CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET
DENDROMETRIQUES DES PARCS AGROFORESTIERS DANS
LA REGION DES SAVANES AU NORD-TOGO
ANDOU Zibril, Doctorant à l’Université de Lomé
BOUKPESSI Tchaa, Maître de Conférences à l’Université de Lomé
RESUME
Les agriculteurs de la Région des Savanes au Togo ont mis en œuvre depuis
plusieurs générations un système traditionnel d'utilisation des terres connu sous le
nom de parcs agroforestiers. Ce système consiste à épargner des arbres utiles
disséminés sur les terres cultivées ou sur les jachères récentes. La présente étude
vise à déterminer les caractéristiques floristiques et dendrométriques de ces parcs
agroforestiers. La collecte des données est basée fondamentalement sur un inventaire
floristique effectué à travers des relevés phytosociologiques. Cette méthodologie a
permis de déterminer deux grands types de parcs agroforestiers à savoir les parcs
monospécifiques (parcs à Vitellaria paradoxa, parcs à Borassus aethiopum et parcs
à Parkia biglobosa) et les parcs mixtes (parcs à Borassus aethiopum et à Parkia
biglobosa ; parcs à Vitellara paradoxa et à Borassus aethiopum ; parcs à Parkia
biglobosa et à Vitellaria paradoxa ; parcs mixte composite). Ils sont dans
l’ensemble caractérisés par une faible diversité spécifique avec un indice de
Shannon moyen de 0,64 bits, une équitabilité de Pielou moyenne de 0,63 et une
densité moyenne de 21 pieds/ha. La distribution des individus par classes de
diamètre diffère aussi d’un parc à l’autre avec des structures en cloche, en dents de
scie et en « L ». Cette étude prouve que la diversité floristique des parcs
agroforestiers est menacée et par conséquent des mesures adéquates doivent être
prises pour lutter contre la dégradation de cette diversité floristique des parcs
agroforestiers.
Mots clés : Parc agroforestier, Région des Savanes (Togo), Vitellaria paradoxa,
Parkia biglobosa, Borassus aethiopum
Revue de Géographie de l’Université de Ouagadougou, N° 09, Vol. 1, Octobre 2020 127
ANDOU Zibril, BOUKPESSI Tchaa
ABSTRACT
Floristic and dendrometric characteristics of agroforestry parks in the savannah
region of North Togo
Farmers in the Savannah region of Togo have for several generations implemented
a traditional land use system known as agroforestry parks. This system consists in
sparing useful trees scattered on cultivated land or on recent fallows. The present
study aims to determine the floristic and dendrometric characteristics of these
agroforestry parks. Data collection is basically based on a floristic inventory
carried out through phytosociological surveys. This methodology made it possible to
determine two main types of agroforestry parks, namely monospecific parks (parks
in Vitellaria paradoxa, parks in Borassus aethiopum and parks in Parkia biglobosa)
and mixed parks (parks in Borassus aethiopum and Parkia biglobosa; parks in
Vitellara paradoxa and Borassus aethiopum; parks of Parkia biglobosa and
Vitellaria paradoxa; mixed composite parks). They are generally characterized by a
low specific diversity with an average Shannon index of 0.64 bits, an average Pielou
fairness of 0.63 and an average density of 21 feet / ha. The distribution of
individuals by diameter classes also differs from park to park with bell, jagged and
"L" shaped structures. This study proves that the floristic diversity of agroforestry
parks is threatened and therefore adequate measures must be taken to fight against
the degradation of this floristic diversity of agroforestry parks.
Keywords: Agroforestry park, Savannah Region (Togo), Vitellaria paradoxa, Parkia
biglobosa, Borassus aethiopum
Revue de Géographie de l’Université de Ouagadougou, N° 09, Vol. 1, Octobre 2020 128
CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET DENDROMETRIQUES DES PARCS
AGROFORESTIERS DANS LA REGION DES SAVANES AU NORD-TOGO
INTRODUCTION
La végétation d’une région est une composante majeure de sa
diversité biologique qui est le résultat d’un long processus de sélection
naturelle sous l’action du climat, des conditions édaphiques et
topographiques sans oublier l’action légendaire de l’homme (Wala K., 2004,
p.19). La diversité des essences forestières naturelles est en proie aujourd’hui
à d’énormes pertes qui se traduisent parfois par la disparition de certaines
espèces végétales. En effet, lors de l’installation du champ, l’agriculteur
entreprend une sélection spécifique des essences forestières. Il façonne son
champ en éliminant les espèces indésirables et en protégeant les espèces qu’il
juge utiles. On note alors une réduction du nombre d’espèces ligneuses dans
le champ par rapport aux végétations naturelles (Boukpessi T., 2013, p.143).
La biodiversité subie de nos jours une perte considérable. Les menaces et
pressions diverses liées aux pratiques de l’agriculture itinéraire sur brûlis, à la
pratique périodique des feux de brousse, aux pratiques du braconnage ;
demeurent les causes de cette perte de la biodiversité. Toutes ces pressions
ont pour corollaire, la rareté et la disparition de certaines espèces, l’érosion
de la diversité biologique (MERF, 2014, p.3). Cette dégradation de la
diversité biologique est observable tant dans les formations forestières que
dans les formations façonnées par les hommes à des fins agricoles, que sont
les parcs agroforestiers. La Convention sur la diversité biologique représente
une avancée majeure dans la conservation de la diversité biologique.
L’adhésion du Togo à cette convention en 1992 et sa ratification en 1995, est
une preuve de son engagement en matière de conservation de la diversité
biologique. Malgré les efforts menés, les cibles atteintes n’ont pas permis de
réduire de façon significative le rythme de la perte de la diversité biologique
auquel le pays fait face.
