0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
191 vues42 pages

Histoire de Kafoudougou Bambarasso

Ce résumé présente brièvement le sujet du document. Il s'agit d'un mini-mémoire sur l'histoire du village de Kafoudougou Bambarasso dans la région des Djimini en Côte d'Ivoire, de ses origines jusqu'à l'avènement de Samory Touré.

Transféré par

Khadt Coul
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
191 vues42 pages

Histoire de Kafoudougou Bambarasso

Ce résumé présente brièvement le sujet du document. Il s'agit d'un mini-mémoire sur l'histoire du village de Kafoudougou Bambarasso dans la région des Djimini en Côte d'Ivoire, de ses origines jusqu'à l'avènement de Samory Touré.

Transféré par

Khadt Coul
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

NIVEAU : LICENCE 3

MINI-MÉMOIRE
L’HISTOIRE DE KAFOUDOUGOU
BAMBARASSO : DES ORIGINES JUSQU’A
L’AVENEMENT DE SAMORY TOURE

Présenté par :. Sous la direction de :


COULIBALY TIEMOKO URBAIN [Link] KPASSIGUE GILBERT

Assistant

Année Universitaire : 2021-2022


2
HISTOIRE DE KAFOUDOUGOU BAMBARASSO : DES
ORIGINES JUSQU’A L’AVENEMENT DE SAMORY TOURE

3
DÉDICACE
Je dédie ce travail à mes parents, à nos ancêtres et a l’ensemble de la
population Djimini pour la bravoure que chaque entité émet.

4
REMERCIEMENTS
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux !
Comme tout travail scientifique, la conception de cet ouvrage est
rendue possible grâce au soutien et surtout grâce à la disponibilité de certaines
aimables personnes. Sans elles, notre travail ne pouvait se réaliser. Qu’il nous
soit permis ici, de leur témoigner toute notre gratitude et notre reconnaissance
pour tout le soutien dont nous avons bénéficié de leur part. Il s’agit
particulièrement de notre encadreur Dr KONE KPASSIGUE GILBERT,
enseignant au Département d’Histoire à l’Université Alassane Ouattara de
Bouaké qui a bien voulu nous témoigner sa bonne foi en acceptant sans
hésitation aucune, de nous encadrer dans la réalisation de ce mini mémoire.
Merci à vous cher maitre !
Aussi, n’oublions-nous pas de remercier le professeur BRINDOUNI
ALLA JACOB et l’ensemble du corps enseignant du Département avec à sa
tête le professeur Souleymane SANGARÉ pour la formation que nous avons
bénéficié et continuons de bénéficier.
C’est également le lieu de remercier Mr. GUEU pour toutes les
directives qu’il a bien voulu nous donner.
Nous remercions également YéoDonassonguiNahoulaRaspagne, Ouattara
Ziegue Yacouba, Ouattara Souhalio,Coulibaly Sylvestre, Coulibaly Hyacinthe,
SanogoBintou, Hema Simone, Coulibaly Moribo, Touré Karamoko, et
l’ensemble des étudiants de la Licence 3 [Link] à vous pour cette
chaleur fraternelle et amicale !
Aux personnes non mentionnées, vous n’êtes en aucun cas, moins
importantes que celles que nous avons mentionnées !

5
SOMMAIRE

REMERCIEMENT

INTRODUCTION GENERALE
CHAPITRE 1 : GENERALITE SUR LES DJIMINI

I- ASPECTS GEOGRAPHIQUES ET LINGUISTIQUES DES


DJIMINI
II- ORIGINE ET MIGRATION DES DJIMINI

CHAPITRE 2 : FONDATION, PEUPLEMENT ET EVOLUTION DE


KAFOUDOUGOU BAMBARASSO

I- FONDATION ET PEUPLEMENT DE KAFOUDOUGOU


BAMBARASSO
II- EVOLUTION DU VILLAGE

CHAPITRE 3: L’ORGANISATION SOCIOPOLITIQUE,


ECONOMIQUE ET CULTURELLE A KAFOUDOUGOU
BAMBARASSO

I- L’ ORGANISATION SOCIOPOLITIQUE
II- L’ ORGANISATION ECONOMIQUE ET CULTURELLE

CONCLUSION

SOURCES RT BIBLIOGRAPHIES

TABLE DES MATIERES

6
INTRODUCTION GÉNÉRALE

7
I-JUSTIFICATION ET INTÉRÊT DU SUJET
1-Motivation
1.1-Motivation personnelle

L’Histoire a été pour nous, une passion depuis l’école primaire. Nous
avons donc décidé de réaliser notre rêve en nous inscrivant dans cette
discipline passionnante. Une fois au département de ladite science, L’Histoire
du peuplement qui s’avère encore plus passionnante a attiré notre attention.
Nous avons donc décidé de nous orienter vers cette branche historique afin de
comprendre l’évolution de certaines sociétés africaines que nous côtoyons
chaque jour dont celle du peuple Djimini. Aussi, avons-nous été, pendant
plusieurs années, émerveillés par l’hospitalité du peuple Djimini en général et
celui du village de Kafoudougou Bambarasso en particulier. Notre choix sur le
village de Kafoudougou Bambarasso s’explique, non seulement, en partie par
les innombrables valeurs culturelles dont possède le village mais également
par l’homogénéité de la population due à l’essaimage du peuple Djimini, les
autochtones et les autres peuples. Ce village qui ma vue naitre dont j’ai
entendu des merveilles et des légendes sur l’histoire des guerriers, des
hommes de bonnes pensées. Ce village qui a vu passer plusieurs générations
qui m’ont inspirées, celui la qui est notre essence spirituel, qui a vu naitre nos
parents et nos arrières parents ne pouvaient rester dans les hécatombes de
l’oubli. C’est lieu pour moi de montrer, les merveilles de notre village.
Pour nous, la compréhension du peuplement de cette zone passe
nécessairement par le récit de la migration de la population. Ainsi, retracer ces
différentes vagues migratoires est donc un exercice indispensable pour la
réussite de la mission que nous nous sommes assignée
1.2-Motivation scientifique
Il y a eu des travaux sur les Djimini en général, mais concernant le
village de Kafoudougou Bambarasso, il n y a pas eu de travaux . Cependant,
nous déplorons le fait que celle de certaines localités, à l’instar de
Kafoudougou Bambarasso, est longtemps restée en marge des réflexions de
nombreux auteurs qui ont, pour la plupart, orienté leurs recherches sur les
Djimini de Dabakala, ou encore sur ceux de Boniéré. L’histoire de ce peuple
reste ainsi peu connue vue l’existence de plusieurs zones d’ombre la
concernant
Ainsi, reconstituer une partie de l’histoire de Kafoudougou
Bambarasso constitue pour nous un apport indéniable pour l’histoire de cette
région, qui a demeuré longtemps muette face au manque d’écrits auquel elle
fait face.

8
Écrire l’histoire du peuple Djimini de Kafoudougou est donc un travail noble.
Cet exercice permettra, non seulement, de comprendre certains pans de ce
village mais aussi, il permettra de pallier au manque de travaux de recherches
dont souffre le village.
2- Intérêt scientifique
Les sociétés africaines ont longtemps été l’objet d’énormes critiques
sur le plan historique d’autant plus que l’Afrique elle-même est considérée par
certains auteurs comme un continent ahistorique1. C’est dire ainsi, que de
nombreuses pistes de recherches sur les sociétés existent encore de nos jours
car elles sont quasi inexplorées. Celles des Djimini de Côte d’Ivoire, en est
une illustration parfaite poussant certains chercheurs à évoquer, après la
conclusion de leurs travaux de recherche, la nécessité de poursuivre les
recherches dans ce domaine. Jean Noël Loucou notamment dans les premiers
habitants de la Côte d’Ivoire, Aussi, il est bien vrai qu’il existe une
prolifération de documents sur le peuple Djimini mais la remarque la plus
pertinente est que plusieurs de ces écrits tournent autour des Djimini de
Dabakala et de Boniéré. Ceux du village de Kafoudougou Bambarasso n’en
bénéficient que d’une minorité d’écrits scientifiques parfois portés sur des
thématiques bien précises. Le village de Kafoudougou Bambarasso semble
être jeté dans les oubliettes de nombreux chercheurs. Contribuer à travers des
écrits scientifiques à retracer l’histoire de ce village et celle de son peuple
devient donc une bonne entreprise et ces documents scientifiques sont alors les
bienvenus. Ainsi, notre sujet : « L’histoire de Kafoudougou Bambarasso : Des
origines jusqu’en 1990 », s’inscrit dans ce contexte visant à apporter des
connaissances nouvelles sur la localité de Kafoudougou Bambarasso, une
localité des Djimini. Ainsi, le premier intérêt de ce sujet permet de comprendre
le peuplement du territoire que nous nous proposons d’étudier. Aussi, ce sujet,
faisant l’étude de l’évolution sociopolitique du village de Kafoudougou
Bambarasso met en exergue son second intérêt.

