Lean Manufacturing pour PME algériennes
Lean Manufacturing pour PME algériennes
THESE
Mots clefs : Lean Manufacturing, PME, Mise à Niveau, Compétitivité, Performance, Diagramme
d’Ishikawa, 5S, Value Stream Mapping, Roue de Deming
Key words: Lean Manufacturing, SME (Small and Medium-Sized Enterprise), Upgrade,
Competitiveness, Performance, Diagram of Ishikawa, 5S, Value Stream Mapping
- األداء- التنافسٌة- إعادة التأهٌل- المؤسسة الصغٌرة والمتوسطة- Lean Manufacturing: كلمات مفتاحية
Value Stream Mapping -5S-(awakiIsI(إ شٌكاوا
REMERCIEMENTS
J'exprime mes profonds remerciements à mon directeur de thèse, Docteur Abdelhamid FEKIH
pour ses conseils et pour m’avoir fait confiance en me laissant la liberté dans la direction de
cette thèse.
Je remercie vivement Docteur Myriam NOUREDDINE pour sa disponibilité, son soutien, ses
nombreux conseils et pour l’intérêt qu’elle a porté à l’avancée de mes travaux. Ses critiques
pertinentes m'ont été très précieuses pour structurer ce travail et pour améliorer sa qualité.
Cette thèse lui doit beaucoup. Merci pour tout.
Je remercie également les membres du jury d’avoir accepté d'évaluer cette thèse et d’assister
à la présentation de ce travail Monsieur le Professeur Mustapha BELMOKADEM de
l’Université de Tlemcen, Monsieur Noureddine CHERIF TOUIL, Maitre de Conférences à
l’Université de Mostaganem et Monsieur le Professeur Khaled TAHARI de l’Université
d’Oran2
Enfin, je remercie tous ceux qui ont participé à ce travail de thèse, par leurs encouragements
particulièrement mes collègues et amies du 5ème étage, elles se reconnaîtront.
SOMMAIRE
Introduction générale……………………………………………………………….. 4
4-131
Figure 21 : Indice de fluidité des opérations…………………………………….
168
LISTE DES FIGURES
169
LISTE DES TABLEAUX
167
Introduction générale
Introduction générale
1
Bulletin statistique de la PME, N°2, mars, 2012
5
Introduction générale
Pour renforcer les capacités de production des PME et leur permettre d’accéder à une
meilleure compétitivité, des dispositifs sont mis en place. Les pouvoirs publics algériens ont
mis en œuvre une multitude de programmes de mise à niveau dont certains ont pris fin et
d’autres viennent tout juste d’être lancés (Azouaou, 2010)2. Malgré ces mesures prises par les
pouvoirs publics, on observe un décalage important entre les intentions affichées et les
résultats obtenus sur le terrain.
Pour répondre au nouveau marché toujours plus compétitif, l’entreprise algérienne se doit
d’innover et d’implanter efficacement et rapidement une culture d’amélioration pour soutenir
ses différentes initiatives. Elle a d’emblée un double défi, celui d'évoluer dans un
environnement local encore instable en raison de la transition économique inachevée et celui
de devoir se faire une place dans un environnement désormais concurrentiel. Il est nécessaire
de mettre en place les mesures qui permettent d'améliorer la gestion et la compétitivité des
PME pour se défendre sur le marché.
En effet, l’évolution du contexte économique et la domination du marché par une concurrence
farouche et impitoyable imposent à l’entreprise algérienne de mettre en place une nouvelle
forme d’organisation adaptée en matière de management et de stratégie du marché. Elle doit
s’adapter aux nouvelles donnes de concurrence, notamment par la mise à niveau, la
réhabilitation de ses capacités managériales et technologiques ainsi que l’anticipation des
menaces et opportunités. Cela se traduit par la mise en place de nouveaux concepts de
management, de marketing, d’innovation, d’amélioration permanente de la qualité et de la
réduction des coûts de production en utilisant de manière optimale les ressources humaines,
matérielles et les capacités de production.