Sur le plan floristique, la flore de la région des Savanes au Togo se
distingue par l’existence d’une formation de plus en plus ouverte et pauvre en
biodiversité. Les inventaires floristiques ont permis de relever 413 espèces
distribuées en 245 genres et 70 familles dont les Poaceae, les Fabaceae, les
Rubiaceae et les Asteraceae sont les plus représentées (Démakou Y., 2009,
p.97). La plupart des études menées sur la végétation dans la Région Savanes
(Kpongou G., 1994, Démakou Y., 2009, Djéne N., 2015) n’ont pas spécifié la
diversité biologique dans les parcs agroforestiers malgré la place qu’occupe
ces parcs agroforestiers dans ladite région. En effet, dans toute la région, ce
système agroforestier où les arbres sont associés aux cultures et/ou aux
animaux est présent et marqué par une domination significative de certaines
espèces ligneuses. Selon Koumoï Z. (2009, p.41), la pratique de cultures sous
couvert arboré permet de distinguer plusieurs types de parcs agroforestiers.
Les champs et les jachères parsemés de ligneux donnent ainsi des paysages
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de parcs agroforestiers dont la typologie est principalement basée sur la
composition floristique et sur la dominance d’une ou de plusieurs espèces
ligneuses. Cette étude vise donc à déterminer les caractéristiques floristiques
et dendrométriques des parcs agroforestiers dans la Région des Savanes dans
le but de prendre des mesures idoines pour une meilleure conservation.
1. CADRE GEOGRAPHIQUE ET METHODOLOGIQUE
1.1. Présentation de la zone d’étude
La figure 1 présente la localisation de la zone d’étude.
Figure 1: Localisation de la zone d'étude
Source : INSEED, 2012
La Région des Savanes (figure 1), est localisée entre 0° et 1° de longitude
est et 10° et 11° de latitude nord. C’est la région la plus septentrionale du pays avec
une superficie de 8 533 km², soit 15 % du territoire national. Le tiers de sa superficie
est occupé par les réserves de flore et de faune (URD, 2006, p. 3). Le milieu
naturel de cette région est caractérisé du sud au nord, par une vaste plaine en
gouttière constituant le bassin versant de l’Oti, ensuite une succession de
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AGROFORESTIERS DANS LA REGION DES SAVANES AU NORD-TOGO
deux plateaux gréseux (plateaux de Bombouaka et de Dapaong) limités par
un escarpement et, enfin une pénéplaine précambrienne à l’extrême nord qui
s’ouvre sur le territoire burkinabé. Elle est majoritairement dominée par des
sols concrétionnés lessivés, des sols indurés lessivés, les sols peu évolués et
les sols hydromorphes (Poss R., 1996 cité par Kankpénandja L., 2016, p. 82).
Située dans la zone de climat tropical de type soudanien, cette région
est caractérisée par un régime pluviométrique unimodal avec des
précipitations annuelles comprises entre 900 et 1200 mm, mais concentrées sur
seulement 4 mois. Les températures sont toujours élevées variant entre 25°C
et 40°C qui est la résultante d’une forte insolation et d’une faible humidité
relative (Démakou Y., 2009, p. 21).
Selon les subdivisions éco-floristiques du Togo, la Région des
Savanes est située dans la zone écologique I. Le couvert végétal y est
essentiellement formé de savanes, notamment de « savanes arborés et
arbustive à forte emprise agricole » donnant ainsi des paysages de parcs
arborés ; et de « savanes boisées soudaniennes ». Mais le principal type de
végétation de la zone d’étude est la savane arborée soudanienne où subsistent
quelques lambeaux de forêt-galerie le long des berges de l’Oti (Bangani N.,
2016, p. 69, Ern H., 1979 cité par Lamboni T., 2017, p. 70).
La Région des Savanes compte 828 224 habitants et est
majoritairement rurale avec 90,15 % (DSID, 2013, p. 17). L’agriculture
constitue la principale activité économique à laquelle s'adonnent au moins 96
% de la population de la zone d’étude et fourni 90 % des revenus aux paysans
(URD, 2006, p.41). Cette population a pendant longtemps conservé et
entretenu des espèces ligneuses jugées utiles sur les parcelles agricoles
donnant ainsi des paysages de parcs arborés à la région.
1.2. Approche méthodologique
L’approche méthodologique utilisée pour atteindre l’objectif de cette
étude est basée sur la collecte des données et leur traitement.
1.2.1. Collecte des données
Les données floristiques ont été collectées sur 18 sites (figure 2).
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Figure 2: Carte des sites
Source : INSEED, 2012 et travaux de terrain, 2019
Ces sites ont étés choisis sur la base de la physionomie générale des
parcs et dans le souci de couvrir tous les types physionomiques de parcs
existants dans la zone d’étude.
Les différents sites qui ont fait objet de relevés floristiques sont :
Korbongou, Naki-Ouest, Pana, Timbou, Nadjoundi, Mandouri, Borgou,
Papri, Nayéga, Naki-Est, Bogou, Bombouaka, Nano, Nagbéni, Galangashie,
Barkoissi, Gando et Sagbiébou. Sur chaque site, un inventaire floristique des
peuplements ligneux des parcs agroforestiers été effectué dans des placeaux
de 50 m x 50 m soit 2500 m2 (Wala K., 2004, p. 32 ; Boukpessi T., 2010, p.
