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Comprendre la Notion d'Impôt en Fiscalité

Ce document introduit la notion d'impôt et définit ses principales caractéristiques. Il présente les différents types de prélèvements obligatoires, notamment les impôts, taxes et redevances, et explique comment ils se distinguent.

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Comprendre la Notion d'Impôt en Fiscalité

Ce document introduit la notion d'impôt et définit ses principales caractéristiques. Il présente les différents types de prélèvements obligatoires, notamment les impôts, taxes et redevances, et explique comment ils se distinguent.

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Introduction :

La fiscalité est l’ensemble des lois, règlements, procédures et pratiques


administratives relatifs à l’impôt. Le parlement dispose seul du pouvoir de
fixer les règles concernant l’assiette, le taux et les modalités de
recouvrement des impôts. Dans le cadre de la loi, le gouvernement en
définit l’application par voie réglementaire.

Le système fiscal constitue l’ensemble des impôts existant à un moment


donné dans un système politique déterminé ; par exemple le système fiscal
malien.

La fiscalité occupe une place primordiale dans l’existence d’un Etat à


plusieurs égards, dans la mesure où les impôts constituent d’une part, la
principale ressource publique et d’autre part, c’est par l’impôt que les
citoyens sont en contact avec l’Etat.

L’impôt est omniprésent dans la vie des particuliers et des entreprises. Il est
de nos jours impossible de prendre une décision économique, autrement
dit conclure un contrat, créer ou restructurer une entreprise sans connaître
toutes les implications fiscales des différents choix possibles.
Avant d’aborder l’extrême diversité des principes, règles et procédures de la
fiscalité, nous étudierons la notion d’impôt. Notre étude portera sur les
impôts émis par la Direction Générale des Impôts.

SECTION I : La notion d’impôt


Dans un sens large, l’impôt peut se définir comme une forme spécifique de
prélèvement obligatoire auquel sont soumis les contribuables. En effet,
l’impôt n’est plus aujourd’hui la seule forme de prélèvement obligatoire
dans les sociétés contemporaines. Il importe donc en premier lieu de
pouvoir distinguer ce qui différencie l’impôt des autres prélèvements à
caractère non fiscal, de cerner en somme la nature de l’impôt.
Une fois cette clarification faite, la notion d’impôt peut ensuite être
approfondie par l’étude des grandes classifications fiscales, des caractères et
sources du droit fiscal et des mécanismes généraux de l’imposition.

Lamine KONE Juriste Fiscaliste / Consultant


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Paragraphe I : Définition de l’impôt
La définition classique de l’impôt et la plus connue est celle donnée par
Gaston Jèze dans son cours de finances publiques. Pour cet auteur, l’impôt
est : « une prestation pécuniaire requise des particuliers, par voie
d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie, en vue de la couverture
des charges publiques ».
Dans cette définition, l’idée essentielle est que l’impôt est un prélèvement
obligatoire, sans contrepartie immédiate, visant à couvrir les charges
publiques.
Cette définition est incomplète par rapport aux fonctions modernes de
l’impôt.

*Limites de la définition classique de l’impôt


La définition classique de l’impôt ne tient pas compte de certaines notions
et fonctions apparues récemment. Il en est ainsi des notions de progressivité,
de capacité contributive du contribuable, de justice et d’équité fiscale et même des
fonctions de politique économique et sociale.
Les limites de la définition tiennent aussi au fait que la notion de
prélèvement obligatoire qui occupe une place centrale dans l’approche
classique de l’impôt englobe aujourd’hui d’autres prélèvements que
l’impôt.
L’impôt n’est donc plus le seul prélèvement obligatoire. Le caractère
obligatoire ne permet plus à lui seul de distinguer la nature juridique du
prélèvement en cause.
Il en résulte que la définition ci-après tient mieux compte de l’approche
moderne de l’impôt.
*Définition moderne de l’impôt
L’impôt est : « une prestation pécuniaire requise autoritairement des
assujettis selon leurs capacités contributives par l’Etat, les collectivités
territoriales et certains établissements publics, à titre définitif et sans
contrepartie identifiable, en vue de couvrir les charges publiques ou
d’intervenir dans le domaine économique et social ».