II- DÉFINITION DU SUJET


La compréhension de notre sujet de recherche passe nécessairement par
la définition des termes ou concepts clés du sujet et celle de la borne
chronologique d’une part et par la définition du cadre géographique d’autre
part.
1/ L’approche définitionnelle des termes du sujet
Les termes Histoire, Kafoudougou Bambarasso, Origines, Samory
Touré méritent d’être élucidés afin d’appréhender notre sujet. Histoire : Le
terme Histoire dérive du latin Historia. Il apparait au XVIe siècle. « Le terme

9
histoire est en lui-même ambigu en français ; il traduit à la fois la construction
des faits, leur documentation, et le récit qui, après les avoir explicités, les
diffuse ». Partant de cette définition, ici, la notion d’Histoire peut être perçue
comme un récit des faits passés qui s’écrit à travers une analyse parfaite de
documents. En d’autres termes, l’Histoire est la science qui analyse et explique
les faits passés de l’homme à l’humanité. C’est « la mémoire collective »qui
permet de ressasser le passé et de l’expliquer aux hommes. Kafoudougou
Bambarasso, tara yinguin ou encore tornanlan qui veut dire terre rouge aux
habitants guerriers.

Samory Touré ou Almamy Samory Touré né vers 1830 conquérant


venu de la Guinée, militant contre la pénétration Française et Britannique en
Afrique Occidentale, et luttait contre toutes sociétés animistes qui refusaient
de se convertir en Islam.

2/ Les bornes chronologiques du sujet


En ce qui concerne la borne de départ de notre étude, elle est une
période et non une date précise. En effet, notre étude qui ne se veut pas
exhaustive, a pour objectif de remonter une pente de l’histoire d’un peuple qui
a longtemps demeuré sans écrits. Aussi, la tradition orale s’avère-t-elle
incapable de préciser avec exactitude le point de départ du peuplement ou de
l’implantation des peuples sur ce site. Il est donc impossible pour nous de
prendre une date précise comme point de départ compte tenu des difficultés
liées à la datation exacte des faits et évènements d’un passé lointain. Par
conséquent, notre première borne d’étude débute par les origines de
Kafoudougou Bambarasso.
Contrairement à la première borne d’étude, la seconde s’avère être une
date plus précise. Toutefois, ce choix n’est point fortuit d’autant plus que la
date choisie est le point de départ d’une nouvelle ère, d’une nouvelle histoire
dans la vie des peuples de la localité que nous étudions. En effet, comme
l’histoire de toute société, celle de Kafoudougou Bambarasso a subi une
évolution sans précédente marquée par d’énormes mutations sociopolitiques et
économique

10
3_ Le cadre géographique de la zone de Kafoudougou Bambarasso

Conformément au Père P. Mockers (Boniérédougou le 15 Août 1949),


le pays Djimini va du 4° au 4° 50 de longitude [Link]-weech et du 8° au 8°
50 de latitude, limité à l’Est par le fleuve comoé, à l’Ouest par le N’zi, au Sud
par le pays Baoulé et au Nord par la rivière Kinkinlin qui est aussi la limite du
pays de Kong. Le pays Djimini forme ainsi un grand quadrilatère de 10.000
km². Il est assez accidenté et parsemé de groupes montagneux dont la hauteur

11
varie entre 300 et 600 mètres; et des blocs rocheux jetés dans les plaines
comme des grand pavés. Le climat Le Djimini jouit d’un climat de transition
avec deux saisons marquantes, à savoir une saison sèche allant de de
Novembre à Mars et une saison pluvieuse allant d’Avril à Septembre. De
Novembre à Mars et une saison pluvieuse allant d’Avril à Septembre.
Kafoudougou Bambarasso est une localité situee au nord est de la Côte
d’Ivoire et appartenant au département de Dabakala, Région de la Vallée du
Bandama. La localité de Kafoudougou-Bambarasso est a douze kilometre de
dabakala.

III- ÉTAT DE LA QUESTION


Le pays Djimini ou encore le peuple Djimini a fait l’objet de plusieurs
travaux de recherches dont des mémoires, des ouvrages et bien d’autres.
Contester la connaissance du vaste pays Djimini est un exercice quasi
impossible vue l’existence de plusieurs écrits de nombreux auteurs dont il a
fait l’objet et dont il continue d’en être l’objet de recherche. Cependant, vue la
problématique assignée par ces auteurs lors de leurs différentes recherches,
nous ne pouvons, malheureusement, pas déplorer le fait qu’il y a certains
aspects de l’histoire des Djimini ou celle de leurs zones actuelles qui ne sont
pas évoqués. En effet, ces zones d’ombre non éclairées constituent des champs
d’étude pour d’autres nouveaux chercheurs dont nous appartenons
modestement afin de combler le vide quant à certains aspects de l’histoire.
ALLOU Kouamé René, nous le précise en ces termes : « une question
d’histoire n’est jamais épuisée, la réalité du passé est inépuisable, l’historien
n’en saisit que quelques aspects, ne fait ressortir qu’une vérité partielle et
malheureusement toujours fragmentaire ».1
A ce stade de nos propos, il convient de faire l’état des connaissances
sur L’histoire de Kafoudougou Bambarasso : Des origines jusqu’en 1990,
laquelle thématique constitue notre sujet de recherche. Cet exercice, qui ne
s’avère pas aussi simple que nous le pensions, nous permettra de faire ressortir
d’une manière ou d’une autre, l’originalité du thème que nous avons choisi
dans le cadre de nos recherches. En premier lieu, citons Thoret Jean Claude
dans son ouvrage Les Djimini éléments, organisation sociale, nous enseigne
l’histoire de la société Djimini .Il nous parle des origines et l’organisation
sociale des Djimini, occupant cette région que sont les Djimini et les Djimini-
Djamala.2 Toutefois, l’origine du peuplement de la région de Dabakala, cadre
de notre étude n’est pas évoquée de manière spécifique. Cette situation nous
1
ALLOU (K.R), histoire coloniale de la Cote d’Ivoire, 1893 – 1960.
2
Thoret (J.C), les djiminis, éléments organisations sociale, Abidjan, institue d’ethnosociologie, 1969,
173p.

12
amène donc à combler le vide sur cette partie de l’Histoire de Kafoudougou
Bambarasso.
Ainsi, la réflexion de Dr. Mamadou Bamba nous a-t-elle été d’une
importance capitale qui nous documente sur l’emplacement et la culture du
peuple. Certains auteurs nous présentent l’histoire du village de Dabakala sans
toute fois passer sur le cas du chef canton Kafoudougou. Ensuite il dégage des
pistes qui pourront nous conduire à la connaissance de l’histoire de cette zone.
Enfin, il dégage des thématiques de façon générale sur l’histoire du
peuplement du Hambol. Malgré la spécificité de cette étude elle ne présente
pas assez d’arguments, cependant par le processus de l’occupation humaine du
site. Ainsi, la migration des Djimini jusqu’à ce site n’est de retracé de manière
à comprendre les différents pérégrinations des Djimini jusqu’à leur arrivée sur
le site actuel de Dabakala. Elle présente plutôt, la migration du peuple Djimini
de manière générale, ce qui nous amène donc à rechercher dans le passé le
processus migratoire des Djimini de leur site jusque dans la localité actuel du
Hambol.
En outre, dans l’un des écrits de Jean Claude : les Djimini, éléments
organisations sociales. se penche sur la question de l’ethnie Djimini de son
organisation et de son peuplement. Il met en exergue leurs différentes
relations avec les autres peuples dans leur établissement actuel. Le peuple
Djimini y est parfaitement convoqué dans ses écrits. Toutefois, certains pans
de l’histoire de ce peuple que nous venons de mentionner demeurent encore
dans l’ombre a l’instar de leur cheminement dans ladite région occupée. En
d’autres termes. La création de Kafoudougou n’y est pas évoquée. Faire
ressortir l’historique de la naissance du village est l’une de nos entreprises.
Enfin, le dernier ouvrage qui nous a été d’une importance indéniable
est celui de Simon Pierre Ekanza notamment dans son ouvrage Terre
convergence. En effet, dans son document il évoque plusieurs peuples
migrants vers de nouvelles zones habitables, dans lequel on aperçoit
l’implantation de plusieurs populations issues d’ethnies différentes. Ensuite, il
traite des mutations sociales subies par les sociétés africaines en contact du
colonisateur. Enfin, l’évolution socio économique et politique y est évoquée.
Malgré ces nombreuses pistes de recherches entreprises par certains
chercheurs le voile sur l’histoire de ce peuple ne s’est de encore dévoilé. sans
doute cela ne faisait aucunement partie de leur travaux de recherche.