La mondialisation exige l’adaptation et la transformation radicale du système de gestion,
l’amélioration des processus de production, des investissements en Recherche &
Développement ainsi que le renforcement dans la qualité des produits. Pour atteindre le
niveau de compétitivité international, il faut changer toutes les anciennes pratiques et
méthodes du management. Il est donc essentiel que l’entreprise algérienne dispose d’une
organisation de qualité, capable de mobiliser ses ressources et d’atteindre ses objectifs. Si de
nombreuses entreprises s’engagent, avec ou sans aide extérieure, dans des démarches
d’amélioration pour piloter la qualité, la logistique ou la gestion des ressources humaines, les
résultats sont souvent décevants car les fondations du système ne sont pas robustes.
2
Azouaou, L. et Belouard, A (2010). La politique de mise à niveau des PME algériennes : enlisement
ou nouveau départ ? 6ème colloque international 21-23 juin 2010 Hammamet (Tunisie).
6
Introduction générale
3
Marty C. (1997), Le Juste à Temps : produire autrement, 2ème édition Paris Hermès, 1997.
4
Azzemou, R. et Noureddine, M. (2009), Quel système de gestion pour l’entreprise algérienne, 6ème Conférence
Internationale Conception et Production Intégrées, CPI’2009, Cd-rom art. 9, 11 pages, Fès (Maroc) ,19-21
Octobre 2009.
7
Introduction générale
Cela a également conduit les entreprises à se tourner vers le Lean Manufacturing qui s’avère
être une voie intéressante en vue d’améliorer la performance des entreprises à long terme
(Real et al, 2007)5. Le Lean Manufacturing a pour but d’optimiser tous les processus de
l’entreprise, d’en éliminer les gaspillages et de mettre en œuvre une organisation légère, agile
et efficace. Le Lean s’intéresse à la performance c’est à dire la productivité et la qualité.
L’amélioration du système de production et de la productivité conditionne pratiquement la
survie des entreprises.
Même sur son propre marché intérieur, l'entreprise algérienne est confrontée chaque jour à
une compétition de plus en plus rude et également à des impératifs de performance. Elle doit
nécessairement s'adapter, évoluer et s'améliorer pour répondre à ses objectifs fondamentaux
de délais, coûts et qualité. La mise en place de la démarche Lean et ses outils permet
d’augmenter la performance en répondant aux attentes des clients tout en supprimant les coûts
inutiles tout au long de la chaîne de valeur (réduire les délais de fabrication, supprimer les
surstocks, optimiser les surfaces de production et traiter l’ensemble des causes de non qualité
produit). Il en résulte un gain financier important pour l’entreprise par l’amélioration des
méthodes de travail.
Basée sur le management participatif et la mise en place d’un dialogue de performance au sein
des équipes, cette démarche permet d’identifier les dysfonctionnements et de déboucher sur
des pistes d’actions en vue d’améliorer sa performance.
L’objectif de notre recherche est de contribuer à l’amélioration de la compétitivité des
entreprises algériennes en leur suggérant la mise en place de la démarche Lean. Il reste bien
entendu qu’il ne s’agit pas d’appliquer strictement cette démarche mais de mettre en place
certains outils adaptés aux spécificités des entreprises algériennes. Nous ciblons
particulièrement les petites et moyennes entreprises (PME) car elles présentent des structures
financières et organisationnelles fragiles et sont démunies en connaissances managériales,
techniques et scientifiques pour faire face à la rude concurrence. Les PME jouent un rôle
capital dans l’économie et elles sont le moteur de l'activité commerciale, de la création
d'emplois et forment en quelque sorte l'épine dorsale du pays. Il devient donc essentiel de
chercher à comprendre comment les PME peuvent améliorer leur chance de survie et/ou de
croissance par l’utilisation d’outils et concepts de gestion utilisés par les entreprises les plus
performantes.
5
Real R., Pralus M., Pillet M., Guizzi L., Une première étape vers le Lean dans les entreprises de sous-traitance
mécanique (Retour sur 7 ans de pratique), 5ème Conférence Internationale Conception et Production Intégrées
CPI’2007, Cd-rom Art. 041, 16 pages, Rabat (Maroc), 22-24 Octobre 2007.
