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Planification urbaine à Bouira

Ce document traite de la planification urbaine à travers les instruments d'urbanisme et la démarche prospective, avec une étude de cas sur la ville de Bouira. Il présente le contexte théorique de la planification urbaine et de la prospective territoriale, ainsi que l'évolution historique des politiques d'aménagement et d'urbanisme en Algérie.

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Planification urbaine à Bouira

Ce document traite de la planification urbaine à travers les instruments d'urbanisme et la démarche prospective, avec une étude de cas sur la ville de Bouira. Il présente le contexte théorique de la planification urbaine et de la prospective territoriale, ainsi que l'évolution historique des politiques d'aménagement et d'urbanisme en Algérie.

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université de Institut de Gestion et


Constantine 3 Techniques urbaines

N° d’ordre : …………….……..
Série : ……………………………

Thème
La planification urbaine à travers les instruments

d’urbanisme et la démarche prospective ;

Etude de cas : ville de Bouira

Mémoire présenté par : Mr. AMIR Amar


Pour l’obtention du diplôme de magister en gestion des villes et gouvernance
Sous la direction du : Pr. BENMISSI Ahcene

Membres du jury :

Pr. ALKAMA Djamel Président Pr Université de Guelma


Pr. BENMISSI Ahcene Promoteur Pr Université de Constantine 3
Dr. NEZZAL Salima Examinatrice MC Université de Constantine 3
Dr. BENIDIR Fatiha Examinatrice MC Université de Constantine 3

Soutenu le : ……..../………. /…..…..


Année universitaire : 2014-2015
Remerciement

Je remercie d’abord le bon dieu de m’avoir donné le courage et la


patience d’arriver au terme de ce travail. Ensuite, je dois manifester une
reconnaissance profonde au professeur BENMISSI Ahcene, qui a encadré et a
suivi de près ce travail.
Mes remerciements vont également aux membres du jury, qui ont

accepté et qui vont évaluer la qualité de mon modeste travail. Qu’ils trouvent

ici, en mon nom, ma reconnaissance la plus sincère.

Je remercie ainsi tous ceux qui m’ont donné le courage, le soutien

nécessaires pour accomplir ce travail.

A. Amar
Dédicace

 Je dédie ce modeste travail avec emble affection à mes parents qui m’ont

aidé depuis ma naissance.

 A mes frères,

 A mon neveu, Ange de la famille « Adam ».

 A toute la famille Amir,

 A mes amis de la post-graduation.

 A celle que j’admire beaucoup et sa petite famille « Fouzia Zad ».

A. Amar
Sommaire

Introduction générale………………………………………………………………..…….I
1. La problématique ………………………………………………………………….…….II

2. Les Hypothèses de recherche ……………………………………………………….…..V

3. Objectif du Travail ……………………………………………………………………..VI

4. Motifs du choix du thème………………………………………………………...……VII

5. Méthodologie d’approche …………………………………………………………….VIII

6. Contraintes de recherche ………………………………………………………………..X

PARTIE I : CADRE THEORIQUE


Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau
Introduction……………………………………………………………………………..…2
1. La planification urbaine, concept et origine………………………………………..…4
1.1. Origine de la planification urbaine…………………………………………………..…4
1.2. Planification urbaine en Algérie……………………………………………………..…5
1.2.1. Analyse critique de la gestion urbaine en Algérie…………………………………....7
1.3. Définition de la planification urbaine……………………………….……………….…9
2. Les objectifs de la planification urbaine………………………….…………………..12
2.1. Objectifs de nature économique………………………………………………………12
2.2. Objectifs de nature écologique………………………………………………………..13
2.3. Objectifs de nature politique …………………………………………………………14
3. Efficacité de la planification urbaine et participation des acteurs ………………...14
3.1. Les acteurs politiques ………………………………………………………………...15
3.2. Les acteurs économiques……………………………………………………………...15
3.3. Les associations……………………………………………………………………….15
3.4. Les usagers……………………………………………………………………………15
4. Les attendus de la planification urbaine……………………………………………..16
5. Echec de la planification urbaine classique………………………………………….17
6. De la planification urbaine classique à planification urbaine stratégique…………20
6.1. Définition de la Planification urbaine stratégique…………………………………….20

~1~
Sommaire

6.2. Les caractéristiques de la planification urbaine stratégique…………………………..21


6.3. Gouvernance et démocratie participative au service de la planification urbaine
stratégique…………………………………………………………………………….22
Conclusion ………………………………………………………………………………..25

Chapitre II : La prospective, un nouveau regard sur la planification


urbaine

Introduction…………………………………………………………….……….………..27
I. la prospective un nouveau regard…………………………………………………….28
I.1. Généralités…………………………………………………………………………….28
I.2. Définition de la prospective …………………………………………………………..29
I.3. Evolution et fondement de la prospective……………………………………………..30
I.3.1. Aux Etats Unis ……………………………………………………………………...30
I.3.2. En France……………………………………………………………………………31
I.3.2.1. Emergence d’un nouveau concept et fondement………………………………….31
I.3.2.2. L’institutionnalisation……………………………………………………………..32
I.3.2.3. L’administration prospective……………………………………………………...32
I.4. Finalité de la prospective……………………………………………………………...34
II. la prospective territoriale…………………………………………………………….35
II.1. Définition …………………………………………………………………………….35
II.2. Fondement de la prospective territoriale …………………………………………….36
II.3. Les facteurs du succès de la démarche prospective territoriale ……………………...37
II.4. Articulation entre la prospective et la planification ………………………………….39
III. Expérience étrangère ………………………………………………………………..41
III.1. La planification urbaine Française, nouveaux outils pour une nouvelle démarche…41
III.2. Définition du SCoT …………………………………………………………………41
III.2.1. Echelles et temporalités du SCoT ………………………………………………...42
III.2.2. La gouvernance, la clef de la réussite ………………………………………….….43

~2~
Sommaire

III.2.3. La concertation au service de l’élaboration du SCoT……………………………..43


III.2.4. Le SCoT au service du développement durable …………………………………..44
III.2.5. Le SCoT et les thématiques abordées ……………………………………………..45
III.3. procédures d’élaboration d’un SCoT ……………………………………………….46
III.3.1. Définition du périmètre …………………………………………………………...46
III.3.2. Inscription de l’étude ……………………………………………………………...46
III.3.3. Arrêt du projet du SCoT …………………………………………………………..47
III.3.4. Enquête publique ………………………………………………………………….47
III.3.5. Approbation du SCoT …………………………………………………………….47
III.4. Le contenu du SCoT...………...……………………………………………………..50
III.4.1. Le rapport de présentation…………………………………………………………50
III.4.2. Le plan d’aménagement et du développement durable…………………………....50
III.4.3. Le document d’orientations et d’objectifs (DOO)………………………………...50
Conclusion………………………………………………………………………………...52

Chapitre III : La politique d’Aménagement et d’urbanisme en Algérie

Introduction………………………………………………………………………………55
I- Evolution historique de la politique urbaine en Algérie…………………………….56
I-1- L’urbanisme colonial d’avant 1919………………………………………………...…56
I-2- Urbanisme de Plan (1919 – 1948)…………………………………………………….56
I-3- Apparition de la planification urbaine (1948 – 1962)………………………………...57
A- Le Plan d’urbanisme Directeur (PUD)…………….…………………………...57
B- Plans de détails…………………………………………………………………58
C- Les plans d’urbanisme et de restructuration ………………………………...…58
D- Le programme d’équipements urbains et le plan de modernisation et
d’équipements…………………………………………………………………58
E- Les programmes d’urbanisme et les zones à urbaniser………………………...59
I-4- la politique urbaine d’après l’indépendance………………………………..…………59

~3~
Sommaire

I-4-1- La période 1962 – 1966 : une période de transition………………………….……..60


I-4-2- Conscience de l’équilibrage territorial (1967 – 1977)………………………….…..60
I-4-2-1- Le premier plan triennal (1967- 1969)……………………………………………61
I-4-2-2- Le premier plan quadriennal (1970 – 1973)……………………………………...61
I-4-2-3- Le deuxième plan quadriennal (1974 - 1977)…………………………………….61
I-4-2-4- Le plan communal de développement (PCD) et le plan de modernisation urbaine
(PMU)……………………………………………………………………………62
I-4-2-5- le Plan d’Urbanisme Directeur (PUD), un nouvel outil de gestion spatiale…..….63
I-4-2-5-1- caractéristiques et lacunes du PUD…………………………………………….65
I-4.2.6 – le plan d’urbanisme provisoire (PUP)…………………………………………...67
I-4-2-7- les instruments d’urbanisme opérationnels…………………………………….…67
I-4-2-7-1- les Zones d’Habitat Urbaines Nouvelles (ZHUN)……………………………..67
I-4-2-7-2- les lotissements…………………………………………………………………68
I-4-2-7-3- la zone d’aménagement concentrée (ZAC)…………………………………….68
I-4-3- période (1978 – 1988) ; début d’apparition de l’aménagement du territoire……….68
I-4-3-1- les instruments d’aménagement du territoire……………………………………..70
I-4-3-1-1- le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT)…………….……..71
I- 4-3-1-2- le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire (SRAT)……………….…74
I-4-3-1-3- Le Plan d’Aménagement de Wilaya (PAW)…………………………………...75
I-4-4- période de 1990 à nos jours : nouveaux instruments d’urbanisme et retour de
planification spatiale……………………………………………………………….76
II- Les instruments d’urbanisme en Algérie……………………………………………79
II- 1- PDAU outil de planification urbaine………………………………………………..80
II-1-1- Définitions d’un PDAU……………………………………………………………80
II-1-2- Les Objectifs du PDAU……………………………………………………………80
II-1-3- les secteurs d’urbanisation du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme….81
II-1-3-1- le secteur urbanisé……………………………………………………………….81
II-1-3-2- le secteur à urbaniser…………………………………………………………….81
II-1-3-3- le secteur à urbanisation future…………………………………………………..82
II-1-3-4- le secteur non urbanisable…………………………………………………….....82

~4~
Sommaire

II-2- Procédures administratives d’élaboration du PDAU………………….………....82


II-2-1- Prescription de l’étude………………………………………………….………….82
II-2-2- Arrêté de délimitation de l’aire de l’étude………………………………..…….….83
II-2-3- Concertation et recueil des données …………………………….…….………..…83
II-2-4- Adoption du PDAU……………………………………………………….……….83
II-2-5- Enquête d’utilité publique ………………………………………….……………..84
II-2-6- Approbation de l’étude du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme.….…84
Conclusion………………………………………………………………………………...87

PARTIE II : CADRE PRATIQUE

Chapitre I : Processus de croissance, de transformation et de fabrication


de la ville de Bouira ; diagnostic et analyse.

Introduction ……………………...………………………………….…….………..……90
I- Présentation de la commune dans son contexte régionale………………….……….91
II. Evolution urbaine de la ville de Bouira……………………………………………...93
II.1. Epoque précoloniale …………………………………………………………………93
II.1.1. Naissance de la ville………………………………………………………………..93
II.1.2. Epoque Turque……………………………………………………………………..93
II.2. Epoque coloniale……………………………………………………………………96
II.2.1. période 1868-1930 : Création de la commune et du village colonial………………96
II.2.2. Période 1930-1958 : Essor de la ville………………………………………………98
II.2.3. Période 1958-1962 : Plan de Constantine…………………………………………100
II.3. Epoque de l’indépendance………….……………………………………………..102
II.3.1. Période 1962-1974 : Occupation des biens vacants……………………….…..….102
II.3.2. Période 1974-1980 : La forte urbanisation de la ville de Bouira……………….…104
II.3.3. Période 1980-1994 : le Zoning……………………………………………………104
II.3.4. Période 1994-2008 : Impact des nouveaux instruments d’urbanisme…………….106

~5~
Sommaire

II.3.5. Période d’après 2008 : Révision de PDAU de Bouira…………………………….108


III. Analyse du système urbain ; impact du non maitrise du PDAU sur la ville de
Bouira……………………………………………………………………………….109
III.1. Analyse du système urbain………………………………………………………109
III.1.1. Le tissu urbain et ses composantes.………………………………………………109
III.1.1.1. Le noyau colonial ou ancien tissu……………………………………………...109
III.1.1.2. Le nouveau tissu urbain………………………………………………………...110
III.1.1.3. Agglomérations secondaires……………………………………………………110
III.1.2. Occupation du sol et typologie du cadre bâti de la ville de Bouira………………111
III.1.2.1. Habitat………………………………………………………………………….111
III.[Link]. Habitat individuel…………………………………………………………….112
III.[Link].1. Habitat colonial…………………………………………………………….112
III.[Link].2. Habitat individuel de type lotissement……………………………………..112
III.[Link].3. Habitat individuel type barre……………………………………………..113
III.[Link].4. Habitat type hameau………………………………………………………..113
III.[Link]. Habitat collectif………………………………………………………………113
III.[Link]. Habitat précaire………………………………………………………………115
III.1.2.2. les équipements………………………………………………………………...115
III.1.3.2. Le transport urbain………………………………………………………..……117
III.1.4. Environnement et hygiène……………………………………...………………...122
III.1.4.1. Les Forêts, des richesses naturelles de la commune…………..……………….122
III.1.4.2. Les enjeux environnementaux entre la prise de conscience et la négligence des
autorités…………………………………..……………………………………123
III.[Link]. les déchets………………………………...…………………………………..123
III.[Link]. Le processus de gestion des déchets à Bouira……..…………………………123
III.[Link]. Pollution atmosphérique et le gaz à effet de serre…..………………………..125
III.[Link]. Le bruit……………………………………………….………………………126
III.2. Conséquences des différentes formes d’urbanisation sur le développement
urbain de la ville de Bouira………………………………………………………127
III.2.1. La pression foncières et les conséquences sur les terres agricoles……………….128

~6~
Sommaire

III.2.2. Les pressions sur l’environnement……………………………………………….130


III.2.2.1. Risques des déchets urbains……………………………………………………130
III.2.2.2. Les risques sur l’environnement et les ressources naturelles….……………....131
III.2.3. Les impacts paysagers et morphologiques : une urbanisation non contrôlée…….131
Conclusion……………………………………………………………………………….133

Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et


contraintes de d’application.

Introduction……………………………………………………………………………..137
I. Le PDAU de la commune de Bouira ; un outil décalé de la réalité : Diagnostic et
Analyse………………………………………………………………………………..138
I.1. Les outils d’aménagement du territoire ; identification et projections à l’échelle
locale………………………………………………………………………………...138
I.1.1. Le Schéma National d’Aménagement du Territoire 2025…………………………138
I.1.2. Le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire Nord-centre………………....140
I.1.3. Le PAW de Bouira entre la conception et l’abandon……………..………………..141
I.1.3.1. Le PAW de 1990…………………………………………………………………141
I.[Link]. Les directives du PAW de 1990………………………………………………..142
I.1.3.2. La révision du PAW de Bouira…………………………………………………..142
I.2. Contexte d’élaboration du PDAU de 1994 de Bouira………………………………..144
I.3. La révision du PDAU de Bouira ; rattrapage du retard en développement ou essaie de
surmonter les failles…………………..……………………………………………..145
I.3.1. La problématique de révision du PDAU de Bouira………………………………..145
I.3.2. Les objectifs de la révision du PDAU……………………………………………...146
I.4. Articulation PDAU et PAW ; un échec de chronologie et d’objectif…………….….147
II. Le processus d’élaboration du PDAU de Bouira ; identification d’acteurs, phasage
d’étude et lacunes de conception…………………………………………………..148
II.1. Les acteurs du PDAU ; identification et rôles ………………………..…………….148
II.1.1. Le Wali….………………………………………………………………………...148
II.1.2. L’Assemblée Populaire de Wilaya ……………………………………………….148

~7~
Sommaire

II.1.3. La Commune ; le premier responsable de son territoire ………………………….149


II.1.4. Les Associations ………………………………………………………………….150
II.1.5. Les citoyens ……………………………………………………………….…….. 151
II.1.5.1. Déroulement et analyse des données d’enquête …………….………………… 152
II.[Link]. Formulaire du questionnaire ………………………………………………….152
II.[Link]. Choix de l’échantillon ………………………………………..………………153
II.[Link]. Distribution et recueil des données ……………………………..……………153
II.[Link]. Analyse des données d’enquête ………………………………………………155
II.1.6. Le maitre d’œuvre ………………………………………...………………………161
II.1.7. Les services techniques …………………………………...………………………161
II.1.8. La Direction de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction …………...162
II.2. Le périmètre du PDAU et la notion d’intercommunalité…………………………...162
II.3. Phasage de la conception de l’étude de révision du PDAU de Bouira et degré de
participation des acteurs……………………………………………………………163
II.3.1. le lancement de l’étude de révision du PDAU de Bouira…………………………163
II.3.2. Le déroulement de l’étude de révision du PDAU de Bouira……………………...165
II.3.2.1. Phase 01 : Etat de fait…………………………………………………………...165
II.3.2.2. Phase 02 : Aménagement……………………………………………………….168
II.3.2.3. Phase 03 : Règlement……………………………………………………………172
II.[Link]. Enquête d’utilité publique……………………………………………………..175
II.[Link].1. Avis d’ouverture de l’enquête d’utilité publique……………………………175
II.[Link].2. Déroulement de l’enquête d’utilité publique………………………………..177
II.[Link].3. Réunion de synthèse………………………………………………………...177
II.4. La commune et la lenteur de la procédure administrative…………………………..181
Conclusion……………………………………………………………………………….183
Conclusion générale …………………………..………………………………………..185

Bibliographie
Annexe
Résumé

~8~
Liste des schémas

Titre du schéma Page


Schéma n° 01 : Les caractéristiques de la bonne gouvernance 23
Schéma n° 02 : Complexité du territoire 36
Schéma n° 03 : Articulation entre la prospective et la planification 39
Schéma n° 04 : Les temps du SCoT 42
Schéma n° 05 : Les thèmes à aborder dans le projet de territoire 45
Schéma n° 06 : La procédure d’élaboration et d’approbation d’un SCoT 48
Schéma n° 07 : Schéma relationnel du PUD et des éléments structurant l’espace urbain 58
Schéma n° 08 : Corrélation des instruments d’aménagement du territoire et de planification
71
urbaine
Schéma n° 09 : Phasage du SNAT 2030 74
Schéma n° 11 : Absence d’une prise de conscience de la véritable problématique 146

Liste des figures

Titre de la figure Page


Figure n° 01: Les secteurs d’urbanisation définis par PDAU 81

Figure n° 02 : Implantation des logements hors périmètre urbain 114

Figure n° 03 : Implantation du Pôle universitaire Pôle universitaire. 128

Figure n° 04 : Implantation du programme d’habitat mixte (POS UF2). 129


Liste des tableaux

Titre du tableau Page


Tableau n° 01 : Comparaison entre prévision et prospective 40
Tableau n° 02 : Relations entre les finalités du développement durable et les moyens du SCoT 44
Tableau n° 03 : La place du PDAU dans la hiérarchie des instruments d’aménagement et
77
d’urbanisme
Tableau n° 04 : Récapitulatif de phasage administratif de PDAU 85
Tableau n° 05 : Liste des équipements réalisés sans permis de construire. 116
Tableau n° 06 : Les seuils maximaux autorisés du bruit. 126
Tableau n° 07 : Déclinaisons du SNAT sur la wilaya de Bouira 139
Tableau n° 08 : Principaux enjeux de développement de la Wilaya 143
Tableau n° 09 : Existence des associations ou des comités de quartier 150
Tableau n° 10 : Liste des établissements concernés par l’enquête 153
Tableau n° 11 : Liste des entités spatiales concernées par l’enquête 154
Tableau n° 12 : Répartition de la population par sexe 155
Tableau n° 13 : Répartition de la population par tranche d’âge 156
Tableau n° 14 : Répartition de la population par le niveau d’instruction 157
Tableau n° 15 : Répartition de la population par le type d’occupation 157
Tableau n° 16 : Dotation des quartiers par des certains services 158
Tableau n° 17 : Degré de propreté des quartiers de résidence 159
Tableau n° 18 : Degré de connaissance du PDAU par les citoyens. 159
Tableau n° 19 : Moyens d’information des citoyens de l’existence du PDAU 159
Tableau n° 20 : Taux de participation des citoyens à l’élaboration du PDAU 160
Tableau n° 21 : Degré de participation des services techniques à la première phase. 166
Tableau n° 22 : Taux de participation par nombre de réunions de la phase 01 167
Tableau n° 23 : Degré de participation des services techniques à la deuxième phase 170
Tableau n° 24 : Taux de participation par nombre de réunions de la phase 02 171
Tableau n° 25 : Degré de participation des services techniques à la troisième phase 173
Tableau n°26 : Taux de participation par nombre de réunions de la phase 03. 174
Tableau n° 27 : Taux d’information d’enquète d’utilité publique. 176
Tableau n° 28 : Taux de population souhaité à étre concertée. 177
Tableau n° 29 : Degré de participation des services techniques à la réunion de synthèse 178
Tableau n° 30 : Taux de participation par nombre de réunions 179
Tableau n° 31 : Taux de participation à l’étude. 180
Tableau n° 32 : Liste des pièces administratives du PDAU de Bouira 182
Liste des photos

Titre de la photo Page


Photo n° 01: Mosquée Ibn Badis 98
Photo n° 02: La gare ferroviaire 98
Photo n° 03: Tissu colonial 109
Photo n° 04: Cite 1100 logements (ZHUN) 110
Photo n° 05: AS Ouled Bouchia 111
Photo n° 06: AS RAS Bouira 111
Photo n° 07: Habitat individuel colonial avec commerce 112
Photo n° 08: RHP Ras Bouira 112
Photo n° 09: Citée Zerrouki 113
Photo n° 10: Maison de la culture 115
Photo n° 11: Siège de Daïra 115
Photo n° 12 : Entrée Ouest de la ville 116
Liste des graphes

Titre du graphe Page


Graphe n° 01: Taux des copies exploitables par écoles 153
Graphe n° 02: Répartition des questionnaires exploitables dans les entités de la ville 154
Graphe n° 03: Répartition de la population par sexe 155
Graphe n° 04: Répartition de la population par tranche d'âge 156
Graphe n° 05: Répartition de la population par le niveau d'instruction 157
Graphe n° 06: Répartition de la population par le type d'occupation 158
Graphe n° 07 : Taux de particiâtion par nombre de réunions de la phase 01 168
Graphe n° 08 : Taux de participation des services techniques par nombre de réunions de la
172
phase 02.
Graphe n° 09 : Taux de participation des services techniques par nombre de réunions de la
174
phase 03
Graphe n° 10: Taux d'information de l'enquète d'utilité publique 176
Graphe n° 11 : Taux de participation des services techniques par nombre de réunions de la
180
réunion de synthèse.

Liste des cartes

Titre de la carte Page


Carte n° 01 : Carte de situation de la commune 92
Carte n° 02 : Avant l’époque turque 94
Carte n° 03 : Epoque turque 95
Carte n° 04 : La ville Bouira en 1930 97
Carte n° 05 : la ville Bouira en 1958 99
Carte n° 06 : La ville de Bouira en 1962 101
Carte n° 07 : La ville de Bouira en 1974 103
Carte n° 08 : La ville de Bouira en 1990 105
Carte n° 09 : La ville de Bouira en 2008 107
Carte n° 10 : Carte des lignes de transport (A) 119
Carte n° 11 : Carte des lignes de transport (B) 120
Carte n° 12 : Carte des lignes de transport (C) 121
INTRODUCTION
GENERALE
Introduction générale

Introduction générale

Le phénomène d’urbanisation s’est accéléré sans que ses conséquences ne soient


suffisamment contrôlées. Ces dernières sont liées aux problèmes de consommation
d’espace, notamment des terres agricoles, de croissance des couts de desserte par les
réseaux d’équipements et de services, la détérioration de l’environnement et la dégradation
du cadre de vie. L’aggravation de telle situation suppose une planification du territoire
intégrant d’avantage les facteurs sociaux, économiques, culturels et environnementaux qui
le façonnent1.

En effet, la planification urbaine est un processus qui vise à créer et à faire


développer les villes et à améliorer le cadre de vie des habitants actuels et des générations
futures, ainsi que l’équilibre entre la population et les équipements. Ceci fait appel à un
processus mené par les collectivités locales et qui tente de concevoir et de contrôler les
changements que subissent les villes.

Apparu comme une nécessité absolue, la planification urbaine classique avec ses
outils tente de corriger les anomalies, créer des espaces sains avec une consommation
d’espace rationnelle. Mais au fil du temps, les expériences pratiquées dans le monde à
travers les différents outils (SDAU, PUD, PLU, ….) ont démontré leur échec à maitriser la
croissance urbaine de villes. Ceci est remarquable dans la majorité des villes du monde, où
les problèmes de circulation, de déchets, de logements, du foncier, d’équipements, ….,
persistent encore à cause de « l’urbanisme du plan ». La multiplication des effets négatifs
de cette tendance a provoqué son échec.

Au début des années 90, une nouvelle planification fait son apparition en vue de
répondre aux exigences de la situation aggravée des villes et de celle des habitants. Il s’agit
de la « planification stratégique » qui s’est développée pour répondre à la complexité des
enjeux urbains. La planification stratégique urbaine porte des objectifs plus larges et plus
profonds que l’urbanisme lié au développement d’un projet précis. Elle est
multidimensionnelle et notamment sur le plan spatial où elle ambitionne de développer un
urbanisme porteur de valeur, prenant en compte des exigences de protection de
l’environnement et de la participation des citoyens.

1
- José Edgard GNELE, dynamiques de planification urbaine et perspectives de développement durable à
COTONOU (république du Benin), thèse de doctorat, université d’Abomey-Calavi (U.A.C), 2010, P 12.

I
Introduction générale

Les fondateurs de cette démarche ont tenté de créer un équilibre entre les
composantes de la ville et les besoins des habitants. Il est impérativement important de
penser au recours à la démocratie participative pour permettre à tous les acteurs de la ville
de contribuer à la fabrication du système urbain.

A cet effet, le contrôle, la maitrise, la fabrication et l’organisation de l’espace


urbain se gère à travers d’un plan d’urbanisme (outil de planification urbaine). L’échec de
la planification urbain classique est lié à l’échec des plans d’urbanisme de jouer leur rôle.

En Algérie, la politique d’aménagement et d’urbanisme fait référence aux termes


de la planification urbaine classique avec ses plans d’urbanisme, aux mêmes normes, aux
mêmes démarches d’élaboration de ces plans. Faut-il repenser la planification urbaine
en Algérie ? et comment le faire ? La réponse à ces questions se résume à la volonté des
pouvoir publics à changer l’image de nos villes, à la maitrise du phénomène d’urbanisation
rapide et à la participation de tous les acteurs aux solutions préconisées.

Dans ce sens et dans le souci de maitriser la croissance urbaine, le Plan Directeur


d’Aménagement et d’urbanisme (PDAU) est mis en œuvre comme moyen de planification
spatiale et de gestion urbaine. L’efficacité de cet instrument fait de lui un objet de
débat. Notamment sur son efficacité, ses solutions ou même sur la démarche de son
élaboration.

1. Problématique :

Le phénomène urbain dans le monde est devenu une préoccupation majeure pour
la plus part des acteurs de la ville du 21ème siècle. Les villes connaissent une croissance
inéluctable et dans la plus part des cas incontrôlable, et ce malgré les efforts émis par les
intervenants dans le domaine (hommes politiques, architectes, urbanistes, géographes,
économistes, ….). L'extension des villes due à des divers facteurs a engendré des
problèmes majeurs sur le plan économique, social, culturel et spatial qui deviennent des
obstacles même pour assurer un meilleur cadre de vie pour les habitants.
La volonté de maîtriser le développement des villes, objet même de l’urbanisme,
s’est inscrite d’emblée dans la recherche des moyens d’instaurer une méthode de
gouvernement urbain fondée sur des principes démocratiques et s’est appuyée sur la
planification urbaine destinée à traduire l’intérêt général. En effet les villes se forment,
vivent et meurent en fonction de dynamiques diverses, concurrentes et souvent divergentes,
économiques, sociales, politiques, culturelles, qui mettent en jeu de nombreux acteurs aux

II
Introduction générale

intérêts divers. Diverses questions sur le devenir des villes sont exposées pour enfin à
trouver des réponses adéquates à ces problèmes dont souffrent les villes1.
A cet effet, il faut des plans pour les villes. Mais il faut des plans qui s’inspirent de
politiques urbaines clairement énoncées et approuvées, et il faut des outils de gestion
urbaine qui respectent ces politiques et les plans qui en découlent.
La planification urbaine fut partie de l'un des dispositions qui viennent pour
donner une certaine homogénéité à l'image de la ville et assure une multifonctionnalité
urbaine, comme le souligne Douglas Gordon «Les grandes villes de l’avenir sont celles qui
définissent un projet, une vision à long terme, au minimum à 30 ans, et qui respectent
ensuite les programmes qu’elles ont établis»2. De ce point de vue, la meilleure gestion
urbaine de nos villes est de dégager une vision globale à long terme et veiller au respect
des programmes définis par cette vision dans les délais opportuns.

La question de la planification urbaine, pour une maîtrise de l’urbanisation et pour


une gestion urbaine rationnelle, se pose donc dès qu’on parle de politique urbaine.
Cependant elle est plus que jamais au cœur des enjeux et des modalités d’intervention sur
les villes, alors que celles-ci doivent, elles et leurs populations, faire face aux nouveaux
défis de l’urbanisation dans la mondialisation.

En Algérie, et depuis l’indépendance du pays en 1962, le processus


d’urbanisation a été problématique et parfois déstructurant les villes, l’urbanisme par ses
moyens d’élaboration et d’action n’a pas pu agir sur les systèmes urbains de manière à
préserver et développer des formes urbaines cohérentes3.

Néanmoins, l'urbanisme effectué à ce jour, depuis l’indépendance a été caractérisé


par l’urgence dû à la reconstruction du pays et les rattrapages des besoins essentiels de la
population: logements, équipements, infrastructures…

C'est pour quoi des différents plans d'aménagement et d'urbanisme ont été initiés
en vue de répondre à ces enjeux dont la dernière hiérarchie passe du Schéma National
d'Aménagement du Territoire (SNAT), Schéma Régional d'Aménagement du Territoire
(SRAT), Plan d'Aménagement de Wilaya (PAW), Plan Directeur d'Aménagement et
d'Urbanisme (PDAU) au Plan d'Occupation des Sols (POS).
1
- Quels plans pour la ville ? Gouvernance, gestion et politique urbaines, Organisation des Nations Unies
pour l’éducation, la science et la culture, document de discussion – no. 69. 2004. P 9.
2
- Douglas Gordon, Un nouveau sens pour la planification : métropoles et développement durable, Actes du
colloque international du 15 mai 2009, Paris, P 17.
3
- Article; Les projets d’urbanisme récents en Algérie, Hafiane Abderrahim, 2007, P1.

III
Introduction générale

5 ans après l'étude établie en 2008 portant sur « le processus d'urbanisation et la


gestion urbaine de la ville de Bouira », des questions ouvertes ont été posées à cet égard en
vue d'ouvrir les portes de recherche sur cette ville émergente. Ces questions ont pour objet
d'encourager les acteurs locaux à mettre en œuvre des outils de planification pouvant
réduire et gérer pour le mieux l'état de la ville.

A cet effet, la ville de Bouira qui a été dotée d’une première étude d’un Plan
Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme approuvée en 1994, a procédé au lancement
cette étude en révision en 2008 pour pouvoir répondre aux programmes ambitieux de
développement de la commune et mettre à la disposition des collectivités locale un
document efficace pour maitriser le développent du territoire et faire face aux différents
problèmes dont souffre la commune en générale et la ville en particulier.
Néanmoins, comme nous l’avons remarqué au niveau de l’ancien PDAU, une
différence importante est enregistrée entre ce qui est projeté et qui se réalise sur terrain
après l’achèvement de l’étude.

Ce travail nous permettra de répondre à ces deux grandes questions:

 Pour quoi il existe un tel décalage entre la théorie et la pratique au niveau du


PDAU?
 Comment peut – on rendre plus effective la planification urbaine à Bouira?

Et sous ces questions principales s'inscrivent d'autres sous questions suivantes:

 Quels sont les aspects auxquels s'intéresse le PDAU?


 Qui sont les acteurs qui participent à l'élaboration du PDAU?
 Quel est le rôle des collectivités locales, notamment la commune?
 Quel sont les problèmes rencontrés au moment de l’élaboration du PDAU de
Bouira ?
 Est-ce que la démarche de planification urbaine a besoin d'une régénération et de
mise à jour?

IV
Introduction générale

Ce travail s’inscrit dans la continuité de travaux déjà effectués, en élargissant les


motifs liés au décalage du PDAU de la réalité par rapport à ses orientations. Dans sa thèse
« l’identification des cause des défaillances des instruments d’urbanisme à savoir le PUD
et PDAU; cas de la ville de Bejaia», BAITECHE Hassiba, avait présenté la relation de la
défaillance des instruments d’urbanisme avec quatre éléments clefs. Il s’agit de la
méthodologie d’élaboration de ces instruments, la relation entre la planification spatiale et
économique qui constituait une entrave sérieuse pour leur mise en œuvre, le manque de
compétences pour leur mise en œuvre et enfin, le pouvoir des groupes de pressions qui
ignorent carrément l’existence des instruments d’urbanisme.

Pour sa part NEDJAI Fatiha, dans son Mémoire de magister portant sur «les
instruments d’urbanisme entre propriétaire foncier et application ; étude de cas : la ville de
Batna», évoque la problématique du foncier privé qui freine la concrétisation de
l’ensemble des orientations du PDAU.

Par ailleurs, SENOUCI Rafika, dans son mémoire de magister portant sur « les
instruments d’aménagement et d’urbanisme entre la législation et la pratique- étude de cas
ville de Batna », relie les insuffisances de l’application et de la fiabilité du PDAU à
l’arsenal juridique promulgué au moment de l’élaboration de cet outil. Ceci met les
collectivités locales devant une situation délicate quand il s’agit de l’intégration des
disponibilités foncières d’un côté et les décisions fermes des lois préservant les terres
agricoles.

Pour enrichir le sujet, notre travail consiste à traiter la problématique de décalage


du PDAU de la réalité tout en se basant sur d’autres hypothèses.

2. Les Hypothèses de la recherche :

En se basant sur la petite expérience professionnelle vécue au sein de la Direction


de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction (DAUC) de Bouira, notamment
l’expérience de 05 années dans le suivi des instruments d’urbanisme en particulier les
PDAU. Nous menons cette recherche sur trois hypothèses liées au décalage du PDAU de la
réalité de la ville de Bouira.

V
Introduction générale

Hypothèse n° 01 :

Le plan Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme est un outil de gestion urbaine


et de planification spatiale qui ne prend pas en charge tous les aspects urbains ;
(économiques, politiques, sociaux, environnementaux,…) en détail, en cohérence et sur
une échéance importante. La planification urbaine ne peut se faire sans être associée à la
prospective qui prend en compte l'analyse profonde et large du présent et du futur souhaité.

Hypothèse n° 02:

Comme dans tous les pays, les décisions improvisation émanant des personnes qui
détiennent le pouvoir ont un impact négatif sur la mise en œuvre des plans d’urbanisme. A
Bouira, certains projets ne figurant pas sur la liste des projets proposés par le PDAU ont
été réalisés par décision du Wali ou des différents ministères.

Hypothèse n° 03 :

En vertu de de la loi 90-29, le PDAU est élaboré en concertation avec les


différents services techniques énumérés dans le décret exécutif n° 91-177 fixant les
procédures d’élaboration du PDAU et les documents y afférents. Cette concertation doit
toucher tous les acteurs de la ville qui travaillent en complémentarité et dans une
transparence absolue, appel à la « démocratie participative » expressément présente dans
l’objet de la gouvernance de l’action. Néanmoins, la négligence de porter attention à cet
outil de planification urbaine, et l’absence répétée des différents acteurs minimise les
chances d’avoir un outil fiable dans le temps et dans le contenu.

3. Objectif du Travail :

Cette recherche tente à travers l’étude de cas de la ville de Bouira, ville émergente
qui connait aujourd’hui de diverses mutations urbaines liées à de multiples raisons, de
mettre en relief l’efficacité d’un outil de planification urbaine. Nous avons fixé comme
objectifs de recherche :

 Montrer l’importance et l’exigence des outils de la planification urbaine dans


l’organisation des villes par un double rôle : l’organisation et le bien être des
habitants.
 Cerner les aspects globaux de la problématique d’une manière scientifique.

VI
Introduction générale

 Evaluer le rôle des différents acteurs dans la mise en œuvre d’une politique locale
globale en vue du développement local durable,
 Inciter sur la nécessite d’intégrer la démarche de la prospective territoriale dans
l’élaboration et la mise en œuvre du dit instrument.

4. Motifs du choix du thème:

L’objectif principal des instruments d’urbanisme est de rationaliser l’occupation


des sols et de penser à un développement durable des villes. En effet, la problématique de
mise en œuvre du PDAU est considérée comme un obstacle de ce développement avec tous
ses aspects, environnementaux, économiques, sociaux,…
Le choix de cette étude s’est focalisé sur les aspects qui touchent la mise en place
d’une démarche adéquate à l’élaboration du PDAU, notamment, la procédure
administrative et la participation des acteurs. Ceci, nous permet de résumer les motifs du
choix de ce thème en ;

 En tant que acteur à deux rôles, il est impérativement important de saisir l’occasion
à déceler les vraies lacunes du PDAU.
 Ayant déjà travaillé dans le cadre de la graduation 5ème année sur cette ville, on a
jugé la nécessité d’exploiter ces données pour gagner plus du temps.
 Disponibilité de documentations, de moyens et du climat favorable pour mener
cette étude,
 La facilité de collecter les données.
 La situation de la ville de Bouira héritée de la politique d’urgence et non par le
suivi des recommandations du PDAU.
 Rareté des études abordant le PDAU de Bouira comme thème de recherche.

VII
Introduction générale

5. Méthodologie d’approche :

Pour mener notre recherche à terme et atteindre nos objectifs, nous avons opté
pour une méthode déductive qui consiste à vérifier une hypothèse générale sur le plus
grand nombre d’observations particulières. Nous avons utilisé trois approches distinctes :

Approche théorique :

Cette partie porte sur la recherche théorique visant à définir et clarifier certains
nombre de concepts dégagés pour déterminer le cadre logique de notre recherche,
notamment la planification urbaine, planification urbaine stratégique et la prospective.
Elle est menée en se basant sur une recherche bibliographique. Plusieurs sources ont servi
pendant cette phase à savoir ; les ouvrages et les recherches traitant de fond notre thème et
qui ont servi du support à la compréhension du sujet dans sa globalité (ouvrages, articles,
thèses magistère et doctorat, sites internet, textes législatifs, revues, ….). S’ajoute à cela le
recours à certains supports préétablis : cartés d’Etat-major, images satellitaires, …

La consultation des différents documents d’urbanisme et d’aménagement du


territoire : SNAT, SRAT, et PAW. L’ancien PDAU de la commune de Bouira, l’ancien
PUD de Bouira, …

Nous nous sommes ainsi rapprochés des différents organismes afin de pouvoir
collecter des données statistiques et d’autres documents utiles (APC, DUAC, DTW, DPSB,
DRAG, …).

Approche analytique :

L’utilisation de l’approche analytique nous permet de mettre l’accent sur deux


points essentiels :

- Analyse d’un modèle d’outil de planification urbaine prospectif en France afin


de déterminer à quel point les outils de la planification urbaine (le PDAU dans
notre cas) doivent être holistique.
- L’analyse du système urbaine de la ville de Bouira en choisissant certaines
thématiques importantes, nous permettra de confirmer ou infirmer les deux
premières hypothèses qui ont été avancées précédemment.

VIII
Introduction générale

Méthode d’enquête :

La problématique du décalage au niveau du PDAU renvoyée à la participation des


acteurs ne peut être abordée de façon générale. C’est dans cette optique que nous avons
choisi le PDAU de Bouira comme étude de cas où nous allons calculer le degré de
participation des différents acteurs notamment les services techniques et les citoyens à
l’élaboration de cet outil.

Ainsi, pour calculer le degré de participation des services techniques, nous avons
utilisé le dossier administratif du PDAU de Bouira où à travers les Procès-verbaux des
réunions programmées, nous avons pu dégager le taux de participation de chaque service
technique à chaque réunion, à chaque phase, et puis le taux de participation de tous les
services techniques à l’étude.

Nous avons aussi fait des interviews avec trois personnes ; la première est un élu
au niveau de l’APW de Bouira, la deuxième est un élu au niveau de l’APC de Bouira et la
dernière est le chargé des instruments d’urbanisme au niveau de la DUAC de Bouira.

En ce qui concerne les citoyens nous avons effectué une enquête sur terrain. Cette
dernière est menée sur 640 personnes au niveau de l’ACL de Bouira.

Notre mémoire est structuré en deux parties distinctes :

- Une partie théorique ; composée de trois chapitres. Celle-là est basée sur une
recherche bibliographique récente sur les concepts dont notre thème de recherche tente
de développer à savoir : la planification urbaine, la prospective et les instruments
d’urbanisme en Algérie.
- Une partie analytique ; répartie en deux chapitres et consacrée à l’analyse de l’étude
de cas et l’interprétation des résultats obtenus.

IX
Introduction générale

6. Contraintes de recherche :

Spécificité du Thème :

Notre thème de recherche concerne l’étude PDAU qui est un outil de planification
urbaine mis en œuvre seulement en Algérie. Il nécessite une analyse profonde en pratique
et en matière du cadre juridique pour desseller les lacunes réglementaires et leurs impacts
sur la procédure d’élaboration cet outil.

Manque de documentations :

Notre recherche est la première étude qui traite la problématique de la démarche


administrative entreprise pour l’élaboration du PDAU de Bouira. Ce qui fait que le manque
des référence bibliographique nous a obligé à compter sur notre expérience et le document
du PDAU.

Difficulté dans la collecte des données :

Cette situation ne concerne que les autres services techniques qui n’étaient pas
coopératifs avec nous. Ce qui nous a poussé à travailler avec les données que nous avons
en mains et celles fournies par le document du PDAU.

X
PARTIE I :

CADRE THEORIQUE
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

1
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

« L’avenir m’intéresse : c’est là que j’ai


l’intention de passer mes prochaines années »
WOODY ALLEN

Introduction :

«La volonté de maîtriser le développement des villes, objet même de l’urbanisme,


s’est inscrite d’emblée dans la recherche des moyens d’instaurer une méthode de
gouvernement urbain fondée sur des principes démocratiques et s’est appuyée sur la
planification urbaine destinée à traduire l’intérêt général. En effet les villes sont des
systèmes complexes qui se forment, vivent et meurent en fonction de dynamiques diverses,
concurrentes et souvent divergentes, économiques, sociales, politiques, culturelles, qui
mettent en jeu de nombreux acteurs aux intérêts divers et le plus souvent divergents»1.

La question de la planification urbaine qui semble incontournable pour une


maîtrise de l’urbanisation et pour une gestion urbaine rationnelle se pose donc dès qu’on
parle de politique urbaine au sein de nos villes qui eux-mêmes ainsi que leurs population
doivent faire face aux nouveaux défis de l'urbanisation dans la mondialisation :

 Défi du temps notamment ; celui de l’économie qui se contracte, alors que le temps
de l’urbanisation demeure long.
 Défi des inégalités sociales croissantes, qui laissent sur le côté de la route un
nombre toujours plus important d’exclus.
 Défis de la consommation des espaces agricoles malgré la prise de conscience du
danger qui tourne autour de la question.

Ceci porte un accent important sur la planification urbaine et ses outils pour
pouvoir donner une belle image à nos villes et gérer leur devenir et leur durabilité
démocratiquement et en partenariat avec tous les acteurs de la ville, contrairement à la
«planification classique qui beaucoup plus technocratique que démocratique puisque les
élus sont à peine consultés et l'Etat planificateur est un état centralisé et les citadins encore
moins»2.

1
- Annik Osmont, « Pour une planification urbaine démocratique », in Quels plans pour la ville ?
Gouvernance, gestion et politique urbaines, Document de discussion – no. 69, UESCO, publié par le
programme MOST, France, 2004, P10.
2
- Idem, P 11.

2
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

Dans ce chapitre nous verrons ce qu’est la planification urbaine ? Quels sont


ses objectifs ? Nous mettons ainsi en relief ses principaux acteurs ?

Ainsi, nous mettons l’accent sur la planification urbaine stratégique qui s’est
développée à la fin des années 1990 et qui pourra prendre le relai de la planification
urbaine rationnelle. C’est une démarche indispensable pour faire face à la multiplication et
à la complexité des enjeux urbains contemporains.

Nous commençons ce chapitre en élucidant les principales caractéristiques de la


planification urbaine stratégique et son rôle dans la gouvernance de l’espace urbain.

3
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

1. La planification urbaine, concept et origines :

1.1. Origines de la planification urbaine :

Etant donné que les villes s'accroissent, s'étalent et se développent sans cesse sur
un territoire bien défini. Cette croissance est due en générale à divers facteurs qui marquent
la taille des villes, le niveau de vie de la population et les politiques publiques qui régissent
leurs extensions. La croissance démographique, l'immigration, l'exode rural sont tous des
éléments qui traduisent le surpeuplement des villes auxquels s'ajoutent les opportunités, les
offres, les atouts et les caractéristiques des villes. Ceux-ci expliquent la forte concentration
de la population dans les centres urbains toute en laissant les espaces ruraux vides et
inhabitables.

La maitrise de la dite concentration exige la présence d'une politique publique


bien claire munie par des outils à mettre en œuvre afin de maitriser l'extension des villes,
l'utilisation des sols, la protection des espaces agricoles, la protection de l'environnement,
intégration sociale pour tous les habitants, respect des droits civils et de construction de
chacun d'eux. Et plus souvent l'exigence de la recherche d'une gestion des intérêts locaux.
«Tout cela suppose de la prévision, de l'anticipation, de la mobilisation des ressources dans
le temps et dans l'espace»1.

Cette politique est traduite par ce qu'on appelle "la planification urbaine"
apparue en 1909 en Grande-Bretagne puis au début des années 1910 aux États-Unis où
s’est manifesté par le Burnham Plan de Chicago comme le premier plan de New York. Elle
présente un ensemble d’outils et des moyens ayant pour objectif la rationalisation de la
gestion urbaine et de l’utilisation du sol. « L’histoire de la planification urbaine met
l’accent sur deux choses: d’un côté, les grands ouvrages, réalisations, documents, plans et
leurs techniques qui sont les témoins de leurs existences dans l’histoire des villes, de
l’autre côté, les politiques urbaines, les décisions, la législation, les chartes et les
documents règlementaires pour leurs applications »2.

1
- Annik Osmont, « Pour une planification urbaine démocratique », [Link]., P 11.
2
- Chafia LATRECHE, La planification urbaine : entre théorie, pratiques et réalité. Cas de Constantine, thèse
Magister, université de Constantine, 2008, PP 25-26.

4
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

En effet, à partir des années 1945, Les théories de la planification urbaine étaient
dominées par la vision héritée des lumières et des réalisations du 19ème siècle qui
témoignent de l’originalité de la planification urbaine.

En France, l’apparition à la fin de la deuxième guerre mondiale du concept de la


« planification urbaine » est un indicateur de la naissance d’une nouvelle politique
d’aménagement du territoire. L’idée a été divulguée par « jean François gravier » à travers
son ouvrage intitulé : "Paris et le désert Français" en 1947. Cette prise de conscience
permet aux pouvoirs publics Français de prendre la question d’aménagement du territoire
au sérieux vue que les villes françaises connaissent une croissance importante. Ce qui a
donné naissance à plusieurs actions traduisant cette volonté sur le terrain. C’est vers les
années 1950 que le plan national d’aménagement du territoire était proposé par le ministère
de la reconstruction et de l’urbanisme, ainsi il y a eu la création de la Direction de
l’aménagement territorial et de l’action régionale (D.A.T.A.R) en 19631.

En 1967, il y a eu la promulgation de la loi d’orientation foncière qui a influé sur


l’urbanisme d’aujourd’hui. Elle envisage la création rapide des nouveaux quartiers à la
périphérie de la ville, accélérer la rénovation des centres villes insalubres et développer une
cohérence de l'aménagement du territoire dans le cadre de la planification nationale. La
planification urbaine actuelle en France est régie par la loi SRU (Solidarité et
Renouvellement Urbain) de 2000 qui tente de répondre aux enjeux urbains dont elles
souffrent les villes Françaises.

1.2. Planification urbaine en Algérie :

La planification urbaine en Algérie est un processus qui a connu son essor avec la
colonisation française qu’a connu le pays. Mais c’est au début du siècle dernier qu’on a
commencé à parler de la planification urbaine avec la loi Cornudet (1919)2 relative au plan
d’aménagement, d’extension et d’embellissement, notamment par un urbanisme du plan
qui visait des aspects purement urbanistiques ; plans d’alignement et de largeur des routes,
hygiènes, les places publiques, …

1
- Chafia LATRECHE, La planification urbaine : entre théorie, pratiques et réalité. [Link]., P 27.
2
- Maouia Saïdouni, éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation- Edition
Casbah, Alger, 2000.

