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Guide de recherche en Afrique de l'Ouest

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DRAO - Direction régionale de l’Afrique de l’Ouest

GUIDE
pour l’organisation
de la recherche scientifique
en Afrique de l’Ouest francophone
Guide pour l’organisation
de la recherche scientifique
en Afrique de l’Ouest francophone
Préface du Professeur Jean-Paul de GAUDEMAR,
Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF)

..............................
Creative Commons 2019 Agence universitaire de la Francophonie
SOMMAIRE

PREFACE...........................................................................................7
AVANT-PROPOS..............................................................................11
INTRODUCTION............................................................................14
Chapitre 1 : RAPPEL DES CONCEPTS..........................................22
I. Missions de la recherche.......................................................23
II. Métiers de la recherche.........................................................25
III. Modes d’interaction des disciplines dans les activités de
recherche : de la monodisciplinarité à la transdisciplinarité.............28
IV. Valorisation des résultats de la recherche..............................30
Chapitre 2 : DÉFINITION D’UNE POLITIQUE NATIONALE DE
RECHERCHE ET D’INNOVATION................................................33
I. Introduction...........................................................................34
II. Etat des lieux de la politique de recherche et d’innovation en
Afrique de l’Ouest francophone........................................................35
III. Les fondements d’une politique nationale de recherche et
d’innovation......................................................................................37
IV. Conclusion............................................................................51
Chapitre 3 : QUELQUES MODELES DE GOUVERNANCE DU
SYSTEME NATIONAL DE RECHERCHE ET D’INNOVATION
DANS LE MONDE..........................................................................52
I. Introduction...........................................................................53
II. Cas de la France....................................................................54
III. Cas de la Tunisie...................................................................72
V. Cas de l’Afrique du Sud........................................................94

3
VI. Cas des Etats-Unis d’Amérique..........................................100
Chapitre 4 : TYPOLOGIE ET ORGANISATION DES STRUCTURES
DE RECHERCHE...........................................................................108
I. Introduction.........................................................................109
II. Caractéristiques d’une équipe, d’un laboratoire, d’un centre et
d’une unité mixte de recherche.......................................................112
III. Conclusion..........................................................................123
Chapitre 5 : GESTION DU CYCLE DE VIE DES STRUCTURES DE
RECHERCHE .................................................................................124
I. Introduction.........................................................................125
II. Création d’une équipe, d’un laboratoire, d’un centre ou d’une
unité mixte de recherche.................................................................127
III. Prolongation et restructuration d’une équipe, d’un laboratoire,
d’un centre ou institut et d’une unité mixte de recherche...............138
IV. Fermeture............................................................................145
CONCLUSION GENERALE........................................................147
ANNEXES......................................................................................148
ANNEXE 1 : MODELE DE TEXTE FIXANT LES NORMES
D’ORGANISATION, DE FONCTIONNEMENT ET DE GESTION
DU CYCLE DE VIE DES STRUCTURES DE RECHERCHE
APPLICABLES AUX INSTITUTIONS D’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR ET ORGANISMES DE RECHERCHE...................149
ANNEXE 2 : GLOSSAIRE............................................................169
BIBLIOGRAPHIE..........................................................................175
REMERCIEMENTS......................................................................182

4
LISTE DES TABLEAUX

Tableau I. Etat des lieux de la politique de recherche et d’innovation


en Afrique de l’Ouest Francophone...................................................36
Tableau II. Critères et sous-critères d’évaluation.............................42
Tableau III. Nomenclature des structures de recherche à l’Université
de Cape Town...................................................................................99
Tableau IV. Définition et mandat de recherche...............................113
Tableau V. Organes de gestion........................................................115
Tableau VI. Composantes d’une équipe, d’un laboratoire, d’un centre
(ou institut) et d’une unité mixte de recherche...............................116
Tableau VII. Fonctions statutaires des enseignants-chercheurs,
chercheurs et doctorants...............................................................119
Tableau VIII. Effectifs physiques des structures de recherche......122
Tableau IX. Caractéristiques des phases du cycle de vie d’une structure
de recherche.....................................................................................126
Tableau X. Structuration des institutions d’enseignement supérieur et
des organismes de recherche..........................................................128
Tableau XI. . Procédure pour la création d’une équipe, d’un laboratoire
ou d’un centre (ou institut) de recherche.........................................132
Tableau XII. Procédure pour la création d’une unité mixte de
recherche....................................................................................135
Tableau XIII. Composition des dossiers et critères d’évaluation des
demandes de création......................................................................137
Tableau XIV. Procédure pour la prolongation ou la restructuration
d’une équipe, d’un laboratoire ou d’un centre de recherche...........140
Tableau XV. Procédure pour la prolongation ou la
restructuration d’une unité mixte de recherche.................142
Tableau XVI. Composition des dossiers et critères d’évaluation
des demandes de prolongation ou de restructuration..................143

5
LISTE DES FIGURES

Figure 1. Continuum des contributions disciplinaires à la


connaissance.....................................................................................30

Figure 2. Liens hiérarchiques d’une équipe d’une université...........129

Figure 3. Liens hiérarchiques d’une équipe de recherche d’une


école ou d’un institut non rattachés à une université et d’un
organisme de recherche........................................................................129

Figure 4. Liens hiérarchiques d’un laboratoire....................................130

Figure 5. Liens hiérarchiques d’un centre...........................................130

Figure 6. Liens hiérarchiques d’une unité mixte..................................131

6
PREFACE

A l’initiative de sa Direction régionale Afrique de l’Ouest, l’AUF


propose, dans le cadre de son appui à la structuration des systèmes
nationaux de recherche et d’innovation, un Guide pour l’organisation
de la recherche scientifique en Afrique de l’Ouest francophone.
L’objet de cet ouvrage est à la fois très modeste et très ambitieux.
Très modeste : il s’agit en effet de parcourir les façons dont, dans
quelques pays, la recherche est structurée et d’en tirer quelques
enseignements pour les pays francophones qui voudraient engager un
effort en ce sens. Rien de très original donc sinon cette description fine
tirée de l’expérience d’ailleurs des exigences et des standards auxquels
toute politique publique volontariste doit répondre en ce domaine.
D’où l’ambition qui perce derrière cette modestie. Car il s’agit de
rien moins que de souligner l’importance d’une telle émergence en
Afrique d’une recherche fondamentale ou appliquée enfin structurée
à partir de normes simples mais indispensables pour doter enfin le
continent de ce dont il manque encore cruellement dans la plupart des
pays francophones.
Ce manque est doublement dommageable.
D’abord pour la qualité de l’enseignement supérieur délivré dans
les établissements : un enseignement supérieur qui ne serait pas
en permanence renouvelé et revivifié par la recherche est voué
à l’appauvrissement voire à la médiocrité, notamment dans les
disciplines à évolution rapide.
Ensuite pour le développement du pays : la recherche scientifique est
aujourd’hui acceptée par tous comme un secteur stratégique à l’origine
de progrès socio-économique. En mobilisant intelligence et créativité,
elle a, par ses applications, apporté à l’humanité d’immenses progrès.
Inversement sa faiblesse, son manque de structuration empêchent,
malgré des taux de croissance souvent élevés, un développement à la
hauteur des ambitions des pays en émergence.
Un autre effet pervers de cette situation est le peu d’espoir qu’elle
laisse entrevoir aux innombrables brillants jeunes chercheurs africains
de pouvoir conduire leurs travaux dans leurs pays dans de bonnes
conditions ou de pouvoir y revenir pour le faire après une mobilité
doctorale ou post-doctorale.

7
Certes plusieurs analyses concordantes des pratiques de recherche en
Afrique francophone révèlent une amélioration en cours des capacités
scientifiques et technologiques du continent. A l’AUF, nous en sommes
témoins à travers les quelques trois cents universités africaines
membres de notre réseau.
Mais ces analyses révèlent aussi que beaucoup reste à faire :
- Beaucoup de pays n’ont pas de politique coordonnée de leurs
potentialités de recherche du fait d’une absence de politique
nationale de recherche ;
- De nombreux chercheurs sont isolés. En effet, nombre
de chercheurs, qui auraient eu un grand intérêt à travailler
ensemble, s’ignorent parce qu’il n’existe pas dans les systèmes
nationaux de recherche et d’innovation de dispositifs qui
pourraient favoriser la création de structures fédératives dans
lesquelles les spécialistes de différentes disciplines pourraient
collaborer avec des moyens communs ;
- La recherche est presque partout dans une situation précaire
car elle souffre d’un cruel défaut de financement durable ;
- L’évaluation, qui est fondamentale dans ses effets sur la
qualité et les orientations de la recherche, est absente dans
les systèmes nationaux de recherche et d’innovation.

L’ouvrage s’appuie également sur l’observation de l’environnement


scientifique actuel.
Il révèle en effet que la recherche scientifique a changé dans son
organisation et son financement du fait de :
- l’interdisciplinarité de la science. De nos jours, différentes
disciplines s’épaulent les unes les autres, et mieux, donnent
naissance à des champs et des disciplines entièrement
nouveaux ;
- la complexité des problèmes scientifiques à résoudre qui exigent
de vastes réseaux d’observations, de mesure ou d’analyse ;
- le changement de stratégie dans le financement de la
recherche. De nombreux programmes de financement de la
recherche favorisent de plus en plus des projets de recherche
pluridisciplinaires qui prennent en compte la nature économique

8
et sociale des problèmes.

De là les destinataires visés par cet ouvrage. Il a en effet pour


objectifs de fournir des informations et de proposer des outils et des
normes de référence :
- Aux gouvernements, afin d’éclairer leur prise de décisions
stratégiques concernant l’élaboration de leur politique de
recherche et d’innovation et la construction de leur SNRI ;
- Aux responsables des institutions d’enseignement supérieur et
organismes de recherche, afin d’éclairer leur prise de décisions
concernant l’organisation et la gestion du cycle de vie de leurs
structures de recherche ;
- Aux enseignants-chercheurs et chercheurs, afin de les aider à
préparer les dossiers de demande d’accréditation des structures
de recherche qu’ils animent.

L’Agence universitaire de la Francophonie est consciente de cette


situation et des nécessités voire des urgences qu’elle engendre. C’est
pourquoi, dans son plan stratégique 2017-2021, elle a inscrit deux
axes stratégiques visant explicitement à aider les pays à structurer
leur système national de recherche et d’innovation et à renforcer la
contribution de leurs établissements d’enseignement supérieur au
développement économique, social et environnemental. Ces deux
axes sont :

- Axe 2 : Contribuer à la structuration et au développement de


la recherche dans un cadre national et international, et soutenir
l’implication des établissements membres dans ce processus ;

- Axe 7 : Renforcer la contribution des établissements membres


au développement économique, social et environnemental.

9
Dans le cadre de ces axes stratégiques, de nombreux projets ont été mis
en œuvre par l’AUF, avec et au bénéfice de ses établissements membres,
afin de contribuer au renforcement de la qualité de la formation, de
la recherche et de la gouvernance et de renforcer l’implication des
universités dans le développement économique, social et culturel des
sociétés.

Il y a ainsi nécessité de politiques publiques volontaires comme d’une


meilleure coordination des efforts des différents acteurs concernés en
vue de faire émerger les systèmes nationaux et locaux de recherche et
de recherche-développement dont l’Afrique francophone a tellement
besoin aujourd’hui, mais aussi afin d’éviter les dispersions et d’accroître
l’efficience de ses ressources financières et de son potentiel humain.

Dans cette double perspective, j’ai la certitude que ce guide peut être
utilement exploité, y compris dans d’autres aires géographiques que
l’Afrique de l’Ouest.
C’est pourquoi je souhaite remercier chaleureusement les experts qui
ont été mobilisés dans le long processus qui a abouti à la publication
de ce guide, ainsi que la Commission régionale des d’experts de
l’AUF en Afrique de l’Ouest et tous les personnels de l’AUF qui s’y
sont impliqués.

Professeur Jean-Paul de GAUDEMAR


Recteur de l’AUF

Juillet 2019

10
AVANT-PROPOS

La recherche scientifique en Afrique francophone et son impact sur


le développement est un sujet de préoccupation croissant pour les
pouvoirs publics et les acteurs de la recherche. C’est pourquoi, après
avoir élaboré, édité dès 2014 un livre blanc sur les bonnes pratiques
des écoles doctorales (url : [Link]
blanc-des-ecoles-doctorales-francophonie/), l’Agence universitaire
de la francophonie poursuit son appui à la structuration des systèmes
nationaux de recherche innovation (SNRI) en proposant cette fois,
un guide pour la création, l’organisation et le fonctionnement des
structures de base des SNRI et d’accueil des doctorants : équipes,
laboratoires, centres ou instituts, unités mixtes de recherche.
L’ouvrage est fondé sur une analyse de l’état de la recherche scientifique
et des appareils de recherche existants en Afrique de l’Ouest, analyse
qui a permis de relever plusieurs facteurs limitant le fonctionnement
et le développement d’une recherche scientifique et technologique :
- L’absence de structuration et de stratégie de recherche
scientifique et d’innovation,
- La prédominance de la recherche individuelle,
- La dispersion des infrastructures et l’éparpillement des moyens,
- Le manque d’évaluation, de régulation et la faiblesse du
pilotage du système de recherche.
Cet ouvrage se propose donc d’accompagner la mise en place et
la consolidation des systèmes nationaux de recherche innovation
(SNRI). Il propose un ensemble de normes et de règles qui visent à
organiser et mettre de l’ordre en amont et en aval dans le paysage
de la recherche. L’objectif est de promouvoir une synergie entre les
enseignants chercheurs en favorisant leur regroupement par affinités
dans des entités de recherche réunissant une masse critique minimale
(équipe, laboratoire, centre ou institut, unité mixte). La recherche
est le moteur du progrès et une source de renouvellement pour le
continent. La construction ou/et la consolidation des SNRI devrait
rendre possible une véritable politique de recherche harmonisée à la

11
stratégie de développement.
La tendance en cours dans l’espace francophone est gouvernée par la
logique de la gestion par les objectifs, l’instauration effective d’une
gouvernance par les performances et la construction d’une stratégie
nationale d’évaluation qui prend en compte toutes les missions de
l’université. Pour promouvoir l’excellence et dynamiser la production
scientifique, le contrat de performance (CDP), instrument par lequel
l’université et le ministère s’associent, peut donner la priorité à la
consolidation des structures de recherche universitaire. Les tutelles
(ministères, universités) pourront s’inspirer utilement de la démarche
proposée dans ce guide : une appropriation puis une contextualisation
des normes. Les acteurs de la recherche doivent être consultés
dans toutes les étapes du processus pour que la réorganisation du
paysage de la recherche n’inhibe pas ou ne perturbe pas l’efficacité
des structures de recherche déjà existantes. L’évaluation stratégique,
lors de l’accréditation des structures de recherche, doit prendre en
compte la finalité de l’attente envers la recherche : renouvellement des
connaissances, prévention du vieillissement de la population SNRI,
mieux être sociétal et développement.
L’AUF ambitionne à travers cette initiative d’apporter sa contribution
à l’amélioration de la structuration et de la gouvernance de la
recherche en Afrique francophone. Je souhaite remercier les experts
pour leur grande disponibilité et leur engagement « militant » envers
cette mission. J’exprime aussi ma reconnaissance à la commission
régionale d’experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest qui a porté avec
nous ce projet.

Professeur Jemaiel Ben Brahim


Directeur régional AUF – Afrique de l’Ouest

Juillet 2019

12
13
INTRODUCTION

La lecture des différents documents produits par l’Union Africaine


(UA–NEPAD, 2010 ; 2014) révèle que les dirigeants africains ont pris
conscience de la nécessité d’investir dans la recherche, la science, la
technologie et l’innovation pour faire face aux défis socio-économiques
auxquels ils sont confrontés. Cette prise de conscience s’est traduite par
le renforcement des capacités scientifiques et techniques de l’Afrique
ces 20 dernières années. En effet :

- des centres régionaux de recherche ont été créés ;


- quelques milliers d’institutions nationales de recherche et
d’enseignement supérieur ont été mises en place ;
- des milliers de scientifiques et d’ingénieurs ont été formés.
Selon l’UNESCO (2015), l’Afrique comptait 187 500 chercheurs en
2013, ce qui représente 2,4% de l’effectif mondial. De 2007 à 2013,
cet effectif a augmenté d’environ 26%.
Malgré ce renforcement des capacités scientifiques et techniques, la
recherche et l’innovation sont à la traîne en termes de productions
scientifiques et technologiques.
Le rapport de l’UNESCO sur la science publié en 2015 (UNESCO,
2015), indique que le taux de croissance du nombre de publications
des chercheurs d’Afrique a été de 60,1 % entre 2008 et 2014 et de 51%
en Afrique subsaharienne. Mais la part des publications de l’Afrique
dans le monde n’était que de 2,6% en 2014 et celle de l’Afrique
subsaharienne ne représentait que 1,4% la même année.

Un rapport publié en 2014 conjointement par la Banque Mondiale


et Elsevier (WORLD BANK & ELSEVIER, 2014) donne les
informations suivantes sur la quantité et la qualité des publications
des chercheurs d’Afrique subsaharienne (à l’exception de l’Afrique du
Sud) entre 2003 et 2012 :
- les publications en sciences, technologies, ingénierie

14
et mathématiques (STIM) n’ont représenté que 29%
des recherches scientifiques de cette partie de l’Afrique
subsaharienne pendant cette période ;
- la part de la recherche dans les domaines des STIM a diminué
de 0,2% par an depuis 2002 ;
- en 2012, la qualité de la recherche en STIM mesurée par son
index de citation, était de 0,68 (32% en dessous de la moyenne
mondiale). Cet index de citation est pratiquement resté le
même depuis 2003.
L’Afrique a perdu en deux décennies des «parts de marché» dans
l’arène des publications mondiales. Certains pays de l’Afrique ont
reculé dans tous les domaines. Des domaines entiers de compétence
ont régressé, ou semblent même avoir disparu, même si les potentiels
restent latents.
Les domaines de productions scientifiques sont très typés : l’agriculture
et la santé dominent largement, avec plus de 80% de la production.
Les sciences exactes et de l’ingénieur progressent très lentement. Les
universités sont à peu près les seules à s’y consacrer. La production
des sciences sociales est faible, peu interprétative, surtout ruraliste ou
consacrée au patrimoine.
Il faut noter que la part de l’Afrique dans la science mondiale continue
à diminuer. Le peu de pays africains où la production scientifique est
substantielle et même en croissance ne sont pas aussi productifs que
des pays en voie de développement ailleurs dans le monde.
En matière d’innovations technologiques, l’Union Africaine et les
Nations Unies, dans un document de travail publié en 20141 relèvent
que :
- l’Afrique détenait 0,8 % des demandes de brevets déposées
dans le monde en 2012 et que les trois quarts des demandes

1 UNION AFRICAINE/ NATIONS UNIES/ CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL /COM-


MISSION ÉCONOMIQUE POUR L’AFRIQUE (2014). Innovations et transfert de technologie
au service du renforcement de la productivité et de la compétitivité en Afrique. Document de
travail, 7ème réunion annuelle conjointe de la Conférence des ministres africains des finances,
de la planification et du développement économique de la Commission économique pour
l’Afrique et de la Conférence des ministres de l’économie et des finances de l’Union africaine.

15
déposées étaient le fait de non-résidents ;
- les exportations de produits de haute technologie de l’Afrique
représentent environ 5% du total de ses exportations de biens
dans le monde.
Globalement, l’Afrique pèse peu en articles scientifiques, en brevets et
en échanges de produits de haute technologie. Les principales causes
de cette situation sont les suivantes.

• L’absence, dans la plupart des pays, d’une politique pu-


blique de recherche et d’innovation.

L’absence de politique de recherche et d’innovation est le premier


grand écueil du développement d’un véritable système national de
recherche et d’innovation (SNRI). L’organisation de la recherche et de
l’innovation est sous-entendue, en amont, par la politique de recherche
et d’innovation définie par le pays2.

• L’absence, dans la plupart des pays, d’un système national


de recherche et d’innovation structuré et performant.

Un système national de recherche et d’innovation non structuré c’est-


à-dire constitué d’un ensemble de dispositifs épars, de financements
émiettés et de multiples cloisonnements ne permet pas à la recherche
et à l’innovation de s’exprimer pleinement et efficacement.

• Un système de recherche et d’innovation fonctionnant,


dans la plupart des pays, sans véritable cadre juridique.

La recherche et l’innovation ont besoin d’un cadre juridique qui les


organise, assure leur promotion et garantit leur financement. Ce cadre
sert également de fondement à l’édification d’un SNRI.

2 L’élaboration d’une politique nationale de recherche et d’innovation est la rédaction d’un


document présentant les orientations, les priorités, la programmation des investissements et les
mécanismes d’évaluation.

16
• Une tutelle administrative et technique de la recherche et
de l’innovation émiettée dans la plupart des pays.

La dispersion de la recherche et de l’innovation entre de nombreux


ministères et agences ajoutée à l’absence de structure permanente et
effective au plus haut niveau pour assurer la coordination horizontale
entre ces ministères et agences, rend difficile la mise en cohérence du
système dans son ensemble.

• Le faible niveau d’investissements dans la recherche et


l’innovation.

L’insuffisance de financement de la recherche et de l’innovation dilue


la qualité scientifique.
L’un des indicateurs de recherche-développement (R-D) le plus
commun et le plus cité est le montant de la somme qu’un pays alloue
à la R-D en terme de pourcentage de son PIB. Cet indicateur est la
dépense intérieure brute consacrée à la recherche-développement
(DIRD).
Les pays africains se sont fixés comme objectif de consacrer 1%
de leur PIB à la recherche-développement. Mais selon l’Agence de
Coordination et de Planification du NEPAD, aucun pays n’a atteint cet
objectif (AU-NEPAD, 2014).

Selon le rapport de l’UNESCO sur la science de 2015, les DIRD de


l’Afrique en 2013 ont représenté 0,45% du PIB. Cela correspondait à
1,3% des dépenses mondiales de recherche-développement alors que
la part de l’Asie était de 42% la même année.

Par ailleurs, les mécanismes de financement mis en œuvre dans la


plupart des pays sont inefficaces et peu transparents. En effet, l’octroi
des crédits budgétaires aux institutions d’enseignement supérieur et
aux établissements de recherche a un caractère automatique. Il n’est
ni basé sur des critères connus de toutes les parties, ni soumis à des
contrats de performance. Les budgets ne servent plus souvent qu’à

17
payer les salaires des chercheurs et enseignants-chercheurs. Quant au
financement sur projet (fonds compétitifs), il ne permet généralement
de soutenir que quelques projets.

Les sources de financement privées en provenance des entreprises sont


quasi inexistantes.

• L’absence d’infrastructures de recherche adéquates

L’absence d’un écosystème de recherche adéquat ne permet pas aux


chercheurs de s’épanouir. Elle est à l’origine de la faiblesse qualitative
et quantitative des travaux de recherche, de la fuite des talents formés
et de la situation de faiblesse dans laquelle se trouvent actuellement les
chercheurs africains dans la coopération et la collaboration avec leurs
partenaires des pays développés.

• Des structures de valorisation et de transferts des


résultats de recherche vers le monde économique souvent
inexistantes ou peu efficaces dans la plupart des pays.

Les principales missions des structures de valorisation et de transfert


des résultats de recherche vers le monde économique sont d’aider
les chercheurs et leur institution à identifier et à gérer leurs actifs
intellectuels, incluant la protection de la propriété intellectuelle et
l’exploitation des droits issus de cette dernière à des tiers à travers des
licences ou la création d’entreprises afin d’améliorer les perspectives
de développement, de soutenir les relations entre le secteur public de
la recherche et l’industrie, de promouvoir la diffusion des résultats
scientifiques et technologiques. Ces structures servent également,
de point de contact pour les industriels, mènent des opérations
de marketing et développent des réseaux et des partenariats avec
l’environnement socio-économique.

Pour favoriser la valorisation économique des résultats de recherche,


certains pays ont mis en place des agences chargées de cette activité.
Mais ces structures peinent à jouer le rôle qu’on attend d’elles car
leurs missions sont trop diverses au regard de leurs moyens.

18
• L’absence, dans la plupart des pays, de mécanismes de sui-
vi et d’évaluation des structures, programmes et des poli-
tiques publiques de recherche et d’innovation

L’absence d’évaluation et de suivi par les pouvoirs publics des


structures, des programmes et des politiques publiques de recherche
et d’innovation réduit la performance du SNRI et sa contribution
au développement du pays dans la mesure où elle ne permet pas la
réorientation et l’amélioration du système.

• Les structures de recherche des établissements d’enseigne-


ment supérieur de la plupart des pays sont informelles.
La création de structures de recherche dans les établissements
d’enseignement supérieur de certains pays est davantage liée aux
efforts personnels des enseignants-chercheurs, plutôt qu’à une
véritable politique institutionnelle ou nationale d’organisation de la
recherche. Les structures créées ne jouissent pas d’une reconnaissance
légale et sont libres de tous règlements de l’établissement tutelle.
Cette situation a un impact négatif sur la crédibilité des structures de
recherche concernées.

• La recherche et l’infrastructure de recherche sont souvent


dispersées entre plusieurs équipes au sein d’un même éta-
blissement.

La fragmentation des efforts de recherche et la dispersion de


l’infrastructure de recherche au sein d’un même établissement ont un
impact négatif sur la qualité, l’efficacité et l’efficience de la recherche.

Dans beaucoup d’établissements d’enseignement supérieur et de


recherche, les efforts en matière de recherche sont souvent fragmentés
entre plusieurs équipes de recherche peu structurées. A cette
fragmentation de la recherche en matière d’exécution, s’ajoute une
infrastructure physique de recherche dispersée due à l’absence, d’une
part, de mutualisation des équipements acquis et d’autre part, de la
coordination de l’acquisition des équipements entre les équipes de

19
recherche de l’institution.

• Le faible niveau de la recherche privée issue des entre-


prises.

La R-D industrielle joue un rôle essentiel dans le développement


économique d’un pays. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir
le nombre de multinationales qui créent des centres de R-D sur les
marchés émergents d’Asie et d’Amérique du Sud.

D’une manière générale, les entreprises africaines ne sont pas


innovantes. Selon l’Union Africaine et la Commission Economique
pour l’Afrique, les activités de recherche-développement sont
limitées dans le secteur privé. Plus de 70 % de ces activités sont
exécutées dans des organismes de recherche et établissements
d’enseignement supérieur publics (UNION AFRICAINE/ NATIONS
UNIES/CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL /COMMISSION
ÉCONOMIQUE POUR L’AFRIQUE, 2014).

En définitive, la recherche publique en Afrique, plus particulièrement


en Afrique de l’Ouest francophone, est actuellement confrontée
à des difficultés objectives dont certaines sont liées à ses modes
d’organisation, d’évaluation et de financement. Il est donc important
d’accompagner l’Afrique de l’Ouest francophone à construire des
SNRI bien structurés et performants.

Cet ouvrage a donc pour objectifs de fournir des informations et de


proposer des outils et normes :
- aux gouvernements des pays d’Afrique de l’Ouest francophone
afin d’éclairer leur prise de décisions stratégiques concernant
l’élaboration de leur politique de recherche et d’innovation et
la construction de leur SNRI ;
- aux responsables des institutions et organismes d’enseignement
supérieur et de recherche afin d’éclairer leur prise de décisions
concernant l’organisation et la gestion du cycle de vie de leurs

20
structures de recherche ;
- aux enseignants-chercheurs et chercheurs afin de les aider à
préparer les dossiers de demande d’accréditation des structures
de recherche qu’ils animent.

Dans cette perspective, l’ouvrage :


- rappelle quelques concepts ;
- présente quelques modèles de gouvernance du système de
recherche et d’innovation dans le monde francophone et
anglophone ;
- fait un bref diagnostic de la gouvernance du système de
recherche et d’innovation en Afrique de l’Ouest francophone ;
- propose des pistes pour la définition d’une politique nationale
de recherche et d’innovation, des mécanismes de financement
endogène de la recherche, une démarche pour la construction
d’un système national d’évaluation stratégique des structures
de recherche et des normes pour l’organisation et la gestion du
cycle de vie des structures de recherche dans les institutions
d’enseignement supérieur et les établissements de recherche.
Le guide propose par ailleurs, en annexe, divers éléments auxquel le
lecteur pourra se référer en cas de besoin. Il s’agit :

- d’un modèle de texte règlementaire fixant les normes


d’organisation, de fonctionnement et de gestion du cycle de
vie des structures de recherche applicables aux institutions
d’enseignement supérieur (annexe 1) ;
- d’un glossaire (annexe 2).

21
Chapitre 1

RAPPEL DES CONCEPTS

22
Les concepts rappelés ci-dessous ne sont pas nouveaux mais leur
importance doit être connue car l’efficacité de la gouvernance d’un
système national de recherche et d’innovation repose sur leur bonne
connaissance.

I. Missions de la recherche

La recherche scientifique est conçue pour être le véritable moteur du


développement culturel, social et économique du pays. Ses missions
comprennent :

- l’élaboration et la validation des connaissances scientifiques ;


- la construction de biens collectifs et d’avantages compétitifs ;

- la formation à la recherche ;

- la diffusion de la culture scientifique et technique ;

- l’expertise scientifique et technique

I.1. Elaboration et validation des connaissances scientifiques

Elle est le fait de la recherche fondamentale qui est la seule à permettre


à terme, un saut qualitatif du point de vue technologique. L’essentiel
des concepts enseignés et des procédés utilisés par les entreprises sont
des résultats de la recherche fondamentale.

I.2. Construction de biens collectifs et d’avantages compétitifs

Elle est le fait de la recherche appliquée et de la recherche-


développement. Ces types de recherche ont pour but d’acquérir ou
de produire des savoirs, des technologies et des innovations pour
répondre à un problème de développement. Ils se nourrissent des
résultats de la recherche fondamentale et en retour, l’alimentent en

23
techniques, méthodes, concepts et en questions. Les technologies
liées au laser par exemple, ont été développées dans une logique de
recherche fondamentale.

I.3. Formation à la recherche et par la recherche

La formation à la recherche et par la recherche est une mission de


transfert des connaissances et des compétences acquises au sein des
structures de recherche. Les activités de ces structures de recherche sur
ce plan se concrétisent en particulier dans les formations doctorales.

I.4. Diffusion de la culture scientifique et technique

La diffusion de l’information et de la culture scientifique (vulgarisation,


exposition, colloque, etc.) est une mission qui permet d’établir un lien
fort entre recherche et société. Ce lien est nécessaire car la société
est intéressée par la recherche dans toutes ses dimensions, par les
connaissances qu’elle élabore comme par les biens qu’elle contribue
à produire. C’est pourquoi il existe, à travers le monde, des émissions
radiophoniques ou télévisées et des journaux dans le domaine de la
science et de la technologie pour distribuer le savoir que les chercheurs
amassent dans leurs laboratoires.

I.5. Expertise scientifique et technique

L’expertise scientifique et technique est également une mission des


chercheurs et des structures de recherche. On assiste aujourd’hui à
une demande sociétale de plus en plus forte d’expertise scientifique
: on demande au scientifique de s’emparer de tous les sujets où la
connaissance est encore trop limitée, et on en attend des résultats
rapides, précis et non-équivoques.

24
II. Métiers de la recherche

Les métiers de la recherche sont très diversifiés. Ils peuvent être


regroupés en six (6) familles :

- chercheur

- enseignant-chercheur

- ingénieur de recherche

- technicien

- administrateur

- administratif

II.1. Le chercheur

Le chercheur est une personne qui travaille à la conception et à la


création de connaissances, de produits, de méthodes ou de systèmes
nouveaux sur la base d’une programmation scientifique concourant à
la résolution des problèmes. La production scientifique, la valorisation
des résultats de recherche, la diffusion de l’information scientifique
et la formation par la recherche sont ses principales missions. Pour
mener à bien ces missions, le chercheur réalise, dans son laboratoire
ou sur le terrain, et en fonction du domaine dans lequel il travaille et
des techniques qu’il utilise, des activités très diversifiées : il définit des
sujets de recherche, élabore des protocoles, réalise des expériences,
analyse et interprète les résultats, rédige et publie des articles, participe
et intervient dans des colloques et séminaires etc.
A côté de ces activités centrées sur la production scientifique, le
chercheur participe également à la formation des doctorants et peut
dispenser un enseignement universitaire. Au fil de sa carrière, il est
souvent conduit à encadrer des équipes, prendre la direction de projets
scientifiques et participer à l’administration de la recherche. Il peut

25
également être amené à déposer des licences et des brevets, apporter
ses compétences à une entreprise existante, voire à créer sa propre
entreprise.

II.2. L’enseignant-chercheur

L’enseignant-chercheur est une personne qui partage statutairement


son activité entre l’enseignement supérieur et la recherche et qui exerce
cette activité au sein d’un établissement d’enseignement supérieur.
En tant qu’enseignant, il transmet les connaissances récentes issues
des recherches conduites dans son domaine de spécialisation aux
étudiants, met au point des modules d’enseignement et participe à
des jurys d’examen. S’il est un enseignant à la Faculté de Médecine,
ses fonctions comportent aussi une activité de soins dans un centre
hospitalo-universitaire.
En tant que chercheur, il fait progresser la recherche dans sa discipline,
participe à la définition des orientations des activités de son unité de
recherche, participe à la diffusion des connaissances scientifiques à
travers des publications, conférences et colloques, encadre les stages
des étudiants et les travaux de préparation des thèses. S’il est professeur
d’université, il impulse et dirige les activités du centre de recherche
auquel il appartient.

