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Étude du dépérissement du Cyprès vert

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UNIVERSITE DE TLEMCEN

Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie et Sciences de la Terre et de l’Univers

Département d’Ecologie et Environnement

Laboratoire de recherche
Valorisation des Actions de l’Homme pour la Protection de l’Environnement et
Application en Santé Publique

En vue de l’obtention du
Diplôme de Doctorat
En Ecologie animale
Présentée par Mr NICHANE Mohamed

Contribution à l’étude du dépérissement du Cyprès vert


(Cupressus sempervirens L.) dans les monts des Traras
Occidentaux (Wilaya de Tlemcen)
Soutenu le 19 / 10 / 2015

Devant le jury composé de :

Président Mme ABDELLAOUI Karima Professeur Université de Tlemcen


Directeur de Thèse Mr KHELIL Mohamed Anouar Professeur Université de Tlemcen
Co-directeur de Thèse Mr BOUHRAOUA Tarik Rachid Professeur Université de Tlemcen
Examinateurs Mr MEHDADI Zoheir Professeur Université de Sidi Bel Abbes
Mr PUJADE-VILLAR Juli Professeur Université de Barcelone
Melle BENIA Farida M. C. A Université de Sétif 1

Année universitaire : 2014 – 2015


Remerciements

Merci à notre Dieu de m’avoir donné la chance de suivre le chemin de la

science.
Ce travail est le fruit de la participation et le soutien de nombreuses personnes.
En premier lieu, je tiens à remercier de façon particulière et chaleureusement mon
Directeur de thèse Mr KHELIL Mohamed Anouar, Professeur à l’université de Tlemcen,
d’avoir accepté de diriger ce travail avec beaucoup d’attention et de soin. Je tiens à le
remercier pour ses aides fructueuses, ses orientations, ses conseils pertinents, sa gentillesse
et ses qualités humaines.
J’adresse mes sincères remerciements et ma profonde gratitude à mon Co-directeur de
thèse Mr BOUHRAOUA Rachid Tarik, Professeur à l’université de Tlemcen, pour son
dévouement, ses précieux conseils et son aide à la réalisation de ce travail.
J’adresse également mes remerciements à Mme ABDELLAOUI Karima, Professeur
à l’université de Tlemcen, pour avoir accepté de présider ce jury.
Mes sincères remerciements s’adressent également à Mr MEHDADI Zoheir,
Professeur à l’université de Sidi Bel Abbes, pour m’avoir fait l’honneur d’examiner ce
travail.
Je remercie chaleureusement Mr PUJADE-VILLAR Juli, Professeur à l’université de
Barcelone (Espagne), pour avoir bien accepté de faire partie du jury et pour l’effort qu’il a
déployé pour examiner ce travail.
Que Melle BENIA Farida, Maitre de conférence A à l’université de Sétif 1, trouve ici
toute ma gratitude d’avoir accepté de faire partie du jury et d’avoir pris le temps de juger ce
travail
Je tiens à remercier aussi Mr FELLAG Abdellatif, chef district des Forêts (Bab El
Assa) et ses employés pour l’aide précieuse qu’ils m’ont fourni et d’avoir mis à ma
disposition tout le matériel disponible pour réaliser « la partie terrain » de notre étude.
Tous mes remerciements à toutes les personnes qui m’ont apporté leur soutien et leur
aide. Je cite le personnel du Lycée de Bab El Assa, en particulier les responsables du
laboratoire des Sciences naturelles.
Je tiens à remercier également mes amis, tous ceux qui de près ou de loin, m’ont aidé
à la réalisation de ce travail.
Merci mille fois à ma femme Djamila, Professeur de mathématiques au Lycée de Bab
El Assa, pour sa patience, ses conseils et ses encouragements.
Dédicaces

Je dédie ce modeste travail à :

Mes très chers parents.

Celle que j’aime beaucoup ma femme, pour son amour et sa patience et ses
encouragements.
Mes beaux parents.

Mes frères et ma sœur.

Mes beaux frères.

Mes belles sœurs.

Toute ma famille.

Tous mes amis (es).

En fin à tous ceux qui m’ont aidé à mettre au point ce travail.

NICHANE. Med
Sommaire

Introduction générale 1
Chapitre I : Présentation du milieu d’étude : Monts des Traras
Occidentaux
1. Milieu physique 4
1.1. Localisation géographique 4
1.2. Topographie 5
1.3. Hydrographie 5
1.4. Géologie 6
1.5. Pédologie 6
2. Risques naturels 7
2.1. Erosions 7
2.2. Incendies des forêts 7
3. Climatologie 8
3.1. Facteurs climatiques 9
3. 1. 1. Les précipitations 9
3. 1. 2. Les températures 10
3.1.3. Humidité relative 14
3.1.4. Vents 15
4. Synthèse climatique 15
4.1. Amplitude thermique moyenne et indice de continentalité 16
4.2. Etage altitudinale de végétation 16
4.3. Indice de sécheresse estivale 17
4.4. Diagramme ombrothermique 17
4.5. Quotient pluviométrique et climagramme d’Emberger 18
5. La végétation 21
Chapitre II : Considérations générales sur le Cyprès vert
1. Historique et origine 22
2. Taxonomie 23
3. Caractéristiques botaniques 23
Sommaire

4. Caractéristiques écologiques 26
5. Associations végétales 26
6. Régénération 26
7. Opérations sylvicoles 26
8. Aménagement 27
9. Aire de répartition 27
10. Importance économique 28
Chapitre III : Problème du dépérissement
1. Concepts de dépérissement 30
2. Définitions et terminologie 32
3. Hypothèses relatives au dépérissement des forêts 33
3. 1. Hypothèse de l’acidification des écosystèmes 33
3. 2. Hypothèse du rôle de l’ozone 33
3. 3. Hypothèse d’une alimentation azotée déséquilibrée 33
3. 4. Hypothèse de l’interaction « climat – parasites – pollution atmosphérique » 33
4. Facteurs impliqués dans le dépérissement forestier 34
5. Types de dépérissement 36
6. Symptômes du dépérissement 36
7. Le dépérissement forestier dans le monde 37
8. Le dépérissement forestier en Algérie 39
9. Complexité de l’étude du dépérissement forestier 39
10. Conclusion 40
Chapitre IV : Matériels et méthodes
1. Installation des placettes 41
2. Forme et taille des placettes 42
3. Récolte de données 43
3. 1. Données stationnelles 45
3. 2. Données dendrométriques 47
4. 3. Données sanitaires 51
Sommaire

3. 3. 1. Diagnostic visuel 51
3. 3. 2. Méthodes de piégeage d’insectes 53
3. 3. 2. 1. Prélèvement de rameaux feuillés 54
3. 3. 2. 2. Prélèvement de cônes 54
3. 3. 2. 3. Piège vitre 55
3. 3. 2. 4. Arbres piège 58
4. Traitement de données stationnelles et dendrométriques 62
4. 1. Caractérisation individuelle des tiges du Cyprès 62
4. 1. 1. Caractérisation qualitative des tiges 62
4. 1. 2. Caractérisation dendrométrique des tiges 62
4. 2. Caractérisation des peuplements échantillonnés 63
4. 2. 1. Stratification des facteurs stationnels 63
4. 2. 2. Caractérisation dendrométrique du peuplement 63
4. 2. 3. Variabilité de la structure des peuplements en relation avec les facteurs
stationnels 64
4. 2. 4. Projection verticale et horizontale des tiges à l’intérieur des peuplements 64
4. 2. 5. Caractérisation sanitaire 64
4. 2. 5. 1. Taux de dépérissement 64
4. 2. 5. 2. Indice sanitaire 65
5. Traitement des données entomologiques 65
5. 1. Indices écologiques 66
5. 1. 1. Fréquence d’occurrence 66
5. 1. 2. L’abondance relative 66
5. 1. 3. La densité 66
5. 1. 4. Indice de diversité de Shannon Weaver 67
5. 1. 5. Equitabilité 67
5. 2. Analyse factorielle des correspondances (A. F. C) 67
5. 3. Evaluation de l’importance des dégâts causés par les insectes 68
5. 3. 1. Fréquence d’attaque 68
Sommaire

5. 3. 2. Densité d’attaque globale 68


5. 3. 3. Surface d’attaque d’une espèce 68
5. 3. 4. Indice d’intensité d’infestation 68
Chapitre V : Résultats et discussion
1. Description des tiges 69
1. 1. Caractérisation qualitative des tiges du Cyprès vert 69
1. 1. 1. Forme des tiges 69
1. 1. 2. Elagage naturel des tiges 71
1. 1. 3. Production de cônes (fructification) 71
1. 1. 4. Extension du houppier 72
1. 2. Caractérisation dendrométrique des tiges du Cyprès vert 73
1. 2. 1. Circonférence à 1. 30 m 74
1. 2. 2. Hauteur totale 76
1. 2. 3. Longueur des futs 78
1. 2. 4. Surface terrière 79
1. 2. 5. Surface du houppier 80
1. 2. 6. Volume du houppier 81
1. 3. Caractérisation symptomatologique du dépérissement du Cyprès vert 82
1. 3. 1. Symptomatologie architecturale du dépérissement du Cyprès vert 83
1. 3. 2. Description symptomatologique du dépérissement du Cyprès vert 89
1. 3. 3. Vitesse du dépérissement 96
1. 3. 4. Importance du dépérissement 99
2. Description des peuplements 99
2. 1. Caractérisation stationnelle 100
2. 1. 1. Topographie 100
2. 1. 2. Altitude 100
2. 1. 3. Exposition 101
2. 1. 4. Pente 102
2. 1. 5. Profondeur du sol 103
Sommaire

2. 1. 6. pH superficiel du sol 104


2. 2. Structure forestière des peuplements 105
2. 3. Caractérisation dendrométrique du peuplement de Cyprès 107
2. 3. 1. Densité totale des peuplements de Cyprès vert 107
2. 3. 2. Circonférence moyenne 108
2. 3. 3. Circonférence dominante 109
2. 3. 4. Catégories de diamètres 110
2. 3. 5. Hauteur total moyenne 111
2. 3. 6. Hauteur dominante 112
2. 3. 7. Facteurs d’élancement ou de stabilité 113
2. 3. 8. Surface terrière totale 113
2. 3. 9. Surface moyenne des houppiers 114
2. 3. 10. Volume moyen des houppiers 115
2. 4. Variabilité de la structure des peuplements en relation avec les facteurs
stationnels 116
2. 4. 1. Densité totale du Cyprès 117
2. 4. 2. Circonférence moyenne du Cyprès 117
2. 4. 3. Circonférence dominante du Cyprès 118
2. 4. 4. Hauteur totale moyenne du Cyprès 118
2. 4. 5. Hauteur dominante du Cyprès 119
2. 4. 6. Surface terrière totale du Cyprès 119
2. 4. 7. Surface moyenne du houppier du Cyprès 120
2. 4. 8. Volume moyen du houppier du Cyprès 120
2. 5. Sociabilité des tiges à l’intérieur des peuplements 121
2. 5. 1. Position sociale (hiérarchie) 121
2. 5. 2. Répartition spatiale des tiges à l’intérieur des peuplements 123
2. 5. 3. Densité totale 128
2. 6. Caractérisation sanitaire des peuplements 132
2. 6. 1. Répartition globale des tiges échantillonnées par classes de déficit foliaire 132
Sommaire

2. 6. 2. Répartition des placettes par classes de déficit foliaire 133


2. 6. 3. Répartition des placettes selon l’indice sanitaire 134
3. Relation entre le dépérissement et les différentes variables qualitatives
et dendrométriques 136
3. 1. Variabilité du dépérissement en relation avec les paramètres stationnels 136
3. 1. 1. Variabilité du dépérissement en relation avec la superficie 136
3. 1. 2. Variabilité du dépérissement en relation avec la topographie 137
3. 1. 3. Variabilité du dépérissement en relation avec l’altitude 138
3. 1. 4. Variabilité du dépérissement en relation avec l’exposition 139
3. 1. 5. Variabilité du dépérissement en relation avec la pente 139
3. 1. 6. Variabilité du dépérissement en relation avec la profondeur du sol 140
3. 1. 7. Variabilité du dépérissement en relation avec le pH superficiel du sol 140
3. 2. Variabilité du dépérissement en relation avec les paramètres dendrométriques 141
3. 2. 1. Variabilité du dépérissement en relation avec la densité totale des
peuplements 141
3. 2. 2. Variabilité du dépérissement en relation avec la densité totale des Cyprès 142
3. 2. 3. Variabilité du dépérissement en relation avec la circonférence moyenne 142
3. 2. 4. Variabilité du dépérissement en relation avec la circonférence dominante 143
3. 2. 5. Variabilité du dépérissement en relation avec la hauteur totale moyenne 143
3. 2. 6. Variabilité du dépérissement en relation avec la hauteur dominante 143
3. 2. 7. Variabilité du dépérissement en relation avec la surface terrière totale 144
3. 2. 8. Variabilité du dépérissement en relation avec la surface de houppiers 144
3. 2. 9. Variabilité du dépérissement en relation avec le volume de houppiers 145
4. Rôle des insectes dans le dépérissement du Cyprès vert 145
4. 1. Composition du peuplement entomologique 145
4. 1. 1. Liste globale 145
4. 1. 2. Répartition des spécimens par ordre systématique 151
4. 1. 2. 1. Ordre des Coléoptères 151
4. 1. 2. 2. Ordre des Lépidoptères et Hyménoptère 152
Sommaire

4. 1. 2. 3. Ordre des Homoptères et Orthoptères 154


4. 1. 2. 4. Ordre des Hémiptères, Dermaptères et Mantoptères 155
4. 1. 3. Distribution des spécimens par aptitude trophique 155
4. 1. 4. Distribution des spécimens par type de piégeage 157
4. 1. 5. Distribution des spécimens par station 158
4. 2. Exploitation du peuplement entomologique par des indices
écologiques et analyse factorielle des correspondances (A. F. C) 159
4. 2. 1. Exploitation du peuplement entomologique par des indices écologiques 159
4. 2. 1. 1. Fréquence d’occurrence 159
4. 2. 1. 2. Abondance relative et densité 161
4. 2. 1. 3. Indice de diversité de Shannon Weaver et équitabilité 163
4. 2. 2. Analyse factorielle des correspondances (A. F. C) 163
4. 3. Structure et distribution spatiale du peuplement des principaux xylophages 165
4. 3. 1. Abondance relative des insectes xylophages 165
4. 3. 2. Origine et biogéographie des insectes xylophages recensés 166
4. 3. 3. Richesse spécifique des insectes xylophages 168
4. 3. 4. Variation de la richesse spécifique en fonction des classes de santé des
arbres 169
4. 3. 5. Variation de la richesse spécifique en fonction des différents niveaux de
l’arbre 170
4. 4. Evaluation et importance des attaques des principaux xylophages du Cyprès
vert 174
4. 4. 1. Fréquence et densité globale d’attaque 174
4. 4. 2. Surface d’attaque des principaux xylophages 175
4. 4. 3. Indice d’intensité d’infestation 176
4. 5. Conclusion 180
Conclusion générale 181
Références bibliographiques 187
Liste des figures

Figure 1: Localisation de la zone d’étude. 4


Figure 2: Diagrammes ombrothermiques de BAGNOULS et GAUSSEN (1953) de la
station de référence et la zone d’étude. 18
Figure 3: Climagramme d’EMBERGER. 20
Figure 4: Diversité de la végétation forestière. 21
Figure 5: Cyprès vert (Cupressus sempervirens L). 24
Figure 6 : Etapes de formation de la graine du Cupressus sempervirens L. 25
Figure 7: Aire de répartition du Cupressus sempervirens L. 28
Figure 8: Représentation sous forme de spirale du processus de dépérissement. 35
Figure 9: Localisation des placettes d’étude. 42
Figure 10: Présentation schématique des placettes concentriques. 43
Figure 11: Fiche descriptive des placettes. 44
Figure 12: Fiche de référence. 45
Figure 13: Situation topographique décrite selon un indice topographique. 46
Figure 14: Recommandations à suivre lors de mesures du DHP. 48
Figure 15: Mesures de hauteurs d’un arbre. 49
Figure 16: Emplacement de la base du houppier vivant. 50
Figure 17: Mesures de projection horizontale du houppier. 51
Figure 18: Principe de la méthode ARCHI. 53
Figure 19: Prélèvement de rameaux feuillés. 54
Figure 20: Prélèvement cônes. 55
Figure 21: Piège vitre. 56
Figure 22: Installation des piges-vitre dans les trois stations. 57
Figure 23: Arbres piège. 58
Figure 24: Schéma d’un Cyprès abattu montrant les différents niveaux à partir
desquels les rondins ont été échantillonnés. 60
Figure 25: Schéma montrant le dispositif d’un éclosoir. 61
Figure 26: Distribution des tiges de Cyprès vert selon leurs formes. 70
Figure 27: Fréquences relatives des strates de la forme des tiges de Cyprès vert. 70
Figure 28: Fréquences relatives des classes d’élagage naturel. 71
Figure 29: Fréquences relatives de la production de cônes. 72
Figure 30: Fréquences relatives des strates d’extension du houppier. 73
Figure 31: Fréquences relatives des tiges de Cyprès selon leur état sanitaire. 74
Figure 32: Fréquences relatives des classes de circonférences à 1.30 m de tiges de
Liste des figures

Cyprès selon l’état sanitaire. 75


Figure 33: Fréquences relatives des catégories de diamètres des tiges de Cyprès selon
l’état sanitaire. 76
Figure 34: Fréquences relatives des classes de hauteurs totales des tiges de Cyprès
selon l’état sanitaire. 77
Figure 35: Fréquences relatives des classes de longueurs de futs des tiges de Cyprès
selon l’état sanitaire. 79
Figure 36: Fréquences relatives des classes de surfaces terrières des tiges de Cyprès
selon l’état sanitaire. 80
Figure 37: Fréquences relatives des classes de surfaces de houppiers des tiges de
Cyprès selon l’état sanitaire. 81
Figure 38: Fréquences relatives des classes de volumes de houppiers des tiges de
Cyprès selon l’état sanitaire. 82
Figure 39: Desséchement des aiguilles du Cyprès vert. 83
Figure 40: Déficit foliaire du Cyprès vert. 84
Figure 41: Perte de rameaux courts du Cyprès vert. 85
Figure 42: Perte de ramilles du Cyprès vert. 86
Figure 43: Perte de rameaux longs du Cyprès vert. 87
Figure 44: Symptomatologie architecturale du dépérissement du Cyprès vert. 88
Figure 45: Cyprès vert sain (Stade 0). 89
Figure 46: Cyprès vert affaibli (Stade 1). 90
Figure 47: Cyprès vert en début de dépérissement (Stade 2). 91
Figure 48: Cyprès vert faiblement dépéris (Stade 3). 92
Figure 49: Cyprès vert moyennement dépéris (Stade 4). 93
Figure 50: Cyprès vert gravement dépéris (Stade 5). 94
Figure 51: Cyprès vert mort sur pied (Stade 6). 95
Figure 52: Cyprès vert anciennement dépéris (Stade 7). 96
Figure 53: Dépérissement chronique. 98
Figure 54: Dépérissement aigu. 98
Figure 55: Dépérissement isolé et massif. 99
Figure 56 : Fréquences relatives d’indices topographiques. 100
Figure 57: Fréquences relatives des classes altitudinales. 101
Figure 58: Fréquences relatives des strates d’expositions. 102
Figure 59: Fréquences relatives des classes de pentes. 103
Liste des figures

Figure 60: Fréquences relatives des strates de profondeurs du sol. 104


Figure 61: Fréquences relatives des catégories de pH du sol. 105
Figure 62: Structure forestière du peuplement. 106
Figure 63: Fréquences relatives des classes de densités totales des peuplements. 107
Figure 64: Fréquences relatives des classes de densités totales de Cyprès vert. 108
Figure 65: Fréquences relatives des classes de circonférences moyennes de Cyprès
vert. 109
Figure 66: Fréquences relatives des classes de circonférences dominantes de Cyprès
vert. 110
Figure 67: Fréquences relatives des catégories de diamètre. 111
Figure 68: Fréquences relatives des classes de hauteurs totales moyennes du Cyprès
vert. 112
Figure 69: Fréquences relatives des classes de hauteurs dominantes du Cyprès vert. 113
Figure 70: Fréquences relatives des classes des surfaces terrières totales du Cyprès
vert. 114
Figure 71: Fréquences relatives des classes des surfaces terrières totales du Cyprès
vert. 115
Figure 72: Fréquences relatives des classes des volumes de houppiers du Cyprès vert. 116
Figure 73: Différentes positions sociales des tiges à l’intérieur des peuplements. 122
Figure 74: Hiérarchie des Cyprès selon leur statut social. 123
Figure 75: Projection verticale de la placette 12. 124
Figure 76: Projection verticale de la placette 22. 125
Figure 77: Projection verticale de la placette 18. 126
Figure 78: Projection verticale de la placette 15. 127
Figure 79: Projection verticale de la placette 7. 128
Figure 80: Projection verticale de la placette 9. 129
Figure 81: Projection horizontale de la placette 24. 130
Figure 82: Projection horizontale de la placette 19. 131
Figure 83: Projection horizontale de la placette 3. 131
Figure 84: Distribution globale des arbres de Cyprès vert par classes de déficit foliaire. 133
Figure 85: Répartition par placette des classes de déficit foliaire. 134
Figure 86: Fluctuation de l’indice sanitaire au niveau des 25 placettes d’étude. 135
Figure 87: Etat sanitaire du Cyprès vert Cupressus sempervirens. 136
Figure 88: Photographies de quelques espèces recensées dans la zone d’étude 150
Liste des figures

Figure 89: Répartition des insectes capturés par ordre systématique. 151
Figure 90: Répartition des Coléoptères par famille. 152
Figure 91: Répartition des Lépidoptères par famille. 153
Figure 92: Répartition des Hyménoptères par famille. 153
Figure 93: Répartition des Homoptères par famille. 154
Figure 94: Répartition des Orthoptères par famille. 155
Figure 95: Distribution des spécimens par aptitude trophique. 156
Figure 96: Distribution des spécimens par type de piégeage. 158
Figure 97: Distribution des spécimens par station. 158
Figure 98: Représentation graphique des groupements « espèces – stations » dans le
plan réduit F1-F2 165
Figure 99: Abondance relative des xylophages par famille des trois stations. 166
Figure 100: Spectre biogéographique des xylophages récoltés dans les trois stations. 168
Figure 101: Richesse spécifique des xylophages des trois stations. 169
Figure 102: Distribution des insectes xylophages selon les niveaux de l’arbre. 173
Figure 103: Dégâts et système de galeries de Scolytus sp. 177
Figure 104: Dégâts et système de galeries de Pityokteines curvidens. 178
Figure 105: Dégâts et système de galeries de Pissodes sp. 179
Figure 106: Système de galeries de Anthaxia sp. 179
Liste des tableaux

Tableau 1: Répartition et évolution du nombre et des superficies incendiées entre 2000


– 2009. 8
Tableau 2: Les données pluviométriques (mm) mensuelles et annuelles de la station de
référence de Ghazaouet pour les deux périodes. 9
Tableau 3: Le régime saisonnier des pluies de la station de référence de Ghazaouet
entre la période 1913-1938 et la période 1970-2011. 10
Tableau 4: Températures minimales moyennes en (°C) enregistrées au niveau de la
station de référence de Ghazaouet. 10
Tableau 5: Températures maximales moyennes en (°C) enregistrées au niveau de la
station de référence de Ghazaouet. 11
Tableau 6: Températures moyennes mensuelles et annuelles (°C) enregistrées au
niveau de la station de référence de Ghazaouet. 11
Tableau 7: Indice de continentalité de la station de référence. 12
Tableau 8: Résultats de la correction des précipitations pour la période 1970-2011. 13
Tableau 9: Régime saisonnier de la zone d’étude (1970-2011). 13
Tableau 10: Résultats de la correction thermique pour la période 1970-2011. 14
Tableau 11: Moyennes mensuelles et annuelle de l’humidité relative de l’air dans la
station de référence (période d’observation 2005-2011). 15
Tableau 12: Moyennes mensuelles et annuelle de la vitesse du vent dans la station de
référence (période d’observation 2005-2011). 15
Tableau 13: Indice de continentalité de la zone d’étude. 16
Tableau 14: Valeurs thermiques et étages de végétation des espèces résineuses de la
région des Traras Occidentaux. 16
Tableau 15 : Indice de sécheresse estivale de la zone d’étude. 17
Tableau 16: Les paramètres climatiques caractérisant le bioclimat de la zone d’étude
pour les deux périodes. 19
Tableau 17: Différence des caractères botaniques des trois espèces de cyprès
méditerranéens endémiques de l’Algérie. 22
Tableau 18: Quelques exemples de mortalité des forêts. 38
Tableau 19: Niveaux d’observations et questions posées sur terrain. 52
Tableau 20: Caractéristiques biotiques et abiotiques des trois stations. 54
Tableau 21: Caractéristiques des emplacements des pièges-vitre au niveau des trois
stations. 56
Tableau 22: Calendrier d’abattage d’arbres-piège dans chaque station. 59
Liste des tableaux

Tableau 23: Classes de notation de déficit foliaire et les principales catégories


sanitaires d’ d’arbres. 59
Tableau 24: Caractéristiques dendrométriques et sanitaires des arbres abattus. 60
Tableau 25: Principales catégories de dépérissement prises en compte en fonction de
l’indice sanitaire (IS) calculé. 65
Tableau 26: Caractéristiques statist iques de la circonférence des tiges de Cyprès vert. 74
Tableau 27: Caractéristiques statist iques de la hauteur totale des tiges de Cyprès vert. 77
Tableau 28: Caractéristiques statist iques de la longueur des futs des tiges de Cyprès
vert. 78
Tableau 29: Caractéristiques statist iques de surfaces terrières des tiges de Cyprès vert. 79
Tableau 30: Caractéristiques statistiques de surfaces de houppiers des tiges de Cyprès
vert. 81
Tableau 31: Caractéristiques statistiques de volumes de houppiers des tiges de Cyprès
vert. 82
Tableau 32: Stratification des facteurs stationnels. 116
Tableau 33: Analyse de la variance de la densité totale des peuplements du Cyprès en
rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%. 117
Tableau 34: Analyse de la variance de la circonférence moyenne des peuplements du
Cyprès en rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%. 118
Tableau 35: Analyse de la variance de la circonférence dominante des peuplements du
Cyprès en rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%. 118
Tableau 36: Analyse de la variance de la hauteur totale moyenne des peuplements du
Cyprès en rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%. 119
Tableau 37: Analyse de la variance de la hauteur dominante des peuplements du
Cyprès en rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%. 119
Tableau 38: Analyse de la variance de la surface terrière totale des peuplements du
Cyprès en rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%. 120
Tableau 39: Analyse de la variance de la surface moyenne du houppier du Cyprès en
rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%. 120
Tableau 40: Analyse de la variance du volume moyen du houppier du Cyprès en
rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%. 121
Tableau 41: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec les
superficies concentriques au seuil de signification de 95%. 137
Liste des tableaux

Tableau 42: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la


topographie au seuil de signification de 95%. 137
Tableau 43: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec
l’altitude au seuil de signification de 95%. 138
Tableau 44: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec
l’exposition au seuil de signification de 95%. 139
Tableau 45: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
pente au seuil de signification de 95%. 140
Tableau 46: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
profondeur du sol au seuil de signification de 95%. 140
Tableau 47: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec le pH
superficiel du sol au seuil de signification de 95%. 141
Tableau 48: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
densité totale es peuplements au seuil de signification de 95%. 141
Tableau 49: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
proportion de mélange des peuplements au seuil de signification de 95%. 141
Tableau 50: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
densité totale des Cyprès au seuil de signification de 95%. 142
Tableau 51: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
circonférence moyenne au seuil de signification de 95%. 142
Tableau 52: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
circonférence dominante au seuil de signification de 95%. 143
Tableau 53: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
hauteur totale moyenne au seuil de signification de 95%. 143
Tableau 54: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
hauteur dominante au seuil de signification de 95%. 144
Tableau 55: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
surface terrière totale au seuil de signification de 95%. 144
Tableau 56: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
surface de houppiers au seuil de signification de 95%. 145
Tableau 57: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec le
volume de houppiers au seuil de signification de 95%. 145
Tableau 58: Liste des insectes inventorié obtenus par les quatre méthodes de piégeage
dans les trois stations d’étude. 145
Liste des tableaux

Tableau 59: Fréquence d’occurrence et la constance des espèces. 159


Tableau 60: Abondance relative et densité des insectes inventoriés dans les trois
stations. 161
Tableau 61: Diversité de Shannon Weaver et équitabilité des espèces capturées dans
les trois stations. 163
Tableau 62: Répartition biogéographique des insectes xylophages récoltés. 167
Tableau 63: Variation de la richesse spécifique des xylophages selon les classes de
dépérissement. 170
Tableau 64: Mensuration des différents diamètres des rondins (cm) selon les niveaux
de l’arbre et les classes de l’état sanitaire. 171
Tableau 65: Distribution des principaux xylophages du Cyprès vert en fonction des
différents niveaux de l’arbre. 171
Tableau 66: Etat des rondins décortiqués par stations et par classes de dépérissement. 174
Tableau 67: Evaluation de l’importance des dégâts causés par les principales espèces
xylophages. 175
Tableau 68: Surface d’attaque des principaux xylophages. 175
Tableau 69: Intensité d’infestation (nombre de trous par m2) selon les différents
niveaux de l’arbre et les classes de dépérissement. 176
Introduction générale

Introduction générale
Les forêts méditerranéennes couvrent environ 81million d’hectares (9.4% de
la superficie forestière mondiale) et sont constituées d’une mosaïque d’essences
forestières feuillues et résineuses (MUGNOSSA et al., 2000). Ces forêts rendent
des services écologiques, sociaux, économiques et esthétiques nécessaires à la vie
et au bien être humain (LUYSSAERT et al., 2010 ; FAO, 2010). Elles se
caractérisent par une grande hétérogénéité qui favorise l’adaptation de multiples
formations végétales, elles demeurent cependant soumises à un climat irrégulier
et à des perturbations fréquentes qui entrainent une certaine fragilité de ses
écosystèmes. Cette situation se complique davantage du fait de l’extension des
activités humaines en forêts telles que l’agriculture, l’élevage, l’urbanisation qui
conduit inéluctablement au recul du couvert forestier à la réduction de sa
biodiversité (ADJAMI, 2008).
En Algérie, les forêts et les maquis couvrent 4,1 millions d’hectares soit un
taux de boisement de 16,4% pour le nord et de 1,7% seulement si les régions
sahariennes arides sont également prises en considération. Ces taux de boisement
sont évidemment très insuffisants pour assure l’équilibre physique et biologique.
Le pin d’Alep occupe une superficie de plus d’un million d’ha suivi par le chêne
liège et le chêne vert. Parmi les espèces endémiques secondaires, se sont les
cupressacées, surtout le Thuya Tetraclinis articulata et les Genévriers qui
constituent la majorité des formations forestières et pré-forestières en zone
montagneuse sèche. Ces formations sont d’une très grande importance sur les
plans écologiques, à travers leur rôle de protection contre les processus de
désertification et d’érosion, très dynamiques dans ces régions.
En Algérie, le genre Cupressus se trouve, sauf quelques rares petites
formations, à l’état d’arbre isolé ou utilisé comme brise-vent ou arbre d’ornement
ou d’alignement. Les espèces endémiques ou naturalisées de ce genre sont : le
cyprès du Tassili (Cupressus dupreziana A. Camus), le cyprès de l’Atlas
(Cupressus atlantica Gaussen), le cyprès toujours vert (Cupressus sempervirens
L). Le cyprès de l’Arizona (Cupressus arizonica Greene) est une espèce
introduite et pas très utilisée.
Le Cyprès vert Cupressus sempervirens L. est utilisé surtout comme brise-
vent dans les régions à risque de vents violents. Pendant la période coloniale, dans
la plaine de Mitidja et celle de Mohammedia où il a été planté de vastes champs

Page 1
Introduction générale

d’agrumes, cette espèce massivement afin de border et délimiter ces champs


servant comme abris et créer un microclimat favorable à la culture des agrumes.
Actuellement cette espèce est répandue et utilisée par la population locale
comme espèce permettant de délimiter leurs champs (cultures maraîchères,
arboriculture, autres&) surtout après le problème de morcellement (partage et
subdivision des terrains agricoles par héritage entre une même famille). Dans les
zones montagneuses, cette espèce est rarement utilisée dans les travaux de
conservation des sols à risque d’érosion hydrique et éolienne. Il est présent
partout dans les cimetières musulmans, chrétiens et juifs (LARBI et
BELHGHERBI, 2007).
Le problème de la dégradation sanitaire des écosystèmes forestiers (feuillus et
conifère) est connu depuis la fin du 19 ème
siècle. Il s’est accru dans de nombreux
pays au début du siècle dernier, en Europe notamment, mais aussi en Amérique.
L’apparition de phénomène spectaculaire connu sous le nom de «déclin» ou
dépérissement n’a pris un caractère vraiment inquiétant qu’au début des années
1980 (DELATOUR, 1983; BONNEAU et LANDMANN, 1988). Cette
dégradation, caractérisée par des anomalies diverses, a été signalée pour la
première fois par de nombreux auteurs comme (CHARARAS, 1980; SOUSA et
ATAY KADIRI, 2005). Plusieurs facteurs défavorables ont été impliqués dans ce
processus qui présente souvent deux phases ; une phase d’affaiblissement suivie
d’une phase de dépérissement proprement dite (BOUHRAOUA, 2003). Ce
phénomène peut être divisé en deux groupes interdépendants. Le premier,
difficilement contrôlable, englobe les problèmes liés à la physiologie et l'écologie
de l'arbre, comme le vieillissement (SORK et BRAMBLE, 1993) et le second
concernant certaines contraintes, abiotiques comme les conséquences de la
sécheresse, l’absence de sylviculture, les incendies, le surpâturage, ainsi que
l’action de l’homme et biotiques empêchant la régénération naturelle, notamment
la prédation exercée sur chaque partie de l’arbre (le tronc, les branches, les
feuilles, les rameaux et les cônes) par les champignons et les insectes
(FRANCESCHINI et al.,1993, MUNOZ et al., 1996, LORIMEER et al., 1994;
ASMRFC, 1998).
Les insectes interviennent très souvent dans le processus de dépérissement,
soit comme facteur primaire déclenchant le phénomène, soit comme facteur
secondaire accentuant et amplifiant le processus au cours du temps. Les espèces

Page 2
Introduction générale

sous-corticole et xylophage en particulier qui provoquent les dégâts les plus


importants se rencontrent parmi dix familles appartenant aux ordres des
Coléoptères, des Hyménoptères et des Lépidoptères. Les Coléoptères sont de loin
les plus riches en espèces xylophages avec notamment les Scolytidae. Cette
famille est placée par de nombreux auteurs au premier rang des ennemis naturels
des forêts de conifères, et qui sont responsables de plus de 70 % des dégâts
(CHARARAS, 1974).
Les problèmes sanitaires des Cyprières algériennes remontent au début du
siècle dernier suite à l’apparition du phénomène de dépérissement, surtout au
centre et même à l’ouest, sur des jeunes sujets et des arbres adultes (ANONYME,
1914). Au milieu du siècle dernier, de nombreux peuplements présentaient déjà
des symptômes graves d’affaiblissement (BOUDY, 1955; NATIVIDADE,
1956). Cette situation qui a sévi jusqu’aux années 90, a engendré une réduction de
la superficie des Cyprières dont près de la moitié s’est transformé en maquis.
Actuellement, la majorité des Cyprières se trouvent dans un état déplorable et une
grande partie est vouée encore à disparaitre. À cet effet, une série d’hypothèses a
été émise pour essayer d’expliquer les principales causes probables de mortalité
de cet arbre.
L’insuffisance des études et des travaux dans ce milieu fragile sur cette
précieuse espèce, leur importance environnementale ainsi que l’aggravation de ce
risque de dégradation a suscité l’ampleur de cette dégradation tant sur le plan
qualitatif et quantitatif.
Dans cette optique, notre travail s’est focalisé sur l’étude du dépérissement du
Cyprès vert Cupressus sempervirens L. dans les monts des Traras Occidentax.
Cette étude a lieu au niveau de 25 placettes installées dans la région de Bab El
Assa et Marsa Ben M’hidi, soit 450 tiges échantillonnés. Ce travail est scindé en
cinq chapitres. Nous présentons dans un premier chapitre le milieu d’étude
(Monts des Traras Occidentaux). Le second est consacré à une synthèse
bibliographique sur le Cyprès vert Cupressus sempervirens L.. Le problème du
dépérissement dans le monde et particulièrement en Algérie constitue le troisième
chapitre. Les matériels et méthodes adoptés feront l’objet d’un quatrième
chapitre. Nos résultats, discussion et interprétation sont étudiés dans le dernier
chapitre. Les résultats présentés par une discussion générale constituent le dernier
chapitre.

Page 3
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

1. Milieu physique
1. 1. Localisation géographique
Les Traras Occidentaux ou région de M’Sirda, région reconnue par les opérations de
délimitation entreprises entre 1905-1923. Administrativement, cet espace s’étend sur une
superficie de 338 km2, et concerne quatre communes :
1- la commune de Bab El Assa.
2- la commune de Souk Tleta.
3- la commune de M’Sirda Fouaga.
4- la commune de Marsa Ben M’hidi.
La région est située à l’extrémité occidentale de l’Algérie (Fig. 1), touche à la fois la mer
méditerranée et le royaume du Maroc avec les limites suivantes :
 Au nord, la mer méditerranée.
 A l’est, la commune de Souahlia.
 Au sud, la commune de Maghnia.
 A l’ouest, les frontières Algéro-marocaine.

Figure 1 : Localisation de la zone d’étude (GOOGLE MAP, 2014)

Page 4
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

1. 2. Topographie
L’espace dans son ensemble présente le caractère montagneux, à l’exception d’une
plaine assez peu étendue qui se trouve sur la frontière entre les douars de Beni Mengouch et
Attia et qui est le prolongement de la plaine marocaine des Terrifia.
Les aspects de l’arrière pays changent en moyenne tous les vingt kilomètres (20 km)
selon la nature des roches qui affleurent successivement dans les trois massifs de Beni
Mengouch, de M’Sirda et de Souahlia (THINTOIN, 1960).
Les altitudes varient entre 100m-600m. Elles peuvent atteindre les 600 m, c’est le cas de
Djebel Zindel (618m).
Il existe plusieurs classes de pentes dont les dominantes sont en général supérieures à
25%, alors que seulement 15% de superficie ont des pentes comprises entre 12 et 15%.
1. 3. Hydrographie
Le massif renferme un réseau hydrographique relativement important constitué de
plusieurs oueds dont les plus importants sont :
 Oued Kiss, il prend naissance dans le territoire marocain. Il rentre en confluence avec
Oued El Malha au niveau de Bab El Assa avant de se déverser dans la mer méditerranée
au niveau de l’agglomération de Marsa Ben M’hidi. Il représente aussi une limite
administrative d’état (frontière avec le Maroc). Le long de cet Oued peut être identifié
trois petites aires d’irrigation bien distinctes : le Kiss aval, le Kiss amont et Oued Sidi
Slimane totalisant une superficie prés
de 300 ha.
 Oued Kouarda: il draine sous bassin de 82 km2. Il est formé par le versant nord de Bab El
Assa et Djebel Zendel. La totalité de ses affluents (Oued Berhoum, Oued Mizab, Oued
Ouaddane) se rejoignent au niveau de la commune de Souk Tleta. Ils donnent naissance à
un cours d’eau très encaissé qui se jette au niveau de la plage de Ouled Ben Aïd.
D’une manière générale, la région des Traras Occidentaux est caractérisée par un
bassin hydrogéologique qui s’étend de la commune de Souk Tleta jusqu'à la frontière
algéro-marocaine. Les faibles précipitations que reçoit cette région, la structure
pédologique des sols (en majorité argilo marneuse) ainsi que la faible couverture
végétale sont autant d’éléments qui favorisent beaucoup plus le ruissellement (AUBERT
et MANJAUZE, 1946).
De ce fait, les eaux pluviales sont presque entièrement canalisées par un réseau
hydrographique très ramassé qui rejoint rapidement la mer.
Toutefois, deux exceptions peuvent être soulevées :

Page 5
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

 La vallée du Kiss dispose d’une nappe d’importance locale dans sa partie aval.
L’inconvénient de l’exploitation de cette dernière réside dans la remontée des sels marins
pendant les périodes d’étiages ce qui les rend parfois inconsommables.
 Le versant nord de Djebel Zendel qui représente le bassin le mieux arrosé de toute la
partie occidentale. Plusieurs émergences de sources sont à l’origine d’une vallée
marécageuse (BERRAYAH, 2004).
1. 4. Géologie
La géologie constitue une donnée importante pour la connaissance et l’étude du milieu.
La nature des terrains est un des principaux critères qui conditionne le choix des travaux et
mise en valeur (BERRAYAH, 2004).
Les principaux ensembles constituant le substratum géologique des Traras Occidentaux
sont :
 Formations carbonatées : calcaire, grés et dolomies, argile et marnes cas de Djebel
Zendel, Marsa Ben M’hidi.
 Formations non carbonatées : regroupent les terrains non calcaires.
 Formations volcaniques : ces formations sont représentées sur des superficies restreintes
au niveau de la commune de Marsa Ben M’hidi et M’Sirda Fouaga.
 Formations quaternaires : le quaternaire demeure mal connu au niveau de la région nord-
ouest ; c’est le cas évidemment de certaines zones relevant des Traras (BENEST, 1985).
Les terrains quaternaires fournissent des substrats diversifies selon leur origine et leur
dynamique. Il s’agit deux types :
1- Les formations d’origine éolienne.
2- Les formations alluviales.
Les formations alluviales sont représentées par des terrasses étagées ou non et se
rencontrent le long de l’Oued Kiss.
1. 5. Pédologie
Les données disponibles sur les ressources en sol de la région des Traras sont très mal
connues, en effet très peu d’études ont été réalisées au niveau de cet espace.
D’une manière générale les principaux types de sols rencontrés dans la zone d’étude
peuvent se résumer comme suit :
 Les sols décalcifiés : ils occupent le nord de la vallée de Kiss, les pentes argileuses des
montagnes jurassiques et les dépôts marneux des coulés volcaniques : ils posent souvent
des problèmes de glissement (BENEST et al., 1991).Ils sont couverts d’une végétation

Page 6
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

herbacée. Les sols décalcifies purs constituent de bonnes terres à céréales notamment sur
les terrains plats. En pente, ils s’adaptent mieux à la vigne et l’olivier en sec.
 Les sols calcaires : ce sont des sols plus ou moins riches en matière organique (25%),
leur forte teneur en matière organique s’explique par le fait qu’ils se sont développés au
dépend d’anciens sols marécageux calcaires. On les rencontre en grande partie sur la
bande côtière (KAZI TANI, 1996).
 Les sols dunaires : on les rencontre du coté de Marsa Ben M’hidi. Ils sont souvent
instables et sont caractérisés par un couvert végétal clairsemé.
 Les sols calcimagnésiques : ils sont très abondant au niveau de la zone d’étude eu raison
de la forte présence des roches calcaires et l’action active de l’érosion, ce type de sol peut
se rencontre dans la région de Souk Tleta, Bab El Assa et M’Sirda Fouaga.
 Le solentz : ils se sont formés au dépend des marnes saliferes du miocène. Ils forment les
bassins versant supérieurs de Oued Kouarda et Kiss. Ils sont caractérisés par une texture
lourde qui favorise le développement d’une gamme variée de cultures.
 Les sols alluvionneux : ils constituent les terrasses modernes et récentes des principaux
cours d’eau, ils se rencontrent le long de l’Oued Kiss.
D’une manière générale la région de Traras Occidentaux contient surtout des sols
calcaires, environ (60%).
2. Risques naturels
2.1. Erosions
Au niveau des monts des Traras ; il n’existe pas de stations d’observation, ni d’études
approfondies portant sur l’érosion des sols.
Le phénomène est visible et ancien comme l’indique l’état du ravinement dans de
nombreuses communes affectées de manière très variable. Les causes sont essentiellement
 le relief.
 la nature de substratum.
 Le climat.
 L’action anthropique.
2. 2. Incendies des forêts
D’une manière générale, les incendies constituent le facteur le plus ravageur des massifs
forestiers (MADOUI, 2000). Le potentiel forestier de la zone d’étude est dominé dans son
ensemble par des formations basses (maquis), les espèces résineuses les plus dominantes
sont le pin d’Alep, le Thuya et le Cyprès.

Page 7
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

L’enjeu majeur du patrimoine forestier demeure sa présentation contre toute forme de


dégradation notamment les incendies et l’amélioration de la situation des infrastructures et
des équipements forestiers, en particulier ainsi la multiplication des points d’eau.
Entre 2000 - 2009 a titre d’exemple et selon les services des forêts, la répartition et
l’évolution du nombre et des superficies incendiées par commune dans la zone d’étude est
enregistrée dans le Tableau 1.
Tableau 1 : Répartition et évolution du nombre et des superficies incendiées entre 2000 –
2009 (ANONYME, 2000).