5
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

Après l’indépendance, le système de planification urbaine adapté c’était la


projection du processus mis en œuvre par les Français. Ceci a duré jusqu’à ce que le
territoire Algérien ait marqué son entrée sur la scène de la décision publique depuis que le
premier recensement de la population et de l’habitat réalisé en 1966 a mis à nu de graves
distorsions à la fois d’occupation et d’activités au sein des espaces 1. Cette problématique
globale a connu une prise en charge d’ordre institutionnel à travers le déploiement
d’organes spécialisés (CIMAT, CNERAT, CADAT...), qui a culminé avec l’avènement en
1980 du Ministère de la planification et de l’aménagement du territoire lui-même doté
d’une agence technique chargée de l’aménagement du territoire (ANAT) opérationnelle
sous l’égide du Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement.

C’est durant cette période que la préoccupation de la ville et ses implications sur
l’environnement ne s’est manifesté que tardivement avec le 2ème plan quadriennal (1974-
1977)2. C’est à partir de ce moment-là que des plans d’urbanisme, de planification et
diverses opérations (PCD, PUD, PMU, ZHUN, …) ont été mis en place afin de répondre
aux grandes mutations que connaissaient les villes algériennes. Ces outils jouaient le rôle
de planification spatiale économique ayant pour objet le développement urbain de nos
villes. On assistait plutôt à l’urbanisme de l’Etat régulateur jusqu’à la fin des années 80.

A partir de l’année 1990, il y a eu un renouveau de la planification urbaine avec la


promulgation de deux lois essentielles dans la gestion de l’espace urbain en Algérie ; la loi
n° 90-29 relative à l’aménagement et l’urbanisme et la loi foncière n° 90-25. C’est une
période qui a connu de nouveaux instruments d’urbanisme pour avec un intérêt plus
déterminé des villes et de la maitrise de l’urbanisation. On assiste plutôt à une politique de
mobilisation du foncier pour les grands équipements d’intérêt général et national.
Evidemment pour la question du foncier, ceci est un volet qui a connu une évolution
importante après la libération du foncier et le droit à propriété privé. C’est alors que le
PDAU est mis en place en 1990 pour une durée de 20 ans et pour pallier aux défaillances
des instruments antérieurs. Le POS constituera l’outil essentiel de l’occupation du sol et la
forme urbaine.

1
- Ministère de la Prospective et des statistiques « rapport sur le cadre de la planification territoriale en
Algérie, P 02.
2
- Naima RAHMOUN, la planification urbaine à travers le PDAU-POS et la problématique de la croissance
et de l’interaction villes/villages en Algérie. Référence empirique à la wilaya de Tizi Ouzou, thèse
doctorat, université de Tizi Ouzou, 2013, P 47.

6
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

Et puis récemment, il y a eu la loi 06-06 du 20/02/2006 portant l’orientation de la


ville qui définit les instruments de planification spatiale et la création d’un observatoire
national de la ville rattaché au ministère de la ville ayant pour objet de promouvoir la ville
dans le cadre d’une politique d’aménagement du territoire. Ceci dit que l’Algérie s’est
engagée dans une nouvelle politique dénommée « politique de la ville ». Les éléments de
cette politique sont définis dans l’article 01 de la loi 06-06 portant loi d’orientation de la
ville. Les principes de cette politique sont énumérés dans l’article 02 de la même loi qui
stipule : « les principes de la politique de la ville sont : la coordination et concertation, la
déconcentration, la décentralisation, la gestion de proximité, le développement humain, le
développement durable, la bonne gouvernance, l’information, la culture, la préservation et
l’équité sociale ».

Actuellement, l’Algérie s’est engagée dans une nouvelle vision de planification


spatiale pris en charge par le « ministère de la prospective et des statistiques ». Ce dernier
est chargé en relation et concertation avec les départements ministériels concernés, de
coordonner et de développer un cadre de planification spatiale en vue de réussir
l’organisation et le développement d’un territoire, et ce en dépendant de plusieurs
arrangements institutionnels et des conditions et ressources mobilisées.

1.2.1. Analyse critique de la gestion urbaine en Algérie :

Les villes algériennes se développent rapidement notamment avec le redressement


économique que connait le pays à partir des années 2000. En effet, des projets de grandes
envergeure (Autoroute Est-Ouest, Pôles universitaires -Constantine, Bouira, …), des
programmes de logements énormes sont lancés sur tous le territoire Algérien pour absorber
le déficit en logement (1 520 000 logements achevés en 2008 de tous types de programmes
confondus (LSP, LPL, LPA, AADL, …), sans compter 1 700 000 logements lancés en
chantier durant la même période de 1999 à 20081. S’ajoute à cela les projets sectoriels qui
sont lancés pour rattraper le déficit en infrastructures dans chaque secteur d’activité (santé,
éducation, hydraulique, …). Ces interventions de l’Etat connaissent un encouragement
puissant de la part des collectivités et du soutien la société civile. Néanmoins, ce ne sont
pas les seules actions qui contribuent à l’extension des villes, il y a aussi, les activités

1
- Boualem TOUARIGT, « L’engagement sérieux du gouvernement », in Le magasin promotionnel de
l’Algérie : les grands chantiers du président ; le défi relevé, n° 69, décembre 2013, P 80.

7
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

privées représentées par ; les investissements dans les commerces, les installations
industrielles, …

Ces actions urbaines, sont menées en Algérie par une politique d’urgence, qui est
entreprise depuis l’indépendance malgré la présence des instruments d’urbanisme et le
renouveau de la politique urbaine à partir des années 1990 qui régissent toute activité ou
intervention sur le tissu urbain.

La commune de Bouira a bénéficié dans le cadre du quinquennal (2005-2009)


d’un programme de 2154 logement LSP et de 1 084 logement LSL. Et dans le cadre du
quinquennal 2010-2014 elle a bénéficié de 5 570 logements de tous types confondus (LPA,
LPL, LV, LPP). Elle est dotée ainsi d’un énorme programme d’infrastructures de grande
envergure (école de police, pôle universitaire, nouvelle gare routière, …). Elle s’est
engagée aussi dans des projets d’amélioration urbaine, de création des boulevards, de
rénovation de l’ancien tissu colonial. Toutes ces actions doivent être prévues dans les
documents d’urbanisme en vigueur notamment le plan Directeur d’Aménagement et
d’Urbanise qui est lancée en révision en 2008 et approuvé par avis de l’APW le
02/10/2012.

Les programmes sectoriels dont les résultats étaient visibles et dont les bénéfices
étaient tangibles aux plans social et économique, ont participé à la planification avec
attention plus soutenue de la gestion urbaine. Mais n’ayant pas eu la possibilité de dégager
une vision prospective globale du fait les programmations faites par chaque secteurs ne
répondaient qu’aux déficits enregistrés dans le même secteur.

La chose la plus importante à relever en analysant la situation c’est le


renversement de la démarche de la programmation de ces actions au niveau du PDAU.
Théoriquement, et pour une meilleure maitrise de l’espace urbain et de son avenir, tout
projet avant qu’il soit réalisé, il doit impérativement être programmé par les outils de
planification; PAW et PDAU et puis réalisé suivant le règlement imposé par le Plan
d’Occupation des Sol (POS). Néanmoins la réalité indique le contraire, et les instruments
d’urbanisme, dans certains cas, reproduisent les plans d’aménagement des projets et les
projette tel qu’ils sont sur leurs plans d’aménagement de la zone concernée.

8
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

Ceci explique le retard dans l’élaboration des documents d’urbanisme, l’absence


totale de la concertation dans l’élaboration de ces documents le cas échéant le PDAU, et
enfin le manque d’une vision lointaine pour les besoins de la commune ce qui explique le
décalage entre les besoins actuels, la programmation éventuelle induit par la politique
d’urgence. La planification urbaine dans ce cas « est une opération nationale et en même
temps une opération d’urgence, parce qu’il fallait pallier une urbanisation le plus souvent
compromise »1.

Planifier une ville, c’est prendre en considération tous ses aspects et ses besoins
actuels et futurs dans l’espace et dans le temps mais de façon organisée et détaillée. Et
c’est dans ce contexte que La question de la planification urbaine entretenue pour une
maîtrise de l’urbanisation et pour une gestion urbaine rationnelle, se pose donc dès qu’on
parle de politique urbaine. Cependant elle est plus que jamais au cœur des enjeux et des
modalités d’intervention sur les villes, alors que celles-ci doivent, elles et leurs
populations, faire face aux nouveaux défis de l’urbanisation dans la mondialisation2.

Actuellement, les villes algériennes souffrent de multitudes de problèmes à tous


les niveaux. Leur organisation n’est assurée que « lorsque toutes les disciplines
intersectorielles s’imbriquent entre elles harmonieusement pour présenter au citoyen un
meilleur cadre de vie »3.

1.3. Définition de la planification urbaine :

La notion de la planification urbaine est intimement liée à celle de l’urbanisme. A


ce propos, Jean-Paul Lacaze4 parle de cinq modes d’intervention réglementaires en villes
reconduite par l’urbanisme et la planification urbaine ;

1. l’urbanisme de composition conçu en termes de projet,


2. planification stratégique issue de la planification économique,
3. L’urbanisme de participation qui va au-delà des pouvoirs publics en associant les
autres acteurs,

1
- Salah BOUCHEMAL, « La production de l’urbain en Algérie ; entre planification et pratique », P 06.
2
- Annik Osmont, Annik Osmont, « Pour une planification urbaine démocratique », Opcit, P 10.
3
- Med Cherif ADAD, Djamel ALKAMA, Abdellah FARHI, A. Zinedine SAOULI, « pour une nouvelle
problématique de l’aménagement du territoire», in Aménagement et l’architecture, A l’aube du 21ème
siècle, ADAD Med Chérif, Edition : DAR EL OULOUM, Annaba, 2013, P 06.
4
- Jean-Paul Lacaze, Introduction à la planification urbaine : imprécis d’urbanisme à la française, édition
presse de l’école nationale des ponts de chaussées, France, 1995, P 58.

9
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

4. L’urbanisme de gestion qui prend en compte les aléas économiques et sociaux,


5. L’urbanisme de communication qui s’intéresse à l’image que porte la ville dans le
jeu d’attractivité.

Du point de vue théorique, le concept « Planifier » ; signifie une organisation ou


la direction suivant un plan déterminé. Et selon Alberto ZUCCHELLI1 ; « planifier »
c’est : s’orienter vers le futur ; c’est considérer la relation entre les objectifs globaux et les
décisions et les efforts à produire pour réaliser une version intégrée, globale, de politique et
de programmation.

Et il y a aussi la définition du dictionnaire d’urbanisme et d’aménagement2 :


qui l’a défini comme « ensemble d’études, de démarches, voire de procédures juridiques
ou financières, qui permettent aux collectivités publiques de connaitre l’évolution des
milieux urbains, de définir des hypothèses d’aménagement concernant à la fois l’ampleur,
la nature et la localisation des développements urbains et des espaces à protéger, puis
d’intervenir dans la mise en œuvre des options retenues. Les documents d’urbanisme, dans
ce contexte, font partie de la planification urbaine ».

Selon le Dictionnaire Grand robert3, « La planification consiste à déterminer


des objectifs précis et à mettre en œuvre les moyens propres à les atteindre dans les délais
prévus (par une organisation administrative, technique, etc.).

Henri Derycke, selon lui ; « pour assurer le développement des villes, effacer
l’urbanisme chaotique, la planification urbaine réduit les erreurs et les aléas que recèle le
futur, dans une démarche prospective qui s’appuie sur les prévisions futur, elle définit des
procédures et s’assigne des objectifs et désigne des instruments pour les atteindre. Ces
plans d’urbanisme qui sont l’un des outils de la planification sont réducteur des effets
néfastes de l’urbanisation. La planification urbaine par ses instruments qui s’appelle le
plan, la prospective, la recherche opérationnelle et la liste sans doute n’est pas close est

1
- ALBERTO Zucchelli, Introduction à l’urbanisme opérationnel et à la composition urbaine, office des
publications universitaires, Alger, 1983, P 95.
2
- Pierre Merlin, Françoise Choay, « dictionnaire d’urbanisme et d’aménagement », presse universitaire de
France, 1ère édition, 1988, P 502.
3
- Le Grand robert de la langue Française, version électronique 2.0, SEJER, 2005.

10
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

un réducteur d’incertitude, il ne s’agit pas de devenir l’avenir, mais de contribuer à


l’avenir »1.

MAOUIA Saïdouni l’a défini comme : « une partie et pratique de l'urbanisme


dont l'objectif est de prévoir l'évolution de l'urbanisation dans le temps, à partir d'un
diagnostic de la situation actuelle, les tendances constatées et le projet de ville souhaité.
Concrètement, elle se traduit par la confection de plans (instruments d'urbanisme) »2.

Et pour PIERRE LABORDE ; « La planification urbaine est les plans, les


institutions, les pratiques et les techniques qui cherchent à organiser la ville. La
planification part de la demande sociale et non de la quête d’une quelconque ville idéale.
Elle est apparue comme moyen d’empêcher l’anarchie urbanistique, de réaliser
l’harmonie entre les besoins en logements, en emplois, en services, en circuits de
distribution et en infrastructures de circulation. Elle traduit le passage de l’urbanisme
d’autrefois à l’aménagement de l’espace de la ville de demain »3.

La planification urbaine sert à créer une organisation plus rationnelle de


l’utilisation des sols, d’équilibrer les impératifs d’aménagement avec la nécessité de
protéger l’environnement et de remplir des objectifs économiques et sociaux en essayant
de trouver un compromis entre les besoins de la population et l'organisation spatiale.

Tandis que la ville est un "système complexe", les fonctions et les services qu’elle
offre (se loger, travailler, se distraire) génèrent des flux de personnes, de marchandises,
d’énergies, de déchets, d’eaux, d’informations… dont les volumes dépendent fortement de
son organisation et de son aménagement4. Sans doute l'organisation urbaine induit une
puissance impressionnante de technologie, culturelle, économique, financière et politique.
Mais la concentration humaine et d'activités dépassant le seuil de tolérance provoque des
problèmes d'ordre environnemental, économique, sanitaire, ... c'est pourquoi le retour à la
planification est souvent l'objet de l'urbanisme durable basé sur la prospective mieux que
de se concentrer sur l'aménagement ponctuel.

1
- Chafia LATRECHE, la planification urbaine : entre la théorie et la pratique et réalité, Cas de Constantine,
Opcit, P 23.
2
- Maouia Saïdouni, éléments d'introduction à l’urbanisme : Histoire, méthodologie, règlement, [Link]., P
257.
3
- Pierre LABORDE, « les espaces urbains dans le monde », éditions : NATHAN 1994, P 183.
4
- Orientations stratégiques de l'ADEME (période 2010-2015), POLYNOME, 2013, P 04.

11
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

La concrétisation de ce processus (la planification urbaine) nécessite des outils à


mettre en œuvre par une responsabilité partagée entre tous les acteurs de la ville. Le
partenariat exigé entre ces acteurs doit être envisagé dans l'élaboration de ces documents
ainsi dans leur mise en œuvre, ceci est une action participative basée sur la démocratie
objet de la gouvernance urbaine.

2. Les objectifs de la planification urbaine:

La volonté de définir ces objectifs est une étape indispensable et parfois une limite
difficile à franchir. La tentative de donner une classification de ces objectifs dépend de
leurs nature et des problèmes relatifs à leur hiérarchisation. Ces objectifs servent de fond à
coordonner le développement et la création des villes, dans le respect du cadre de vie des
habitants actuels ou futurs, ainsi que de l'équilibre nécessaire entre des populations, des
activités et des équipements (espaces publics, espaces verts, réseaux d'eau potable,
d'assainissement, éclairage public, électricité, gaz, réseaux de communication). La
planification urbaine traduit la volonté des hommes d'organiser leur espace en fonction
d'un projet déterminé et aussi de contingences diverses : climatiques, économiques,
politiques, sociales, culturelles voire religieuses.

La classification de ces objectifs telle qu’elle a été proposée par F. Parfait dans
son ouvrage « la planification urbaine, Alibi et espoir » se présente sur trois volets à
savoir des objectifs de nature économiques, écologiques ou politique.

[Link] de nature économiques :

Les objectifs économiques s’avèrent les premiers à prendre en considération dans


toute opération de planification dans nos villes. En matière de développement urbain, ils
s’expriment généralement en termes de rentabilité des investissements1. A ce moment-là,
le choix de l’investissement pose un débat concret au sien des planificateurs publics qui
serait confrontée à deux choix différents ;

 Soit, Optimiser un investissement public accessible par tout le monde et toutes les
catégories sociales, avec un tarif raisonnable. Ceci est une sorte de gestion des
services publics assurés par les collectivités locales.

1
- F. Parfait, la planification urbaine « Alibi et espoir », édition : EYROLLES, 1973, P08.

12
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

 Ou bien, s’intéresser au partenariat entre le public et le privé qui constitue « une


troisième voie qui mène vers la structuration de sociétés plus décentralisées, plus
autonomes et plus responsables des diverses décisions et actions qui ont des effets
sur la qualité de vie des citoyens » (Gagnon et Klein, 1992). Ceci ainsi, du point de
vue stratégique a des effets positifs en matière de création de l’emploie,
d’accroissement de rentabilité et de la rente pour les collectivités locales, création
d’une activité économique sur un territoire donnée ce qui lui permet de devenir
compétitif et attractif. Mais d’un autre point de vue, des effets négatifs peuvent être
apparaitre en allant vers l’encouragement de la privatisation ce qui influe sur le
pouvoir d’achat des catégories pauvres de la société, augmentation des prix surtout
ceux du foncier, création de la ségrégation sociale, ...

C’est pour quoi, la définition des objectifs économiques est très importante d’un
côté, mais aussi, très difficile d’un autre côté.

[Link] de nature écologique :

La croissance urbaine induit une forte consommation de l’espace pour répondre à


l’explosion démographique que connaissent les villes du monde entier. Des zones d’habitat
apparaissent du jour à l’autre, développement massif des zones industrielles, des régions
envahis par les activités et les loisirs. Toutes ces occupations et bien d’autres ont pour
effets : la dégradation du milieu naturel (sources d’eaux, végétales,…), production de
toutes sortes de déchets, empiétement sur des terres agricoles, destructions des sites
historiques…

C’est à cet effet que la planification urbaine doit se fixer des objectifs
environnementaux qui prennent actuellement une place considérable dans le débat dédié au
développement durable. Ces objectifs servent à « apporter à l’humanité les conditions de
vie optimums »1.

1
- F. Parfait, la planification urbaine « Alibi et espoir », [Link]., P 10.

13
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

[Link] de nature politique :


Le développement urbain devient une priorité majeure de l’Etat, et plus
particulièrement des collectivités locales qui doivent en offrir les moyens nécessaires pour
le réussir. L’enjeux politique et est principalement considéré comme une « manœuvre »
destiné à résoudre les différents conflits et problèmes apparaissant dans les villes1…
C’est dans cette optique que la planification urbaine doit être munie par une
politique interne seine et forte. Elle est mise en œuvre par des outils qui répondent au
niveau local à la politique nationale et régionale de l’aménagement du territoire. La tenue
de la planification urbaine par une politique locale forte cherche par ses tentatives à assurer
un mode de vie meilleur, assurer l’équité sociale, permettre le droit d’accès de tous à tous
les services. C’est pourquoi l’intérêt général prime sur l’intérêt particulier.
Mais en ce moment, dans certains pays comme l’Algérie ou l’absence d’une
politique locale induit automatiquement l’impossibilité de se fixer des objectifs communs.

3. Efficacité de la planification urbaine et participation des acteurs :

« La complexité des problèmes et la nécessité de les poser collectivement


imposent le recours à des méthodes aussi rigoureuses et participatives que possible pour
les reconnaitre et faire accepter leurs solutions »2.

Pour rendre la planification urbaine plus effective et afin d’assurer un


développement urbain cohérent et réussi, trois éléments de base doivent être combinés
entre eux à savoir ; le développement des grands projets ou ceux de grande envergure, des
stratégies efficaces visant loin et le futur de nos villes et des citoyens et enfin la
planification de l’usage du sol.

Cette cohérence ne peut plus être munie à sens unique, elle doit être assurée par la
multiplication des acteurs de la ville et leur participation en toute franchise et liberté. La
gouvernance urbaine fait foi dans la gestion des affaires publiques visant l’intérêt
générale.

« La participation, consiste à prendre part à une action, mais également de


coopérer et de collaborer »3. L’élaboration des documents d’urbanisme n’est plus une

1
- F. Parfait, la planification urbaine « Alibi et espoir », [Link]., P 12.
2
- Michel Godet, « Prospective et dynamique des territoires », in revue futuribles n° 269, novembre 2001.
3
- Dominique Pipard, Alain Maillard, « urbanisme aménagement ; pratique de la concertation », Edition : Le
Moniteur, 2003, P 45.

14
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

responsabilité des acteurs politiques ou des bureaux d’études, mais elles concernent toutes
les parties faisant partie du système de la ville. Le devenir de la ville est un souci qu’ils
doivent se partager pour minimiser les effets néfastes des extensions de nos villes. En effet,
ces acteurs sont représentés selon leurs statuts :

3.1. Les acteurs politiques :

Ils sont représentés par l’Etat avec ses départements sectoriels, les collectivités
locales. Ils sont devenus indispensables par leur intervention dans toutes les actions
urbaines. Leur rôle est de définir les règles et les plans d’urbanisme et de veiller à leur
application sur le terrain.

3.2. Les acteurs économiques :

Il s’agit des entreprises économiques privées ou étatiques de diverses tailles


(petites, moyennes ou grandes) qui participent au développement de la ville. Leur
implication en matière d’élaboration des documents d’urbanisme se voit au moment de la
phase d’aménagement où ils interviennent en leur qualité de propriétaires de disponibilités
foncières.

3.3. Les associations :

Ce sont des groupes des citoyens activant dans des domaines différents (culturelles,
espaces verts, protection de l’environnement, …). Elles sont nées pour défendre leurs
droits et désirs et elles ont la capacité de s’opposer à plusieurs actions urbaines.

3.4. Les usagers :

L’usager est un acteur principal dans toute l’action urbaine. Mais avant, « il a été
considéré comme donnée géographique dans la réflexion programmatrice, et tantôt un
simple figurant docile sans aucun droit »1. Actuellement avec l’avancée des expériences
dans le monde leur implication dans les études d’urbanisme est affirmée avec succès.

« La planification urbaine n’est pas seulement un outil de spatialisation, mais


également un outil transversal qui se décline au travers des actions de l’ensemble des

1
- Sihem BOUCHERIT, L’utilisation du Projet Urbain dans la requalification des grands ensembles. (Un
passage d’une gestion traditionnelle vers une gestion stratégique), thèse magistère, université de
Constantine, 2003, P 48.

15
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

services urbains dont elle détermine le cadre. Sa mise en œuvre passe par l’élaboration des
documents dits outils de planification urbaine »1.

Ces acteurs doivent travailler d’une manière à assurer un climat démocrate dans
les actions urbaine et l’élaboration des documents qui régissent ces actions. Des relations
horizontales et verticales entre eux doivent ainsi être maintenues et mises en œuvre pour
enfin matérialiser la relation Etat/citoyen.

4. Attendus de la planification urbaine :

Pour qu’on puisse arriver à assurer un milieu de vie sain avec une meilleure
qualité des espaces urbains, la ville doit être identifiée par ses activités, l’efficacité de sa
gouvernance, son aménagement, en répondant aux besoins et nécessités des habitants d’un
côté, et veiller à l’amélioration de sa qualité urbaine et architecturale et à la préservation de
ses atouts environnementaux et culturels. Cette vision doit être insérée dans une « politique
de la ville » qui permettra d’accorder les stratégies menées par les différents secteurs en
vue de produire des espaces planifiés en accord avec l’environnement.

La planification urbaine conduite par « l’urbanisme du plan » a fait son temps et


conduit ses efforts à gérer les problèmes urbains de la manière et avec les moyens
présentaient à ce moment-là. Mais les échecs de la planification urbaine sont nombreux, et
« l’un des grands échecs de de la planification urbaine dans les pays en développement a
été son incapacité de répondre à la pauvreté croissante et à l’exclusion. Les quartiers
informels étaient ignorés ou peu pris en compte dans les schémas directeurs, et leur
extension imprévisible a joué un grand rôle dans l’obsolescence de ces plans qui n’ont pas
su ou voulu prendre en compte une des problématiques importantes du moment, à savoir
la pauvreté urbaine »2.

C’est dans ce sens que la planification urbaine stratégique est devenue


indispensable à condition de respecter de façon permanente l’urbanisme durable, la
gouvernance urbaine transparente et démocratique et les projets urbains catalyseurs du
développement.

1
- José Edgard GNELE, dynamiques de planification urbaine et perspectives de développement durable à
Cotonou (République du Benin), thèse de Doctorat, université d’Abomey-Calavi, 2010, P 22.
2
- les stratégies de développement urbain en méditerranée, contexte, enjeux et perspectives, rapport de
conférence de Barcelona, 2011, P 08.

16
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

La politique de la ville doit fonder ses racines dans la planification urbaine qui
doit elle-même se baser sur des principes fondamentaux ;

 La cohérence entre les politiques sectorielles de manière transversale et


complémentaire,
 Le développement, l’aménagement et l’urbanisme durables alliant la croissance
économique, le progrès social, l’équilibre spatial et la protection de
l’environnement,
 L'interaction entre les espaces urbain et rural et entre le centre et la périphérie,
 L’élaboration des documents d’urbanisme en tant que documents réglementaires de
référence et actualisable disposant d’une réglementation souple,
 Une approche participative et de concertation avec les acteurs locaux et la
population dans la planification et la gestion urbaine pour une mise en œuvre
réussie des objectifs et des projets engagés dans ce cadre.

En effet, une nouvelle gouvernance globale des villes est devenue indispensable
supposant une des approches transversales entre les différentes politiques, des réflexions à
différentes échelles géographiques et la formalisation des règles de mise en œuvre entre
partenaires. « il est alors indispensable de proposer des politiques en termes d’acteurs,
d’échelles, et de contextes pour promouvoir dans chaque cas l’équité, l’efficacité et la
durabilité. C’est ainsi que peuvent être dégagées des priorités de planification «articulant et
associant des institutions politiques, des acteurs sociaux et des organisations privés, dans
des processus d’élaboration et de mise en œuvre de choix collectifs capables de provoquer
une adhésion-action des citoyens» »1.

5. Echec de la planification urbaine classique :

Depuis les temps anciens, les villes évoluent, se développent en se basant sur des
régulations volontaires du système de circulation, de structure parcellaire et de composition
urbaine2. Le phénomène continue au fil du temps en donnant naissance à des formes
urbaines qui changent en fonction du mode de vie, de nouveaux besoins et des
avancements technologiques. Avec le temps, les tendances de pousser à la création des
villes idéales et de promouvoir la créativité et l’inventivité ont entrainé des

1
- Antoine Bailly, HURIOT Jean-Marie, villes et croissance ; théories, modèles, perspectives, Edition :
ANTHROPOS, 1999, Paris, P 265-266.
2
- EWA BEREZOWSKA AZZAG, « Projet urbain ; guide méthodologique, comprendre la démarche du
projet urbain », Edition : synergie, 2012, P 16.

17
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

développements spontanés des centres urbains, l’apparition des lieux de pauvreté, de


précarité et de délinquance et bien d’autres formes de problèmes urbains qui précisent
jusqu’à l’heure actuelle.

C’est pour cette raison que la planification urbaine est devenue une préoccupation
majeure et fait marquant le développement des villes avec ses principes réglementaires et
les méthodes de gestion urbaine.

La planification urbaine depuis son apparition tentait avec ses outils de répondre
aux besoins de la ville et de ses habitants, de maitriser l’espace urbain et de prévoir le
devenir d’une ville à une échéance déterminée. Néanmoins, les certitudes prévisionnelles
et fonctionnelles des années 80/90, la confiance dans les avis des experts se sont
considérablement affaiblies1.

En Algérie, de nombreuses études de planification ont été lancées à savoir le PUD


qui est avoué à l’échec à cause de la faille entre lui et la planification régionale et sa
politique qui ne reflète pas les objectifs d’aménagement de wilaya. Et finalement, le PDAU
qui est devenu le dernier outil de planification urbaine à partir des années 1990. Celui-ci
est venu pour orienter le développement, maitriser et optimiser les politiques
d’aménagement et d’équipements dans un contexte de relative croissance. Réellement, il
s’agit d’une « culture de prévision »2 sur les besoins de la ville et des habitants en terme
de logements, d’équipements, services, droit de construction, …

Les méthodes de la gestion urbaine entreprises alors dans le cadre de la


planification urbaine spatiale, semblent inaptes à saisir les problèmes de fond de la société
actuelle et ceux des générations futures. La rigidité des outils de planification urbaine
notamment le PDAU constitue une erreur méthodologique qui est devenue discutable au
moment où un simple permis de construire peut être refusé au motif qu’il soit contraire au
PDAU. S’ajoute à cela le souci de « la participation des habitants qui se vivent dans le
temps court (au moment actuel), alors les actions prioritaires d’une planification vraiment
stratégique ne prennent effet qu’à très long terme. Cette contradiction structurelle est très
difficile à dépasser »3. Cette participation des habitants et d’autres acteurs de la ville est
faiblement enregistrée dans l’élaboration des outils de planification urbaine (les plans

1
- GUY Loinger, CLAUDE Spohr, prospective et planification territoriale ; Etat des lieux et propositions,
travaux et recherches de prospective, n° 24, Février 2005, P 79.
2
- Idem, P 85.
3
- Jean-Paul Lacaze, « Renouveler l’urbanisme ; prospective et méthodes », presses de l’école nationale des
ponts et chaussées, 2000, P 67.

18
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

d’urbanisme et d’aménagement), le cas échéant, le PDAU. Et si elle y est, elle n’est plus
suffisante pour qu’elle soit représentative de l’ensemble des habitants de la ville ou de la
commune concernée. La société civile dans ce cas « joue le jeu » sans trop poser de
question et l’Etat par ses représentants tiens en main le levier de commande.

Généralement, La défaite de l’urbanisme s’explique aussi par la fracture entre la


gestion et la réalisation, les deux devant faire partie intrinsèque du plan d’urbanisme et du
projet. Mais aussi, le plan d’urbanisme manifeste un énorme écart entre les promesses qu’il
contient et la contribution réelle à la gestion de la ville1.

A l’instar de toutes les villes, la planification urbaine à Bouira, est caractérisée par
des écarts entre le contenu théorique de ses outils (le PDAU le cas échéant) et la réalité de
ce qui fait sur le terrain. Ces écarts sont traduits par différentes réalités notamment à titre
d’exemples:

- Différences entre le poids de populations attendus dans la ville et la réalité,


- Non-respect des plans initiaux et non réalisation des équipements planifiés,
- Gaspillage des terres agricoles et mitage des espaces péri-urbains
anarchiquement et sans équipements et réseaux divers,
- Multiplication des espaces résiduaires, des poches vides non affectées ou
aménagées.

Les motifs de ces écarts sont multiples ; dont la vitesse de la croissance urbaine,
l’insuffisance du prise en compte de la réalité (Etat de fait) dans la planification urbaine, le
manque de la participation des acteurs, de vision stratégiques et de coordination avec les
outils d’aménagement du territoire, priment sur les autres raisons.

En fin, il est impérativement nécessaire de penser autrement, de redonner un


nouveau visage à la planification urbaine, avec de nouveaux instruments et de novelles
réflexions sur l’avenir de nos villes et celui des habitants. Des tentatives pour résoudre les
mêmes problèmes que connait la ville du 19ème siècle ont été commencé il y a trente ans,
avec de nouvelles approches ; planification stratégique, prospective, … etc. tandis que, « ni
les plans de la première génération, ni les plans de la deuxième génération n’ont pas pu

1
- Ministère de l’équipement des transports et du logement, Dossier documentaire, « Planification et projet
urbaine en Italie », Juillet 1998, P 11.

19
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

résoudre ces problèmes. Seuls les plans de la troisième génération sont arrivés à modifier
les situations existantes spécifiques »1.

6. De la planification urbaine classique, spatiale à la planification urbaine


stratégique :

Les problèmes engendrés par l’application de la planification urbaine classique,


dite « urbanisme du plan » demeurent actuellement inévitablement des problèmes qui
s’aggravent de plus en plus surtout dans les pays en voie de développement ou le manque
des moyens et de démarches empêche l’avancement de tout engagement de la part des
pouvoirs publics. Les instruments de la planification classique sont de moins en moins
inefficaces pour un développement harmonieux durable des villes et des métropoles.

La nécessité de répondre aux exigences du développement durable à conduit à


l’apparition de plusieurs approches ; agenda 21, projets urbains, les projets de territoire, la
stratégie de développement de la ville, … toutes ces approches peuvent être regroupées
sous le terme de « planification stratégique urbaine » ou « stratégie de développement
urbain ».

La question qui se pose est : qu’est-ce que la planification stratégique urbaine ?


Quels sont ses objectifs ? Et qu’apporte-t-elle de nouveaux par rapport à la planification
urbaine classique ?

6.1. Définition de la planification urbaine stratégique :

A la fin des années 1990 il s’est développé la démarche de la planification


stratégique pour répondre à la complexité des enjeux urbains contemporains. Ceci a vu la
lumière et de références à partir des expériences des villes des pays développés ;
Barcelone, Londres, Vancouver, Lyon, …

La planification stratégique urbaine marque une rupture avec la planification


urbaine classique ou « urbanisme du plan » qui proposait des documents opposables aux
tiers, conformes aux découpages administratifs et élaborés sans concertation approfondie
avec la société civile. Ces plans se sont avérés inadaptés pour répondre à la rapidité des
mutations urbaines.

1
- Ministère de l’équipement des transports et du logement, Dossier documentaire, « Planification et projet
urbaine en Italie », [Link]., P 20.

20
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

La planification stratégique urbaine porte des objectifs plus large et plus profond
que l’urbanisme lié au développement d’un projet précis. Elle est multidimensionnelle et
notamment sur le plan spatial ou elle ambitionne de développer un urbanisme porteur de
valeur, prenant en compte des exigences de protection de l’environnement et de la
participation des citoyens.

D’une matière générale la planification stratégique est un outil que tout groupe
« municipalité, association, organisme gouvernemental, entreprise, agence, conseil ou
groupe d'intérêts » peut utiliser pour s'engager activement à préparer des plans pour
l'avenir.

En effet la planification stratégique urbaine peut être définie comme :

« La planification stratégique aide le processus de prise de décisions à déterminer


les objectifs appropriés qui serviront d’objectifs et de lignes directrices pour
l’établissement d’une vision commune pour le futur, notamment par le biais d’une
participation et d’un partenariat avec les citoyens et les parties prenantes. La planification
stratégique est différente de la planification urbaine : elle est une méthodologie et
également un processus complémentaire à d’autres outils de planification qui aboutit
habituellement à la définition d’un produit tel qu’une stratégie de développement de
ville»1.

« La SDV (La planification stratégique) est un plan d’action pour une croissance
équitable de la ville, élaboré et conduit à travers la participation de tous en vue
d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble des citoyens. Les buts sont une vision collective
de la ville, un plan d’action pour améliorer la gouvernance et la gestion, accroitre
l’investissement, développer l’emploi et les services et des programmes systématiques et
durables de réduction de la pauvreté »2.

6.2. Les caractéristiques de la planification urbaine stratégique :

Dans les pays développés le modèle de la stratégie du développement urbain


(SDU) a atteint un niveau de perfectionnement et d’opérationnalisation avancé par contre
dans les pays en voie de développement il s’est avéré que la conception des SDU et la
qualité de leur mise en œuvre est directement liée au niveau de la gouvernance urbaine
nationale et locale.
1
- Les stratégies de développement urbain en méditerranée, contexte, enjeux et perspectives, [Link]., P 06.
2
- Les stratégies de développement urbain en méditerranée, contexte, enjeux et perspectives, [Link]., P 10.

21
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

Les caractéristiques de la planification urbaine stratégique peuvent être résumées


dans ce qui suit :

 Leadership : La SDU est un outil de leadership, qui permet aux dirigeants locaux
d’avoir une vision claire du développement de leur ville.
 Holistique : La SDU est un outil de développement multisectoriel à large spectre,
qui permet d’aborder tous les aspects urbains : économiques, politiques, sociaux,
environnementaux etc.
 Territorial : La SDU est plus qu’un plan économique et social ; elle est, par
définition, territorialisée et intimement liée à la planification urbaine.
 Participatif : La SDU est un outil participatif, qui offre la possibilité d’impliquer
tous les acteurs de la ville.
 Flexible : La SDU est un outil flexible pour une orientation à long terme qui vient
compléter d’autres outils de planification spatiale légaux.
 Progressif : La SDU est un outil de planification stratégique permettant la mise en
place des actions à court terme dans le cadre d’une stratégie à long terme.

6.3. Gouvernance et démocratie participative au service de la planification urbaine


stratégique :

La croissance de nos villes est liée à la croissance démographique et au


développement économique. L’urbanisation spectaculaire que connaissent ces villes a
engendré des problèmes urbains importants auxquels les collectivités locales sont
confrontées (exclusion, développement économique, logement, infrastructures….). C’est
dans ce contexte le principe de « la gouvernance urbaine » comme une méthode de gestion
urbaine plus adaptée au processus d’urbanisation des villes en voie de développement en
particulier. Cette « bonne gouvernance » se base sur plusieurs caractéristiques à savoir : la
participation, la règle de droit, la transparence, la réactivité, l’élaboration de consensus,
l’équité, l’efficience et la responsabilité »1 (voir schéma 01).

1
- La gouvernance urbaine dans tous ses états ; analyse et proposition du groupe de réflexion sur la
gouvernance urbaine, GEMDEV-AMODEV, 2008, P 15.

22
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

Schéma n° 01 : Les caractéristiques de la bonne gouvernance.

Règle de
droit Participation
Responsabilité

Effecience gouvernance Transparence


urbaine

Réactivité
Efficacité
Elaboration
de consensus

Source : travail d’auteur 2014.

Parmi toutes ces caractéristiques, la participation entre en relation étroite avec la


gouvernance urbaine afin de promouvoir le développement humain durable et permet aux
citoyens d’exercer leurs droits légaux selon les principes et les pratiques démocratiques.
Selon le rapport du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) diffusé
en 1997 : « les institutions de la bonne gouvernance incluent trois domaines : l’Etat, la
société civile et privé qui doivent travailler en partenariat et en concertation »1.

La gouvernance urbaine dans ce sens peut être considérée comme l’exercice de


l’Etat sur plusieurs plans (économique, politiques, …) et sur des échelles différentes bien
considérées. Elle permet à travers ses institutions de faire participer les citoyens dans ses
actions.

Aujourd’hui, il est primordial d’axer les systèmes de planification et d’urbanisme


sur des actions englobant aussi bien l’aménagement, l’habitat, l’équipement, les loisirs, les
transports, les services…. L’urbanisme est l’affaire de tous y est compris les différents
secteurs en vue de pouvoir engager une véritable politique de développement au sein de
nos villes.

1
- La gouvernance urbaine dans tous ses états ; analyse et proposition du groupe de réflexion sur la
gouvernance urbaine, Opcit, P 15.

23
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

En effet, la participation, telle qu’elle a été définie par le grand robert, signifie ;
« action, fait de participer, à quelque chose, ensemble des actes, des caractéristiques
qu’entraine ce fait »1. Le recours à la démocratie participative permettrait « d’assurer une
forme de participation des citoyens à la discussion d’enjeux collectifs »2. La participation
des citoyens va au-delà des règles habituelles de la vie politique institutionnelle.

La démocratie participative repose principalement sur trois principes ;


l’argumentation, base de tout débat ; l’inclusion qui signifie que la participation doit être
ouverte à tous et la transparence et la publicité.

En réalité, les exigences de la démocratie participative ne sont pas toujours


réunies. Les difficultés auxquelles est confrontée la démocratie participative peuvent être
ramenées à deux motifs ; d’un côté, la représentativité des citoyens qui est pratiquement
faible même quand cela concerne la protection de leurs vies, et d’un autre côté, la
participation devient de plus en plus difficile à gérer, à chaque fois que l’échelle
d’intervention change.

a- La représentativité :

C’est une question qui peut être représentée sous plusieurs formes où prime
l’absence de deux catégories sociales ; d’un côté les jeunes et les personnes d’origines
étrangères. D’autre part, la question de l’égalité au sein de la société pour enfin éviter le
problème de la ségrégation sociale. Le citoyen est un axe levier de la ville de demain
« ville durable). Il est de ce fait « le seul à prendre en charge l’avenir de sa ville »3.

b- échelle de participation :

La participation est généralement facile à maitriser à l’échelle du quartier, mais


elle devient plus sensible quand elle concerne toute une ville ou une commune.

La réussite de la démocratie participative est liée à plusieurs éléments concernant


les citoyens et l’administration. Les citoyens devraient être compétents, civique, plus
impliqués et représentés par le milieu associatif.

1
- Le Grand robert de la langue Française, version électronique 2.0, SEJER, 2005.
2
- Maha MESSAOUDENE, revue : vie des villes, n° 17, Novembre 2011, P 52.
3
- Keith Whitmore, « Les villes : notre avenir commun », in revue naturopa ; ville et développement durable,
édition, conseil de l’Europe, n° 100, 2003, P 04.

24
Chapitre I : La planification urbaine ; contexte et renouveau

Conclusion :
Face aux problèmes que connaissaient les villes après la deuxième guerre
mondiale, des tentatives d’intervention et des modèles de production sont proposés pour
changer l’état et l’organisation de ces villes. Mais ces idées sont considérées comme
utopiques. De ce fait, est née la planification urbaine pour maitriser l’urbanisation et pour
améliorer le développement des villes. La planification urbaine a marqué ses empreintes
sur l’espace, et elle a joué un rôle important dans le développement des villes à travers ses
méthodes et ses instruments. Les empreintes de sa mise en place sont visibles de nos jours
dans les tracés, les découpages, les formes des tissus urbains, …

La réussite du processus de planification urbaine se résume à la participation de


tous les acteurs de la ville à la mise en place des orientations de ses outils. Nous avons vu
que ses outils (plans d’urbanisme) utilisent la « démarche normative » dans leurs
perspectives de développement et d’aménagement. Néanmoins, ils deviennent Caduc
tandis que ces plans ne peuvent pas répondre aux attentes des villes et de leurs habitants
d’un côté, et de résoudre les problèmes dont souffrent ces villes d’un autre côté. De ce fait,
la planification urbaine classique (urbanisme de plan) devient de plus en plus détaché de la
réalité des villes et des souhaits de la ville durable. Ce qui exige le renouveau de la
planification urbaine classique et le passage au stade de « la stratégie ».

La planification urbaine stratégique nous permet de développer des projets urbains


stratégiques insérés abordant tous les aspects urbains. Elle est menée par les différents
acteurs de la ville et permet de mettre en place des actions à court terme dans le cadre
d’une stratégie à long terme.

La planification urbaine telle est conduite actuellement ne peut pas répondre aux
attentes de la population future en se basant sur les ratios ; en équipements, logements, ...
Eviter de se baser sur les prévisions mathématiques et d’orienter les esprits vers
l’exploration de tous les futurs possibles afin de se concentrer sur ceux souhaitables.

La planification stratégique est tellement plus pragmatique et proche de la réalité


que la concertation à grande échelle enrichie d’idées et objectifs nouveaux.

25
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

26
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

« Quand il est urgent, il est déjà trop tard » anticiper plutôt que subir.

H. de Jouvenel

Introduction:

La politique de la ville existe depuis plus de trente (30) ans, elle tentait depuis à
promouvoir le développement social et urbain des villes pour enfin enrayer les inégalités
produites par le développement urbain et résoudre ses problèmes. Depuis son apparition, la
planification urbaine avec ses outils a essayé de répondre aux attentes de l’Etat, des
collectivités locales et plus encore des habitants. Après quatre-vingt-dix ans (90)
d’exercice, elle s’est avérée inefficace et incapable à porter des résultats efficaces,
notamment en matière de la prise en charge des besoins des générations futures.

Ce constat, est à la source de l’émergence d’une nouvelle démarche


pluridisciplinaire et systémique. Cette démarche intègre la dimension du Temps long et les
ruptures pour bien cerner le diagnostic et l’analyse du territoire concerné. Cette nouvelle
démarche qu’on appelle « la prospective » peut nous permettre d’acquérir un regard neuf
qui nous pousse à élargir tant les périmètres que les thèmes qui ont longtemps prévalus
dans la manière de penser ces espaces de vie.

A travers ce chapitre, nous allons définir les réalités liées à la démarche


prospective, ses principes et ses caractéristiques. Nous verrons ainsi comment peut-elle
nous aider à transiter le stade actuel, normatif standard dans nos recherches pour accueillir
un nouveau modèle plus réaliste, général dans son diagnostic et profond dans son analyse.

Nous mettons ainsi l’accent sur la prospective territoriale qui sert de modèle pour
toute analyse sur les différentes échelles territoriales (Nationale, région, commune, villes,
…). Et en fin, la présentation d’un modèle de plan élaboré en France sur un territoire plus
vaste que la commune. Le schéma de Cohérence Territorial (SCoT) est un modèle vivant
de l’application de la prospective territoriale.

En effet, nous avons mené ce chapitre à base d’une analyse théorique en


consultant les différents ouvrages et rapport traitant les thématiques de la prospective, et
nous l’avons structuré en fonction de questions clefs ; Qu’est-ce que la prospective, et la
prospective territoriale ? Comment peut-on intégrer la prospective territoriale dans
les instruments d’urbanisme ? Et qu’offre-t-elle de nouveau pour la planification
urbaine ?

27
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

I- La prospective, un nouveau regard :

I.1. Généralités :

La préoccupation du devenir de notre vie devient énormément importante surtout


avec les changements que connait la planète actuellement. Nos villes, ces lieux qui nous
regroupent tous et nous donnent ce que nous souhaitons pour avoir un meilleur cadre de
vie et surement conçu par des êtres vivants qui les planifient, organisent et prévoient leurs
avenir. La planification des villes a toujours besoin des articulateurs, des guides, de visions
stratégiques, d’acteurs efficaces pour assurer le développement positif de ces espaces
urbains. Pour en arriver à ce stade, des recherches tentent toujours de vérifier l’efficacité
ou non de chaque théorie ou méthode innovée dans le monde.

« L’action sans but n’a pas de sens, et l’anticipation suscité l’action » (Michel
Godet, 2004). Cette anticipation est considérée comme une préoccupation qui fait partie
des réflexes premiers de la gestion publique : quels seront demain les besoins de la
communauté en nourriture, en eau, en énergie, …, et comment prendre les devants pour y
répondre ?1. La question doit être posée pour chercher les failles du fond, mais aussi celles
liées à la méthodologie.

A partir de 1970, la prospective a connu une mobilisation importante. On la


retrouve à toutes les échelles : mondiale, internationale, nationale, régionale, communale ;
tous les types d'acteurs sont impliqués (secteur public, multinationales et petites
entreprises, universités et bureaux d'études, organisations internationales,…) et pour tous
les types de sujets : énergie, eau, transport, recherche et développement, changements
climatiques, biodiversité, développement territorial, … La variété de ses domaines et de
ses thèmes, et les expériences déjà entreprises dans le monde affirment pour certains
spécialistes que « la prospective constitue une recherche positive des possibles, tandis que
la planification pose un choix normatif pour l'avenir de la société »2.

Depuis son apparition, le concept de la prospective avait pour objectif d’acquérir


un nouveau regard qui nous pousse à élargir les périmètres et les thèmes qui ont longtemps
prévalu dans la manière de penser ces espaces de vie.

1
- Emilie J. K. Mutombo, Tom Bauler, Grégoire Wallenborn, méthodes participatives de prospective et de
planification pour un développement durable : analyse d’approches et de réalisations, Université Libre de
Bruxelles, 2007, P 01.
2
- Idem, P 08.

28
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

I.2. Définition de la prospective :

Le concept de la prospective ne possède pas une définition consensuelle, elle est


souvent comprise comme synonyme de « Future studies ». En effet, plusieurs définitions
ont été données précisément par celle de « Gaston BERGER » le fondateur de la
prospective.

Pour Gaston BERGER, « la prospective permet de faire émerger la vision d’un


futur souhaitable, ainsi que les trajectoires pour y parvenir, en se donnant les marges de
manœuvre nécessaires pour y parvenir »1.

Le dictionnaire de la langue Française - le grand robert - la défini comme « un


ensemble de recherches concernant l'évolution future de l'humanité et permettant de
dégager des éléments de prévision »2.