8
Introduction générale
Notre recherche repose sur un modèle théorique qui vise à appliquer le Lean Manufacturing
aux entreprises algériennes. En référence aux connaissances énoncées précédemment, nous
proposons la conception du modèle théorique simplifié et adaptable aux entreprises
algériennes en fonction de leurs objectifs, de leurs stratégies et des diverses caractéristiques
de leur environnement. Il ne s’agit pas de prétendre à concevoir un modèle unique car chaque
entreprise poursuit un large éventail de buts.
Ce modèle théorique de recherche devra être validé empiriquement. La principale question de
recherche est de savoir s’il est applicable dans le contexte des PME algériennes. La deuxième
découlant de la première est de savoir si le Lean Manufacturing est la solution pour améliorer
la compétitivité des entreprises algériennes.
L’hypothèse principale de cette recherche considère que le Lean Manufacturing contribue à
l’amélioration de la compétitivité des entreprises (variable dépendante) qui tient compte de la
dimension économique, humaine et environnementale. La variable indépendante correspond
aux différents outils du Lean qui vont nous permettre d’analyser les dysfonctionnements de
l’entreprise.
L’étude empirique permettra de valider le modèle, de l’enrichir ou de le modifier. Sur le plan
pratique, les entreprises disposeront d’une démarche nouvelle ce qui leur permettra de se
situer et d’évaluer de quelles façons elles pourraient améliorer leur compétitivité.
Notre thèse de doctorat s'articule autour de deux parties chacune composée de deux
chapitres. La première partie est dévolue à une étude théorique structurée en deux chapitres :
le premier chapitre présente les évolutions industrielles et économiques qui ont conduit à la
recherche de nouveaux systèmes de production répondant aux objectifs d’amélioration de la
compétitivité (Chapitre 1). Le deuxième chapitre porte les outils d’amélioration faisant l’objet
d’une approche Lean Manufacturing. Nous nous appuyons en premier lieu sur des travaux
issus de la littérature scientifique où nous définissons le concept du Lean Manufacturing, ses
origines et ses outils (Chapitre 2).
La préoccupation majeure est comment rendre l’entreprise algérienne plus compétitive ?
Pourquoi est-il nécessaire d’entreprendre le Lean Manufacturing dans l’entreprise
algérienne ? Le but de cette première partie est de réfléchir sur la mise en cohérence entre les
objectifs de notre recherche et la démarche que nous souhaitons mettre en œuvre pour
confronter sur le terrain notre problématique.
9
Introduction générale
10
Première partie : Etude théorique
Chapitre 1 Le système de production
12
Chapitre 1 Le système de production
Introduction……………………………………………………………………………. 14
Section 1 : Définition et concepts du système de production………………………….. 16
3.1 Le Taylorisme……………………………………………………………............... 23
3.4 Le Toyotisme………………………………………………………………………. 26
Conclusion……………………………………………………………………………… 29
Références du chapitre…………………………………………………………………. 31
13
Chapitre 1 Le système de production
Introduction
1
Guyot, B. (2006), Dynamiques informationnelles dans les organisations, Paris : Lavoisier, p.193
2
Coulomb, F. (2007), Management des entreprises, Paris : Edition Ellipses.
3
Womack, J., Jones D. (2007), Système Lean : Penser l’entreprise au plus juste. Village mondial : Pearson
Education, Paris.
14
Chapitre 1 Le système de production
Cette période est américaine et marque dans le même temps une concentration poussée de
l’industrie.
La troisième période correspond à l’ère du toyotisme (1960 – 1990) inscrit le Japon dans la
cour des grands et révèle la mise en place d’un système de production s’appuyant sur un
modèle de gestion nouveau : le Juste à temps (JAT). Les atouts de ce système sont la
flexibilité du processus de production et les caractéristiques du contrôle de qualité.
A partir des années 1990, des changements substantiels apparaissent grâce aux technologies
nouvelles. Ainsi, une nouvelle étape a été franchie dans les modèles d'organisation du travail
avec le passage d'une logique d'efficience statique à une logique d'efficience dynamique
(Barisi et Lanoë, 2007)4. Il s’agit pour les entreprises de chercher une optimisation des
facteurs de production dans un environnement incertain. Les phénomènes économiques,
sociaux, politiques et culturels deviennent des événements planétaires. C’est la mondialisation
totale de l’offre et de la demande, l’externalisation par les constructeurs automobiles de
nombreuses activités de fabrication de pièces et d’équipements, généralisation du Juste à
temps, partenariat entre constructeurs et sous-traitants et orientation des constructeurs vers les
activités de services génératrices de plus fortes marges et externalisation des tâches de
fabrication vers les sous-traitants.
