Cours 5:
INTERACTION SOUTÈNEMENT – TERRAIN
MÉTHODE CONVERGENCE-CONFINEMENT
Domaines d’application :
Essentiellement utilisée dans le cadre d’un prédimensionnement des soutènements.
Les hypothèses de base, rarement toutes vérifiées dans la réalité ; le cas idéal étant
celui du tunnel circulaire profond en milieu isotrope.
Néanmoins l’approche est valable pour obtenir des "ordres de grandeurs" d’épaisseur de
soutènement dans les cas suivants :
Le massif de terrain : homogène, isotrope et continu à l’échelle de l’ouvrage.
Le dimensionnement concerne une section courante du tunnel: simplifier le
problème tridimensionnel en un problème bidimensionnel, il faut que de part et
d’autre de la section étudiée, le terrain soit identique sur un tronçon de quelques
dizaines de mètres.
La profondeur de l’ouvrage doit être au minimum égale à 4 fois le diamètre du
tunnel. Les conditions de creusement doivent être identiques sur un linéaire
d’au moins 1 diamètre en avant et 2 diamètres en arrière de la section étudiée.
La géométrie du tunnel est supposée circulaire dans la méthode.
La méthode convergence-confinement
méthode ou concept ?
Née suite au succès de la Nouvelle Méthode Autrichienne (1970).
Sa conceptualisation complète remonte au tout début des années 1980.
NATM : méthode de soutènement légère (boulons et béton projeté)
faisant participer le terrain directement, de la conception à la
réalisation.
Méthode analytique: formules explicites (voir Panet 1995).
La convergence: irrémédiable dès que l’on vient excaver une cavité, c’est
un déplacement. C’est exactement la somme des déplacements en
paroi de deux points diamétralement opposés du terrain.
Le confinement est la pression radiale qui s’applique sur le pourtour de
l’excavation, en présence d’un soutènement. Il constitue en quelque
sorte le chargement du soutènement.
(Grenoble; France)
Logiciel Examine 2D
(RocScience)
Résultat d’une
modélisation par
éléments finis d’un
tunnel -élastique en
déformation plane-
Déplacements des parois lors du creusement
1+ n
Solution de Kirsch : u = R s0
E
Convergence des parois Les déplacements centripètes commencent
Extrusion du front de taille en avant du front de taille.
Soulèvement du radier Source : Hoek (2007)
Le calcul Convergence - Confinement a pour but principal d'étudier le
comportement d'un ouvrage souterrain et de dimensionner en première
approche son soutènement ou son revêtement (développée par M.
PANET dans son ouvrage "Le calcul des tunnels par la méthode
Convergence - Confinement" (Presses de l'ENPC, 1995))
La modélisation d'un tunnel doit prendre en compte deux éléments
essentiels :
• Il s'agit d'un problème tridimensionnel en raison de la présence du
front de taille.
• Il s'agit d'un problème d'interaction pour lequel le couplage entre le
terrain et les structures de soutènement est important.
On parle aussi de déconfinement, mais pour le terrain. Il s’agit de la
décompression causée par l’excavation du tunnel. Ce déconfinement
s’amorce bien en avant du front (à une distance d’un diamètre environ).
Hypothèses :
L’hypothèse forte est la considération bidimensionnelle du problème:
– Hypothèse des déformations planes ;
– Hypothèse d’isotropie des contraintes initiales (Ko = (σh/σv)=1),
+ isotropie du massif (homogène);
– La cavité étudiée a une forme cylindrique.
L’état initial est défini par l’état de contrainte isotrope.
z: est la hauteur de couverture
g: le poids volumique des terrains sus-jacents (2700kg/m3).
La contrainte initiale dans le massif est donc :σo = γz
Les contraintes in situ
Source: ZHAO
On parle aussi de déconfinement, mais pour le terrain. Il s’agit de la
décompression causée par l’excavation du tunnel. Ce déconfinement
s’amorce bien en avant du front (à une distance d’un diamètre environ).