Mais encore d’autres définitions ont été données pour ce concept dont on cite
quelque unes d’entre elles :

«L’avenir est domaine de liberté, de pouvoir et de volonté. Il est à la fois


territoire à explorer, d’où l’utilité de la veille et de l’anticipation, et en particulier de la
prospective dite exploratoire ; et territoire à construire, d’où l’utilité de la prospective
parfois appelée normative, qui renvoie non plus à l’investigation des futurs possibles mais
à celle des futurs souhaitables, aux politiques et aux stratégies qui pourraient être
adoptées pour les réaliser»3.

Stéphane VILLEPONTOUX l’a défini comme « une démarche complexe à la


fois probabiliste (prolongement des tendances), exploratoire (constructions imaginaires) et
stratégique (préparer le futur de l’humain) »4.

La démarche prospective, considère le futur comme « à faire », « à bâtir », et donc


elle nous aide à le construire. C’est dans cette optique qu’elle est considérée comme la
démarche la plus convenable pour concevoir un avenir plus adéquat pour nos sociétés, et
de savoir comment construire cet avenir. En effet, « la prospective est une démarche

1
- Philippe Durance, genèse de la prospective territoriale, (LIPSOR, CNAM).
2
- Le grand robert, version électronique 2.0, SEJER, 2005.
3
- LELEUX Orane, VIVER Camille, la prospective territoriale ; recensement des acteurs de la prospective
territoriale en région centre en vue de la mise en place d’un observatoire de la prospective territoriale,
projet de fin d’études, 2009-2010, P 09.
4
- Stéphane VILLEPONTOUX, la démarche prospective ; objectifs et méthode, Université de Montpellier
III, P 17.

29
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

globale, interdisciplinaire qui a pour mission de rendre compte de la situation passée et


présente, de formuler les questions clés du devenir, de repérer et de dessiner les futures
possibles (prospective exploratoire ou cognitive), de les confronter avec les buts que
s’assignent ceux à qui elle s’adresse et avec les contraintes existantes (facteurs endogènes
et exogènes), de suggérer les procédures et les actions appropriées pour transformer
celles-ci en projets collectifs, pour permettre aux décideurs de choisir en connaissance de
cause (prospective action et stratégique) »1.

I.3. Evolution et fondement de la prospective :

I.3.1. Aux Etats Unis :

Les fondements de la prospective remontent à l’après deuxième guerre mondiale


aux Etats Unis où une nouvelle discipline exploratoire est apparue en 1947 sous le nom de
« la Futurology ». Cette discipline vise à faire de la prévision pour en fin construire une
science de future.

En effet, cette discipline a donné naissance à deux courants importants ; les


visions empiriques et les visions technologiques. Pendant la guerre froide le courant de « la
vision technologique » avait été financé par l’armée américaine en vue de mettre au point
de nouvelles stratégies et de nouvelles armes intégrant les avancées technologiques 2. Ceci
est venu après l’incertitude qui régnait sur la fin de la deuxième guerre mondiale liée à la
mise en place d’un « rideau de fer » qui a engendré divers besoins. Seulement, la prise de
décision exige deux la présence de deux conditions ; d’une part, le pouvoir doit se baser
sur l’opinion des experts, et d’autre part, la simulation des environnements futures dans
lesquels devront être prise les décisions. Cet acte a donné naissance à « l’analyse de
systèmes » (systems analysis) qui elle-même à l’origine de l’approche par scénarios.

Les expériences de cette nouvelle technique appliquées dans le domaine militaires


sont exportées et redirigées vers le monde des entreprises ou la première expérience fut
développée par la « Royal Dutch Shell Company » qui a donné naissance à ce que Michel

1
- Orane LELEUX, Camille VIVER, la prospective territoriale ; recensement des acteurs de la prospective
territoriale en région centre en vue de la mise en place d’un observatoire de la prospective territoriale,
Opcit, P 10.
2
- Emilie J. K. Mutombo, Tom Bauler, Grégoire Wallenborn, méthodes participatives de prospective et de
planification pour un développement durable : analyse d’approches et de réalisations, Opcit, P 20.

30
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

Godet nomme ; « l’école américaine de planification par scénario » (the American School
of scenarion planning)1.

I.3.2. En France :

I.3.2.1. Emergence d’un nouveau concept et fondement :

Le concept de « prospective » a été proposé pour la première fois par Gaston


Berger en 1955 avec lequel il vise à transformer radicalement la manière dont elles sont
prises les décisions humaines pour développer sa théorie de «science de l’homme à
venir »2. (1956).

Evidemment, après la misérable situation de la France héritée de la deuxième


guerre mondiale et l’incertitude sur le sens de son histoire, Gaston Berger a pensé à
d’autres méthodes qui dépassent les méthodes classiques d’anticipation basées sur les
statistiques et les prévisions. Il pose ainsi les bases d’une véritable « anthropologie qui doit
s’efforcer de réduire l’incertitude face à l’avenir, de décrypter et de prévoir collectivement
les futures souhaitables »3.

L’idée centrale de Berger est de trouver la situation souhaitable dont il se trouvera


l’homme dans l’avenir, et c’est dans cette optique qu’il propose de réconcilier la sagesse et
la puissance4.

En 1957, Gaston Berger, crée « le centre international de prospective » pour


rendre son approche en marche après les échecs répétés des techniques de forecasting
classique (prévision). Le futur pour Berger n’est pas une partie d’une continuité temporelle
mais une chose à créer en formulant une méthodologie basée sur le recours aux scénarios
de développement qui servent à faciliter la prise de décision par les politiciens. La
prospective telle qu’elle est définie s’insère comme support de la planification afin de fixer
les objectifs et d’évaluer les conditions du présent.

1
- Emilie J. K. Mutombo, Tom Bauler, Grégoire Wallenborn, méthodes participatives de prospective et de
planification pour un développement durable : analyse d’approches et de réalisations, Opcit, P 21.
2
- Orane LELEUX, Camille VIVER, la prospective territoriale ; recensement des acteurs de la prospective
territoriale en région centre en vue de la mise en place d’un observatoire de la prospective territoriale,
Opcit, P 12.
3
- Idem, P 12.
4
- Philippe Durance, Genèse de la prospective territoriale, (Lipsor, CNAM Paris), 2007.

31
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

I.3.2.2. L’institutionnalisation :

La prospective n’était qu’une théorie pour Gaston Berger. Elle ne revêt un


caractère officiel qu’après la rencontre Berger avec André Gros 1 en 1955 qui a son tour a
conseillé les chefs d’entreprises Français de la nécessité d’appliquer cette idée. Cette
rencontre a donné naissance d’un centre rassemblant des personnes de milieux différents,
capables de déployer un véritable militantisme vis‐à‐vis de l’idée d’avenir et de
changement (Gros, 1961).

Un peu plus tard, en 1957, il y a eu la création du « centre international de


prospective » présidé par Gaston Berger. Ses membres d’administration sont de divers
institutions, entreprises, universités et représentants de l’Etat. Le centre a commencé ses
études en analysant plusieurs thématiques et il s’est fixé comme objectif comme il a été
dicté dans le statut de l’association « d’étudier en fonction de l’homme et dans une attitude
prospective les problèmes généraux que posent les conséquences économiques, sociales et
politiques de l’évolution du monde »2. Quand à Berger, il approfondit ses recherches sur sa
méthode pour en définir en 1959 les principales caractéristiques de l’attitude prospective :
voir loin, voir large, analyser en profondeur, penser à l’homme et prendre des risques.

Peu à peu le cercle des personnes impliqués s’élargi aux nouveaux militants en
particulier Pierre Massé qui a introduit la prospective au sein de l’administration et des
plans nationaux, ce qui mènera à une certaine institutionnalisation de ces pratiques au sein
de l’appareil d’Etat Français3 notamment avec la création de la DATAR (délégation à
l’aménagement du territoire et à l’action régionale) en 1963.

I.3.2.3. L’administration prospective :

Rendre l’administration française une administration prospective, de prévision, de


synthèse et de coopération était l’objectif du « centre international de prospective » depuis
sa création. Tous les militants de la prospective y travaillent en particulier « Pierre
Racine » et « Pierre Massé » commissaire au plan en 1959 qui a mené sa réflexion sur les
rapports entre prévision et prospective appliqués à la décision publique (1959).

En 1962, Pierre Massé crée un groupe de prospective qui a pour but « d’étudier,
sous l’angle des faits porteurs d’avenir, ce qu’il serait utile de connaitre dès à présent de la

1
- Ancien médecin du travail et président de la Société international des conseillers de synthèse (SICS).
2
- Philippe Durance, Genèse de la prospective territoriale, (Lipsor, CNAM Paris), 2007.
3
- Emilie J. K. Mutombo, Tom Bauler, Grégoire Wallenborn, Opcit, P 21. 22.

32
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

France 1985 »1 et ce ou moment de préparation du 5ème plan (1966-1970) qui permettait de


mener un développement industriel rapide et un progrès social équitable par un
développement des équipements collectifs. Ceci a été mené ainsi en collaboration avec
plusieurs organismes et spécialistes consultés parmi lesquels ; Jacques Delors, Paul
Delouvrier, Raymond Aron.

Les réflexions pour « la France de 1985 » constituent les premières démarches de


la prospective appliquées à un territoire et marquent « la fin de la préhistoire de la
planification » (Decouflé, 1972). Le progrès observé pendant la période 1966-1970 dans la
mise en œuvre de la prospective à travers le 5ème plan incite les responsables et les
rapporteurs en France à ce que « l’ensemble des administrations, des institutions, des
organisations professionnelles, économiques, sociales, syndicales puissent se créer des
cellules de prospective de telle façon que la société fasse, avec l’apprentissage de la
prospective, l’apprentissage de la mobilité et du changement » (Monod, 1970).

Effectivement, à partir des années 1970, sous l’effet de la décentralisation et de


déconcentration des services de l’Etat, la prospective a commencé à changer d’échelles
dans les territoires et devenir une « prospective territoriale ». A ce stade, elle est munie par
les acteurs des différentes collectivités locales selon les principes définis par Gaston Berger
en 1955.

A partir des années 1980, la prospective est devenue indispensable dans toutes les
échelles du territoire (agglomération, ville, pays, …) et la législation Française est
favorable pour le développement de la prospective et particulièrement la prospective
territoriale. En effet, « parmi les instruments de planification stratégique et spatiale certains
intègre une dimension prospective. Ainsi les schémas de cohérence territoriale (SCoT), qui
réclame une réflexion poussée à l’horizon de 20 ans et à, un degré moindre, les plans
locaux d’urbanisme (PLU), sont entrain de mobiliser de très nombreuses équipes »2.

1
- Philippe Durance, Genèse de la prospective territoriale, (Lipsor, CNAM Paris), 2007.
2
- Philipe Durance, Michel Godet, Philippe Mirénowicz et Vincent Pacini, Les Cahiers du LIPSOR, « la
prospective territoriale, Pourquoi faire ? Comment faire ? », Série de recherche n° 07, 2007, P 10.

33
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

I.4. Finalités de la prospective :

Il est nécessaire de noter que la prospective est une pensée opérationnelle du futur,
mise en action à partir d’une ouverture, d’une vision, d’un état d’esprit basé sur les huit
commandements de Gaston Berger et de Miche Godet, Jacques Lesourne et Hugues de
Jouvenel1 :

 voir loin : les actions diverses entreprises par les hommes doivent être remplacées
dans une perspective d'ensemble, à long terme, des grandes options sociétales ;
 voir large : c'est la reprise, au plan de l'efficience de l'action, du sens du dialogue :
«Il faut que des hommes se rencontrent et non que des chiffres s'additionnent ou se
compensent automatiquement », ainsi, face à l’interdépendance des phénomènes, il
est important d’éviter la spécialisation des approches pour favoriser au contraire la
diversité des expertises ;
 analyser en profondeur : dépasser le stade de la prévision. C'est un acte de foi
purement gratuit de croire que tout va continuer sans s'être assuré que les mêmes
causes continueront à agir. Il faut déceler les motivations les plus profondes, les
stratégies primales des décideurs acteurs au service de cette construction collective
de l'avenir ;
 prendre des risques : le champ de la prospective laisse une liberté que ne permet
pas l'obligation à laquelle nous soumet l'urgence. Prudence dans les actions qui ne
souffrent souvent aucun délai, mais imagination pour faire éclater les cadres trop
rigides qui prétendraient régenter l'avenir ;
 penser à l'homme : l'homme est « la mesure de toutes les choses », du moins, il
donne l'échelle dans les études prospectives. La lucidité de l'homme face à son
avenir peut à elle seule en changer la nature (« regarder l'avenir le bouleverse ») ;
 voir autrement : pour échapper au conformisme des idées reçues ;
 voir ensemble : pour faciliter l'appropriation et la mutualisation des compétences ;
 utiliser des outils et méthodes : aussi rigoureuses et participatives que possible
pour structurer la réflexion et réduire les inévitables incohérences collectives.

1
- Philippe Durance, « Prospective territoriale : retours d’expérience », compte rendu du Séminaire
Prospective Info, Aout 2005, France, P 04.

34
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

II. la prospective territoriale :

II.1. Définition :

Les territoires et les villes sont des systèmes qui se développent et qui
s’accroissent dans le temps et progressivement, cet avenir assigné aux villes et aux
territoires doit être construit par les responsables et tous les acteurs ayant une part de
responsabilité. La ville durable exige la participation démocratique de tous les acteurs dans
l’élaboration de ses scénarios de développement et à l’ensemble de pratiques territoriales et
urbaines. De ce point de vue « la prospective a pour objet l’élaboration des visions, des
perspectives et d’orientations concernant le devenir d’un territoire et de ses souhaits pour
éclairer et pour permettre des prises de position et des options stratégiques, dans les cas
les plus complexes, de projets de territoires. Elle est à la fois une attitude, un art et un
ensemble de pratiques qui visent à se représenter l’avenir pour mieux le construire.
Appliquée aux territoires, elle consiste à s’en représenter les avenirs possibles, à élaborer
une vision partagée par les acteurs du territoire et à imaginer et déployer les actions
politiques et stratégiques -entre autres, d’aménagement- qui contribueront à la réalisation
de l’avenir souhaité »1.

En d’autre termes, elle consiste à « mettre en application les approches de la


prospective en matière d'anticipation, de participation, de mise en réseau, de vision et
d'action, à des échelles territoriales données- les facteurs de proximité ont une importance
plus déterminante »2.

Le territoire en sa totalité en tant que « système complexe » n’est pas seulement


un objet d’étude mais le sujet d’un exercice collectif dans le cadre du processus d’action
que constitue le projet3. Ce qui signifie que ; travailler un territoire est une action qui doit
être munie par tous les acteurs de ce territoire. L’élaboration d’une vision pour le devenir
d’un territoire exige que ces acteurs fournissent les moyens conceptuels et techniques et
qu’ils soient capables de faire partager leurs analyses et de construire une «vision

1
-LELEUX Orane, VIVER Camille, Opcit, P 10.
2
- Guide pratique de prospective territoriale en France, commission européenne, Luxembourg, 2002, P 05.
3
- LOINGER GUY ET SPOHR CLAUDE, prospective et planification territoriales; état des lieux et
propositions, travaux et recherches de prospective, N° 24, 2005, P 31.

35
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

partagée». Ces actions sont fondées sur le consensus, la gouvernance et la notion du


développement durable1.

Schéma n°02 : Complexité du territoire

Source : Mattiu Etcheverry, Mathieu Commet. 2013.

Le territoire est le sujet de la prospective territoriale. Mais seulement, il est très


compliqué par fait de ses caractéristiques diverses ; de sa société locale, comme territoire
dans le monde, espace, lieu d’organisation des activités, patrimoine, réseaux. Pour mieux
cerner le territoire dans l’objet d’élaborer la vision d’avenir, la prospective territoriale
s’appuie sur les outils de la prospective, notamment ; l’élaboration de diagnostics
dynamiques, de scénarios exploratoires et de scénarios finalisés, de l’ensemble des outils
de « l’aide à penser autrement»2.

II.2. fondements de la prospective territoriale :

Dans les années 1960 et plus particulièrement en 1963 avec la création de la


DATAR (Délégation de l’Aménagement du Territoire et de l’Action Régionale), les
principes de la prospective se développent dans les centres de décisions jusqu’au plus haut
niveau de l’Etat.

1
- Philipe Durance, Michel Godet, Philippe Mirénowicz et Vincent Pacini, la prospective territoriale,
Pourquoi faire ? Comment faire ?, Les Cahiers du LIPSOR, Opcit, P 08.
2
- Philipe Durance, Michel Godet, Philippe Mirénowicz et Vincent Pacini, la prospective territoriale,
Pourquoi faire ? Comment faire ?, Les Cahiers du LIPSOR, Opcit, P 31.

36
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

A partir des années 1970, la prospective se développe sous d’autres formes et sur
d’autres échelles. Ceci est dû à la décentralisation et à la déconcentration des services de
l’Etat. Ce changement dans la structure politique de l’Etat Français a été le substrat
favorable à l’apparition de la « prospective territoriale » à partir des années 1970. Cette
prospective territoriale, contrairement à la prospective des années 1955 sera menée par les
acteurs des différentes collectivités locales selon les principes définis par Gaston Berger.

La mise en œuvre de cette démarche a permet de lancer des exercices de


prospectives territoriales entre les années 1990 et 2000 en France notamment dans les
« pays basques » et qui ont contribués à la préparation des contrats de Plan Etat-Région et
autres DTA, SRADT, SSC, … etc1. Il s’agit là d’une prospective expérimentale,
foisonnante, essentiellement basée sur une approche cognitive et la méthode des
scénarios2.

Après 1999, et avec le nouveau contexte législatif favorable traduit par la


promulgation de nouvelles lois notamment ; Voynet, Chevènement et Gayssot-Besson
(SRU), la vision et la réflexion sur les territoires a complètement changé. Ce nouveau
contexte législatif a donné naissance à de nouveaux instruments de planification
stratégique et spatiale qui intègrent une forte dimension prospective sur un horizon de 20
ans (SCoT) et le PLU à un degré moindre.

Aujourd’hui les études territoriales sont au centre d’intérêt de la société civile qui
veut s’impliquer à toutes les actions qui concernent leur avenir. Néanmoins, ces études font
appel à la « démocratie participative » qui implique la participation de tous les acteurs.

II.3. Les facteurs du succès de la démarche prospective territoriale :

La prospective territoriale est une démarche appliquée à des territoires qui


souffrent des problèmes, environnementaux, politiques, sociétaux, … et pour réussir la
construction d’un futur meilleur, des facteurs bien déterminés peuvent être introduit pour
garantir le succès de la démarche de prospective territoriale. Ces facteurs ont été le fruit du
« séminaire Prospective Info du 2005 », édictés par Philippe Durance3;

1
- Philipe Durance, Michel Godet, Philippe Mirénowicz et Vincent Pacini, la prospective territoriale,
Pourquoi faire ? Comment faire ?, Les Cahiers du LIPSOR, Opcit, P 10.
2
- Philippe Durance, Prospective territoriale : retours d’expérience, Opcit, P 05.
3
- Philippe Durance, Prospective territoriale : retours d’expérience, Opcit, P 06, 07.

37
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

 La prise de conscience ; les acteurs de la ville doivent se rendre compte de


l’importance de la vision à long terme, et que le regard cloisonné sur l’actuel ou
une période courte est dépassé vue l’ensemble des menaces qui pèsent sur nos vies
et notre avenir.
 Une forte volonté politique ; les décideurs doivent avoir conscience de la nécessité
de la gouvernance, et qu’ils doivent partager la décision sans perdre le contrôle.
 Mise en place d’une passerelle entre les collectivités locales et l’Etat ; il est
impérativement nécessaire de donner un appui fort aux collectivités locales
notamment les maires et d’assurer une bonne articulation entre tous les secteurs.
 Rôle de relais joué par l’Etat ; l’Etat doit un partage équitable dans la diffusion des
expériences, partages des informations et des connaissances. Autrement dit, un
appui total dans le pilotage de la démarche de la prospective territoriale.
 La mise en place de la démarche ; ayant pour but et devant être capable d’associer
les acteurs locaux : participation, implication et appropriation.
 Une méthodologie rigoureuse ; la mise en place de cette démarche exige une
certaine série de conditions où la pédagogie, la transparence, la cohérence jouent un
rôle primordial. Ainsi le facteur d’ingénierie local traduite par la capacité à
construire des visions à long terme.
 La distinction entre la démocratie délibérative et la démocratie participative : au
moment de la prise de décision.
 En vertu du débat public dans sa permanence et de l’intelligence collective.
 L’aboutissement de la démarche sur un projet de territoire stratégique qui soit un
début et non une fin.
 Inscription durable de la démarche dans le temps ; ce qui donne un caractère
continue à la prospective.
 La programmation et la mise en œuvre d’actions concrètes ; tout en sachant que
certains projets seront réalisés pendant les années à venir et après leur concertation.
 Le recours à l’évaluation des processus et pas seulement des résultats.

38
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

II.4. Articulation entre la prospective et la planification :

La définition des deux concepts de la « prospective » et de la « planification » a


mis en évidence les points de différence entre les deux disciplines. La prospective est une
activité d’analyse du présent et des réflexions sur les possibles, les probables et les
souhaitables, pour l’avenir ; par contre la planification est un processus rationnel de prise
de décision et de contrôle centré sur l'allocation de ressources en fonction d'objectifs fixés
et cherche à identifier le chemin optimal pour atteindre ces objectifs. Au préalable, elles
doivent se baser sur un diagnostic de situation présente pour déterminer les variables
nécessaires pour leur analyse.

Ces deux approches sont intimement liées du point de vue de l’objet et de la


nature de leurs réflexion ; la prospective s’appuie sur la recherche positive des possibles, et
la planification s’appuie sur un choix normatif pour l’avenir de la société1. Depuis son
apparition, la prospective tente d’orienter la planification vers des outils qualitatifs et une
certaine forme de participation en dépassant le processus de la planification qui sert à
identifier les scénarios possibles pour construire des scénarios souhaitables.

Schéma n° 03 : Articulation entre la prospective et la planification.

Diagnostic
Identification du processus

Prospective Interaction
Interaction Planification
- Approche positive des - Approche normative et - Approche normative de
possibles (exploratoire) participative, gestion,

- Activité d’analyse, - Définition de l’état final - Processus rationnel,


- Visions souhaitables, souhaitable et des - Objectifs fixés et plan
des contraintes et évolutions où y mènent, d’action politique,
enjeux, - Construction des visions
- Scénarios désirables. désirables. - Scénarios possibles.

Source : travail d’auteur 2014.

1
- Emilie J. K. Mutombo, Tom Bauler, Grégoire Wallenborn, méthodes participatives de prospective et de
planification pour un développement durable : analyse d’approches et de réalisations, Opcit, P 01.

39
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

La relation entre ces deux approches ne se limite pas aux différences qui les
marquent, mais aussi aux éléments communs qui les marquent ; d’une part, des éléments
rétrospectifs concernant l’état du passé et présent du système étudié. On parle alors de du
Diagnostic préalable sur les possibles et les souhaitables qui permet de dégager les
différents enjeux et les paramètres-clés de chaque enjeu. D’autre part, des éléments liés
aux acteurs qui prennent part au processus. Même si le principe de participation des acteurs
existe pour les deux approches, mais, ils sont différents car cette participation est
enregistrée pour la planification au moment de la prise de décision institutionnalisée, et
pour la prospective c’est au moment de l’anticipation, de la réflexion et de la créativité.

La différence entre la prospective et la planification relève ainsi de la différence


entre la prospective et les prévisions. La comparaison entre ces deux méthodes à fait
ressortir quelques incidences qui font renforcer le choix des spécialistes pour la démarche
prospective.

Tableau n° 01 : Comparaison entre prévision et prospective.

Prévision Prospective

Vision du problème Parcellaire Globale


Qualitative, éventuellement
Quantitatives, objectives,
Variables quantifiables, subjectives,
connues
connues ou cachées
Statistiques, structures Dynamiques, structures
Relations
constantes Evolutives.
Explication De l’avenir par le passé. L’avenir est la raison d’être du présent.
Avenir Unique et certain. Multiple et incertain.
Modèles déterministes et Analyse intentionnelle, modèles
Méthode quantitatifs (économétriques, qualitatifs (analyse structurelle) et
mathématiques) stochastiques (impacts croisés).
Passive ou adaptative (avenir
Attitude face à l’avenir Active et créative (avenir désiré).
subi).
Source : Guide pratique de prospective territoriale en FRANCE.

40
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

III. Expérience étrangère :

1. La planification urbaine Française, nouveaux outils pour une nouvelle démarche :

La planification urbaine Française apparait depuis le début du 20ème siècle, comme


une méthode relevant de l’aménagement du territoire et visant à maitriser le
développement des villes. Successivement, les administrations centrales puis,
décentralisées, se sont dotées d’outils juridiques et réglementaires répondant autant à des
problématiques urbaines structurelles et conjoncturelles. Ceci a nécessairement abouti à
une multiplication des documents d’urbanisme règlementaires et opérationnels. La loi de
Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) a tenté dans ce contexte, de simplifier,
compléter et ré-hiérarchiser les outils de planification urbaine.

Les documents d’urbanisme en France sont aujourd’hui hiérarchisés selon la


logique spatiale. Ils sont caractérisés par leurs aspects territoriaux (SCoT, PLU, carte
Communal) et/ou aspects thématiques (DTA, PDU, PLH, OPAH, …).

Le SCoT et le PLU remplacent le SDAU et le POS initiés de la loi d’orientation


foncière du 30/12/1967, et ce vue leur incapacité à résoudre les problèmes de la ville et la
multiplication de ces derniers.

En effet, la mise en œuvre de nouveaux outils de planification est venue comme


une nécessité absolue pour pouvoir répondre aux enjeux du développement durable, et
l’échec des documents d’urbanisme précédents (SDAU, SD, POS) a en faire face. C’est
dans ce contexte que le SCoT est considéré comme « un instrument de coordination des
politiques publiques sectorielles (PDU, PLU, PLH, SDUC, …), et s’intéresse à toutes les
dimensions de la vie quotidienne ; se loger, se déplacer, travailler, se former, se distraire,
se soigner, …) »1.

III.2. Définition du SCoT :

« Un schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) est à la fois une démarche


politique et un outil de planification juridique. Son élaboration est un processus qui
s’inscrit dans la durée et qui mobilise diverses forces vives d’un territoire : élus, acteurs

1
- Rapport du Sepal, Les mots du SCoT, Lyon, Janvier 2010, P 07.

41
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

institutionnels, société civile, c’est un document d’urbanisme dont le contenu, les objectifs
et la portée sont définis par le code de l’urbanisme »1.

Mais aussi, l’élaboration du SCoT tient compte des documents d’urbanisme du


rang inférieur déjà présent sur le territoire concerné (PDU, PLU, …).

Le SCoT est un document de conception et de mise en œuvre d’une planification


urbaine et de prospective à l’échelle d’un territoire. Il se base sur une démarche issue d’une
volonté politique visant la préparation collective de l’avenir du territoire en faisant appel
aux principes de la gouvernance locale.

III.2.1. Echelles et temporalités du SCoT :

Le SCoT est un document de planification stratégique élaboré à l’échelle


intercommunale allant de trois (03) communes et plus. Cette caractéristique lui donne les
moyens d’agir et de répondre collectivement à divers défis (nature, climat, économie,
…etc). Il est ainsi élaboré pour être en mesure « d’intégrer et de répondre en parallèle à
trois échelles de planification : court, moyen et long terme »2.

Schéma n° 04 : Les temps du SCoT.

Temps court Temps moyen Temps long


De 5 ans 5 – 10 ans 10-25 ans
Projets en cours Programmation à moyen terme Réflexion à long terme qui intègre les
et opérations des opérations d’urbanisation et grandes mutations envisageables
programmées de structuration urbaine, (environnement et ressources, économie
d’infrastructure, d’équipement. et activités, climat et énergie, mode de
vie, de consommation, …etc) auxquels il
est impératif de préparer dès aujourd’hui
le territoire.

Source : Rapport du SCoT, Guide pratique à l’attention des élus, P 23.

1
- Ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, « SCoT, Un projet stratégique partagé pour
l’aménagement durable d’un territoire, Guide pratique à l’attention des élus», France, Juin 2013, P 05.
2
- Ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, « SCoT, Un projet stratégique partagé pour
l’aménagement durable d’un territoire, Guide pratique à l’attention des élus», France, Juin 2013, P 23.

42
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

Les anciens plans d’urbanisme élaborés par une seule commune ont démontré
leurs échecs. Actuellement, « la vision la plus complexe adoptée dans l’aménagement
urbain c’est laquelle où le plan d’urbanisme peut concerner un groupement de commune
ou agglomération (notion d’intercommunalité) »1. Cette intercommunalité issue de la
nécessité de résoudre des problèmes de gestion urbaine des communes agglomérées où la
coopération et la solidarité est imposée.

III.2.2. La gouvernance, la clef de la réussite :

La gouvernance est une démarche indispensable dans l’élaboration du SCoT. Elle


est une démarche qui fait impliquer de façon responsable dans la prise de décision tous les
acteurs concernés de la ville/territoire.

La commission de terminologie ou de néologie en France a définis la gouvernance


comme : « la manière de concevoir et d’exercer l’autorité à la tête d’une entreprise, d’une
organisation, d’un Etat. Elle s’apprécie non seulement en tenant compte du degré
d’organisation et d’efficience, mais, aussi et surtout d’après des critères tels que la
transparence, la participation et le partage des responsabilités »2.

A la lumière de cette définition, la démocratie participative devient une exigence


inéluctable dans le processus. En effet, la dimension de « concertation » est essentiellement
anticipée lors de la démarche d’élaboration du SCoT.

III.2.3. La concertation au service de l’élaboration du SCoT :

« La concertation en matière d’urbanisme et d’aménagement signifie d’abord une


obligation juridique à la charge des collectivités publiques pour orchestrer un examen
contradictoire, loyal, et éclairé des décisions d’aménagement »3.

Selon la loi SRU ; « font l’objet d’une concertation associant, pendant toute la
durée de l’élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres
personnes concernées »4.

1
- Maouia Saïdouni, « les éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation- »,
Opcit, P 215.
2
- Ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, « SCoT, Un projet stratégique partagé pour
l’aménagement durable d’un territoire, Guide pratique à l’attention des élus », Opcit, P 15.
3
- Dominique Pipard et Alain Maillard, urbanisme-aménagement, pratique de la concertation, Edition : le
Moniteur, Paris, 2003, P 183.
4
- Article : L 300-2 du code d’urbanisme Français.

43
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

A ce titre, le SCoT revêt un caractère de transparence auprès des acteurs et


citoyens du territoire concerné qui est réalisé au travers de l’information, la concertation
puis l’enquête publique. Il s’agit d’informer les habitants de ce projet, de leur expliquer les
enjeux environnementaux, des arguments ayant conduit aux options d’urbanisation
retenues, et puis de leur demander leur avis et leurs propositions.

III.2.4. Le SCoT au service du développement durable :

« Une ville n’est jamais été une réalité géographique totale, elle ne s’épuise pas en
elle-même, mais est toujours inséparable d’autres espaces, au minimum une régio

n dans laquelle elle se développe » (Ugo Leone et Gilles Benest 2006). Entre
autre, la ville était toujours vue comme espace où s’accumulent les difficultés d’y vivre,
incivités, pollutions, chômage, insécurité, nuisances, logements, … Résoudre ces
problèmes, impose la recherche des moyens convenables à minimiser les dégâts. A un
certain moment de l’humanité, des actions entreprises par leurs soins ont engendré de leur
part la dégradation intégrale de l’environnement (faune et flore), des villes, … ce qui influe
sur son avenir.

Tableau n° 02 : Relations entre les finalités du développement durable et les moyens du SCoT.

Finalités du DD Moyens du SCoT


- Mise en œuvre des dispositions relatives à l’énergie et aux
La lutte contre les changements
émissions de gaz à effet de serre, et par la réduction des
climatiques
obligations de déplacement.
- Mise en place d’une trame verte et bleu pour préserver la
La préservation de la biodiversité, biodiversité.
des milieux et des sources. - Maitrise d’urbanisation et protection des terres agricoles.
- Consommation rationnelle des ressources.
La cohésion sociale et la solidarité
- Réduction des inégalités sociales et territoriales par un
entre les territoires et les
urbanisme favorisant la mixité sociale.
générations.

L’épanouissement de tous les êtres - satisfaction des besoins en logement, en équipement, services
humains. cadre de vie environnementale, sanitaire et urbain des habitants.

La dynamique du développement - Encouragement du développement urbain protégeant


suivant des modes de production et l’environnement.
de consommation responsable. - Encouragement du développement économique local.
Source : travail d’auteur 2014.

44
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

Actuellement, les villes s’accroissent, et ont donné naissance à « un nouveau cycle


de l’urbanisation, connue classiquement sous le nom de « l’étalement urbain ». Celui-ci se
traduit par un desserrement du tissu urbain, une spécialisation sélective de certains
quartiers et un grignotage progressif des espaces ruraux »1.

Les mutations que subissent les villes ont poussé les pays et plus particulièrement
les pays développés à mettre en œuvre de nouvelles actions, de nouveaux outils de
nouvelles démarches pour repenser la durabilité des villes.

C’est dans cet objectif que le SCoT est venu, tant qu’il est un projet de
développement territorial ayant pour objet de répondre aux attentes du développement
durable. Ceci est interprété par la corrélation qui existe entre les moyens du SCoT et les
finalités du développement durable qui sont définis par la loi du 12 Juillet 2010 portant
engagement national pour l’environnement notamment dans son article L 110-1.

III.2.5. Le SCoT et les thématiques abordées :

Le SCoT est élaboré en tant que projet de territoire. La première étape consiste à
l’établissement d’un diagnostic approfondie pour pouvoir comprendre et connaitre le
territoire dans toutes ses composantes afin de guider les choix stratégiques. Les éléments
que le SCoT doit prendre en considération et auxquelles il doit répondre en matière de
planification sont précisées par le code d’urbanisme.

Schéma n° 05 : Les thèmes à aborder dans le projet de territoire.

Source : Rapport du SCoT, Guide pratique à l’attention des élus 41.

1
- Comité de prospective du comité 21, « La ville, nouvel écosystème du 21ème siècle : ville, réseau,
développement durable », France, 2012, P 17.

45
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

III.3. procédures d’élaboration d’un SCoT :

L’ensemble de la procédure d’élaboration d’un Schéma de Cohérence Territorial


(SCoT) est conduite par :

- EPCI (Etablissement publics de coopération intercommunale) : dans le cas où


le périmètre est identique à celui des EPCI.
- Syndicat mixte (composé des communes et des EPCI) : dans le cas où le
périmètre retenu inclut plusieurs collectivités non regroupées.

Réglementairement, La procédure d’élaboration d’un SCoT est décrite par le code


d’urbanisme notamment ses articles : L 122-4 à L 122-14.

III.3.1. Définition du périmètre :

Le périmètre du Schéma de Cohérence Territorial délimite un territoire d’un seul


tenant et sans enclave élaboré sur l’initiative des communes ou de groupement des
communes compétentes en matière des SCoT1. Ce périmètre est ensuite proposé au préfet
pour vérifier que « le périmètre retenu permet la mise en cohérence des question
d’urbanisme, d’habitat, de développement économique, de déplacement et de
l’environnement »2.

Une fois le périmètre est vérifié par le préfet, il est publié par arrêté préfectoral et
affiché pendant un (01) mois au niveau de toutes les communes concernées.

III.3.2. Inscription de l’étude :

Après la définition du périmètre, l’étude est inscrite par une délibération de


prescription affichée elle aussi au niveau des communes concernées pendant un (01) mois.
Cette délibération doit définir les modalités de la concertation mentionnées dans l’article
(L 122-4) avec les différents organismes définis par la loi, notamment ; l’Etat, région,
département, EPCI intéressées, autorités compétentes en matière de transport (L122-4),
associations, collectivités territoriales (L122-6) et les personnes publics (L122-7).

Tous ces intervenants à l’élaboration du SCoT doivent se concerter au minimum


quatre (04) mois avant l’arrêt du projet pour discuter les orientations générales du projet

1
- Article L 122- 3 du code d’urbanisme Français.
2
- SCoT, pour quoi et comment ? Rapport de la DDT de Saône –et-Loir, Novembre 2010, P 03.

46
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

d’aménagement et du développement (L122-8). Cette concertation sera conclue par une


délibération tirant le bilan de concertation.

III.3.3. Arrêt du projet du SCoT :

Après la concertation, le projet du SCoT est arrêté par une délibération des
communes concernées (EPCI ou syndicat mixte), puis transmis à l’ensemble des
organismes concertés pour avis. Si dans un délai de trois (03) mois après la transmission du
projet du Schéma, les avis des organismes ne sont pas intervenus, ils sont réputés comme
favorables selon l’article (L122-8) du code de l’urbanisme en vigueur.

III.3.4. Enquête publique :

Une fois que le projet du SCoT est arrêté et y annexe les avis des différents
organismes (Communes, établissements publics de coopération intercommunales, des
autres personnes publiques consultées), il est soumis à une enquête publique conduite par
un commissaire enquêteur ou une commission d’enquête pour une période de deux (02)
mois.

A la fin de l’enquête publique, le commissaire enquêteur remet son rapport avec


les résultats de l’enquête. Le projet du SCoT, à ce stade, pourra être ajusté (modifié) en
fonction des observations réalisées.

III.3.5. Approbation du SCoT :

L’élaboration du SCoT est annoncée, selon le cas, par une délibération


d’approbation établit par l’EPCI ou le Syndicat mixte une fois que toutes les réserves de
l’enquête publique sont levées.

Le dossier du projet, à cet effet, est transmis aux différents organismes concertés
pour exploitation (L122-11). Après dix (10) ans de son approbation, l’établissement public
procède à l’analyse des résultats d’application du SCoT, et délibère à ce moment-là son
maintien en vigueur ou sur sa mise en révision complète ou partielle (L122-14).

47
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

Schéma n° 06 : La procédure d’élaboration et d’approbation d’un SCoT.

Le périmètre du Schéma de Cohérence


Définition et arrêt du Territoriale délimite un territoire d’un seul
périmètre tenant et sans enclave. Lorsque ce périmètre
Organisation territoriale concerne des EPCI compétents en matière
et institutionnelle Définition et arrêt du de SCoT, il recouvre la totalité du périmètre
Créationpérimètre
de l’établissement de ces établissements. Dans le cas contraire,
(Environ un an)
public (si nécessaire) la création d’un établissement public est
nécessaire. La détermination du périmètre
Définition et arrêt du est faite par l’assemblée délibérante. Le
périmètre préfet arrête le périmètre.

Délibération prescrivant
La délibération doit préciser les
l’élaboration du SCoT et
objectifs poursuivis et les raisons
définissant les modalités de amenant à élaborer un SCoT.
la concertation.

Etudes préalables et porté Le préfet peut désormais porter à


à connaissance. connaissance de l’établissement
public des informations d’ordre
juridique ou utiles tout au long de la
Elaboration du contenu procédure d’élaboration.
Elaboration du projet
du SCoT
(Environ 3 ans)
Débat d’orientations du
Au plus tard 4 mois avant l’arrêt du
PADD projet, un débat sur le PADD doit
être organisé au sein de l’organe
délibérant de l’établissement public
Formalisation des pièces du (article
SCoT.
L122-8 du code de l’urbanisme).

Délibération tirant le bilan


de la concertation.

48
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

Délibération arrêtant le L’enquête est conduite par un


projet de SCoT commissaire-enquêteur ou une
commission d’enquête sur une durée
allant de 30 jours à deux mois. Le
Consultation des Personnes dossier d’enquête comprend les
Publiques associées pièces du SCoT, les avis émis par les
collectivités ou organismes associés
ou consultés, et éventuellement tout
Enquête publique. ou une partie du porté à
connaissance.
Instruction du projet de
SCoT A l’issue de l’enquête, le
Rapport du commissaire commissaire enquêteur remet son
(Environ 15 mois) enquêteur. rapport. Une fois l’enquête réalisée,
le projet de SCoT peut être modifié
mais uniquement pour tenir compte
Délibération approuvant le des observations réalisées, sous
SCoT. réserve de ne pas modifier
l’économie générale du projet mis à
l’enquête. L122-8 du code de
l’urbanisme).
Ajustement du SCoT.

Caractère exécutoire du Contrôle de légalité. L’établissement chargé de la gestion


SCoT. du SCoT doit procéder à une analyse
des résultats de l’application du
SCoT et délibère sur son maintien en
Modifications du SCoT. vigueur ou sur sa révision partielle ou
complète. En l’absence de cette
délibération, le SCoT est caduc.

Application du SCoT.

Évaluation du SCoT tous les 6 ans maximum.

Source : Rapport du SCoT, Guide pratique à l’attention des élus, P 116.117.

49
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

III.4. Le contenu du SCoT :

Le SCoT est composé de trois pièces essentielles et distinctes qui ont pour rôle de
justifier le projet, de le décrire et d’instaurer le code de sa mise en œuvre.

III.4.1. Le rapport de présentation :

C’est un document qui regroupe l’ensemble des études et d’analyse permettant la


connaissance du territoire concerné. Sa lecture fait apparaitre certains éléments qui le
caractérisent :

- Il regroupe tous les éléments du diagnostic,


- Il donne une vision de prospective et rétrospective des choix après par les élus,
- Il présente les justifications des choix retenus pour réaliser le projet,
- Il comprend les éléments produits par l’évaluation environnementale (Etat initiale
de l’environnement, consommation d’espaces agricoles, …),
- Il présente l’articulation du SCoT avec les autres politiques publics, plans et
programmes, notamment les documents de planification de rang supérieur ou
inférieur.

III.4.2. Le plan d’aménagement et du développement durable :

Le Plan d’Aménagement et du Développement Durable (PADD) qui détaille les


objectifs stratégiques fixés en partenariat par les élus du SCoT.

En effet, il faut mettre en lumière les grandes orientations dont découleront les
prescriptions du document d’orientations et d’objectifs (DOO).

Le Plan d’Aménagement et du Développement Durable peut être appuyé d’une ou


plusieurs cartographies qui illustrent les principaux choix stratégiques.

III.4.3. Le document d’orientations et d’objectifs (DOO) :

C’est un document opérationnel opposable du SCoT qui définit dans le respect du


PADD, les prescriptions nécessaires politiques pour assurer l’atteinte des objectifs du
document politique du SCoT. Il met en relief sa relation de compatibilité avec :

- Les documents de planification (PLU, cartes communales, …),


- Les documents de coordination et de programmation des politiques sectorielles
(PLU, PLH, …),

50
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

- Certaines opérations foncières et d’aménagement telle que (les zones


d’aménagement différés (ZAD), zones d’aménagement concentres (ZAC), …).

Le DOO doit, en effet, apporter une réponse à chaque objectif abordé dans le
PADD et « permet aux auteurs des documents du rang inférieur d’identifier clairement les
champs d’application territorial de certains prescriptions »1. Ainsi, le DOO doit :

- Déterminer les espaces et les sites naturels, agricoles, forestiers ou urbains à


protéger qu’il peut soit localiser, soit délimiter,
- Localiser les unités touristiques nouvelles.

Comme il peut aussi déterminer les zones d’extension et d’urbanisation qui sont
subordonnées à la desserte par le transport collectif.

En fin, le DOO comprend un document d’ménagement commercial (ZACom) qui


définit les zones d’aménagement commerciales en fonction des exigences d'aménagement
du territoire, de protection de l'environnement ou de qualité de l'urbanisme spécifiques.

1
- Ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, « SCoT, Un projet stratégique partagé pour
l’aménagement durable d’un territoire, Guide pratique à l’attention des élus », Opcit, P 105.

51
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

Conclusion :

La gestion urbaine et le développement des villes ont toujours besoins de moyens


afin de mener leurs objectifs à terme. Depuis son apparition, la planification urbaine tentait
de réduire les problèmes urbains avec ses outils et ses méthodes (démarche normative). Ses
empruntes sont tangibles au niveau des tracés, des découpages et des formes des villes qui
sont héritées des politiques d’aménagement appliquées et des moyens adaptés.

Les experts qualifient les méthodes de la gestion urbaine entreprises dans le cadre
de la planification urbaine spatiale d’inaptes à saisir les problèmes de fond de la société
actuelle et ceux des générations futures. Les motifs de cet échec sont multiples dont
l’insuffisance de prise en compte de la réalité (Etat de fait) dans la planification urbaine, le
manque de la participation des acteurs, de vision stratégiques et de coordination avec les
outils d’aménagement du territoire, priment sur les autres raisons.

Son échec a permis l’orientation des chercheurs vers la recherche des autres
méthodes d’où l’émergence de la nouvelle démarche pluridisciplinaire et systémique qu’on
appelait « la démarche prospective ».

La prospective est une démarche indispensable car elle considère que le


territoire/ville se construit pas à pas en le découvrant en explorant ses composantes. Elle se
voit comme :

1. Un instrument privilégié pour aider les compréhensions de cette alchimie délicate


qui est la transformation d’un territoire.

2. Une culture de l’anticipation et du débat collectif sur les enjeux de demain et les
choix qui en résultent d’aujourd’hui.

3. Une maïeutique puissante pour engager les acteurs locaux sur la voir de stratégies
ambitieuses, volontaristes et proactives, traduites dans les projets de territoire conçu
pour prendre en main le futur des villes.

Cette démarche a connu son essor depuis 1990, où les outils de la planification
urbaine et de l’aménagement du territoire en France sont élaborés en l’intégrant dans leurs
processus. En effet, le Schéma de cohérence Territorial (SCoT) est un outil de planification
urbaine et prospectif élaboré pour un territoire donnée à l’horizon de 20 ans. Son

52
Chapitre II : La prospective ; un nouveau regard sur la planification urbaine

élaboration permet d’établir un diagnostic détaillé sur ce territoire à base de la


rétrospective pour pouvoir identifier les enjeux et mettre en évidence les futurs possibles.

Le SCoT s’appuie sur le processus participatif en permettant à tous les acteurs de


contribuer sans favoriser l’appropriation de la décision à travers des ateliers qui proposent
d’échanger sur les préoccupations et de partager leur vision de l’avenir à partir d’exemples
concrets sur le terrain.

Nous devons retenir ainsi, que malgré les avancées du SCOT en matière
de la méthodologie indiquée par la prospective, il reste incapable à surmonter la question
spatiale à laquelle il est affronté. En effet, « Il est possible d’avancer que la planification
territoriale de nouveau à l’ordre du jour (SCOT) a besoin de représentations du futur plus
sociétales et plus complexes pour affronter la question spatiale pour beaucoup
dénoncée comme une instrumentalisation de l’espace pour changer le monde et la vie,
comme « dérive spatialiste »1.

Nous déduisons enfin, que le renouveau de la planification urbaine nécessite une


démarche globale, profonde dans son analyse et avec une vision à long terme. Ceci ne peut
être réalisé qu’avec la démarche prospective territoriale.

1
- LOINGER GUY ET SPOHR CLAUDE, prospective et planification territoriales; état des lieux et
propositions, Opcit, P 74.

53
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

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Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Introduction:

La planification urbaine en Algérie se fait par voie hiérarchique partant de


l’échelle nationale où sont fixés des objectifs d’ordre général et surtout stratégiques pour
tout le territoire Algérien (SNAT). Puis il y a l’échelle régionale, où viennent d’autres
orientations du Schéma Régional d’Aménagement du Territoire (SRAT) pour concrétiser
les objectifs du premier Schéma sur des régions (09 régions-programmes) bien définies.
Ensuite chaque wilaya du territoire national constitue une entité territoriale bien délimitée
est appelée à intégrer les orientations du SNAT et du SRAT par le Plan d’Aménagement de
Wilaya élaboré et approuvé par la wilaya concernée.

Ces trois schémas présentent un volet de la politique nationale d’aménagement du


territoire commencé en 1980. Ils représentent aussi la première phase d’orientation globale
de la planification urbaine, on parle à ce niveau de la planification territoriale.

A l’échelle locale, le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanise (PDAU) et le


Plan d’Occupation des Sols (POS) se présentent comme des instruments d’urbanisme et
documents réglementaires de la gestion urbaine. On parle à ce moment de documents de
planification urbaine qui est une deuxième étape de la politique algérienne de gestion des
villes et de planification urbaine.

Dans ce chapitre nous allons présenter un bref aperçu historique sur la


politique urbaine en Algérie. Et d’en savoir quels sont les instruments d’urbanisme
établis au fil du temps par l’état Algérien pour gérer l’espace urbain. Nous finirons ce
chapitre par la présentation du (PDAU) comme outil de planification et de gestion
urbaine en Algérie.

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Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

I- Evolution historique de la politique urbaine en Algérie :

Encadrer la politique urbaine en Algérie s’avère impérativement lié à l’héritage de


colonisation Française, vu que la grande partie des espaces urbains de nos villes sont
produits par la colonisation. Pour pouvoir cerner l’évolution de l’urbanisme en Algérie, un
aperçu chronologique pourra éclairer les faits.

I-1- l’urbanisme colonial d’avant 1919 :

Certaines villes Algériennes sont caractérisées par l’introduction d’un modèle


occidental conçu par les militaires dans leurs plans, vu qu’ils ont un droit de regard sur les
affaires d’urbanisme jusqu’au début du 20ème siècle pas seulement sur les villes nouvelles,
mais aussi sur des villes comme Alger.

