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Décomposition des Fractions Rationnelles

Ce document présente le théorème de décomposition des fractions rationnelles qui permet d'écrire une fraction rationnelle comme une somme d'éléments simples. Plusieurs exemples illustrent la décomposition de fractions en éléments simples. Le document détaille également la procédure pour décomposer une fraction rationnelle.

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Décomposition des Fractions Rationnelles

Ce document présente le théorème de décomposition des fractions rationnelles qui permet d'écrire une fraction rationnelle comme une somme d'éléments simples. Plusieurs exemples illustrent la décomposition de fractions en éléments simples. Le document détaille également la procédure pour décomposer une fraction rationnelle.

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INTÉGRATION DES FRACTIONS RATIONNELLES

Université Joseph Fourier – IUT 1


Génie Thermique et Energie – Première année

1 Théorème de décomposition des fractions rationnelles


Soit f une fonctions rationnelle, c’est à dire que

P (x)
f (x) = ,
Q(x)

où P et Q sont des polynômes à coefficients réels.

Théorème 1 On peut toujours écrire Q P comme somme


– d’un polynôme,
– d’éléments simples de première espèce, c’est à dire des fractions rationnelles de la forme
α
,
(x − a)k

– d’éléments simples de deuxième espèce, c’est à dire des fractions rationnelles de la forme
αx + β
, avec ∆ = b2 − 4c < 0.
(x + bx + c)k
2

P une fraction rationnelle.


EN PRATIQUE : Soit f = Q

1. On se ramène à une fraction sous forme irrédictible, c’est à dire de la forme Q P tels que
P et Q n’ont pas de racine commune, et le coefficient de plus haut degré de Q est 1.
Pour ce faire, il suffit de factoriser P et Q , et de simplifier par les facteurs communs.
2. On se ramène au cas où P est un polynôme de degré strictement inférieur à celui de Q.
Pour ce faire, on effectue la division euclidienne de P par Q :

P (x) R(x)
P (x) = E(x)Q(x) + R(x) ⇔ f (x) = = E(x) + , avec deg(R) < deg(Q).
Q(x) Q(x)

3. On considère la factorisation du polynôme Q dans R :

Q(x) = (x − a1 )n1 . . . (x − ar )nr (x2 + b1 x + c1 )m1 . . . (x2 + bk x + ck )mk .

4. D’après le théorème de décomposition en éléments simples, il existe des constantes


αi,j , βi,j , γi,j telles que :

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α1,1 α1,2 α1,n1 
f (x) = E(x)+ x − a1 + (x − a1 )2 + . . . + (x − a1 )n1





+...



éléments de première espèce
α αr,2 αr,nr
+ x −r,1a +

+ ... + 
(x − ar )2 (x − ar )nr

r




β1,1 x + γ1,1 β x + γ1,m1 


+ + . . . + 21,m1
2
(x + b1 x + c1 )m1

x + b1 x + c 1







+... éléments de deuxième espèce




βk,1 x + γk,1 βk,mk x + γk,mk 

+ 2 + ... + 2 mk . 

x + bk x + c k (x + bk x + ck )

2 Exemples de décomposition
1. Décomposer la fraction 1 en éléments simples.
(x − 1)(x + 2)
Il s’agit d’une fraction sous forme irréductible, et deg(P ) < deg(Q), donc d’après le
théorème de décomposition en éléments simples, il existe α et β tels que
1 α β
= + .
(x − 1)(x + 2) x−1 x+2
Pour identifier α et β, on peut par exemple réduire au même dénominateur, ou bien :
– on multiplie l’identité par (x − 1) et on prend la valeur en 1 :

1 β(x − 1) 1
=α+ ⇒α=
x+2 x+2 3
– on multiplie l’identité par (x + 2) et on prend la valeur en −2 :

1 α(x + 2) 1
= +β ⇒β =−
x−1 x−1 3
D’où
1 1/3 1/3
= − .
(x − 1)(x + 2) x−1 x+2

2. Décomposer la fraction 2x + 3 en éléments simples.


(x − 1)2 (x + 2)
Là encore, il s’agit d’une fraction sous forme irréductible, et deg(P ) < deg(Q), donc
d’après le théorème de décomposition en éléments simples, il existe α, β et γ tels que
2x + 3 α1 α2 β
2 = + 2 + x + 2.
(x − 1) (x + 2) x − 1 (x − 1)
Pour identifier les constantes, on peut par exemple réduire au même dénominateur : on
obtient l’identité :
2x + 3 α1 (x2 + x − 2) + α2 (x + 2) + β(x2 − 2x + 1)
=
(x − 1)2 (x + 2) (x − 1)2 (x + 2)
ou bien :

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– on multiplie l’identité par (x + 2) et on prend la valeur en −2 :