D’un état tridimensionnel (réel) à un état de déformation plane (dans
une section éloignée du front), on introduit une pression fictive en paroi
Pi.
Cette pression, uniformément répartie sur le pourtour de l’excavation, a
une valeur qui décroît avec l’éloignement au front. Pi varie ainsi de σo à
0, de l’état de contrainte initial à l’état entièrement déconfiné.
L’évolution de Pi est donc gouvernée par la distance x, qui permet de se
situer par rapport au front de taille (où x = 0):
Pi= (1 −λ(x)) σo
λ(x) : taux de déconfinement, caractérise l’état du massif à l’endroit x
considéré. Il varie de 0 (état initial, en avant du front de taille) à 1 (état
complètement déconfiné, loin en arrière du front).
Influence du front de taille :
pression fictive pi
La méthode convergence
u
confinement permet de se x 0
ramener à un calcul
bidimensionnel en déformation
plane dans un plan perpendiculaire
à l'axe du tunnel, en supposant que
tout se passe comme si la
convergence était due à la
diminution d'une pression de
soutènement fictive avec
l'éloignement du front de taille.
Solution de Kirsch :
1+ n 1+ n
u= R
E
s0 u= R
E
(s 0
- pi ) u=0
pi = 0 0 < pi < s 0 pi = s 0
Influence du front de taille : taux de déconfinement
Arrière Avant
pi ( x ) = éë1- l( x ) ùûs 0
pi = 0 0 < pi < s 0 pi = s 0
en arrière du front en avant du front
Terrain Terrain Terrain
Totalement déconfiné partiellement déconfiné non déconfiné
é æ 0.75 R ö 2 ù
Exemple de taux de déconfinement empirique (PANET) : l ( x ) = 0.25 + 0.75 ê1- ç ÷ ú
ê è 0.75 R + x ø ú
Sous l’influence du front de taille et de la roche non excavée, le déplacement radial maximal Umax
Est atteint à une certaine distance du front. Le résultat des mesures expérimentales situent cette
Distance à 1,53 x 2ri .
Front de taille
Direction d’excavation
Panet (1995):
Taux de déconfinement
Front de taille
x: distance au front
Direction d’excavatio
Hoek (1999):
le
Les déplacements élastiques
G=
R: rayon de l’ouvrage circulaire
(de convergence)
Les déplacements dans la zone plastique (pour le critère de
Mohr-Coulomb)
Avec: Pour tracer la courbe il faut
calculer la pression Pic
d’apparition de la plasticité
Pour calculer le déplacement maximal du terrain uinf : on utilise les formules en prenant Pi= 0
Courbe de convergence est la courbe donnant la valeur du déplacement
en paroi u en fonction de la pression fictive Pi, et en l’absence de
soutènement. Courbe paramétrique Pi=f(x).
On distingue généralement deux phases successives :
– la phase linéaire ou élastique ;de u = 0 à u = uic. Le terrain se déconfine
progressivement de manière linéaire. Par prolongement de la droite sur l’axe des
abscisses, on obtient le pseudo-déplacement élastique ue.
– la, phase non-linéaire ; de u = uic à uinf correspondant à un comportement plastique,
Le terrain en paroi passe dans un état de déformations irréversibles. Il y a rupture par
excès de compression, par écrasement.
Courbe de confinement: caractérise le comportement du soutènement
sous son chargement.
Le chargement considéré est purement radial, il s’agit d’une pression appliquée sur tout
le pourtour extérieur de la structure. Le calcul du déplacement radial us en fonction de la
pression appliquée Ps permet de tracer la courbe de confinement . On distingue
également deux phases dans les modèles classiques :
– Une phase élastique, de us = 0 à us = umax. Le soutènement se comporte linéairement.
