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Propriétés et types d'argile

L'argile est une matière rocheuse naturelle composée de minéraux argileux en feuillets. Elle peut provenir de l'altération de roches et être utilisée de diverses façons en fonction de ses propriétés. Le document décrit la structure et l'origine des minéraux argileux ainsi que les roches argileuses.

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Propriétés et types d'argile

L'argile est une matière rocheuse naturelle composée de minéraux argileux en feuillets. Elle peut provenir de l'altération de roches et être utilisée de diverses façons en fonction de ses propriétés. Le document décrit la structure et l'origine des minéraux argileux ainsi que les roches argileuses.

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Argile

matière rocheuse naturelle

L’argile est une matière rocheuse naturelle à base de silicates ou d'aluminosilicates hydratés de structure lamellaire, provenant en général de
l'altération de silicates à charpente tridimensionnelle, tels que les feldspaths. Elle peut être une matière localement abondante, très diverse, traitée ou
raffinée avant emploi, à la fois meuble ou plastique (souvent après addition d'eau) ou à pouvoir desséchant, absorbant ou dégraissant, voire à
propriétés collantes ou encore réfractaires, pour servir par exemple autrefois selon des usages spécifiques, souvent anciens, au potier et au
briquetier, au maçon et au peintre, au teinturier et au drapier, au verrier et à l'ouvrier céramiste.

Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2021).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici,
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En pratique : Quelles sources sont attendues ? Comment ajouter mes sources ?

Argile

Argile du Quaternaire,
Estonie.

Catégorie roche
sédimentaire

Figurines néolithiques en argile du


Musée national archéologique
d’Athenes.
Musée du Vieux Toulouse - Homme
nu au rocher, Terre cuite 1861 -
Charles Ponsin-Andarahy.

En réalité, le terme issu du latin argilla peut s'appliquer au choix à un minéral argileux et à un ensemble de minéraux argileux, ainsi qu'à diverses
roches essentiellement composées de ces minéraux[n 1]. Les roches de la classe des lutites comptent l'argilite, l'argilolite ou argilotithe, et les shales,
à l'exclusion des schistes métamorphisés. Les argiles sont des roches sédimentaires clastiques. Lorsqu'elles renferment du calcaire, trois sous-
classes sont définies entre le pôle argile et le pôle calcaire, en fonction de leur teneur en calcaire : argile calcaire, puis marne, et enfin calcaire
argileux. Les argiles riches en silice gélatineuse, soluble dans les alcalis, se nomment gaizes. Le limon ou le lehm sont des argiles qui renferment des
particules siliceuses, et accessoirement des pigments minéraux comme la limonite ou la goethite. Le lœss est un dépôt de couleur jaunâtre, d'origine
paléoglaciaire et composé essentiellement d'argiles et de fines particules calcaires et siliceuses.

Au sens large, l'argile est aussi un sédiment, composé de particules fines issues de l'altération des roches (processus appelé argilisation), parfois
des roches sédimentaires argileuses métamorphisées en schistes[1]. C'est pourquoi le monde agricole, conscient du rôle fondamental des argiles
dans la rétention d'eau des sols, et donc dans le développement des plantes, qualifiait d'argile au sens générique les sols limoneux ou terres
« grasses » ou « dégraissantes ». Molles ou malléables suivant leur degré d'humidité, elles sont susceptibles de se dessécher en plaques compactes
qui se rétractent et se fendillent au soleil, libérant de fines poussières de cette matière devenue friable et cassable. Elle s'amollit à l'eau et génère en
milieu humide, après tassements répétés, des boues colorées plus ou moins liquides, plus ou moins salissantes, plus ou moins collantes[n 2]. Le
cultivateur sait que l'adjonction d'argile rend la terre imperméable, au contraire du sable fin. La terre argileuse est lourde et compacte, résistante et
difficile à labourer, se durcissant en croûtes épaisses parfois craquelées lors des sécheresses.

Les potiers et les maçons reconnaissent traditionnellement l'argile verte ou la terre glaise des argilières, avec laquelle ils préparent leur matière
première : le premier pour une poterie spécifique, le second en fabricant un ciment ou une chaux hydraulique[n 3]. Les hommes des métiers du feu
distinguaient les argiles fusibles, comme les argiles figulines appréciées pour les faïences communes, les briques et les tuiles, et les argiles
smectiques, en usage pour dégraisser les draps comme terre à foulon, des argiles infusibles, telles que le kaolin ou diverses argiles plastiques. Les
peintres antiques connaissaient déjà les argiles ocreuses, tout comme les modestes constructeurs en terres argileuses utilisaient sans le savoir les
propriétés de l'argile colloïdale.

L'argile en géologie, minéralogie et pédologie


Historiquement, en géologie et science du sol, le terme d'argile correspond à l’ensemble des minéraux qui présentent une taille inférieure à 2 µm dans
une roche. Cette coupure granulométrique invisible à l'œil est héritée des études pétrographiques effectuées par microscopie optique à la fin du
xixe siècle. Les cristaux présentant alors une taille inférieure à 2 µm n'étaient pas reconnaissables et classés sous l’appellation d'argile[2]. Aujourd'hui,
l’appellation d'argile diffère en fonction des domaines d'étude. Ainsi, en géotechnique, où l’on s’intéresse avant tout au comportement mécanique des
sols, on désigne par argile les matériaux de granulométrie inférieure à 4 µm (entre 4 et 50 µm, on parle de limon). En science des argiles, l'argile ne
correspond pas à une coupure granulométrique, mais à des minéraux. Le terme est alors utilisé pour décrire les phyllosilicates et plus
particulièrement les minéraux argileux.

Minéraux argileux

Article détaillé : Minéraux argileux.


Ces minéraux sont classés en trois grandes familles selon l'épaisseur des feuillets (0,7 ; 1,0 ou 1,4 nm), qui correspondent à un nombre de couches
d'oxydes tétraédriques (Si) et octaédriques (Al, Ni, Mg, Fe2+, Fe3+, Mn, Na, K, etc.). L'espace entre feuillets peut contenir de l'eau ainsi que des ions. Il
en résulte des variations de la distance entre feuillets, et donc des variations dimensionnelles macroscopiques de l'argile quand elle s'hydrate
(dilatation) ou s'assèche (contraction) pouvant provoquer des fissures. Un matériau sec qui contient beaucoup de minéraux argileux « happe à la
langue » (absorbe de l'eau en formant une pâte plastique)[3].

Les phyllosilicates se présentent sous forme de petits cristaux micrométriques, en plaquettes hexagonales ou en (micro)fibres. Ce sont les minéraux
phylliteux halloysite, kaolinite, montmorillonite, illite et bravaisite, la glauconite, les smectites, les interstratifiés comme les vermiculites, les minéraux
fibreux tels que les attapulgites ou les sépiolites, enfin les chlorites et les micas, ces dernières en très petits morceaux souvent altérés pouvant être
assimilés à des argiles[n 4].

Leur origine est variée : altération de roches ou résidus de roches suivant des conditions locales suivant les zones d'altération des roches
endogènes[4], sols à apport sédimentaire, diagenèse, éruption volcanique, météorites spécifiques. L'essor des études par rayons X
(radiocristallographie, diffraction X, etc.) a permis l'étude et la caractérisation des argiles.

Roches argileuses
Les roches argileuses sont des roches sédimentaires ou résiduelles à grains très fins (classe des lutites), qui contiennent au moins 50 % de minéraux
argileux. Ces roches sont tendres, rayables à l'ongle, fragiles à sec et durcissantes à la chaleur ou à la cuisson, imperméables et faisant pâte à l'eau.
Elles sont abondantes dans les formations sédimentaires, tant continentales que marines. Elles se divisent en argiles calcaires, argiles sableuses,
micacées, etc. Elles peuvent être déposées en horizon ou couches de faible puissance, alternant avec d'autres couches rocheuses telles que
calcaires, grès, évaporites, etc., en structures litées (shale), rubanées ou varvées. Elles peuvent aussi constituer des masses par empilement quasi-
continus de couches épaisses, parfois même sans stratification apparente (argilite). En présence de minéraux détritiques, les argiles contiennent
souvent des débris, morceaux ou clastes de roches divers. Dans tous les cas, les formations argileuses jouent un rôle majeur dans l'exploitation des
ressources en eau et en hydrocarbures, car elles entravent ou stoppent l'écoulement parfois lent de ces derniers minéraux liquides.