Paragraphe II : Caractères de l’impôt


a) L’impôt : un prélèvement pécuniaire

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Dans ses modalités, l’impôt est bien en principe un prélèvement sous forme
pécuniaire et ce contrairement aux modalités de règlement en nature qui
ont pu exister dans un passé lointain.
b) L’impôt : un prélèvement obligatoire effectué par voie d’autorité
Quelles que soient ses modalités de paiement, le prélèvement fiscal a
fondamentalement le caractère d’un prélèvement obligatoire, dès lors qu’il
est effectué par voie d’autorité par l’administration sur le fondement des
prérogatives de la puissance publique. En conséquence, le contribuable n’a
ni le droit de prétendre se soustraire à dette d’impôt, ni celui de vouloir
fixer librement ou négocier le montant de sa contribution.
Et s’il s’avérait récalcitrant, l’administration serait en droit de recourir aux
procédures d’exécution forcée pour le contraindre à satisfaire à ses
obligations fiscales.
c) L’impôt : un prélèvement effectué à titre définitif
L’impôt est définitivement acquis au profit du trésor public. Contrairement
à l’emprunt, il n’a pas à être restitué (sauf en cas de remboursement
consécutif à un dégrèvement ou de restitution expressément prévue dans le
cadre de politiques spécifiques).
d) L’impôt : un prélèvement sans contrepartie immédiate qui sert à
couvrir les charges publiques mais sans affectation particulière
L’impôt ne constitue pas le prix d’un service rendu. Aussi le contribuable
ne peut pas contester la dette fiscale en arguant de la mauvaise utilisation
des deniers publics. Il ne peut non plus exiger que l’impôt qu’il paie soit
affecté à tel ou tel service public ou au financement de telle ou telle
opération. De même, il ne peut refuser de payer l’impôt au motif que celui-
ci financerait des dépenses contraires à ses principes.
L’impôt est prélevé par l’Etat parce que ce dernier est responsable de la
bonne marche des services généraux (justice, administration générale) de la
sécurité intérieure, les relations internationales, de la défense nationale, de
la monnaie, de l’éducation, la santé, la culture, la recherche etc.
Cependant, la notion de charges publiques ne doit plus être perçue de
manière restrictive, c’est-à-dire limitée aux dépenses concernant les
fonctions régaliennes de l’Etat. De nos jours, l’Etat assure des fonctions
économiques et sociales.
L’impôt a donc deux fonctions essentielles :

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• La fonction traditionnelle d’instrument de couverture des dépenses publiques
c’est-à-dire fournir l’essentiel des recettes de l’Etat ;
• La fonction plus récente d’instrument de l’interventionnisme de l’Etat.
En effet de par cette fonction, l’Etat intervient dans le domaine
économique pour soutenir les secteurs ou entreprises en difficulté, les
entreprises à promouvoir pour réguler la croissance économique et les
disparités de développement entre les régions.
Sur le plan social, il effectue des dépenses de plus en plus importantes
d’entraide et de solidarité, de régulation des disparités sociales par les
abattements, les déductions et réductions pour charges de famille.
Il prend des mesures de justice fiscale par des taux d’imposition progressifs,
des exonérations etc.

Paragraphe III : Les prélèvements obligatoires autres que les impôts


(Les variantes de l’impôt)
a) Les taxes et redevances :
D’un point de vue strict, la taxe s’entend d’une somme perçue lors de la
fourniture d’un service. Elle est en faite une participation de l’usager à la
fourniture du service public. On dit qu’il y a rétribution. C’est là, la
différence essentielle avec l’impôt qui est perçu sans contrepartie, il y a
contribution.
Les redevances sont la rémunération du service rendu, et contrairement à
l’impôt elles s’apparentent à un prix. Ainsi, elles doivent faire l’objet d’une
contrepartie telle que l’utilisation d’un ouvrage ou la prestation fournie par
un service public à l’usager en supportant la charge. Par ailleurs le montant
de la redevance et la valeur du service rendu doivent être équivalents. Enfin
son produit doit être affecté au service qui a fourni la prestation. Parmi les
redevances, on peut citer : le péage des routes, la redevance éclairage public,
la redevance eau…
Les taxes ressemblent d’un autre point aux redevances, puisqu’elles sont
comme ces dernières liées à l’offre d’une prestation. Elles s’en distinguent
cependant sur deux points : d’une part la taxe peut être exigée non
seulement des usagers effectifs, mais également des usagers potentiels, tel
est le cas par exemple de la taxe voirie, d’enlèvement des ordures
ménagères, d’autre part l’équivalence entre service rendu et prix à payer n’a
pas à être nécessairement absolue.