13
IV- PROBLÉMATIQUE
L’histoire de toutes les sociétés africaines est caractérisée par un fait
commun : le manque criard de documents écrits. Aussi, les difficultés qui
gangrènent la tradition orale de ces sociétés constituent-elles l’une des
caractéristiques de cette histoire. Ce qui rend la reconstitution de l’Histoire de
certaines sociétés africaines parfois complexe. Ce phénomène ne laisse
aucunement les sociétés Djimini en général en marge. C’est le cas de celui de
Kafoudougou Bambarasso qui est d’autant plus concernée. En effet, l’histoire
du village est encore émaillée par plusieurs zones d’ombre qu’il convient
d’éclairer malgré les efforts de plusieurs chercheurs qui ont tenté tant bien que
mal de la reconstituer comme Yves Person dans l’ héritage de Subara Tyè et
de Williams Jacob Ecou . Le peuplement du site actuel Kafoudougou
Bambarasso s’est fait, comme tout village d’ailleurs, selon un processus
complexe caractérisé parfois par des récits fabuleux et populaires. Toutefois,
celui du peuplement de Kafoudougou Bambarasso demeure propre au village,
faisant ainsi sa particularité. Partant donc de cette particularité, la
préoccupation majeure qui se pose est la suivante : Comment comprendre et
expliquer la naissance et l’évolution du village de Kafoudougou Bambarasso
jusqu’à l’r avènement de Samory Touré ?
De cette question, il découle les questions suivantes :
Comment expliquer l’origine de Kafoudougou Bambarasso et celle de son
peuplement ?
Lae processus de l’islamisation a-t-il eu un impact sur la société ?
Quelle est l’évolution socio-économique et politique subie par de
Kafoudougou Bambarasso ?
1-Les objectifs de la recherche
Cette étude comporte un objectif général à partir duquel en découlent
d’autres encore plus spécifiques.
1.1-L’objectif général
L’objectif général de cette étude est de reconstituer l’histoire de
Kafoudougou Bambarasso depuis les origines jusqu’à l’avènement de Samory.
Cet objectif ainsi posé de façon général fait appel à des objectifs spécifiques.

1.2-Les objectifs spécifiques


De façon spécifique, les objectifs de cette étude se déclinent comme
suit :
-Montrer de façon générale les Djimini en Cote D’Ivoire.

14
- Examiner la fondation, le peuplement et l’ évolution de Kafoudougou
Bambarasso.
- Donner l’organisation sociopolitique, économique et culturelle à
Kafoudougou Bambarasso
2- Les hypothèses de la recherche
Pour mener à bien cette étude, nous avons formulé un certain nombre
d’hypothèses qui se présentent de la manière suivante :
- Les Djimini de façon générale auraient une présentation commune.
- Kafoudougou Bambarasso serait fondé , peuplé, et aurait connu une
évolution
- Kafoudougou Bambarasso aurait une organisation sociopolitique,
économique et culturelle.
V- APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE
L’histoire n’est pas faite par intuition personnelle. Elle est une analyse
approfondie des sources. En d’autres termes, l’histoire s’écrit à partir des
sources ou de documents. De ce fait, pour la réalisation de notre travail, nous
avons d’abord procédé à la recherche des documents écrits. Ainsi, nous avons
visité à maintes reprises la Bibliothèque de l’Université Alassane Ouattara de
Bouaké. Aussi, l’exercice de la remontée des filières bibliographiques nous a-
t-il permis d’avoir accès à un certain nombre de documents grâce à internet.
Le numérique a donc été d’un apport considérable dans le cadre de nos
recherches. En outre, nous avons eu à notre disposition des archives plus
précisément des monographies du village de Kafoudougou. Toutefois, la
diversité des informations recueillies nous amenait à faire usage de l’esprit
critique enseigné par notre discipline qui est l’Histoire. Ce procédé nous a
permis de faire ressortir les informations qui tendent vers la vérité historique.
Par ailleurs, les sources orales nous ont été d’une utilité indéniable sans
précédent. En effet, comme le disait Jean Vansina : « Dans les régions du
monde habitées par des peuples sans écritures, la tradition orale reste la
principale source qui puisse être utilisée pour la reconstruction du passé »,
nous avons fait recours à la tradition orale afin de reconstituer l’histoire de
cette société qui a longtemps demeuré sans écrits. En outre, dans cette même
société Djimini, Ainsi, avons-nous fait des enquêtes orales sur des thématiques
bien définies qui découlent de notre sujet d’étude. Toutes les formes
d’enquêtes enseignées lors des cours méthodologiques ont été appliquées.
Toutefois, nous avons beaucoup utilisé l’enquête directive afin de guider nos
différents enquêtés. En ce qui concerne, les entretiens, ils ont été soit collectifs
soit individuel. Chaque type d’entretien avait un but bien précis. Les
informations reçues lors de ces différentes enquêtes, ont été retranscrites,
minutieusement exploitées et soumises à une parfaite analyse afin d’éviter des

15
contre-vérités. Ce qui nous permet ainsi, d’élaborer notre travail de recherche
en suivant un plan précis.

VI- L’ANNONCE DU PLAN


Pour l’élaboration de ce travail, nous avons réuni une importante
documentation. Ainsi, cette documentation réunie, nous a permis de structurer
ou de scinder notre travail en trois chapitres.
 Le premier chapitre met en exergue la présentation de façon générale les
Djimini
 Le second, quant à lui, montre la fondation, le peuplement et l’évolution de
Kafoudougou Bambarasso
 Enfin, le troisième et dernier chapitre évoque l’organisation sociopolitique,
économique et culturelle à Kafoudougou Bambarasso
Les évolutions socio-économiques et politiques sont les principaux points
abordés.

16
CHAPITRE I :
GENERALITE SUR LES DJIMINI

17
Dans ce chapitre, il est question pour nous de montrer d’une part les origines
des Djimini en général et d’autre part, la mise en place ou l’installation d’une
fraction de ce grand ensemble Djimini sur le site actuel Kafoudougou
Bambarasso, lequel site est considéré comme l’un des plus important du
monde Djimini .

I. ASPECTS GEOGRAPHIQUES ET LINGUISTIQUES DES


DJIMINI
Comme plusieurs peuples d’Afrique noire, les origines du peuple
Djimini constituent une difficulté à dénouer tant leurs origines remontent à des
périodes très reculées. Cette affirmation est soutenue par d’énormes Historiens
qui rencontrent des difficultés dans la reconstitution du passé d’un peuple.
D’après l’information du Père Jean Lejeune, << Le peuplement de la région
Djimini s’est fait par vague de migration successive, à l’image de celui de la
Côte d’Ivoire notre pays>>.
Cette difficulté entraine le plus souvent des contradictions au sein des
intellectuels notamment les Historiens et l’ensemble de l’opinion public.
Toutefois, nous essayerons de retracer cette partie de l’histoire de ce peuple
Djimini dont l’origine semble remonter à des périodes lointaines.

