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Types de sols au Cameroun

Ce document décrit les différents types de sols au Cameroun. Il explique que les sols sont classés en groupes comme les sols ferrallitiques, ferrugineux et hydromorphes en fonction des processus de formation. Le document détaille ensuite les caractéristiques des sols ferrallitiques jaunes et rouges trouvés dans différentes régions du pays.

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Types de sols au Cameroun

Ce document décrit les différents types de sols au Cameroun. Il explique que les sols sont classés en groupes comme les sols ferrallitiques, ferrugineux et hydromorphes en fonction des processus de formation. Le document détaille ensuite les caractéristiques des sols ferrallitiques jaunes et rouges trouvés dans différentes régions du pays.

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LES SOLS DU CAMER OUN

Les travaux pédologiques n'ont commencé au Cameroun qu'à une date relative- une nette accumulation de matière organique permet de classer les sols dans le groupe
ment récente. ferrallitique humifère.
En 1942, B. Gèze à l'occasion de son étude sur la géologie et la géographie phy- Tous les sols ferrallitiques appartiennent au Sud, à l'Ouest et au Centre du terri-
sique de l'Ouest-Cameroun, donnait quelques renseignements sur les sols de cette région. toire. La limite nord en est constituée par la« falaise» de Ngaoundéré, au-delà de laquelle
Ces premiers travaux étaient complétés en 1948 par ceux de R. Portères sur les hauts- apparaissent les sols ferrugineux tropicaux. Le climat toujours humide et chaud (à l'excep-
plateaux de Dschang et Foumban. H. Jacques-Felix en 1947 étudiait les effets de la dénu- tion des hautes chaînes de l'Ouest où il est plus frais) est celui de la forêt équatoriale qui
dation sur les sols du territoire. La région Nord, en particulier la plaine du Logone, cède la placé vers le Nord à la savane arborée, fort probablement d'origine anthropique.
était étudiée par H. Betrémieux qui donnait un aperçu des principales catégories de
ses sols.
En 1949, !'Office de la Recherche scientifique et technique outre-mer envoyait 1. - LES SOLS FERRALLITIQUES TYPIQUES.
une mission dirigée par H. Erhart qui parcourait le territoire camerounais.
Ils peuvent être subdivisés d'après des caractères morphologiques et des pro-
Depuis 1950, les études pédologiques sont confiées aux chercheurs de l'O.R.S.T.O.M. priétés physico-chimiques essentielles, en sols jaunes et sols rouges.
groupés à l'Institut de Recherches scientifiques du Cameroun ou détachés à la mission
scientifique du Logone-Tchad pour l'extrême Nord.
L'ensemble des travaux accomplis jusqu'ici a permis de dresser la carte provisoire a. Les sols jaunes.
de !'Atlas dont la précision, inégale selon les régions, peut constituer une base utile aux
recherches ultérieures (1).
Une étude pédologique générale du Cameroun ne peut être entreprise sans un
Ces sols caractérisent la zone côtière océanique et forment une auréole autour
rappel des caractéristiques géographiques fondamentales de ce pays qui expliquent, pour
de la Baie de Biafra. Leurs limites sont encore difficiles à tracer avec précision. Ils s'avan-
une large part, la répartition des principaux types de sols.
cent jusqu'à Ebolowa et Ambam; plus loin vers l'Est, on observe une alternance de sols
Ce sont en particulier : jaunes et rouges, ces derniers tendant alors à l'emporter.
- l'extension du pays en latitude de la baie de Biafra au Lac Tchad; Les sols jaunes correspondent à un climat typiquement équatorial caractérisé
- le substrat géologique : roches métamorphiques dans le Sud, le Centre et une par une double saison des pluies pendant laquelle tombent de 2 à 4 mètres d'eau, une
partie du Nord; roches sédimentaires au Sud-Ouest et dans le Nord; roches volcaniques saison sèche peu marquée, une température peu variable au cours de l'année et se situant
dans l'Ouest et le Centre; alluvions fluviatiles très étendues dans l'extrême Nord; aux environs de 26°. La végétation naturelle est la forêt ombrophile.
- la succession Sud-Nord des divers types de climat, depuis le régime équatorial
Les roches-mères sont de deux sortes : d'une part des matériaux sédimentaires
jusqu'au régime sahélien, modifiés localement par l'altitude ou la proximité de l'océan;
le plus souvent sableux ou gréseux datés du crétacé ou du néogène, d'autre part des
- les zones de végétation : forêts ombrophiles du Sud, savanes diverses du centre,
roches plutoniques et métamorphiques (ectinites ou migmatites). A ces deux groupes
~teppes à épineux sahéliennes du Nord et formations d'altitude de faible étendue;
correspondent des sols aux propriétés physiques et chimiques très différentes.
- l'occupation du sol par une population dont les éléments, très inégalement
répartis, n'ont pas toujours eu l'importance numérique ni les localisations actuelles.
a-1. Les sols jaunes dérivés de roches sédimentaires.
La disposition en bandes grossièrement parallèles et orientées Est-Ouest des
zones climatiques et phytogéographiques est accompagnée par des variations concommit-
tantes des grandes catégories de sols. En effet, on observe très schématiquement du Sud Ces sols ceinturent à peu près les environs de Douala et sont limités à l'Est par
vers le Nord, des sols ferrallitiques (2), des sols ferrugineux tropicaux, et tout près du Mbanga, Yabassi, Dizangué, Pama; une autre tache est visible près de Campo. La pluvio-
Lac Tchad, des sols steppiques. Lorsque le drainage est perturbé, on observe des sols métrie de ces zones est parmi les plus fortes du Cameroun, avec des hauteurs voisines
hydromorphes. de 4 mètres. La température moyenne annuelle est de 26° 4 à Douala.

Morphologie. - Des profils de sols jaunes dérivés de sables crétacés ou tertiaires


Les sols du Cameroun résultent de l'interaction des processus de formation sui- ont été relevés en différents endroits de la région de Douala par A. Laplante, G. Bachelier,
vants B. Lepautre, A. Combeau qui ont étudié la région de Mbanga et la palmeraie de Dibom-
- individualisation des oxydes ou hydroxydes de fer et alumine; bari.
- individualisation des oxydes ou hydroxydes de fer seuls; Ces sols donnent l'impression d'une certaine uniformité dans la disposition des
- cuirassement des oxydes et hydroxydes précédents; horizons, uniformité rompue par l'hétérogénéité de la roche-mère. Un profil typique
- lessivage; peut être observé près de la gare de Maka sous une végétation de palmiers et de fou-
- accumulation de matière organique, formation de gley, calcification, et locale- gères
ment alcalinisation.
0 à 40 cm : brun; humifère; sableux; particulaire.
Le premier processus qui caractérise les sols ferrallitiques, peut être accompagné 40 à 200 cm : ocre-jaune; sabla-argileux; particulaire.
par le cuirassement ou l'accumulation de matières organiques. 200 à 400 cm : Horizon assez analogue au précédent; toutefois, on note une cou-
L'individualisation des oxydes ou hydroxydes de fer caractérise les sols ferrugineux leur un peu plus foncée et un sable plus grossier.
tropicaux. Ce processus peut être accompagné du lessivage et du cuirassement. Les auteurs précédents ont pu observer des bancs de grès ferrugineux plus ou
Les sols hydromorphes sont caractérisés par la formation de gley accompagnée ou moins continus et leur attribuent une origine pédologique. Ils ont noté aussi la présence
non d'accumulation de matière organique, de calcification, de concrétionnement sinon de occasionnelle de concrétions ferrugineuses, accompagnées de taches rouille plus ou moins
cuirassement. durcies. Tous ces phénomènes sont attribués à l'action d'une nappe phréatique fluctuante.
D'autre part, le Cameroun a été le siège d'éruptions volcaniques anciennes et récentes
qui recouvrent des superficies considérables dans l'Ouest et le Centre du territoire. Caractéristiques physiques et chimiques. - A l'occasion de l'étude détaillée des sols
Des coulées, des émissions de cendres d'âge peu ancien ne sont que faiblement transfor- de la station expérimentale de Dibamba, A. Combeau en a effectué de nombreuses ana-
mées et ont donné naissance à des sols encore jeunes peu épais et d'une fertilité consi- lyses. Ils renferment en général des quantités assez faibles de graviers ( 1 à 3 °/ il arrive
0 );

dérable. cependant quelquefois que les teneurs soient beaucoup plus importantes Qusqu'à 80 °/o)•
Dans la terre fine, les sables tant fins que grossiers représentent la fraction la plus élevée
Dans différentes régions, les cours d'eau sont bordés par des alluvions fluviatiles (de 45 à 80 °/ Les sables grossiers sont presque toujours légèrement supérieurs aux
0 ).

peu évoluées. sables fins.


