0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
83 vues26 pages

Rimbaud : L'ironie de l'adolescence

Ce poème décrit les sentiments amoureux d'un jeune homme de 17 ans. Il est divisé en quatre parties qui évoquent son départ vers la nature, les émotions qu'il ressent, son amour naissant de manière romantique et éphémère. Le poème mêle récit romanesque, humour et auto-dérision.

Transféré par

eliesaade2562
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
83 vues26 pages

Rimbaud : L'ironie de l'adolescence

Ce poème décrit les sentiments amoureux d'un jeune homme de 17 ans. Il est divisé en quatre parties qui évoquent son départ vers la nature, les émotions qu'il ressent, son amour naissant de manière romantique et éphémère. Le poème mêle récit romanesque, humour et auto-dérision.

Transféré par

eliesaade2562
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Auteur : Arthur Rimbaud

Date : 1891

ROMAN
Recueil : Cahiers de Douai

Mouvement littéraire :
Symbolisme

Parcours : émancipation
créatrice
INTRODUCTION
◦ En juillet 1870, en pleine guerre entre la Prusse et la France, le jeune poète Arthur
Rimbaud fugue. A tout juste 17 ans, il quitte sa ville natale pour entrer dans une
période d’errance et de révolte, à l’origine de nombreux poèmes qui le rendront
célèbres. On retrouve cette liberté nouvelle dans ses premiers essais poétiques et
notamment dans le poème Roman, qui est une ode à la simplicité et à la
désinvolture de l’adolescence, perçue dans l’auto-dérision du poète vis-à-vis de ses
propres expériences amoureuses.
◦ Dans ce poème, Rimbaud va notamment développer une poésie moderne qui va
emprunter certains codes du récit, comme souligné par le titre. Ce poème est
donc adapté au parcours « émancipation créatrice » auquel il est associé.

C2 – Usage restreint
I. III.
On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. Le cœur fou robinsonne à travers les romans,
– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, – Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
– On va sous les tilleuls verts de la promenade. Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ; Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin – Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
A des parfums de vigne et des parfums de bière… – Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…
II. IV.
– Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
D’azur sombre, encadré d’une petite branche, Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
Avec de doux frissons, petite et toute blanche… – Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser. – Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
La sève est du champagne et vous monte à la tête… Vous demandez des bocks ou de la limonade…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser – On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Qui palpite là, comme une petite bête… Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.

C2 – Usage restreint
PROBLEMATIQUE PARTIES
Ce poème est divisé en 4 « chapitres » en lien avec
le titre « Roman ». Le plan suit ces parties.
Comment ce poème
1. Un départ vers la nature
mêle-t-il le
2. Des émotions rapportées
romanesque à avec ironie
l’humour et l’auto- 3. Un amour romanesque
dérision ? 4. Une passion de courte
durée

C2 – Usage restreint
→ fait penser au genre littéraire « romantique » :
laisse donc penser que le courant romantique est
l’objet du poème

ROMAN
Paradoxe
+ Numérotation des strophes → le lecteur s’apprête à lire un poème qui porte le
→ renforce l’idée d’une progression narrative nom d’un autre genre littéraire
(chapitres dans les romans) → cela montre dès le titre que Rimbaud remet en
→ donne l’impression d’un récit complet et question les conventions littéraires, en brouillant
structuré malgré la brièveté des phrases les règles traditionnelles

C2 – Usage restreint
PARTIE 1
Un depart vers un cadre paisible : la nature

C2 – Usage restreint
Pronom indéfini
→ généralisation
Diérèse → implication du poète, même si l’expérience
→ met l’accent sur le mot « sérieux) » décrite est universelle
→ englobe tous les gens de 17 ans

ON N’EST PAS SÉRIEUX, QUAND ON A DIX-


SEPT ANS.
UN BEAU SOIR, FOIN DES BOCKS ET DE LA
LIMONADE,
→ renforce le côté enfantin du protagoniste : il ne
Cadre spatio-temporel de l’histoire (+ « sous les boit pas encore d’alcool
tilleuls verts »)
→ plante le décor du récit (rappelle le roman)

C2 – Usage restreint
Atmosphère chargée
→ trop de bruit, trop de lumière

DES CAFÉS TAPAGEURS AUX LUSTRES


ÉCLATANTS !
ON VA SOUS LES TILLEULS VERTS DE LA
PROMENADE.
Champ lexical de la nature
→ le calme et la solitude dans la nature contraste
avec le caractère agressif de l’espace urbain
précédemment évoqué