II.3. L’ingénieur de recherche

L’ingénieur de recherche assiste les chercheurs dans la mise en


œuvre de leurs missions. Il participe à la réalisation des activités de
recherche, de formation, de gestion, de diffusion des connaissances et
de valorisation de l’information scientifique et technique incombant
aux structures où il exerce.
Il est chargé de fonctions d’orientation, d’animation et de coordination
dans les domaines techniques. Il peut assumer des responsabilités
d’encadrement, principalement à l’égard de personnels techniques. Il
effectue également des missions de veille technologique.

26
II.4. Le technicien

Le technicien est chargé de mettre en œuvre l’ensemble des techniques


et méthodes concourant à la réalisation des missions de l’institution où
il exerce, de participer à la mise au point et à l’adaptation de techniques
ou méthodes nouvelles.
En institution d’enseignement supérieur, il contribue à la préparation
des expériences de cours et travaux pratiques, participe à la conception
et à la mise au point de nouvelles expériences et méthodes. Il peut être
amené à assister le professeur lors des séances de travaux pratiques
et à aider à l’encadrement et à la réalisation des expériences liées aux
travaux des étudiants.

II.5. L’administrateur

L’administrateur de recherche est chargé d’assurer le pilotage


stratégique des politiques de recherche et d’innovation pour le compte
de son institution. Il propose, planifie et met en place des projets et
études dans le cadre des objectifs stratégiques de son institution et
gère les moyens humains et matériels nécessaires à leur réalisation.

II.6. L’administratif

Il est chargé des fonctions administratives et de gestion. Il a


la responsabilité de l’information, de la documentation, de la
communication, de la logistique et du suivi du budget, des commandes
et du stock de l’institution.
La recherche est donc une entreprise collective qui associe, au sein
d’équipes de recherche, différents corps de personnels. L’efficacité
du système de recherche repose sur une bonne organisation de la
répartition des missions entre les différents corps de personnels et à
l’intérieur de chacun des corps entre les individus en fonction de leur
motivation.

27
III. Modes d’interaction des disciplines dans les activités
de recherche : de la monodisciplinarité à la
transdisciplinarité
Les concepts de monodisciplinarité, pluridisciplinarité,
interdisciplinarité et transdisciplinarité sont rappelés ici pour
permettre aux institutions d’enseignement supérieur de se doter de
structures organisationnelles en cohérence avec l’évolution actuelle
de la recherche.

De plus, de tels concepts, émergents dans les universités de notre


espace, peuvent impacter les normes de création, d’organisation et de
fonctionnement des structures de recherche. C’est pour cette raison
que l’interaction des disciplines a été abordée sommairement dans ce
guide.

III.1. Monodisciplinarité

La monodisciplinarité, c’est l’étude d’un problème ou d’un objet par


les spécialistes d’une seule et même discipline.

L’avantage de la recherche monodisciplinaire est qu’elle fournit des


savoirs bien standardisés, facilement communicables et donc utilisables
dans de nombreux contextes. Elle conserve toute son importance dans
les situations où la solution des problèmes relève d’une spécialité
unique.

Mais dès le milieu du 20ème siècle, les connaissances scientifiques se


sont multipliées tout autant que les disciplines qui les encadrent. Les
scientifiques, ont aujourd’hui chacun, du fait de la spécialisation, des
territoires très réduits, alors que les objets et problèmes à étudier sont
complexes. Il faut faire appel à plus d’une discipline scientifique et
à différentes espèces de connaissances pour résoudre un problème
scientifique ou technique. Ce besoin de liens entre les différentes
disciplines s’est traduit par l’émergence de la pluridisciplinarité, de
l’interdisciplinarité et de la transdisciplinarité.

28
III.2. Pluridisciplinarité

La pluridisciplinarité, c’est l’étude d’un problème ou d’un objet par des


spécialistes de quelques disciplines, sans qu’il y ait de concertation. Il
s’agit d’approches parallèles tendant à un but commun par addition de
contributions spécifiques. Par exemple, la philosophie marxiste peut
être étudiée aussi par le regard de l’économie, de l’histoire et de la
littérature.

La recherche pluridisciplinaire est aujourd’hui l’approche la plus


prisée du monde de la recherche.

III.3. Interdisciplinarité

L’interdisciplinarité implique qu’il y ait interactions et enrichissement


mutuel entre des spécialistes de diverses disciplines, tant au niveau
des connaissances que des méthodes, lors de l’étude d’un problème ou
d’un objet. Dans l’interdisciplinarité, il y a interpénétration féconde et
dynamique des savoirs entre les disciplines.

De nos jours, différentes disciplines s’épaulent les unes les autres,


et donnent naissance à des champs d’application et des disciplines
entièrement nouveaux :

- le transfert des méthodes de la logique formelle dans le


domaine du droit, génère des analyses intéressantes dans
l’épistémologie du droit ;
- le transfert des méthodes de l’informatique à la biologie a
donné naissance à la bio-informatique ;

- les méthodes de la physique nucléaire transférées à la médecine


conduisent à l’apparition d’un nouveau traitement du cancer
(radiothérapie).

29
III.4. Transdisciplinarité

La transdisciplinarité est l’étude d’un problème ou d’un objet par des


spécialistes de diverses disciplines qui transcendent leurs réflexions au-
delà de leurs domaines respectifs en visant la fusion des savoirs et des
méthodes. Elle implique, pour chacun des acteurs, le dépassement de
sa propre discipline pour l’émergence d’une vision globale commune.

En d’autres termes, la transdisciplinarité cherche à répondre aux


questions relatives à ce qui est à la fois entre les disciplines, à travers
les différentes disciplines et au-delà de toute discipline. Cette approche
est passionnante et d’actualité, mais elle est complexe. Elle oblige
le chercheur à tout connaître sur son sujet, non seulement dans sa
discipline originelle, mais aussi dans toutes les disciplines qu’il va
utiliser.

En conclusion, on peut dire que la contribution d’une ou de plusieurs


disciplines à l’étude d’un problème ou d’un objet peut se situer sur un
continuum selon le degré d’interaction ou de fusion de ces disciplines,
de la monodisciplinarité à la transdisciplinarité. La transdisciplinarité
constitue le niveau le plus élevé de ce continuum (Figure 1).

Figure 1. Continuum des contributions disciplinaires à la


connaissance.

Pour que la recherche pluridisciplinaire, interdisciplinaire ou


transdisciplinaire porte des fruits, 1’excellence des chercheurs, chacun
dans sa discipline est essentielle.

IV. Valorisation des résultats de la recherche

La valorisation des résultats de la recherche peut être définie comme


l’ensemble des activités ou dispositifs ayant pour but de donner de la

30
valeur aux dits résultats et plus généralement :

- de mettre à la disposition de la sphère sociale et économique


les savoirs, savoir-faire et les inventions techniques,
technologiques ;
- de produire de l’innovation sociale.

C’est un concept polysémique et multidimensionnel dont le contenu


varie suivant les acteurs impliqués, leurs attentes et leurs intérêts.

Schématiquement, on peut distinguer cinq (5) types de valorisation


: valorisation scientifique, technologique, économique, politique
et sociale. Bien entendu, ces différentes catégories ne sont pas
mutuellement exclusives.

IV.1. Valorisation scientifique

Il s’agit ici de la dissémination des résultats de recherche sous forme


de publications scientifiques (articles, ouvrages), de communications
lors des conférences, des séminaires et des émissions radiophoniques
ou télévisuelles. Il s’agit aussi du transfert de connaissances via la
formation initiale et continue c’est-à-dire l’incorporation des résultats
de recherches récentes dans les modules de formation.

IV.2. Valorisation technologique

Elle consiste à utiliser les résultats de la recherche pour mettre au point


ou améliorer des procédés et des technologies.

IV.3. Valorisation économique

Il s’agit d’utiliser les résultats de la recherche pour produire des


biens et services, contribuer à la croissance économique, augmenter
la productivité, créer des emplois et procurer des revenus. Cette
valorisation peut prendre diverses formes telles que la protection
de la propriété intellectuelle (brevets et droit d’auteurs), les accords

31
de transfert technologique, les contrats de recherche, les créations
d’entreprises ou startups, l’expertise, les prestations de services et les
consultances.

IV.4. Valorisation politique

Elle consiste à utiliser les résultats de la recherche par les pouvoirs


publics pour élaborer et mettre en œuvre des politiques publiques. Les
résultats de la recherche peuvent en effet apporter des outils d’aide à
la décision pour les politiques publiques.

Pour la société civile, les résultats de la recherche peuvent aussi aider


à élaborer des plaidoyers en vue d’influencer les politiques.

IV.5. Valorisation sociale

Elle consiste à utiliser les résultats de la recherche pour promouvoir


(promotion dans la carrière) leurs auteurs. Les résultats de la recherche
participent aussi au rayonnement et à la reconnaissance de leurs
auteurs.

En conclusion, nous suggérons, qu’en Afrique de l’Ouest francophone


où le système national de recherche et d’innovation est naissant, une
structure centralisée mutualisée d’appui à la valorisation des résultats
de la recherche et de l’innovation soit mise en place pour assister les
institutions d’enseignement supérieur et les organismes de recherche
dans leurs stratégies de valorisation et de protection. C’est le cas par
exemple du Bénin et du Burkina Faso qui se sont dotés d’une agence
nationale chargée de la valorisation des résultats de la recherche et de
l’innovation. Chaque institution pourra, lorsque le système national
de recherche et d’innovation aura été bien structuré et que le volume
des activités de recherche le justifie, avoir sa propre structure de
valorisation.

32
Chapitre 2

DÉFINITION D’UNE POLITIQUE NATIONALE DE


RECHERCHE ET D’INNOVATION

33
I. Introduction
L’organisation de la recherche et de l’innovation est sous-entendue,
en amont, par la politique de recherche et d’innovation définie par le
pays. C’est pourquoi, lorsque l’on veut construire un système national
de recherche et de d’innovation (SNRI), il faut au préalable doter le
pays d’une politique nationale de recherche et d’innovation1.
Un SNRI est généralement composé d’instances et de structures
suivantes :
Le Gouvernement. Il assure le niveau le plus haut de la gouvernance. Il
élabore la politique nationale en matière de recherche et d’innovation.
Dans ses missions, il peut être aidé par des instances de conseil et/ou
de coordination.
Les structures de financement, de conseil, de coordination et
d’évaluation. Elles se situent à un niveau juste inférieur. Ces
structures (conseils, académies, agences) ont généralement pour rôle
l’implémentation des politiques du gouvernement, leur financement et
des activités d’intelligence et de soutien.

Les institutions d’exécution et d’interfaçage. Elles sont au plus bas


niveau de gouvernance des politiques de recherche et d’innovation.
Ce sont les institutions d’exécution de la recherche et de l’innovation
(institutions d’enseignement supérieur, organismes de recherche,
entreprises) et les institutions d’interfaçage, généralement entre le
secteur public de la recherche et le monde industriel (incubateurs et
pépinières d’entreprises, bureaux de transfert de technologie, clusters,
les technopôles etc.).

Le plus haut niveau de gouvernance de la politique nationale de


recherche et d’innovation est donc assuré par le Gouvernement qui
élabore cette politique à travers la législation, la réglementation,
l’orientation, la coordination, la planification, la programmation, le
financement et l’évaluation. C’est pourquoi, dans ce chapitre, sont
présentés, tout d’abord, l’état des lieux de cette politique en Afrique de
1 L’élaboration d’une politique nationale de recherche et d’innovation est la rédaction d’un
document présentant les orientations, les priorités et la programmation des investissements

34
l’Ouest francophone afin d’éclairer les décideurs sur les insuffisances
et les chantiers futurs, et ensuite, les grands principes qui fondent une
politique nationale de recherche et d’innovation et qui sont essentiels
à la mise en œuvre d’un SNRI.

II. Etat des lieux de la politique de recherche et


d’innovation en Afrique de l’Ouest francophone

La politique nationale de recherche et d’innovation est une notion qui


couvre la règlementation, l’orientation, la coordination, la planification,
la programmation, le financement et l’évaluation. Les éléments retenus
pour apprécier cette politique dans les Etats d’Afrique de l’Ouest
francophones sont :
- la règlementation (cadre juridique) ;

- l’orientation et la programmation (pilotage) ;

- la coordination (conseil et concertation) ;

- le financement public endogène ;

- l’évaluation des structures publiques de recherche ;

- la valorisation économique des résultats de recherche ;

- l’organisation de l’appareil national de la recherche publique ;

- l’organisation des structures de recherche dans les institutions


d’enseignement supérieur et organismes de recherche ;

- la gestion du cycle de vie des structures de recherche dans


les institutions d’enseignement supérieur et organismes de
recherche.

Est présenté, dans le tableau I, l’état de mise en œuvre de ces éléments


au moment de l’élaboration du présent guide.

35
Tableau I. Etat des lieux de la politique de recherche et d’innovation en Afrique de l’Ouest
Francophone
Eléments d’appréciation Etat des lieux Défaillances
1. La régulation (cadre juridique) Le Burkina Faso, la Guinée et le Togo se sont dotés d’un cadre juridique général organisant la Les textes promulgués par le Burkina Faso, la Guinée et le Togo ne sont pas mis en application
recherche et l’innovation. Il s’agit : dans leur intégralité

- au Burkina Faso, de la loi n° 038-2013/AN du 26 novembre 2013 portant loi d’orientation de la


recherche scientifique et de l’innovation ;
- en Guinée, de la loi n° L/2005/011/AN du 4 juillet 2005 portant loi d’orientation de la recherche
scientifique et technique ;
- au Togo, du décret n° 86-71 du 11 avril 1986 portant organisation de la recherche scientifique au
Togo.
La Côte d’Ivoire, le Benin, le Mali, le Niger et le Sénégal se sont dotés de textes qui ne touchent que
la recherche agricole et la recherche en santé
2. L’orientation et la programmation Tous les pays disposent d’un ministère chargé de la recherche et/ou de l’innovation chargé de la Théoriquement, la définition et la supervision de la mise en œuvre des politiques nationales de
(pilotage) définition et de la supervision de la mise en œuvre des politiques nationales de recherche et recherche et d’innovation incombent au ministère en charge de la recherche et/ou de
d’innovation l’innovation. Mais dans la pratique, cette mission est rendue difficile par la dispersion de la
tutelle administrative et technique des structures de recherche et d’innovation entre de nombreux
ministères et agences
3. La coordination (conseil et Le Bénin, la Guinée et le Togo se sont dotés d’une structure nationale de coordination dont les Les structures mises en place au Benin, en Guinée et au Togo sont peu ou pas fonctionnelles
concertation) attributions concernent l’ensemble du système national de recherche et d’innovation. Il s’agit :
- au Benin, du Conseil National de la Recherche Scientifique et Technique ;
- en Guinée, du Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique et Technique;
- au Togo, du Conseil national de la Recherche Scientifique.
Le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger et le Sénégal se sont dotés d’organes de
coordination dont les attributions ne concernent que le système national de recherche agricole

36
4. Le financement endogène public de Tous les pays ont mis en place des mécanismes de financement de la recherche (crédits budgétaires, Les mécanismes de financement mis en œuvre sont inefficaces et parfois peu transparents
la recherche et de l’innovation fonds compétitifs, programmes spécifiques etc.)
5. L’évaluation des structures Aucun pays ne dispose d’une structure nationale d’évaluation indépendante de la recherche Absence de moyens et d’instruments spécifiques (structure et référentiel des critères) pour
publiques de recherche l’évaluation des structures de recherche
6. La valorisation économique des Le Bénin, le Burkina Faso et le Sénégal ont créé des structures destinées à la valorisation économique Les structures mises en place au Benin, au Burkina Faso et au Sénégal peinent à jouer le rôle
résultats de la recherche des résultats de la recherche et à l’innovation. Il s’agit : qu’on attend d’elles car leurs missions sont trop diverses au regard de leurs moyens
- au Bénin, de l’Agence béninoise de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation
technologique ;
- au Burkina Faso, de l’Agence Nationale de Valorisation des Résultats de la Recherche (ANVAR) ;
- au Sénégal, de l’Agence Sénégalaise pour la Propriété Industrielle et l’Innovation Technologique
(ASPIT).
La Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Togo ne se sont dotés d’aucune structure
7. L’organisation de l’appareil Tous les pays disposent d’universités et d’organismes de recherche L’appareil de recherche publique souffre de nombreuses faiblesses dont :
national de la recherche publique - une coordination et une coopération insuffisantes entre les différents établissements de
recherche (universités et organismes de recherche) ;
- l’absence d’une politique scientifique claire et volontariste des différents ministères qui ont la
tutelle des établissements de recherche

8. L’organisation des structures de Aucun pays ne dispose de normes nationales d’organisation de structures de recherche au sein des Absence d’une nomenclature nationale des catégories de structure de recherche
recherche dans les institutions institutions d’enseignement supérieur et des organismes de recherche
d’enseignement supérieur et
organismes de recherche
9. La gestion du cycle de vie des Aucun pays ne dispose d’une règlementation nationale relative à la gestion du cycle de vie des Absence des procédures de gestion du cycle de vie des structures de recherche dans les
structures de recherche dans les structures de recherche dans les institutions d’enseignement supérieur et dans les organismes de institutions publiques d’enseignement supérieur et dans les orgnanismes de recherche
institutions d’enseignement supérieur recherche
et organismes de recherche
Il ressort de ce tableau que quelques pays ont fait des efforts pour
améliorer la gouvernance publique de la recherche et de l’innovation.
Malgré ces efforts, les systèmes nationaux de recherche et d’innovation
restent globalement non structurés en Afrique de l’Ouest francophone.

III. Les fondements d’une politique nationale de


recherche et d’innovation.

L’analyse des expériences des pays disposant d’un SNRI structuré


et performant, comme c’est le cas de certains pays pris en exemple
au chapitre 3, révèle que toute politique publique de recherche et
d’innovation doit :
- doter le système national de recherche et d’innovation de
cadres juridiques et règlementaires ;
- organiser les structures de recherche et d’innovation ;
- prendre en compte les grands principes suivants qui garantissent
la cohérence, la cohésion et l’excellence du système que sont :
l’orientation, la programmation et l’évaluation ;
- garantir les investissements en recherche et innovation ;
- mettre en réseau les acteurs de la recherche et de l’innovation
dans le but de créer les conditions nécessaires à la diversification
de l’économie et à la création de nouveaux avantages
compétitifs nationaux ;
- s’inscrire dans une vision à long terme ;
- mettre l’accent sur les mesures visant à renforcer l’écosystème
de recherche et d’innovation.

Les grands principes qui fondent une politique nationale de recherche


et d’innovation sont donc :

- la régulation juridique du SNRI;

- l’orientation ;

37
- la programmation ;

- l’évaluation ;

- le financement ;

- le renforcement de l’écosystème de recherche et d’innovation.

III. 1. La régulation juridique du SNRI

La recherche et l’innovation ont besoin des cadres juridiques


et règlementaires qui les organisent, assurent leur promotion et
garantissent leur financement. Les textes créés dans ce sens doivent
être appliqués dans leur intégralité et avec rigueur afin d’éviter d’avoir
un système national non structuré, caractérisé par un ensemble de
dispositifs épars, des mécanismes de financement émiettés et des
cloisons entre les acteurs du système.

III.2. L’orientation

L’orientation est la définition des objectifs généraux de la politique


publique de la recherche et de l’innovation. Elle consiste, pour un
pays, à définir les grands axes de la politique de la recherche et de
l’innovation pour les prochaines années à venir. Il s’agit de préciser
les domaines stratégiques sur lesquels le pays fonde son projet de
développement et dont il attend des solutions de la recherche et de
l’innovation (IDIATA, 2014).

III.3. La programmation

La programmation est la formulation des priorités de recherches


scientifiques et technologiques et l’affectation des ressources.

Les orientations définies doivent être déclinées en programme dans


lequel, l’Etat fixe les objectifs à atteindre, planifie les moyens alloués
et fixe les indicateurs de performance lui permettant d’analyser les

38
écarts avec les objectifs fixés.

La programmation permet à l’Etat d’identifier les forces et les


faiblesses du pays en matière de recherche et d’innovation, de tracer
ses perspectives de progrès et d’améliorer la gouvernance du système.

Dans beaucoup de pays, une loi de programmation de la recherche


scientifique et de l’innovation, ambitieuse, pluriannuelle et concertée,
est prise pour permettre à la recherche et à l’innovation de s’adapter aux
réalités d’aujourd’hui et de relever les défis de la science, de l’économie
et de la société de demain aux niveaux national et international.

III.4. L’évaluation

L’évaluation est reconnue par tous les acteurs de la recherche comme


essentielle, d’une part, dans l’amélioration des prestations des
structures de recherche et d’autre part, dans l’élaboration et la mise en
œuvre de la politique publique de la recherche. Il est donc important
qu’une véritable évaluation stratégique des structures de recherche
soit mise en place par les pouvoirs publics afin d’asseoir une recherche
de qualité et d’obtenir des informations nécessaires à l’orientation de
la politique nationale de recherche.

L’évaluation doit apporter une aide pour faciliter la progression des


structures. Pour cela, le processus d’évaluation doit impérativement
fournir aux évalués des commentaires clairs et argumentés et déboucher
sur des recommandations constructives.

L’évaluation doit être autant que possible objective, équitable,


transparente, précise et fiable. Elle doit être conduite et réalisée par
des pairs. Sa qualité repose très largement sur celle des évaluateurs.
La sélection de ces derniers doit se faire en fonction de critères
scientifiques.

L’évaluation doit être élaborée de façon externe, indépendamment de


la décision, même si dans sa mise en œuvre elle doit être conçue pour

39
aider à la décision, tant pour les structures évaluées que pour leurs
organismes de tutelle.

La construction d’un système national d’évaluation des structures


de recherche doit être compatible avec la stratégie nationale de
la recherche et adaptée aux missions qui ont été définies pour les
structures de recherche. Elle doit aussi admettre une variabilité des
critères utilisés en fonction de la diversité des disciplines et des formes
d’organisation de la recherche. Elle comprend au moins les actions
suivantes qui peuvent être contextualisées :

- création d’un organisme national chargé de l’évaluation


stratégique des structures de recherche ;
- élaboration d’un référentiel des critères d’évaluation ;
- élaboration d’un guide d’évaluation ;
- constitution d’un vivier d’experts évaluateurs ;
- mise en place d’un protocole unique d’évaluation ;
- mise en place d’un mécanisme de suivi de la mise en
œuvre des mesures recommandées par les évaluateurs
externes.

III.4.1. Création d’un organisme national chargé de


l’évaluation stratégique des structures de recherche

Les activités opérationnelles d’évaluation doivent être assurées par un


organisme national d’évaluation. Cet organisme doit servir d’interface
entre les différentes parties prenantes au système d’évaluation. Il doit :

- être indépendant du pouvoir politique et des structures


qu’elle a la charge d’évaluer ;
- insérer son action dans le système national de recherche
et de l’innovation en concertation avec tous les autres
acteurs du système ;
- évaluer les structures de recherche ;
- faire des recommandations à l’ensemble des instances
de décision (gouvernement, directions des institutions
d’enseignement supérieur et des organismes de

40
recherche) ;
- établir un programme pluriannuel d’évaluation mais
aussi répondre aux commandes de l’État ;
- fixer les termes de référence pour les processus
d’évaluation, garantir la pertinence des méthodes et
veiller au bon déroulement du processus.

III.4.2. Elaboration d’un référentiel des critères d’évaluation


L’élaboration du référentiel des critères d’évaluation doit être de
la responsabilité de l’organisme national d’évaluation évoqué ci-
dessus. La transparence impose que les critères d’évaluation soient
acceptés par toutes les parties prenantes (gouvernement, structures de
recherche).

Le référentiel des critères doit être conçu pour servir de base à l’auto-
évaluation et à l’évaluation externe. Ses objectifs sont :

- fournir un cadre commun pour l’évaluation des


structures de recherche indépendamment de leur nature
et de la diversité de leurs milieux institutionnels de
rattachement;
- garantir et améliorer la qualité de la recherche ;
- favoriser la confiance mutuelle et faciliter la
reconnaissance et la mobilité des chercheurs, au sein et
au-delà des frontières nationales ;
- permettre aux structures de recherche évaluées
d’apprécier leurs performances et d’identifier des pistes
d’amélioration de leurs résultats, leurs pratiques et leurs
stratégies de développement ;
- participer au rayonnement et à la visibilité des structures
évaluées auprès des partenaires potentiels techniques ou
financiers.

Le référentiel peut comprendre les critères et sous-critères d’évaluation


mentionnés dans le tableau II.

41
Tableau II. Critères et sous-critères d’évaluation
Critères et sous-critères
Critère 1 : Gouvernance et gestion Critère 4 : Rayonnement et partenariats scientifiques
Sous-critères Sous-critères
Gouvernance, cohérence et vitalité de la structure (existence d’un organe délibérant, d’un organe Participation à des projets de recherche collaboratifs nationaux, régionaux et internationaux
consultatif, d’un organigramme fonctionnel, d’un règlement intérieur, de clés de répartition du budget etc.).
Objectifs et stratégies scientifiques (originalité et intérêt des programmes de recherche, sujets de recherche Collaborations suivies avec d’autres structures de recherche
émergents, collaborations internes, mutualisation d’équipements etc.)
Personnels permanents de recherche (qualité et nombre) Participation à des réseaux, des structures fédératives, des sociétés savantes, des communautés de
programmation scientifique
Personnels chercheurs non permanents de recherche (doctorants, post-doctorants, invités) Organisation de colloques nationaux et internationaux
Personnels de soutien (personnel administratif, personnel technique, ingénieurs) Invitations à des manifestations scientifiques
Organisation scientifique de la structure (équipes, unités, laboratoires …) Positionnement de la structure dans l’organisation de la recherche nationale, régionale et internationale
Infrastructures et équipements scientifiques Prix et distinctions octroyés aux membres de la structure
Démarche qualité et son articulation avec l’activité de recherche et de formation Participation à des comités éditoriaux, à des comités scientifiques de colloques ou de congrès, à des
instances d’expertise scientifique
Animation scientifique Importance et pertinence des partenariats scientifiques et techniques nationaux et internationaux
Formation continue des chercheurs et du personnel technique Coproduction scientifique dans le cadre des partenariats scientifiques et techniques (qualité et quantité)
Communication interne et externe Critère 5: Implication dans la formation à la recherche

42
Critère 2 : Productions scientifiques et technologiques Sous-critères
Sous-critères Participation à une école doctorale et à la formation par la recherche (nombre de stagiaires de master et
de doctorants accueillis, séminaires pour les doctorants et étudiants en master, etc.)
Publications dans les revues, journaux, livres, ouvrages et les actes des conférences avec comités de lecture Politique d’accueil et d’accompagnement des stagiaires et doctorants (appuis techniques et financiers,
(qualité et quantité) suivi scientifique, comités de thèse, etc.)
Productions et réalisations (logiciels, brevets, licences, instruments, technologies, méthodologie, contrats Ouvrages didactiques publiés
industriels, outils, etc.)
Communications orales dans les conférences nationales et internationales (qualité et quantité) Participation à des réseaux nationaux, régionaux ou internationaux de formation et à la cotutelle de thèses
de doctorat
Nombre de thèses soutenues par année et durée moyenne des thèses Participation aux instances de pilotage des formations de master et de doctorat
Critère 3 : Contribution au développement Critère 6 : Ressources
Sous-critères Sous-critères
Prise en compte des politiques publiques dans l’élaboration et la conduite des activités de recherche Ressources humaines
Importance et pertinence des relations partenariales avec le monde socio-économique Ressources financières
Contribution à la diffusion de la culture scientifique Infrastructures et équipements
Expertises scientifiques pour l'appui aux politiques publiques et aux stratégies de développement des Citère 7: Perspectives
entreprises
Création de startups et d’entreprises Sous-critères
Impact socio-économique des résultats des recherches effectuées Nouveaux objectifs poursuivis (cohérence et pertinence des objectifs, pertinence des objectifs au
regard des capacités humaines et matérielles, adéquation entre les objectifs et les résultats attendus)
Perspective à moyen et long termes des besoins et des compétences
Stratégie pour atteindre les nouveaux objectifs
III.4.3. Elaboration d’un guide d’évaluation

L’organisme national d’évaluation doit élaborer un guide d’auto-


évaluation et d’évaluation externe à mettre à la disposition des
structures de recherche, des institutions tutelles et des experts
évaluateurs. Ce guide doit regrouper le code d’éthique et de
déontologie de l’évaluateur, les méthodologies d’évaluation, les
grilles d’évaluation et les canevas des rapports d’évaluation.

III.4.4. Constitution d’un vivier d’experts évaluateurs

La constitution du vivier d’experts évaluateurs est de la compétence


de l’organisme national d’évaluation. La qualité de l’évaluation repose
très largement sur celle des évaluateurs. C’est pourquoi, les évaluateurs
doivent être formés et fréquemment renouvelés. L’organisme national
d’évaluation peut effectuer la sélection des évaluateurs en fonction de
critères scientifiques.

III.4.5. Mise en place d’un protocole unique d’évaluation

Il est de la responsabilité de l’organisme national d’évaluation de définir


la procédure d’évaluation, en s’appuyant sur les pratiques identifiées
par les grandes agences internationales d’évaluation. La procédure
peut comprendre les étapes suivantes : formulation de la demande
d’évaluation, évaluation interne (auto-évaluation), évaluation externe
et publication du rapport d’évaluation.

III.4.6. Mise en place d’un mécanisme de suivi de la mise en œuvre


des mesures recommandées par les évaluateurs externes

Le pouvoir décisionnel, notamment le ministère de tutelle, doit veiller


à la mise en œuvre des recommandations des évaluateurs. Le suivi
peut prendre différentes formes : transmission d’un rapport de suivi
par l’institution tutelle ou organisation par le ministère de tutelle
d’une visite de suivi quelques années (2 à 3 ans) après la clôture de la
procédure d’évaluation.

43
III.5. Le financement

La recherche coûte très cher et les impacts se manifestent généralement


plusieurs années après l’application des résultats générés. Or ce
qui compte aujourd’hui, c’est le développement basé sur le savoir.
Cela signifie que la politique nationale de recherche et d’innovation
doit garantir un financement sur le long terme de ces secteurs. Ce
financement, nécessite un engagement collectif c’est-à-dire des
pouvoirs publics (gouvernement), des institutions d’enseignement
supérieur et organismes de recherche eux-mêmes et du secteur privé
(entreprises, mécènes).

III.5.1. Le gouvernement

La force d’un SNRI réside dans sa capacité à maintenir ses équilibres


au-delà des aléas économiques, politiques et sociaux. Trois principaux
équilibres sont à privilégier dans une politique de financement public
de la recherche et de l’innovation.

L’équilibre entre les domaines scientifiques. Il est important d’assurer


cet équilibre car tous les domaines scientifiques détiennent un potentiel
de valorisation (ils peuvent mettre à la disposition de la société des
savoirs, des savoir-faire et des inventions techniques technologiques).
Cet équilibre permet aussi de répondre aux enjeux scientifiques,
économiques et sociétaux dans toute leur globalité et leur complexité
(approches pluridisciplinaires et interdisciplinaires).

L’équilibre entre recherche fondamentale et appliquée. Cet équilibre est


essentiel car les résultats issus de la recherche fondamentale nourrissent
à long terme les activités de recherche appliquée, par de nouvelles
occasions de générer des innovations. La science fondamentale a été
la source de nombreuses connaissances et technologies dont la large
diffusion continue de transformer nos sociétés. Par exemple, les
technologies liées au laser, utilisées aujourd’hui dans de nombreux
secteurs (hôpitaux, industries etc...), ont été développées dans une
logique de recherche fondamentale.

L’équilibre entre les activités de recherche libre et les activités

44
de recherche orientées. La recherche libre permet, entre autres,
la formation de personnel hautement qualifié et le maintien, dans
les institutions d’enseignement supérieur et les établissements de
recherche, des foyers de créativité et de découvertes et favorise
l’émergence d’innovations de rupture en nourrissant les occasions de
recherche appliquée. Un compromis doit être trouvé entre l’autonomie
scientifique des universités et organismes de recherche (libre choix
des objets de recherche, diffusion libre des résultats de recherche) et
le pilotage national de la recherche (priorités nationales de recherche,
utilité de la recherche).

C’est pour assurer ces équilibres que les mécanismes de financement


public ci-dessous sont proposés.

a) Allouer des crédits budgétaires aux structures de recherche


reconnues
La reconnaissance nationale d’une structure de recherche (équipe,
laboratoire, centre etc.) doit conférer à cette structure des crédits
budgétaires pour lui permettre de réaliser le programme de recherche
figurant dans son dossier de demande de reconnaissance (ou
accréditation).

