Eslie DJOROGO
Que faire ?
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1.
Mon passé
Ma journée a été très long, j’avais reçu plus
de patients que d’habitude. Je terminais
son rapport quand ma secrétaire entra
dans le bureau et dit :
- Docteur Kouamé, quelqu’un
demande à vous voir.
- Qui est-ce s’il vous plaît ? lui
demandai – je
- Monsieur Daniel.
- Daniel ! je répétais ce nom dans ma
tête.
- Ai-je d’autres rendez-vous ?
- Non docteur
- Bien, merci. Fait le rentrer s’il vous
plaît.
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Qu’est-ce que Daniel venait- il faire ici ? Je
fus très surprise. Daniel entra et s’assit. Je
demandai :
- Daniel, que viens-tu faire ici. Tu sais
très bien que Brayan est chez ma
mère
- Oui, je sais. Mais je suis venu te voir.
- Pourquoi ?
- ….
Venir me voir était très étonnant. Cela
faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus.
Mais ma demande était encore plus
choquante. Pour que vous puissiez savoir
ce qui se passe actuellement, faisons un
saut dans le passé.
Je me nomme Kouamé Louise. Je suis une
fille de 11 ans en classe de 6è dans un
collège privé réservé aux filles à Bingerville.
En 6è, tout se passait bien. Là, j’ai rencontré
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ma meilleure amie Kira. C’était une fille qui
me comprenait. Nous partagions les
moments difficiles et les petits bonheurs
ensemble. La vie en 6è s’annonçait bien
pour moi. J’étais fière mes premiers
résultats.
Un jour, à la récréation, Kira m’informa :
- Louise, tu sais que dans deux
semaines, c’est mon anniversaire et
tu es invitée bien évidemment.
- Merci. Ça sera super. C’est chez toi,
n’est-ce pas ?
Je fus ravie par l’invitation. Le soir même,
j’en en parla avec ma maman :
- Maman, dans deux semaines, c’est
l’anniversaire de Kira. Peux – tu
m’aider à trouver un cadeau s’il te
plaît ?
- Bien sûr, tout à l’heure. Si non,
comment étais ta journée ?
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- Bien et j’allais oublier, à mon devoir
de maths, j’ai eu 20.
- C’est très bien, mon chou. Bon, laisse
- moi travailler, ok
- Ok !
Eh oui, je suis une très bonne élève. Je suis
la fierté de ses parents. Une semaine passa
puis deux. J’avais déjà trouvé le cadeau
parfait : une machine à bracelets et un
collier d’amitié.
Enfin, aujourd’hui c’est le jour J.
L’anniversaire débutait à 10 h, donc j’eus le
temps d’emballer les cadeaux.
À 10h 30, ma mère et moi étions déjà
arrivées. Je fais un gros câlin à Kira et lui
souhaite un joyeux anniversaire. La fête bat
son plein. Plus tard, Kira vint me rejoindre
avec un garçon un peu plus grand que moi :
- Eh louise, la fête se passe bien de ton
côté.
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- Carrément ! affirmai-je
- Louise, voici mon cousin Daniel.
Daniel, je te présente Louise.
- Bonjour Daniel. Répondis-je à cette
présentation en lui adressant un petit
sourire
- Coucou Louise. Dit – il
Kira nous laissa pour aller s’occuper de ses
autres invités. Daniel et moi faisons mieux
connaissance. J’appris qu’il était en 4è.
nous sommes devenus plus proches. Daniel
me proposa d’aller dans le garage pour
discuter. Vu que la musique était forte, je le
suis donc au garage où nous avons
continué à discuter.
Après quelques minutes, Kira arrive dans le
garage. Elle voit plus proches l’un de
l’autre. Elle dit :
- Ça fait un moment que je vous
cherche
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- Désolé. Lui répondis-je
- Ok, à plus tard
- Ok bye !
Satisfaite que nous étions présents, elle
nous laisse. Daniel prit ma main voulant
m’emmener dans la chambre ami. J’hésite
un moment mais finalement je le suis.
Quelques heures plus tard, la fête est finie.