L'argilite, par exemple, est une roche argileuse composée en grande partie de silicates d'aluminium plus ou moins hydratés et présentant une
structure feuilletée (phyllosilicates) expliquant leur plasticité, ou fibreuse (sépiolite et palygorskite), expliquant leurs qualités d'absorption.

Structure des minéraux argileux


Les minéraux argileux sont tous constitués d'un empilement de feuillets tétraédriques et octaédriques, entrecoupés par un espace appelé espace
interfoliaire :

les feuillets tétraédriques sont agencés en mailles hexagonales


et sont constitués de tétraèdres d'oxygène entourant un atome
de silicium ou d'aluminium ([SiO4]4−, [AlO4]5−) ;
les feuillets octaédriques sont composés d'octaèdres formés
par deux plans d'oxygènes-hydroxyles encadrant des atomes
plus larges tels que : Al, Fe, Mg, Li, etc. Les cations constituants
du feuillet octaédrique induisent, selon leur valence, une
modification du taux de remplissage de la couche. Ainsi, pour
une couche octaédrique purement magnésienne par exemple,
constituée donc d'ions Mg2+, un taux de remplissage de 100 %
est constitué. Tous les octaèdres sont occupés : on parle
d'argile trioctaédrique. À l'inverse, pour une couche octaédrique
purement alumineuse par exemple, constituée donc d'ions Al3+,
le taux de remplissage sera aux 2⁄3. Deux octaèdres sont
remplis et un est laissé vide : on parle de vacance ;
des substitutions isomorphiques peuvent intervenir entre les
différents atomes constituants de la couche tétraédrique ou
octaédrique (notamment Si4+ par Al3+ dans la couche
tétraédrique, Al3+ partiellement substitués par des ions Mg2+
et/ou Fe3+ ou Fe2+ dans la couche octaédrique). Ces
substitutions induisent un déficit de charge permanent, faisant
de beaucoup d'argiles des espèces stablement chargées
négativement. Ces charges sont compensées par
l'incorporation de cations (anhydres, hydroxylés ou hydratés)
soit dans l’espace interfoliaire des minéraux (c'est le cas pour
les minéraux argileux de type smectite ou vermiculite) et/ou à la
surface externe des particules (cas de la kaolinite)[5]. Ces
cations (K+, Na+, Ca2+, etc.) dans l'interfeuillet, appelés
« compensateurs de charges » ou « cations échangeables »,
rétablissent la neutralité électrique de l'édifice[6] ;
les groupements OH− présents en bordure des argiles induisent
également une capacité d'échange et d'adsorption d'espèces
chargées. Ces groupements hydroxyles sont cependant
dépendant du pH ainsi : À bas pH, les hydroxyles de surfaces
sont entièrement protonés (OH) l'argile montre une charge de
bordure globalement positive. À haut pH, les hydroxyles se
déprotonent, la surface est globalement négative (O2−). On parle
alors ici de charges variables. Ces dernières sont nettement
moins importantes que les charges permanentes, mais jouent
tout de même un rôle dans la capacité d'échange de l'argile ;
exemple de calcul de la charge permanente : Si on considère
une Kaolinite, de formule Si4Al4O10(OH)8, le bilan de charge est
le suivant : 4 atomes Si4+ + 4 atomes Al3+ + 18 atomes O2− +
8 atomes H+ =
. Cette argile n'a pas de charge permanente et donc aucun
cation interfoliaire pour neutraliser la charge. La totalité de la
capacité d'échange de cette argile est liée à ses charges
variables de bordure. À l'inverse, une Montmorillonite de
formule (Na)0,6(Al3.4, Mg0.6)Si8O20(OH)4•nH2O montre le bilan
suivant : 8 atomes Si4+ + 3,4 atomes Al3+ + 0,6 atomes Mg2+ +
24 atomes O2− + 4 atomes H+ =

ce déficit est comblé par l'incorporation de 0,6 cations


monovalent, ou 0,3 cations divalent (dans l'exemple on
considère Na0.6). La totalité de la capacité d'échange de cette
argile est liée à ses charges permanentes ainsi qu'à ses charges
de bordure.
Propriétés de gonflement et d'échange
Certaines argiles présentent la capacité d'augmenter leurs espaces interfoliaires. Cette propriété provient de l'incorporation de cations hydratés (Na,
Ca, etc.) permettant de compenser les déficits de charges permanents. Ce phénomène ne se produit plus si la charge de l'argile est trop forte (ex. :
micas : charge totale de l'argile de -1, parfaitement contrebalancé par les cations déshydratés (K)), ou nulle (ex. : pyrophyllite, talc : charge totale de
l'argile de 0, aucun cation interfoliaire). Les espèces expansibles sont celles dont la charge varie de 0,3 à 0,8, ce qui comprend la sous-classe des
smectites et les vermiculites. C'est l'eau incorporée via les cations hydratés qui permet le gonflement de l'édifice cristallin. Le gonflement est d'autant
plus important que l'humidité est élevée. À un état parfaitement sec, une smectite n'aura aucune molécule d'eau, la distance feuillet + interfolaire =
10 Å, comme une pyrophyllite. La distance feuillet + interfolaire d'une smectite peut ainsi aller de 10 à 18 Å.

Les cations qui compensent les charges permanentes et variables de l'argile restent, pour la plupart, échangeables dans l'environnement. Chaque
argile a ainsi une CEC propre témoignant de leur appartenance à une des grandes familles de minéraux argileux. À titre indicatif, les smectites ont
une capacité d'échange bien plus grande que les kaolinites, car pour ces dernières, leur capacité d'échange est uniquement dictée par les charges
variables.

Différence de structure entre un feuillet octaédrique dioctaédrique et


trioctaédrique.

Structure atomique d'une argile TOT trioctaédrique.


Structure des feuillets d'une argile TOT trioctaédrique.

Vue du feuillet tétraédrique arrangé en mailles pseudo-hexagonales.

Vue d'un empilement de 10 feuillets.

Floculation
La plupart des minéraux argileux ont la particularité de posséder une charge de surface négative. Par conséquent, les feuillets se repoussent entre
eux, et l'apport de cations réduit cette répulsion électrique, ce qui entraîne l'agglomération des particules argileuses, phénomène appelé floculation.
Un des buts du chaulage des sols est la floculation stable du complexe argilo-humique[7]. Dans les estuaires, le taux de salinité de la mer (dû en partie
au cation Na+) favorise la floculation bien en amont de l'embouchure. Les particules argileuses floculent et forment un amas de vase, le bouchon
vaseux. « Pendant les périodes de mortes-eaux, on constate une phase d'accumulation pendant laquelle la vase se consolide partiellement pour
former la crème de vase[8] ».

Classification des minéraux argileux


On différencie les argiles par leur type de combinaison d'empilement des feuillets tétraédriques et octaédriques, le cation de la couche octaédrique, la
charge de l'argile et le type de matériel interfoliaire[9],[10].
Les minéraux argileux se répartissent en plusieurs grandes familles :

les minéraux argileux dits 1:1 ou TO : Ces derniers sont


constitués d'un feuillet tétraédrique surplombant une couche
octaédrique. Ils présentent typiquement une taille de 7 Å
(TO+interfoliaire). En fonction de la nature du feuillet
octaédrique, on distingue les argiles TO à feuillet trioctaédrique
(feuillet de type brucite, Mg(OH)2) et les argiles TO à feuillet
dioctaédrique (feuillet de type gibbsite, Al(OH)3) ;
les minéraux argileux dits 2:1 ou TOT : Ces derniers sont
constitués de deux feuillets tétraédriques encadrant une couche
octaédrique. Ils présentent en fonction de l'espèce une taille
allant de 10 Å à 18 Å (TOT+interfoliaire). Comme pour les
argiles TO, on distingue les argiles TOT à feuillet dioctaédrique
et les argiles TOT à feuillet trioctaédrique ;
les minéraux argileux dits 2:1:1 ou TOT:O : Ces derniers sont
constitués de deux feuillets tétraédriques encadrant une couche
octaédrique, l'espace interfoliaire est rempli par un feuillet
octaédrique. Ce feuillet interfoliaire octaédrique possède la
même structure que la brucite, on parle dans ce cas de feuillet
brucitique. Les argiles 2:1:1 présentent typiquement une taille
de 14 Å (TOT+O). Ce groupe est constitué par le grand groupe
des chlorites. On les classe également selon l'aspect
dioctaédrique ou trioctaédrique du feuillet octaédrique et du
feuillet brucitique.
Tableau récapitulatif des argiles
Nomenclature utilisée : Te/Si = rapport entre le nombre de cations Si tétraédriques par maille qu'il y aurait en l'absence de substitution dans le feuillet
tétraédrique et le nombre de cations Si tétraédriques par maille existant réellement, Oc = rapport entre la charge totale des cations par maille dans le
feuillet octaédrique, et la charge totale des cations par maille qu'il y aurait dans le feuillet octaédrique en l'absence de substitution. Les parenthèses
indiquent le(s) cation(s) octaédrique(s). Les crochets indiquent le(s) cation(s) de compensation dans l'espace interfoliaire