Un peu partout, surgissent des pointements rocheux : leurs pentes très fortes L'argile varie entre 10 et 50 °/ Le limon ne dépasse pas 8 °/
0 • 0 •

sont à peine pourvues de sols, l'érosion active l'entraînant à mesure qu'il se forme.
La teneur en argile est la plupart du temps un peu plus faible en surface qu'en
profondeur, mais les différences ne sont guère importantes.
La réaction de ces sols est toujours acide. Le pH varie entre 4,7 et 5,3 en surface;
il aurait une légère tendance à augmenter avec la profondeur (5,3 à 6,2).
a. Les sols ferrait itiques Les teneurs en matière organique sont voisines de 2 °/ en surface; les teneurs
0

en azote total sont faibles (0,7 à 1 °/ Le rapport C/N est compris entre 11 et 14, les
00 ) .

teneurs en humus, entre 1 et 4 °/ En profondeur, toutes ces valeurs s'amenuisent


00 •

encore.
L'individualisation des oxydes ou hydroxydes de fer et d'alumine définit le sous- Le complexe absorbant se caractérise par la pauvreté des bases échangeables,
ordre des sols ferrallitiques. Lorsque ce processus est seul à se manifester, les sols appar- surtout en chaux (0, 19 à 0,25 méq/ 1OO g)*. La somme des bases fixées sur le complexe
tiennent au grand groupe des sols ferral/itiques typiques, lui-même subdivisé en plusieurs ne dépasse pas 1 méq/100 g; on n'a pas de valeur pour la capacité d'échange, probable-
sous-groupes. ment peu élevée.
Lorsque le cuirassement se manifeste, les sols appartiennent au groupe des sols Les réserves sont très faibles, 4 à 5 méq/ 1OO g; !'acide phosphorique total est com-
ferrallitiques cuirassés. Dans certaines zones de grande altitude, les Bambouto par exemple, pris entre 1 et 3 °/ 00 •

On n'a pas de données analytiques sur la fraction argile de ces sols.

( 1) La partie Nord de la carte a été complétée avec les renseignements cartographiques fournis par
J. Pias et P. Guichard.
(2) Précédemment dénommés «latéritiques )), * Abréviation pour milliéquivalent.
2
Valeur agricole et utilisation. - Ces sols sont assez peu fertiles; tout spécialement Les sols rouges formés sur basaltes anciens occupent de vastes superficies sur les
les teneurs en chaux et matière organique sont très faibles. On devrait pouvoir les amé- plateaux de l'Ouest et de !'Adamaoua dont l'altitude varie entre 1.000 et 1.400 mètres.
liorer par des engrais verts et minéraux. Le climat de ces régions est subéquatorial à tropical humide (une seule saison
On y trouve quelques plantations d'hévéas (Dizangué), des palmeraies d'élœis sèche et une seule saison des pluies). La pluviométrie varie de 2.500 millimètres dans
(Dibombari). l'Ouest à 1.900 millimètres dans !'Adamaoua, où la saison sèche est en outre mieux marquée.
La température moyenne annuelle est de 20 à 23°.
a-2. Les sols jaunes dérivés de roches métamorphiques diverses. La végétation est constituée dans !'Adamaoua par une savane arbustive très ouverte
et dans l'Ouest, par une forêt dégradée en voie de disparition devant une très dense
Les roches-mères les plus fréquentes sont des gneiss ou des migmatites, ou les colonisation humaine.
granites à pyroxène du socle métamorphique.
Les sols qui en dérivent occupent une auréole située à l'Est des précédents; ils Morphologie. - Ces sols sont remarquablement monotones et typiques. Souvent
correspondent donc à un climat légèrement moins pluvieux (1,8 à 2,5 m). On les a étudiés très profonds (5 à 10 m), ils apparaissent homogènes avec une teinte rouge un peu plus
à Edéa (D. Martin, M. Curis), Ebolowa (M. Curis). Une localité type est Ebéa au Nord foncée en surface et une structure généralement prismatique dans les premiers mètres.
de Kribi sur la Lokoundjé (G. Bachelier). A l'Est d'Ebolowa, sols jaunes et rouges sont La présence de «pseudo-sables » plus ou moins stables peut tromper sur la nature argi-
imbriqués. leuse des horizons supérieurs.
En profondeur, la roche saine est surmontée d'un important horizon d'altération;
Morphologie. - Les profils présentent généralement les horizons suivants le basalte y apparaît lessivé dans la masse, allégé et de couleur gris-bleuté.
- un horizon humifère, de 5 à 10 centimètres, brun;
un horizon argileux jaune, de quelques décimètres à plusieurs mètres; Les horizons gravillonnaires ne s'observent qu'à la suite de circonstances locales
une zone d'altération de la roche-mère, présentant des bandes blanches et relativement exceptionnelles.
rouille;
Caractéristiques physiques et chimiques. - La teneur en argile est de 40 à 70 °/ 0 ,
la roche-mère.
avec un léger lessivage de l'horizon supérieur; elle diminue régulièrement en approchant
On peut observer à la base de l'horizon jaune des concrétions ferrugineuses, pas- de la zone de départ. La teneur en limon varie peu entre 25 et 30 °/ 0 •