Nous sortons de la chambre sans se faire
voir. Je lui dis aurevoir et le laisse. Je papote
un peu avec Kira puis ma mère m’appelle
parce qu’il est temps de partir. Je fais un
dernier câlin à Kira, je dis aurevoir à Daniel
puis nous partons.
Arrivée à la maison, j’entre dans ma
chambre et me jette sur mon lit. Je repense
à Daniel. Mais, je fus vite tirée de mes
rêveries par sa mère qui l’appelle pour
diner.
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En suivant Daniel, avais-je fais le bon
choix ?
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2.
L’impensable
Les jours suivants, je me sentais bizarre. Je
vomissais beaucoup, étais tout le temps
fatigué, avais des maux de ventre. À l’école,
Kira le remarqua. Lors de la récréation, elle
me demanda :
- Louise, tu es sûr que ça va ?
- Non. Je ne sais pas ce qui se passe.
- Bon ! viens, je t’emmène chez
Madame Touré.
- Ok.
Arrivée au bureau de notre dame de
division, Kira explique à madame Touré
qu’elle a constaté que je n’allais pas bien.
Madame Touré m’autorisa à aller à
l’infirmerie accompagné de Kira. Une fois à
l’infirmerie, l’infirmerie me pose quelques
questions. Au fur et mesure que je
répondais, elle semblait stupéfaite par les
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symptômes que je lui présentais Louise.
Elle me dit alors d’aller se reposer sur l’un
des lits mis en place pour que les élèves
puissent se reposées. Puis, je l’entendis
appeler madame Touré :
- Dame Touré, ce que ta fille
m’explique, franchement c’est
bizarre.
- Madame, bizarre comment ?
- Bon ! les symptômes qu’elle me
donne sont vraiment étonnant pour
une fille de son âge.
- Madame, qu’est - ce qu’elle a
exactement ?
- Je dirai qu’elle…
- QUOI !!!!!!!!! non ce n’est pas vrai.
Comment ? pourquoi ? qui ?
- Je n’en ai aucune idée. Vous devriez
l’observer aussi et on verra.
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J’ai passé le reste de sa journée à
l’infirmerie. Je n’avais ni faim, ni soif. Ma
mère est informée vers 15 h que mon état
de santé se dégrade. Elle vient donc me
chercher aux environs de 15 h 50 – 16h. Elle
se dit que ça va passer mais non.
Le lendemain, je me réveille comme
d’habitude à 5 heures, je me prépare et le
car vient me récupérer à 5 h 30.
Aujourd’hui, à la 1er h, j’ai Mathématiques.
Le cours débute. Après quelques minutes,
j’eus le vertige. Je signalai au professeur
mon étourdissement. Il s’approche de ma
table pour s’acquérir de mon état. Mais,
trop tard, je m’évanouis.
Plus tard, je me réveille à l’infirmerie, ma
mère à mes côtés. L’infirmière conseilla à
ma mère d’aller voir un gynécologue. Nous
restâmes un peu plus à l’infirmerie pour
qu’elle puisse se remette de son
évanouissement puis nous rentrons à la
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maison. Dès que nous sommes arrivées, je
suis montée me coucher tandis que ma
maman prit un rendez-vous chez le
gynécologue.
Le lendemain à 9 h, je n’étais pas encore
réveillée. Ma mère vint donc me réveiller
pour aller à l’hôpital. Nous sommes
arrivées pile à temps pour le rendez-vous
chez le médecin. Si maman ne m’avais pas
réveillée, nous serions sûrement en retard.
Après quelques minutes d’attente, ce fut
notre tour. Le médecin pose des questions
à louise. Puis, le médecin lui demande de
sortir et de se mettre devant le bureau. Elle
sort un peu inquiète. Qui y a-t-il de si
important qu’elle ne devrait pas entendre ?
Le médecin dit à ma mère :
- Je l’ai examiné et pour confirmer mes
dires, il faut lui faire passer un test de
grossesse
- QUOI ?!
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- Madame, laissez-nous faire. Nous
verrons si oui ou non votre fille est
enceinte.
- J’espère que non.
- Nous l’espérons également.
Ma mère sort du bureau en m’informa que
nous devions nous rendre au laboratoire
pour faire des examens. L’examen s’est fait
très rapidement. Dès que l’examen fini, le
médecin nous appela dans son bureau. Il
dit :
- Madame, le test de grossesse est
positif malheureusement.