Explication du classement : exemple d'une montmorillonite de charge 0,6 (avec sodium interfoliaire) : (Na)0,6(Al3.4, Mg0.6)Si8O20(OH)4• nH2O : La
couche tétraédrique est entièrement Si ; on a donc Te/Si=8, à l'inverse l'octaèdre montre (par définition) une substitution Al↔Mg on a donc le bilan
des charges positives (dans cet exemple) = 3,4 × 3+0,6 × 2 = 11,4 ; or la charge parfaite de l'octaèdre d'une argile TOT est de 12. On se retrouve alors
dans le cas Oc<12/12. Attention, il n'est pas rare de trouver les formules par demi-maille des argiles, la montmorillonite de l'exemple devient alors
(Na)0,3(Al1.7, Mg0.3)Si4O10(OH)2• nH2O

Argiles 1:1 TO

dioctaédrique dioctaédrique trioctaédrique trioctaédrique

Te/Si = 4 Te/Si = 4 Te/Si = 4 Te/Si < 4

Oc = 12/12 Oc = 12/12 Oc = 12/12 Oc > 12/12

Espacement
Espacement stable Espacement stable Espacement stable
variable

Kaolinite (Al), Nacrite (Al), Antigorite (Mg), Chrysotile (Mg), Lizardite Cronstedtite (Fe2+, Fe3+), Berthiérine (Al, Fe2+),
Halloysite (Al)
Dickite (Al) (Mg, Al) Amésite (Al, Mg)

Argiles 2:1 TOT dioctaédriques

Te/Si = 8 Te/Si = 8 Te/Si < 8 Te/Si < 8 Te/Si < 8

Oc = 12/12 Oc < 12/12 Oc = 12/12 Oc < 12/12 Oc = 12/12

Espacement Espacement
Espacement variable Espacement variable Espacement stable
stable variable

Muscovite (Al), [K], Illite** (Al), [K], Séricite (Al), [K], Damouzite
Pyrophyllite Smectites : Smectites : Beïdellite (Al, Vermiculite***
(Al), [K], Paragonite (Al), [Na], Glauconite (Al, Fe), Céladonite
(Al) Montmorillonite* (Al) Fe), Nontronite (Fe3+) (Al)
(Al, Fe)

Le terme de « smectite », souvent utilisé de manière abusive,


représente l'ensemble des espèces TOT, gonflantes, ayant une
charge par demi-maille comprise entre −0,2 et −0,6.
Quand Te/Si < 8, les cations Si4+ de la couche tétraédrique sont
substitués, généralement par des cations de valence inférieure
(Al3+, Fe3+, etc.). Cela implique l'existence d'une charge négative
à la surface du feuillet (avec des cations de compensation qui
sont souvent des alcalins, comme Na+).
De même, quand Oc <12/12, les cations de la couche
octaédrique (généralement Al3+ ou Fe3+) sont substitués,
généralement par des cations de valence inférieure (Mg2+, etc.).
Cela implique également l'existence d'une charge négative à la
surface du feuillet.

* La montmorillonite, dont une forme, qui a pour formule


Si4O10Al5/3Mg1/3Na1/3(OH)2, est connue sous l'appellation de
« terre de Sommières » utilisée comme détachant ou comme
bentonite employée en génie civil en raison de ses propriétés
colloïdales (plastifiant dans les mortiers). À la différence de
l'halloysite, plusieurs couches d'eau peuvent prendre place entre
deux feuillets de montmorillonite et par conséquent la séparation
entre deux feuillets peut aller de 0,96 nm à la séparation
complète.
** L'illite (1 nm), de formule approximative K0.9Al2(Al0.9Si3.1O10)(OH)2, possède une charge par demi-maille de −0,75 à −0,9. Elle peut servir à la
fabrication des objets en terre cuite. La structure des illites est proche de celle des micas mais en diffère par le degré de substitution Si/Al (inférieur
dans l'illite), la présence de potassium (inférieure dans l'illite) et pour un certain degré de désordre dans l'empilement des feuillets.
*** La vermiculite possède une charge par demi-maille comprise entre −0,6 et −0,9.

Argiles 2:1 TOT trioctaédriques

Te/Si = 8 Te/Si = 8 Te/Si < 8 Te/Si < 8 Te/Si < 8

Oc = 12/12 Oc < 12/12 Oc = 12/12 Oc < 12/12 Oc = 12/12

Espacement
Espacement stable Espacement variable Espacement variable Espacement stable
variable

Talc (Mg), Smectites : Saponite (Mg), Phlogopite (Mg), Illite (Mg, Fe), [K], Biotite
Smectites : Stevensite (en) 2+
Vermiculite (Ni2+),
Minnésotaïte (Mg, Bowlingite (uk) (Mg, Fe ), (Mg, Fe), [K], Lépidolite (Mg, Fe), [K],
(Mg), Hectorite (Mg, Li) Batavite (Mg)
Fe2+) Sauconite (en) (Mg, Zn) Ledikite (Mg, Fe), [K]

Argiles 2:1:1 TOTO

Feuillet TOT Dioctaédrique Dioctaédrique Trioctaédrique Trioctaédrique

Feuillet 'brucitique' O
Dioctaédrique Trioctaédrique Dioctaédrique Trioctaédrique
interfoliaire

Cookéite, Diabantite (uk), Penninite (uk), Chamosite, Brunsvigite, Clinochlore,


Donbassite Franklinfurnacéite
Sudoïte Thuringite, Ripidolite, Shéridanite (uk)

Le groupe Tri-Tri est le plus répandu sur terre. Les groupes Di-Tri
et Di-Di sont plus rares. Le groupe Tri-Di reste encore inconnu,
aucun minéral de ce type n'a encore été découvert.

Caractérisation des argiles

Diffraction des rayons X


L'une des techniques utilisées pour reconnaître les argiles est l'analyse par diffraction de rayons X. Elle nécessite une préparation spécifique de
l'échantillon. Chaque méthode de préparation permet d'obtenir des informations différentes sur la structure du minéral.

La préparation désorientée se fait, comme son nom l'indique, à partir d'une poudre compacte dont les constituants ont été désorientés. Plusieurs
méthodes sont utilisées : la poudre arasée, le « side loading », le « back loading » ou encore le « spray-dried ». La désorientation « parfaite » d'une
poudre reste une technique délicate, qui peut être fortement influencée par les éventuelles orientations préférentielles induites par certains minéraux.
La poudre désorientée reste la méthode de préparation majoritairement utilisée pour l'identification des phases dans un échantillon minéral. Cette
dernière permet d'obtenir l'ensemble des plans de diffraction des phases constituantes. Les argiles, quant à elles, sont plus difficilement
différentiables par cette technique, car leurs plans cristallographiques sont pour beaucoup identiques d'une famille à l'autre. Les diffractogrammes
montrent alors des pics superposés rendant la lecture et l'identification des phases plus complexes. Cependant, bien que présentant certains
inconvénients (pour les phyllosilicates) la vision globale des plans de diffractions permet d'atteindre des paramètres tels que le taux de remplissage
de la couche octaédrique, etc.

Une variante de la préparation désorientée consiste à placer la poudre dans un capillaire. Cette technique donne des résultats semblables, mais
permet de travailler avec des quantités de matières bien inférieures.

La préparation de lames orientées est une méthode mise en place pour discerner les différents phyllosilicates d'un échantillon. Elle consiste à laisser
sédimenter un échantillon pendant un laps de temps (loi de Stokes) donné afin d'en récupérer uniquement la fraction <2 µm, considérée comme étant
la fraction renfermant la phase argileuse « pure ». Cette fraction en solution est ensuite déposée sur une lame de verre, puis séchée. Lors du séchage,
les particules lamellaires d'argiles vont toutes s'orienter selon leur plan cristallographique (001) (à l'image d'une pile de papier tombant à terre, toutes
les pages finissent grande face vers le sol). Lorsque l'on soumet cette lame à la diffraction, on n'obtient donc que les raies 00l (c'est-à-dire 001,
002, etc.). Ces raies sont caractéristiques des grandes familles de minéraux argileux.