1. Aspects Géographiques
Le mot « Djimini »,selon les sources et le contexte, on observe
quelques variantes : A Dji-Mini , Djimini, Djiminis, Dyimini, Gimini, Jimini.
Le terme utilisé en général est le Djimini qui est une expression en langue
Dioula qui veut dire : <<Tourner autour de>>. Kafoudougou-Bambarasso est
une localité du centre de la Côte d’Ivoire et appartenant au département de
Dabakala, Région de la Vallée du Bandama. La localité de Kafoudougou-
Bambarasso est un chef-lieu de commune.
Le Djimini, une langue sénoufo dont le nombre de locuteurs était
estimé à 95 500 en 1993[3]. Le djimini est une langue qui comporte des
dialectes très distincts. Dans la région de Dabakala (la capitale régionale),
chaque sous-préfecture correspond à une zone dialectale bien définie. Cela a
contribué au succès de la langue malinké dans cette région. Ainsi, les sous-
préfectures de Boniéré, de Basswa, de Foumbolo,etDabakala ont toutes des
dialectes différents du djimini.

18
Louis-Gustave Binger y passe le samedi 26 janvier 1889[2]. Il écrit : «
On l’appelle indifféremment Dombasou, Dakhara ou Kafoudougou .
Kafoudougou n’est pas de création récente, à en juger par ses habitations
délabrées et les ordures entassées à portée du village ; aussi le séjour n’en est-
il pas précisément agréable.

2. Aspects Linguistiques

Du point de vue démographique, les Djimini sont estimés à 59 000


habitants répartis en cent huit villages, qui se subdivisent en dix-huit groupes
dialectaux, ayant en commun l’usage d’une variante de l’idiome sénoufo qu’ils
nomment bambara2. Outre cette langue, le diula3, (une variante du bambara
parlée au Mali), l’agni-baoulé (la langue des Akan) et le français occupent une
place importante dans leur vie quotidienne.
La population djimini-bambara se compose exclusivement d’individus
d’ascendance sénoufo. Ces membres (…).
De toutes ces langues, seuls le sénoufo et le dioula se reflètent dans les
habitudes coutumières du pays. D’ailleurs les Djimini d’aujourd’hui se
distinguent eux-mêmes moins comme des Sénoufo que comme la somme de
deux composantes socio-linguistiques4 : 1) les Djimini-bambara qui parlent
le sénoufo et partiellement le dioula ; 2) les Djimini-dioula qui se caractérisent
par l’usage exclusif du dioula. De plus, ces deux entités renvoient à des
considérations d’ordre religieux. Les Djimini-bambara ont une vie religieuse
reposant sur l’animisme, auquel se superposent l’islam et le christianisme, qui
ne concernent qu’une infime partie de la population. Pour ce qui est des
Djimini-dioula, la situation religieuse paraît moins floue, car ces derniers ne
pratiquent que l’islam. Mais derrière ce monothéisme se cachent des pratiques
animistes exercées par les Djimini-dioula, qui dénotent leur origine sénoufo.
Chez les Djimini, en dépit de l’avènement du monde moderne, les
animistes, notamment les Djimini-ba (…)
Les deux composantes sociolinguistiques ou socioreligieuses résultant
de la structuration des Djimini se reflètent dans l’espace. De fait, les dix-huit
groupes dialectaux qu’elles forment remontent à l’origine de la société qui ne
regroupait que des Sénoufo. La composition actuelle de celle-ci est

19
consécutive à l’islam qui, très tôt, s’est implanté dans le pays. Malgré cette
influence, devenue aujourd’hui un phénomène social de grande ampleur, la
structure originelle des Djimini demeure5. Le groupe dialectal conserve sa
dénomination sénoufo, qui sert également à désigner les individus et l’espace
géographique qu’ils occupent. En son sein, Djimini-bambara et Djimini-dioula
se distinguent par des habitats séparés, soit sous forme de villages, soit sous
forme de quartiers de villages.
Conformément à Ouattara Kérémassa, la forêt le long des fleuves et des
rivières est plus dense, des galléries de forêts sont alternées avec la savane
arborée et herbeuse.
Avec la réserve on trouve l’éléphant, le buffle, le phacochère, la grande
antilope, le grand bubale, l’antilope cheval, l’hippotragus équinus, le kob de
Buffon, l’antilope harnachée (gazelle), le cévicapra (wogoli en djimini), le
céphalophe (Loufagbonlongon en djimini), le lion, la famille des panthères,
l’hippopotame, les poissons d’eau douce, toutes les espèces de biches,
d’agoutis et de singes etc… La végétation et la faune Conformément à
Ouattara Kérémassa, la forêt le long des fleuves et des rivières est plus dense,
des galléries de forêts sont alternées avec la savane arborée et herbeuse. Avec
la réserve on trouve l’éléphant, le buffle, le phacochère, la grande antilope, le
grand bubale, l’antilope cheval, l’hippotragus équinus, le kob de Buffon,
l’antilope harnachée (gazelle), le cévicapra (wogoli en djimini), le céphalophe
(Loufagbonlongon en djimini), le lion, la famille des panthères,
l’hippopotame, les poissons d’eau douce, toutes les espèces de biches,
d’agoutis et de singes etc…

II. ORIGINE ET MIGRATION DES DJIMINI


Cette partie se donne pour objectif de retracer la création de
Kafoudougou. Elle mettra en exergue d’une part les points de départ de la ville
et l’historique du nom « Kafoudougou Bambarasso » d’autre part.

1. Différentes versions de l’origine des Djimini

D’après l’information Père Jean Lejeune, D’après l’information du


Père Jean Lejeune, le peuplement de DABAKALA s’est fait par vagues de
migration successives, à l’image de celui de la Côte d’Ivoire notre pays. Selon
l’histoire, le premier peuple à occuper cet espace est le « Djimini ». Venus du

20
« Mandé Kaba » du Mali, un chasseur et sa femme se sont installés à Korhogo.
Toujours en quête de gibier, ils progressèrent lentement dans la forêt où ils
décidèrent un jour de créer un campement qu’ils nommèrent « KAPELE » qui
signifie « je vais commencer ici dans la région ». Ainsi avec le
développement de la famille, ils ont eu des progénitures, qui à leur tour ont
fondé leur foyer. C’est ainsi que le petit frère de l’ainé est allé avec la femme
de son grand frère. Ce qui était strictement interdit en son temps ; cela était
sanctionné par une peine de mort. Le petit frère était donc attaché dans un coin
de la forêt, où tout coupable d’une telle faute était abattu. Il devait être tué le
lendemain. L’ami intime de son père installé à SARALA un campement de
KAPELE s’est rendu sur le lieu où était attaché le jeune. Il le libéra et se mit à
sa place. Le jour où il devait être tué, le père et son fils ainé se sont rendus
compte que c’est l’ami intime du père qui était là en lieu et place du fautif. Ils
détachèrent l’ami de son père et se rendirent au village ; là-bas l’ami du père a
ordonné au petit frère de quitter le village. Celui-ci quitta le village et alla
créer son campement qu’il nomma « Tohdanlan » qui veut dire « j’ai eu la
chance », qu’il surnomma par la suite « Kafou », qui signifie « venons nous
regrouper ». Le cadet de celui-ci le suivit quelques jours après ; car il ne
voulait pas laisser son frère seul. Les deux
frères installés à Kafou vont se séparer pour cause de chasse, et le petit frère
alla de son côté créer son campement sous le nom de « Yélignin » qui veut
dire « vous avez vu ? » qui deviendra par la suite « KOTOLO » et va se
rapprocher de DABAKALA à la demande du colon. Après cela, le premier
fils de celui qui s’est installé à Kafou3 est venu créer son campement du nom
de « Tagbonon » dont la racine du nom « Tagbon » qui veut dire "il faut
frapper". Ce chef de Tagbonon a reçu un groupe de chasseurs appelé
« Séwala »4 (percer l’éléphant) qui avaient des forgerons et des potiers
(N’Jéné) en leur compagnie. Les forgerons fabriquaient leurs flèches pour la
chasse et leurs outils de travail tandis que les potiers fabriquaient les canaris et
les ustensiles de cuisine. Suite à des problèmes de terre cultivables, les deux
frères (celui de Kafou et de Yelignin) ont décidé d’installer le forgeron entre
Kafou et Yelignin, les Séwala à Kafotcha (Kinguémougousso) et potiers à
Démbolo (Fénessiguédougou). Le forgeron a donné le nom de « N’gbanan » à
son campement qui veut dire « les hommes forts ». Le colon à la recherche des
noms des villages a trouvé le forgeron qui taillait la manche d’une daba et lui a
demandé le nom du village, le forgeron crut entendre « qu’est-ce que tu
fais ? » Il lui répond « dawakara » qui signifie « manche de daba » et c'est
ainsi avec les transformations « Dawakara » est devenu « DABAKALA » nom
donné à N’gbanan, ancien DABAKALA. Le nom du chasseur était
Yinguinlinfopan, sa femme s’appelait Manlan. SITUATION
GÉOGRAPHIQUE DJIMINI Site et démographie Le groupe Sénoufo-djimini
3
TOURE Dominique entretien à son domicile le 18/06/2022.
4
TOURE Gniguin entretien à son domicile le 18/06/2022.