Communes Nombre Superficie (ha)


Marsa Ben M’hidi 07 20
M’Sirda Fouaga 10 171
Bab El Assa 04 23
Souk Tleta 04 202

3. Climatologie
Les principaux paramètres pris en considération restent la précipitation et la température.
Ils nous permettent de situer la zone d’étude au niveau de l’étage bioclimatique approprié à
partir du quotient pluviométrique d’EMBERGER (1942) et de déterminer la période sèche
par le diagramme ombrothermique de BAGNOULS et GAUSSEN (1953).
Les phénomènes météorologiques (EMBERGER, 1955) et surtout pluviométriques
jouent un rôle fondamental dans toute étude d’aménagement mais, ils ne sont pas toujours
simples à analyser et cela par suite de la faiblesse du réseau d’observation au niveau de la
zone d’étude qui n’est qu’un échantillon représentatif du réseau météorologique national.
Les stations existantes se regroupent le long des voies de communication et dans les anciens
centres administratifs et militaires de l’époque coloniale. C’est ainsi que les quelques
stations de mesure existantes sont périphériques et mal équipées au niveau de la zone
d’étude.
Pour mieux caractériser le climat de la zone d’étude et afin de montrer les variations
climatiques dans le temps, il a été procèdé à l’analyse des données climatiques de deux
périodes différentes :
 L’une ancienne : 1913-1938 (SELTZER, 1946).
 L’autre récente : (1970-2011) (Station météorologique de Ghazaouet, 2011)

Page 8
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

Principales caractéristiques de la station de référence


Station de référence : Ghazaouet.
Altitude : 04 m
Longitude : 01° 52’ 21’’ Ouest.
Latitude : 35° 06’ 00’’ Nord.
La distance de cette station à la zone d’étude est de l’ordre de quelques kilomètres. Pour
cela nous l’avons choisi à cause de l’absence de barrière climatique et les coordonnées
géographiques qui sont plus proches.
Les données climatiques (pluviométriques et thermiques) de la station de référence de
Ghazaouet entre la période 1913-1938 selon SELTZER (1946) et 1970 -2011 (station
météorologique de Ghazaouet) sont consignées dans les tableaux suivants :
3. 1. Facteurs climatiques
3. 1. 1. Les précipitations
AUBERT et MANJAUZE (1946) signalent que l’un des traits originaux du climat en
Oranie s’exprime par l’irrégularité des pluies le long de l’année : abondantes en automne et
en hiver et parfois en printemps et presque nulles en été.
Les données pluviométriques mensuelles et annuelles de la station de référence de
Ghazaouet entre la période 1913-1938 et la période 1970-2011 sont mentionnées dans le
Tableau 2.
Tableau 2 : Les données pluviométriques (mm) mensuelles et annuelles de la station de
référence de Ghazaouet pour les deux périodes
Mois J F M A M J Jt A S O N D Total
1913-1938 65.77 49.89 51.03 44.22 35.05 13.34 1.13 1.13 21.54 47.62 66.90 69.17 466.79
1970-2011 43.85 47.07 34.82 30.02 27.24 12.64 2.01 0.87 20.86 38.22 65.17 67.28 390.05
Source : Seltzer (1946), station météorologique de Ghazaouet (2011)
Nous constatons d’une manière générale que pour l’ensemble des stations considérées
de la zone d’étude, la période la plus arrosée s’étend du mois d’octobre à avril. Par ailleurs
les mois de juin, juillet et août présentent une sécheresse récurrente.
Pour ce qui de la période récente, les précipitations enregistrées sont de l’ordre de
390.05 mm, soit une diminution de 76.74 mm par rapport à l’ancienne période qui est de
l’ordre de 466.79 mm. Les mois de juin, juillet et août restent toujours secs.
Régime saisonnier des pluies de la station
Le régime saisonnier des pluies au niveau de la station est présenté dans le Tableau 3.

Page 9
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

Tableau 3: Le régime saisonnier des pluies de la station de référence de Ghazaouet entre la


période 1913-1938 et la période 1970-2011.
Période Saisons Eté Automne Hiver Printemps Type de
(J-Jt-A) (S-O-N) (D-J-F) (M-A-M) régime
1913-1938 15.60 136.06 184.83 130.3 HAPE

1970-2009 15.52 124.25 158.20 92.08 HAPE

Source : Seltzer (1946), station météorologique de Ghazaouet (2011)


Le régime saisonnier des pluies au niveau de la station de référence de Ghazaouet est de
type HAPE pendant la période 1913-1938 selon SELTZER (1946), il est de même HAPE
pour la période 1970-2011 avec une différence au niveau de la lame d’eau ce qui correspond
aux zones littorales à influence maritime, le maximum des précipitations est accumulé en
hiver ave une hauteur de 158.20mm , soit 40,56%du total annuel, , l’automne avec 124.25
mm ce qui représente 31.86%, le printemps avec 92.08 mm soit 23.61% du total annuel
.Enfin l’été avec quelques millimètres de pluies de 15.52 mm soit 3.98% du total annuel .
3. 1. 2. Les températures
- Températures mensuelles et annuelles
La température, second facteur constitutif du climat influe sur le développement de la
végétation. Ce sont les températures extrêmes plus que les moyennes qui ont une influence
sur la végétation, sauf si elles sont exceptionnelles et de courte durée (DAJOZ, 1985).
La température est également un élément écologique fondamental en tant que facteur
climatique vital et déterminant dans la vie des végétaux. Elle conditionne en effet la durée
de la période de végétation, ainsi que la répartition géographique des espèces.
Les températures jouent un rôle majeur dans la détermination du climat régional à partir
des valeurs moyennes annuelles et mensuelles « T » et les valeurs moyennes des minima du
mois le plus froid « m » et des maxima du mois le plus chaud « M ».
- Moyenne des minima du mois le plus froids « m »
Le Tableau 4 illustre la répartition des températures moyennes minimales de la station
de référence pendant les deux périodes.
Tableau 4 : Températures minimales moyennes en (°C) enregistrées au niveau de la station
de référence de Ghazaouet.
Périodes J F M A M J Jt A S O N D Moy
1913-1938 7.0 7.2 8.3 10.4 12.9 16 18.6 19.5 17.7 14 10 7.5 12.43
1970-2011 8.8 9.15 9.25 11.55 15.37 17.31 20.41 21.94 18.94 15.69 11.74 8.93 14.09
Source : Seltzer (1946), station météorologique de Ghazaouet (2011)

Page 10
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

Dans la station de référence, les valeurs « m » sont de l’ordre de 7.0 °C pour la période
ancienne 1913-1938 et de 8.8 °C pour la période récente 1970-2009 ce qui explique un
certain réchauffement. Elles sont toujours enregistrées en mois de janvier.
- Moyenne des maxima du mois le plus chaud «M »
Le Tableau 5 regroupe les différentes températures maximales enregistrées toujours au
niveau de la station de référence pendant les deux périodes.
Tableau 5 : Températures maximales moyennes en (°C) enregistrées au niveau de la station
de référence de Ghazaouet.
Périodes J F M A M J Jt A S O N D Moy
1913-1938 15.9 16.5 17.5 19.7 21.9 25.2 27.9 29 26.6 22.4 19.6 17.1 21.61
1970-2011 18.0 19.0 20.2 21.8 22.6 25.90 28.07 31.33 27.91 24.26 22.98 20.44 23.54

Source : Seltzer (1946), station météorologique de Ghazaouet (2011)


Nous remarquons d’après ce tableau que les maxima sont enregistrés au mois d’août
pour les deux périodes avec une valeur de 29°C pour la période ancienne contre 31.33°C
pour la période récente. Ceci montre une augmentation de 2.33°C, ce qui explique aussi un
réchauffement de la saison estivale. La moyenne annuelle dans la station de référence est de
l’ordre de 22.5°C.
- Températures moyennes mensuelles et annuelles « T » en (°C)
Les températures moyennes mensuelles et annuelles sont consignées dans le Tableau 6.
Tableau 6 : Températures moyennes mensuelles et annuelles (°C) enregistrées au niveau de
la station de référence de Ghazaouet.
Périodes J F M A M J Jt A S O N D Moy
1913-1938 11.45 11.85 12.90 15.05 17.4 20.6 23.25 24.25 22.15 18.2 14.8 12.3 17.02
1970-2011 13.4 14.08 14.73 16.68 19.17 21.61 24.24 26.64 23.43 19.98 17.36 14.69 18.82
Source : Seltzer (1946), station météorologique de Ghazaouet (2011)
D’après ce tableau, nous constatons que la température dans la station de référence est de
l’ordre de 18° C. Le mois de janvier reste en général le mois le plus froid avec 12°C et le
mois le plus chaud est par contre noté en août avec 25°C.
- Amplitude thermique moyenne et indice de continentalité
L’amplitude thermique moyenne (M-m) est un indice climatique très important car il
permet de définir à partir de ce qu’on appelle « indice de continentalité » si la zone est sous
influence maritime ou continentale, Tableau 7.
Selon la classification thermique des climats proposée par DEBRACH (1953), nous
distinguons quatre types de climat :

Page 11
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

 Le climat insulaire: M-m < 15° C


 Le climat littoral : 15°C < M-m < 25° C.
 Le climat semi continental : 25° C < M-m < 35° C.
 Le climat continental : M – m > 35° C
Tableau 7 : Indice de continentalité de la station de référence
Périodes M (°C) m (°C) (M-m) (°C) Type de climat

1913-1938 29 7.0 22 Climat littoral

1970-2011 31.33 8.8 22.53

Source : Seltzer (1946), station météorologique de Ghazaouet (2011)


D’après le tableau, nous constatons que notre station se rattache au climat méditerranéen
littoral.
- Ambiance bioclimatique de la zone d’étude
Afin de caractériser l’ambiance climatique qui règne dans la région et en absence d’une
station météorologique propre au niveau de la zone d’étude pouvant nous fournir des
données climatiques, nous avons effectué des corrections climatiques de la station la plus
proche, celle de Ghazaouet en prenant en considération l’altitude moyenne.
Il est à noter à cet effet que notre région située dans la partie littorale, où les altitudes varient
entre 100 à 600 m, soit 350 m en moyenne.
Les données pluviométriques et thermiques ont été corrigées donc par rapport à cette
altitude moyenne.
1. Correction pluviométrique
La méthode retenue pour la correction de ce paramètre est celle préconisée par
STEWART (in BEKHADRA, 1991). Celui-ci signale que les précipitations augmentent de
10 mm/an pour une élévation de 100 m (DREUX, 1980).
Correction pluviométrique
Calcul de la pluviométrie annuelle :
 Altitude moyenne : 350 m
 Altitude de la station : 04 m
 Différence altitudinale : 346 m.
 Pluviométrie de la station : 390.05 mm/an.
Pour une différence d’altitude de 346 m, elle augmente de :
(346 * 10) / 100 = 34.60 mm / an
De ce fait, la pluviométrie annuelle de la région sera :
390.05 + 34.60 = 424.65 mm.

Page 12
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

Calcul de coefficient d’augmentation :


K = Ph / Ps
Ph : Pluviométrie de la région.
Ps : Pluviométrie de la station.
K = 424.65 / 390.05 = 1.09
Ce coefficient nous permet d’apporter les corrections de la pluviométrie mensuelle de la
région.
Exemple : Pour le mois de janvier, la pluviométrie est de : P j = 43.85*1.09 = 47.80 mm.
Les résultats obtenus sur les précipitations pendant la période allant de 1970-2011 par
rapport aux données pluviométriques fournies par la station de Ghazaouet ,en tenant compte
de la différence altitudinale entre la station de référence et la région, sont représentés dans
le Tableau 8 .
Tableau 8 : Résultats de la correction des précipitations pour la période 1970-2011.
Mois J F M A M J Jt A S O N D Année
P (mm) 43.85 47.07 34.82 30.02 27.24 12.64 2.01 0.87 20.86 38.22 65.17 67.28 390.05
Station
P (mm) corrigée 47.80 51.31 37.96 32.73 29.70 13.78 2.19 0.95 22.74 41.66 71.04 73.34 425.20
pour la zone
d’étude

Source : Station météorologique de Ghazaouet (2011)


D’après le tableau, nous remarquons que les précipitations de la région des Traras
Occidentaux sont plus importantes par rapport à celles enregistrées au niveau de la station de
référence. La hauteur des pluies augmente de 35.15 mm pour arriver à 425.20 mm/an.
- Le régime saisonnier de la zone d’étude
Le régime saisonnier des pluies de la zone d’étude après les corrections est signalé dans
le Tableau 9.
Tableau 9 : Régime saisonnier de la zone d’étude (1970-2011).
Période Saisons Eté Automne Hiver Printemps Type de régime
(J-Jt-A) (S-O-N) (D-J-F) (M-A-M)
1970-2011 16.92 135.44 172.45 100.39 HAPE
Source : Station météorologique de Ghazaouet (2011)
Le régime saisonnier de la zone d’étude est de type HAPE. Il est de même que celui
obtenu au niveau de la station de référence. Le maximum des précipitations est enregistré
pendant l’hiver avec 172.45 mm, soit 40.56% du total annuel, puis en second lieu l’automne

Page 13
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

avec 135.44 mm soit 31.86%, le printemps avec 100.39 mm soit 23.61% et enfin l’été avec
16.92 mm, ce qui représente 3.98 % seulement.
Correction thermique
Tout comme la pluviométrie, les valeurs de la température sont également en étroite
relation avec l’altitude. Cependant, pour une élévation de 100 m d’altitude, la valeur de la
température maximale (M) diminue de 0.6 ° C et celle de la température minimale (m) de
0.4 ° C (DREUX ,1980)
Correction thermique
Calcul des températures des maxima (M) :
 Altitude moyenne : 350 m
 Altitude de la station : 04 m
 Différence d’altitude : 346 m
 Pour une élévation de 100m, « M » diminue de 0.6 ° C
M= (346*0.6)/100 = 2.08° C
Exemple : Pour le mois de janvier : M = 18.0- 2.08 =15.92° C
 Pour une élévation de 100 m, « m » diminue de 0.4° C
m = (346*0.4)/100 = 1.39° C.
Exemple : Pour le mois de janvier : m = 8.8 – 1.39 = 7.41° C.
Les résultats de telle correction sont mentionnés dans le Tableau 10.
Tableau 10 : Résultats de la correction thermique pour la période 1970-2011.
Mois J F M A M J Jt A S O N D Moy
M 15.92 16.92 18.12 19.72 20.52 23.82 25.99 29.25 25.83 22.18 20.90 18.36 21.46
m 7.41 7.76 7.86 10.16 13.98 15.92 19.02 20.55 17.55 14.30 10.35 7.54 12.70
(M+m)/2 11.67 12.34 12.99 14.94 17.25 19.87 22.56 24.90 21.69 18.24 15.63 12.95 17.08
Source : Station météorologique de Ghazaouet (2011)
Nous remarquons d’après ce tableau que :
 La température maximale moyenne du mois le plus chaud « M » est de 29.25° C
enregistrée en août.
 La température minimale moyenne du mois le plus froid « m » est de 7.41° C observée
en janvier.
3. 1. 3. L’humidité relative
L’humidité de l’air est un facteur écologique fondamental. Chez les insectes en
particulier, son action s’opère surtout au cours des stades larvaires plus sensibles
écologiquement (DREUX, 1980).

Page 14
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

Les données hygrométriques enregistrées au niveau de la station de référence


(Ghazaouet) seulement entre 2005 et 2009 sont consignées dans le Tableau 11.
Tableau 11 : Moyennes mensuelles et annuelle de l’humidité relative de l’air dans la station
de référence (période d’observation 2005-2011).
Mois J F M A M J Jt A S O N D Moy
H% 73.4 74.8 72.8 72.2 70.0 72.25 68.5 70.5 72.75 77.25 71.5 72.25 72.35
Source : Station météorologique de Ghazaouet (2011)
Ce tableau montre que les valeurs de l’humidité sont élevées pendant toute l’année .la
moyenne annuelle est donc supérieur à 70%, cela favorise par voie de conséquence la bonne
régénération des espèces étudiées.
3. 1. 4. Le vent
Le vent a une influence non négligeable sur les êtres vivants par le nombre de jours, sa
vitesse ainsi que sa direction. C’est un facteur important en écologie forestière.
L’espace étudié est fortement influencé par la présence de la mer. Les vents dominants
sont souvent humides et sont en provenance du nord-est et nord-ouest. Les vents marins du
nord ouest et de l’ouest sont prédominants en hiver. En été de petites perturbations
orageuses amènent les vents du sud ouest au nord-ouest et du sud-est au sud déterminant
ainsi un sirocco sec et très chaud (TINTHOIN, 1960).
Le vent à une influence controversée sur les insectes, d’une part il joue un rôle positif
dans la dissémination de certaines espèces, et d’autre part il peut inhiber l’activité de
beaucoup d’insectes (DAJOZ, 1980). Il peut encore jouer un rôle important, en renversant
les arbres, surtout lorsque ceux-ci sont faibles ou dépérissant.
La vitesse du vent enregistrée au niveau de la station de référence (Ghazaouet) entre
2005 et 2011 est consignée dans le Tableau 12.
Tableau 12 : Moyennes mensuelles et annuelle de la vitesse du vent dans la station de
référence (période d’observation 2005-2011).
Mois J F M A M J Jt A S O N D Moy
V(m/s) 14.0 16.2 16.2 15.0 12.0 10.0 13.0 14.0 12.0 12.0 14.0 13.0 13.0
Source : Station météorologique de Ghazaouet (2011)
Selon les données météorologiques, un vent supérieur à 15 m/s est considéré fort.
4. Synthèse climatique
Après avoir étudié les éléments essentiels du climat (température et pluviométrie en
particulier), nous pouvons caractériser le climat de la région, et situer les espèces résineuses
étudiées de la zone dans l’étage de végétation.

Page 15
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

La synthèse des données climatiques fait appel à plusieurs indices, dont nous retenons
particulièrement : l’amplitude thermique moyenne et l’indice de continentalité, l’étage
altitudinal de végétation, l’indice de sécheresse estivale, le diagramme ombrothermique de
Gaussen, le quotient pluviométrique et le climagramme d’Emberger.
4. 1. Amplitude thermique moyenne et indice de continentalité
L’amplitude thermique moyenne (M-m) est un facteur permettant de définir l’indice de
continentalité de la région. Cet indice est consigné dans le Tableau 13.
Tableau 13 : Indice de continentalité de la zone d’étude
Période M (°C) m (°C) (M-m) (°C) Type de climat
1970-2011 29.25 7.41 21.84 Climat littoral
Source : Station météorologique de Ghazaouet (2011)
Selon la classification thermique de DEBRACH (1953) l’amplitude thermique de la
région se trouve dans le climat littoral avec une différence de température (M-m) de
21.84° C.
4. 2. Etage altitudinale de végétation :
Le concept de l’étage bioclimatique est une notion botanique qui a été créé pour associer
la répartition des être vivants à des schémas climatiques mondiaux liés à la géographie et
l’altitude. L’étage est défini de manière assez empirique par une association de végétation
(et de faune associée) et une situation géographique. Plusieurs critères climatiques sont
utilisés pour définir ces étages tels que la température moyenne annuelle et l’altitude
(RIVAS MARTINEZ, 1982).
A partir des valeurs thermiques enregistrées dans la zone d’étude, ainsi que leur altitude
moyenne indiquées dans le Tableau 14, nous pouvons localiser notre espèce dans l’étage de
végétation suivant :
Tableau 14: Valeurs thermiques et étages de végétation des espèces résineuses de la région
des Traras Occidentaux.
Période m (°C) T (°C) Altitude moyenne (m) Etage de végétation
1913-1938 5.61 16.27 350 Thermo méditerranéen
1970-2011 7.41 18.33
Source : Seltzer (1946), station météorologique de Ghazaouet (2011)
Selon le tableau ci-dessus et d’après RIVAS MARTINEZ (1981), AIME (1991) et
QUEZEL (2000), nous remarquons que le Cyprès vert de la zone d’étude s’intègre dans
l’étage de végétation thermo- méditerranéen (m > 3°C; T > 16°C et alt. < 600 m).

Page 16
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

4. 3. Indice de sécheresse estivale


Cet indice s’exprime par le rapport entre les valeurs moyennes des précipitations
estivales « P » (mm) et la moyenne des maxima du mois le plus chaud « M » (°C), selon la
formule d’EMBERGER (1942)
I.e = P.E / M
La valeur de cet indice pour la période 1970-2009 est consignée dans le Tableau 15.
Tableau 15 : Indice de sécheresse estivale de la zone d’étude.
Période Pluviosité estivale P.E (mm) Valeur de M (°C) Indice de sécheresse estivale
« I.e »
1970-2011 16.92 29.25 0.69
Source : Station météorologique de Ghazaouet (2011)
Il ressort de ce tableau que l’indice de sécheresse calculé est inférieur à 5 pour
l’ensemble de la zone d’étude. Ceci indique selon la grille de DAGET (1977)
l’appartenance de cet espace au climat méditerranéen à sécheresse estivale bien avancée.
4. 4. Diagramme Ombrothermique :
Le diagramme ombrothermique permet de déterminer la saison sèche. Les températures
et les précipitations restent les seuls paramètres les mieux enregistrés. BAGNOULS et
GAUSSEN (1953) considèrent qu’un mois est sec quand le total mensuel des précipitations
« P » est égal ou inférieur au double de la température moyenne mensuelle « T » tout en
adoptant :
P =2T
A partir de cette hypothèse, il est possible de tracer le diagramme ombrothermique de la
station de référence (Ghazaouet) et la zone d’étude en portant les mois en abscisse et en
ordonnée les températures moyennes et les pluviosités (Fig. 2).

Page 17
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

Station de référence 1913-1938 Station


Station de référence
de référence 19701970-2009
- 2011

P(mm) T(°C) P(mm) T(°C)

120 60 120 60

100 50 100 50

80 40 P 80 40 P
T T
60 30 60 30

40 20 40 20
Période Période
sèche sèche
20 10 20 10

0 0 0 0

N
J

S
JT
M

N
J

S
JT

Zone d'étude 1913-1938 Zone1970


Zone d’étude d'étude 1970-2009
- 2011

P(mm) T(°C) P(mm) T(°C)


120 60 120 60

100 50 100 50

80 40 P 80 40 P

60 30 T 60 30 T

40 20 40 20
Période Période
20 sèche 10 20 sèche 10

0 0 0 0
M

N
J

S
JT
M

N
J

S
JT

Figure 2 : Diagrammes ombrothermiques de BAGNOULS et GAUSSEN (1953) de la station de


référence et la zone d’étude.
Cette figure montre que soit pour la station de référence (Ghazaouet) ou la zone d’étude,
la période sèche est bien accusée.
Les diagrammes ombrothermiques établis montrent que la période sèche est en général
bien définie dans le temps. Elle se manifeste clairement du mois de mai au mois de
septembre, soit cinq mois (1913-1938) et du mois de mai jusqu’au mois d’octobre soit six
mois (1970-2009), ce qui signifie donc un certain réchauffement.
4. 5. Quotient pluviométrique et climagramme d’Emberger
Cet indice climatique est le plus fréquemment utilisé pour caractériser le bioclimat d’une
région méditerranéenne, il a été élaboré par EMBERGER (1955). Celui-ci utilise un
diagramme bidimensionnel dans lequel la valeur du quotient pluviométrique « Q2 » est
reportée en ordonnée et la moyenne du mois le plus froid de l’année « m »en abscisse.

Page 18
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

A partir de cet indice « Q2 » EMBERGER (1955) a classé la région méditerranéenne en


cinq étages bioclimatiques (Fig. 3). Ce quotient pluviométrique « Q2 » fait intervenir les
précipitations, les températures maximales et minimales
STEWART (1969) a repris le quotient pluviométrique d’EMBERGER en le rendant
plus pratique en vue d’une meilleure utilisation dans les conditions d’un pays comme
l’Algérie.
Q2 = 3.43 * (P/M-m)
P : Pluviosité moyenne annuelle (mm).
M : Moyenne des températures maximales du mois le plus chaud (°K).
m : Moyenne des températures minimales du mois le plus froid (°K).
EMBERGER classe les climats méditerranéens en faisant intervenir les deux facteurs
essentiels, qui sont la sécheresse (représenté par le quotient pluviométrique Q2) et la
température du mois le plus froid (m) qui élimine les espèces les plus thermophiles
(DAJOZ, 1985).
Les paramètres climatiques employés dans la caractérisation du climat sont consignés
dans le Tableau 16.
Tableau 16 : Les paramètres climatiques caractérisant le bioclimat de la zone d’étude pour
les deux périodes.
Stations Périodes M (°C) m (°C) P (mm) Q2
Station de référence 1913-1938 29 7.0 466.79 72.79
1970-2011 31.33 8.8 390.05 59.41
Zone d’étude 1913-1938 26.92 5.61 523.63 84.31
1970-2011 29.25 7.41 425.20 66.79
Source : Seltzer (1946), station météorologique de Ghazaouet (2011)
Le quotient pluviométrique ainsi calculé pour la station de référence de Ghazaouet pour
la période 1970-2011 est de l’ordre de 59.41 ce qu’il localise dans l’étage bioclimatique
semi aride à hiver chaud (Fig. 3).

Page 19
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

Zone d’étude Station de référence

- -

Figure 3 : Climagramme d’EMBERGER.


Pour la zone d’étude, le quotient est de l’ordre de 66.79 ce qu’il localise également dans
l’étage semi aride supérieur doux à hiver chaud, plus ou moins proche de la limite inférieure
de l’étage subhumide (Fig. 3).
D’une façon générale, nous constatons à travers cette analyse que cette région a subi un
changement bioclimatique remarquable par rapport à la période ancienne. Les précipitations
ont diminué de 10% et les températures ont augmenté. Ce changement, déjà signalé par de
nombreux auteurs (BENABADJI et BOUAZZA, 2000 ; QUEZEL ,2000) pour la région
ouest a nettement accentué le caractère « aride » dominant de cette région.

Page 20
Chapitre I Présentation du milieu d’étude

5. La végétation
La forêt est un écosystème richement marqué par l’activité humaine, mais aussi peuplée
de flore et de faune souvent remarquables et dont sa protection s’impose (BARBERO et
LOISEL, 1984 ; ALKARAZ, 1982).
La superficie forestière occupée par la région des Traras Occidentaux est estimée à 6453
ha répartie comme suit :
 Commune de Bab el Assa : 700 ha
 Commune de Souk Tleta : 2098 ha
 Commune de Marsa Ben M’hidi : 2180 ha
 Commune de M’Sirda Fouaga : 1475 ha.
Les principales essences forestières de la région sont le pin d’Alep, le Thuya,
l’Eucalyptus, le Cyprès et d’autres formations de la strate herbacée telles que ; Juneperus
Phoenicea, Chamærops humilis , Ampelodesma mauritanica &etc (Fig. 4)
.

Cyprès
10%
Eucalyptus Autres formations
10% 10%

Thuya
12%

Pin d'Alep
58%

Figure 4 : Diversité de la végétation forestière (ANONYME, 2000).


D’une manière générale la végétation des Traras Occidentaux est représentée par des
formations assez dégradées et perturbées dans leur ensemble.

Page 21
Chapitre II Considérations générales sur le Cyprès vert

1. Historique et origine
Au début du siècle, des peuplements spontanés de Cyprès ont été découverts. Il y a eu le
Cupressus dupreziana au Tassili et le Cupressus atlantica. Ces deux espèces ont été, à un
moment confondu avec le Cupressus sempervirens, ce n’est qu’après des études botaniques
approfondies qu’il y a eu différentiation des trois espèces.
STEWART (1969) pense qu’à l’origine il y a eu une seule espèce de Cupressus qui
recouvrait toute la zone méditerranéenne. La différentiation entre le Cyprès vert, le Cyprès
du Tassili et le Cyprès de l’Atlas s’est fait au cour du temps et serait due à l’influence du
milieu.
Tableau 17 : Différence des caractères botaniques des trois espèces de cyprès
méditerranéens endémiques de l’Algérie (FERRANDES, 1979).
Partie Cupressus sempervirens Cupressus dupreziana Cupressus atlantica
Ramule Court, cylindrique non Disposé dans un plan. Fin et court, nettement
distique quadrangulaire
ème
Ramule de 2 ordre En plusieurs plans. Cônes En plan perpendiculaire. Quadrangulaire en plan
de 2 à 3,5 cm. Mucron peu Glandes résinifères peu perpendiculaire. Glandes
développé visibles. Cônes de 1 à 2,4 résinifères visibles. Cônes
cm. Mucron faible de 1,8 à 2,3 cm. Mucron
faible enfoncé.
Pollen 27 à 29 μ m 38,5 μ m 28,4 μ m
Graine Irrégulière, coque épaisse, Presque sphérique régulière, Brune à aile étroite
aile étroite presque unie, aile large et fine
orbiculaire

Le Cyprès est un genre d’arbres sempervirents de la famille des Cupressacées originaires


des régions tempérées chaudes de l’hémisphère nord. Le nombre d’espèces incluses dans ce
genre varie selon les auteurs de 16 à 30, voir plus. De nombreuses espèces sont cultivées
comme d’arbres d’ornement. Le Cyprès commun est un arbre représentatif de la flore
méditerranéenne, l’arbre des cimetières, symbole du deuil dans le monde méditerranéen.
Espèce connue sous le nom du Cyprès toujours vert, Cyprès de Florence, Cyprès de
Provence, arbre de bienvenue, nommé par les anglophones « Mediterranean Cypress ».
Le nom Cupressus vient du latin où il désigne le genre, venant du Grec « Kuparissos »
qui désigne l’espèce, certains auteurs pensent que cela viendrait plus tôt de Cyprus qui
indique son origine Chypriote, sempervirens signifie toujours vert, persistant, mot qui vient
du latin « semper » toujours et « virens » qui signifie vert.

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Chapitre II Considérations générales sur le Cyprès vert

2. Taxonomie
Embranchement Spermaphytes
Sous Embranchement Gymnospermes
Classe Pinopsida
Ordre Pinales
Famille Cupressaceae
Genre Cupressus
Espèce sempervirens

3. Caractéristiques botaniques
Catégorie : arbre (conifère) à grande longévité, monoïque et thermophile, au tronc
rectiligne à l’écorce d’un gris brunâtre fibreuse et striée verticalement, les rameaux écailleux
sont bruns (BECKER et al., 1982).
Port : élancé, conique, en étroite colonne compact et dense.
Feuillage : persistant, aromatique, vert foncé. Sur de courtes ramules, petites feuilles
glanduleuses (glandes résinifères), squamiformes, imbriquées sur au moins 4 rang à la
pointe émoussée.
Fleurs : à l’extrémité des rameaux, chatons mâles jaune à brun claire chargés en pollen
pouvant être allergisant (en février 3 mars), les femelles globuleux verts réunis en bouquet à
l’extrémité des jeunes pousses.
Cônes : strobiles, globulaires, vertes (3 à 4 cm) et brillantes, légèrement mucronées à 6 3 14
écailles ligneuses polygonales d’un brun clair à brun foncé à maturité (tous les deux ans),
contenant de nombreuses graines ailées (CAMUS, 1914).
Taille : l’arbre a une taille moyenne de 20 à 30 m. On distingue différentes formes de
Cyprès qui par sélection, ont donné des variétés aujourd’hui bien distinctes reproduites par
bouturage. On distingue notamment une forme aux branches horizontales et houppier
conique : Cupressus sempervirens « horizontalis » et une forme colonnaire qui forme un
fuseau plus ou moins étroit : Cupressus sempervirens « pyramidalis » ou « stricta »
(LETREUCH-BELAROUCI, 1991).
Graines : les graines sont petites, mesurant de 4 à 7 mm de long. Elles portent deux ailes, de
part et d’autre de la graine.
Floraison : au début du printemps, la production importante de pollen est la cause, tous les
ans, de nombreuses allergies. Certaines variétés produisent beaucoup de fruits, ce qui peut
nuire à l’esthétique de l’arbre, notamment chez les formes colonnaires, en provoquant une

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Chapitre II Considérations générales sur le Cyprès vert

arqure des branches. Certaines variétés ont été sélectionnées pour leur capacité à former
moins de fruits. La pollinisation est anémogame (pollen transporté par le vent).
Pollen : les graines de pollen de Cupressacées sont morphologiquement très homogènes. Il
est donc impossible de réaliser des déterminations polliniques au niveau du genre ou de
l’espèce. Le genre Cupressus pollinie abondamment en février 3 mars. Le Cyprès a un
pollen au pouvoir allergisant, lorsqu’ils sont en trop grande quantité dans l’atmosphère, ils
peuvent provoquer l’apparition d’allergies.
Enracinement : son enracinement le fixe solidement au sol. Il assure la stabilité de l’arbre
(BOUDY, 1950).
Multiplication : se fait par semis au printemps après avoir pris soin de conserver les graines
au froid durant 3 mois (pour respecter la dormance), bouturage en fin d’été (Fig. 5 et 6)

Fleurs mâles Fleurs femelles

Cônes Ecorce
Figure 5: Cyprès vert (Cupressus sempervirens L) (MARCELLO et al., 2004)
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Chapitre II Considérations générales sur le Cyprès vert

Figure 6 : Etapes de formation de la graine du Cupressus sempervirens L,


(MARCELLO et al., 2004)

1- 2- 3 : Phase initiale avec exposition des ovules.


4- 5- 6 : Premières phases de la fécondation.
7- 8- 9 : Grossissement des carpelles et formation du jeune cône.
10- 11- 12- 13 : Développement du cône jusqu’à l’ouverture et à la production de la graine.

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Chapitre II Considérations générales sur le Cyprès vert

4. Caractéristiques écologiques
Le Cyprès est une plante de climat doux. Il a besoin de chaleur ; il doit être protégé des
vents froids. Il peut résister à des températures négatives allant jusqu’à -20°C.
Température : du point de vue thermique, le Cyprès peut résister à une température jusqu’à
3 20°C. Comme beaucoup de plantes méditerranéennes, c’est le froid humide en hiver qui
peut être préjudiciable à sa longévité (ALIFRIQUE, 1995).
Précipitation : le Cyprès est une essence xérophile, car c’est un arbre robuste susceptible de
s’adapter à des conditions physiques très sévères. Mais il peut être plastique, c'est-à-dire qui
peut se développer dans des climats humides. En effet, le Cyprès est un arbre qui n’a pas
d’exigence pluviométrique et peut se contenter de 250 à 350 mm / an.
Altitude : le Cyprès vert se rencontre spontanément dans toutes les zones basses du
pourtour méditerranéen à moins de 500 m d’altitude. On les trouve souvent en limites de
zones agricoles ou en alignement dans les parcs ou les propriétés où leur forme particulière
en fuseau marque les paysages.
Sol : il est indifférent à la nature chimique du substrat. Il préfère les sols profonds, drainés,
si non ras même sec et calcaire. Il supporte mal les terres argileuses ou trop gorgées d’eau.
Néanmoins, le Cyprès vert tolère les sols superficiels (moins de 50 cm, voire 30cm) et
caillouteux. Un sol trop humide peut entraîner le développement des champignons parasites
(BENJAMAA, 2004). C’est une excellente essence vis-à-vis la résistance au vent et à la
sécheresse (ARFAOUI, 2002).
5. Associations végétales
Les espèces végétales associées au Cyprès sont différentes selon les conditions
écologiques, c'est-à-dire la pluviométrie, l’altitude et les conditions édaphiques. On trouve
Juniperus sp, Rosmarinus sp, Ampelodesma mauritanica, Chamaerops sp …
6. Régénération
Le Cyprès est arbre au tempérament vigoureux et rustique. Sa régénération se fait
aisément, les graines germent plus facilement dans la partie fraîche. Dans les zones très
sèches, les semis arrivent à s’implanter s’il n’y a pas de surpâturage.
Le feu, en supprimant les inhibitions (dormances …) et la concurrence, semble avoir un
impact très positif sur la régénération de Cyprès.
7. Opérations sylvicoles
Le Cyprès vert a une tendance à développer des branches basses, très nombreuses et
vigoureuses. Les tailles et élagages doivent être réalisés très rapidement et elles doivent être
régulières.

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Chapitre II Considérations générales sur le Cyprès vert

Les tailles de formation doivent être réalisées tous les ans dès la deuxième ou troisième
année, jusqu’à ce que les arbres aient atteints 5 à 6 mètres de haut ou 8 cm de diamètre.
Ensuite, les élagages doivent éliminer les branches basses jusqu’à 4 ou 6 mètres de hauteur.
Ces élagages seront réalisés en 2 ou 3 fois généralement entre 6 et 15 ans.
8. Aménagement
L’aménagement forestier ou encore la planification de la gestion des massifs forestiers
repose sur une description typologique claire des potentialités du milieu, définit et synthétise
les objectifs attribués aux peuplements et les techniques à mettre en Suvre pour assurer la
stabilité de l’écosystème et l’obtention régulière des produits ciblés (JOUBERT et
BURROLLET, 1934 ; BOUDY, 1950).
Dans ce cas, un traitement en futaie régulière mixte ou pure est préconisé selon
l’itinéraire sylvicole suivant :
 Dépressage sur régénération acquise (jusqu’à 2m), densité finale 1400 tiges /ha si fort
potentiel.
 Première éclaircie à 30 3 40 ans, puis éclaircies en rotation tous les 15 à 20 ans.
 Age d’exploitabilité, 100 ans environ.
Durant ces dernières années, les concepts d’aménagement ont évolué, ceci grâce aux
progrès des connaissances en écologie, en économie forestière et en sociologie rurale
rendant ainsi cette mutation possible.
9. Aire de répartition
On ne connait pas exactement l’aire naturelle de Cyprès qui a été depuis très longtemps,
planté sur tous le pourtour du bassin méditerranéen. Il est vraisemblablement spontané dans
les montagnes du nord de l’Iran et sans doute aussi en Asie mineure. Pour certains auteurs, il
serait originaire de l’île de Chypre et de là, il serait propagé en Grèce, Turquie.
En France, le Cyprès a été planté et se trouve dans toutes les régions côtières allant des
Alpes aux Pyrénées.
En Grèce, le Cyprès pousse du niveau de la mer jusqu’à la limite de la végétation (1750
m au dessus du niveau de la mer en Crète) et constitue des forêts naturelles en Crète, à
Samos, Rhodes, Kos, Simi et Millos.
En Espagne, le Cupressus sempervirens, a été introduit seulement récemment et les
espèces les plus vieilles ont environ 150 ans.
En Italie, nous ne trouvons pas de forêts naturelles de Cyprès. Des Cyprières de petite
dimension se trouvent sur les collines de la côte de la mer Tyrrhénienne, de la Ligurie à la
Calabre et en Sicile ; celles plus vastes et productives, sont localisées en Italie centrale,

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Chapitre II Considérations générales sur le Cyprès vert

surtout en Toscane près de Florence, de Sienne et de Pise. Dans le Nord de l’Italie, le Cyprès
se trouve principalement sur les rives des lacs.
Au Portugal, le Cupressus sempervirens n’est pas très diffusé.
Il serait très anciennement naturalisé partout ailleurs. Quoi qu’il en soit, en Afrique du
Nord et tout particulièrement en Algérie, il se comporte actuellement comme une essence
autochtone, très bien adaptée à nos climats secs. Il en existe deux formes, souvent présentes
dans le même lot de plants : la forme fastigiata à cime étroitement conique et la forme
horizontalis à branches étalées (LETREUCH-BELAROUCI, 1991) (Fig. 7).

Cupressus sempervirens L

Figure 7 : Aire de répartition du Cupressus sempervirens L (LAAROUK, 1998) modifiée


10. Importance économique
Le Cyprès vert, depuis son existence forme une source vitale des populations et assure
une activité économique très importante, du fait de ses qualités remarquables : sa longévité,
sa résistance à la compression et sa bonne production de bois.
Le bois de Cyprès possède une bonne valeur technologique pour différentes raisons :
 Durabilité naturelle élevée contre les agents biotiques.
 Variations de dimensions limitées qui le rendent très stable.
 Bonne dureté et résistance qui le rendent adapté pour différentes utilisations.
 Fine texture qui permet un niveau élevé de finition.
 Facilité de collage.

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Chapitre II Considérations générales sur le Cyprès vert

Le bois, à la forte odeur poivrée, semblable à celle du cèdre et du genévrier, et qui agit
comme insectifuge pour différents insectes nuisibles, et utilisé surtout pour des décorations
externes comme les portes, les persiennes, les surfaces de piétinement, ainsi que pour les
pièces d’ameublements internes comme les armoires, les coffres et les planchers sans oublier
les constructions navales.
Les composants chimiques d’huile essentielle des rameaux de Cupressus sempervirens
sont : -3 carène (16.49%), sabinène (13.91%), -pinène (13.07), terpin-1-èn-4-ol (7.69%),
terpinolène (7.13%), limonène (6.28%), - terpinène (4.97%), myrcène (4.86%), cédrol
(3.62%), acètate di -terpenyle (2.98%) (PIERRE, 2000).
A l’époque, en Algérie, Cette espèce est utilisée surtout comme brise-vent dans les
régions à risque de vents violents. Pendant la période coloniale, dans la plaine de Mitidja a
Blida (25 Km à l’Ouest d’Alger) et celle de Mohammedia (à 65 Km au Sud d’Oran) où il a
été planté de vastes champs d’agrumes, les colons français ont utilisé cette espèce
massivement afin de border et délimiter ces champs servant comme abris et pour créer un
microclimat favorable à la culture des agrumes. Actuellement cette espèce est répandue et
utilisée par la population locale comme espèce permettant de délimiter leurs champs
(cultures maraîchères, arboriculture, autres…) surtout après le problème de Morcellement
(partage et subdivision des terrains agricoles par héritage entre une même famille) (LARBI
et BELGHERBI, 2007). Dans les zones montagneuses, cette espèce est rarement utilisée
dans les travaux de conservation des sols à risque d’érosion hydrique et éolienne. Ainsi on le
trouve partout dans les cimetières musulmans, chrétiens et juifs.
Actuellement, le Cyprès contribue à la protection des sols contre les différents types
d’érosion (brise - vent) et constitue une aire de loisir, c’est donc un élément de reboisement
le plus précieux pour l’Afrique du Nord.

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Chapitre III Problème de dépérissement

1. Concepts de dépérissement
Les dépérissements forestiers ne sont pas des phénomènes nouveaux, la littérature
allemande (SCHUTT, 1977 ; WACHTER, 1978 ; CRAMER ET CRAMER-
MIDDENDORF, 1984) et nord-américaine (WALKER et AUCLAIR, 1989 ; MILLERS
et al., 1988) en rapportent depuis plus d'un siècle . La littérature française est relativement
moins riche mais fournit quelques descriptions pour le Sapin pectiné, (LANDMANN,
1993), le Chêne (DELATOUR, 1983) et le Hêtre (DE LEMPS, 1955 ; SCHAEFFER,
1955).
Depuis plus d'un siècle également, les pathologistes se sont efforcés, avec un succès
inégal, d'élucider les causes des divers dépérissements d'arbres et de peuplements. Le besoin
de formalisation des concepts est cependant relativement récent, puisque les concepts
auxquels on fait actuellement référence, explicitement ou implicitement, datent des années
1960. Les dépérissements forestiers n'ont jamais été des sujets consensuels, les
connaissances et concepts développés au cours des décennies récentes ne font pas
l'unanimité au sein des pathologistes et ne sont pas nécessairement compris ou acceptés par
les scientifiques des autres disciplines.
Les concepts de base actuels ont été définis par SINCLAIR (1964, 1967) et HOUSTON
(1967). Ces auteurs ont travaillé principalement sur divers dépérissements feuillus, dans le
Nord-est de l’Amérique. D'autres dépérissements étaient cependant décrits dans le Sud et
dans l'Ouest sur des résineux. Toutes ces maladies avaient en commun un certain nombre de
symptômes, en particulier des réductions de croissance, un dépérissement graduel de la
cime, se soldant occasionnellement par la mort d'arbres.
HOUSTON (1967) développa le concept de maladie déclenchée par un stress
« stress-triggered disease », selon lequel un arbre soumis à un stress répété finit par être
endommagé et devient susceptible à l'attaque d'organismes secondaires le conduisant
éventuellement à la mort. Ce concept, développé et affiné depuis lors HOUSTON (1973,
1981, 1984, 1992), considère le dépérissement comme une ' « maladie ordinaire », en
référence au ' triangle de la maladie constitué par la plante, le pathogène et l'environnement.
Si toutefois on considère une « maladie ordinaire » comme un phénomène dans lequel
l'influence de l'environnement s'exerce uniquement sur le pathogène et le processus
infectieux « pathogen-based disease », le dépérissement selon Houston n'apparaît plus
comme une maladie typique.