2x + 3 α1 (x + 2) α2 (x + 2) 1
2 = (x − 1) + 2 + β ⇒ β = −9.
(x − 1) (x − 1)

– on multiplie l’identité par (x − 1)2 et on prend la valeur en 1 :

2x + 3 β(x − 1)2 5
= α1 (x − 1) + α2 + ⇒ α2 =
(x + 2) x+2 3

– on réduit au même dénominateur, ou bien on multiplie par x et on prend la limite en


+∞ :
x(2x + 3) α1 x α2 x βx
= + + ⇒ 0 = α1 + β.
(x − 1)2 (x + 2) x − 1 (x − 1)2 x + 2
D’où
2x + 3 1/9 5/3 1/9
2 = + 2 − x + 2.
(x − 1) (x + 2) x − 1 (x − 1)

3. Décomposer la fraction x3 en éléments simples.


3
x −1
Ici, le numérateur et le dénominateur n’ont pas de racine commune, mais ils sont de
même degré. On a :
x3 x3 − 1 + 1 1
3 = 3 =1+ 3 .
x −1 x −1 x −1
La factorisation de Q est
Q(x) = (x − 1)(x2 + x + 1),
de sorte que d’après le théorème de décomposition en éléments simples il existe des
constantes a, b et c telles que
1 a bx + c
3= + 2 .
x −1 x − 1 x +x+1

Pour identifier les constantes, on peut par exemple réduire au même dénominateur, ou
bien :
– on multiplie l’identité par (x − 1) et on prend la valeur en 1 :

1 (bx + c)(x − 1) 1
2 =a+ 2 ⇒a=
(x + x + 1) x +x+1 3

– on multiplie par x et on prend la limite en +∞ :

x ax bx2 + cx
= + ⇒0=a+b
x3 − 1 x − 1 x2 + x + 1
– on peut prendre la valeur en un point où la fraction est défini, par exemple 0, et on
obtient :
1 −2
= −a + c ⇒ c =
−1 3
D’où
x3 1/3 (x + 2)
3 =1+ − .
x −1 x − 1 3(x2 + x + 1)

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3 Intégration des éléments simples
3.1 Éléments simples de première espèce

dx dx 1/(1 − n)
Z Z
= ln |x − a| + C n = +C
x−a (x − a) (x − a)n−1

3.2 Élements simples de deuxième espèce, de premier ordre


En passant par la forme canonique, on se ramène à des fractions de la forme
αx + β
,
x2 + a2
puis on utilise les formules :

x 1 dx 1 x
Z Z
2 2
2 2 dx = 2 ln(x + a ) + C 2 2 = a Arctan( a ) + C.
x +a x +a

Exemple : Intégrer les fractions décomposées au paragraphe 2.

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4 Exemples d’intégration de fractions rationnelles
1. Primitives de 2x + 3
(x − 1)2 (x + 1)
Notons P (x) = 2x+3 et Q(x) = (x−1)2 (x+1). Alors la fraction rationnelle P/Q est irréductible
(puisque P et Q n’ont pas de racine commune), et deg(P ) < deg(Q). De plus, Q est un polynôme
scindé dans R, c’est à dire qu’il a toutes ses racines dans R : 1 est racine double et −1 est racine
simple.
D’après le théorème de décomposition en éléments simples des fractions rationnelles, il existe a,
b, et c tels que

2x + 3 a b c
2 = + 2 + . (⋆)
(x − 1) (x + 1) x − 1 (x − 1) x+1

Déterminons les constantes a, b et c :


– pour c : multiplions par (x + 1) l’égalité (⋆) , et prenons la valeur en x = −1. On trouve :
1
= c.
4
– pour b : multiplions par (x − 1)2 l’égalité (⋆), et prenons la valeur en x = 1. On trouve :
5
= b.
2
– pour a : multiplions par x l’égalité (⋆) :

2x2 + 3x ax 5/2 x 1/4 x


2 = + 2
+ .
(x − 1) (x + 1) x − 1 (x − 1) x+1
Prenons la limite en +∞ :
⋄ 2x2 + 3x → 0, car il s’agit d’une fraction dont le degré du numérateur (2) est inférieur
(x − 1)2 (x + 1)
au degré du dénominateur (3).
5/2 x
⋄ De même, (x−1) 2 → 0 lorsque x → +∞.

ax
⋄ En revanche, x − 1 → a et 1/4 x 1
x+1 → 4 lorsque x → +∞.
Ainsi on obtient
1 1
0 = a + , de sorte que a = −
4 4
On a donc
2x + 3 −1/4 5/2 1/4
= + + ,
(x − 1)2 (x + 1) x − 1 (x − 1)2 x+1
de sorte que par linéarité de l’intégrale, les primitives de P/Q sont :

2x + 3 1 1 5
Z
dx = − ln |x − 1| + ln |x + 1| − + C, C ∈ R.
(x − 1)2 (x + 1) 4 4 2(x − 1)

4 3
2. Calculer les primitives de 12x + 2x − 8x2 − 5x + 16 .
2(2x + x2 − 2x − 6)
3

Notons P (x) = 12x4 + 2x3 − 8x2 − 5x + 16 et Q(x) = 2(2x3 + x2 − 2x − 6). On remarque que
3/2 est une racine de Q :
27 9 3 27 + 9 − 12 − 24
2 + −2 −6= = 0.
8 4 2 4
En effectuant la division euclidienne, ou par identification ( le faire ! ! ! ), on obtient :

Q(x) = 4(x2 + 2x + 2)(x − 3/2).