Dans certains cas, les pics de diffractions sont fatalement superposés. Pour différencier les argiles, on effectue alors divers traitements visant à
modifier l'espace inter-feuillets : chauffage, acidification, remplacement du cation interfoliaire, etc. En observant l'évolution des pics de diffraction aux
faibles angles selon le traitement, on peut reconnaître l'argile.

Outre en géochimie, cette technique est également utilisée par la police scientifique pour essayer de déterminer l'origine des traces de terre qui
peuvent constituer un indice lors d'une enquête.

Essai au bleu de méthylène


Pour reconnaître les différents types d'argiles, on peut pratiquer un essai au bleu de méthylène. En dosant la concentration du bleu de méthylène
après un contact avec une argile, on en déduit indirectement la CEC de cette dernière. Ce qui permet de classer globalement le minéral.
Couleurs

Le diagramme de Pourbaix du fer


fournit des informations sur le degré
d'oxydation attendu du fer en solution
aqueuse en fonction du potentiel Ԑ et
du pH.

Les particules d'argile ne sont nullement responsables de la couleur du sol ou de certaines roches sédimentaires. La couleur rouge, orange, jaune,
vert, bleu d'un sol (argileux ou non) ou d'une roche contenant de l'argile est due au degré d'oxydation du fer (fer ferrique Fe3+ sous forme d'hématite
ou de goethite formé en zone oxique dans les trois premiers cas, fer ferreux Fe2+ formé en zone anoxique dans les deux derniers)[11]. Lorsque le sol
est d'une couleur tendant vers le blanc, c'est que cet élément a été dissous et évacué hors du profil.

Argile peut désigner une couleur d'un gris neutre très pâle tirant sur le blanc [réf. souhaitée].

Chimie
Dans l'eau, les particules d'argile se comportent comme des gouttes d'huile dans la vinaigrette : elles se regroupent et forment des « micelles » en
suspension : on dit que l'argile est à l'état « dispersé ». La présence de sels minéraux dissous portant des charges positives (Ca, Mg, K, Na, NH4, Fe,
Mn, Cr, Ti, Al, Ba, Sr, etc.) provoque la liaison des micelles entre elles : l'argile est floculée. Cette propriété des argiles va lui permettre d'être liquide à
l'état dispersé, pâteuse dans la boue et solide dans un sol sec. L'argile est un colloïde qui flocule avec des cations.

Formation géologique
Les argiles désignent de très fines particules de matière arrachées aux roches par l'érosion, ainsi que les minéraux argileux ou phyllosilicates (ces
dernières observées au microscope ont la forme de plaquettes, ce qui explique leur plasticité). La plupart de ces particules proviennent de la
désagrégation de roches silicatées (altération des silicates) : du granite (mica et feldspath), du gneiss, ou encore des schistes. Ces particules sont
transportées par le vent ou l'eau et forment du limon ou de la vase. Les fleuves véhiculent des argiles qui finissent par se déposer en alluvions, dans
le cours d'eau lui-même, à son embouchure, dans un lac ou dans la mer. Les dépôts peuvent alors sédimenter et former une roche argileuse par
diagenèse : déshydratation et compactage. En tant que roches sédimentaires, les affleurements argileux présentent une succession de strates
empilées les unes sur les autres.

Les éruptions volcaniques produisent aussi des argilolithes, parfois sous forme d'éjecta de pierre vitreuse ou de tuf.

Argiles néo-formées
Les terres argileuses sont composées d'éléments très fins, qui proviennent de la dégradation mécanique et chimique de roches préexistantes (en
particulier les micas et les feldspaths). Les argiles résultantes peuvent rester sur les lieux mêmes de leur formation, comme le kaolin. Elles sont le
plus souvent entraînées par les eaux ou le vent, et se déposent sous forme de masses stratifiées ou parfois en poches lenticulaires ou sphériques.
On trouve ainsi des bancs d'argile dans les sédiments depuis l'ère Tertiaire, au pied des montagnes et dans les grandes vallées fluviales. Après la
dissolution d'un calcaire, des argiles peuvent également se former et tapisser les dépressions karstiques (les dolines). Lors de leurs déplacements,
elles peuvent entraîner des minéraux rencontrés sur leur chemin. D'où une très grande variété de finesse, de coloration et de composition, selon les
niveaux successifs d'un même gisement et à plus forte raison de l'un à l'autre[12].
Argiles et plantes
Les racines des plantes se nourrissent des roches, par hydrolyse et en symbiose avec la pédofaune. Elles sécrètent des acides pour les dissoudre :
les racines, grâce aux sucres issus de leur photosynthèse, fournissent l'énergie nécessaire aux micro-organismes pour qu'ils transforment la roche en
éléments absorbables par les racines. Les besoins des plantes en silice, fer et aluminium sont infimes, or ce sont les éléments constitutifs de la
croûte terrestre majoritaires (silicium 26 %, aluminium 7 %, fer 4 %). Donc à mesure que les autres éléments sont prélevés et exportés définitivement
(recyclage constant) en surface pour nourrir la plante et le sol, ces derniers restent et se concentrent jusqu'à saturation— d'autant plus vite que ces
éléments sont déjà majoritaires. Ils recristallisent alors en argiles (formation d'un précipité). La formation biologique de l'argile serait maximale dans
la zone du sol située entre 5 et 25 cm de profondeur. La production annuelle serait de 0,000 01 à 0,002 g par 100 g de matériaux par an, ce qui est
relativement lent. En considérant qu'un mètre de terre pèse environ 10 000 tonnes à l'hectare, cela correspond à une production annuelle de 3 à 60 kg
à l'hectare sur 30 cm de sol.

Les facteurs influençant positivement la formation de l'argile sont une humidité édaphique élevée (drainage modéré), une température élevée, la
grande finesse de grain de la roche-mère, sa richesse en bases et sa friabilité. Plus le sol est ancien, plus la formation d'argile est rapide, et c'est
finalement le type de sol, donc de climat et de communautés biologiques, qui influe le plus sur la quantité d'argile produite[13] [réf. non conforme].

Utilisation

Mur à colombage en torchis.

L'argile est l'un des plus anciens matériaux utilisés par l'homme. Pétrie avec de l'eau, elle donne une pâte plastique qui peut être facilement moulée ou
mise en forme. Le modelage s'effectuait selon trois techniques fondamentales, par colombin, par plaque ou par estampage. De nombreuses
sculptures ont été réalisées en terre crue, ou terre séchée, comme dans l'art gréco-bouddhique, au Gandhara (Nord Pakistan et Afghanistan), ou dans
les oasis du Xinjiang. Les sculptures de gardiens de temples bouddhiques au Japon de l'époque de Nara ont été réalisé avec ce matériau en raison de
sa souplesse d'utilisation. Les sculpteurs européens des xviiie et xixe siècle ont conservé cet état de certaines sculptures [Quoi ?].

Après cuisson, elle donne un objet résistant et (si argile de haute température, émaillé ou porcelaine) imperméable. Ces propriétés remarquables sont
à l'origine de son utilisation très ancienne pour réaliser des objets en céramique, en porcelaine, etc.

Elles peuvent également être utilisées pour leurs propriétés thérapeutiques.

Terre cuite et céramique

Musée archéologique de Volos


Figurines masculines néolithiques en
argile.
Articles détaillés : Céramique et Céramique en Égypte antique.
L'argile hydratée est malléable, elle peut être mise en forme ; après séchage, elle devient solide, et le reste de manière permanente après un passage
au four (« cuite »). Ces propriétés en font un matériau de choix pour la fabrication d'objets céramiques.

Une terre argileuse destinée à la cuisson est souvent appelée « glaise » ou « terre glaise ». Suivant sa destination, on lui a donné des noms divers :
terre à four, terre à brique, terre à pipe, terre à potier, terre à porcelaine (le kaolin), etc. En céramique, l'argile est une terre de composition variable,
souvent savamment préparée, qui fait pâte avec l'eau, se façonne aisément et durcit au feu, parfois simplement au soleil et au vent chaud
desséchant.