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Chapitre III Problème de dépérissement

HOUSTON (1992) insiste particulièrement sur les attaques d'organismes secondaires


qui, selon lui, déterminent souvent si l'arbre va survivre ou succomber aux stress qui l'ont
affecté.
SINCLAIR (1964, 1967) développa un concept selon lequel un dépérissement met en
jeu un système de trois échelons successifs de facteurs, les facteurs prédisposants, les
facteurs déclenchants et les facteurs aggravants. Les facteurs prédisposants seraient, d'après
Sinclair, responsables des variations locales d'intensité du dépérissement. Par exemple, le
dépérissement du Chêne causé par les sécheresses dans le Nord-est de l’Amérique est
particulièrement prononcé sur les crêtes où les conditions édaphiques et, de façon générale,
environnementales sont défavorables. Ces modèles ont été considérés par leurs auteurs, lors
de leur élaboration, comme des modèles provisoires permettant de hiérarchiser l'analyse d'un
phénomène apparemment complexe. Les pathologistes les espéraient néanmoins en fin de
comptes réductibles à un schéma classique de relation de cause à effet mettant en jeu un
pathogène principal. On sait aujourd'hui que ces phénomènes sont intrinsèquement
complexes et qu'il ne s'agit pas uniquement (mais dans certains cas sans aucun doute) d'un
défaut de capacité d'analyse.
Un des apports de MANION (1981) est d'avoir avancé que les facteurs impliqués dans
un dépérissement ne sont pas obligatoirement les mêmes d'un endroit à l'autre (ce qui
complique leur analyse), mais sont en partie au moins interchangeables. Cette absence de
constance spatiale des facteurs fait des dépérissements d'arbres un phénomène sensiblement
différent de la plupart des autres maladies. L'interchangeabilité des facteurs est également un
des principaux messages contenus dans la spirale de MANION (1981).
Une autre particularité de cette représentation est qu'elle admet que certains facteurs, par
exemple la sécheresse (coup de chaleur, sécheresses prolongées) ou la pollution
atmosphérique (aiguë, chronique) peuvent jouer plusieurs rôles, et notamment être
prédisposants ou déclenchants selon leur intensité.
MUELLER-DOMBOIS (1983, 1986) a décrit le dépérissement de la canopée forestière
sur l'île de Hawaï et d'autres îles du Pacifique à l'aide d'un modèle de sénescence collective
synchrone « synchronous cohort senescence model ». D'après ce modèle, les individus se
développent, deviennent adultes et entrent dans un processus de dépérissement de façon
synchrone. C'est une perturbation soudaine qui est censée entraîner cette détérioration
synchrone. En Europe, les travaux de BECKER et LEVY (1988) et SPIECKER (1991) sur
Sapin pectiné et de ABETZ (1988) sur Hêtre confortent cette perception. Le concept de
MUELLER-DOMBOIS s'appuie donc largement sur la dynamique à l'échelle de la

Page 31
Chapitre III Problème de dépérissement

population (peuplements), de la communauté (la forêt) ou de l’écosystème. En cela, il est


très différent des concepts élaborés par SINCLAIR, HOUSTON et MANION. De fait, ces
trois auteurs sont des pathologistes et leur conception des dépérissements, même si elle se
veut équilibrée, fait la part belle aux agents biotiques, alors que MUELLER-DOMBOIS
(1992) défend l'idée que les dépérissements peuvent être considérés comme des phénomènes
naturels par opposition à des phénomènes pathologiques proprement dits. II est clair que les
concepts classiques de dépérissement accordent peu de place aux notions de dynamique de
peuplement dont on vient de souligner l'importance dans les dépérissements étudiés en
Europe (LANDMANN, 1994), et particulièrement en France (BECKER et al., 1994) . Le
concept de MUELLER-DOMBOIS peut être interprété comme une variante du modèle de
SINCLAIR dans lequel une population commencerait à décliner à un endroit où les facteurs
prédisposants auraient atteint un niveau suffisant. Plus précisément, MUELLER-
DOMBOIS (1992) distingue les étapes suivantes :
 Structure forestière simplifiée,
 Stations extrêmes sur le plan édaphique,
 Perturbations périodiques, et
 Agents biotiques.
Cette conception rejoint bien les résultats établis pour les dépérissements du Sapin
pectiné et de l'Epicéa commun étudiés récemment en France (LANDMANN et
BONNEAU, 1994).
2. Définitions et terminologie
Le « dépérissement » ou « déclin » des forêts est une expression qui a marqué ces
dernières années et donné l’alerte au monde forestier. Ce phénomène se traduit avant tout
par une mortalité anormale des feuilles, bourgeons, brindilles et branches, et qui a pour
conséquence la réduction de la vitalité et de la vigueur des arbres (DELATOUR, 1983 ;
LEMEIGNEN et MICAS, 2008). Une fois persistant, il induit la mort « isolée » des arbres
puis prend de l’ampleur par « tâches » et enfin « massive ou généralisée » des peuplements.
Il en résulte une réduction progressive de la productivité ligneuse des forêts et de leur santé
(AUCLAIR et al., 1997).
Un dépérissement est un processus évolutif, faisant intervenir de multiples causes qui
agissent en synergie (FIOT et al., 2007). Ils peuvent être de causes purement naturelles,
humaines ou une combinaison des deux (REQUARDT et al., 2007 ; FIOT et al., 2007). Il
peut être se traduit pour l’arbre par une perte de vitalité progressive et des mortalités

Page 32
Chapitre III Problème de dépérissement

d’organes pérennes (branches, rameaux notamment chez les feuillus) ou des pertes
prématurées d’aiguilles chez les conifères (FIOT et al., 2007).
Le dépérissement est le résultat de l’interaction de plusieurs facteurs de stress de nature
biotique ou abiotique. Ces facteurs agissent de façons consécutives ou concomitantes et
provoquent l’affaiblissement de l’arbre et parfois même sa mort (LAFLAMME, 1992).
En outre, il est admis que le dépérissement des essences forestières affecte le dynamisme
de la forêt, en changeant sa structure et ses ressources physiques à une quelconque échelle
spatiale ou temporaire (LANDMANN, 1994).
3. Hypothèses relatives au dépérissement des forêts
3. 1. Hypothèse de l’acidification des écosystèmes
Emise en 1979 en Allemagne, cette hypothèse atteste que les écosystèmes forestiers
subissent l’agression des retombées de sulfate, ce qui provoque une acidification du sol
entraînant la libération de l’aluminium phytotoxique à l’état libre. Le pH des pluies (4,2 en
moyenne) n’a pas changé depuis les cinq dernières décennies, en plus des dépérissements
sont observés sur des sols calcaires qu’acides (LANDMANN, 1994).
3. 2. Hypothèse du rôle de l’ozone
Proposée en 1982, l’auteur de cette hypothèse mentionne que des composés
photochimiques à effet phytotoxique dont l’ozone associé à la pauvreté relative des sols
pourraient expliquer les symptômes observés (LANDMANN, 1994).
En effet, l’excès d’ozone provoque un stress oxydatif par l’accumulation d’une protéine clé
du photosystème 2 dans les chloroplastes induisant ainsi le premier signal moléculaire du
dépérissement par destruction du mécanisme de photosynthèse. Ainsi, il perturbe la
régulation de la fermeture des stomates, en provoquant une évapotranspiration excessive et
un déficit en eau (BONNEAU et LANDMANN, 1988).
3. 3. Hypothèse d’une alimentation azotée déséquilibrée
En forêt, le cycle nutritif normal des arbres est perturbé par l’apport de l’azote sous
forme de dépôts assimilables provenant des oxydes d’azote émis dans l’atmosphère. Ce
stress combiné à d’autres facteurs induit un déséquilibre entre les racines des arbres et les
champignons mycoryzateurs, ce qui explique un déséquilibre ionique observé foliaire, étant
donné que la microflore est considérablement appauvrie dans les forêts atteintes
(LANDMANN, 1994; DE BEAULIEU, 2007).
3. 4. Hypothèse de l’interaction « climat – parasites – pollution atmosphérique »
Emise en 1983, cette hypothèse démontre que la perte de vigueur des essences
forestières est la résultante d’action de nombreux facteurs écologiques (sécheresse) qui

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Chapitre III Problème de dépérissement

fragilisent la forêt en la rendant sensible aux attaques des agents biotiques secondaires ou de
faiblesse en l’occurrence les insectes xylophages et les maladies cryptogamiques
(BONNEAU et LANDMANN, 1988).
4. Facteurs impliqués dans le dépérissement forestier
La vitalité d’un arbre est définie comme sa capacité à assimiler les ressources, se
développer, survivre aux stress, s’adapter aux changements et se reproduire (DOBBERTIN
et BRANG, 2001).
Corollairement, le dépérissement en forêt est un processus d’affaiblissement général de
l’arbre, causé par un faisceau de facteurs interagissant entre eux. Le dépérissement est un
processus complexe et évolutif. Ses principaux symptômes sont la perte de vitalité
(défoliation, diminution de la croissance, décoloration des feuilles) et la mortalité de
branches et de rameaux (NAGELEISEN et al., 2010). La plupart des facteurs à l’origine du
dépérissement sont abiotiques et ne sont a priori pas identifiés (BONNEAU et
LANDMANN, 1988). La mort de l’arbre est une issue possible mais non certaine du
dépérissement (BONNEAU et LANDMANN, 1988; NAGELEISEN et al., 2010). Il est
courant de hiérarchiser les facteurs causaux en trois catégories (BOUTTE, 2007) :
 Les facteurs prédisposants, qui sont propres à l’endroit, au massif et aux arbres, et qui
en déterminent la productivité mais aussi son degré de résistance ou de faiblesse face aux
agressions potentielles (patrimoine génétique, climat, conditions stationnelles, âge,
gestion, aménagement, pollution atmosphérique…).
 Les facteurs déclenchants, ou incitants, qui sont exceptionnels, plus ou moins intenses
et de courte durée (stress, gel, sécheresse, attaques de défoliateurs, pollution de l’air,
etc.), et qui enclenchent le processus de dépérissement plus ou moins important selon la
résistance de l’arbre ou du massif. LANDMANN (1994) note que l’influence des
facteurs déclenchants, combinée à celle des facteurs prédisposants provoquent une
détérioration de la cime et du système radiculaire. Ils sont essentiellement de nature
abiotique comme la sécheresse et biotique comme les attaques d’insectes défoliateurs en
particulier (AUCLAIRE et al., 1997). Il convient de signaler ici que les défoliateurs
forestiers sont beaucoup moins dangereux sur les essences feuillues que sur les conifères
(BOVEY, 1971). D’après cet auteur, il est rare qu’une défoliation consécutive ait une
conséquence néfaste sur la vitalité des arbres. Au contraire, chez les résineux, la
destruction des aiguilles perturbent la physiologie des arbres et les exposent à un
affaiblissement plus avancé.

Page 34
Chapitre III Problème de dépérissement

 Les facteurs aggravants, sont des facteurs qui interviennent en phase terminale du
déclin (LANDMANN, 1994) ; qui sont les ravageurs (insectes, pourritures, virus,
nématodes, …) ou les catastrophes (incendies, tornades, …) qui achèvent le processus de
dépérissement de l’arbre, parfois jusqu’à la mort et la décomposition. Certains auteurs,
considèrent que ces facteurs ne participent pas à proprement parler au dépérissement, car
ils interviennent après que celui-ci soit irréversible. Ils ne feraient alors qu’accélérer la
disparition de l’arbre. Les facteurs aggravants sont les plus visibles, ils ne sont nullement
la cause du dépérissement, mais en constituent son point final.
Le classement des facteurs dans ces différentes catégories demeure une vue de l’esprit.
Dans la réalité, il y a interaction permanente entre tous ces facteurs. Le dépérissement reste
un processus complexe, de causes multiples qui s’entre-influencent (MANION, 1981).

Figure 8 : Représentation sous forme de spirale du processus de dépérissement


(MANION, 1981)

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Chapitre III Problème de dépérissement

Le dépérissement est considéré comme un enchaînement d’événements défavorables, les


facteurs qui prédisposent aux maladies entrainent lentement l’arbre vers les facteurs
incitatifs qui accentuent sa perte de vigueur, à leur tour, d’autre facteurs contribuent à
amener le végétal vers une mort certaine (BOUTTE, 2007).
5. Types de dépérissement
DELATOUR (1983), cite trois types de dépérissement selon leur évolution : brusque,
rapide et lent.
 Le dépérissement brusque qui se développe en quelques semaines, se traduit par le
dessèchement des feuilles qui restent pendantes.
 Le dépérissement rapide, qui se développe en une à deux années, entraîne une mort de
l’arbre.
 Le dépérissement lent, qui s’étale sur plusieurs années, affecte essentiellement les arbres
âgés de 80 à 100 ans.
6. Symptômes du dépérissement
Les symptômes des dépérissements forestiers peuvent avoir été provoqués par des
constellations de conditions défavorables et ou d’agressions fortes différentes.
Les arbres sont capables de réagir aux influences exercées par divers agents par des
signes apparaissant sur leurs parties aériennes (HARTMAN et al., 1991).
Aiguilles qui roussissent puis tombent l’année suivante, cime dénudée, coloration
anormale, déficits foliaire, branches mortes sont les signes du dépérissement de la forêt
méditerranéenne (GAZONNEAU, 2007).
On constate que, lorsque plusieurs de ces contraintes se conjuguent (conditions
stationnelles difficiles, pollution, salinité, vent), des phénomènes plus importants de
dépérissement peuvent apparaître (LANDMANN, 1994).
Selon HARTMAN et al., (1991), les symptômes concernent trois niveaux :
 Symptômes sur aiguilles et feuilles : chute prématurée « défoliation précoce »,
éclaircissement, dénudement de rameaux, de parties ou de la totalité de la couronne.
Décoloration jaunâtre et blanchâtre (chloroses), brunâtre, flétrissement, anomalie de
croissance, déformation.
 Symptômes sur bourgeons, pousses et rameaux : chute des pousses, décoloration
jaunâtre, flétrissement, anomalie de croissance, déformations,…
 Symptômes sur tronc et branches : chute, décoloration jaunâtre, flétrissement,
écoulement de résine, anomalie de croissance, déformation, plaies ouvertes
cicatrisées,…

Page 36
Chapitre III Problème de dépérissement

LANDMANN (1994), a ajouté les symptômes suivants :


 En ce qui concerne la croissance : réduction de la croissance de quelques années à
plusieurs décennies avant l'apparition des symptômes visibles.
 En ce qui concerne leurs caractéristiques spatio-temporelles :
dispersion au hasard (localement) des individus dépérissants (par opposition à l'action de
certains pathogènes, dont l'action s'exerce de proche en proche), persistance et aggravation
des symptômes durant plusieurs années.
7. Le dépérissement forestier dans le monde
Généralement, le dépérissement des forêts a lieu à des marges géographiques ou
altitudinales d’un type de forêt ou d’une espèce forestière (JUM et PENUELA, 2006).
Beaucoup d’exemples de dépérissement des espèces forestières sont cités par différent
chercheurs et auteurs. Au Maroc, BAKRY et ABOUROUH (1996) citent le dépérissement
du chêne liège. Le phénomène de dépérissement sur Quercus cerris a été aussi décrit en
Italie par VANNINI (1990).
En France, le dépérissement des forêts du Pin maritime (GUYON, 1991), chêne
pédonculé, chêne sécile, épicéa et hêtre (LAURENT et LECOMTE, 2006 ; D. S. F, 2007).
YVES (2005) ajoute le dépérissement du sapin en Bretagne, Normandie et des pays de la
Loire.
En Espagne, les jeunes bouquets d’arbre sont touchés, le cèdre de l’Atlas dépérit au
Maroc et en Algérie, selon le témoin d’experts (GAZONNEAU, 2007).
Vers la fin des années 1990, le phénomène de dépérissement a pris de l’importance, un
peu partout en Tunisie, en raison probablement des années successives de sécheresse. Les
plantations de Kessra (Makthar) et plusieurs haies de brise-vent de tous âges composés de
Cupressus sempervirens ont connu de fortes attaques de Phloeosinus aubei (BENJAMAA
et KHALDI, 1998 ; BENJAMAA, 2002). La cause d’attaque était une sécheresse
prolongée qui a privé complètement le cyprès de sa quantité d’eau indispensable. Les
températures assez élevées enregistrées à ce moment ont aggravé l’état de dépérissement et
ont facilité l’attaque par les scolytes. Les dégâts ont pu atteindre dans certains cas 80%
(BENJAMAA, 2002).
Le Tableau 18 récapitule quelques exemples de dépérissement ou de mortalité d’arbres
en forêts.

Page 37
Chapitre III Problème de dépérissement

Tableau 18 : Quelques exemples de mortalité des forêts (ALLEN et al., 2009).


Région / Pays Type de forêt
Afrique
Algérie Cedrus atlantica
Namibie Aloe dichtoma
Sénégal Espèce d’Acacia, Cordyla, Nauclea et Sterculia
Afrique du Sud Espèces de Dichrostachys, Pterocarpus et Strychnos dans le Nord –
Est
Ouganda Espèces d’Uvariopsis celtis dans la forêt tropicale humide
Asie et Pacifique
Australie Espèces d’Eucalyptus et Corymbia dans le Nord – Est
Chine Pinus tabulaeformia et Pinus yunnanensis
Inde Espèces d’Acacia, Terminalia et Emblica dans le Nord- Ouest
Malaisie Diptérocarpacées dans les forêts tropicales humides de Bornéo
République de Corée Abies koreana
Fédération de Russie Espèces de Picea et Pinus dans les forêts tempérées et boréales de
Sibérie
Europe
France Espèces d’Abies, Fagus, Picea, Pinus et Quercus
Grèce Abies alba dans le Nord
Norvège Picea, Abies dans le Sud- Est
Espagne Espèces de Fagus, Pinus et Quercus
Suisse Pinus sylvestris
Amérique latine et Caraïbes
Argentine Espèces d’Austrocedrus et Nothofagus en Patagonie
Brésil Forêt atlantique tropicale semi-décidue dans le Sud –Est
Costa Rica Forêt tropicale humide
Panama Forêt tropicale humide
Proche – Orient
Turquie Espèces de Pinus et Quercus dans la région centrale
Arabie saoudite Juniperus procera
Amérique du Nord
Canada Espèces d’Acer, Picea, Pinus et Populus
Etats- Unis Abies, Fraxinus, Juniperus, Picea, Pinus, Populus, Pseudotsuga et
Quercus

Page 38
Chapitre III Problème de dépérissement

8. Le dépérissement forestier en Algérie


A l’instar des pays du pourtour méditerranéen, le patrimoine forestier algérien se trouve
aussi en piètre état, la surface boisée considérée comme minuscule de 1,3 millions
d’hectares ce qui représente un taux de boisement de 5% contre 27% en 1898, ce qui indique
une régression alarmante d’environ 80% (BEGHAMI, 2010). Il convient de signaler que la
superficie originelle était de l’ordre de 7,2 millions d’hectares (BEGHAMI, 2010).
Selon les services des forêts des monts des Traras, ce phénomène est apparu vers les
années 1982. La majorité des essences forestières ont connu cette régression mais avec des
degrés variables. L’état de ces peuplements s’est aggravé ces cinq dernières années. Un
premier constat montre que ces essences sont souvent exposées à une dégradation avancée.
L’exposition des massifs aux influences sahariennes et leur localisation sur substrat
défavorable à capacité de rétention en eau faible ont accéléré la mortalité des peuplements
les plus touchés par ce dépérissement.
Le facteur principal est le déficit hydrique résultant d’une sécheresse prononcée et
persistante durant les vingt dernières années. Cette sécheresse semble être la raison
essentielle de la mortalité des arbres (BARITEAU, 2003). D’autres facteurs secondaires
interviennent par la suite, dès que les arbres présentent des signes d’affaiblissement tels que
les insectes défoliateurs ou champignons, comme l’armillaire observée chez les arbres
dépérissants ou morts (BENTOUATI, 2007). L’arbre devient rapidement l’hôte des insectes
et des maladies. Le dépérissement est inévitable (LAMONTAGE, 2000).
Le dépérissement se traduit en général, à l’échelle d’un arbre, par des symptômes bien
visibles au niveau du houppier ; mortalité d’organes, réduction de la qualité et de la quantité
du feuillage. Pour ce qui est du Cyprès vert, le dépérissement commence par la cime de
l’arbre et progresse vers la partie inférieure avec un certain écoulement de la résine sur le
tronc.
9. Complexité de l’étude du dépérissement forestier
L’étude du dépérissement des arbres est complexe, puisqu’il s’agit bien souvent
d’évaluer plusieurs facteurs (abiotiques et biotiques) agissant simultanément sur le
peuplement forestier et pendant une longue période (BENOIT, 2005). Pour LANIER
(1976), l’étude des dépérissements forestiers présente de grandes difficultés en raison de la
complexité des trois domaines dans lesquels ils se manifestent à savoir le sol, l’atmosphère
et l’environnement biologique des arbres touchés.

Page 39
Chapitre III Problème de dépérissement

Chaque cas de dépérissement est induit généralement par un ensemble de facteurs


agissant simultanément, ou les uns après les autres dans le processus de détérioration des
arbres (LANIER, 1976 ; MANION, 1981), et parfois mal connue (D. S. F, 2007).
Il est donc très difficile de savoir quel facteur s’avère décisif dans une situation donnée
(GARTNER, 1988), De ce fait, il devient très difficile de déterminer l’ordre de
l’intervention de chacun des éléments mis en cause, et la tâche est encore plus ardue s’il
s’agit de définir la part des responsabilités de chacun d’eux dans le processus (LANIER,
1976). Dans bien des cas, les agents contributifs sont jugés responsable du phénomène alors
qu’ile ne sont que des interventions secondaires.
10. Conclusion
Les symptômes du dépérissement forestier sont multiples et variables avec l’espèce.
Certains symptômes peuvent être attribués à plusieurs facteurs différents, qui résultent une
difficulté de savoir exactement le facteur qui attribue ce phénomène.
Il est primordial de mettre en évidence les facteurs déterminants du dépérissement
forestier afin de minimiser l’impact du climat par une gestion sylvicole adaptée.

Page 40
Chapitre IV Matériels et méthodes

1. Installation des placettes


Vu l’irrégularité de la distribution des taches de dépérissement à travers le massif
forestier, nous avons jugé nécessaire de répartir les placettes d’échantillonnage au sein des
îlots des Cyprès dépéris suivant un protocole expérimental élaboré au Canada portant sur le
dépérissement des Erables (ZEMIRLI, 2006). La distribution est envisagée de sorte qu’elle
couvre l’ensemble des Cyprès affectés par le dépérissement. Ce dépérissement s’y manifeste
par taches sporadiques à travers l’ensemble du massif forestier étudié. La localisation des
tâches est retenue initialement comme étant le prélude du protocole expérimental à réaliser.
En fait, à travers l’ensemble des taches de dépérissement localisées, des placettes d’étude
ont fait l’objet d’installation appropriée. Au total 25 placettes y sont installées dans la région
de Bab El Assa et Marsa Ben M’hidi (Fig. 9). Le choix de ces placettes s’est fait après une
prospection et une constatation plus large du problème de dépérissement du Cyprès dans les
deux régions, en prenant compte les points suivants : l’accessibilité des placettes, l’intensité
des taches de dépérissement, l’exposition, l’altitude et la topographie. Lors de l’installation
de ces placettes, nous étions équipés de certains matériels de mesure et d’observation (GPS,
blume-leiss, boussole, loupes, …) et la documentation (Carte d’état major : Cap Milonia n°
237, échelle 1/50 000). Ces placettes y sont délimitées de manière à avoir le maximum de
Cyprès dépéris pour lesquels des données stationnelles et dendrométriques feront l’objet de
mesures. Celles-ci permettront de mieux élucider les facteurs qui en sont les véritables
précurseurs du fléau. La récolte de ces diverses informations permet d’identifier au mieux
l’état actuel et rétrospectif du dépérissement.

Page 41
Chapitre IV Matériels et méthodes

14
12 6 5
11 2 13 16
10 8
9 1 17 21 25 15 7 24
19 20 23 3
18 22 4

1 à 25 : Placettes d’étude

Figure 9 : Localisation des placettes d’étude (MEDJAHDI et al, 2008) modifiée


2. Forme et taille des placettes
L’unité d’échantillonnage doit constituer une étendue écologiquement homogène. Étant
donné que les placettes circulaires étant les plus recommandées dans la littérature, nous
avons adopté ce protocole. Elles sont particulièrement objectives et facile à délimiter
(PALM, 1977 ; RICHTER, 2001 ; ClAISSENS et al., 2002 ; RONDEUX, 2002).
Elles présentent l’avantage d’avoir le périmètre le plus court pour contenir une surface
donnée sans direction privilégiée (DUPLAT et PERROTTE, 1981).
Au niveau de chaque tache de Cyprès dépéris, nous installons une placette concentrique
de quatre unités d’échantillonnage. Pour mieux identifier les éventuelles relations de
causalité du dépérissement de Cyprès, nous procédons à une installation de placettes sur le
même point de sondage. Au total, quatre placettes concentriques d’une superficie
respectivement de 4, 6, 8 et 10 ares ont fait l’objet d’installation à travers les 25 placettes
d’étude réparties dans la région de Bab El Assa et Marsa Ben M’hidi.
Le but est de rechercher l’évolution du nombre de tiges de Cyprès dépéris dans
chacune des superficies et la manière avec laquelle elles se trouvent localisées nonobstant la
grandeur de l’aire d’échantillonnage. Une évidence particulière était de veiller à ne pas
concentrer l’information sur des étendues restreintes ou de laisser de vastes zones entre les
placettes comme le recommande LECOMPTE et RONDEUX, (2002). La Figure 10
permet de mieux visualiser cette répartition des tailles des placettes sur terrain.

Page 42
Chapitre IV Matériels et méthodes

5m
4 ares

10 m
6 ares

15 m
8 ares

20 m
10 ares

Figure 10 : Présentation schématique des placettes concentriques (Originale)


3. Récolte de données
Chaque placette fait l’objet d’une fiche technique spécifique rassemblant l’ensemble des
données à récolter sur terrain, comme l’a prévu D’EON et al., (1995). Certaines
informations sont notées selon des listes de codes reprises sur une fiche de référence (Fig.
11 et 12).
Les données récoltées sont d’ordre stationnel, dendrométrique et sanitaire soigneusement
recueillies au sein de chaque placette d’étude.

Page 43
Chapitre IV Matériels et méthodes

Fiche descriptive des placettes

Date : Exposition : Profondeur du sol :


Placette n° : Altitude : pH superficiel du sol :
Canton : Pente :
Coordonnées : Topographie :

Sp(ares) N° Esp C 1.30 Ht Hhoup (m) Htige Ft Pc En Sh


(m) (m) (m)
4 1
2
3
4
5
6 6
7
8
9
10
11
8 12
13
14
15
16
17
10 18
19
20
21
22
23

Figure 11 : Fiche descriptive des placettes

Page 44
Chapitre IV Matériels et méthodes

Fiche de référence
 Sp : superficie de placette.
 N° : numéro de la tige.
 C 1.30 : circonférence à 1. 30 m.
 Ht : hauteur totale.
 Hhoup : hauteur du houppier
 Htige : hauteur du fût
Ft : forme des tiges :
 0 : normale.
 1 : cassée.
 2 : fourchue.
 3 : tordue.
 4 : arbre incliné de plus de 15°.
Pc : production de cônes :
 0 : aucun cône.
 1 : très faible.
 2 : faible.
 3 : moyenne.
 4 : forte.
En : élagage naturel :
 0 : mauvais.
 1 : moyen.
 2 : bon.
Sh : symétrie du houppier :
 0 : houppier symétrique.
 1 : houppier asymétrique.

Figure 12 : Fiche de référence


3. 1. Données stationnelles
La superficie, la topographie, l’altitude, l’exposition, la pente, la profondeur du sol et le
pH superficiel du sol sont les principaux facteurs pris en compte. Le but est de rechercher
l’interaction entre le peuplement et les conditions écologiques dans lesquels il se développe,
ceci en se référant à LECOMTE et RONDEUX (2002).

Page 45
Chapitre IV Matériels et méthodes

L’altitude et l’exposition sont prélevées au niveau des placettes d’étude par le biais d’un
GPS. La pente est mesurée par un blume-leiss.
La mesure de la profondeur du sol est effectuée à l’aide d’une tige métallique graduée et
plantée dans le sol à 1 mètre de la base du tronc. La profondeur a donc été calculée en
mesurant la partie enterrée.
La mesure du pH du sol est effectuée entre 0 et 20 cm. Elle s’effectue sur une suspension
de terre fine. Le pH doit être pris d’abord dans l’eau distillée bouille, puis dans une solution
normale de KCL, en utilisant la méthode éléctrométrique à électrodes de verre.
Les monts des Traras Occidentaux sont caractérisés par différentes positions
topographiques. Selon MASSON (2005), ces positions sont décrites selon un indice
topographique et sont classées en quatre niveaux distincts (Fig. 13). Plus l’indice est élevé
plus la position est favorable à l’accumulation de l’eau.
 TOPO 1 : les pertes latérales d’eau sont supérieures aux apports.
 TOPO 2 : les apports sont nuls ou égaux aux pertes d’eau par drainage.
 TOPO3 : l’eau circule plus lentement à ce niveau, ce qui constitue une situation
favorable.
 TOPO 4 : la situation hydrique est exceptionnellement favorable.

TOPO 1 TOPO 2 TOPO 3 TOPO 4

Figure 13 : Situation topographique décrite selon un indice topographique (MASSON, 2005)

Pour cela les arbres ont fait l’objet de plusieurs observations distinctes : forme des tiges,
fructification, position sociale, état du houppier.
Selon la structure d’un peuplement, on distingue plusieurs étages :

Page 46
Chapitre IV Matériels et méthodes

 Prédominant : arbres dépassant nettement le niveau supérieur du couvert. Sa croissance


est indépendante de la densité du peuplement.
 Dominant : arbres les plus forts dont les cimes se trouvent en pleine lumière.
 Co-dominant : arbres dont les cimes atteignent la partie supérieure du couvert, mais
l’extension de son houppier est asymétrique. Ils sont donc moins vigoureux et moins
équilibrés que les dominants.
 Intermédiaire : arbres atteignant plus la partie supérieure du couvert, mais qui sont en
contact avec les dominants et les co-dominants.
 Dominé : arbres essayant d’accéder à la lumière ou battus par les dominants.
3. 2. Données dendrométriques
L’inventaire et la description des peuplements sont un préalable indispensable à toute
démarche de gestion forestière et de planification sylvicole. Nous nous sommes intéresses à
réaliser cet inventaire pour mettre en évidence la structure, la densité du peuplement et la
différence du point de vue développement pour chaque station. En ce sens, la structure des
peuplements est définie comme étant la manière avec laquelle sont agencées les variables
dendrométriques d’un peuplement.
Les tiges recensées au sein des parcelles d’échantillonnage ont fait l’objet des mesures
suivantes : DHP (diamètre à hauteur de poitrine), hauteur total des tiges, longueur des fûts et
longueur des houppiers.
Par convention, la mesure du diamètre d’un tronc se fait à une hauteur de 1,30 m du
sol, c'est-à-dire à peu près à hauteur d’épaule, nommée hauteur d’homme.

Page 47
Chapitre IV Matériels et méthodes

1 2 3

4 5 6

7 8 9

10 11

1 : Position pour la mesure du diamètre à hauteur de poitrine (DHP) sur terrain plat
2 et 3 : Position pour la mesure du DHP d’un arbre sur un terrain incliné
4 et 5 : Arbre fourchu
6 : Position pour la mesure du DHP d’un arbre avec des contreforts
7 : Position pour la mesure du DHP d’un arbre avec des racines aériennes
8 et 9 : Position pour la mesure du DHP d’un arbre avec des branches ou un renflement à 1,30 m
10 : Position pour la mesure du DHP d’un arbre penché
11 : Position pour la mesure du DHP d’un arbre couché

Figure 14 : Recommandations à suivre lors de mesures du DHP (DNARPA, 1995)

Page 48
Chapitre IV Matériels et méthodes

La hauteur totale d'un arbre est la distance séparant le pied de l'arbre et son bourgeon
terminal (RONDEUX, 1999). Pour mesurer la hauteur des arbres, nous avons utilisé des
appareils appelés dendromètres. Les plus utilisés sont le Blume-Leiss, d'origine allemande.
Cet appareil est basé sur un principe trigonométrique (mesures d'angles) et il nécessite que
l'observateur se place à une distance prédéterminée de l'arbre (la plus proche possible de la
hauteur estimée) (Fig. 15 et 16).

Figure 15 : Mesures de hauteurs d’un arbre (DNARPA, 1995)


Le Blume-Leiss est un appareil composé d’un télémètre permettant la mise à distance à
l’aide d’une mire pointée sur l’arbre et d’un clisimètre.
Exemple de mesure
1 3 la mise à distance est réalisée à l’aide du télémètre et de la mire. Dans le cas présent,
nous choisissons de travailler sur l’échelle 20 m. Nous se trouvons ainsi à une distance de 20
m du pied de l’arbre.
2 3 Nous visons le pied de l’arbre (visée basse : VB). Lecture sur le Blume-Leiss = 2 du côté
gauche du 0.
3 - Nous visons la hauteur de l’arbre (visée haute : VH). Lecture sur le Blume-Leiss = 14 du
côté droit du 0.
4 3 La hauteur de l’arbre est 14 + 2 = 16 m (VB + VH).
5 3 Si la pente est supérieure à 10°, il convient d’apporter un facteur de correction FC à la
hauteur lue sur le Blum-Leiss. H vraie = H lue 3 (H lue x FC).

Page 49
Chapitre IV Matériels et méthodes

Pour une pente par exemple de 14°(mesurée sur l’échelle basse du Blume 3Leiss), on a
FC = 0.06. Dans notre exemple, H vraie = 16 3 (16 x 0.06) = 15 m.
La table des FC pour chaque pente figure au dos de l’appareil.
Comme il s’agit d’arbres sains et affaiblis dans les différentes placettes, la mesure du
houppier doit être faite soigneusement. La Figure 16 illustre quelques recommandations lors
de mesures de hauteurs e houppiers (DNARPA, 1995).

Figure 16 : Emplacement de la base du houppier vivant (DNARPA, 1995)


A cela s’ajoute des mesures de diamètre de houppier. La mesure s’effectue par un mètre
ruban tenant compte de la projection horizontale du houppier. Une estimation précise de la
surface projetée nécessite la mesure de quatre rayons au minimum dans des directions
faisant des angles égaux (Fig. 17) (NAUMMAN et HENNING, 2005).

Page 50
Chapitre IV Matériels et méthodes

Figure 17 : Mesures de projection horizontale du houppier (NAUMMAN et HENNING, 2005)

3. 3. Données sanitaires
Comme il s’agit l’identification de deux types de facteurs : biotiques et abiotiques,
l’évaluation sanitaire consiste à observer les différentes parties d’arbres échantillons. De ce
fait, deux méthodes sont utilisées dans ce travail à savoir le diagnostic visuel et la méthode
de piégeage d’insectes.
3. 3. 1. Diagnostic visuel
Aucune mesure physique ou chimique n’ayant fait ses preuves jusqu’à maintenant, c’est
l’appréciation visuelle qui reste la base de tout diagnostic (ASSE, 2012).
L’évaluation de l’état sanitaire consiste à observer les différentes parties des arbres
échantillonnés (450 tiges). De ce fait, nous avons adopté la méthode de DRENOU et al.,
(2011) et GRAVIER, (2012). C’est une méthode simple basée sur des observations
visuelles qui ont porté sur des symptômes jugés anormaux par rapport à un arbre estimé en
bonne santé (coloration anormale, desséchement des aiguilles, pertes foliaires). Cette

Page 51
Chapitre IV Matériels et méthodes

méthode a été développée pour la première fois sur le chêne pédonculé (Quercus robur L),
puis sur le Sapin pectiné (GIRAUD, 2012).
Cette méthode est basée sur l’analyse de l’architecture de l’arbre d’où son nom méthode
ARCHI. Elle prend en compte les deux composantes d’un dépérissement, les symptômes de
dégradation de l’houppier, d’où écarts à la normale et les processus de résilience, les retours
à la normale (Fg. 18).
En effet un arbre est composé de plusieurs niveaux d’organisation : unité de croissance
(ou pousse annuelle), axe ramifié, unité architecturale (ou arbre jeune), arbre entier
(BARTHELEMY et CARAGLIO, 2007). Plus l’échelle est petite et meilleure est la
précision des observations. Ces dernières deviennent difficiles au fur et à mesure que l’arbre
grandit. La visibilité de l’architecture devient vite problématique quand les arbres dépassent
25 mètres de hauteur et lorsqu’ils sont situés en forêts denses, surtout s’ils portent un
feuillage persistant comme le Cyprès. Pour cela nous avons donc choisi des critères
architecturaux simples, peu nombreux et facilement visibles avec une paire de jumelles
(12X50). Afin de faciliter encore davantage le travail sur le terrain, une série de questions à
réponses binaires oui/non intégrant les critères architecturaux retenus est proposée (Tableau
19).
Tableau 19 : Niveaux d’observations et questions posées sur terrain (DRENOU et al.,
2011).
Niveaux d’observations Questions posées
Arbre entier L’arbre est il vivant ?

Y a 3 t-il des gourmands vigoureux ?

Les gourmands vigoureux sont-ils-


nombreux ?
Houppier Y a 3 t-il plus de 5 % de mortalité ?

Y a 3 t-il plus de 5 % de feuillage à


coloration anormale ?

Le troc est il visible sur toute la longueur ?

La mortalité est elle limitée aux A 3 et A4 ?

(Si non présence d’A2 morts) ?

Page 52
Chapitre IV Matériels et méthodes

Tronc Y a-t-il formation d’un deuxième houppier ?

Axes A2 Y a-t-il des gourmands vigoureux ?

Les gourmands vigoureux sont-ils


nombreux ?

Comme le recommande BECKER (1987), L’appréciation visuelle de la vitalité des


arbres de nombreuses essences forestières (feuillues ou résineuses) et par conséquent de
l’état sanitaire des arbres se base principalement sur l’aspect de la cime.

Figure 18 : Principe de la méthode ARCHI (DRENOU et al., 2011)


3. 3. 2. Méthode de piégeage d’insectes
La méthode de piégeage d’insectes que nous avons utilisée dans ce travail est basée sur
quatre techniques différentes à savoir : le prélèvement de rameaux feuillés, le prélèvement
de cônes, le piège vitre et les arbres pièges. Pour ce faire, trois stations ont été prospectées et
prises en considération, celle d’El Mahsar (Bab El Assa), Had Sebabna (Marsa Ben M’ hidi)
et Acherrab (Bab El Assa). Les caractéristiques biotiques et abiotiques sont mentionnées
dans le Tableau 20.

Page 53
Chapitre IV Matériels et méthodes

Tableau 20 : Caractéristiques biotiques et abiotiques des trois stations.


Stations Altitude (m) Pente (%) Etage bioclimatique Recouvrement
(%)
El Mahsar 150-300 20 à 30% Semi aride à hiver doux 50 à 65%
Had Sebabna 200-300 20 à 28% Semi aride à hiver assez froid 60 à 70%
Acherrab 350-450 25 à 30% Semi aride à hiver doux 50 à 60%

3. 3. 2. 1. Prélèvement de rameaux feuillés


Pour mettre en évidence la faune entomologique qui vit sur les feuilles et les rameaux,
nous avons procédé aux prélèvements des rameaux feuillés de 30 à 50 cm de longueur, du
mois de mars 2012 au mois de septembre 2012 avec une fréquence de deux fois par mois.
Une centaine de feuilles (aiguilles) enlevées des rameaux de chaque station sont ramenées
au laboratoire pour faire l’objet d’une observation minutieuse sous la loupe binoculaire. Les
insectes ainsi observés sont prélevés et mis dans l’alcool afin de les conserver et leurs larves
sont mises à l’élevage (Fig. 19).

Figure 19 : Prélèvement de rameaux feuillés (Originale)


3. 3. 2. 2. Prélèvement de cônes
En juillet 2012, nous avons récolté 100 cônes de Cyprès par station. Cette opération a
concerné les cônes tombés par terre et ceux récoltés directement de l’arbre. Tous les
échantillons ont fait l’objet des analyses de leur état d’attaque (absence ou présence des
trous, nombre de trous etc.). Les cônes sont mis ensuite dans des boites en plastique (15

Page 54
Chapitre IV Matériels et méthodes

cônes / boite) aérées et déposées au laboratoire afin de récupérer l’entomofaune qui y vit
(Fig. 20).

Figure 20 : Prélèvement cônes (Originale)


3. 3. 2. 3. Piège vitre
Ce type de piégeage a été utilisé par plusieurs auteurs avec modification de la surface de
collecte selon le dispositif adopté SIMILA et al., (2002) , DODELIN (2006) ,
WERMELINGER et al., (2007) et WILLIAMS et al., (2007).
Chaque piège-vitre est construit en croisant deux plaques de plexiglas transparent (80 x
40 x 0,3) cm, ce qui représente une surface de collecte de 0,64 m2. Il est surmonté d’un toit
(45 x 45) cm et sur sa partie inférieure se fixe un entonnoir de 45 cm de diamètre, permettant
le glissement des insectes dans un récupérateur de 1 litre, rempli à son 3/4 d’eau salée à 15-
20 % de Na Cl et d’un détergent. Ce dernier, riche en agents tensio-actifs, est ajouté afin de
faciliter l’immersion des insectes et de limiter l’échappement (BOUGET, 2001 ;
DODELIN, 2006), par contre le sel permet une meilleure conservation des insectes noyés.
Les pièges sont installés à 1,5 m au dessus du sol (SIMILA et al., 2002 ; SAFRANYIK et
al., 2004 ; WAINHOUSE, 2005). Le fonctionnement de ce piège est fondé sur le principe
d’intercepter les insectes en vol qui sont attirés par les troncs d’arbres dépérissants. Les
insectes percutent alors la vitre et tombent dans l'entonnoir. Ce type de piégeage semble être
le plus efficace pour la collecte des Coléoptères (PINHEIRO et al., 2002 ; BOUGET et
NOBLECOURT, 2005). Les pièges d'interception "pièges-vitre" fonctionnent très bien en

Page 55
Chapitre IV Matériels et méthodes

forêt de conifères et donnent de bons résultats, pour la collecte des insectes xylophages,
entre autre, les Cerambycidae. Pour une meilleure récolte des Scolytidae, il existe un autre
type de piège ; il s’agit des pièges à Terpène, mais son emploi est assez onéreux (Fig. 21).

Couvercle

Plaques de plexiglas (vitres)

Entonnoir
1.5 m du sol

Récupérateur

Figure 21 : Piège vitre (Originale)


Dans chaque station, nous avons installé deux piège-vitre à différentes altitudes avec 50
m séparant un piège à l’autre (Tableau 21 et Fig. 22).
Tableau 21 : Caractéristiques des emplacements des pièges-vitre au niveau des trois
stations.
Station Piège Altitude Longitude Latitude Pente
El Mahsar 1 267 35° 1’ 11’’ N 2° 3’ 54’’ W 20
2 290 35° 1’ 10’’ N 2° 2’ 51’’ W 30
Had Sebabna 3 258 35° 5’ 2’’ N 2° 12’ 16 W 23
4 270 35° 4’ 1’’ N 2° 10’ 9’’ W 28
Acherrab 5 390 34° 57’ 58’’ N 2° 1’ 54’’ W 25
6 410 34° 50’ 40’’ N 2° 1’ 20’’ W 30

Les pièges sont installés durant le mois de mars 2012, jusqu’à expiration de la saison
estivale, phase d’activités intense des insectes adultes. Les prélèvements sont effectués tous

Page 56
Chapitre IV Matériels et méthodes

les 15 à 20 jours. Au total 10 prélèvements ont été effectués entre le mois de mars et le mois
de septembre.
Les insectes récupérés sont mis dans des boites en plastique et ramenés au laboratoire
pour détermination.

1 2 3 4

Station : El Mahsar Station : Had Sebabna

5 6

Station : Acharrab

Figure 22: Installation des piges-vitre dans les trois stations (Originale)

Page 57
Chapitre IV Matériels et méthodes

3. 3. 2. 4. Arbres - piège
Cette technique est classiquement employée notamment pour les Cerambycidae
(VILLIERS, 1946) et les Scolytidae (BALACHOWSKY, 1949). Elle est largement utilisée
par les forestiers comme moyens de lutte contre les Scolytides (CHARARAS, 1982). Elle a
fait l’objet d’essais en Eucalypteraie pour capturer le longicorne d’Eucalyptus Phoracantha
semipunctata (CHARARAS, 1969).
Cette méthode d’échantillonnage repose sur, l'élevage des insectes xylophages à partir de
tronçons de 40 à 45 cm de longueur et des branches d'arbres dépérissants susceptibles de les
héberger. Elle consiste d’abattre des pieds de Cyprès d’âge moyen, et les faire exposer aux
attaques des insectes xylophages, en période d’essaimage, c'est-à-dire au moment où les
adultes quittent leur biotope de naissance pour chercher un nouveau biotope propice à la
ponte. Les arbres ainsi abattus séjournent quelques jours dans la nature pour coïncider avec
la période d'attaque avant leur colportage au laboratoire (Fig. 23).

