ =
𝐥𝐨𝐠𝐐
𝐍
• Calculer φ(ɣ)
̅̅̅̅̅̅̅
̅ -𝐥𝐨𝐠𝐐
φ(ɣ) = log 𝐐
• Déterminer 𝛄 par interpolation à partir du tableau 17 page 67 BCEOM.
• Calculer a
𝛄
𝐚=
̅
𝐐
• Déduire u(T)
Utiliser par interpolation l’annexe 3 connaissant ɣ et F(T).
• Calculer Q(T)
𝐮(𝐓)
𝐐(𝐓) =
𝐚
4
HYDROLOGIE DETERMINISTE
1. Méthode rationnelle
C’est une méthode très utilisée, du fait de sa simplicité. C’est probablement à
l’ingénieur irlandais Thomas J. Mulvaney que revient le mérite d’avoir le premier
élaboré la formule rationnelle telle qu’on l’utilise actuellement. La formule rationnelle
s’écrit dans son expression la plus simplifiée, en supposant une pluie qui tombe sur
une surface élémentaire :
𝐐=𝐂×𝐢×𝐀
Elle transcrit donc une proportionnalité entre le débit 𝐐 et
- un coefficient 𝐂 : le coefficient de ruissellement, qui traduit le fait qu’une partie
de l’eau précipitée ne parvienne pas à l’exutoire (pertes au ruissellement) ;
- l’intensité 𝐢 de la pluie : plus la pluie est intense et plus le débit sera important
;
- la surface 𝐀 réceptrice (ou bassin versant) qui, en supposant que la pluie tombe
sur toute cette surface, influence le débit à l’exutoire.
Pour 𝐐 exprimé en m3 /s , 𝐢 exprimée en mm/h et 𝐀 exprimée en ha (C étant sans
unité), la formule rationnelle s’écrit
𝟏
𝐐= ×𝐂×𝐢×𝐀
𝟑𝟔𝟎
1.1 Le coefficient de ruissellement
C’est le rapport :
volume ruisselé (parvenant à l′ exutoire de la surface réceptrice)
C=
volume précipité (sur la surface réceptrice)
On a donc la relation : 𝟎 ≤ 𝐂 ≤ 𝟏
Ce coefficient est en fait très difficile à estimer et on peut avoir plusieurs approches :
• Application de valeurs forfaitaires dans le cas où la nature de la surface du
bassin versant est homogène. On trouve en bibliographie de nombreux
tableaux plus ou moins détaillés et précis proposant des valeurs.
5
Tableau V-1 : Coefficient de ruissellement d’après Bourrier, 1997
6
Tableau V-2 : Coefficient de ruissellement : (à gauche) selon le type de surface (I est
la pente) et (à droite) selon le type d’occupation du sol [Satin, Selmi, 1999]
• Après identification de diverses surfaces homogènes composant la
∑ 𝐀 𝐣 𝐂𝐣
surface en jeu, calcul d’une moyenne pondérée de la forme 𝐂 = ∑ 𝐀𝐣
, où Aj
et Cj sont les surfaces et les coefficients de ruissellement des surfaces
élémentaires. Ces coefficients Cj sont estimés d’après les tableaux précédents.
1.2 Le temps de concentration
1.2.1 Formules empiriques
Elles sont nombreuses et variées ; il faut s’en méfier en hydrologie urbaine car ces
formules ont souvent été calées sur des bassins versants peu urbanisés, voire plutôt
ruraux et, comme toute formule empirique, sa validité reste théoriquement limitée à
l’échantillon qui a servi pour le calage.