21
est situé dans la région du Hambol et plus précisément dans le département de
Dabakala ; sa superficie est de 10. 000 km² environ. Au Nord il est limité par
le département de Ferkessédougou, au Sud par celui de Bouaké, à l’Est par
celui de Bondoukou et de Bouna, à l’Ouest par celui de Katiola. Selon
l’Ethnologue (Lewis 2009), le nombre d’habitants est de 95.500. Cependant,
selon l’estimation locale de la population, le nombre s’élève à cent 123.800
habitants. Le relief et limites environnementales. Conformément au Père P.
Mockers (Boniérédougou le 15 . . Août 1949), le pays Djimini va du 4° au 4°
50 de longitude [Link]-weech et du 8° au 8° 50 de latitude, limité à l’Est par
le fleuve comoé, à l’Ouest par le N’zi, au Sud par le pays Baoulé et au Nord
par la rivière Kinkinlin qui est aussi la limite du pays de Kong. Le pays
Djimini forme ainsi un grand quadrilatère de 10.000 km². Il est assez accidenté
et parsemé de groupes montagneux dont la hauteur varie entre 300 et 600
mètres; et des blocs rocheux jetés dans les plaines comme des grand pavés. Le
climat Le Djimini jouit d’un climat de transition avec deux saisons
marquantes, à savoir une saison sèche allant de de Novembre à Mars et une
saison pluvieuse allant d’Avril à Septembre. De Novembre à Mars et une
saison pluvieuse allant d’Avril à Septembre.

L’histoire de la naissance de Kafoudougou Bambarasso est associée à


des villages et des hommes emblématiques de cette société Djimini naissante.
Au nombre de ces villages, ceux de Tagbonon,Tédjala, Djénangannan,
Darala ,Yéminnin, Kongrasso etc…sont d’une importance majeure. Du côté
des hommes, Léssongon, Kafou sont les personnes historiques de ces
5
villages. La commune de Kafoudougou actuelle constitue une exception au vu
de la naissance de plusieurs autres villages de la Cote d’Ivoire. En effet, la
plupart des villages ont été soit des campements, soit des villages. Cet village
en tant qu’une entité communautaire qui évoluera dans son ensemble est
considéré comme le dépositaire de la tradition Djimini dans ladite zone. De ce
fait, le village de Kafoudougou actuelle serait considéré comme étant celui
qui a attribué à chaque village du département de Dabakala sa place
d’habitation actuelle.6
Rappelons de prime abord, que le village de Kafoudougou Bambarasso
est né de par l’initiative d’un chasseur appelé Kafou.
Les relations entre les colons et les indigènes, la politique coloniale et
la prospérité de la zone ont permis l’installation des peuples et la naissance

5
Coulibaly Djakalia entretien à son domicile le 11/06/2022.
6
Coulibaly Yefongohiri entretien à son domicile le 06/06/2022.

22
d’une entité communautaire. Toutefois, si Kafoudougou est un née de l’action
d’un chasseur, d’où vient alors le nom Kafoudougou Bambarasso

2. Causes et processus migratoires des Djimini

Dans un souci de fuir l’instabilité de la zone du Mandé et aux


problèmes économiques et sociales que vivaient l’ensemble des peuples, le
grand groupe voltaïque composé de plusieurs sous groupe migrent vers le Sud
en direction de la Côte d’Ivoire. C’est dans ce contexte que le peuple Djimini
va migrer également. D’après les sources recueillies la population était en
quête de terres fertile nouvelle propices à l’agriculture comme l’arachide, le
manioc, l’igname etc. et surtout en quête de gibiers, ce qui va les pousser à se
déplacer.
Quand ils vont arriver au Nord de la Côte d’Ivoire, dans la zone
autrefois appelé *Kôrgô*, ils seront insatisfait du sol de ladite zone donc, ils
vont migrer vers la zone du Centre Est en direction du Ghana. Cette nouvelle
zone ayant un climat favorable à leur demande, ils décident de s’établir dans
les zones suivantes : le Hambol et le Zanzan actuel. La population va
aménager le nouveau territoire afin d’amorcer leur nouvelle zone
d’occupation. C’est en ce sens qu’il va avoir son essor économique. Ajoutons
à cela, que la zone était riche en gibiers de toutes natures ce qu’il va consolider
leur attachement à la zone.

Nous l’avons déjà dit, Kafoudougou Bambarasso, est une création d’un
chasseur. D’où vient donc ce nom ? Tous les écrits sur l’origine de ce nom se
sont appuyés sur les dits de la tradition orale qui détient jusque-là le monopole
de retranscrire l’histoire du nom de ce village. Toutefois, plusieurs versions ne
permettent pas de comprendre aisément l’historique de ce nom. La
compréhension de celle-ci passe nécessairement par l’analyse de plusieurs
versions de ladite tradition. Parmi celles-ci nous ne retiendrons qu’un afin de
faire ressortir la plus plausible.
D’abord, rappelons que le nom Kafoudougou Bambarasso désigne la
commune. Ce nom était selon la tradition appelé « Tara-gningin », qui veut
dire terre rouge. En effet, pour pour l’ensemble du peuple Djimini de cette
zone le nom Kafoudougou est donné en fonction du nom de l’ancêtre qui est le
fondateur du village, qui est considéré aussi comme le dépositaire des bases du
village. En tenant compte de cette information, le nom Kafoudougou existait
bien avant la colonisation.

23
Rappelons que Kafoudougou Bambarasso n’était pas une entité
communautaire mais plutôt une communauté disparate. Ainsi, de toute
évidence, toutes ces communautés ne pouvaient donc pas donner un seul nom
à leur société d’autant plus qu’elles étaient scindées en tribus.

24
CHAPITRE II :
FONDATION, PEUPLEMENT ET EVOLUTION
DE KAFOUDOUGOU BAMBARASSO

25
La migration Djimini est l’une des migrations les plus complexes et
les plus mal retranscrit de l’historiographie du peuplement du Nord. La
migration comme nous l’avons signifiée un peu plus haut un processus de
déplacement de personnes d’une zone a une autre a la recherche d’une
situation favorable.

I. FONDATION ET PEUPLEMENT DE KAFOUDOUGOU


BAMBARASSO

1. Fondation du village
L’histoire de la naissance de Kafoudougou Bambarasso est associée à
des villages et des hommes emblématiques de cette société Djimini naissante.
Au nombre de ces villages, ceux de Tagbonon, Tédjala, Djénangannan, Darala
,Yéminnin, Kongrasso etc…sont d’une importance majeure. Du côté des
hommes, Léssongon, Kafou sont les personnes historiques de ces villages. La
commune de Kafoudougou actuelle constitue une exception au vue de la
naissance de plusieurs autres villages de la Cote d’Ivoire. 7 En effet, la plupart
des villages ont été soit des campements, soit des villages. Cet village en tant
qu’une entité communautaire qui évoluera dans son ensemble est considéré
comme le dépositaire de la tradition Djimini dans ladite [Link] ce fait, le
village de Kafoudougou actuelle serait considéré comme étant celui qui a
attribué à chaque village du département de Dabakala sa place d’habitation
actuelle.
Rappelons de prime abord, que le village de Kafoudougou Bambarasso
est née de par l’initiative d’un chasseur appelé Kafou.
Les relations entre les colons et les indigènes, la politique coloniale et
la prospérité de la zone ont permis l’installation des peuples et la naissance
d’une entité communautaire. Toutefois, si Kafoudougou est un née de l’action
d’un chasseur, d’où vient alors le nom Kafoudougou Bambarasso

2. Peuplement du village
La culture djimini est l’une des plus anciennes de Côte
d’Ivoire, Le peuple djimini est parmi les premiers arrivés sur le territoire
ivoirien. Ce peuple va beaucoup souffrir et sa culture influencée par le
mouvement d’arrivée des autres peuples (Baoulé, Malinké, Abron, etc.). Les
Djiminis connaissant l’art du fer et du bois vont faire face à ceux qui leur
7
Dictionnaire Djimini © 2017 Église Djimini®

26
déclarent la guerre. Ils vont perdre une bonne partie de la population qui va
s’évader.
Les Djiminis ont réussir à étendre leurs cultures dans le domaine de
l’art chez les Akans. Ils ont une culture défensive à tel point qu’ils sont partis
avec les Andohs de Prikro et les Taguanas pour défendre la population dans la
zone de l’actuel.8

II. EVOLUTION DU VILLAGE


Après leur installation, le peuple Djimini sera marqué entre le
XVIIIème et le XIVème siècle par le processus d’islamisation et de la
conquête de la zone Djimini.