Figure 23 : Arbres piège (Originale)


Cette technique est fondée sur le principe, selon lequel, les insectes viennent pondre sur
le bois récemment coupé, attirés par un spectre d’odeurs qui caractérise un arbre déficient ou
souffreteux (CHARARAS, 1982). Dans le cas des conifères, les composés terpéniques
jouent un rôle déterminant dans le mécanisme de sélection de la plante hôte par les
Scolytidae (CHARARAS, 1982).

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Chapitre IV Matériels et méthodes

Pour couvrir toute la période d’activité des insectes, en particulier les xylophages,
l’opération d’abatage s’est réalisée dans deux périodes en 2012 (printanière et estivale) selon
un calendrier préalablement défini (Tableau 22). La première période s’étale du fin mars au
mi mai et la deuxième débute du mi mai jusqu’au mi juin, soit une période d’un mois à deux
mois d’exposition des arbres aux attaques d’insectes.
Tableau 22 : Calendrier d’abattage d’arbres-piège dans chaque station.
Période d’abattage Station Nombre d’arbres Date d’abattage Date de ramassage
abattus
1 El Mahsar 2 25/03/2012 17/05/2012
2 3 17/05/2012 15/06/2012
1 Had Sebabna 3 25/03/2012 17/05/2012
2 2 17/05/2012 15/06/2012
1 Acharrab 1 25/03/2012 17/05/2012
2 1 17/05/2012 15/06/2012

Au total 12 arbres appartenant aux différentes classes d’état sanitaire sont abattus et
écorcés en 2012. En effet, l’appréciation visuelle de la vitalité des arbres et par conséquent
de l’état sanitaire se base principalement sur l’aspect de la cime (GARREC et al., 1991). Le
critère le plus souvent pris en compte pour caractériser cet aspect est le déficit foliaire qui
traduit la perte des aiguilles dans la partie fonctionnelle de la cime (BECKER, 1987 ; D. S.
F, 1991). Pour caractériser l’importance d’un déficit foliaire, nous nous sommes basé sur
une note qualitative de densité ou un pourcentage indicatif utilisé par RENAUD et
NAGELEISEN (2004) (Tableau 23).
Tableau 23 : Classes de notation de déficit foliaire et les principales catégories sanitaires
d’arbres (RENAUD et NAGELEISEN, 2004).
Classes Proportion du feuillage affecté Signification des classes
0 0 3 10 % Arbre non défolié
1 15 3 25 % Arbre faiblement défolié
2 30 3 60 % Arbre modérément défolié ou modérément
dépérissant
3 65 3 95 % Arbre fortement défolié ou dépérissant
4 100 % Arbre mort ou sec

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Chapitre IV Matériels et méthodes

De chaque arbre abattu, trois rondins de 40 cm, ont été tronçonnés et prélevés au hasard
de chacun des quatre niveaux de l’arbre; la base (B), la partie médiane (M), la cime (C) et
les rameaux (R) (Fig. 24).

1m

B M C

B La base C La cime
M La partie médiane R Les rameaux

Figure 24 : Schéma d’un Cyprès abattu montrant les différents niveaux à partir desquels les rondins
ont été échantillonnés (Originale)
Sur chaque rondin transporté au laboratoire, nous avons noté le nom de la station, la
classe de hauteur (B, M, C, R), la classe de dépérissement du pied, la date d’abattage et la
date de ramassage. Le Tableau 24 montre les caractéristiques dendrométriques et sanitaires
des arbres abattus.
Tableau 24 : Caractéristiques dendrométriques et sanitaires des arbres abattus.
Station N° d’arbres Classe de Hauteur (m) Circonférence (cm)
dépérissement
El Mahsar Arb. 1 C4 10, 60 94, 2
Arb. 2 C4 09, 54 62, 8
Arb. 3 C3 09, 52 58, 6
Arb. 4 C4 10, 40 90, 1
Arb. 5 C2 08, 75 60, 6
Had Sebabna Arb. 6 C4 09, 35 62, 5
Arb. 7 C4 08, 45 57, 7
Arb. 8 C3 07, 87 53, 8
Arb. 9 C2 10, 25 85, 7
Arb. 10 C2 09, 44 60, 5

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Chapitre IV Matériels et méthodes

Acharrab Arb. 11 C3 12, 45 95, 8


Arb. 12 C4 08, 00 57, 4

Les 36 rondins prélevés des différents niveaux des 12 arbres sont ramenés au laboratoire
afin d’être mis en éclosion dans un éclosoir (Fig. 25). Un récipient contenant de l’eau est
placé à l’intérieur de l’éclosoir afin de garder une certaine humidité des rondins. Cette eau
est renouvelée tous les 15 jours après pulvérisation complète. Les insectes sont collectés
dans un récupérateur en plastique, placé en haut et muni d’un cône en papier ouvert à son
extrémité, permettant ainsi la pénétration de la lumière et dirige l’insecte vers la sortie, tout
empêchant son retour après l’avoir franchi.

Tube en plastique

Cône en papier

Figure 25 : Schéma montrant le dispositif d’un éclosoir (Originale)


Lorsque l’émergence des insectes arrive au terme, au niveau des éclosoirs, tous les
rondins ont été mis dans des bacs remplis d’eaux pendant au moins 15 jours et voire même
45 jours, pour mieux ramollir l’écorce, ce qui permet de l’enlever facilement tout en
conservant la forme des galeries sous corticales. Les écorces prélevées ont été
soigneusement examinées à l’Sil nu, puis à la loupe binoculaire afin d’extraire les insectes
adultes morts ou leurs nymphes qui n’ont pas pu être émergés.
Après avoir récupérer tous les insectes, plusieurs opérations y ont été effectuées au
laboratoire, parmi lesquels le tri des insectes, la conservation et en fin la détermination en
utilisant des guides entomologiques (PAUL, 1953 ; BALACHWSKY, 1962 ; MOUCHA,
1972 ; STANEK, 1973 ; ANONYME, 1976 ; ROUGEOT et VIETTE, 1978 ;
CHINERY, 1983 ; ZAHRADNIK, 1984 ; MATHYS, 1988).

Page 61
Chapitre IV Matériels et méthodes

4. Traitement de données stationnelles et dendrométriques


4. 1. Caractérisation individuelle des tiges du Cyprès
4. 1. 1. Caractérisation qualitative des tiges
La description qualitative portera sur la forme des tiges, élagage naturel, fructification et
symétrie du houppier. Ces données sont regroupées et présentées sous forme de fréquences
relatives. Comme le recommande BOUDRU (1989), pour apprécier l’élagage naturel des
tiges, nous avons déterminé le rapport entre la hauteur totale des tiges et la hauteur de leurs
houppiers. Ce rapport se détermine comme suit :
 Si le rapport est inferieur à 40%, l’élagage est bon.
 Si le rapport est entre 40% et 60%, l’élagage est moyen.
 Si le rapport est supérieur à 60%, l’élagage est mauvais.
4. 1.2. Caractérisation dendrométrique des tiges
Les mesures prélevées sur terrain (DHP, hauteur totale, longueur de futs, surface terrière,
surface du houppier et volume du houppier) ont été regroupées en classe de grandeurs.
L’ensemble des classes est présenté sous forme de graphe où l’on porte sur l’axe verticale la
fréquence relative de chacune des classes de grandeur.
Dans les peuplements irréguliers, Il est indispensable de déterminer la répartition des
diamètres en petit bois, bois moyen, gros bois et très gros bois.
La mesure de la circonférence à 1,30 m nous permet le calcul de la surface terrière de
l’arbre. Par définition, la surface terrière d’un arbre est la surface de la section transversale,
supposée circulaire, de cet arbre à 1,30 m du sol. Selon RONDEUX (1999), elle peut se
calculer aisément à partir de la circonférence C de l'arbre.
g = C 2 / 4π (m2)
g : surface terrière
C : circonférence à 1,30 m
La mesure des rayons de houppier selon quatre directions distinctes permet le calcul de
la surface et du volume du houppier. Selon RONDEUX (1999), la surface d’un houppier
d’un conifère peut être assimilée à celle d’un cône :
π
S ho = dho 4hho 2 + dho 2
4

S ho: surface du houppier


d ho: diamètre du houppier à 1,30 m
h ho : hauteur du houppier
A partir de cette formulation, le volume d’un houppier est estimé :

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Chapitre IV Matériels et méthodes

π
V ho = ( d ho) 2 h ho
12

V ho: volume du houppier


d ho: diamètre du houppier à 1,30 m
h ho : hauteur du houppier
4. 2. Caractérisation des peuplements échantillonnés
L’installation des quatre placettes concentriques, respectivement de 4, 6, 8 et 10 ares,
nous permet d’obtenir quatre échantillons différents au niveau desquels sont prélevés les
mêmes paramètres. Au total 25 placettes y sont installées. Les tiges échantillonnées sont
réparties en nombre comme suit :
 125 tiges échantillonnées au sein de 4 ares.
 300 tiges échantillonnées au sein de 6 ares (effectif cumulé).
 500 tiges échantillonnées au sein 8 ares (effectif cumulé).
 750 tiges échantillonnées au sein de 10 ares (effectif cumule).
4. 2. 1. Stratification des facteurs stationnels
Une description synthétique du milieu s’avère indispensable en prenant la stratification
des facteurs agissant sur la croissance des peuplements échantillonnés. Il s’agit donc,
d’identifier les différents facteurs du milieu récoltés au sein de chaque placette d’étude. Ces
facteurs sont représentés par la superficie, la topographie, l’altitude, l’exposition, la pente,
la profondeur du sol et le pH superficiel du sol.
4. 2. 2. Caractérisation dendrométrique du peuplement
Selon RONDEUX (1999), un peuplement peut être caractérisé par des grandeurs
moyennes (circonférence moyenne, hauteur total moyenne…) ou ramenés à l’unité de
surface (surface terrière totale, volume…). La détermination de ces grandeurs et leur mode
de répartition constitue un élément clé dans la précision de la structure d’un peuplement,
Dans notre étude, les paramètres dendrométriques étudiés sont représentés par la densité,
la circonférence moyenne, la circonférence dominante, la hauteur totale moyenne, la hauteur
dominante, la surface terrière totale, la surface moyenne des houppiers et le volume moyen
des houppiers.
Le facteur de stabilité est défini par le rapport entre la hauteur totale des tiges et leur
diamètre à 1. 30 m. Ce facteur peut être identifié aussi bien à l’échelle d’un arbre qu’à
l’échelle d’un peuplement, (GAUDIN, 1996).
 Si le rapport est inferieur à 80, le peuplement est stable.
 Si le rapport est entre 80 et 100, le peuplement est nécessite une éclaircie pas trop forte.
 Si le rapport est supérieur à 100, le peuplement cours de gros risques.
Page 63
Chapitre IV Matériels et méthodes

4. 2. 3. Variabilité de la structure des peuplements en relation avec les facteurs stationnels


Le principe de l’étude repose sur la recherche d’une éventuelle variabilité de la structure
des peuplements en rapport avec les facteurs écologiques du milieu. Une analyse de la
variance à un facteur au seuil de 95%, en utilisant le logiciel SPSS est préconisée. Cette
analyse permet l’identification des potentialités et des contraintes de croissance des
peuplements de Cyprès avec les facteurs du milieu.
Les variables dendrométriques qui font l’objet de l’analyse sont la densité totale, la
circonférence moyenne, la circonférence dominante, la hauteur totale moyenne, la hauteur
dominante, la surface terrière, la surface moyenne des houppiers et le volume moyen des
houppiers.
4. 2. 4. Projection verticale et horizontale des tiges à l’intérieur des peuplements
La détermination des positions sociales est complétée par une analyse de la répartition
spatiale des tiges de Cyprès et du degré de compétition à l’intérieur des peuplements. A
l’aide du logiciel AUTOCAD 2008, les mises de distance des tiges de Cyprès à l’intérieur
du rectangle seront schématisées afin d’obtenir des projections horizontales et verticales des
tiges. Ces projections nous permettent d’identifier la position relative de chacune des tiges
par rapport aux voisins.
En se référant à RONDEUX (1999), la surface occupée par l’arbre en croissance libre
est proportionnelle à la projection au sol de son houppier, Ainsi la relation entre le diamètre
du houppier et le diamètre à 1.30 m est :
dho = a0 + a1d1.30
dho : diamètre du houppier (m).
a0 et a1 : coefficients déterminés par la méthode des moindres carrés.
d1.30 : diamètre de la tige à 1.30 m.
Cette formulation permet de calculer la surface circulaire maximale du houppier.
MCA = [π( dh0 )²]/4
MCA: surface maximale du houppier (m2).
4. 2. 5. Caractérisation sanitaire
4. 2. 5. 1. Taux de dépérissement
Le taux de dépérissement présente la proportion d’arbres dépéris en rapport avec la
proportion d’arbres sains. Il reflet l’état général des peuplements et est calculé comme suit :
Nombre d ′ arbres dépéris et atteints
Taux de dépérissement (%) = x 100
Nombre total d ′ arbres de la placette

Page 64
Chapitre IV Matériels et méthodes

4. 2. 5. 2. Indice sanitaire
Par ailleurs, l’indice sanitaire (IS) est calculé à partir de l’ensemble d’arbres pris
individuellement. Cet indice été déjà utilisé pour le Sapin, l’Epicéa et le chêne.

n1P1 + n2P2 + n3P3 + n4P4 +(n5P5)


IS =
N

ni : nombre d’arbres de la classe i


Pi : poids de la classe i (1 si i = 1, 2 si i = 2, …)
N : effectif total d’arbres observés dans la placette
Selon BONNEAU et LANDMANN (1988), cette formulation ne prend en considération
que les classes de défoliation, étant donné que la manifestation visible de l’affaiblissement
des arbres réside dans la perte des feuilles que dans la décoloration.
Les valeurs de l’indice sanitaire sont situées à quatre niveaux de dépérissement allant de
peuplements sains à fortement dépérissants.
Tableau 25 : Principales catégories de dépérissement prises en compte en fonction de
l’indice sanitaire (IS) calculé.
Indice de dépérissement « IS » Statut sanitaire
IS < 2,30 peuplement sain
2,30 < IS < 2,80 peuplement en début de dépérissement
2,80 < IS < 3,4 dépérissement assez grave
IS > 3,4 dépérissement grave ou fortement dépérissant

L’étude du dépérissement nécessite une recherche d’éventuels relations avec ces facteurs
considérés isolément. De ce fait, une analyse de la variance à un facteur au seuil de
signification de 95% est préconisée. Elle détermine l’allure du dépérissement vis-à-vis les
diverses variables qualitatives et quantitatives. L’analyse est faite par un logiciel SPSS 20.
5. Traitement des données entomologiques
Les différents insectes récoltés sont traités par des indices écologiques de composition et
de structure et par l’AFC. Ainsi, pour évaluer l’importance de leurs dégâts, certains
paramètres sont calculés à savoir : la fréquence d’attaque, la densité d’attaque, la surface
d’attaque et l’intensité d’attaque.

Page 65
Chapitre IV Matériels et méthodes

5. 1. Indices écologiques
En vu d’évaluer l’importance et le rôle des insectes dans le dépérissement du Cyprès
vert, l’entomofaune récoltée est analysée par divers indices écologiques de composition et
de structure.
5. 1. 1. Fréquence d’occurrence
D’après DAJOZ (1971, 1974), la fréquence d’occurrence est le rapport entre le nombre
d’apparition d’une catégorie alimentaire ou d’une espèce donnée (ni) et le nombre total des
catégories ou des espèces présentes (N). Elle est calculée par la formule suivante :
C% = (ni/N) x100
C% : Fréquence d’occurrence.
ni : Nombre de relevés contenant l’espèce i.
N : Nombre total des relevés.
Selon SCHERRER-LORENZEN et al., (2005), la formule appliquée à la constance
fait ressortir six (06) catégories qui sont :
 C = 100 : L’espèce est dite omniprésente.
 C supérieure à 75 : L’espèce est dite constante.
 C entre 50 et 75 : L’espèce est dite régulière.
 C entre 25 et 50 : L’espèce est dite accessoire.
 C entre 5 et 25 : L’espèce est dite accidentelle.
 C inférieure à 5 : L’espèce est rare.
5. 1. 2. L’abondance relative
Selon DAJOZ (1971), l’abondance relative est le pourcentage des individus d’une
espèce par rapport à l’ensemble des individus (toutes espèces confondues). L’abondance
relative désignée par (AR%) est donnée par la formule suivante :
AR% = (ni /N) x 100
AR% : Abondance relative,
ni: Nombre des individus de l’espèce,
N: Le nombre total de tous les individus constituant le peuplement.
5. 1. 3. La densité
C’est le nombre d’individus présents par unité de surface ou de volume (DAJOZ,
1985).
Effectif récolt é dans les diff érents pr élèvements d ′ une même esp èce
D=
Surface (100 m 2 )

Ensuite, la surface est rapportée à 1 m2.

Page 66
Chapitre IV Matériels et méthodes

5. 1. 4. Indice de diversité de Shannon Weaver


Selon BLONDEL (1979) cet indice de diversité de Shannon Weaver (H’) est considéré
comme le meilleur moyen pour traduire la diversité. Selon DAJOZ (1974), BLONDEL
(1979) et BARBAULT (1993), l’indice de diversité de Shannon Weaver est calculé à l’aide
de formule suivante :
H’= - Σ Qi log2 Qi
H’= indice de diversité exprimé en bits.
Qi= ni / N qui est fréquence de chaque espèce i. (ni nombre des individus de l’espèce i, et
N : nombre total des individus).
Une communauté sera d’autant plus diversifiée que l’indice H’sera plus grand
(BLONDEL, 1979).
5. 1. 5. Equitabilité
C’est le rapport entre la diversité observée et la diversité théorique maximale
(BARBAULT, 1993).
E = H’/H max
E : L’équitabilité,
H’ : Indice de diversité de Shannon Weaver.
H max = log S (S : la richesse totale).
L’équitabilité varie entre 0 et 1. Elle tend vers 0 quand la quasi-totalité des effectifs
correspond à une seule espèce de peuplement et égale à 1 lorsque toutes les espèces ont la
même abondance.
5. 2. Analyse factorielle des correspondances (A.F.C)
L’analyse factorielle des correspondances est utilisée depuis longtemps GUINOCHET
(1952), CHARLES et CHEVASSUT (1957), CORDIER (1965), DAGNELIE (1975)
CELLES (1975), POUGET (1980), DJEBAILI (1984), DAHMANI (1984), BENNAI
(1993), et de ce fait a été longuement décrite par ces auteurs.
Selon CIBOIS (1983) ; l’analyse factorielle traite des tableaux de nombres, elle
remplace un tableau difficile à lire par un autre plus simple, tout en ayant une bonne
approximation de celui-ci. La morphologie du nuage et la répartition des points sur chacun
de ces axes d'inertie permettent alors, de rendre lisible et hiérarchiser l'information contenue
dans le tableau. L’AFC sert à déterminer et à hiérarchiser toutes les dépendances entre les
lignes et les colonnes du tableau.
Afin de pouvoir répondre aux attentes concernant la distribution des espèces, nous
développerons nos résultats et nos interprétations en utilisant le logiciel SPSS 20.

Page 67
Chapitre IV Matériels et méthodes

5. 3. Evaluation de l’importance des dégâts causés par les insectes


Les échantillons de bois étudiés, nous ont permis d’estimer l’importance des dégâts
causés particulièrement par les insectes xylophages. Pour en faire, tous les trous visibles à la
surface des rondins ont été caractérisés (forme, taille, …) est minutieusement dénombrés
avant d’effectuer l’écorçage. Après l’écorçage, nous avons calculé la hauteur et le rayon de
chaque rondin, le nombre de galeries de chaque espèce trouvée au niveau des rondins.
Parmi les 36 rondins mis en éclosoir, 20 ont pu être décortiquées, permettant ainsi de
calculer les paramètres suivants :
5. 3. 1. Fréquence d’attaque
C’est le pourcentage de rondins attaqués par une espèce par rapport à la totalité des
rondins (LIEUTIER et al., 1997).
5. 3. 2. Densité d’attaque globale (D)
C’est le nombre moyen des galeries de l’espèce concernée par rondin (LIEUTIER et
al., 1997).
5. 3. 3. Surface d’attaque d’une espèce (S)
C’est une estimation de la proportion de la surface des rondins occupés par cette espèce.
Elle est donnée par la relation suivante (BENHALIMA, 2006).
S (%) = SG x D / SR
SG : surface moyenne des galeries de la même espèce trouvée (surface de galerie = la
largeur moyenne de la galerie x la longueur moyenne de la galerie)
D : densité d’attaque globale (nombre moyen de galeries de la même espèce ou de la même
famille d’insecte par rondin)
SR : surface du rondin (surface du cylindre = 2π R R + h ; R: le rayon, h: la hauteur du rondin).
5. 3. 4. Indice d’intensité d’infestation (Ii)
Ou intensité d’attaque ; c’est le nombre de pénétrations par arbre examiné (CARLE et
al., 1979). Cet indice est déterminé dans notre cas, en comptant tous les trous visibles sur les
quatre faces du tronc de l’arbre, et ceci à partir de 2 m au minimum du sol. Le nombre total
des trous ainsi compté sera rapporté par unité de surface (m2).

Page 68
Chapitre V Résultats et discussion

1. Description des tiges


Au niveau de chaque peuplement de Cyprès échantillonné, nous avons jugé nécessaire
de récolter des informations qualitatives pouvant décrire au mieux le dit peuplement.
Au total 750 tiges de différentes essences sont inventoriées à travers les unités
d’échantillonnage. Ces tiges sont réparties comme suit :
 450 tiges de Cyprès.
 300 tiges des essences diverses : pin d’Alep, Thuya et Eucalyptus.
1. 1. Caractérisation qualitative des tiges du Cyprès vert
Les critères qualitatifs (la forme des tiges, élagage naturel, la longueur du houppier,
l’état sanitaire, les dégâts du houppier, maladie du feuillage, production de cônes et symétrie
du houppier) sont très souvent utilisés pour décrire et comparer les tiges à l’intérieur des
peuplements.
1. 1. 1. Forme des tiges
Une tige rectiligne et bien élancé est donc une qualité recherchée lors d’une sylviculture
envisagée (ZEMIRLI, 2006).
Ainsi, nous avons jugé intéressant de caractériser les peuplements de Cyprès des 25
placettes sur la base de la forme des tiges qu’elle soit normale, cassée, fourchue, tordue ou
inclinée. L’ensemble des fréquences relatives des cinq formes est représentée dans la
Figure 26.
292 tiges sont rectilignes et présentent une forme normale, soit un taux de 65%. 35%
des tiges présentent des formes anormales, soit le 1/3.
Parmi les 292 tiges qui prennent la forme normale, on a constaté que 38% des tiges sont
sains, 18% sont dépris et 9% sont atteints par le phénomène de dépérissement
(Fig. 27).
Les 158 tiges qui prennent une forme anormale (tige fourchue, inclinée, tordue et cassée)
sont réparties en 19% sains, 11% dépéris et 5% atteints par le dépérissement
(Fig. 27).

Page 69
Chapitre V Résultats et discussion

350 Tige tordue; Tige cassée;


7% 7%
292
300 Tige inclinée;
10%
250
Nombre de tige

Tige normale;
200 65%
Tige
fourchue;
150 11%

100
55 40
50 33 30

0
Tige normale Tige fourchue Tige inclinée Tige tordue Tige cassée
Forme de tige

Figure 26 : Distribution des tiges de Cyprès vert selon leurs formes

70%
Sains
60%
Dépéris
Fréquence relative (%)

50% Atteints

40% 38%

30%

18% 19%
20%
11%
9%
10% 5%

0%
Tige normale Tige anormale
Forme de tige

Figure 27: Fréquences relatives des strates de la forme des tiges de Cyprès vert

Page 70
Chapitre V Résultats et discussion

1. 1. 2. Elagage naturel des tiges


L’élagage est une phase importante qui concerne surtout les branches de faibles
dimensions. Le phénomène d’élagage aboutit à la formation du fût. Il est l’action de
plusieurs facteurs dont les principaux sont : la réduction de la luminosité, le climat dans le
peuplement et les agents divers de désintégration des tissus (LETREUCH-BELAROUCI,
1992). Dans le processus d’élagage naturel, on retiendra essentiellement trois phases qui
sont les suivantes : mort de la branche, pourriture de la branche (désintégration) et chute de
la branche (LETREUCH-BELAROUCI, 1992).
Les tiges du Cyprès inventoriées sont réparties comme suit (Fig. 28):
 112 tiges présentent un bon élagage naturel, soit un taux de 25%.
 54 tiges présentent un élagage naturel moyen, soit un taux de 12%.
 284 tiges présentent un mauvais élagage naturel soit un taux de 63%.

70%
61%
Fréquence relative (%)

60%
50%
40%
30%
20% 16%
9% 9% Sains
10% 3% 2% Atteints
0%
< 40 40 - 60 > 60

Elagage naturel bon Elagage naturel Elagage naturel


moyen mauvais
Degré d'élagage naturel

Figure 28 : Fréquences relatives des classes d’élagage naturel


1. 1. 3. Production de cônes (fructification)
La fructification est un facteur déclenchant de la régénération. Chez les espèces
résineuses, comme le Cyprès, la capacité de reproduction est variable d’une tige à l’autre et
d’une année à l’autre. Elle dépend de l’essence elle même et de la station (facteurs
écologiques) (LETREUCH-BELAROUCI, 1992).
Cette variation est due au génotype des individus, conditions du milieu, densité des
peuplements et les pratiques sylvicoles (KROUCHI et al., 2004).

Page 71
Chapitre V Résultats et discussion

Parmi les 450 tiges échantillonnées, 59% sont non fructifères. Les tiges ayant une forte
production de cônes ne présentent que 4%. La Figure 29 illustre cette répartition.
La faible production de cônes peut être due à un affaiblissement des tiges. En effet,
l’arbre compense beaucoup d’énergie lors de sa reproduction. Toute réduction du potentiel
photosynthétique sous l’effet d’un stress (attaque parasitaires, pâturage &) engendre chez
l’arbre une réduction d’énergie investie dans la production de cônes (DUBE, 2007).

60%
51%
50%
Fréquence relative (%)

40%

30%
20% Sains
20% Atteints
10%
10% 8%
2% 2% 2% 1% 3%
1%
0%
NulLe Très faible Faible Moyenne Forte
Production de cônes (%)

Figure 29: Fréquences relatives de la production de cônes


1. 1. 4. Extension du houppier
Le houppier est une surface foliaire photo synthétiquement active. Il traduit en quelque
sorte la position sociale de l’arbre dans le peuplement et son potentiel de croissance
relativement aux autres arbres (NAGGAR, 2011).
Les houppiers ont une forme supposée asymétrique par rapport à l’axe principal. Cette
hypothèse est assez restrictive car, en peuplement, les houppiers sont asymétriques en
fonction des concurrences respectives de chacun des voisins (BOUDON et MOGUEDEC,
2007). En effet, une extension asymétrique des houppiers est un élément clé dans la
plasticité des arbres face aux contraintes de compétition (DELEUSE, 1996).
La Figure 30 montre que 72% de tiges ont une extension asymétrique de leurs
houppiers.

Page 72
Chapitre V Résultats et discussion

70%
61%
60%
Fréquence relative (%)

50%

40%

30% 25% Sains

20% Atteints
11%
10%
3%
0%
Asymétrique Symétrique
Extension du houppier

Figure 30: Fréquences relatives des strates d’extension du houppier


1. 2. Caractérisation dendrométrique des tiges du Cyprès vert
Les peuplements de Cyprès inventoriés à travers les 25 placettes d’étude font l’objet
d’étude dendrométrique sur la base des variables dendrométriques suivantes : circonférence
à 1,30 m, hauteur dominante, longueur des fûts, surface terrière, surface du houppier et
volume du houppier.
En fait, sur l’ensemble de Cyprès inventoriés, 57% des tiges sont saines, 29% dépéris et
14% y sont atteintes. La Figure 31 permet de visualiser cette répartition selon l’état
sanitaire.

Page 73
Chapitre V Résultats et discussion

Sains
14%
Dépéris

Atteints

29% 57%

Figure 31: Fréquences relatives des tiges de Cyprès selon leur état sanitaire
1. 2. 1. Circonférence à 1.30 m
La croissance en grosseur des tiges varie en fonction du mode de traitement et très
probablement aussi de la richesse du sol (LETREUCH-BELAROUCI, 1992). De ce fait,
les opérations sylvicoles, comme les éclaircies favorisent la croissance en diamètre et en
hauteur (KADIK, 1987).
Les circonférences des peuplements du Cyprès inventoriés présentent les caractéristiques
statistiques suivantes :
Tableau 26: Caractéristiques statist iques de la circonférence des tiges de Cyprès vert
Arbres sains Arbres dépéris Arbres atteints
Moyenne arithmétique (m) 1.39 1.02 1.52
Valeur minimale (m) 0.15 0.09 0.7
Valeur maximale (m) 1.57 1.37 1.02
Coefficient de variation (%) 64.52 35.76 30.48

Il ressort d’après le Tableau 26 que les Cyprès sains présentent une grande variabilité
dans la mesure où le coefficient de variation atteint 64.52%. Chez les sujets dépéris, le
coefficient de variation est de 35.76%. La valeur moindre est enregistrée chez les sujets
atteints.

Page 74
Chapitre V Résultats et discussion

La répartition des fréquences relatives des classes de circonférences de tige montre une
allure décroissante (Fig. 32).

40%
35%
35%
Fréquence relative (%)

30%
25%
20% 17% Sains
16%
15% dépéris
10%
10% 8% Atteints
4% 5%
5%
1% 1% 1% 1% 1%
0%
0,15 - 0,55 0,55 - 0,95 0,95 - 1,35 1,35 - 1,75
Classess de circonférences (m)

Figure 32: Fréquences relatives des classes de circonférences à 1.30 m de tiges de Cyprès selon l’état
sanitaire
La classe de 0.15 à 0.55 m, soit celle de faibles grosseurs présente la fréquence relative
la plus élevée (56%).
Concernant la répartition des tiges non saines, c'est-à-dire dépéris ou atteints à travers les
différentes classes de circonférences, nous constatons que :
 Le dépérissement à une allure décroissante où la classe de grosseurs moyennes soit celle
de 0.55 et 0.95 m est la plus touchée. Plus de 1/3 de tiges de cette catégorie sont
dépérissants et morts.
 La catégorie de faibles grosseurs, celle de 0.5 et 0.55 m, présente le 1 /2 de tiges non
saines (dépéris et atteints).
En général, le dépérissement est observé et signalé dans toutes les catégories de
grosseurs. Nous constatons, qu’il affecte les jeunes sujets que les grosses tiges. Il s’agit en
fait, d’un syndrome et non pas d’un phénomène de sénescence naturel qui soit lié à un
vieillissement des peuplements.
Le dépérissement entrave l’évolution naturelle du Cyprès. Il risque d’accentuer le
déséquilibre déjà constaté dans la répartition des tiges à travers les différentes classes de
grosseurs.

Page 75
Chapitre V Résultats et discussion

La répartition des tiges inventoriées à travers les 25 placettes d’étude présente une allure
décroissante selon leurs catégories de diamètres. La catégorie des petits bois présente la
fréquence relative la plus élevée soit 23%. La catégorie des très gros bois présente une faible
fréquence relative, soit 8%.
Par ailleurs, le dépérissement est enregistré au niveau de chaque catégorie de diamètre
avec des proportions variables. La fréquence relative la plus élevée soit 19% est observée
chez la catégorie des gros bois. Celle, la plus faible, soit 4% est enregistrée chez la catégorie
des petits bois (Fig. 33).

25% 23%

20%
Fréquence relative (%)

17%

15%
12%
Sains
10% 9%
8% 8% dépéris
7%
6%
5% Atteints
5% 4%
1%
0%
0%
PB BM GB TGB
Catégories de diamètres (m)

Figure 33: Fréquences relatives des catégories de diamètres des tiges de


Cyprès selon l’état sanitaire
1. 2. 2. Hauteur totale
La croissance en hauteur de Cyprès vert dépend de son état hydrique comme toutes
autres espèces. Un stress hydrique permanent pendant la saison de végétation a pour effet de
ralentir la vitesse de croissance, ainsi la durée de la période de croissance (DUCREY,
1994). Par ailleurs, la hauteur totale est considérée comme étant un excellent indice de la
fertilité de la station (HAMILTON, 1975).
La hauteur totale des peuplements de Cyprès inventoriés présente les caractéristiques
statistiques suivantes :

Page 76
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 27: Caractéristiques statist iques de la hauteur totale des tiges de Cyprès vert
Arbres sains Arbres dépéris Arbres atteints
Moyenne arithmétique (m) 11.02 14.65 12.98
Valeur minimale (m) 1.47 1.35 1.56
Valeur maximale (m) 20.93 15.75 12.01
Coefficient de variation (%) 32.94 26.70 20.71

La distribution des classes de hauteurs totales suit une allure décroissante. La fréquence
relative la plus faible, soit 10% est enregistrée au niveau de la catégorie de plus de 16 m,
qui correspond à celle des Cyprès les plus longs.
A partir de la Figure 34, nous constatons que :
 Les Cyprès sains présentent la fréquence relative la plus élevée dans la catégorie de
moins de 6,4 m.
 La catégorie de 6,4 à 11,4 m, soit celle des hauteurs moyennes, présente la fréquence
relative la plus élevée en nombre d’arbres dépérissants et morts.
 La catégorie de plus de 16 m est celle où le dépérissement est le plus faible.

30%
25%
25%
Fréquence relative (%)

20%

15% 14%
12% Sains
11%
10% dépéris
10% 8% 8%
6% Atteints
5% 4%
2%
0% 0%
0%
1,4 - 6,4 6,4 - 11,4 11,4 - 16,4 16,4 - 21,4
Classes de hauteurs totales (m)

Figure 34 : Fréquences relatives des classes de hauteurs totales des tiges de Cyprès selon l’état
sanitaire

Page 77
Chapitre V Résultats et discussion

1. 2. 3. Longueur des futs


La longueur des futs dépend des accroissements et de l’élagage naturel (BOUDRU,
1989).
A travers les 25 placettes d’étude, les valeurs statistiques de la longueur des futs peuvent
être caractérisées comme suit :
Tableau 28: Caractéristiques statist iques de la longueur des futs des tiges de Cyprès vert
Arbres sains Arbres atteints
Moyenne arithmétique (m) 2.99 2.87
Valeur minimale (m) 0.6 0.54
Valeur maximale (m) 14.75 8.91
Coefficient de variation (%) 72.66 46.77

La longueur moyenne des futs est d’ordre de 3 m. Ces futs sont favorablement acquis à
la production de bois d’Suvre. Chez les arbres sains, les futs sont bons. Ils sont cylindriques,
sans nSuds et sans défauts. Ces qualités sont propres aux arbres forestiers de forte valeur
économique (BOUDRU, 1989).
Le coefficient de variance présente une grande variabilité (72%). La distribution des
classes de futs montre une allure décroissante (Fig. 35). Les tiges présentant des futs de 0,6 à
4,4 m ont une fréquence relative la plus élevée (60%). Cette même classe présente une
fréquence relative de 9% d’arbres atteints. Au-delà de cette classe, le dépérissement devient
faible et parfois nul.

Page 78
Chapitre V Résultats et discussion

60%
51%
50%
Fréquence relative (%)

40%

30% 26%
Sains
20%
Atteints
9%
10% 7%
5%
2%
0% 0%
0%
0,6 - 4,4 4,4 - 8,2 8,2 - 12 12 - 15,8
Calsses de longueurs de futs (m)

Figure 35 : Fréquences relatives des classes de longueurs de futs des tiges de Cyprès selon l’état
sanitaire
1. 2. 4. Surface terrière
Superficie de la coupe transversale d’un arbre mesuré à 1,3 m (DHP) au-dessus du sol
qui s’exprime en mètre carré à l’hectare (m2/ha). Elle dépend à la fois de la grosseur et du
nombre d’arbres, donne un renseignement précieux sur la densité d’un peuplement et est liée
au volume sur pied. La surface terrière est ainsi un des indicateurs de la pertinence
d’intervenir ou non dans un peuplement (MASSENET, 2005).
La surface terrière à travers les 25 placettes d’étude, présente les caractéristiques
suivantes :
Tableau 29: Caractéristiques statist iques de surfaces terrières des tiges de Cyprès vert
Arbres sains Arbres dépéris Arbres atteints
Moyenne arithmétique (m2) 0.29 0.35 0.32
Valeur minimale (m2) 0.0005 0.002 0.04
Valeur maximale (m2) 1.77 1.53 1.20
Coefficient de variation (%) 97.96 74.38 43.45

Les surfaces terrières enregistrées sont très variables. La distribution des fréquences
relatives en classes de surfaces terrières présente une courbe décroissante. 90% des tiges
inventoriées présentent des surfaces terrières inferieures à 0.5 m2. La même catégorie

Page 79
Chapitre V Résultats et discussion

présente environ le1 / 2 de tiges dépérissantes et mortes. Au-delà de cette classe, le


dépérissement devient très faible et rare (Fig. 36).
L’allure décroissant que présente les arbres dépéris et atteints, indique un dépérissement
moindre chez les tiges en bons conditions de croissance et exprimant des surfaces terrières
maximales.

60%
51%
50%
Fréquence relative (%)

40%

30% 27%
Sains

20% dépéris
12% Atteints
10% 5%
2% 1% 1% 0% 1% 0% 0% 0%
0%
0 - 0,5 0,5 - 1 1 - 1,5 1,5 - 2
Classes de surfaces terrières (m 2)

Figure 36: Fréquences relatives des classes de surfaces terrières des tiges de Cyprès selon l’état
sanitaire
1. 2. 5. Surface du houppier
Un houppier ou couronne est la partie d'un arbre constituée de l'ensemble des branches
situées au sommet du tronc (des branches maîtresses aux rameaux). C'est le principal
support des organes photosynthétiques. Sa consistance dépend de la qualité de la station, du
statut hydrique et nutritionnel des sujets (LAMHAMDI et CHBOUKI, 1994).
Il existe une corrélation entre la surface du houppier d’un arbre en bon état de croissance
et sa surface terrière, donc son diamètre (LETREUCH-BELAROUCI, 1992).
Les surfaces de houppiers enregistrées présentent les caractéristiques suivantes :

Page 80
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 30: Caractéristiques statistiques de surfaces de houppiers des tiges de Cyprès vert
Arbres sains Arbres atteints
Moyenne arithmétique (m2) 35.11 27.98
Valeur minimale (m2) 1.80 2.01
Valeur maximale (m2) 78.5 63.5
Coefficient de variation (%) 66.09 45.85

D’après le Tableau 30, nous constatons une grande variabilité des surfaces de
houppiers. En fait, la classe de 1,5 à 20 m2 présent la fréquence relative la plus élevée
(49%). De plus, les arbres atteints par le phénomène de dépérissement sont recensés au
niveau de la classe de moins de 40 m2. Au-delà de cette classe, soit les catégories maximales
des surfaces de houppiers, le dépérissement devient très faible et rare (Fig. 37). Ce qui
dénote un dépérissement rare chez les Cyprès ayant un espace vital suffisant assurant une
bonne extension de ramification des houppiers.

45% 41%
40%
35%
Fréquence relatives

30%
25%
19%
20% Sains
15%
15% 11% Atteints
10% 8%
6%
5%
0% 0%
0%
1,5 - 20 20 - 40 40 - 60 60 - 80
Classes de surfaces de houppiers (m2)

Figure 37 : Fréquences relatives des classes de surfaces de houppiers des tiges de Cyprès selon l’état
sanitaire
1. 2. 6. Volume du houppier
Le volume du houppier à travers les 25 placettes d’étude, présente les caractéristiques
suivantes :

Page 81
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 31: Caractéristiques statistiques de volumes de houppiers des tiges de Cyprès vert
Arbres sains Arbres atteints
Moyenne arithmétique (m3) 24.91 19.87
Valeur minimale (m3) 0.15 0.23
Valeur maximale (m3) 57.82 32.09
Coefficient de variation (%) 45.98 27.31

50%
45%
45%
40%
Fréquence relative (%)

35%
30%
25% 22%
20% Sains
15% 11% Atteints
10% 9%
10%
5% 3%
0% 0%
0%
0,15 - 15 15 - 30 30 - 45 45 - 60
Classes de volumes de houppiers (m 3)

Figure 38 : Fréquences relatives des classes de volumes de houppiers des tiges de Cyprès selon l’état
sanitaire
1. 3. Caractérisation symptomatologique du dépérissement du Cyprès
Le dépérissement du Cyprès vert est un phénomène évoluant au cours du temps et
traduisant une détérioration de la santé de l’arbre.
Les principaux critères visuels les plus utilisés pour évaluer le dépérissement du Cyprès
vert sont : la coloration anormale du feuillage, le déficit foliaire et la mortalité des branches.
Le phénomène s’identifie par des symptômes relatifs à chaque stade de régression.
L’identification symptomatologique est importante du fait qu’elle donne à chaque arbre son
degré d’altération selon les différentes unités architecturales.
L’architecture de l’arbre repose sur la nature et l’agencement relatif de chacune de ses
parties. Elle est l’expression d’un équilibre entre les processus endogènes de croissance et
les contraintes exogènes exercées par l’environnement (NICOLINI et CARAGLIO, 1994;
NICOLINI et al., 2003 ; BARTHELEMY et CARAGLIO, 2007).

Page 82
Chapitre V Résultats et discussion

L’objectif principal d’une analyse architecturale est de reconstituer la dynamique de


développement d’une plante depuis la germination jusqu’à la sénescence
(TAUGOURDEAU et al., 2012).
L’architecture, en nous renseignant sur les séquences de développement propres, ainsi
que sur les écarts à la normale provoqués par des stress, revêt une valeur diagnostique
(RUTISHAUSER et al., 2011).
1. 3.1. Symptomatologie architecturale du dépérissement du Cyprès vert
Les principaux symptômes d’un dépérissement forestier sont : la perte de vitalité
(défoliation) et la mort des branches et des rameaux (LAURENT et LECOMTE, 2005). La
dégradation des axes végétatifs prend son sens de la périphérie jusqu’à la partie basale des
branches.
Symptôme 01 (Coloration anormale et desséchement des aiguilles)

Coloration anormale des aiguilles

Figure 39: Desséchement des aiguilles du Cyprès vert (Originale)


Le desséchement graduel des aiguilles du Cyprès vert présente une coloration jaune
brune à rouge brique (Fig. 39). Ce critère a gagné en importance depuis quelques années,
suite notamment au développement récent, dans certaines régions, de phénomènes de
coloration d’une ampleur inhabituelle (LANDMANN, 1988). Cette altération du couleur est
liée à une difficulté nutritionnelle (carences minérales : K, Ca et Mg). Ces carences peuvent
être la résultante d’un stress hydrique et d’une mauvaise alimentation minérale à partir des

Page 83
Chapitre V Résultats et discussion

racines ou d’éléments non disponibles dans le sol, ce qui réduit les capacités
photosynthétiques des feuilles (BONNEAU, 1988 ; DREYER et al ; 1994). Les
subcarences participent naturellement à la régulation de la perte foliaire. Il ne cependant pas
de doute que les arbres mal nourris sont plus fragiles, et en particulier résistent moins bien
aux sécheresse (LANDMANN, 1988 ; BONNEAU et al., 1994).
Symptôme 02 (déficit foliaire)

Rameaux courts

Figure 40: Déficit foliaire du Cyprès vert (Originale)


Le desséchement des aiguilles est suivi par un déficit foliaire. Les aiguilles perdues
laissent derrière elles leur unités porteuses ou rameaux courts. Sachant que le manque d’eau
pendant la saison de croissance entraine une réduction de la capacité photosynthétique et
par conséquence un déséquilibre physiologique important.

Page 84
Chapitre V Résultats et discussion

Symptôme 03 (Perte de rameaux courts)

A5

A4

A3

Figure 41: Perte de rameaux courts du Cyprès vert (Originale)


Le déficit foliaire est suivi par une perte de rameaux courts. Ces derniers sont portés par
les autres catégories d’axes et présentent un faible diamètre. Par conséquent leur
desséchement est rapide et finissent par tomber (SABATIER et BARTHELEMY, 1995).

Page 85
Chapitre V Résultats et discussion

Symptôme 04 (Perte de ramilles)

Rameaux
longs
ayant
perdus
leur
ramilles et
rameaux
courts

Figure 42: Perte de ramilles du Cyprès vert (Originale)


Les ramilles peuvent être portées par les rameaux longs, les branches ou le tronc,
(Sabatier et Barthelemy, 1995). La perte des ramilles (A4) succède celle des rameaux courts.
La perte survient depuis l’extrémité des branches jusqu’à la partie basale des unités
porteuses. Leur faible diamètre induit leur chute rapide.