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b) Les taxes parafiscales
Alors que les prélèvements fiscaux sont versés dans les caisses de l’Etat, les
prélèvements parafiscaux reviennent à des organismes publics ou privés
ayant une autonomie financière et un caractère économique, social ou
professionnel.
L’adhésion à certains organismes est obligatoire et entraîne pour les
adhérents des prélèvements obligatoires qui s’apparentent à des taxes : c’est
la parafiscalité. Ces prélèvements sont tantôt appelés des taxes parafiscales,
tantôt des cotisations parafiscales.
Les taxes parafiscales sont des prélèvements obligatoires, recevant une
affectation déterminée, instituée par voie d’autorité, généralement dans un
but d’ordre économique, professionnel ou social et échappant en totalité
ou en partie aux règles de la législation budgétaire et fiscale.
Elles se distinguent de l’impôt sur plusieurs points :
- Au niveau des bénéficiaires ; elle profite aux établissements publics,
associations ou groupements professionnels alors que l’impôt est collecté au
profit du budget national ou ceux des collectivités territoriales ;
- L’impôt est destiné à couvrir l’ensemble des charges publics alors que la taxe
parafiscale est affectée à un but économique ou social ;
- Généralement les taxes parafiscales sont additionnelles à certains impôts
nationaux ou locaux et sont collectées en même temps que ceux-ci par les
mêmes agents avant d’être reversées au compte des organismes bénéficiaires ;
Remarque : La taxe parafiscale accompagne généralement un impôt.
Exemple : la TEJ est perçue en même temps que la CFCE perçue au
profit de l’APEJ La TL………………………que la CFCE au profit
du Fonds National de Logement
La TFP…………………...la CFCE au profit du FAFPA
La CCCIM………………la patente au profit de la CCIM (si le patenté
est un commerçant)
La CCMM………………la patente au profit de la CMM (si le patenté
est un artisan).
NB : *Il faut noter la différence entre cotisations sociales et les autres
cotisations citées plus haut. Les premières ont les mêmes propriétés que
les secondes mais ne sont pas additionnelles.
Remarque terminologique :

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Les termes impôt, taxe, contribution, redevance, cotisation sont en pratique
utilisés pour désigner le prélèvement fiscal.
Le mot Taxe peut avoir quatre sens différents :
- Il est synonyme d’impôt. Ex : TVA, TAF.
- Il est synonyme de prix payé par le citoyen d’une collectivité
territoriale en contrepartie des services rendus à l’ensemble de cette
collectivité.
Ex : Taxe de voirie
- Il est synonyme de rémunération du service rendu que Maurice
Duverger appelle taxe administrative.
Ex : Taxe de l’O.N.T, droit d’inscription à l’université.
- Il est synonyme de taxe parafiscale
Ex : Taxe logement, taxe touristique, taxe emploi jeunes etc.

Tableau comparatif des Prélèvements


Nature du Obligatoire Affecté Contrepartie Equivalenc
Prélèvement e
Impôt Oui Non Non Sans objet
Redevance Oui Oui (au Oui Oui (entre
paiement du (contrepartie du la valeur du
prix) service rendu) service et le
prix)
Taxe Oui Oui Pas Sans objet
nécessairement
(oui et non)
Taxe Oui Oui Pas Sans objet
parafiscale nécessairement
Prix Non Oui (le bien Oui Oui
ou
marchandise)
Cotisations Oui Oui Pas Sans objet
sociales nécessaire
ment

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SECTION II : La classification des impôts
La diversité des impôts et leurs mécanismes n’excluent pas leur classement
possible par grandes catégories. L’intérêt de la démarche de la classification
est qu’elle s’efforce de restituer une approche d’ensemble et ordonnée des
structures fiscales.