- Comment ??
- Mais Louise qui t’a fait cela ?
Comment est-ce possible.
- Maman, je ne comprends pas
comment cela a pu se produire ?!
M’exclamai-je en pleurs
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Ma maman aussi pleurait, déçu par mon
acte. Le médecin nous calme et nous fit
asseoir. Ma mère reprit son souffle et
demanda :
- Louise, dis- moi qui t’a enceinté ?
- Maman s’était à l’anniversaire de Kira.
Je suis allée causer avec son cousin
Daniel et nous avons eu des rapports.
- Comment as-tu pu ? toi qui a toujours
été si vigilante. Bon, rentrons à la
maison.
Une fois à la maison, j’entends ma mère
appeler la mère de Kira et lui explique la
situation. Cette dernière était choquée par
cette information. Elle appela tout de suite
la mère de Daniel. Les trois mamans
décident de se rassembler chez nous.
Daniel était sur son téléphone tandis que
Kira et moi, nous nous regardions en
silence. Ma mère brisa le silence en disant :
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- Bonsoir et merci de vous être
déplacer. Aujourd’hui même, Louise
et moi, nous nous sommes rendus à
l’hôpital et j’ai découvert que Louise
est enceinte.
- Dis-nous à tous Louise, repris la
maman de Kira, qui t’a enceinté ?
- C’est Daniel. Répondis-je avec une
toute petite voix
- Daniel, est-ce vrai ? lui demanda sa
mère.
- Non !
- Si tu continus de mentir, je vais te
gifler. Comment peux-tu mentir dans
une situation pareille. Reprends-t-
elle. Dépose ton téléphone et
réponds-moi.
- Oui, c’est vrai.
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À sa réponse, il eut un silence pesant.
Personne n’osant prendre la parole. La
mère de Kira le rompt :
- Louise, c’est à toi de prendre cette
décision.
- Oui, c’est à toi dans décider.
Approuve ma mère
- Décider de quoi ?! m’exclamai-je
- Veux-tu garder l’enfant ? Dit la mère
de Daniel
- Ou avorter ? compléta la maman de
Kira
- Quel que soit ta décision, je te
soutiendrai et je le ferai savoir à ton
père. Me rassura ma maman
J’étais embarrassée. Tous les regards fixer
sur moi. Je suis mise à pleurer. Daniel se
leva, vint vers moi et essuya mes larmes. Il
dit :
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- Que décides-tu donc de faire,
Louise ?
- Je ne sais pas quoi faire ! m’exclamai-
je.
Kira vint elle aussi plus près de moi et me
prit de ses bras. Ce sentiment de tendresse
me calma. Nos mamans nous regardaient
avec affection.
Je me décide finalement à répondre :
- Je décide de garder l’enfant.
- Merci Louise, dit Daniel, moi de
même, je m’engage à assumer mes
responsabilités.
- Et moi, je vous soutiens. Repris Kira
- Nous respectons votre décision.
Confirmèrent nos mamans en chœur.
Ma mère raccompagne tout le monde à la
porte. Au même moment, mon père arrive.
Il entre dans la maison et s’assoit dans le
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salon. Maman me fait signe de monter
rapidement dans ma chambre.
Mon oreille collée à la porte, j’entends crier
de stupéfaction, d’étonnement et colère.
Après quelques minutes, la tension
descend. Mon père m’appelle à le
rejoindre. Je m’assois et nous discutons
avec maman. Nous avons passé une très
bonne soirée.
Cher lecteur, à la place de Louise, qu’auriez-
vous fait ?
Auriez-vous avorté ou garderiez-vous
l’enfant ?
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3.