Page 86
Chapitre V Résultats et discussion

Symptôme 05 (Perte de rameaux longs et dégradation des branches)

Dégradation des branches et


mort de l’arbre

Figure 43 : Perte de rameaux longs du Cyprès vert (Originale)


L’évolution du dépérissement se traduit par un desséchement et une perte de rameaux
longs (A3). Il ne reste sur place que leurs unités porteuses qui sont les branches (A2).
Du point de vu symptomatologique, le dépérissement se traduit par une perte et une
dégradation progressive de tous les axes végétatifs de la périphérie jusqu’à la partie basale
qui se termine ne fin par la mort de l’arbre sur pied (Fig. 43).
1 et 2 : Coloration anormale des aiguilles
3 : Déficit foliaire
4 et 5 : Perte de rameaux (A5, A4, A3 et A2)
6 : Arbre complètement dépéris (mort)

Page 87
Chapitre V Résultats et discussion

1
1

6 2

5 3

Figure 44: Symptomatologie architecturale du dépérissement du Cyprès vert (Originale)

Page 88
Chapitre V Résultats et discussion

1. 3.2. Description symptomatologique du dépérissement du Cyprès vert


Les symptômes de dépérissement observés le long des houppiers est similaires pour
l’ensemble des arbres échantillonnés. L’extrémité de la cime est donc le point de départ du
dépérissement qui dégrade le houppier progressivement jusqu’à sa partie basale.
L’évolution du dépérissement le long des tiges du Cyprès vert peut être située à
différents stades qui se succèdent dans le temps :
Stade 0 : Arbre sain ou arbre de référence
Arbre qui présent moins de 20% de décoloration des aiguilles et de déficit foliaire
(CAILLERET, 2011). Le houppier prend de l’ampleur et duplique l’architecture des
branches. Ces derniers sont de plus en plus ramifiés du sommet vers la base. La transparence
du houppier est inferieure à 5% (Fig. 45).

Ramification dense

Fig. 45 : Cyprès vert sain (Stade 0) (Originale)


Stade 1 : Arbre affaibli
L’arbre subit une réduction de croissance apparente du fait de la diminution de la taille
des pousses annuelles. Cela don est traduit par une diminution du nombre des rameaux
(Fig. 46). On observe alors un éclaircissement du houppier, suite à une réduction de
la ramification (NAGELEISEN, 2007). L’arbre affaibli peut être l’objet d’attaques
d’insectes.

Page 89
Chapitre V Résultats et discussion

Absence de
ramification

Figure 46: Cyprès vert affaibli (Stade 1) (Originale)


Stade 2 : Arbre en début de dépérissement
Le dépérissement attaque en premier lieu l’extrémité du houppier, alors que les parties
les plus basses sont encore considérées saines (Fig. 47).

Page 90
Chapitre V Résultats et discussion

Extrémité du
Déficit foliaire houppier
(60%)

Parties basses
saines

Figure 47: Cyprès vert en début de dépérissement (Stade 2) (Originale)


Stade 3: Arbre faiblement dépéris
Le dépérissement commence depuis l’extrémité du houppier jusqu’à son 1/3 supérieur
qui se caractérise par un déficit foliaire sur les différentes branches. On constate un déficit
foliaire près de 100% sur l’extrémité du houppier qui se développe le long des rameaux. 1/3
supérieur du houppier est caractérisé par un déficit foliaire de 60%. Il évolue depuis
l’extrémité des branches jusqu’à leur base. Il est suivi par une perte de rameaux courts qui
portent les aiguilles disparues. En fin les ramilles chutent. Au niveau du 1/3 moyen du
houppier, ce dernier reste vert et présent un déficit foliaire de 25%. Le 1/3 inférieur du
houppier reste vert et le déficit foliaire ne dépasse pas les 20% (Fig. 48).

Page 91
Chapitre V Résultats et discussion

Extrémité du houppier
DF= 100%

Déficit foliaire sur


l’extrémité des branches

Figure 48 : Cyprès vert faiblement dépéris (Stade 3) (Originale)


Stade 4 : Arbre moyennement dépéris
Le dépérissement évolue vers le 1/3 moyen du houppier. Le déficit foliaire varie de 40 à
60%, donc, il touche plus de la moitié du houppier. L’extrémité du houppier est nettement
individualisée. Les parties les plus basses du houppier sont encore saines. La transparence
du houppier augmente de plus de 50% dans les parties médianes du houppier (Fig. 49).

Page 92
Chapitre V Résultats et discussion

Extrémité du houppier (DF=100%)

1/3 supérieur du houppier


(DF=80 à 100%)

1/3 moyen du houppier


(DF=60 à 80%)

1/3 inférieur du houppier


(DF=< 50%)

Figure 49: Cyprès vert moyennement dépéris (Stade 4) (Originale)

Page 93
Chapitre V Résultats et discussion

Stade 5 : Arbre gravement dépéris


Le dépérissement atteint le 1/3 inférieur du houppier. Le déficit foliaire dépasse les 75%.
Le dépérissement devient irréversible à ce stade (Fig. 50).

Défoliation complète et perte de


ramification

Branches cassées

Figure 50 : Cyprès vert gravement dépéris (Stade 5) (Originale)

Page 94
Chapitre V Résultats et discussion

Stade 6 : Arbre dépéris ou mort sur pied


Au niveau de ce stade, on constate une absence totale du houppier. La dégradation
commence de l’extrémité du houppier jusqu’au 1/3 inférieur (Fig. 51).

Figure 51: Cyprès vert mort sur pied (Stade 6) (Originale)


Stade 7 : Arbre anciennement dépéris
L’arbre est fortement altéré. La perte de la vitalité l’expose à des parasites de faiblesse
tels que les insectes sous corticaux ou des champignons lignivores. Les agents biotiques
peuvent être considérés soit comme des facteurs déclenchants à court terme, soit comme des

Page 95
Chapitre V Résultats et discussion

facteurs aggravants à long terme, cela dépend de l’agressivité des espèces impliquées et du
moment de l’attaque par rapport à d’autres facteurs (BAKRY et al., 2001 ; NAGELEISEN,
2007 ; WERMELINGER et al., 2008).
Le détachement de l’écorce résulte de l’activité des insectes sous corticaux (Fig. 52). Les
xylophages sont des perceurs qui causent la mortalité des arbres en creusant des galeries
dans le phloème, altérant ainsi la distribution des photosynthétats et causant des dommages
structurels au niveau de l’aubier (HAAVIK et al., 2008).
Pour les champignons, il existe trois types de pathogènes fongiques. Il y’a les pathogènes
foliaires qui réduisent la surface photosynthétique du feuillage, les pathogènes des tiges et
des pousses qui entraînent une diminution de la croissance en interférant avec les
mouvements de l’eau et des nutriments. Puis, les pathogènes racinaires qui perturbent la
disponibilité en eau et en nutriments pour les arbres (CHERUBINI et al., 2002). A la fin de
cette étape de dépérissement, la sève ne circule plus et s’opère une dégradation importante
(BOUGET et al., 2005).

Décollement d’écorce du
Cyprès vert

Figure 52: Cyprès vert anciennement dépéris (Stade 7) (Originale)


1. 3.3. Vitesse du dépérissement
Pour l’étude de la vitesse du dépérissement, il est recommandé de travailler sur des
placettes permanentes. Pour notre cas d’étude, on travaille sur la base des placettes
Page 96
Chapitre V Résultats et discussion

temporaires. Pour cela, il est difficile d’estimer cette vitesse. Néanmoins, l’utilisation de la
méthode ARCHI qui est basée sur l’observation des pertes d’unités architecturales depuis
l’extrémité des tiges jusqu’à la base, nous a permis de classer les tiges échantillonnées en
deux catégories :
 La première, compte les tiges dont le dépérissement est lent ou chronique, caractérisé par
une mortalité progressive d’organes pérennes (Fig. 53).
 La deuxième, renferme les Cyprès dont le dépérissement est dit aigu ou rapide. La
mortalité des organes pérennes survient rapidement et conduit à court terme à un
dépérissement complet (Fig. 54).

Page 97
Chapitre V Résultats et discussion

Evolution graduelle du dépérissement

Figure 53: Dépérissement chronique (Originale)

Houppier
complètement
dégradé

Branches
mortes

Figure 54: Dépérissement aigu (Originale)

Page 98
Chapitre V Résultats et discussion

1. 3.4. Importance du dépérissement


La répartition du dépérissement dans la Cyprière des monts des Traras Occidentaux est
irrégulière. Il est localisé aussi bien à l’intérieur des peuplements qu’aux bordures. Il peut se
présenter isolé ou massif (Fig. 55).
Un dépérissement massif n’intervient que lorsque plusieurs facteurs de stress sont réunis
(D. S. F, 2002).

Arbre dépéris isolé (Placette 21) Dépérissement massif (Placette12)

Figure 55: Dépérissement isolé et massif (originale)


2. Description des peuplements
Le comportement des peuplements dépend non seulement du milieu, mais également de
relations compétitives entre individus. Cette compétition résulte de la recherche d’espace
vital optimal (concurrence pour la lumière, l’eau &.) et elle dépend du degré de
concentration des tiges en un lieu donné (RAMADE, 1984 ; GAUDIN, 1997).

Page 99
Chapitre V Résultats et discussion

2. 1. Caractérisation stationnelle
2. 1. 1. Topographie
La topographie décrit la disposition des éléments du relief. Les différentes positions
topographiques observées sur terrain sont converties en indices topographiques. Ces indices
sont retenus sur la base d’apport et de perte d’eau suivant les différentes situations
topographiques (Fig. 56).
 TOPO 1 : Présentant 54% de l’ensemble des observations.
 TOPO 2 : Présentant 18% de l’ensemble des observations.
 TOPO 3 : Présentant 16% de l’ensemble des observations.
 TOPO 4 : Présentant 12% de l’ensemble des observations.

12%

TOPO 1
16%
TOPO 2
TOPO 3
54%
TOPO 4

18%

Figure 56 : Fréquences relatives d’indices topographiques


2. 1. 2. Altitude
L’altitude constitue un facteur limitant complexe qui participe à la création de
microclimats (GAUDIN, 1997).
Sur la base d’un étagement de 150 m d’altitude, trois classes altitudinales sont retenues
comme suit (Fig. 57) :
 Moins de 300 m : Constituant 75% de l’ensemble de prélèvements.
 Entre 300 et 450 m : Constituant 15% de l’ensemble de prélèvements.
 Entre 450 et 600 m : constituant 10% de l’ensemble de prélèvements.

Page 100
Chapitre V Résultats et discussion

10%

15%
< 300
300 - 450
450 - 600

75%

Figure 57: Fréquences relatives des classes altitudinales


2. 1. 3. Exposition
L’exposition permet à l’identification des limites naturelles de la végétation. Elle
détermine des conditions stationnelles à plus ou moins grande échelle.
En montagne, l’effet de l’exposition se traduit par les fluctuations des conditions
climatiques (températures, précipitations, ensoleillement). Sur la base de ces fluctuations, on
enregistre des versants plus chauds à orientation Sud et Sud Ouest, et des versants froids à
orientation Nord et Nord Est (MASSON, 2005).
Les différentes expositions enregistrées à travers les placettes d’étude sont divisées en
quatre strates : S, SW, N, NE (Fig. 58)
 Sud : constituant 31% de l’ensemble des prélèvements.
 Sud Ouest : constituant 27% de l’ensemble des prélèvements.
 Nord : constituant 25% de l’ensemble des prélèvements.
 Nord Est : constituant 17% de l’ensemble des prélèvements.

Page 101
Chapitre V Résultats et discussion

17%

31%
S
SW
N
25%
NE

27%

Figure 58: Fréquences relatives des strates d’expositions


2. 1. 4. Pente
La qualité stationnelles diffère selon le degré d’inclinaison du terrain (MASSON, 2005).
La végétation qui s’installe sur un sol superficiel, trouve des difficultés de croissance. Par
contre, la situation est plus favorable en bas de pente, où le substrat édaphique est profond et
riche (MASSON, 2005).
Les monts des Traras Occidentaux sont caractérisés par un relief accidenté, les pentes
varient de 0 à 30°. Elles sont groupées en trois classes (Fig. 59).
 De 0 à 10° : Présentant 17% de l’ensemble des mesures.
 De 10 à 20° : Présentant 41% de l’ensemble des mesures.
 De 20 à 30° : Présentant 42% de l’ensemble des mesures.

Page 102
Chapitre V Résultats et discussion

17%

42% 0 - 10°
10 - 20°
20 - 30°

41%

Figure 59 : Fréquences relatives des classes de pentes


2. 1. 5. Profondeur du sol
La profondeur du sol joue un rôle important sur le développement racinaire de l’arbre
(DANJON et FOURCAUD, 2009).
Les différentes profondeurs enregistrées à travers les placettes d’étude sont divisées en
trois strates (Fig. 60).
 De 20 à 40 cm : Présentant 27% de l’ensemble des mesures.
 De 40 à 60 cm : Présentant 35% de l’ensemble des mesures.
 De 60 à 80 cm : Présentant 38% de l’ensemble des mesures.

Page 103
Chapitre V Résultats et discussion

27%

38%
20 - 40 cm
40 - 60 cm
60 - 80 cm

35%

Figure 60: Fréquences relatives des strates de profondeurs du sol


2. 1. 6. pH superficiel du sol
Le pH du sol va influencer sur l’assimilation des nutriments par l’arbre. Le pH a une
influence sur trois composantes importantes de la fertilité d’un sol : la biodisponibilité des
nutriments et éléments toxiques, l’activité biologique et la stabilité structurale (BAIZE et
GIRARD, 2008).
Sur la base des mesures effectuées, trois catégories de pH sont retenues comme suit
(Fig. 61) :
 De 4,5 à 6 : Constituant 11% de l’ensemble de prélèvements.
 De 6,0 à 7,5 : Constituant 22% de l’ensemble de prélèvements.
 De 7,5 à 9,0 : Constituant 67% de l’ensemble de prélèvements.

Page 104
Chapitre V Résultats et discussion

11%

4,5 - 6
22%
6 - 7,5
7,5 - 9

67%

Figure 61: Fréquences relatives des catégories de pH du sol


2. 2. Structure forestière des peuplements
L’analyse des peuplements inventoriés des 25 placettes inventoriées est présentée
comme suit (Fig. 62) :
 Cyprès vert représente 52% de l’ensemble des peuplements.
 Pin d’Alep représente 35% de l’ensemble des peuplements.
 Thuya de Barbarie représente 8% de l’ensemble des peuplements.
 Eucalyptus représente 5% de l’ensemble des peuplements.

Page 105
Chapitre V Résultats et discussion

5%
8%

Cyprès vert
Pin d'Alep

52% Thuya
Eucalyptus
35%

Figure 62 : Structure forestière du peuplement


La répartition en classes de densités totales présente une allure presque asymétrique
(Fig. 63). La fréquence relative la plus élevée, soit 38% est celle de la classe de 200 3 300
pieds / ha.
La densité totale présente les caractéristiques statistiques suivantes :
 Moyenne arithmétique : 257 pieds / ha.
 Valeur minimale : 75 pieds / ha.
 Valeur maximale : 610 pieds / ha.
 Coefficient de variation : 41,3%.

Page 106
Chapitre V Résultats et discussion

40%

35%

30%
18%
Fréquence relative (%)

25% 16%

Cyprès vert
20%
Pin d'Alep
15%
13% 14% Thuya
12%
10% Eucalyptus

5%
5%
6% 4% 3,50%
3%
0% 2% 2%

< 200 200 - 300 300 - 400 > 400


Classes de densité totale (pied/ha)

Figure 63: Fréquences relatives des classes de densités totales des peuplements
2. 3. Caractérisation dendrométrique du peuplement de Cyprès
2. 3. 1. Densité totale des peuplements de Cyprès vert
C’est le nombre de pieds par unité de surface. La densité est étroitement liée à divers
concepts tels que la concurrence entre individus et du degré de couvert d’un peuplement
(RONDEUX, 1999).
La densité totale des peuplements de Cyprès vert inventoriés présente les caractéristiques
statistiques usuelles suivantes :
 Moyenne arithmétique : 178 pieds / ha.
 Valeur minimale : 61 pieds / ha.
 Valeur maximale : 530 pieds / ha.
 Coefficient de variation : 59, 02%.
La densité du peuplement présente une grande variabilité. Le coefficient de variation
atteint 59%. Par ailleurs, sa distribution par classes de densité présente une allure
décroissante (Fig. 64). La classe la plus représentée est celle des densités moyennes (100 à
150 pieds / ha) avec une fréquence de 48%. Les peuplements les plus denses (plus de 300
pieds / ha) ne représente que 4% de l’ensemble des prélèvements.

Page 107
Chapitre V Résultats et discussion

60%

50% 48%
Fréquence relative (%)

40%

30%

20%
20%

10% 10%
10% 8%
4%

0%
< 100 100 - 150 150 - 200 200 - 250 250 - 300 > 300
Classes de densités (pieds / ha)

Figure 64: Fréquences relatives des classes de densités totales de Cyprès vert
2. 3. 2. Circonférence moyenne
La circonférence moyenne d’un peuplement intervient dans la définition de la structure
d’un peuplement. De plus, elle permet d’apprécier la sylviculture adéquate et est le reflet de
plusieurs valeurs dendrométriques moyennes des peuplements (RONDEUX, 1999).
Le peuplement de Cyprès vert présente les caractéristiques statistiques suivantes :
 Moyenne arithmétique : 1,07 m.
 Valeur minimale : 0,5 m.
 Valeur maximale : 2, 5 m.
 Coefficient de variation : 21,08%.
Les valeurs de la circonférence moyenne présentent une faible variabilité (21,08%).
44 % des valeurs sont fortement concentrées près de la moyenne. Ainsi la distribution en
classes des circonférences moyennes montre une allure asymétrique (Fig. 65). Les
catégories de faibles grosseurs ( 1 m) ne représentent que 30% de l’ensemble des valeurs.

Page 108
Chapitre V Résultats et discussion

50%
44%
45%
40%
Fréquence relative (%)

35%
30%
25%
25%
20%
20%
15%
10%
5% 6%
5%
0%
0,5 0,5 - 1 1 - 1,5 1,5 - 2 2 - 2,5
Classes de circonférences moyennes (m)

Figure 65: Fréquences relatives des classes de circonférences moyennes de Cyprès vert
2. 3. 3. Circonférence dominante
Les tiges dominantes, soit celles les plus grosses au niveau d’une unité
d’échantillonnage, sont considérées comme étant des éléments indicateurs de la fertilité
stationnelle d’un milieu donné.
Sa variabilité au niveau des peuplements peut être caractérisée comme suit :
 Moyenne arithmétique : 1,72 m.
 Valeur minimale : 1,00 m.
 Valeur maximale : 2,20 m.
 Coefficient de variation : 14,76%.
Les valeurs de la circonférence dominante s’intercalant de 1,00 à 2,20 m présentent une
faible variabilité (14,76%). La distribution en classes de circonférences dominantes présente
une allure décroissante. La catégorie de faibles valeurs présente une fréquence relative de
41%, la catégorie de valeurs moyennes présente une fréquence relative de 43% et la
catégorie de grosseurs maximales présente une fréquence relative de 16% (Fig. 66). Nous
constatons que les différentes catégories de circonférences dominantes sont plus ou moins
équitables.

Page 109
Chapitre V Résultats et discussion

45% 41%
40%

35% 32%
fréquence relative (%)

30%

25%

20% 16%
15%
11%
10%

5%

0%
1 - 1,30 1,30 - 1,60 1,60 - 1,90 1,90 - 2,20
Classes de circonférences dominantes (m)

Figure 66: Fréquences relatives des classes de circonférences dominantes de Cyprès vert
2. 3. 4. Catégories de diamètres
La seule détermination du diamètre moyen n’est pas suffisante notamment en
peuplements irréguliers (GAUDIN, 1996).
On attribue aux diamètres moyens des peuplements les caractéristiques statistiques
usuelles suivantes :
 Moyenne arithmétique : 0,4 m.
 Valeur minimale : 0,10 m.
 Valeur maximale : 0,70 m.
 Coefficient de variation : 23,45%.
Il ressort que 55% des peuplements inventoriés ont un gros diamètre (GB). Le petit bois
et le bois moyen présentent 37% et le très gros bois ne présente que 8% (Fig. 67).

Page 110
Chapitre V Résultats et discussion

60% 55%

50%
fréquence relative (%)

40%

30%
21%
20% 16%

10% 8%

0%
PB (0,2 - 0,25) BM (0,3 - 0,4) GB (0,45 - 0,6) TGB (> 0,65)
Catégories de diamètres (m)

Figure 67 : Fréquences relatives des catégories de diamètre


2. 3. 5. Hauteur totale moyenne
La hauteur moyenne d’un peuplement est une caractéristique dendrométrique
importante. Elle constitue un critère d’appréciation très utile de la productivité forestière.
Elle dépend de la station, l’essence et l’âge du peuplement (PADRÉ et BOUCHON, 1988 ;
LETREUCH- BELAROUCI, 1992 ; BENTOUATI, 2006).
La hauteur totale moyenne présente les caractéristiques statistiques usuelles suivantes :
 Moyenne arithmétique : 12,5 m.
 Valeur minimale : 4,5 m.
 Valeur maximale : 21 m.
 Coefficient de variation : 20,76%
Les classes de hauteurs totales moyennes du Cyprès vert présentent une allure
asymétrique droite. Les classes de hauteurs de 8 et 12 m, soient celles des moyennes
hauteurs, sont celles les plus représentées avec une fréquence relative de 53%. Par ailleurs,
la classe de moindre fréquence relative (6%) est celle de plus de 20 m, soit celle des
hauteurs totales moyennes extrêmes enregistrées (Fig. 68).

Page 111
Chapitre V Résultats et discussion

60%
53%

50%
Fréquence relative (%)

40%

30%

19%
20%
12%
10%
10% 6%

0%
4 - 8,0 8,0 - 12 12,0 - 16 16 - 20 20 - 24
Classes des hauteurs totales moyennes (m)

Figure 68: Fréquences relatives des classes de hauteurs totales moyennes du Cyprès vert
2. 3. 6. Hauteur dominante
C’est un bon indice de fertilité des stations. Elle est définie comme étant la hauteur
moyenne de n plus gros arbres à l’hectare (HAMILTON, 1975 ; PARADE et BOUCHON,
1988).
A travers les placettes d’étude, les valeurs statistiques de la hauteur dominante peuvent
être caractérisées comme suit :
 Moyenne arithmétique : 15,5 m.
 Valeur minimale : 7,5 m.
 Valeur maximale : 22,5 m.
 Coefficient de variation : 19,15%.
Les hauteurs dominantes présentent une faible variabilité (19,15%). L’analyse des
fréquences relatives des différentes classes de hauteur montre que la classe de 11jusqu’à 15
m, soit celle de hauteurs moyennes, présente la fréquence relative la plus élevée (41%).
L’allure devient descendante de part et d’autre de cette classe. Les classes de plus de 19 m
ne présentent que 5% de l’ensemble des valeurs (Fig. 69).

Page 112
Chapitre V Résultats et discussion

45% 41%
40%
35%
35%
Fréquence relative (%)

30%
21%
25%

20%

15%

10%
5%
5%

0%
7,0 - 11 11,0 - 15 15 - 19 19 - 23
Classes des hauteurs dominantes (m)

Figure 69: Fréquences relatives des classes de hauteurs dominantes du Cyprès vert
2. 3. 7. Facteurs d’élancement ou de stabilité
Les peuplements de Cyprès vert inventoriés à travers les 25 placettes présentent des
facteurs de stabilité dont les principales caractéristiques sont :
 Moyenne arithmétique : 17.
 Valeur minimale : 19,45.
 Valeur maximale : 31,05.
 Coefficient de variation : 12,55.
Avec un minimum de 19 et un maximum de 31, il apparait que le peuplement est
suffisamment stable.
2. 3. 8. Surface terrière totale
C’est un excellent critère de densité du peuplement et donc à la fois du volume sur pied
(M’HIRIT, 1982 ; NEDJAHI, 1988).
Elle présente à travers les 25 placettes étudiées les caractéristiques statistiques
suivantes :
 Moyenne arithmétique : 30,76 m2/ha.
 Valeur minimale : 9 m2/ha.
 Valeur maximale : 57 m2/ha.
 Coefficient de variation : 43,43%.

Page 113
Chapitre V Résultats et discussion

Les valeurs de la surface terrière totale du peuplement présentent une grande variabilité
(43,43%). La distribution des fréquences relatives des classes de surfaces terrières montre
une allure décroissante (Fig. 70). La classe de moins de 19 m2/ha, soit celle de surfaces
terrières faibles, présente la fréquence relative la plus élevée (51%).Par contre, les classes
extrêmes, soit celles des surfaces terrières importantes (plus de 39%) ne présentent que 12%.

60%
51%
50%
Fréquence relative (%)

40%

30%
23%

20%
14%

10% 7%
5%

0%
9,0 - 19 19 -29 29 - 39 39 - 49 49 - 59
Classes de surface terrière totale (m 2/ha)

Figure 70: Fréquences relatives des classes des surfaces terrières totales du Cyprès vert
2. 3. 9. Surface moyenne des houppiers
Le houppier par définition représente l’ensemble des branches vivantes et des rameaux
entourant la partie supérieure du tronc.
Les surfaces de houppiers de Cyprès vert présentent les caractéristiques statistiques
suivantes :
 Moyenne arithmétique : 37,86 m2/ha.
 Valeur minimale : 15 m2/ha.
 Valeur maximale : 60 m2/ha.
 Coefficient de variation : 29,87%.
Nous constatons que les valeurs enregistrées présentent une faible variabilité (29,87%).
La distribution des surfaces par classes présente une allure asymétrique (Fig. 71). La classe
la plus représentative (38%) est celle des surfaces moyennes (15 à 30 m2/ha).

Page 114
Chapitre V Résultats et discussion

40% 38%

35%

30%
Fréquence relative (%)

25%
20%
20% 18%

15% 14%
10%
10%

5%

0%
0 - 15 15 - 30 30 - 45 45 - 60 60 - 75
Classes de surfaces de houupiers (m2)

Figure 71: Fréquences relatives des classes des surfaces terrières totales du Cyprès vert
2. 3. 10. Volume moyen des houppiers
Les caractéristiques statistiques usuelles des valeurs de volume moyen des houppiers
enregistrées au niveau des placettes d’étude sont :
 Moyen arithmétique : 24 m3/ha.
 Valeur minimale : 1,01 m3/ha.
 Valeur maximale : 45,23 m3/ha.
 Coefficient de variation : 45,39%.
La distribution en classes de volumes montre une allure décroissante (Fig. 72). La
classe de 1,0 à 10 m3/ha, soit celle des faibles volumes présente la fréquence relative la plus
élevée, soit 44%. Les classe plus de 28 m3/ha, soit celles des extrêmes volumes ne
présentent que 11%.

Page 115
Chapitre V Résultats et discussion

50%
44%
45%
40%
Fréquence relative (%)

35%
29%
30%
25%
20%
16%
15%
10% 8%

5% 3%

0%
1,0 - 10 10,0 - 19 19 - 28 28 - 37 37 - 46
Classes des volumes de houppiers (m3/ha)

Figure 72: Fréquences relatives des classes des volumes de houppiers du Cyprès vert
2. 4. Variabilité de la structure des peuplements en relation avec les facteurs stationnels
L’analyse de la variance pour qu’elle soit rationnelle, une stratification appropriée des
facteurs stationnels a fait l’objet de l’étude (Tableau 32).
Tableau 32 : Stratification des facteurs stationnels.
Facteur stationnel Strate Fréquence relative (%)
Topographie TOPO 1 54
TOPO 2 18
TOPO 3 16
TOPO 4 12
Altitude Moins de 300 m 15
300 à 450 m 10
450 à 600 m 75
Exposition S 31
SW 27
N 25
NE 17
Pente 0 3 10° 17
10 3 20° 41

Page 116
Chapitre V Résultats et discussion

20 3 30° 42
Profondeur su sol 20 3 40 cm 38
40 3 60 cm 35
60 3 80 cm 27
pH superficiel du sol 4,5 3 6 11
6 3 7,5 22
7,5 3 9 67

2. 4. 1. Densité totale du Cyprès


Excepté la topographie et la pente, le nombre de pieds à l’hectare ne présente aucune
variabilité à travers les facteurs du milieu (Tableau 33). On constate que la densité est très
faible dans les situations où les pertes d’eau sont minimes. Ces stations offrent de bonnes
conditions de croissance et épargnent aux peuplements une concurrence vis-à-vis de
l’espace.
Tableau 33 : Analyse de la variance de la densité totale des peuplements du Cyprès en
rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%.
Facteurs stationnels F F critique Signification
Topographie 3. 61245093 3. 52178002 Signification
Altitude 0. 21390941 2. 34610955 Non signification
Exposition 1. 32167609 4. 01236734 Non signification
Pente 2. 21510087 2. 12430071 Signification
Profondeur du sol 1. 23147890 2. 12009574 Non signification
pH superficiel du sol 2. 01100533 3. 12976500 Non signification

2. 4. 2. Circonférence moyenne du Cyprès


Nous enregistrons que la circonférence moyenne varie selon le degré d’inclinaison du
terrain, la profondeur du sol et le pH superficiel du sol. La croissance en grosseur du Cyprès
est beaucoup plus meilleure sur des terrains où le degré d’inclinaison varie entre 10 et 20°.
Les valeurs de circonférence moyenne les plus faibles sont enregistrées sur des pentes moins
de 10°. Même constatation pour la profondeur et le pH superficiel du sol, nous signalons que
les meilleures valeurs de circonférence moyenne du Cyprès sont enregistrées sur une
profondeur de 40 à 60 cm avec un pH inférieur à 7.5. Les autres facteurs du milieu ne
présentent aucun effet sur la croissance radiale du Cyprès (Tableau 34).

Page 117
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 34 : Analyse de la variance de la circonférence moyenne des peuplements du


Cyprès en rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%.
Facteurs stationnels F F critique Signification
Topographie 3. 43210157 3. 65120093 Non signification
Altitude 1. 76543208 3. 09132456 Non signification
Exposition 1. 00987123 4. 21087367 Non signification
Pente 4. 02345719 3. 03279821 Signification
Profondeur du sol 2. 00812307 1. 65980231 Signification
pH superficiel du sol 4. 43287950 3. 83491045 Signification

2. 4. 3. Circonférence dominante du Cyprès


Nous constatons que les différents facteurs du milieu ne présentent aucun effet
significatif sur la circonférence dominante du Cyprès. Le Tableau 35 permet de visualiser
ce constat.
Tableau 35 : Analyse de la variance de la circonférence dominante des peuplements du
Cyprès en rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%.
Facteurs stationnels F F critique Signification
Topographie 2. 21356090 3. 11873943 Non Signification
Altitude 1. 00319876 2. 40982176 Non signification
Exposition 1. 23769031 4. 34217865 Non signification
Pente 1. 23176015 3. 76231987 Non signification
Profondeur du sol 1. 01294370 2. 23897549 Non signification
pH superficiel du sol 0. 21348906 1. 34189763 Non signification

2. 4. 4. Hauteur totale moyenne du Cyprès


L’analyse de la variance fait ressortir un effet significatif de l’indice topographique, de
la profondeur du sol et du pH superficiel du sol sur la croissance en hauteur du Cyprès. Ce
dernier est bon dans des stations où les apports en eau sont supérieurs aux pertes (TOPO 3 et
TOPO 4). La croissance en hauteur est bonne sur des stations ayant une profondeur du sol
allant de 40 et 60 cm et un pH variant de 4.5 à 7.5. Les autres facteurs stationnels ne
présentent aucun effet significatif sur la croissance en hauteur du Cyprès (Tableau 36).

Page 118
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 36: Analyse de la variance de la hauteur totale moyenne des peuplements du


Cyprès en rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%.
Facteurs stationnels F F critique Signification
Topographie 9. 34211765 4. 22076181 Signification
Altitude 0. 05418056 3. 32167549 Non signification
Exposition 0. 89743217 2. 56431870 Non signification
Pente 1. 80564376 3. 09321786 Non signification
Profondeur du sol 4. 65289750 2. 54097328 Signification
pH superficiel du sol 1. 98745320 1. 00564789 Signification

2. 4. 5. Hauteur dominante du Cyprès


Même constatation faite sur la hauteur totale moyenne, elle est appliquée sur la hauteur
dominante. Cette dernière présente un effet significatif en rapport avec les facteurs du milieu
suivants : topographie, profondeur du sol et pH superficiel du sol. Il ressort que la croissance
du Cyprès en hauteur est beaucoup plus importante sur des stations favorisant
l’accumulation d’eau, avec une profondeur intermédiaire de 40 à 60 cm et un pH variant de
4.5 à 7.5.
Par ailleurs, l’analyse de la variance n’indique aucun effet significatif de l’altitude,
l’exposition et la pente (Tableau 37).
Tableau 37: Analyse de la variance de la hauteur dominante des peuplements du Cyprès en
rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%.
Facteurs stationnels F F critique Signification
Topographie 5. 13487645 1. 39836570 Signification
Altitude 0. 04321876 2. 65789041 Non signification
Exposition 1. 34278981 2. 54897421 Non signification
Pente 1. 31564900 3. 00342671 Non signification
Profondeur du sol 3. 11034570 2. 10456898 Signification
pH superficiel du sol 2. 18075400 1. 00054893 Signification

2. 4. 6. Surface terrière totale du Cyprès


Les différents valeurs de surfaces terrières totales enregistrées à travers les unités de
mesure ne présentent aucune signification en rapport avec les facteurs stationnels.

Page 119
Chapitre V Résultats et discussion

Néanmoins, nous constatons que la surface terrière totale du Cyprès est sensiblement
importante dans des stations topographiques où l’approvisionnement en eau est bon.
Le Tableau 38 illustre cette constatation.
Tableau 38: Analyse de la variance de la surface terrière totale des peuplements du Cyprès
en rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%.
Facteurs stationnels F F critique Signification
Topographie 2. 32096341 2. 56908322 Non signification
Altitude 1. 33425049 4. 08714321 Non signification
Exposition 2. 14326754 2. 78641008 Non signification
Pente 0. 37865290 1. 12874320 Non signification
Profondeur du sol 1. 64897231 2. 19706503 Non signification
pH superficiel du sol 2. 35870915 3. 45690842 Non signification

2. 4. 7. Surface moyenne du houppier du Cyprès


Les différentes valeurs de surfaces moyennes du houppier du Cyprès enregistrées à
travers les 25 placettes d’étude ne présentent aucune différence significative vis-à-vis les
facteurs du milieu. Le Tableau 39 justifie ce constat.
Tableau 39: Analyse de la variance de la surface moyenne du houppier du Cyprès en
rapport avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%.
Facteurs stationnels F F critique Signification
Topographie 1. 01675238 1. 99342001 Non signification
Altitude 0. 76946501 3. 08714321 Non signification
Exposition 2. 20117594 4. 45890012 Non signification
Pente 1. 54897619 2. 38974510 Non signification
Profondeur du sol 2. 56477890 3. 24438769 Non signification
pH superficiel du sol 1. 23221897 1. 98327653 Non signification

2. 4. 8. Volume moyen du houppier du Cyprès


Par le biais de l’analyse de la variance à un facteur, nous constatons que les facteurs du
milieu ne présentent aucun effet significatif sur la croissance des houppiers, sauf la
superficie de la placette d’étude. Néanmoins, nous enregistrons un volume important des
houppiers dans la classe intermédiaire des pentes, celle de 10 à 20° (Tableau 40).

Page 120
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 40: Analyse de la variance du volume moyen du houppier du Cyprès en rapport


avec les facteurs du milieu au seuil de signification de 95%.
Facteurs stationnels F F critique Signification
Topographie 3. 83458672 4. 02176459 Non signification
Altitude 1. 32567061 2. 23765321 Non signification
Exposition 1. 24578689 2. 36577032 Non signification
Pente 0. 98221567 1. 39770453 Non signification
Profondeur du sol 1. 77654980 2. 45327765 Non signification
pH superficiel du sol 1. 01567899 2. 36189001 Non signification

2. 5. Sociabilité des tiges à l’intérieur des peuplements


2. 5. 1. Position sociale (hiérarchie)
L’évolution des peuplements est conditionnée par plusieurs facteurs ; le potentiel
héréditaire des individus, les facteurs du milieu et des interventions sylvicoles. La
compétition est la résultante de tous ces facteurs (BOUDRU, 1989 ; MICHELOT et al.,
2010).
Dans les peuplements irréguliers, la vie sociales est conditionnée par la lumière
(MANDALLAZ et al., 1986). Selon leur tempérament, les arbres sont en lutte continue
pour profiter de la lumière au maximum quant’ aux codominants et intermédiaires, ils
présentent de cimes réduites et essaient de maintenir à la hauteur de l’étage supérieure pou
bénéficier quelque peu du soleil.
Cette lutte pour la lumière, pousse les arbres vers le niveau supérieur et imprime aux
peuplements un certain nivellement de la structure, même si les âges sont différents
(BOUDRU, 1989).
La placette 17 est un bon exemple de différentes positions de tiges du Cyprès (Fig. 73).
L’arbre numéro 10 apparait nettement prédominant avec un houppier symétrique et une
hauteur totale supérieure à celle moyenne du peuplement. Par ailleurs, l’arbre numéro 2
atteint le couvert supérieur et présente un houppier symétrique, doc il est considéré comme
dominant. L’arbre numéro 1 est codominant. Une autre tige numéro 9 est intermédiaire du
fait qu’elle n’atteint plus la partie supérieure du couvert mais qui reste en contact avec les
dominants et codominants. L’arbre numéro 3 est nettement dominé dont la cime ne présente
aucun contact avec la strate principale du peuplement.

Page 121
Chapitre V Résultats et discussion

Dominant
Prédominant Codominant

100
Intermédiaire 1 23

Dominé

30

Figure 73: Différentes positions sociales des tiges à l’intérieur des peuplements (Originale)
La présence des différentes positions sociales n’est pas toujours évidente. Sur les 25
placettes d’étude, seule la placette 17 présente des tiges représentatives de l’ensemble des
classes sociales. La totalité des tiges inventoriées et selon leur statut sociale se présente
comme suit :
 Prédominants : présentant une fréquence relative de 4%.
 Dominants : présentant une fréquence relative de 21%.
 Codominants : présentant une fréquence relative de 27%.
 Intermédiaires : présentant une fréquence relative de 31%.
 Dominé : présentant une fréquence relative de 17%.

Page 122
Chapitre V Résultats et discussion

30%

25%
25%
Fréquence relative

20%
16%
15%
15%
12% 12% Sains

10% Affaiblis
6%
5% 5%
5% 4%

0%
0%
Prédominant Dominant Codominant Intermédiaire Dominé
Position sociale

Figure 74: Hiérarchie des Cyprès selon leur statut social


Selon la Figure 74, nous constatons que les tiges prédominantes sont les plus
vigoureuses du fait de l’absence total du dépérissement et de signe de faiblesse à ce niveau.
D’une manière générale, la croissance des tiges dominantes et prédominantes semble être
indépendantes de l’état massif, elle est fonction de la fertilité de la station (BOUDRU,
1989 ; MANDALLAZ et al., 1986).
Les tiges présentant un statut social codominant sont les plus touchées par le
dépérissement, dans la mesure où la moitié des tiges sont affaiblies ou dépéris. De même, les
tiges ayant un statut social intermédiaire sont touchées par le phénomène de dépérissement
où le 1/5 des tiges est affaiblie. Celles qui présentent un statut social dominé, le 1/3 de ces
dernières est touché par le dépérissement.
2. 5. 2. Répartition spatiale des tiges à l’intérieur des peuplements
La distribution spatiale des arbres n’est pas absolument régulière (MANDALLAZ et al.,
1986 ; PARDE et BOUCHON, 1988).
Les contraintes d’espace vital et le pouvoir compétitif semblent doc être liés au
dépérissement du Cyprès vert. La compétition subie par les arbres est basée sur la
localisation de chaque arbre à l’intérieur du peuplement. Cela permet de comprendre les
mécanismes de croissance et l’effet local de la densité sur la dynamique individuel
(SCHUTZ, 1990).

Page 123
Chapitre V Résultats et discussion

Par exemple, une tige en croissance libre présente un fut et une extension maximale de
son houppier (Fig. 75). La production totale des sujets isolés est portée à son maximum
puisque l’espace vital n’est pas limité et que le développement se poursuit sans concurrence
et sans entraves (NAGGAR, 2011). La part du bois d’Suvre du fut est relativement peu
importante. Celles des ramifications abondantes de la cime représente une quotité de volume
plus élevée (BOUDRU, 1989 ; DROUINEAU, 2003).
En cas de compétition intense pour l’espace vital, l’arbre devient plus long avec un
houppier très court (Fig. 76). Selon BOUDRU (1989), une concurrence accrue pousse les
individus vers le niveau supérieur. La forme est meilleure ; cime moins basse et moins large,
branches moins grosses et moins longues. Ainsi, une densité trop forte a tendance à fermer
l’angle d’insertion des rameaux et à favoriser les fourches (BOUDRU, 1989).

Tige en croissance libre

Cyprès dépéris

25°

Figure 75: Projection verticale de la placette 12

Page 124
Chapitre V Résultats et discussion

Cyprès long avec houppier court

Cyprès dépéris

25°

Figure 76: Projection verticale de la placette 22


Le nombre total des tiges, leur positionnement et le recouvrement nous a permis de
classer Cyprès échantillonnés en trois classe :
 Peuplements serrés : où les branches sont des différentes tiges s’entrecroisent et que le
recouvrement soit suffisant (NAGGAR, 2011). En peuplements d’âges multiples, l’état
massif est établi quand les divers niveaux de cimes ne laissent pas d’ouvertures
(BOUDRU, 1989 ; ANDREA et BORERTO, 1994). Les houppiers sont fortement
enchevêtrés (Fig. 77).

Page 125
Chapitre V Résultats et discussion

Peuplement serré

Cyprès dépéris
25°

Figure 77: Projection verticale de la placette 18


 Peuplements normales : le massif est normal quand les branches, en absence du vent se
touchent simplement (BOUDRU, 1989). La placette 15 est un exemple de cette situation
(Fig. 78). Les tiges sont moins élancées et le diamètre de leur houppier est moyen.

Page 126
Chapitre V Résultats et discussion

Cyprès moins élancé avec diamètre du Cyprès dépéris


houppier moyen

15°

Figure 78: Projection verticale de la placette 15

 Peuplements clairs : laissant apparaître des trouées non comblées par des ramifications
(BOUDRU, 1989) (Fig. 79).

Page 127
Chapitre V Résultats et discussion

Cyprès clair

Cyprès dépéris

20°

Figure 79: Projection verticale de la placette 7


2. 5. 3. Densité locale
La caractéristique commune entre les 25 placettes d’étude est celle de la présence du
dépérissement. Ce dernier se manifeste quelque soit le nombre de pied à l’hectare et le type
de peuplement (serré, normal, clair).
A l’intérieur des peuplements, la croissance d’un arbre est conditionnée par la proximité
et la dimension de ses voisins (RONDEUX, 1999).
L’expression de la compétition repose sur le concept de zone d’influence d’un arbre.
Celle-ci est en général circulaire, centrée sur l’arbre et censée représenter la surface
maximale d’étendue horizontale qu’il pourrait utiliser pour sa croissance (OTTORINI,
1978 ; GOURLET FLEURY, 1997).
Une surdensité, à un niveau local peut causer un affaiblissement physiologique,
ralentissement de croissance, diminution de longévité et fécondité et des modifications de
comportement (statut sociale défavorable) (GAUDIN, 1997 ; MICHELOT et al., 2010).

Page 128
Chapitre V Résultats et discussion

L’analyse des Cyprès et du dépérissement à l’intérieur des peuplements au niveau des


25 placettes d’étude a montré un effet négatif de la densité locale sur l’état sanitaire et la
vitalité des tiges (Fig. 80). L’arbre 11 est soumis à un dépérissement et est fortement gêné
par ses voisins. Les branches présentent une extension asymétrique et témoignent d’une
position sociale codominante ne permettant pas un bon usage des potentialités du milieu.
La projection horizontale montre une compétition intense imposée par les compétiteurs
(Fig. 81).

11
Cyprès sain
Cyprès dépéris

10

14
6 2
13
3

27°

Figure 80: Projection verticale de la placette 9

Page 129
Chapitre V Résultats et discussion

3
16 D

Densité locale élevée


4
12

Cyprès sain
Zone d’influence
21

Cyprès dépéris
C
A

20

Figure 81: Projection horizontale de la placette 24


Nous constatons que le dépérissement n’exclue pas les arbres en croissance libre mais il
est fréquent chez ceux soumis à une compétition subie par les voisins, la projection
horizontale des houppiers illustre ce constat (Fig. 82 et 83).