On peut nommer la plus grande partie des argiles grasses et plastiques par les termes « terres à faïence commune » , « argiles communes »,
« argile(s) à biscuit ». Ces argiles contiennent assez de fer et autres impuretés minérales pour devenir solides, cuites de 950 à 1 300 °C environ, sur
une échelle pratique de température de basse température (950 à 980 °C) à haute température (1 280 à 1 300 °C). À l'état naturel, elles sont grises,
verdâtres, rouges ou brunes à cause des oxydes qu'elles contiennent, oxyde de fer, oxyde de titane et autres. Ces argiles figulines se colorent au feu.

La couleur de l'argile cuite peut aller du blanc ou du rose au noir en passant par toutes les nuances de jaune, rouge, brun, plus rarement vert ou bleu,
suivant la qualité particulière de chaque argile (teneur en oxydes métalliques) et les conditions de cuisson. La majorité des poteries dans le monde
est réalisée avec ce genre d'argile, ainsi que les briques, les tuiles, les tuyaux et autres productions similaires.

L'argile commune peut être très plastique, et même trop plastique et trop collante pour être employée seule ; d'autre part, il arrive qu'elle ne le soit
pratiquement pas à cause de la présence de sable ou d'autres débris rocheux.

Le potier et le sculpteur recherchent une terre à faïence douce et plastique, qu'ils peuvent éventuellement modifier en ajoutant un peu de sable
d'argile non plastique, de la chamotte, ou des fibres de cellulose.

Le briquetier, lui, recherche une terre moins fine contenant du sable et d'autres débris non plastiques, qu'il pourra presser, sécher et cuire, sans crainte
de gauchissement, de fentes ou de retrait excessif. Briques et tuiles sont aujourd'hui fabriquées industriellement à partir d'un mélange d'argile et
d'eau moulé sous pression et cuit à température suffisamment élevée (1 000 à 1 300 °C).

Enfin, on peut pratiquer une « minéralurgie » pour éliminer ou ajouter les éléments indésirables ou nécessaires sur les argiles, afin de leur donner les
caractéristiques nécessaires à leur utilisation plus ou moins industrielle.

Argiles infusibles ou réfractaires, porcelaine


Les argiles réfractaires sont des argiles qui résistent sans se vitrifier aux températures les plus élevées, par exemple à la fusion des céramiques. Elles
servent à réaliser des fours en métallurgie ou sidérurgie, en céramique.

Considérant les trois composants essentiels des argiles (alumine, silice et fondants), plus l'argile est riche en alumine, plus elle est réfractaire. Par
contre, la silice[14] peut jouer un double rôle : elle augmente la fusibilité et augmente l'influence des fondants à haute température ; mais elle peut
aussi élever le point de fusion, particulièrement si elle est à l'état non combiné[15].
Les principales argiles réfractaires ont une constitution très uniforme (autrement dit, ses constituants sont répartis uniformément) ; et elles sont très
pures, exemptes d'inclusion de quartz ou autres matières mélangées[15].

Un certain nombre d'argiles plastiques, douces et onctueuses au toucher, peuvent être mises en forme pour réaliser des matériaux réfractaires
(poterie, briques, creusets, faïences, etc.). Ces argiles spécifiques sont utilisées en fonderie pour réaliser une grande diversité de moules de cuisson.

Le kaolin, présent en abondance à Saint-Yrieix et utilisé dans la porcelaine de Limoges ou dans la porcelaine de Saxe, est friable, blanc et se délaye
facilement à l'eau. C'est la terre à porcelaine des anciens, la matière de base pour la porcelaine.

Argiles dites colorantes, charges ou agents rhéologiques


en peinture, dans l'industrie du bâtiment, dans l'industrie
du forage
Certaines argiles contenant des oxydes métalliques ont un pouvoir colorant et un pouvoir couvrant remarquable, ainsi certaines argiles contenant
différents hydroxydes de fer qu'on nomme l'ocre. Les ocres colorent encore parfois les façades des maisons.

L'usage des argiles dans l'art pictural est très varié. Selon leurs natures, elles peuvent être des pigments, des charges, des épaississants ou
fluidifiants, des opacifiants ou minorants de coloration, etc.

Dans les peintures comme sur les champs de forage modernes, l'ajout de charges minérales comme la bentonite permet d'obtenir la rhéologie
souhaitée et améliore aussi la stabilité des suspensions (cataphorèse).

L'argile colloïdale est un silicate d'alumine de granulométrie inframicrométrique employé comme ciment dans les argiles pour en agréger les
éléments sablonneux. Lorsque la teneur en argiles colloïdales croît, la plasticité s'accroît.

Argiles en association avec la chaux

Article détaillé : Chaux (matière).


Associée intimement à la chaux en fines proportions, par exemple par cuisson directe avec la pierre à chaux, elles permettent la fabrication des
chaux hydrauliques et de ciments spécifiques.

Argiles dégraissantes ou adsorbantes


Ce sont les argiles smectiques ou terres à foulon. Elles peuvent dégraisser les draps. La sépiolite peut être employée comme terre absorbante pour
litière animale, par exemple à chats.

Sculpture
La saponite est une argile utilisée comme pierre à savon, à l'instar de la stéatite. L'écume de mer est une sépiolite qui est facilement taillée pour
élaborer des statuettes et des pipes.

Argiles médicinales

Bain d'argile près du lac Ahémé, au


Bénin.

Différents types d'argiles (verte, blanche et rouge principalement), notamment pour leurs propriétés couvrantes et adsorbantes, sont utilisés pour
leurs propriétés thérapeutiques (en cas de lésions, d'infections, d'aérophagie, etc.)[16],[17]. Cette utilisation ancestrale perdure dans de nombreuses
cultures[18]. Galien (131-201 après J.C.) utilisait l'argile pour soigner les affections stomacales et intestinales et la malaria. Avicenne et Averroès
recommandaient aussi l'argile[18].

Elle revient dans les pratiques médicales. Les impuretés sont piégées entre les feuillets.

En usage externe, elles sont alors utilisées en cataplasme, parfois avec adjonction de miel, que l'on peut faire soi-même mais que l'on commence à
trouver en pharmacie. Ces cataplasmes sont prescrits par des chirurgiens en cas de cicatrisations difficiles.

Elles sont ainsi utilisées depuis plus de vingt ans avec succès en traitement de l’ulcère de Buruli par l'infirmière Line de Courssou en Côte d'Ivoire[1].

L'usage interne doit se faire avec précaution auprès de marques autorisées, notamment parce que certaines argiles sont naturellement contaminées
par des métaux toxiques comme le plomb.

Les smectites sont largement utilisées pour calmer les muqueuses intestinales ou dermiques irritées. On les trouve en pharmacie dans les sachets
de diosmectite (le "Smecta"). Idem de l'attapulgite[1],[19]. Il faut alors prendre des argiles ultraventilées pour éviter les particules de micas blessant[1]. Il
faut éviter la prise de médicaments à moins de deux heures des prises, à cause du pouvoir absorbant des argiles[1]. La prise d'argile doit être signalée
à son médecin traitant, qui peut l'interdire en cas d'antécédents d'occlusion ou d'insuffisance rénale grave. Il faut de même éviter certaines matières
grasses (possible agglomération avec l'huile de paraffine par exemple[1]). Au contraire, la grossesse semble une raison importante de sa
consommation dans les sociétés traditionnelles[18].

Plusieurs espèces bactériennes, dont le staphilocoque doré, la salmonelle, E. coli, sont neutralisées par différentes sortes d'argiles[20]. Le mécanisme
bactéricide serait une réaction de Fenton, qui conduirait à la multiplication par 20 de la concentration globale en fer dans la bactérie, ce qui lui serait
fatal[1].

Les nano-tubes sont étudiés comme vecteurs pour transférer des molécules vers l'intérieur des cellules[1].

L'aluminium contenu dans l'argile ne migre pas dans le sang[21]. [réf. à confirmer]

L'argile a permis à des brebis d'évacuer des contaminants radioactifs ingérés (césium), répartis artificiellement sur un terrain[18].

L'argile est enfin un très bon reminéralisant[1].

Les argiles médicinales sont largement utilisées en cosmétique, pour les masques de beauté.

Des compléments alimentaires à base d'une argile appelée « octalite » et commercialisés sous les marques « Terrafor ventre plat »[22] ou « Defiligne »
ont été interdits en France en 2016 en raison de leur teneur trop élevée en plomb[23].