C2 – Usage restreint
« soirs » + « doux » Répétition d’un adjectif mélioratif
→ les lumières et le bruit laissent place à un → associé aux nouvelles sensations : rend l’expérience
environnement complètement opposé (plus agréable
calme et sombre)

LES TILLEULS SENTENT BON DANS LES BONS


SOIRS DE JUIN !
L’AIR EST PARFOIS SI DOUX, QU’ON FERME
LA PAUPIÈRE ;
Synesthésie (+ « parfums »)
→ odorat et toucher : éveil des sens dans ce nouvel environnement, les
perceptions s’adoucissent
→ « on ferme la paupière » : ces nouvelles sensations remplacent la vue

C2 – Usage restreint
Litote
→ sous-entend que l’endroit est écarté des espaces urbains
→ renforce le calme de la nature

LE VENT CHARGÉ DE BRUITS – LA VILLE


N’EST PAS LOIN
A DES PARFUMS DE VIGNE ET DES PARFUMS
DE BIÈRE…

Champ lexical de l’alcool


→ montre l’ivresse du protagoniste (ivre d’amour ou d’alcool ?)
→ les « vignes » s’opposent aux « bocks » ce qui montre que la nature offre une
autre sorte d’ivresse que la ville

C2 – Usage restreint
PARTIE 2
Des émotions fortes rapportées avec ironie

C2 – Usage restreint
– VOILÀ QU’ON APERÇOIT UN TOUT PETIT
CHIFFON
D’AZUR SOMBRE, ENCADRÉ D’UNE PETITE
BRANCHE,
Métaphore
→ désigne le ciel de manière
Répétition de l’adjectif « petit » (4x)
dépréciative
→ donne un caractère dérisoire à l’amour
→ déprécie encore la beauté de la nuit
→ contraste avec le grandiose du mouvement
romantique

C2 – Usage restreint
Champ lexical de la nuit (+ « azur sombre », « nuit de juin »)
→ la nuit est le théâtre du sentiment amoureux et met en valeur
l’amour
→ néanmoins, « l’étoile », sensée être un guide, est qualifiée de
« mauvaise » ce qui laisse entendre que c’est un mauvais présage

PIQUÉ D’UNE MAUVAISE ÉTOILE, QUI SE


FOND
AVEC DE DOUX FRISSONS, PETITE ET TOUTE
BLANCHE…

C2 – Usage restreint
Exclamations
→ rappelle le lyrisme
→ renforce l’enthousiasme d’un adolescent fougueux
Verbe pronominal « se laisser » Rupture de la régularité de l’alexandrain
→ le poète tente d’excuser l’adolescent en
généralisant son cas avec le pronom « on »

NUIT DE JUIN ! DIX-SEPT ANS ! – ON SE


LAISSE GRISER.
LA SÈVE EST DU CHAMPAGNE ET VOUS
MONTE À LA TÊTE…
Métaphore Passage de « on » à « vous »
→ la sève désigne le sang : son sang se transforme en alcool → lien plus fort entre le poète et le lecteur
→ renforce l’ivresse du personnage (+ « griser », « divaguer ») → plus d’identification, on partage plus le
point de vue de l’adolescent

C2 – Usage restreint
Verbe « divaguer » associé au champ lexical
de la sensualité
→ ridiculisation de l’adolescent

ON DIVAGUE ; ON SE SENT AUX LÈVRES


UN BAISER
QUI PALPITE LÀ, COMME UNE PETITE
BÊTE…

Rappelle le mot « bêtise »


→ Rimbaud se moque ouvertement

C2 – Usage restreint
PARTIE 3
Un amour romanesque

C2 – Usage restreint
Métonymie (« le cœur fou » = le protagoniste) Néologisme
→ révèle la folie du personnage, qui ne distingue plus la → émancipation de la langue française
réalité de ses lectures → référence au roman Robinson Crusoé de Daniel Defoe
→ référence à l’expression « se faire tout un roman » (ici, → signifie « vagabonder »
de ses sentiments)

LE CŒUR FOU ROBINSONNE À TRAVERS LES


ROMANS,
– LORSQUE, DANS LA CLARTÉ D’UN PÂLE
RÉVERBÈRE,
→ lien logique qui montre qu’un moment
important va se dérouler : l’apparition de la
« demoiselle ».
→ fait écho aux codes du roman

C2 – Usage restreint
→ sous-entend qu’elle n’est que de
passage, tout comme cette histoire → fille d’autant plus désirable qu’elle n’est pas
d’amour accessible(on désire toujours plus ce qu’on ne
peut s’offrir)