Page 130
Chapitre V Résultats et discussion

D
Cyprès dépéris

Cyprès sain

Zone d’influence

A C

Figure 82: Projection horizontale de la placette 19

D
Cyprès sain

Zone d’influence
Cyprès dépéris

A C

Figure 83: Projection horizontale de la placette 3

Page 131
Chapitre V Résultats et discussion

2. 6. Caractérisation sanitaire des peuplements


La description sanitaire des arbres repose essentiellement sur le taux de déficit foliaire et
la décoloration anormale des aiguilles.
2. 6. 1. Répartition globale des tiges échantillonnées par classes de déficit foliaire
Selon la démarche européenne (D. S. F, 1991), les différentes estimations des tiges de
Cyprès sont regroupées en cinq grandes classes.
 C 0 : correspond aux peuplements ayant un houppier opaque, présentant un déficit
foliaire inférieur à 10%.
 C 1 : la défoliation est d’ordre de 15 à 25%, correspond aux peuplements présentant des
signes apparents de dépérissement.
 C 2 : correspond à des défoliations de 30 à 60%, les peuplements sont considérés
modérément ou moyennement dépéris.
 C 3 : correspond à des défoliations oscillant entre 65 à 95%, les peuplements sont
considérés comme fortement dépérissants.
 C 4 : correspond à des défoliations supérieures à 95% (100%), les peuplements à ce stade
sont complètement dépéris et leur état est irréversible (mort).
Les estimations du déficit foliaire du Cyprès vert sont présentées comme suit :
 C 0 : 23% des peuplements présentent des défoliations inférieures à 10%.
 C 1 : 27% des peuplements présentent des défoliations de 15 à 25%.
 C 2 : 14% des peuplements présentent des défoliations de 30 à 60%.
 C 3 : 17% des peuplements présentent des défoliations de 65 à 95%.
 C 4 : 19% des peuplements présentent des défoliations plus de 95%.
La lecture de ces résultats montre que le 1 / 4 du peuplement présent des arbres sains
appartenant à la classe C0. Le reste, soit 77% des arbres est atteint (ayant perdu plus de 15%
des aiguilles appartenant aux classes C1 à C4). Ainsi, les arbres modérément défoliés C2 ou
moyennement dépéris présentent une fréquence relative de 14%. Par ailleurs, les arbres
dépérissants, dont l’état sanitaire est irréversible C3 présentent une fréquence relative
d’ordre de 17%, quant’ aux arbres complètement dépéris ou morts C4, ils présentent une
fréquence relative de 19% (Fig. 84).

Page 132
Chapitre V Résultats et discussion

30%
27%

25% 23%
Fréquence relative (%)

20% 19%
17%

15% 14%

10%

5%

0%
C0 C1 C2 C3 C4
Classe de déficit foliaire

Figure 84: Distribution globale des arbres de Cyprès vert par classes de déficit foliaire
2. 6. 2. Répartition des placettes par classes de déficit foliaire
Les classes de défoliation présentent une grande variabilité à travers les 25 placettes
d’étude. En effet, la distribution des placettes par classes de défoliation permet de tirer les
constations suivantes (Fig. 85) :
 Les placettes 1, 5, 7, 8, 10 sont celles où plus de 70% des peuplements présentent des
défoliations inferieures à 25% (classes C0 et C1).
 La placette 25 présente 30 à 40% de peuplements en stade de dépérissement (classe C4).
 Les placettes 15, 18 présentent les proportions les plus élevées du Cyprès fortement
dépérissants (classe C3), dont un dépérissement important
 Les placettes 11, 2, 21 et 24 sont composées essentiellement de peuplements sains
(classes C0 et C1) et peuplements complètement dépéris.
 La placette 12 est composées de peuplements sains, moyennement et fortement dépéris
(classes C0, C1, C2 et C4). La classe intermédiaire C3 est absente.

Page 133
Chapitre V Résultats et discussion

120

100
8 7 11 14 15 7 9 10
13 15 18 19 11 16 16 15
19 19 9 0 21 20 18 25 23
11
Fréquence relative (%)

17 12 0 0 31
0 13 8
80 17 10 38
17 19 31
17 15 17 36 11 23 10
22 15 10 19 33 31 23 31 12 C4
18 38
60 19 29 0 C3
12 21 18 21 18
21 29
16 12 19 21
19 29 29 C2
13 33
33 20 16
40 27 22
22 18 10 C1
66 17 32 28 17
59 11 22 36
52 C0
46 45 44 23 46
20 16 16 41 9
33 31 32
23 25 27 25 24 27
18 17 18
12 11 13 14 14
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25

Placettes

Figure 85: Répartition par placette des classes de déficit foliaire


2. 6. 3. Répartition des placettes selon l’indice sanitaire
L’indice sanitaire calculé pour chacune des placettes d’étude détermine l’état sanitaire
global des peuplements et reflète l’ampleur de la dégradation physiologique de l’arbre.
La Figure 86 illustre les résultats de calcul des indices sanitaires des 25 placettes
d’étude. On remarque une certaine variabilité de l’indice sanitaire au niveau des placettes
d’étude. Il ressort que le Cyprès vert Cupressus sempervirens est globalement affaibli ou en
début de dépérissement dans la mesure où l’indice sanitaire global est d’ordre de 2.6564.

Page 134
Chapitre V Résultats et discussion

Sain
Début dépérissement

Dépérissant

Fortement dépérissant
4 3,78
3,7 3,7
3,56
3,5 3,31
3,01 3,01
2,91 2,87 2,85
3 2,71
2,6 2,6564
2,4
Indice sanitaire

2,5 2,31 2,31 2,32 2,24 2,24


2,32
2,2 2,19
2,08 2,01
1,88 1,9
2

1,5

0,5

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 GL
Placettes d'étude

Figure 86 : Fluctuation de l’indice sanitaire au niveau des 25 placettes d’étude


A la lumière de ces résultats, on peut conclure que les peuplements de Cyprès
inventoriés sont considérés comme suit (Fig. 87) :
 24% des peuplements sont sains.
 36% des peuplements sont en début de dépérissement.
 24% des peuplements sont dépérissants.
 16% des peuplements sont fortement dépérissants.
Quoique les peuplements fortement dépérissants ne dépassent pas 16% de l’ensemble
des Cyprès inventoriés, l’état sanitaire reste dans une situation alarmante et critique dans la
mesure où les peuplements en début de dépérissement présentent une fréquence relative
élevée de l’ordre de 36%.

Page 135
Chapitre V Résultats et discussion

40%
36%
35%

30%
Fréquence relative

24% 24%
25%

20%
16%
15%

10%

5%

0%
Sain Début dépérissement Dépérissant Fortement
dépérissant
Etat sanitaire

Figure 87 : Etat sanitaire du Cyprès vert Cupressus sempervirens


3. Relation entre le dépérissement et les différentes variables qualitatives et dendrométriques
Afin de ressortir les différentes corrélations qui peuvent exister entre le dépérissement et
les paramètres stationnels et dendrométriques, nous avons jugé indispensable d’interpréter
les données sur la base de l’analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de
95%.
Ce choix d’étude repose sur le fait qu’on peut envisager l’éventualité d’une corrélation
significative que sur la base d’une étude statistique. L’analyse de la variance permet
d’acquérir cette éventualité d’autant plus qu’elle fait l’objet de nombreux travaux de
recherches (DAGNELI, 1977).
Sur la base du test F, les résultats font l’objet d’analyse des corrélations éventuellement
significative ou non au seuil de 95%.
3. 1. Variabilité du dépérissement en relation avec les paramètres stationnels
3. 1. 1. Variabilité du dépérissement en relation avec la superficie
Le taux de dépérissement à travers les différentes superficies de placettes ne présente
aucune différence significative (Tableau 41). Néanmoins, nous constatons que d’autant plus
que l’espace vital est largement acquis que le dépérissement est du moins réduit.
La problématique chez le Cyprès réside non pas dans la disponibilité de superficies, mais
dans l’occupation de lieu et d’espace vital offerts aux tiges. Donc, l’effet da surdensité est

Page 136
Chapitre V Résultats et discussion

beaucoup plus évident à l’échelle des individus qu’à l’échelle des peuplements. Ce résultat
est affirmé par DERAK et al., (2008) sur le Cèdre au Maroc.
Cela nécessite une sylviculture fine qui éduque les arbres et donne à chacun son espace
vital, améliore leur croissance et favorise l’installation d’une régénération suffisante
(BERNARD et PHILIPPE, 1994 ; EL YOUSFI, 1994 ; DERAK et al., 2008).
Tableau 41 : Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec les
superficies concentriques au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 1. 98980127 2. 01154687 Non signification
Indice sanitaire 3. 67889763 4. 43289701 Non signification

3. 1. 2. Variabilité du dépérissement en relation avec la topographie


Dans les peuplements forestiers, le stress hydrique est la cause de 90% de la variation
annuelle de la largeur des cernes des conifères en régions semi arides (FRITTS, 1966).
L’approvisionnement en eau est influencé par les conditions topographiques. Par le biais
de l’analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95%, on cherche une
relation entre le dépérissement et les différentes situations topographiques favorisant ou pas
la rétention en eau. Nous constatons que le taux de dépérissement et l’indice topographique
manifestent une variabilité significative vis-à-vis les différentes situations topographiques
étudiés (Tableau 42).
Tableau 42: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
topographie au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 5. 10072530 3. 19063542 Signification
Indice sanitaire 3. 44805619 2. 20087621 Signification

On enregistre que le taux de dépérissement est élevé (27%) dans les situations où les
pertes en eau sont supérieures aux apports (TOPO1). Les arbres se caractérisent dans ces
stations par un enracinement superficiel et par conséquent, ils sont fortement serrés
(enchevêtrement des houppiers). Le manque d’espace vital suite à une surdensité engendre
une compétition importante. Cela compromis la vitalité des arbres.
Le Cyprès, comme autres résineux compense le manque d’eau par un enracinement
profond et est apte de garder une photosynthèse active, même lorsque la croissance en

Page 137
Chapitre V Résultats et discussion

hauteur soit arrêtée. Cependant la régulation stomatique tardive peut causer des
desséchements de cime à basses altitudes (COULBOIS et TOUZET, 1992 ; DUCREY,
1994).
En situations topographiques moins favorables (sols peu épais), la perte d’éléments
nutritifs par ruissèlement accentue chez le Cyprès le déficit hydrique intense et compromis
sa vitalité.
Le type, la période et l’importance des changements induits par le déficit hydrique chez
les arbres déterminent non seulement la nature et le degré d’altération des tissus mais aussi
la période où ceux-ci deviennent sensibles aux attaques parasitaires (ZINE EL ABIDINE,
2003).
En Amérique et en Europe, les attaques d’Armillaria sp sur les chênes ont été souvent
associées aux effets de la sécheresse (HOUSTON, 1992).
Au Maroc, les attaques de Lymantria dispar sur le chêne liège, de Thametopoea sp sur
les pins et le Cèdre de l’Atlas et de Phoracantha sur les eucalyptus ont été dévastatrices
pendant les années de sécheresse (EL HASSANI et MESSAOUDI, 1987).
3. 1. 3. Variabilité du dépérissement en relation avec l’altitude
Une éventuelle relation dépérissement / altitude est mise en évidence par le biais de
l’analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95% (Tableau 43). Il ressort
que l’indice sanitaire et le taux de dépérissement présentent une variabilité significative en
rapport avec l’altitude dans la mesure où la « valeur de F » est supérieure à la « valeur
critique de F ». L’état sanitaire du Cyprès s’améliore au fur et à mesure que l’altitude
s’élève. Les travaux de SARMOUM (2008) et NAGGAR (2011) affirment ce résultat sur le
Cèdre à Theniet El Had où le dépérissement affecte beaucoup plus les cédraies de basses
altitudes.
La végétation d’altitude tire profit du rayonnement intense qui favorise leur activité
chlorophyllienne (MASSON, 2005).
Tableau 43: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec l’altitude
au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 2. 19456200 0. 98325002 Signification
Indice sanitaire 5. 002136578 2. 92187651 Signification

Page 138
Chapitre V Résultats et discussion

3. 1. 4. Variabilité du dépérissement en relation avec l’exposition


L’installation des 25 placettes d’étude selon leurs expositions principalement au nord et
au sud, nous a conduit à déduire que le taux dépérissement, ainsi l’indice de dépérissement
présentent une grande variabilité à travers les cantons. Cela est évident si l’on se réfère à
l’analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95% (Tableau 44).
Le taux de dépérissement est plus élevé dans le canton Acherrab situé au versant sud,
soit 33%. C’est le canton le mois arrosé. Il ressort que les précipitations influent non pas par
leur quantité mais leur répartition en rapport avec la phénologie de l’arbre.
Par contre, le dépérissement est faible dans les cantons El mahsar (15%) et Sebabna
(19%) situés au versant nord.
Quant à l’effet de l’exposition des placettes, HOUAMEL (2012) a signalé un
dépérissement grave sur le Cèdre situés en versant sud dans la région de Batna. Par contre
NAGGAR (2011), sur la même espèce a enregistré un taux de dépérissement très élevé dans
les cantons situés au versant nord dans la région de Tissemsilt. Par ailleurs, dans la même
région, ZEMIRLI (2006) a remarqué un dépérissement important du Cèdre situé en
exposition est nord est. Dans l’Atlas moyen (Maroc), GHAIOULE et LIEUTIER (2006) a
constaté que la mortalité des cimes du Cèdre est plus manifeste sur des placettes situées en
sud qu’au nord.
Tableau 44: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec
l’exposition au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 3. 57483910 2. 01589723 Signification
Indice sanitaire 5. 21897603 1. 87993421 Signification

3. 1. 5. Variabilité du dépérissement en relation avec la pente


Le degré d’inclinaison du terrain détermine la stabilité du sol et la rétention de l’eau
(KHANFOUCI, 2005).
Le dépérissement montre une allure croissante en rapport avec la pente du terrain. En
fait, le taux de dépérissement est élevé en terrain accidenté ayant une pente supérieure à 20°.
De même, on enregistre une perte de vigueur du Cyprès dans la mesure où l’indice sanitaire
atteint une valeur de 2.71 relatif aux Cyprès affaiblis ou en début de dépérissement. Par le
biais d’une analyse de la variance à un facteur au seuil de 95%, il ressort que l’indice
sanitaire présente une variabilité significative en rapport avec l’inclinaison du terrain
(Tableau 45).
Page 139
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 45: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la pente au


seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 1. 34987041 2. 00231567 Non signification
Indice sanitaire 3. 34598072 1. 99854600 Signification

3. 1. 6. Variabilité du dépérissement en relation avec la profondeur du sol


La profondeur du sol joue un rôle important sur le développement racinaire de l’arbre.
Une éventuelle relation dépérissement / profondeur du sol est mise en évidence par le biais
d’une analyse de la variance à un facteur au seuil de 95% (Tableau 46). Il ressort que
l’indice sanitaire présente une variabilité significative en rapport avec la profondeur du sol
dans la mesure où la « valeur du F » est nettement supérieure à la « valeur critique du F ». en
fait, nous constatons que plus le sol est profond, plus la probabilité d’un état malade du
Cyprès est grande. Les travaux de SCHOEPFER et HRADETZKY (1985) et
MANDALLAZ et al., (1986) affirment ce résultat dans la mesure où le dépérissement du
Sapin affecte beaucoup plus les sujets sur des sols plus profonds en Suisse.
Tableau 46: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
profondeur du sol au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 0. 54786099 1. 10896324 Non signification
Indice sanitaire 2. 23187962 1. 00875367 Signification

3. 1. 7. Variabilité du dépérissement en relation avec le pH superficiel du sol


Par le biais d’une analyse de la variance à un facteur au seuil de signification 95%, on
enregistre que le taux de dépérissement et l’indice sanitaire présentent une variabilité
significative en rapport avec le pH superficiel du sol (Tableau 47). Cette analyse montre
que la probabilité d’un état malade du Cyprès augmente, quand le pH superficiel du sol
augmente (devient alcalin). Ceci confirme l’expérience générale qu’un sol faiblement acide
est propice au Cyprès.
Les travaux de MANDALLAZ et al., (1986) sur le Sapin et l’Epicéa en Suisse et
AIMIE et al., (2011) sur le pin maritime, Hêtre et Chêne pédonculé en France affirment ce
résultat.

Page 140
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 47: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec le pH


superficiel du sol au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 1. 34768954 0. 18756091 Signification
Indice sanitaire 3. 34768951 2. 67589110 Signification

3. 2. Variabilité du dépérissement en relation avec les paramètres dendrométriques


3. 2. 1. Variabilité du dépérissement en relation avec la densité totale des peuplements
L’analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95% fait ressortir une
différence significative entre le taux de dépérissement et la densité totale des peuplements.
Par ailleurs l’indice sanitaire présente une variabilité non significative (Tableau 48).
Tableau 48: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la densité
totale es peuplements au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 5. 98742175 3. 01236788 Signification
Indice sanitaire 1. 05643278 2. 99876079 Non signification

L’allure décroissante de la répartition du taux de dépérissement en rapport avec les


classes de densités confirme cette déduction statistique. En fait, la classe de moins de 200
pieds / ha est celle où nous avons enregistré un dépérissement très fort (39%). La densité
n’influe pas par le nombre de pieds mais par la position relative des tiges les unes par
rapport aux autres (surdensité locale).
En plus, une analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95% élucide
une éventuelle variabilité entre le dépérissement et les proportions de mélanges. Cette
dernière ne montre aucun effet significatif (Tableau 49).
Tableau 49: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
proportion de mélange des peuplements au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 1. 00564130 2. 45680160 Non signification
Indice sanitaire 0. 10486911 1. 91887053 Non signification

Par ailleurs, l’allure de la répartition du dépérissement en fonction des proportions de


mélanges montre une allure croissante. Nous avons enregistré un taux de 31% soit le plus

Page 141
Chapitre V Résultats et discussion

élevé dans les peuplements où le Cyprès constitue plus de 75% des proportions de mélanges.
Le dépérissement semble régresser dans les peuplements mixtes. MULLER – DOMBOID
(1992) affirme cette constatation dans la mesure où il a signalé que la structure forestière
simplifiée prédispose les peuplements aux dépérissements. Au Maroc, BENABID (1994) et
MORENO et al., (2007) ont signalé que les mélanges Cèdre 3 Chêne vert sont moins
exposés aux risques de dépérissement. De plus, l’élimination des feuillus en mélange avec le
cèdre dans le cadre d’un aménagement a favorisé l’installation d’un dépérissement massif.
En fait, la présence du Chêne vert favorise la régénération du Cèdre et offre un microclimat
plus humide. De plus, il a un impact positif sur la concentration de la matière organique,
d’azote, de calcium et de potassium, (DERAK et al., 2008).
3. 2. 2. Variabilité du dépérissement en relation avec la densité totale des Cyprès
Par le biais de l’analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95%,
nous avons enregistré une variabilité non significative entre la densité totale des Cyprès et le
dépérissement (Tableau 50).
Tableau 50: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la densité
totale des Cyprès au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 1. 98756701 1. 56789342 Non signification
Indice sanitaire 0. 56904321 2. 10874390 Non signification

3. 2. 3. Variabilité du dépérissement en relation avec la circonférence moyenne


Par le biais d’une analyse de la variance à un facteur au seuil de signification 95%, nous
enregistrons que le taux de dépérissement et l’indice sanitaire présentent une variabilité
significative en rapport avec la circonférence moyenne dans la mesure où la valeur de « F »
est supérieure à « F » critique (Tableau 51).
Tableau 51: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
circonférence moyenne au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 4. 02654980 2. 19846750 Signification
Indice sanitaire 6. 58900137 4. 01798532 Signification

Nous observons aussi, que le taux de dépérissement est faible chez les tiges à faibles
grosseurs (moins de 0,85 m) où il ne dépasse pas 10%. En revanche leur état sanitaire est
fortement détérioré
Page 142
Chapitre V Résultats et discussion

(IS = 3.31). En fait, l’état sanitaire des peuplements s’améliore chez les tiges à grosseurs
maximales (plus de 1.5 m), donc dotés d’une croissance beaucoup plus meilleure. Par
ailleurs l’indice sanitaire de 2. 19 relatif aux peuplements en début de dépérissement
confirme ce constat.
3. 2. 4. Variabilité du dépérissement en relation avec la circonférence dominante
L’analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95% montre une
différence non significative entre le dépérissement et les circonférences dominantes
(Tableau 52).
Tableau 52: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la
circonférence dominante au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 1. 76821320 3. 06610838 Non signification
Indice sanitaire 0. 77219083 1. 22109241 Non signification

3. 2. 5. Variabilité du dépérissement en relation avec la hauteur totale moyenne


Par le biais d’une analyse de la variance au seuil de signification de 95%, une variabilité
non significative est signalée entre la hauteur totale des Cyprès et le dépérissement
(Tableau 53).
La classe de hauteurs totales moyennes de 16 à 20 m est celle où le taux de
dépérissement est le plus élevé (37.07 %).
Tableau 53: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la hauteur
totale moyenne au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 0. 06795432 2. 5989503 Non signification
Indice sanitaire 0. 84532901 3. 01765239 Non signification

3. 2. 6. Variabilité du dépérissement en relation avec la hauteur dominante


Le Tableau 54 présente les résultats de l’analyse de la variance à un facteur au seuil de
signification de 95% du dépérissement en rapport avec la hauteur dominante. Il indique une
variabilité non significative pour le taux de dépérissement (valeur de F est inférieure à F
critique). Le taux de dépérissement est faible (17%) dans la catégorie de 11 à 15 m, soit celle
des hauteurs dominantes moyennes.
De même, nous enregistrons une variabilité significative entre l’indice sanitaire entre le
dépérissement et les classes de hauteurs dominantes. En fait, les peuplements les moins
Page 143
Chapitre V Résultats et discussion

vigoureux sont ceux à hauteurs dominantes faibles, soit celles de moins de 11 m. En


revanche, l’état sanitaire est meilleure chez les peuplements de 11 à 19 m, soit celles de
hauteurs dominantes moyennes.
Tableau 54: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la hauteur
dominante au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 2. 3400198 3. 90127864 Non signification
Indice sanitaire 3. 10367530 3. 03261209 Signification

3. 2. 7. Variabilité du dépérissement en relation avec la surface terrière totale


Le taux de dépérissement et l’indice sanitaire présentent une variabilité non significative
en rapport avec la surface terrière totale des peuplements de Cyprès. Les résultats de
l’analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95% confirment ce constat
(Tableau 55).
Tableau 55: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la surface
terrière totale au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 0. 80620457 3. 00165320 Non signification
Indice sanitaire 1. 02168322 3. 05001127 Non signification

La répartition du taux de dépérissement à travers les classes de surfaces terrières totales


montre que la classe de 39 à 49 m2/ha est la plus touchée par le dépérissement avec un taux
de 31%.
3. 2. 8. Variabilité du dépérissement en relation avec la surface de houppiers
Par le biais d’une analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95%,
nous enregistrons une variabilité non significative entre le taux de dépérissement et la
surface des houppiers des Cyprès. Par contre, l’indice sanitaire varie significativement
(Tableau 56).
Nous constatons que l’état sanitaire s’améliore chez les tiges présentant des houppiers à
surfaces maximales. Les tiges bénéficiant d’un espace suffisant présentent une extension
maximale de leurs houppiers.

Page 144
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 56: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec la surface


de houppiers au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 2. 45899021 4. 01897564 Non signification
Indice sanitaire 4. 00213485 3. 50012679 Signification

3. 2. 9. Variabilité du dépérissement en relation avec le volume de houppiers


L’analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95%, montre un effet
non significatif des classes de volumes de houppiers sur le taux de dépérissement et l’indice
sanitaire (Tableau 57).
Tableau 57: Analyse de la variance du dépérissement du Cyprès en rapport avec le volume
de houppiers au seuil de signification de 95%.
F F critique Signification
Taux de dépérissement 1. 11002310 2. 02317710 Non signification
Indice sanitaire 0. 42780802 1. 66845122 Non signification

4. Rôle des insectes dans le dépérissement du Cyprès vert


4. 1. Composition du peuplement entomologique
4. 1. 1. Liste globale
Les différents procédés de piégeage que nous avons mis en place dans les trois stations
nous ont permis de récolter 3632 spécimens regroupés en 61 espèces appartenant à 8 ordres
systématiques et 29 familles (Tableau 58).
Tableau 58 : Liste des insectes inventorié obtenus par les quatre méthodes de piégeage dans
les trois stations d’étude. M. C: méthode de capture; St 1: stattion EL Mahsar; ST 2: station
Had Sebabna; St 3: station Acherrab; R. A: régime alimentaire ; P. R : prélèvement des
rameaux feuillés ; P. C : prélèvement des cônes ; P. V : piège-vitre ; A. P : arbres- piège ;
Xyl : xylophage ; Pré : prédateur ; Déf : défoliateur ; Con : conophage ; Opo : opophage ;
Par : parasite ; Gal : gallicole.
Espèce Effectif
M. C St 1 St 2 St 3 Total R. A
Coleoptera
Scolytidae
Scolytus sp (Guerin, 1847) A. P 132 88 76 296 Xyl

Page 145
Chapitre V Résultats et discussion

Cryphalus sp (Eichhoff, 1878) A. P 67 39 45 151 Xyl


Xyloborus dryographus (Ratzeburg, 1837) A. P 23 19 0 42 Xyl
Crypturgus sp (Eichhoff, 1878) A. P 19 0 23 42 Xyl
Phloesinus aubei (Perris, 1855) P. V 10 9 3 22 Xyl
0rthotomicus erosus (Wollaston, 1857) A. P 2 3 0 5 Xyl
Pissodes sp (Germar, 1817) P. V 55 47 19 121 Xyl
Pityokteines curvidens (Germar, 1817) P. V 66 21 9 96 Xyl
Pityokteines spinidens (Reitter, 1894) P. V 30 41 0 71 Xyl
Xyloterus sp (Oliver, 1795) A. P 12 10 25 47 Xyl
Anobiidae
Ernobius cupressi (Chobaut, 1899) P. C 73 27 46 146 Con
Ernobium sp (Thomson, 1859) P. R 23 12 0 35 Déf
Buprestidae
Anthaxia sp (Fabricius, 1787) A. P 45 22 8 75 Xyl
Nanodiscus trnaversus (Aubé, 1850) P. C 65 0 21 86 Con
Melanophila marmottani (Fairmaire, 1868) A. P 12 9 18 39 Xyl
Scintllatrix rutilans (Fabricius, 1777) A. P 25 36 13 74 Xyl
Habroloma sp (Thomson, 1864) P. R 12 32 10 54 Déf
Acmaeodera degener (Scopoli, 1763) A. P 14 0 19 33 Xyl
Curculiondae
Magdalis sp (Gyllenhal, 1827) A. P 21 17 10 48 Xyl
Sitona discoideus (Gyllenhaal, 1834) P. V 31 23 45 99 Xyl
Larinus sturnus (Schaller, 1783) A. P 19 10 25 54 Xyl
Cerambycidae
Icosium sp (Lucas, 1854) A. P 17 27 33 77 Xyl
Alocerus moesiacus (Frivaldsky, 1838) P. V 25 76 9 110 Xyl
Tetropium sp (Fabricius, 1787) A. P 41 49 86 176 Xyl
Arhopalus sp (Audinet-Serville, 1834) P. V 22 18 10 50 Xyl
Hylotrupes sp (Linnaeus, 1758) P. V 23 0 22 45 Xyl
Coccinellidae
Coccinella septempunctata (Linné, 1758) P. V 31 17 19 67 Pré
Oenopia lyncea (Olivier, 1808) P. V 10 22 15 47 Pré
Carabidae

Page 146
Chapitre V Résultats et discussion

Carabus violaceus (Linnaeus, 1758) P. V 24 15 11 50 Pré


Carabus morbullosus (Fabricius, 1792) P. V 56 32 10 98 Pré
Calodromius bifasciatus (Dejean, 1825) P. V 15 27 16 58 Pré
Chrysomelidae
Clytus sp (Linnaeus, 1758) P. V 21 19 8 48 Xyl
Aphodiidae
Esp 1 P. R 17 10 4 31 Déf
Dermestidae
Attagenus trifasciatus (Fabricius, 1787) P. V 13 17 6 36 Pré
Dastydae
Esp 2 P. R 11 7 0 18 Déf
Scarabaeidae
Scarabaeus sp (Linnaeus, 1558) A. P 12 13 7 32 Xyl
Tenebrionidae
Tenebrio obscurus (Fabricius, 1792) A. P 21 16 11 48 Xyl
Pimelia servillei (Linnaeus, 1758) P. V 18 9 10 37 Pré
Corticeus sp (Wollaston, 1867) P. V 17 22 19 58 Pré
Hemiptera
Lygaeidae
Spilostethus pandurus (Scopoli, 1763) P. V 14 12 10 36 Pré
Nysius cynoides (Bergroth, 1891) P. V 21 17 7 45 Opo
Orsillus maculatus (Fieber, 1861) P. C 22 12 8 42 Con
Lepidoptera
Tortricidae
Acleris undulana (Walsigham, 1999) P. R 32 19 21 72 Déf
Epinotia algeriensis (Chambon, 1990) P. V 35 0 10 45 Déf
Pseudococcyx tessulatana (Staudinger, 1871) P. C 37 5 9 51 Con
Gelechiidea
Brachyacma oxycedrella (Millière, 1871) P. C 9 8 5 22 Con
Thaumetopoidae
Thaumetpoea pityocampa (Sciff, 1775) P. V 13 9 11 33 Déf
Ponomeutidae
Argyresthia sp P. V 16 4 6 26 Déf

Page 147
Chapitre V Résultats et discussion

Homoptera
Aphididae
Cedrobium laportei (Remaudière, 1954) P. R 10 6 9 25 Opo
Cinara cupressi (Mimeur, 1935) P. R 14 0 8 22 Opo
Diaspididae
Carulaspis minima (Borchsenius, 1949) P. C 16 0 10 26 Con
Hymenoptera
Torymidae
Megastigmus wachtli (Seitner, 1916) P. C 13 5 2 20 Con
Formicidae
Formica rufa (Linnaeus, 1758) P. R 45 51 33 129 Pré
Siricidae
Urocerus sp (Linnaeus, 1758) P. R 14 16 9 39 Gal
Xeris sp (Linnaeus, 1758) P. R 10 13 2 25 Gal
Braconidae
Esp 3 P. V 5 2 1 8 Par
Orussidae
Esp 4 P. V 3 6 0 9 Par
Dermaptera
Forficulidae
Forficula auricularia (Linnaeus, 1758) A. P 41 38 29 108 Pré
Orthoptera
Blattidae
Laboptera sp (Brunnervon-W, 1758) P. V 33 0 24 57 Déf
Gryllidae
Grylus compestris (Linnaeus, 1758) A.P 11 7 9 27 Pré
Mantoptera
Mantidae
Mantis religiosa (Linnaeus, 1758) P. V 22 10 11 43 Pré
Total 1586 1101 945 3632

La faune entomologique du Cyprès constitue un domaine pratiquement inexploré dans le


Nord de l’Afrique et en Algérie en particulier, seuls quelques travaux fragmentaires ou des
signalements d’espèces : EL HASSANI (1984), BOUAZIZ (1993), BOUAZIZ et

Page 148
Chapitre V Résultats et discussion

CHKALI (1998), BENJAMAA et ROQUES (1999), EL ALAOUI EL FELS (1999),


BENJAMAA (2002, 2004, 2005). Bien que ces travaux offrent des données de base utiles,
mais demeurent incomplètes.
Cet inventaire, purement indicatif, ne donne qu'une première liste bien incomplète de
l’entomofaune associée au Cyprès vert de la région des Traras Occidentaux, qui est
certainement d'une grande richesse, et ce en raison de la courte durée d’étude. En effet, la
faune entomologique inféodée au Cyprès vert de la région, n'a jamais fait l'objet dans sa
globalité d'une exploration très poussée, pour des raisons diverses.

Page 149
Chapitre V Résultats et discussion

7 mm
_5_mm
____ _5_mm
____ ______

Scolytus sp Coccinella septempunctata Scintllatrix rutilans

4 mm
5 mm
_ 5_ mm
____ ______ ______

Scarabaeus sp Carabus morbullosus 0rthotomicus erosus

______
6 mm 6 mm
______ _ _5 _mm
___

Argyresthia sp Carabus violaceus Attagenus trifasciatus

1 cm
______ 1cm _5_mm
____
______

Orsillus maculatus Thaumetpoea pityocampa Cedrobium laportei

1 cm 8 mm
______ ______ _ _9 _mm
___

Formica rufa Mantis religiosa Forficula auricularia

Figure 88 : Photographies de quelques espèces recensées dans la zone d’étude (Originale)

Page 150
Chapitre V Résultats et discussion

4. 1. 2. Répartition des spécimens par ordre systématique


La lecture du Tableau 58 démontre que les Coléoptères occupent le premier rang avec
39 espèces, soit un taux de 63% des insectes inventoriés. Les Lépidoptères et les
Hyménoptères viennent en deuxième rang avec 6 espèces pour chacun soit un taux de 10%.
En troisième position, nous trouvons les Hémiptères et les Homoptères qui sont représentés
par 3 espèces pour chaque ordre, soit 5% du total des insectes inventoriés. Les Orthoptères
sont présents avec 2 espèces et un taux de 3%. Les Dermaptères et les Mantoptères viennent
en dernier rang et sont représentés par 1 espèce pour chacun, soit 2% du total des insectes
piégés (Fig. 89).

45
3% 2% 2% Coleoptera
39 5%
40
5% Lepidoptera
35
Hymenoptera
30 Hemiptera
10%
Effectif

25 Homoptera
10% 63%
20 Orthoptera
15 Dermaptera

10 Mantoptera
6 6
5 3 3 2 1 1
0

Ordres

Figure 89 : Répartition des insectes capturés par ordre systématique


4. 1. 2. 1. Ordre des Coléoptères
L’ordre des Coléoptères est le plus représenté dans notre inventaire avec 39 espèces.
Celles-ci répartissent entre 13 familles représentées dans la Figure 90.

Page 151
Chapitre V Résultats et discussion

12
10
10

8
Effectif

6
6 5

4 3 3 3
2 2
2 1 1 1 1 1

Famille

Figure 90 : Répartition des Coléoptères par famille


A travers cette figure, nous remarquons que la famille des Scolytidae est la plus riche
avec 10 espèces soit un taux de 26%. Ces espèces sont regroupées en 9 genres, dont le genre
Pityokteines comporte 2 espèces Pityokteines curvidens (Germar, 1817) et Piyokteines
spinidens (Reitter, 1894). Les autres genres sont représentés par Scolytus, Cryphalus,
Xyloborus, Crypturgus, Phloesinus, 0rthotomicus, Pissodes, Xyloterus.
Le second rang, nous trouvons la famille des Buprestidae avec 6 espèces, soit 15% du
total. Cette famille est représentée par 4 genres xylophages Anthaxia, Melanophila,
Scintllatrix, Acmaeodera. Les deux autres genres sont représentés par un conophage
Nanodiscus et un défoliateur Habroloma.
La troisième position avec 5 espèces (13%) est occupée par la famille des
Cerambycidae. Elle compte 5 genres xylophages Icosium, Alocerus, Tetropium, Arhopalus,
Hylotrupes.
La famille des Tenebrionidae, Curculionidae et Carabidae viennent en quatrième rang
avec 3 espèces, soit un taux de 7% pou chacune.
Les 7 autres familles restantes, comptent 1 à 2 espèces.
4. 1. 2. 2. Ordre des Lépidoptères et Hyménoptères
L’ordre des Lépidoptères et Hyménoptères se classent en deuxième rang contenant 6
espèces pour chacun. Le premier compte 4 familles (Fig. 91) et le deuxième 5 familles (Fig.
92).

Page 152
Chapitre V Résultats et discussion

3,5
3
3

2,5

2
Effectif

1,5
1 1 1
1

0,5

0
Tortricidae Gelechiidae Thaumetopoiade Ponomeutidae
Famille

Figure 91 : Répartition des Lépidoptères par famille


La lecture de cette figure montre que la famille des Tortricidae est plus représentative
avec 3 espèces (50%). Ces espèces appartiennent à 3 genres Acleris, Epinotia et
Pseudococcyx. Avec une seule espèce (16%), les familles Gelechiidea, Thaumetopoidae et
Ponomeutidae occupent la seconde position, représentées par les genres respectivement
Brachyacma, Thaumetpoea et Argyresthia.

2,5

2
2

1,5
Effectif

1 1 1 1
1

0,5

0
Siricidae Torymidae Formicidae Braconidae Orussidae
Famille

Figure 92 : Répartition des Hyménoptères par famille

Page 153
Chapitre V Résultats et discussion

D’après la Figure 92, les espèces appartenant à l’ordre des Hyménoptères sont réparties
en 5 familles. La famille des Siricidae est la plus représentée avec 2 espèces, soit 33% du
total des Hyménoptères. Parmi elles, nous citons le genre Urocerus et Xeris. Avec une seule
espèce représentative (16%), les familles Torymidae, Formicidae, Braconidae et Orussidae
viennent en dernier dont Megastigmus wachtli, Formica rufa, et 2 espèces non déterminées
(Esp 3 et Esp 4).
4. 1. 2. 3. Ordre des Homoptères et Orthoptères
L’ordre des Homoptères et Orthoptères regroupent pour l’instant 2 familles pour chacun.
Le premier compte une famille plus représentative (70%) Aphididae avec 2 espèces
opophages Cedrobium laportei et Cinara cupressi. Les Diaspididae sont représentés par une
seule espèce (30%) conophage Carulaspis minima. Le second ordre compte 2 familles,
Blattidae et Gryllidae représentées respectivement par Laboptera sp et Grylus compestris.
(Fig. 93 et 94).

2,5

2
2

1,5
Effectif

1
1

0,5

0
Aphididae Diaspididae
Famille

Figure 93 : Répartition des Homoptères par famille

Page 154
Chapitre V Résultats et discussion

1,2

1 1
1

0,8
Effectif

0,6

0,4

0,2

0
Blattidae Gryllidae
Famille

Figure 94 : Répartition des Orthoptères par famille


4. 1. 2. 4. Ordre des Hémiptères, Dermaptères et Mantoptères
Ces ordres sont représentés par une seule famille. Les Hémiptères sont présents avec la
famille des Lygaeidae qui regroupe 3 espèces Spilostethus pandurus, Nysius cynoides et
Orsillus maculatus, les Dermaptères par celle des Forficulidae dont l’espèce Forficula
auricularia et les Mantoptères dont les Mantidae avec l’espèce Mantis religiosa.
4. 1. 3. Distribution des spécimens par aptitude trophique
Les espèces recensées sont réparties selon leur aptitude trophique en 7 catégories
(Fig. 95).

Page 155
Chapitre V Résultats et discussion

3%
Gallicole 2 5% 3% Xylophage
Prédateur
Parasite 2
11% 41% Défoliateur
Aptitude trophique

Opophage 3 Conophage
15%
Opophage
Conophage 7
22% Parasite

Défoliateur 9 Gallicole

Prédateur 13

Xylophage 25

0 5 10 15 20 25 30
Effectif

Figure 95 : Distribution des spécimens par aptitude trophique


A travers cette figure, nous remarquons que les insectes xylophages qui consomment le
bois sont les plus dominants et totalisent 25 espèces, ce qui représente un taux de 41%. Cette
catégorie regroupe toutes les espèces qui se développent dans le bois en voie de
décomposition dont les Scarabaeidae (Scarabaeus sp) et les insectes xylophages qui se
nourrissent du bois sain ou vivant tels que Orthotomicus erosus, Piyokteines sp, Scolytus sp,
Phloesinus aubei, Scintillatrix rutilans, Anthaxia sp, Pissodes sp et Icosium sp.
Orthotomicus erosus provoque un dépérissement important du pin d’Alep dans la région de
Djelfa (BOURAGBA, 2002). BELAHBIB (2004) a signalé en Tunisie le rôle qu’a joué
Phloesinus aubei dans le dépérissement du Cyprès vert. Certaines espèces récoltés
contribuent aussi au dépérissement du Cèdre, c’est le cas de Scolytus sp et Anthaxia sp dans
la région de Batna (BEGHAMI, 2010). Piyokteines sp et Pissodes sp, deux espèces sous
corticaux ont été détectées sur Sapin en France (D. S. F, 2004).
Les auxiliaires viennent en second rang avec 15 espèces dont 13 prédateurs (22%) et 2
parasites (3%). Ces espèces sont représentées par les Coccinellidae (Coccinella
septempunctata, Oenopia lyncea), les Carabidae (Carabus violaceus, Carabus morbullosus,
Calodromius bifasciatus), les Dermestidae (Attagenus trifasciatus), les Tenebrionidae
(Pimelia servillei, Corticeus sp), les Lygaeidae (Spilostethus pandurus), les Formicidae
(Formica rufa), les Braconidae (Esp 3 non déterminée), les Orussidae (Esp 4 non
déterminée), les Forficulidae (Forficula auricularia), les Gryllidae (Grylus compestris) et
les Mantidae (Mantis religiosa).
Page 156
Chapitre V Résultats et discussion

Les insectes défoliateurs qui s’alimentent du feuillage (aiguilles), occupent le troisième


rang avec 9 espèces, soit un taux de 15%, dont Ernobium sp, Habroloma sp, Acleris
undulana, Epinotia algeriensis, Thaumetpoea pityocampa, Argyresthia sp, Laboptera sp et 2
espèces non déterminées.
Les conophages, attaquent les cônes, nous comptons 7 espèces réparties en 7 familles
dont les Anobiidae (Ernobius cupressi), les Buprestidae (Nanodiscus trnaversus), les
Lygaeidae (Orsillus maculatus), les Tortricidae, (Pseudococcyx tessulatana), les
Gelechiidea (Brachyacma oxycedrella), les Diaspididae (Carulaspis minima), les
Torymidae (Megastigmus wachtli). La plus part des ces espèces ont été signalées aussi au
Maroc (EL ALAOUI EL FELS, 1999), en Tunisie (BENJAMAA et ROQUES, 1999) et
en France (ROQUES, 1998).
Les opophages sont important car en suçant la sève, ils brûlent les aiguilles provoquent
un flétrissement de l’arbre. Ils sont présents avec 3 espèces soit un taux de 5%. Ils sont
représentés par les Lygaeidae (Nysius cynoides) et les Aphididae (Cedrobium laportei et
Cinara cupressi). DOUMANDJI et al., (2003) ont détecté Nysius cynoides sur les jeunes
plants de l’olivier dans la région de Batna.
Les insectes gallicoles qui causent la formation des galles au niveau feuilles ou des
rameaux sont présents avec 2 espèces Urocerus sp et Xeris sp.
4. 1. 4. Distribution des spécimens par type de piégeage
Selon le Tableau 58, Durant notre étude 3632 individus ont été récoltés par quatre
méthodes de piégeage et ceci pendant sept mois d’échantillonnage. Parmi ceux-ci 1415
individus (26 espèces) capturés par les pièges-vitres, 1374 individus (18 espèces) par des
arbres-piège, 450 individus (10 espèces) par la méthode de prélèvement des rameaux et en
fin, 393 individus (7 espèces) par la méthode de prélèvement des cônes (Fig. 96). Nous
constatons que les pièges-vitres semblent les plus performants et plus sélectifs envers la
capture des insectes dans notre étude.

Page 157
Chapitre V Résultats et discussion

30
11%
26
P. V
25 43%
16% A. P
P. R
Nombre d'espèces

20 18
30%
P. C
15

10
10
7

0
P. V A. P P. R P. C
Méthode de capture des insectes

Figure 96 : Distribution des spécimens par type de piégeage


4. 1. 5. Distribution des spécimens par station
Du point de vue stationnel, nous notons une abondance relative des spécimens très
importante à El Mahsar qu’à Had Sebabna et Acherrab, avec 44% à El Mahsar contre 30% à
Had Sebabna et 26% à Acherrab (Fig. 97).