Dans ce contexte, les entreprises doivent adapter leur stratégie afin de gagner en
compétitivité. En particulier, lutter contre les gaspillages provenant des activités ne
contribuant pas à donner au produit final une valeur ajoutée, mettre en place progressivement
des structures et des pratiques qui augmentent la réactivité des organisations aux changements
du marché et aux demandes spécifiques des clients et rechercher une adhésion active des
personnels aux objectifs de l’entreprise.
Dans ce chapitre, nous présentons le concept du système de production. Dans une deuxième
section nous exposons les différents types du système de production et leur organisation. La
troisième section est dédiée à l’évolution des systèmes de production.
4
Barisi, G. et Lanoë, D. (2007), Mutations économiques et rapprochements entre marché et organisation,
Marché et organisations, 2007/2 N° 4, p. 79-97.
15
Chapitre 1 Le système de production
Produire revient à créer des biens ou des services à partir de plusieurs facteurs de production.
Au sens économique, la production ne prend en compte que les activités marchandes. Dans un
monde marqué par de constantes évolutions, les entreprises ont dû adapter leurs méthodes de
production, en introduisant de la flexibilité dans l’organisation productive, afin de répondre
aux exigences de la compétitivité internationale. L'entreprise est une organisation qui
regroupe plusieurs fonctions sous forme d'organigramme afin de créer de la valeur ajoutée et
de satisfaire les besoins du marché. Parmi les fonctions principales on trouve la fonction de
production qui est un de ses organes essentiels. La production joue un rôle important dans la
compétitivité d’une entreprise et a également évolué pour répondre aux nombreuses attentes
du client exigeant des productions plus diversifiées, de qualité, des délais de production très
courts et des coûts de production abaissé.
La production est l'ensemble d'activités et actions qui visent à créer un bien ou un service à
l’aide d’une combinaison de facteurs de production (main d'œuvre, machines, matières
premières, capitaux). C’est un processus qui s’applique au secteur industriel qu’au secteur des
services.
La production est définie comme étant une transformation de ressources appartenant à un
système productif et conduisant à la création de biens et de services (Giard, 2003)5.
Les ressources peuvent être de quatre types :
- des équipements (machines, ...),
- des hommes (opérateurs, ...),
- des matières (matières premières et composants),
- des informations techniques (gammes, nomenclatures, fiches opératoires, ...).
L’objectif de la production consiste à combiner des facteurs (matières, équipements, main
d’œuvre) dans le but de répondre à l’attente du client en lui proposant des produits et services
susceptibles de répondre à ses besoins (Hax et Candea, 1984)6
L’organisation de la production est associée à deux modes de fonctionnement : la production
à flux poussés et la production à flux tendus.
5
Giard, V. (2003), Gestion de la production et des flux. Paris : Economica, 2003 – 3ème édition.
6
Hax, A.C. et Candea, D. (1984) Production and Inventory Management, Prentice-Hall, Englewood Cliffs, N.J.
16
Chapitre 1 Le système de production
C’est un modèle de pilotage de flux selon lequel les matières premières ou les pièces sont
introduites dans le domaine de fabrication suivant un programme ou un calendrier établi en
prévision de la demande. Dans les flux poussés (Figure 1), la production se fait en poussant
les produits dans la chaîne de fabrication pour arriver à constituer un stock qui puisse
satisfaire à une éventuelle demande. En d’autres termes, lorsque une étape de la production
d'un produit est terminée, le produit est 'poussé' vers l'étape suivante. C'est la disponibilité du
produit venant de l'amont qui déclenche l'étape suivante de fabrication. Ce modèle de pilotage
de flux présente trois avantages (Giard, 2003)7 : il permet la planification de la production,
évite toute rupture de stocks et prévoit les décisions d’ajustement temporaire des capacités de
production (heures supplémentaires). Cependant, cette méthode de production implique le
stockage des produits finis avant leur commercialisation entraînant ainsi certains dérapages au
niveau des stocks comme le sur-stockage de produits en cours et de produits finis générant des
problèmes financiers.