Par exemple :
3
√AL
Formule de Pasini : t c = 0,108 [Bourrier, 1997]
√I
L 0,77
Formule californienne : t c = 0,0663 ( ) [Bourrier, 1997]
√I
7
Où tc : temps de concentration en heure
A : Surface en km2
L : Longueur du plus long chemin hydraulique en km
I : Pente en m/m
A
Formule de Nash : t c = 29,3 × ( ) [Chocat, 1997]
I
L0,77
Formule de Kirpich : t c = 0,01947 × [Chocat, 1997]
I0,385
On trouve aussi la formule de Kirpich écrite sous la forme :
𝟏 𝐋𝟏,𝟏𝟓 𝟏 𝐋𝟎,𝟕𝟔𝟓
𝐭𝐜 = × 𝟎,𝟑𝟖𝟓
= × [BCEOM, 1981]
𝟓𝟐 𝐇 𝟓𝟐 𝐩𝟎,𝟑𝟖𝟓
Où tc : temps de concentration en minute
A : Surface en Ha (hectares)
L : Longueur du plus long chemin hydraulique en m
I : Pente moyenne en m/m
H : Dénivelée en m, entre l’exutoire et le point le plus élevé du bassin
Il existe aussi des formules implicites qui sont d’une utilisation plus complexe :
Formule de Askew :
t c = 0,314 × L0,8 × I −0,33 × Q−0,23 [Chocat, 1997]
Formule de Terstriep :
t c = 1,92 × L0,32 × I −0,45 × in −0,64 [Chocat, 1997]
Où tc : temps de concentration en minute
L : Longueur du cours d’eau principal en m
I : Pente moyenne des versants en m/m
Q : Débit moyen de ruissellement sur une durée égale à 2tc en m3/s
in : Intensité moyenne de pluie nette sur une durée au moins égale à tc en
mm/h
On peut enfin citer la formule de Richards très utilisée chez les anglo-saxons :
8
tc 3 K L2
Formule de Richards : = 9,8 [BCEOM, 1981]
tc +1 CR I
où tc : temps de concentration en heures
K : Coefficient fonction du produit CR (voir figure V-5)
L : Longueur du chemin hydraulique en km
C : Coefficient de ruissellement du Bassin versant considéré
h
R=h+ = ic(1 + tc) Où h est la hauteur précipitée (en mm)
tc
pendant la durée t C (en heures) ; h est calculée à partir d’une relation de
Montana par exemple
I : Pente moyenne du bassin versant en m/m
Figure V-5 : valeur de K en fonction de CR dans la formule de Richards.
L’équation K=f(CR) peut s’écrire : K = 3.32642 × 10−14 × (CR)6 −
2.28627 × 10−11 × (CR)5 + 6.35086 × 10−9 × (CR)4 − 9.13077 × 10−7 ×
(CR)3 + 7.21979 × 10−5 × (CR)2 − 3.07942 × 10−3 × (CR) + 0.069981
- A partir de la formule de KIRPICH
𝟏 𝑳𝟏,𝟏𝟓
𝒕𝒄 =
𝟓𝟐 𝑯𝟎,𝟑𝟖𝟓
𝒕𝒄 , le temps de concentration en 𝒎𝒊𝒏 ;
𝑳, distance en m entre l’exutoire et le point le plus éloigné du bassin versant ;
9
𝑯, dénivelée en m entre l’exutoire et le point le plus éloigné du bassin versant
- A partir de la formule de RICHARDS
𝑻𝒄 𝟑 𝒌 𝑳𝟐
=𝒈
𝑻𝒄 + 𝟏 𝑪𝑹 𝒑
𝑻𝒄, étant le temps de concentration en heures
𝒌, coefficient fonction du produit CR
𝑳, longueur du chemin hydraulique en km
De façon empirique, on prend :
𝑳 = 𝟐√𝑺
𝑯
𝑹 = 𝑯 + 𝑻 avec H la hauteur en mm de l’eau tombée pendant la durée 𝑻𝑪
𝒄
Ou encore 𝑹 = 𝒊𝒄 (𝟏 + 𝑻𝒄 ), 𝒊𝒄 intensité moyenne en mm/h correspondant à 𝑻𝒄 en
heure
C le coefficient de ruissellement du Bassin versant considéré
p, la pente du bassin versant considéré
On adopte l’approximation suivante pour le coefficient k :
𝟎,𝟏𝟏𝟐
Pour 𝟎 < 𝑪𝑹 < 𝟓𝟓 on a 𝒌 = (𝑪𝑹)𝟎,𝟓𝟏
𝟎,𝟐𝟔
Pour 𝟓𝟓 < 𝑪𝑹 < 𝟐𝟎𝟎 on a 𝒌 = (𝑪𝑹)𝟎,𝟕𝟐
On peut également utiliser le graphique suivant, construit à partir des formules ci-dessus.