Paragraphe I : La classification budgétaire (Impôts nationaux-Impôts


locaux)
Cette classification est utilisée par la comptabilité nationale. Elle consiste à
classer les impôts selon la collectivité bénéficiaire.
On distingue ainsi les impôts revenant à l’Etat (ITS, IBIC, TVA…) de ceux
dévolus aux collectivités locales (Patente, licence, TDRL…).

Paragraphe II : La classification économique


Les impôts sont classés ici selon trois grands critères, à savoir les éléments
économiques taxés, les acteurs économiques supportant la taxation et
l’objet ou la catégorie socio-économique visée par l’impôt.
a) Classification en fonction des éléments économiques taxés :
On distingue ici les impôts sur le revenu (ITS, IBIC, IRF…), les impôts sur
la dépense (TVA, TAF, la Taxe touristique…) et les impôts sur le capital ou
le patrimoine (droit de mutation, les droits d’enregistrement, les droits de
succession…)
b) Classification en fonction des acteurs économiques :
On distingue ici les impositions sur les ménages, les impositions sur les
entreprises et les impositions grevant les produits (TVA, autres droits
indirects).
c) Classification en fonction des secteurs économiques :
Selon ce critère, les impôts sont classés suivant les secteurs affectés. On
distingue ainsi la fiscalité de l’épargne, la fiscalité des assurances, la fiscalité
immobilière…
Paragraphe III : Les classifications techniques :
Ces classifications prennent pour critères les techniques et modalités
administratives de la taxation. Ce sont les classifications les plus classiques
et les plus utilisées.
a) Impôt direct et impôt indirect :

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La distinction entre impôt direct et impôt indirect est la plus ancienne et la
plus communément employée.
L’impôt direct est défini comme un prélèvement directement opéré sur les
biens ou revenus du contribuable par voie de rôle. Il est supporté
directement par le contribuable qui n’a pas la possibilité de le reporter sur
les autres contribuables. L’impôt direct est considéré comme juste parce
que personnalisable.
L’impôt indirect est celui qui est prélevé indirectement sur le contribuable
à l’occasion de ses actes de consommation et de production. Il ne donne
pas lieu à l’établissement d’un rôle. Il n’est pas personnalisable et est
injuste. Alors pourquoi le garder ? Parce qu’il est invisible, indolore et très
rentable. C’est le phénomène d’anesthésie fiscale.
Cette distinction repose sur trois critères à savoir l’incidence de l’impôt,
l’établissement d’un rôle et le recouvrement.
-L’incidence de l’impôt :
L’incidence de l’impôt est le fait d’atteindre une personne ou une série de
personnes déterminées. Elle vise exclusivement la personne qui paye, il
s’agit donc de déterminer si l’impôt est bien supporté par celui qui est
assujetti ou si celui-ci en fait reposer la charge sur les tiers.
Pour ce qui est de l’impôt direct, il est supporté à titre définitif par le
contribuable. Quant à l’impôt indirect, il peut être répercuté sur d’autres
contribuables, c’est là qu’on parle de redevable légal et de redevable réel.
-L’établissement d’un rôle :
L’impôt direct est perçu par voie de rôle nominatif (c’est-à-dire un
document établi par l’administration au nom de chaque contribuable et
portant mention de la matière imposable et de la somme due).
L’impôt indirect est perçu sans rôle et liquidé par le contribuable lui même.
Cette distinction n’est pas cependant de portée générale, puisque certains
impôts directs sont perçus sans qu’il y ait émission d’un rôle.
-Le mode de recouvrement :
L’impôt direct étant assis sur des données constantes, ce qui en fait la
perception à intervalles réguliers, une fois l’an en principe.
L’impôt indirect portant au contraire sur des faits intermittents, les
dépenses essentiellement, sa perception se poursuit tout au long de l’année.
b) Impôt réel-impôt personnel :

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L’impôt réel est celui qui frappe les biens d’un contribuable sans
considération de sa situation personnelle. Ainsi, l’impôt réel ignore le
contribuable. Ex : IRF, TVA.
L’impôt personnel au contraire est un impôt qui frappe le contribuable en
tenant compte de sa situation personnelle (situation matrimoniale et
nombre d’enfants à charge), il assure l’adaptation de la charge fiscale à la
situation individuelle de chaque contribuable.
Ex : ITS, Droits de succession
c) Impôt proportionnel-impôt progressif :
L’impôt proportionnel consiste à appliquer à la base imposable un taux
d’imposition fixe quelque soit le montant de celui-ci. Tel est par exemple le
cas de la TVA ou encore de l’IBIC.
Au contraire, dans l’impôt progressif, le taux d’imposition croît en fonction
de la progression de la base d’imposition. Ex : ITS, droits de succession.
La progressivité peut fonctionner selon deux procédés : la progressivité
globale et la progressivité par tranche.
-Dans le système de progressivité globale, la totalité de la matière imposable
détenue par un contribuable est frappée d’un taux unique, ce taux étant
plus élevé que cette quantité est grande.