– Une phase plastique, après umax. Cette zone correspond à la rupture du soutènement,
elle est donc interdite.
pi ps
s0 R
u= ps
pma x k
( )
u = f pi
pic
k : rigidité du
soutènement
uic ue u¥ umax
Courbe de convergence Courbe de confinement
Assemblage
(u - u )
d
R
= ps
k
peq ud : convergence à
la mise en place
du soutènement
λd = λ(x=d) ud ueq
Source : CETU
Optimisation du soutènement
Avec les deux courbes, on va pouvoir les coupler pour étudier l’interaction
roche-structure. Comment ?
Le couplage va nécessiter l’introduction d’un nouveau paramètre : le déplacement à la
pose du soutènement. En effet, le soutènement n’est pas posé immédiatement au
front de taille. Il est posé à quelques mètres en arrière, alors que le terrain s’est déjà
partiellement déconfiné. On ajoute ainsi un paramètre ud, qui est stricto-sensu le
déplacement en paroi à la pose du soutènement. Ud est bien entendu étroitement lié
à λd = λ(x=d), taux de déconfinement à la pose.
En jouant sur chacun des paramètres du problème, on optimise le
soutènement : pas ou peu de plasticité pour le terrain, et chargement à
70 ou 80 % de la rupture pour le soutènement.
Exemple: paramètre ud: un soutènement placé trop près du front de taille sera chargé
prématurément et arrivera donc plus rapidement à la rupture. A l’opposé, un
soutènement placé trop loin du front n’aura aucun effet, car le terrain se sera déjà
presque entièrement déconfiné, voire effondré, et le chargement sera pratiquement
nul.
le soutènement est aussi là pour limiter la convergence.
Optimisation du soutènement
- Pas ou peu de plasticité / rupture du terrain
- Ne pas charger le soutènement à plus de 70-80% de sa résistance
- Limiter la convergence pour minimiser les hors-profils.
ps
(1) : soutènement trop raide / posé trop tôt
(2) : correct
(3) : trop souple / posé trop tard
pma x
ud / R u/R
ETUDE DE SENSIBILITE AVEC C-LAMBDA
Le logiciel C-lambda est basé sur la
méthode convergence-confinement
Adrien SAÏTTA,
Emmanuel BIETH
(CETU)
Figure . C-lambda : études de sensibilité
Analyse de la redistribution des contraintes autour d’une excavation
Matériau élastique
(solution de Kirsch) ì æ R2 ö
ïs r = s 0 ç 1- 2 ÷
ï è r ø
í
ï æ R2 ö
ïs q = s 0 çè 1+ r 2 ÷ø
î
Matériau élasto-plastique
exemple de champ de contraintes autour d'une galerie non circulaire,
mettant en évidence l'effet de voûte Source : CETU
Mécanismes de rupture autour des tunnels
Lorsque le terrain est de bonne qualité, dans les roches dures
par exemple, il se peut que la paroi reste en élasticité durant
tout le déconfinement.
Un critère très utilisé en travaux souterrains pour déterminer
si le massif encaissant risque de rentrer en plasticité est le
nombre de stabilité ou facteur de charge :
Rc : Résistance en compression
simple de la roche
F compare la résistance du matériau à la contrainte orthoradiale
à la fin d’un déconfinement considéré parfaitement élastique. Si
F > 1 alors il y a risque d’instabilité.
Distribution des contraintes autour de l’ouvrage
Comportement élasto plastique
La contrainte à la frontière de la région de
déformation plastique
Contraintes à l’intérieur de la région de
déformation élastique
r = re
Contraintes à l’intérieur de la zone de
déformation plastique
Avec:
et
La méthode « convergence-confinement » : bilan
Concepts-clés:
- La convergence est inévitable lorsque les contraintes sont
élevées.
- Au cours de la convergence les contraintes à reprendre par
le soutènement diminuent.
- Après convergence, on atteint un nouvel état d’équilibre
mécanique.
Principe :
Accepter la convergence (par la force des choses) et essayer
de la contrôler (tant bien que mal) par le soutènement afin
d’en tirer bénéfice, car elle réduit la charge que le
soutènement devra supporter.