sant parfois à des cuirasses de faible étendue. Des remaniements locaux ont pu se pro- La fraction dite argileuse(< 2µ) est composée pour 30 à 50°/ d'un minéral phylli-
0
duire, car des filons de quartz visibles dans la roche altérée, se trouvent brutalement teux de type kaolinite, le reste étant essentiellement constitué par des hydroxydes de fer
interrompus au passage dans l'argile jaune. et d'alumine.
Caractéristiques physiques et chimiques. - Les teneurs en argile sont généralement Le pH est légèrement acide (entre 5,5 et 6).
fortes (entre 40 et 60 °/0 ) ; les sables représentent 40 à 50 °/0 de la fraction fine, avec une L'horizon de surface est faiblement humifère et peu organique. En profondeur,
prédominance marquée des sables fins sur les sables grossiers. Le limon ne dépasse guère l'humus n'est plus dosable et le taux des matières organiques tombe rapidement en
15 °/ Les graviers en proportion très variable sont constitués par des grains de quartz
0 •
dessous de 1 °/0 avec un rapport C/N très faible.
ou des concrétions ferrugineuses (G. Bachelier).
L'azote, moyennement représenté dans l'horizon humifère, devient rapidement
Les sols présentent une réaction franchement acide. Les pH observés en surface déficient en profondeur.
sont le plus souvent compris entre 4,8 et 5,2 (exceptionnellement 4,3). En profondeur,
Exception faite des horizons de surface qui peuvent renfermer de 5 à 10 méq de
1es valeurs sont légèrement plus élevées. bases échangeables pour 100 grammes, la somme de ces bases est très faible dans tout
Les teneurs en matière organique totale sont comprises entre 1,8 et 3 °/ en sur- 0 , le profil de terre rouge et voisine de 1 méq avec une capacité d'échange de l'ordre de
face. L'azote total varie de 1,3 à 3,5 °/ le rapport C(N, de 9 à 12. Les teneurs en humus
0 ,
10 (degré de saturation 10 °/0 ) ; tous les éléments échangeables sont déficients, en par-
sont insignifiantes. ticulier le calcium.
Le complexe absorbant présente une capacité d'échange très médiocre : 7 à Parmi les réserves minérales, seuls le sodium et le magnésium apparaissent de
12 méq/ 1OO g en surface, alors qu'en profondeur, les valeurs sont constamment voisines valeur moyenne, le calcium et le potassium étant généralement pauvres (surface et zone
de 7 méq/ 1OO g. Les teneurs en bases échangeables sont toujours faibles, la somme des de départ exceptées).
bases ne dépassant pas 2,5 méq/ 1OO g. La chaux atteint 2 méq, mais est très souvent infé-
rieure à 1; la potasse s'élève rarement à 0,5 méq, mais garde le plus souvent des valeurs Le phosphore assimilable est très faible en surface et dans la zone d'altération;
inférieures à 0,2; leurs réserves sont peu abondantes. il est indosable ailleurs; le phosphore total est généralement faible ou moyen.

L'acide phosphorique assimilable est très faible tandis que les réserves sont com- Le rapport Si0 2 /Al 2 0 3 varie de 1 à 1,5 dans la terre rouge. Il diminue régulière-
prises entre 1 et 2 "/ooo ment de la roche-mère aux horizons supérieurs, un départ très important de silice ayant
lieu au niveau de la roche altérée. La silice partante peut floculer localement en déter-
Quelques analyses au réactif triacide ont été effectuées sur la terre fine. Elles ont minant des agrégats silico-ferriques d'aspect gréseux, ou souvent, en bas de pente et
donné pour le rapport silice/alumine des valeurs situées entre 0,6 et 1,8. Des concré- dans les basaltes altérés, de petites géodes opalescentes de calcédoine (région de Bansoa).
tions et cuirasses contiennent entre 30 et 45 °/, de Fe 2 0 3 , avec moins de 20 °/ de Al 2 0 3 ;
0