Par exemple : un revenu de 0 à 40.000 paiera 10 %


Un revenu de 40 000 à 80 000 ; 20 %
Un revenu de 80 000 à 100 000 ; 25%
Au-delà de 100 000 ; 30%
L’inconvénient majeur de cette méthode est l’injustice qu’il fait naître aux
frontières de chaque palier. Ex : ITS.
-Dans le système de progressivité par tranche, la matière imposable est
décomposée en un certain nombre de tranche, dont chacune est frappée
d’un taux différent, les tranches supérieures étant soumises à un taux plus
élevé.
d) Impôt spécifique et impôt ad valorem :
Les impôts spécifiques sont ceux qui sont calculés en multipliant un poids,
un volume, une surface de matière imposable par une somme donnée. Il
existe très peu d’impôt de ce type.
Ex : la taxe sur les emplacements publicitaires, la TIPP, la taxe superficielle
annuelle due par les entreprises minières.

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Les impôts ad valorem sont calculés par application d’un tarif à la base
imposable. Ce procédé est le plus couramment utilisé.
e) Impôt analytique-impôt synthétique :
L’impôt analytique est un impôt assis sur les éléments d’un patrimoine ou
sur une opération isolée, ou encore sur une catégorie unique de revenu
appelée cédule (IBIC, IRF, TVA…).
L’impôt synthétique consiste à appréhender un ensemble d’opération ou de
revenus et à taxer l’ensemble en une fois. Ex : les taxes synthétiques
instituées par la loi N°99-011 du 01/04/1999, la TTR.
f) Impôt de répartition et impôt de quotité :
L’impôt de répartition est celui dont le produit total attendu est fixé à
l’avance puis réparti ensuite entre les contribuables. Dans ce système, c’est
donc la somme totale à percevoir (appelée contingent) qui est déterminée à
priori, non le taux d’imposition qui se dégage après répartition. Ce mode
de détermination n’est plus utilisé.
L’impôt de quotité procède de manière inverse et consiste à définir
initialement un taux d’imposition qui sera ensuite appliqué à la matière
imposable.
C’est cette technique qui est actuellement en vigueur dans tous les systèmes
fiscaux modernes.

SECTION III : La Pression Fiscale :


La pression fiscale également appelé rendement fiscal ou coefficient fiscal,
est le pourcentage que représente le prélèvement fiscal plus éventuellement
les cotisations sociales par rapport aux ressources économiques de la
nation.
Au sens strict, elle exprime le rapport impôts et taxes perçus au niveau
national et local sur le PIB et au sens large le rapport ensemble des
prélèvements sur le PIB. C’est un indicateur statistique qui mesure le poids
de l’impôt dans l’économie.
Elle varie suivant les pays et dépend beaucoup du système d’intervention de
l’Etat. Au Mali elle tend vers 17%.

SECTION IV : Les Eléments de la technique fiscale


La technique fiscale regroupe l’ensemble des règles par lesquelles l’impôt
est établi et perçu. L’établissement de l’impôt se fait en plusieurs étapes, il

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faut préciser les personnes et opérations imposables ainsi que les règles de
territorialité : c’est la définition du champ d’application.
Une fois le champ d’application défini, on détermine l’assiette de l’impôt
autrement dit la base imposable à laquelle sera appliqué soit un taux, soit
un tarif ou barème (calcul de l’impôt ou liquidation).
La dernière phase qui consiste à opérer l’encaissement réel de l’impôt est
appelée recouvrement.
Paragraphe I : Le champ d’application :
Définir le champ d’application d’un impôt revient à préciser :
- Les personnes imposables,
- Les opérations imposables,
- Les règles de territorialité.