Figure X-3 : estimation du coefficient k en fonction du produit CR
10
En Afrique, les formules les plus utilisées sont celles de Kirpich et de Richards
(d’après BCEOM, 1981). Dans les calculs de tc à partir de l’équation de Richards, on
utilise souvent une valeur initiale estimée par la formule de Kirpich.
Toutes ces formules peuvent donner des résultats assez différents pour un même
bassin versant. C’est pourquoi, pour la mise en œuvre de la méthode rationnelle, on
peut utiliser une méthode plus physique (mais qui fait aussi appel à des relations
empiriques) :
On décompose le temps de concentration 𝐭 𝐜 en deux temps :
- un temps de ruissellement en surface 𝐭 𝐬 avant de rejoindre le réseau
d’assainissement ou le talweg principal;
- un temps de ruissellement en réseau 𝐭 𝐫 (ou dans le talweg principal) jusqu’à
l’exutoire;
On a 𝐭 𝐜 = 𝐭 𝐬 + 𝐭 𝐫 et on estime indépendamment 𝐭 𝐬 et 𝐭 𝐫 .
Cette méthode se justifie bien pour un bassin versant équipé d’un réseau où on peut
effectivement bien distinguer ces deux types d’écoulement.
▪ [OMS, 1992] :
- 15 mn pour des bassins versants de surface inférieure à 5 ha ;
- 15 mn pour des bassins versants jusqu’à 20 ha avec une pente moyenne supérieure
à 0,5% ;
- Pour des bassins versants jusqu’à 20 ha avec une pente moyenne inférieure à
0,5%, on prend un temps de base de 15 mn auquel on rajoute 1 mn par hectare
additionnel à 5ha.
Dans tous les cas, il conviendra de se référer au terrain afin d’ajuster au mieux
ces valeurs.
Cette valeur de 𝐭 𝐫 peut être évaluée par :
𝐋𝐭 𝐣 𝐋𝐭 𝐣 ∶ longueur du jème tronçon de pente uniforme
𝐭𝐫 = ∑ où {
̅𝐣
𝐕 𝐕̅𝐣 ∶ vitesse moyenne d′ écoulement dans ce tronçon
𝐣
̅𝐣 peut être estimée par le rapport Q⁄Sj où Q est le débit, Sj la section
La vitesse 𝐕
d’écoulement du tronçon j.
11
1.3 La période de retour
On choisit souvent T= 10 ans pour les réseaux d’assainissement pluviaux.
Cependant, la tendance actuelle va vers une différenciation de T selon les zones à
protéger. En effet, on associe souvent le risque encouru avec la période de retour.
En fait, le risque doit être défini comme la rencontre entre un événement
perturbateur (la pluie) et un élément vulnérable (la zone urbaine à protéger). Cette
définition permet de distinguer :
• des zones peu vulnérables (en périphérie, peu habitées, sans valeurs
économiques,…) pour lesquelles on admettra des protections pour une
période de retour inférieure à 5 ans par exemple ;
• des zones vulnérables (zone commerciale, industrielle, …) pour lesquelles on
admettra des protections jusqu’à une période de retour de 5 à 10 ans par
exemple ;
• des zones très vulnérables (centre-ville, …) pour lesquelles on admettra des
protections jusqu’à une période de retour égale ou supérieure à 10 ans par
exemple.