Plus généralement, « l’outil principal régissant le développement des villes était le


plan d’alignement et des réserves dressé par la commission des alignements et des
réserves ; ce plans se contentait de fixer les alignements et les largeurs des rues nouvelles à
ouvrir, les espaces publics, les réserves de terrains à faire pour les édifices publics et les
monuments et enfin les servitudes, particulièrement militaires ou d’espaces verts. Cet outil
permettait l’engendrement par étapes de l’espace urbain, sous forme de lotissement
successif »1.

I-2- Urbanisme de Plan (1919 – 1948):

Les plans d’urbanisme sont indispensables pour la gestion de l’extension et de la


croissance urbaine rapide. La nécessité de penser à ces outils était positive dans son échelle
et son intérêt.

En France, tout a commencé avec la promulgation de la loi de Cornudet (1919-


1924) relative au plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement2. Avec
l’application de cette loi via le décret du 05/01/1922, l’Algérie fut dotée d’un premier plan
pour la ville d’Alger (la capitale) en 1932 pour gérer ses mutations urbaines notamment
l’apparition des bidonvilles au niveau des grandes villes comme Alger et Constantine entre

1
- Maouia Saïdouni, éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation-,
[Link]., P 201.
2
- Idem, P 202.

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Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

1930 et 1931, ceci à cause de la crise économique qui jetait les chômeurs sur les routes
d’un côté, et la poussée démographique déclenchée par l’exode rural important1.

I-3- Apparition de la planification urbaine (1948 – 1962):

A la fin de la deuxième guerre mondiale, le plan d’aménagement, d’extension et


d’embellissement prend sa fin. Mais en Algérie, il y avait une nouvelle tentative de créer
un autre plan qui prend en charge les problèmes d’urbanisme. C’est pour ce but que
l’agence de la planification a créé « le plan d’urbanisme de la capitale d’Alger en 1948 »2.
Ce plan avait pour objet la prise en charge des problèmes d’urbanisme par une approche
fonctionnaliste basée sur les ratios et la grille des équipements.

En 1950, la nécessité de produire des espaces urbains plus réglementés s’accroit et


ce selon des modèles de ville fonctionnaliste définit par la charte d’Athènes ayant comme
principes généraux : le fonctionnalisme, le zonage, le grand ensemble, l’équipement,
l’open planning, …)3.

L’apparition de ces nouveaux instruments coïncide, d’un côté, avec le lancement


du plan de Constantine en 1958 ayant pour objet l’amélioration de la situation sociale
économique et d’autre coté, avec d’autres instruments visant le rattrapage économique et
social dont le pays souffrait. Ces instruments sont :

A- le Plan d’Urbanisme Directeur (PUD) :

Le PUD lancé en ce moment a été un outil sommaire avec un programme sans


détails. Il avait une durée de 20 ans et se base sur une approche statistique ou il cherche à
mettre en relation des éléments différents : la structure démographique, la structure
économique, les disponibilités foncières réservées aux activités économiques et la structure
spatiale.

1
- Marc Cote, l’Algérie espace et société, Edition : Média plus, Constantine, 2005, P 85.
2
- Fatiha Nedjai, les instruments d’urbanisme entre propriétaire foncier et application ; étude de cas : la ville
de Batna, Mémoire magister, Université de Biskra, P 33.
3
- Maouia Saïdouni, éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation, [Link].,
P 204.

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Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Schéma n°07 : Schéma relationnel du PUD et des éléments structurant l’espace urbain.

Structure
spatiale

Structure Réserves
démographique PUD
foncières

Structure
économique

Source : travail d’Auteur 2013

B- Plans de détails :

Ce sont des plans élaborés par les communes en se basant sur les orientations du
PUD. Ils ont pour objet l’organisation des secteurs urbanisés ou en cours d’urbanisation
avec détails et particulièrement la localisation des équipements.

« Le plan de détail est un outil urbanistique qui précise l’organisation et la


structure physique et spatiale d’une zone ; voirie, réseaux divers, constructions, espaces
libres,... C’est le domaine d’intervention de l’urbanisme opérationnel qui dans la phase de
mise en exécution du dispositif de planification urbaine se fixe aussi comme objectifs la
coordination des interventions des agents d’urbanisation publics et privés »1.

C- Les plans d’urbanisme et de restructuration :

Ils concernaient les centres villes et la rénovation des quartiers dégradés.

D- Le programme d’équipements urbains et le plan de modernisation et


d’équipements :

Le programme d’équipements urbains et le plan de modernisation et


d’équipements sont des budgets pour le financement des programmes d’équipements et de
développement économique.

1
- ALBERTO Zucchelli, Introduction à l’urbanisme opérationnel et à la composition urbaine, vol 1, office
des publications universitaires, Alger, 1983, P 101.

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Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

E- Les programmes d’urbanisme et les zones à urbaniser :

« Ces programmes sont spécifiquement créés pour la banlieue et les zones


périphériques d’extension. Le complément indispensable de la ZUP est la grille
d’équipement dont le premier est faite en 1959, la grille de pont du nom du conseiller
technique du Ministre de la construction. La grille d’équipements établit des normes pour
la programmation des équipements en fonction d’une hiérarchie allant de l’unité de
voisinage (800 à 1200 logements) au grand ensemble (10000 logements), en passant par le
quartier (2500 à 4000 logements) »1.

En bref, toute cette politique de planification était prise en main aux services de
l’économie française, tout en convergeant tous ses projets vers et sur le littorale pour
qu’elle puisse exporter les richesses algériennes vers son territoire.

Cependant, ces instruments ont une influence atroce sur la politique urbaine
algérienne après l’indépendance.

I-4- la politique urbaine d’après l’indépendance :

Après l’indépendance, l’Algérie s’est trouvée en face d’un déséquilibre régional


flagrant avec des problèmes dans les centres urbains difficiles à résoudre. Cette situation
s’est aggravée avec la concentration de la population dans les villes faute d’un exode rural
massif d’un côté et de l’immigration de la population des villes de l’intérieur et des hauts
plateaux vers le Nord d’un autre côté2.

Pour faire face à ces problèmes, l’Algérie a poursuivi l’application des


instruments élaborés avant l’indépendance par la France, notamment le Plan de
Constantine. Après un certain moment, elle a rendu compte qu’elle doit se lancer dans un
processus économique qui pourra contribuer dans le développement du pays. Ceci, lui a
permet de se concentrer sur la planification économique et la politique d’industrialisation
dans l’objet de l’aménagement de l’espace national, particulièrement les parties du
territoire appelés à accueillir les activités de production massive (Hydrocarbure, industrie
mécanique lourde, …).

1
- Maouia Saïdouni, éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation, Opcit,
P 205.
2
- Maouia Saïdouni, éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation, Opcit,
P 206.

59
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

« La planification urbaine en Algérie pendant les deux derniers décennies d’après


l’indépendance était une planification tout court et non une planification spatiale et
urbaine. Elle est caractérisée d’une part, par des efforts d’investissement productifs
important et d’autre part, par une approche sectorielle de planification »1.

I-4-1- La période 1962 – 1966 : une période de transition :

Pendant cette période l’Algérie s’est contentée d’appliquer la législation Française


(loi 1958) vu « le désordre et la désorganisation profonde, par suite des destructions de la
guerre, du départ précipité de la quasi-totalité des Européens, et du manque flagrant de
cadres dans quelques secteurs que ce soit la vie économique ou administrative »2. Cette loi
a été reconduite par l’Etat Algérien par la loi du 31/12/1962 et continua à être appliquée
jusqu’au 1973.

Le long de cette période, l’Algérie ne s’est concentrée que sur le secteur agricole.
Par contre, l’industrie n’a vue l’intention de l’Etat qu’au début des années 1965 où des
zones industrielles ont été créées à cet égard.

La gestion des zones industrielles était confiée à la caisse nationale


d’Aménagement du territoire (CADAT)3 qui procédait à l’achat des terrains, puis les
viabilise, et les mettre ensuite à la disposition des investisseurs. Cette opération a pu
décrocher 1000 Hectares4 de disponibilités foncières réservées pour l’industrie.

I-4-2- Conscience de l’équilibrage territorial (1967 – 1977) :

La reconduction de la loi 1958 a aggravé le déséquilibre de l’espace Algérien,


tandis que cette loi traduit la volonté de la France de ne s’intéresser qu’aux villes côtières.
Mais à partir de 1967, l’Etat Algérien a pris conscience de cette situation, ce qui lui a
poussé à s’engager dans une politique verticale, centralisée, caractérisée par l’instauration
des plans de développement, en commençant par le premier plan triennal de 1967, puis le
premier plan quadriennal de 1970. Ces deux plans ont instauré polarisation des
investissements au niveau des centres urbains côtiers. Ceci explique les premières
concentrations humaines dans les villes du Nord d’Algérie.

1
- Fatiha Nedjai, les instruments d’urbanisme entre propriétaire foncier et application, Opcit, P 35.
2
- Marc Cote, l’Algérie espace et société, Opcit, P 117.
3
- Caisse Algérienne d'Aménagement du territoire.
4
- Fatiha Nedjai, les instruments d’urbanisme entre propriétaire foncier et application, Opcit, P 37.

60
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Les résultats de cette politique fut ressentis au milieu des années 1970, ce qui a
poussé l’Etat encore une fois à rediriger sa politique au rééquilibrage spatial préconisé dans
la charte nationale de 1975 où deux autres plans ont vu le jour ; le deuxième plan
quadriennal de 1974 et le premier plan quinquennal de 1980.

Bref, cette période est caractérisée par la volonté de répondre à l’équilibre


régional hérité de la politique Française par l’utilisation des instruments de planification
centraux dont on peut citer :

I-4-2-1- Le premier plan triennal (1967- 1969) :

Ce plan contenait deux plans différents ; un programme d’équipements importants


et des plans spéciaux destinés à prendre en charge les régions les plus pauvres à travers le
pays. Un autre programme est celui des logements destiné aux zones rurales dans l’objet de
freiner l’Exode rural qui envahit les villes.

I-4-2-2- Le premier plan quadriennal (1970 – 1973) :

La croissance urbaine en cette période commençait à devenir importante, et c’est


dans ce contexte que des études des plans d’urbanisme sont lancées. Ces derniers ont pour
objet la décentralisation de la politique d’aménagement urbain, en commençant d’abords
par les grandes métropoles, ensuite les villes dont la population est supérieure à 10000
habitants puis des villes ayant une population supérieurs à 5000 habitants1. D’un autre
côté, il s’est intéressé à la création de plusieurs zones industrielles (ZI) après la
nationalisation des Hydrocarbures en 1971.

Ces plans sont créés à des échelles différentes ; au niveau communal, c’est des
plans communaux de développement (PCD) et pour les grandes villes, des plans de
modernisation urbaine (PMU).

I-4-2-3- Le deuxième plan quadriennal (1974 - 1977) :

Ce plan était conçu dans l’objet de répondre aux problèmes de logements qui
persistait à cause de la concentration de la population dans les centres urbains, et ce par la
mise ne place d’une politique urbaine de production massive de logement avec des espaces
de vie qu’on appelle « la ZHUN » en 1975.

1
- Zineb Amal BAAZIZI, rôle de la commune dans la planification urbaine, mémoire magister, EPAU,
Alger, 2010, P 56.

61
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

« Les ZHUN » sont une procédure technique administrative ayant pour objet la
construction de logements collectifs et leurs équipements d’accompagnement face à une
croissance démographique et à une demande sociale en logements et en équipements de
plus en plus importante »1.

Cette forme d’initiative Etatique entre 1974 – 1990, était le moteur d’une
urbanisation qui a produit des effets négatifs sur « la consommation d’espace voir
l’étalement urbain, gaspillage du foncier, faiblesse des équipements d’accompagnement,
dégradation de l’environnement, absence d’une vision durable de la ville »2.

En contrepartie, et pendant cette période, l’état Algérien s’est lancé dans la


création des zones industrielles qui pouvaient être le plus souvent supérieure aux villes
existantes en matière de surface.

De nombreux textes législatifs ont été promulgués pendant cette période dans le
domaine de l’urbanisme à savoir :

 L’ordonnance n° 74 – 26 du 20/02/1974 portant sur la constitution des


réserves foncières aux mains de la collectivité en vue de sa redistribution
au profit des institutions et des organismes étatiques (dans l’intérêt
général).
 L’ordonnance n° 76 – 48 du25/05/1976 qui détermine l’expropriation de la
propriété pour un intérêt public.

L’intérêt qui se pose sur la gestion spatiale de l’espace urbain devient une
nécessité de penser à créer d’autres instruments. En effet, le PCD et le PUD sont créés à
cet égard.

I-4-2-4- Le plan communal de développement (PCD) et le plan de modernisation


urbaine (PMU) :

Le PCD est un plan lancé par le deuxième plan quadriennal à l’échelle de la


commune servant d’instrument de planification spatiale qui regroupe dans un cadre
cohérent toutes les interventions de portée locale proposées par la commune, réalisées et
gérées par elle, mais financées par l’état centrales. « Ces programmes sont considérés

1
- Nadia Djelal, « morphologie urbaine et développement urbain durable : cas d’Alger », colloque de
l’Observatoire universitaire de la Ville et du Développement durable. « Développement urbain durable,
gestion des ressources et gouvernance », Lausanne, 2005, P 06.
2
- Idem, P 07.

62
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

comme un moyen méthodique pour la promotion économique, sociale et culturelle des


collectivités locales, ainsi un facteur essentiel pour améliorer le cadre de vie du citoyen »1.

Par contre le PMU, il est venu compléter le PCD ou l’anticipe même sur ses
réalisation. Les programmes qui ont été lancés dans le cadre du plan communal du
développement (PCD) et le plan de modernisation urbaine (PMU) avaient leurs impacts sur
les tissus urbains des villes algériennes notamment un développement accéléré et une
consommation excessive des terrains2.

« Le PCD et le PMU, coordonnés au niveau régional d’abord et national ensuite,


engagent les autorités locales à un effort de connaissances, d’analyse et de projection des
problèmes locaux et leurs implications territoriales. Ces instruments de programmation et
de planification visent donc à faire dépasser –les politiques de clocher et de courte vue- et à
responsabiliser d’avantage toutes les composantes locales, administratives, économiques,
sociales et techniques vis-à-vis d’une nouvelle dimension décisionnelle et opérationnelle
dans les actions d’aménagement et de développement de l’espace socio physique »3.

Face à cette situation, de multiplication des problèmes de gaspillage du foncier,


d’organisation et répartition des différents programmes d’équipements et
d’investissements, l’Etat Algérien s’est trouvé face à un énigme que doit résoudre en
passant à un autre instrument qui gère l’espace urbain d’une manière temporelle (court,
moyen et long terme). Cet outil est le plan d’urbanisme Directeur (PUD).

I-4-2-5- Le Plan d’Urbanisme Directeur (PUD), un nouvel outil de gestion spatiale :

Il est très important de signaler que pour cerner et clarifier l’analyse du PUD, on a
fait référence à certains documents ayant traité cet outil; un mémoire de magister fait par
Mme BAITECHE HASSIBA, qui porte sur « l’identification des cause de défaillance des
instruments d’urbanisme à savoir le PUD et PDAU ; cas de la ville de Bejaia », et le
deuxième c’est un mémoire de Magister fait par NEDJAI Fatiha, « les instruments
d’urbanisme entre propriétaire foncier et application, cas de la ville de Batna ». Nous avons
ainsi consulté le rapport de la troisième et la quatrième phase du PUD de la commune de
Bouira comme la seule pièce qui reste au niveau des archives de la wilaya de Bouira.

1
- Khaled SOLTAN, L’investissement local et Dynamique des territoires Cas de Constantine, mémoire de
post graduation spécialisé, option : collectivités locales et développement, université de Constantine,
2007, P 07.
2
- Fatiha Nedjai, les instruments d’urbanisme entre propriétaire foncier et application, Opcit, P 40.
3
- ALBERTO Zucchelli, Introduction à l’urbanisme opérationnel et à la composition urbaine, Opcit, P 106.

63
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Le Plan d’Urbanisme Directeur s’inscrit dans le même contexte que le PUD


Français, il est considéré comme une continuité de ce dernier. Il a été institué par un simple
circulaire interministériel n° 01181/PU/2174 du16/10/1974 qui définit les procédures de
son élaboration et de son approbation.

Il présente un outil de spatialisation des composantes de la ville, délimite et


définit un périmètre urbain devant contenir tous les programmes d’habitats et
d’équipements, d’une part, et assure une organisation de l’occupation des sols d’autres
part.

« Le plan d’Urbanisme Directeur, est un acte purement administratif et technique


où les seuls acteurs sont les pouvoirs publics (communes, Daïra, Wilaya, services
interministériels, organismes publics,...) »1.

Il est établit pour une période de 10 à 15 ans, et tente de répondre aux besoins
démographique, socio-économiques et l’occupation du sol à laquelle il affecte une
occupation propre selon les activités principales de la ville : industrielle, résidentielle,
services ou réseaux.

D’un côté, le PUD ne se contente que de programmer, toutefois, les programmes


de développement et d’investissement et leur enveloppe financière sont pris en charge par
les plans de modernisation urbaine (PMU) et de modernisation d’équipement (PME) pour
les villes d’une certaine importance, et par les plans communaux de développement (PCD)
pour les villes de moindre importance.

Théoriquement, chaque ville Algérienne devait être dotée d’un Plan d’urbanisme
Directeur, et c’est pour cette raison qu’un très grand nombre d’études du PUD sont mis en
chantier depuis 1974, et établit par la CADAT. La mission du PUD servait à définir
l’occupation du sol de l’espace urbain, et c’est dans ce contexte que « les procédures
d’élaboration des documents d’urbanisme comme les Plan d’Urbanisme Directeur et le
Plan d’Urbanisme Provisoire (PUP) proposent invariablement en guise d’études
d’urbanisme, uniquement un zonage des espaces périphériques à urbaniser, zones
d’habitat collectifs, individuels, zones d’activités et les zones d’équipement »2.

1
- Maouia Saïdouni, éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation-, Opcit,
P 210.
2
- younsi. F, « les tissus urbains », P 107.

64
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

D’un autre coté la planification urbaine faite à base de cet outil traduit les
perspectives qui ne peuvent être que des projections alternatives, locales sans avoir une
référence régionale ou nationale qui n’existait pas malheureusement.

Le PUD étudiait l’ensemble des entités urbaines qui restent détachées de leur
contexte régionale et coupées de l’espace rural, alors que la dynamique de la ville,
l’équilibre du cadre de vie impliquent l’intégration des deux ensembles.

I-4-2-5-1- Caractéristiques et lacunes du PUD :

Le PUD a joué un rôle très important dans l’histoire de l’urbanisme en Algérie.


Depuis son apparition comme outil de planification et de gestion de l’espace urbain, et de
point de vue opérationnel, il a permet la production de l’espace urbain algérien issue et
propre à la politique urbaine Algérienne. Cette production est traduite par la création des
zones d’habitat urbaines nouvelles ayant pour objet la réception d’énormes programmes de
logements sociaux initiés de 1974 – 1985. Il a facilité ainsi l’accès à la construction
individuelle après l’ordonnance et des décrets relatifs à la cession des réserves foncières.

Néanmoins, sa mise en œuvre a engendré des effets négatifs. Sans doute, une
première expérience s’avère difficile à gérer et particulièrement quand on est face à un
espace comme celui de l’Algérie, d’un côté, et la jeunesse du système Algérien après
l’indépendance ce qui fait que le manque de compétences joue un rôle primordial dans ces
résultats, d’un autre côté.

On expliquait que le PUD en tant qu’instrument de planification, ne permettait pas


la maitrise de la croissance urbaine, ni le contrôle de l’urbanisation anarchique ou bien
évidemment l’urbanisme de qualité.

Cette situation revient à des lacunes que le PUD pouvait subir et voici quelques
une de ces lacunes :

65
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Décalage temporel :

La méthode d’élaboration du PUD prend beaucoup de retard jusqu’à son


approbation. Pendant ce temps, la ville continue à s’accroitre, et l’étude ne prend pas en
considération cette nouvelle urbanisation anarchique, ce qui place le PUD dans une
position de déphasage par rapport au rythme réel de la dynamique urbaine. Le PUD
demeure plusieurs années non approuvé faute de projections des programmes de logements
et d’équipements sur des terrains privés, ce qui bloque tout opération urbaine permettant de
concrétiser ces projections et ce malgré l’arsenal juridique de 1974 concernant les réserves
foncières. Le PUD à cet égard, se trouve dépassé avant qu’il soit approuvé.

Outil statique :

Le PUD est outil qui ne s’intéresse qu’à la programmation des équipements et de


l’habitat pour absorber la carence dans nos villes en se basant essentiellement sur les
statistiques démographiques (nombre d’habitant), de la structure économique (assurer
l’équilibre entre le nombre d’habitant et l’offre d’emploi). Ceci est mené en ignorant les
autres éléments d’intérêts positifs pour un meilleur cadre de vie. Il est un outil statique par
conséquent inadapté à maitriser des phénomènes dynamiques.

Le détachement de la politique nationale :

La planification urbaine doit se baser sur la hiérarchie de la politique urbaine


(nationale, régionale et locale) qui fixe des directives socio-économiques particulièrement,
et c’est dans ce contexte que le PUD se trouve détaché de la politique nationale et même
régionale à laquelle il doit s’intégrer. Il s’est avéré que la concrétisation des objectifs
d’aménagement de wilaya n’apparait pas dans le PUD du moment qu’il n’est pas un
d’aménagement. Il est considéré comme un instrument qui permet la programmation des
logements sans grand souci des dynamiques urbaines, sociales et des possibilités réelles
du site.

66
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Lacunes de la méthodologie :

 La méthode d’élaboration du PUD est linéaire et simplificatrice, elle ne touche pas


tous les secteurs. Tandis que la ville est un système complexe ou s’exerce une
pluralité de fonctions.
 La participation de l’administration locale (wilaya, Daïra, commune, organisme
publics …) n’est pas suffisante dans la démarche de l’élaboration du PUD.
 La non prise en considération de certains éléments de dynamique urbaine (étude de
transport, mobilité des personnes et des biens, études environnementales,...) conduit
la majorité des scénarios de développement à l’échec.
 Concentration sur l’estimation des besoins suivant des normes, sans études
préalables ou des affectations dans les zones ou s’exprime le besoin.
 Absence d’une interaction entre la décision verticale et la décision horizontale
traduite par la gouvernance urbaine.
 L’absence d’une concurrence réelle induit une absence totale d’une autre vision sur
les scénarios de développements en portants d’autres idées, d’autres solutions.

I-4.2.6 – le plan d’urbanisme provisoire (PUP) :

Le Plan d’Urbanisme Provisoire est un plan qui est initié à travers la loi
communale. Il concerne les groupements urbains qui ne sont pas dotés du PUD. Ses
objectifs sont du même que ceux du PUD néanmoins la seule différence qui y existe c’est
dans la période réduite de son élaboration par rapport à celle du PUD, et dans l’échelle de
son approbation qui se fait au niveau de la commune et non au niveau du ministère.

I-4-2-7- les instruments d’urbanisme opérationnels :

I-4-2-7-1- les Zones d’Habitat Urbaines Nouvelles (ZHUN) :

La mise en œuvre des objectifs du PUD nécessite d’autres moyens tant qu’il n’est
qu’un outil de programmation. La ZHUN vient dans ce sens après son institution par le
circulaire n° 355/PU2/75 du 19/02/1975. Elle est un outil de programmation et de
réalisation sectorielle.

La ZHUN est un ensemble d’habitat collectif et individuel conçu pour concrétiser


un modèle de développement urbain prévu par le PUD. Il peut être considéré comme outil
de planification spatiale vu l’importance des programmes de logements et d’équipements

67
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

d’accompagnement et de la consommation des réserves foncière affectées pour recevoir


ces projets.

Elle est caractérisée positivement par l’extension verticale et l’occupation


minimale du sol, mais elle est une grande génératrice d’espaces libres, résiduaires perdus.

I-4-2-7-2- les lotissements :

« Le lotissement est une procédure d’urbanisme opérationnel qui permet la


création du tissu urbain par viabilisation, morcellement et dotation des droits à construire
sur des parcelles de terrains intégrés dans les réserves foncières de la commune »1.

Ils sont institués par la loi n° 82-02 du 06/02/1982 relatives aux permis de
construire et aux permis de lotir2. La création de ces lotissements devient de plus en plus
importante après la libération du foncier en1991, par laquelle le citoyen peut céder à une
parcelle de terrain ce qui a induit la consommation excessive des terrains agricoles.

Cependant, ils sont caractérisés par l’étalement horizontal avec une occupation
totale de la surface du sol, absence totale des équipements. Actuellement, la majorité des
lotissements crées souffrent des problèmes des réseaux divers.

I-4-2-7-3- la zone d’aménagement concentrée (ZAC) :

C’est un programme chargé de la production du foncier équipé sur des terrains


urbanisables, à fin qu’ils puisent recevoir les différents programmes et projets. Les ZAC
ont été abandonnées suite à l’ordonnance n°74-26 du 20.02.1974 portant la création des
réserves foncières communales (RFC).

I-4-3- période (1978 – 1988) ; Début d’apparition de l’aménagement du territoire :

La période d’avant 1978 a été caractérisée d’un côté par une croissance urbaine
importante, et la multiplication des outils d’urbanisme mis en œuvre pour faire face aux
problèmes connus d’un autre côté. Des programmes d’équipements et de logements qui ne
sont pas achevés et qui dépassent les échéanciers des plans où il est inscrit (plans
quadriennaux), ont été financés à partir des années 1980 le plan quinquennal (1980-1984)
qui a poursuivi la même logique que les derniers plans en termes d’objectifs et de
perspectives.

1
- Ministère de l’Urbanisme et de la Construction, collection d’architecture et d’urbanisme, L’aménagement
des lotissements, office des publications universitaires, Alger, 2005, P 03.
2
- Fatiha Nedjai, les instruments d’urbanisme entre propriétaire foncier et application, Opcit, P 40.

68
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Avec l’ampleur du phénomène urbain que connaissaient les villes algériennes et le


l’urbanisation rapide et anarchique, il est devenu si compliqué de gérer l’espace urbain
avec les instruments d’urbanisme (PUD, PME, PMU, …) qui sont dépassés. Ceci impose
la recherche de nouveaux instruments de planification et de gestion urbaine. « Les anciens
instruments de planification et de planification urbaine devenaient caduques et de
nouveaux instruments d’urbanisme, orientés vers la rationalisation des investissements,
s’imposent pour garantir une même maitrise spatiale de l’aménagement à l’échelle de
l’agglomération, de la commune et de la partie de la commune 1».

L’incohérence entre la programmation sectorielle et l’aménagement spatiale était


flagrante. A force de l’urbanisation désordonnée suite à la reconstruction de des
infrastructures démolis durant la guerre et à la construction d’autres nouvelles, pouvaient
résulter « d’une politique de l’habitat non centralisée et non organisée »2.

Le changement soutenu avec la création du Ministère de la Planification et de


l’Aménagement du territoire censé coordonner les programmes sectoriels dans une
approche globale du territoire. Cette dernière s’inscrit dans une politique nationale qui
commence du haut vers le bas (de l’échelle nationale à l’échelle locale).

La naissance d’un premier organisme chargé de l’élaboration du plan national


d’aménagement du territoire était en 1980. Cet organisme est l’Agence Nationale de
l’Aménagement du territoire (ANAT). Elle est chargée ainsi de l’établissement de
monographies des wilayas du pays.

Cette période est ainsi caractérisée par la promulgation de la loi sur


l’Aménagement du territoire (loi n° 78-03 du 27/01/1978). Cette loi définit les schémas
d’aménagement qu’on connait :

 SNAT : Schémas National d’Aménagement du Territoire


 SRAT : Schémas Régional d’Aménagement du Territoire
 PAW : Plan d’Aménagement de Wilaya.

1
- Maouia Saïdouni, éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation-, Opcit,
P 213.
2
- Charte d’Alger, Avril 1964.

69
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

I-4-3-1- Les instruments d’aménagement du territoire :

A son accession à l’indépendance nationale, l’Algérie a hérité un espace


désorganisé, caractérisé par des inégalités entre les régions du pays. Elle a essayé depuis et
jusqu’au 1980 de remédier à cet handicap par les moyens dont elle dispose. Et c’est dans le
but d’assurer un développement harmonieux de l’ensemble du territoire national, alliant
l’efficience économique, l’équité sociale, la promotion de l’homme et la protection de
l’environnement1, que l’état a initié en 1988 une nouvelle politique d’aménagement du
territoire à l’horizon 2000 matérialisée par le Schéma National d’Aménagement du
territoire (SNAT), Schémas Régional d’Aménagement du Territoire (SRAT) et Plan
d’Aménagement de Wilaya (PAW).

A partir des années 2000, on assistait au retour de ces instruments d’aménagement


qui sont élaborés à l’horizon de 2030 afin de pouvoir assurer des objectifs bien
déterminés :

- la cohérence, et l’équilibre territorial,


- donner une meilleure organisation de l’espace,
- la préservation et la pérennité des ressources naturelles ; eau, sol, végétation,
faune, …
- la valorisation et l’optimisation de toutes les potentialités,

« Les instruments d’urbanisme introduisent la continuité d’échelle de


l’Aménagement du territoire à l’urbanisme de détail. Chaque instrument est conditionné
par les orientations et les dispositions de l’instrument d’échelle supérieure et impose des
directives aux instruments d’échelle inférieure »2.

1
- Ministère de l’Aménagement du territoire et de l’environnement, revue : « Aménager l’Algérie de 2020 »,
Mars 2004, P 11.
2
- Fatiha NEDJAI, les instruments d’urbanisme entre propriétaire foncier et application, Opcit, P47.

70
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Schéma n° 08 : Corrélation des instruments d’aménagement du territoire et de planification


urbaine.

SNAT Schéma National d’Aménagement du Territoire

Se soumettre aux orientations


Planification SRAT Schéma Régional d’Aménagement du Territoire

Imposent des directives


Territoriale

PAW Plan d’Aménagement de Wilaya

PDAU Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme


Planification
Urbaine
POS Plan d’occupation des sols

Source : travail d’Auteur 2014

I-4-3-1-1- Le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT) :

Le Schéma National d’Aménagement du Territoire est initié par la loi 01-20 du


12/12/2001 relative à l’Aménagement du territoire et au développement durable.

« Il exprime la vision prospective de l’occupation territoriale nationale en liaison


avec la stratégie du développement économique, social à long terme (20 ans). Il traduit les
options et les choix arrêtés en matière d’aménagement et d’organisation de l’espace
national et constitue le cadre de référence pour la répartition et la localisation des actions
du développement »1.

« Il est un acte par lequel l’Etat affiche son projet territorial et montre comment il
compte assurer dans un cadre de développement durable le triple équilibre ; l’équité
sociale, de l’efficacité économique et de la soutenabilité écologique à l’échelle du pays »2.

A la lumière des objectifs de la politique nationale d’aménagement du territoire, le


SNAT a tracé des directives, des orientations, des actions et des politiques territoriales
appropriés qu’on peut résumer ci-dessous :

1
- Anwar BELGHOMRANI, La gestion des villes et instruments d’urbanisme – le cas du plan d’occupation
des sols, mémoire de poste graduation spécialisé, université de Constantine, 2005, P 22.
2
- SDAT 2030, livre 1- le diagnostic ; Audit du territoire Algérien, 2008, P 10.

71
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

- dépasser les handicaps naturels et géographiques à fin d’assurer un


peuplement équilibré du territoire national ;
- Assurer l’égalité de chances pour tous d’accéder aux services publics et
éliminer les causes de marginalisation et d’exclusion sociale dans les
compagnes et dans les villes ;
- Promouvoir la protection des ressources naturelles ;
- Maitriser et organiser la croissance des villes et de favoriser le développement
qualitatif des agglomérations ;
- Protéger et valoriser les patrimoines archéologiques et culturels nationaux.

La mise en œuvre du SNAT nécessite d’autres instruments qui développent en


détails les orientations stratégiques de cet instrument national, répartis soit par échelle
(SRAT, PAW, PDAU, POS) ou par secteurs ; (SDAM, SDAT, …). Elle nécessite ainsi la
participation de tous les acteurs, notamment les citoyens représentés par leurs associations,
et cela permet aussi de créer un partenariat entre l’Etat et les collectivités locales par le bais
de la décentralisation qui permet à ces derniers de jouer leurs rôles dans la poussée du
développement urbain local.

De l’autre côté de la chaine, un partenariat entre les acteurs économiques publics


ou privé doit être développé pour la réalisation des divers programmes ou actions
prescrites par l’aménagement du territoire.

Le SNAT a induit dans sa politique la notion de compétitivité territoriale qui


permet aux territoires de s’inscrire par les faits d’actualité dans un système d’innovation
régit par la globalisation, et marqué par la concurrence de plus en plus difficile.

Elaboration et architecture du SNAT :

Le SNAT est un document composé de 17 rapports thématiques et d’un document


graphique en plusieurs échelles. « Il est élaboré à la base d’une large et longue concertation
impliquant tous les acteurs dans le domaine de l’aménagement du territoire (départements
ministériels, institutions publics, collectivités locales et représentants de la société civile »1.

Il est charpenté autour de :

- 20 programmes d’Actions territoriales,


- 19 Schémas Directeurs Sectoriels,

1
- Mise en œuvre du SNAT 2030, document de synthèse, 2008, P 11.

72
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

- 09 Schémas Régionaux d’Aménagement du Territoire (SRAT),


- 04 Schémas Directeurs d’Aménagement d’aires Métropolitaines (SDAAM),
- 48 Plans d’Aménagement de Wilayas (PAW).

Ces grands chantiers sont mis en œuvre à travers un programme d’action


territorial qui couvre quatre lignes directrices :

1. La durabilité des ressources stratégiques,


2. Le rééquilibrage du territoire,
3. L’attractivité et la compétitivité des territoires,
4. L’équité sociale et territoriale.

Le phasage du SNAT :

Le SNAT est mis en œuvre selon deux phases distinctes :

Phase 01 : (2007 – 2015)

C’est une phase marquée par l’action volontaire de l’Etat. Elle est mise en œuvre
à travers 19 schémas Directeurs des grands infrastructures et services collectifs l’intérêt
national énuméré par la loi 01-20 du 12/12/2001 notamment son article n° 22.

Ces efforts ont été concrétisés sur terrain avec des programmes énormes en
logements et en équipements. A ce titre, l’Algérie a réalisé dans le cadre du quinquennal
2004-2009 près de 1 045 000 logements de tous types confondus, ce qui fait que le parc de
logement totalement réalisé jusqu’à 2009 est de 7 090 000 logements en enregistrant un
taux d’occupation par logement (TOL) de 4,89 % en 2009, par rapport à 5,89 % en 19981.

Phase 02 : (2015-2030)

C’est la phase où l’Etat jouera un rôle de régulateur, en laissant les opportunités


d’action aux différents acteurs du territoire après avoir mis en place les investissements
structurants de sa politique d’aménagement du territoire.

1
- La revue de l’habitat, n° 06, Janvier 2011, P 06.

73
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Schéma N° 09 : Phasage du SNAT 2030.

Phase 01 Etat volontariste par ses


2007 - 2015 actions

Phasage
Phase 02 - Actions entreprises par
les acteurs
2015 -2030 - Role régulateur de l'Etat

Source : travail d’auteur 2014

I- 4-3-1-2- Le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire (SRAT) :

« Une consolidation du développement de l’espace régional cadre la planification


et la promotion par un instrument adopté qu’est le Schéma Régional d’Aménagement du
Territoire (SRAT). Celui-ci suggère la mise en œuvre des procédures et des mécanismes de
solidarité et de complémentarité inter-wilayas, à l’échelle régionale. Il offre ainsi le cadre
le plus approprié pour surmener les difficultés locales et asseoir les grandes options de
l’action régionale dans le projet globale d’aménagement du territoire. Le Schéma Régional
du territoire est considéré à ce propos, comme l’instrument clé de la nouvelle politique
d’aménagement »1.

Le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire est un document initié par


l’Etat pour une période de 20 ans et actualisé tous les cinq (05) ans. En vertu de la loi
01-20 du 12/12/2001 notamment son article n° 03 « un territoire constitué de plusieurs
wilaya limitrophes et présentant des caractéristiques physiques et des vocations de
développement similaires ou complémentaires ».

Contenu du SRAT :

Le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire (SRAT) comprend :

- Un état des lieux,


- Un document d’analyse prospective,
- Un recueil des prescriptions relatif au projet d’Aménagement durable de
territoire.

1
- SDAM de Constantine, rapport de mission 1, 2008, P 14.

74
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

I-4-3-1-3- Le Plan d’Aménagement de Wilaya (PAW) :

Le Plan d’Aménagement de Wilaya est un instrument d’aménagement et de


développement à l’échelle de la wilaya. Il est initié par le Wali, élaboré et approuvé par la
voie réglementaire. Le PAW comprend trois phases :

Phase 01 : Evaluation territoriale et Diagnostic.

C’est une phase consacrée à l’élaboration d’une synthèse territoriale dans laquelle
seront identifiées et évaluées les potentialités et les contraintes du territoire, les
dysfonctionnements qui le caractérisent ainsi que les problématiques sectorielles
spatialisées. A travers ce diagnostic, des enjeux et des grandes tendances sont tracés afin de
définir une vision globale, collective et partagée.

Phase 02 : Schéma prospectif d’aménagement et de développement durable (scénarios


d’aménagement) :

Partant des tendances lourdes et des enjeux territoriaux identifiés, des scénarios
d’aménagement et du développement durable à l’horizon de 2030 sont proposés. Ces
schémas ont pour but de définir les enjeux, priorités et objectifs à mettre en œuvre,
notamment en ce qui concerne les différents processus et dynamiques qui présentent un
impact sur le développement et l’organisation du territoire de la wilaya »1. Ainsi, de
corriger les dysfonctionnements observés.

1
- PAW de la Wilaya de Bouira, Phase 2, Janvier 2012, P 02.

75
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Phase 03 : plan d’aménagement

Partant des problématiques identifiés et des choix de développement retenus par


les acteurs, il s’agira de procéder à l’affinement du scénario retenu. Le territoire sera
organisé en aires de planification et des programmes d’action seront proposés en fonction
des objectifs à atteindre aux différents horizons dans le respect des lignes directrices du
SNAT 2030.

De ce fait, le PAW est un instrument qui éclaire les décisions ou pouvoir sur le
plan des orientations majeures. « Sa position charnière entre les schémas nationaux et
régionaux et les plans directeurs d’aménagement et d’urbanisme lui confère une force
d’orientation des efforts locaux puisant dans les directives nationale et régionale et
alimentant à son tour les tendances wilayas et communes ».1

Le PAW est une jonction entre la planification territoriale et la planification


urbaine. Il doit respecter les dispositions des schémas territoriaux SNAT et SRAT d’une
part, et définit des directives à mettre en œuvre par le Plan Directeur d’Aménagement et
d’Urbanisme (PDAU). A ce titre il vise à :

 Etablir les schémas d’organisation des services locaux d’utilité publique à


travers la wilaya,
 Déterminer les aires intercommunales d’aménagement,
 Fixer la vocation de chaque commune et ses visions,
 Fixer les rythmes d’urbanisation,
 Localiser les zones d’activité économiques et les zones à mettre en valeur.

I-4-4- 1990 à nos jours : nouveaux instruments d’urbanisme et retour de planification


spatiale.

Cette période est caractérisée par une nouvelle prise de conscience sur
l’urbanisme et la gestion économe du sol. Ceci a induit le renforcement de la
réglementation urbaine.

Concrètement, ce fait est « traduit par la loi 90-29 du12/12/1990 relative à


l’aménagement et l’urbanisme qui institue un plan Directeur d’Aménagement et

1
- Maouia Saïdouni, éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation-, Opcit,
P 143.

76
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

d’Urbanisme (PDAU) dont le rôle est prévisionnel (long terme) et un plan d’occupation du
sol (POS) dont le rôle est réglementaire »1.

Ces instruments d’urbanisme (PDAU et POS) ont pour objet comme le souligne la
loi 90-29 notamment son article n° 11, de :

 Fixer les orientations fondamentales d’aménagement des territoires,


 Déterminer les prévisions et les règles d’urbanisme,
 Définir l’affectation des sols (espaces verts, activités économiques, habitats,
équipements, …).

Sa mise en œuvre exige la division du territoire concerné en quatre secteurs


(secteur urbanisé, secteur à urbaniser, secteur à urbanisation future et secteur non
urbanisable) liés aux termes temporels (court, moyen et long terme) pour faciliter la
gestion de l’espace concerné par l’étude.

L’urbanisation des villes algériennes après cette date s’est retrouvée spectaculaire,
notamment après la promulgation de la loi 90-25 portant orientation foncière et la
libération du foncier ce qui a permis l’auto construction sous formes de lotissements de
prendre sa place dans les villes.

Tableau n° 3 : La place du PDAU dans la hiérarchie des instruments d’aménagement et


d’urbanisme en Algérie.

Loi ou décret de
Instruments L’aire d’intervention Contenu et objectifs de l’étude
référence
Le SNAT développe les orientations stratégiques
Loi N° 01-20 du 12 décembre fondamentales d’aménagement et de
2001 relative à l’aménagement développement
SNAT Echelle nationale
et au développement durable durable du territoire national. Il constitue le cadre
du territoire de référence pour l’action des
pouvoirs publics.
Echelle régionale
Loi N° 01-20 du 12 décembre
(chaque région est
2001 relative à l’aménagement Définit les orientations spécifique à chaque région
SRAT constituée d’un
et au développement durable programme.
groupement de
du territoire
wilaya)

1
- Maouia Saïdouni, éléments d’introduction à l’urbanisme, -Histoire, méthodologie, réglementation-, Opcit,
P 214.

77
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

- Orientations générale d’utilisation du sol


- Délimitation des grandes infrastructures
de transport et des grands équipements
structurants.
Loi N° 01-20 du 12 décembre
- Les orientations générales de protection
2001 relative à l’aménagement Les grandes
SDAAM et de valorisation de l’environnement.
et au développement durable métropoles
- La localisation des extensions urbaines
du territoire
des activités industrielles et touristiques
ainsi que les sites des agglomérations
nouvelles.

- Etablir les schémas d’organisation des services


locaux d’utilité publique à travers la wilaya,
- Déterminer les aires intercommunales
Loi N° 01-20 du 12 décembre
d’aménagement,
2001 relative à l’aménagement
PAW 48 wilayas - Fixer la vocation de chaque commune et ses
et au développement durable
visions,
du territoire
- Fixer les rythmes d’urbanisation,
- Localiser les zones d’activité économiques et
les zones à mettre en valeur.
- La rationalisation de l’utilisation des espaces
urbains et périurbains,
Loi N° 90-29 du 1 ièr
Commune ou - La mise en place d’une urbanisation protectrice
PDAU décembre 1990 relative à groupement de et préventive,
l’aménagement et l’urbanisme communes - La réalisation de l’intérêt général,
- La prévision de l’urbanisation future et de ses
règles.
- Fixe la forme urbaine, l’organisation, les droits
de construction et d’utilisation des sols.
Secteurs définis par
ièr
Loi N° 90-29 du 1 décembre - Délimite l’espace public, les espaces verts, les
le PDAU Urbanisé, à
POS 1990 relative à l’aménagement emplacements réservées aux ouvrages publics
Urbaniser ou à
et l’urbanisme et installations d’intérêt général ainsi que les
Urbanisation Future.
caractéristiques des voies de circulation et les
servitudes.
Source : travail d’auteur 2014

78
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

II- Les instruments d’urbanisme en Algérie :

Les instruments d’urbanisme sont des instruments de planification spatiale et de


gestion urbaine qui ont pour objet de planifier et d’organiser l’espace urbain de la
commune et des communes concernées. Ils sont définis par des textes juridiques
promulgués en 1990 ; la loi 90-29 du 01/12/1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme
et les décrets exécutifs n°177-90 du 28 mai 1991 fixant les procédures d’élaboration et
d’approbation du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme et le contenu des
documents y afférents et le décret n° 178-91 du 28 mai 1991 fixant les procédures
d’élaboration et d’approbation du Plan d’Occupation des Sols. Ils sont représentés par le
Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) et Plan d’Occupation des Sols
(POS).

Les instruments de planification urbaine sont situés en aval de la politique


d’aménagement du territoire précédés par le SNAT, le SRAT et le PAW. Ils reproduisent
les orientations dictées en amont et vont aux détails dans leur application sur le/les
territoires concernés. Ils cherchent à maintenir l’équilibre entre les différentes fonctions du
sol et les diverses activités.

L’établissement du PDAU et du POS est obligatoire et juridiquement imposée par


la loi du moment qu’aucune action d’intervention sur le tissu urbain ne peut être mené sans
prendre en considération les conditions de ces instruments.

Au titre règlementaire ; « Les instruments d’aménagement et d’urbanisme fixent


les orientations fondamentales d’aménagement des territoires intéressés et déterminent les
prévisions et les règles d’urbanisme. Ils définissent plus particulièrement les conditions
permettant d’une part de rationnaliser l’utilisation de l’espace, de préserver les activités
agricoles, de protéger les périmètres sensibles, les sites, les paysages, d’autre part de
prévoir les terrains réservés aux activités économiques et d’intérêt général et aux
constructions pour la satisfaction des besoins présents et futurs en matière d’équipements
collectifs de services, d’activités et de logement, ils définissent également les conditions
d’aménagement et de construction en prévention des risques naturels »1.

1
- La loi 90-29 du 1erdécembre 1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme. Jo de la république algérienne
N°52. Article11.

79
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

II- 1- PDAU outil de planification urbaine ;

II-1-1- Définitions d’un PDAU :

Le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) est un instrument de


planification spatiale et de gestion urbaine élaborée pour une période de 20 ans. Il est, à la
fois : un guide de gestion et de prévision, pour les décideurs locaux (commune), un
programme d’équipements et d’infrastructures, pour la ville ou l’agglomération, et un
zonage du territoire communale.
Le P.D.A.U. concerne l’échelle de la commune d’un groupement de communes
ayant de fortes solidarités socioéconomique, morphologiques ou infrastructures, il est alors
dit intercommunal.
Il fixe, d’une part, les orientations fondamentales d’une commune ou d’un
ensemble de communes en tenant compte des dispositions des schémas d’aménagement
(SNAT, SRAT et du PAW) et des plans de développement. D’autre part, il fixe les
périmètres des différents POS de la commune ou des communes concernées. Il est ainsi
opposable aux tiers et ne peut se faire en contradiction avec lui-même. La réalisation de ses
objectifs est assignée à la notion du temps traduite par les trois échéanciers fixés par la loi
(cours terme, moyen terme et long terme).
II-1-2- Les Objectifs du PDAU :

Le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme comprend les plans de


développement de l’Etat et des collectivités locales. Et définit l’affectation du sol de tous le
territoire de la/des communes concernées. A ce titre il est appelé à permettre :

 La Maitrise et le contrôle de l’urbanisation de/des communes concernées,


 La Protection des zones sensibles et des sites culturels et patrimoniaux,
 La définition de la programmation du territoire en matière de logements,
équipement et infrastructures,
 La division du territoire en secteurs homogènes (SU, SAU, SUF, SNU) et assure
l’évolution cohérentes entre eux,
 Le Dégagement des disponibilités foncières dont la/les communes ont besoin pour
leur extension futurs,
 La Définition des opérations d’intervention propres à chaque site ou zone définit
dans son plan d’aménagement.

80
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

II-1-3- les secteurs d’urbanisation du Plan Directeur d’Aménagement et


d’Urbanisme :

Pour faciliter la mise en œuvre des objectifs de PDAU, des secteurs sont définis
par ces derniers afin de définir les zones prioritaires en urbanisation. Ses secteurs définit
parle temps et la nature des opérations qui peuvent y être réalisées.

II-1-3-1- le secteur urbanisé :

C’est un secteur déjà urbanisé et où la densité du tissu urbain est élevée. Ce tissu
est composé de constructions et d’activités de longue date, ce qui fait que l’urbanisation
dans ce type de secteur n’est pas favorisée. Plutôt, des interventions locales sont exigées à
savoir ; la rénovation, la réhabilitation, la restructuration et la requalification,… Ceci tend à
protéger les sites de valeur historique. Le PDAU divise se secteur en petites entités
homogènes qu’on appelle POS, et leur intègre des références propre à chacune d’elles. Ces
POS portent des nominations comme suite ; U1, U2, U3….

II-1-3-2- le secteur à urbaniser :

C’est un secteur appelé à être urbanisé dans une période allant de 5 ans à 10 ans.
Le PDAU dans ce cas est appelé à gérer l’urbanisation en lui donnant un cadre
réglementaire précis en divisant ce secteur en POS (AU1, AU2, AU3, …).

Figure n° 01 : Les secteurs d’urbanisation définis par PDAU

Source : travail d’auteur2014.