102 ; Boukpessi T., 2013, p. 136). Au total, 216 placeaux ont été installés et
répartis systématiquement sur tous les sites à raison de 12 placeaux par site.
Les paramètres relevés pour chaque ligneux sont : le nom scientifique, la
circonférence mesurée à 1,30 m du sol pour les individus à dbh ≥ 10 cm et la
hauteur. Les pieds avec un dbh < 10 cm sont recensés sur les mêmes placeaux et
classés dans les régénérations. Le matériel utilisé est le mètre ruban et une tige
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CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET DENDROMETRIQUES DES PARCS
AGROFORESTIERS DANS LA REGION DES SAVANES AU NORD-TOGO
en bambou gradué pour mésuser respectivement la circonférence et la hauteur
des individus. Un GPS a permis de prendre les coordonnées des relevés.
1.2.2. Traitement des données
La typologie des parcs arborés est faite selon la classification de
Raison (Sall P. N., 1993 cité par Sène A., 1994, p. 4) basée essentiellement
sur la physionomie des essences ligneuses dominantes et donc sur la base de
la composition floristique et des proportions des espèces dans les différents
parcs agroforestiers existantes. Ces proportions et les densités ont été
calculées en considérant les individus ayant un diamètre (DBH) supérieur ou
égal à 10 cm (les individus ayant un DBH inférieur à 10 cm ont été relevés
sur les même placeaux et classés dans la régénération potentielle). La formule
appliquée pour la fréquence (F) est : F = (n/N) ×100, dont n = nombre de fois
que l’espèce apparaît dans les relevés et N = nombre total de relevés.
La densité (D) quant à elle est calculée par la formule : D = N/S, dont
N = effectif total des individus dans l’échantillon considéré et S = surface
échantillonnée en hectare.
Pour rendre compte de la structure démographique des peuplements
ligneux, la distribution des individus par classe de diamètre et de hauteur a
été effectuée à l’aide du tableur Excel. Les arbres inventoriés ont été
regroupés en classes de diamètre et de hauteur (Wala K. et al., 2005, p. 211).
La classification ascendante hiérarchique a été faite à l’aide du
logiciel Community Analysis Package (CAP) en se fondant sur la méthode
d’agglomération ou d’individualisation de Ward pour classifier les relevés à
partir du tableau floristique présence-absence des différentes espèces
ligneuses (Woegan Y. A., 2007, p.32 ; Boupkessi T., 2010, p.109). Cette
méthode est utilisée pour faire ressortir les différents groupements de parcs
agroforestiers.
La diversité spécifique de chaque site de parcs agroforestiers a été
analysée à l’aide des indices de structure et d’association des communautés
végétales, à savoir la richesse spécifique, l’indice de diversité de Shannon (H)
et le coefficient d’équitable de Pielou (E). Les expressions des indices de
diversité sont :
L’indice de diversité de Shannon (1963)
H = - ∑𝒏𝒊=𝟏 𝒑𝒊. 𝐥𝐨𝐠 𝟐 . 𝒑𝒊 Où : H = indice de diversité de Shannon ; pi
= (n/No) est l’abondance relative des individus de l’espèce considérée, (n) est
le nombre d’individu(s) de l’espèce considérée, (No) est le nombre total
d’individus recensés de l’ensemble des espèces. L’indice de Shannon (H) est
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exprimé en bit. L’indice est représenté par un nombre réel positif souvent
compris entre 0 et 5, mais n’ayant en théorie pas de maximum. Les valeurs
élevées de H traduisent les conditions favorables du milieu pour
l’implantation de nombreuses espèces. Par contre, les valeurs faibles de H
traduisent les conditions défavorables du milieu pour l’installation d’espèces.
L’indice d’équitabilité de Pielou (1966) :
E = H / 𝐥𝐨𝐠 𝟐 𝑵𝒐 ; où : H = indice de diversité de Shannon ; No =
nombre total d’espèces ; 𝐥𝐨𝐠 𝟐 𝑵𝒐 = valeur théorique de la diversité maximale
pouvant être atteinte dans chaque groupement ; elle correspond à un état de
répartition égale de tous les individus entre toutes les espèces du groupement.
L’équitabilité de Pielou (E) varie entre 0 et 1. Elle correspond à un état de
répartition égale de tous les individus entre toutes les espèces du groupement.
Elle tend vers 0 lorsqu’il y a un phénomène de dominance et tend vers 1
lorsque la répartition des individus entre les espèces est régulière (pas de
phénomène de dominance).
2. RESULTATS : TYPOLOGIES DES PARCS AGROFORESTIERS
Plusieurs types de parcs agroforestiers sont rencontrés dans la Région
des Savanes au Togo. La figure 3 présente les résultats de la Classification
Ascendante Hiérarchique (CAH) réalisés par CAP à travers la méthode Ward.
Figure 3: Dendrogramme de la classification des relevés floristiques
Source : Travaux de terrain, 2019
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CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET DENDROMETRIQUES DES PARCS
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L’analyse de la figure de la classification hiérarchique ascendante des
relevés floristiques montre qu’au seuil de dissimilarité de 75 % on a deux
grands types de parcs agroforestiers (Groupe A et B). Ces grands groupes
sont, au seuil de signification de 25 %, subdivisés respectivement en trois et
quatre sous-groupes :
Groupe A qui correspond aux parcs monospécifiques. Il s’agit de :
o A1 : parcs à Vitellaria paradoxa (planche 1a) ;
o A2 : parcs à Borassus aethiopum (planche 1b) et
o A3 : parcs à Parkia biglobosa (planche 1c).