C’est un modèle de pilotage de flux (Figure 2) selon lequel les matières premières ou les
pièces n'avancent dans la chaîne de fabrication que lorsque la demande les réclame. En flux
tiré, c'est une demande réelle qui va déclencher une production qui sera tirée en aval. Il
fonctionne à l’inverse du flux poussé (Giard, 2003)8. En d’autres termes, c’est la demande
d’un client (client externe: consommateur / client interne: un autre service de l’entreprise) ou
une consommation qui sera l’élément déclencheur d’une mise en fabrication d’un produit.
7
Giard, V. op cit
8
Giard, V. op cit
17
Chapitre 1 Le système de production
Il s’agit d’une gestion à flux tendus. Dans cette organisation, la fabrication d’un produit n’est
jamais anticipée et planifiée, elle est déclenchée par une demande du client qui souhaite le
produit. Ainsi, c’est la demande qui déclenche les opérations de fabrication on parle alors
d’une gestion par l’aval (Méthode Kanban)9. Ce modèle permet de réduire le volume des
stocks et d’augmenter leur rotation mais rend l’entreprise plus vulnérable à toute
modification de son environnement.
Un système de production est un processus d’addition de valeur à des biens ou à des services
répondant à des impératifs de quatre éléments (Quantité, Prix, Qualité, Délai).
Le processus de production est formé par un ensemble d’actions élémentaires :
Opération : action de transformation ajoutant de la valeur,
Transport : action de déplacement agissant sur la localisation de la matière,
Stockage : action d’attente ou de non-flux,
Transaction : action de modification des données de gestion.
9
Mode de gestion de flux créé par l’industrie automobile Japonaise (Toyota). Kanban signifie "étiquette",
impliquant deux principes : une très forte connotation visuelle et une recherche de la perfection au moindre coût.
10
Boyer, R., Freyssenet, M. (2001), Le monde qui a changé la machine. Synthèse des travaux du GERPISA,
1993-1999, Actes du GERPISA, n°31, avril 2001, pp 7-71. Éditions numériques, [Link].
18
Chapitre 1 Le système de production
Le système de production est composé de sous systèmes en interaction dynamique dont le but
est la rentabilité et la pérennité de l’entreprise.
Le bureau des études : Il conçoit les produits nouveaux et définit la liste complète des
composants entrant dans leur fabrication. Il s’appuie sur la CAO (Conception assistée par
ordinateur) pour l’élaboration des produits.
Le bureau des méthodes : Il définit les différentes opérations et leur ordonnancement en
vue d’obtenir le produit. Il précise en fait comment le produit est réalisé, par quelle
machine, avec quels outils et en combien de temps.
Le service de planification : Ce service coordonne les activités de production à moyen
terme. Il s’agit de planifier les approvisionnements et les fabrications en utilisant les
techniques de gestion des stocks, de calcul des besoins et de gestion des achats.
Le service d’ordonnancement : il organise la production au sein des différentes unités. Il
indique la succession des tâches à réaliser en un temps minimum avec les outils tels que le
diagramme de Gantt, le graphique PERT.
Les services de production ou ateliers assurant la transformation des matières premières
en produits finis en respectant les consignes et l’ordonnancement des services précédents.
11
Gratacap, A. et Medan, P., (2013), Management de la Production : Concepts - Méthodes - Cas, Paris : Dunod,
12
Béranger, P. (1987), Les Nouvelles règles de production : vers l’excellence industrielle, Paris : Dunod.
19
Chapitre 1 Le système de production
Données
Données Données Données
Données performance
livraison Plan livraison ventes
achat production
Planification
Direction Finances
13
Plossl, W.G (1993)., La Nouvelle donne de la gestion de la production, Paris : AFNOR.
14
Blondel, F. (2000), Gestion de la production, 2ème édition, Paris, Dunod.