81
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

II-1-3-3- le secteur à urbanisation future :

C’est secteur appelé à connaitre une urbanisation à long terme (20 ans). Il est
traduit par les disponibilités foncières intégrées dans le périmètre urbain lors de
l’établissement de l’étude du PDAU. Ces disponibilités foncières sont frappées par une
servitude de non aedificandi qui ne sera levée que si les POS respectifs sont approuvés.
Ces POS portent leurs nominations comme suite ; UF1, UF2, UF3, …

II-1-3-4- le secteur non urbanisable :

C’est secteur qui englobe des portions du territoire urbain qi ne sont pas destinées
à l’urbanisation à cause de diverses contraintes :

 La valeur agricole à protéger spécifique aux zones de haute potentialité agricole,


 Exploitations minières,
 Paysages touristiques de qualité, ou zones touristiques classées,
 Des forêts domaniales,
 Zones littorales sensibles,
 Et des zones à haut risques naturels ; inondation, instabilités des terrains, …

II-2- Procédures administratives d’élaboration du PDAU :

La procédure administrative d’élaboration du Plan Directeur d’Aménagement et


d’Urbanisme est décrite par le décret n° 91-177 du 28 mai 1991. En effet, plusieurs
organismes interviennent pour faciliter la procédure et chacun en ce qui lui concerne
comme tache.

II-2-1- Prescription de l’étude :

Avant le lancement de l’étude du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme,


il est impérativement exigé qu’il soit prescris par une délibération de/des assemblées
populaires communales de/des communes concernées. Cette délibération est notifiée au
wali et affichée pendant un (1) mois au siège de/des communes concernées.

Cette délibération doit porter ;

- Les orientations fixées par le PAW,


- Les modalités de participation des administrations publiques, des organismes et
services publics et des associations à l’élaboration du PDAU.

82
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

- Liste éventuelle des équipements publics ayant un intérêt national prévus sur le/les
territoires concernés.

II-2-2- Arrêté de délimitation de l’aire de l’étude :

Une fois que la wali est informé qu’une étude PDAU sera lancée, il procède à la
prise de l’arrête de délimitation de l’aire d’étude quand il s’agit d’une commune. Et
lorsque l’étude concerne plusieurs communes, la prise d’arrêté relève du Ministre chargé
des collectivités locales. La prise de cet arrêté exige la présence de :

- Délibération de prescription de l’étude,


- Une note de présentation de l’aire de l’étude, le cas échéant une fiche technique.
- Plan délimitant l’aire de l’étude.

II-2-3- Concertation et recueille des données :

A l’établissement de la délibération de prescription du Plan Directeur


d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU), le ou les présidents des assemblées populaires
doivent faire connaitre par écrit aux présidents des chambres de commerce et d’agriculture,
aux présidents des associations locales, la décision prescrivant l’établissement du PDAU.

Sont obligatoirement aussi consultés au titre de l’article 8 du n° 91-177 les


services de wilaya chargés de l’urbanisme, de la régulation économique, de l’hydraulique,
des transports, des travaux publics, des monuments et sites et des postes et
télécommunications, ainsi que les organismes et services publics chargées de la
distribution de l’énergie, des transports et de la distribution de l’eau.

Ces destinataires disposent d’un délai de 15 jours pour confirmer leur


participation et désigner leurs représentants. Passer ce délai, le/les présidents des APC
concernées prennent un arrêté précisant liste des administrations publiques, organismes et
services publics et associations ayant demandé à être consultés sur le projet du PDAU.

II-2-4- Adoption du PDAU :

Une fois qu’un bureau d’étude chargé de l’étude du Plan Directeur


d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) est désigné, il prend en charge toutes les
réserves émises par les services techniques lors des réunions de concertation et ce durant
toutes les phases de l’étude. Une fois achevée, l’étude sera adoptée par une délibération
d’adoption de/des APC concernées et notifiée aux administrations publiques, organismes

83
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

et services publics, associations et services de l’état concernés qui disposent de 60 jours


pour émettre leurs avis et observations.

II-2-5- Enquête d’utilité publique :

Après l’adoption de l’étude, une enquête d’utilité publique est engagée à base
d’un arrêté soumettant l’étude à l’enquête d’utilité publique. Cet arrêté est affiché au
niveau de/des APC pendant toute la période de l’enquête et notifié au wali territorialement
compétant. A cet effet, l’arrêté doit contenir :

- Le lieu de consultation du projet du PDAU,


- Désignation du commissaire enquêteur,
- Précision la date de démarrage et d’achèvement de l’enquête d’utilité publique,
- Les modalités de déroulement de l’enquête d’utilité publique.

II-2-6- Approbation de l’étude du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme :

Une fois que l’enquête d’utilité publique est close, une réunion de synthèse est
provoquée pour prendre en charge les remarques signalées sur le registre de l’enquête
d’utilité publique. Une fois les réserves sont prises en charge, le dossier complet est envoyé
à l’assemblée populaire de wilaya (APW) pour avis.

Le dossier de l’étude du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU)


est soumis à l’approbation du wali territorialement compétant accompagné des pièces
suivantes :

- Délibération d’adoption de la commune ou des communes concernées,


- L’avis de l’assemblée populaire de wilaya,
- Le registre de l’enquête d’utilité publique,
- Le procès-verbal de clôture de l’enquête d’utilité publique,
- Les conclusions de commissaire enquêteur,
- Les documents écrits et graphiques du Plan Directeur d’Aménagement et
d’Urbanisme.

84
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Tableau n° 04 : Récapitulatif de phasage administratif de PDAU

Organismes
Pièces
Etapes concernés Contenu de la pièce Observations
concernée
d’élaboration
- Les orientations fixées
par le PAW,
- Les modalités de - Notifiée au Wali,
Délibération Commune ou
Délibération participation des - Affichée au siège de
de ensemble de
de l’étude administrations l’APC pendant un (01)
prescription communes
publiques, mois.
- Liste éventuelle des
équipements publics.
- Le wali en cas Le dossier doit contenir :
d’une seule - Délibération de
Arrêté de
Délimitation commune, prescription de l’étude,
délimitation Les limites de l’aire
de l’aire de - Le Ministre des - Une note de présentation
de l’aire de de l’étude.
l’étude collectivités locales de l’aire de l’étude,
l’étude
en cas de plusieurs - Plan délimitant l’aire de
communes. l’étude

Arrêté Liste des organismes


Concertation Commune ou Arrêté affiché pendant un
portant liste voulant être consultés
et recueil ensemble de (01) mois au niveau de/des
des services durant l’étude et leurs
des données communes. APC concernées.
techniques représentants.

Délibération Commune ou Notifié aux services


Adoption de
d’adoption de ensemble de Adoption de l’étude techniques pour avis pendant
l’étude
l’étude. communes. 60 jours.
- Le lieu de consultation
du projet du PDAU,
- Désignation du
Arrêté commissaire
enquêteur,
soumettant
Enquête Commune ou - Précision la date de
l’étude à démarrage et - Affiché pendant toute la
d’utilité ensemble de
l’enquête d’achèvement de période d’enquête.
publique communes. l’enquête d’utilité
d’utilité
publique,
publique.
- Les modalités de
déroulement de
l’enquête d’utilité
publique.

85
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Le dossier doit comporter :


- Délibération d’adoption
de/ des communes
- Wali, concernées,
- Arrêté conjoint du - L’avis de l’assemblée
Ministre de populaire de wilaya,
l’urbanisme et du - Le registre de l’enquête
Approbation définitive
Arrêté Ministre des d’utilité publique,
Approbation de Plan Directeur
d’approbation collectivités locales - Le procès-verbal de
de l’étude d’Aménagent et
de l’étude après du/des walis clôture de l’enquête
d’Urbanisme
concernés. d’utilité publique,
- Décret exécutif - Les conclusions de
après avis du/ des commissaire enquêteur,
walis concernés. - Les documents écrits et
graphiques du Plan
Directeur d’Aménagement
et d’Urbanisme.
Source : travail d’auteur 2014.

86
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

Conclusion :

La planification urbaine en Algérie prend sa naissance bien avant 1919 avec les
plans d’alignement et d’embellissement, et a connu un progrès important avec la
colonisation Française qui a mis au point ses efforts en aménagement pour servir ses
besoins. Après 1919, plusieurs aménagement ont été réalisés à travers la mise en œuvre de
plusieurs plans (le PUD, les plans de détails, …).

Après l’indépendance, l’Algérie a poursuivi l’application des divers plans hérités


de la période coloniale, et se basait essentiellement sur l’agriculture puis l’industrie à partir
de 1965. La planification économique semblait prioritaire pour faire repositionner le pays.

La prise de conscience du rééquilibrage territorial a pris son regard à partir du


1966 avec le lancement des plans de développement pour minimiser le déséquilibre
territorial que connait le pays à cause de l’exode rural de la population vers les grandes
villes et particulièrement littorales.

En matière d’urbanisme, le PUD initié en 1974 présente un outil de spatialisation


des composantes de la ville, délimite et définit un périmètre urbain devant contenir tous les
programmes d’habitats et d’équipements. Il a joué un rôle très important dans la
programmation des besoins de la ville mais il ne permet pas la maitrise de la croissance
urbaine ou le contrôle de la l’urbanisation anarchique.

Puis, d’autres formes d’urbanisme sont apparus, comme les ZHUN et les
lotissements qui font partie de l’urbanisme opérationnel en produisent des logements et des
équipements, mais sont consommateurs excessifs du foncier.

Et c’est pendant la période 1978-1988 que l’Algérie a connu une prise de


conscience sur l’aménagement du territoire en créant l’Agence national de l’Aménagement
du Territoire (ANAT) chargée de l’élaboration de monographies de wilayas. C’est ainsi
une période qui a connu la promulgation de la loi qui stipule sur les trois schémas
d’aménagement territorial ; Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT),
Schéma Régional d’Aménagement du Territoire (SRAT) et Plan d’Aménagement de
Wilaya (PAW).

Cette politique urbaine a pris un autre chemin avec la constitution de 1989 qui a
ouvert les portes à la propriété privée. Celle-là a donné ainsi naissance à deux lois
importantes (la loi n° 90-29 du 01-12/1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme et la

87
Chapitre III : La politique d’aménagement et d’urbanisme en Algérie

loi n° 90-25 du 18-11-1990 portant orientation foncière) ayant une influence directe sur
l’aménagement et l’urbanisme en Algérie.

En dépit de la procédure administrative de l’élaboration du PDAU, une


procédure technique qui se fait en trois phases est tenue à être prise en considération dans
nos études et nos attentions sur cet instrument. Des lacunes juridiques et d’autres
techniques contribuent à la lente maitrise et gestion de l’urbanisation des villes.

L’élaboration du Plan Directeur d’Aménagement et d’urbanisme peut rencontrer


des contraintes issues de plusieurs générateurs, y compris le maitre de l’ouvrage, le maitre
de l’œuvre, les acteurs, la société civile, …

Ce que nous proposons dans cette étude c’est l’analyse de ce processus d’étude
techniques afin de cerner le décalage entre ce que portent le PDAU dans ces documents
et ce que nous constatons réellement sur le terrain.

88
PARTIE II :

CDARE PRATIQUE
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

89
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

Introduction :

Etudier le processus de croissance urbaine et de transformation de la ville de


Bouira nous permet de comprendre la logique de sa formation et de sa structure urbaine
d’un côté, et d’identifier le niveau d’impact des outils de planification et de gestion
urbaine.

Nous commencerons cette partie de notre recherche par un aperçu historique de la


ville de Bouira pour saisir les mutations urbaines qu’elle a pu subir pendant toutes les
périodes de son histoire. Ainsi pour éclaircir la transformation de sa structure urbaine après
les années 1990, après l’avènement des nouveaux instruments d’urbanisme, notamment le
Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU), objet de notre recherche. Nous
procéderons à l’analyse du système urbain afin de vérifier comment sont appliqués les
instruments d’urbanisme dans la fabrication de la ville de Bouira. Néanmoins, il est
nécessaire de préciser que l’analyse du système urbain sera faite en fonction de l’ancien
PDAU approuvé en 1994, et non en fonction de sa révision, tout en sachant que la ville est
faite suivant les instructions de l’ancien. Seulement, certains ajustements en matière des
nouvelles informations portées sur le nouveau PDAU nous obligent de nous y référer.

La ville étant un témoignage d’une succession d’événements historiques : avant


tout travail d’intervention urbaine il faudrait préalablement analyser toutes les périodes
qu’elle a vécues.

Aldo Rossi dit : « la méthode historique semble le plus sûr moyen de vérifier la
validité d’une hypothèse sur la ville, quel que soit cette hypothèse. La ville est-elle même
un dépôt de l’histoire »1.

En effet, la structure urbaine de la ville de Bouira n’est qu’une superposition de


plusieurs interventions, pré coloniales, coloniales et postcoloniales. Réglementaires ou
non, ces interventions constituent l’unique générateur du tissu urbain de la ville.

1
- Aldo Rossi, Architecture de la ville, Edition : L'équerre, Paris, 1981. P 167.

90
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

I- Présentation de la commune dans son contexte régional :

La commune de Bouira se situe dans la même wilaya du même nom, qui se trouve
à la deuxième couronne du Nord-centre du pays à 120 km du Sud-Est de la capitale Alger.
Elle se situe à la convergence de trois routes nationales :

RN 05 qui relie Alger et Constantine en passant par Bouira.

RN 33 qui relie Bouira et Tizi Ouzou via Haizer.

RN 18 qui relie Bouira et Khemis Meliana via Ain Bessem.

Dans sa totalité, elle est composée de plaines avec cependant quelques collines et
s’étale sur une superficie de 9.524 HA. Elle abrite 88801 habitants selon (le RGPH 2008)
et occupe une position géographiquement stratégique au Sud de Djurdjura sur le plateau
dominant les deux rives d’Oued EDDHOUS à une altitude de 550 m.

Du point de vue de composition territoriale, la commune de Bouira est composée


de :

 Le chef-lieu situé au centre de la commune .


 Deux agglomérations secondaires : Oued Bouchia, Ras Bouira (Ben Abdellah)
 Deux villages socialistes : Said Abid et Themeur.
 Une zone éparse comportant différents hameaux .

Ses limites administratives sont définies comme suit : (voir la carte de situation)

 Au nord par la commune d’Ait Laaziz


 Au Sud par les communes d’El Esnam, Oued El Berdi et El Hachimia.
 A l’Est par les communes Haizer et Taghzout .
 A l’Ouest par les communes d’Ain Turk et Ain El Hadjar.

91
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

II. Evolution urbaine de la ville de Bouira :

A l’instar des toutes les villes algériennes, Bouira a vécu trois grandes périodes de
son histoire.

II.1. Epoque précoloniale :

II.1.1. Naissance de la ville :

Le site actuel de la ville de Bouira doit son origine au Souk (marché)


hebdomadaire appelé souk Essebt. L’importance de cette localité est liée à sa situation
géographique entre deux ensembles agricoles fertiles ; la vallée de la Soummam et la
plaine des Aribs1. Ainsi sa situation en aval de la montagne de Djurdjura d’où coulent deux
importants (Oueds BERGOUS et Oued DERIESS).

Ces deux éléments et la présence de l’eau en abondance assurée par les deux
Oueds et la source d’eau au niveau de l’actuel site du fort Turk ont permis le mouvement
de la population rurale dans la région notamment le Samedi, où divers sortes de produits
locaux sont échangés.

II.1.2. Epoque Turque :

La ville de Bouira à cette époque avait connu deux réalisations importantes


demeurant ainsi des vestiges de la commune jusqu’à aujourd’hui.

 il s’agit du « Bordj » implanté à proximité de l’axe principal reliant la Régence


d’Alger et le Beylicat de Constantine, dans le but d’assurer la sécurité et la maitrise
de la collecte des impôts provenant particulièrement du Souk. La situation de ce
Bordj a été bien étudiée tant qu’il a une vue dégagée sur le marché hebdomadaire.
 La deuxième réalisation concerne le « fort militaire » implanté par les Turcs sur
les hauteurs de l’actuel Draa El Bordj qui a pour objet de contrôler les mouvements
des populations empruntant particulièrement la principale route Alger-Constantine.

Pendant toute la période d’installation des Turcs à Bouira, aucune forme


d’urbanisation n’a été enregistrée à part la réalisation des deux édifices suscités.

1
- Tahar BAGHDAD, intervention sur un centre ancien d’une ville moyenne en Algérie : le cas de Bouira,
mémoire de Master H.U.P.V, Ecole EUROMED Marseille, France, 2004, P 11.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

II.2. Epoque coloniale :

« Sous l’égide des militaires Français, fut lancé en 1848 un programme de (42
colonies agricoles) pour les ouvriers parisiens au chômage. La période de création maxima,
1871-1896, correspond à celle de la colonisation triomphante et l’accaparement maximum
des terres agricoles »1.

Bouira, était créé par le soin des militaires Français, après avoir exploré les
potentialités agricoles de la région, et évaluer les opportunités de stratégies de défenses et
de gestions ultérieures qu’offre le site (présence de marchés et situation de carrefours
d’échanges).

L’époque Française est devisée en différentes périodes, représentant plusieurs


faits urbains qui marquent l’histoire de la ville de Bouira.

II.2.1. période 1868-1930 : Création de la commune et du village colonial :

Les premiers signes urbains apparus avec le fort militaire ainsi que le Bordj qui a
été réaménagé en centre socio administratif du fait que la présence des français signifiait de
s’accaparer à toutes les richesses de la région.

Après que la commune de Bouira ait été reconnue par arrêté du gouverneur
général de l’Algérie l’Amiral Guidon, le Génie militaire a mis en place un tracé en damier
afin de préparer un cadre bâti pour la population civile sur deux axes structurant
matérialisés par la présence d’une place selon le principe de l’organisation de la ville
Romaine.

Le tracé proposé délimite des ilots par des rues de 10m de large à l’exception la
RN 5 qui est de 14m. Chacun des ilots est devisé en parcelles de 30 à 40 m de profondeur
construit sur la base d’un certain nombre de principes à savoir ; l’alignement, la
mitoyenneté, la hauteur, la toiture, … Ainsi, l’intersection des deux axes structurants a
permet la création d’un espace vital caractérisé par la concentration des activités
commerciales et administratives.

1
- Marc cote, L'Algérie, ou l'espace retourné, édition : Média-Plus, Constantine, Algérie, 1993, P 127

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

L’extension du tissu urbain fut marquée par la création des lotissements


spécialement pour la population civile arrivant d’Europe en Algérie. Ainsi, il y a eu la
réalisation des édifices publics, une voie ferrée structurant l’armature urbaine.

II.2.2. Période 1930-1958 : Essor de la ville.

Au début de cette période, Bouira va connaitre un certain élan concernant son


urbanisation. Le premier quartier apparu, c’était le quartier administratif conçu à la place
du Bordj Turc démoli pour dégager une assiette foncière devant recevoir un nombre
d’équipements à savoir ; la mairie, salle des fêtes, une école, une banque, un hôpital et un
ensemble d’aménagements extérieurs notamment le square. Par la suite, d’autres
constructions sont venues renforcer l’équipement de la ville dont on citera : le siège de la
police, le commissariat, la gendarmerie, la justice de paix, une école, un centre de santé et
un stade communal, … La mosquée « d’Ibn Badis » (voir photo n° 01) était réalisée sur le site
dont la façade principale donne sur le Souk.

Photo n° 01: Mosquée Ibn Badis. Photo n° 02 : La gare ferroviaire.

Source : [Link]/Fr/Bouira/All/0/photos/[Link].

Cette période est caractérisée par une extension linéaire de même forme urbaine,
de la ville vers le Nord suivant l’axe Alger-Constantine, après saturation du tissu urbain
initial. Cette extension est marquée par la création de nouveaux ilots mais de dimensions
plus grandes par rapport aux anciens, d’un côté, et une densification du noyau initial (îlots
de la partie sud) qui s’est traduite par une fragmentation accentuée du parcellaire et une
occupation anarchique à l’intérieur des îlots.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

Elle a ainsi pris une forme rétrécie vers le Nord à cause de l’existence des Oueds et de la
forte déclivité des terrains avoisinant ces Oueds. A cette même époque, une ligne
ferroviaire reliant Bouira et Aumale (Sour El Ghozlane) a été déjà mise en service (voir
photo n° 02).

II.2.3. Période 1958-1962 : Plan de Constantine.

Cette période a été caractérisée par l’établissement du plan d’urbanisme de la ville


de Bouira ayant pour objet de lui permettre de se préparer à son double rôle en tant que :
chef-lieu d’un nouvel arrondissement et capitale régionale en expansion rapide située au
centre de quatre régions à savoir ; Bordj Bou Arreridj, Aumale (Sour El Ghozlane
actuellement), Palestro (Lakhdaria actuellement) et Draa El Mizan.

La désertion de la compagne a créé une forte concentration de la population qui


est de 12 000 habitants alors que la capacité maximale de la ville était de 6000 habitants.
Ceci a poussé l’administration à lancer deux opérations pour absorber ce surplus de
population qui se résument en :

 Réalisation des HLM alimenté par la réflexion de la charte d’Athènes tel


que : la cité évolutive, le bâtiment « poste » et le bâtiment de la police « gare
routière ».
 Un vaste programme d’habitations rurales améliorées visant la création de
1000 logements pour reloger des familles sans ressources et d’un groupe
scolaire.

L’incapacité de l’ancien noyau à répondre au développement de la ville a induit


l’orientation de l’extension de la ville en direction du Ouest au de la du chemin de fer.
Cette opération a été menée sur deux tranches :

 La première comprenait 200 logements individuels semi urbains et un


immeuble préfabriqué en collectif (cité Aigoun).
 La deuxième tranche porte sur un programme d’unités d’habitations sous
forme de cités de regroupement réalisées sur les hauteurs de Ras Bouira et
d’Oued Ed Hous.

Cependant, cette extension vers l’Ouest, n’a pas empêché l’extension et la


densification du noyau central en accentuant l’insalubrité des ilots urbains.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

II.3. Epoque de l’indépendance :

Après l’indépendance du pays, Bouira a connu un exode rural massif des


villages environnants. Ce phénomène a fait prendre à la ville de l’ampleur de
consommation plus d’espace pour répondre aux nouveaux besoins.

II.3.1. Période 1962-1974 : Occupation des biens vacants

La première période après l’indépendance s’est caractérisée par la récupération de


l’espace colonial et la poursuite de la construction des cités de recasement dans le cadre du
plan de Constantine pour répondre à l’exode rural que connaît la ville, à l’image de tous les
centres urbains du pays.

L’extension de la ville de Bouira s’est faite vers les sites les plus proches du
centre-ville, une partie vers une zone constituée par toute la frange Est de la ville comprise
entre le détournement de la RN 5 et les quartiers centre et Nord de Bouira (96 logements
Morreti, les deux lotissements,…), et une autre zone qui représente l’ensemble de la colline
du fort turc (cité Hamlaoui, CFPA).

En cette période, on note la réalisation des évitements contournant la ville


(dédoublement de la RN 05) du coté Est et Ouest, ainsi que la réalisation d’un pont pour
assurer la liaison entre le centre et la ZHUN sur les plateaux du fort turc.

La mise en place du premier plan quadriennal de développement a favorisé la


promotion de Bouira au rang de wilaya en 1974. A cette même année, Bouira avait
bénéficié d’une importante minoterie (SEMPAC).

La couverture des deux Oueds (BERGOUG et DERIESS) a permis la


récupération d’une grande superficie de terrain urbanisable. Ceci a brisé l’obstacle
d’extension de la ville, alors que du côté Ouest, la rupture demeure difficilement
surmontable avec le passage de la voie ferrée.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

II.3.2. Période 1974-1980 : La forte urbanisation de la ville de Bouira.

Après son accès au rang de Wilaya en 1974, la vocation administrative de


Bouira a été renforcée afin de stimuler la participation des communes à l’élaboration du
plan de modernisation urbaine (PMU) pour organiser et planifier le développement de la
ville de façon à maitriser la croissance urbaine. Ce dernier a proposé dans ses directives
l’opération de rénovation de l’ancien noyau de la ville.

Pendant cette période de nombreux textes législatifs ont été élaborés, tel que
l’ordonnance 74-26 du 20 février 1974 pour la mise en œuvre des réserves foncières
communales. La crainte de se faire déposséder de leur terrains a permis l’apparition de
nouveaux lotissements (le lotissement Hocini et les deux lotissements résidentiels
communaux « CADAT »). Ensuite il y a eu la réalisation d’autres équipements à savoir : le
Lycée de jeunes filles, le premier siège de wilaya, le tribunal, et un programme de
logements collectifs.

A la même période, la ville de Bouira a bénéficié d’une zone de parcs située au


Nord, du siège de protection civile et d’une usine « Sonitex », l’ONAMA implanté sur la
route de Tikjda, et enfin les abattoirs, un marché couvert, une ancienne gare routière situés
au Sud de la ville.

II.3.3. Période 1980-1994 : le Zoning.

Pendant cette période, Bouira avait bénéficié d’une étude du Plan Directeur
d’Urbanisme (PUD) approuvé par arrêté du 24 février 1983 qui a apporté un programme
d’habitat et d’équipements sous forme de ZHUN pour le terme moyen (jusqu’en 1995). La
réalisation de ce programme a nécessité la mobilisation de 154 Ha de terrain encore
cultivés à l’époque pour recevoir un programme de 1100 logements, un centre culturel,
CEM préfabriqué, un technicum et de nombreux sièges d’administration et de banques.

Il y a eu ainsi la réalisation de deux zones d’activité D1 et D2 et surtout la


promotion des lotissements qui ont connu un essor considérable, soit la création d’une
quinzaine de lotissements totalisant 1200 lots répartis sur trois sites (Draa El Bordj, Ras
Bouira et Ouled Bouchia). Entre outre, la prolifération de l’habitat illicite au Sud de la ville
(cité Zerrouki).

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

De nombreux équipements administratifs ont été réalisé pendant cette période sur
des sites enregistrés comme des poches vides tel que ; siège de la wilaya, la cité
administrative, …

Le tissu caractérisant les nouvelles extensions de la ville se singularise par des


composantes réalisées sans relation avec le tout. C’est un tissu marqué par l’absence
d’éléments de communication sociale et surtout cette logique du zoning propre aux
productions récentes en matière d’urbanisme.

II.3.4. Période 1994-2008 : Impact des nouveaux instruments d’urbanisme.

Cette période se caractérise par l’avènement de nouveaux instruments de


planification spatiale et de gestion urbaine (PDAU et POS) remplaçant le PUD. La mise en
œuvre de ces instruments a permis l’intégration des terres agricoles dans le périmètre
urbain de la ville, ainsi que les deux agglomérations secondaires de Ras Bouira et d’Ouled
Bouchia formant un ensemble qui se développe sur une superficie de 960 Ha. Cet
instrument a permis de donner les grandes orientations du développement urbain et
économique et de déterminer les nouveaux secteurs d’extension à court terme, moyen
terme et long terme.

Or, il s’est avéré que les prévisions de 20 ans de cet instrument d’urbanisme n’ont
pas été bien étudiées, du fait que les secteurs d’urbanisation futur ont été consommés
totalement avant les délais fixés par le PDAU. Cela a induit l’urbanisation des
disponibilités foncières hors périmètre urbain (pôle urbain, pôle universitaire, …). Face à
cette urbanisation anarchique, il a été procédé en 2008 à la révision de cet instrument
d’urbanisme avant l’expiration des délais réglementaires.

On a enregistré la réalisation de plusieurs équipements pendant cette période à


savoir ; un centre universitaire, un complexe sportif semi olympique, ainsi que la création
des deux lotissements de 166 et 338 lots.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

II.3.5. Période d’après 2008 : Révision du Plan Directeur d’Aménagement et


d’Urbanisme de Bouira.

La saturation du tissu urbain de la ville de Bouira a induit le développement en


dehors du périmètre urbain définit par l’ancien PDAU. L’occupation anarchique du
territoire de la ville, l’inefficacité des prévisions et la centralité des décisions ont induit des
problèmes énormes en matière de besoins (en équipements, en logements), de formes
urbaines, de fonctionnalités, du manque de disponibilités foncières devant recevoir les
programmes de développement.

En effet, pendant cette période, on a constaté le lancement de la révision de


l’étude PDAU de Bouira pour pouvoir prendre en charge la totalité des problèmes de la
ville de Bouira et de la commune de Bouira.

Constat sur l’aperçu historique :

La transformation de la ville de Bouira s’est faite à travers toutes les périodes de


son histoire. Deux moments importants marquant la fabrication de la ville actuelle ;

- En premier lieu, la période coloniale qui fait apparaitre une entité de la ville
organisée, pensée avec toutes les commodités nécessaires pour chaque habitant.
Cette entité forme un tissu urbain homogène avec une utilisation rationnelle de
l’espace urbain.
- En deuxième lieu, la période de l’indépendance est caractérisée par l’urbanisation
contemporaine qui est venue avec les différentes formes d’occupation des sols,
logements collectifs, semi collectif, ZHUN, lotissement, … cette occupation a induit
la prolifération de divers problèmes urbains que nous allons élucider dans le
deuxième point de ce chapitre.

108
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

III. Analyse du système urbain ; impact de la non maitrise du PDAU sur


la ville de Bouira :

III.1. Analyse du système urbain :

« Le système urbain est l’objet principal de la planification urbaine. C’est à son


tour un système complexe et dynamique, où s’enchevêtrent plusieurs composantes,
interactives et interdépendantes, à savoir ; l’espace bâti, naturel et non bâti, population et
activités, réseaux et infrastructures, mobilités, transport et déplacement, climat et
environnement»1.

III.1.1. Le tissu urbain et ses composantes.

La zone urbaine de la ville de Bouira est issue de plusieurs années d’urbanisation.


Deux plus grandes entités sont à distinguer, elles forment l’identité de son tissu urbain.
L’un est un héritage colonial représenté par le vieux noyau, et le deuxième représente
l’extension de la ville après l’indépendance.

III.1.1.1. Le noyau colonial ou l’ancien tissu:

L’ancien tissu (voir photo n° 03), d’une Photon° 03 : Tissu colonial.


superficie de 40,38 Ha constitue ce qu’on
appelle communément l’ancienne ville. C’est
l’espace le plus attractif et le plus dense du tissu
urbain. En dépit de son excentricité générée par
l’extension urbaine qui se fait vers le côté Ouest,
il reste toujours l’espace le plus dynamique de la
ville à cause de la concentration de la majorité
des équipements et services liés aux besoins des
Source : Auteur 2014.
populations. L’état de son cadre bâti est dégradé,
sans parler de l’état des réseaux divers qui sont dépassés, des voies, des aires de
stationnement, de difficultés de stationnement. La croissance du nombre de ménages, la sur
densité qui y règne sont des facteurs qui accélèrent encore plus sa dégradation2.

1
- Brahim BEN YOUCEF, analyse urbaine ; élément de méthodologie, office des publications universitaires,
Alger, 2010, P 55.
2
- Révision du PDAU de Bouira, 2008.

109
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

III.1.1.2. Le nouveau tissu urbain :

C’est une partie engendrée par l’extension de la ville du côté Nord et Ouest (voir
photo n° 04), au détriment de terres à forte
Photo n° 04: cite 1100 logements
potentialité agricole. Ce tissu est composé : (ZHUN)

 Du côté Ouest, principalement par


des grands ensembles urbains
détachés de leur contexte
environnant, ne se préoccupant peu
des aspirations de la société civile
ou de la qualité de vie en ville.
L’aspect quantitatif étant la clé
d’ordre durant cette période (ZHUN). Source: Auteur 2014
C’est un tissu caractérisé par ses
espaces résiduaires et non aménagés depuis leur création.
 Du côté Nord, un tissu en bon état avec des espaces urbains plus au moins
aménagés.

III.1.1.3. Les agglomérations secondaires :

Situées sur des terrains en pente, leur permettant une bonne relation visuelle avec
le centre, les deux agglomérations secondaires Ras Bouira (voir photo n° 06) et Ouled
Bouchia (voir photo n° 05) sont localisées respectivement l’une à l’Est et l’autre au Sud - Est
du chef-lieu.

Ces deux agglomérations ont fait l’objet d’études de plan d’urbanisme provisoire
(PUP) élaborés en 1988, avec comme actions d’aménagement à mener au niveau de ces
sites: des opérations de restructuration et d’injection de programmes de lotissements. La
réalisation de ces lotissements a favorisé leur conurbation avec le chef-lieu.

110
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

Photo n° 05: AS Ouled Bouchia Photo n° 06: AS RAS Bouira

Source: Auteur 2014 Source: Auteur 2014.

Ces zones sont caractérisées par une faible densité de leur tissu et un déficit en
matière d’équipements, ce qui les laisse dépendant du centre.

III.1.2. Occupation du sol et typologie du cadre bâti de la ville de Bouira :

L’Analyse de l’évolution urbaine de la ville de Bouira met en lumière l’évolution


de la structure urbaine, les différentes mutations spatiales et fonctionnelles et les sens
d’urbanisation actuelle. Avec le temps, la ville de Bouira a enclenché son extension dans
tous les sens pour répondre aux besoins de la commune en matière de logements,
d’équipements et de services. L’urbanisation de la ville de Bouira est caractérisée par la
politique d’urgence depuis les années 1990.

III.1.2.1. Habitat.

L’habitat occupe une place prépondérante dans le tissu urbain des villes. A Bouira
comme dans toutes les villes, on constate la présence de trois types d’habitat (Individuel,
semi collectif et collectif).

111
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

III.[Link]. Habitat individuel:

III.[Link].1. habitat colonial :

Ce type d’habitat se situe au niveau du vieux noyau (voir photo n° 07) qui remonte à
l’époque coloniale avec un caractère semi rural
Photo n° 07: Habitat individuel
en mauvais état. Il est caractérisé par une trame colonial avec commerce.
orthogonale renforcée par un alignement de
façades qui souligne parfaitement le principe de
rue et d’une forte présence du commerce et des
services. Une grande partie des ses réseaux
présentent un danger pour les habitants tant sur
le plan sécurité que sur leur santé. Pour répondre
aux problèmes de ses quartiers, une opération de
rénovation de tous le tissu colonial a été
Source : Auteur 2014
proposée par le PMU en 1974, néanmoins, ce
projet n’a pas encore vu le jour pour de multiples raisons (opositions des citoyens, lenteur
des procédures administratives et plus encore l’absence totale de la volonté des autorités
publiques à prendre au sérieux cette opération).

III.[Link].2. Habitat individuel de type lotissement :

Ce type d’habitat est très répandu au niveau


Photo n° 08: RHP Ras Bouira.
de chef-lieu de la commune où il a est réalisé sur
des différents sites :

 Drâa El Bordj Est, Drâa El Bordj


Ouest,
 Harkat, CADAT A et B, Hocini, 338
lots, 166 lots, Errich, Thaoura,…
 L’agglomération secondaire Ras
Bouira : lotissement 32, 151, 103 lots
Source: Auteur 2014.
 L’agglomération secondaire Ouled
Bouchia : lotissement 158 lots.

112
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

III.[Link].3. Habitat individuel type barre :

Ce type d’habitat est conçu essentiellement dans le cadre de la résorption de


l’habitat précaire (RHP) (voir photo n° 08). C’est un programme réalisé dans le cadre des
projets financés par la banque mondiale. Il est localisé au niveau de l’agglomération
secondaire Ras Bouira (87 logements) et Errich (205 logements).

III.[Link].4. Habitat type hameau :

Ce type d’habitat est à caractère Photo n° 09: Citée Zerrouki.


rural, illicite et non structuré. Il se situe au Sud
de la ville au niveau de la cité Zerrouki (voir
photo n° 09), ainsi qu’au niveau des deux
agglomérations secondaires Ouled Bellil et
Ouled Bouchia. Ce quartier est crée comme une
extension illicite occupée par les immigrés des
zones rurales.
Source: Auteur 2014.
III.[Link]. Habitat collectif :

Ce type de logements est réalisé au niveau de chef-lieu de la commune de Bouira


dans le cadre de plusieurs opérations. Leur réalisation est venue pour répondre au déficit
du parc logement que connait la ville de Bouira, ce qui explique l’urgence dans la
réalisation des différents programmes à savoir (LSP, LSL, AADL, FNPOS, …).

L’ancien Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme a prévu 4473 unités1


pour un nombre de population de 58777 habitants estimé jusqu’à 2012. Cette prévision a
été dépassée par le nombre de logements réalisés. A titre d’exemple, le nombre de
logements réalisés pendant le quinquennal 2005-2009 est de 5 059 unités de type collectif,
sans compter l’habitat individuel réalisé pendant cette même période.

La majorité des projets de réalisation des logements au niveau de la ville de


Bouira ont été menés sur le terrain par une politique d’urgence pour absorber le déficit en
logements. Cette situation a négligé la procédure administrative qui doit être prise en
premier lieu avant de passer à la phase de réalisation, ceci explique que le nombre
important de logements est réalisés sans permis de construire et sur des terrains hors

1
- Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de Bouira. 1994.

113
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

périmètre urbain de l’ancien Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme approuvé en


Mars 1994.

Fig n° 02 : Implantation des logements hors périmètre urbain.

Périmètre urbain

Équipement et
logement
implantés hors
périmètre urbain

Source : Google Earth 2013+ travail personnel.

Ce type d’habitat est réalisé sur plusieurs sites à savoir :

 La zone d’habitat urbain nouvelle (ZHUN): localisée sur le plateau Ouest du chef-
lieu.
 Des logements de type AADL: La cité 132 logements achevé, La cité 168
logements en cours de réalisation,
 Des logements de type CNEP/IMMO.
 Les promotions immobilières: Implantées dans différents sites de la ville tels que:
Coopératives, Benbadis, El Fadjr, El Moustakbal…

114
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

 Habitat collectif situé au Nord Est et au centre du chef-lieu: Cité Aigoune, Cité
Djurdjura, cité Allouache, cité Aïnouche, cité Lahlou….

III.[Link]. Habitat précaire :

L’habitat précaire est principalement localisé au niveau des deux agglomérations


secondaires qui font conurbation avec le chef-lieu : Ras Bouira et Ouled Bouchia.

III.1.2.2. Les équipements :

En matière d’équipement, la ville de Bouira a bénéficié de plusieurs équipements


pour répondre aux attentes de sa population et ce depuis sa création. Pendant l’époque
coloniale, l’implantation des équipements était toujours
étudiée. Après l’indépendance, c’est la politique Photo n° 10 : Maison de la
culture.
d’urgence, bien évidemment qui affecte la nature de
l’équipement, la période et la façon de sa réalisation.

cette politique a fait que l’implantation des


équipements au niveau de la ville de Bouira est subitement
faite pour combler un vide et de manière anarchique. La
prévision des besoins en équipements n’a jamais été
respectée de faite qu’il y a des équipements qui ont été Source : Auteur 2014.
réalisés sont être prévu par le Plan Directeur
d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) approuvé en Photo n° 11: Siège de Daïra.
1994. Ce dernier avait défini les besoins de la commune en
matière d’équipements à l’horizon de 20 ans (jusqu’à
2014) à savoir ; des terrains de sport, centre commercial,
protection civile, polyclinique, musée, théâtre, hôtel, sureté
urbaine, ….

Avec le redressement économique de 2000,


Bouira a connu une nouvelle dynamique où elle a reçu
Source : Auteur 2014.
plusieurs équipements réalisés au niveau de la ville de
Bouira à savoir ; de nouveaux sièges administratifs (siège de la Daïra (voir photo n° 11)), un
pôle universitaire, quatre centres commerciaux, une nouvelle gare routière, un hôpital
mère et enfants, maison de la culture (voir photo n° 10), …

115
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

La majorité de ces équipements ne sont pas programmés par l’ancien PDAU, et


d’autres sont programmés après l’achèvement de l’étude de révision du PDAU. Certains
d’entre eux sont réalisés sans permis de construire1 (voir tableau n° 05). La décision de leur
inscription dépasse les prévisions du PDAU, elle émane d’une décision publique
centralisée. En effet, l’intégration de ces équipements et zones aménagées dans le nouveau
périmètre urbain de la ville, a imposé au PDAU d’adapter ces plans dans le scénario
d’aménagement global de la ville.

Tableau n° 05 : liste des équipements réalisés sans permis de construire.

Date de
Equipement Source de décision
réalisation
Pôle universitaire 2010 Wali

Pôle urbain 2013 Wali

Gare routière 2008 Direction du Transport


Source: DUAC de Bouira 2014.

En revanche, la question de programmation


était prise par l’état central au niveau local (le wali) Photo n° 12 : Entrée Ouest de la
qui a passé outre l’avis technique. En effet, l’action est ville.

tangible sur le terrain notamment à l’entrée Ouest de


la ville (voir photo n° 12) via la RN18 qui présente
quatre facteurs engendrant le problème de circulation
réunis en un seul point. On parle de : deux ronds-
points réalisés sur une distance de 100m entre eux,
présence de deux portes (entrée et sortie) de la
nouvelle gare routière qui n’a jamais été programmée Source : Auteur 2014
par un instrument d’urbanisme, présence d’un barrage
fixé de police sur un des ronds-points, s’ajoute à cela le fait que cette porte est un point de
sortie et d’entrée à l’autoroute Est-Ouest. Le débit du trafic le plus élevé est enregistré sur
ce point selon l’enquête de l’étude du plan de circulation de la ville de Bouira en cours

1
- Direction d’Urbanisme, d’Architecture et de Construction de Bouira.

116
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

d’approbation. Ce débit est estimé à 29 631 UVP par rapport à celui de la porte Est qui est
de 16819 UVP1.

III.1.3. Le transport urbain:

La croissance démographique de la ville de Bouira (de 68 545 habitants en 2008


au niveau de l’ACL à 76 767 habitants en 2012) exige une prise en charge totale en matière
de services publics pour assurer un meilleur cadre de vie.

Le transport urbain est un service public nécessaire pour le déplacement des


usagers d’un point à un autre. En effet, l’étude du plan de transport de la ville de Bouira a
met en lumière plusieurs perspectives sur l’avenir de la ville, en matière d’organisation et
de gestion du transport collectif urbain à l’horizon de 2015. Cette étude a été élaborée à
base des données de l’ancien PDAU approuvé en 1994 qui se trouvait dépassé après le
redressement économique.

Le nouveau réseau routier de transport collectif urbain proposé par cette étude et
appliqué actuellement, s’est organisé autour de trois (03) stations importantes :

 Une nouvelle gare routière entrée en activité en 2010.


 Une nouvelle station urbaine proposée au niveau de la cité 140 logements.
 Une autre nouvelle station urbaine proposée à l’Est de la ville au niveau de la
cité de la protection civile.

Ce nouveau réseau de transport urbain est constitué de sept (07) lignes urbaines
représentées comme suite :

 Ligne 01 : reliant « Ras Bouira » et « l’Hôpital Med Boudiaf ».


 Ligne 02 : reliant « la cité 140 logements » et « la cité 2x100 logements ».
 Ligne 03 : reliant « l’ancienne gare routière » et « la nouvelle gare routière ».
 Ligne 04 : reliant « l’AS Said Abid » et « la cité 200 logements ».
 Ligne 05 : reliant « la cité 140 logements » et « la station Zerrouki ».
 Ligne 06 : reliant « la cité 140 logements » et « la nouvelle station de protection
civile ».
 Ligne 07 : reliant « Ouled Bouchia » et « la cité 2x100 logements ».

1
- Plan de circulation de la ville de Bouira, phase II ; Rapport diagnostic, 2013, P 18.

117
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

A ce stade, le plan de transport collectif urbain est approuvé par délibération


communale n° 04/2010 du 16/06/20101. Néanmoins, trois autres lignes étaient proposées
par la commune à la fin de l’étude. Il s’agit de :

 Ligne 08 : reliant « Ouled Bellil » et « la cité 200 logements ».


 Ligne 09 : reliant « Ras Bouira » et « la nouvelle gare routière ».
 Ligne 10 : reliant « la cité protection civile » et « la nouvelle gare routière ».

Constat :

Le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme en matière du transport


urbain n’a porté aucune proposition ou orientation à part celles qui concernent les
infrastructures routières. C’est pourquoi la thématique du transport urbain se trouve
détachée de la politique de planification urbaine quant à son intégration dans une
approche systémique qui la relie comme l’une des problématiques de fabrication de la ville
à prendre en considération dans l’élaboration des plan d’urbanisme notamment le PDAU.

Le Plan de transport de la ville de Bouira approuvé en 2010, a projeté une ligne


de tramway qui n’est pas prise en considération par le Plan Directeur d’Aménagement et
d’Urbanisme approuvé en 2012. Ce plan de transport après son approbation, il est prévu
d’être révisé à la fin de 2014. Ceci apportera des changements qui ne seront pas figurés
dans le PDAU.

Au moment de révision du PDAU de Bouira, un plan de circulation de la ville a


été lancé en étude. La relation entre les deux plans réside dans l’utilité des informations
qui peuvent être mises à la disposition de chacun d’eux. Mais dans le cas de Bouira, ces
deux plans n’ont pas bénéficié de cet avantage.

Ceci, explique l’absence de la coordination totale entre les services du transport


et les chargés d’élaboration du PDAU.

1
- Rapport final du Plan de transport urbain de la ville de Bouira, 2010, P 65.

118
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

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Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

III.1.4. Environnement et hygiène.

Vivre mieux, dans un cadre plus sain et plus agréable est une demande sociale
forte1. L’environnement avec ses composantes nécessite une prise en charge et une
attention plus attentive pour assurer un meilleur cadre de vie en répondant aux objectifs du
développement durable. Le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) de la
commune de Bouira a traité la problématique de l’environnement sous trois thématiques
distinctes et d’une manière superficielle.

III.1.4.1. Les Forêts, des richesses naturelles de la commune :

La commune de Bouira cumule sur son territoire trois grands forets présentant des
potentialités qui ne sont pas encore rationnellement exploitées.

1) La Forêt Errich :

C’est un patrimoine forestier d’une superficie de 548 HA, situé à 6 km au Nord de


la ville et ne bénéficie pas d’une attention à la mesure de son importance potentielle.
Certaines malfaisantes contraignent ces caractéristiques d’offres généreuses ; les feux de
forêts qui tuent et réduisent des centaines d’hectares de couvert végétal, lieu de décharges
sauvages, zones de pâturage, …

2) La Forêt de Ras Bouira :

Il s’agit de celle qui longe la route reliant la ville de Bouira au village de Ras
Bouira. Ce patrimoine connait une dégradation affreuse de la part des citoyens et des
chauffeurs des tracteurs qui desservent quotidiennement des tonnes des déchets de toutes
sortes. La mise en œuvre de sa protection, est loin d’être concrétisée à cause du manque
des moyens matériels et financiers au profil de la commune2.

3) La forêt Tadjnant :

Cette forêt se situe à la limite séparative de la commune de Taghzout et de Bouira,


la partie intégrée dans le périmètre de la commune de Bouira est d’une superficie de 84HA.

1
- Rapport du SEPAL, Les mots du SCOT, Lyon, 2010, P 47.
2
- PDAU de la commune de Bouira, Rapport n° 01 (2 ème tranche), P 109.

122
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

Constat :

Le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) a considéré le


patrimoine forestier comme un secteur non urbanisable (SNU)1. La protection de ces
richesses naturelles selon les orientations du PDAU est soumise aux différents textes
législatifs y afférents. A ce stade, il s’est focalisé sur la définition des types d’occupation
des sols interdits ou soumises à conditions spéciales.

III.1.4.2. Les enjeux environnementaux entre la prise de conscience et la négligence


des autorités :

III.[Link]. les déchets :

La gestion des déchets urbains au titre de la loi 01-19 du 12/12/2001 relative à la


gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets sous ses trois formes ; déchets spéciaux,
ménagers et inertes, est à la charge des collectivités locales notamment « la commune »
conformément à la législation régissant les collectivités locales 2. Pour servir de soutien à la
commune et mener la mise en œuvre de la politique environnementale urbaine, le Ministre
d’Aménagement du Territoire et d’Environnement a initié une nouvelle démarche intégrée
nommée le PROGDEM.

Ce programme « ce veut une démarche intégrée, graduelle et progressive de la


gestion des déchets ménagers et assimilés »3. Il vise à éradiquer les pratiques de décharges
sauvage, à organiser la collecte, le transport et l’élimination des déchets solides, ainsi la
protection de l’environnement par la réalisation des centres d’enfouissement technique
(CET).

En effet, ce programme exige l’élaboration et la mise en œuvre des plans


communaux de gestion des déchets municipaux comme instruments de planification et de
gestion. Selon une étude sur la quantité des déchets générée par les habitants de la ville de
Bouira pendant les premiers huit (08) mois de l’année 2013, et en prenant en compte le
nombre d’habitants de 88 801 habitants (RGPH 2008), la quantité journalière par habitant

1
- Révision du PDAU de la commune de Bouira, Rapport n° 01 (2 ème tranche), P 149.
2
- Article 32 de la loi 01-19 du 12/12/2001.
3
- Ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, le PROGDEM, Volume 1, P 09.