Le financement doit couvrir la période de reconnaissance (ou


accréditation) et s’inscrire dans le cadre d’un contrat de performance
entre le ministère de tutelle et la structure de recherche reconnue. Ce
mode de financement présente plusieurs avantages :

- il responsabilise les structures de recherche et leurs


institutions tutelles dans la mise en œuvre de leur projet ;
- il oblige les structures de recherche à se fixer des objectifs
réalistes, à proposer des stratégies efficaces pour
atteindre les objectifs fixés et à identifier des indicateurs
appropriés pour mesurer les performances réalisées ;
- il garantit la production des résultats.

Les crédits budgétaires alloués doivent être inscrits spécifiquement


au budget de l’institution tutelle sous une ligne budgétaire intangible,

45
réservée aux activités de recherche de la structure reconnue.
L’institution tutelle doit veiller à la réalisation des dépenses de la
structure de recherche concernée.
b) Mettre en place des programmes de financement sur projets
Le financement sur projets consiste à mettre en place des programmes
pour financer, via des organismes dédiés (Fonds, Agences etc.),
des priorités de recherche sur la base d’appels à projets. Il permet
d’allouer des financements aux thématiques prioritaires et aux équipes
compétitives.
Cela présuppose l’existence d’une politique de programmation de la
recherche et de l’innovation qui fixe les objectifs à atteindre, planifie les
moyens alloués et indique les indicateurs de performance permettant
d’analyser les écarts avec les objectifs fixés. Si cette politique n’existe
pas, il faudra l’élaborer.

c) Prendre des mesures en faveur de l’implication du privé


dans le financement de la recherche
La culture d’investissement du secteur privé local dans la recherche en
Afrique de l’Ouest francophone est très faible. C’est pourquoi, il est
important que l’Etat encourage, par diverses mesures, les entreprises
et les mécènes à soutenir la recherche menée dans les institutions
d’enseignement supérieur.

Ces mesures pourraient être :


- des allègements fiscaux aux entreprises pour tout
programme de recherche-développement en partenariat
avec des institutions d’enseignement supérieur ou
organismes de recherche ;
- la création de bourses de recherche en entreprises ;
- l’accès des entreprises à des subventions ou à des prêts
partiellement remboursables pour tout projet de création
d’unité mixte de recherche ou pour tout projet de création
de chaire d’entreprise dédiée à la recherche dans les
institutions d’enseignement supérieur ou organismes de
recherche.

46
d) Prendre des mesures en faveur de la valorisation économique
des résultats de la recherche
La valorisation économique des résultats de la recherche peut constituer,
pour les institutions d’enseignement supérieur, les organismes de
recherche et les chercheurs, un moyen d’obtenir un retour financier
sur leurs investissements en recherche. Les mesures à prendre dans ce
sens pourraient être :

- l’élaboration de cadres juridiques permettant aux


institutions publiques d’enseignement supérieur, aux
organismes de recherche et à leurs personnels de créer
des entreprises à partir des résultats de leur recherche et
de vendre leurs expertises ;
- la création de fonds de capital-risque, de capital
d’amorçage, de garanties des prêts et de protection des
droits de propriété intellectuelle ;
- la mise en place de programmes de subvention aux
startups et aux incubateurs d’entreprises innovantes.

III.5.2. Les institutions d’enseignement supérieur et organismes


de recherche
Les institutions d’enseignement supérieur et les organismes de
recherche doivent fortement s’impliquer dans la mobilisation des
ressources financières pour la réalisation de leur mission de recherche.
Que doivent-ils faire ?

a) Mettre en place une administration de la recherche efficace

L’administration de la recherche doit avoir pour objectif, entre autres,


d’aider les chercheurs à trouver des financements pour effectuer leurs
recherches. Elle doit donc être organisée pour offrir aux chercheurs les
services suivants :

- mise à disposition des informations sur les sources de


financement, les calendriers des appels d’offres et les
critères d’éligibilité ;
- assistance pour le montage des dossiers de demande de
financement ;

47
- accompagnement dans la protection des droits de
propriété intellectuelle ;
- assistance dans la gestion financière et l’élaboration des
rapports financiers.
b) Se tourner vers la philanthropie
Des institutions d’enseignement supérieur et organismes de recherche
de la sous-région essaient de mobiliser leurs anciens étudiants ainsi
que les entreprises qui leurs sont proches en suscitant la création de
Fondation. Même si les résultats escomptés ne sont pas au rendez-
vous, il est opportun pour ces institutions de lancer des campagnes de
sensibilisation de leurs anciens étudiants afin de leur faire part de leurs
besoins.

Comme évoqué plus haut, l’Etat peut, à travers diverses mesures


financières, favoriser la philanthropie des entreprises et des citoyens.

c) Créer un fonds de recherche alimenté par des ressources


propres

Tous les établissements d’enseignement supérieur et organismes de


recherche publics d’Afrique de l’Ouest francophone génèrent des
ressources propres. Ces ressources proviennent généralement des :
- produits des droits d’inscription et de scolarité ;
- produits de la vente des publications ;
- revenus du domaine mobilier et immobilier ;
- produits provenant de la rémunération de travaux ou de
services ;
- revenus des titres et fonds placés ;
- produits des emprunts ;
- produits de l’aliénation des biens ;
- dons et legs ;
- produits divers accidentels ou exceptionnels.

Il est du devoir des responsables de ces institutions, de créer un fonds


de recherche et d’y affecter une partie des ressources propres. Ce fonds
doit financer les projets sur une base compétitive.

48
Il est vrai que le poids des dépenses de fonctionnement dans beaucoup
d’institutions d’enseignement supérieur et organismes de recherche de
la région est tel qu’il est difficile de mettre en place, à l’interne, une
politique significative de financement d’une recherche sur programme.
Toutefois, les responsables d’institutions doivent faire un effort.

III.5.3. Secteur privé


Le secteur privé en Afrique de l’Ouest francophone commence à prendre
conscience de l’importance de la recherche pour le développement. En
effet, quelques entreprises financent des projets de recherche, mais cela
reste encore très timide. Deux pistes ci-après peuvent être explorées :
le partenariat d’intérêt et la responsabilité sociétale.
a) Partenariat d’intérêt
Le partenariat d’intérêt avec les institutions d’enseignement supérieur
et organismes de recherche fait partie des pistes de solutions pour un
financement effectif de la recherche par le secteur privé. Ce partenariat
peut revêtir plusieurs formes :
- contrats de recherche partenariale ;
- création d’unités mixtes de recherche dans les
institutions d’enseignement supérieur et les organismes
de recherche ;
- création de chaires d’entreprises dédiées à la recherche
dans les institutions d’enseignement supérieur et les
organismes de recherche ;
- versement des redevances ou royalties par des entreprises
utilisatrices des résultats de la recherche.
b) Responsabilité sociétale des entreprises
Quelques entreprises de la région consacrent une partie de leurs
bénéfices à leur responsabilité sociétale. Certaines d’entre elles ont
créé, à cet effet, des fondations chargées de gérer cette mission. Mais
ces fondations financent surtout les œuvres sociales.

En Afrique de l’Ouest francophone, aucun Etat n’a fixé de seuil


de financement de la responsabilité sociétale des entreprises. Les

49
contributions sont volontaires et les entreprises peuvent investir cet
argent dans un projet caritatif de leur choix. Ces gestes de bonne
volonté peuvent être étendus au soutien à la recherche. Ainsi, des
projets relevant des domaines identifiés par l’entreprise comme
essentiels pour la durabilité du pays pourraient être financés dans ce
cadre.

III.6. Le renforcement de l’écosystème de recherche et


d’innovation

La performance et la cohérence d’un SNRI reposent d’abord sur la


performance des principaux acteurs (institutions d’enseignement
supérieur, organismes de recherche, entreprises et institutions
d’interfaçage) intervenant dans l’exécution de la recherche et de
l’innovation et des interactions entre eux. Elles reposent ensuite sur
la pertinence de l’intervention des pouvoirs publics (gouvernement,
agences publiques) en vue d’améliorer la performance et les interactions
entre ces acteurs aux moyens de différentes modalités et instruments
publics à caractère financier ou non financier.

La gouvernance d’un SNRI par les pouvoirs publics exige donc des
mesures publiques fortes susceptibles d’influencer d’une manière
positive et significative la performance et la cohérence du système.
Ces mesures doivent couvrir au minimum :

- les activités de recherche ;


- la valorisation, le transfert et l’innovation ;
- les infrastructures de recherche ;
- la culture scientifique, technique et industrielle ;
- l’emploi scientifique ;
- le rayonnement et l’attractivité internationale de la
recherche nationale.

IV. Conclusion

Les raisons d’être d’une politique nationale de recherche et d’innovation

50
sont multiples :

- réaffirmer le rôle de stratège de l’Etat en matière


d’orientation et de programmation de la recherche et de
l’innovation tout en favorisant la concertation avec tous
les acteurs publics et privés de la recherche ;
- accentuer et valoriser les efforts de recherche et
d’innovation ;
- développer les connaissances et les technologies
susceptibles d’accompagner la société face aux grands
enjeux auxquels elle est confrontée ;
- promouvoir l’innovation, le transfert de technologie, la
capacité d’expertise et d’appui aux politiques publiques ;
- promouvoir le développement de la culture scientifique,
technique et industrielle.

51
Chapitre 3

QUELQUES MODELES DE GOUVERNANCE


DU SYSTEME NATIONAL DE RECHERCHE ET
D’INNOVATION DANS LE MONDE

52
I. Introduction

La gouvernance de la recherche et de l’innovation est étroitement


liée aux spécificités de chaque pays. Il n’existe aucun modèle optimal
unique. Il peut être donc hasardeux de vouloir copier les modèles
d’autres pays sans tenir compte des spécificités de ces derniers.
D’ailleurs, beaucoup de pays modifient régulièrement le cadre de
gouvernance de leurs politiques de recherche et d’innovation afin
de l’améliorer et de l’adapter aux évolutions de l’environnement
politique, social et économique.

Les modèles présentés ici sont destinés à informer les acteurs de la


recherche et de l’innovation de l’Afrique de l’Ouest francophone.

Les pays pris en exemple sont : la France, la Tunisie, le Maroc,


l’Afrique du Sud et les Etats-Unis. L’étude de l’organisation du
système de recherche et d’innovation de ces pays repose sur la
synthèse d’informations issues d’ouvrages publiés par divers auteurs
mais également d’informations collectées sur le web. Les sources
d’information ont été sélectionnées en fonction de critères de
pertinence, de fiabilité et de fraîcheur.

Le niveau d’accès à l’information étant variable, il a été décidé de


traiter chaque pays de manière indépendante, sans commentaires et
sans chercher à établir de comparaison. Pour chaque pays, les éléments
suivants sont présentés :

- Cadres juridiques et règlementaires ;

- Organes d’orientation et de planification ;

- Organes de conseil, de coordination et de programmation ;

- Structures et mécanismes de financement ;

- Organes d’évaluation ;

- Institutions d’exécution de la recherche ;

53
- Structures opérationnelles de recherche ;

- Structures et mécanismes d’appui à la valorisation économique


des résultats de la recherche.

II. Cas de la France

II.1. Cadres juridiques et règlementaires

La recherche et l’innovation en France sont régies par des textes


législatifs et règlementaires dont les principaux sont les suivants :
- Loi n° 82-610 du 15 juillet 1982 d’orientation et de
programmation pour la recherche et le développement
technologique de la France.

- Loi n° 99-587 du 12 juillet 1999 sur l’innovation et la recherche.

- Loi de programme n° 2006-450 du 18 avril 2006 pour la


recherche.

- Loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et


responsabilités des universités.

- Loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement


supérieur et à la recherche.

- Décret n° 2013-943 du 21 octobre 2013 relatif au Conseil


stratégique de la recherche.

- Décret n° 2014-365 du 24 mars 2014 modifiant le décret


n° 2006-963 du 1er août 2006 portant organisation et
fonctionnement de l’Agence Nationale de la Recherche.

- Décret n° 2014-1365 du 14 novembre 2014 relatif à


l’organisation et au fonctionnement du Haut Conseil de

54
l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur.

La France dispose aussi d’un Code de la recherche qui regroupe


l’ensemble des dispositifs législatifs sur la recherche.

II.2. Organes d’orientation et de planification

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de


l’Innovation conçoit, élabore et met en œuvre la politique nationale
de recherche et d’innovation. Il définit les grandes orientations et
répartit les ressources sur des objectifs généraux. Il assure la tutelle
des organismes de recherche et des établissements d’enseignement
supérieur.

C’est dans le cardre de cette responsabilité que ce ministère a élaboré,


avec les contributions de tous les acteurs de la recherche, de l’innovation
et du développement socio-économique, un Agenda stratégique de la
recherche « France Europe 2020 » qui définit des priorités nationales
ainsi que des mesures spécifiques pour répondre à des défis sociétaux
identifiés en cohérence avec le programme de l’Union européenne
pour la recherche et l’innovation Horizon 2020. Ces défis sont :
- gestion sobre des ressources et adaptation au changement
climatique ;
- une énergie propre, sûre et efficace ;
- le renouveau industriel ;
- santé et bien-être ;
- sécurité alimentaire et défi démographique ;
- transports et systèmes urbains durables ;
- société de l’information et de la communication ;
- sociétés innovantes, intégratives et adaptatives ;

55
- une ambition spatiale pour l’Europe ;
- liberté et sécurité de l’Europe, de ses citoyens et de ses
résidents.
Ces orientations prioritaires ont vocation à être prises en compte dans
la programmation de l’Agence Nationale de la Recherche et dans
les contrats pluriannuels conclus par le Ministère de l’Enseignement
Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation avec les organismes de
recherche et les établissements d’enseignement supérieur.

Plusieurs autres ministères sont aussi concernés par l’activité de


la recherche. C’est le cas par exemple du Ministère de la Défense1
qui assure la tutelle de l’Office National d’Etudes et de Recherches
Aérospatiales et le Ministère de l’Ecologie, du Développement
durable et de l’Energie2 qui a sous sa tutelle l’Ecole des Ponts Paris
Tech (Ecole Nationale des Ponts et Chaussées)

II.3. Organes de conseil, de coordination et de programmation

Les fonctions de conseil, de coordination et de programmation sont


assurées par le Conseil stratégique de la Recherche, le Conseil
national de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et les
Délégations régionales à la recherche et à la technologie.
Le Conseil stratégique de la Recherche3 est placé auprès du Premier
ministre. Il est composé d’experts scientifiques nationaux et
internationaux et des personnalités politiques et du monde socio-
économique. Il propose les grandes orientations de la stratégie
nationale de recherche, de l’innovation et du transfert.
Le Conseil national de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche4
est présidé par le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche
1 [Link]
2 [Link]
3 [Link]
[Link]
4 [Link]
[Link]
56
et de l’Innovation. Il est composé de représentants des responsables,
des personnels et des étudiants des établissements publics à caractère
scientifique, culturel et professionnel et des établissements publics de
recherche, de personnalités représentant les grands intérêts nationaux,
notamment éducatifs, culturels, scientifiques, économiques et sociaux.
Il donne un avis sur les questions relatives aux missions confiées aux
établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel
et aux établissements publics de recherche. Il a également une fonction
disciplinaire.
Les Délégations régionales à la recherche et à la technologie (DRRT)5
sont des administrations de mission chargées de l’action déconcentrée
de l’Etat dans les domaines de la recherche, de la technologie et de
l’innovation, de la diffusion de la culture scientifique et technique, en
interaction avec le monde socio-économique et le grand public.
Les délégués régionaux à la recherche et à la technologie sont nommés
par arrêté du Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et
de l’Innovation. Leurs missions sont les suivantes :
- jouer un rôle d’animateur et d’interface entre les différents
partenaires de la recherche et de la technologie en région ;
- coordonner l’action des établissements et organismes publics
de recherche sur des opérations particulières en région et
faciliter ainsi la création et le développement de nouveaux
pôles de recherche ;
- veiller à la cohérence des initiatives prises dans la région
avec les orientations de la politique nationale de recherche et
d’innovation et les programmes d’action mis en place dans ce
cadre ;
- favoriser l’émergence et l’accompagnement des projets de
pôles de compétitivité, en lien avec les secrétaires généraux
pour les affaires régionales et les directeurs régionaux des
entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail

5 [Link]
[Link]

57
et de l’emploi ;
- suivre, en région, l’ensemble des questions d’innovation, de
transfert de technologies et de recherche en entreprise ;
- mettre en place et suivre les structures de transfert (centres de
ressources technologiques, cellules de diffusion technologique,
plates-formes technologiques) ;
- concourir, avec les services déconcentrés de l’Etat compétents,
à la mise en œuvre des mesures visant à développer la recherche
et l’innovation et à promouvoir l’emploi scientifique dans les
entreprises ;
- accompagner les initiatives territoriales visant à développer
et diffuser la culture scientifique, technique et industrielle et
veiller à leur articulation avec la stratégie nationale ;
- mettre en place et suivre, pour le compte de l’Etat, les volets
« Recherche et Innovation » des contrats de projets Etat-région
2015-2020 ;
- contribuer aux « stratégies régionales de l’innovation » et
aux « stratégies de spécialisations intelligentes » initiées par
les conseils régionaux et élaborées à la demande de l’Union
européenne dans le cadre de la mise en place des programmes
opérationnels européens pour les années 2014-2020.

II.4. Stuctures et mécanismes de financement

II.4.1. Structures de financement


L’affectation des ressources relèvent de principales structures suivantes :
la Mission « Recherche et Enseignement supérieur », l’Agence
Nationale de la Recherche, la Banque Publique d’Investissement
(BpiFrance) et l’Union Européenne.

58
a) Mission Recherche et Enseignement supérieur6

Rattachée à six ministères, la Mission réunit neuf (9) programmes qui


financent des dépenses très diversifiées : financement des universités,
subventions à certaines écoles d’enseignement supérieur et aux
organismes de recherche, bourses étudiantes, soutien aux entreprises
innovantes etc.

b) L’Agence Nationale de la Recherche (ANR)7


L’ANR est une agence de moyens qui finance la recherche publique et
la recherche partenariale en France. Elle est créée en 2005 et finance
directement les équipes de recherche publiques et privées, sous forme
de contrats de recherche à durée déterminée. Elle a pour mission de
recueillir et de répartir des crédits à destination des établissements ou
des entreprises dans le cadre de partenariats public-privé. Elle prend
en charge l’organisation de la sélection, de la contractualisation, du
financement, du suivi, de l’évaluation et de l’impact des projets. Elle
gère les grands programmes d’investissements de l’Etat dans les
champs de l’enseignement supérieur et de la recherche, et suit leur
mise en œuvre.
c) La Banque Publique d’Investissement (BpiFrance)8.
La BpiFrance est un organisme français de financement et de
développement des entreprises. C’est une compagnie financière. Ses
ressources proviennent en majorité des marchés financiers (privés),
son capital est détenu par la Caisse des dépôts et l’Etat, ainsi que de
sociétaires (entreprises, assureurs, etc.). Elle est en particulier chargée
de soutenir les petites et moyennes entreprises, les entreprises de taille
intermédiaire et les entreprises innovantes en appui des politiques
publiques de l’État et des régions.
La BpiFrance a pour activités :

- le financement de l’innovation (sur dotations de l’État


6 [Link]
7 [Link]
8 [Link]

59
et des Régions) sous la forme de subventions, d’avances
remboursables et de prêts ;

- la garantie de prêts ;

- le cofinancement, aux côtés des banques, de prêts bancaires à


moyen et long terme ;

- le financement des besoins à court terme ;

- l’investissement en fonds propres, et en quasi-fonds propres,


directement et via des fonds partenaires dans les entreprises.

d) L’Union européenne
L’Union européenne s’est fixé comme objectif d’investir 3 % du PIB
d’ici à 2020 dans la recherche et l’innovation, secteurs public et privé
confondus. Elle a mis en place un programme cadre intitulé « Horizon
2020 » qui regroupe tous les financements en matière de recherche
et d’innovation. Ce programme, entré en vigueur en janvier 2014,
recentre les financements sur trois priorités : l’excellence scientifique,
la primauté industrielle, les défis sociétaux.
C’est le Conseil Européen de la Recherche, institué en 2007 par la
Commission européenne, qui supervise le programme Horizon 2020.
Son principal rôle est d’attribuer des subventions à des chercheurs
de haut niveau indépendamment de leur origine, leur genre, leur âge
et leur grade. Seules l’excellence scientifique et l’innovation sont
considérées comme des critères. Ainsi plusieurs chercheurs français
ont bénéficié des subventions du Conseil Européen de la Recherche.
e) Autres structures de financement

Les laboratoires de recherche bénéficient d’autres dotations provenant


des Régions françaises (collectivités territoriales), des associations
caritatives (Sidaction), des fondations (Institut Pasteur, Institut Curie,
Fondation pour la Recherche Médicale etc.) et de l’industrie. Les
collectivités territoriales par exemple ont consacré, en 2016, 0,97

60
milliards d’euros à la recherche et au transfert de technologie, soit 8%
de l’effort public en la matière9.

II.4.2. Mécanismes de financement public de la recherche

Deux principaux mécanismes de financement public de la recherche


sont mis en œuvre en France : les crédits budgétaires et le financement
sur projets.

a) Les crédits budgétaires

Les laboratoires de recherche publics sont en partie financés par les


crédits budgétaires des universités et des organismes de recherche
publics obtenus dans le cadre de la contractualisation.

La subvention de l’Etat est attribuée, pour 4 à 5 ans, à la suite d’une


négociation entre l’Etat et les établissements à partir d’un document
d’évaluation de l’établissement établi par les représentants de l’Etat
et d’un document stratégique établi par l’établissement où il définit
ses objectifs en matière de recherche et de formation. La négociation
aboutit à la signature d’un contrat entre l’Etat et l’établissement qui
définit les actions auxquelles s’engage l’établissement et les moyens
que promet l’Etat.

b) Financement sur projets

La généralisation du financement des recherches par appels à projets


a modifié en profondeur les pratiques et l’organisation de la recherche
en France. La création de l’ANR en 2005, le développement des
financements européens et régionaux ainsi que la mise en place
des « investissements d’avenir » ont marqué un tournant vers la
généralisation de ce mode de financement qui permet d’allouer des
financements aux thématiques prioritaires et aux meilleures équipes.

Le Programme « Investissements d’avenir », par exemple, mis

9 Gaëlle Ginibrière, La Gazette des communes-08/01/2019.

61
en place par le Gouvernement est destiné à financer, dans le cadre
d’un processus d’appel à propositions, des projets scientifiques et
technologiques innovants qui seront, à terme, source de croissance et
de progrès pour l’ensemble de l’économie. La sélection des projets est
effectuée sur des critères d’excellence et d’innovation pour l’aspect
scientifique auxquels s’ajoute la pertinence économique pour les
entreprises.

II.5. Organe d’évaluation

L’évaluation du système français de recherche est assurée par le Haut


Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur
(HCERES)10. C’est une autorité administrative indépendante créée en
2014. Elle succède à l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de
l’Enseignement Supérieur (AERES) créée en 2006. Elle est chargée :

- d’évaluer les établissements d’enseignement supérieur et leurs


regroupements, les organismes de recherche, les fondations de
coopération scientifique et l’Agence Nationale de la Recherche
ou, le cas échéant, de s’assurer de la qualité des évaluations
conduites par d’autres instances ;

- d’évaluer les unités de recherche à la demande de l’établissement


dont elles relèvent, en l’absence de validation des procédures
d’évaluation ou en l’absence de décision de l’établissement
dont relèvent ces unités de recourir à une autre instance ou, le
cas échéant, de valider les procédures d’évaluation des unités
de recherche par d’autres instances ;

- d’évaluer les formations et diplômes des établissements


d’enseignement supérieur ou, le cas échéant, de valider les
procédures d’évaluation réalisées par d’autres instances ;

- de s’assurer de la prise en compte, dans les évaluations des


personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, de
l’ensemble des missions qui leur sont assignées par la loi et
10 [Link]

62
leurs statuts particuliers ;

- de s’assurer de la valorisation des activités de diffusion de la


culture scientifique, technique et industrielle dans la carrière
des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche ;

- d’évaluer a posteriori les programmes d’investissement et les


structures de droit privé recevant des fonds publics destinés à
la recherche ou à l’enseignement supérieur.

Le HCERES comporte également un Observatoire des Sciences et


Techniques chargé de conduire des études et analyses stratégiques.
La méthode d’évaluation retenue par le HCERES se fonde sur un
travail d’auto-évaluation réalisé par l’entité qui présente ses résultats
et ses projets, puis sur une évaluation externe, indépendante, collégiale
et transparente, effectuée par des experts appartenant aux mêmes
communautés que les groupes évalués.

II.6. Institutions d’exécution de la recherche

Les principaux acteurs de la recherche française sont :


- les établissements publics à caractère scientifique, culturel et
professionnel (EPSCP) ;

- les établissements publics à caractère scientifique et


technologique (EPST) ;

- les établissements publics à caractère industriel et commercial


(EPIC) ;

- les établissements publics à caractère administratif (EPA) ;

- les fondations ;

- les groupements d’intérêt public (GIP).

63
Les EPSCP comprennent les communautés d’universités et
établissements, les universités, l’Institut National Polytechnique, les
instituts et écoles extérieurs aux universités, les grands établissements,
les écoles françaises à l’étranger et les écoles normales supérieures. Ils
sont sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la
Recherche et de l’Innovation.
Les EPST regroupent les organismes de recherche appelés Centres
ou Instituts. Parmi ces établissements, il y a par exemple, le Centre
National de la Recherche Scientifique (CNRS), l’Institut National
de la Recherche Agronomique (INRA), l’Institut de Recherche pour
le Développement (IRD) et L’Institut National de la Santé et de la
Recherche Médicale (INSERM). Ils sont sous la tutelle du Ministère
de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Les EPIC sont des établissements publics, ayant pour but la gestion
d’une activité de service public de nature industrielle et commerciale.
Ils sont rattachés à l’Etat ou à une collectivité territoriale qui en a
la tutelle. Ils ont la recherche comme une de leurs missions. Ils sont
appelés, Centre, Institut, Agence, Bureau, Commissariat ou Office.
Parmi ces établissements, il y a par exemple le Centre National
d’Etudes Spatiales (CNES), l’Institut Français de Recherche pour
l’Exploitation de la Mer (IFREMER) et le Centre de Coopération
Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement
(CIRAD).
Les EPA sont des établissements disposant d’une certaine autonomie
administrative et financière afin de remplir une mission d’intérêt
général autre qu’industrielle et commerciale précisément définie. Ils
sont sous la tutelle de divers ministères et des collectivités territoriales.
Parmi ces établissements, il y a par exemple l’Institut National de
Recherches Archéologiques Préventives (INRAP), l’Ecole Nationale
Supérieure des Mines de Saint Etienne et l’Ecole Nationale Supérieure
des Télécommunications (Télécom Paris Tech).
Les fondations sont des établissements privés à but non lucratif,
reconnus d’utilité publique qui accomplissent généralement quatre
grandes missions : la recherche, la formation, le développement de

64
l’innovation et le transfert de technologies. Parmi ces fondations il y a
par exemple, l’Institut Pasteur de Paris et l’Institut Curie.
Les GIP sont des personnes morales de droit public, à caractère
administratif ou industriel et commercial. Ils ont pour objet de favoriser
la coopération des personnes morales publiques et privées qu’ils
regroupent en leur sein pour gérer des équipements ou des activités
d’intérêt commun. Parmi les GIP qui ont des activités de cherche dans
leurs missions, il y a par exemple l’Agence Nationale de la Recherche
sur le SIDA et les hépatites virales (ANRS), le Consortium National
de Recherche en Génomique (CNRG) et l’Institut National du Cancer
(INCA).

II.7. Les écoles doctorales

Une école doctorale en France est un lieu de convergence entre


recherche et formation. Elle regroupe des unités de recherche autour des
projets de formation doctorale. En fonction des champs disciplinaires
et des localisations géographiques, les écoles doctorales peuvent se
structurer selon une logique de site ou une logique thématique, rester
isolées ou se grouper en collèges d’écoles doctorales. Dans tous les
cas, leur insertion de plein droit dans les structures de recherche et
d’enseignement supérieur doit être reconnue. Le label est attribué par
le gouvernement qui s’appuie sur l’évaluation du HCERES.

II.8. Structures opérationnelles de recherche

Le système public de recherche français est composé de structures


opérationnelles de toutes tailles ayant plusieurs types de statuts attribués
soit par le Gouvernement, soit par les organismes de recherche.
Les structures labellisées par le gouvernement sont accompagnées
financièrement par ce dernier. Celles qui sont labellisées par leur
établissement support sont soutenues financièrement par ces derniers
mais peuvent aussi demander un soutien du gouvernement dans le
cadre du contrat d’établissement.

65
La taille des structures opérationnelles de recherche est très variable,
de 20 à 250 permanents. Mais la politique générale actuelle des tutelles
étatiques est de regrouper les laboratoires pour qu’ils atteignent des
masses critiques et de ne labelliser que des laboratoires visibles par la
qualité de leurs travaux.
La nomenclature des statuts en vigueur actuellement est présentée ci-
après.

II.8.1. Principaux statuts attribués par le gouvernement


Equipe d’accueil (EA). C’est une unité de recherche de base des
établissements d’enseignement supérieur. Le label est obtenu après
évaluation du dossier par le HCERES.
Equipe de recherche technologique (ERT). C’est une équipe de
recherche qui, en partenariat avec des industriels, mène sur le
moyen terme des recherches dans le cadre de projets visant à lever
des verrous technologiques relatifs à des problèmes qui n’ont pas de
solutions immédiates. Pour être reconnue, l’équipe doit s’appuyer
sur une recherche amont de qualité et justifier d’un engagement fort
d’industriel(s).
Unité mixte de recherche (UMR). C’est une unité de recherche multi-
tutelles avec toutefois un rattachement à un organisme de recherche
ou à un établissement public à caractère scientifique, culturel et
professionnel (université, grande école). La création, l’évolution ou la
suppression des UMR relèvent de la prérogative du gouvernement qui
s’appuie sur l’évaluation quinquennale du HCERES.
Fédération de recherche (FED). C’est un regroupement d’unités de
recherche reconnues au contrat quadriennal qui ont un projet scientifique
en commun. Les entités qui participent à une telle structure conservent
leur individualité propre. Le label est attribué par le gouvernement qui
s’appuie sur l’évaluation du HCERES.
Institut fédératif de recherche (IFR). Il fédère des unités de recherche
reconnues relevant d’un organisme de recherche, d’un établissement
de formation ou de différents partenaires institutionnels autour

66
d’une stratégie scientifique commune. Le label est attribué par le
gouvernement qui s’appuie sur l’évaluation du HCERES.
Communauté d’universités et d’établissements (COMUE). C’est un
regroupement territorial d’établissements publics d’enseignement
supérieur relevant du Ministère chargé de l’enseignement supérieur
et d’organismes de recherche partenaires pour coordonner les offres
de formation et les stratégies de recherche et de transfert des acteurs
présents sur le territoire. Les COMUE sont évaluées par le HCERES
et se substituent aux Pôles de recherche et d’enseignement supérieur
(PRES).

II.8. 2. Principaux statuts attribués par les organismes de


recherche
Unité de recherche (UR) et Unité propre de recherche (UPR). C’est
l’unité de base c’est-à-dire la plus petite structure des organismes de
recherche. Elle peut être liée à l’université par des conventions. Elle
est gérée et évaluée entièrement par un organisme de recherche.
Unité de services et de recherche (USR). C’est soit une unité de recherche
qui a la possibilité d’avoir une activité de service en interne, soit une
unité de service faisant accessoirement de la recherche. La création, le
renouvellement et la suppression des USR relèvent uniquement d’une
décision du responsable de l’organisme de recherche.

Unité mixte de recherche (UMR). Elle est placée sous la responsabilité


conjointe d’un organisme de recherche français et d’un ou plusieurs
partenaire(s) français qui peuvent être des organismes de recherche,
des établissements de formation ou des industriels. Les conventions et
décisions de création des UMR relèvent du responsable de l’organisme
de recherche français.

Unité mixte internationale (UMI), Laboratoire mixte international


(LMI) et Dispositif de recherche et d’enseignement en partenariat
(DP). Ce sont des structures de recherche et de formation placées sous
la responsabilité conjointe d’un organisme de recherche français et d’un
ou plusieurs partenaire(s) étrangers qui peuvent être des organismes

67
de recherche ou des établissements de formation. Les conventions
et décisions de création de ces structures relèvent du responsable de
l’organisme de recherche français.

II.9. Structures et mécanismes d’appui à la valorisation


économique des résultats de recherche

Plusieurs dispositifs ont été mis en œuvre en France, surtout par le


gouvernement, pour soutenir la valorisation économique des résultats
de recherche et l’innovation. Les plus emblématiques sont : le
Programme Investissements d’Avenir1, le crédit d’impôt recherche
(CIR)2, les Pôles de compétitivité3 , les incubateurs4 , les Instituts
Carnot5 , les Chaires industrielles6 , le Consortium de valorisation
thématique (les Alliances)7, les Sociétés d’accélération du transfert
de technologies (SATT)8 et les Instituts de recherche technologique
(IRT)9 .