La terre-argile est un terme ésotérique, associé notamment à l'emploi de l'argile pour ses propriétés thérapeutiques.

La pratique de certains peuples de la « régénérer » ou de la « charger en énergie » en l'exposant au soleil a été étudiée par la NASA. Celle-ci a montré
qu’un bombardement d’argile par des charges énergétiques électrique et photonique modifie sa structure par acceptation d’électrons libres, du fait de
la présence de silice impliquée dans le photovoltaïsme, mais aussi possiblement dans l'apparition de la vie [pas clair][24].

L'argile est aussi utilisée en médecine vétérinaire. Des tests effectués sur des rats ont montré que, soumis à des toxiques, ils consommaient de plus
en plus d'argile avec l'augmentation des doses[18].

La géophagie (consommation de
terre argileuse) est courante chez
certaines espèces de Psittacidés, ici
dans le parc national de Yasuni en
Équateur.

Terre crue
L'argile, premier des bétons au sens étymologique, est employée dans la fabrication de briques de terre crue, matériau de construction naturel
essentiel des régions du globe où la végétation est rare, et notamment de la plupart des rivages méditerranéens[25]. C'est aussi le matériau principal
dans les techniques de torchis, bauge, pisé, béton de terre, adobe, etc.
La terre-papier est une argile contenant des fibres de cellulose, qui présente une grande résistance lorsqu'elle est sèche. La terre-papier, utilisée crue,
est un matériau de création et de décoration qui adhère sur toute surface poreuse et peut recevoir des peintures, pigments et patines. Elle peut aussi
être utilisée cuite ; elle est alors moins lourde que les autres argiles, plus résistante aux chocs thermiques, mais plus fragile contre les impacts.

La vermiculite est un excellent isolant thermique.

Jardin et champs aux sols argileux, agriculture


Les argiles peuvent être modélisées comme des colloïdes constituées de fines particules (micelles) portant chacune une charge électrique de même
signe en suspension dans un milieu, l'autre colloïde du sol étant l'humus. Ces deux éléments s'associent grâce en particulier à l'action des lombrics
pour former le complexe argilo-humique qui est la base du système permettant aux racines des plantes de puiser les éléments nourriciers du sol (cf.
double-circuit descendant et ascendant de la sève).

L'argile a la propriété de se retrouver dans deux états réversibles :

elle peut être dispersée. Dans ce cas, elle s'infiltre entre les
éléments sableux et ne se soude pas en agrégats. Avec la pluie,
l'argile gonfle et empêche l'eau et l'air de pénétrer dans le sol. Le
sol se glace. En séchant, le sol se fracture ;
elle peut être floculée. L'argile est agrégée en petites mottes.
Dans cet état elle n'est pas diluée par l'eau. L'eau et l'air peuvent
passer entre les agrégats. Avec la présence de l'argile les
agrégats retiennent de l'eau.
Dans le sol, le calcium (apporté si nécessaire par un chaulage) permet de floculer l'argile (entre autres). Ce calcium peut provenir de sels calciques ou
de chaux. Le calcium Ca2+ ayant deux charges positives va pouvoir retenir deux micelles d'argile qui elle est chargée négativement.

Une fois ces paramètres intégrés, on comprend aussi que les actions mécaniques en eux-mêmes n'ont aucune influence sur ce phénomène. On peut,
par exemple, laisser geler des mottes sans action à long terme sur les micelles d'argile, dès la première pluie le phénomène va se reproduire. Il sera
nécessaire de prendre le problème dans son ensemble : une couverture appropriée (litière) qui protège et nourrit le processus humique, un travail
racinaire qui décompacte et aère, un apport de matière organique et d'amendements à vocation structurante.

Dans tous les cas, lors d'une culture sans labour, la fragmentation n'est pas l'objectif premier recherché, même s'il évite la traditionnelle semelle de
labour. La fragmentation est le résultat de l'activité racinaire, qui est soutenue par tous les échanges de la rhizosphère. C'est aussi l'un des intérêts
majeurs du recours à certains engrais verts. Notons encore que le taux d'humus et l'usage d'amendements appropriés, outre le travail radiculaire,
peut-être une solution complémentaire pour fragmenter un sol argileux compacté. En tout état de cause, chaque sol a son profil et son histoire, et
« la » solution doit intégrer l'ensemble des données[26]. Si les vers de terre apportent aussi leur contribution à ce travail d'aération et de fragmentation
en creusant leurs galeries, leur apport déterminant se situe dans le brassage des composés minéraux argileux, avec les composés humiques. Le
composé humique (humus) est pour sa part le fruit d'un travail complexe, qui se développe depuis la litière et toute sa vie (faune et flore). Il associe
aussi les champignons (notamment pour décomposer la cellulose et la lignine) et les bactéries incroyablement actives et irremplaçables au niveau
de la rhizosphère qui permet l'humification des matières organiques, et par suite, la constitution du complexe argilo-humique.

Le CAH (complexe argilo-humique) permet l'association des deux colloïdes du sol. Il est beaucoup plus stable que la floculation unique, toujours
grâce à l'action des liens ioniques.

À l'instar de n'importe quel paillage sur un sol vivant, l'incorporation de bois raméal fragmenté est utile de ce point de vue, si l'on respecte l'ensemble
du processus, les matières ligneuses doivent en effet se décomposer lentement en surface, pour relancer la création d'humus. Le facteur taille est
important — on parle de « chips » —, car si on ajoute profondément dans le sol de grosses particules non décomposées, elles ne généreront pas
l'humus recherché et les micelles d'argile en dispersion continueront à gonfler, asphyxier et se rétracter.

Les engrais verts peuvent permettre de limiter le phénomène mais un bon drainage du sol argileux peut aussi s'avérer nécessaire, qu'il passe par un
travail mécanique, par un amendement restructurant régulateur de son comportement hydrique, ou par l'adjonction d'arbres ou arbustes à
enracinement plus profond.

Par ailleurs, un sol argileux présente l'inconvénient de se réchauffer moins vite au printemps. En effet, l'air chauffe plus vite que l'eau et un sol gorgé
d'eau n'a plus d'air, donc se réchauffe moins vite. tout ce qui va aérer et restructurer ce sol sera donc utile.

Alimentation
L'argile a été utilisée pour permettre la consommation par l'homme d'aliments sauvages, tels les glands non doux [27],[28],[29] ou les pommes de terre
sauvages. Si ces aliments étaient consommés seuls, ils provoqueraient des problèmes digestifs, mais consommés avec de l'argile, ils deviennent
digérables. Dans les Andes, les pommes de terre sont trempées dans de l'argile avant d'être ingérées[30],[31]. Dans cette optique, l'argile a été
consommée par les Américains natifs, au Pérou, et en Italie[32].

En l'absence de lessivage [pourquoi ?] des tanins, les Amérindiens Pomos de Californie (États-Unis) et les paysans de la Sardaigne (Italie) ont mis au
point la même recette : ils ajoutent de l’argile à la farine de glands dans une proportion de 10 à 15 %[33],[28]. Cuire les glands mélangés à l'argile réduit
la toxicité des glands jusqu'à 77 %[28].

Le Frère Ramon Bueno rapporte que sur les rives de l'Orénoque, les argiles devenaient l'aliment essentiel de la population Ottomaque au cours des
deux à trois mois de disette annuelle avec une consommation moyenne de près de 500 g/jour[18].

Autres utilisations

Argile jurassique de Bure.

Des chercheurs en science des matériaux travaillent sur l'intégration de l'argile comme « charges dites actives » dans des polymères.
Les plaquettes d'argiles peuvent produire un renforcement (déviation des fissures dans les polymères « choc », c'est-à-dire devant résister aux chocs).
Par ailleurs, elles peuvent gêner la diffusion de gaz, et notamment de gaz combustibles issus de la pyrolyse lors d'un feu, améliorant ainsi la
résistance au feu du polymère.

Certaines kaolinites très pures blanchissent la pâte à papier ; mais ce procédé est de moins en moins utilisé, au profit d'ajout de carbonate de
calcium précipité (ou de Dioxyde de titane).