Mon nouveau rôle
Comme nous le savons tous, une grossesse
dure 9 mois. Et donc cela signifie une année
scolaire perdue. Mais, je ne regrettais pas
ma décision. Cet enfant est peut-être mon
premier et mon dernier enfant, qui sait ?
en plus, c’est une partie de moi, je ne peux
tuer mon fils ou ma fille. Impossible ! c’est
peut-être
Pendant les trois premiers mois, j’avais du
mal à me contrôler. Maman était toujours
là pour moi. Ensuite, les mois qui ont suivi,
n’ont pas été mal. Mon ventre
s’arrondissait peu à peu. Daniel venait me
rendre visite. Mais nos parents décident de
nous séparer l’un de l’autre. J’étais
actuellement au 8è de ma grossesse. Ma
mère m’aidait physiquement et
moralement. Je faisais des visites chez le
gynécologue. Je suivais également des
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cours en ligne pour rattraper mon retard. Je
ne pouvais plus me rendre à l’école.
Maman devait me suivre constamment
pour s’assurer que j’allais bien. Souvent
quand nous partions à l’hôpital, je voyais
des gens chuchoter sur le fait que je suis
enceinte. Cela me décourageait toujours.
Un jour, aux dernières nouvelles, une jeune
de 11 ans comme moi en France est
décédée suite à un avortement. En
apprenant ça, je me suis senti plus fière de
moi. Mes parents de même, malgré ma
mauvaise décision d’avoir fait des rapports
sexuels avec Daniel, me soutenaient
toujours. Nous sommes le 2 Mai, c’est-à-
dire, dans le 9è mois de ma grossesse. Ce
jour-là, je discutais avec ma mère quand
brusquement je commençai à ressentir des
contractions au ventre. Je me mis à crier et
à m’agiter. Ma mère et mon père
comprenant m’emmenèrent à l’hôpital.
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C’est là qu’est né mon fils Brayan. Ma mère
informa celle de Kira et de Daniel. Ils
étaient tous heureux de l’apprendre. Le 2
mai fut donc le jour de la naissance de mon
fils Brayan. Et comme par hasard, je fête
mon anniversaire le 3 Mai. Je devais rester
à l’hôpital. Donc le lendemain, au moment
où je ne m’y attendais le moins, je reçu une
visite de mes parents, de Kira et Daniel ainsi
que de leurs parents. Ils me souhaitèrent
un joyeux anniversaire. J’étais très contente
de la surprise.
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4.
Ma nouvelle vie
Je suis maintenant une jeune mère. Mon
fils Brayan était très important à mes yeux
et je l’aimais de tout mon cœur. Comme
j’allais à l’école, je laissais Brayan chez ma
mère. Chaque soir, j’allaitais mon Brayan.
« Je suis contente de voir que tu assures tes
responsabilités » me disait souvent ma
mère. Mais comme vous le savez tous, il y a
toujours des filles qui parlent. J’entends
souvent des élèves disant : « louise est une
mauvaise personne » ou encore « louise ne
devrait pas rester dans cette école, ces
actes sont scandaleux » et bien d’autres
choses étaient dites sur moi mais
j’assumais. J’ai rattrapé mon retard mais si
mes amies étaient une classe devant moi,
je maintenais le cap.
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J’ai avancé dans mes études et aujourd’hui
je suis en terminale C parce que je voudrais
devenir médecin. Mes parents ne le savent
pas encore car pour faire la 2nde C, la 1ère C
et la Tle C, je leur juste dit que je veux
exercer un domaine scientifique. Donc
comme je le disais, je suis en terminale C,
bon je précise, en attente des résultats du
BAC. L’examen était rude et je m’étais bien
débrouillée. C’est demain que les résultats
du BAC seront affichés. Maman et moi
sommes surexcitées. Je vais me coucher
avec un grand stress.
Le lendemain, je me réveille la première à
7 h 50. Je m’apprête : je prends mon petit
déjeuner, je me lave et me brosse les dents,
je m’habille et pour finir je me prépare un
petit sac. Je suis enfin prête à y aller. Je vais
réveiller mes parents qui dormaient
encore. Ils se réveillent en sursaut vu
l’heure. À 8 h, nous prîmes la route. À la
foule qu’il y avait devant le tableau, nous
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choqua. Après quelques bousculades, ce
fut mon tour. Mon père, ma mère et moi,
nous nous attrapions main dans la main. Je
commence à cherche mon nom. J’arrive
dans la lettre K :
- Kouamé Loan …..
- Kouamé Lorent …..
- Kouamé louise ….. Admise/ mention
très bien
Je crie de joie et mes parents avec moi.
J’avais réussi.
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