1. La conquête de Samory Touré


Les sources recueillies auprès des nobles et sages du village nous ont
permit de retracer cette histoire cachée du peuple Djimini surtout les Djimini
de Kafoudougou. La pays était u État animiste comme toutes les autres ethnies
remplie de croyances de parts et d’autres. Quand Samory Touré arriva dans la
région il vit assez de villages aux croyances traditionnelles , il les transforme
par la force pour d’autres et pour certains pacifiquement a la croyance
islamique. Quelques villages soumis comme Darala, Gbôgôrô, Tédjala.
Au XIVème siècle un personnage, un ressortissant de Darala du nom
de Sangué Mory lors du passage de Samory Touré à Darala lui indique qu’il
existe un village rempli d’hommes vaillant et prêt spirituellement mais ce
village était totalement animiste. C’est dans ce contexte que Samory décide
d’attaquer le village afin de les convertir. La bataille fût équilibrée entre les
deux groupes. La population Djimini animiste avec la poudre à canon appelé
*N’Gbêgué* en Djimini résistait et on infligeait d’énormes pertes a l’armée de
Samory. Ceux-ci décident de battre en retrait. A vrai dire la puissance du
peuple Djimini de Kafoudougou était issue des armes mais le chef du village
Kafou et ses compagnons étaient animés un par puissant pouvoir mystique très
éloquent, raison de leur ténacité. Deux jours après le retrait de Samory et ses
troupes vers le Sud dans la zone de Darala, un mercenaire venu du Nord
annonce un fameux conquérant que le village qui résistait de façon ardue était
en manquance de poudre à canon d’où ils avaient envoyés une personne aller
en chercher au Ghana précisément à Kumassi. Étant mis au parfum de la
situation Samory attaqua le village a la surprise des habitants ; ce qui va les
pousser à fuir la zone et surtout le village a cause du massacre de la troupe de

8
Ancey (G), Exploitation agricole au pays Djimini-Djamala

27
Samory. Selon nos sources orales, certains s’étaient transformés en animales
fuyant les assauts de Samory Touré.
Par la suite de cet événement, certains ce sont retrouvés dans plusieurs
régions telles que le pays Boualé ,le pays Sénoufo, et le pays Abron où ils
seront assimilés dans ces différents groupes ethniques, jusqu’aujourd’hui
plusieurs d’entre eux sont à la recherche de leur terre d’origine de surcroît leur
village d’appartenance.

2. L’avènement de l’islam

L’islam s’est propagé à travers le monde Djimini et plus précisément à


Kafoudougou à l’issu des échanges entre le royaume de Kong, de Bouna et de
Marabadjassa. C’est ainsi, dans l’assimilation de ses échanges que la fusion de
L’islam avec la population s’est déroulée. La vie religieuse de cette partie de la
population a complètement changée comme exemple, le village de Darala avec
cent pourcent de musulmans. L’ensemble de ces évènements qui part des
échanges commerciaux jusqu’à l’arrivé de Samory Touré, ce qui marque
L’islamisation malgré le fort taux d’animistes à cinquante cinq pourcent de
convertis.

28
CHAPITRE III :
ORGANISATION SOCIOPOLITIQUE, ECONOMIQUE
ET CULTURELLE A KAFOUDOUGOU
BAMBARASSO

29
L’évolution et l’organisation de Kafoudougou Bambarasso ont changé ou
transformé la vie culturelle de ses habitants. Depuis l’installation, plusieurs
structures se verront modifier au fil du temps. De la chefferie au canton,
l’organisation politique et administrative du village a été bouleversée

I. L’ORGANISATION SOCIOPOLITIQUE

1.a. organisation politique avant la colonisation


Avant l’administration coloniale, le pays Djimini était organisé en
chefferie coutumière et était composé de plusieurs groupes ayant chacun a sa
tête un chef de groupe. Ainsi on avait les chefs de groupes tels que les
Ouattara, les Coulibaly, les Fofana, les Cissé, les Touré. A qui la propriété du
village revenait aux Ouattara, la chefferie aux Fofana et la tête des lignages les
Coulibaly et les Touré.

1.b. organisation politique après la colonisation

A la suite, dans le souci de mieux maîtriser cet ensemble


l’administration coloniale avait procédé à un regroupement des vingt groupes
en cinq cantons dirigés chacun par un chef de canton. Ce sont :- Le Canton
Djimini Central qui est celui de Kafou : deux groupes – Le Canton Djimini Est
qui est celui de Kotolo : neuf groupes – Le Canton Djimini Nord qui est celui
de Sokala9 : sept groupes – Le Canton Djamala Est qui est celui de Satama
Sokoura : un groupe – Le Canton Djamala Ouest qui est celui de Satama
Sokoro : un groupe Organisation administrative de nos jours Le département
de Dabakala compte à présent (1975-2017) 10 sous-préfectures qui sont : - La
sous-préfecture de Dabakala – La sous-préfecture de Boniérédougou – La
sous-préfecture de Foumbolo – La sous-préfecture de Bassawa – La sous-
préfecture de Satama sokoro – La sous-préfecture de Satama sokoura – La
sous-préfecture de Niéménin – La sous-préfecture de Sokala sobara – La sous-
préfecture de Tindènin – La sous-préfecture de Yaossédougou Les mois de
l’année en Djimini N° Djimini Français 1 Yawosogolo Janvier 2 Wembirikoon
Février 3 Nengewagayenge Mars 4 Mirigbose Avril 5 Sikanopere Mai 6
Karimaneyeri Juin 7 Kariwaga Juillet 8 Tugutaan Août 9 Yewogo Septembre
10 Yesupye Octobre 11 Supurugo Novembre 12 Suyirigbogo Décembre.

9
Thoret (J.C), les djiminis, éléments organisations sociale, Abidjan, institue

Youssouf (T.C), confrérie des chasseurs Malinké et Bambara, étude (broché). Paru en
10/1994.

30
3. L’organisation sociale

Chez les Djimini-bambara, qui sont les garants de la tradition sénoufo,


sagbara est le nom donné aux rites d’excision. De fait, sangbara est un terme
polysémique s’appliquant en premier lieu à une institution initiatique qui se
présente comme le principal vecteur du jeu social djimini. Facteur de cohésion
sociale, cette institution se fonde sur le clivage sexuel. Dès lors, on distingue
dans la société deux branches du sangbara : une branche féminine et une
branche masculine qui, on s’en doute, sont consubstantielles, bien qu’elles
recouvrent chacune des traits spécifiques.
Ainsi, au sein du sangbara féminin apparaît le ponon, une structure
interne dont les membres, uniquement des femmes âgées, ont la charge des
questions touchant à la pratique de l’excision. Cette structure se révèle comme
une académie, que dirige une femme spécialisée dans l’acte chirurgical
afférent à l’excision que les Djimini appellent initiation, tout comme
l’ensemble des rites prenant corps dans le cadre du sagbara. Ponon-fô (titulaire
du ponon) est la dénomination de cette femme qui a hérité de sa fonction à la
suite de la mort de sa mère ou d’une proche parente qui en était la détentrice.
Au sein de la société et dans chacun des dix-huit groupes dialectaux qui la
composent se trouve au moins une représentation du ponon. Au reste,
l’organisation de ce dernier à travers le pays reflète la structuration de la
population qui révèle cinq clans. A l’intérieur de chaque clan, il existe autant
de ponon que de lignages, de sorte que tout sujet à initier l’est parmi les siens.
L’initiation au sangbara est donc un rite qui objective tout à la fois une
conscience collective, celle de la société globale, et une individualité sociale,
notamment le lignage. En effet, ses règles et ses modalités pratiques sont
identiques pour toutes les Djimini, et ce, malgré l’islamisation systématique
des femmes djimini-dioula. Ce facteur religieux explique sans doute pourquoi,
dans la plupart des villages ou quartiers de village que ces femmes habitent, il
n’existe aucune représentation du culte initiatique. Mais, comme chaque
habitation de Djimini-dioula est sous tutorat d’un village djimini-bambara, les
femmes dioulas se déplacent chez des consœurs animistes de leur clan qui
détiennent le ponon, à l’occasion des cérémonies d’excision.
Le temps initiatique des femmes djimini s’ouvre à l’occasion de
funérailles qui conditionnent les rites d’excision. Il s’ensuit une période de
réclusion, de durée variable d’un ponon à l’autre (un à six mois), au terme de
laquelle intervient une cérémonie réhabilitant les initiées à la vie normale.
Dans la tradition djimini, les rites d’excision se déroulent en un cycle