Par ailleurs, les ajustements statistiques des courbes IDF sont souvent définis pour
T=10 ans et on ne dispose pas toujours d’ajustement pour T≠10 ans (surtout pour
T> 10 ans). Le tableau qui suit, permet, à partir du calcul de Q (T=10 ans),
d’extrapoler le débit à d’autres périodes de retour.
Enfin, les considérations économiques pourront aussi intervenir dans le choix de la
période de retour dans la mesure où une protection de période de retour élevée
entrainera des coûts plus élevés pas forcément compatibles avec les possibilités
financières.
12
1.4 Mise en œuvre de la méthode rationnelle
L’objectif poursuivi est le dimensionnent d’un réseau d’évacuation des eaux pluviales
; or la méthode rationnelle ne permet que d’estimer un débit de pointe à l’exutoire
d’un bassin versant. Aussi, afin de dimensionner le réseau à l’intérieur d’un bassin
versant, nous sommes amenés à découper le bassin versant en sous-bassins versants
à l’exutoire desquels le réseau pourra véhiculer les eaux collectées.
1.4.1 Découpage en sous-bassins versants
Ce découpage est dicté par :
• la topographie des lieux : l’eau coule des points hauts vers les points bas et le
réseau doit suivre cette logique ; il doit donc suivre les talwegs en collectant au
fur et à mesure des zones de plus en plus basses.
• Un plan d’urbanisation (si celui-ci existe) : le réseau doit suivre dans la mesure
du possible les voies de circulation (surtout s’il est à surface libre).
Il y a toujours plusieurs solutions possibles de découpage en sous-bassins versants
respectant les contraintes précédentes. L’expérience du projeteur est ici très
importante. En milieu urbain, la voirie y joue un rôle important.
1.4.2 Assemblage des bassins versants
Le problème suivant est d’assembler les bassins versants, notamment pour obtenir
des temps de concentration pour les assemblages. Il y a deux cas selon que les bassins
versants sont en série ou en parallèle.
▪ Bassins versants en série
On considère un bassin versant que l’on découpe en 2 sous-bassins versants.
Figure V-6 : Bassins versants en série
Ici, on va dimensionner les canaux (ou les conduites) nommés 𝐂𝟏−𝟐 et 𝐂𝐚𝐯𝐚𝐥 .
13
Sur le BV1, on pourra aussi mettre en place un canal. Si le BV1 est grand, il faudrait
en toute rigueur procéder à un autre découpage pour identifier les différents débits
et adapter un réseau sur ce bassin versant. Sinon, un canal de taille minimale sera
suffisant (dans ce cas, une méthode itérative pourra s’avérer nécessaire pour estimer
le temps de concentration).
On considère que le canal 𝐂𝟏−𝟐 ne transite que le débit issu du BV1, et que le
canal 𝐂𝐚𝐯𝐚𝐥 transite les eaux issues des BV1 et BV2.
Les données nécessaires sont des relations IDF pour la zone concernée et pour les
sous-bassins versants :
- les surfaces (A1 et A2);
- le coefficient de ruissellement (C1 et C2);
- le temps de concentration (tc1 et t tc2).
-
Au point P1
Le débit Q1 (au point P1 ) sera calculé par la formule rationnelle 𝐐𝟏 (𝐓) =
𝐂𝟏 × 𝐢(𝐓, 𝐭 𝐜𝟏 ) × 𝐀𝟏 .
Cette valeur permet de dimensionner le canal 𝐂𝟏−𝟐 et d’estimer un temps de
parcours t p1−2 .