En raison de la qualité et de l'épaisseur de la couche d'argile située à Bure, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne, le laboratoire souterrain de
l'Andra[34] étudie l'implantation d'un centre de stockage profond pour les déchets dits de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-
VL) à environ 500 mètres de profondeur. C'est une couche sédimentaire, compacte et imperméable, de couleur grise, d'âge callovo-oxfordien au sein
du Jurassique ; elle date d'environ 160 Ma (millions d'années).
Risques de contamination
Des argiles fines (blanches et vertes, notamment), grâce à leur grand nombre de feuillets, forment une grande surface développée d’adsorption. Elles
sont pour cette raison utilisées comme complément alimentaire, ou dans la composition (autour de 5,5 %) du chewing-gum[35], comme produit à
appliquer sur la peau ou comme agents nettoyants ou adsorbants. Ces argiles, notamment si elles proviennent de sédiments ou de carrières
polluées, peuvent contenir des contaminants, comme du plomb ou des dioxines, en quantité très significative. Un industriel français a dû abandonner
l'argile verte surfine ultra-ventilée qu'il utilisait car sa teneur en plomb (11 à 26 mg/kg selon les analyses d'autocontrôle) dépassait systématiquement
la teneur maximale règlementaire[36] de 3 mg de plomb par kg ainsi que pour les dioxines (4,4 à 8,7 ng TEQ OMS98/kg de produit à 12 % d'humidité)
[réf. nécessaire][23]. Selon Förstner et Wittmann (1979), le plomb est le métal qui a la plus forte capacité d’adsorption sur les argiles (en moyenne
18 mg/g[37]), maximale à pH 7 selon Eloussaief et Benzina (2010)[38]. Les sédiments argileux marins des grandes profondeurs en contiennent
80 mg/kg[37] et les argiles utilisées dans les chewing-gums de 11 à 26 ppm[39]. Des dioxines y ont aussi été trouvées ; les sols de France en
contiennent de 0,02 à 1 pg TEQ OMS98/g (sol rural sec) et de 0,2 à 17 pg TEQ OMS98/g pour des sols secs urbains, et 20 à 60 pg TEQ OMS98/g sur
sol sec en contexte industriel[39]. Les argiles ingrédients de chewing-gums en contiennent de 4,4 à 8,7 ng TEQ OMS98/kg ou pg TEQ OMS98/g, soit
une teneur comparable à celle d'un sol urbain français[35].

Selon les modèles in vitro de digestion humaine, 4 à 68 % (selon le type de sol) du plomb adsorbé sur argile ingérée est bio-accessible[40] (l'ANSES
estime que moins de 10 % du plomb de l'argile verte d'un chewing-gum est désorbé dans l'organisme du consommateur). Chez plusieurs espèces de
mollusques comestibles testés par Amiard[41], ce taux variait de 19 à 52 %. Il y a peu de données sur la bio-accessibilté des dioxines fixées sur des
argiles, mais il existe des données sur les PCB (dans ce cas la désorption lors de la digestion est de 30 à 40 %[40],[42].

L’Anses recommande « de limiter autant que possible tout apport additionnel et intentionnel en plomb. En conséquence, l’Anses ne peut émettre un avis
favorable quant à l’usage alimentaire de telles argiles »[35].

Histoire des argiles, savoirs, croyances et


religions
L'argile de poterie était utilisée par la civilisation suméro-akadienne (les Sumériens de Mésopotamie). De petites boules d'argile étaient aplaties pour
former un rectangle approximatif afin de pouvoir y inscrire de l'écriture cunéiforme. Les Sumériens utilisaient également des sortes de sceaux-
cylindres. Ces objets étaient gravés à l'intaille, et lorsqu'on les faisait rouler en appuyant sur de l'argile, ils laissaient une empreinte en relief.

La cuisson en durcissant stabilisait les signes et entravait toute falsification de réécriture partielle.

Histoire des sciences


La notion commune d'argile, aujourd'hui paradoxalement polysémique et très complexe, provient de la science ancienne telle qu'elle était vulgarisée
au xixe siècle. Dans les manuels de chimie, tel celui de Louis Troost, l'argile pure était présentée comme une matière blanche, compacte, douce au
toucher, plus ou moins difficilement fusible, avec quelques propriétés emblématiques, dont la plasticité, la contraction et le retrait dimensionnel à la
chaleur, l'avidité d'eau de cette matière après calcination et même de surcroît une composition chimique moyenne Al205.2 SiO2. H2O.

Une argile est en effet plus ou moins plastique, car humidifiée ou mélangée avec l'eau, elle forme une pâte liante, facile à pétrir et à façonner avec
précision, à l'instar d'une véritable pâte à modeler. Cette pâte, en se desséchant, se contracte et se fendille. L'argile chauffée subit un retrait
dimensionnel d'autant plus important qu'elle a été chauffée ou portée à une température élevée. Le grand céramiste Wedgwood a utilisé cette
propriété de rétraction pour construire un pyromètre. L'argile calcinée absorbe l'eau avec rapidité, les glycochimistes disent qu'elle happe la langue,
c'est-à-dire qu'appliquée sur leur langue, cette matière desséchée absorbe la salive qui l'humecte.

Cette approche essentialiste est antérieure à l'essor de la reconnaissance des multiples structures atomiques complexes dévoilé par l'usage des
spectres et l'imagerie aux RX [Quoi ?] entraînant à son tour les progrès nécessaire dans l'analyse chimique. Il est logique que cette démarche unitaire
qui tente de regrouper les multiples produits de la décomposition en milieu aqueux du feldspath ou de multiples roches à une dégradation argileuse
plus ou moins partielle avec les gisements de kaolin ou terre à porcelaine, soit obsolète dans le monde scientifique actuelle. L'argile y est souvent soit
oubliée, soit considérée comme un nom générique ancien, soit un simple mot encore utilisé dans un registre familier ou argotique.

Cette approche imprécise, qui marque encore l'enseignement élémentaire, et qui provient surtout à sa base de l'observation scientifique des arts et
métiers spécifiques à l'argile sur une longue durée, n'est pourtant pas à oublier, car elle s'accompagne toujours d'une déclinaison en argiles ordinaires,
où l'argile pure définie plus haut se retrouve avec des proportions variables de :

divers oxydes ou hydroxydes de fer, de manganèse, etc. ou


autres hydroxydes métalliques, pigments minéraux qui colorent
la matière en jaune, vert, etc. ;
la chaux et des alcalis ;
la présence de matière calcaire dispersé et de sables.
Les scientifiques observateurs des métiers expliquent globalement les propriétés par ces mélanges et justifient les noms techniques ou traditionnels
(argiles plastiques, argiles smectiques, argiles figulines, marnes ou limons) que les professionnels ou les artisans ou maîtres paysans emploient,
avec des indications complémentaires de pureté ou de proportions, de propriétés des matières additives naturelles ou artificielles. Plus une argile
technique contient de chaux ou d'oxydes de fer, plus sa fusibilité est grande.

Argiles plastiques
Ce sont les argiles ordinaires, relativement pures selon les critères chimiques du xixe siècle, qui forment avec l'eau une pâte liante. Placées à la
chaleur ou chauffées, elles acquièrent une dureté sans fondre ni s'écouler. Les argiles de Dreux, de Forges-les-Eaux ou de Montereau étaient souvent
citées en exemple en France.

Elles servent communément aux fabriques de poteries, aux tuileries et aux briqueteries. Si ces argiles sont réfractaires à la cuisson, elles peuvent être
employées pour fabriquer des briques réfractaires, des creusets, des dalles ou éléments de parois de fours… Les argiles réfractaires mélangées à la
plombagine donnaient des pâtes réfractaires et résistantes pour les creusets de four à acier.

En réalité, aussi loin que remontent les historiens spécialistes des métiers et arts du feu, en particulier en poterie et en céramique, les pratiques
connues font état de mélanges de deux ou plusieurs matières argileuses différentes provenant de diverses poches d'argiles parfois distantes de plus
de 40 km dès l'époque antique, mélanges utilisés uniquement après des mises au point par test empirique et observation. Les diverses argiles
faisaient l'objet de traitements parfois complexes, si les argiles de base ne convenaient pas directement :

elles pouvaient être lavées de diverses façons, puis séchées ;


elles sont parfois raffinées (sélection des fines) durant le lavage
ou par soufflage ;
elles pouvaient être broyées, voire re-broyées (pour accroître
leur pouvoir collant) ;
elles étaient parfois laissées pourrir pendant plus de deux
années ;
elles peuvent être stockées, étendues sur des plans de séchage
et mise au repos à températures variées.
Cet art né de la manipulation, de l'observation et de la pratique complète et concrète du métier, du façonnage (test plastique à la main) à la sortie du
four (test de cuisson, observation de surface type), a évolué suivant les époques et les contrées[n 5]. Les artisans les plus modestes anticipaient
évidemment la tenue à la cuisson et la résistance de l'argile cuite en formulant leurs mélanges d'argiles, surtout s'il n'y avait qu'une cuisson pour
garantir un aspect impeccable. En faïence et dans le champ des supports d'émaux, les propriétés thermo-mécaniques anticipées étaient moins
exigeantes au niveau des surfaces pour les biscuits céramiques, car comme leur nom l'indique, ils sont cuits deux fois (bis), la seconde fois avec une
couverte qui doit définir les caractéristiques de surface.