31
initiatique comportant deux parties. La première et la seconde sont
respectivement consacrées à la mutilation partielle du clitor
is et des petites lèvres vaginales des sujets à initier. Du reste, cette
subdivision coïncide avec deux catégories d’initiées que les Djimini nomment
sangbafire et sangbagboro.

II. L’ORGANISATION ECONOMIQUE ET CULTURELLE

1. Organisation économique

L’agriculture du village est essentiellement basée sur les cultures


vivrières notamment l’igname, le maïs, le riz, le manioc, le haricot, le mil, le
sorgho, l’arachide, la pistache, le piment, le gombo, l’aubergine. On y trouve
de l’anacarde, le coton, la canne à sucre et la banane comme culture de rente
les sols sont profonds et de texture sablo-argileuse. Ils sont favorables à la
culture de l’igname, du maïs, de l’arachide et de l’anacarde. Le nouveau projet
constitue une opportunité de développement de l’agriculture de Panagana.
Mais le système de production est de type extensif consommant une quantité
importante d’espace pour des rendements modestes. Ceci constitue un danger
pouvant conduire à la dégradation du couvert végétal, la baisse de la fertilité
des sols et l’exacerbation des conflits fonciers. Les plantations d’anacardiers
occupent une proportion importante des surfaces cultivées ces dernières
années à cause de la demande du produit sur le marché international. Le projet
2PAI Nord va contribuer à cette extension de champs d’anacardiers.
Le bec fuselé de la figure sculptée au sommet divise verticalement ce
masque africain des Ligbis, Djimini. Rehauts tricolores et incrustations de
métal doré rehaussent les traits marqués de scarifications en « moustaches de
chat ». D’étroites fentes forment le regard, et la bouche se résume également à
une mince ouverture. Patine brun rougeâtre satinée. Établis en Côte d’ivoire,
mais aussi au Ghana, les Ligbis, islamisés, ont cependant subi l’influence de la
sculpture tribale Senoufo . Ils en ont emprunté des éléments qu’ils ont intégrés
dans les masques africains liés à la société du do. Cette tradition masquée a été
conservée pour se manifester lors des fêtes religieuses accompagnées de
sacrifices et de chants telles que la fin du poro.

32
2. Organisation culturelle

Le Djômênê est une fête traditionnelle que le peuple Djimini a hérité


des Dioula. Elle est annuelle et la date de célébration varie d’une année a une
autre. Si jadis les parents usaient de cette période pour laver les décoctions de
plantes devant protéger eux et les siens, des actions maléfiques des sorciers le
canton Kafou en a fait une activité d’identification ,de conservation et lde
gestion des sites naturelles sacrés autour du parc national de la Comoé. Déplus
, chants et danses rythme la localité. La fête des ignames a été initiée pour
réunir les enfants de Kafoudougou afin de commémorer et consolider les liens
fraternels. Le mariage est un élément essentiel dans la culture Djimini .
La danse funéraire des femmes djimini concerne uniquement la
communauté animiste, car chez les musulmans la prescription coranique exclut
une telle pratique. Elle se présente comme un ballet circulaire opposant un
groupe de danseuses à un ensemble réduit de percussionnistes. Elle consiste en
une marche ponctuée de manière intermittente par un mouvement ondulatoire
des épaules que les participantes effectuent à l’unisson, le buste penché en
avant7. Sa configuration révèle deux files concentriques de danseuses, qui se
referment sur trois à cinq joueuses de timbales assises à même le sol et deux
chanteuses solistes, et dont la plus petite rassemble des recluses, notamment
les filles qui accomplissent la fin du cycle initiatique, qui se distinguent ainsi
des « anciennes » (les femmes ayant déjà effectué la totalité des rites
d’excision imposés par le ponon) formant l’autre file. Dans le déroulement de
la musique, les deux solistes, issues du groupe des « anciennes », s’opposent
au reste des participantes qui forment le chœur.
La nature et le nombre des instruments accompagnant la danse varient d’un
lignage à l’autre. En règle générale, ils se composent d’au moins trois timbales
en poterie accordées différemment qu’on appelle djapin’gele (tambours de
femmes), et de membranophone exclusivement détenus et joués par les
femmes dans le cadre de leur institution initiatique. Dans certains lignages, on
rencontre cinq timbales et un idiophone métallique.
Le répertoire vocal de la danse funéraire associe deux types de pièces : des
pièces initiatiques et d’autres, spécifiques au contexte des funérailles. Les
premières, de caractère métaphorique, se réfèrent exclusivement aux différents
aspects du ponon ; les secondes, dédiées à la mémoire d’une défunte,
interpellent la conscience collective sur l’idée de la mort. Les deux chants
transcrits ci-dessous illustrent cet Aspect de la musique funéraire féminine.
Les transcriptions qui en résultent, tout comme celles qui vont suivre plus loin,
se limitent aux textes, car ces derniers apportent plus de lumière sur le contenu
idéologique de leurs déterminants sociaux que les mélodies qui les véhiculent.

33
CONCLUSION GÉNÉRALE

34
Au terme de notre analyse, il convient de retenir que l’étude que nous
venons d’entreprendre est une modeste contribution à l’histoire de la région
Kafoudougou. Elle a permis de lever le voile sur certains pans de son histoire.
Cette étude nous a, en effet, permis de comprendre certains éléments du passé
et l’évolution du village de Kafoudougou Bambarasso. En effet, l’étude qui
s’est élaborée en trois séquences, a d’abord jeté un regard rétrospectif sur le
peuplement de la région. Dans cette partie, il s’est avéré que le peuplement de
cette région est indissociable à celui du monde Djimini en général. Ce fut un
mouvement progressif et lent qui s’est fait en plusieurs étapes dont la dernière
fut celle de des Djimini Djamila dans la région actuelle de Dabakala. Au
départ, c’était une société d’agriculture et chasseur. Cette société s’unifie au fil
du temps. Ce phénomène permet de fonder le village de Kafoudougou. Notre
premier objectif qui était de présenter la création et le peuplement
Kafoudougou est donc atteint. Ainsi, la première hypothèse est donc vérifiée.
Ensuite, dans la seconde partie, nous avons étudié l’impact de
l’islamisation fait de la migration sur la région qui était notre second objectif.
En effet, l’islam dont les effets n’ont laissé aucune société indifférente a aussi
bouleversé non seulement la structure sociale de la région mais aussi sa
gestion politique qui se retrouve aux mains des musulmans. L’impact de
l’islam a été déterminant dans la mesure où il a modifié et a contribué à la
dispersion des populations. L’islamisation aurait influencé la société Djimini
de Dabakala ce voit donc se voit donc vérifiée.
Enfin, nous avions pour troisième objectif d’examiner l’évolution de la
localité de Kafoudougou dans la troisième et dernière partie de notre étude.
Cette partie a mis en lumière les mutations voire l’évolution du village sur tous
les plans depuis 1900 jusqu’en 1990, date qui marque la fin de notre étude. A
ce stade de nos dits, il convient de retenir qu’au niveau social et économique,
les mutations se sont opérées à partir des années 1990, période des vagues
migratoires dans cette localité. Cette implantation des peuples à Kafoudougou,
a non seulement bouleversé la configuration et l’organisation sociales mais
aussi, a profondément changé le cours de l’économie de la région étudiée. En
effet, d’une économie de subsistance, nous passons à une économie de
plantation et de rente. La situation politico-administrative d’avant
1avenement samory toure ne sera plus la même après cette date. En effet, déjà
à l’aube des indépendances, la gestion politique et administrative est mise aux
mains de la population locale d’où la mise en place de la sous-préfecture de
Dabakala. Devant l’accroissement de la population, l’Etat se voit contraint
d’ériger la localité en Département puis en commune. Tous ces éléments nous
permettent de vérifier notre troisième et dernière hypothèse.
En définitive, plusieurs aspects de l’histoire de la localité Kafoudougou
ont été éclairés mais il en reste autant à éclaircir. Cette étude n’a pas en effet,