les rapports silice/alumine y varient de 0,5 à 1,3. Pour une même pluviométrie, le rapport Si02 /Al 2 0 3 apparaît plus faible lorsqu'un
sol rouge ferrallitique dérive du basalte que lorsqu'il dérive de roches métamorphiques
Valeur agricole et utilisation. - Les sols jaunes supportent de vastes étendues de ou plutoniques.
forêts. Ils sont plantés en cacaoyers (Ebolowa, Lolodorf). Leur degré de fertilité est faible.
Utilisation des sols. - Ces sols, en saison des pluies, sont de perméabilité inégale
et, en saison sèche. possèdent un pédo-climat très sec.
b. Les sols rouges. Les terres rouges sont facilement transportées par les eaux de ruissellement,
aussi les retrouve-t-on non seulement en accumulations colluviales en contre-bas des
cuirasses de contact (voir plus loin Il «Les sols ferrallitiques cuirassés »), mais aussi en
grandes surfaces d'origine colluviale (grande plaine à l'Est de Tibati).
b-1. Sols rouges dérivant de roches métamorphiques et éruptives anciennes. Ces sols peuvent être rajeunis quand l'érosion rapproche la roche-mère de la sur-
face. On a alors une néo-pédogénèse où le basalte altéré engendre, avec les produits de
l'ancien sol, un nouveau sol, brun et légèrement plus fertile.
Ils paraissent correspondre à une zone moins humide que les précédentes; le climat Dans !'Adamaoua, d'une manière générale, les sols rouges formés sur basaltes
y est encore de type équatorial classique, mais la pluviométrie n'est plus que de 1,25 à anciens sont très pauvres et agronomiquement sans intérêt, étant donné les efforts
2 mètres et la saison sèche est pl us marquée; la végétation passe brusquement de la coûteux que nécessiterait leur mise en valeur (engrais verts, composts ou fumier, engrais
forêt dense à la savane graminéenne où les sols sont soumis à une érosion importante. N-P-K avec calcium, etc.).
Les taches de sol rouge que l'on trouve dans la zone des sols jaunes semblent En pays Bamiléké par contre, très densément peuplé, ces sols sont partout cultivés
être dues à un microclimat local plus sec ou à une roche-mère plus riche en éléments mais souvent rajeunis, enrichis par apports de cendres provenant des volcans de la région
ferro-magnésiens : dolérite, amphibolite ou pyroxénite. de Foumbot ou de déchets organiques et minéraux près des cases; on y trouve ignames,
Du point de vue morphologique, les sols rouges sont assez proches, à la couleur patates, arachide, maïs, taros ... Les cultures sur billons suivant les lignes de pente, favo-
près, des sols jaunes ferrallitiques, mais leur structure est moins compacte et paraît plus risent une érosion vite destructrice, faute d'aménagements appropriés; même si elles
stable. Les horizons riches en concrétions sont souvent importants et s'observent à des ont fréquemment contribué à rajeunir les sols, elles sont en fin de compte néfastes.
profondeurs variables. Les cuirasses de talweg y sont plus fréquentes.
Les propriétés physiques et chimiques sont également assez voisines de celles des
sols jaunes : Les sols de savane.
les teneurs en matière organique et azote sont du même ordre;
- le pH, un peu moins acide, est compris entre 5 et 6;
- les teneurs en bases échangeables sont faibles (1 à 3 méq/ 100 g), mais les réserves Il s'agit ici des savanes du Sud-Cameroun formant une bande très étendue limitée
minérales sont un peu plus élevées (10 à 15 méq/ 100 g de calcium, 0,5 à 5 de magnésium, au Sud par la forêt et au Nord par la« falaise» de !'Adamaoua. Cette zone est recouverte
0,4 à 1,5 de potassium). Le phosphore total varie de 0,5 à 2 °/ 00
• par les climats, équatorial à grande saison sèche vers le Sud, et tropical de montagne
vers le Nord.
Le rapport silice/alumine est, pour la terre fine, entre 1,5 et 2,0.
La forêt subsiste en îlots assez nombreux qui du Sud au Nord s'amenuisent peu
Utilisation agricole. - Les sols rouges sont plantés en cacaoyers et en caféiers. à peu au sein d'une savane arborée où l'on trouve : Bauhinia thonningii, Anona Senegalensis,
Lophira lanceolata, etc. Pennisetum purpureum au Sud, lmperata cylindrica et Hyparrhenia
b-2. Sols rouges formés sur basaltes anciens. rufa vers le Nord forment le tapis herbacé. La savane s'est étendue surtout grâce à l'homme
et aux feux de brousse; ses sols sont ferra//itiques rouges, jaunes ou brun-jaune, plus
lis peuvent être regardés comme l'aboutissement de la série évolutive des sols ou moins riches en concrétions, avec des étendues de cuirasses plus ou moins importantes.
formés sur roches volcaniques, mais, en raison de leur évolution, on les classe avec les La disparition de la forêt s'accompagne d'une érosion en nappe particulièrement
sols ferrai 1itiques. efficace, mettant à nu les horizons profonds du sol après ablation de l'horizon humifère
3
L'action des termites est ici très importante; ils provoquent, par leurs constructions fort peu évolués, riches en débris de roches, quartz et feldspaths, sablo-graveleux, et d'autres
nombreuses et de grande taille, un brassage considérable des horizons; localement, des plus argileux où le lessivage de l'argile est plus net; quand les conditions topographiques
sols jeunes peuvent être observés. permettent un engorgement temporaire, ils peuvent évoluer vers les argiles noires tro-
picales. Dans certains cas, enfin, les horizons profonds s'enrichissent en fer qui peut former
Tous ces sols fortement imbriqués, difficiles à représenter avec beaucoup de pré-
des concrétions, des carapaces ou des cuirasses.
cision, ont été réunis sur la carte sous une seule rubrique.
Près de Lam, D. Martin a décrit un profil où le fer est assez nettement indivi-
D'une fertilité limitée à l'horizon de surface, et sensibles à l'érosion, ils portent
dualisé :
des cultures extensives d'arachide, de manioc; dans !'Adamaoua paissent des troupeaux
nombreux. 0 à 10 cm : horizon humifère; brun-gris; sableux; particulaire.
10 à 40 cm : horizon brun-jaune; argilo-sableux; agrégats polyédriques se brisant
facilement; taches blanches de quartz et minéraux non altérés;
Il. - LES SOLS FERRALLITIQUES CUIRASSËS taches ferrugineuses rouille individualisées, peu durcies.
40 à 100 cm : horizon jaune pâle; sablo-argileux; taches rouille de plus en plus
nombreuses et durcies; petites concrétions noires. Les graviers
Dans de très nombreux endroits du Cameroun, on peut observer des profils de deviennent plus abondants, constitués de débris de roche plus ou
sols ferrallitiques cuirassés. Ils ne peuvent pas toujours figurer sur une carte à petite moins altérés et ferruginisés.
échelle en raison de leur faible étendue. Parfois, cependant, ils occupent de très vastes Assez rarement, on observe des sols rouges à carapace ou cuirasse; on peut citer
superficies comme dans l'Est ou !'Adamaoua. Tous les sols ferrallitiques jaunes ou rouges le profil suivant :
dérivant de roches métamorphiques ou volcaniques sont susceptibles de présenter un
horizon cuirassé. 0 à 10 cm : horizon humifère; brun foncé; sablo-argileux; structure prismatique;
concrétions ferrugineuses brunes à rouges.
Dans la plupart des cas, la cuirasse résulte de l'action d'une nappe phréatique avec 10 à 25 cm ; horizon brun-rouge foncé; argileux; structure prismatique; concré-
engorgement et enrichissement d'horizons profonds par des solutions riches en fer. tions ferrugineuses brunes à rouges.
Le durcissement peut s'effectuer dans un horizon quelconque du profil et même directe- 25 à 50 cm : horizon rouge-jaune, plus foncé par places; argileux; devenant plus
ment au niveau de la roche-mère (cas de certains basaltes de l'Ouest par exemple). Ces riche en concrétions surtout à la base de l'horizon, cailloux de quartz.
cuirasses, le plus souvent vacuolaires, peuvent être concrétionnées ou massives. Au-dessous de 50 cm : horizon très riche en concrétions noircies non arrondies;
Leur composition est assez variable : dans l'Ouest (sols dérivés de basalte), elles cailloux de quartz. Le tout est durci et forme une carapace.
sont assez souvent alumineuses; dans le Sud et le Centre, par contre, elles sont le plus Ce profil a été observé sur une crête, à proximité de cuirasses ferrugineuses en
souvent riches en oxydes ou hydroxydes de fer. surface.
L'érosion joue également un rôle important dans leur formation en mettant à
nu, soit des horizons profonds durcis, soit des horizons riches en hydroxydes (meubles Les caractéristiques physiques et chimiques sont assez variables, car ces sols, ainsi
ou déjà fortement concrétionnés) qui durcissent rapidement après exposition à l'air. qu'on l'a noté, présentent des stades très divers d'évolution.
Enfin, des cuirasses existantes peuvent être démantelées par l'érosion; leurs maté- Les teneurs en matières organiques sont généralement faibles (0,5 à 2,5 °/0). de
riaux, transportés plus loin et déposés sous forme de lits de concrétions, sont suscep- même que les teneurs en azote (0,3 à 1 °/00)•
tibles de se cuirasser à leur tour. La capacité d'échange qui varie de 4 à 24 méq pour 1OO grammes est généralement
Sur la carte, la distinction précise de ces différents types de cuirasses est parfois bien saturée; le pH varie de 5,5 à 7,8.
malaisée; deux grands ensembles ont été distingués : Le calcium échangeable, parfois peu abondant dans les sols les plus sableux, est le
a. D'une part, les surfaces où la cuirasse, sur de vastes plateaux (bowé), résulte plus souvent supérieur à 2 méq et peut dépasser 10 méq pour 100 grammes. Les teneurs
d'un contact entre le basalte et le granite. Elle est associée à des débris et concrétions en potassium échangeable sont généralement suffisantes, jusqu'à 0,6 méq, mais peuvent
plus ou moins remaniés; ceci est fréquent dans !'Adamaoua; être inférieures à 0,2. Le sodium est rarement en excès.
b. D'autre part, des sols où les horizons profonds, localement mais fréquemment Les réserves sont généralement abondantes; les sables renferment encore souvent
cuirassés et associés à des concrétions très abondantes, sont mis à nu par l'érosion; ceci des minéraux autres que le quartz, surtout des feldspaths; toutefois certains de ces sols
est le cas de la zone des savanes de l'Est, du Centre et du Sud. manquent de potassium total.
Les teneurs en acide phosphorique assimilable sont faibles.
Ill. - LES SOLS FERRALLITIQUES HUMIFÈRES
Utilisation. - Ces sols sont cultivés surtout en mil, arachide, coton. Dans les
régions montagneuses souvent surpeuplées, les sols de pente, peu évolués, sont façonnés
en terrasses.
Les sols appartenant à ce groupe sont assez peu étendus et localisés dans les parties
élevées des massifs volcaniques de l'Ouest du territoire (H. Jacques-Félix, A. Laplante et
G. Claisse). Situés au-dessus de 2.500 mètres, ils doivent correspondre à une pluvio-
métrie relativement forte et une température assez fraîche qu'on peut estimer à l 6° Il. - LES SOLS FERRUGINEUX TROPICAUX DE LA CUVETTE TCHADIENNE
environ en se référant à la station de Dschang; la végétation arborée a pratiquement
disparu, remplacée par un tapis herbacé dégradé par l'action érosive des troupeaux.
Le profil est relativement simple (A. Laplante, G. Claisse) Sur les alluvions tchadiennes sableuses se sont formés des sols ferrugineux tro-
0 à 10 cm : noir; grumeleux; friable. picaux qui varient avec la topographie.
10 à 40 cm : noir; compact et prismatique. Sur les zones exondées, ils sont ferrugineux tropicaux lessivés généralement sableux;
40 cm : basalte altéré. en gagnant les dépressions temporairement inondées, on trouve des sols ferrugineux
Aucune donnée analytique concernant ces sols n'est encore disponible. Il y a tout tropicaux hydromorphes en profondeur, puis hydromorphes dans tout le profil. Les dépressions
lieu de penser qu'ils on de fortes analogies avec des sols noirs décrits en Afrique centrale, peuvent également être occupées par des argiles tropicales.
à Madagascar et en Extrême-Orient, caractérisés par des teneurs importantes de matière
Dans les zones exondées ou inondées, souvent en bordure d'inondation, on peut
organique et une individualisation assez prononcée d'alumine.
rencontrer des sols halomorphes par taches généralement trop peu importantes pour être
cartographiables au l /2.000.000.
A Golompoui, A. Combeau a donné les descriptions suivantes de ces sols ferrugi-
neux tropicaux :
b. Les sols ferrugineux tropicaux 0 à 30 cm : horizon gris-noirâtre; nettement sableux; particu lai re; nombreuses
racines; s'éclaircit en profondeur.
30 à 180 cm : horizon beige: sableux; très meuble et particulaire avec légère ten-
Les sols ferrugineux tropicaux sont localisés essentiellement au Nord de la falaise dance à la compacité en profondeur.
de !'Adamaoua, dans une zone de climat tropical à deux saisons alternantes; ils appar- Le taux d'argile passe de 6 °/0 en surface à 14 °/0 à 130 centimètres.
tiennent au groupe des sols ferrugineux tropicaux peu ou non lessivés, pour lesquels le pro- Dans le même village, il a décrit un sol, hydromorphe en profondeur
cessus fondamental est l'individualisation des oxydes et hydroxydes de fer.
0 à 20 cm : horizon gris assez sombre; particulaire; très sableux; nombreuses
Ils ont été étudiés par H. Betrémieux, par les pédologues de l'[Link]. (G. Bache-
racines.
lier, G. Claisse, A. Combeau, M. Curis, A. Laplante, B. Lepautre, D. Martin, J. Pias) et,
20 à 70 cm : horizon beige; apparemment lessivé; sableux; très particulaire.
surtout pour la zone des alluvions tchadiennes, par ceux de la mission Logone-Tchad 70 à 160 cm : horizon beige à taches rouille de plus en plus denses en profondeur.
(J. Pias et Guichard). A. Vaillant a étudié les sols de la région du Diamaré.
Quelques concrétions. Encore sableux et particulaire: sable humide
On y distingue trois principaux ensembles : à partir de 130 centimètres (profil observé en février).
- les sols ferrugineux tropicaux formés sur roches éruptives et métamorphiques; 160 cm : horizon gris blanchâtre à taches rouille; compact; très dur bien
- les sols ferrugineux tropicaux de la cuvette tchadienne; que sabla-argileux.
- les sols ferrugineux tropicaux formés sur calcaires et schistes à cipolin. Souvent dans les dépressions, les sols sont enrichis en argile à faible profondeur
ou en surface, et l'on peut passer aux argiles noires tropicales qui contiennent parfois
des nodules calcaires dès la surface.
1. - SOLS FERRUGINEUX TROPICAUX FORMËS SUR ROCHES ËRUPTIVES
Caractéristiques physiques et chimiques. - Ces sols sont généralement sableux ou
ET MËTAMORPHIQUES
sabla-argileux en surface; en profondeur le taux d'argile augmente et ils peuvent devenir
argilo-sableux et même argileux.
On les trouve dans les régions de la Bénoué, du Margui-Wandala et une partie Leur réaction, en surface, va de franchement acide à neutre ou légèrement alcaline;
du Diamaré où la topographie est souvent accidentée; ils sont fréquemment érodés ou en profondeur elle peut devenir franchement alcaline lorsqu'il y a excès de sodium : on
squelettiques et le colluvionnement y est important. On y rencontre des sols encore passe alors aux sols à alcalis.
4
Les teneurs en matières organiques sont faibles (0,5 à 1,5 °/
0) et l'azote est déficient Ils sont en général difficilement récupérables pour l'agriculture. Il est nécessaire
(0,3-0,8 °/00)• de laisser après drainage, une partie de la matière organique se minéraliser.
La capacité d'échange varie avec la teneur en argile : très faible dans les sols les b. Les sols marécageux présentent en surface des accumulations très nettes de
plus sableux, 2 méq/IOOg, elle peut s'élever à 14 en surface et parfois plus en profondeur. matière organique transformée, sans aucun débris végétal. L'horizon humifère varie
de 30 à 60 centimètres. Au-dessous, on observe un horizon tacheté souvent très épais;
Calcium et magnésium échangeables existent généralement en quantités suffisantes;
il est rare d'atteindre un horizon gris dépourvu de taches.
le potassium échangeable est plus souvent faible. Il en est de même pour les bases totales.
Le sodium échangeable souvent assez abondant, peut même être en excès et l'on passe Ces sols présentent- des caractéristiques intéressàntes : ils sont peu argileux en
alors aux sols halomorphes. surface avec une structure souvent grumeleuse. Les teneurs en matière organique attei-
Ces sols manquent généralement de phosphore. gnent 20 °/o, et en azote total, ont de 5 à 10 °/w Le complexe absorbant présente une capa-
cité d'échange élevée, des teneurs intéressantes en chaux et potasse échangeables.
Utilisation. - Ils sont utilisés par les paysans, en tenant compte de la texture et du Les sols marécageux occupent de vastes surfaces dans la plaine du Haut-Noun
régime de l'eau, pour les mils, le coton, l'arachidG. annuellement submergée pendant plusieurs mois. La riziculture, le pâturage intensif
leur conviendraient, après des travaux d'assainissement.