1800
1586
1600

1400
Nombre d'individus

1200 1101

1000 945 26%


44% El Mahsar
800
Had Sebabna
600
Acherrab
400 30%

200

0
El Mahsar Had Sebabna Acherrab
Station

Figure 97 : Distribution des spécimens par station

Page 158
Chapitre V Résultats et discussion

4. 2. Exploitation du peuplement entomologique par des indices écologiques et analyse


factorielle des correspondances (A.F.C)
Les différents insectes récoltés sont exploités par des indices écologiques de
composition, de structure et en fin par la méthode statistique A. F. C.
4. 2. 1. Exploitation du peuplement entomologique par des indices écologiques
4. 2. 1. 1. Fréquence d’occurrence
La fréquence d’occurrence calculée pour les espèces capturées dans les trois stations
d’étude est consignée dans le Tableau 59.
Tableau 59 : Fréquence d’occurrence et la constance des espèces
ni : nombre d’individus ; A : espèce accidentelle ; R : espèce rare ; ni : nombre d’individus ;
C% : fréquence d’occurrence ; Cat : catégorie d’espèces
Espèce Effectif / Station
El Mahsar Had Sebabna Acherrab
ni ni/N C% Cat ni ni/N C% Cat Ni ni/N C% Cat
Scolytus sp 132 0,08 8,3 A 88 0,08 8,0 A 76 0,08 8,0 A
Cryphalus sp 67 0,04 4,2 R 39 0,04 3,5 R 45 0,05 4,8 R
Xyloborus dryographus 23 0,01 1,5 R 19 0,02 1,7 R 0 0,00 0,0 R
Crypturgus sp 19 0,01 1,2 R 0 0 0,0 R 23 0,02 2,4 R
Phloesinus aubei 10 0,01 0,6 R 9 0,01 0,8 R 3 0,00 0,3 R
0rthotomicus erosus 2 0 0,1 R 3 0 0,3 R 0 0,00 0,0 R
Pissodes sp 55 0,03 3,5 R 47 0,04 4,3 R 19 0,02 2,0 R
Pityokteines curvidens 66 0,04 4,2 R 21 0,02 1,9 R 9 0,01 1,0 R
Piyokteines spinidens 30 0,02 1,9 R 41 0,04 3,7 R 0 0,00 0,0 R
Xyloterus sp 12 0,01 0,8 R 10 0,01 0,9 R 25 0,03 2,6 R
Ernobius cupressi 73 0,05 4,6 R 27 0,02 2,5 R 46 0,05 4,9 R
Ernobium sp 23 0,01 1,5 R 12 0,01 1,1 R 0 0,00 0,0 R
Anthaxia sp 45 0,03 2,8 R 22 0,02 2,0 R 8 0,01 0,8 R
Nanodiscus trnaversus 65 0,04 4,1 R 0 0 0,0 R 21 0,02 2,2 R
Melanophila marmottani 12 0,01 0,8 R 9 0,01 0,8 R 18 0,02 1,9 R
Scintllatrix rutilans 25 0,02 1,6 R 36 0,03 3,3 R 13 0,01 1,4 R
Habroloma sp 12 0,01 0,8 R 32 0,03 2,9 R 10 0,01 1,1 R
Acmaeodera degener 14 0,01 0,9 R 0 0 0,0 R 19 0,02 2,0 R
Magdalis sp 21 0,01 1,3 R 17 0,02 1,5 R 10 0,01 1,1 R
Sitona discoideus 31 0,02 2,0 R 23 0,02 2,1 R 45 0,05 4,8 R
Larinus sturnus 19 0,01 1,2 R 10 0,01 0,9 R 25 0,03 2,6 R
Icosium sp 17 0,01 1,1 R 27 0,02 2,5 R 33 0,03 3,5 R
Alocerus moesiacus 25 0,02 1,6 R 76 0,07 6,9 A 9 0,01 1,0 R
Tetropium sp 41 0,03 2,6 R 49 0,04 4,5 R 86 0,09 9,1 A

Page 159
Chapitre V Résultats et discussion

Arhopalus sp 22 0,01 1,4 R 18 0,02 1,6 R 10 0,01 1,1 R


Hylotrupes sp 23 0,01 1,5 R 0 0 0,0 R 22 0,02 2,3 R
C. septempunctata 31 0,02 2,0 R 17 0,02 1,5 R 19 0,02 2,0 R
Oenopia lyncea 10 0,01 0,6 R 22 0,02 2,0 R 15 0,02 1,6 R
Carabus violaceus 24 0,02 1,5 R 15 0,01 1,4 R 11 0,01 1,2 R
Carabus morbullosus 56 0,04 3,5 R 32 0,03 2,9 R 10 0,01 1,1 R
Calodromius bifasciatus 15 0,01 0,9 R 27 0,02 2,5 R 16 0,02 1,7 R
Clytus sp 21 0,01 1,3 R 19 0,02 1,7 R 8 0,01 0,8 R
Esp 1 17 0,01 1,1 R 10 0,01 0,9 R 4 0,00 0,4 R
Attagenus trifasciatus 13 0,01 0,8 R 17 0,02 1,5 R 6 0,01 0,6 R
Esp 2 11 0,01 0,7 R 7 0,01 0,6 R 0 0,00 0,0 R
Scarabeus sp 12 0,01 0,8 R 13 0,01 1,2 R 7 0,01 0,7 R
Tenebrio obscurus 21 0,01 1,3 R 16 0,01 1,5 R 11 0,01 1,2 R
Pimelia servillei 18 0,01 1,1 R 9 0,01 0,8 R 10 0,01 1,1 R
Corticeus sp 17 0,01 1,1 R 22 0,02 2,0 R 19 0,02 2,0 R
Spilostethus pandurus 14 0,01 0,9 R 12 0,01 1,1 R 10 0,01 1,1 R
Nysius cynoides 21 0,01 1,3 R 17 0,02 1,5 R 7 0,01 0,7 R
Orsillus maculatus 22 0,01 1,4 R 12 0,01 1,1 R 8 0,01 0,8 R
Acleris undulana 32 0,02 2,0 R 19 0,02 1,7 R 21 0,02 2,2 R
Epinotia algeriensis 35 0,02 2,2 R 0 0 0,0 R 10 0,01 1,1 R
Pseudococcyx tessulatana 37 0,02 2,3 R 5 0 0,5 R 9 0,01 1,0 R
Brachyacma oxycedrella 9 0,01 0,6 R 8 0,01 0,7 R 5 0,01 0,5 R
Thaumetpoea pityocampa 13 0,01 0,8 R 9 0,01 0,8 R 11 0,01 1,2 R
Argyresthia sp 16 0,01 1,0 R 4 0 0,4 R 6 0,01 0,6 R
Cedrobium laportei 10 0,01 0,6 R 6 0,01 0,5 R 9 0,01 1,0 R
Cinara cupressi 14 0,01 0,9 R 0 0 0,0 R 8 0,01 0,8 R
Carulaspis minima 16 0,01 1,0 R 0 0 0,0 R 10 0,01 1,1 R
Megastigmus wachtli 13 0,01 0,8 R 5 0 0,5 R 2 0,00 0,2 R
Formica rufa 45 0,03 2,8 R 51 0,05 4,6 R 33 0,03 3,5 R
Urocerus sp 14 0,01 0,9 R 16 0,01 1,5 R 9 0,01 1,0 R
Xeris sp 10 0,01 0,6 R 13 0,01 1,2 R 2 0,00 0,2 R
Esp 3 5 0 0,3 R 2 0 0,2 R 1 0,00 0,1 R
Esp 4 3 0 0,2 R 6 0,01 0,5 R 0 0,00 0,0 R
Forficula auricularia 41 0,03 2,6 R 38 0,03 3,5 R 29 0,03 3,1 R
Laboptera sp 33 0,02 2,1 R 0 0 0,0 R 24 0,03 2,5 R
Grylus compestris 11 0,01 0,7 R 7 0,01 0,6 R 9 0,01 1,0 R
Mantis religiosa 22 0,01 1,4 R 10 0,01 0,9 R 11 0,01 1,2 R

Page 160
Chapitre V Résultats et discussion

D’après le Tableau 59 ci-dessus, nous relevons que Scolytus sp, Tetropium sp et


Alocerus moesiacus sont des espèces accidentelles. Concernant les autres espèces sont
classées comme rare.
4. 2. 1. 2. Abondance relative et densité
Tableau 60 : Abondance relative et densité des insectes inventoriés dans les trois stations.
Ni : nombre d’individus ; Ar (%) : abondance relative : D : densité
Espèce Effectif / Station
El Mahsar Had Sebabna Acherrab
ni Ar % D ni Ar % D ni Ar % D
Scolytus sp 132 8,32 1,32 88 7,99 0,88 76 8,04 0,76
Cryphalus sp 67 4,22 0,67 39 3,54 0,39 45 4,76 0,45
Xyloborus dryographus 23 1,45 0,23 19 1,73 0,19 0 0,00 0,00
Crypturgus sp 19 1,20 0,19 0 0,00 0,00 23 2,43 0,23
Phloesinus aubei 10 0,63 0,10 9 0,82 0,09 3 0,32 0,03
0rthotomicus erosus 2 0,13 0,02 3 0,27 0,03 0 0,00 0,00
Pissodes sp 55 3,47 0,55 47 4,27 0,47 19 2,01 0,19
Pityokteines curvidens 66 4,16 0,66 21 1,91 0,21 9 0,95 0,09
Piyokteines spinidens 30 1,89 0,30 41 3,72 0,41 0 0,00 0,00
Xyloterus sp 12 0,76 0,12 10 0,91 0,10 25 2,65 0,25
Ernobius cupressi 73 4,60 0,73 27 2,45 0,27 46 4,87 0,46
Ernobium sp 23 1,45 0,23 12 1,09 0,12 0 0,00 0,00
Anthaxia sp 45 2,84 0,45 22 2,00 0,22 8 0,85 0,08
Nanodiscus trnaversus 65 4,10 0,65 0 0,00 0,00 21 2,22 0,21
Melanophila marmottani 12 0,76 0,12 9 0,82 0,09 18 1,90 0,18
Scintllatrix rutilans 25 1,58 0,25 36 3,27 0,36 13 1,38 0,13
Habroloma sp 12 0,76 0,12 32 2,91 0,32 10 1,06 0,10
Acmaeodera degener 14 0,88 0,14 0 0,00 0,00 19 2,01 0,19
Magdalis sp 21 1,32 0,21 17 1,54 0,17 10 1,06 0,10
Sitona discoideus 31 1,95 0,31 23 2,09 0,23 45 4,76 0,45
Larinus sturnus 19 1,20 0,19 10 0,91 0,10 25 2,65 0,25
Icosium sp 17 1,07 0,17 27 2,45 0,27 33 3,49 0,33
Alocerus moesiacus 25 1,58 0,25 76 6,90 0,76 9 0,95 0,09
Tetropium sp 41 2,59 0,41 49 4,45 0,49 86 9,10 0,86
Arhopalus sp 22 1,39 0,22 18 1,63 0,18 10 1,06 0,10
Hylotrupes sp 23 1,45 0,23 0 0,00 0,00 22 2,33 0,22
Coccinella septempunctata 31 1,95 0,31 17 1,54 0,17 19 2,01 0,19
Oenopia lyncea 10 0,63 0,10 22 2,00 0,22 15 1,59 0,15
Carabus violaceus 24 1,51 0,24 15 1,36 0,15 11 1,16 0,11

Page 161
Chapitre V Résultats et discussion

Carabus morbullosus 56 3,53 0,56 32 2,91 0,32 10 1,06 0,10


Calodromius bifasciatus 15 0,95 0,15 27 2,45 0,27 16 1,69 0,16
Clytus sp 21 1,32 0,21 19 1,73 0,19 8 0,85 0,08
Esp 1 17 1,07 0,17 10 0,91 0,10 4 0,42 0,04
Attagenus trifasciatus 13 0,82 0,13 17 1,54 0,17 6 0,63 0,06
Esp 2 11 0,69 0,11 7 0,64 0,07 0 0,00 0,00
Scarabeus sp 12 0,76 0,12 13 1,18 0,13 7 0,74 0,07
Tenebrio obscurus 21 1,32 0,21 16 1,45 0,16 11 1,16 0,11
Pimelia servillei 18 1,13 0,18 9 0,82 0,09 10 1,06 0,10
Corticeus sp 17 1,07 0,17 22 2,00 0,22 19 2,01 0,19
Spilostethus pandurus 14 0,88 0,14 12 1,09 0,12 10 1,06 0,10
Nysius cynoides 21 1,32 0,21 17 1,54 0,17 7 0,74 0,07
Orsillus maculatus 22 1,39 0,22 12 1,09 0,12 8 0,85 0,08
Acleris undulana 32 2,02 0,32 19 1,73 0,19 21 2,22 0,21
Epinotia algeriensis 35 2,21 0,35 0 0,00 0,00 10 1,06 0,10
Pseudococcyx tessulatana 37 2,33 0,37 5 0,45 0,05 9 0,95 0,09
Brachyacma oxycedrella 9 0,57 0,09 8 0,73 0,08 5 0,53 0,05
Thaumetpoea pityocampa 13 0,82 0,13 9 0,82 0,09 11 1,16 0,11
Argyresthia sp 16 1,01 0,16 4 0,36 0,04 6 0,63 0,06
Cedrobium laportei 10 0,63 0,10 6 0,54 0,06 9 0,95 0,09
Cinara cupressi 14 0,88 0,14 0 0,00 0,00 8 0,85 0,08
Carulaspis minima 16 1,01 0,16 0 0,00 0,00 10 1,06 0,10
Megastigmus wachtli 13 0,82 0,13 5 0,45 0,05 2 0,21 0,02
Formica rufa 45 2,84 0,45 51 4,63 0,51 33 3,49 0,33
Urocerus sp 14 0,88 0,14 16 1,45 0,16 9 0,95 0,09
Xeris sp 10 0,63 0,10 13 1,18 0,13 2 0,21 0,02
Esp 3 5 0,32 0,05 2 0,18 0,02 1 0,11 0,01
Esp 4 3 0,19 0,03 6 0,54 0,06 0 0,00 0,00
Forficula auricularia 41 2,59 0,41 38 3,45 0,38 29 3,07 0,29
Laboptera sp 33 2,08 0,33 0 0,00 0,00 24 2,54 0,24
Grylus compestris 11 0,69 0,11 7 0,64 0,07 9 0,95 0,09
Mantis religiosa 22 1,39 0,22 10 0,91 0,10 11 1,16 0,11

Nous avons jugé utile de discuter ces deux indices ensemble. Dans le cas présent, ces
deux critères éclairent sur la biologie et l’écologie de l’entomofaune récoltée. D’après les
résultats obtenus dans le Tableau 60, nous remarquons que l’espèce Tetropium sp est très
abondante dans la station 3 (Acherrab) avec une valeur de 9.10% et une densité de 0.86.
Scolytus sp vient en deuxième position dans les trois stations avec 8% et une densité de 0.76
à 1.32, suivi par Ernobius cupressi, Pityokteines curvidens, Cryphalus sp, Pissodes sp,

Page 162
Chapitre V Résultats et discussion

Nanodiscus transversus, Formica rufa et Forficula auricularia en troisième position avec


une valeur de 3 à 4% et une densité de 0 à 0.7. Les autres espèces sont faiblement
représentées.
4. 2. 1. 3. Indice de diversité de Shannon Weaver et équitabilité
Les valeurs des indices de diversité de Shannon Weaver H’ et de l’équitabilité E des
espèces capturées sont consignées dans le Tableau 61.
Tableau 61 : Diversité de Shannon Weaver et équitabilité des espèces capturées dans les
trois stations
Paramètres Valeurs / Stations
Station El Mahsar Satation Had Sebabna Station Acherrab
N 1586 1101 945
S 61 53 55
H’ (bits) 5. 582 5. 349 5. 258
H’ max (bits) 5. 957 5. 754 5. 807
E 0. 937 0. 929 0. 905

L’indice de Shannon Weaver calculé est d’ordre de 5 bits au niveau des trois stations. La
valeur est assez forte, ce qui indique les insectes capturés sont très diversifiés. D’après ces
résultats, nous pouvons conclure que la distribution des insectes est en équilibre et stable
dans toute la zone d’étude. DAJOZ (1971) souligne le fait que cet indice est est grand
lorsque les conditions du milieu sont favorables.
L’équitabilité des espèces recensées est de 0. 9 dans les trois stations. Celle-ci tend vers
1, ce qui implique que les effectifs des espèces en présence ont tendance à être en équilibre
entre eux.
4. 2. 2. Analyse factorielle des correspondances (A.F.C)
Après avoir réuni les espèces capturées dans un tableau de données et après projection
en individus sous forme de dispersion dans les différents plans considérés (Fig. 98), la
représentation graphique des groupements entomologiques permet de définir et comparer les
niches des espèces capturées. Nous avons noté une contribution à l’inertie totale où le
pourcentage est expliqué par les deux axes principaux :
Axe 1 = 74. 08%
Axe 2 = 25. 92%

Page 163
Chapitre V Résultats et discussion

Les valeurs propres de ces deux axes (F1, F2) sont élevées en particulier celle du
premier axe. Ceci implique une bonne diagonalisation des données sur chaque axe et indique
un assez bon recouvrement entre la station et l’espèce.
Les deux axes 1 et 2 sont suffisants pour cette analyse, le peuplement entomologique
contribue relativement à une inertie expliquée pour chacune des axes. La signification
écologique des axes est faite pour chacun.
L’axe 1 met en évidence les stations 1, 2 et 3 sur le côté positif de l’axe. L’axe 2 met en
évidence trois ensembles, l’un formé par les stations 1 et 2 située sur le côté positif de l’axe,
l’autre est formé par la station 3 situé sur le côté négatif de l’axe.
Analyse factorielle des correspondances (A.F.C) met en évidence les espèces
orthoptérologiques bien organisées sur les deux axes vis-à-vis des caractères
édaphoclimatiques et botaniques des trois stations prospectées. Une grande partie des
espèces se concentre sur l’axe central et forme un noyau.
L’axe 1 représente un pourcentage très élevé 74. 08%, c'est-à-dire le plus grand nombre
d’individus est recensés sont retrouvés dans la station 1 et 2 (El Mahsar et Had Sebabna).
L’espèce 1, 2, 8, 11, 14, 30 et 53 respectivement Scolytus sp, Cryphalus sp, Pityokteines
curvidens, Ernobius cupressi, Nanodiscus trnsversus, Carabus morbullosus et Formica rufa
ont une contribution relative dans cet axe très importante. En plus, les espèces 7, 23 et 58
ont une contribution relative dans cet axe importante, il s’agit de Pissodes sp, Alocerus
moesiacus, Forficula auricularia. Ce sont des espèces caractéristiques à la station 1 et 2.
L’axe 2 représente un taux mois important 25. 92%, c'est-à-dire un nombre d’individus
peu important et recensé dans la station 3. Au pôle positif, la station 1 et 2 s’individualisées
par les espèces 13 Anthaxia sp, 44, Epinotia algeriensis, 45, Pseudococcyx tessulatana, 9,
Pityokteines spinidens, 16, Scintillatrix rutilans et 17, Habroloma sp. Au pôle négatif, la
station 3 s’individualisée par l’espèce 20, Sitona discoideus et 24, Tetropium sp avec un
pourcentage moyen.

Page 164
Chapitre V Résultats et discussion

F 2= 25. 92% St 1

St 2

44

. .
.. 13
. .. . . .
. 17

.. 9 45 . . 2
. 8
.. . . .. 16
. 14 1
F 1 =74. 08%

. . . . ... ..... . . .
53
23 58
. . 30
. . . .. . . 11
. . 24

.
20
. .
. 7

St 3

Figure 98 : Représentation graphique des groupements « espèces-stations » dans le plan réduit F1-F2
4. 3. Structure et distribution spatiale du peuplement des principaux xylophages
4. 3. 1. Abondance relative des insectes xylophages
Durant notre étude, nous avons récolté 1901 individus xylophages (25 espèces), dont
l’effectif le plus élevé est représenté par les Scolytidae avec 40%. Les Cerambycidae
viennent en deuxième rang avec 20%, suivi par les Buprestidae en troisième position avec
16%. Les Curculionidae sont moins présentés avec 12%. Les Chrysomelidae, les
Scarabaeidae et les Tenebrionidae ne présentent que 4% (Fig. 99).

Page 165
Chapitre V Résultats et discussion

4%
4%
4%

12% 40%
Scolytidae
Cerambycidae
Buprestidae
Curculionidae
Chrysomelidae
Scarabaeidae
Tenebrionidae

16%

20%

Figure 99: Abondance relative des xylophages par famille des trois stations
4. 3. 2. Origine et biogéographie des insectes xylophages recensés
A fin de dégager le spectre biogéographique des xylophages recensés, nous avons adopté
la classification proposé par WINKLER (1924, 1932) et celle établie par MOUNA et al.,
(1985). Cette classification consiste à séparer les espèces selon leur origine comme suit :
 Espèces paléarctiques ou euro-sibériennes (R 1), réparties en Europe, Asie septentrionale
et Afrique du Nord y compris les espèces endémiques de l’Algérie.
 Espèces Atlanto-méditerranéennes ou lusitaniennes (R 2), réparties surtout dans les
territoires de la Méditerranée occidentale mais pouvant s’étendre vers l’Europe et l’Asie
mineure.
 Espèces méditerranéo-asiatiques (R 3), d’Asie mineure mais dont les espèces les plus
plastiques s’étendent jusqu’à la région méditerranéenne occidentale.
 Espèces indigènes (I), englobe les espèces qui ont citées comme endémiques et propre à
l’Algérie.
 Espèces cosmopolites (C), dont la littérature les a citées comme ayant une répartition
mondiale.
Les résultats de cette distribution biogéographique sont consignés dans le Tableau 62.

Page 166
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 62 : Répartition biogéographique des insectes xylophages récoltés.


Espèce Région
Scolytus sp(Guerin, 1847) R1
Cryphalus sp (Eichhoff, 1878) I
Xyloborus dryographus (Ratzeburg, 1837) R3
Crypturgus sp (Eichhoff, 1878) I
Phloesinus aubei (Perris, 1855) R2
0rthotomicus erosus (Wollaston, 1857) R1
Pissodes sp (Germar, 1817) R1
Pityokteines curvidens (Germar, 1817) R3
Pityokteines spinidens (Reitter, 1894) R3
Xyloterus sp (Oliver, 1795) C
Anthaxia sp (Fabricius, 1787) R1
Melanophila marmottani (Fairmaire, 1868) R2
Scintllatrix rutilans (Fabricius, 1777) R1
Acmaeodera degener (Scopoli, 1763) C
Magdalis sp (Gyllenhal, 1827) R1
Sitona discoideus (Gyllenhaal, 1834) C
Larinus sturnus (Schaller, 1783) R1
Icosium sp (Lucas, 1854) R1
Alocerus moesiacus (Frivaldsky, 1838) R1
Tetropium sp (Fabricius, 1787) C
Arhopalus sp (Audinet-Serville, 1834) R2
Hylotrupes sp (Linnaeus, 1758) R3
Clytus sp (Linnaeus, 1758) C
Scarabaeus sp (Linnaeus, 1558) C
Tenebrio obscurus (Fabricius, 1792) C

Les résultats démontrent que les espèces d’origine paléarctique sont majoritaires avec 9
espèces représentant un taux de 36%. Les espèces cosmopolites viennent en deuxième
position avec 7 espèces et un taux de 28%. Les espèces méditerranéo-asiatiques avec 4
espèces, soit un taux de 16% et occupent la troisième position. En quatrième position,
viennent les espèces lusitaniennes avec 3 espèces et un taux de 12%. Les espèces indigènes
sont représentées en dernière position avec 2 espèces, soit 8% (Fig. 100).

Page 167
Chapitre V Résultats et discussion

Espèces indigènes ;
8%

Espèces
Espèces Atlanto- paléarctiques ; 36%
méditerranéennes
; 12%

Espèces
méditerranéo-
asiatiques ; 16%
Espèces
cosmopolites ; 28%

Figure 100 : Spectre biogéographique des xylophages récoltés dans les trois stations
Nous constatons que parmi les espèces xylophages du Cyprès un certain endémisme,
caractérisant une aire géographique restreinte, dont deux espèces caractéristiques du Cyprès
de la zone d’étude Cryphalus sp et Crypturgus sp. Ces deux espèces sont considérées
comme des espèces endémiques du Nord de l’Afrique. Elles ont été signalées
particulièrement en Algérie et au Maroc sur le Cèdre (DE PEYERIMHOFF, 1919 ;
MOUNA, 1994 ; BENHALIMA, 2004 ; TALBI, 2010).
4. 3. 3. Richesse spécifique des insectes xylophages
Les trois stations hébergent en commun 19 espèces. En effet, tous les insectes
xylophages recensés sont présent dans la station El Mahsar. Nous notons l’absence de trois
espèces dans la station de Had Sebabna à savoir Crypturgus sp, Acmaeodera degener,
Hylotrupes sp. De même pour Xyloborus dryographus, 0rthotomicus erosus, Pityokteines
spinidens qui sont absents dans la station de Acherrab (Fig. 101).

Page 168
Chapitre V Résultats et discussion

25
25
22 22

20
Richesse spécifique

15

10

5
EL Mahsar Had Sebabna Acherrab
Station

Figure 101: Richesse spécifique des xylophages des trois stations


4. 3. 4. Variation de la richesse spécifique en fonction des classes de santé des arbres
A partir les résultats représentés dans le Tableau 63, il est noté que la richesse
spécifique est variable selon les classes sanitaires des arbres et n’augmente pas
obligatoirement ou diminue suivant leur état de dégradation dans la nature.
Cette richesse est beaucoup plus élevée dans le bois de la classe C4, ou plus proprement
dans le bois mort hébergeant 60% des espèces. Elles sont majoritairement représentées par :
Scolytus sp, Cryphalus sp, Melanophila marmottani, Pityokteines curvidens et Anthaxia sp.
Par contre, cette richesse devient plus faible dans la classe C3 recevant que deux espèces
Scolytus sp et Xyloborus dryographus. Effectivement ces deux espèces sont présentes dans
toutes les classes de dépérissement (C0, C1, C2, C3, C4).
Sur le bois de la classe C0, nous avons constaté la présence de Xyloborus dryographus,
Scolytus sp, Anthaxia sp, Alocerus moesiacus et Sitona discoideus.
Le bois de la classe C1est caractérisé par la présence de Xyloborus dryographus,
Scolytus sp.
Orthotomicus erosus est signalé seulement dans la classe C2, caractérisé par un bois en
début de dégradation accompagné de Xyloborus dryographus, Scolytus sp et Melanophila
marmottani.
Acmaeodera degener est observé seulement sur le bois de la classe C3, accompagné de
Xyloborus dryographus, Scolytus sp.

Page 169
Chapitre V Résultats et discussion

La richesse spécifique est très élevée dans le bois de la classe C4, caractérisé par la
présence de Cryphalus sp, Xyloborus dryographus, Scolytus sp, Melanophila marmottani,
Pityokteines curvidens, Crypturgus sp, Pissodes sp, Scintllatrix rutilans, Pityokteines
spinidens et Tetropium sp.
Tableau 63 : Variation de la richesse spécifique des xylophages selon les classes de
dépérissement (+ : présence de l’espèce)
Espèce Classe de dépérissement
Rondins examinés
C0 C1 C2 C3 C4
3 3 5 5 20
Orthotomicus erosus +
Cryphalus sp +
Xyloborus dryographus + + + + +
Scolytus sp + + + + +
Anthaxia sp +
Melanophila marmottani + +
Pityokteines curvidens +
Alocerus moesiacus +
Crypturgus sp +
Sitona discoideus +
Pissodes sp +
Scintllatrix rutilans +
Acmaeodera degener +
Pityokteines spinidens +
Tetropium sp +

4. 3. 5. Variation de la richesse spécifique en fonction des différents niveaux de l’arbre


Nous constatons que les insectes xylophages s’installent sur l’arbre entre les différents
niveaux allant de la base jusqu’à la cime (Fig. 102). Cette répartition verticale est variable
aussi selon les différentes classes de dépérissement. En effet dans les trois stations d’étude ,
les cinq espèces Scolytus sp, Xyloborus dryographus, Anthaxia sp, Alocerus moesiacus et
Sitona discoideus semblent coloniser les arbres sains non défoliés (classe C0)en s’installant
sur tous les niveaux et de diamètres différents allant de 20 cm (tronc) à 4 cm (premières
branches) (Tableau 64 et 65).

Page 170
Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 64 : Mensuration des différents diamètres des rondins (cm) selon les niveaux de
l’arbre et les classes de l’état sanitaire.
Niveau de l’arbre Classe de dépérissement
C0 C1 C2 C3 C4
B 17. 0 16 21 23. 8 25
M 11. 0 21 19. 0 18.4 22
C 6. 7 10. 5 12 12 11. 9
R 3. 0 6 7 4. 0 5. 9

Scolytus sp et Xyloborus dryographus attaquent aussi bien les arbres sains (C0 et C1)
que ceux en début de dépérissement (C2) ou en dépérissement avancé (C3 et C4) en
s’installant de la base des troncs jusqu’aux rameaux. Leur présence est particulièrement
remarquée au niveau du premier tiers inferieur des troncs et au niveau de la partie médiane
(17 et 25 cm). Au niveau des rameaux, l’insecte émerge du bois ayant un diamètre de 3. 0 à
6 cm.
Tableau 65 : Distribution des principaux xylophages du Cyprès vert en fonction des
différents niveaux de l’arbre (B : base ; M : partie médiane ; C : cime ; R : rameaux ; + :
présence de l’espèce)

Espèce Différents niveaux


B M C R
Orthotomicus erosus +
Cryphalus sp +
Xyloborus dryographus + + +
Scolytus sp + + + +
Anthaxia sp +
Melanophila marmottani + +
Pityokteines curvidens + +
Alocerus moesiacus + +
Crypturgus sp + + +
Sitona discoideus + +
Pissodes sp + +
Scintllatrix rutilans + +

Page 171
Chapitre V Résultats et discussion

Acmaeodera degener +
Pityokteines spinidens +
Tetropium sp +

Cryphalus sp, Anthaxia sp et Pityokteines spinidens et Pissodes sp évoluent plus


particulièrement au niveau de la partie médiane des arbres. Ils attaquent de préférence les
rondins de 11 à 22 cm de diamètre. Xyloborus dryographus, Scolytus sp, Melanophila
marmottani, Pityokteines curvidens, Crypturgus sp, Scintllatrix rutilans, Acmaeodera
degener colonisent principalement les parties basales des arbres dépéris (C4). Nous
signalons aussi qu’au niveau de la cime, les 5 espèces Xyloborus dryographus, Scolytus sp,
Orthotomicus erosus, Alocerus moesiacus, Crypturgus sp infestent les parties de petits
calibres (inferieur à 12 cm) de l’arbre. Au niveau des rameaux, la richesse spécifique de ces
insectes diminue, nous trouvons Scolytus sp, Sitona discoideus et Tetropium sp.

Page 172
Chapitre V Résultats et discussion

Orthotomicus erosus
Alocerus moesiacus
Xyloborus dryographus
Cime Scolytus sp
Crypturgus sp

Rameaux
Cryphalus sps
Anthaxia sp
Alocerus moesiacus
Sitona discoideus Sitona discoideus
Scolytus sp Pityokteines spinidens
Tetropium sp Xyloborus dryographus
Partie médiane Scolytus sp
Melanophila marmottani
Pityokteines curvidens
Crypturgus sp
Scintillatrix rutilans
Pissodes sp

Xyloborus dryographus
Scolytus sp
Melanophila marmottani
Pityokteines curvidens
Base Crypturgus sp
Scintillatrix rutilans
Acmaeodera degener

Figure 102: Distribution des insectes xylophages selon les niveaux de l’arbre (Originale)

Page 173
Chapitre V Résultats et discussion

4. 4. Evaluation et importance des attaques des principaux xylophages du Cyprès vert


Parmi les 36 rondins mis en éclosion, nous avons pu décortiquer et examiner que 20
rondins provenant des trois stations et de toutes les classes de dépérissement. La majorité
des rondins appartiennent à la classe C4 (Tableau 66).
Tableau 66 : Etat des rondins décortiqués par stations et par classes de dépérissement.
Nbre Etat des rondins Station Classe de dépérissement
C0 C1 C2 C3 C4

20 Attaqués El Mahsar 0 0 2 1 8
Had Sebabna 1 0 0 0 5
Acherrab 0 0 0 0 3
0 Sains El Mahsar 0 0 0 0 0
Had Sebabna 0 0 0 0 0
Acherrab 0 0 0 0 0

La totalité des rondins décortiqués s’est trouvée perforée par une ou plusieurs espèces
xylophages, avec des intensités d’attaque très variables. Pour estimer l’importance de ces
dégâts, nous calculons plusieurs paramètres : la fréquence d’attaque, la densité globale
d’attaque par rondin (D), la surface d’attaque de la même espèce par rondin (S) et en fin
l’indice d’intensité d’infestation (Ii).
4. 4. 1. Fréquence et densité globale d’attaque
La description des galeries des sept espèces de xylophages nous a permis d’étudier les
différentes caractéristiques liées à leur infestation. Nous constatons que quatre de ces
espèces sont à l’origine de la majorité des dégâts observés sur Cyprès dans la région
(Tableau 67). Il s’agit de Scolytus sp, Pityokteines curvidens, Pissodes sp et Anthaxia sp.
La fréquence d’attaque entre ces quatre espèces est sensiblement différente.
Le plus grand nombre de rondins décortiqués sont attaqués par Scolytus sp, Pityokteines
curvidens, Pissodes sp et Anthaxia sp, soit une fréquence respectivement de 75%, 60%,
50% et 45% et une densité globale moyenne respectivement de 12 ± 7, 10 ± 2, 17 ± 8 et 11±
5 galeries par rondin. En revanche, Xyloborus dryographus, Scintillatrix rutilans et
Cryphalus sp ont attaqué moins de rondins, soit 3 à 5 rondins.

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Chapitre V Résultats et discussion

Tableau 67 : Evaluation de l’importance des dégâts causés par les principales espèces
xylophages (N. R. A : nombre de rondins attaqués ; D : densité d’attaque globale ; F :
fréquence globale d’attaque)
Espèce N. R. A D F

Scolytus sp 15 12 ± 7 75%
Pityokteines curvidens 12 10 ± 2 60%
Anthaxia sp 9 11 ± 5 45%
Xyloborus dryographus 3 7±4 15%
Scintillatrix rutilans 5 8±2 25%
Cryphalus sp 3 7±3 15%
Pissodes sp 10 17 ± 8 50%

4. 4. 2. Surface d’attaque des principaux xylophages


Les surfaces d’attaque par rondins de chacune des espèces concernées sont nettement
variables. En effet, Scolytus sp peut creuser en forte attaque jusqu’à 225 cm2 de surface, soit
un taux de 30% de la surface totale du rondin (Tableau 68). Ce taux peut diminuer jusqu’à
20%, soit 120 cm2, en cas de fable attaque. Xyloborus dryographus, Scintillatrix rutilans et
Cryphalus sp sont faiblement présents. Même, lors d’une forte attaque, la surface de leurs
galeries n’occupe que 1% da la surface creusée, soit 10 à 16 cm2. Alors que Pityokteines
curvidens, Pissodes sp et Anthaxia sp creusent les plus longues et les plus larges galeries
avec une surface d’attaque assez importante.
Tableau 68 : Surface d’attaque des principaux xylophages.
Espèce S (cm2)

S. max % S. min %
Scolytus sp 225 29. 87 120 19. 65
Pityokteines curvidens 127 15. 45 83 3. 76
Anthaxia sp 84 11. 7 52 0. 19
Xyloborus dryographus 10 0. 89 5 0. 66
Scintillatrix rutilans 16 0. 91 8 0. 35
Cryphalus sp 10 0. 89 5 0. 21
Pissodes sp 98 12. 65 65 0. 15

Page 175
Chapitre V Résultats et discussion

4. 4. 3. Indice d’intensité d’infestation


L’estimation de l’intensité d’infestation selon les différents niveaux de l’arbre et les
différentes classes de dépérissement, nous a permis de connaitre les parties de l’arbre les
plus attaqués et par conséquent les plus préférées pour chaque famille ou par chaque insectes
de même famille (Tableau 69).
Tableau 69: Intensité d’infestation (nombre de trous par m2) selon les différents niveaux de
l’arbre et les classes de dépérissement
Famille Classe de dépérissement C0 C1 C2 C3 C4
Buprestidae B 5±0 6±0 3±0 3±0 25 ± 5
M 3±0 3±0 2±0 1±0 21 ± 19
C 2±0 1±0 1±0 2±0 11 ± 5
R 2±0 1±0 - - 4±1
Scolytidae B 12 ± 0 15 ± 0 4±0 3±0 8±3
M 112 ± 0 113 ± 0 24 ± 0 2±0 28 ± 9
C 95 ± 0 98 ± 0 2±0 - 27 ± 10
R 10 ± 0 13 ± 0 - - 9±2

D’après ce tableau, nous constatons que les Buprestidae présentent les valeurs
maximales enregistrées au niveau de la base et la partie médiane des arbres dépérissants de
la classe C4. Ces valeurs sont compris entre 25 ± 5 et 21 ± 19 trous / m2 de bois. Pour ces
mêmes niveaux d’arbres, cette intensité diminue pour les autres classes de dépérissement, en
variant entre 3 et 5 trous / m2. Nous observons également un nombre limité de trous de
forme ovale caractérisant les Buprestidae oscillant entre 1 et 2 trous / m2 au niveau des
cimes de tous les niveaux des arbres.
En revanche, les Scolytidae sont intensément présents au niveau des parties médianes et
cimes des arbres. Les valeurs maximales qui indiquent leur forte présence sont observés
chez les arbres sains de la classe C0 avec 112 trous / m2 pour les parties médianes et 95 trous
/ m2 pour les cimes.
Concernant les branches, nous constatons une faible intensité d’infestation, mais elle
reste sensiblement supérieure pour les Scolytidae par rapport aux Buprestidae.
A la lumière de ces résultats, il ressort que parmi les toutes les espèces de xylophages
responsables de la majorité des dégâts causées au Cyprès, nous retenons quatre redoutables
insectes à savoir Scolytus sp, Pityokteines curvidens, Pissodes sp et Anthaxia sp. Les

Page 176
Chapitre V Résultats et discussion

dommages engendrés par ces ravageurs sont considérables par le fait de leur fréquence et
densité d’attaque les plus élevées.
Scolytus sp
La femelle de Scolytus sp creuse une galerie sous corticale de type longitudinale
simple parallèle à l’axe de l’arbre ou légèrement oblique (Fig. 103), d’où partent les
différentes galeries larvaires. La galerie maternelle est de longueurs variables d’un individu
à l’autre. Elle mesure environ 3,5 à 4,5 cm de long et 1,2 mm de large impressionnant
nettement l’aubier avec environ 0,5 mm de profondeur sur toute la longueur de la galerie.
Les galeries larvaires sont perpendiculaires à la galerie maternelle, mais deviennent
sinueuses à leur terminaison et s’infléchissent vers le haut ou le bas. Leur longueur est de
8,9 ± 3,1 cm de long sur 0,5 mm de large, dépassant en générale celle de la galerie
maternelle. Elles sont nombreuses de 29 à 90 galeries par système, s’entrecroisant très
fréquemment lorsque les systèmes de galerie sont rapprochés. Les nymphes se reposent dans
des chambres situant dans l’épaisseur de l’écorce.

Galerie maternelle

Galeries larvaires

Brunissement des aiguilles Système de galeries

Figure 103 : Dégâts et système de galeries de Scolytus sp (Originale)


Pityokteines curvidens
La chambre d’accouplement du Scolyte est un prolongement du couloir de pénétration
(Fig. 104). Dans les troncs à couches corticales épaisses, elle est caché à l’intérieur de
l’écorce, ce qui la rend difficilement visibles, dans les troncs à écorces minces, elle repose
Page 177
Chapitre V Résultats et discussion

légèrement sur l’aubier. C’est dans cette zone que la femelle fore une galerie maternelle de 3
à 4 cm dont les bras partent à gauche et à droite transversalement à l’axe du tronc. Les
galeries larvaires mesurent généralement 4 à 5 cm.

Trous de pénétration Ecoulement de résine Système de galeries

Figure 104 : Dégâts et système de galeries de Pityokteines curvidens (Originale)


Pissodes sp
Ravageur de faiblesse en conditions normales de végétation, le pissode peut pulluler en
cas d’une sécheresse. Il provoque des mortalités disséminées dans les peuplements. Lors du
développement sous-cortical des larves, les tissus conducteurs de sève sont progressivement
détruits (vaisseaux du phloème) ou rendus non fonctionnels (vaisseaux de l’aubier). La
détérioration irrémédiable du transit de la sève élaborée puis de la sève brute sur la totalité
de la circonférence de la tige colonisée provoque sa mort inéluctable plus ou moins
rapidement (Fig. 105).

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Chapitre V Résultats et discussion

Décollement de l’écorce Système de galeries

Figure 105 : Dégâts et système de galeries de Pissodes sp (Originale)


Anthaxia sp
Les galeries de cette espèce sont moins longues, en moyenne 11 ± 2,1 cm, et ses larves
impressionnent plus fortement le bois. Elles creusent également leur loge nymphale dans le
tissu ligneux (Fig. 106).

Galeries

Trous

Figure 106 : Système de galeries de Anthaxia sp (Originale)

Page 179
Chapitre V Résultats et discussion

4. 5. Conclusion
La totalité des rondins décortiqués et examinés était la cible des attaques de tout un
cortège de xylophages, principalement représentés par Scolytus sp, Pityokteines curvidens,
Pissodes sp et Anthaxia sp. Ces espèces présentent des caractéristiques d’infestation
variables. Leurs fréquences et densités sont souvent élevées.
En revanche, Xyloborus dryographus, Scintillatrix sp et Cryphalus sp se manifestent
faiblement avec des fréquences et des densités d’attaque moins importantes. Mais ceci
n’empêche pas de dire que ce sont des espèces agressives et des ravageurs très redoutables
étant capable d’attaquer des arbres sains et peuvent causer des dégâts importants en cas de
forte pullulation.
A la lumière de ces résultats, nous pouvons dire que la majorité des espèces étudiées se
comportent comme des ravageurs secondaires en colonisant des arbres dépérissants
traversant des conditions physiologiques difficiles.

Page 180
Conclusion générale

Conclusion générale
Le Cyprès vert Cupressus sempervirens L., malgré sa superficie restreinte dans les
Monts des Traras Occidentaux, subit une dégradation très intense à cause du phénomène de
dépérissement qui prend de plus en plus d’ampleur avec les années et les hypothèses, quant
à l’origine de ce fléau qui reste non encore identifié de manière précise et suffisante.
Le diagnostic établi par les chercheurs montre que les causes de ce dépérissement sont
variées, mais les raisons les plus flagrantes sont l’absence d’une gestion sylvicole adéquate
de ces cyprières, aggravée par les changements climatiques défavorables, la pression
anthropique, les ravageurs et les maladies. Tous ces facteurs mis en commun ont fragilisé le
peuplement et favorisent le phénomène de dépérissement.
La démarche expérimentale prévaut l’installation d’unités d’échantillonnage à travers
l’ensemble des tâches des Cyprès dépéris, relevant de la région de Bab El Assa et de Marsa
Ben M’hidi. Ces unités au nombre de 25 ont des surfaces concentriques respectivement de
quatre, six , huit et dix ares. Au total 450 tiges (arbres) de Cyprès ont été inventoriées.
A travers l’ensemble des tiges échantillonnées, 65 % d’entre elles présentent une
forme normale dont 38% des tiges sont sains, 18% sont dépéris et 9% atteints par le
phénomène de dépérissement. 35% des tiges présentent des formes anormales (tige
fourchue, inclinée, tordue et cassée), soit le 1/3 dont 19% sains, 11% dépéris et 5% atteints.
L’extension asymétrique de leurs houppiers est un indicateur d’une mauvaise occupation
spatiale des tiges.
La fructification déficiente chez 51% des tiges soulève les contraintes de régénération
au sein de la cyprière. Les tiges ayant une bonne production de cônes ne représentent que
3%. Le dépérissement est signalé au niveau de l’ensemble des catégories dimensionnelles
des tiges de Cyprès à des fréquences relatives variables.
L’analyse symptomatologique du dépérissement montre que le phénomène évolue
depuis la cime jusqu’aux parties basses du houppier. Le déficit foliaire reste l’indicateur
primordial pour caractériser ce phénomène. Le déficit est suivi par une dégradation
évolutive des unités architecturales pérennes d’où, il commence par les axes les plus fins
(petits rameaux et ramilles) jusqu’aux gros axes (branches et tronc). Celles présentant de
faibles diamètres disparaissent en premier lieu. La coloration anormale des aiguilles, ainsi
que le dessèchement complet du houppier est suivi par une détérioration et un détachement
progressif de l’écorce. L’arbre devient donc un foyer d’un cortège entomologique très
diversifié.