Au point P2
On est dans le cas de 2 sous-bassins versants en série. Pour calculer Q 2 (au point P2 )
par la formule rationnelle :
- La surface à prendre en compte est la somme des surfaces (𝐀𝟏 + 𝐀𝟐 ) ;
∑ 𝐂𝐣 𝐀 𝐣
- Le coefficient de ruissellement à prendre en compte est 𝐂 = ∑ 𝐀𝐣
- Le temps de concentration à prendre en compte est le maximum des deux
valeurs (𝐭 𝐜𝟏 + 𝐭 𝐩𝟏−𝟐 ) et (𝐭 𝐜𝟐 )
Ces formules d’assemblage de bassins versants en série peuvent parfois conduire à
des anomalies. On applique donc la règle suivante :
𝐒𝐢 𝐐é𝐪 > ∑(𝐐𝐣 ) 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐐é𝐪 = ∑(𝐐𝐣 )
On notera également que le débit équivalent doit vérifier :
𝐒𝐢 𝐐é𝐪 < 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 ) 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐐é𝐪 = 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 )
Remarque
Cette condition admet comme hypothèse que les pointes de débits ne sont pas
amorties pendant leur transfert dans les réseaux, alors que cet amortissement existe
14
toujours. Cependant, cette hypothèse peut être admise dans la mesure où les bassins
versants sont petits, donc les amortissements faibles.
Remarque
Ces deux conditions sont en fait souvent vérifiées de facto, mais leur prise en compte
par le projeteur permet parfois de mettre en évidence des erreurs de calcul.
▪ Bassins versants en parallèle
Figure V-7 : Bassins versants en parallèle
Ici, on dimensionnera uniquement le canal 𝐂𝐚𝐯𝐚𝐥 .
Les données nécessaires sont les mêmes que précédemment. Pour calculer Q1Π2 (au
point P1Π2 ) par la formule rationnelle :
- La surface à prendre en compte est la somme des surfaces (𝐀𝟏 + 𝐀𝟐 ) ;
∑ 𝐂𝐣 𝐀 𝐣
- Le coefficient de ruissellement à prendre en compte est 𝐂 = ∑ 𝐀𝐣
- Le temps de concentration à prendre en compte est le maximum des deux
valeurs 𝐭 𝐜𝟏 et 𝐭 𝐜𝟐
De même que pour les bassins versants en série, il est utile de vérifier :
𝐒𝐢 𝐐é𝐪 > ∑(𝐐𝐣 ) 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐐𝐚 = ∑(𝐐𝐣 )
𝐒𝐢 𝐐é𝐪 < 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 ) 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐐𝐚 = 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 )
Par conséquent, 𝐐𝐚 = 𝐐é𝐪 .
1.5 Limites de la méthode rationnelle
L’hypothèse de paramètres (notamment le coefficient de ruissellement) homogènes
sur la surface réceptrice va induire une limite de la méthode concernant la taille du
bassin versant où on met en œuvre la formule rationnelle. [Chocat, 1997] préconise
des surfaces inférieures à quelques dizaines d’hectares, alors que [BCEOM, 1981]
15
précise que, pour des conditions théoriques appliquées à cette méthode, la surface
ne peut excéder 4 km2, soit 400 ha.
Cependant, on peut trouver certaines études où la méthode rationnelle est mise en
œuvre sur des surfaces allant jusqu’à 1000 ha. Le projeteur devra dans ces cas
extrêmes bien prendre conscience de l’incertitude induite sur les débits calculés en
fonction de l’hétérogénéité de la surface réceptrice.
Théoriquement, la méthode rationnelle surestime les débits à évacuer dans la mesure
où elle n’intègre en rien d’effet dynamique du réseau, et notamment les effets de
stockage.
Par ailleurs, cette méthode est incapable de prendre en compte toute complexité
structurelle du réseau (notamment l’existence d’ouvrages spéciaux comme les bassins
de retenue) et toute complexité fonctionnelle du réseau (mise en charge, influence
aval, . . .).
2 LA METHODE SUPERFICIELLE (FORMULE DE CAQUOT)
2.1 Principe
La méthode superficielle peut être considérée comme une évolution de la méthode
rationnelle. Elle intègre deux autres phénomènes qui interviennent dans le
ruissellement urbain :
- un stockage temporaire de l’eau dans le réseau ;
- le fait que le temps de concentration du bassin versant dépende du débit (donc
de la période de retour choisie).