Ill. - SOLS FERRUGINEUX TROPICAUX FORMÉS SUR CALCAIRES


ET SCHISTES À CIPOLIN 2., Les sols hydromorphes à concrétions, ont été étudiés par G. Bachelier
lors de sa prospection de la plaine des Mbo (au Sud-Sud-Ouest de Dschang). Voici un
profil caractéristique noté près de la rivière Mvou à son confluent avec le Nkam

A l'Est de la r~gion de la Bénoué on observe des calcaires et des schistes avec inter- 0 à 30 cm : gris; humifère; argile-sableux.
calation de lentilles de cipolin. Sur çes roches se sont formés des sols ferrugineux tro- 30 à 12Q cm : ocre; à concrétions ferrugineùses noires; argileux.
picaux de couleur rouge, généralement peu p;ofonds. 120 à 140 cm : forte concentration de concrétions ferrugineuses.
140 à 230 cm : gris, bigarré de rouge et ocre; argileux.
G. Bachelier a observé un profil près de Bidzar, dans une zone plane avec de nom-
230 cm et au-dessous : niveau de l'eau et horizon de gley typique.
breux affleurements de cipolin : ·
0 à 30 cm : horizon brun-rouge foncé; argileux à structure grumelo-nuciforme.
Ces sols présentent d'assez fortes teneurs en argile: 40 à 60 °/
0 ; le limon varie géné-
L'observation des graviers a montré des quartz aux arêtes vives, des
°/
ralement de 15 à 25 0 ; les sables sont très variables, de 10 à 50 °/
0• La réaction est acide
(pH de 5,2 à 6,4).
débris de schistes et des concrétions ferrugineuses hématisées plus
ou moins roulées. On n'a pas de valeur pour la matière organique totale. L'azote total est compris
à 30 cm : cipolin blanc très pur. entre 1 et 2 °/oo• l'humus est généralement supérieur à 1 °/oo en surface.
Près de la même localité D. Martin et M, [Link] observé un profil ;rnalogue sur Une quantité de bases assez faible est fixée sur le complexe (1 à 2 méq/100 g),
schistes, au voisinage d'affleurements de cipolin. du moins en surface; en profondeur, les valeurs sont presque nulles (0, 1 à 0,5).
0 à 10 cm : horizon brun foncé; sabla-argileux; très caillouteux. , Les réserves minérales sont assez peu importantes.
10 à 20 cm : horizon brun-rouge foncé; argile-sableux; également très caillouteux;
Des sols hydromorphes apparentés aux précédents peuvent être observés en
les cailloux, de 0 à 20 centimètres. sont des quartz et des blocs de
d'autres endroits du territoire : ils n'occupent sur la carte au 1/2.000.000 que des éten-
schiste altérés. dues très restreintes.
A partir de 20 cm : schiste altéré rouge. .
°/
A l'analyse, le schiste non altéré est légèrement calcaire (0,88 0 ) . ,