Le Programme « Investissements d’Avenir », a pour mission, entre


autres, de renforcer le dispositif français de valorisation de la recherche.
Dans ce cadre, trois actions sont prévues :
- soutien à la création de sociétés de valorisation sur les
1 [Link]
[Link]
2 [Link]
fr%2Fgen%2Fcp%2Fdp%2Fdp2010%2FRapport_Credit_impot_rech
3 [Link]
4 [Link]
vation/Reseaux-d-accompagnement-a-l-innovation/Les-incubateurs-pepinieres-technopoles
5 [Link]
tation-label-carnot
6 [Link]
7 [Link]
[Link]
8 [Link]
[Link]
9 [Link]
[Link]

68
principaux sites universitaires pour professionnaliser les
dispositifs valorisation et renforcer leurs moyens financiers ;

- création des instituts de recherche technologique, où chercheurs


publics et privés mettront en œuvre des programmes de
recherche partenariaux autour d’infrastructures de recherche et
de formation communes ;

- renforcement des Instituts Carnot qui sont les piliers de la


recherche partenariale.

Le crédit d’impôt recherche est une aide fiscale destinée à soutenir


et encourager les efforts de recherche-développement des entreprises,
quel que soit leur secteur d’activité, leur taille et leur organisation. C’est
une réduction d’impôt calculée sur la base des dépenses de recherche-
développement engagées par les entreprises. Il est déductible de
l’impôt sur le revenu ou sur les sociétés dû par les entreprises au titre
de l’année où les dépenses ont été engagées. Cette aide fiscale a pour
vocation :
- d’accroître la compétitivité de l’appareil productif français ;

- de renforcer la compétitivité des entreprises au travers de la


recherche et des partenariats public/privé ;

- de servir de levier à la recherche privée ;

- d’inciter les entreprises à embaucher du personnel de formation


et d’expérience scientifique.

Le Pôle de compétitivité rassemble sur un territoire donné des


entreprises, des organismes de recherche et des établissements
de formation pour développer des synergies et des coopérations
autour d’une thématique commune. D'autres partenaires, comme
les collectivités locales et territoriales, peuvent être associés. Le
pôle de compétitivité a pour vocation de soutenir l'innovation et de
favoriser le développement de projets de recherche-développement
particulièrement innovants

69
Les Instituts Carnot sont des labels décernés par le Ministère de
l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à des
établissements de recherche pour une période de 5 ans renouvelable, à
l'issue d'appels à candidatures. Ils sont destinés à favoriser la recherche
partenariale, c’est-à-dire la conduite de travaux de recherche menés
par des laboratoires publics en partenariat avec des acteurs socio-
économiques, notamment avec des entreprises. L’objectif visé est
d’accélérer le passage de la recherche à l’innovation et d’accroître le
transfert de technologies vers les acteurs économiques. Ils reçoivent des
financements en provenance de l’Agence Nationale de la Recherche.
Les incubateurs mettent à la disposition des porteurs de projet une
multitude de services leur permettant de se lancer dans les meilleures
conditions. Il existe en France différents types d’incubateurs :
- les incubateurs publics liés à la recherche publique et soutenus
par le ministère en charge de l’enseignement supérieur et de la
recherche ;
- les incubateurs des corporations développés par les grands
groupes industriels ou par les prestataires de service ;
- les incubateurs privés proposent souvent un accompagnement
des jeunes entreprises financées.
Le programme Chaires Industrielles vise à favoriser l’accueil au
sein d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche,
d’enseignants-chercheurs éminents, français (expatriés ou non) ou
étrangers, ou le renforcement des meilleurs éléments et des meilleures
initiatives développées dans l’enseignement supérieur et la recherche
français. La mission de la Chaire Industrielle est, d’une part, de réaliser
des recherches à caractère fondamental et appliqué et, d’autre part,
de diffuser les connaissances produites au travers de formations par
la recherche. Le programme est ouvert à toutes les thématiques de
recherche.
Le Consortium de valorisation thématique (CVT) est une structure de
coordination des actions de valorisation des membres d’une alliance
thématique ou d’établissements de recherche publique dont ils

70
dépendent. Ses missions sont : l’expertise, le conseil et l’assistance
auprès d’établissements et organismes de recherche en matière de
stratégie de valorisation, la montée en compétence des personnels
de la valorisation, les analyses croisées de portefeuilles de propriété
intellectuelle des membres répondant à des besoins de marchés et la
veille technologique et commerciale à l’international. Cinq (5) CVT
ont été créés dont le CVT-ANCRE, dans le domaine de l’énergie,
co-fondé par le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies
Alternatives (CEA), l’Institut Français du Pétrole–Energies Nouvelles
(IFPEN), le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et
la Conférence des Présidents d’Université (CPU).
Les Sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) sont
des filiales créées par un ou plusieurs établissements (universités
et organismes de recherche), chargées de détecter et d’évaluer les
inventions issues de laboratoires de la recherche publique pour les
accompagner jusqu’à leur transfert vers des entreprises. Leur mission
est de traduire les découvertes et compétences de la recherche publique
en applications concrètes et répondre aux besoins des entreprises.
Elles ont comme activités : dépôts de brevets, opérations de preuve
de concept, créations de start-up et licensing. Treize (13) SATT ont
été créées en France, dont SATT-CONECTUS ALSACE mise en
place par l’Université de Strasbourg, le CNRS, l’Université de Haute-
Alsace, l’INSERM, l’INSA Strasbourg, l’École Nationale du Génie de
l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg et la Caisse des Dépôts et
de Consignations.
Les Instituts de recherche technologique (IRT) sont des instituts
de recherche thématique interdisciplinaires qui associent des
établissements d’enseignement supérieur et de recherche, des grands
groupes et des PME autour d’un programme commun de recherche
technologique. Ils regroupent, sur un périmètre géographique
restreint, des moyens humains et des équipements afin d’atteindre une
taille critique suffisante de compétences pour notamment disposer
d’une visibilité internationale. Ils mènent des activités qui couvrent
l’ensemble du processus d’innovation en se déployant à la fois sur
la recherche et développement, la formation et la valorisation

71
économique des résultats. Ils ont pour missions de/d’ :
- piloter des programmes de recherche couplés à des plateformes
technologiques ;
- effectuer des travaux de recherche et développement orientés
vers les besoins des marchés au meilleur niveau international ;
- contribuer à l’ingénierie des formations initiales et continues ;
- valoriser les résultats au plan économique.
Huit (8) IRT ont été labellisés par l’État, dont l’Institut de Recherche
Technologique IRT-NANOELEC qui conduit, dans le secteur des
technologies de l’information et de la communication, un programme
de développement et de diffusion technologique au bénéfice direct des
entreprises.
En conclusion, si on fait un bilan de la recherche française, en
comparaison de 20 ans en arrière, on retient trois (3) grandes évolutions
et tendances :
- la montée en puissance des financements sur projets ;
- le développement de la culture de l’évaluation ;
- l’accent mis sur l’innovation et la valorisation tant dans le
financement que dans les structures.

III. Cas de la Tunisie

III.1. Cadres juridiques et règlementaires

Les principaux textes législatifs et réglementaires ci-dessous régissent


la recherche et l’innovation en Tunisie :
- Loi d’orientation n° 96-6 du 31 janvier 1996, relative à la
recherche scientifique et au développement technologique,
modifiée et complétée par la loi n° 2006-73 du 9 novembre
2006.

72
- Loi n°2000-84 du 24 août 2000 relative aux brevets d’invention.

- Loi n° 2008-19 du 25 février 2008, relative à l’enseignement


supérieur, modifiée par le décret-loi n° 2011-31 du 26 avril
2011.

- Décret n° 2008-416 du 11 février 2008, fixant l’organisation


administrative, financière et scientifique des établissements
publics de recherche scientifique et les modalités de leur
fonctionnement.

- Décret n° 2008-2716 du 4 août 2008, portant organisation des


universités et des établissements d’enseignement supérieur et
de recherche et les règles de leur fonctionnement, modifié par
le décret n° 2011- 683 du 9 juin 2011.

- Décret n° 2009-644 du 2 mars 2009, fixant l’organisation et


les modalités de fonctionnement des laboratoires de recherche,
des unités de recherche et des consortiums de recherche.

- Décret n° 2011-1084 du 29 juillet 2011, portant création d’un


Programme national de la recherche et de l’innovation et fixant
les conditions et les modalités de son intervention.

- Décret n° 2012-1719 du 14 septembre 2012, fixant la


composition de l’instance nationale de l’évaluation, de
l’assurance qualité et de l’accréditation et les modalités de son
fonctionnement.

III.2. Organes d’orientation et de planification

En Tunisie, trois ministères occupent une position prédominante dans


la fonction d’orientation du système de recherche et d’innovation
tunisien (HASSAN, 2015) :
- le ministère en charge de l’enseignement supérieur et de la
recherche scientifique qui a sous sa tutelle les universités et

73
des organismes de recherche ;

- le ministère en charge de l’industrie et de la technologie qui a


sous sa responsabilité les Centres techniques et l’Agence de
promotion de l’industrie et de l’innovation ;

- et le ministère en charge du développement et de la coopération


internationale qui a sous sa tutelle l’Institut tunisien de la
compétitivité et des études quantitatives.

D’autres ministères tels que le ministère en charge de l’Agriculture et


le ministère en charge de la Santé participent aussi à la gouvernance
du système tunisien de recherche et d’innovation à travers des agences
de programmation et d’exécution des activités de recherche sous leur
tutelle.

III.3. Organes de conseil, de coordination et de programmation

Les organes de conseil et de coordination chargés de soutenir le


gouvernement dans sa fonction d’orientation sont :
- le Comité de Haut niveau pour la Science et la Technologie ;

- le Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique et de


l’Innovation Technologique ;

- le Conseil Consultatif National de la Recherche Scientifique et


de la Technologie.

Le Comité de Haut niveau pour la Science et la Technologie est créé


auprès du Premier ministre. Il est chargé, entre autres, d’émettre
des avis concernant les stratégies susceptibles de promouvoir la
science, de développer la technologie et de garantir la coordination
entre les différents intervenants dans les domaines de la science et
de la technologie. Les membres du Comité sont nommés parmi les
personnalités reconnues pour leur compétence (HASSAN, 2015).

• Le Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique et de

74
l’Innovation Technologique est présidé par le Premier ministre. Il est
chargé notamment de suivre l’évolution du secteur, de donner son avis
sur les orientations générales de la politique nationale de recherche
scientifique et de développement technologique en fonction des
besoins du pays et de proposer les mesures tendant à la promotion
de la recherche scientifique et du développement technologique. Sa
composition inclut les ministres dont les ministères ont un lien direct
ou indirect avec la recherche et l’innovation, la Banque centrale de
la Tunisie, les associations professionnelles des banques, des sociétés
d’investissement et des sociétés d’assurance, les partis politiques
représentés à la Chambre des députés, et un représentant du Parlement
des jeunes (HASSAN, 2015).

Le Conseil Consultatif National de la Recherche Scientifique et de


la Technologie est créé auprès du ministre en charge de la recherche
scientifique et de la technologie. Il donne son avis sur les questions qui
lui sont soumises par le ministre en charge de la recherche scientifique
et de la technologie et relatives aux grandes orientations et aux
principaux programmes de recherche scientifique et de développement
technologique. Il est composé de 25 membres parmi les retraités
compte tenu de leurs compétences et leur longue expérience dans les
différents domaines scientifiques (HASSAN, 2015).

III.4. Structures de promotion et mécanismes de financement

III.4.1. Structures de promotion

Deux organes sont chargés de la promotion de la recherche et de


l’innovation : l’Agence nationale de promotion de la recherche
scientifique (ANPR) et l’Agence de promotion de l’industrie et de
l’innovation (APII).
L’ANPR est un établissement public placé sous la tutelle du ministère
en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Elle a pour mission de/d’ :
- contribuer à la mise en œuvre des programmes nationaux de
recherche ;

75
- appuyer la création et le suivi des bureaux de valorisation et de
transfert de technologie ;

- assister les structures publiques de recherche dans les domaines


de la propriété intellectuelle, de la valorisation des résultats de
la recherche et du transfert de technologie ;

- contribuer à la création et à l’animation des consortiums de


recherche ;

- appuyer l’exécution de la gestion financière des projets liés


aux activités de recherche contractuelle ;

- offrir des services d’intermédiation s’inscrivant dans le domaine


de compétence de l’Agence et impliquant les structures de
recherche, les entreprises économiques et les partenaires
étrangers dans le cadre de la coopération internationale ;

- diffuser des programmes et des mécanismes liés à la valorisation


des résultats de la recherche, au transfert de technologie ainsi
qu’à la promotion de la culture de l’innovation technologique ;

- contribuer à l’exploitation des résultats de la veille scientifique


et technologique ;

- donner son avis en vue de l’acquisition, la maintenance et


l’exploitation des équipements scientifiques lourds (HASSAN,
2015).

L’APII est un établissement public sous la tutelle du ministère en


charge de l’industrie. Elle a pour mission de mettre en œuvre la
politique du gouvernement relative à la promotion du secteur industriel
et de l’innovation. Elle est chargée :
- d’encadrer et d’aider les entreprises économiques à identifier
leurs besoins en matière d’innovation technologique ;

- d’œuvrer à la valorisation des résultats de la recherche et du


transfert de la technologie ;

76
- de la diffusion de la culture de l’innovation technologique à
travers la vulgarisation des programmes et des mécanismes
liés à l’innovation et à la valorisation des résultats de recherche
et au transfert de la technologie (HASSAN, 2015).

III.4.2. Mécanismes de financement public de la recherche et


de l’innovation

Deux principaux mécanismes de financement public de la recherche et


de l’innovation sont mis en œuvre en Tunisie : les crédits budgétaires
et le financement sur projets.

Les laboratoires et unités de recherche publics sont en partie financés par


les crédits budgétaires des universités et des organismes de recherche
publics alloués par l’Etat. Plusieurs autres ministères interviennent
dans ce mode de financement en soutenant des activités sectorielles
de recherche par le biais de leurs centres de recherche. C’est le cas
notamment du ministère en charge de la Santé et du ministère en
charge de l’Agriculture.

Par ailleurs, des programmes destinés à financer des projets de


recherche et d’innovation ont été mis en place (BOUSSAID, 2013).
Parmi ceux-ci, ont peut citer :

- le programme de valorisation des résultats de recherche ;

- le programme de recherche fédérée ;

- le programme national de recherche et d’innovation ;

- la Prime d’investissements en recherche et développement.

Les pouvoirs publics autorisent également les universités, les


établissements d’enseignement supérieur et les établissements
publics de recherche scientifique à recourir à d’autres sources de
financement. Par exemple, la loi n° 2000-67 du 17 juillet 2000
modifiant et complétant la loi n° 89-70 du 28 juillet 1989, autorise

77
les universités à réaliser des prestations de services à titre onéreux
telles que des programmes de formation et de recherche, des études
et des expertises. Le décret n° 2001-1182 du 22 mai 2001 qui fixe
les modalités d’utilisation des revenus provenant des activités des
universités, stipule qu’une proportion de 30 % des revenus issus de
ces prestations de services doit être consacrée au renforcement des
moyens de travail de l’établissement concerné. Le reste des revenus
est distribué aux intervenants pour la réalisation des activités, et ce,
après couverture des dépenses découlant de l’exécution du contrat.

III.5. Organes d’évaluation

L’évaluation du système tunisien de recherche et d’innovation est


assurée par deux organes : le Comité national de l’évaluation des
activités de la recherche scientifique et l’Instance nationale de
l’évaluation, de l’assurance-qualité et de l’accréditation (HASSAN,
2015).

Le Comité national de l’évaluation des activités de la recherche


scientifique (CNEARS) est chargé de l’évaluation des activités de
recherche scientifique concernant les programmes, les projets et leurs
résultats. Il évalue également les établissements publics de recherche
ainsi que les programmes de recherche des entreprises privées
qui bénéficient d’avantages et d’aides de l’Etat. Il intervient dans
l’évaluation des demandes de création des laboratoires, des unités de
recherche et des consortiums de recherche et conduit une évaluation
à mi-parcours et une évaluation finale de ces derniers. Il n’évalue pas
les chercheurs et les enseignants-chercheurs et n’intervient pas dans
l’évaluation de l’enseignement supérieur.

Pour mener ses missions, le CNEARS recourt à des experts externes,


généralement des chercheurs publics nationaux ou internationaux,
lesquels peuvent effectuer des visites de terrain auprès des structures
évaluées.

La méthode d’évaluation retenue par le CNEARS se fonde sur un

78
travail d’auto-évaluation réalisé par l’entité puis sur une évaluation
externe, effectuée par des experts, généralement des chercheurs
nationaux ou internationaux. L’auto-évaluation est réalisée sur la base
des critères établis par le CNEARS10.

L’Instance nationale de l’évaluation, de l’assurance-qualité et de


l’accréditation (INEAQA) est chargée de l’évaluation, de l’assurance-
qualité et de l’accréditation dans l’enseignement supérieur. Elle a
recours à des commissions d’experts externes pour la réalisation des
opérations d’évaluation.

III.6. Institutions d’exécution de la recherche

Les composantes essentielles du système tunisien de recherche et


d’innovation sont les universités, les centres de recherche, les centres
de ressources technologiques, les centres techniques et les technopôles
(HASSAN, 2015).

Les universités sont sous la tutelle du ministère en charge de


l’enseignement supérieur tandis que les centres de recherche sont
rattachés à différents ministères. Les deux types d’institution ont un
statut d’établissement public à caractère administratif (EPA). Mais
des textes législatifs et règlementaires ont introduit la possibilité
de passage de ce statut au statut d’établissement public à caractère
scientifique et technologique (EPST), sous certaines conditions. Ce
changement permet d’accorder plus de souplesse de gestion dans
l’accomplissement de leurs missions en vue d’accroître leur qualité et
performance.

Les centres de ressources technologiques sont des plateformes


technologiques destinées à l’assistance technique, à la formation
et aux prestations de transfert de technologie. Ils sont chargés de
faciliter le développement de projets émergents au service d’acteurs
économiques diversifiés (entreprises, centres de recherche appliquée,
porteurs de projets). Ils font partie des composantes des Technopoles.

10 [Link]/[Link]?id=5848

79
Les centres techniques sont des établissements publics placés sous
la tutelle du ministère en charge de l’Industrie. Ils assurent un rôle
d’assistance technique aux entreprises des secteurs industriels
concernés et fournissent l’information notamment technique. Ils
réalisent aussi des diagnostics de mise à niveau et organisent des
sessions de formation pour les cadres des entreprises.

Les Technopoles sont des espaces intégrés et aménagés pour accueillir


des activités dans les domaines de la formation, de la recherche
scientifique et technologique, de la production et du développement
technologique.

III.7. Les écoles doctorales

L’école doctorale, selon la réglementation tunisienne11, est une


structure scientifique et technologique, constituée de groupes
d’excellence comportant des enseignants chercheurs, des chercheurs
et des doctorants travaillant dans des parcours d’études doctorales
sur des thématiques scientifiques et technologiques prioritaires sur le
plan national. Les écoles doctorales peuvent être créées, par arrêté du
ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche au sein
des établissements d’enseignement supérieur et de recherche habilités
à délivrer les diplômes de mastère et de doctorat.

III.8. Structures opérationnelles de recherche

Selon les dispositions du décret n° 2009-644 du 2 mars 2009, la


recherche s’exerce au sein de structures opérationnelles de trois types :
unité de recherche, laboratoire et consortium.
Une unité de recherche doit comprendre au minimum quatorze
(14) chercheurs, dont deux chercheurs ayant le grade de professeur
d’enseignement supérieur, de maître de conférences ou grade
équivalent et six (6) chercheurs ayant le grade de maître-assistant,
d’assistant d’enseignement supérieur ou grade équivalent et six (6)
doctorants ou autres cadres techniques ayant un grade équivalent au
11 Décret n° 2007-1417 du 18 juin 2007, portant création des écoles doctorales
80
grade d’assistant d’enseignement supérieur. Elle est créée soit dans le
cadre d’un appel à propositions, soit à la demande du ministre chargé
de la recherche scientifique et, le cas échéant, du ministre concerné.

Trois (3) types de laboratoires sont distingués : les laboratoires


de recherche fondamentale ; les laboratoires de recherche et de
développement technologique et les laboratoires de recherche-
développement. Des équipes de recherche peuvent être créées au sein
des laboratoires dans la limite de deux équipes par laboratoire. Les
laboratoires sont créés soit dans le cadre d’un appel à propositions,
soit à la demande du ministre chargé de la recherche scientifique et, le
cas échéant, du ministre concerné.

Les laboratoires de recherche fondamentale sont créés au sein des


facultés, des instituts et des écoles supérieures, à l’exception écoles
d’ingénieurs. La masse critique de chercheurs exigée est fixée comme
suit : vingt-quatre (24) chercheurs dont six (6) ayant un grade de
professeur d’enseignement supérieur ou de maître de conférences ou de
professeur technologue ou de maître technologue ou grade équivalent
ou homologue et huit (8) chercheurs appartenant au grade de maître
assistant ou d’ assistant d’enseignement supérieur ou grade équivalent
et dix (10) doctorants ou autres cadres ayant des grades équivalents ou
homologues au grade d’assistant d’enseignement supérieur.

Les laboratoires de recherche et de développement technologique


sont créés au sein des écoles d’ingénieurs, des écoles supérieures
des sciences appliquées et des instituts supérieurs des études
technologiques. La masse critique de chercheurs exigée est fixée
comme suit : vingt-quatre (24) chercheurs au minimum dont quatre
(4) chercheurs ayant un grade de professeur d’enseignement supérieur
ou de maître de conférences ou grade équivalent et six (6) chercheurs
ayant un grade de maître assistant ou d’assistant d’enseignement
supérieur ou grade équivalent et quatorze (14) doctorants ou autres
cadres techniques ayant le grade équivalent ou homologue au grade
d’assistant d’enseignement supérieur.

Les laboratoires de recherche-développement sont créés au sein des

81
établissements publics de recherche scientifique, des établissements
publics de santé, des centres techniques sectoriels et des entreprises
publiques habilitées à la recherche par leurs textes. La masse critique de
chercheurs exigée est fixée comme suit : vingt-quatre (24) chercheurs
au minimum dont quatre (4) chercheurs ayant un grade de professeur
d’enseignement supérieur ou de maître de conférences ou grade
équivalent et six (6) chercheurs ayant un grade de maître assistant ou
d’assistant d’enseignement supérieur ou grade équivalent et quatorze
(14) doctorants ou autres cadres techniques ayant le grade équivalent
ou homologue au grade d’assistant d’enseignement supérieur.
Le consortium de recherche se compose de laboratoires de recherche
et, le cas échéant, d’unités de recherche exerçant dans une seule
spécialité ou dans des spécialités complémentaires. Il n’est créé que
dans le cadre des appels à propositions en vue de l’exécution d’un
programme de recherche stratégique ou des programmes et projets de
recherche ayant une priorité nationale

III.9. Structures et mécanismes d’appui à la valorisation


économique des résultats de la recherche

Plusieurs structures ont été mises en place, surtout par le gouvernement,


pour soutenir la valorisation économique des résultats de recherche et
l’innovation. Les plus connues sont : les pôles de compétitivité, les
bureaux de transfert technologique et les pépinières.
Les pôles de compétitivité sont des communautés structurées similaires
à celles des technopoles, mais disposant d’espaces plus larges et
plus en adéquation avec le tissu industriel local et régional. Ils sont
constitués d’une composante technopole et d’une zone industrielle qui
accueille aussi bien des entreprises du ou des secteur(s) d’activité du
pôle de compétitivité que des entreprises d’autres secteurs. Ils visent
à favoriser et à accélérer le développement de la recherche et de
l’innovation. Ils sont sous la tutelle partagée du ministère en charge
de l’industrie et du ministère en charge de l’enseignement supérieur
et de la recherche scientifique et parfois d’autres ministères sectoriels.

Les bureaux de transfert technologique sont des structures

82
d’interfaçage, publiques ou privées, ayant vocation d’assurer la
coordination et le lien entre les institutions où se développe l’offre
technologique (universités, centres de recherche, centres techniques,
technopôles) et l’entreprise où se définit la demande technologique. Ils
fournissent diverses prestations de services en matière d’information,
de communication, de valorisation, de protection, de transfert, et de
mise en relation et de réseautage. Ces bureaux sont labellisés par
l’Agence nationale de promotion de la recherche scientifique (ANPR)
et l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle
(INNORPI). Ils sont créés à l’initiative et à la charge d’une université,
d’un établissement d’enseignement supérieur et de recherche, d’un
centre de recherche, d’un centre technique sectoriel, d’une technopole,
d’un pôle de compétitivité ou de tout autre organisme public ou privé
ayant identifié le besoin de structurer et dynamiser la valorisation
des résultats de la recherche, d’identifier et structurer des besoins de
l’environnement socio-économique.

Les pépinières sont créées au sein des établissements d’enseignement


supérieur. Elles accueillent et accompagnent les porteurs de projets
de création d’entreprise, leur fournissent l’assistance technique
nécessaire à la formalisation de leurs projets sous forme de conseils et
d’expertises, et les aident au développement de leurs entreprises pour
leur assurer les meilleures chances de réussite en matière de croissance
et de pérennité. Les établissements d’enseignement supérieur mettent
à la disposition des pépinières les locaux appropriés et les compétences
scientifiques et technologiques requises.

83
IV. Cas du Maroc

IV.1. Cadres juridiques et règlementaires


Les principaux textes législatifs et réglementaires ci-dessous régissent
la recherche et l’innovation au Maroc :
- La loi n° 1-75-102 du 25 février 1975 relative à l’organisation
des universités.

- La loi n° 01-00 du 19 mai 2000 portant organisation de


l’enseignement supérieur.

- La loi n° 1-05-152 du 10 février 2006 portant réorganisation


du Conseil supérieur de l’enseignement.

- La loi n° 105-12 du 16 mai 2014 relative au Conseil supérieur


de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.

- La loi n° 80-12 du 31 juillet 2014 relative à l’Agence


d’évaluation et de garantie de la qualité de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique.

- Le décret n° 2-00-1019 du 11 juillet 2001 portant institution du


Comité permanent interministériel de la recherche scientifique
et du développement technologique.

- Le décret n° 2 -01-2330 du 4 juin 2002 fixant la composition et


le fonctionnement de la commission nationale de coordination
de l’enseignement supérieur ainsi que les modalités de
désignation de ses membres.

- Le décret n° 2-15-87 du 19 février 2015 portant création du


Comité permanent interministériel de la recherche scientifique,
de l’innovation et du développement technologique.

84
IV.2. Organes d’orientation et de planification

Au Maroc, la fonction d’orientation et de planification de la recherche


et de l’innovation est principalement assurée par le Ministère de
l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la
Formation des Cadres (MESRSFC)1 et le Ministère de l’Industrie,
du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique
(MICIEN)2.

Plusieurs autres ministères participent aussi à la promotion et au


développement de la recherche et de l’innovation à travers des
centres de recherche sous leur tutelle. C’est le cas dans les domaines
de l’agriculture, des hydrocarbures, de la chimie, de l’énergie et des
recherches minières.

IV.3. Organes de conseil, de coordination et de programmation

Les organes d’impulsion, de conseil, de coordination et de


programmation de la recherche et de l’innovation créés sont :

- le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la


recherche scientifique ;

- le Comité permanent interministériel de la recherche


scientifique, de l’innovation et du développement
technologique ;

- l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques ;

- la Commission nationale de coordination de l’enseignement


Supérieur.

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche


scientifique est présidé par une personnalité nommée par le Roi. Il est
1 [Link]/fr
2 [Link]

85
composé d’experts et de spécialistes, de membres du Gouvernement,
de personnalités représentant des organismes et institutions, de
représentants de chacune des Chambres du Parlement, de représentants
des établissements de l’éducation et de la formation, de représentants
des syndicats de l’enseignement les plus représentatifs, des cadres
pédagogiques et administratifs, des parents et tuteurs des élèves, des
enseignants, des étudiants et élèves, des collectivités territoriales, des
associations de la société civile, des entreprises et des organismes
représentatifs des établissements d’enseignement et de formation
privés. Il est chargé de donner des avis sur toutes les questions
concernant le système national de l’éducation, de la formation et de la
recherche scientifique qui lui sont soumises par le Roi, de donner des
avis sur toutes les questions qui lui sont soumises par le gouvernement,
de donner des avis au gouvernement et au Parlement sur les projets et
les propositions de lois, les lois organiques et les textes réglementaires,
de préparer des études et des recherches à sa propre initiative,
ou à la demande du gouvernement, sur toute question intéressant
l’éducation, la formation et la recherche scientifique ou se rapportant
au fonctionnement des services publics concernés, de réaliser des
évaluations globales, sectorielles ou thématiques des politiques
et des programmes publics dans les domaines de l’éducation, de la
formation et de la recherche scientifique, et en publier les résultats et
de présenter au gouvernement toute proposition relative à l’éducation,
à la formation et à la recherche scientifique.
Le Comité permanent interministériel de la recherche scientifique,
de l’innovation et du développement technologique est présidé par le
Premier ministre et est composé des départements ministériels exerçant
une tutelle sur des structures de recherche ou d’innovation ou utilisant
les résultats de ces dernières. Il a pour missions essentielles de proposer
au gouvernement la stratégie et les orientations nécessaires pour la
promotion de la recherche scientifique et technique publique, d’assurer
la coordination et le suivi des activités de recherche scientifique et
technique effectuées par les opérateurs de recherche relevant des
différents départements ministériels, de contribuer à définir les
orientations nécessaires à l’élaboration des projets de programmes de
développement de la recherche scientifique et technique et de proposer
au gouvernement l’affectation des moyens alloués à différents projets,

86
et programmes de recherche définis en fonction des priorités nationales.

L’Académie Hassan II des Sciences et Techniques est placée sous la


Protection Tutélaire de Sa Majesté le Roi. Elle a pour missions de
promouvoir et de développer la recherche scientifique et technique,
de contribuer à la définition de la politique nationale de la recherche
scientifique et technique, de réaliser des études, des analyses et des
enquêtes sur le secteur de la recherche, d’encourager la réalisation des
programmes de recherche définis en fonction des priorités nationales,
en apprécier la pertinence et la qualité scientifique et leur affecter, le
cas échéant, les ressources financières appropriées, d’assurer le suivi
et l’évaluation des actions des programmes de recherche soutenus
par l’Académie et entreprendre toute action en vue de renforcer les
laboratoires et toute autre structure de recherche existant ou à créer et
de contribuer à l’intégration de la recherche scientifique et technique
dans l’environnement socio-économique national et international.

La Commission Nationale de Coordination de l’Enseignement


Supérieur est présidée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur,
de la Recherche Scientifique et de la Formation des Cadres. Elle
est composée de représentants du Ministère de l’Enseignement
Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Formation des Cadres,
du ministère en charge de l’enseignement secondaire, du ministère
chargé des affaires islamiques, du secrétaire perpétuel de l’Académie
Hassan Il des sciences et techniques, des présidents d’universités,
des directeurs d’établissements d’enseignement supérieur ne relevant
pas des universités, des directeurs d’établissements d’enseignement
supérieur privé, des directeurs d’établissements de recherche public et
privé, d’un représentant du syndicat national le plus représentatif des
enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur et de personnalités
des secteurs économiques et sociaux. Elle a pour missions, entre autres,
de promouvoir la recherche scientifique universitaire et de dynamiser
la solidarité et l’entraide financière.

87
IV.4. Structures et mécanismes de financement

Le financement de la recherche et de l’innovation est essentiellement


assuré par l’Etat. La part du privé est très faible.
Deux principaux mécanismes de financement public de la recherche
et de l’innovation sont mis en œuvre : les crédits budgétaires et le
financement sur projets à travers plusieurs fonds et programmes.
L’Etat alloue aux établissements d’enseignement supérieur et de
recherche, un budget spécifiquement dédié à la recherche. Il existe
dans la nomenclature du budget de ces établissements, une rubrique
intangible, réservée à la recherche scientifique.
Le Maroc a mis en place plusieurs fonds et programmes pour financer
la recherche et l’innovation sur la base d’appels d’offres (ZEMMITA,
2014 ; DIAMANE et KOUBAA, 2015). Parmi ces programme, il y a :
- le Fonds national de soutien à la recherche scientifique et au
développement technologique, sous la tutelle du ministère en
charge de la recherche scientifique, qui a mis en place plusieurs
programmes gérés par le Centre National pour la Recherche
Scientifique et Technique ;
- le Fonds de soutien à l’innovation géré par le Centre Marocain
de l’Innovation qui propose trois programmes de financement ;
- le Programme de soutien à la recherche et développement dans
les Technologies Avancées géré par le Centre Marocain de
l’Innovation qui consiste à financer les projets de recherche-
développement dans le secteur des technologies avancées ainsi
que les entreprises associées à un laboratoire public ou à un
consortium réunissant des laboratoires publics.