a) Les personnes imposables :


Ce sont celles qui sont désignées comme contribuables ou assujettis par la
loi. Une personne (physique ou morale) est le plus souvent imposable en
fonction des opérations qu’elle réalise.
C’est le cas des commerçants qui, par nature, réalisent des actes de
commerce qui sont imposés dans le cadre de la fiscalité des entreprises.
b) Les opérations imposables :
Les opérations imposables sont les actes ou les évènements relatifs au
revenu, à la dépense ou au capital devant être soumis à l’impôt.
Selon les impôts et les taxes concernés, certaines opérations sont
imposables par leur nature, d’autres par option, d’autres enfin sont
exonérées.
c) Les règles de territorialité :
Elles précisent les limites du territoire auquel s’applique la législation fiscale
ainsi que les règles applicables lorsqu’interviennent des personnes ou des
opérations mettant en jeu des pays autres que le Mali.

Paragraphe II : L’assiette de l’impôt


Asseoir l’impôt, c’est déterminé la base de l’imposition. La base peut se
définir elle-même comme la quantité d’éléments imposables.
Ainsi, la détermination de l’assiette consiste à cerner la matière imposable
et à fixer les règles d’évaluation correspondantes.
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a) La matière imposable :
C’est l’élément économique qui est à la base de l’impôt ; son évaluation
permet d’établir la base imposable c’est-à-dire le montant auquel s’applique
le tarif de l’impôt.
Ex : le bénéfice net professionnel constitue la matière imposable pour
l’imposition du revenu des exploitants individuels.
b) L’évaluation de la matière imposable :
Il s’agit de définir la base imposable et de l’évaluer.
On rencontre trois types d’évaluations :
➢ L’évaluation directe :
Elle appréhende directement la matière imposable. On opère de deux
manières : la déclaration par le contribuable lui-même et la déclaration par
un tiers.
- La déclaration par le contribuable est une sorte de « confession fiscale »,
le contribuable lui-même déclare au fisc la quantité de la matière qu’il
détient. Mais cette confiance a pour contrepartie le droit de contrôle
et de vérification que se réservent les services fiscaux. C’est un mode
d’évaluation très usité et qui semble avoir de plus en plus les faveurs
de l’administration fiscale (TVA, IBIC).
- La déclaration par un tiers est celle que va faire une tierce personne au
fisc de la quantité de la matière imposable qui se trouve entre les
mains du contribuable. Ainsi, l’employeur peut déclarer les salaires de
ses employés.
➢ L’évaluation indirecte :
Elle se définit soit par présomption, soit au forfait.
- L’évaluation par présomption ou méthode indiciaire se fait par référence à
un signe ou à une valeur connue, l’évaluation est faite
automatiquement sur une base moyenne sans qu’il y soit besoin de
saisir la matière imposable elle-même. Il s’agit par exemple de
l’évaluation de la valeur locative des bâtiments en matière d’impôts
locaux. Dans cette évaluation, il n’y a pas d’intervention du
contribuable.
- L’évaluation au forfait est une évaluation à prix fait, déterminé sans
tenir compte de la valeur réelle des éléments. Le forfait peut donc être
un gain ou une perte. C’est pourquoi, contrairement à la méthode

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indiciaire, elle se fait par une collaboration entre le contribuable et le
fisc.
➢ L’évaluation administrative :
Elle intervient s’il y a défaut de déclaration par le contribuable. Elle a
donc un caractère de sanction : il s’agit de la taxation d’office. Le fisc va lui-
même procéder à l’évaluation de la matière imposable, sans pour autant
être autorisé à surévaluer d’office. Une fois l’évaluation faite, si le
contribuable la conteste, c’est à lui d’apporter la preuve qu’il ne possède
pas une matière imposable aussi élevée que celle pour laquelle le fisc
entend le taxer.