Propriétés physiques et chimiques. - D'après quelques analyses,. le sol ~st sablo- Il. - LES ARGILES NOIRES TROPICALES constituent une division importante
argileux en surface, puis devient rapidement argile-sableux. des sols hydromorphes.
La réaction est faiblement acide, le sol n'est pas calcaire; ses teneurs en: matières
organiques et en azote sont pauvres.
Le complexe absorbant est fortement saturé : les teneurs en calcium et en magné- Elles ne sont observées qu'au Nor~ de la falaise de Ngaoundéré où elles occu-
sium sont élevées, mais moyennes en potassium dont les réserves sont faibles; celles de pent des surfaces discontinues, mais très nombreuses, difficiles à représenter avec
calcium et surtout de magnésium sont importantes. Le phosphore est peu abondant. grande précision sur la carte au l /2.000.000.
Les analyses au réactif triacide ont donné des rapports silice/alumine compris Pratiquement, dans tous les travaux pédologiques concernant le Nord-Cameroun,
°/
entre 2 et 3; 70 à 80 0 du fer total sont sous forme de fer libre. de tels sols ont été rhentionnés (G. Bachelier, G. Claisse, M. Curis, D. Martin, J. Pias, etc.).

Utilisation. - Ces sols sont cultivés en mil; leur principal défaut est leur manque Les roches-mères, en général assez variées, renferment des quantités appréciables
de profondeur. de calcium : schistes, gneiss à amphibole, amphibolites, «roches vertes » de Maroua,
différentes catégories d'alluvions et de colluvions.
Ces sols sont le plus souvent argileux, colorés en noir ou brun foncé par des quan-
tités assez faibles de matière organique qui pénètre assez profondément dans le profil.
Des nodules calcaires y sont fréquents ou tout au moins le complexe est-il fortement
c. Les sols hydromorphes . saturé en chaux.
Voici quelques profils observés dans le Nord-Cameroun près de Kaélé (M. Curis) :
0 à 18 cm : gris-brun; argile-sableux; fragments de structure cubique; quelques
Les sols hydromorphes résultent essentiellement de l'action sur une roche-mère débris de roches et de minéraux (feldspaths, quartz, micas, etc.).
quelconque, pendant toute ou partie dè l'année, d'une nappe phréatique. 18 à 34 cm : gris-brun; argile-sableux; structure prismatique; quelques débris de
roches.
Le processus fondamental est la formation d'un gley auquel peuvent être associés,
34 à 50 cm : gris-brun; compact; argile-sableux; points calcaires.
assez indépendamment des conditions climatiques : accumulation de matière organique,
à 50 cm : roche gneissique en voie d'altération.
concrétionnement et cuirassement, calcification. Toutefois, dans le Nord, l'accumulation
de matière organique est faible ou inexistante, alors que la calcification, très fréquente, Des profils assez analogues peuvent être observés sur schistes et sur marnes dans
n'est pas observée dans le Sud. la zone syncli~ale de Peské-Bori, entre Guider et Garoua. Dans la plaine du Logone au
Nord de Yagoua, des matériaux alluviaux ont donné naissance à des sols de couleur sombre
Au Sud de la falaise de Ngaoundéré, les sols hydromorphes ont été cartographiés
et riches en concrétions calcaires qu'on peut classer dans ce groupe.
sous une rubrique unique en raison, soit de leur étendue restreinte, soit du peu de con-
naissance que nous en avons. Voici un profil observé par A. Combeau près de Kartoa (Nord de Yagoua) :
Dans le Nord, les sols qui relèvent de l'appellation générale d'argiles noires tropi- 0 à 10 cm : gris-noir; argileux.
cales sont relativement mieux connus. 10 à 110 cm : noirâtre; argileux; fentes de retrait très larges (6 à 7 cm), quelques
nodules calcaires vers 100 centimètres.
100 à 125 cm : jaunâtre; argileux; nodules calcaires plus nombreux.
125 cm et au-dessous gris : clair; très sableux.
1. - LES SOLS HYDROMORPHES de la moitié Sud de la carte appartiennent
aux groupes et sous-groupes suivants Les propriétés physiques et chimiques sont les suivantes :
- une granulométrie caractérisée par des teneurs en argile souvent très fortes
35 à 60 °/0 suivant
les roches-mères;
1. Sols à accumulation de matière organique, eux-mêmes divisés en sols - une réaction alcaline ou peu alcaline en profondeur; en surface, le pH est très
légèrement acide; ·
de marais et sols marécageux.
- de faibles teneurs en matière organique (1 à 2 °/
0) ainsi qu'en azote (0,4 à 0,8 °/00).
Le rapport CfN est compris entre 12 et 15;
- un complexe absorbant fortement saturé, présentant des teneurs en chaux
a. Les sols de marais sont caractérisés par une accumulation de matière orga-
échangeable particulièrement élevées (8 à 20 méq/ 1OO g); en potasse, elles sont souvent
nique assez peu décomposée, riche en débris végétaux de toutes sortes encore bien
très bonnes, et en sodium, peuvent être parfois importantes;
reconnaissables; au-dessous, se reconnaît un horizon gris ou tacheté. Le niveau de la
nappe phréatique est le plus souvent très élevé pendant toute l'année; le sol ne sèche - des réserves en potasse souvent considérables.
jamais et la transformation des produits végétaux est fortement inhibée. On ne dispose pas encore de renseignements précis sur la nature des argiles de
Ce genre de sols s'observe par exemple sous les forêts marécageuses du Sud et ces sols. Quelques analyses au réactif triacide ont donné des valeurs pour le rapport
de l'Ouest du territoire, sous les raphiales du pays Bamiléké. silice/alumine comprises entre 2,5 et 3.
5
Utilisation des argiles noires tropicales. - Les argiles noires sont cultivées par les surtout dans les horizons de surface des sols humides ou très organiques. L'azote est bien
populations locales en mil de saison sèche. Aux environs de Kaélé, ces sols supportent représenté dans les horizons supérieurs mais souvent un peu faible en profondeur.
des cultures de coton; dans la plaine du Logone, on y aménage des rizières.
Les différentes bases échangeables sont en teneurs satisfaisantes et équilibrées
entre elles; seul le potassium est parfois inégal en profondeur. La somme des bases varie
entre 20 et 40 méq; le degré de saturation est proche de 50 °/0 •
Les réserves minérales sont abondantes sauf en potassium qui peut être locale-
ment déficient. Les teneurs en phosphore sont variables mais généralement fortes.
d. Les sols jeunes
La fraction argileuse renferme parfois une phyllite à 10 Â du type illite mais on
n'a pas observé jusqu'ici de montmorillonite. Le rapport Si02/Al 2 0 3 est plus faible dans la
région de Nyombé que dans celle de Foumbot, et pour un même lieu, il diminue avec le
degré d'évolution du sol : Nyombé : 1,0 à 1,5; Foumbot : 1,4 à 2,4.
1. - LES SOLS DE LA SÉRIE VOLCANIQUE
Tous ces caractères indiquent une grande fertilité mais les réserves de potassium,
le phosphore total et l'azote assimilable sont parfois déficients. Pour une culture intensive,
il est nécessaire de s'assurer des besoins des sols en ces éléments, mais seuls des essais
L'âge de la roche-mère est prépondérant dans la discrimination des différents sur le terrain permettront de préciser les quantités à adopter. Il importe en outre de
types de sols formés sur roches volcaniques, car elle détermine une série continue de sols conserver les hautes teneurs en matières organiques qui sont à la base de la fertilité.
depuis des types peu évolués sur cendres ou basaltes récents jusqu'à des types ferrallitisés
évolués sur formations volcaniques anciennes. Ces sols, en revanche, sont très perméables, et quand ils sont situés sur une couche
épaisse de lapillis, risquent d'être rapidement secs en profondeur. Ils sont prospères dans
Compte tenu de ce qu'une topographie locale ou un micro-climat particulier peut les vallées quand une nappe phréatique peu profonde les humidifie; aux environs de
avancer ou retarder le degré d'évolution de chacun de ces sols, on peut en proposer le Foumbot, des sols rouges argileux et ferrallitiques enfouis sous les lapillis facilitent la
classement suivant : rétention de l'eau.