IV.5. Organe d’évaluation

L’évaluation de la recherche scientifique est confiée par les pouvoirs


publics à l’Agence d’évaluation et de garantie de la qualité de

88
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique3.
L’Agence a pour mission d’effectuer, pour le compte de l’Etat, des
évaluations du système de l’enseignement supérieur et de la recherche
afin d’en garantir la qualité. A cet effet, elle est chargée :
- d’évaluer les établissements d’enseignement supérieur public
et privé et les établissement de recherche scientifique;

- d’examiner et d’évaluer les filières de formation en vue de


l’obtention ou du renouvellement de l’accréditation ;

- d’évaluer les activités des centres d’études doctorales et de


dresser le bilan des formations et des travaux de recherche
réalisés dans ces centres ;

- d’évaluer la recherche scientifique et l’efficacité de ses


structures ;

- d’évaluer les programmes et les projets de coopération


universitaire dans le domaine de la formation et de la recherche
scientifique4.

L’évaluation consiste en un audit des performances académiques


et institutionnelles sur la base de critères de qualité fixés par voie
réglementaire, sur proposition de l’Agence5.

IV.6. Institutions publiques d’exécution de la recherche

Les principaux exécutants de la recherche publique au Maroc sont


les universités, les établissements de formation des cadres et les
établissements publics de recherche (KLEICHE-DRAY et COLL,

3 Loi n°80-12 relative à l’Agence d’évaluation et de garantie de la qualité de l’enseignement


supérieur et de la recherche scientifique
4 Loi n°80-12 relative à l’Agence d’évaluation et de garantie de la qualité de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique
5 Le projet de décret fixant les critères d’évaluation était en cours d’élaboration au moment
de la rédaction du présent guide

89
2007).

Les universités publiques sont sous la tutelle du ministère en charge


de l’enseignement supérieur. Elles ont vu inscrire à leur budget une
enveloppe expressément destinée à la promotion de la recherche.

Les établissements publics de formation des cadres (écoles,


instituts) sont sous la tutelle de différents ministères techniques. Ces
établissements sont à dominante scientifique et visent à former avant
tout des ingénieurs. Ils contribuent à la production scientifique par des
travaux de recherche souvent orientés selon les besoins ressentis par
les entreprises, la branche ou le secteur dont ils relèvent.

Les établissements publics de recherche sont sous la tutelle de différents


ministères techniques. Ils emploient généralement des chercheurs à
plein temps, souvent contractuels.

IV.7. Les Centres d’études doctorales

Les études doctorales sont organisées au sein des Centres d’études


doctorales. Ces centres regroupent les structures de recherche
accréditées par l’université et proposent des formations doctorales
spécifiques et transversales aux doctorants ayant pour objectif de leur
faire acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour
entreprendre et mener à terme des recherches scientifiques de haut
niveau.

IV.8. Structures opérationnelles de recherche

IV.8.1. Structures labellisées par le ministère en charge de la


recherche scientifique : les pôles de compétence
Dans le cadre du Fonds national de soutien à la recherche scientifique,
le ministère en charge de la recherche scientifique a mis en œuvre le
programme de développement des réseaux de recherche thématiques

90
qui a abouti à la création de pôles de compétences au niveau national.
Ces pôles sont liés au ministère en charge de l’enseignement supérieur
et la recherche par un contrat programme d’une durée de quatre ans
visant à élaborer et exécuter un projet de recherche fédérateur sur un
thème bien déterminé.

IV. 8.2. Structures labellisées par les universités


La mise en œuvre, par le ministère en charge de la recherche scientifique,
du programme d’organisation et de structuration de la recherche
dans les universités (accréditation des structures de recherche par les
universités) a abouti à l’accréditation de trois catégories de structures
de recherche :
- équipe de recherche ;

- laboratoire de recherche ;

- centre d’études et de recherche.

Les structures accréditées bénéficient d’un financement de l’université


sur la base de présentation de projets.

a) Equipe de recherche

Une équipe de recherche doit être constituée d’au moins trois (3)
enseignants-chercheurs permanents exerçant à titre principal à
l’établissement de domiciliation de l’équipe et menant des activités de
recherche sur une thématique.

L’accréditation de l’équipe de recherche est validée par le Conseil de


l’Université pour une durée de deux (2) à quatre (4) ans renouvelable,
après avis du Conseil d’établissement de domiciliation de l’équipe sur
la base d’un dossier présenté par l’équipe.

L’équipe de recherche est dirigée par un Chef d’équipe qui doit être
un professeur de l’enseignement supérieur ou un professeur habilité.

91
b) Laboratoire de recherche

Un laboratoire de recherche doit être constitué d’au moins trois (3)


équipes de recherche de l’université menant des thématiques de
recherche en relation avec un même domaine ou des domaines de
recherche complémentaires.

Un laboratoire doit diriger des travaux d’étudiants-chercheurs


(Doctorat ou Master) durant la période d’accréditation.

Un laboratoire est accrédité par le Conseil de l’Université pour une durée


de quatre (4) ans renouvelable après avis du Conseil d’établissement
de domiciliation du laboratoire sur la base d’un dossier présenté par le
laboratoire.

Un laboratoire de recherche est dirigé par un Directeur qui doit être


un professeur de l’enseignement supérieur ou à défaut un professeur
habilité. Il est assisté d’un Directeur-adjoint, d’un Comité de gestion
et d’un Conseil de laboratoire.

c) Centre d’études et de recherche

Un centre de recherche est une structure disciplinaire, pluridisciplinaire


et/ou transdisciplinaire travaillant autour de thématiques faisant partie
des priorités de la recherche définies par l’université. Il est constitué
d’au moins deux (2) laboratoires de recherche de l’université.

Un centre d’études et de recherche est accrédité par le Conseil de


l’Université pour une durée de quatre (4) ans renouvelable après avis
du Conseil d’établissement de domiciliation du centre sur la base d’un
dossier présenté par le centre.

Un centre d’études et de recherche est dirigé par un Coordonnateur qui


doit être un Professeur de l’enseignement supérieur et directeur d’un
laboratoire affilié au Centre. Il est assisté d’un Coordonnateur-adjoint
et d’un Conseil du centre.

92
IV.9. Structures et mécanismes d’appui à la valorisation
économique des résultats de recherche

Des structures de valorisation économique des activités de recherche


et d’appui à l’innovation ont été développées avec l’appui du
département ministériel chargé de la recherche (AMIC, 2015). Les
plus connues sont : le Réseau Maroc Incubation et Essaimage, les
incubateurs d’entreprises innovantes, la Moroccan Foundation for
Advanced Science, Innovation and Research, les structures d’interface
Universités-Entreprises et le Réseau de Diffusion Technologique
(AMIC, 2015).

Le Réseau Maroc Incubation Essaimage (RMIE) a été mis en place par


le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique
et de la Formation des Cadres dans le cadre du Programme national de
soutien à l’innovation, à l’incubation d’entreprises et à l’essaimage.
Il est géré par le Centre National pour la Recherche scientifique et
Technique. Il est composé d’opérateurs publics et privés (incubateurs
d’entreprises, pépinières, technopôles, établissements financiers,
fonds d’amorçage) œuvrant dans le domaine de la valorisation de la
recherche et de l’innovation et ayant pour vocation d’accompagner
les porteurs d’idées devant aboutir à des créations d’entreprises. Il
vise la promotion de la création d’entreprises innovantes à travers
l’incubation et/ou l’essaimage.

Les incubateurs d’entreprises ont été mis en place au sein des


établissements d’enseignement supérieur pour accompagner les
porteurs de projets de création d’entreprises innovantes.
L’accompagnement se traduit par exemple par la mise à disposition de
locaux et de services d’assistance juridique et technique.

La Moroccan Foundation for Advanced Science, Innovation and


Research (MAScIR) est une institution publique à but non lucratif
qui a pour objectif la promotion de la recherche scientifique et le
développement technologique en vue d’accompagner le développement
du Maroc. Elle réalise des travaux de recherche appliquée dans les
domaines des technologies de l’information et des communications,

93
des biotechnologies, des nanotechnologies, de l’environnement ainsi
que des matériaux et des polymères.

Les structures d’interface Universités-Entreprises ont été mises en


place par le ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la
recherche pour faire le lien université et monde socio-économique.
Ces structures prospectent et facilitent l’établissement de relations
de partenariat entre les universités et le monde socio-économique
dans les domaines de la recherche-développement, de l’expertise,
des consultations, de la formation, de la démarche qualité, etc. Elles
permettent aux établissements universitaires de promouvoir le transfert
technologique et de répondre efficacement aux besoins exprimés par
les entreprises.

Le Réseau de diffusion technologique est un programme conjoint


entre le ministère chargé de l’Industrie et le ministère chargé de la
recherche scientifique. Il fédère des compétences (prospecteurs et
experts) à même de démarcher l’entreprise et d’identifier ses besoins
de mise à niveau, en particulier technologique, à travers la réalisation
de prestations technologiques.

V. Cas de l’Afrique du Sud

V.1. Cadres juridiques et règlementaires

Les principaux textes législatifs et réglementaires ci-dessous régissent


la recherche et l’innovation en Afrique du Sud :
- Loi sur le développement de la recherche, n° 75 de 1990
(Research Development Act, n° 75 of 1990).
- Loi sur l’enseignement supérieur, n° 101 de 1997 (Higher
Education Act, n°101 of 1997).
- Loi n° 55 de 1997 sur le Conseil consultatif national sur
l’innovation (National Advisory Council on Innovation Act, n°
55 of 1997).
- Loi sur le Conseil de recherches scientifiques, n° 46 de 1988
amendée par la loi n° 71 de 1990 (Scientific Research Council

94
Act n° 46 of 1988, amended by Act n° 71 of 1990).
- Loi sur la Fondation nationale de la recherche, n° 23 de 1998
(National Research Foundation Act, n°23 of 1998).

V.2. Organes d’orientation et de planification

La recherche en Afrique du Sud est placée sous la responsabilité du


Ministère de la Science et de la Technologie (Department of Science
and Technology). Son articulation avec le Ministère de l’Enseignement
Supérieur et de la Formation (Department of Higher Education and
Training) repose sur une stricte répartition des compétences entre
formation et recherche.

Certains ministères techniques sectoriels exercent une tutelle sur des


instituts spécialisés, dont le rôle est de conseiller leurs ministères
respectifs, de stimuler des projets de recherche thématiques et, selon
les cas, de mener des recherches eux-mêmes. C’est le cas par exemple
du Ministère des Ressources Minérales (Department of Mineral
Resources) qui a sous sa tutelle le Conseil pour la technologie minérale
(Council for Mineral Technology) et le Conseil pour les géosciences
(Council for Geosciences) et le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche
et de la Forêt (Department of Agriculture, Forestry & Fisheries) qui
exerce la tutelle du Conseil de recherches agricoles (Agricultural
Research Council).

V.3. Organes de conseil, de coordination et de programmation

Le rôle de conseil, de coordination et de programmation est assuré


par plusieurs structures, dont les principales sont : le Conseil de
l’enseignement supérieur (Council on Higher Education)6, le Forum
national des sciences et de la technologie (National Science and
Technology Forum)7, le Conseil consultatif national sur l’innovation

6 [Link]
7 [Link]

95
(National Advisory Council on Innovation)8, l’Académie des sciences
de l’Afrique du Sud (Academy of sciences of South Africa)9 et le
Conseil de recherches en sciences humaines (Human Science Research
Council)10.

V.4. Structures et mécanismes de financement

Selon un rapport publié en 2014 par le Conseil de recherches en sciences


humaines11 et portant sur l’année fiscale 2011/12, le gouvernement
est le principal financeur (43%) de la recherche publique. Les fonds
gouvernementaux sont distribués en majorité aux universités (48,1%),
au gouvernement lui-même et à ses instituts de recherche (46,3%),
tandis que 5, 2% sont affectés à la recherche privée et 0,4% aux
organisations non gouvernementales.

La seconde source de financement de la recherche (39%) provient des


entreprises, dont 93% du budget constitue de l’autofinancement.

La proportion de financements en recherche provenant de l’étranger


est de 15%. 47% de ces financements ont bénéficié aux entreprises et
38% aux universités.

A l’heure actuelle, il y a deux (2) principaux mécanismes de financement


qui sont utilisés par le gouvernement pour appuyer la recherche et
l’innovation :

- les crédits budgétaires ;


- la création de la Fondation nationale de la recherche.

Les établissements d’enseignement supérieur et les instituts de


8 [Link]
9 [Link]
10 [Link]
11 South African National Survey of Research and Experimental Development - Main
Analysis Report 2011/12

96
recherche reçoivent du gouvernement un financement de base pour
leur permettre de se doter de ressources humaines, matérielles et
infrastructurelles pour réaliser leurs activités de recherche. Ces
financements sont alloués sur une base non compétitive.

Le gouvernement a mis en place la Fondation nationale de la recherche


(National Research Foundation) chargée d’administrer les fonds
publics destinés à soutenir la recherche et l’innovation au niveau
national. C’est une pièce maîtresse du financement compétitif des
chercheurs.

V.5. Organes d’évaluation

L’évaluation du système de recherche et d’innovation d’Afrique du


Sud est assurée par le Comité de la qualité de l’enseignement supérieur
et par des commissions ad hoc.

Le mandat du Comité de la qualité de l’enseignement supérieur est


de promouvoir la qualité dans l’enseignement supérieur, d’évaluer
et d’accréditer les institutions d’enseignement supérieur et leurs
programmes et de renforcer leurs capacités en matière de gestion de
la qualité.

Par contre, l’évaluation des instituts de recherche est généralement


confiée par les pouvoirs publics, notamment le Ministère de la Science
et de la Technologie, à des commissions ad hoc. Ce sont des panels
d’experts nationaux et internationaux qui sont mobilisés pour réaliser
les évaluations (WAAST, 2002).

V.6. Institutions publiques d’exécution de la recherche

La recherche publique est essentiellement réalisée par les universités,


les instituts de recherche et les entreprises étatiques.

97
V.7. Structures opérationnelles de recherche

Il n’existe pas de normes nationales en matière d’organisation de la


recherche au sein des institutions d’enseignement supérieur. La liberté
du choix de regroupement est laissée aux institutions.
Chaque université et institut de recherche a sa propre nomenclature des
structures de recherche. Mais les regroupements généralement adoptés
sont : unité de recherche, centre de recherche et institut de recherche.
Pour l’Université de Cape Town, prise ici en exemple, il y a trois
catégories de regroupements : unité de recherche, centre de recherche
et institut de recherche. Les regroupements sont accrédités par
l’université pour une durée de trois (3) ou cinq (5) ans renouvelable.
La nomenclature des trois types de regroupement est présentée dans
le tableau III.

98
Tableau III. Nomenclature des structures de recherche à l’Université de Cape Town
Accréditation de 3 ans Accréditation de 5 ans

Critères Unité de recherche Unité de recherche Centre de recherche Institut de recherche


Mandat de recherche Un programme de recherche clair et cohérent Un mandat de recherche restreint, Un large mandat de recherche couvrant Un large mandat de recherche couvrant plusieurs
pour assurer la production scientifique, la pouvant concerner une ou plusieurs une ou plusieurs disciplines disciplines
formation au niveau master et doctorat et la disciplines
viabilité financière. Il doit comprendre des
objectifs et des critères à partir desquels l’unité
sera évaluée à l’issue de la période
d’accréditation
Structure de gestion Une structure formelle de gestion avec un Une structure formelle de gestion avec Une structure formelle de gestion avec Une structure formelle de gestion avec un
directeur et une équipe de chercheurs un directeur et une équipe de chercheurs un directeur et une équipe de chercheurs directeur et plusieurs équipes de recherche
dirigées individuellement par des chefs d'équipe

Ressources humaines Deux (2) membres permanents membres du Deux (2) membres permanents membres Plus de deux (2) membres permanents Au moins cinq (5) membres du personnel
enseignant dont un doit être le directeur. Une

99
minimales personnel académique dont l'un doit être le du personnel académique dont l'un doit du personnel académique dont l'un doit
directeur. Le directeur doit être membre d’un être le directeur. Le directeur doit être être le directeur. Le directeur doit être part importante de leur temps et de leur
engagement doit être consacrée à l'institut. Le
département et l’unité de recherche doit être membre d’un département et l’unité de membre d’un département et le centre directeur doit être membre d’un département et
rattachée à une faculté recherche doit être rattachée à une de recherche doit être rattaché à une l’institut de recherche doit être rattaché à une
faculté faculté faculté
Qualifications et expériences Le directeur doit être titulaire d'un doctorat et Le directeur doit être titulaire d'un Le directeur doit avoir une forte Le directeur doit être un éminent chercheur
des membres du groupe doit être un chercheur confirmé. Les membres doctorat et doit être un chercheur renommée internationale. L'équipe du international. Les chefs d'équipe doivent avoir
de l’unité doivent avoir quelques expériences confirmé. L'équipe de l’unité doit centre doit consacrer au moins 50% de une forte renommée internationale. L'équipe de
l’institut doit consacrer au moins 50% de son
dans l’encadrement de Masters, de publications consacrer au moins 50% de son temps son temps au programme de recherche temps au programme de recherche de l’institut
scientifiques et de rédaction de projets de au programme de recherche de l’unité du centre
recherche financés

Si la collaboration n'est pas encore établie, la Collaborations institutionnelles Collaborations institutionnelles, Collaborations institutionnelles, nationales et
Collaborations prévues au- demande doit préciser pourquoi et comment approfondies et pertinentes nationales et internationales internationales approfondies et pertinentes
delà du groupe de recherche cette collaboration sera établie et quels seront approfondies et pertinentes
lui-même les résultats attendus par rapport au programme
de recherche proposé
Source: University of Cape Town ([Link]
La Fondation Nationale de la Recherche labellise aussi les structures
opérationnelles de recherche. Les principaux labels sont : les centres
de compétence, les centres d’excellence et les chaires de recherche.

V.8. Structures et mécanismes d’appui à la valorisation


économique des résultats de recherche

La valorisation économique des résultats de recherche et l’innovation


s’opèrent par le biais des structures et mécanismes suivants mis en
place par le gouvernement : l’Agence de l’innovation technologique
(Technology Innovation Agency), l’Agence de développement
des petites entreprises (Small Enterprise Development Agency),
l’Innovation Hub de Pretoria, le Programme d’appui à l’innovation
industrielle (Support Programme for Industrial Innovation) et la Société
de développement industriel (Industrial Development Corporation).

VI. Cas des Etats-Unis d’Amérique

VI.1. Cadres juridiques et règlementaires

Aux Etats-Unis, il n’y a pas de lois nationales spécifiques à


l’enseignement supérieur et à la recherche. C’est au niveau des États
que la politique de l’enseignement supérieur et de la recherche est
prise en charge. Par contre, l’innovation et le transfert de technologie
sont régis par plusieurs lois nationales dont les principales sont :

- Loi Stevenson-Wydler n° 96-480 du 21 octobre 1980 sur


l’innovation technologique (Stevenson-Wydler Technology
Innovation Act of 1980, Public Law 96–480, October 21,
1980).
- Loi Bayh-Dole n° 96-517 du 12 décembre 1980 relative aux
amendements de la loi sur les brevets et les marques (Bayh–
Dole Act or Patent and Trademark Law Amendments Act of
1980, Public Law 96-517, December 12, 1980).
- Loi fédérale n° 99-502 du 20 octobre 1986 sur le transfert de

100
technologie (Federal Technology Transfer Act of 1986, Public
Law 99-502, October 20, 1986).
- Loi n° 106-404 du 1er novembre 2000 sur la commercialisation
des transferts de technologie (Technology transfer
commercialization Act of 2000, Public Law 106-404, November
1, 2000).
- Loi n° 111-358 du 4 janvier 2011 réautorisant la loi relative
à la Création d’opportunités pour promouvoir de manière
significative l’excellence dans la technologie, l’éducation et la
science en Amérique (The America Creating Opportunities to
Meaningfully Promote Excellence in Technology, Education,
and Science Reauthorization Act of 2010, Public Law 111-358,
January 4, 2011).

VI.2. Organes d’orientation et de planification

La recherche et l’enseignement supérieur sont totalement décentralisés


et ne sont placés sous aucune autorité de tutelle centrale ou nationale. Il
n’y a pas de ministère de la recherche, ni de ministère de l’enseignement
supérieur. Le Gouvernement fédéral n’exerce aucun contrôle sur
des établissements d’enseignement supérieur ou de recherche, à
l’exception d’une dizaine (dont les trois Académies, à commencer par
West Point) qui forment des officiers.

Le Gouvernement fédéral apparaît plus comme un financeur d’agences


de recherche que comme un stratège.

Quant au Congrès, il contribue certes à la définition des grandes


orientations et fait en sorte que la recherche-développement bénéficie
de conditions favorables (budget, législation, etc.), mais on ne peut
pas dire qu’il conduit une politique scientifique.

Les questions d’enseignement supérieur et de recherche relèvent


davantage des Etats que du niveau fédéral (Ambassade de France aux
Etats-Unis, 2013 ; IHEST, 2014).

Toutefois, la Présidence (Maison Blanche), le Congrès, les départements

101
ministériels et les agences fédérales interviennent de façon indirecte
dans l’orientation des priorités nationales de recherche par un apport
de moyens.

Le Président des Etats-Unis intervient principalement via les choix


qu’il fait dans son projet de budget fédéral.

Le Congrès contribue à la définition des grandes orientations et fait


en sorte que la recherche-développement bénéficie de conditions
favorables (budget, législation). Il peut modifier de façon substantielle
la demande budgétaire du Président et peut aussi allouer des fonds
fléchés pour un objectif particulier en matière de recherche.

Des départements ministériels et agences fédérales interviennent aussi


dans les orientations de la recherche par les fonctions d’agence de
moyens et/ou d’opérateur de recherche qu’ils remplissent. C’est le cas
par exemple, de la Fondation Nationale des Sciences (National Science
Foundation), agence de moyens, qui dispose en son sein d’un organe
consultatif, le « National Science Board», composé d’universitaires et
d’industriels, qui guide les activités de l’agence et remplit également
une fonction de conseil pour la politique scientifique nationale12.

VI.3. Organes de conseil, de coordination et de programmation

Plusieurs structures interviennent dans les choix relatifs à la politique


scientifique et technologique nationale. Elles agissent aussi bien
auprès de la Présidence que du Congrès (AMBASSADE DE
FRANCE AUX ETATS-UNIS - MISSION POUR LA SCIENCE ET
LA TECHNOLOGIE (2008a, b). Quelques-unes de ces structures sont
présentées ci-dessous.

VI.3.1. Conseillers officiels du Président des Etats Unis

Le Président est conseillé dans ses choix relatifs à la politique


scientifique et technologique par différents bureaux et conseils
exécutifs dont : le Bureau pour la Politique Scientifique et
12 [Link]

102
Technologique (Office of Science and Technology Policy), le Conseil
des Conseillers du Président en Science et Technologie (President’s
Council of Advisors on Science and Technology ), le Conseil National
pour la Science et la Technologie (National Science and Technology
Council) et le Bureau de Gestion et du Budget (Office of Management
and Budget).

VI.3.2. Organisations scientifiques

Il existe une multitude d’organisations qui influencent les orientations


de la recherche. Elles agissent aussi bien auprès de l’Exécutif que du
Congrès (BOUZAT E. & TEICH A. H., 2008). Parmi ces organisations,
il y a les Académies nationales et l’Association américaine pour
l’avancement des sciences (American Association for the Advancement
of Science).

VI.4. Structures de financement

La recherche et l’innovation bénéficient de trois principales sources


de financement : le gouvernement fédéral à travers ses ministères et
agences, le secteur privé et les universités. Les Etats fédérés et les
universités contribuent aussi, mais faiblement, au financement de la
recherche.

Le Gouvernement fédéral est la principale source de financement de


la recherche universitaire. En 2014, il a financé 65% des dépenses
consacrées à la recherche fondamentale, 27% des dépenses relatives à
la recherche appliquée et 8% des dépenses consacrées à la recherche-
développement (NATIONAL SCIENCE FOUNDATION, 2016).

Le secteur privé constitue la source de financement de la recherche-


développement la plus importante aux Etats-Unis. En 2013, il a financé
65% de l’effort national de recherche-développement (NATIONAL
SCIENCE FOUNDATION, 2016).

La part du financement de la recherche-développement provenant

103
des gouvernements des États fédérés et des collectivités locales reste
marginale. En 2013, cette part était de 1% et était principalement
destinée à soutenir la recherche universitaire (NATIONAL SCIENCE
FOUNDATION, 2016).

Les universités interviennent dans le financement de la recherche dite


académique et de la recherche-développement.

Pour la recherche académique, en 2014, les fonds institutionnels ont


constitué la deuxième source de financement : ils ont représenté 22%
du total des financements. Les fonds proviennent de plusieurs sources :
recettes propres ; crédits publics fédéraux ou locaux ; subventions
des industries et des fondations ; dons et legs ; revenus provenant
des brevets et des licences (NATIONAL SCIENCE FOUNDATION,
2016).

Pour la recherche-développement, la contribution financière des


universités est faible. En 2013, elle n’a représenté que 2% de l’effort
national de financement de la recherche-développement (NATIONAL
SCIENCE FOUNDATION, 2016).

VI.5. Organes d’évaluation

La gouvernance de la recherche étant décentralisée, il revient à chaque


opérateur d’effectuer sa propre évaluation. Il n’existe pas de structure
chargée d’évaluer l’ensemble des programmes fédéraux. Chaque
agence ou ministère développe ses propres procédés d’évaluation,
souvent par programme.

Les universités par exemple, sont évaluées très régulièrement en


interne. Elles sont également évaluées environ tous les 5 à 10 ans par
un organisme extérieur ou par un groupe de représentants d’universités,
au niveau national.

Il existe cependant un mécanisme d’accréditation des institutions


d’enseignement supérieur. Ce sont des agences indépendantes qui
procèdent à une évaluation périodique et délivrent leur label. Ces

104
agences utilisent leurs propres critères d’évaluation. Elles sont elles-
mêmes évaluées et accréditées par le Ministère de l’Education ou par
le Conseil pour l’accréditation de l’Enseignement supérieur (Council
for Higher Education Accreditation)1.

Il y a trois types d’agence d’accréditation :

- les agences d’accréditation régionales : généralistes, elles


évaluent la qualité d’un établissement dans son ensemble et se
focalisent sur les structures sanctionnant leurs formations par
un diplôme ;

- les agences d’accréditation nationales : elles examinent toutes


les formations proposées par un établissement et travaillent
essentiellement avec les établissements à but lucratif ;

- les agences d’accréditation spécialisées : elles évaluent les


programmes d’enseignement dans un champ disciplinaire
spécifique2.

Les agences d’accréditation régionales sont plus prestigieuses que


les agences nationales car dans l’enseignement supérieur américain,
elles sont considérées comme plus dignes de foi. La plupart des
établissements ayant une accréditation au niveau régional n’acceptent
pas les crédits validés dans une institution ayant une accréditation
nationale (AASEN, 2008 ; Ambassade de France aux Etats-Unis-
Service de Coopération et d’Action Culturelle, 2011).

Les établissements accrédités au niveau régional sont principalement


les institutions à but non lucratif qui offrent des formations à dominante
plus académique.

1 Le Conseil pour l’accréditation de l’enseignement supérieur est une association non


gouvernementale d’institutions d’enseignement supérieur chargée d’évaluer et d’accréditer les
agences d’accréditation des institutions d’enseignement supérieur et les programmes de forma-
tion. Il compte environ 3000 établissements universitaires en tant que membres et reconnaît
actuellement environ 60 agences d’accréditation.
2 [Link]

105
Les établissements ayant une accréditation nationale sont
principalement des institutions à but lucratif offrant des formations à
dominante professionnelle et technique.

VI.6. Institutions d’exécution de la recherche

Trois principaux acteurs interviennent dans l’exécution des activités


de recherche : les ministères et agences à travers leurs laboratoires
fédéraux, les universités (publiques et privées) et le secteur privé.

La presque totalité des ministères et agences ayant des responsabilités


en recherche-développement au niveau fédéral ont des laboratoires en
propre (dits laboratoires fédéraux ou nationaux).

Les universités (publiques et privées) jouent un rôle fondamental dans


la recherche publique. Leur rôle est particulièrement important dans le
domaine de la recherche fondamentale, où leur poids représente 43%
de l’effort global du pays. Les deux tiers environ des chercheurs du
secteur public sont employés dans les universités.

Les organismes de recherche occupent une faible place dans le système


de recherche et coopèrent beaucoup avec les universités. Plusieurs
laboratoires et instituts des ministères et agences sont en quelque sorte
des joint-ventures avec des universités.

Le secteur privé est le moteur principal de la recherche-développement


aux Etats-Unis en tant qu’acteur. Il réalise 71% de la recherche-
développement (AVRIL et coll., 2006 ; NATIONAL SCIENCE
FOUNDATION, 2016).

VI.7. Structures opérationnelles de recherche

Il n’existe pas de normes nationales en matière d’organisation de la


recherche au sein des institutions d’enseignement supérieur et des
organismes de recherche. La liberté du choix de regroupement est
laissée aux opérateurs de la recherche.

106
Il y a trois types de structures opérationnelles de recherche mises en
place par les ministères et agences fédérales : les laboratoires fédéraux,
les centres fédéraux et les instituts fédéraux.
Dans les institutions d’enseignement supérieur, la liberté du
choix d’organisation est laissée aux chercheurs. Ces derniers sont
responsables de leurs thèmes de recherche, de leur budget, de leur
composition, de leurs coopérations et de leur bilan face à l’évaluation.
Ainsi, à Harvard Universty, il y a cinq (5) types de regroupements :
groupe, unité, laboratoire, centre et institut3.

VI.8. Structures et mécanismes d’appui à la valorisation


économique des résultats de la recherche

Plusieurs initiatives concourent à valorisation économique des activités


de recherche et à l’innovation aux Etats-Unis. Parmi ces initiatives, on
peut citer :

- la loi Bayh-Dole, votée en 1980 (Bayh–Dole Act of 1980) qui


permet aux universités et aux laboratoires fédéraux d’exploiter
la propriété de leurs inventions et de négocier les licences avec
les entreprises ;

- certains ministères et agences fédérales disposant de


laboratoires fédéraux qui possèdent leur propre structure de
valorisation comme c’est le cas par exemple du Ministère de la
Défense qui dispose de six (6) bureaux de transfert autonomes
et spécialisés ;

- les Centres de recherche collaborative industrie/université, les


bureaux de transfert de technologie et les startups créés par les
universités.

3 [Link]

107
Chapitre 4

TYPOLOGIE ET ORGANISATION DES


STRUCTURES DE RECHERCHE

108
I. Introduction
Les normes proposées dans ce chapitre s’inspirent des modèles
d’organisation de la recherche présentés au chapitre 3. Elles visent
à amener chaque gouvernement à initier les réformes nécessaires
en matière d’organisation des structures de recherche. Elles doivent
être contextualisées et régulièrement modifiées afin de les adapter
aux évolutions de l’environnement politique, social et économique,
car les normes d’organisation de la recherche d’un pays doivent être
compatibles avec la stratégie nationale de la recherche.

Dans les pays pris à titre d’exemple au chapitre 3, il existe des normes
en matière d’organisation de la recherche au sein des institutions
d’enseignement supérieur et des établissements de recherche. Ces
normes sont établies, soit par le gouvernement, c’est le cas en Tunisie,
soit par les institutions, c’est le cas en Afrique du Sud et aux Etats-
Unis d’Amérique, soit par les deux à la fois, c’est le cas en France et
au Maroc. Ces normes concernent les statuts et la taille des structures
de recherche.

Les statuts sont attribués aux structures de recherche soit par le


Gouvernement, soit par les institutions. Dans tous les cas, il y a un
nombre limité de statuts dans les institutions d’enseignement supérieur
et organismes de recherche de ces pays. Par exemple en Tunisie où
les statuts sont attribués par le Gouvernement, le décret n° 97-939
du 19 mai 19974 avait institué, au sein des établissements publics de
recherche scientifique, des établissements d’enseignement supérieur et
de recherche et des établissements publics de santé, deux (2) statuts de
structures de recherche : les laboratoires de recherche et les unités de
recherche. Puis en 2009, cette organisation des structures de recherche
est modifiée par le décret n° 2009-644 du 2 mars 20095. Aux termes
de ce décret, trois (3) statuts peuvent désomais être attribués par le
Gouvernement  : unité de recherche, laboratoire et consortium. Au
4 Décret n° 97-939 du 19 mai 1997, fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement des labora-
toires de recherche et des unités de recherche.
5 Décret n° 2009-644 du 2 mars 2009, fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement des labora-
toires de recherche, des unités de recherche et des consortiums de recherche.

109
Maroc où les statuts sont attribués par les institutions universitaires,
l’Université Hassan II de Casablanca attribue trois (3) statuts : équipe
de recherche, laboratoire de recherche et centre de recherche.