On sait déjà que le débit maximum sur le bassin versant se produira à l’instant 𝐭 =
𝐭𝐜.
On trouve souvent cette formule sous la forme :
𝟏 𝐯(𝐓) 𝟏
𝐐(𝐓) = 𝐊(𝐌, 𝐓) 𝐮(𝐓) × 𝐈 𝐮(𝐓) × 𝐂 𝐮(𝐓)
𝐰(𝐓)
× 𝐀 𝐮(𝐓)
16
2.2 Coefficients de la formule de Caquot
Ces coefficients ont été calés à partir de mesures sur des bassins versants
expérimentaux occidentaux (France, USA) et Africains (à Ouagadougou, Niamey et
Abidjan).
Dans la mesure où l’on a affaire à des calages expérimentaux, ces valeurs ne sont
censées s’appliquer qu’aux sites où elles sont calées.
• coefficients a(T) et b(T) de la formule de Montana exprimée avec l’intensité
i en
mm/mn et le temps t en mn ;
• la pente I en m/m ;
• la surface A en Ha ;
• le débit est alors obtenu en m3 /s
La formule de Caquot est souvent présentée pour la valeur particulière de M=2,
sachant qu’alors une correction notée (m) devra être appliquée à la valeur trouvée du
débit si M≠2.
Pour M=2, nous avons µ=0,34 ;
La formule de Caquot s’écrit alors :
𝟏
−𝟎,𝟒𝟏×𝐛(𝐓) 𝟏
𝐚(𝐓)×𝟎,𝟑𝟒𝐛(𝐓) 𝟏+𝟎.𝟐𝟖𝟕×𝐛(𝐓)
𝐐(𝐓)𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐌=𝟐 = [ ] ×𝐈 𝟏+𝟎,𝟐𝟖𝟕×𝐛(𝐓) ×𝐂 𝟏+𝟎,𝟐𝟖𝟕×𝐛(𝐓) ×
𝟖,𝟒
𝟎,𝟓𝟎𝟕×𝐛(𝐓)+𝟎,𝟗𝟓
𝐀 𝟏+𝟎,𝟐𝟖𝟕×𝐛(𝐓)
𝛍(𝐌) 𝟎,𝟏𝟗×𝐌 𝟎,𝟖𝟒 𝐌 𝟎,𝟖𝟒
On écrit : = =( )
𝛍(𝟐) 𝟎,𝟏𝟗×𝟐𝟎,𝟖𝟒 𝟐
𝐛(𝐓)
𝐐(𝐓)𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐌≠𝟐 𝐌 𝟎,𝟖𝟒𝟏−𝐛(𝐓)×𝐟
𝐦= =( )
𝐐(𝐓)𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐌=𝟐 𝟐
𝐐(𝐓)𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐌≠𝟐 = 𝐦 × 𝐐(𝐓)𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐌=𝟐
On a constaté qu’une valeur de M<0,8 conduisait à des résultats non satisfaisants ;
aussi, cette valeur de 0,8 constitue une limite inférieure de M.
On applique donc la règle :
𝐒𝐢 𝐌 < 𝟎, 𝟖 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐌 = 𝟎, 𝟖
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Remarque
Des études ultérieures à l’établissement de cette formule superficielle ont montré que
𝐛(𝐓)
𝐌 𝟎,𝟖𝟒𝟏−𝐛(𝐓)×𝐟
la correction 𝐦 = (𝟐) avait un effet correcteur trop prononcé et
𝐌 𝟎,𝟕×𝐛(𝐓)
proposent donc la correction suivante : 𝐦 = ( )
𝟐
2.3 Calcule de la pente
II s’agit de la pente calculée selon le plus long chemin hydraulique du réseau. Cette
pente peut se décomposer en plusieurs tronçons de pente homogène. Dans ce cas,
on calcule une pente équivalente avec la formule :
𝟐
(∑ 𝐋𝐣 )
𝐈= 𝟐
𝐋𝐣
(∑ )
√𝐈 𝐣
2.4 Calcul du coefficient de ruissellement
Le coefficient de ruissellement est par exemple estimé à partir de valeurs forfaitaires
telles que dans les tableaux du chapitre 5.