Groupe B qui correspond aux parcs mixtes. Il s’agit de :
o B1 : parcs à Borassus aethiopum et à Parkia biglobosa ;
o B2 : parcs à Vitellaria paradoxa et à Borassus aethiopum ;
o B3 : parcs à Parkia biglobosa et à Vitellaria paradoxa ;
o B4 : parcs mixte composite sans aucune dominance nette
d’une espèce donnée.
Planche 1: Parcs à Vitellaria paradoxa (a), à Borassus aethiopum (b) et à
Parkia biglobosa (c).
a b
Source : Clichés ANDOU Zibril, 2019
Cette planche montre quelques paysages de parcs agroforestiers de la zone
d’étude. Il s’agit des parcs à Vitellaria paradoxa (a), à Borassus aethiopum
(b) et à Parkia biglobosa (c).
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2.1. Les parcs à Vitellaria paradoxa
Le parc à Vitellaria paradoxa du site de Mandouri montre une forte
proportion de Vitellaria paradoxa (89 %) dans le peuplement arborescent du
site. Viennent ensuite Parkia biglobosa (4 %), Azadirachta indica et acacia
senegalensis avec 2 % chacune, et en fin prosopis africana, Lanea
microcarpa et Tamarindus indica avec 1 % chacune. La richesse spécifique
des ligneux est de 7 espèces avec une densité de 23 arbres/ha. L’indice de
diversité de Shannon pour ce site est de 0,24 bits ce qui signifie que les
conditions du milieu ne sont pas favorables pour l’implantation de
nombreuses espèces. L’équitabilité de Pielou est de 0,28 ce qui traduit une
répartition des individus entre les espèces est irrégulière. La figure 4b
représente la répartition des ligneux par classes de hauteur tandis que la
figure 4a représente la répartition par classes de diamètres.
Figure 3 : Répartition des ligneux par classe de diamètre (a) et par classes des
hauteurs (b)
Source : Travaux de terrain, 2019
L’examen de la figure 4b montre que la distribution des individus par
classe de hauteur présente une allure en « L », ce qui est caractérisé par une
répartition décroissante des individus de petites classes de hauteur vers les
grandes. Les ligneux les plus représentés ont une hauteur comprise entre 4 et
6 m (54,29 %), suivis par les ligneux de 7 à 9 m de hauteur (42,86 %). Il y a
très peu d’individus dont la hauteur est supérieure à 9 m. La distribution des
individus par classe de diamètre (figure 4a) présente aussi en dehors de la
classe 10-29 cm, une allure en « L » signifiant une répartition décroissante
des ligneux de petits diamètre vers ceux de grands diamètre. Les arbres de
diamètre compris entre 30 et 49 cm sont les plus nombreux avec 51,43 %
suivis de ceux dont le diamètre est compris entre 50 et 69 cm (34,29 %).
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CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET DENDROMETRIQUES DES PARCS
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2.2. Les parcs à Parkia biglobosa
Il s’agit des parcs où Parkia biglobosa est l’espèce arborescente la
plus représentée. C’est le cas par exemple du site de Gando où on constate
une prédominance du Parkia biglobosa (80 %). La richesse spécifique est de
6 espèces ligneuses avec une densité de 22 arbres/ha. Vitellaria paradoxa
(8 %), Tamarindus indica (5 %), Vitex doniana (3 %), Azadirachta indica
(3 %) et Blighia sapida (1 %) sont aussi présentes. L’indice de diversité de
Shannon est de 0,34 bits ce qui signifie que les conditions du milieu ne sont
pas favorables pour l’implantation de nombreuses espèces. L’équitabilité de
Pielou est de 0,44 ce qui traduit une répartition des individus entre les
espèces est irrégulière, montrant ainsi un phénomène de dominance. La
figure 5b représente la répartition des ligneux par classes de hauteur tandis
que la figure 5a représente la répartition par classes de diamètres.
Figure 5 : Répartition des individus par classe de diamètre (a) et par classe de
hauteur (b)
Source : Travaux de terrain : 2019
L’observation de la figure 5b fait ressortir une allure en « Cloche » ce
qui traduit l’existence de plus grands effectifs dans les classes moyennes de
hauteur par rapport aux petites et grandes classes de hauteur. On note une
dominance des ligneux ayant une hauteur de 10 à 12 m (46,97 %) suivis des
ligneux de 7 à 9 m (39,39 %). Les individus inférieurs à 7 m de haut (1,52 %)
et ceux supérieurs à 12 m (12,12 %) sont très peu représentés sur ce site. La
distribution des individus par classes de diamètre (figure 5a) quant à elle
présente une allure en « dent de scie » traduisant ainsi une répartition
irrégulière des différents individus. Les individus dont le diamètre est
compris entre 50 et 69 cm (42,42 %) sont les plus représentés. Ils sont suivis
des ligneux de diamètres compris entre 30 et 49 cm (25,76 %). Les individus
de faibles diamètres (10-29 cm) et les individus de grand diamètre (≥ 130 cm)
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ANDOU Zibril, BOUKPESSI Tchaa
sont les moins représentés avec des proportions respectives de 3,03 % et 1,52
%.