123
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

est de 0,77 kg/hab/jr1. Cette quantité est nettement au-dessus de la quantité moyenne
calculée par la direction de l’environnement qui est de 0,6 kg/hab/jr2.

III.[Link]. Le processus de gestion des déchets à Bouira :

La gestion des déchets à Bouira est considérée actuellement comme une énigme à
résoudre en appliquant les directives du PROGDEM. Dans cette optique, un schéma
Directeur de gestion des déchets a été élaboré et approuvé en 2003, mais actuellement et
avec la dynamique urbaine et le développement que connait la ville de Bouira, il est
devenu dépassé et ses directives ne peuvent plus répondre aux objectifs de la commune et
de la ville en particulier en matière de gestion des déchets.

La lutte contre la prolifération des déchets à Bouira est actuellement une


démarche initiée par les collectivités locales. Il s’agit d’une opération de gestion prise en
charge par les agents des services d’hygiènes de la commune et l’EPIC Nadhif (entreprise
chargée de la gestion du centre d’enfouissement technique destiné à recevoir les déchets
collectés des trois communes de Taghzout, Haizer et Bouira).

Les grands Boulevards et les axes importants de la ville sont à la charge de l’EPIC
Nadhif, tandis que le reste de la ville est pris en charge par les services d’hygiène de la
commune. Ces derniers ont devisé la ville en huit (08) secteurs pour lesquels ils ont affecté
sept (07) agents pour chacun. Pour la collecte, le système adopté par la commune est le
système d’apport qui est le moins couteux.

Il est impératif de préciser que le système de gestion des déchets urbains à Bouira
initié par les collectivités locales ne figure nulle part dans les documents de gestion ou de
planification. Quoique la révision du Schéma directeur de gestion des déchets devrait être
lancée à la fin 2014.

Le nouveau PDAU de Bouira a traité la problématique des déchets en deux


volets ; les données générales à travers la ville, et puis, un règlement spécial qui
malheureusement n’est pas détaillé du moment qu’il n’a porté que deux orientations :

1
- Ahcene BENMISSI, Amar AMIR, « gestion des déchets urbains et rôle des collectivités locales : étude de
cas ville de Bouira », séminaire national sur l’environnement et le développement durable », Bouira,
2013.
2
- PDAU de Bouira, Rapport du diagnostic, P 112.

124
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

- En ce qui concerne type d’occupation des sols interdit : tous dépôt des
déchets de façon non respectant de l’environnement.
- Décharge publique : où tout dépôt des déchets domestiques ou industriels en
dehors des zones spécifiques n’est pas autorisé.

III.[Link]. Pollution atmosphérique et le gaz à effet de serre :

« L’effet de serre est un phénomène naturel de réduction de la chaleur terrestre à


l’intérieur de l’atmosphère causé par la présence de certains Gaz »1. Ce phénomène a été
accentué par les activités humaines qui ont connu une amplification importante après l’ère
de l’industrialisation.

En effet, la problématique de réduction des rejets du gaz à effet de serre pour


sécuriser l’environnement est d’actualité. « L’importance insuffisante accordée en générale
aux émissions du CO2 au niveau urbain s’explique peut-être parce que le changement
climatique est perçu comme un problème qui se pose au niveau national et non local »2. Ce
qui fait que la prise en charge de cette problématique doit être menée localement par une
planification locale.

Les programmes visant à réduire le gaz à effet de serre sont motivés par les
politiques des transports urbains où les initiatives à prendre auront pour objet d’avoir une
tendance d’utiliser les moyens de transport en commun doux qui n’ont pas des effets
néfastes sur l’environnement (Tramway) et de minimiser l’utilisation de la voiture
individuelle.

Constat :

La révision du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de Bouira n’a pas


étudié cette thématique malgré son importance. Le nombre de voiture circulant dans la
ville de Bouira dépasse les 35 0003 véhicules par jour, et ceci conduit sans doute à
accentuer le phénomène du Gaz à effet de serre. Le mieux à dire c’est que l’intégration de
cette thématique dans études des plans d’urbanismes s’avère nécessaire afin de cerner
toutes les conditions d’une vie durable.

1
- Ministère des affaires municipales, Guide de bonnes pratiques ; la réduction des émissions de gaz à effet
de serre et l’aménagement du territoire, Québec, 2004, P 07.
2
- Rapport final de la conférence européenne des ministres des transports ; transport urbains durables : la
mise en œuvre des politiques, OCDE, 2002, P 23.
3
- Plan de circulation de la ville de Bouira.

125
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

III.[Link]. Le bruit :

Le bruit constitue une nuisance quotidienne pouvant porter atteinte à la santé


humaine. La cause principale de ce gène sonore est la circulation plus forte en milieu
urbain et périurbain qu’en milieu [Link]ément au code de l’environnement
notamment le décret exécutif n°93-184 du 27/07/1993 réglementant l’émission du bruit, il
est nécessaire de respecter la vie quotidienne des habitants et de respecter les normes des
niveaux sonores maximums dans un milieu urbain.

 Mesures réglementaires :

Le décret n°93-184 du 27/07/1993 a instauré des dispositions fermes en matière


du seuil minimum du bruit autorisé dans un milieu urbain afin d’assurer un meilleur cadre
de vie ;

- Des mesures de prévention contre le bruit sonore sont exigées pour toute
infrastructure, ou construction à usage d’habitation ou professionnel.
- D’autres dispositions exigées sont arrêtés telles qu’elles sont indiquées sur le
tableau ci-dessous.

Tableau n° 06 : Les seuils maximaux autorisés du bruit.

Lieux Périodes Seuils maximal autorisé


6hà 22h 70 DB
Zones d’habitation
22h à 6h 45 DB

Etablissement hospitalier 6h à 22h 45 DB


et enseignement 22h à 6h 40 DB
Source : décret exécutif n° 93-184.

Le bruit a une relation étroite avec le développement du trafic routier et


ferroviaire. En effet, l’urbanisation mal maitrisée aux abords des infrastructures de
transport ont créé des situations critiques (exemple : lotissement Draa El Bordj Est qui se
situe à proximité de la voie ferrée, un boulevard important et des chantiers de réalisation en
cours dans son environnement immédiat).

1
- SCOT de la communauté d’agglomération de Niort, rapport de présentation ; Etat initial de
l’environnement, Niort, 2013, P 217.

126
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

La planification urbaine dans cette optique doit dynamiser une politique basée sur
la prévention, le traitement des bruits à la source.

Constat :

Le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de Bouira, n’a même pas fait


allusion à cette problématique, alors qu’il est censé être un outil prospectif prévoyant des
solutions adéquates à tous les problèmes dont souffre la ville.

III.2. Conséquences des différentes formes d’urbanisation sur le développement de la


ville de Bouira.

Après avoir exposé la forte concentration des problèmes et enjeux urbains relatifs
aux évolutions économiques, sociales, spatiales et environnementales qui qualifient la ville
de Bouira, on abordera dans cette partie l’impact des formes d’urbanisation sur quelques
aspects et domaines dans la ville ayant subi des effets négatifs.

Plusieurs questions en effet, sont à formuler et qui cherchent elles-mêmes des


réponses et des éclaircissements ; quel sont les principaux impacts de l’urbanisation à
Bouira ? Quelles pressions sont-elles induites par la politique d’urbanisme à Bouira ?
Est-ce que les plans d’urbanisme ont pu gérer ces pressions ?

L’urbanisation croissante de la ville de Bouira s’est traduite par une amplification


des pressions urbaines sur plusieurs thématiques. Une explosion démographique
importante suivie par l’augmentation de la demande en logements, une forte croissance de
la taxe foncière où le prix d’achat d’un terrain au centre-ville devint plus important que
celui d’un logement, la dégradation des terres agricoles de fortes potentialités agricoles et
en fin, la dégradation de l’environnement paysagère urbain à cause de la prolifération des
déchets et du manque de maitrise de contrôle sur d’embellissement de la ville.

127
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

III.2.1. La pression foncière et les conséquences sur les terres agricoles :

Au fil du temps, les espaces périurbains subissent une urbanisation galopante et


sans limites. En l’espace de 18 ans entre (1994 et 2012) la ville de Bouira a consommé près
de 1000,55 HA1 de terrains ayant de différentes natures juridiques (Domanial, EAC,
communal ou privé). Cette pression sur le foncier est due à la croissance urbaine accélérée
durant la période d’instabilité du pays et la demande excessive des habitants en matière de
logements, équipements, services, …, ce qui a obligé les responsables à recourir à la
politique d’urgence par laquelle s’est induite l’extension urbaine croissante, démesurée et
désordonnée. Cette politique a été menée avec le minimum de mesures d’orientation, de
planification et d’occupation des sols.

Figure n°03 : Implantation du Pôle universitaire Pôle universitaire.

Source : Google Earth + travail personnel.

Aujourd’hui, la question du foncier à Bouira reste à la fois complexe et


problématique. D’un côté l’existence des réserves foncières pour le développement de la
ville mais vue leurs natures juridiques dont la majorité sont des terrains privés et de fortes
potentialités agricoles (7696 HA de surface agricole utile soit 88,41% de la surface totale
agricole) à l’échelle de la commune, restent une contrainte pour son extension. D’un autre

1
- Périmètres de l’ancien PDAU de Bouira.

128
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

côté, l’existence de la spéculation foncière qui envahit le marché noir en laissant peu de
chance à l’acquisition des terrains par la commune pour son développement.

Figure n°04 : Implantation du programme d’habitat mixte (POS UF2).

Source : Google Earth + travail personnel.


Face à la difficulté de mobiliser les terrains privés pour des projets d’utilité
publique, la ville se développe au détriment des terrains agricoles de fortes potentialités
agricoles induisant leur dégradation totale ou partielle. On constate l’implantation d’un
pôle universitaire sur des terres agricoles occupant une superficie de 54 HA, la réalisation
d’un pôle urbain sur une superficie de 54,21 HA, la réalisation d’un programme d’habitats
mixte sur une superficie de 09 HA. La révision du PDAU de Bouira a permet l’intégration
de plus de 469,55 HA de terrains agricoles et de natures juridiques différentes destinées à
recevoir des programmes de logements, d’équipements et de services.

Malgré l’existence d’un arsenal juridique portant sur la protection des terres
agricoles, la consommation de ces dernières connait de plus en plus une dégradation
continue.

129
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

III.2.2. Les pressions sur l’environnement :

La question de la protection de l’environnement reste une préoccupation majeure


car elle concerne d’avantage tous les impacts quelle génère dans tous les secteurs
d’activités et d’existence de population.

Cette situation inquiet sans doute les pouvoirs publics du moment que ses effets
portent atteinte sur l’environnement, les pollutions et les nuisances qui fragilisent la vie
dans le milieu urbain. Les principales pressions environnementales préoccupantes
actuellement à Bouira résident dans leurs impacts directs sur l’environnement et la
population.

III.2.2.1. Risques des déchets urbains

La prévention de notre population des déchets constitue une urgence écologique,


sociale et économique. C’est pourquoi l’ensemble des acteurs « collectivités locales,
associations locales, acteurs économiques et sociaux » ont un rôle essentiel à jouer et
devront entreprendre les efforts nécessaires par réfléchir la tendance.

La problématique de gestion des déchets urbains à Bouira réside à ce que le


processus de gestion mis en œuvre est une démarche non étudiée profondément et n’obéit à
aucun document officiel. Après le Schéma communal de gestion des déchets élaboré en
2003, et vue son incapacité à prendre en charge les problèmes dont elle souffre la ville, il
est proclamé caduc.

En effet, et théoriquement, la gestion des déchets est une responsabilité partagée


entre tous les acteurs de la ville. À l’exception l’EPIC Nadhif et du service d’hygiène de la
commune qui apporte leurs efforts à nettoyer la ville, le rôle des autres acteurs reste très
faible. A ce titre, l’information et la responsabilisation des citoyens en matière de collecte,
de tri et de prévention restent encore insuffisantes. Le manque du matériel et du
financement persiste encore au niveau de la commune de Bouira.

La ville de Bouira se trouve envahit par les déchets de toutes sortes (ménagers,
spéciaux, inertes, encombrants, …). L’incapacité de maitriser la collecte des déchets a
généré la prolifération des décharges sauvages dont le nombre dépasse 15 décharges
considérées ponts noirs répartis à l’échelle de la ville (cité 140 logements, cité 1100
logements, centre-ville, Ain Grawech, Oued Ed Hous,…).

130
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

III.2.2.2. Les risques sur l’environnement et les ressources naturelles

Les facteurs de dégradation des ressources naturelles sont divers et multiples.


L’équation explicatif de cette relation au niveau de la ville est que ; plus la croissance
démographique s’accroit plus le taux des déchets générés augmente, et plus la quantité des
déchets générée est importantes plus le risque sur les ressources naturelles (eau
superficielles ou souterraines, espaces verts, forets, …) est craignant.

Une forte pression sur les ressources naturelles fortement vulnérables est relevée
face aux multiples formes de dégradation, et de pollution liées aux déchets urbains
domestiques, industrielles, utilisation d’engrais, incendies en forets, …

Les forêts sont très vulnérables parce qu’elles ne sont pas prise en charge
soigneusement. S’ajoute à cela la situation des espaces verts au niveau de la ville qui sont
totalement ou partiellement dégradés et mal entretenus par le manque de moyens financiers
et techniques pour leur maintien et leur durabilité.

III.2.3. Les impacts paysagers et morphologiques ; une urbanisation non contrôlée.

La croissance urbaine de la ville de Bouira est caractérisée par une accélération


spectaculaire ces deux dernières décennies. Ce développement s’est traduit par une
croissance spatiale au détriment des terres agricoles et ce pour répondre aux besoins des
habitants en matière de logements, d’équipements, de services, …. La totalité des
différents programmes réalisés depuis l’indépendance s’intègrent dans une politique
d’urgence pour absorber le déficit sur tous les niveaux. Le recours à la politique d’urgence
implique sans doute l’urgence dans la réalisation, la simplicité des formes urbaines ou
même des formes urbaines illisibles et l’absence de la vision d’avenir.

Les effets négatifs de cette politique se constatent facilement au niveau de la ville


de Bouira ; l’absence totale d’une harmonie de paysage urbain marque la totalité de la
partie Ouest de la ville, une conjugaison entre l’habitat collectif et l’habitat individuel non
étudiée, des formes urbaines irrégulières et n’obéissent à aucune forme géométrique, des
bâtisses inachevées, des façades non conformes aux plans initialement approuvés par les
services techniques (permis de construire, POS, …).

131
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

La problématique la plus marquée aussi c’est les espaces résiduaires non


aménagés, et non affectés délaissés lors de la réalisation des programmes de logements de
types collectifs (ZHUN). Ces espaces sont des disponibilités foncières à récupérer et qui
sont techniquement réalisables mais politiquement rejetés par le manque d’une prise de
conscience de leur utilité.

Sur les franges périphériques, l’apparition des bidonvilles est sans doute
concrétisée. « Ras Bouira », « Ouled Bouchia », sont des exemples des sites qui
connaissaient depuis plus de 20 ans la prolifération de ce type d’habitat.

Cette urbanisation non maitrisée est génératrice d’une image de la ville


dévalorisée, et d’un espace de vie dégradé.

132
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

Conclusion :

La ville de Bouira s’est développée, étalée ces deux dernières décennies d’une
manière spectaculaire comme toutes les villes Algériennes. Sa situation est une réalité
marquante de sa forme et de sa composition urbaine. Elle se distingue en sa grande partie
par la ville planifiée selon les pensées, les politiques et les volontés Algériennes
caractérisées par deux phénomènes ; le laisser faire qui s’est mené en grande partie par les
habitants eux-mêmes et la politique d’urgence décidé et délibéré par l’Etat. A travers sa
croissance, elle a subi plusieurs mutations d’où deux entités marquent son tissu urbain ;
une entité héritée de la période coloniale (le tissu colonial), et une autre représentée par la
ville récente réalisée par une multiplication et une diversité d’actions et d’acteurs (tissu
post colonial). La conjugaison de ces deux faits, ont donné la ville d’aujourd’hui avec tous
ses problèmes, ses insuffisances et ses dysfonctionnements.

La mise en œuvre du PDAU (1994) de Bouira a contribué à la fabrication de la


ville actuelle. En conséquence, l’analyse du système urbain de la ville de Bouira, nous a
permets d’identifier quatre points importants :

1) Des thématiques non détaillées par le PDAU.

Nous avons vu à travers ce chapitre qu’il y a des thématiques très importantes


dans le devenir de la ville mais qui ne sont pas prises en charge d’une manière profonde et
claire par le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) de Bouira. Les
problématiques majeurs de gestion, notamment celles de l’environnement ; des déchets, de
protection de l’environnement, du transport qui multiplie l’émission du gaz à effet de
serre…, constituent des sujets leviers dans les problématiques du développement durable et
de la ville durable pour assurer un meilleur cadre de vie pour les habitants.

L’absence d’une analyse profonde de ces thématiques, de manque de la prise en


charge dans les scénarios d’aménagement et d’un règlement détaillé risque sans doute de
butter sur des pressions et des problèmes infranchissables. Plusieurs facteurs sont à la
naissance de ces failles ; le manque des cadres qualifiés à faire participer dans l’élaboration
du PDAU et qui peuvent aller au-delà des données générales et de l’analyse superficielle
des problèmes d’un côté, la rigidité du PDAU qui fixe des objectifs bien définit où ne
figurent pas ces thématiques d’un autre côté.

133
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

2) Des thématiques non traitées par le PDAU.

La ville est un système complexe multifonctionnel, et espace de vie à préserver. A


ce niveau, plusieurs éléments (économiques, sociaux, environnementaux, architecturaux,
…) se conjuguent pour former un tout cohérent qui nécessite pour son étude le recours à
une approche systémique. Selon cette dernière, la ville est composée de plusieurs
composantes interactives et interdépendantes qui s’enchevêtrent.

Penser à une ville durable mène à ce qu’on mette nos ressources et nos
compétences à la portée de nos efforts pour atteindre cet objectif. En effet, la planification
urbaine en a ce rôle avec ses méthodes et ses outils avec lesquels on doit étudier tous les
aspects et les problématiques ayant des effets sur les mutations provoquées par
l’urbanisation accélérée de nos villes. C’est dans une vision lointaine que doit s’inscrire ces
études afin d’éviter tous risques inattendus.

Le PDAU de Bouira malheureusement, a manqué certaines de ces thématiques qui


ont des effets négatifs sur la santé publique. Le gêne sonore, les effets du Gaz à effet de
serre, …, sont des thématiques majeurs initiées par nos rejets et activités quotidiennes.

C’est pour quoi, ces études, et bien d’autres qu’on n’a pas cité ici, doivent être
intégrées dans une vision prospective, concertée, mise en œuvre et respectée par tous.

3) Absence de coordination entre les différents secteurs.

Dans un certain cadre, l’urbanisation à Bouira s’est caractérisée par la


juxtaposition des plans sectoriels considérés comme autonomes les uns par rapport aux
autres, l’absence de la coordination entre les administrations aggrave la logique réelle du
fonctionnement du processus de la gestion urbaine efficace. Plusieurs données où même
certains projets réalisés sur terrains ne sont pas signalés par les maitres d’ouvrage lors de
l’élaboration du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) (le cas d’une
trimée en cours de réalisation du coté Est de la ville).

4) Réalisation de certains équipements qui ne figurent pas dans les directives du


PDAU.

Les besoins de la commune et de la ville ne cessent de croitre avec la croissance


de la population. Répondre à ces besoins recouvre une démarche normative sur laquelle
le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme se base en utilisant la grille des
134
Chapitre I : Processus de croissance, de fabrication et de fabrication de la ville de
Bouira ; Diagnostic et analyse.

équipements. Avec le temps, cette dernière semblait caduque, vu qu’elle n’est plus à la
mesure de prendre en charge les besoins réels de la population dans une ville. Le déficit
enregistré par l’utilisation de cette démarche oblige de s’orienter vers d’autres méthodes
pour recouvrir ce déficit.

En réalité, on peut trouver des équipements, des programmes de logements, …


etc, réalisés sur des sites où ils ne devraient pas être réalisés où ne figurent plus dans les
rapports du PDAU. Leurs concrétisation sur le terrain est une décision prise par la masse
politique (Ministres, Wali, …) qui peuvent intégrer un projet d’intérêt public, ou déplacer
un projet pour des raisons d’intérêts publics. Néanmoins, ces actions créent des
dysfonctionnements dans les orientations du PDAU et de sa mise en œuvre.

L’analyse de ces éléments nous a conduits à identifier deux éléments leviers


dans notre recherche, il s’agit des réponses à nos questionnements et de la confirmation
de deux hypothèses:

1. Le pouvoir et l’autorité des responsables d’intervenir dans la ville sans se référer


aux orientations du PDAU s’avère marquant dans la gestion urbaine à Bouira.
2. Le PDAU est un outil normatif qui n’étudie pas tous les aspects de la ville, en
confirmant l’absence d’une vision prospective dans les scénarios
d’aménagement.

Cette analyse nous a conduit à mettre le point sur certaines recommandations afin
de pouvoir élaborer une étude fiable :

 Rajouter dans la loi ou le décret afférent à l’élaboration du PDAU un article qui


oblige de se référer aux orientations du PAW.
 Veiller à assurer l’articulation du PDAU avec les outils d’aménagement en amont
(SNAT, SRAT et PAW).
 Veiller à lancer les études PDAU après approbation des études en amant (SNAT,
SRAT et PAW).

135
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

136
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Introduction :

Comme nous l’avons souligné dans les chapitres précédents, une relation étroite
existe entre le développement urbain d’une ville et les outils de la planification urbaine.
Malheureusement, l’échec d’assurer un meilleur développement urbain de la ville de
Bouira est dû principalement à la mauvaise conception de son Plan Directeur
d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) d’un côté et à sa mise en œuvre d’un autre côté.

Par conséquent, pour faire aboutir notre analyse, il est indispensable de visionner
et explorer le contexte de la conception administrative et technique du PDAU de Bouira
et l’effet de sa mise en œuvre sur la ville, l’environnement et la population.

Cette partie de recherche se fixe comme objectifs de mesurer la performance de


ces instruments, comprendre les motifs du décalage qui existe entre la théorie et la réalité
de la planification urbaine et essayer surtout de trouver des réponses aux questionnements
suivants :

1. Qu’en est-il avec la mise en œuvre des outils de planification urbaine élaborés
auparavant ?
2. Le degré de participation des différents acteurs de la ville est-il à l’origine du
décalage du PDAU de la réalité ?

137
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

I. Le PDAU de la commune de Bouira : un outil décalé de la réalité ;


Diagnostic et Analyse.

Le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme est un outil de planification


urbaine et de gestion urbaine qui assure la transition entre deux échelles territoriales. Il
s’agit d’une échelle territoriale gérée par les outils d’aménagement du territoire (SNAT,
SRAT et PAW) et l’échelle locale gérée par les outils de la planification spatiale et de
gestion urbaine (PDAU et POS). L’étude du PDAU ne peut être faite, réussie ou fiable
sans se référer aux outils d’aménagement citées en amont.

A cet effet, la présentation des outils d’aménagement du territoire dont elle est
insérée la commune de Bouira semble très importante. Est-ce que le PDAU de Bouira
prend en considération les enjeux majeurs du PAW et du SRAT pour en fin répondre à
la politique d’aménagement du territoire déclinée dans le SNAT ?

I.1. Les outils d’aménagement du territoire ; identification et projection à l’échelle


locale.

L’Aménagement du territoire repose selon la loi sur trois outils nécessaires pour
l’accomplissement des objectifs tracés par la politique d’aménagement du territoire qui
sont le SNAT, le SRAT et le PAW. Nous avons donné dans le chapitre III de la première
partie un aperçu théorique sur ces outils. Néanmoins, à travers ces lignes, nous allons
mettre en relief la position de la wilaya de Bouira notamment son chef lieux dans la
hiérarchie imposée par la politique d’aménagement du territoire.

I.1.1. Le Schéma National d’Aménagement du Territoire 2030 (SNAT) :

Le SNAT 2030 fait de la région Nord-centre qui s’intéresse à la wilaya de Bouira,


à l’instar des huit autres régions-programmes, un impératif de la politique nationale
d’aménagement du territoire. Ses lignes directrices permettent de constituer une grille pour
inscrire les orientations du développement du SRAT dans un cadre national cohérent.

A cet effet, les orientations spécifiques à la wilaya de Bouira déclinées par le


SNAT peuvent être résumées comme suit :

138
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 07 : Déclinaisons du SNAT sur la wilaya de Bouira.

Programme Déclinaisons sur la wilaya de


Ligne directrice Orientations stratégiques
d’Action Territoriale Bouira
 Les pôles d’Economie du
patrimoine (PEP),
Le SNAT propose 18 Pôles
 Les mesures de protection et de
d’Economie du Patrimoine
Vers un territoire valorisation du patrimoine culturel,
Patrimoine culturel «PEP» dont celui de Bouira,
Durable  Les actions prioritaires, autour de Touilt et de Tikjda dans
 L’inscription dans les politiques la forêt d’Azrou.
existantes.

 Le développement et le Les actions projetées :


renforcement des infrastructures  Liaison autoroutière reliant
routières et autoroutières, Bouira-RN 08.
 Le développement et la  Les Pôles d'Attractivité
modernisation des infrastructures Touristique (POT).

Modernisation et ferroviaires,
Les POT d’excellence sont
maillage des  Le développement et le
appelés à devenir de véritables
Créer les infrastructures de renforcement de nouvelles
«vitrines symboles » de la
conditions de travaux publics, capacités portuaires,
nouvelle destination Algérie : une
l’attractivité et de de transport, de  Le renforcement et le
destination touristique durable,
la compétitivité logistique, de développement et l’amélioration
compétitive, innovante, originale
des territoires technologies de des infrastructures aéroportuaires,
et de qualité.
l'information et de la  Le développement de plateformes
Sept (07) POT sont identifiés
communication logistiques intermodales,
dont le POT Nord-Centre qui
 Le renforcement des infrastructures
intègre outre la wilaya de
de l’énergie,
Bouira, les wilayas d’Alger,
 La numérisation du territoire.
Tipaza, Boumerdès, Blida, Chlef,
Ain Defla, Médéa, Tizi Ouzou et
Béjaïa

139
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Certaines communes identifiées


comme n’ayant pas atteint le
niveau le développement requis,
nécessitent un rattrapage pour une
mise à niveau. Ces communes se
 Coordonner les interventions et les
situent dans un arc de précarité :
outils des différents dispositifs
Relizane, Tissemsilt, Ain Defla,
sectoriels ou d’aménagement du
Médéa, Djelfa, Bouira, M’Sila,
Rattrapage et la mise territoire pour répondre aux besoins
Réaliser l’équité Mila, Jijel, Bordj-Bou-Arreridj,
à niveau des zones à spécifiques des espaces à
territoriale Oum-El-Bouaghi, Khenchela,
handicaps handicaps,
Tébessa.
 Préserver et valoriser les
 Une partie des communes de
écosystèmes des zones à handicaps
ces zones de précarité sont
situées dans des zones à
handicaps et nécessitent des
actions de rattrapage et un plan
national de mise à niveau.

Source : PAW de Bouira, Rapport n° 01. P 23.

I.1.2. Le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire Nord-centre (SRAT) :

Pour répondre à la volonté de l’Algérie d’opter pour la politique d’ouverture de


son économie, en vue de promouvoir son développement, on a décidé de faire appel à la
politique d’aménagement du territoire comme outil du pouvoir public à mobiliser.

Dans ce contexte, le Ministère d’Aménagement du Territoire et de


l’Environnement a décidé l’élaboration du SRAT de la région Nord-Centre englobant les
wilayates de (Alger, Boumerdès, Tipaza et Blida situées dans la première couronne, Chlef,
Médéa, Bouira, Tizi Ouzou et Béjaïa situées dans la deuxième couronne).

Son élaboration permet de dessiner l’armature urbaine future du territoire et de le


rééquilibrer, en favorisant l’attractivité des agglomérations de la région. Il est ainsi élaboré
en se référant aux orientations et aux lignes directrices du SNAT.

Les objectifs du SRAT sont issus d’un diagnostic approfondi du territoire et


peuvent être représentés en lignes de forces des projets régionaux :

 Mettre en place une gestion stratégique de l’environnement au plan régional,


 Accompagner la modernisation économique, le développement endogène et
l’équilibre territorial,

140
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

 Accompagner l’ouverture internationale, le développement exogène et l’attractivité


du territoire,
 Atténuer les principaux déséquilibres urbains de la métropole Algéroise,
 Mettre en plan une stratégie partagée et évaluée.

En réponse à ces objectifs, et au niveau de la wilaya de Bouira, le SRAT Nord-


Centre note un développement différencie aux travers leur vocation affirmée. A ce titre,
« la wilaya de Bouira est qualifiée d’espace agricole riche en ressources naturelles »1. Il lui
préconise à court terme en la matière des «Actions et projets structurants à considérer», ce
qui suit :

 Plan d’achèvement des projets en cours et de rattrapage en ;


 Infrastructures scolaires et sanitaires pour répondre à l’accroissement de la
population,
 Transport routier et ferroviaire pour fluidifier les migrations pendulaires.
 Renforcer le pôle universitaire existant.

I.1.3. Le Plan d’Aménagement de Wilaya de Bouira (PAW) entre la conception et


l’abandon :

I.1.3.1. Le PAW de 1990 :

Le Plan d’Aménagement de Wilaya (PAW) est un instrument d’aménagement


local qui est situé en amont du PDAU auquel il est sensé offrir les références nécessaires à
son élaboration.

La wilaya de Bouira a été dotée d’un premier Plan d’aménagement de Wilaya


(PAW) dans les années 1980 élaboré par l’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire
(ANAT) et approuvé en 19862. Sa révision est lancée dans les années 1990 pour intégrer
les mutations que connait la wilaya de Bouira. Ce dernier avait pour objectif principal
l’identification des éléments moteurs permettant à Bouira (Agglomération chef-lieu de
wilaya) de jouer son rôle de pôle attractif et de créer les conditions adéquates à la fixation
des populations au niveau de cette wilaya.

1
- Révision du PAW de Bouira, Rapport n° 02 ; évaluation territoriale et diagnostic, P 27.
2
- Révision du PAW de Bouira, Rapport n° 01 ; évaluation territoriale et diagnostic, P 06.

141
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

I.[Link]. Les directives du PAW de 1990 :

En se basant sur les potentialités de la wilaya, un certain nombre de directives


était défini, il s’agit de :

1. La mise en valeur des potentialités agricoles et cela par la création des


conditions nécessaires au développement du secteur agricole permettant d’éviter
les migrations massives hors de ces zones.
2. Le développement du secteur du tourisme par la réalisation d’infrastructures
nécessaires à son expansion.
3. Prise en charge des besoins de la population surtout dans le domaine de
l’habitat, de la santé et de l’éducation.
4. Faire en sorte que la ville de Bouira (pôle central) ait un développement modéré.

I.1.3.2. La révision du PAW de Bouira :

Après l’année 2000, l’Algérie a connu de profondes mutations sociales, politiques


et économiques. C’est dans ce contexte que la wilaya de Bouira doit se procurer d’un
nouveau (PAW) qui doit être élaboré dans l’optique définie par la nouvelle politique en
matière d’aménagement et de développement durable du territoire conformément aux
prescriptions de la loi n° 01-20 du 12 décembre 2001.

L’élaboration de l’étude de révision du PAW de Bouira était confiée au BET


CNEAP. Elle était lancée en 2005.

Pour assurer la continuité de la politique d’aménagement du territoire en suivant


la hiérarchie de ces instruments, le PAW doit se fixer des objectifs qui soient conformes
aux lignes directrices du SNAT. En effet, il a permis d’identifier quatre (04) enjeux
majeurs qui se déclinent en 09 enjeux quantifiables et réalisables :

142
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 08 : Principaux enjeux de développement de la Wilaya

Enjeux majeurs Enjeux


L’eau : Une gestion raisonnée et une valorisation optimale des ressources en eau
dans le but de rechercher la meilleure adéquation entre besoins et ressources.
Les sols : Une préservation et une mise en valeur des zones de montagne et
steppiques et une valorisation du potentiel hydro agricole de la wilaya.
Aller vers un territoire
La biodiversité : Une sauvegarde et une valorisation des écosystèmes.
durable
Le patrimoine : Une protection, une mise en valeur des sites patrimoniaux et un
renforcement de la vie culturelle et touristique.
Les risques majeurs : Une prise en compte des risques naturels, climatiques et
technologiques.
Créer les Dynamiques
La consécration de l’équilibre territorial
du Rééquilibrage territorial
L’insertion de la wilaya dans la dynamique interrégionale et la valorisation de sa
Assurer l’attractivité et la
position géographique au cœur des flux.
compétitivité du territoire
L’expansion économique dans une optique de développement
wilayal
durable.
La contribution à une meilleure insertion des espaces ruraux dans le
Mettre en œuvre l’équité
développement de la wilaya et la poursuite de l’effort de rattrapage en faveur des
territoriale
zones défavorisées.
Source : PAW de Bouira, P 58.

Constat :

La hiérarchie de la politique d’aménagement territoriale semble être logique


puisque les outils à ce niveau traduisent les directives et les actions propres à chacun
d’eux jusqu’à ce que chaque région du territoire national ait son propre programme et ses
propres problématiques sur les différents secteurs et les différentes thématiques.

A l’instar de toutes les wilayas du pays, la wilaya de Bouira résume ses enjeux au
nombre de (09). Après leur exposition au niveau du PAW, ils vont entrer en phase de
concrétisation sur terrain à travers des programmes d’action territoriaux. Au niveau local.
Les seuls outils qui existent et qui pourront traduire les directives du PAW sur le terrain
sont le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) et le plan d’occupation
des sols (POS).

A cet effet, quelle position réelle occupe le PDAU de Bouira entre ces outils
d’aménagement du territoire ? Traduit-il réellement ces enjeux de façon à assurer un
développement urbain durable ?

143
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

I.2. Contexte d’élaboration du PDAU de 1994 de Bouira :

Après la promulgation de la loi 90-29 et l’avènement des instruments


d’urbanisme, la majorité des communes de la wilaya de Bouira ont bénéficié des études
d’instrument d’urbanisme notamment le PDAU. Celui-ci a été confié au BET CNERU, il
est approuvé en 1994. La réussite et l’efficience de cet outil se limite aux résultats obtenus
par son application et sa mise en œuvre sur terrain. Nous avons vu à travers le chapitre
précédent les principales lacunes de cet outil. Nous avons résumé les points auxquels une
étude PDAU doit répondre et doit prendre en charge. Malheureusement, la situation
actuelle de la ville de Bouira, le manque de la négligence des thématiques de base d’une
vie durable, saine et souhaitable font de l’ancien PDAU un outil dépassé dans le temps et
dans le contenu.

Les raisons de cette défaillance sont diverses, mais en majorité elles se résument
en la période d’élaboration du PDAU. Selon les résultats de notre interview avec le
représentant de la Direction d’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction (DUAC)
de Bouira, cet outil a été élaboré dans un bureau, sans état de fait, sans diagnostic basé sur
des sorties sur terrain et sans participation des principaux acteurs. C’était le chaos en
matière de sécurité et d’instabilité du pays, ce qui fait que le taux de réussite de la
réalisation des objectifs du développement de nos villes est carrément nul. Ajoutons à cela,
l’absence d’une bonne maitrise de cet outil par les administrations et les bureaux d’études
après la promulgation de la loi 90-29 du 01/12/1990 et le refus de l’INCT (Institut de
Cartographie et de Télédétection) de mettre à la disposition des bureaux d’études la
cartographie nécessaire et ce par mesure de sécurité a-t-on justifié.

La ville de Bouira à ce propos se développe, s’accroit et s’étend dans l’espace et


présente des faits tangibles qui caractérisent son tissu urbain. Avec le temps, la population
s’accroit ainsi, les besoins se multiplient et les problèmes s’accumulent. La problématique
devient de plus en plus accrue, ingérable et nécessite une autre façon de voir les solutions.

Que faire face à tous ces enjeux ? Et comment peut-on repenser l’avenir de la
ville de Bouira ?

144
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

I.3. La révision du PDAU de Bouira ; rattrapage du retard en développement ou essai


de surmonter les failles :

Après 10 ans de l’approbation du PDAU de Bouira en 1994, il s’est avéré qu’il est
voué à l’échec. Ceci a été la raison de procéder à sa révision en 2008 avant l’expiration des
échéanciers réglementaires de vingt (20) ans.

I.3.1. La problématique de révision du PDAU de Bouira :

Définir la problématique est l’étape fondamentale et le point de départ de


l’analyse. Elle permet de cerner d’une manière cohérente et consciente le problème que
l’analyse tend à résoudre1.

Au titre de la loi 90-29, « la révision du Plan Directeur d’Aménagement et


d’Urbanisme ne peut être prononcée que si les secteurs d’urbanisation sont en voie de
saturation ou si l’évolution de la commune ou des projets d’aménagement ne répondent pas
aux objectifs qui leur sont assignés »2.

En consultant le rapport de présentation du PDAU de Bouira, il s’est avéré que la


révision du PDAU de Bouira est venue pour répondre « aux insuffisances enregistrées au
niveau de l’ancien PDAU, les nouvelles lois érigées après son élaboration, les grands
projets de développement que connait Bouira et qui permettent d’envisager la faisabilité du
rôle assignés à celle-ci font que son chef-lieu de wilaya a besoin d’instruments
d’urbanisme prenant en considération tous ces paramètres et lois, d’où la nécessité de la
révision de son plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme »3.

Réellement, la révision du PDAU de Bouira est venue après un large constat et


une crise aigüe en matière de gestion de l’espace urbain de cette ville moyenne. Selon,
l’interview qu’on a faite avec Mr Baghdad Tahar4 ; la ville de Bouira souffre de multiples
problèmes urbains qui sont devenus générateurs d’autres conflits et qui freinent le
développement urbain souhaité. L’environnement urbain, le transport urbain, la
consommation des terres agricoles, le déficit du parc de logement, le manque
d’infrastructures, la dégradation du cadre de vie, manque des services publics,…, sont des

1
- Brahim BENYOUCEF, Analyse urbaine ; élément de méthodologie, Opcit, P 15.
2
- Article 28 de la loi 90-29 du 01/12/1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme.
3
- Etude PDAU de Bouira, rapport de présentation, P 14.
4
- Architecte principal et chef de bureau des instruments d’urbanisme au niveau de la Direction de
l’urbanisme, de l’Architecture et de la Construction de la wilaya de Bouira.

145
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

problématiques d’actualité, et contraintes d’un développement futur souhaité. En effet, la


révision du PDAU de Bouira a été jugée nécessaire pour faire face à toutes ces
insuffisances.

La conjugaison de ces trois facteurs juge le faux départ d’une étude qui se base
sur un diagnostic claire, fiable, et bien définis. La réalité et l’état actuel de la ville de
Bouira en particulier ne sont pas pris en considération dans cette problématique.

I.3.2. Les objectifs de la révision du PDAU :

Du point de vue théorique, fixer la finalité de l’analyse intervient comme étape


importante afin de délimiter et dimensionner le cadre de l’étude1. L’étude de révision du
PDAU de Bouira, et en se basant sur la problématique exposée a fixé deux objectifs
primordiaux :

1. La définition des projets urbains qui permettent la maitrise formelle de l’espace


urbain à créer ou à transformer,
2. La prévision d’usagers qui sont susceptibles d’être introduit dans ce cadre.

I.4. Articulation PDAU et PAW ; un échec de chronologie et d’objectif.

En application des orientations du décret exécutif n° 91-177 du 28/05/1991 fixant


les procédures d’élaboration du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) et
les documents y afférents, notamment son article n° 02, l’établissement du PDAU doit
suivre les orientations fixées par le Schéma d’aménagement ou le Plan du développement
du territoire concerné.

La relation théorique qui existe entre les schémas d’aménagement du territoire et


les instruments d’urbanisme est traduite par une chronologie dans leur élaboration
conformément à la législation en vigueur2. Chacun d’eux suit les orientations de celui en
amont après son approbation et définit d’autres pour celui en aval. Ce que nous avons
constaté en ce qui concerne la relation du PDAU de Bouira et le Plan d’Aménagement de
Wilaya (PAW), les deux instruments sont lancés en même temps. Ceci, a obligé le BET
CNERU de suivre les orientations du PAW approuvé en 1990 dans son travail
d’élaboration du PDAU de Bouira lancé en révision en 2008. Les deux PAW (celui de

1
- Brahim BENYOUCEF, Analyse urbaine ; élément de méthodologie, [Link]., P 17.
‫مذكرة لنيل شهادة ماجستير في الهندسة‬-‫ أدوات التهيئة والتعمير بين التشريع والتطبيق – دراسة حالة مدينة باتنة‬،‫ رفيقة سنوسي‬- 2

.121 ‫ ص‬،2011 ،‫ جامعة الحاج لخضر بباتنة‬،‫المعمارية‬

146
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

1990 et celui de 2008) sont différents dans leurs visions, dans leurs objectifs et dans leurs
principes d’aménagement du territoire de la wilaya. Ce décalage dans la prise de
conscience d’une vision d’aménagement du territoire en suivant les orientations du SNAT
et du SRAT entraine un retard et un dysfonctionnement dans le développement de la ville
et de l’ensemble de la commune.

Cette relation hiérarchique, si elle est créée c’est pour un objectif utile. Mais, si
elle n’est pas respectée, que pourrions-nous avoir comme avantage pour nos villes ?
Et comment peut-on répondre favorablement aux orientations de la politique
nationale d’aménagement du territoire ? Dans notre cas, le PDAU de Bouira a essayé de
répondre aux objectifs de l’ancien PAW tout en essayant de préserver au maximum les
terres agricoles et de faire de l’ACL un pôle modéré en y injectant la majorité des
équipements. Cette dernière action, influe sur le développement des deux AS (Saïd Abid et
Thameur). Alors que le nouveau PAW favorise l’équité et le rééquilibrage territorial.

II. Le processus d’élaboration du PDAU de Bouira ; identification


d’acteurs, phasage d’étude et lacunes de conception.

Comme nous l’avons vu dans le chapitre III de la première partie, la procédure


d’élaboration d’un Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme est décrite par le décret
n°-91-177 du 28/05/1991 fixant les modalités d’élaboration du Plan Directeur
d’Aménagement et d’Urbanisme et les documents y afférents.

Nous allons mettre en relief à travers ce qui suit une analyse de cette procédure
pour comprendre les lacunes administratives et les anomalies relatives à la démarche
d’élaboration d’un outil d’urbanisme fiable. Qui sont les acteurs qui contribuent à
l’élaboration de cet outil de planification spatiale et de gestion urbaine ? Participent-
ils à toutes les phases de l’étude ?

II.1. Les acteurs du PDAU ; identification et rôle :

Pour pouvoir étudier le processus d’élaboration du PDAU de Bouira, il est


nécessaire d’avoir un aperçu sur les différents acteurs qui y participent.

147
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

II.1.1. Le Wali.

Etant le premier responsable de la wilaya de Bouira, il devait être informé du


lancement de l’étude, de l’état de son avancement, des problèmes rencontrés lors son
élaboration et enfin, c’est à lui seul que revient son approbation définitive.

Par le bais de la Direction de la Régulation et des Affaires Générales (DRAG), il


intervient ainsi dans l’élaboration des pièces administratives nécessaires au PDAU à
savoir ; arrêté de délimitation de l’aire d’étude, arrêté d’approbation définitive du PDAU.
Il est aussi important de signaler que le Wali ne prononce pas son approbation définitive de
l’étude avant que toutes les autres pièces administratives soient établies.

II.1.2. L’Assemblée Populaire de Wilaya.

Le rôle de l’assemblée Populaire de Wilaya dans la chaine de l’élaboration du


PDAU de Bouira, notamment les autres PDAU, se résume conformément aux dispositions
du décret n° 91-177 à émettre un avis après l’enquête d’utilité publique.

En ce qui concerne le PDAU de Bouira, un avis de l’APW était émis lors d’une
séance ordinaire tenu au siège de la wilaya en date du 02 Octobre 2012.

II.1.3. La Commune ; le premier responsable de son territoire.

La loi 90-08 du 07 Avril 1990 relative à la commune « énumère d’une manière


générale les missions et activités que doit prendre en charge la commune dans des
domaines diversifiés ; économie, agriculture, social, financier, urbanisme, culture, ...»1.

En matière d’urbanisme, la commune est le premier acteur gestionnaire sur son


territoire. En effet, en vertu de la loi 90-29 relative à l’aménagement et l’urbanisme, elle
réserve le droit d’établir les instruments d’urbanisme, notamment le Plan Directeur
d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) pour l’organisation de son territoire.

Son rôle est ainsi apparent dans la préparation du dossier administratif de l’étude
(délibération de prescription, arrêté portant liste des services techniques, arrêté soumettant
l’étude à l’enquête d’utilité publique, délibération d’adoption de l’étude). Ces pièces
doivent être établies en temps opportun pour éviter le retard dans l’approbation de l’étude.

1
- Azzedine LAFER, Gouvernance urbaine ; rôle et rapports des différents acteurs dans les pratiques
urbaines locales ; cas de la ville de Tizi Ouzou, mémoire de magistère, université Mentouri de
Constantine, 2009, P 138.

148
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Le PDAU de Bouira a connu cette problématique tandis que la commune n’a pas établi le
dossier administratif au moment convenable ce qui a accusé un retard de deux (02) ans
avant l’approbation définitive par le Wali.

Après le lancement de la révision du PDAU de Bouira en 2008, la commune était


considérée comme un service technique à consulter à chaque phase de l’étude. Elle
n’assistait le bureau d’études ou le maitre de l’ouvrage (DUAC) par des informations
utiles. Réellement, elle peut jouer un rôle polyvalent en représentant les autres services
techniques en matière de données et d’actualisation de l’état de fait. Ceci s’explique par le
fait qu’aucune opération ne peut être concrétisée sans que ses responsables ne le sachent et
surtout n’y participent.

Selon l’interview que nous avons faite avec Mr Bechlaoui, un nombre de quatre
(04) centres commerciaux de proximité ont été inscrits par la direction du commerce au
profit de la commune et dont les choix de terrain ont été effectués. Ces quatre équipements
ne figurent nulle part dans la programmation du PDAU approuvé en 2014.

Ceci est un exemple de projet à réaliser par intervention de Mr la wali sans tenir
compte des orientations du PDAU, de l’usage ni l’affectation du sol.

II.1.4. Les Associations

La volonté de participer s’exprime surtout dans le milieu associatif, et il n’est plus


possible aujourd’hui d’aménager la ville sans rencontrer les associations au début du
projet1. Le mouvement associatif peut être remarqué dans des tentatives sociales en
transmettant les besoins, les attentes et les problèmes des habitants aux administrations
concernées.

A l’échelle de la commune de Bouira, 2672 associations sont agréées par l’état


conformément aux dispositions de la loi 90-31 du 04 décembre 1990 relative aux
associations. Cette dernière a fait objet de modification en 2012 par la loi 12-06 du 12
Janvier 2012 relative aux associations et qui est venue avec des exigences nouvelles
auxquelles toutes les associations doivent se conformer. Le nombre total des associations
est réduit à 167 seulement en appliquant ces nouvelles dispositions. En matière d’activité,

1
- Dominique Pipard et Allain Maillard, Urbanisme-Aménagement ; Pratique de la concertation, Edition du
Moniteur, Paris, 2003, P 89.
2
- Direction de Régulation et des Affaires Générales de Bouira, Mais 2014.

149
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

la totalité de ces associations sont absentes sur le terrain. En effet, ceci a été confirmé par
les habitants objet de notre enquête sur terrain, à partir de la première question de notre
questionnaire (Votre quartier possède-t-il une association ou un comité de quartier ?, où
87,17 % des personnes enquêtées ne connaissent aucune association dans n’importe quel
domaine activant dans leur quartier, contre 12,08% (soit 65 personnes) de la même
population confirme l’existence de ces associations ou de certaines associations.

Tableau n° 09 : Existence des associations ou des comités de quartier

Nbr de questionnaires
Oui Non Pas de réponse
récupérés
Total 530 64 462 4
Pourcentage % 100 12,08 87,17 0,75
Source : Enquête sur terrain 2014.

Quant à la satisfaction des citoyens du rôle que jouent ces associations, 59,81%
d’eux confirment leur insatisfaction de leurs activités si elles existent. Le degré de réussite
du mouvement associatif réside dans le nombre d’appartenance des habitants aux
associations. Dans notre cas, 86,42% des personnes questionnées nient leur appartenance à
une association, contre 10,38% qui l’ont déjà auparavant.

Selon l’interview que nous avons effectué avec le maitre d’ouvrage du PDAU, la
participation des associations à l’élaboration du PDAU est quasiment nulle, comme celle
des citoyens eux même.

A l’issu du mouvement associatif, Mr Bechlaoui Ali, vice-président de la


commune de Bouira et chargé de l’environnement affirme que sur la totalité des comités
activant sur terrain, il n’y avait que trois associations environnementales agrées par l’Etat.