La taille des structures de recherche est aussi fixée soit par le


Gouvernement, soit par les institutions. La tendance générale est à
l’atteinte des masses critiques. Par exemple en Tunisie où la taille
des structures de recherche est fixée par le Gouvernement, l’arrêté
du Premier ministre du 11 juin 1998 avait fixé la composition d’un
laboratoire de recherche à douze (12) chercheurs au moins dont huit
(8) enseignants-chercheurs ou chercheurs et quatre (4) doctorants6 et
l’arrêté du Ministre de l’enseignement supérieur du 5 février 1999
avait fixé à six (6) au moins le nombre de chercheurs dans une unité
de recherche dont deux à trois (2 à 3) enseignants-chercheurs et trois à
quatre (3 à 4 ) doctorants7. Mais au fil du temps, ces normes ont évolué.
En effet, conformément aux dispositions du décret n° 2009-644 du
2 mars 2009, une unité de recherche doit comprendre au minimum
14 chercheurs dont huit (8) chercheurs titulaires et six (6) doctorants
tandis qu’un laboratoire doit comprendre au minimum 24 chercheurs
répartis comme suit : 14 enseignants-chercheurs et 10 doctorants
pour les institutions d’enseignement supérieur ; 10 chercheurs et 14
doctorants pour les établissements de recherche. Au Maroc où la taille
des structures de recherche est fixée par les universités, l’Université
Hassan II de Casablanca a arrêté la composition des ses structures de
recherche comme suit : une équipe de recherche doit être constituée
d’au moins trois (3) enseignants-chercheurs permanents ; un laboratoire
de recherche d’au moins trois (3) équipes de recherche et un centre de
recherche d’au moins six (6) laboratoires.

En Afrique de l’Ouest francophone, il y a actuellement dans les


institutions d’enseignement supérieur, neuf (9) statuts pour les
structures de recherche : groupe, unité, équipe, laboratoire, centre,
institut, laboratoire commun, laboratoire mixte et unité mixte.
6 Arrêté du Premier ministre du 11 juin 1998, fixant les critères d’éligibilité au statut de laboratoire de
recherche
7 Arrêté du ministre de l’enseignement supérieur du 5 février 1999, définissant les critères d’éligibilité au
statut d’unité de recherche rattachée au ministère de l’enseignement supérieur.

110
Ces entitées de recherche, qui coexistent parfois dans une même
institution, sont souvent informelles (absence de reconnaissance
légale), peu structurées, souvent artificielles et de taille très variable. La
principale cause de cette situation est l’absence de normes nationales
ou institutionnelles en matière d’organisation de la recherche. Les
normes doivent donc être définies par le Gouvernement car le SNRI
est en construction et les ressources disponibles pour la recherche et
l’innovation sont faibles.

Les systèmes publics de recherche en Afrique de l’Ouest francophone


ont donc une architecture complexe, émiettée et hétérogène et souffrent
d’un manque de cohérence du fait de l’absence de normes. Ils doivent
nécessairement gagner en clarté pour être compris par les acteurs
internationaux. C’est pourquoi, dans le cadre de la création d’un
espace harmonisé de la recherche en Afrique de l’Ouest francophone,
il est proposé que soit mis en place, dans l’espace, une architecture
commune des systèmes publics de recherche par l’adoption d’une
structuration en quatre niveaux :

- l’équipe ;

- le laboratoire ;

- le centre (ou institut) ;

- et l’unité mixte.

L’unité mixte pourrait désigner toute structure fédérative de recherche


relevant d’un partenariat scientifique et technique tant au niveau
institutionnel, national qu’international.

Le principal objectif de cette structuration en quatre niveaux


(équipe, laboratoire, centre ou institut et unité mixte) est de créer
des masses critiques sur la base des critères de complémentarité,
de pluridisciplinarité et de mutualisation des moyens financiers et
matériels afin de dynamiser la recherche et l’innovation. D’ailleurs
dans la pratique, les groupes et les unités peuvent être assimilés à des
équipes, tandis que les instituts, à des centres de recherche.

111
Les caractéristiques des quatre (4) statuts proposés sont présentées ci-
dessous.

II. Caractéristiques d’une équipe, d’un laboratoire,


d’un centre et d’une unité mixte de recherche

II.1. Définition et mandat de recherche

La définition et le mandat de recherche d’une équipe, d’un laboratoire,


d’un centre (ou institut) et d’une unité mixte de recherche sont proposés
dans le tableau IV.

112
Tableau IV. Définition et mandat de recherche
Critères Equipe Laboratoire Centre (ou institut) Unité mixte

Définition Structure de base pour la conduite de Structure regroupant des équipes Structure regroupant des Structure fédérative de recherche
la recherche par une institution de recherche ayant une forte laboratoires. Elle est constituée relevant d’un partenariat
d’enseignement supérieur et de homogénéité scientifique. Elle autour des thématiques de scientifique et technique tant au
recherche. Elle est constituée autour est constituée autour de plusieurs recherche de grande envergure niveau institutionnel, national
d’une thématique de recherche thématiques de recherche en couvrant tous les domaines qu’international
couvrant une ou plusieurs relation avec un même domaine scientifiques
discipline(s) scientifique ou des domaines Elle est dépourvue de personnalité
scientifiques complémentaires Elle est dotée de l’autonomie juridique distincte de celle des
Elle est dépourvue de la personnalité administrative et financière, mais établissements ou institutions
morale et n’a pas d’existence Elle est dépourvue de la dépourvue d’existence juridique fondateurs. Elle est régie par une

113
juridique propre distincte de son personnalité morale et n’a pas propre, distincte de son institution convention qui définit ses
institution de rattachement d’existence juridique propre de rattachement compétences, son mode de gestion,
distincte de son institution de son organisation et son
rattachement fonctionnement

Mandat de recherche Chaque chercheur a un projet Chaque équipe travaille sur une Chaque laboratoire travaille sur L’unité mixte est constituée en vue
individualisé au sein de la thématique cohérente au sein du plusieurs thématiques en relation de fédérer des compétences et des
thématique commune domaine ou des domaines avec un même domaine moyens pour réaliser un programme
scientifiques commun(s) scientifique ou des domaines de recherche déterminé
complémentaires
II.2. Organes de gestion

La gouvernance et la gestion d’une structure de recherche doivent


être guidées par des principes qui sont : l’efficacité, la transparence,
la concertation, la coresponsabilité et la reddition de comptes. Les
structures de recherche doivent donc, pour leur gouvernance et leur
gestion, s’appuyer sur des organes délibérants et sur des organes
exécutifs. Les modes d’organisation proposés dans le tableau V vont
dans ce sens. Cette proposition est volontairement inspirée des pays
émergents comme la Tunisie et le Maroc (voir chapitre 3) pour tendre,
à un horizon qui dépendrait de la réalité de chaque pays, vers des SNRI
bien établis et performants.
Les grades universitaires mentionnés dans ce tableau sont ceux
du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur
(CAMES).

114
Tableau V. Organes de gestion
Equipe Laboratoire Centre (ou institut) Unité mixte
Une équipe est dirigée par un chef d’équipe nommé par le Un laboratoire est géré par un Directeur et un Conseil de Un centre ou institut est géré par un Conseil du centre, un Conseil Une unité mixte s’appuie, pour sa gestion, sur un Conseil de
responsable de l’institution de rattachement de l’équipe. Le Chef laboratoire. Le Directeur est nommé par le responsable de scientifique et un Directeur. gestion, un Conseil scientifique et un Directeur
d’équipe doit avoir le grade de professeur titulaire ou directeur de l’institution de rattachement du laboratoire. Il doit être un Le Conseil du centre est l’organe de délibération. Il doit avoir un mandat Le Conseil de gestion est l’organe de délibération. Il doit avoir un
recherche ou à défaut le grade de maitre de conférences ou maitre chercheur confirmé, membre d’une équipe de recherche affiliée d’orientation et de décision. Il doit être présidé par le responsable de mandat d’orientation et de décision. Il doit être présidé à tour de
de recherche. Il assure la direction administrative et scientifique de au laboratoire et avoir le grade de professeur titulaire ou l’institution tutelle du centre et constitué de représentants des rôle par le représentant de chacune des institutions fondatrices. Il
l’équipe. directeur de recherche. Il coordonne les activités du laboratoire responsables des composantes de l’institution tutelle, de représentants doit être constitué de représentants des institutions fondatrices, du
Une équipe doit se doter d’un règlement intérieur qui fixe les règles et préside le Conseil du laboratoire. Le Conseil du laboratoire est des directeurs des laboratoires membres du centre, d’un représentant du directeur de l’unité et de représentants des membres de l’équipe
de vie en son sein. un organe consultatif. Il doit être composé de chercheurs du ministère de tutelle de l’institution, de représentants des chercheurs, de et/ou de laboratoire de recherche de l’unité mixte. Il délibère sur
L’organigramme d’une équipe est présenté ci-dessous. laboratoire, de représentants du personnel administratif et représentants du personnel administratif et technique, de représentants toutes les questions relatives à la vie de l’unité mixte. Le Conseil
technique et de représentants des doctorants. Il examine toutes des doctorants et de représentants des milieux économiques. Il délibère scientifique est l’organe consultatif de l’unité mixte. Il doit être
les questions relatives à la vie du laboratoire. Chaque équipe du sur toutes les questions relatives à la vie du centre. Le Conseil présidé par le Directeur de l’unité mixte. Il doit regrouper les
laboratoire doit être dirigée par un chef d’équipe ayant le grade scientifique est un organe consultatif. Il doit être présidé par le Directeur chercheurs, les techniciens et des représentants d’étudiants
de professeur titulaire ou de directeur de recherche ou à défaut du centre et composé des chefs de laboratoires, des chefs d’équipes de participant à l’unité mixte à laquelle doivent s'ajouter des
Chef d’équipe de maître de conférences ou maître de recherche. recherche, de représentants des chercheurs, de représentants des personnalités extérieures qualifiées. Il doit avoir pour rôle
Un laboratoire doit se doter d’un règlement intérieur qui fixe les doctorants, de représentants du personnel administratif et technique et d’examiner toutes les questions relatives à la vie de l’unité mixte.
règles de vie en son sein. de représentants des milieux économiques. Il examine toutes les Le Directeur de l’unité mixte est nommé par le responsable de
L’organigramme d’un laboratoire est présenté ci- questions relatives à la vie du centre. Le Directeur du centre est nommé l’institution assurant la tutelle administrative de l’unité mixte, sur
dessous par le responsable de l’institution de rattachement du centre. Il doit être proposition du Conseil de gestion de l’unité mixte. Il doit être un
Membres de un chercheur confirmé ayant le grade de professeur titulaire ou directeur chercheur confirmé, ayant le grade de Professeur titulaire ou
l’équipe de recherche. Il doit coordonner l'ensemble des activités du centre et Directeur de recherche. Il doit coordonner l'ensemble des activités
veiller à leur bon déroulement. Chaque laboratoire du centre doit être de l’unité mixte et veiller à leur bon déroulement.
dirigé par un directeur de laboratoire ayant le grade de professeur
titulaire ou directeur de recherche. L’organigramme d’une unité mixte est présenté ci-dessous
Directeur Conseil de Un centre doit se doter d’un règlement intérieur qui fixe les règles de

115
laboratoire vie en son sein
L’organigramme d’un centre de recherche est présenté ci-dessous.

.
Chefs Conseil de
d’équipes Conseil du
gestion
centre

Membres Directeur Conseil


d’équipes Directeur Conseil
scientifique
scientifique

Membres de
Directeurs Conseils de
l’équipe
de laboratoire
laboratoires

Chefs
d’équipes

Membres
d’équipes
II.3. Composantes

La recherche est une entreprise collective qui associe, au sein des


structures de recherche, différents corps de personnels. L’efficacité
du système de recherche repose sur une bonne organisation de la
répartition des missions entre les différents corps de personnels et à
l’intérieur de chacun des corps entre les individus en fonction de leur
motivation. Les regroupements doivent donc être cohérents sur le plan
scientifique afin de garantir les synergies et la dynamique collective de
la recherche. Ce qui n’est pas recommandé, ce sont des structures où
coexistent des chercheurs ou des équipes disparates par la thématique
et la qualité scientifique. La constitution d’une équipe, d’un laboratoire,
d’un centre ou d’une unité mixte de recherche doit être guidée par le
principe de cohérence scientifique.

Les propositions relatives à la composition d’une équipe, d’un


laboratoire, d’un centre ou d’une unité mixte de recherche présentées
dans le tableau VI sont à titre indicatif. Elles doivent être contextualisées
par chaque pays et peuvent évoluer en tenant compte des évolutions de
l’environnement scientifique. Le nombre de doctorants par équipe doit
prendre en compte les capacités réelles d’encadrement. Les grades
universitaires mentionnés dans ce tableau VI sont ceux du CAMES.

Tableau VI. Composantes d’une équipe, d’un laboratoire, d’un


centre (ou institut) et d’une unité mixte de recherche

116
Centre (ou
Equipe Laboratoire Unité mixte
institut)
Composée de chercheurs Composé d’au moins Composé d’au Composée de
actifs (publiants) ayant trois (3) équipes ayant moins trois (3) chercheurs pro-
souhaité mettre en com- une existence légale laboratoires venant des ins-
mun leurs compétences et ayant une exis- titutions et/ou
moyens pour développer Un laboratoire peut tence légale établissements
des recherches dans des compter aussi en son fondateurs
domaines scientifiques ma- sein des techniciens et Un centre peut
jeurs des post-doctorants. compter aussi Une unité mixte
en son sein des peut compter
Pour une université, Une équipe ne doit techniciens et aussi en son sein
l’équipe doit comprendre être membre que d’un des post-docto- des doctorants,
des : seul laboratoire et ne rants des post-docto-
- Professeurs titulaires doit pas changer de rants et des tech-
- Maîtres de Conférences laboratoire au cours Un laboratoire niciens
de la période de recon- ne doit être
- Maîtres-assistants naissance de celui-ci membre que
d’un seul centre
- Assistants de recherche

- Doctorants

Pour un organisme de re-


cherche, l’équipe doit com-
prendre des :
- Directeurs de recherche
- Maîtres de recherche

- Chargés de recherche

- Assistants de recherche

- Doctorants

Une équipe peut compter


aussi en son sein des tech-
niciens et des post-docto-
rants

Un chercheur ne doit ap-


partenir qu’à une seule
équipe de recherche en tant
que membre permanent

117
II.4. Taille

La taille des structures de recherche fait actuellement débat au sein


de la communauté scientifique. En effet, certains membres de cette
communauté pensent qu’il est important de laisser la liberté du choix
d’organisation aux chercheurs et de ne pas être dogmatique sur la
question de la taille car le dynamisme et la souplesse du fonctionnement
d’une structure de recherche sont propices à la créativité de la
découverte scientifique. Cette idée n’est pas pertinente pour les pays
de l’Afrique de l’Ouest francophone où les SNRI sont en construction.
D’ailleurs, à cause de l’absence de normes, on rencontre souvent dans
les institutions d’enseignement supérieur de cette partie de l’Afrique
des « laboratoires » qui ne comptent qu’un seul chercheur permanent !

Par ailleurs, le Manuel de Frascati8 recommande que les effectifs du


personnel de recherche d’une structure de recherche soient mesurés,
à la fois en nombre de personnes physiques et en équivalent temps
plein (ETP). Selon ce manuel, l’ETP de personnel de recherche est
défini par le nombre d’heures de travail réellement consacrées à la
recherche au cours d’une période de référence donnée (habituellement
une année civile) rapporté au nombre total d’heures qu’une personne
ou un groupe de personnes est censé travailler au cours de la même
période. Ainsi, cet indicateur s’obtient à l’aide de deux variables : la
participation effective aux activités de recherche et la participation
théorique sur la base du temps de travail statutaire.

L’ETP de personnel de recherche est certes la principale donnée


statistique utilisée dans les comparaisons internationales du personnel
de recherche, mais en Afrique de l’Ouest francophone, il n’y a pas de
données sur la part du temps de travail statutaire réellement consacrée à
la recherche par les différentes catégories du personnel scientifique des
institutions d’enseignement supérieur et des organismes de recherche.
La difficulté de produire ces données vient du fait que :

- certains chercheurs, recrutés à temps plein dans une université


ou un organisme de recherche, ne se consacrent qu’en partie
8 Manuel de Frascati 2015, OCDE, 7e édition.

118
à la recherche, pour une autre partie à l’enseignement (la part
du temps consacrée à l’enseignement dépend des effectifs
d’étudiants) et à des tâches de gestion et de conseil (voir
tableau VII) ;
- d’autres, engagés à temps plein dans une université, mènent
leurs activités de recherche dans une autre structure partenaire
(université ou un organisme de recherche au niveau national
ou international) ;
- d’autres encore, recrutés à temps plein dans une université
ou un organisme de recherche, interviennent en tant que
consultants extérieurs pour la recherche auprès des entreprises
et des ONG.
L’absence de données sur la part du temps de travail statutaire
réellement consacrée à la recherche par les personnels scientifiques des
institutions d’enseignement supérieur et des organismes de recherche
ne permet pas de proposer, dans ce guide, la taille des structures de
recherche (équipe, laboratoire, centre) en ETP. C’est pourquoi les
propositions sont faites ici en nombre de personnes physiques, comme
c’est le cas en Tunisie, au Maroc et en Afrique du Sud (voir chapitre
3).

Tableau VII. Fonctions statutaires des enseignants-chercheurs,


chercheurs et doctorants
Catégories
de per-
Fonctions statutaires
sonnel de
recherche
Enseignants-chercheurs
Professeur Partage statutairement son activité entre l’enseignement, la recherche et le
titulaire service à la communauté. Il transmet des connaissances ; encadre les travaux
de préparation des thèses et des mémoires de Master ; rédige et gère des
projets de recherche ; définit des orientations des activités de son unité de
recherche ; dirige un établissement ou la structure de recherche auquel il ap-
partient ; soigne des malades, s’il est un enseignant à la Faculté de Médecine

119
Maître de Partage statutairement son activité entre l’enseignement, la recherche et les
C o n f é - services à la communauté. Il transmet des connaissances ; encadre les tra-
rences vaux de préparation des thèses et des mémoires de Master ; participe à la
définition des orientations des activités de son unité de recherche ; rédige et
gère des projets de recherche ; peut être amené à diriger les activités de la
structure de recherche auquel il appartient ; soigne des malades, s’il est un
enseignant à la Faculté de Médecine
Maître-As- Partage statutairement son activité entre l’enseignement, la recherche et le
sistant service à la communauté. Il transmet des connaissances ; réalise les activi-
tés de recherche ; encadre les mémoires de master sous la supervision d’un
chercheur de rang magistral ; soigne des malades, s’il est un enseignant à la
Faculté de Médecine
Assistant Partage statutairement son activité entre l’enseignement, la recherche et le
service à la communauté. Il transmet des connaissances ; réalise les activi-
tés de recherche ; soigne des malades, s’il est un enseignant à la Faculté de
Médecine
Chercheurs
D i r e c t e u r Partage statutairement son activité entre la recherche et le service à la com-
de re- munauté. Il rédige et gère des projets de recherche; dirige la structure de
cherche recherche auquel il appartient ; donne des conseils et offre des services de
soutien aux pouvoirs publics, aux organisations et aux entreprises pour l’ap-
plication des résultats de la recherche ; assure le suivi des projets ; peut être
amené à encadrer les travaux de préparation des thèses et les mémoires de
Master
Maître de Partage statutairement son activité entre la recherche et le service à la com-
recherche munauté. Il rédige et gère des projets de recherche ; peut être amené à diriger
les activités de la structure de recherche auquel il appartient ; participe à
l’élaboration des services de soutien à offrir aux pouvoirs publics, aux orga-
nisations et aux entreprises pour l’application des résultats de la recherche ;
assure le suivi des projets ; peut être amené à encadrer les travaux de prépa-
ration des thèses et des mémoires de Master
Chargé de Consacre la totalité de son temps aux activités de recherche. Il rédige des
recherche projets de recherche ; réalise les activités de recherche ; assure le suivi des
projets ; peut être amené à encadrer des stagiaires
Assistant de Consacre la totalité de son temps aux activités de recherche. Il rédige des
recherche projets de recherche ; réalise les activités de recherche; assure le suivi des
projets ; peut être amené à encadrer des stagiaires

Etudiants
Doctorants Partage statutairement son activité entre la recherche et les activités pédago-
giques. Il réalise les activités de recherche; participe aux formations d’appui
offertes par l’Ecole doctorale ; peut être impliqué dans des activités pédago-
giques de son établissement d’inscription

120
Prenant en compte la nécessité d’atteindre des masses critiques et
d’avoir des structures de recherche visibles par leur taille et par la
qualité de leurs travaux, il est proposé les effectifs physiques suivants
pour les structures de recherche des établissements d’enseignement
supérieur :

- 12 à 14 chercheurs en effectif physique, pour une équipe de


recherche ;

- 36 à 42 chercheurs en effectif physique pour un laboratoire de


recherche ;

- 108 à 126 chercheurs en effectif physique pour un centre de


recherche.

Dans le tableau VIII, nous donnons des exemples de compositions


physiques de ces trois structures de recherche.

Il convient de noter que ces propositions s’inspirent du cas de la


Tunisie où, par exemple, la masse critique de chercheurs exigée
pour une unité de recherche est fixée comme suit : au minimum 14
chercheurs, dont deux (2) chercheurs ayant le grade de professeur
d’enseignement supérieur, de maître de conférences ou grade
équivalent et six (6) chercheurs ayant le grade de maître-assistant,
d’assistant d’enseignement supérieur ou grade équivalent et six (6)
doctorants ou autres cadres techniques ayant un grade équivalent au
grade d’assistant d’enseignement supérieur (voir chapitre 3).

La méthode de quantification des effectifs physiques de recherche


donnée ici est à titre indicatif. Chaque pays doit l’adapter à sa
réalité. Il y a une variété de simulations en fonction des contextes
ou des disciplines. Les acteurs peuvent s’approprier la démarche
et contextualiser les critères. Il faut aussi noter que dans l’espace
CAMES, l’encadrement d’une thèse de doctorat est de la compétence
des personnes ayant le grade de professeur titulaire, de directeur
de recherche, de maître de conférences, de maître de recherche ou
titulaires d’une Habilitation à diriger la recherche (HDR).

121
Tableau VIII. Effectifs physiques des structures de recherche

Equipe Laboratoire Centre Unité mixte


Proposition 1: Douze Proposition 1: Trente six (36) Proposition 1: Cent huit Les effectifs
(12) chercheurs en ef- chercheurs en effectif phy- (108) chercheurs en effec- physiques
fectif physique sique tif physique. doivent résul-
Proposition 2 : Qua- Proposition 2 : Quarante Proposition 2 : Cent vingt ter de discus-
torze (14) chercheurs deux (42) chercheurs en ef- six (126) chercheurs en ef- sions entre les
en effectif physique fectif physique fectif physique instances ad-
ministratives
a) Pour la proposi- a) Pour la proposition 1, les a) Pour la proposition 1, des établisse-
tion 1, les douze (12) trente six (36) chercheurs les cent huit (108) cher- ments et/ou
chercheurs en effectif en effectif physique peuvent cheurs en effectif physique i n s t i t u t i o n s
physique peuvent être être répartis de la manière peuvent être répartis de la fondateurs.
répartis de la manière suivante : manière suivante :
suivante : - six (6) ayant le grade ayant - dix huit (18) ayant le
- deux (2) ayant le le grade de professeur titu- grade de professeur titu-
grade de professeur laire ou maître de confé- laire ou maître de confé-
titulaire ou maître de rences ; rences ;
conférences ; - dix huit (18) ayant le grade - cinquante quatre (54)
de maître-assistant ou as- ayant le grade de
sistant ; maître-assistant ou as-
- six (6) ayant le grade
de maître-assistant sistant ;
ou assistant ; - douze (12) doctorants.
- trente six (36) docto-
- quatre (4) docto- b) Pour la proposition 2, les rants.
rants . quarante deux (42) cher-
cheurs en effectif physique b) Pour la proposition 2, les
peuvent être répartis de la cent vingt six (126) cher-
b) Pour la proposition manière suivante :
2, les quatorze (14) cheurs en effectif physique
- six (6) ayant le grade ayant peuvnet être répartis de la
chercheurs en effectif le grade de professeur titu- manière suivante :
physique peuvent être laire ou maître de confé- - dix huit (18) ayant le
répartis de la manière rences ; grade de professeur titu-
suivante : - dix huit (18) ayant le grade laire ou maître de confé-
- deux (2) ayant le de maître-assistant ou as- rences ;
grade de professeur sistant ; - cinquante quatre (54)
titulaire ou maître de
ayant le grade de
conférences ;
- dix huit (18) doctorants. maître-assistant ou as-
- six (6) ayant le grade
sistant;
de maître-assistant
ou assistant ;
- cinquante quatre (54)
doctorants.
- six (6) doctorants.

122
III. Conclusion

Les institutions d’enseignement supérieur et de recherche d’Afrique


de l’Ouest francophone possèdent actuellement des structures de
recherche qui sont souvent peu structurées, artificielles et de taille
très variable. La principale cause de cette situation est l’absence de
normes nationales ou institutionnelles en matière d’organisation de la
recherche.

La fixation des normes nationales d’organisation des structures de


recherche doit être de la compétence du ministère en charge de la
recherche publique. Cette activité doit être réalisée en concertation
étroite avec la communauté scientifique, les partenaires sociaux et
les autres ministères assurant la tutelle des organismes de recherche
et obéir à des critères permettant d’assurer la cohérence du système
de recherche national, d’atteindre des masses critiques, et de garantir
l’efficacité et l’efficience de la recherche publique.

123
Chapitre 5

GESTION DU CYCLE DE VIE DES STRUCTURES


DE RECHERCHE

124
I. Introduction

Le cycle de vie d’une structure de recherche comprend les phases


suivantes :

- sa création ;

- sa prolongation (ou renouvellement à l’identique) ;

- sa restructuration (par renouvellement, fusion, éclatement-


fusion, intégration, séparation) ;

- sa fermeture.

Les caractéristiques de ces phases sont présentées dans le tableau IX.

En Afrique de l’Ouest francophone, où les SNRI sont en construction,


les normes de gestion du cycle de vie des structures de recherche
doivent être établies par le Gouvernement. Ces normes doivent
être régulièrement modifiées afin de les adapter aux évolutions de
l’environnement scientifique, technique, social et économique.

Les propositions faites dans ce chapitre visent à éclairer les pouvoirs


publics dans leur prise de décisions en matière de fixation des normes
de gestion du cycle de vie des structures de recherche. Elles visent aussi
à aider les responsables des établissements d’enseignement supérieur
et de recherche ainsi que les chercheurs à préparer les dossiers de
demande d’accréditation de leurs structures de recherche.

125
Tableau IX. Caractéristiques des phases du cycle de vie d’une
structure de recherche

Phases Explication Conséquences


Création Création d’une nouvelle Une nouvelle structure est créée
structure
Prolongation La structure reste identique La structure d’origine reste ouverte
Renouvellement Une structure est renouvelée La structure d’origine est renouve-
en une autre structure, avec des lée à la date d’effet du renouvelle-
modifications ment
Fusion Deux (ou plus) structures se Les structures d’origine sont fer-
regroupent dans une nouvelle mées à la date d’effet de la fusion
structure Création d’une nouvelle structure, à
la date d’effet de la fusion
Eclatement-fusion Recomposition de plusieurs Les structures d’origine sont fer-
structures : une partie d’une mées ou restructurées à la date d’ef-
(ou plusieurs) structure(s) fu- fet de l’éclatement-fusion
sionne avec une ou plusieurs Une (ou plusieurs) nouvelle struc-
autres structure(s) (ou parties ture (s) est créée, à la date d’effet de
de structures) pour donner une l’éclatement-fusion
nouvelle structure
Intégration Une structure existante A est A est fermée. B reste ouverte
intégrée dans une structure
existante B
Séparation Une partie (une équipe interne, La structure d’origine reste ouverte
par exemple) d’une structure se si elle répond aux critères
sépare du reste de la structure Une nouvelle structure est créée
pour la partie qui s’est séparée si
elle répond aux critères
Fermeture Une structure est fermée La structure d’origine est fermée à
la date d’effet de la fermeture

126
II. Création d’une équipe, d’un laboratoire, d’un
centre ou d’une unité mixte de recherche
II.1. Principes généraux

La création des structures de recherche dans les institutions


d’enseignement supérieur et les organismes de recherche doit se faire,
soit dans le cadre d’appels à propositions nationaux, soit à la demande
des institutions.

Pour avoir une existence légale, les structures de recherche doivent être
reconnues aussi bien par leur institution tutelle (toutefois, ce niveau
de reconnaissance local est faible) que par le ministère de tutelle
(reconnaissance nationale). Pour qu’elles obtiennent la reconnaissance
nationale (niveau de reconnaissance élevé), les demandes de création
doivent être évaluées par un organisme national indépendant. Les
critères d’évaluation doivent être rendus publics.

La décision de création doit être prise par arrêté du ministre de tutelle.

Il est proposé que les structures de recherche (équipe, laboratoire,


centre ou institut, unité mixte) soient reconnues par le ministère de
tutelle pour une durée de cinq (5) à sept (7) ans renouvelable après
évaluation.

Chaque structure de recherche reconnue doit avoir un identifiant


national et bénéficier de subventions de l’Etat.

Pour les unités mixtes de recherche, leur création doit faire l’objet d’une
convention entre les établissements ou les institutions fondateurs.

II.2. Procédures

II.2.1. Proposition de liens hiérarchiques et organisationnels


devant relier les structures de recherche avec les
différents étages de la hiérarchie

Les institutions d’enseignement supérieur et les organismes de

127
recherche en Afrique de l’Ouest francophone sont généralement
structurés comme indiqué dans le tableau X.

Tableau X. Structuration des institutions d’enseignement supérieur


et des organismes de recherche
Composantes Structures de base
Université
UFR ou Faculté Institut d’UFR ou de Faculté
Département ou section
Ecole Département
Institut d’université Département
Ecole ou institut non rattaché à une université
Département
Organismes de recherche
Département
Département

Les figures 2 à 6 schématisent les propositions de liens hiérarchiques


et organisationnels qui doivent relier les structures de recherche avec
les différents étages de la hiérarchie. Dans cette proposition :

- pour les universités, les équipes sont rattachées


administrativement aux structures de base, les laboratoires
aux composantes, les centres (ou instituts) et les unités mixtes
institutions tutelles (voir tableau X);

- pour les écoles ou instituts non rattachés à une université, les


équipes et les laboratoires sont rattachés aux composantes
tandis que les centres (ou instituts) et les unités mixtes sont
rattachés aux institutions tutelles (voir tableau X).

- Pour les organismes de recherche, les équipes et les laboratoires


sont rattachés aux composantes tandis que les centres et les
unités mixtes sont rattachés aux institutions tutelles (voir
tableau X)

128
Ministère de tutelle

Institution tutelle

Composante
de l’institution tutelle

Structure de base
de la composante

Equipe Chef d’équipe

Figure 2. Liens hiérarchiques d’une équipe d’une université

Ministère de tutelle

Institution tutelle

Composante
de l’institution tutelle

Equipe Chef d’équipe

Figure 3. Liens hiérarchiques d’une équipe de recherche d’une


école ou d’un institut non rattachés à une université et d’un
organisme de recherche

129
Ministère de tutelle

Institution tutelle

Composante Conseil
de l’institution tutelle de laboratoire

Laboratoire
Directeur
de laboratoire

Figure 4. Liens hiérarchiques d’un laboratoire

Ministère de tutelle

Institution tutelle Conseil du centre

Centre Directeur
de recherche

Conseil scientifique

Figure 5. Liens hiérarchiques d’un centre

130
Ministère de tutelle

Institution tutelle Conseil de gestion

Unité mixte Directeur

Conseil scientifique

Figure 6. Liens hiérarchiques d’une unité mixte

II.2.2. Procédure pour la création d’une équipe, d’un laboratoire


et d’un centre de recherche

Les intervenants dans cette procédure sont :

- le ministère de tutelle ;

- les responsables et les instances délibérantes des institutions


tutelles ;

- les responsables et les instances délibérantes des composantes


des institutions ;

- les responsables et les instances délibérantes des structures de


base des composantes ;

- les chercheurs.

Les tâches à exécuter par ces intervenants sont mentionnées dans


le tableau XI. Elles supposent l’existence de liens hiérarchiques et
institutionnels conformes aux figures 2 à 4.

