LECTURE LINEAIRE
Olympe de Gouges, extrait du postambule ( 1791)
Je voudrais encore une loi qui avantageât les veuves et les demoiselles trompées par les fausses
promesses d’un homme à qui elles se seraient attachées ; je voudrais, dis-je, que cette loi forçât
un inconstant à tenir ses engagements, ou à une indemnité proportionnelle à sa fortune. Je
voudrais encore que cette loi fût rigoureuse contre les femmes, du moins pour celles qui auraient
le front de recourir à une loi qu’elles auraient elles-mêmes enfreinte par leur inconduite, si la
preuve en était faite. Je voudrais, en même temps, comme je l’ai exposée dans le bonheur primitif
de l’homme, en 1788, que les lles publiques fussent placées dans des quartiers désignés. Ce ne
sont pas les femmes publiques qui contribuent le plus à la dépravation des moeurs, ce sont les
femmes de la société. En restaurant les dernières, on modi e les premières. Cette chaîne d’union
fraternelle o rira d’abord le désordre, mais par les suites, elle produira à la n un ensemble
parfait.
J’o re un moyen invincible pour élever l’âme des femmes ; c’est de les joindre à tous les
exercices de l’homme : si l’homme s’obstine à trouver ce moyen impraticable, qu’il partage avec
la femme, non à son caprice, mais par la sagesse des lois. Le préjugé tombe, les moeurs
s’épurent, et la nature reprend tous ses droits. Ajoutez-y le mariage des prêtres ; le Roi, ra ermi
sur son trône, et le gouvernement français ne saurait plus périr.
ff
ff
fi
fi
fi
ff