Compte tenu de ces données et le manque de considération sur le mouvement


associatif affaiblit sans doute la participation des citoyens à l’amélioration de leur cadre de
vie à travers des outils qui leur permettre de l’atteindre, notamment le Plan Directeur
d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU). L’existence d’une l’association est une sorte
d’organisation d’une société qui permis d’atteindre ses objectifs pacifiquement. Mais,
l’absence de ses associations influe sur le degré de participation des citoyens, les moyens
et les modalités de leur participation.

150
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

II.1.5. Les citoyens

Le citoyen est un acteur principal dans la fabrication de la ville et de son


développement dans le temps et dans l’espace. Sa participation dans l’élaboration des plans
d’urbanisme devient de plus en plus indispensable du fait que toute action ait pour fin de
lui assurer un meilleur cadre de vie. La démarche participative permet « d’ouvrir une
concertation plus démocratique afin de demander des avis sur un projet par la consultation
des personnes intéressées »1.

Cette théorie semble être abandonnée au moment de l’élaboration du PDAU de


Bouira. Nous avons tenté de vérifier la véracité de cette théorie à trois reprises dans ce
travail à travers trois sources ou témoignages différents :

Premièrement ; c’est auprès du maitre d’ouvrage (la DUAC) du PDAU qui


témoigne qu’au moment de l’élaboration de celui-ci, il a été enregistré un désintéressement
total. Mais ce n’est qu’après approbation de l’étude que ces citoyens se manifestent.

Deuxièmement ; nous nous sommes rapprochés de la collectivité locale qui est


considérée l’organisme le plus proche du citoyen. Nous y avons interviewé deux
personnages à ce propos ;

1. Mr Bechlaoui Ali2 : Affirme que le citoyen est totalement absent quant à


l’intérêt du PDAU, ou à l’intérêt d’améliorer son cadre de vie. Bien qu’il soit trop
revendicatif d’un côté mais il s’organise pas d’un autre côté.

2. Mr Ahmanache Foudil 3 : malgré la position dont il est, il n’arrive pas à


identifier le taux de participation des citoyens au projet du PDAU. Il relie cette situation à
la confidentialité d’information et à la centralisation de décisions chez nos décideurs.

Enfin, pour illustrer le rôle de la société civile dans l’élaboration du Plan


Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) et comprendre pourquoi son
absence est totale, nous l’avons approchée par le bais d’un questionnaire, distribué à
640 personnes, réparties sur l’ensemble du territoire de la ville.

1
- Cahier PLU+ n° 2 ; la concertation dans les documents d’urbanisme, CAUE 78, Paris, 2013, P 05.
2
- Vice-président de la commune de Bouira et chargé de l’environnement.
3
- Elu à l’Assemblée Populaire de Wilaya de Bouira.

151
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

II.1.5.1. Déroulement et analyse des données de l’enquête :

II.[Link]. Formulaire du questionnaire :

La formulation de notre questionnaire est faite sur la base des objectifs qu’on a
assignés à cette étude, ce qui nous a aidé à éclaircir les réponses à nos hypothèses. Nous
avons pris en considération la composition de la société, ce qui fait que nos questions sont
directes et simples.

A cet effet, notre questionnaire s’est composé de 04 parties :

 La première partie intitulée : « Identification du citoyen » :


Elle comporte des données générales sur le citoyen ; sexe, Age, niveau
d’instruction, ….
 La deuxième partie intitulée : « Usagers et quartier résidentiel» :
Elle nous donne des informations sur l’état des quartiers de la ville et leur
localisation.
 La troisième partie intitulée : « Activités sociales » :
Elle nous donne une idée sur l’existence des associations et le degré d’intégration
de notre société dans le mouvement associatif.
 La quatrième partie intitulée : « participation des usagers à l’élaboration du
PDAU » :
Par laquelle on a mesuré le degré de participation des citoyens à l’élaboration du
PDAU, et comprendre les raisons de leur absence.

II.[Link]. Choix de l’échantillon :

Comme le PDAU s’intéresse à toute la commune, on a focalisé notre recherche au


niveau de l’ACL sur un échantillon de 640 personnes réparties sur les différentes entités
spatiales. Le choix des personnes était par hasard par le bais de leur enfants au niveau des
écoles.

II.[Link]. Distribution et recueil des données :

La distribution des questionnaires était faite au niveau des établissements scolaires


(écoles primaires) situées au niveau de notre aire d’étude (ACL de Bouira). Nous avons
choisi 08 écoles par le fait de leur localisation ; 02 écoles à la périphérie de la ville, 03
écoles au niveau du centre-ville, 01 école au sein d’un lotissement privé, 02 écoles au

152
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

niveau d’une ZHUN. La distribution des questionnaires était faite égalitairement ; soit 80
questionnaires pour chaque école.

Une fois la distribution des questionnaires faite, nous avons dû attendre 10 à 15


jours1 pour les récupérer. Mais il est important de signaler que sur 640 copies distribuées,
seuls 530 copies ont été récupérées (soit une perte de 110 copies).

Tableau n° 10 : Liste des établissements concernés par l’enquête.

Nbr de Taux des


Nbr de copies Nbr de copies
Nom d’établissement copies copies
distribuées perdues
Récupérées exploitables
Ecole Alouche Ahmed 80 69 11 13,02
Ecole Bachir Ibrahimi 80 59 21 11,13
Ecole Charfaoui Baya 80 64 16 12,08
Ecole Djenidi Salem 80 59 21 11,13
Ecole Hassiba Ben
80 59 21 11,13
Bouali
Ecole Kari
80 78 02 14,72
Abderahmane
Ecole Laarbi Tbessi 80 67 13 12,64
Ecole Laham Med 80 75 05 14,15
Total 640 530 110 100
Source : Enquête sur terrain 2014.

Graphe: 01: Taux des copies exploitables par écoles


16
14
12
pourcentage

10
8
6 Taux des copies
4 exploitables par
2 écoles
0

Source : Travail d’auteur 2014.

1
- Délai accordé pour remplir les questionnaires et les remettre aux directeurs des établissements.

153
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 11 : Liste des entités spatiales concernées par l’enquête.

Nbr de copies Taux des copies


Entité spatiale Nom d’établissement
Récupérées exploitables (%)
Périphérie de la Ecole Alouche Ahmed 69 13,02
ville Ecole Laham Med 75 14,15
Ecole Bachir Ibrahimi 59 11,13
Centre-ville Ecole Hassiba Ben Bouali 59 11,13
Ecole Laarbi Tbessi 67 12,64
Lotissement
Ecole Charfaoui Baya 64 12,08
privé
Ecole Djenidi Salem 59 11,13
ZHUN
Ecole Kari Abderahmane 78 14,72
Total 530 100 %
Source : Enquête sur terrain 2014.

Graphe n° 02: Répartition des questionniares exploitables


dans les entités de la ville

26% 27%
Priphérie de la ville
Centre-ville
12%
Lotissement
35%
ZHUN

Source : Travail d’auteur 2014.

154
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

II.[Link]. Analyse des données d’enquête :

A. Identification de l’usager :

A.1. selon le sexe :

Les résultats de l’enquête nous révèle que sur les 530 personnes ayant répondu
aux questionnaires, 66,98% étaient des hommes et seulement 32,64% sont des femmes. La
différence de 0,38% représente le taux des personnes qui n’ont pas répondus à la question.

Tableau n° 12 : Répartition de la population par sexe.

Nbr de copies
Masculin Féminin Pas de réponse
Récupérées
Total 530 355 173 2
Pourcentage
100 66,98 32,64 0,38
(%)
Source : Enquête sur terrain 2014.

Graphe n° 03: Répartition de la population ayant répondu au


questionnaire par sexe
0%

33%

Masculin
Féminin
67%
Pas de réponse

Source : Travail d’auteur 2014.

A.2. selon la tranche d’Age :

L’analyse des résultats d’enquête nous permis de classer les personnes ayant
répondu aux questionnaires par tranches d’âges. On constate la dominance de la tranche
d’âge du ; 40-60 ans avec 275 personnes (soit 51,89%), en deuxième position on trouve
celle de 18-39 ans avec 196 personnes (soit 36,98%) et enfin, celle de plus de 60 ans avec

155
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

19 personnes (soit 3,58%). Sans oublier le nombre de personnes qui n’ont pas répondu à la
question et qui s’évaluent à 38 personnes (soit 7,17%). Nous avons ainsi fait ressortir le
nombre personnes qui n’ont pas répondu à cette question et qui sont en nombre de 38 (soit
7,17%).

Tableau n° 13 : répartition de la population par tranche d’âge.

Nbr de
Pas de
questionnaires 18-39 40-60 Plus de 60
réponse
récupérés
Total 530 196 275 19 38
Pourcentage % 100 36,98 51,89 3,58 7,17
Source : enquête sur terrain 2014.

Graphe n° 04: Répartition de la population par tranche d'age

18-39
40-60
plus de 60 ans
pas de réponse

Source : Travail d’auteur 2014.

A.3. selon le niveau d’instruction :

L’intérêt de cette analyse est de connaitre le niveau d’instruction de la population


questionnée. A défaut des résultats de cette analyse on a constaté que :

La catégorie la plus dominante c’est celle des universitaires avec 179 personnes
(soit 33,7%), puis viennent les lycéens avec 161 personnes (30,38%) et en fin les niveaux
primaires et moyens avec des pourcentages successifs de 18,30% et 12,83%. Nous avons
ainsi fait ressortir le nombre des personnes qui n’ont pas répondu à cette question et qui
sont en nombre de 3 personnes (soit 0,57).

156
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 14 : Répartition de la population par le niveau d’instruction.

Nbr de
Pas de
questionnaires universitaire Lycéen Moyen Primaire
réponse
récupérés
Total 530 179 161 68 97 3
Pourcentage
100 33,77 30,38 12,83 18,30 0,57
%
Source : enquête sur terrain 2014.

Graphe n° 05: Répartition de la population par le niveau


d'instruction
40
35
30
Pourcentage

25
20
15
10 Répartition de la
5 population par le
0 niveau d'instruction

Source : Travail d’auteur 2014.

A.4. selon la fonction :

La connaissance des occupations de notre population est indispensable pour


approfondir la connaissance de notre population. Les résultats de notre enquête nous ont
fourni les données suivantes :

Tableau n° 15 : Répartition de la population par le type d’occupation.

Nbr de
Sans Pas de
questionnaires Fonctionnaire Libéral Retraité
emploi réponse
récupérés
Total 530 244 108 28 113 37
Pourcentage % 100 46,04 20,38 5,28 21,32 6,98
Source : Enquête sur terrain 2014.

157
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Graphe n° 06: Répartition de la population par le type


d'occupation

7%

21%
46% Fonctionnaire
Libéral
5% Retraité
Sans emploi
21%
pas de réponse

Source : Travail d’auteur 2014.

B. Usagers et quartier résidentiel :

Cette partie concerne les quartiers résidentiels de la population questionnée. Elle


comprend trois questions dont les réponses sont représentées comme suit :

Comme nous l’avons présenté auparavant, les questionnaires sont répartis sur
différentes entités spatiale de l’ACL de la ville de Bouira. Pour la première question, qui
est ; ou vivez-vous ? , il s’est avéré que 60,38% de la population questionnée vivent au
centre-ville, contre 39,43% qui vivent à la périphérie de la ville.

Quant à la deuxième question qui porte sur la dotation du quartier de certains


services (votre quartier est-il doté de ses services ?), les résultats obtenus de l’enquête sont
comme suit :

Tableau n° 16 : Dotation des quartiers par des certains services.

Nbr de
Equip Aire de Espace
questionnaires éclairage Assainis AEP Parking
public jeux vert
récupérés
Total 530 230 466 415 147 157 434 289
Pourcentage
100 % 43,40 87,92 78,30 27,74 29,62 81,89 54,53
%
Source : Enquête sur terrain 2014.

158
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

La dernière question (Est-ce que votre quartier est propre ?) consiste à identifier
la propreté des quartiers de résidence de la population enquêtée. A ce stade, les résultats
obtenus sont comme suit :

Tableau n° 17 : Degré de propreté des quartiers de résidence.

Nbr de
questionnaires Oui Non Pas de réponse
récupérés
Total 530 301 224 5
Pourcentage % 100 56,79 42,26 0,94
Source : Enquête sur terrain 2014.

C. Participation des citoyens à l’élaboration du PDAU :

Cette partie concerne le degré de participation des citoyens à l’élaboration du


PDAU. Comme ce dernier est un document technique et administratif, il se peut que la
majorité des citoyens ne le connaissent pas, évidemment cette idées a été confirmée par
l’analyse des données de notre enquête, notamment par la question 01 ; Avez-vous entendu
parler du PDAU ? Où 73,96% de la population questionnée ne connaissent pas cet outil.

Tableau n° 18 : Degré de connaissance du PDAU par les citoyens.

Nbr de questionnaires Pas de


Oui Non
récupérés réponse
Total 530 128 392 10
Pourcentage % 100 % 24,15 73,96 1,89
Source : enquête sur terrain 2014.

Pour connaitre cet outil, il faut en contrepartie un certain niveau d’information qui
doit être assuré entre les collectivités locales et les citoyens. Néanmoins, ce rôle n’a pas été
assuré par la commune elle-même (9,06%) par rapport aux médias qui ont joué ce rôle
mieux qu’elle avec 13,02%. Viennent après les informations véhiculées par les habitants
avec 5,85%.

Tableau n° 19 : moyens d’information des citoyens de l’existence du PDAU.

Nbr de
Pas de
questionnaires Voisin Commune Médias Autres
réponse
récupérés
Total 530 31 48 69 2 380
Pourcentage % 100 5,85 9,06 13,02 0,38 71,70
Source : Enquête sur terrain 2014.

159
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Le degré de participation de citoyens est calculé sur la base des informations


qu’ils fournissent eux-mêmes. En analysant les données de la question 02 : Avez-vous
participé à l’élaboration du PDAU ? Où 90,75% des personnes questionnées infirment leur
participation à l’élaboration du PDAU, et seulement 6,42% qui l’ont fait.

Tableau n° 20 : Taux de participation des citoyens à l’élaboration du PDAU

Nbr de questionnaires Pas de


Oui Non
récupérés réponse
Total 530 34 481 15
Pourcentage % 100 % 6,42 90,75 2,83
Source : Enquête sur terrain 2014.

Il est aussi important de signaler que sur les 530 personnes questionnées 73,96%
ne connaissaient pas le PDAU mais d’autre part 73,58% veulent y participer.

Reste à comprendre pourquoi ils ne connaissent pas le PDAU ? La réponse


d’après les résultats de notre enquête sur terrain se résume en l’absence de l’information et
de la communication qui soient un handicap de mise en œuvre d’une gouvernance urbaine.
Le rôle de la commune n’est plus convaincant à ce propos avec 9,06% par rapport aux
médias avec 13,02%.

Bien évidemment, le citoyen est appelé à donner son avis sur le projet du PDAU
en phase d’enquête d’utilité publique. Est-il informé de cette enquête ? A-t-il consulté le
dossier d’enquête d’utilité publique ? Selon les résultats de l’enquête sur terrain, 93,02%
de la population ignorent l’existence de l’enquête d’utilité publique. Quant à la
consultation du dossier, elle est liée au degré de démocratisation et la gouvernance qui se
traduit par le droit d’accès à l’information. En effet, 87,17% de la population enquêtée
infirment la consultation du dossier en question.

L’analyse de ces données nous a permis de déduire trois choses :

1. Absence totale des citoyens au moment de l’élaboration du PDAU de Bouira


2. Désintéressement de ces citoyens aux finalités du PDAU et son utilité.
3. Absence d’une démocratie participative soutenue par les collectivités locales.

160
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

II.1.6. Le maitre d’œuvre :

L’élaboration du PDAU de Bouira a été confiée à un bureau d’études


pluridisciplinaire nommé « groupe CNERU ». Celui-ci est choisi sur la base d’une
évaluation établie par le maitre d’ouvrage et selon des critères bien définis dans le cahier
des charges. Il est appelé à mener l’étude à terme en respectant le délai contractuel
accordé. D’un autre côté, le BET peut au cours de son travail rencontrer des difficultés
dans la collecte des données, ou être le responsable du retard de l’étude en ne répondant
pas à temps aux exigences du maitre d’ouvrage.

En ce qui concerne le PDAU de Bouira, le bureau d’études a accusé des retards


considérables tout au long de l’étude.

II.1.7. Les services techniques :

L’élaboration d’un Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme ne se résume


pas au maitre d’ouvrage, la commune, le bureau d’études et le citoyen. Les services
techniques de la wilaya ont un rôle important à jouer pour mener cette étude à terme. Bien
évidemment, le BET au cours de la première phase de l’étude (Diagnostic) a besoin de
collecter les données nécessaires pour pouvoir présenter une variante d’aménagement du
territoire de la commune. Ces informations doivent être collectées aux près de chaque
secteur et de chaque organisme. Ceci explique la nécessité de faire participer tous les
secteurs pendant toutes les phases d’étude.

Ce qui nous avons constaté en consultant le dossier du PDAU de Bouira que ces
services techniques ne sont pas présents régulièrement à toutes les réunions de
concertation. Selon le BET, la majorité des services techniques ne donnent pas d’intérêt à
ces réunions, et même si ils sont présents lors des réunions de concertations, ils n’apportent
pas des observations, des réserves ou de nouvelles idées. Ceci a été confirmé ainsi par la
DUAC ; selon notre interview, certains services publics passent la séance de concertation
en silence sans rien dire.

En effet, si chaque secteur ne participe pas par les informations dont il


dispose, comment pourrions-nous avoir une étude fiable, réalisable et souhaitable ?

161
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

II.1.8. La Direction de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction (DUAC):

La Direction de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction (DUAC) est


le maitre d’ouvrage chargé de l’élaboration du Plan Directeur d’Aménagement et
d’Urbanisme de la commune de Bouira. Elle est chargée de :

1. Elaborer les cahiers des charges,


2. Retenir le bureau d’études capable de mener l’étude PDAU à terme et régler ses
factures,
3. Contrôle du déroulement de l’étude du côté administratif et du côté technique.
4. Organisation des réunions de concertation avec les services techniques et les
autres acteurs pour débattre le contenu de chaque phase d’étude.

Nous allons voir, la démarche administrative menée, suivie et contrôlée par la


DUAC pour l’élaboration du PDAU de la commune de Bouira. A travers cette analyse
nous allons essayer de mettre en relief le rôle de tous les acteurs, et leur collaboration à ce
sujet.

II.2. Le périmètre du PDAU de Bouira et la notion d’intercommunalité.

Le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme est élaboré sur une échelle


communale pour répondre à des objectifs bien définis par la politique d’aménagement du
territoire. Etant donné que les villes se développent en concurrence et en partenariat avec
les autres villes. Il est nécessaire de prendre en considération les relations intrinsèques
entre les villes au moment de l’élaboration des études de leur plans d’aménagement afin
d’assurer la complémentarité entre elles et d’éviter le déséquilibre territorial.

L’idée de lancer la révision du PDAU de Bouira sur le même territoire est mal
conçu tout en sachant que l’aire d’influence de la ville de Bouira dépasse ses limites
administratives. En effet, si on considère les relations emploi/domicile, activités
économiques/activités commerciales, loisirs, …, nous nous retrouverons sur des territoires
plus grands que celui de la commune de Bouira. C’est pourquoi la prise en considération
de ces paramètres ne compromettrait pas la fiabilité de l’étude du PDAU en avenir, mais
soumet sa réussite et la bonne maitrise du territoire.

En consultant le contenu du PAW de Bouira, on déduit qu’il a créé six entités


d’aménagement (EA) dont la commune de Bouira fait partie de celle qui regroupe les

162
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

communes de : Bouira, Ait Laaziz, Ain Turk, Oued El Berdi et El Hachimia. Cette entité
d’aménagement pourra être utile et bénéfique si elle est couverte par une étude
intercommunale.

L’intérêt de l’intercommunalité est mal perçu par les gestionnaires et n’est pas
concrétisé en pratique comme dans le cas de certains pays développés. L’aire d’influence
de la ville de Bouira dépasse les limites administratives de sa commune. Elle touche toutes
les communes limitrophes (El Esnam, Ait Laaziz, Ain Turk, Haizer, Taghzout, Oued-El-
Berdi, El Hachimia, Ain Bessem, Ain Lahdjar) et d’autres encore. Le PDAU est outil
rationnel, qui calcule et définit les besoins de la commune étudiée sans prendre en compte
le surplus de la population immigrante ou transitaire par jour. A ce stade, lancer une étude
d’aménagement d’un territoire sans prendre en considération ce paramètre clé engendre
d’autre problèmes accrus (circulation et embouteillage, forte demande en équipements et
services…).

II.3. Phasage de la conception de l’étude de révision du PDAU de Bouira et degré


participation des acteurs.

Afin de calculer le degré de participation des acteurs à l’élaboration du PDAU de


Bouira, nous avons jugé la nécessité de mettre en relief la procédure administrative de la
conception de cette étude menée par un contrat établit entre le Bureau d’étude « groupe
CNERU » et la Direction de l’Urbanisme de la Construction de Bouira. Nous allons
élucider ci-après ce processus dès le lancement de l’étude en 2007 jusqu’à son approbation
en 2014.

II.3.1. Lancement de l’étude de révision PDAU de Bouira.

En application des dispositions de l’article n°18 du décret n° 91-177 du


28/05/1991, « la révision d’un plan directeur d’aménagement et d’Urbanisme dûment
approuvé est soumises aux mêmes procédures que celles prévues dans le même décret ».

Cette étude a été lancée en révision par une consultation ouverte n° 57 du


01/12/20071. Suite à laquelle, et après l’évaluation faite au niveau de la DUAC2 de Bouira,
le BET CNERU a été retenu.

1
- Direction d’Urbanisme et de la Construction de Bouira.
2
- DUAC : Direction de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction (depuis Mai 2013). (Ex DUC)

163
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Une fois le BET CNERU est informé, il déposa « un contrat d’étude » pour visa
auprès de son maitre d’ouvrage qui, après approbation du contrat d’étude, il établit un
Ordre de Service de démarrage (ODS) de l’étude en date de 01/06/2006.

Le contenu du contrat d’étude :

Le contrat établi entre le BET CNERU et la DUAC de Bouira avait pour objet de
fixer les conditions d’élaboration de l’étude de révision du PDAU de Bouira1. En
répondant à cet objectif, des engagements ont été porté par le BET CNERU lors de sa
soumission en 2007 selon lesquels el a été retenu. Ces engagements se résument en :

 Montant de l’étude : 6 809 400,00 DA


 Délai d’étude : 13 mois

La commission de concertation :

La présentation du travail du Bureau d’études se fait à travers des réunions de


concertation présidées par le représentant de la Direction d’Urbanisme, d’Architecture e de
la Construction. A ces réunions participent l’ensemble des services techniques de la wilaya
pour enrichir le document. Du moment que le PDAU doit être un document holistique2, la
commission de concertation qui participe à l’élaboration de l’étude de révision du PDAU
de Bouira est composée de :

1. La Direction de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction


2. La Daïra de Bouira
3. La commune de Bouira,
4. La Direction du transport
5. La Direction de la jeunesse et des sports
6. L'agence foncière de wilaya
7. La Direction de l'hydraulique
8. La Direction des services agricoles
9. La Direction des domaines de Bouira
10. La Direction d’Algérie télécom.
11. La Direction des travaux publics
12. La Direction de la Programmation et du Suivi Budgétaire de Bouira

1
- Contrat d’étude du PDAU de Bouira, article 01, P 05.
2
- Holistique : il doit prendre en charge tous les aspects de la ville.

164
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

13. La Direction de l’énergie et des mines


14. La Direction de la protection civile
15. La Direction de Sonelgaz
16. La Direction du cadastre
17. La Direction du logement et des équipements publics
18. La Direction de l'environnement
19. La Direction du tourisme
20. La Direction de la culture
21. La subdivision de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction.
22. Le Directeur du BET/CNERU Alger.

Théoriquement, tous ces services doivent être présents à chaque réunion, mais,
en réalité, les données sont totalement différentes à cette vision. Nous allons calculer ci-
après le degré de participation de chaque service technique à cette étude.

II.3.2. Déroulement de l’étude.

L’étude de révision du PDAU de Bouira est menée en trois phases : Etat de fait,
Aménagement et Règlement. A la fin de ces trois phases et après adoption par la commune
concernée, l’étude est soumise à l’enquête d’utilité publique.

II.3.2.1. Phase 01 : Etat de fait.

Cette phase consiste à relever l’état de fait de la commune et à collecter toutes les
données des différents secteurs qui permettent de proposer un aménagement adéquat et
propre au territoire concerné. Selon le contrat d’étude elle devait être menée dans un délai
de six (06) mois, mais réellement elle a duré quatorze (14) mois.

Après la remise du dossier de la première phase en date de 28/12/2008 des


réunions de concertation ont été programmées par la DUAC de Bouira en présence de tous
les services techniques concernés pour débattre son contenu, apporter des corrections aux
erreurs commises par le BET et émettre d’autres réserves s’il le faut pour actualiser l’état
de fait. L’analyse de l’ensemble des Procès-verbaux de réunions de la Phase 01, nous a
permis de calculer le taux participation de chaque service.

165
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 21 : Degré de participation des services techniques à la première phase.

Phase 01 Taux de
N° Services techniques Réunion du Réunion du Total participation
04 02 2009 11 03 2009 %
La Direction d'Urbanisme, de l'Architecture
1 1 1 2 100
et de la Construction
2 La Daïra 0 0
3 La commune concernée 1 1 2 100
4 La Direction du transport 1 1 50
5 La Direction de la jeunesse et des sports 1 1 2 100
6 L'agence foncière de wilaya 1 1 2 100
7 La Direction de l'hydraulique 0 0
8 La Direction des services agricoles 1 1 50
9 La Direction des domaines de Bouira 0 0
10 La Direction d’Algérie télécom. 1 1 2 100
11 La Direction des travaux publics 1 1 2 100
La Direction de la Programmation et du Suivi
12 1 1 50
Budgétaires de Bouira
13 La Direction de l’énergie et des mines 1 1 2 100
14 La Direction de la protection civile 1 1 2 100
La Direction de Sonelgaz le chef de district
15 0 0
de la SNTF
16 La Direction du cadastre 1 1 50
La Direction du logement et des équipements
17 1 1 50
publics
18 La Direction de l'environnement 1 1 50
19 La Direction du tourisme 1 1 2 100
20 La Direction de la culture 0 0
La subdivision de l’Urbanisme, de
21 1 1 2 100
l’Architecture et de la Construction.
22 Le Directeur du BET/CNERU Alger. 1 1 2 100
Total 14 14
Source : Travail d’auteur 2014.

En calculant le taux de participation de ces services techniques par le nombre des


réunions, on obtient les résultats suivants :

La première phase s’est déroulée en deux réunions. Pour cela, nous avons calculé
le taux de participation de chaque service technique à cette phase (voir tableau n° 21). A
base de ces résultats nous avons calculé le nombre des services technqiues ayant participés
à la première phase par réunion (voir tableau n° 22).

166
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 22 : Taux de participation par nombre de réunions.

Nombre de réunions 02 réunions 01 réunion Aucune réunion


Nbr de services
11 06 05
techniques assistés
Taux de participation 50% 27,27% 22,73%
Source : Travail d’auteur 2014.

NB :

Il est à noter que le taux de participation des services techniques par nombre de réunions
est calculé selon la formule suivante1 :

𝑁𝑐 ∗ 100
Tp =
𝑁𝑡

Sachant que :

Tp : Taux de participation

Nc : Nbr considéré des services techniques ayant assisté par nombre de réunions

Nt : Nbr total des services techniques.

100 : Valeur constante (Facteur du pourcentage).

Analyse :

L’analyse de ces données, nous a permis de conclure deux choses importntes :

1. Retard dans la finalisation de la première phase :

Les engagements du BET ont été clairement identifiés sur le contrat d’étude, où il
s’est engagé à remettre le dossier de la première phase en quinze (15) exemplaires dans un
délai de six (06) mois2. Néanmoins, ceci est déposé quatorze (14) mois après l’ODS de
démarrage de l’étude. Ce retard de huit (08) mois, s’explique par l’absence de sérieux
durant l’étude de révision du PDAU de Bouira par le BET.

1
- Cette formule est utilisée pour calculer les données des tableaux n° : 22, 24, 26 et 30.
2
- Contrat d'étude du PDAU de Bouira, article 09, P 10.

167
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

2. Absence de la majorité des services techniques :

Chaque phase d’étude doit passer par une réunion de concertation constituée par
des membres cités en amont. En effet, l’analyse des résultats des réunions de concertations
à travers leurs procès-verbaux, nous a permis d’identifier le taux de participation des
services techniques aux réunions de la première phase.

Nous constatons que 50% des services techniques ont assistés à toutes les
réunions de la première phase, tandis que 27,27% n’ont pas assisté à toutes les réunions.
Alors que 22,72% n’ont jamais assisté aux réunions de la première phase.

Graphe n° 07: Taux de participation par nombre de réunions


de la Phase 01
60

50
Pourcentage

40

30 Taux de participation par


nombre de réunions de la
20 Phase 01

10

0
2 Réunions 1 Réunion Aucune Réunion

Source : Travail d’auteur 2014.

II.3.2.2. Phase 02 : Aménagement.

Cette phase consiste à proposer des variantes d’aménagement en trois scénarios.


Ces propositions d’aménagement devront faire apparaitre tous les éléments de la
problématique posée pour la prise de décision à travers la clarification des différents
montages ainsi qu’au niveau d’intervention de chacun, tel que ;

1. Les échéanciers d’urbanisation par zones homogènes.


2. Les interventions sur les tissus urbains et leurs formes de prise en charge (acteurs,
délais, …) concernant les sites à restructurer, à rénover, à restaurer, à éradiquer,
selon la qualité des constructions1.

1
- Contrat d'étude du PDAU de Bouira, article 09, P 09.

168
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Réglementairement, cette phase devrait être achevée dans un délai de trois (03)
mois. Mais, réellement, elle est faite dans un délai de huit (08) mois. Ce retard est accusé
d’un côté par l’absence répétée du bureau d’étude telle est la réunion du 30/09/2009, et de
la majorité des services techniques telle est la réunion du 07/12/2009, et d’un autre côté,
retard dans la remise du dossier de levée des réserves par le BET.

Après l’approbation du dossier de la première phase, le BET entama la deuxième


phase. Il déposa le dossier de la deuxième phase en date du 17/05/20111 par lequel, le
maitre d’ouvrage programme des réunions de concertation pour choisir une variante
d’aménagement qui semble la plus adéquate au développement de la ville de Bouira.

A ce stade, de réunion a été programmé au niveau de la wilaya ayant l’intention


de faire participer la majorité des directeurs, le secrétaire général de la wilaya et le wali,
néanmoins, cette réunion a été annulée faute de l’absence de la majorité des directeurs, et
depuis, cette réunion n’a jamais été reprogrammée.

Que pouvons-nous dire quand les responsables de décision ne prennent pas


au sérieux le développement d’une ville telle est le cas de la ville de Bouira ?

D’autres réunions ont été animées au niveau de la DUAC de Bouira pour débattre
les variantes d’aménagement proposées par le BET. En résumé, elles sont représentées
comme suit :

1
- DUAC de Bouira.

169
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 23 : Degré de participation des services techniques à la deuxième phase.

Phase 02
N° Services techniques Réunion du Réunion du Réunion du Réunion du Réunion du Total
30 09 2009 07 12 2009 21 12 2009 19 01 2010 16 03 2010
La Direction d'Urbanisme, de
1 l'Architecture et de la 1 1 1 1 1 5
Construction
2 La Daïra 0
3 La commune concernée 1 1 1 1 1 5
4 La Direction du transport 1 1 1 1 4
La Direction de la jeunesse et
5 1 1 2
des sports
6 L'agence foncière de wilaya 1 1 1 1 4
7 La Direction de l'hydraulique 1 1 2
La Direction des services
8 1 1 1 1 1 5
agricoles
La Direction des domaines de
9 1 1 1 3
Bouira
La Direction d’Algérie
10 1 1 1 1 1 5
télécom.
La Direction des travaux
11 1 1 1 1 4
publics
La Direction de la
12 Programmation et du Suivi 1 1 1 1 1 5
Budgétaires de Bouira
La Direction de l’énergie et
13 1 1 1 1 1 5
des mines
La Direction de la protection
14 1 1 1 1 1 5
civile
La Direction de Sonelgaz le
15 1 1 2
chef de district de la SNTF
16 La Direction du cadastre 1 1
La Direction du logement et
17 1 1 2
des équipements publics
La Direction de
18 1 1 1 1 4
l'environnement
19 La Direction du tourisme 1 1 1 1 4
20 La Direction de la culture 1 1 1 3
La subdivision de
21 l’Urbanisme, de l’Architecture 1 1 2
et de la Construction.
Le Directeur du BET/CNERU
22 1 1 1 1 4
Alger.
Total 13 19 20 11 13
Source : Travail d’auteur 2014.

170
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

En calculant le taux de participation de ces services techniques par le nombre des


réunions, on obtient les résultats suivants :

La deuxième phase de l’étude de révision du PDAU de Bouira s’est déroulée en


Cinque (05) réunions dont le taux de participation de chaque service technique aux
réunions est calculé selon le tableau n° 23. Sur la base des résultats de ce dernier, nous
avons calculé le nombre des services technqiues ayant participé à la première phase par
réunion (voir tableau n° 24).

Tableau n° 24 : Taux de participation par nombre de réunions de la phase 02.

5 réunions 4 3 02 Aucune
Nombre de réunions 01 réunion
réunions réunions réunions réunion
Nbr de services
07 06 02 05 01 01
techniques assistés
Taux de participation 31,82 27,27 9,1 22,73 4,54 4,54
Source : Travail d’auteur 2014.

Analyse :

L’analyse de ces données nous a permis de mettre en relief deux points essentiels :

1. Négligence des pouvoirs publics :

Les pouvoirs publics jouent un rôle très important dans la planification urbaine et
notamment ses outils, notamment dans la prise des décisions que les éléments chargés du
suivi de ces outils ne peuvent pas prendre. Le PDAU en sa deuxième phase est arrivé au
stade de décision politique pour un choix du scénario de développement de la commune et
de la ville. Néanmoins, la seule réunion programmée avec tous les décideurs de la wilaya,
n’a pas eu lieu. Cet acte explique sans doute le manque de l’intention des politiciens envers
le PDAU d’un côté, et le pouvoir de passer outre les directives du PDAU après son
approbation.

2. Absences répétées des services techniques :

Comme nous l’avons signalé en amont, la présence des services techniques est
indispensable pour réussir le déroulement de l’étude. En cette phase nous remarquons que
seul 31,81%, soit 07 services techniques qui ont assisté à toutes les réunions de la
deuxième phase par rapport au total de 22 services. Ainsi, on remarque que les services de
la Daïra n’ont assisté à aucune réunion.

171
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

En effet, d’après notre interview avec Monsieur Baghdad Tahar, la participation


des services techniques est qualifiée de faible, et que leurs représentativité est très faible,
soit un tiers de l’ensemble des services concernés.

Graphe n° 08: Taux de participation par nombre de réunions de la


phase 02
35

30

25
Pourcentage

20

15 Nobre de réunions

10

0
5 Réunions 4 Réunions 3 Réunions 2 Réunions 1 réunion Aucune
réunon

Source : Travail d’auteur 2014.

II.3.2.3. Phase 03 : Règlement.

L’élaboration du règlement d’urbanisme est la dernière phase du Plan Directeur


d’Aménagement et d’Urbanisme de Bouira, il doit déterminer :

5. L’affectation dominante des sols, la nature des activités qui peuvent être interdites
ou soumises à des conditions particulières,
6. La densité générale exprimée par le coefficient d’occupation des sols,
7. Les servitudes à maintenir, à modifier ou à créer,
8. Les paramètres d’intervention des plans d’occupation des sols avec les termes de
références y afférents en faisant apparaitre les zones d’interventions sur les tissus
urbains existants et ceux des zones à protéger,
9. La localisation et la nature des grands équipements, des infrastructures, des services
et des activités.

En se référant au contrat d’étude du PDAU de Bouira, cette phase doit être


finalisée dans un délai de quatre (04) mois. Néanmoins, le BET a mis un retard important

172
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

pour déposer le dossier de la troisième phase qui s’évalue à onze (11) mois. Après le dépôt
du dossier en date du 17/05/2011, le maitre d’ouvrage organise des réunions de
concertation pour étudier le dossier. En effet, ces réunions se résument comme suit :

Tableau n° 25 : Degré de participation des services techniques à la troisième phase.

Phase 03
N° Services techniques Réunion du Réunion du Réunion du Total
29 09 2010 15 11 2010 19 05 2011
La Direction d'Urbanisme, de l'Architecture et 3
1 1 1 1
de la Construction
2 La Daïra 1 1
3 La commune concernée 1 1
4 La Direction du transport 1 1
5 La Direction de la jeunesse et des sports 0
6 L'agence foncière de wilaya 0
7 La Direction de l'hydraulique 1 1
8 La Direction des services agricoles 1 1 2
9 La Direction des domaines de Bouira 0
10 La Direction d’Algérie télécom. 1 1
11 La Direction des travaux publics 1 1
La Direction de la Programmation et du Suivi 0
12
Budgétaires de Bouira
13 La Direction de l’énergie et des mines 1 1
14 La Direction de la protection civile 1 1
La Direction de Sonelgaz le chef de district de 1
15 1
la SNTF
16 La Direction du cadastre 1 1
La Direction du logement et des équipements 1
17 1
publics
18 La Direction de l'environnement 1 1
19 La Direction du tourisme 1 1
20 La Direction de la culture 0
La subdivision de l’Urbanisme, de 0
21
l’Architecture et de la Construction.
22 Le Directeur du BET/CNERU Alger. 1 1 1 3
Total 12 2 7
Source : Travail d’auteur 2014.

La troisième phase s’est déroulée en trois réunions dont le taux de participation de


chaque service technique aux réunions est calculé selon le tableau n°25. Sur la base des

173
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

résultats de ce dernier, nous avons calculé le nombre des services technqiues ayant
participé à la première phase par réunion (voir tableau n°26).

Tableau n° 26 : Taux de participation par nombre de réunions de la phase 03.

Aucune
Nbr de réunions 3 réunions 2 réunions 1 réunion
réunion
Nbr de services techniques
2 1 13 6
assistés
Taux de participation 9,1 4,54 59,09 27,27
Source : Travail d’auteur 2014.

Graphe n° 09: Taux de participation des services techniques


par réunions de la phase 03
70

60

50
Pourcentage

40

30 Nombre de réunions

20

10

0
3 réunions 2 réunions 1 réunion Aucune
réunion

Source : Travail d’Auteur 2014.

Analyse :

L’analyse de ces données, nous a permet de déduire ces principales observations :

1. Le BET enfreint ses engagements :

De sa part, le bureau d’études n’a pas respecté ses engagements en matière des
délais, ce qui a engendré un retard considérable.

2. Décalage de rentabilité entre les réunions :

Au total des trois (03) réunions tenues, une seule réunion a été animée avec la
présence de 59,09 % des services techniques (soit 13 services assistés) à la réunion.

174
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

3. L’absence justifie le manque des données :

La réunion du 15/11/2010 animée entre le BET et la DUAC, a permet de de


prononcer l’approbation de la troisième phase et le passage à l’enquête d’utilité publique.
Néanmoins, une autre réunion a été programmée en date du 19/05/2011 pour débattre ;

- l’intégration d’une parcelle de terrain du côté de la zone Kessouri.


- et la vérification du risque d’inondabilité des terrains se situant à proximité de
Oued Ed Hous à savoir : cité Zerrouki, propriété Oulmi et Ouled Bellil.

Cette réunion ne peut être justifiée que par ;

1. L’absence des services d’hydrauliques lors des premières réunions, tandis qu’il est
le seul habilité à identifier les zones inondables.
2. Présence d’une force publique qui exerce au-delà du pouvoir des techniciens, ce qui
explique l’intégration des autres parcelles de terrains dans le périmètre urbains
après phase d’aménagement.

II.[Link]. Enquête d’utilité publique

Après l’achèvement de l’étude, il a été demandé au BET de déposer deux


exemplaires du dossier à soumettre à l’enquête d’utilité publique. Celui-ci a été déposé en
date du 16/06/2011 et transmis à la commune le 25/07/2011.

II.[Link].1. Avis d’ouverture de l’enquête d’utilité publique :

Après la réception du dossier d’enquête par la commune, elle afficha un avis


d’ouverture de l’enquête d’utilité publique au niveau du siège de son siège, ainsi publié
dans deux journaux nationaux. Cet affichage a pour objet d’informer la société civile de
l’enquête d’utilité publique et l’inciter à participer à la finalisation de l’étude de révision du
PDAU.

Selon les données de notre enquête sur terrain, 93.02 % de la population enquêtée
n’a pas été informée de l’existence de cette enquête publique. Par contre 3,21% ont été
informé de son existence.

175
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 27 : Taux d’information d’enquète d’utilité publique.

Nbr de questionnaires
Oui Non Pas de réponse
récupérés
Total 530 17 493 20
Pourcentage % 100 % 3,21 93,02 3,77
Source : enquète sur terrain 2014.

Si on considère que le rôle primordial de l’enquête d’utilité publique est de


permettre à la société civile de participer avec leurs idées et avis à l’élaboration de la
révision du PDAU, pour quoi la majorité de la population n’a pas assisté à cet
évènement ? La réponse à cette question fait référence à la méthode entreprise pour
l’information. En effet, selon notre enquête, 13,02% de la population ont été informé de
l’enquête publique par voie des Médias, par contre 9,06% par le bais de la commune qui
déploie les moyens les moins utilisés par les habitants (deux journaux nationaux non lu par
les habitants).

En comparant ces données, on conclut que la commune ne joue pas un rôle


important que les médias en matière d’information.

Graphe n° 10: Taux d’information d’enquète d’utilité


publique.
100
90
80
70
Pourcentage

60
50 Taux d'information de
40 l'enquète d'utilité publique
30
20
10
0
Oui Non Pas de réponse

Source : Travail d’auteur 2014

En contrepartie, la population s’intéresse à ce genre d’initiative, car c’est leur


avenir et celui de leurs enfants qui est mis en jeux. En effet, et selon l’analyse de la
question 04 : souhaitez-vous qu’on vous concerte ?, 73,58% de la population questionnées
souhaitent réellement contribuer à cet initiative collective.

176
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 28 : Taux de population souhaité à étre concertée.

Nbr de questionnaires Pas de


Ecoles Oui Non
récupérés réponse
Total 530 390 105 35
Pourcentage % 100 % 73,58 19,81 6,60
Source : Enquète sur terrain 2014.

II.[Link].2. Déroulement de l’enquête d’utilité publique :

« Le projet du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme adopté est soumis


à l’enquête d’utilité publique pendant quarante-cinq (45) jours »1. En effet, le projet de
révision du PDAU de Bouira a été soumis à l’enquête d’utilité publique qui se déroulait
entre le 22/10/2011 et 05/12/2011.

Le long de cette période, un registre de doléances visé par le P/APC a été mis la
disposition des citoyens pour inscrire leurs remarques, requêtes et propositions. A la fin de
l’enquête d’utilité publique, ce registre et l’ensemble des pièces administratives de l’étude
de révision du PDAU sont transmis à la DUAC pour examen.

II.[Link].3. Réunion de synthèse:

Après la clôture de l’enquête d’utilité publique, le commissaire enquêteur dresse


un Procès-Verbal des doléances consignées sur le registre d’enquête et transmis avec le
registre à la DUAC par le bais de la commune pour examen.

Le Direction de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction programme à


cet effet, une réunion de synthèse avec tous les services techniques pour débattre et prendre
en charge les doléances de citoyens. Cette réunion est sanctionnée par un PV de de réunion
de synthèse sur lequel des réserves sont émises et transmises au BET pour les prendre en
charge.

Théoriquement, et pour une meilleure maitrise des délais de l’étude, deux


réunions seront obligatoire après l’enquête d’utilité publique. Une pour la lecture des
doléances des citoyens et tenter de trouver des solutions, et une autre pour vérifier le levée
des réserves émises lors de la première réunion et prononcer l’achèvement de l’étude.

Réellement, après l’enquête, la DUAC de Bouira a organisé quatre (04) réunions


avant de procéder à l’approbation définitive du PDAU.

1
- Article n° 10 du décret exécutif n° 91-177 du 28/05/1991.

177
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 29 : Degré de participation des services techniques aux réunions de synthèse.

Réunions de Synthèse
N° Services techniques Réunion du Réunion du Réunion du Réunion du Réunion du Total
30 01 2012 29 02 2012 18 07 2012 07 08 2012 23 01 2013

La Direction d'Urbanisme, de
1 1 1 1 1 1 5
l'Architecture et de la Construction
2 La Daïra 0
3 La commune concernée 1 1 1 3
4 La Direction du transport 1 1 2

La Direction de la jeunesse et des


5 0
sports

6 L'agence foncière de wilaya 1 1 2


7 La Direction de l'hydraulique 0
8 La Direction des services agricoles 0
9 La Direction des domaines 0
10 La Direction d’Algérie télécom. 1 1
11 La Direction des travaux publics 1 1

La Direction de la Programmation
12 1 1
et du Suivi Budgétaires de Bouira

La Direction de l’énergie et des


13 0
mines

14 La Direction de la protection civile 1 1


La Direction de Sonelgaz le chef
15 0
de district de la SNTF
16 La Direction du cadastre 1 1

La Direction du logement et des


17 1 1
équipements publics

18 La Direction de l'environnement 1 1 2
19 La Direction du tourisme 1 1
20 La Direction de la culture 1 1
La subdivision de l’Urbanisme, de
21 1 1 1 3
l’Architecture et de la Construction.
Le Directeur du BET/CNERU
22 1 1 1 3
Alger.
Total 2 14 6 4 2
Source : Travail d’Auteur 2014.

La réunion de synthèse s’est déroulée en cinque réunions dont le taux de


participation de chaque service technique aux réunions est calculé selon le tableau n°29. A
base des résultats de ce dernier, nous avons calculé le nombre des services technqiues
ayant participé à la réunion de synthèse par réunion tenues (voir tableau n°30).

178
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Tableau n° 30 : Taux de participation par nombre de réunions.

Nbr de réunions 5 3 2 1 Aucune


Nbr de services techniques
1 3 3 8 7
assistés
Taux de participation 4,55 13,64 13,64 36,36 31,82
Source : Travail d’auteur 2014.

Analyse :

Après la clôture de l’enquête d’utilité publique, plusieurs réunions ont été


organisées pour débattre les doléances des citoyens. L’analyse des données que nous avons
obtenues nous a permet de déduire certaines conclusions ;

- L’absence du bureau d’études a obligé le maitre d’ouvrage de reporter la


réunion à deux reprises.
- L’absence des services techniques aux réunions de synthèse rend difficile le
travail du maitre d’ouvrage et du BET, du moment qu’ils ne peuvent pas
trancher dans les questions dont la décision leur revient seul.
- Seul 36,36% des services techniques ont assisté à une seule réunion de
synthèse. Par contre en moyenne de 5 réunions, seul 4,55% de ses services y
ont assisté.
- Une année consacrée pour une réunion de synthèse explique l’absence d’une
volonté positive des pouvoirs publics à se procurer d’un outil de planification
urbaine d’un côté, et le faible degré d’utilité du Plan Directeur
d’Aménagement et d’Urbanisme pour les décideurs de la commune de Bouira
d’un autre côté.

179
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Graphe n° 11: Taux de participation des services techniques


par nombre de réunions
40

35

30
Pourcentage

25

20
Nombre de réunions
15

10

0
5 Réunions 3 Runions 2 Réunions 1 Réunion Aucune
réunion

Source : Travail d’auteur 2014

Sur la base de ces résultats, on a calculé le taux de participation des services


techniques par rapport à l’ensemble de l’étude ;

Tableau n° 31 : Taux de participation à l’étude.

Taux
Phases d’étude
moyen/phase
Phase 01 33,33
Phase 02 16,67
Phase 03 25
Réunion de synthèse 20
Etude PDAU 23,75
Source : Travail d’auteur 2014.

Le taux de 23,75% justifie l’absence de la participation des services techniques à


l’élaboration du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) de Bouira. Les
raisons de cette négligence nécessitent une autre recherche et une autre conception du
travail. Evidemment, l’élaboration de cette étude avec le minimum des acteurs, tout en
sachant que l’expérience est déjà acquise dans ce genre d’études, induit automatiquement
la réalisation d’un travail non fiable et dépassé dans le contenu et dans le temps d’un côté,
fausse les projections du PDAU par rapport à la réalité d’un autre côté. Il est à retenir
aussi que la fiabilité de l’étude PDAU ne se résume pas seulement à la présence des

180
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

services techniques aux réunions de concertation, mais à d’autres contraintes qui


nécessitent d’autres recherches et d’autres analyse et renvoient au :

- Manque des BET qualifiés dans l’élaboration des Plan Directeurs


d’Aménagement et d’Urbanisme,
- La non mobilisation des terrains intégrés dans le périmètre urbain à cause de
leur statut juridique (forestier, agricole, EAC, privé).
- Manque de compétences nécessaires pour certains représentants des services
techniques.
-

En effet, tous ces résultats obtenus de notre recherches expliquent et confirment


notre hypothèse qui porte sur : « la négligence de porter attention à cet outil de
planification urbaine, et l’absence répétée des différents acteurs minimise les chances
d’avoir un outil fiable dans le temps et dans le contenu »1.