Paragraphe III : Fait générateur et exigibilité :


Le fait générateur peut être défini comme l’acte juridique, l’opération ou le
fait matériel qui déclenche l’assujettissement à l’impôt.
Il est donc variable selon le type d’impôt considéré.
Ex : Pour l’impôt sur les sociétés, c’est la date de clôture de l’exercice.
En matière de TVA, c’est la livraison des biens meubles corporels qui
constituera le fait générateur.
L’exigibilité est l’évènement, l’acte ou la situation qui rend une personne
redevable de l’impôt et qui donne naissance à la dette envers la collectivité
bénéficiaire de l’impôt.
Par exemple la TVA est exigible au titre du mois au cours duquel est
intervenue la livraison consécutive à la vente d’un bien soumise à la TVA.

Paragraphe IV : Liquidation de l’impôt ou calcul de l’impôt :


Liquider un impôt consiste simplement à en calculer le montant exigible
une fois que la base a été définie et évaluée.
En pratique, il s’agit d’appliquer un barème (cas de l’ITS) ou un tarif (cas
de la vignette) ou encore d’utiliser un taux (cas de la TVA).
La liquidation est effectuée par le contribuable lui-même (cas de la TVA) ou
par l’administration (cas des impôts locaux).

Paragraphe V : Le recouvrement de l’impôt


Recouvrer l’impôt consiste à faire passer le montant de l’impôt de la trésorerie
du contribuable à la caisse du trésor. Il s’agit de la dernière phase qui
conduit à l’encaissement réel de l’impôt. On distingue :

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a) Le recouvrement ordonné :
Après rappel du montant de l’impôt par le fisc, le contribuable reçoit alors
un extrait du rôle d’imposition ou un avertissement à payer qui émane de
la perception ou de la recette chargée du recouvrement avec la date limite
de paiement. Cette procédure concerne surtout l’impôt sur le revenu
(IBIC, IS, IRF) ou les impôts locaux (TDRL, taxe sur le bétail…).
b) Le recouvrement spontané :
Dans ce cas, le contribuable verse lui-même le montant de l’impôt dont il
est redevable sans recevoir de demande de l’administration fiscale. Ex : Cas
de le TVA, TAF…
c) Le recouvrement par stoppage :
Il s’agit de la retenue à la source. Le fisc pour des raisons de commodité
exige le paiement de l’impôt par une personne (redevable légal) autre que le
contribuable réel.
C’est le cas de la TVA retenue à la source par l’Etat et ses démembrements
ainsi que certaines grandes entreprises désignées par l’Etat. C’est aussi le cas
de l’ITS.

SECTION V : Caractères et Sources du droit fiscal

Paragraphe I : Caractères du droit fiscal


Les deux traits caractéristiques du droit fiscal sont son autonomie et son
réalisme.
a) Autonomie du droit fiscal :
C’est le principe en vertu duquel, le législateur fiscal a la latitude d’utiliser
des concepts juridiques, de les façonner à sa guise et leur donner un
contenu différent de celui que retiennent les autres branches du droit.
En raison des finalités propres qu’il poursuit, le droit fiscal pourrait
adapter, modeler et même rejeter des notions empruntées des disciplines
voisines.
Ainsi peut il être amené à considérer comme normal aux égards de
l’application de l’impôt aux situations que le droit considère comme
contraire à l’ordre public ou aux bonnes mœurs ou même des situations
réprimées par la loi pénale. Ex : les revenus de la prostitution.
Aussi, l’autonomie du droit fiscal apparaîtrait comme une arme précieuse
pour le fisc dans sa poursuite des contribuables, lorsque ceux-ci essaient de

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réduire leurs contributions en invoquant les principes de droit civil ou de
droit commercial, le fisc aurait la possibilité d’écarter ces règles gênantes
pour obliger le contribuable à payer.
b) Réalisme du droit fiscal :
Ce principe a pour but essentiellement de permettre de lutter contre
l’évasion fiscale fondée sur des artifices juridiques, donc à faire triompher
l’esprit de la loi sur la lettre.
Autrement dit, le droit fiscal doit saisir la matière imposable là ou elle se
trouve et dans la forme où elle apparaît. Il vise des états de fait et non des
situations de droit.
L’administration établit l’impôt en fonction de la situation réelle et non
d’apparences juridiques trompeuses créées par les contribuables.
Ex : La répression de l’abus de droit (mensonge juridique, on présente au
fisc un acte apparent qui est mensonger, alors que l’acte réel demeure
secret).