Nous rappelons que l’on peut estimer un coefficient de ruissellement moyen sur un
bassin versant à la surface hétérogène par la formule :
∑ 𝐂𝐣 × 𝐀 𝐣
𝐂=
∑ 𝐀𝐣
En milieu urbain dense, certains auteurs préconisent d’estimer le coefficient de
ruissellement par le coefficient d’imperméabilisation du bassin versant.
∑ surfaces imperméables
Cimp =
surface totale
Les limites d’application des coefficients numériques de la formule de Caquot sont :
𝟎, 𝟐𝟓 < 𝐂 < 𝟎, 𝟖𝟎
2.5 Calcul de la surface
C’est le paramètre le plus simple à évaluer, puisqu’il s’agit simplement de la surface
du bassin versant où on veut estimer le débit pluvial maximal.
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Il semblerait qu’une limite supérieure à 200 hectares pour la version africaine de
la formule superficielle soit plus raisonnable. En effet, seul un bassin versant
expérimental testé par Sighomnou affichait une surface supérieure à 200ha ce qui
constitue un échantillon insuffisant pour être valide.
2.6 Mise en œuvre de la méthode de Caquot
Ici, il s’agit d’élaborer des paramètres (surface, coefficient de ruissellement, pente,
allongement) équivalent pour des bassins versants en série et en parallèle.
▪ Bassins versants en série
Le tableau suivant résume les différentes valeurs équivalentes de chaque paramètre
Tableau VI-1: Paramètres équivalents des bassins versants en série pour Caquot
Ces formules d’assemblage de bassins versants en série peuvent conduire à des
anomalies. On applique donc la règle suivante :
𝐒𝐢 𝐐é𝐪 < 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 ) 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐐é𝐪 = 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 )
Remarque
En toute rigueur, on devrait aussi vérifier :
𝐒𝐢 𝐐é𝐪 > ∑(𝐐𝐣 ) 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐐𝐚 = ∑(𝐐𝐣 )
𝐒𝐢 𝐐é𝐪 < 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 ) 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐐𝐚 = 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 )
Par conséquent, 𝐐𝐚 = 𝐐é𝐪 .
▪ Bassins versants en parallèle
Les paramètres équivalents s’élaborent par les formules :
Tableau VI-1: Paramètres équivalents des bassins versants en parallèle pour Caquot
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Ces formules d’assemblage de bassins versants en parallèle peuvent conduire à des
anomalies. On applique donc la règle suivante :
𝐒𝐢 𝐐é𝐪 > ∑(𝐐𝐣 ) 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐐𝐚 = ∑(𝐐𝐣 )
𝐒𝐢 𝐐é𝐪 < 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 ) 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐐𝐚 = 𝐌𝐚𝐱(𝐐𝐣 )
Par conséquent, 𝐐𝐚 = 𝐐é𝐪 .
2.7 Limites de la méthode de CAQUOT
Tout comme la méthode rationnelle, Caquot ne donne qu’une indication du débit
maximum à l’exutoire du bassin versant, et rien sur la forme de l’hydrogramme
(variation du débit en fonction du temps) ou le volume de la crue.
Elle ne s’applique qu’à des bassins versants urbains, homogènes et équipés d’un
réseau d’assainissement correctement dimensionné, sans complexité structurelle
et/ou fonctionnelle.
Enfin, on retiendra les limites sur les caractéristiques physiques des bassins versants
étudiés liées aux bassins versants expérimentaux qui ont servis au calage des
paramètres de la formule de Caquot.
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