II.4. La commune et la lenteur de la procédure administrative.

Parallèlement à la procédure technique d’élaboration du PDAU, une autre


administrative doit être menée par l’initiative de la commune. Cette démarche consiste à
établir le dossier administratif comprenant les pièces propre à chaque phase et établit à un
niveau dicté par la règlementation en vigueur2.

L’ensemble de ces pièces sont très indispensables pour l’approbation du Plan


Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme. Elles ne sont prises qu’après soumission du
projet du PDAU à l’Assemblée Populaire de Wilaya (APW) en 2012.

L’arrêté d’approbation de l’étude de révision du PDAU de Bouira ne pouvait être


prononcé qu’après l’établissement des pièces administratives citées dans le tableau n° 32.
La commune a commencé la constitution de ce dossier en mois d’Aout 2011 au moment de
la soumission de l’étude à l’enquête d’utilité publique. Cette initiative a été forcée par les
correspondances de la DUAC en 2011 et en 20113, et soutenue par celles de monsieur le
Wali en mois de juillet 2013.

1
- Voir la problématique.
2
- Voir le décret n° 91-177.

181
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

En effet, un retard considérable estimé à 15 mois, a été causé par la commune


depuis l’adoption du projet du PDAU par l’APW le 02/10/2012 jusqu’à son approbation
par arrêté du Wali le 16/01/2014.

Tableau n° 32 : Liste des pièces administratives du PDAU de Bouira

Pièce concernée Date d’établissement

Délibération de prescription 08/12/2012


Arrêté de délimitation du périmètre de l’étude 28/10/1992
Arrêté portant liste des services techniques 30/09/2013
Délibération d’adoption de l’étude 10/10/2013
Procès-verbal d’ouverture d’enquête d’utilité publique 11/08/2011
Arrêté d’approbation de l’étude 16/01/2014
Source : travail d’auteur 2014.

Les pièces administratives du PDAU de Bouira n’ont pas été établies d’une
manière chronologique. Les raisons de cette défaillance sont multiples et certaines ne sont
pas connues. Selon le témoignage de la DUAC de Bouira, les motifs de ce désordre
peuvent être liés à :

- Les chargés du suivi de l’étude PDAU ignorent la procédure réglementaire à


suivre pour constituer ce dossier.
- Certaines pièces sont subordonnées aux séances des assemblées populaires
communales ce qui a engendré un tel décalage temporel entre ces pièces et les
autres qui ne le sont pas.

182
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

Conclusion :

A la lumière de la lecture abordée dans ce chapitre, la conception du Plan


Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme pose plusieurs contraintes. Nous pouvons
conclure que malgré l’expérience acquise dans l’élaboration du premier PDAU de Bouira
en 1994, l’efficacité de réussir l’élaboration d’un outil de planification urbaine fiable
demeure confrontée à des lacunes d’ordre méthodologiques.

L’absence d’une articulation entre le PDAU et les plans d’aménagement en


amont, représente une entrave pour la concrétisation des directives de la politique nationale
de l’aménagement et d’urbanisme. Ainsi, une mauvaise prise en considération de la
participation de tous les acteurs de la ville pèse négativement sur la concrétisation des
orientations du PDAU sur le terrain.

Dans le cas de Bouira, l’articulation entre le PDAU et le PAW n’a pas pu être
concrétisée du moment que les deux plans ont été lancés en révision en même temps. Ce
qui a permis de se référer aux orientations du PAW de 1990 qui ne répondent pas aux
attentes de la nouvelle politique d’aménagement et d’urbanisme traduite par les directives
du SNAT et du SRAT.

Ainsi, et conformément au décret n° 91-177 du 28/05/1991, la procédure


d’élaboration et d’approbation du Plan Directeur d’Aménagement et d’urbanisme exige la
participation des différents acteurs de la ville. En effet, pour le cas du PDAU de Bouira,
nous avons constaté après analyse des données recueillies:

- L’absence totale de la société civile, même à l’enquête d’utilité publique.


- Des absences répétées des services techniques lors des réunions de
concertation destinées à débattre le contenu du PDAU et l’état d’avancement
du bureau d’étude. Le degré de participation des services techniques est évalué
à 23,75%, un taux qui ne reflète plus la volonté de concerter l’avenir de la
ville.
- Et puis, la négligence de la commune aux procédures administratives, ce qui
influe négativement sur le délai d’étude et qui l’a rend dépassé avant sa mise
en œuvre.

183
Chapitre II : La conception du PDAU de Bouira ; démarche et contraintes
d’application

En effet, l’absence d’une concertation fiable avec une volonté positive, le manque
d’une présence permanente des services techniques y compris la commune, justifie le
décalage que nous constatons entre l’outil de planification urbaine (PDAU) et les
projections réelles sur le terrain.

Afin de surmonter ces lacunes, il y a lieu de penser à encourager la participation


de la société civile par le bais des associations et des comités de quartier tout en multipliant
les formes de leur participation et celle des autres acteurs. La commune à cet égard doit
être assistée dans la construction du projet de son territoire (PDAU) et la formalisation de
ses pièces administratives.

184
CONCLUSION
GENERALE
Conclusion générale

Conclusion générale :

La croissance urbaine a toujours besoin de moyens de maitrise et de contrôle des


mutations profondes des villes auxquelles la planification urbaine a tenté d’apporter des
solutions depuis son apparition. Il s’agit d’un processus de gestion qui vise à assurer le
fonctionnement du système urbain mis en œuvre à travers ses outils d’aménagement (plans
d’urbanisme). Or, la multiplication des problèmes aux seins de centres urbains qualifie la
planification urbaine classique de processus qui est voué à l’échec. Ceci est assigné aux
multiples raisons relatives ; aux méthodes entreprises dans l’élaboration des plans
d’urbanisme (instruments d’urbanisme), au degré d’application de ces plans d’urbanisme, au
degré de participation de tous les acteurs de la ville à leur conception, à la volonté des
pouvoirs publics à orienter leurs politique d’aménagement vers des objectifs plus stratégiques
que normatifs.

La planification urbaine cherche à identifier le cheminement optimal pour atteindre


un objectif fixé en s’appuyant sur des choix normatifs. Le futur pour elle est unique et dépend
des données actuelles (au moment de l’étude) et de la situation présente. Elle cherche des
solutions à des problèmes de court et moyen terme sans prendre en considération le long
terme.

Les outils de la planification urbaine classique sont de même caractérisés par l’échec
de leur aboutissement à la réalisation des objectifs fixés. Notre cas d’étude porté sur le Plan
Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de Bouira a fait preuve de certaines insuffisances
d’ordre méthodologique à ne pas être appliqué sur le terrain. Nous avons tenté d’apporter des
réponses aux questions fondamentales posées au début de cette réflexion et qui tournent
autour du décalage entre la théorie et la pratique au niveau du (PDAU). Les résultats sont
tangibles et confirment les hypothèses énoncées au début de notre réflexion.

A ce titre, l’intervention des gens qui détiennent le pouvoir dans la remise en cause
du scénario d’aménagement proposé par le PDAU de Bouira est derrière la réalisation de tous
les équipements qui ne figurent pas dans la liste des projets proposés par cet outil. Leur
programmation et réalisation sont venues pour répondre au déficit affectant les secteurs
concernés au niveau de la ville de Bouira.

~581~
Conclusion générale

Ainsi, le PDAU de Bouira, tel qu’il a été élaboré et approuvé en 2014, est caractérisé
par l’absence d’une vision prospective dans le scénario d’aménagement. En réponse aux
exigences de la nouvelle tendance du développement durable, et tenons compte de la
complexité de la ville, nous avons déduit que certains aspects ne sont pas pris en charge par le
PDAU (mobilité, modes de déplacements, gaz à effet de serre, préservation de la
biodiversité,…). Pour assurer la bonne maitrise du tissu urbain, et un meilleur cadre de vie des
citoyens, certains aspects ne sont pas pris en détail par cet outil (déchets, espace vert,
protection de l’environnement, …).

En matière de participation des acteurs à l’élaboration des plans d’urbanisme, on


constate une faible implication à tous les niveaux. Dans notre cas d’étude, en s’appuyant sur
l’analyse de la démarche administrative de l’élaboration du PDAU de Bouira, on a remarqué
l’absence totale de la société civile, même à l’enquête d’utilité publique. De leur part, les
services techniques ont enregistrés des absences répétées lors des réunions de concertation
destinées à débattre le contenu du PDAU et l’état d’avancement du bureau d’étude où le degré
de leur participation est évalué à 23,75%.

Non seulement en Algérie, Ce constat a été perçu aussi dans les pays développés où
est apparu un nouveau processus de « planification urbaine stratégique » qui a pour objet de
développer une vision collective de la ville avec la participation de tous les acteurs.
L’apparition de ce processus coïncide avec l’apparition de la démarche prospective territoriale
qui tente de chercher un bel avenir pour les villes et leurs habitants en se basant sur les
principes édictés par Gaston Berger.

Pour faire face à toutes les lacunes identifiées, la solution exige le recours à un
nouvel processus qui prend en charge les facteurs de réussite de la mission de gestion,
d’aménagement et d’organisation de l’espace urbain. Nous avons pu dégager à travers cette
recherche que, la démarche prospective territoriale semble être plus favorable pour donner
une meilleure maitrise de nos villes. Elle est une activité d’analyse du présent et de réflexion
sur les possibles, les probables et les souhaitables pour l’avenir tout en s’appuyant sur des
recherches positive des possible à travers la méthode des scénarios.

En matière d’implication des acteurs, la prospective met en exergue leur participation


au moment de l’anticipation, de la réflexion et de la créativité pour laquelle on constate la
mobilisation des scientifiques, des spécialistes, mais aussi des citoyens, contrairement à la

~581~
Conclusion générale

planification urbaine qui mobilise cette participation au moment de prise de décision qui est
souvent politique.

En effet, afin de rendre la planification urbaine plus effective et stratégique, le


recours à la démarche prospective est d’une nécessité absolue. Cette dernière nous propose
une méthodologie claire et des outils efficaces pour repenser nos espaces de vie (villes).

De ce fait, on peut retenir trois points fondamentaux :

 L’avenir des villes et des habitants est la responsabilité de tous les acteurs y est
compris la société civile. La démocratie participative doit être mise en place dans
toutes nos études.
 L’étude d’un territoire ne peut se faire séparément des autres ayant avec lui des liens et
des intérêts. Il faut penser aux aires d’influence et d’échange. C’est le cas du PDAU de
Bouira qui ignore totalement les aires et les régions avec lesquels elle entre en relation.
 S’engager dans une planification urbaine stratégique en se basant sur les principes de
la prospective territoriale est une nécessité absolue pour rattraper le retard de nos
villes, assurer un meilleur avenir et en fin, pour pouvoir établir des outils efficaces à la
gestion des villes.

~581~
BIBLIOGRAPHIE
Bibliographie

Liste des ouvrages:

En français :

1. BAILLY Antoine, Jean-Marie Huriot, villes et croissance ; théories, modèles, perspectives,


Edition : ANTHROPOS, Paris, 1999.
2. BEN YOUCEF Brahim, analyse urbaine ; élément de méthodologie, office des
publications universitaires, Alger, 2010.
3. BEREZOWSKA AZZAG EWA, projet urbain ; guide méthodologique,
comprendre la démarche du projet urbain, Edition : synergie, Alger, 2012.
4. Cote Marc, l’Algérie espace et société, Edition : Média plus, Constantine, Algérie,
2005.
5. COTE Marc, L'Algérie, ou l'espace retourné, Edition : Média-Plus, Constantine,
Algérie, 1993
6. Dominique Pipard et Alain Maillard, urbanisme-aménagement, pratique de la
concertation, Edition le Moniteur, Paris, 2003.
7. LABORDE Pierre, les espaces urbains dans le monde, Editions : NATHAN,
France, 1994.
8. LACAZE Jean-Paul, Renouveler l’urbanisme ; prospective et méthodes, presses de
l’école nationale des ponts et chaussées, France, 2000.
9. LACAZE Jean-Paul, Introduction à la planification urbaine : imprécis d’urbanisme
à la française, Edition : presse de l’école nationale des ponts de chaussées, France,
1995.
10. Ministère de l’Urbanisme et de la Construction, L’aménagement des lotissements,
office des publications universitaires, Alger, 2005.
11. PARFAIT. F, la planification urbaine « Alibi et espoir », Edition : EYROLLES,
Paris, 1973.
12. SAÏDOUNI Maouia, éléments d'introduction à l'urbanisme: Histoire, méthodologie,
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13. ROSSI Aldo, Architecture de la ville, Edition : L'équerre, Paris, 1981.
14. ZUCCHELLI ALBERTO, Introduction à l’urbanisme opérationnel et à la
composition urbaine, office des publications universitaires, Alger, 1983.
En arabe :
.1992 ،‫ قطر‬،‫ مطابع قطر الوطنية‬،‫ تخطيط المدن أسلوب ومراحل‬،‫ عاطف حمزة حسين‬.1

Thèses:
En français
1. BAAZIZI Zineb Amal, rôle de la commune dans la planification urbaine, mémoire
magister, EPAU, Alger, 2010.
2. BELGHOMRANI Anwar, la gestion des villes et instruments d’urbanisme – le cas
du plan d’occupation des sols, mémoire de post graduation spécialisée, université
de Constantine, 2005.
3. BENIDIR Fatiha, urbanisme et planification urbaine ; Le cas de Constantine, thèse
de doctorat d’Etat, université de Constantine, 2007.
4. BOUCHERIT Sihem, L’utilisation du Projet Urbain dans la requalification des
grands ensembles. (un passage d’une gestion traditionnelle vers une gestion
stratégique), thèse magistère, université de Constantine, 2003.
5. Edgard GNELE José, dynamiques de planification urbaine et perspectives de
développement durable à Cotonou (République du Benin), thèse de Doctorat,
université d’Abomey-Calavi, 2010.
6. LAFER Azeddine, Gouvernance urbaine ; rôle et rapports des différents acteurs
dans les pratiques urbaines locales ; cas de la ville de Tizi Ouzou, mémoire de
magistère, université Mentouri de Constantine, 2009.
7. LATRECHE Chafia, La planification urbaine : entre théorie, pratiques et réalité.
Cas de Constantine, thèse Magister, université de Constantine, 2008.
8. NEDJAI Fatiha, Mémoire magister, les instruments d’urbanisme entre propriétaire
foncier et application ; étude de cas : la ville de Batna, Université de Biskra.
9. RAHMOUN Naima, la planification urbaine à travers le PDAU-POS et la
problématique de la croissance et de l’interaction villes/villages en Algérie.
Référence empirique à la wilaya de Tizi Ouzou, thèse doctorat, université de Tizi
Ouzou, 2013.
10. RIVELOIS Jean, la dimension sociale de la planification urbaine, thèse de doctorat
de l'école des hautes études en sciences sociales, 1987.
11. SOLTAN Khaled, L’investissement local et Dynamique des territoires Cas de
Constantine, mémoire de post graduation spécialisé, université de Constantine,
2007.
12. BAGHDAD Tahar, intervention sur un centre ancien d’une ville moyenne en
Algérie : le cas de Bouira, mémoire de Master H.U.P.V, Ecole EUROMED
Marseille, France, 2004.
13. BAITECHE Hassiba, l’identification des causes de défaillance des instruments
d’urbanisme à savoir le PUD et PDAU ; cas de la ville de Bejaia, mémoire de
magister, EPAU, Alger, 1999.

En arabe :
‫ مذكرة لنيل شهادة‬-‫ أدوات التهيئة والتعمير بين التشريع والتطبيق – دراسة حالة مدينة باتنة‬،‫ سنوسي رفيقة‬.1
.2011 ،‫ جامعة الحاج لخضر بباتنة‬،‫ماجستير في الهندسة المعمارية‬
Documents et rapports:
1. OSMONT Annik, « Pour une planification urbaine démocratique », in Quels plans
pour la ville? Gouvernance, gestion et politique urbaines, Document de discussion
n° 69, UESCO, publié par le programme MOST, France, 2004.
2. Orientations stratégiques de l'ADEME (période 2010-2015), POLYNOME, 2013.
3. Ministère de la Prospective et des statistiques, Rapport sur le cadre de la
planification territoriale en Algérie.
4. Les stratégies de développement urbain en méditerranée, contexte, enjeux et
perspectives, rapport de conférence de Barcelona, 2011.
5. GUY Loinger, CLAUDE Spohr, prospective et planification territoriale ; Etat des
lieux et propositions, travaux et recherches de prospective, n° 24, Février 2005.
6. Ministère de l’équipement des transports et du logement, Dossier documentaire ;
Planification et projet urbaine en Italie, Juillet 1998.
7. La gouvernance urbaine dans tous ses états; analyse et proposition du groupe de
réflexion sur la gouvernance urbaine, GEMDEV-AMODEV, 2008.
8. Emilie J. K. Mutombo, Bauler Tom, Wallenborn Grégoire, méthodes participatives
de prospective et de planification pour un développement durable : analyse
d’approches et de réalisations, Université Libre de Bruxelles, 2007.
9. DURANCE Philippe, genèse de la prospective territoriale, (LIPSOR, CNAM).
10. LELEUX Orane, VIVER Camille, la prospective territoriale ; recensement des
acteurs de la prospective territoriale en région centre en vue de la mise en place
d’un observatoire de la prospective territoriale, projet de fin d’études, 2009-2010.
11. VILLEPONTOUX Stéphane, la démarche prospective ; objectifs et méthode,
université de Montpellier III.
12. DURANCE Philipe, GODET Michel, MIRENOWICZ Philippe et PACINI
Vincent, Les Cahiers du LIPSOR, la prospective territoriale, Pourquoi faire ?
Comment faire?, série n° 7. Paris, 2007.
13. DURANCE Philippe, « Prospective territoriale : retours d’expérience », compte
rendu du Séminaire Prospective Info, Aout, France, 2005.
14. Guide pratique de prospective territoriale en France, commission européenne,
Luxembourg, 2002.
15. Les mots du SCoT, rapport du Sepal, Lyon, Janvier 2010.
16. SCoT, Un projet stratégique partagé pour l’aménagement durable d’un territoire,
Guide pratique à l’attention des élus, France, Juin 2013.
17. La ville, nouvel écosystème du 21ème siècle : ville, réseau, développement durable,
Rapport d'ADEME, comité 21, France, 2012.
18. Ministère des affaires municipales, Guide de bonnes pratiques ; la réduction des
émissions de gaz à effet de serre et l’aménagement du territoire, Québec, 2004.
19. Charte d’Alger, Avril 1964.
[Link]ère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, Le PROGDEM,
Volume1.
[Link] de Bouira, phase III et IV, 1983.
22. SDAT 2025, livre 1- le diagnostic ; Audit du territoire algérien, 2008.
23. SNAT 2025, document de synthèse, 2008.
24. SRAT de la région Nord-Centre.
25. SDAM de Constantine, rapport de mission 1, 2008.
26. PAW de la Wilaya de Bouira, Phase 2, Janvier 2012.
27. PDAU de la commune de Bouira, rapport phase 01 et 02, 2008.
28. Plan de circulation de la ville de Bouira, phase II ; Rapport diagnostic, 2013.
29. Rapport final du Plan de transport urbain de la ville de Bouira, 2010.
30. Rapport final de la conférence européenne des ministres des transports ; transport
urbains durables : la mise en œuvre des politiques, OCDE, 2002.
31. SCOT de la communauté d’agglomération de Niort, rapport de présentation ; Etat
initial de l’environnement, Niort, 2013.
32. Cahier PLU+ n° 2 ; la concertation dans les documents d’urbanisme, CAUE 78,
Paris, 2013.
33. Contrat d’étude du PDAU de Bouira avec le BET CNERU.
Revues :
1. Revue : le magasin promotionnel de l’Algérie, les grands chantiers du président ; le
défi relevé, n° 69, décembre 2013.
2. Revue : vie des villes, n° 17, Novembre 2011.
3. Revue naturopa ; ville et développement durable, dossier : Keith Whitmore, « Les
villes: notre avenir commun », édition, conseil de l’Europe, n° 100, 2003.
4. Revue : du Ministère de l’Aménagement du territoire et de l’environnement,
Aménager l’Algérie de 2020, Mars 2004.
5. Revue de l’habitat, n° 06, Janvier 2011.
6. Revue : futuribles n° 269, novembre 2001, Dossier : Prospective et dynamique des
territoires.

Liste des Articles:


1. BOUCHEMAL Salah, la production de l’urbain en Algérie ; entre planification et
pratique.
2. Younsi. F, les tissus urbains.
3. BENMISSI Ahcene, AMIR Amar, « gestion des déchets urbains et rôle des
collectivités locales: étude de cas ville de Bouira », séminaire national sur
l’environnement et le développement durable, Bouira, 2013.
4. DJELAL Nadia, « morphologie urbaine et développement urbain durable : cas
d’Alger », colloque de l’Observatoire universitaire de la Ville et du Développement
durable. « Développement urbain durable, gestion des ressources et gouvernance »,
Lausanne, 2005.
5. ADAD Med Cherif, ALKAMA Djamel, FARHI Abdellah, SAOULI A. Zinedine,
« pour une nouvelle problématique de l’aménagement du territoire», in
l’Aménagement et l’architecture, A l’aube du 21ème siècle, ADAD Med Chérif,
Edition : DAR EL OULOUM, Annaba, 2013.

Dictionnaires :
1. Le Grand robert de la langue Française, version électronique 2.0, SEJER, 2005.
2. Pierre Merlin, Françoise Choay, « dictionnaire d’urbanisme et d’aménagement »,
presse universitaire de France, 1ère édition, 1988.
Lois et décrets :
1. La loi n° 78-03 du : 27/01/1978 de l’aménagement du territoire.
2. La loi n° 90-29 du : 01/12/1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme. JO de la
république algérienne N°52. Article11.
3. La loi n° 06-06 du : 20/02/2006 portant loi d’orientation de la ville.
4. La loi 01-20 du 12/12/2001 relative à l’Aménagement du territoire et au
développement durable.
5. Le décret n° 91-177 fixant les procédures d’élaboration du Plan directeur
d’Aménagement et d’Urbanisme et les documents y’ afférents.
6. L’ordonnance n° 74 – 26 du 20/02/1974 portant sur la constitution des réserves
foncières.
7. L’ordonnance n° 76 – 48 du 25/05/1976 qui détermine l’expropriation de la
propriété pour un intérêt public.

Sites internet :
1. [Link]/Fr/Bouira/All/0/photos/[Link].
2. [Link]
3. [Link]
Liste des abréviations :

D.A.T.A.R : Direction de l’aménagement territorial et de l’action régionale


SRU : la loi de Solidarité et Renouvellement Urbain
ANAAT : Agence Nationale de l’aménagement du territoire
PCD : Plan Communal de Développement
PUD : Plan d’Urbanisme Directeur
PMU : Plan de Modernisation Urbaine
ZHUN : Zones d’Habitat Urbaines Nouvelles
POS : Plan d’Occupation des Sols
PDAU : Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme
LSP : Logement Social Participatif
LPL : Logement Public Locatif
LPA : Logement Public Aidé
AADL : Agence d’Amélioration et du Développement des Logements
LV : Location-Vente
LPP : Logements Promotionnel Public
APW : Assemblée Populaire de Wilaya
SDV : Stratégie de Développement de la Ville
SDU : Stratégie de développement Urbain
PLU : Plan Local d’Urbanisme
DATAR : Délégation de l’Aménagement du Territoire et de l’Action Régionale
SCoT : Schéma de Cohérence Territorial
SD : Schéma Directeur
PLH : Plan Local d’Habitat
PDU : Plan Local de Déplacement
EPCI : Etablissement publics de coopération intercommunale
PADD : Plan d’Aménagement et du Développement Durable
DOO : Document d’Orientations et d’Objectifs
ZAD : Zones d’Aménagement Différés
ZAC : Zones d’Aménagement Concentres
SNAT : Schéma National d’Aménagement du Territoire
SRAT : Schéma Régional d’Aménagement du Territoire
PAW : Plan d’Aménagement de Wilaya
PUD : Plan d’urbanisme Directeur
CADAT : Caisse Algérienne d'Aménagement du territoire
ZI : Zones Industrielles
PME : plan de Modernisation d’équipement
PUP : Plan d’Urbanisme Provisoire
SDAAM : Schémas Directeurs d’Aménagement d’aires Métropolitaines
TOL : Taux d’Occupation par Logement
VSA : Village Socialiste Agricole
HLM : Habitat à Loyer Modéré
ANNEXES
REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNAEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE DE CONSTANTINE 3

INSTITUT DES GESTION ET TECHNIQUES URBAINES

QUESTIONNAIRE
A l’intention des élus
(Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre d’une recherche de magister)

Réponses de Monsieur : ………………………………………………………..


I- participation des citoyens :

1. Actuellement, dans le monde et plus particulièrement les pays développés, les instruments
d’urbanisme sont élaborés en prenant en considération la participation des habitants, et ce
pour pouvoir assurer l’efficacité de ces études. Pensez-vous que cette participation est
nécessaire ? et pour quoi faire participer les citoyens ?
Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

2. La ville de Bouira a connu récemment la révision de son PDAU, est ce que vous avez
enregistré la participation des citoyens ?
Oui Non
Si non, pour quoi ?
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

3. Les citoyens doivent avoir connaissance de l’importance de participer à l’élaboration du


PDAU, avez-vous fait une présentation de sensibilisation pour les habitants ?
Oui Non
Si non, pour quoi ?
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

Elus Page 1 sur 6


II- Mouvement associatif :

1. Les associations existantes au niveau de la ville sont-t- elle capables de contribuer avec les
collectivités locales à améliorer le cadre de vie des citoyens ?
Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

2. Est-ce que ces associations ont contribué à l’élaboration du PDAU, et comment?


Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

3. Dans les quartiers ou il n’existe pas d’associations, comment assurer vous la relation entre la
collectivité locale et les citoyens ? et est ce vous avez envisagé d’autres formes participations
des citoyens ? si oui, comment ?
Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

III- Décisions prioritaires :

1. Avez-vous réalisez un projet qui n’était pas prévu par le PDAU ? comment avez-vous
décidez de le réaliser ? et d’où vient la décision de sa réalisation ?
Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

2. Avez-vous trouvez des difficultés dans l’implantation de certains projets ? quel genre de
problèmes ? et Est-ce que vous arrivez à les dépasser facilement ?
Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

Elus Page 2 sur 6


IV- Vision prospective :

1. La ville de Bouira est en mutations continue, et se développe progressivement. Pour cela des
outils de gestion doivent être établis, notamment le PDAU en vigueur en partenariat avec
différents acteurs. Selon vous, comment peut-on assurer la participation de tous ces
acteurs ? et comment sensibiliser les citoyens à cette question ?
Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

2. Quels sont les problèmes dont elle souffre la ville de Bouira ?


Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

3. Jugez- vous que le PDAU peut résoudre tous les problèmes que connait la ville de Bouira ?
Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

4. Pensez-vous que le PDAU répond réellement à toutes les attentes de la commune ?


Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

5. Est-ce que le PDAU traite tous les aspects qui concernent le meilleur cadre de vie dans la
ville ?
Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

6. Que proposez-vous pour rendre cet outil plus efficace ?


Commentaire :
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………

Elus Page 3 sur 6


‫الجمه ـ ـ ـ ـورية الجـ ـ ـزائـ ـ ـرية الديمقـ ـ ـ ـراطية الشـ ـ ـ ـ ـعبية‬
‫وزارة التعليم العالي والبحث العلمي‬
‫جامعة قسنطينة ‪3‬‬
‫معهد التسيير والتقنيات الحضرية‬

‫إىل السادة املنتخبون‬


‫هذه االستمارة تندرج ضمن حبث لتحظري شهادة ماجستري يف تسيري املدن‬
‫‪.................................................................................................................. ...........................................‬‬ ‫إجابة السيد (ة)‪:‬‬
‫‪ . I‬مشاركة املواطنني‪:‬‬
‫‪ . 1‬يف الوقت الراهن‪ ،‬ويف كل دول العامل خاصة الدول املتقدمة‪ ،‬إعداد خمططات العمران يتم ابألخذ بعني االعتبار مشاركة املواطنني وهذا‬
‫إلعطاء هذه املخططات فعالية أكثر‪ .‬هل تظنون أن مشاركتهم إلزامية؟ وملاذا جيب إشراكهم يف هذه العملية؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................................................................................................................. ...........‬‬

‫‪ .2‬بلدية البويرة عرفت مؤخرا إعادة دراسة خمططها التوجيهي للتهيئة والتعمري (‪ .) PDAU‬هل كان املواطنون يف املوعد؟‬
‫ال‬ ‫نعم‬
‫إذا كان ال‪ ،‬ملاذا؟‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪................................................................................................................................................................................................. ...........‬‬

‫‪ .3‬مشاركة املواطن يف إعداد املخطط التوجيهي للتهيئة والتعمري (‪ ) PDAU‬هي عملية حساسة‪ ،‬وإعالمهم بذلك أيضا أمر مهم‪ .‬فهل‬
‫هناك توعية يف هذا اجلانب؟‬
‫ال‬ ‫نعم‬
‫إذا كان ال‪ ،‬ملاذا؟‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬

‫‪Elus‬‬ ‫‪Page 4 sur 6‬‬


‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪................................................................................................................................................................................................. ...........‬‬

‫‪ . II‬نشاط اجلمعيات‪:‬‬
‫‪ .1‬يوجد على مستوى بلدية البويرة عدد كبري من اجلمعيات مبختلف أنشطتها‪ .‬فهل تستطيع هذه اجلمعيات أن تساهم مع اهليئات احمللية‬
‫يف حتسني اإلطار املعيشي للمواطنني؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪................................................................................................................................................................................................. ...........‬‬

‫‪ .2‬هل شاركت هذه اجلمعيات يف إعداد املخطط التوجيهي للتهيئة والتعمري لبلدية البويرة؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬

‫‪ . 3‬على مستوى األحياء أين ال توجد فيها مجعيات‪ ،‬كيف ميكن أن تضمنوا االتصال بني اهليئات احمللية واملواطن؟ وهل ميكن أن تقرتحوا‬
‫طرق أخرى ملشاركة املواطن خاصة يف إعداد خمططات التوجيه للتهيئة والتعمري؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪................................................................................................................................................................................................. ...........‬‬

‫‪ . III‬القرارات العليا‪:‬‬
‫‪ .1‬هل سبق وأن سجلتم إجناز مضروع مل يتم برجمته على مستوى املخطط التوجيهي للتهيئة والتعمري؟ وكيف كان قرار إجنازه؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................................................................................................................. ...........‬‬

‫‪ .2‬هل وجدمت عوائق عند إجناز بعض املشاريع (السكنات‪ ،‬التجهيزات‪ ... ،‬إخل)؟ ما نوع هذه العوائق؟ وهل توصلتم إىل جتاوزه؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪................................................................................................................................................................................................. ...........‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬

‫‪Elus‬‬ ‫‪Page 5 sur 6‬‬


‫‪ . IV‬النظرة االستشرافية‪:‬‬
‫‪ .1‬مدينة البويرة تعرف حاليا منوا حضراي كبريا‪ ،‬وهلذا فإن أدوات التسيري احلضري جيب إعدادها مبشاركة كل الفاعلني‪ .‬يف نظركم كيف ميكن‬
‫أن نظمن مشاركة فعالة هلؤالء الفاعلني؟ وكيف ميكن حتسيس املواطنني؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬

‫‪ .2‬ما هي املشاكل اليت تعاين منها املدينة؟‬


‫تعليق‪:‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪.........................................................................................................................................................................................................‬‬

‫‪ .3‬هل تظنون أن املخطط التوجيهي للتهيئة والتعمري (‪ ) PDAU‬ميكن أن حيل كل املشاكل اليت تعاين منها مدينة البويرة؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪.........................................................................................................................................................................................................‬‬

‫‪ .4‬هل تظنون أن املخطط التوجيهي للتهيئة والتعمري (‪ ) PDAU‬يستجيب لكل متطلبات املدينة؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪.........................................................................................................................................................................................................‬‬

‫‪ .5‬اعتمادا على دراستكم حملتوى املخطط التوجيهي للتهيئة والتعمري (‪ ،) PDAU‬هل وجدمت أنه ميس كل اجلوانب وكل القطاعات؟‬
‫تعليق‪:‬‬
‫‪................................................................................................................................................................. ...........................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪................................................................................................... .........................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬

‫‪ .6‬ماذا تقرتحون جلعل هذه االداة فعالة على املدى الطويل؟‬


‫تعليق‪:‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪............................................................................................................................................................................................................‬‬
‫‪.................................................................................................................................................. ..........................................................‬‬
‫‪................................................................................................................................................................................................... .........‬‬

‫‪Elus‬‬ ‫‪Page 6 sur 6‬‬


REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNAEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE DE CONSTANTINE 3

INSTITUT DES GESTION ET TECHNIQUES URBAINES

QUESTIONNAIRE

A l’intention du Gestionnaire
(Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre d’une recherche de magister)

Réponses de Monsieur : BAGHDAD Tahar – Ex chef de bureau des instruments d’urbanisme.

I- le PDAU outil holistique :

1. La commune de Bouira a connu récemment la révision de son Plan Directeur


d’Aménagement et d’Urbanisme, pour quoi jugiez-vous la nécessité de sa révision ?
Commentaire :
La révision de l’étude PDAU était plus que nécessaire compte tenu de la situation de certains
périmètres urbains faute de la mauvaise programmation prévisionnelle en matière d’équipements
2. La révision du PDAU est-elle faite dans les délais ?
Oui Non
Si non, pour quoi ?
Commentaire :
…………………………………………….………………………………………………………………………………

……………………………………..…….………………………………………..………………………………………

……………………………………….……………………………………..……………………………………………

……………………………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………..…………………

………………………………………….

3. Quelles sont les principales lacunes de l’ancien PDAU ?


Commentaire :
…………………………………………….………………………………………………………………………………

……………………………………..…….………………………………………..………………………………………

……………………………………….……………………………………..……………………………………………

…………………………………………………………………………………………………………..…………….…

………………………………………………………………………………………………………………..…………

……………………………………….…

DUAC Page 1 sur 4


4. La planification urbaine se base selon les récentes études sur une vision lointaine ayant pour
objet de créer des villes propres et durables, dans votre PDAU, est ce que vous avez pris en
considération ces tendances ?
Oui Non
Commentaire :
…………………………………………….………………………………………………………………………………
……………………………………..…….………………………………………………………………………………
…………………………….…..……………………………...…………………………………………………….……
……………………………………………………………...…………………………………...………………………

5. Quel sont les principaux aspects auxquels le PDAU s’intéresse ?
Commentaire :
…………………………………………….………………………………………………………………………………
……………………………………..…….………………………………………..………………………………………
……………………………………….……..……………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………..…………………….…………
6. Sur quoi le PDAU se base pour définir les besoins de la commune ?
Commentaire :
…………………………………………….………………………………………………………………………………
……………………………………..…….………………………………………..………………………………………
…………………..…………………….…………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………….……………………………..…………

II- participation des acteurs au PDAU :

7. La loi 90-29 exige la participation de certains organismes à L’élaboration du Plan Directeur


d’Aménagement et d’Urbanisme. Est-ce que tous ces services techniques sont présents
pendant toutes les phases de l’étude ?
Oui Non
Comment évaluez-vous cette participation ?
Commentaire :
…………………………………………….………………………………………………………………………………

……………………………………..…….………………………………………..………………………………………

……………………………………….……………………………………………………………………………………

…………………………………….…………………………………………………………………………………

8. Est-ce que tous les secteurs fournissent les informations nécessaires à prendre en
considération par l’étude PDAU ?

DUAC Page 2 sur 4


Oui Non

9. Le citoyen est au cœur du souci de l’amélioration de son cadre de vie dans la ville, est ce que
vous avez enregistrez leur participation dans l’élaboration du PDAU ?
Oui Non
Si non, pour quoi ?
Commentaire :
…………………………………………….………………………………………………………………………………

……………………………………..…….………………………………………..………………………………………

……………………………………..….…………………………………………………………………………………

…………………………………………….………………………………………..……………………………………

10. Quelles d’autres formes de participation voyez-vous nécessaire pour l’élaboration du


PDAU ?
Commentaire :
…………………………………………….………………………………………………………………………………

……………………………………..…….………………………………………..………………………………………

……………………………………….……………………………………..……………………………………………

…………………………………………….…………………………………………..…………………………………

III- décision

11. Avez-vous enregistré la réalisation d’un projet qui n’était pas prévu par le PDAU ?
Oui Non
Si oui, d’où vient la décision de sa réalisation?
Commentaire :
…………………………………………….………………………………………………………………………………

……………………………………..…….………………………………………..………………………………………

……………………………………….……………………………………...……………………………………………

…………………………………………….…………………………………..…………………………………………

DUAC Page 3 sur 4


IV- Vision prospective :

12. Pensez-vous que cet outil va résoudre les problèmes dont elle soufre la ville de Bouira?
Oui Non
Si oui, comment ?

Commentaire :
….…………………………………………………………………………………………………………………………

…...………………………..…………………………………………………………..…………………………………

…….………………………………………………………………………………………………………………………

…….………………………………………………………………………………………………………….…….……

………………………………………………………………………………………………………………..…………

……………………………….…………

Si non, pour quoi ?


Commentaire :
….…………………………………………………………………………………………………………………………

…...………………..…………………………………………………………………..…………………………………

…….………………………………………………………………………………………………………………………

……….……………………………………………………………………………………………..……………………

………………………………………….…………………………………………………………………………………

………………………………………..

13. Que proposiez-vous pour améliorer l’efficacité du PDAU ?


Commentaire :
….…………………………………………………………………………………………………………………………

…...…………………..………………………………………………………………..…………………………………

…….………………………………………………………………………………………………………………………

……….………………………………………………………………………………………..…………………………

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTERE DE L’ENSEIGNAEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE DE CONSTANTINE 3
INSTITUT DES GESTION ET TECHNIQUES URBAINES

QUESTIONNAIRE
A l’intention du maitre d’ouvre
(Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre d’une recherche de magister)

Réponses de Madame/Monsieur le :…………………………………………………………………………...


I- Identification du BET :

1. Statut du bureau d’études :


public Privé
2. Avez-vous une équipe pluridisciplinaire ?
Oui Non
Si oui, de qui est composée cette équipe ?
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3. Que dites-vous de la méthode d’élaboration des PDAU ?
Commentaire :
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II- Contenu du PDAU :

4. Le PDAU tel qu’il est élaboré actuellement, représente- il un progrès par rapport à ce que
nous espérons ?
Commentaire :
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5. Vous avez été chargé par la DUAC de Bouira pour l’élaboration du PDAU de la commune,
quelles sont les axes sur lesquels vous basez dans votre étude ?
Commentaire :
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6. Comment voyez-vous le PDAU entre l’étude et l’application ?
Oui Non

III- Concertation entre les acteurs :

7. Comment jugez-vous la concertation introduite dans l’élaboration des instruments de


planification urbaine, précisément le PDAU ?
Commentaire :
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8. Est-ce que la totalité des services techniques sont présent à chaque que une réunion de
concertation est tenue ?
Oui Non
Commentaire :
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9. Avez-vous reçu l’aide de tous les organismes concernés par l’étude du PDAU ?
Oui Non
10. Que dites-vous de la phase de collecte des données, est-elle facile pour vous ?
Oui Non
Si non, pour quoi ?
Commentaire :
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11. Pensez-vous qu’il y a d’autres intervenants à faire participer et qu’ils ne sont pas appelés à
le faire auparavant ?
Oui Non
Si oui, de qui s’agit-il ?
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12. Est-ce que la société est consciente de l’intérêt de l’étude PDAU ?
Oui Non
13. Avez-vous constaté des enjeux politiques dans l’application des PDAU ?
Oui Non
Si oui, quels effets portent-ils sur l’efficacité du PDAU?
Commentaire :
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IV- Vision prospective :

14. En tant que bureau d’étude spécialisé et comptant sur votre expérience, comment voyez-
vous l’avenir de nos villes en s’appuyant les orientations du PDAU ?
Commentaire :
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15. Quels sont les obstacles et les difficultés rencontrés durant l’élaboration de l’étude PDAU de
Bouira ?
Commentaire :
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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTERE DE L’ENSEIGNAEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE DE CONSTANTINE 3
INSTITUT DES GESTION ET TECHNIQUES URBAINES

QUESTIONNAIRE
(Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre d’une recherche de magister)

I- identification de l’usager :

Sexe : F H Age : 18-39 40-60 plus de 60

Niveau d’instruction : universitaire secondaire moyen primaire sans

Profession : Fonctionnaire Libérale Retraité sans Emploi

II- Usagers et quartier résidentiel :

1. Ou habitez-vous ?
Centre-ville
Périphérie de la ville
2. Votre quartier, est-t-il doté de ces services ?
Des équipements publics
Des espaces verts
Eclairage extérieurs
Eau potable
Réseau d’assainissement
Aires de stationnement
Aires de jeux pour enfants
Est-ce qu’ils sont suffisants ?
Commentaire :
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3. Est-ce que votre quartier est propre ?
Oui Non
Si non, de quoi il souffre ?

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Commentaire :
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III- Mouvement associatif :

4. Votre quartier possède-t-il une association ou un comité de quartier ?


Oui Non
5. Est-ce que vous êtes satisfait de son rôle dans le quartier ?
Oui Non
Si oui pourquoi, si non pourquoi ?
Commentaire
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6. Avez-vous déjà appartenu à une association ?
Oui Non

IV- participation des usagers à l’élaboration du PDAU :

1. Avez-vous entendu parler du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) ?


Oui Non
Si oui, par le bais de qui ?
Vos voisins
La commune
Medias
Autres :
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2. L’élaboration d’un Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) nécessite la
participation des citoyens, avez-vous participé à l’élaboration du PDAU de la ville de Bouira ?
Oui Non
3. Avez-vous été informé de l’enquête d’utilité publique ?
Oui Non

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Si oui, comment ?
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4. Souhaitez-vous qu’on vous concerte ?
Oui Non
Pour quoi ?
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5. Avez-vous consulté le dossier lors de l’enquête d’utilité publique ?


Oui Non
6. Est-ce que le PDAU répond actuellement à vos attentes ?
Oui Non
7. Beaucoup tentatives d’élaboration d’un plan d’aménagement fiable dans le monde ont réussi
à améliorer les conditions de vie dans les villes, seriez-vous disposé à participer si cela vous est
offert ?
Oui Non
Commentaire ;
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8. Comment évaluez-vous l’état de la ville de Bouira par rapport aux autres villes?
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9. Qu’est-ce que vous attendez du PDAU ?
Commentaire ;
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RESUME
Résumé :

La planification urbaine classique, avec ses outils a été avoué à l’échec après
plusieurs années d’existence et ce pour motif de ne pas avoir pu répondre aux besoins de la
population et de faire face aux mutations que connaissent les villes du monde. Aujourd’hui, la
problématique qui préoccupe le plus les chercheurs et des pouvoirs publics est la recherche
d’un bel avenir pour nous et les générations à venir, c’est-à-dire ; un futur souhaité.

En Algérie, et dans le souci de maitriser cette croissance urbaine, un certain nombre


d’outils et d’instruments d’urbanisme ont été mis en œuvre par la loi 90-29 comme moyens
d’étude, de gestion, de régulation et de contrôle du développement du tissu urbain. En effet, à
l’instar de toutes les villes algériennes, la ville de Bouira a été dotée d’une étude PDAU
approuvé en 1994 et révisée en 2008 pour pouvoir maitriser l’accroissement et les
interventions anarchique sur le tissu urbain d’un côté, et de tenter de proposer un scénario
d’aménagement pour meilleur avenir de la ville et des habitants, d’un autre côté.

Néanmoins, ces objectifs n’ont pas pu être atteindre. Les motifs de ce décalage entre
la quantité des projections, leurs natures au niveau du PDAU et la réalité sur terrain sont
diverses. Ceci peut être attribué à l’absence de la participation et de la concertation de tous les
acteurs à l’élaboration du PDAU, le manque d’une vision prospective sur le long terme
engendre l’intervention des pouvoirs publics dans le cadre des politiques sectorielles à
effectuer des programmations spontanées en matière d’équipements et de logements.

Pour cela, le recours à la planification urbaine stratégique, la méthodologie de


production de cet instrument d’urbanisme sont des solutions à préconiser.

Mots clés : Bouira, instrument d’urbanisme, PDAU, décalage, planification urbaine,


planification urbaine stratégique, prospective.
‫ملخص‪:‬‬

‫إن التخطيط الحضري الكالسيكي بمختلف أدواته قد قضى نحبه وهذا بعد مرور عدة أعوام من‬
‫التشييد‪ ،‬وذلك لعدم قدرته على تلبية حاجيات السكان والصد لجملة التحوالت التي تعرهاا مختلف المدن‬
‫هي العالم‪ .‬وحاليا‪ ،‬اإلشكالية التي أصبحت هاجس الباحثين والمسؤولين هي البحث عن مستقبل مضمون‬
‫لألجيال الالحقة‪.‬‬

‫هفي الجزائر‪ ،‬ومن أجل التحكم هي النمو الحضري وعقلنة تسيير المجال الحضري‪ ،‬تم خلق‬
‫أدوات جديدة للتايئة والتعمير وذلك بعد صدور قانون ‪ 29-90‬المؤرخ هي ‪ 1990/12/01‬المتعلقة‬
‫بالتايئة والتعمير والمتمثلة هي المخطط التوجياي للتايئة والتعمير (‪ ) PDAU‬وكذا مخطط شغل‬
‫األراضي (‪ .) POS‬وكمختلف المدن الجزائرية‪ ،‬هإن مدينة البويرة قد حظيت بدراسة للمخطط التوجياي‬
‫للتايئة والتعمير والمصادق عليه هي ‪1994‬م وقد تم اإلعالن عن مراجعته عام ‪ 2008‬ليصادق عليه هي‬
‫‪ . 2014‬والادف من ذلك هو التحكم هي التوسع العشوائي للمدينة والحد من التدخالت التي ال تتماشى مع‬
‫توجياا المخطط التوجياي‪.‬‬

‫ولكن جل األهداف المسطرة لم يتم تحقيقاا‪ .‬وتعود األسباب إلى الفارق بين كمية ونوعية‬
‫المشاريع المبرمجة من طرف المخطط التوجياي وما تم إنشاؤه هي الواقع‪ .‬هذا الفرق تعود اسبابه إلى عدم‬
‫مشاركة الفاعلين الحضريين هي إعداد هذا المخطط‪ ،‬انعدام النظرة االستشراهية على المدى البعيد لكل‬
‫حاجيات المدينة والسكان وكذا وجود تدخالت من طرف المسؤولين عن المدينة‪.‬‬

‫ولاذا هإن العودة إلى التخطيط الحضري االستراتيجي‪ ،‬وإعادة النظر هي مناجية إعداد أدوات‬
‫التايئة والتعمير أصبحت ضرورة ملحة‪.‬‬

‫الكلمات المفتاحية‪:‬‬

‫الب ويرة‪ ،‬أدوات التايئة والتعمير‪ ،‬المخطط التوجياي للتايئة والتعمير‪ ،‬التخطيط الحضري‪،‬‬
‫التخطيط الحضري االستراتيجي‪ ،‬االستشراف‪.‬‬
Abstract:

The classic urban planning, with his tools was admitted to fail after several years of
existence and reason for not being able to meet the needs of the population and to cope with
the changes taking place in cities around the world. Today, the issue of most concern to
researchers and government is looking for a bright future for ourselves and generations to
come, that is to say; a desired future.

In Algeria, and in order to master this urban growth, a number of tools and
instruments of planning were implemented by the 90-29 law as a means of study,
management, control and controlling the development of the urban fabric. Indeed, like all
Algerian cities, the city of Bouira was with an approved in 1994 and revised in 2008 in order
to master the increasing and uncontrolled interventions in the urban fabric on one side PDAU
study , and try to propose a scenario of management for better future of the city and the
people, on the other side.

However, these objectives have not been achieved. The reasons for this discrepancy
between the amount of projections, their natures at the Master development and urban plan
(PDAU) and reality on the ground are different. This can be attributed to the lack of
participation and consultation of all stakeholders in the development of PDAU, the lack of a
forward-looking long-term explain the different interventions of the government through
sectorial policies to make spontaneous in terms of equipment and housing programming.

For this, the use of strategic urban planning, production methodology of this
instrument is planning to recommend solutions.

Keywords: Bouira, planning instrument, PDAU, shift, urban planning, strategic urban
planning, forecasting.

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