Paragraphe II : Les Sources du droit fiscal

Le droit se crée et repose sur des textes d’origines variées. Pour des raisons
de légitimité et de consentement à l’impôt, la loi a été longtemps le moyen
privilégié de création du droit fiscal, renforçant ainsi la suprématie de la loi
sur les sources réglementaires.
Mais cette suprématie du pouvoir législatif a paradoxalement conduit au
développement du pouvoir réglementaire.
Le pouvoir judiciaire joue également son rôle dans l’interprétation des
textes.
Parallèlement, le droit communautaire intervient maintenant dans le
champ fiscal et impose ses directives aux Etats membres.

1- La loi :
La loi constitue la source principale du droit fiscal. Cette suprématie est
confirmée par la constitution qui stipule que « la loi fixe les règles
concernant l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des
impositions de toute nature ».

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Ainsi pour les impôts déjà existants, la perception ne peut être opérée
qu’après l’autorisation de l’assemblée nationale à travers la loi des finances.
2- Les règlements :
Les lois sont complétées, en vue de leur mise en application, par les décrets
et les arrêtés ministériels, de niveau hiérarchiquement inférieur aux lois. Ce
pouvoir réglementaire dans l’exécution des lois fiscales est autonome. Il se
traduit par une prolifération des textes qui remet en cause, dans les faits, la
hiérarchie des normes.
Les instructions et circulaires ministérielles viennent compléter l’ensemble
et constituent la doctrine administrative. Cette doctrine résultant de
l’interprétation des textes est opposable à l’administration par les
administrés eux-mêmes, qui peuvent en contester la validité auprès des
tribunaux.
3- La jurisprudence :
Il s’agit des jugements rendus en matière fiscale par les juridictions
contentieuses et qui concernent le plus souvent la contestation par un
contribuable d’une interprétation de la loi par la doctrine administrative
(instruction, circulaire, etc.).
Le juge est ainsi conduit à préciser l’interprétation de la loi, non seulement
dans le litige et à l’égard du contribuable concerné par l’instance, mais aussi
pour préciser des notions que la loi n’a pas défini avec assez de précisions
(par exemple la notion de rémunération excessive pour les dirigeants de
sociétés).
En pratique, les tribunaux administratifs interviennent en matière d’impôts
directs et de TVA, alors que la compétence des tribunaux de l’ordre
judiciaire concerne les autres contributions indirectes, ainsi que les droits
d’enregistrement.
4- Les sources conventionnelles
Il s’agit donc ici surtout des conventions internationales et traités. On peut
distinguer principalement :
a) Les conventions internationales dites de « non double imposition »
Ces conventions sont passées entre deux Etats dans le but de régler la
situation fiscale des personnes susceptibles d’être imposées, du fait de leur
activité, de leur domicile ou de leurs revenus, dans chacun des deux Etats
concernés.

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Ces conventions conduisent le plus souvent à l’imposition dans un Etat et
à l’exonération dans l’autre ou bien à l’imposition dans l’Etat de la
résidence principale ou de l’activité professionnelle, déduction faite de
l’imposition subie dans l’autre Etat au titre des activités qui y sont exercées.
Les traités et les conventions sont d’une force supérieure aux lois internes
des pays signataires.
b) Les conventions internationales destinées à lutter contre la fraude
fiscale
Au plan international, l’on peut assimiler celles-ci aux conventions
précédentes du point de vue de leur prééminence par rapport aux lois
internes.
c) Les dispositions communautaires
Dans le contexte malien, ces dispositions résultent du traité de l’UEMOA.
Ces dispositions ont d’importantes répercussions sur le plan du droit fiscal
interne. La commission de l’UEMOA arrête des directives destinées à
permettre l’harmonisation des législations fiscales nationales.
Les dispositions communautaires s’imposent en principe aux Etats
membres. Toutefois, ces directives ne constituent pas un ordre législatif
supérieur aux lois internes. Les Etats concernés sont tenus d’appliquer les
directives de l’union, dans la mesure où ils sont dans l’obligation d’intégrer
ces dispositions dans leur législation.
Il faut noter que c’est la loi nationale conforme à la directive qui s’applique
et non la directive elle-même.

CCCIM : Cotisation Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali


CCMM : Cotisation Chambre des Métiers du Mali
CFCE : Contribution Forfaitaire à la Charge de l’Employeur

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