131
Tableau XI. . Procédure pour la création d’une équipe, d’un laboratoire ou d’un centre
(ou institut) de recherche
Etapes Tâches à exécuter Intervenants
Appel à propositions Elaborer le texte d’appel à propositions comportant l’objet de l’appel, les profils des structures de recherche, les Ministère de tutelle
dates d’ouverture et de clôture de l’appel, les modalités de soumission des candidatures, le lieu de réception des
candidatures, la composition du dossier de candidatures, les modalités et critères d’évaluation
Publier l’appel d’offres
Expression de la Constituer le dossier de demande de création Chercheurs
demande Pour une équipe
Transmettre le dossier : Coordonnateur du projet
pour les universités, au responsable (Chef de département ou de section) de la structure de base de l’institution
(département ou section) pour soumission à l’instance délibérante (Conseil de département ou de section) de la
structure de base
pour les écoles et instituts non rattachés à une université et pour les organismes de recherche, au responsable (Chef
de département) de la composante de l’institution tutelle pour soumission à l’instance délibérante (Conseil de
département) de la composante

Soumettre le dossier à l’instance délibérante Chef de département ou de section


Examiner et donner un avis sur le dossier Conseil de département ou de section
Si l’avis du Conseil de département ou de section est favorable, transmettre le dossier : Chef de département ou de section
pour les universités, au responsable (Doyen ou Directeur) de la composante de l’institution (faculté ou UFR) pour
soumission à l’instance délibérante (Conseil de faculté ou d’UFR) de la composante de l’institution ;

132
pour les écoles et instituts non rattachés à une université et les organismes de recherche, au responsable (Directeur
ou Directeur général) de l’institution tutelle pour soumission à l’instance délibérante (Conseil d’établissement ou
Conseil d’administration) de l’institution
Soumettre le dossier à l’instance délibérante Doyen ou Directeur de la composante pour les universités
Directeur ou Directeur général pour les écoles et instituts non
rattachés à une université et pour les organismes de recherche
Examiner et donner un avis sur le dossier Conseil de faculté ou d’UFR pour les universités
Conseil d’établissement ou Conseil d’administration pour les écoles
et instituts non rattachés à une université et pour les organismes de
recherche
Pour les universités, si le dossier a reçu un avis favorable du Conseil de faculté ou d’UFR, le transmettre avec le PV Doyen ou Directeur d’UFR
de délibération du Conseil de faculté ou d’UFR au Recteur ou Président de l’université pour soumission aux
instances délibérantes (Assemblée de l’université, Conseil d’administration, Conseil scientifique, Conseil
académique etc.) de l’institution tutelle.

Pour les universités, soumettre le dossier pour approbation aux instances délibérantes (Assemblée de l’université, Recteur ou Président de l’université
Conseil d’administration, Conseil scientifique, Conseil académique etc.) de l’université
Examiner et donner un avis sur le dossier Conseil d’administration, Conseil scientifique, Conseil académique etc.
de l’université
Pour un laboratoire
Transmettre le dossier : Coordonnateur du projet
pour les universités, au responsable (Doyen ou Directeur) de la composante de l’institution (faculté ou UFR) pour
soumission à l’instance délibérante (Conseil de faculté ou d’UFR) de la composante de l’institution tutelle
pour les écoles et instituts non rattachés à une université et pour les organismes de recherche, au responsable (Chef
de département) de la composante de l’institution tutelle pour soumission à l’instance délibérante (Conseil de
département) de la composante

Soumettre le dossier à l’instance délibérante de la composante de l’institution tutelle Responsable (Doyen ou Directeur) de la composante de l’institution
tutelle
Examiner et donner un avis sur le dossier Instance de délibérante (Conseil de faculté ou de département) de la
composante de l’institution tutelle
Si le dossier a reçu un avis favorable de l’instance délibérante de la composante, le transmettre avec le PV de Responsable (Doyen ou Directeur) de la composante de l’institution
délibération de l’instance: tutelle
pour les universités, au Recteur ou Président de l’université pour soumission aux instances délibérantes
(Assemblée de l’université, Conseil d’administration, Conseil scientifique, Conseil académique etc.) de
l’institution tutelle.
pour les écoles et instituts non rattachés à une université et pour les organismes de recherche, au responsable
(Directeur ou Directeur général) de l’institution tutelle pour soumission à l’instance délibérante (Conseil
d’établissement ou Conseil d’administration) de l’institution
Soumettre le dossier pour approbation aux instances délibérantes de l’institution tutelle Responsable (Recteur, Président, Directeur ou Directeur général) de
l’institution tutelle
Examiner et donner un avis sur le dossier Assemblée de l’université, Conseil d’administration, Conseil
scientifique, Conseil académique pour etc. pour les universités
Conseil d’établissement ou Conseil d’administration pour les écoles
et instituts non rattachés à une université et pour les organismes de

133
recherche
Pour un centre (ou institut) de recherche
Transmettre le dossier : Coordonnateur du projet
pour les universités, au responsable (Recteur ou Président) de l’institution tutelle pour soumission aux instances
délibérantes (Assemblée de l’université, Conseil d’administration, Conseil scientifique, Conseil académique etc.)
de l’institution tutelle
pour les écoles et instituts non rattachés à une université et pour les organismes de recherche, au responsable
(Directeur ou Directeur général) de l’institution tutelle pour soumission à l’instance délibérante (Conseil
d’établissement ou Conseil d’administration) de l’institution tutelle

Soumettre le dossier pour approbation aux instances délibérantes de l’institution tutelle Responsable (Recteur, Président, Directeur ou Directeur général) de
l’institution tutelle
Examiner et donner un avis sur le dossier Assemblée de l’université, Conseil d’administration, Conseil
scientifique, Conseil académique pour etc. pour les universités
Conseil d’établissement ou Conseil d’administration pour les écoles
et instituts non rattachés à une université et pour les organismes de
recherche
Soumission de la Si le dossier est approuvé par les instances délibérantes (Conseil d’administration, Assemblée de l’Université, Conseil Responsable de l’institution tutelle
demande au ministère scientifique, Conseil académique, Conseil d’établissement etc.) de l’institution tutelle, le transmettre avec les avis de
de tutelle. ces instances au ministre de tutelle
Evaluation de la Soumettre le dossier pour évaluation à un organisme national, s’il existe, ou un comité d’experts externes indépendant Ministère de tutelle
demande. Evaluer et rédiger un rapport d'évaluation à l’intention du ministre de tutelle Evaluateurs
Décision de création. Se concerter pour préparer la prise de décision Ministère de tutelle et institution tutelle
Prendre la décision de création Ministre de tutelle
II.2.3. Procédure pour la création d’une unité mixte de recherche

Les intervenants dans cette procédure sont :


- le ministère de tutelle ;

- les responsables des institutions tutelles ;

- les chercheurs.

Les tâches à exécuter par ces intervenants sont mentionnées dans


le tableau XII. Elles supposent l’existence de liens hiérarchiques et
institutionnels conformes à la figure 6.

134
Tableau XII. . Procédure pour la création d’une unité mixte de
recherche
Etapes Tâches à exécuter Intervenants
Concertation entre les institutions Préparer et organiser les réunions de concertation Coordonnateur du projet et services
tutelles ou entre les composantes compétents des institutions tutelles
des institutions tutelles (Direction de la coopération,
fondatrices Direction de la Recherche,
Direction scientifique etc.) ou des
composantes des institutions tutelles
(service ou commission chargé(e)
de la recherche et/ou du partenariat
etc.) fondatrices
Expression de la demande Constituer le dossier de demande de création Coordonnateur et membres du
projet
Transmettre le dossier au responsable de l’institution Coordonateur du projet
tutelle dont relève le coordonnateur du projet pour
soumission aux responsables des institutions tutelles ou
des composantes des institutions tutelles fondatrices
Transmettre le dossier aux responsables des institutions Responsable de l’institution tutelle
tutelles ou des composantes des institutions tutelles dont relève le coordonnateur du
fondatrices concernées pour avis projet
Faire instruire les dossiers à l’interne par les services Responsables des institutions
compétents des institutions tutelles (Direction de la tutelles ou des composantes des
coopération, Direction de la Recherche, Direction institutions tutelles fondatrices
scientifique etc.) ou des composantes des institutions
tutelles (service ou commission chargé(e) de la recherche
et/ou du partenariat etc.)
Examiner et donner un avis sur le dossier Services compétents des institutions
tutelles (Direction de la
coopération, Direction de la
Recherche, Direction scientifique
etc.) ou des composantes des
institutions tutelles (service ou
commission chargé(e) de la
recherche et/ou du partenariat etc.)
Si les avis des services compétents des institutions Responsables des institutions
tutelles ou des composantes des institutions tutelles tutelles ou des composantes des
fondatrices sont favorables, engager des négociations pour institutions tutelles fondatrices
la formalisation et la validation d’une convention
Signature de la convention portant création de l’unité Responsables des institutions
mixte tutelles ou des composantes des
institutions tutelles fondatrices.
Soumission de la demande au Transmettre le dossier avec la convention au ministre de Responsable de l’institution
ministère de tutelle tutelle assurant la tutelle administrative de
l’unité mixte
Evaluation de la demande. Soumettre le dossier pour évaluation à un organisme Ministère de tutelle
national, s’il existe, ou un comité d’experts externe
indépendant
Evaluer et rédiger un rapport d'évaluation à l’intention du Evaluateurs
ministre de tutelle
Décision de création. Se concerter pour préparer la prise de décision Ministère de tutelle et institution
assurant la tutelle administrative de
l’unité mixte
Prendre la décision de création Ministre de tutelle

135
II.3. Composition des dossiers et critères d’évaluation des
demandes de création

La composition des dossiers et les critères d’évaluation des demandes


de création consignés dans le tableau XIII sont destinés d’une part,
aux services du ministère de tutelle qui doivent élaborer les appels
d’offres et évaluer les offres reçues et d’autre part, aux chercheurs
et responsables d’institutions qui comptent soumettre des projets au
ministre de tutelle.

136
Tableau XIII. Composition des dossiers et critères d’évaluation des
demandes de création

Structures de
Composition du dossier Critères d’évaluation
recherche
- Equipes - Plan d’action budgétisé - Production scientifique de
chaque chercheur membre
- Laboratoires - Programme scientifique et
financier - Qualité scientifique et tech-
- Centres nique du programme scienti-
- Avis circonstancié de l’ins- fique (pertinence, cohérence
- Unités mixte titution tutelle et faisabilité globale du pro-
gramme, stratégies retenues
- Potentiel humain et maté- pour atteindre les objectifs
riel fixés etc.)

- Règlement intérieur - Qualité et quantité des res-


sources humaines et maté-
- Organisation de la struc- rielles disponibles et leur adé-
ture de recherche quation avec la stratégie de
recherche et le plan d’action
- Partenariats scientifiques,
techniques et financiers na- - Pertinence de l’organisation de
tionaux et internationaux la structure de recherche

- Curriculum vitae de - Pertinence du budget prévi-


chaque chercheur sionnel

- Lettre d’engagement de - Pertinence des partenariats


chaque chercheur scientifiques et techniques na-
tionaux et internationaux
- Convention de partenariat
signée par les établisse- - Implication dans le développe-
ments ou institutions fon- ment local, national ou régional
dateurs (Pour les unités (pertinence socio-économique)
mixtes)
- Implication dans la formation
par la recherche

137
III. Prolongation et restructuration d’une équipe, d’un
laboratoire, d’un centre ou institut et d’une unité
mixte de recherche.

III.1. Principes généraux

Pour les équipes de recherche, il est proposé qu’elles ne soient


prolongées (renouvelées à l’identique) qu’une seule fois. Après une
première prolongation, il est souhaitable qu’elles se structurent pour
former ou rejoindre des laboratoires. Seules les équipes justifiant d’une
spécificité les mettant dans l’incapacité de rejoindre un laboratoire
doivent être autorisées à demander une deuxième prolongation de leur
reconnaissance.

La restructuration peut se faire par renouvellement, par fusion, par


éclatement-fusion, par intégration ou par séparation (voir explications
au tableau IX).

La prolongation et la restructuration concernent les équipes, les


laboratoires, les centres ou instituts et les unités mixtes de recherche
dont la période de reconnaissance est arrivée à terme.

Les normes de création adoptées pour faire naître et structurer un


système national de recherche et d’innovation peuvent conduire à
une prolifération de structures de recherche. Ces normes sont faites
pour évoluer. Le ministère de tutelle peut procéder de nouveau par
appel à propositions qui peut conduire au renouvellement et à la
restructuration.

III.2. Procédures

III.2.1. Pour la prolongation ou la restructuration d’une


équipe, d’un laboratoire ou d’un centre (ou institut)
de recherche

138
Les intervenants dans cette procédure sont :

- le ministère de tutelle ;

- les responsables et les instances délibérantes des institutions


tutelles ;

- les responsables et les instances délibérantes des composantes


des institutions ;

- les responsables et les instances délibérantes des structures de


base des composantes ;

- les responsables et les instances délibérantes des structures de


recherche ;

- les chercheurs.

Les tâches à exécuter par ces intervenants sont mentionnées dans le


tableau XIV. Elles supposent l’existence de liens hiérarchiques et
institutionnels conformes aux figures 2 à 5.

139
Tableau XIV. Procédure pour la prolongation ou la restructuration d’une équipe, d’un
laboratoire ou d’un centre de recherche
Etapes Tâches à exécuter Intervenants
Expression de la demande Réaliser l’auto-évaluation et constituer le dossier de demande de prolongation ou de restructuration Responsable et membres de la structure de recherche
Pour une équipe
(La procédure est identique à celle relative à la demande de création d’une équipe)
Pour un laboratoire
Soumettre le dossier pour examen au Conseil de laboratoire Directeur du laboratoire
Examiner et donner un avis sur le dossier Conseil de laboratoire
Si le dossier a reçu un avis favorable du Conseil de laboratoire, le transmettre avec le PV de délibération du Conseil de Directeur du laboratoire
laboratoire au responsable de la composante de l’institution tutelle pour soumission à l’instance délibérante de la
composante de l’institution tutelle
Soumettre le dossier à l’instance délibérante de la composante de l’institution tutelle Responsable de la composante de l’institution tutelle
Examiner et donner un avis sur le dossier Instance délibérante de la composante de l’institution
tutelle
Si le dossier a reçu un avis favorable de l’instance délibérante de la composante de l’institution tutelle, le transmettre avec Responsable de la composante de l’institution tutelle
le PV de délibération de l’instance délibérante de la composante au responsable de l’institution tutelle pour soumission

140
aux instances délibérantes de l’institution tutelle
Soumettre le dossier pour approbation aux instances délibérantes de l’institution tutelle Responsable de l’institution tutelle
Examiner et donner un avis sur le dossier Instances délibérantes de l’institution tutelle
Pour un centre ou institut
Soumettre le dossier pour examen au Conseil scientifique du centre Directeur du centre
Examiner et donner un avis sur le dossier Conseil scientifique
Si le dossier a reçu un avis favorable du Conseil scientifique, le transmettre avec le PV de délibération du Conseil au Directeur du centre
responsable de l’institution tutelle pour soumission au Conseil du centre
Soumettre le dossier pour approbation au Conseil du centre. Responsable de l’institution tutelle
Examiner et donner un avis sur le dossier Conseil du centre
Si le dossier a reçu un avis favorable du Conseil du centre, le soumettre avec le PV de délibération du Conseil pour Responsable de l’institution tutelle
soumission à l’instance délibérante de l’institution tutelle pour approbation
Examiner et donner un avis sur le dossier Instance délibérante de l’institution tutelle
Soumission de la demande Si le dossier est approuvé par l’instance délibérante de l’institution tutelle, le transmettre avec le PV de délibération de Responsable de l’institution tutelle
au ministère de tutelle l’instance au ministre de tutelle
Evaluation de la demande Soumettre le dossier pour évaluation à un organisme national, s’il existe, ou un comité d’experts externes indépendant Ministère de tutelle
Evaluer et rédiger un rapport d'évaluation à l’intention du ministre chargé de la recherche Evaluateurs
Décision de prolongation ou Se concerter pour préparer la prise de décision Ministère de tutelle et institution tutelle
de restructuration Prendre la décision de prolongation ou de restructuration Ministre de tutelle
III.2.2. Pour la prolongation ou la restructuration d’une
unité mixte de recherche
Les intervenants dans cette procédure sont :

- le ministère de tutelle ;

- les responsables et les instances délibérantes des institutions


tutelles ;

- les responsables et les instances délibérantes des unités


mixtes ;

- les chercheurs.

Les tâches à exécuter par ces intervenants sont mentionnées dans


le tableau XV. Elles supposent l’existence de liens hiérarchiques et
institutionnels conformes à la figure 6.

141
Tableau XV. Procédure pour la prolongation ou la restructuration d’une unité mixte de
recherche
Etapes Tâches à exécuter Intervenants
Concertation entre les institutions tutelles Préparer et organiser les réunions de concertation Directeur de l’unité mixte et services compétents des institutions tutelles
ou entre les composantes des institutions (Direction de la coopération, Direction de la Recherche, Direction scientifique
tutelles fondatrices etc.) ou des composantes des institutions tutelles (service ou commission
chargé(e) de la recherche et/ou du partenariat etc.) fondatrices
Expression de la demande Réaliser l’auto-évaluation et constituer le dossier de demande de prolongation ou de Directeur et membres de l’unité mixte
restructuration
Soumettre le dossier pour examen et avis au Conseil scientifique de l’unité mixte Directeur de l’unité mixte
Examiner et donner un avis sur le dossier Conseil scientifique
Si le dossier a reçu un avis favorable du Conseil scientifique, le transmettre avec Directeur de l’unité mixte
l’avis du Conseil au Président du Conseil de gestion pour soumission au Conseil de
gestion de l’unité mixte
Soumettre le dossier pour approbation au Conseil de gestion de l’unité mixte Président du Conseil de gestion

142
Examiner et donner un avis sur le dossier Conseil de gestion
Si l’avis du Conseil de gestion est favorable, transmettre le dossier avec l’avis du Président du Conseil de gestion
Conseil de gestion au Directeur de l’unité mixte pour transmission aux responsables
des institutions tutelles
Transmettre le dossier avec l’avis du Conseil de gestion aux responsables des Directeur de l’unité mixte
institutions tutelles
Faire instruire les dossiers à l’interne par les services compétents des institutions Responsables des institutions tutelles fondatrices
tutelles (Direction de la coopération, Direction de la Recherche, Direction
scientifique etc.)
Examiner et donner un avis sur le dossier Services compétents des institutions tutelles (Direction de la coopération,
Direction de la Recherche, Direction scientifique etc.) fondatrices
Si les avis des services compétents des institutions tutelles sont favorables, engager Responsables des institutions tutelles
des négociations pour la formalisation et la validation d’une convention
Signature de la convention portant prolongation ou restructuration de l’unité mixte Responsables des institutions tutelles
Soumission de la demande au ministère Transmettre le dossier avec la convention au ministre de tutelle Responsable de l’institution assurant la tutelle administrative de l’unité mixte
chargé de la recherche

Evaluation de la demande Soumettre le dossier pour évaluation à un organisme national, s’il existe, ou un Ministère de tutelle
comité d’experts externes indépendant
Evaluer et rédiger un rapport d'évaluation à l’intention du ministre chargé de la Evaluateurs
recherche
Décision de création Se concerter pour préparer la prise de décision. Ministère de tutelle et institution assurant la tutelle administrative de l’unité
mixte.
Prendre la décision de prolongation ou de restructuration Ministre de tutelle
III.3. Composition des dossiers et critères d’évaluation des
demandes de prolongation ou de restructuration

La composition des dossiers et les critères d’évaluation des demandes


de création consignés dans le tableau XVI sont destinés d’une part,
aux services du ministère de tutelle qui doivent élaborer les appels
d’offres et évaluer les offres reçues et d’autre part, aux chercheurs
et responsables d’institutions qui comptent soumettre des projets au
ministre de tutelle.

Tableau XVI. Composition des dossiers et critères d’évaluation des


demandes de prolongation ou de restructuration

143
Structures
Composition du dossier Critères d’évaluation
de recherche
- Equipes - Rapport d’activités et fi- - Production scientifique de chaque
nancier pour la période chercheur
- Laboratoires écoulée
- Impacts socio-économiques des résul-
- Centres - Financements mobilisés tats de recherche
durant la période écoulée
-U n i t é s - Retombées des résultats de recherche
mixtes - Plan d’action budgétisé sur les programmes d’enseignement
pour la nouvelle période
- Niveau d’atteinte des objectifs scien-
- Nouveau programme tifiques fixés pour la période écoulée
scientifique et financier
- Interactions avec l’environnement so-
- Avis circonstancié de l’ins- cio-économique
titution tutelle
- Implication dans la formation par la
- Potentiel humain et maté- recherche
riel
- Pilotage, animation scientifique et
- Règlement intérieur organisation de la vie scientifique et
matérielle
- Partenariats scientifiques,
techniques et financiers - Qualité scientifique et technique du
nationaux et internationaux projet de prolongation ou de res-
tructuration (évolutions proposées,
- Curriculum vitae de chaque stratégies retenues pour atteindre les
chercheur objectifs fixés, pertinence, cohérence
et faisabilité globale du projet, cohé-
- Lettre d’engagement de rence du programme scientifique avec
chaque chercheur le plan stratégique de développement
de l’institution tutelle etc.)
- Convention de partenariat
signée par les établisse- - Qualité et quantité des ressources hu-
ments ou institutions fon- maines et matérielles disponibles et
dateurs (Pour les unités leur adéquation avec la stratégie de
mixtes) recherche et le plan d’action

- Descriptif et justification - Pertinence du budget prévisionnel


de la nouvelle organisation
de la structure de recherche - Pertinence des partenariats scienti-
(Pour les demandes de res- fiques et techniques nationaux et in-
tructuration) ternationaux

144
IV. Fermeture

L’éventualité de la fermeture d’une structure de recherche peut se poser


lorsque les conditions qui ont justifié sa création disparaissent. Les
raisons pouvant conduire à la fermeture d’une structure de recherche
sont notamment :

- le souhait des chercheurs concernés d’abandonner une structure


devenue désuète ;

- l’insuffisance du personnel de recherche ;

- la pertinence réduite du programme de recherche ;

- la perte de financements ;

- une faible productivité scientifique.

La procédure s’applique aux équipes, laboratoires, centres (ou instituts)


et unités mixtes de recherche dont la période de reconnaissance est
arrivée à terme ou pas.

IV.1. Au terme de la période de reconnaissance

La fermeture d’une équipe, d’un laboratoire, d’un centre ou d’une unité


mixte de recherche peut être envisagée si l’évaluation la recommande.

La fermeture est prise par décision du ministre de tutelle après avis du


responsable de l’institution tutelle et sur la base du rapport du comité
d’experts évaluateurs.

En cas de fermeture, le personnel et les équipements sont réaffectés


par le responsable de l’institution tutelle.

IV.2. Avant le terme prévu de la période de reconnaissance

Si pour des raisons sérieuses et dûment motivées, il apparait contraire

145
à l’intérêt de la recherche de maintenir une équipe, un laboratoire,
un centre ou une unité mixte de recherche qui n’a plus lieu d’être, sa
fermeture peut être envisagée en vertu du principe général de l’intérêt
du service.

La fermeture est prise par décision du ministre de tutelle, après avis


du responsable de l’institution tutelle et sur la base des documents
produits par l’institution tutelle motivant la fermeture de la structure
de recherche.

En cas de fermeture, le personnel et les équipements sont réaffectés


par le responsable de l’institution tutelle.

146
CONCLUSION GENERALE
Ce guide se propose d’offrir au pouvoir politique, aux responsables des
institutions d’enseignement supérieur et organismes de recherche et
aux chercheurs, quelques outils permettant d’asseoir ou de consolider
les systèmes nationaux de recherche et de l’innovation. Il n’offre pas
une revue complète de l’ensemble des aspects liés à la gouvernance
d’un système national de recherche et d’innovation, mais se veut un
guide simple et pratique.

Les normes et procédures proposées peuvent être contextualisées


à la réalité de chaque pays par l’implication des différentes parties
prenantes.

Le niveau de développement à base scientifique et technologique en


Afrique est faible. Pour changer cette situation, il faut non seulement
beaucoup de volonté politique et du courage de la part des dirigeants
africains mais il faut aussi et surtout, investir massivement et pendant
très longtemps dans quatre (4) domaines :
- la création et le maintien d’un système national de recherche et
d’innovation performant ;
- la promotion de la recherche et de l’innovation, associée à une
stratégie de développement technologique à long terme ;
- la formation d’une main d’œuvre nombreuse, scientifiquement
et technologiquement éduquée ;
- le développement des liens entre les ressources nationales
génératrices de connaissances, les entreprises et les pouvoirs
publics.

147
ANNEXES

148
ANNEXE 1

MODELE DE TEXTE FIXANT LES NORMES D’ORGANISATION,


DE FONCTIONNEMENT ET DE GESTION DU CYCLE DE VIE DES
STRUCTURES DE RECHERCHE APPLICABLES AUX INSTITUTIONS
D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET ORGANISMES DE RECHERCHE

I. Introduction
Les structures de recherche dans les institutions d’enseignement supérieur et
les organismes de recherche sont des sources de création de nouveaux savoirs
indispensables au développement de l’activité économique et gages de l’existence de
formations de qualité et modernes pour les étudiants. Le constat est qu’en Afrique de
l’Ouest francophone, très peu de pays se sont dotés d’un cadre juridique organisant
la recherche au sein de leurs institutions d’enseignement supérieur et organismes
de recherche. Voilà pourquoi un modèle de cadre réglementaire fixant les normes
d’organisation, de fonctionnement et de gestion du cycle de vie des structures de
recherche applicables aux institutions d’enseignement supérieur et organismes de
recherche est proposé.

II. Modèle de texte

Texte (préciser décret ou arrêté) fixant les normes d’organisation, de


fonctionnement et de gestion du cycle de vie des structures de recherche
applicables aux institutions d’enseignement supérieur et organismes de
recherche

Le (préciser la fonction de la personnalité habilitée à prendre le texte)

Vu (citer les visas qui sont nécessaires)

Décrète ou Arrête

TITRE PREMIER

Dispositions générales
Article premier. Les activités de recherche scientifique au sein des institutions
d’enseignement supérieur et organismes de recherche sont menées dans les

149
structures de recherche suivantes : (préciser les différentes catégories de structures.
Dans ce document, les catégories suivantes sont proposées : équipes de recherche,
laboratoires de recherche, centres de recherche et unités mixtes de recherche. Tout le
document est construit sur la base de ces 4 catégories. Il faudra donc adapter votre
texte en fonction des catégories retenues).

Le cycle de vie de ces structures comprend :

- leur création ;

- leur prolongation ou renouvellement à l’identique ;

- leur restructuration par renouvellement, fusion, éclatement-fusion,


intégration ou séparation ;

- leur fermeture.

Article 2. Une équipe de recherche est la structure de base pour la conduite de


la recherche par une institution d’enseignement supérieur ou un organisme de
recherche. Elle est constituée autour d’une thématique de recherche couvrant une
ou plusieurs discipline(s). Chaque chercheur a un projet individualisé au sein de la
thématique commune

Elle est dépourvue de la personnalité morale. Elle n’a pas d’existence juridique
propre, distincte de son institution de rattachement.

Article 3. Un laboratoire de recherche est une structure opérationnelle de recherche


regroupant des équipes de recherche ayant une forte homogénéité scientifique. Il est
constitué autour de plusieurs thématiques de recherche en relation avec un même
domaine scientifique ou des domaines scientifiques complémentaires. Chaque
équipe travaille sur une thématique cohérente au sein du domaine ou des domaines
scientifiques commun(s).

Il est dépourvu de la personnalité morale. Il n’a pas d’existence juridique propre,


distincte de son institution de rattachement.

Article 4. Un centre de recherche est une structure opérationnelle de recherche


regroupant des laboratoires. Il est constitué autour des thématiques de recherche
de grande envergure couvrant tous les domaines scientifiques. Chaque laboratoire
travaille sur plusieurs thématiques en relation avec un même domaine scientifique
ou des domaines complémentaires.

Il est doté de l’autonomie administrative et financière. Il n’a pas d’existence juridique

150
propre, distincte de son institution de rattachement.

Article 5. Une unité mixte de recherche est une structure fédérative de recherche
relevant d’un partenariat scientifique et technique tant au niveau institutionnel,
national qu’international. Elle est constituée en vue de fédérer des compétences et
des moyens pour réaliser un programme de recherche déterminé.

Elle ne dispose pas de personnalité juridique distincte de celle des institutions


fondatrices. Elle est régie par une convention qui définit ses compétences, son mode
de gestion, son organisation et son fonctionnement.

Article 6. Les structures de recherche citées à l’article premier sont chargés de/d’ :

- exécuter des projets et des programmes de recherche fondamentale, de


recherche appliquée et de recherche-développement ;

- former à la recherche et à l’innovation ;

- contribuer à l’innovation et au développement économique ;

- entretenir des liens avec l’environnement socio-économique ;

- assurer la veille scientifique et technologique ;

- veiller à la maîtrise, au développement et à l’emploi de la technologie au


profit des différents secteurs économiques.
Article 7. La création des structures de recherche citées à l’article premier se fait, soit
dans le cadre des appels à propositions nationaux, soit à la demande des institutions
d’enseignement supérieur ou des organismes de recherche.

Article 8. Un identifiant national est attribué à chaque structure de recherche


reconnue ou accréditée.

Article 9. Les structures de recherche sont créées, renouvelées, restructurées ou


fermées par arrêté du ministre de tutelle, après évaluation par des experts externes
indépendants.
TITRE II
Organisation et fonctionnement

CHAPITRE PREMIER

151
Organisation

Section 1
Equipe de recherche

Article 10. Une équipe de recherche est composée d’au moins (préciser le nombre)
chercheurs actifs répartis comme suit :
- (préciser le nombre) chercheurs ayant le grade de professeur titulaire des
universités, de directeur de recherche, de maître de conférences, de maître
de recherche ou grades équivalents ;

- (préciser le nombre) chercheurs ayant le grade de maître assistant, de


chargé de recherche, d’assistant ou grades équivalent ;

- (préciser le nombre) doctorants ;

- (préciser le nombre) étudiants en Master.

L’équipe peut compter aussi en son sein des techniciens et des post-doctorants.

Article 11. Un chercheur ne doit appartenir qu’à une seule équipe de recherche en
tant que membre permanent.

Article 12. Pour encourager la pluridisciplinarité, il est souhaitable que les


chercheurs soient de plusieurs spécialités complémentaires.
Section 2
Laboratoire de recherche

Article 13. Un laboratoire est structuré en au moins (préciser le nombre) équipes


de recherche reconnues ou accréditées comptant au moins (préciser le nombre)
chercheurs actifs répartis comme suit :

- (préciser le nombre) chercheurs ayant le grade de professeur titulaire des


universités, de directeur de recherche, de maître de conférences, de maître
de recherche ou grades équivalents ;

- (préciser le nombre) chercheurs ayant le grade de maître assistant, de


chargé de recherche, d’assistant ou grades équivalent ;

- (préciser le nombre) doctorants ;

152
- (préciser le nombre) étudiants en Master.

Le laboratoire peut compter aussi en son sein des techniciens et des post-doctorants.

Article 14. Une équipe de recherche reconnue ou accréditée ne doit être membre que
d’un seul laboratoire et ne doit pas changer de laboratoire au cours de la période de
reconnaissance de celui-ci.

Article 15. Pour encourager la pluridisciplinarité, il est souhaitable que les chercheurs
soient de plusieurs spécialités.
Section 3
Centre (ou institut) de recherche
Article 16. Un centre de recherche est constitué d’au moins (préciser le nombre)
laboratoires de recherche reconnus ou accrédités comptant au moins (préciser le
nombre) chercheurs actifs répartis comme suit :

- (préciser le nombre) chercheurs ayant le grade de professeur titulaire des


universités, de directeur de recherche, de maître de conférences, de maître
de recherche ou grades équivalents ;

- (préciser le nombre) chercheurs ayant le grade de maître assistant, de


chargé de recherche, d’assistant ou grades équivalent ;

- (préciser le nombre) doctorants ;

- (préciser le nombre) étudiants en Master.

D’autres structures de recherche du milieu socio-professionnel justifiant d’activités


de recherche dans les thématiques développées par le centre peuvent être admises au
sein d’un centre de recherche en qualité de membres associés.

Article 17. Un laboratoire reconnu ou accrédité ne doit être membre que d’un seul
centre de recherche.

Section 4
Unité mixte de recherche
Article 18. Les personnels de l’unité mixte proviennent des institutions fondatrices.

Article 19. La convention régissant l’unité mixte définit :

- les domaines de compétence et d’intervention scientifique de l’unité ;

153
- les objectifs et missions de l’unité ;

- l’organisation scientifique et administrative ;

- les questions relatives aux ressources financières, humaines et matérielles ;

- les questions relatives à la protection de la confidentialité des travaux et des


résultats obtenus et à la propriété des résultats.

CHAPITRE II

Fonctionnement

Section 1
Equipe de recherche
Article 20. Une équipe de recherche est dirigée par un chef d’équipe nommé par
le responsable de son institution de rattachement sur proposition des membres de
l’équipe.

Le chef d’équipe doit être un chercheur ayant le grade de professeur titulaire, maître
de conférences, directeur de recherche ou maître de recherche.

Article 21. Le chef d’équipe assure la direction administrative et scientifique de


l’équipe. Il est responsable de l’élaboration, de la mise en œuvre et du suivi de
l’exécution du projet scientifique de l’équipe. Il soumet chaque année un rapport
d’activités de l’équipe au responsable de l’institution de rattachement de l’équipe.

Article 22. Les ressources financières de l’équipe de recherche peuvent provenir de/
des :
- la subvention de l’Etat ;

- revenus provenant de la participation à l’exécution des appels à propositions


des programmes nationaux ou internationaux de recherche ;

- revenus provenant des conventions et des contrats ;

- revenus provenant de l’exploitation des différents éléments de la propriété


intellectuelle ;

- tous les autres revenus autorisés par le régime financier de l’institution.

154
Article 23. L’équipe de recherche est soumise à une évaluation, d’abord en vue de
sa création, puis à mi-parcours et lors du renouvellement au terme de la période de
reconnaissance ou d’accréditation.