PASSE UNE DEMOISELLE AUX PETITS


AIRS CHARMANTS,
SOUS L’OMBRE DU FAUX COL
EFFRAYANT DE SON PÈRE…

Hypallage (attribuer un adjectif à un autre mot que


celui auquel il devrait être rattaché → ici, le père)
→ frayeur causée par un accessoire, qch de faux

C2 – Usage restreint
→ traduit le jugement porté sur le poète
→ souligne l’échange de regard (très romanesque)
Mise en valeur du roman
→ aperçu du point de vue de la jeune fille comme le ferait un narrateur omniscient

ET, COMME ELLE VOUS TROUVE


IMMENSÉMENT NAÏF,
TOUT EN FAISANT TROTTER SES
PETITES BOTTINES,
Allitération en T
→ imite le bruit des petits pas (un certain comique)

C2 – Usage restreint
Aposiopèse (interruption brusque sans poursuivre le récit,
traduit un certain suspense)
→ on se demande ce qu’il s’est passé, laisse libre-cours à
l’imagination des lecteurs.

ELLE SE TOURNE, ALERTE ET D’UN


MOUVEMENT VIF…
– SUR VOS LÈVRES ALORS MEURENT LES
CAVATINES…

C2 – Usage restreint
PARTIE 4
Une passion de courte durée

C2 – Usage restreint
Ellipse temporelle (des « bons soirs de
Anaphore juin » au « mois d’août »)
→ caractère obsessionnel → cette histoire n’aura duré que 2 ou 3 mois
→ met en valeur l’engouement de l’adolescent

VOUS ÊTES AMOUREUX. LOUÉ JUSQU’AU


MOIS D’AOÛT.
VOUS ÊTES AMOUREUX. – VOS SONNETS
LA FONT RIRE.
Majuscule à « La »
→ rire ambigu : serait-ce de la moquerie ?
→ la demoiselle est idéalisée

C2 – Usage restreint
Condescendance
→ souligne le caractère moqueur
→ sous-entend qu’elle ne s’en préoccupe pas
vraiment

TOUS VOS AMIS S’EN VONT, VOUS ÊTES


MAUVAIS GOÛT.
– PUIS L’ADORÉE, UN SOIR, A DAIGNÉ
VOUS ÉCRIRE !…
Hyperbole Points de suspension
→ ironie : on ne voit qu’elle → montre son chagrin lorsque
Point d’exclamation qu’il s’aperçoit que c’est en fait
→ souligne l’enthousiasme du jeune une lettre de rupture
homme vis-à-vis de cette lettre Ironie

C2 – Usage restreint
Répétition des termes du premier chapitre
→ retour à la case départ
Préfixe de « rentrer »
→ ramène bel et bien au début du poème

– CE SOIR-LÀ…, – VOUS RENTREZ AUX


CAFÉS ÉCLATANTS,
VOUS DEMANDEZ DES BOCKS OU DE LA
LIMONADE…

C2 – Usage restreint
2 interprétations possible :
→ il ne fait pas les choses sérieusement ?
OU
→ il n’est pas pris au sérieux par les femmes ?

– ON N’EST PAS SÉRIEUX, QUAND ON A


DIX-SEPT ANS
ET QU’ON A DES TILLEULS VERTS SUR
LA PROMENADE.
Morale
→ il en a tiré une leçon

C2 – Usage restreint
CONCLUSION
◦ Dans ce poème, Arthur Rimbaud nous conte donc une aventure d’adolescent, une
expérience universelle dans laquelle le cadre naturel conduit à l’éveil des sens et à
l’ivresse amoureuse. Il garde néanmoins une certaine distance ironique en se
moquant du romantisme mais aussi de lui-même. Là où une rupture devrait le
rendre triste, il préfère repartir de zéro recherche une nouvelle amourette. De
plus, il choisit d’emprunter au roman quelques-unes de ses caractéristiques créant
ainsi un poème à la croisée de 2 genres littéraires, ce qui souligne son
affranchissement de la poésie, et inscrit Roman dans le parcours « émancipations
créatrices ».
◦ Néanmoins, Rimbaud ne compose pas qu’un seul poème sur le thème de l’amour.
En effet, dans son recueil Cahiers de Douai, ce thème est très récurrent,
notamment dans Première Soirée, Sensation ou Rêvée pour l’Hiver.

C2 – Usage restreint

Vous aimerez peut-être aussi