20
Chapitre 1 Le système de production
En fonction des ressources et de leur organisation dans l’entreprise, on peut classer les modes
d’organisation de la production suivant le processus technique, la quantité produite et la
nature de la relation au client (Coulomb, 2007)15.
Dans ce type d’organisation, les entreprises peuvent organiser leur production en continu
(process shop). Dans ce cas, la production est effectuée sans interruption (chaîne de
production), c’est-à-dire caractérisé par un flux régulier et important de matières premières
destinées à être transformées en matières plus élaborées. Les machines sont spécifiques au
produit ou à la famille de produits à fabriquer. Les produits sont peu différenciés et fabriqués
en grande quantité. Les opérateurs se contentent de mettre en marche et d’arrêter les machines
qui sont complètement automatisées. Dès que les instructions de production ont été lancées, il
y a peu de modifications. La circulation des produits sur les chaînes d’assemblage est très
rapide (gains de temps réalisés par la mise en place de convoyeurs). L’entretien préventif des
machines est primordial, sinon l’entreprise risque l’arrêt complet de tous les ateliers.
Les entreprises peuvent aussi fabriquer leurs biens en discontinu (job shop). Dans ce mode
d’organisation, la production soit à la demande ou fractionnée dans le temps ou dans l’espace
15
Coulomb,F.(2007), Management des entreprises. Ellipses, 2007.
21
Chapitre 1 Le système de production
2 .2 La quantité produite
La production de type “série unitaire” est une production mobilisant sur une période assez
longue l’essentiel des ressources d’une entreprise pour réaliser un nombre très limité de
projets. Comme par exemple la construction de l’autoroute Est – Ouest. Dans ce type de
production on fait le plus souvent appel à un personnel hautement qualifié vu le caractère non
répétitif des tâches.
La production pour le stock est ici déclenchée par anticipation de la demande. Les biens sont
alors fabriqués pour le stock et non les clients identifiés. Cette classification est
particulièrement adaptée dans les domaines de production des biens de grande consommation
ou des biens à demande saisonnière. Les avantages de cette forme de production (pour le
stockage) sont nombreux : la rentabilisation d’équipement coûteux devient plus facile (la
production en grande série permet une diminution des coûts unitaires de production, ce qui
16
Jaikumar, R. et Van Wassenhove, L.N. (1989). A production planning framework for flexible manufacturing
systems, Journal of Manufacturing and Operations Management Vol. 2 (1989) pp.52-79.
22
Chapitre 1 Le système de production
L’entreprise a connu beaucoup de changements lors de ces derniers siècles. De type artisanal
au 18ème siècle la production est passée à une production manufacturière au 19ème siècle. A la
fin de ce siècle, apparait la notion de l’organisation scientifique du travail (OST) introduisant
le travail à la chaîne et la production en série. A la fin des années 1960, devant la crise du
"refus du travail" mettant en relief les principales limites du fordisme, est apparue un nouveau
mode d'organisation des entreprises appelé toyotisme qui a pour origine Taiichi Ohno,
ingénieur industriel de la Toyota Motor Company.
1.1 Le Taylorisme
Les travaux de Frederick Winslow Taylor (1856-1915) sont considérés comme précurseurs
dans la recherche de l’amélioration de la productivité des entreprises industrielles. Le
Taylorisme a considérablement modifié l’organisation des entreprises qui devait répondre aux
objectifs d’une production de masse aux prix les plus bas.
23
Chapitre 1 Le système de production
Partant d’une analyse critique de la situation des hommes au travail, Taylor propose dans son
ouvrage « Principles of Scientific Management » (Taylor, 2004)17 les principes
« d’Organisation Scientifique du Travail ». Ces principes visent à rationaliser le travail lui-
même et encourager la motivation et l’ardeur au travail des ouvriers avec en particulier le
principe de rémunération au rendement. L’organisation selon Taylor est caractérisée par les
grands principes suivants :
1.2 Le Fordisme
Henry Ford (1863-1947) a développé la production en grande série avec l’emploi du fameux
convoyeur mécanisé, la standardisation systématique des pièces et des produits (Coulomb,
17
Taylor, F. W. (2004). Scientific management, London: Routledge.