Page 181
Conclusion générale

Les peuplements de Cyprès inventoriés relèvent de la strate altitudinale 100 à 600 m et


présentent des densités variables de 100 à 500 pieds / ha. Ils sont situés aussi bien en stations
à faible inclinaison que sur terrains accidentés. Ces peuplements présentent des grandeurs
moyennes, signe d’une futaie jardinée non aménagée. Néanmoins, la régénération naturelle
est loin d’être fréquente et semble dans l’ensemble compromise.
Nous constatons que la croissance en grosseur et en hauteur de ces peuplements est
bien meilleure sur des terrains à inclinaison moyenne, dans des situations topographiques
favorisant l’accumulation de l’eau. De même, cette croissance est aussi meilleure pour les
peuplements situés au versant nord, caractérisé par une altitude plus ou mois élevée.
La position sociale des tiges à l’intérieur des peuplements est quasiment défavorable,
dans la mesure où 58% des tiges sont codominantes et intermédiaires et 45% d’entre elles
font l’objet de dépérissement. En revanche celles prédominantes et dominantes (25%)
restent vigoureuses. La projection horizontale des houppiers montre une interférence des
zones d’influence des tiges, il s’agit donc d’une surdensité, ce qui entrave la croissance des
tiges (réduction de l’espace vital).
L’indice sanitaire global évalué à 2,6564 montre que les peuplements échantillonnés
sont au début du dépérissement. Quoique ceux-ci soient fortement dépérissants, ils ne
représentent que 16% de l’ensemble des tiges échantillonnées. Nonobstant cette situation,
nous concevons que l’état sanitaire demeure alarmant dans la mesure où les peuplements
en début de dépérissement présentent la fréquence relative la plus élevée, soit 36%.
Par le biais de l’analyse de la variance à un facteur, au seuil de signification de 95%,
nous avons cherché d’apprécier l’allure du dépérissement et en conséquence l’état sanitaire
des peuplements en rapport avec les diverses variables qualitatives et quantitatives. Il
ressort que :
 L’état sanitaire des peuplements présente une variabilité significative en rapport avec les
différentes situations topographiques étudiées, et ceci dans la mesure où nous relevons
que cet état est meilleur dans des situations favorisant l’accumulation de l’eau et sur des
terrains moyennement inclinés.
 L’état sanitaire des peuplements présentent une variabilité significative en rapport avec
l’altitude dans la mesure où la « valeur de F » est supérieure à la « valeur critique de F ».
L’état sanitaire du Cyprès s’améliore au fur et à mesure que l’altitude s’élève.
 Le taux et l’indice de dépérissement présentent une grande variabilité en relation avec
l’exposition. Il en est de même pour le degré d’inclinaison du terrain, où nous
enregistrons un taux élevé en terrain accidenté, ayant une pente supérieure à 20°. De

Page 182
Conclusion générale

même, nous enregistrons une perte de vigueur du Cyprès dans la mesure où l’indice
sanitaire atteint une valeur de 2.71 relatif aux Cyprès affaiblis ou en début de
dépérissement.
 L’indice sanitaire présente une variabilité significative en rapport avec la profondeur du
sol où nous constatons que plus le sol est profond (plus de 60 cm), plus la probabilité
d’un état malade du Cyprès est grande.
 Le taux de dépérissement et l’indice sanitaire présentent une variabilité significative en
rapport avec le pH superficiel du sol dans la mesure où nous constatons que la probabilité
d’un état malade du Cyprès est proportionnel au pH superficiel du sol (plus de 7.5).
 Le taux de dépérissement montre une différence significative en rapport avec la densité
totale des peuplements (Cyprès, pin d’Alep, Thuya et Eucalyptus). En fait, la classe de
moins de 200 pieds / ha est celle où nous avons enregistré un dépérissement très fort
(39%). La densité n’influe pas par le nombre de pieds, mais par la répartition spatiale
des tiges les unes par rapport aux autres (surdensité locale).
 L’état sanitaire des peuplements varie significativement en rapport avec la grosseur
moyenne. Nous observons que le taux de dépérissement est faible chez les tiges à faible
grosseur (moins de 0,85 m) ne dépassant pas les 10%. L’état sanitaire des peuplements
s’améliore chez les tiges à grosseur maximale (plus de 1.5 m), dotées d’une croissance
bien meilleure.
 L’indice sanitaire présente une variabilité significative en rapport avec les classes de
hauteurs dominantes. En fait, les peuplements les moins vigoureux sont ceux à hauteurs
dominantes faibles, de moins de 11 m. L’état sanitaire reste meilleure chez les
peuplements de 11 à 19 m, soit celles de hauteurs dominantes moyennes.
 L’indice sanitaire présente une variabilité significative en rapport avec les surfaces de
houppiers des tiges. Nous constatons que l’état sanitaire s’améliore chez les tiges
présentant des houppiers à surfaces maximales. Les tiges bénéficiant d’un espace
suffisant présentent une extension maximale de leurs houppiers.
Le problème de dépérissement du Cyprès n’est pas causé uniquement par les facteurs
stationnels et dendrométriques. Il existe d’autres facteurs aggravants représentés par
insectes.
La Cyprière de la région des Traras Occidentaux héberge une faune entomologique
assez diversifiée tant sur le plan systématique que sur le plan importance économique. Les
quatre techniques de piégeage employées nous ont permis d’obtenir 61 espèces. Du point de
vue systématique, ces espèces appartiennent aux 8 ordres et 29 familles. L’ordre le plus

Page 183
Conclusion générale

important est celui des Coléoptères avec 39 espèces, soit un taux de 63%, dont les Scolytidae
(Pityokteines, Scolytus, Cryphalus, Xyloborus, Crypturgus, Phloesinus, 0rthotomicus,
Pissodes, Xyloterus) représentent un taux de 26%, les Buprestidae avec 15% (Anthaxia,
Melanophila, Scintllatrix, Acmaeodera, Nanodiscus, Habroloma) et les Cerambycidae avec
Icosium, Alocerus, Tetropium, Arhopalus, Hylotrupes, soit un taux de 13%.
Les Lépidoptères et les Hyménoptères occupent le deuxième rang avec 6 espèces
chacun, soit 10% du total des insectes inventoriés. Ces ordres sont représentés
principalement et respectivement par les Tortricidae (50%) avec Acleris, Epinotia et
Pseudococcyx, et les Siricidae (33%), avec Urocerus et Xeris.
Les Homoptères et les Orthoptères regroupent pour l’instant 2 familles chacun. Le
premier renferme les Aphididae (70%) dont Cedrobium laportei et Cinara cupressi. Le
second les Blattidae et Gryllidae, représentées respectivement par Laboptera sp et Grylus
compestris.
Nous citons d’autres ordres de moindre importance tels que les Hémiptères, les
Dermaptères et les Mantoptères.
Selon l’aptitude trophique, les espèces recensées sont réparties en sept catégories : les
xylophages (41%), les prédateurs (22%), les défoliateurs (15%), les conophages (11%), les
opophages (5%), les parasites (3%) et les gallicoles (3%).
La fréquence d’occurrence calculée pour les espèces capturées dans les trois stations
(El Mahsar, Had Sebabna, Acherrab) nous a permis de relever que Scolytus sp, Tetropium sp
et Alocerus moesiacus sont des espèces accidentelles. Concernant les autres espèces, elles
sont classées comme rares.
Les calculs de l’abondance et de la densité font ressortir que les espèces Tetropium sp,
Scolytus sp, Ernobius cupressi, Pityokteines curvidens, Cryphalus sp, Pissodes sp,
Nanodiscus transversus, Formica rufa et Forficula auricularia restent les plus abondantes.
L’indice de diversité de Shannon Weaver calculé varie de 5. 25 à 5. 58, avec une
valeur assez forte, ce qui indique que les insectes capturés sont très diversifiés et leur
distribution est équilibrée et stable.
L’équitabilité de l’ordre de 0.90 signifie que les effectifs des espèces ont tendance à
être en équilibre entre elles.
L’analyse des composantes principales met en évidence des espèces capturées bien
organisées vis-à-vis les caractères édaphocilmatiques et botaniques dans les trois stations
prospectées.

Page 184
Conclusion générale

Parmi les insectes recensés, il semble que les xylophages, en particulier les Scolytidae,
les Cerambycidae et les Buprestidae jouent un rôle important dans le processus du
dépérissement du Cyprès de la zone d’étude. Ces xylophages sont composés majoritairement
par des espèces à dominance paléarctique.
La richesse spécifique des xylophages du Cyprès est variable entre les différentes
classes de dépérissement et n’augmente pas obligatoirement ou diminue suivant l’état de
dégradation de l’arbre. Toutefois, nous constatons que cette richesse spécifique est très
élevée dans le bois de la classe C4, caractérisé par la présence de Cryphalus sp, Xyloborus
dryographus, Scolytus sp, Melanophila marmottani, Pityokteines curvidens, Crypturgus sp,
Pissodes sp, Scintllatrix rutilans, Pityokteines spinidens et Tetropium sp.
La répartition spatiale des espèces xylophages par strate végétative montre que
l’attraction des espèces selon un niveau donné s’avère dépendante des exigences de chaque
espèce vis-à-vis du calibre du matériel ligneux et de l’épaisseur de son écorce. La richesse
spécifique diminue considérablement du collet aux rameaux où nous notons la concentration
des Xyloborus dryographus, Scolytus sp, Melanophila marmottani, Pityokteines curvidens,
Crypturgus sp, Scintllatrix rutilans, Acmaeodera degener au niveau de la base. Pour les
autres xylophages, ils sont fréquemment concentrés au sommet de l’arbre.
La totalité des rondins décortiqués s’est manifestée par une ou plusieurs espèces de
xylophages, avec des intensités d’attaques variables. Il est démontré que quatre espèces sont
à l’origine de la majorité des dégâts infligées au Cyprès : Scolytus sp, Pityokteines
curvidens, Pissodes sp et Anthaxia sp.
En effet, Xyloborus dryographus, Scintillatrix sp et Cryphalus sp sont faiblement présents
avec des fréquences et des densités d’attaques moins importantes. Ces dernières restent
quand même agressives pouvant attaquer des arbres sains en causant des dégâts importants
en cas de forte pullulation.
La décortication des rondins nous a permis aussi de caractériser les formes de galeries
des principales espèces xylophages, ce qui facilite l’identification sur terrain de l’espèce en
cause, uniquement par une observation attentive des différents types de galeries.
A la lumière de ces résultats, il est évident que les contraintes d’espace vital et de
répartition spatiale inappropriée, l’existence d’arbres affaiblis sous l’effet d’un stress
hydrique dû aux séquences de sécheresse successives, d’une gestion sylvicole inadaptée et
de l’attaque d’insectes xylophages contribuent au dépérissement du Cyprès de la région des
Traras occidentaux.
Quelques pistes d’une bonne gestion peuvent être proposées :

Page 185
Conclusion générale

 La coupe des arbres infestés par des ravageurs afin d’en limiter leur propagation.
 Le maintien d’une densité raisonnable représente une solution pour limiter la compétition
hydrique du peuplement et assurer sa vigueur.
 Une gestion adaptée aux conditions locales devra s’imposer pour la conservation des
Cyprès.
 Une détermination de l’impact des stress abiotiques sur le fonctionnement éco
physiologique des Cyprès dans les programmes de reboisement.
 Une analyse des mécanismes de résistance à la sécheresse, pour une meilleure adéquation
site/génotype.
 Une détermination des types d’aménagements édaphiques adéquats, permettant
d’améliorer le bilan hydrique des sols dans différentes situations et leur efficacité dans le
temps.
 Une étude d’impact des différents traitements sylvicoles pouvant favoriser le bilan
hydrique des sols.
Dans l’ensemble, une surveillance et des précautions sont nécessaires pour le maintient
de la santé du Cyprès.
Pour mettre en œuvre une stratégie de protection de ces écosystèmes fragiles, et afin
de contrecarrer ce fléau, il serait intéressant que ce thème soit complété par d’autres études
approfondies qui soient menées sur d’autres facteurs et dans d’autres régions en faisant
intervenir la biologie, la pédologie, la sylviculture, l’aménagement et l’écologie.

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CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE
L’ENTOMOFAUNE DE QUELQUES ESPÈCES
RÉSINEUSES DE LA RÉGION DES TRARAS
OCCIDENTAUX (TLEMCEN – ALGÉRIE)
Mohamed Nichane, Zoheir Bouchikhi Tani et Mohamed Anouar Khelil
Département d’écologie et environnement, Faculté des sciences de la nature et de la vie et des
sciences de la terre et de l’univers, Université Abou Bekr Belkaid, Tlemcen, Algérie
nichanedz@[Link]

(Received 30 April 2012 - Accepted 5 June 2012)

RÉSUMÉ

Dans le cadre de l’étude biocénotique des insectes liés aux espèces résineuses dans
la région des Traras Occidentaux (Tlemcen), une connaissance aussi complète que possible
de l’entomofaune fréquentant en particulier le pin d’Alep (Pinus halepensis Mill.) , le Thuya
de Barbarie (Tetraclinis articulata (Vahl) Masters) et le Cyprès vert (Cupressus sempervirens
L.) s’avère indispensable. Les différentes méthodes de capture des insectes utilisées ont
permis de récolter un nombre important des espèces, et un grand nombre reste encore
inconnu. Ces espèces sont réparties entre 10 ordres systématiques dont les plus importants
sont les Coléoptères, les Hyménoptères et les Lépidoptères. A travers cette liste d’insectes et
suivant leur mode de nourriture, on a discerné 6 régimes alimentaires auxquels appartiennent
ces espèces. Les plus représentatifs sont les défoliateurs, les auxiliaires et les xylophages. Cet
inventaire a permis de dresser une liste des insectes nuisibles aux espèces résineuses étudiées
dans la région. Ils totalisent 30 espèces dont 9 défoliateurs, 8 xylophages, 7 conobiantes, 5
opophages et une espèce gallicole. Les auxiliaires sont représentés par 26 espèces.

Mots-clés : espèces résineuses, pin d’Alep, Thuya de Barbarie, Cyprès vert, inventaire, ento-
mofaune, Traras Occidentaux

ABSTRACT

Within the framework of the study of Biocenotic insects related to conifer species in
Traras, the Western region of Tlemcen, a comprehensive knowledge of the insect fauna hosted
by the Aleppo pine (Pinus halepensis Mill.), Thuya Barbary (Tetraclinis articulata (Vahl)
Masters)) and Cypress green (Cupressus sempervirens L) is essential. The various methods
used for capturing insects allowed the collection of a large number of species, but a large
number still remains unknown. These species are distributed among 10 orders of which the
most important are the Coleoptera, Hymenoptera and Lepidoptera. Through this list of
insects and the nature of their food, six diets to which these species belong were identified.
The most representative are herbivores, auxiliaries and borers. This inventory allows the
compilation of a list of insects harmful to the conifer species studied in this region. They total
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 26

30 species including 9 phytophagous, 8 xylophagous, 7 seed-eating species, 5 opophages and


one gall specie. The auxiliaries are present with 26 species.

Keywords: conifers, Aleppo pine, Thuya Barbary, Cypress green, inventory, entomofauna,
Western Traras

INTRODUCTION

La forêt représente un élément intégral et principal de la vie de la planète, de


l’environnement, réservoir génétique précieux et source de revenus appréciables. Dans ce
contexte, elle doit être gérée et développée dans un but d’assurer la durabilité du bien être
social et économique (Anonyme, 2009).

L’équilibre écologique, la protection de l’environnement, la désertification et le


développement durable sont devenus des questions vitales, car la forêt a été considérée par
l’homme comme une source inéquitable de bois. Ce milieu a été inconsidérément défriché par
l’homme ce qui a entraîné des conséquences néfastes sur la perte de la biodiversité et la
destruction de l’équilibre des chaînes trophiques existantes.

A cette exploitation irrationnelle, s’ajoutent les nombreux problèmes posés à


l’économie forestière du monde entier, par la très grande nocivité des insectes ravageurs.
C’est pourquoi, la lutte contre les ravageurs des forêts passe par la connaissance de
l’entomologie forestière, science à laquelle s’intéressent beaucoup de chercheurs actuellement
(Abgrall & Soutrenon, 1991 ; Dumerle, 1991).

Les forêts de conifères qui sont l’objet de cette étude, Pinus halepensis Mill.,
Tetraclinis articulata(Vahl) Masters et Cupressus sempervirens L. connaissent depuis
plusieurs années d’importants problèmes phytosanitaires. Il est évident que le facteur causal
est le manque d’une sylviculture appropriée et le non respect des méthodes de reboisement.
Dans ce type de forêts, les insectes ravageurs constituent les principales sources de
perturbation forestière (Khous & Gachi, 1996).

Les inventaires ont toutefois évolué et les travaux de détection, de suivi et de


contrôle sont maintenant axés sur les insectes dont l’impact économique ou social est
reconnu.

Effectuer un bon inventaire est fondamental non seulement pour comprendre la


diversité et l’état de santé d’une forêt, mais aussi pour pouvoir comprendre le fonctionnement
et la complexité des interactions entre les organismes dans l’écosystème forestier.

Certaines espèces d’insectes pouvent présenter des pullulations abondantes et


provoquer des dégâts importants. Il était essentiel de réaliser dans un laps de temps minimum,
une étude aussi précise que possible, permettant de mettre en évidence les espèces
potentiellement nuisibles dans cette région (Khous, 1992).

Pour cela, ce présent travail réalisé pour la première fois dans cette région a un
double but, d’une part dresser une première liste concernant l’entomofaune des conifères et,
d’autre part, identifier les principaux ravageurs de ces précieuses espèces.
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 27

MATÉRIEL ET MÉTHODES

Choix des stations

Le choix des trois stations expérimentales (Fig.1) a été fait après une prospection
plus large du massif forestier de la zone d’étude en prenant compte les points suivants :
l’accessibilité des stations, l’intensité de l’attaque, l’exposition, l’altitude, la topographie.
Toutes les possibilités de variations climatiques qui influent sur le développement de l’insecte
seront considérées.

Figure 1. Situation des trois stations d’étude au niveau de la wilaya de Tlemcen


(Anonyme, 2006).

Station 01

Le lieu dit Tamarchalet est un massif qui fait partie de la commune de Marsa Ben
M’hidi. Il est situé au nord est du chef lieu de la commune. Le massif forestier a une
superficie de l’ordre de 332 ha. La station repose sur un terrain accidenté avec une pente de
25 % exposée au versant nord avec une altitude de 100 m. La forêt est caractérisée par un
climat de type méditerranéen, semi aride frais. Les précipitations annuelles ne dépassent pas
350 mm/an. Les températures extrêmes varient de 10°C à 32°C, les vents dominants sont
généralement de direction nord est au nord ouest et de l’ouest au sud ouest, (Anonyme, 2006).
La station est caractérisée par un sol constitué principalement des marnes et d’argiles
permettant de favoriser le ruissellement et par conséquent de provoquer l’érosion hydrique
(érosion en nappes) et éolienne sur les sommets (Anonyme, 2003). Elle est caractérisée par la
monospécifité de la plantation qui est composée du pin d’Alep (100%), où l’intensité de
l’attaque est d’ordre de 65%. On trouve aussi quelques espèces de la strate herbacée comme
Calycotome intermedia, Chamaerops humilis, Juniperus phoenicia, Erica multiflora,
Lavandula dentata, Ampelodesma mauritanica, etc….
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 28

Station 02

Le lieu dit « Tarasmouth », fait partie de la commune de Souk Tleta. La station est
située au nord ouest du chef lieu de la commune. La superficie de la forêt est estimée à 503
ha, elle repose sur un terrain très accidenté avec une pente supérieure à 25 %. Le climat
caractéristique du massif est de type méditerranéen, assez froid et pluvieux en hiver, sec et
chaud en été. Elle est favorisée par l’influence maritime qui lui permet la pratique de
certaines spéculations agricoles particulières, (Anonyme, 2006). La température minimale
moyenne est de 10°C en hiver. En été la température moyenne maximale varie entre 20°C et
30°C. Les précipitations moyennes annuelles enregistrées varient entre 300 et 400mm. Les
gelées sont très rares. Les vents dominants sont généralement de direction nord ouest,
(Anonyme, 2006). Les sols sont représentés dans l’ensemble par les types Solonetz (argilo
marneux), leur texture formée aux dépends des marnes salifères est très lourde. Elle gonfle en
l’humidifiant et donne de larges fentes en séchant. Ces dernières permettent aux eaux de
circuler profondément et de provoquer des risques d’érosion hydrique et de glissement de
terrain, (Bouchenafa, 2004). La végétation caractéristique de la station est mélangée de deux
espèces forestières principales ; le pin d’Alep (50%) et le Thuya (50%) d’où l’intensité de
l’attaque est d’ordre de 45 à 50%. On trouve aussi le Chamaerops humilis, Lavendula
dentata, Ampelodesma mauritanica, etc….

Station 03

La station est située au niveau de la commune de M’sirda Fouaga. Le peuplement


est engendré par un climat de type méditerranéen, semi aride caractérisé par un hiver doux et
un été moyennement chaud. Les températures enregistrées au niveau de la station sont
comprises entre 12°C pour les mois froids (décembre- janvier) et 30°C pour les mois chauds
(juillet 3 août). Les précipitations sont de l’ordre de 300 à 350 mm/an. Les vents dominants
sont des vents qui viennent du nord et provoquent la dégradation des plantations. La station
repose sur un sol de type calcaire argileux, avec une pente de plus de 25 %, ce qui provoque
un risque d’érosion remarquable, (Anonyme, 2006). Elle est caractérisée par un mélange
d’espèces : le pin d’Alep et le Cyprès. C’est un peuplement issu d’un reboisement qui permet
de fixer le sol comme brise vent. La station est caractérisée aussi par d’autres genres de la
strate herbacée comme les genres Chamaerops, Juniperus et autres, avec un taux d’attaque de
50 à 60%.

La deuxième étape concerne la réalisation d’un inventaire entomologique, mettant


en Suvre diverses techniques de récolte des insectes (prélèvement des rameaux feuillés,
prélèvement des cônes, chasse à vue, filet fauchoir, parapluie japonais, écorçage, piège aérien,
piège Barber, bac jaune).

Les premières investigations ont été menées du 19 mars au 25 décembre 2010 d’une
part dans les forêts de la région de Marsa Ben M’hidi où l’on rencontre des zones de pinèdes à
pin d’Alep pure, des zones mixtes de pin d’Alep et de Cyprès vert et d’autre part dans un
autre secteur, à Souk Tleta où se trouve le Thuya de Barbarie.

Tous les insectes recueillis au cours de ces opérations ont été ramenés au laboratoire
de Zoologie forestière (Département Agro-Foresterie) pour identification. Certaines espèces
ont été vérifiées par Monsieur le Professeur Bouhraoua Rachid Tarik, d’autres en utilisant
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 29

certaines documentations (Paul, 1953; Balachowsky, 1962; Moucha, 1972; Reichholf-Riehm,


1984; Chinery, 1983; Pihan, 1986; Mathys, 1988).

RÉSULTATS ET DISCUSSION

Les nombreuses sorties effectuées pendant l’année 2010 en utilisant différentes


méthodes de capture, nous ont permis de récolter 78 espèces d’insectes regroupées dans le
tableau ci-dessous, (Tableau 1).

TABLEAU 1

Liste des Espèces Recensées au Niveau de la Zone d’Étude en 2010


Régime
Ordre Famille Espèce alimentaire Plante hôte Abondance
Orthoptera Gryllidae Gryllus campestris Défoliateur P. halepensis ++
Blattella sp Prédateur P. halepensis ++
Blattoidea C.
Blattidae Laboptera sp Défoliateur sempervirens ++
Mantodea Mantidae Mantis religiosa Prédateur P. halepensis ++
Forficula
auricularia Prédateur P. halepensis +++
Forficula sp 2 Prédateur T. articulata +++
C.
Dermaptera Forficulidae Forficula sp 3 Prédateur sempervirens +++
C.
Nysius cynoides Opophage sempervirens N ++
C.
Lygaeidae Orsillus maculatus Conobiante sempervirens N ++
Anthacoridae Elatophilus sp Défoliateur P. halepensis N ++
Elatobium sp Opophage P. halepensis N ++
C.
Cinara cupressi Opophage sempervirens N ++
C.
Aphididae Cedrobium laportei Opophage sempervirens N ++
C.
Diaspididae Carulaspis minima Conobiante sempervirens N ++
Hemiptera Cicadae Cicada sp Opophage P. halepensis N ++
Neuroptera Chrysopidae Chrysopa vulgaris Prédateur P. halepensis ++
Rhyncolus sp Xylophage P. halepensis +
Tomicus piniperda Xylophage P. halepensis N++ +
Pityogenes sp Xylophage P. halepensis N+
Curculionidae
Tomicus destruens Xylophage P. halepensis N +++
Pityogenes
bidentatus Xylophage P. halepensis N+
Orthotomicus
Coleoptera erosus Xylophage P. halepensis N +++
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 30

Hylurgus sp Xylophage P. halepensis +


Hylastes sp Xylophage P. halepensis +
Curculio sp Conobiante P. halepensis N ++
Hylobius sp Xylophage P. halepensis +
Nanodiscus Conobiante C.
Nanophyidae transversus sempervirens N ++
Scintillatrix
rutilans Xylophage T. articulata N +++
C.
Anthaxia sp Xylophage sempervirens N +++
Habroloma sp Défoliateur T. articulata ++
Chalcophora
Buprestidae mariana Xylophage P. halepensis N ++
Anabidae Ernobium sp Défoliateur P. halepensis N ++
Harmonia lyncea Prédateur P. halepensis +
Coccinella algerica Prédateur P. halepensis ++
Scymnus sp Prédateur T. articulata ++
Coccinellidae Coccinella sp Prédateur T. articulata +
Carabus violaceus Prédateur P. halepensis +
Carabidae Carabus sp Prédateur P. halepensis +++
Scarabaeidae Scarabaeus sp Xylophage T. articulata ++
Cerambycidae Icosium sp Xylophage T. articulata ++
Scaurus sp Xylophage T. articulata +
Corticeus sp Prédateur T. articulata ++
Tenebrio obscurus Xylophage T. articulata +
Tenebrio sp Xylophage T. articulata ++
Akis sp Prédateur P. halepensis +
Tenebrionidae
Pimelia servillei Prédateur T. articulata ++
Vespidae Vespa germanica Parasite P. halepensis ++
Scambus sp Parasite P. halepensis +
Ichneumonidae
Ichneumon sp Parasite P. halepensis ++
Megastigmus C.
Torymidae
wachtli Conobiante sempervirens N ++
Apis sp Défoliateur P. halepensis ++
Apidae Apis milifera Défoliateur T. articulata ++
Hymenoptera
Diprionidae Diprion pini Défoliateur P. halepensis N ++
Formica sp 2 Prédateur T. articulata +++
Crematogaster
scutellaris Défoliateur P. halepensis +++
C.
Formica sp 3 Prédateur sempervirens +++
Aphaenogater
Formicidae senilisant Prédateur P. halepensis +
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 31

Cataglyphis bicolor Défoliateur P. halepensis ++


Formica sp 1 Prédateur P. halepensis +++
Thaumetopoea
Thaumetopoidae pityocampa Défoliateur P. halepensis N +++
Dioryctria
mendacella Conobiante P. halepensis N+
Pyralidae C.
Dioryctria sp Défoliateur sempervirens N ++
Rhyacionia
buoliana Défoliateur P. halepensis N +++
Pseudococcus C.
tessulatana Conobiante sempervirens N ++
Lepidoptera Tortricidae Blasthostera sp Défoliateur P. halepensis N +
Iphiclides
podalirius Défoliateur P. halepensis +
Papilionidae C.
Papilio manchaon Défoliateur sempervirens +++
Hyles livornica Défoliateur P. halepensis ++
Sphingidae Sphinx maurorum Défoliateur P. halepensis N ++
Noctuidae Eutclia adulatrix Défoliateur P. halepensis +
Ponomeutidae Argyresthia sp Défoliateur T. articulata N +++
Phryx sp Parasite P. halepensis ++
Compsilura sp Parasite P. halepensis +
Tachinidae Actia nudibasis Parasite P. halepensis +
Diptera Cecidomyidae Cecidomyia sp Gallicole P. halepensis N ++
Agromyza sp Défoliateur T. articulata +++
Napomyza
Agromyzidae gymnostona Défoliateur P. halepensis ++
Syrphidae Xanthandrus sp Prédateur P. halepensis +

+++ : Espèce très abondante ; ++ : Espèce abondante ; + : Espèce peu abondante. ; N : Espèce nuisible.

L’abondance mesurée, c’est l’abondance relative (Ar) des espèces qui est exprimée
en pourcentage ; c’est le nombre des individus d’une espèce par rapport au nombre total des
individus. Pour différencier cela, on a pris une échelle de calcul pour cette étude comme suit :
Une espèce est très abondante si Ar > 5%
Une espèce est abondante si 2 < Ar < 5%
Une espèce est peu abondante si Ar < 2%
La nuisibilité est estimée par le volume des dégâts sur la plante hôte ( défoliation, trous de
pénétration des insectes sur écorce …)

Le Tableau 1 montre que les insectes inventoriés sont au nombre de 78 espèces


réparties en 10 ordres dont les plus représentatifs sont les Coléoptères, les Hyménoptères et
les Lépidoptères (Fig. 2).
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 32

Autres: 29% Coleoptera:


39%

Lepidoptera:
Hymenoptera:
15%
17%

Figure 2. Répartition de l’entomofaune selon la position systématique.

Selon le régime alimentaire, les espèces sont réparties en 6 catégories (Fig. 3).

Opophages: 6% Gallicoles: 1%
Auxiliaires: 33%
Conobiantes: 9%

Xylophages: 22%

Défoliateurs: 29%

Figure 3. Répartition de l’entomofaune selon le régime alimentaire.

Les auxiliaires sont les plus dominants avec 26 espèces dont 20 prédateurs et 6
parasites, soit un taux de 33%.

Les insectes défoliateurs viennent en second rang avec 22 espèces, soit un taux de
29%.

Les consommateurs du bois occupent le troisième rang avec 17 espèces soit un taux
de 22%.
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 33

Les conobiantes qui attaquent les cônes de la plante hôte sont représentés par 7
espèces soit un taux de 9%.

Les opophages, sont importants car en suçant la sève, ils brûlent les feuilles
provoquant le flétrissement de l’arbre. Ils sont présents avec 5 espèces soit un taux de 6%.

Les insectes gallicoles qui causent la formation des galles au niveau des feuilles ou
des rameaux sont présents avec une seule espèce de la famille des Cecidomyidae
(Cecidomyia sp) inféodée au pin d’Alep.

Selon leur importance économique, les insectes recensés sont classés en trois
catégories : les insectes nuisibles ou ravageurs (30 sp), les auxiliaires (26 sp) et indifférents
(22 sp) (Fig. 4).

Indifférents: Nuisibles:
28% 39%

Auxiliaires:
33%

Figure 4. Répartition de l’entomofaune selon l’importance économique.

Concernant l’entomofaune nuisible des espèces résineuses de cette région (Fig. 5).

Figure 5. Répartition de l’entomofaune nuisible selon le régime alimentaire.


Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 34

On note la présence de 9 espèces défoliatrices dont les plus importantes sont


Thaumetopoea pityocampa Denis et Schiff, Rhyacionia buoliana Schiff, Diprion pini L et
une espèce non identifiée du genre Argyresthia. Les xylophages comptent 8 espèces, comme
Tomicus piniperda L, Scintillatrix rutilans Fabricius et 3 espèces non identifiées des genres
Anthaxia, Icosium et Tenebrio. Les cônes sont attaqués par 7 insectes appartenant aux ordres
des Hémiptères, Lépidoptères, Hyménoptères et Coléoptères. Les insectes suceurs de sèves
sont mis en évidence dans cet inventaire par 5 espèces représentées par les familles des
Lygaeidae, Aphididae et Cicadae. Enfin les insectes qui provoquent la formation des galles
avec une seule espèce (Cecidomyia sp). Les auxiliaires sont présents avec 26 espèces.

Prenant la liste globale des insectes inventoriés dans la région, on constate que
l’ordre le plus important reste celui des Coléoptères. Les genres Tomicus et Pityogenes sont
présents avec deux espèces dont T. piniperda L. et T. destruens Wolaston, P. bidentatus
Herbst et Pityogenes sp. Ces espèces ont été mises en évidence déjà sur le pin d’Alep à Djelfa
comme étant des véritables ravageurs.

En ce qui concerne les Buprestidae, on a capturé 2 espèces xylophages Scintillatrix


rutilans Fabricius (sur thuya) et Anthaxia sp (sur cyprès). Selon les services des forêts de la
région, ces deux espèces sont mises en évidence pour la première fois dans cette zone d’étude.

Les Hyménoptères occupent le deuxième rang dans l’inventaire. Les Formicidae en


nombre de 6 espèces et les Ichneumonidae en nombre de 2 espèces sont les mieux représentés
dans cet inventaire. Les Apidae avec 2 espèces regroupant généralement des défoliateurs
nuisibles à la plante hôte.

Les Lépidoptères occupent le troisième rang. Thaumetopoea pityocampa Denis et


Schiff (pin d’Alep), Argyresthia sp (sur thuya) et, Orsillus maculatus Fieber et Nysius
cynoides Spinola (sur cyprès) restent des ravageurs de premier ordre au niveau de la région.
Les autres ordres, sont faiblement représentés dans cet inventaire. Ceci est dû soit aux
méthodes de captures non bien adaptées à ce groupe d’insectes, soit à la diversité spécifique
faible dans l’écosystème.

Sur le pin d’Alep, on a recensé 48 espèces réparties entre 9 ordres dont 17 sont
Coléoptères, 9 Hyménoptères et 8 Lépidoptères. En comparaison avec d’autres inventaires
effectués en Algérie ou ailleurs et dans d’autres écosystèmes, Roques (1983) a établi une liste
importante concernant les insectes ravageurs des cônes et des graines en France ; Kerris
(1987) a estimé les dégâts provoqués par Rhyacionia buoliana Schiff en Algérie. Zemmouri
(1991) a inventorié une entomofaune importante du pin d’Alep dans la forêt de Bainem
(Alger) répartie entre les Coléoptères et les Lépidoptères ; Maatoug (1992) a estimé les dégâts
de la processionnaire du pin au niveau de la forêt de Nador (Tiaret). Deux espèces du genre
Thaumetopoea ont été traitées au Liban à savoir Thaumetopoea libanotica Kiriakiff et
Talhouk et Thaumetopoea wilkinsoni S. Ce sont des ravageurs redoutables du Cèdre du
Liban, Cedrus libani, (Tohmé, 1982 ; Tohmé et Hossari, 1993). Nichane (1996) a recensé
dans une étude bibliographique 160 espèces réparties entre 47 Coléoptères, 45 Hyménoptères
et 37 Lépidoptères. Bouragba (2002) a étudié deux espèces provoquant le dépérissement du
pin d’Alep au niveau de la forêt de Senalba Chergui (Djelfa) à savoir Orthotomicus erosus
Wollaston et Tomicus piniperda L. Chakali (2005) a mis en évidence un redoutable ravageur
des pins en zone semi aride (Algérie) à savoir Tomicus destruens Wollaston.
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 35

Ces travaux sus-cités montrent bien que sur le pin d’Alep, les Coléoptères et les
Lépidoptères restent les ordres les plus importants.

Sur le Thuya, 3 espèces provoquent des dégâts considérables en Tunisie (Belahbib,


2004 ; Benjamaa, 2004 ; Benjamaa, 2005) même au Maroc (Arahou, 1982 ; El Hassani &
Messaoudi, 1987) dont une espèce absente dans cet inventaire (Phloeosinus aubei L), les 2
autres sont Scintillatrix rutilans Fabricius et Icosium tomentosum Lucas, d’où la Scintillante
est considérée comme une nouvelle espèce au niveau de la zone d’étude.

Sur le Cyprès, Bouaziz (1993) et Bouaziz et Chakali (1998) ont mis en évidence 5
espèces sur les cônes du Cyprès en Algérie (Nanodiscus transversus Aubé, Brachyacma
oxycedrella Millière, Orsillus maculatus Fieber, Orsillus depressus Dallas, Carulaspis
minima Targioni et Tozzetti) ; une espèce a été établie par Roques (1998) au sud est de
l’Europe et elle est absente dans cet inventaire (Orsillus depressus Dallas), 3 espèces
considérées comme nouvelles au niveau de la zone d’étude (Pseudococcus tessulatana
Staudinger , Nysius cynoides Spinola et Megastigmus wachtli Seitner), 3 espèces évoluent sur
le Cyprès en Tunisie (Benjamaa & Roques, 1999) à savoir N. transversus Aubé, O. maculatus
Fieber et O. depressus Dallas. El Hassani (1984) et El Alaoui (1999) ont recensé 6 espèces
qui évoluent sur les cônes du Cyprès au Maroc dont 2 espèces sont absentes dans cet
inventaire (Megastigmus atlanticus Roques et Skrzypzynska et Orsillus depressus Dallas).

Concernant la distribution spatiale de l’entomofaune, on utilise la méthode


statistique la plus courante AFC.

L’AFC est réalisée sur une matrice de données brutes (espèces/stations) représentant
les espèces par leur présence, leur absence et leur dominance. Ces variables ont été introduites
sous forme de codes en utilisant le logiciel STATISTICA (Fig. 6).

Figure 6. Distribution des groupements « espèces/stations » dans le plan F1-F2.


Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 36

TABLEAU 2

Valeurs Propres et Taux d’Inertie pour les 4 Premiers Axes Factoriels

Axe Valeur propre Taux d’inertie (%) Inertie cumulée (%)


1 0,85 19,48 19,48
2 0,79 14,94 34,42
3 0,66 10,92 45,34
4 0,66 10,92 56,26

Les quatre axes factoriels totalisent un pourcentage d’inertie assez élevé (56,26%)
exprimant plus de la moitié de l’information totale sur la distribution espèces 3 stations
(Tableau 2, Fig.6). Seuls les deux premiers descripteurs (axes) sont conservés, totalisant
34,42% de l’information recueillie. Les valeurs propres de ces deux axes (F1, F2) sont élevées
en particulier celles du premier axe. Ceci implique une bonne diagonalisation des données sur
chaque axe et indique un assez bon recouvrement entre la station et l’espèce.

Une grande partie des espèces se concentre sur l’axe central et forme un noyau.
Seules les espèces qui se situent de part et d’autre, c'est-à-dire aux extrémités des espaces
factoriels sont prises en considération dans cette analyse.

À ce niveau, il est possible de distinguer 3 groupes :


 Le premier à gauche, se composant de Scintillatrix rutilans Fabricius, Tenebrio
obscurus Fabricius, Habroloma sp, Scymnus sp, et Argyresthia sp qui sont toutes
inféodées au Thuya. L’appartenance de ces espèces à ce groupe ne fait que
confirmer les résultats d’Arahou (1982) sur les tétraclinaies marocaines.
 Le deuxième à droite se composant de Carulaspis minima Targioni et Tozzetti,
Megastigmus wachtli Seitner, Anthaxia sp, Orsillus maculatus Fieber, Nanodiscus
transversus Aubé, Cinara cupressi Buckton, Dioryctria sp, Cedrobium laportei
Remaudière, Nysius cynoides Spinola et Pseudococcus tessulatana Staudinger qui
sont dans leur majorité caractéristiques des cônes et des graines du Cyprès. Ces
résultats sont conformes avec ceux d’El Alaoui (1999) (Maroc), Benjamaa &
Roques (1999) (Tunisie) et Bouaziz & Chakali (1998) en Algérie.
 Le reste constitue le troisième groupe. C'est-à-dire les insectes qui attaquent le pin
d’Alep. Ces résultats sont conformes avec ceux de Roques (1983) en France et
Zemmouri (1991) en Algérie dans la forêt de Bainem.

L’application de l’analyse factorielle des correspondances en entomologie forestière se


révèle pratique et fructueuse. Plusieurs gradients coénotiques et biocoénotiques sont
dévoilés sur le plan stationnel (climat, altitude, exposition topographie …) ou sur le plan
spécifique (gradient trophique ; espèces xylophage, défoliateur, suceur de sève, conobiante,
auxiliaire …) (Delannoy & Lecompte, 1975 ; Lecompte, 1986).

CONCLUSION

Ces premières investigations, par l’emploi des différentes méthodes de captures des
insectes, ont permis de recenser 78 espèces et il y a lieu de noter que certaines espèces sont en
cours de détermination comme certains micro lépidoptères.
Lebanese Science Journal, Vol. 14, No. 2, 2013 37

On précise qu’en dehors de ces espèces il existe en Algérie beaucoup d’autres


espèces reconnues comme nuisibles aux forêts.

Parmi les 78 espèces, 30 se sont révélées être des ravageurs notoires ou potentiels
des conifères d’où 9 défoliateurs, 8 xylophages, 7 conobiantes, 5 opophages et une gallicole.

La méthodologie adoptée sur le terrain a permis de capturer certains insectes mis en


évidence pour la première fois au niveau de la région d’étude contrairement au Maroc et en
Tunisie.

À la lumière de ces résultats et suite aux remarques enregistrées au cours de ces


différentes prospections, on peut considérer que cette étude comme toute autre recherche ne
peut être que participative et nécessite absolument d’être complétée par d’autres études. Un
travail de prospection complémentaire est donc nécessaire pour identifier de nouvelles
espèces.

Ces observations seront à la base de programmes d’études particulières sur telle ou


telle espèce, visant à approfondir ces connaissances sur la biologie, le comportement, la
nuisibilité et la dynamique des populations des espèces retenues, dans le cadre de
l’élaboration d’une stratégie de surveillance et de protection du patrimoine forestier.

REMERCIEMENTS

Je remercie Mr le professeur Mohamed Anouar Khelil, Mr le docteur Zoheir


Bouchikhi Tani pour les suggestions, les conseils et les corrections apportées au texte. Ma
reconnaissance à Mr le professeur Rachid Tarik Bouhraoua pour son aide concernant
l’identification des espèces. Je remercie chaleureusement les services des forêts de la région
qui m’ont aidé sur le terrain.

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Résumé
L’objectif de notre étude est de mettre l’accent sur les principales causes du dépérissement du Cyprès vert dans
les monts des Traras Occidentaux. La démarche expérimentale prévaut l’installation des unités
d’échantillonnage à travers l’ensemble des tâches des Cyprès dépéris relevant de la région de Bab El Assa et
Marsa Ben M’hidi. Ces unités d’échantillonnage au nombre de 25, de surface concentriques respectivement de
4, 6, 8 et 10 ares. L’indice sanitaire global est évalué à 2,6564, montre que les peuplements échantillonnés sont
au début de dépérissement. Une analyse de la variance à un facteur au seuil de signification de 95%, montre
que l’état sanitaire est bien meilleur, que les tiges présentent une extension maximale de leurs houppiers. Une
surdensité et une disposition inappropriées contribuent au dépérissement du Cyprès vert de la région des Traras
Occidentaux.
Le problème de dépérissement ne s’arrête pas avec les facteurs stationnels et dendrométriques comme cause,
puisque nous avons d’autres facteurs aggravants, se sont les insectes. Les quatre techniques de piégeage
employées ont permis d’obtenir 61 espèces au niveau de trois stations prospectées. L’indice de diversité de
Shannon Weaver calculé est d’ordre de 5 avec une équitablité de 0.90, ce qui montre que le peuplement
entomologique capturé est diversifié et sa distribution est en équilibre.
L’analyse factorielle des correspondances (AFC) met en évidence les espèces capturées bien organisées sur les
deux axes F1 et F2 vis-à-vis des caractères édaphocilmatiques et botaniques des trois stations prospectées.
Parmi les insectes recensés, il semble que les xylophages (41%), en particulier les Scolytidae, les
Cerambycidae et les Buprestidae jouent un rôle important dans le processus du dépérissement du Cyprès dans
la zone d’étude. Il est démontré que quatre espèces sont à l’origine de la majorité des dégâts infligés au Cyprès.
Il s’agit de Scolytus sp, Pityokteines sp, Pissodes sp et Anthaxia sp.
Mots clés : dépérissement, état sanitaire, espace vital, densité, entomofaune, insectes xylophages, Cyprès vert,
Traras Occidentaux.
Abstract
The objective of our study is to emphasize the main causes of the decline of the green Cypress in the western
mountains of Traras . The experimental approach prevails the installation of the units of sampling through all
the tasks of the Cypress decayed being of the region of Bab El Assa and Marsa Ben M'hidi. These units of
sampling among 25 are of surface concentric respectively 4, 6, 8 and 10 are. The global sanitary indication is
estimated at 2, 6564, shows that the sampled populating are at the beginning of decay. An analysis of the
variance shows that health status is better than the stems present a maximal extension of their crowns. A high
density and unfavorable social positions contribute to the decline of the green Cypress in the western
mountains of Traras.
The problem of decay does not stop with factors stationnels and dendrométriques as cause, because we have
other aggravating factors, are insects. Four used techniques of trapping allowed us to obtain 61 species at the
level of three canvassed stations. The indication of diversity of Shannon Weaver is 5 with an equitability 0.90,
shows that the captured entomological populating is diversified and its distribution is balanced.
The statistical analysis (AFC) highlights the captured species organized well on axes F1 and F2 closed view
the soil and climatic characters and and botanical of three stations prospected. Among the listed insects, it
seems that the xylophagous (41 %), in particular Scolytidae, Cerambycidae and Buprestidae play an important
role in the process of the decline of the Cypress in the zone of study. It is demonstrated that four species are at
the origin of the majority of the damages imposed on the Cypress. It is Scolytus sp, Pityokteines sp, Pissodes sp
and Anthaxia sp.
Keywords: decline, health assesment, living space, density, entomofauna, xylophagous insects, green Cypress,
western mountains of Traras.

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