ROCHE-MÈRE SOLS
b. Les sols bruns sur basaltes récents.
--
1. Matériaux pyroclastiq ues :
Ces basaltes correspondent à des éruptions échelonnées pendant tout le qua-
.,; Cendres, lapillis. - Quaternaire récent. - Érup- Sols noirs.
<lJ
c tions vulcaniennes et péléennes.
ternaire; on les observe dans l'Ouest-Cameroun ainsi que dans !'Adamaoua où ils sont
::i
.~
surtout localisés suivant une ligne de fracture au Sud de Ngaoundéré.
V> 2. Basaltes récents :
0Vl Plus évolués que les sols sur lapillis, les sols bruns sont encore juvéniles et présen-
- Série récente. Sols bruns. tent un profil peu différencié de couleur brune et profond d'un à trois mètres en moyenne.
- Éruptions stromboliennes et vulcaniennes. Sols brun-rouge. La structure en est généralement grumeleuse, la porosité bonne et la perméabilité satis-
-- faisante. Ils possèdent une forte teneur en limon et sont généralement sablo-limoneux
- Série sub-récente, éruptions stromboliennes. Sols brun-rouge . ou argilo-limoneux; ils n'apparaissent vraiment argileux que dans la région de Mbanga.
.,;
-4)
::i 3. Pour mémoire : trachy-andésites du volcanisme moyen Les sols bruns sont généralement riches en matières organiques et peuvent en
0
>
-4)
peu représentées (Pliocène, d'après Bernard Gèze). renfermer plus de 10 °/ en surface; les teneurs en azote sont souvent bonnes. Le rapport
0

V>
4. Basaltes anciens :
CfN, satisfaisant pour les sols bien drainés, s'élève très vite quand ils sont engorgés.
ëi
Vl L'humus, bien que très variable, est en surface habituellement dosable.
Fin crétacé, début tertiaire, éruptions hawaïennes. Sols rouges ferrallitiques.
La capacité d'échange de bases (T) est souvent aussi forte que celle des sols sur
lapillis mais ils sont en général moins saturés. Selon leur degré d'évolution et leur situa-
Seuls nous intéressent ici les sols jeunes, ceux formés sur basaltes anciens ayant déjà tion, ces sols renferment en moyenne 10 à 20 méq/ 1OO g de bases échangeables; ils parais-
sent moins riches en Adamaoua que dans l'Ouest-Cameroun. Calcium, magnésium, potas-
été étudiés avec les sols ferrallitiques.
sium et sodium échangeables y présentent des teneurs convenables. Par les nombreux
Les sols liés au volcanisme récent se localisent dans l'Ouest et dans !'Adamaoua. débris de roches-mères qu'ils renferment, les sols bruns possèdent de bonne réserves
De Mbanga à Dschang, la pluviométrie varie de 2.000 à 3.000 millimètres avec des maxima en calcium et surtout en magnésium; mais les réserves en potassium étant souvent faibles,
de 4.000 à 5.000 millimètres sur les hauteurs. Dans la région de Foumbot-Foumban, elle cet élément est à surveiller dans les sols cultivés en permanence.
varie de 1.500 à 2.000 millimètres, et dans la région de Ngaoundéré de 1.500 à 1.600 milli-
mètres. Le régime des pluies, subéquatorial à allure tropicale dans l'Ouest, devient tro- Le phosphore assimilable est inégal mais le phosphore total généralement très
satisfaisant.
pical de transition dans !'Adamaoua, ce qui dans les deux cas correspond à une seule
saison sèche et une seule saison des pluies. L'altitude abaisse la température, dont les Le pH est faiblement acide et voisin de 6.
variations sont plus fortes dans !'Adamaoua que dans l'Ouest.
Le rapport Si0 2 /Al 2 0 3 varie de 1,5 à 3 dans les sols bruns de !'Adamaoua, et de
La végétation de ces sols dépend à la fois du lieu, de leur degré d'évolution, de 1,4 à 2,3 dans ceux de la plaine bananière où il pleut davantage.
l'action de l'homme qui exploite leur richesse chimique partout où un régime hydrique
et une gr-anulométrie défavorables ne l'en empêchent pas. On distingue Dans les fractions argileuses, la kaolinite apparaît le minéral essentiel et les
hydroxydes de fer et d'alumine sont d'autant plus abondants que les sols ont plus évolué
a. Les sols noirs sur lapillis; vers la couleur brun-rouge.
b. Les sols bruns sur basaltes récents;
Ces sols présentent donc une richesse chimique certaine; mais les plus riches
c. Les sols brun-rouge sur basaltes récents. sont aussi les plus caillouteux, et leur bilan hydrique est mauvais dans !'Adamaoua où
la saison sèche dure cinq mois; ils ne peuvent y être cultivés qu'en saison des pluies sauf
aménagements ou entretiens particuliers.
a. Les sols noirs sur lapillis.
Utilisation. - D'une manière générale, la culture permanente des sols bruns
nécessite en plus des mesures anti-érosives locales, l'entretien de la fraction organique
par une couverture de légumineuses, des enfouissements et des paillages. ~
Ces sols se localisent dans l'Ouest-Cameroun autour des édifices volcaniques récents Secondairement, si l'analyse et l'expérience le réclament, un apport léger mais
de nature vulcanienne, d'une part dans la plaine bananière à l'Ouest de Nyombé, et d'autre répété d'engrais potassique, parfois phosphaté et azoté peut être utile.
part au Nord-Ouest de Foumbot où ils supportent de belles plantations de caféiers d'Arabie.
On y trouve, dans l'Ouest-Cameroun, de grandes plantations de caféiers et de bana-
Par suite des variations pouvant exister dans la roche-mère, son épaisseur et son niers, quelques cacaoyères ainsi que des cultures indigènes répétées: macabo, taro,
degré d'évolution, il existe de nombreux sols intermédiaires, des squelettiques aux plus bananier plantain, manioc, igname, patate et voandzou.
évolués; nous n'envisagerons ici que le cas des sols déjà développés. Ces sols sont, d'après
le code des couleurs, généralement brun foncé; cependant on les appelle sols noirs, à la Dans !'Adamaoua, le mil reste la culture essentielle mais certains aménagements
fois en raison de la couleur généralement noire des lapillis, la tonalité foncée de leurs locaux ont permis de créer sur ces sols bruns d'excellents potagers.
horizons de surface et aussi pour les distinguer des sols bruns dérivés de basaltes récents,
qui eux, apparaissent réellement bruns à l'œil.
A la différence des sols ferrallitiques, leur évolution se marque par une indivi- c. Les sols brun-rouge sur basaltes récents.
dualisation importante des limons. D'abord squelettiques, ils sont ensuite successivement
sableux, sablo-limoneux, limono-sableux, argilo-limoneux et enfin argileux pour les plus
évolués, encore peu nombreux, qui sont les moins riches.
Ils peuvent résulter d'une évolution plus poussée de certains sols formés sur
Ils possèdent une belle structure grenue à grumeleuse et une texture grossière basalte récent, par suite de conditions topographiques ou micro-climatiques particulières,
permettant une bonne circulation de l'air et de l'eau. Leur porosité est très forte et mais habituellement, ils sont formés sur les basaltes sub-récents; on les rencontre dans
leur capacité de rétention d'eau élevée; néanmoins, dans la région de Foumbot, ces sols !'Adamaoua et au Nord-Ouest de Foumbot près de Bamendjin.
nécessitent une nappe phréatique assez proche pour ne pas souffrir de la sécheresse.
Non cartographiables au l /2.000.000, ces sols doivent être cités car ils représentent
Le pH de ces sols varie de 5,5 à 7,5. une transition entre les précédents et les sols rouges ferrallitiques formés sur basaltes
Leurs teneurs en matières organiques varient de 2 à 14 °/o en surface, mais dimi- anciens.
nuent rapidement en profondeur. Le rapport CfN indique une matière organique nor- Bien moins fertiles que les sols bruns, ils s'avèrent déjà très ferrallitisés. Les bases
malement évoluée et l'humus apparaît en général satisfaisant pour des sols tropicaux, échangeables sont inférieures à 10 méq/ 1OO g et des déficiences peuvent s'y manifester.
6
Telles se présentent, en résumé, nos connaissances actuelles sur les sols du Came
2. - LES SOLS ALLUVIAUX roun, encore très inégalement développéès. Bien des points sont encore mal connus.
tant en ce qui concerne leur étendue que leurs potentialités.
Deux faits méritent d'être soulignés
Les sols alluviaux ont été très peu étudiés au Cameroun. Ils n'occupent que des
bandes assez étroites le long des cours d'eau, et en raison de leur situation topographique, i • L'existence de sols intéressants :
ils évoluent relativement vite et se transforment en sols hydromorphes. a. Ceux, particulièrement fertiles, des zones volcaniques de l'Ouest et du Centre
Ils ont été observés dans différents secteurs de l'Ouest et du Sud : dans la plaine du pays;
des Mbo (G. Bachelier), à l'embouchure de la Sanaga et du Nyong (A. Vaillant et J. Lamou- b. Les sols hydromorphes variés, dans l'Ouest et le Nord, convenant à toute une
che), le long du Wouri où B. Lepoutre signale de très grandes hétérogénéités dans les gamme de cultures prudemment mécanisées.
coupes qu'il a pu observer.
J. Pias signale, accumulés derrière le bourrelet sableux qui prend en écharpe le 2° Une extrême sensibilité à l'érosion des sols non protégés par une couverture
Nord du territoire, des sols alluviaux plus ou moins évolués et partiellement alcalinisés arborée. Ceci est particulièrement vrai dans le Centre, l'Ouest et le Nord du pays où
Le long de la côte, pénétrant dans la baie du Wouri et les embouchures de la le faciès «savane » est dominant.
Sanaga et du Nyong. il existe des sols de mangrove (près de 100.000 ha) encore mal
connus. Décembre 1957.
P. SEGALEN,
Docteur ès Sciences,
3. - LES SOLS DE PENTE Directeur de Recherches à /'O.R.S. T.O.M.,
chef de la Section de Pédologie de /'Institut
de Recherches Scientifiques du Cameroun.
Un certain nombre de massifs montagneux, en particulier dans l'Ouest du terri- Avec la collaboration de :
toire, et des rebords de plateaux, ne portent que des sols assez minces soumis à une éro- MM. G. Bachelier, M. Curis, D. Martin,
sion accélérée lorsque la couverture forestière vient à disparaître. Il n'y a que peu de Pédologues de f'/.[Link].
données morphologiques ou analytiques les concernant. Ils sont très facilement détruits
en raison de leur position topographique.