L’évaluation peut être réalisée sur demande de l’autorité de tutelle, chaque fois que
de besoin.

L’évaluation est faite par des experts externes nationaux ou internationaux. Elle
porte sur toutes les activités de l’équipe.

Suite à cette évaluation, le ministre de tutelle peut renouveler ou dissoudre l’équipe


de recherche et ce, après audition du chef de l’équipe de recherche.

En cas de dissolution de l’équipe de recherche, le personnel et les fonds ainsi que les
équipements sont réaffectés par le responsable de l’institution tutelle.
Article 24. L’équipe se dote d’un règlement intérieur qui fixe les règles de vie en
son sein.

Section 2
Laboratoire de recherche

Article 25. Un laboratoire est géré par :

- un Conseil de laboratoire ;

- un Directeur de laboratoire.
Article 26. Le Conseil du laboratoire est un organe consultatif. Il est présidé par le
directeur du laboratoire. Il est composé :

- des chercheurs du laboratoire ;

- de (préciser le nombre) représentants du personnel administratif et


technique ;

- de (préciser le nombre) représentants d’étudiants.

Il examine toutes les questions relatives à la vie du laboratoire, notamment :

- les candidatures au poste de directeur du laboratoire ;

- les programmes scientifiques ;

155
- le suivi de l’exécution des programmes et projets ;

- les rapports d’activités ;

- les projets de convention ;

- les demandes d’affiliation au laboratoire ;

- les projets de valorisation économique des résultats de recherche ;

- la répartition du budget ;

- les rapports d’auto-évaluation ;

- le règlement intérieur ;

- la synergie entre les équipes ;

- la participation aux appels d’offre ;

- le recrutement et le suivi des étudiants.

Il se réunit au moins (préciser le nombre) par an pour dresser le bilan des activités
du laboratoire. Il peut se réunir autant de fois qu’il est nécessaire sur convocation du
Directeur du laboratoire ou à la demande de (préciser le nombre) des membres du
Conseil du laboratoire. Il ne peut délibérer valablement qu’en présence d’au moins
(préciser le nombre) de ses membres. A défaut du quorum, une deuxième réunion est
tenue dans un délai maximum (préciser le nombre de jours), quel que soit le nombre
des membres présents.

Article 27. Le Directeur est nommé par le responsable de l’institution de rattachement


du laboratoire sur proposition du Conseil de laboratoire.

Il doit être un chercheur confirmé, membre d’une équipe de recherche affiliée au


laboratoire et avoir le grade de professeur titulaire, directeur de recherche ou, à
défaut, maître conférences ou maître de recherche.

Il coordonne les activités du laboratoire, représente le laboratoire auprès des


instances académiques et des organismes extérieurs et convoque les réunions du
Conseil du laboratoire qu’il préside.

Il présente chaque année au responsable de l’institution de rattachement du


laboratoire, un rapport d’activités du laboratoire validé par le Conseil du laboratoire.

156
Article 28. Chaque équipe du laboratoire est supervisée par un chercheur membre
de l’équipe ayant le grade de professeur titulaire, directeur de recherche, maître de
conférences ou maître de recherche.

Article 29. Les ressources financières d’un laboratoire peuvent provenir de/des :
- la subvention de l’Etat ;

- revenus provenant de la participation à l’exécution des appels à propositions


des programmes nationaux ou internationaux de recherche ;

- revenus provenant des conventions et des contrats ;

- revenus provenant de l’exploitation des différents éléments de la propriété


intellectuelle ;

- tous les autres revenus autorisés par le régime financier de l’institution.

Article 30. Le laboratoire est soumis à une évaluation, d’abord en vue de sa création,
puis à mi-parcours et lors du renouvellement au terme de la période de reconnaissance
ou d’accréditation.

L’évaluation peut être réalisée sur demande de l’autorité de tutelle, chaque fois que
de besoin.

L’évaluation est faite par des experts externes nationaux ou internationaux. Elle
porte sur toutes les activités du laboratoire.

Suite à cette évaluation, le ministre de tutelle peut renouveler ou dissoudre le


laboratoire et ce, après audition du Directeur du laboratoire.

En cas de dissolution du laboratoire, le personnel et les fonds ainsi que les


équipements sont réaffectés par le responsable de l’institution tutelle.
Article 31. Le laboratoire se dote d’un règlement intérieur qui fixe les modalités et
les procédures de travail en son sein. Ce règlement doit être validé par le Conseil du
laboratoire.

Section 3
Centre (ou institut) de recherche
Article 32. Un centre de recherche est doté, pour sa gestion administrative, financière
et scientifique, des organes ci-après :

157
- le Conseil du centre ;
- le Conseil scientifique ;
- le Directeur.

Article 33. Le Conseil du centre est l’organe de délibération. Il a un mandat


d’orientation et de décision. Il est présidé par le responsable de l’université tutelle.

Il est constitué :
- du responsable de l’institution tutelle ;
- de représentants des responsables des composantes de l’institution tutelle ;
- des directeurs des laboratoires membres du centre ;
- d’un représentant du ministère de tutelle;
- de (préciser le nombre) représentants des chercheurs désignés par leurs
pairs ;
- de représentants du personnel administratif et technique désignés par leurs
pairs ;
- de (préciser le nombre) représentants des doctorants désignés par leurs
pairs ;
- de (préciser le nombre) représentants des milieux économiques cooptés par
le Directeur du centre.

Il délibère sur :

- les candidatures à des postes de responsabilité ;

- le budget ;

- les programmes scientifiques ;

- les rapports d’activités et les rapports d’auto-évaluation ;

- les demandes d’affiliation au centre ;

- le recrutement des personnels ;

- le projet de règlement intérieur.

Il se réunit au moins (préciser le nombre) par an. Il peut se réunir autant de fois
qu’il est nécessaire sur convocation de son président ou à la demande de (préciser
le nombre) de ses membres. Il ne peut délibérer valablement qu’en présence de
(préciser le nombre) au moins de ses membres. A défaut du quorum, une deuxième
réunion est tenue dans un délai maximum de (préciser le nombre de jours), quel que
soit le nombre des membres présents. Les décisions doivent être prises par consensus
ou à défaut à la majorité simple.

158
Article 34. Le Conseil scientifique est l’organe consultatif du centre. Il est présidé
par le Directeur du centre.
Il est composé :
- du directeur du centre ;

- des directeurs de laboratoires ;

- des chefs d’équipes de recherche ;

- de (préciser le nombre) représentants des chercheurs désignés par leurs


pairs ;

- de (préciser le nombre) représentants des doctorants désignés par leurs


pairs ;

- de (préciser le nombre) représentants du personnel administratif et


technique désignés par leurs ;

- de (préciser le nombre) représentants des milieux économiques cooptés par


le directeur du centre.

Il examine toutes les questions relatives à la vie du centre, notamment :

- les candidatures au poste de directeur du centre ;

- les programmes scientifiques ;

- le suivi de l’exécution des programmes et projets ;

- les rapports d’activités ;

- les projets de convention ;

- les demandes d’affiliation au centre ;

- le projet de valorisation économique des résultats ;

- la répartition du budget ;

- les rapports d’auto-évaluation ;

- le règlement intérieur ;

159
- la synergie entre les laboratoires et équipes ;

- la participation aux appels d’offre ;

- le recrutement et suivi des étudiants.

Il se réunit au moins (préciser le nombre) par an pour apprécier les activités du centre.
Il peut se réunir autant de fois qu’il est nécessaire sur convocation de son président
ou à la demande des (préciser le nombre) de ses membres. Il ne peut délibérer
valablement qu’en présence de (préciser le nombre) au moins de ses membres. A
défaut du quorum, une deuxième réunion est tenue dans un délai maximum (préciser
le nombre de jours), quel que soit le nombre des membres présents. Les décisions
doivent être prises par consensus ou à défaut à la majorité simple.

Article 35. Le Directeur du centre est nommé par le responsable tutelle sur
proposition du Conseil du centre.

Il doit être un chercheur confirmé ayant le grade de professeur titulaire ou directeur


de recherche.

Il coordonne l’ensemble des activités du centre et veille à leur bon déroulement.


Il présente chaque année au responsable de l’institution dont le centre relève, un
rapport d’activités validé par le Conseil scientifique.
Article 36. Chaque laboratoire du centre est supervisé par un chercheur ayant le grade
de professeur titulaire, directeur de recherche ou à défaut, maître de conférences ou
maître de recherche.

Article 37. Les ressources financières d’un centre peuvent provenir de/des :
- la subvention de l’Etat ;

- revenus provenant de la participation à l’exécution des appels à propositions


des programmes nationaux ou internationaux de recherche ;

- revenus provenant des conventions et des contrats ;

- revenus provenant de l’exploitation des différents éléments de la propriété


intellectuelle ;

- tous les autres revenus autorisés par le régime financier de l’institution.

Article 38. Le centre est soumis à une évaluation, d’abord en vue de sa création, puis
à mi-parcours et lors du renouvellement au terme de la période de reconnaissance

160
ou d’accréditation.

L’évaluation peut être réalisée sur demande de l’autorité de tutelle, chaque fois que
de besoin.

L’évaluation est faite par des experts externes nationaux ou internationaux. Elle
porte sur toutes les activités du centre.

Suite à cette évaluation, le ministre de tutelle peut renouveler ou dissoudre le centre


et ce, après audition du Directeur du centre.

En cas de dissolution du centre, le personnel et les fonds ainsi que les équipements
sont réaffectés par le responsable de l’institution tutelle.
Article 39. Le centre de recherche se dote d’un règlement intérieur qui fixe les
modalités et les procédures de travail en son sein. Ce règlement intérieur doit être
validé par le Conseil scientifique et approuvé par le Conseil du centre.

Section 4
Unité mixte de recherche
Article 40. Une unité mixte de recherche s’appuie pour sa gestion sur un :

- Conseil de gestion ;

- Conseil scientifique ;

- Directeur.

Article 41. Le Conseil de gestion est l’organe de délibération. Il a un mandat


d’orientation et de décision.

Il est constitué de représentants de chacun des institutions fondatrices, du directeur


de l’unité, des chefs d’équipes de recherche de l’unité. Il est présidé à tour de rôle
par le représentant de chacun des institutions ou établissements fondateurs.

Il examine toute question relative à l’activité de l’unité, notamment donner un avis


sur la reconduction ou la non-reconduction de l’unité à son échéance sur la base du
rapport d’évaluation.

Il se réunit au moins (préciser le nombre) par an. Il peut se réunir autant de fois qu’il
est nécessaire sur convocation de son président. Il ne peut délibérer valablement qu’en
présence de (préciser le nombre) au moins de ses membres. A défaut du quorum, une
deuxième réunion est tenue dans un délai maximum (préciser le nombre de jours),

161
quel que soit le nombre des membres présents.

Le président du Conseil de gestion adresse chaque année aux responsables des


institutions ou établissements fondateurs, un rapport d’activités.

Article 42. Le Conseil scientifique est l’organe consultatif de l’unité. Il est présidé
par le Directeur de l’unité.

Il regroupe les chercheurs, des représentants (préciser le nombre) du personnel


administratif, technique et de service et des représentants (préciser le nombre)
d’étudiants participant à l’unité à laquelle s’ajoutent des personnalités (préciser le
nombre) extérieures qualifiées.

Il a pour rôle d’examiner l’état d’avancement du programme scientifique et de


faire au besoin des recommandations sur l’orientation scientifique de l’unité. Il est
consulté sur toute mesure relative aux moyens, à l’organisation et au fonctionnement
de l’unité.

Il se réunit au moins (préciser le nombre) par an pour apprécier les activités de


l’unité. Il peut se réunir autant de fois qu’il est nécessaire sur convocation de son
président ou à la demande (préciser le nombre) de ses membres.

Il ne peut délibérer valablement qu’en présence de (préciser le nombre) au moins


de ses membres. A défaut du quorum, une deuxième réunion est tenue dans un délai
maximum de (préciser le nombre de jours), quel que soit le nombre des membres
présents.

Article 43. Le Directeur de l’unité est nommé par le responsable de l’institution


assurant la tutelle administrative de l’unité sur proposition du Conseil de gestion.
Le Directeur doit être un chercheur confirmé, ayant le grade de Professeur titulaire
ou Directeur de recherche.

Il coordonne l’ensemble des activités de l’unité et veille à leur bon déroulement. Il


met en œuvre les décisions du conseil de gestion et du Conseil scientifique.

Il présente chaque année au Conseil de gestion un rapport d’activités validé par le


Conseil scientifique.

Article 44. Les ressources humaines, matérielles et financières d’une unité mixte
proviennent des institutions ou établissements fondateurs. Ces moyens sont
additionnels des subventions de l’Etat et des financements que doivent mobiliser les
unités mixtes de recherche.

162
Article 45. L’unité mixte est soumise à une évaluation, d’abord en vue de sa
création, puis à mi-parcours et lors du renouvellement au terme de la période de
reconnaissance ou d’accréditation.

L’évaluation peut être réalisée sur demande de l’autorité de tutelle, chaque fois que
de besoin.

L’évaluation est faite par des experts externes nationaux ou internationaux. Elle
porte sur toutes les activités de l’unité.

Suite à cette évaluation, le ministre de tutelle peut renouveler ou dissoudre l’unité et


ce, après audition du Directeur de l’unité.

En cas de dissolution de l’unité, les équipements sont réaffectés par les institutions
fondatrices conformément à la convention de création de l’unité.

Article 46. La convention de création de l’unité mixte régit son fonctionnement.


TITRE III
Gestion du cycle de vie d’une équipe, d’un laboratoire, d’un centre et d’une
unité mixte de recherche

CHAPITRE PREMIER

Création d’une équipe, d’un laboratoire, d’un centre ou d’une unité mixte de
recherche

Article 47. La procédure de création d’une équipe, d’un laboratoire, d’un centre de
recherche et d’une unité mixte de recherche comprend les étapes suivantes :

- la concertation entre les institutions concernées pour l’établissement d’une


convention de partenariat (pour les unités mixtes) ;

- l’expression de la demande par le coordonnateur du projet ;

- la soumission de la demande au ministre de tutelle par l’institution tutelle ;

- l’évaluation de la demande par des experts externes indépendants ;

- la décision de création prise par le ministre de tutelle.

Article 48. Les dossiers de demande de création d’une équipe, d’un laboratoire, d’un
centre ou d’une unité mixte de recherche doivent comprendre les pièces suivantes :

163
- un plan d’action budgétisé ;

- un programme scientifique et financier ;

- avis circonstancier de l’institution tutelle ;

- le potentiel humain et matériel ;

- un règlement intérieur ;

- l’organisation de la structure de recherche ;

- les partenariats scientifiques, techniques et financiers nationaux et


internationaux ;

- un curriculum vitae de chaque chercheur ;

- une lettre d’engagement de chaque chercheur ;

- pour les unités mixtes, la convention de partenariat signée par les


établissements ou institutions fondateurs.

Article 49. Les critères d’évaluation des dossiers sont les suivants :

- la production scientifique de chaque chercheur ;

- la qualité scientifique et technique du programme scientifique (pertinence,


cohérence et faisabilité globale du programme, stratégies retenues pour
atteindre les objectifs fixés etc.) ;

- la qualité et la quantité des ressources humaines et matérielles disponibles


et leur adéquation avec la stratégie de recherche et le plan d’action ;

- la pertinence du budget prévisionnel ;

- la pertinence de l’organisation de l’unité mixte ;

- la pertinence des partenariats scientifiques et techniques nationaux et


internationaux ;

- l’implication dans le développement local, national ou régional (pertinence


socio-économique) ;

164
- l’implication dans la formation par la recherche.

Article 50. Les équipes, les laboratoires, les centres et les unités mixtes de recherche
sont reconnus, au moment de leur création, par le ministère de tutelle pour une durée
de (préciser la durée) ans renouvelable, après évaluation.

Chaque structure de recherche reconnue a un identifiant national et bénéficie de


subventions de l’Etat.

Pour les unités mixtes de recherche, leur création fait l’objet d’une convention entre
les établissements ou les institutions fondateurs.

CHAPITRE II

Prolongation ou restructuration d’une équipe, d’un laboratoire, d’un centre


ou d’une unité mixte de recherche

Article 51. Une équipe, un laboratoire, un centre de recherche ou une unité mixte de
recherche dont la période de reconnaissance est arrivée à terme peut être prolongé
(renouvelé à l’identique) après évaluation.

Article 52. Une équipe, un laboratoire, un centre de recherche ou une unité mixte de
recherche dont la période de reconnaissance ou d’accréditation est arrivée à terme
peut être restructuré par renouvellement, fusion, éclatement-fusion, intégration ou
séparation, après évaluation.

Article 53. La procédure de prolongation et de restructuration est identique à celle


relative à la création d’une équipe, d’un laboratoire, d’un centre ou d’une unité mixte
de recherche mentionnée à l’article 47 du présent (préciser décret ou arrêté).
Article 54. Les dossiers de demande de prolongation ou de restructuration d’une
équipe, d’un laboratoire, d’un centre de recherche ou d’une unité mixte de recherche
doivent comprendre les pièces suivantes :

- le rapport d’activités et financier pour la période écoulée ;

- les financements mobilisés durant la période écoulée ;

- le plan d’action budgétisé pour la nouvelle période ;

- le nouveau programme scientifique et financier ;

165
- avis circonstancié de l’institution tutelle ;

- pour les unités mixtes, la convention de partenariat signée par les


établissements ou institutions fondateurs ;

- le potentiel humain et matériel ;

- un règlement intérieur ;

- les partenariats scientifiques, techniques et financiers nationaux et


internationaux ;

- un curriculum vitae de chaque chercheur ;

- une lettre d’engagement de chaque chercheur ;

- pour une demande restructuration, le descriptif et la justification de la


nouvelle organisation de la structure de recherche .

Article 55. Les critères d’évaluation des dossiers sont les suivants :

- la production scientifique de chaque chercheur ;

- les impacts socio-économiques des résultats de recherche ;

- les retombées des résultats de recherche sur les programmes d’enseignement ;

- le niveau d’atteinte des objectifs scientifiques fixés pour la période écoulée ;

- les interactions avec l’environnement socio-économique ;

- l’implication dans la formation par la recherche ;

- le pilotage, l’animation scientifique et l’organisation de la vie scientifique


et matérielle ;

- la qualité scientifique et technique du projet de prolongation (évolutions


proposées, stratégies retenues pour atteindre les objectifs fixés, pertinence,
cohérence et faisabilité globale du projet etc.) ;

- la qualité et le nombre des ressources humaines et matérielles disponibles


et leur adéquation avec la stratégie de recherche et le plan d’action ;

166
- la pertinence du budget prévisionnel ;

- la pertinence des partenariats scientifiques et techniques nationaux et


internationaux ;

- Pour une demande de restructuration, la pertinence de la nouvelle


organisation de la structure.

Article 56. Les équipes, les laboratoires, les centres et les unités mixtes de recherche
sont prolongés ou restructurés pour une durée de (préciser la durée) ans renouvelable
après évaluation.

CHAPITRE III

Fermeture

Article 57. Une équipe, un laboratoire, un centre de recherche ou une unité de


recherche peut être fermé(e) si l’évaluation le recommande.

La décision de fermeture est prise par arrêté du ministre de tutelle après avis du
responsable de l’institution tutelle et sur la base du rapport d’experts évaluateurs.

Article 58. Si, avant le terme prévu de la période de reconnaissance ou d’accréditation,


pour des raisons sérieuses et dûment motivées, il apparait contraire à l’intérêt de la
recherche de maintenir une équipe, un laboratoire, un centre ou une unité mixte de
recherche qui n’a plus lieu d’être, sa dissolution peut être envisagée en vertu du
principe général de l’intérêt du service.

La décision de fermeture est prise par arrêté du ministre de tutelle, après avis
du responsable de l’institution tutelle et sur la base des documents produits par
l’institution tutelle motivant la fermeture de la structure de recherche.

Article 61. En cas de fermeture, le personnel et les équipements sont réaffectés par
le responsable de l’institution tutelle.

TITRE IV
Disposition finale

Article 62. Les (préciser les personnalités de l’application du texte) sont chargés de
l’exécution du présent (préciser décret ou arrêté) qui sera publié au Journal Officiel
et partout où besoin sera.
Fait à…………………………………le…………………………….

167
168
ANNEXE 2

GLOSSAIRE

Accréditation d’une struc- Procédure par laquelle l’Etat ou un organisme


ture de recherche indépendant habilité reconnaît la qualité d’une
structure de recherche. C’est un jugement sur
la conformité de la structure de recherche à un
référentiel de critères établi par l’Etat ou par
l’organisme indépendant habilité.
Assurance qualité Terme générique référant à un processus
d’évaluation continue de la qualité d’une
institution, d’un programme, d’un système
d’enseignement ou de recherche.
Elle a deux objectifs : contrôler la qualité et aider
à s’améliorer.

Auto-évaluation Démarche d’évaluation consistant pour une


structure de recherche évaluée à réaliser elle-
même sur ses activités passées, présentes et à
venir, un travail d’analyse susceptible de favoriser
son bon fonctionnement, son développement et
son rayonnement. A partir de ce travail d’auto-
évaluation, une évaluation externe, indépendante,
collégiale et transparente, est effectuée par des
experts appartenant à la même communauté
scientifique que celle de la structure évaluée.

Bibliométrie Étude par dénombrements et par statistiques des


publications scientifiques à des fins de description
et d’analyse principalement quantitatives.

Brevet Les brevets sont des outils économiques conférant


à leur propriétaire, avec un degré de protection
élevé, un droit exclusif temporaire d’exploitation
de l’invention brevetée (droit qui peut alors être
concédé par licence).

CAMES Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement


Supérieur

169
Equivalent temps plein re- Il est défini par le nombre d’heures de travail réel-
cherche lement consacrées à la recherche au cours d’une
période de référence donnée (habituellement une
année civile) rapporté au nombre total d’heures
qu’une personne ou un groupe de personnes est
censé travailler au cours de la même période.
Innovation Au sens large, l’innovation est un processus créatif
de transformation scientifique ou technologique
qui a pour effet la modification partielle d’un
état préalable des connaissances ou la rupture
avec cet état. Cette transformation aboutit à une
conception nouvelle pouvant concerner un cadre
théorique, une méthodologie, un processus, une
technique, un produit, etc. L’innovation induit
fréquemment un changement de comportement
des individus, et se trouve associée à des valeurs
liées à la performance, à l’amélioration ou à la
simplification d’une activité ou d’un ensemble
d’activités. Dans le domaine industriel, le terme
innovation désigne plus précisément l’utilisation
des transformations opérées sur un processus, une
technique, ou un produit. En ce sens, l’innovation
est souvent associée à la notion d’efficience (par
exemple, un avantage compétitif résultant de ce
processus de transformation).
Institution d’enseigne- Université, école supérieure.
ment supérieur

Inventeur Toute personne, chercheur, ingénieur ou technicien


ayant pris part à la réalisation d’un procédé ou
d’un produit innovant.
NEPAD Nouveau Partenariat pour le développement de
l’Afrique.
ONG Organisation Non Gouvernementale.

Opérateurs de recherche Institutions d’enseignement supérieur et


organismes de recherche.

PIB Produit Intérieur Brut.

170
Pilotage Processus qui permet aux acteurs de suivre au jour
le jour un projet, un programme ou une politique
et d’adapter sa mise en œuvre dès qu’apparaissent
des difficultés ou des modifications qui proviennent
de son environnement.

Le pilotage nécessite l’existence d’une équipe


et d’une politique formelle de collecte, de
sécurisation, de traitement, d’analyse et
d’exploitation des informations. Les informations
doivent être présentées sous une forme facilitant la
prise de décision (tableau de bord).

Programmes de recherche Ensemble de projets de recherche complémentaires.


La complémentarité peut être thématique,
disciplinaire, structurelle, ou financière. Un
programme est rattaché à des thématiques de
recherche. Il peut être contractualisé ou non, être
mené ou non en partenariat avec d’autres structures
de recherche.

Projet de recherche Ensemble d’activités coordonnées, menées par au


moins un des membres d’une structure de recherche
en collaboration ou non avec une personne morale
autour d’un sujet défini, formalisé, dans le but
notamment de produire de la connaissance.

Un projet de recherche peut être contractuel ou


non. Il peut être financé dans le cadre d’un appel
à projets.

171
Propriété intellectuelle Ensemble des droits exclusifs accordés sur des
créations intellectuelles. Elle comporte deux
branches : la propriété littéraire et artistique, qui
s’applique aux œuvres de l’esprit, est composée du
droit d’auteur et des droits voisins ; la propriété
industrielle, qui regroupe elle-même, d’une
part, les créations utilitaires, comme le brevet
d’invention et le certificat d’obtention végétale ou
au contraire un droit de protection sui generis des
obtentions végétales, et, d’autre part, les signes
distinctifs, notamment la marque commerciale, le
nom de domaine et l’appellation d’origine.

Elle comprend un droit moral, attaché à la personne


de l’auteur de l’œuvre de manière perpétuelle,
inaliénable et imprescriptible.

Recherche appliquée Recherche visant à la mise en œuvre pratique des


connaissances exploitant les avancées scientifiques
et technologiques afin de progresser dans un
secteur d’activité donné.

Elle se nourrit des résultats de la recherche


fondamentale et en retour, elle l’alimente en
techniques, méthodes, concepts et, bien souvent,
en questions. Les interactions entre ces deux
facettes de la recherche doivent donc être traitées
avec le plus grand soin.
Recherche clinique Recherche visant à expérimenter de nouveaux
traitements ou de nouvelles techniques.

Recherche-développement Recherche englobant l’ensemble des activités


entreprises en vue d’accroître la somme des
connaissances ainsi que l’utilisation de cette
somme de connaissances pour de nouvelles
applications.

Les entreprises mènent des activités de recherche-


développement afin d’améliorer leurs capacités de
production et la qualité de leur production ou de
créer de nouveaux biens et services.

172
Recherche fondamentale Recherche consistant en des travaux expérimen-
taux ou théoriques entrepris en vue d’acquérir de
nouvelles connaissances sur les fondements des
phénomènes et des faits observables, sans envisa-
ger une application ou une utilisation particulière.
Recherche finalisée Recherche orientée vers des questions scientifiques
et technologiques associées à des enjeux socio-
économiques relatifs à des secteurs particuliers
(énergie, l’environnement, l’information, la santé,
l’agriculture, etc.). Elle a pour vocation non
seulement de faire progresser la connaissance, mais
aussi d’aboutir à des résultats et des innovations
applicables au secteur visé et susceptibles d’avoir
une incidence sur le fonctionnement de la société.
Elle associe recherches appliquée et fondamentale.
Recherche partenariale Projets ou d’activités qui donnent lieu à un contrat
ou à une convention avec un partenaire socio-
économique (agence, collectivité, entreprise etc.).
Cette activité peut être à l’initiative de la structure
de recherche puis avoir ensuite fait l’objet d’une
contractualisation avec un tiers ou bien être lancée
à l’occasion d’un appel à projets d’un organisme
financeur.
Recherche technologique Recherche ayant pour objectif d’accroître les
connaissances en s’appuyant sur des disciplines
scientifiques variées, afin de proposer de nou-
velles approches conceptuelles et systémiques, des
méthodes, des procédés, des logiciels, des instru-
ments, des outils, et plus généralement créer des
objets de toutes natures.

Recherche en prise directe avec la société,


notamment le monde économique et industriel.
Recherche translation- Recherche, dans le domaine de la médecine,
nelle consistant à transférer les innovations scientifiques
de la recherche fondamentale vers la recherche
clinique.
Reconnaissance d’une Fait d’admettre la légalité et la légitimité d’une
structure de recherche structure de recherche. Elle procède d’une
évaluation de l’organisation, du fonctionnement,
des activités et des performances de la structure.

173
Structure opérationnelle Structure dont la vocation est de réunir des
de recherche moyens financiers, matériels et personnels pour
la réalisation d’un programme de recherche
scientifique dans le cadre des missions statutaires
d’une institution. Elle peut être : un groupe, une
équipe, une unité, un laboratoire, un centre de
recherche etc.

UFR  Unité de formation et de recherche.

UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’Education,


la Science et la Culture.

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UNION AFRICAINE/ NATIONS UNIES/ CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL


/COMMISSION ÉCONOMIQUE POUR L’AFRIQUE (2014). Innovations et
transfert de technologie au service du renforcement de la productivité et de la
compétitivité en Afrique. Document de travail, 7ème réunion annuelle conjointe
de la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du
développement économique de la Commission économique pour l’Afrique et de la
Conférence des ministres de l’économie et des finances de l’Union africaine, 20p.
[Link]
com2014-innovation_and_technlogy_transfer_for_enhanced_productivity_and_
connectiveness_in_africa-[Link]

UNIVERSITY OF CAPE TOWN (2013). Guidelines for accredited research


groupings.

180
[Link]
WAAST, R. (2002). L’Etat des sciences en Afrique. Vue d’ensemble. Ministère
Français des Affaires Etrangères, 67p
WORLD BANK & ELSEVIER (2014). A decade of development in sub-saharan
african science, technology, engineering & mathematics research. A REPORT BY
THE WORLD BANK AND ELSEVIER, 74p

181
REMERCIEMENTS

Nous remercions vivement les personnalités ci-dessous qui ont


contribué à la relecture et à l’enrichissement de ce guide :

· Pr Jean-Paul de GAUDEMAR, Recteur de l’AUF


· Pr Jemaiel Ben BRAHIM, Directeur Régional Afrique de
l’Ouest de l’AUF
· Pr Jean Maurille OUAMBA, membre du Conseil Scientifique
de l’AUF
· Pr Annick SUZOR-WEINER, Professeur émérite à l’Université
d’ORSAY (France)
· Pr Boureima AMADOU, membre de la Commission Régionale
des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Niger)
· Pr Ahmadou Oury Koré BAH, membre de la Commission
Régionale des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Guinée)
· Pr Abdarahmane DIA, membre de la Commission Régionale
des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Sénégal)
· Pr Aïssatou Bela Taran DIALLO, membre de la Commission
Régionale des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Guinée)
· Pr Ouaténi DIALLO, membre de la Commission Régionale
des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Mali)
· Pr Adolé Isabelle GLITHO, Présidente de la Commission
Régionale des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Togo)
· Pr Harouna KARAMBIRI, membre de la Commission
Régionale des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest
(Burkina Faso)
· Pr Kouami KOKOU, membre de la Commission Régionale
des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Togo)
· Pr Virginie KONANDRI AFFOUE, membre de la Commission
Régionale des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Côte
d’Ivoire)
· Pr Sid Ahmed MOGUEYA, membre de la Commission
Régionale des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest
(Mauritanie)

182
· Pr Isaac Yankhoba NDIAYE, membre de la Commission
Régionale des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest
(Sénégal)
· Pr Ambaliou SANNI, membre de la Commission Régionale
des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Bénin)
· Pr Ramatou SIDIKOU DJERMAKOYE SEYNI, membre de
la Commission Régionale des Experts de l’AUF en Afrique de
l’Ouest (Niger)
· Pr Gnanderman SIRPE, membre de la Commission Régionale
des Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Burkina Faso)
· Pr Oumar SOCK, membre de la Commission Régionale des
Experts de l’AUF en Afrique de l’Ouest (Sénégal)

183
Guide pour l’organisation de la recherche
scientifique en Afrique de l’Ouest

Les objectifs de cet ouvrage se déclinent ainsi qu’il suit :

• Mettre en lumière quelques notions clés relatives à la recherche dont la connaissance est
nécessaire pour l’organisation de la recherche dans les institutions d’enseignement
supérieur et organismes de recherche.

• Proposer des pistes pour la définition d’une politique nationale de recherche et


d’innovation car l’organisation de la recherche et de l’innovation est sous-entendue, en
amont, par la politique de recherche et d’innovation définie par le pays.

• Fournir quelques modèles de gouvernance du système de recherche et d’innovation dans


le monde francophone et anglophone destinés à informer les acteurs de la recherche et
de l’innovation de l’Afrique de l’Ouest francophone. Les pays pris en exemple sont : la
France, la Tunisie, le Maroc, l’Afrique du Sud et les Etats-Unis.

• Proposer des normes (typologie, taille et composante) pour l’organisation des structures
de recherche dans les institutions d’enseignement supérieur et les organismes de
recherche car à cause de l’absence de normes, les structures de recherche en Afrique de
l’Ouest francophone sont souvent informelles, peu structurées, souvent artificielles et de
taille très variable.

• Proposer une démarche pour la gestion du cycle de vie des structures de recherche dans
les institutions d’enseignement supérieur et les organismes de recherche (création,
prolongation ou renouvellement à l’identique, restructuration par renouvellement,
fusion, éclatement-fusion, intégration ou séparation et fermeture).

• Proposer un modèle de texte règlementaire fixant les normes d’organisation, de


fonctionnement et de gestion du cycle de vie des structures de recherche applicables aux
institutions d’enseignement supérieur.

Les auteurs :

Pr Bhen Sikina TOGUEBAYE, Université Cheikh Anta DIOP, Dakar, Sénégal


Pr Sylvie HOUNZANGBE-ADOTE, Université d’Abomey-Calavi, Cotonou, Bénin

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