2.3. Les parcs à Borassus aethiopum
Le parc de Barkoissi montre une forte prédominance du Borasus
aethiopum (78 %). La richesse spécifique est de 8 espèces avec une densité
de 23 arbres/ha. A l’espèce dominante s’ajoute Vitellaria paradoxa (7 %),
Parkia biglobosa (4 %), Azadirachta indica (3 %), Mangifera indica (3 %),
Diospyros mespiliformis (2 %), Ficus gnafalocarpa (2 %) et Lanea
microcarpa (1 %). L’indice de diversité de Shannon pour ce site est de 0,40
bits ce qui signifie que les conditions du milieu ne sont pas favorables pour
l’implantation de nombreuses espèces. L’équitabilité de Pielou est de 0,44 ce
qui traduit une répartition des individus entre les espèces est irrégulière,
montrant ainsi un phénomène de dominance. La figure 6a représente la
distribution des ligneux par classes de hauteur tandis que la figure 6b
représente la distribution par classes de diamètres.
Figure 6 : Répartition des individus par classes de diamètre (a) et par classes
de hauteur (b)
Source : Travaux de terrain, 2019
Il ressort de l’observation de la figure 6b que la distribution des
individus par classes de hauteur présente une allure en « Cloche » ce qui
traduit l’existence de plus grands effectifs dans les classes moyennes de
hauteur par rapport aux petites et grandes classes de hauteur. Les individus
ayant une hauteur comprise entre 7 et 9 m et ceux ayant 10 à 12 m sont les
plus abondants avec 43,94 % chacun. Les individus les moins représentés
sont ceux inférieurs à 7 m de haut (7,58 %) et ceux supérieurs à 16 m de haut
(4,55 %). L’analyse de la figure 6a quant à elle fait ressortir une allure en
« dents de scie » traduisant ainsi une répartition irrégulière des différents
individus avec une nette dominance des individus de 30 à 49 cm de diamètre
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CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET DENDROMETRIQUES DES PARCS
AGROFORESTIERS DANS LA REGION DES SAVANES AU NORD-TOGO
(64,29 %). Les individus les moins abondants sont ceux qui ont un diamètre
de 70 à 89 cm (1,43 %).
2.4. Les parcs mixtes
Ce sont des parcs dont la physionomie est dominée par deux espèces
végétales dont l’effectif cumulé constitue la grande majorité des espèces
ligneuses présents dans le parc.
2.4.1. Parc mixte à Parkia biglobosa et Vitellaria paradoxa
Il s’agit des parcs dans lesquels Parkia biglobosa et Vitellaria
paradoxa ont les effectifs les plus élevés (supérieur à 50 %). C’est le cas sur
le site de Papri. On constate sur cette figure 34a que Parkia biglobosa et
Vitellaria paradoxa sont les espèces ligneuses prédominantes du parc avec
respectivement 31 % et 37 %. La richesse spécifique ligneuse est de 10
espèces avec une densité de 23 arbres/ha. Ces deux espèces sont suivies par
Bombax costatum (12 %), Diospyros mespiliformis, Azadirachta indica,
Tamarindus indica avec 4 % chacun. Ensuite viennent dans une très moindre
mesure le Borassus aethiopum (3 %), Lanea microcarpa (2 %), Anacardium
occidentale (2 %) et Tectona grandis (1 %). L’indice de diversité de Shannon
est de 0,35 bits ce qui signifie que les conditions du milieu ne sont pas
favorables pour l’implantation de nombreuses espèces. L’équitabilité de
Pielou quant à elle est de 0,58 ce qui traduit répartition régulière des
individus entre les espèces (pas de phénomène de dominance).
La figure 7b représente la distribution des ligneux par classes de
hauteur tandis que la figure 7a représente la distribution par classes de
diamètres.
Figure 7 : Distribution des individus par classes de diamètre (a) et par classes
de hauteur (b)
Source : Travaux de terrain, 2019
Revue de Géographie de l’Université de Ouagadougou, N° 09, Vol. 1, Octobre 2020 139
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La figure 7b montre une distribution des individus par classe de
hauteur à l’allure de « Cloche » traduisant ainsi l’existence de plus grands
effectifs dans les classes moyennes de hauteur par rapport aux petites et
grandes classes de hauteur. Les individus les plus nombreux ont une hauteur
comprise entre 7 et 9 m (51,47 %). Ils sont suivis des individus de 10 à 12 m
de haut (25 %) et ceux de 4 à 6 m (19,12 %). Les individus de plus faible
proportion des classes de hauteur sont ceux ayant une hauteur de 13 à 15 m
(4,41 %). Il faut noter que les individus dont la hauteur est supérieure à 15 m
sont inexistants dans ce parc. La figure 7a présente une structure diamétrique
aussi en « Cloche » ce qui traduit l’existence de plus grands effectifs dans les
classes moyennes de diamètre par rapport aux petites et grandes classes de
diamètre. La proportion des ligneux de petits diamètres et celle des ligneux
de grands diamètres (supérieur à 109 cm) est faible soit respectivement de
4,41 % et de 2,86 %.
2.4.2. Parc mixte à Borassus aethiopum et Parkia biglobosa
Le site de Naki-ouest est un parc mixte dominé par B. aethiopum et P.
biglobosa. Ce sont ces deux espèces ligneuses qui prédominent. Il s’agit
notamment Borassus aethiopum (38 %) et Parkia biglobosa (20 %). La
richesse spécifique de ce parc est 9 espèces avec une densité de 17 arbres/ha.
Aux deux espèces dominantes s’ajoute des espèces telles que Tamarindus
indica, Ficus gnafalocarpa (8 %), Vitellaria paradoxa (6 %), Diospyros
mespiliformis (6 %), Parkia biglobosa (4 %) et en fin Azadirachta indica et
Lanea microcarpa avec 2 % chacune. L’indice de diversité de Shannon pour
ce site est de 0,78 bits traduisant les conditions défavorables du milieu pour
l’implantation de nombreuses espèces. L’équitabilité de Pielou quant à elle
est de 0,82 ce qui montre que la répartition des individus entre les espèces est
régulière (pas de phénomène de dominance). La figure 8b représente la
distribution des ligneux par classe de hauteur tandis que la figure 8a
représente la distribution par classes de diamètres.