35
la prétention d’être exhaustive mais elle a le mérite d’apporter la lumière sur
quelques zones d’ombre en ce qui concerne l’histoire de Kafoudougou
Bambarasso, qui a longtemps été laissé dans les oubliettes de bien des
chercheurs. Il est donc impératif, dans un avenir plus proche, d’élucider
d’autres pans de cette histoire. Il s’agira notamment de chercher à répondre à
un certain nombre de préoccupations qui ne cessent d’importuner bien des
personnes vivant ou non dans la localité Kafoudougou Bambarasso . Au
nombre de celles-ci, nous pouvons poser ces questions suivantes :
Comment s’est faite l’implantation du christianisme dans cette zone autrefois
animiste et islamique ?
Comment se fait toutes les cérémonies initiatiques chez les Djimini de
kafoudougou bambarasso ?
Comment coexistent les religions révélées et les pratiques ancestrales Djimini
dans cette zone ?
Autant de questions qui méritent des réponses claires dans l’avenir afin
d’apporter sa contribution à cette histoire qui n’en demeure pas moins riche de
la localité de Dabakala.

36
SOURCES ET BIBLIOGRAPHIES

37
1 – Sources orales

1. Nom et Thème
Fonction Lieu, date et heure d’entretien
prénom d’entretien
1 Coulibaly L’origine
Agriculteur, Kafoudougou bambarasso.
Yefongo sur le
chasseur 06/06/2022
hiri peuple
2 Us,
Coulibaly Chef de tradition et Kafoudougou
Tiègbè lignage origine du bambarasso.06/06/2022
peuple
3 La
Fofana Chef de fondation
Badjaga terre Kafoudougou bambarasso.
et le
07/06/2022
fondateur
du village
4 La culture
Président
Coulibaly et Kafoudougoubambarasso11/0
des jeunes
Djakalia l’initiation 6/2022
du village
au poro
5 Le pouvoir
Touré
et la
Dominiq Encadreur Bouaké. 18/06/2022
gouvernanc
ue
e
6 Les fêtes et
Touré Commerçant l’initiation Ferkessedougoupar vidéo
Gniguin e des appel. 20/06/2022
femmes
7 L’art et les
Ouattara Infirmiers danses Klofakaha par vidéo appel.
Bally klofakaha traditionnel 26/07/2022
les
8 Chef de La
Coulibaly
poste à migration
kafou Ferkessedougou . 01/07/2022
ferkessedou et le
Pascal
gou fondateur
9 Lesdanses
Constant
Enseignant funéraires Ferkessedougou. 01/07/2022
Joël
et chants
1
0 Coulibaly Cause de la
Orpailleur Yeminin. 18/07/2022
Basile migration

38
1 Rite et
1 Fofana coutumes
Enseignant
François en pays
djimini

39
2 – Bibliographies

Thoret (J.C), les djiminis, éléments organisations sociale, Abidjan, institue


d’ethnosociologie, 1969, 173p.
EKANZA (S.P.), L’histoire, notre métier, L’Harmattan, Paris, 2007, 272p.
Encyclopédie Universalis, 198,1176p.
GAUZE (L.A.), « Contribution à l’histoire du peuplement de la Côte-
d’Ivoire » in annales de
l’Université d’Abidjan, Série F : Ethnosociologie, 1969.
Ki ZERBO (J.), Histoire générale de l’Afrique, tome V : L’Afrique du XVIe au
XVIIIe siècle,
directeur de volume : Bethwell Allan (OGOT), éd. Unesco, pp 415-425.
Le petit Larousse illustré, 2012, 1784p
Le Nouveau petit Robert, 1994, 1086p
LOUCOU (J.N.), Histoire de la Cote d’Ivoire : Formation des peuples, tome
1, éd. CEDA,
Abidjan, 1984, 208p.
Mémorial de la Cote d’Ivoire, deuxième édition, pp 150-172
VASINAN (J.), De la tradition orale : essai de méthodologie historique,
Tervuren, Musée royal de l’Afrique centrale, 1961, 179p.
Binger (L.G), du Niger au golfe de Guinée, vol. 2, Hachette, 1892, P. 214.
Youssouf (T.C), confrérie des chasseurs Malinké et Bambara, étude (broché). Paru en
10/1994.
Histoire générale de l’Afrique, tome IV, chapitres 6&7, éd, présence Africaine/
UNESCO/ EDICEF, 1991.
Jean Jolly, histoire du continent Africain, tome 1, l’harmattan, 1996.
COULIBALY Sidiki, GREGORY Joël et PICHE Victor. – les migrations voltaïques.
Tome 1. Importance et ambivalence de la migration voltaïque. Ottawa. Centre de
recherche pour le développement international. 1980, 144p.
Dictionnaire Djimini © 2017 Église Djimini®
ALLOU (K.R), histoire coloniale de la Cote d’Ivoire, 1893 – 1960.
Ancey (G), Exploitation agricole au pays Djimini-Djamala

40
Table des matières

DÉDICACE............................................................................................................................................4
REMERCIEMENTS.............................................................................................................................5
SOMMAIRE..........................................................................................................................................6
INTRODUCTION GENERALE..........................................................................................................6
I-JUSTIFICATION ET INTÉRÊT DU SUJET.............................................................................8
1-Motivation...................................................................................................................................8
1.1-Motivation personnelle...........................................................................................................8
1.2-Motivation scientifique...........................................................................................................8
2- Intérêt scientifique.....................................................................................................................9
II- DÉFINITION DU SUJET...........................................................................................................9
1/ L’approche définitionnelle des termes du sujet......................................................................9
2/ Les bornes chronologiques du sujet.......................................................................................10
3_ Le cadre géographique de la zone de Kafoudougou Bambarasso......................................11
III- ÉTAT DE LA QUESTION......................................................................................................12
IV- PROBLÉMATIQUE................................................................................................................14
1-Les objectifs de la recherche...................................................................................................14
1.1-L’objectif général..................................................................................................................14
1.2-Les objectifs spécifiques........................................................................................................14
2- Les hypothèses de la recherche..............................................................................................15
V- APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE......................................................................................15
VI- L’ANNONCE DU PLAN..........................................................................................................16
I. ASPECTS GEOGRAPHIQUES ET LINGUISTIQUES DES DJIMINI...........................18
1. Aspects Géographiques.......................................................................................................18
2. Aspects Linguistiques..........................................................................................................19
II. ORIGINE ET MIGRATION DES DJIMINI....................................................................20
1. Différentes versions de l’origine des Djimini....................................................................20
2. Causes et processus migratoires des Djimini....................................................................23
I. FONDATION ET PEUPLEMENT DE KAFOUDOUGOU
BAMBARASSO...............................................................................................................................26
1. Fondation du village............................................................................................................26
2. Peuplement du village.........................................................................................................26
II. EVOLUTION DU VILLAGE.............................................................................................27

41
1. La conquête de Samory Touré...........................................................................................27
2. L’avènement de l’islam.......................................................................................................28
I. L’ORGANISATION SOCIOPOLITIQUE...........................................................................30
1.a. organisation politique avant la colonisation.................................................................30
1.b. organisation politique après la colonisation.................................................................30
2. L’organisation sociale............................................................................................................31
II. L’ORGANISATION ECONOMIQUE ET CULTURELLE...........................................32
1. Organisation économique...................................................................................................32
2. Organisation culturelle........................................................................................................33
1 – Sources orales.............................................................................................................................38
2 – Bibliographies............................................................................................................................39

42

Vous aimerez peut-être aussi