Imprimerie Nationale. - J. A. 830153.


ATLA S o u CAMER 0 UN

Hl" 12" 14° 16°


·.

CAMERO UN

PÉDOL OGIE
ECHELLE 1 2.000 .000
0 100 200 Km .
12" =-~~~~~~-=~~~~~~""'

LÉGENDE

1 • SOLS FERRALLITIOUES Ill - SOLS HYDRO!'!ORPHES


Sols hvdromorphes non d1lléreoc.iés
- SOLS FERRALLITIQUES TYPIQUES . ._ _, (de marais, marécageux, \achetés, etc. .. )
Sols lerralliliques jaunes dérivés de roches sédimentaires sableuses
D ou argilo-sableuses ~ lmbritalion de sols hydromorphes el de sols lerral1itiques

D Sols ferrallitiques jaunes dérivés de roches métamorphiques


- ARGILES NOIRES TROPICALES

D Sols lerralliliques rouges dérivés de roches mélilmorph iques Sur roches calciques ou alluvions

~ 1mbricalion de sols rouges et jaunes Du bassin du Logone

Sols lerralliliques rouges dérivés de roches basaltiques Sur schistes


••
- SOLS FERRALLITIOUES CUIRASSÉS Argiles noires tropicales dans les sols sableux du Nord-Cameroun f
:
Horizons profonds des sols rouges lerrallitiques localement
8333 Argiles noires tropicales formées localement sur alluvions
....1
-
cuirassés et mis à nu, coricrétions ferrugineuses nombreuses
de la Bénoué
Grandes su rfaces cuirassées plus ou moins remaniées •
1()" IV - SOLS JEUNES
SOLS COMPLEXES DE SAVANES SOLS JEUNES DÉRIVÉS DE ROCHES VOLCANIQUES
Sols remaniés, çonçrélions et débris de cuirasse Sols noirs dérivés de lapilli •
~
~ Vestiges de sols Ferrallitiques dans les sols complexes de savane
~ Aricien appot"t éolien de cendres volcaniques

. SOLS FERRALLITIOUES HUMIFÈRES


- Sols bruns dérivés de basaltes Pala
- Sols bruns des massifs volcaniques de l'Ouest
SOLS ALLUVIAUX

11 • SOLS FERRUGINEUX TROPICAUX D Alluvions fluviatiles récentes


:
....

t
D Sols lessivés ou peu lessivés (peu profonds et arénacés dans les
régions montagneuses} - Alluvions fluviatiles [Link]
Bil kt; .....•••
(
~ ·Vestiges de !>Ols Ferratlitiques dans la zone de~ sols arénacé5

...
-
- Alluvions marines (mangrove)

Sols rouges dérivés de sc:histes el dpolins
SOLS DE PENTES I MOUNDOU
D Sols du N. Cameroun beiges ou rouges généralement sableu~
ocre~,
Per plates ' sols alluviaux hydromorphes, ou halomorphes .•.
·•••••···
.,.O: :

.;+++++++
[Link]

DIVERS

..
Sols à alcalis ou salés du Nord-Cameroun

Roches métamorphiques

0 Dolériles

Dunes


'"

Carnot

"~..•
1

a Eboko

4•

OCEAN

EBOLOWA
ATLANTIQUE

1
Campo
'

BAT

OYEM OUESSO
10" Est du Méridien International 12" 14° 16°

Cartographie par J, Combroux Cette carte établie en !957 a un caractère provisoire Orn•fo or '"'pmnôo o•>' Io SOCIÉ1É NOUVf(lf (If tARfOG~ANOE . p~,,,
Ségalen Pierre, Bachelier Georges (collab), Curis Michel
(collab), Martin Dominique (collab). (1958).
Les sols du Cameroun.
In : Atlas du Cameroun.
Yaoundé : IRCAM, 6 p.

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