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CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET DENDROMETRIQUES DES PARCS
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Figure 8 : Distribution des individus par classe de diamètre (a) et par classe
de hauteur (b)
Source : travaux de terrain, 2019
Il ressort de l’observation de cette figure 8b que la distribution des
ligneux par classe de hauteur de ce parc donne une allure en « Cloche »
traduisant l’existence de plus grands effectifs dans les classes moyennes de
hauteur par rapport aux petites et grandes classes de hauteur. Les ligneux
dont la hauteur est comprise entre 7 et 9 m (66 %) sont les plus représentés
sur ce site. Les individus les moins nombreux sont dont la hauteur est
comprise entre 13 et 15 m (2 %) qui constitue d’ailleurs la hauteur maximale
dans ce parc. La structure diamétrique du parc de Naki-ouest (figure 8a)
présente aussi une allure en « Cloche » ce qui traduit l’existence de plus
grands effectifs dans les classes moyennes de diamètre par rapport aux petites
et grandes classes de diamètre. Les individus les plus abondants sont de 50 à
69 cm de diamètre (75,51 %). Les individus de diamètre supérieur ou égal à
70 cm sont les moins représentés (10,20 %).
2.4.3. Parcs mixte à Vitellaria paradoxa et à Borassus aethiopum
Le Parc mixte à Vitellaria paradoxa et Borassus aethiopum est
rencontré sur le site de Pana. On rencontre une dominance de deux espèces à
savoir Vitellaria paradoxa et Borassus aethiopum. La richesse spécifique de
ce parc est de 14 espèces ligneuses avec une densité de 25 arbres/ha. L’indice
de Shannon est de 0,96 bits traduisant les conditions défavorables du milieu
pour l’implantation de nombreuses espèces. L’Equitabilité de Pielou est de
0,84 ce qui montre que la répartition des individus entre les espèces est
régulière (pas de phénomène de dominance). Les structures diamétrales et en
hauteur des ligneux de ce parc sont présentées par les figure 9.
Revue de Géographie de l’Université de Ouagadougou, N° 09, Vol. 1, Octobre 2020 141
ANDOU Zibril, BOUKPESSI Tchaa
Figure 9 : Structure en diamètre (a) et en hauteur (b)
Source : Travaux de terrain, 2019
L’observation de la figure 9a montre une courbe d’une allure en
« cloche » » traduisant l’existence de plus grands effectifs dans les classes
moyennes de diamètre par rapport aux petites et grandes classes de diamètre.
On note ainsi la présence d’un grand nombre d’arbres de diamètre moyen (30
à 69 cm) soit 79,73 %. Les ligneux de petits diamètres (10 à 29 cm) et de
grands diamètres (< à 90 cm) sont moins nombreux. La distribution par
classes de hauteur (figure 9b) montre une allure en « L » en dehors des
ligneux inférieur à 4 m de haut traduisant une répartition décroissante des
ligneux de petits hauteur vers ceux de grands hauteur. On note une
décroissance des ligneux de hauteurs moyenne vers ceux de grandes hauteurs.
Les arbres de 4 à 9 m de haut sont les plus représentés avec 85,34 %.
2.4.4. Les parcs mixtes composites
Les parcs mixtes composites sont des parcs dans lesquels aucune
espèce ligneuse n’est nettement dominante. Ce type de parc a été observé sur
le site de Korbongou. L’analyse de la composition floristique fait ressortir
une grande richesse spécifique (14 espèces ligneuses) sans aucune dominance
nette d’une espèce avec une densité de 17 arbres/ha. Néanmoins les espèces
les plus représentées sont Adansonia digitata et borassus aethiopum avec 19
% chacune. Ensuite viennent Azadirachta indica (15 %), Lanea microcarpa
(7 %), Diospyros mespiliformis, Acacia albida, Tectona grandis avec
chacune 6 %. Les espèces les moins représentées sont Crossopteryx
febrifuga, vitex doniana et Ficus gnafalocarpa avec seulement 2 % chacune.
Pour ce parc, l’indice de Shannon est de 1,2 bits traduisant ainsi les
conditions défavorables du milieu pour l’implantation de nombreuses
espèces. L’Equitabilité de Pielou est de 0,89 ce qui traduit une répartition
régulière des individus entre les espèces (pas de phénomène de dominance).
Revue de Géographie de l’Université de Ouagadougou, N° 09, Vol. 1, Octobre 2020 142
CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET DENDROMETRIQUES DES PARCS
AGROFORESTIERS DANS LA REGION DES SAVANES AU NORD-TOGO
La distribution des individus par classes de hauteur et par classes de diamètre
sont représentées respectivement dans les figures 10b et 10a.
Figure 10 : Distribution des individus par classe de diamètre (a) et par classe
de hauteur (b)
Source : Travaux de terrain, 2019
On constate sur la figure 10b, une concentration des individus
principalement dans deux classes de hauteur notamment la classe de 7 à 9 m
(55,77 %) et celle de 4 à 6 m (40,38 %) donnant ainsi une allure de
« Cloche » ce qui traduit l’existence de plus grands effectifs dans les classes
moyennes de hauteur par rapport aux petites et grandes classes de hauteur. La
figure 10a quant à elle fait ressortir une concentration des individus dans les
classes de petits diamètres. Les individus de diamètre compris entre 50 et 69
cm sont les plus nombreux (30,19 %), suivis des individus de 10 à 29 cm et
de 30 à 49 cm de diamètre avec 22,64 % pour chaque classe de diamètre. La
plus faible proportion est occupée par les ligneux de 70 à 89 cm de diamètre
qui est de 1,89 %. Tout ceci donne à la structure une allure en « dents de
scie » traduisant ainsi une répartition irrégulière des différents individus.