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Il s’agit bien de la factorisation du polynôme Q dans R car x2 + 2x + 2 n’a pas de racines réelles.
Par ailleurs, 3/2 n’est pas racine de P , et x2 + 2x + 2 ne divise pas P (pour le prouver, on
peut soit effectuer la division euclidienne et remarquer que le reste est non nul, soit vérifier que
P (α) 6= 0, pour α ∈ C une racine complexe de x2 + 2x + 2. )
Ainsi, la fraction P/Q est sous forme irréductible. En revanche, deg(P ) = 4 ≥ deg(Q) = 3, donc
il faut effectuer une division euclidienne pour se ramener au cas d’application du théorème de
décomposition en éléments simples.

12x4 + 2x3 − 8x2 − 5x + 16 2x3 + x2 − 2x − 6


−(12x4 + 6x3 − 12x2 − 36x) −−−−−−−−−−−
−4x3 + 4x2 + 31x + 16 6x − 2
−(−4x3 − 2x2 + 4x + 12)
6x2 + 27x + 4
Ainsi,
P (x) = (6x − 2)(2x3 − x2 − 2x − 6) + 6x2 + 27x + 4,
c’est à dire, en utilisant la factorisation de Q :

P (x) 6x2 + 27x + 4


= 3x−1+ .
Q(x) 2(x2 + 2x + 2)(2x − 3)

La fraction 6x2 + 27x + 4 est sous forme irréductible, et le degré du numérateur est
2
2(x + 2x + 2)(2x − 3)
strictement inférieur au degré du dénominateur. On peut donc appliquer le théorème de décom-
position en éléments simples des fractions rationnelles : il existe c, d et e réels tels que

3x2 + 27/2 x + 2 cx + d e
2 = 2 + (⋆)
(x + 2x + 2)(2x − 3) x + 2x + 2 2x −3

Déterminons les constantes c, d et e :


– pour e : multiplions par (2x − 3) l’égalité (⋆) , et prenons la valeur en x = 3/2. On trouve :

3 ∗ 9/4 + 27/2 ∗ 3/2 + 2 116/4


= = 4 = e.
9/4 + 3 + 2 29/4

– pour d : Prenons la valeur de l’égalité (⋆) en x = 0 :

2 d 4
= + , soit d = 2.
−3 2 −3
– pour c : multiplions par x l’égalité (⋆) :

3x3 + 27/2 x2 + 2x cx2 + dx ex


2 = 2 +
(x + 2x + 2)(2x − 3) x + 2x + 2 2x − 3

Prenons la limite en +∞ :
3x3 + 27/2 x2 + 2x
⋄ → 32 , car on a une fraction de polynômes de même degré, donc la
(x2 + 2x + 2)(2x − 3)
limite est égale au quotient des termes dominants.
2
⋄ De même, 2cx + dx → c lorsque x → +∞.
x + 2x + 2
⋄ Et 2x4x−3 → 2 lorsque x → +∞.
Ainsi on obtient
3 1
= c + 2, de sorte que c = −
2 2

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Finalement,
3x2 + 27/2 x + 2 −1/2 x + 2 4
= 2 + .
(x2 + 2x + 2)(2x − 3) x + 2x + 2 2x − 3
Intégrons chaque terme de la décomposition de la fraction P/Q :

3
Z
3x − 1 dx = x2 + x + C,
2
4 dx
Z
= 2 ln |2x − 3| + C,
2x − 3

−x/2 + 2 −1 2x + 2 5/2
Z Z Z
2 dx = 2 + 2 dx
x + 2x + 2 4 x + 2x + 2 x + 2x + 2


On reconnait uu avec u(x) = x2 + 2x + 2, et comme u(x) > 0, ∀x ∈ R,

d(x + 1)
Z
= −1 ln(x2 + 2x + 2) + 5
4 2 (x + 1)2 + 1

= −1 ln(x2 + 2x + 2) + 5 Arctan(x + 1) + C
4 2
D’où finalement :

P (x) 3 1 5
Z
dx = x2 − x + 2 ln |2x − 3| − ln(x2 + 2x + 2) + Arctan(x + 1) + C
Q(x) 2 4 2

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