Argiles smectiques
Ce sont les argiles ordinaires, considérées alors comme plus impures que les argiles plastiques, qui ne forment avec l'eau qu'une pâte peu liante. Leur
fusion est plus élevée. Les terres d'Issoudun dans l'Indre et de Villeneuve en Isère sont citées en exemple.

Elles servent traditionnellement de terres à foulons ou de terres dégraissantes.

Argiles figulines
Ces argiles ordinaires qui forment également une pâte peu liante avec l'eau sont extrêmement fusibles. L'explication proposée est celle déjà citée la
présence non négligeable de chaux et d'oxydes de fer. Les Parisiens connaissaient les argiles de Vanves et de Vaugirard.

Elles sont employées pour garnir en couches imperméables le fond des bassins, pour la fabrication des poteries grossières et des terres cuites
banales. Certaines améliorées sont la terre glaise des sculpteurs.

Marnes
Au sens ancien, déterminée logiquement de manière globalement imprécise par une multiplicité d'usages paysans, il s'agit d'un mélange, parfois
naturellement rocheux, d'argile et de craie, voire de terres argileuses et de calcaires friables. Elles sont depuis l'époque gauloise valorisées en
agriculture, pour l'amendement argileux, par exemple des champs trop sableux ou à complexe argilo-humique défectueux. L'opération se nomme
encore marnage.

Limons
Cette terminologie paysanne ou biblique a été revue par les scientifiques, qui ont observé, dans leurs grandes éprouvettes en verre transparent
remplies d'eau distillée, les limons les plus fins, qui une fois agités, restent indéfiniment en suspension. Les scientifiques, à l'instar des hommes de la
mer observant les eaux boueuses des fleuves se mélanger aux eaux salées, ont remarqué que l'adjonction de sels par exemple de calcium ou de
magnésium, avaient un effet d'agrégation catastrophique sur ces particules fines engendrant leur précipitation et la formation de sédiments. Il s'agit,
par ces coagulations singulières, des premiers pas en chimie-physique des colloïdes.

Mythologies
Bien avant les religions monothéistes, les mythologies de certains peuples ont placé l'argile ou le limon au fondement de la vie. Prométhée crée les
hommes avec l'argile du potier.
Calendrier républicain

Dans le calendrier républicain, l’Argile était le nom attribué au


12e jour du mois de nivôse[43],[44][réf. non conforme].

Religions

La Création d'Adam par Michel-


Ange, en 1512.

D'après les religions abrahamiques, les ancêtres de l'humanité (Ève et Adam) auraient été créés en argile par Dieu.

D'après la Bible, il s'agit de la terre en poussière :

« L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint
un être vivant. »

— Genèse 2:7

D'après le Coran :

« Nous avons certes créé l'homme d'un extrait d'argile, puis Nous en fîmes une goutte de sperme dans un reposoir solide.
Ensuite, Nous avons fait du sperme une adhérence, et de l'adhérence Nous avons créé un embryon, puis, de cet embryon
Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l'avons transformé en une tout autre
création[45]. »

— (Sourate 23, Al-Muʾminūn)

Notes et références

Notes

1. Le mot latin Argilla, argillae provient du grec άργιλος / árgilos,


« argile de potier ». Le genre du mot latin ou français est
féminin. Mais les prosateurs et les poètes l'ont mis parfois au
masculin. Les adjectifs argileux, argilacé, argilifère marquent
respectivement « ce qui contient de l'argile ou tient ses
propriétés de l'argile », « ce qui a l'aspect de l'argile », « ce qui
contient ou apporte de l'argile ».

2. Le terme générique savant d'argile, en dehors de l’argile


commune du potier ou parfois de l'argile nécessaire à la terre
battue, n'est usité que par les hommes de l'art ou par les élites
de ce monde très hiérarchisé. Aussi il existe une multitude de
mots communs en usage, déclinée en une multitude de parlers
vernaculaires : terre forte ou terrefort, terre lourde (à charrier
ou labourer), terre froide (argileuse et humide), terres humides
ou sèches, boueuses, sales, craquelées (selon la saison), terre
à chênes (indicateur de végétation ou à installation de
drainage), terre glaiseuse ou glaise, terre bieffeuse (venant de
l'argile à silex, nommé bief), grou ou groie (terre plus ou moins
argileuse avec pierrailles, parfois réservé à la vigne), arbue
(argileuse et de moindre valeur en fin de finage), terre morte
(vases incluant parfois gravier venues des cours d'eau ou
encore formations argileuses facilement ravinées), etc. Les
artisans distinguent la terre à pot ou argile à potier, la terre de
pipe (argiles blanches et claires), la terre à pisé ou terre à
construire, la terre à fouler (glaise onctueuse au toucher et
dégraissante, à base de smectites), etc. Le mot latin lūtum
correspond au mot gaulois bawa ou baua, les deux décrivant la
boue, la fange, la matière salissante, etc. ou la texture
argileuse fine.

3. L'argile verte est à distinguer des argiles blanches, à propriétés


réfractaires comme le kaolin, qui ne devient la matière
première de la porcelaine qu'au xviiie siècle.

4. On exclut ici les zéolithes car leurs structures d'assemblage


restent tridimensionnelles quelles que soient leurs tailles et
leurs propriétés.

5. Y compris les plus lointaines. Lire les liens internes.

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12 h. Breads were made without clay from nonbitter acorns or from meal from which tannic acid was
removed through a leaching process. (…) Recipes used by the Pomo called for clay: acorn ratios of 1: 10-1:20
by volume (“- 1 :5- 1:10 by weight). (…) Cooking acorns with clay reduces the toxicity of acorns caused by
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Voir aussi

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argileux », « Poteries », « Ciments », « Céramiques » et
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Articles connexes

Adobe (brique)
Akadama
Anmoor
Archéomagnétisme
Argile blanche
Argile calcaire
Argiles de Kimmeridge
Argile de Londres
Argile du Gault
Argile à blocaux ou boulder clay
Argile expansée
Argiles grésantes
argile lacustre
argile à silex
argiles rouges tapissant les fonds océaniques
Argile de Yixing
Argilite
Ball clay ou terre de pipe
Bentonite
Boulette de graines
Capacité d’échange cationique
Chamotte
Complexe argilo-humique
Derle
Dickite
Doline (argile karstique)
Engobe
Faïence
Formation marno-calcaire
Géophagie
Hagi-yaki
Hakuji
Halloysite
Hectorite
Illite
Kaolinite,
Kaolin, terre à porcelaine
Limon (roche)
Loam
Mare de boue
Marne
Montmorillonite
Mudstone
Nacrite
Ocre
Pansement gastrique
Pédogenèse (géologie)
Pernette
Phyllosien (argile sur Mars)
Poterie
Porcelaine
Sol argileux constructible
Sol argilo-calcaire
Terre-argile
terre à pipe, argile plastique fine et blanche
Terre battue (bâtiment)
Terre cuite
Terre-papier
Terra rossa
Țest
Tomette
Torchis
Tuilerie
Vases argileuses, vases littorales
Vertisol
Pontage des argiles

Liens externes

« Argile ([Link] [archive] »,


définition, sur [Link] (consulté en décembre 2021).
« Les argiles, genèse et utilisations ([Link]
g/~clanglois/Sciences_Terre/Argiles/[Link]) [archive] »,
cours d'initiation, sur [Link] (consulté en décembre 2021).
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« Préparation et collecte de l'argile ([Link]


ct/poterie/[Link]) »([Link] ([Link]
[Link]/mesact/poterie/[Link]) • Wikiwix ([Link]

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r/risques/retrait-gonflement-des-argiles) [archive] », dossier
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section « Exposition du territoire au phénomène », sur
[Link] (consulté en décembre 2021).

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