3. DISCUSSION
Dans cette étude deux grands types de parcs ont été identifiés dans la
région à savoir les parcs monospécifiques (parcs à Vitellaria paradoxa, parcs
à Borassus aethiopum et parcs à Parkia biglobosa) et les parcs mixtes (parcs
à Borassus aethiopum et à Parkia biglobosa ; parcs à Vitellara paradoxa et à
Borassus aethiopum ; parcs à Parkia biglobosa et à Vitellaria paradoxa ;
parcs mixte composite sans aucune dominance nette d’une espèce donnée).
La présence de ces parcs résulte de l’action de sélection et de conservation
des arbres utiles comme Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) aux
Revue de Géographie de l’Université de Ouagadougou, N° 09, Vol. 1, Octobre 2020 143
ANDOU Zibril, BOUKPESSI Tchaa
paysans durant des décennies. Cette conservation est fonction de l’utilité des
espèces, des valeurs culturelles des paysans et des facteurs pédologiques.
C’est aussi l’ancrage de la population sur le milieu. C’est pourquoi Pelissier
P. (1980, cité par Koumoï Z. et Laré Y. L., 2014, p. 102) affirme que par la
composition et par le rôle qui lui est assigné, le peuplement arboré de
l’espace agricole apparait comme révélateur de la stratégie que chaque
société conduit à l’égard du milieu où il est inséré.
Certains de ces types de parcs ont été trouvés par Wala K. et al.
(2005, p. 211) dans la préfecture de Doufélgou, à la différence que dans cette
préfecture, les auteurs ont aussi trouvé des parcs à Elaeis guineensis. Nos
résultats corroborent également ceux de Boukpessi T., (2013, p. 132) qui a
aussi trouvé les deux grands types de parcs agroforestiers dans la partie
septentrionale des monts Togo, à la différence, tout comme chez Wala K. et
al., qu’il a aussi trouvé des parcs à Elaeis guineensis. Selon Gnanglè, (2005,
cité par Natta A. K. et al., 2012, p. 69), les parcs à karité et à néré sont le type
le plus dominant des systèmes agroforestiers des savanes soudaniennes du
nord Bénin. Contrairement à notre zone d’étude, le Borassus aethiopum est
selon Natta A. K. et al., (2012, p. 74) une espèce compagne différentielle
ayant une fréquence moins élevée. Les parcs de la zone d’étude sont
caractérisés par une faible densité qui va de 17 à 25 pieds/ha avec une
moyenne de 21 pieds/ha. Cette densité est nettement inférieure à celle trouvée
par Koumoï Z. et Laré Y. L., (2014, p. 102), au Centre du Togo, qui est de 71
arbres à l’hectare. Elle est aussi inférieure à celle trouvée par Boukpessi T.,
(2013, p. 138) qui est de 61 arbres/ha et à celles trouvées par Wala K. et al.,
(2005, p. 215) qui varie de 32 arbres/ha à 82 arbres/ha, et exceptionnellement
à 161 pour les parcs à Elaeis guineensis.
La richesse spécifique des parcs agroforestiers de la Région des
Savanes est de 26 espèces ligneuses réparties en 15 familles. La richesse
spécifique est dans l’ensemble plus élevée dans les parcs mixtes que dans les
parcs monospécifiques. Elle est pratiquement la moitié de celle trouvée par
Diedhiou M. A. A. et al. (2014, p. 6858) qui est de 54 espèces ligneuses
réparties en 24 familles et 43 genres. Par contre, elle est semblable à celle
trouvée par Natta A. K. et al., (2012, p.75) qui est de 24 espèces, à celle
trouvée par Wala K. et al., (2005, p. 215) qui est de 25 espèces et à celle
trouvée par Ngom D., (2018, p. 18) qui 25 espèces reparties entre 17 familles.
Aussi faut-il noter que la richesse spécifique est plus faible dans les parcs que
dans la végétation naturelle. Cela s’explique selon Wala K. et al., (2005, p.
214) par le fait que seules quelques espèces utiles sont préservées lors des
défrichements et entretenues dans les parcs, ce qui réduit la diversité par
rapport au peuplement naturel.
Revue de Géographie de l’Université de Ouagadougou, N° 09, Vol. 1, Octobre 2020 144
CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET DENDROMETRIQUES DES PARCS
AGROFORESTIERS DANS LA REGION DES SAVANES AU NORD-TOGO
L’indice de Shannon trouvé dans la zone d’étude varie de 0,24 à 1,2
bits avec une moyenne de 0,64 bits. Cet indice est de manière générale plus
élevé dans les parcs mixtes. Ce qui atteste selon Boukpessi T., (2013, p. 139)
une bonne distribution des individus entre les espèces. Pour lui, ceci
s’explique par le fait que ce sont des parcs résiduels obtenus lors des premiers
défrichements et dans lesquels la sélection n’est pas encore poussée. Les
valeurs élevées de l’indice de Shannon traduisent les conditions favorables du
milieu pour l’installation de nombreuses espèces. Il faut noter que les parcs
monospécifiques sont les plus faiblement diversifiés car la sélection est très
poussée dans ces derniers. Tchamie T. T. K., (1995, cité par Boukessi T.,
2013, p. 139) a évoqué cet aspect en étudiant les palmerais des pays kabiyè-
losso et lamba. Les valeurs faibles de cet indice traduisent les conditions
défavorables du milieu pour l’installation des espèces. Cet indice de Shannon
est de façon générale largement inférieur à celui trouvé par Wala K. et al.,
(2005, p. 215) (1,4 bits) et à ceux trouvés par Boukpessi T., (2013, p. 134)
dont le plus faible est de 1,27 bits. Cette différence peut s’expliquer par le fait
qu’il s’agit des zones d’étude qui se trouvent dans des zones écologiques
différentes. Il est aussi très inférieur aux indices trouvés par Koumoï Z.,
(2009, p.67) dont le plus faible est de 1,87 bits. Peut-on donc dire que la zone
d’étude est caractérisée par une faible diversité floristique. L’équitabilité de
Pielou quant à lui varie de 0,28 à 0,89 avec une moyenne de 0,63. Cet indice
est aussi plus élevé dans les parcs mixtes. L’équitabilité de Piélou trouvée
dans notre zone d’étude est comparable à celui trouvé par Wala K. et al.,
(2005, p. 215) (0,64) à Doufélgou.
Quant aux paramètres dendrométriques, tous les sites sont marqués
par une dominance des ligneux dont le diamètre est compris entre 30 et 69
cm soit 73,26 % des ligneux recensés. Cette structure se traduit de façon
générale par une allure en cloche. Ceci s’explique par une faible proportion
des espèces de petits et de grands diamètres. La faible présence d’individus
de petits diamètres révèle un problème de régénération des espèces. La
pérennité de ces parcs est compromise si des mesures de régénération assistée
ne sont pas prises. Particulièrement, le parc composite de Korbongou
comporte une classe de petit diamètre assez élevée. Cela peut en partie
s’expliquer par la plus grande diversité spécifique de ce parc. Ces résultats
sont différents de ceux trouvés par Diedhiou M. A. A. et al. (2014, p. 6860) à
Mar Fafaco au Sénégal. Pour cet auteur, dans son ensemble, le groupement
parait avoir une régénération élevée et une représentation de toutes les classes
de diamètres. Ces résultats diffèrent également de ceux trouvé par Ngom D.
et al. (2018, p. 21) toujours au Sénégal en Basse Casamance sur deux sites
dont l’un reverdi et l’autre dégradé où la majorité des individus se retrouve
dans la classe [0-5cm [. Pour les autres classes les effectifs vont en
décroissance au fur et à mesure que le diamètre de la classe augmente. Les
Revue de Géographie de l’Université de Ouagadougou, N° 09, Vol. 1, Octobre 2020 145
ANDOU Zibril, BOUKPESSI Tchaa
histogrammes de distribution de diamètre de ligneux dans les deux sites
présentent une allure générale en « L ». Cette nette différence s’explique par
le fait l’étude de Ngom D. et al. (2018) a pris en compte les régénérations
dont le dbh est inférieur à 10 cm ; ceci n’a pas été le cas dans notre étude.
La plupart des arbres dans ces parcs ont une hauteur comprise entre 4
et 12 m et représentent 95,63 % des arbres recensés. Les arbres de faible
hauteur et ceux de très grandes hauteurs sont très peu. Il s’agit donc d’une
distribution en cloche. Cette structure en hauteur est la même que celle
trouvée par Boukpessi T., (2013, p. 138) pour qui cette distribution se
rencontre dans la majorité des parcs. Elle est caractérisée par une grande
proportion des individus dans les classes moyennes. Cette situation
s’explique par une faible régénération naturelle et l’élimination des individus
trop vieux.
CONCLUSION
Les populations riveraines de la Région des Savanes au Nord du Togo
ont développé depuis très longtemps des systèmes d’exploitation des terres
qui intègrent l’arbre aux activités agricoles faisant ainsi ressortir d’immenses
paysages de parcs arborés. Cette étude a permis de déterminer les
caractéristiques floristiques et dendrométriques de ces parcs arborés. En effet,
la préservation et l’entretien des espèces utiles pour les agriculteurs restent
une règle lors des défrichements, d’où les différents types de parcs
agroforestiers déterminés et regroupés fondamentalement, sur la base de leurs
physionomies, en deux grands types. Il s’agit des parcs monospécifiques
(parcs à Vitellaria paradoxa, parcs à Borassus aethiopum et parcs à Parkia
biglobosa) et les parcs mixtes (parcs à Borassus aethiopum et à Parkia
biglobosa ; parcs à Vitellara paradoxa et à Borassus aethiopum ; parcs à
Parkia biglobosa et à Vitellaria paradoxa ; parcs mixte composite sans
aucune dominance nette d’une espèce donnée). La distribution des individus
par classes de diamètre diffère aussi d’un parc à l’autre avec majoritairement
des structures en cloche traduisant une faible de la régénération naturelle. Les
structures en dents de scie et en « L » existent dans une moindre mesure et
traduisent respectivement une répartition irrégulière des différents individus
et une bonne régénération. Ils sont dans l’ensemble caractérisés par une faible
diversité spécifique, des arbres à hauteurs et diamètres moyens et aussi une
faible densité. Cette dernière est régulée en fonction des besoins des
producteurs. Cet état s’explique par une faible régénération et une forte
pression sur les ligneux.
Revue de Géographie de l’Université de Ouagadougou, N° 09, Vol. 1, Octobre 2020 146
CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES ET DENDROMETRIQUES DES PARCS
AGROFORESTIERS DANS LA REGION DES SAVANES AU NORD-TOGO
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