18
Taylor, F. W. (1957) La direction scientifique du travail, Paris : Dunod, University Press, 1998. Taylor, 1957
24
Chapitre 1 Le système de production
2007)19. Ford a copié des formules préexistantes et s’est inspiré entre autres des
expérimentations de Swift concepteur des chaînes « d’assemblage de porc » avec un chariot
suspendu qui transportait les carcasses d’animaux d’un ouvrier à un autre (Drancourt, 2002)20.
La démarche de Ford s’inscrit dans le sillage de Taylor dans l’accroissement de la
productivité des facteurs de production mais en changeant d’échelle.
En effet, l’organisation taylorienne comptait en secondes et utilisait un chronomètre pour
mesurer les écarts, Ford comptait en semaines, en milliers de salariés et en millions de dollars
d’investissement.
Ce modèle repose sur les principes suivants :
La rigidité de ces deux systèmes, en vigueur pendant plus d’un demi-siècle, due à son mode
de production (travail à la chaîne) a montré ses limites. Suite à la remise en cause des
éléments constitutifs du fordisme et du taylorisme, se sont développé d’autres systèmes de
production et d’organisation du travail.
Devenant le moteur de croissance économique après les trente glorieuses (1945-1973), la
production de masse s’est répandue dans toute l’Europe. Le plan Marshall a participé à
l’instauration de ce système de production en permettant le financement de la modernisation
de l'appareil productif particulièrement dans le secteur automobile. Le modèle fonctionne très
bien dans un environnement relativement prévisible où les concurrents sont stables et bien
19
Coulomb,F.(2007), Management des entreprises, Paris : Ellipses.
20
Drancourt, M. (2002), Leçon d'histoire sur l'entreprise de l'Antiquité à nos jours, Paris : PUF.
25
Chapitre 1 Le système de production
identifiés dans un marché où les places de chacun sont établies. La production de masse fut
généralisée au monde entier.
Cependant, dès les années 1960, le taylorisme et le fordisme ont suscité de nombreuses
critiques et rejets de la part des ouvriers provoquant ainsi de nombreux conflits sociaux. Après
avoir fait leurs preuves dans les pays industrialisés en pleine reconstruction, ils ne résistent
pas aux aléas de la conjoncture. La déshumanisation du travail (Friedmann, 1936)21, la perte
de qualification du travail ouvrier, le fort taux d’absentéisme, le sabotage et le turnover élevé
(Womack et al, 1990)22, les accidents de travail ont induit des retombées négatives sur la
productivité. La complexité des chaînes de montage ont également montré des effets contre-
productifs en terme de temps d'opération et d'équilibrage des flux (Coriat, 1979)23 ; (Boyer,
1986)24 et une gestion des défauts tardive dans la chaîne de production (Womack et al,
1990)25 engendrant des pertes financières importantes.
Après la seconde guerre mondiale et suite au premier choc pétrolier de 1973 entraînant un
ralentissement de l’activité économique et la baisse de la consommation dans les pays
occidentaux, le monde entier a commencé à s’intéresser au système de production de Toyota
(Ohno, 1988)26. Ce système de production s’est diffusé aux Etats-Unis, puis en Europe à partir
des années 1980 avec les grandes réussites qu’on lui reconnaît aujourd’hui.
1.4 Le Toyotisme
Dans un contexte de forte concurrence, les entreprises ne peuvent plus compter sur la seule
augmentation de l’intensité du travail pour assurer la rentabilité. D'une part, les clients exigent
des produits de qualité à des prix bas et la concurrence impose une compétition accrue, par
conséquence l'entreprise pour se maintenir sur le marché doit impérativement améliorer sa
productivité. D’autre part l’analyse des conflits sociaux, des luttes des ouvriers et des
nouveaux besoins des travailleurs a conduit à la préconisation de nouveaux modèles. Pour ces
raisons humaines et économiques, les entreprises ont opté donc pour une nouvelle
organisation de travail plus flexible.
21
Friedmann, G. (1936) Problèmes humains du machinisme industriel. Gallimard, Paris.
22
Womack, J., Jones D., Roos D. (1990) The Machine that changed the World, New York : Rawson Associates.
23
Coriat, B. (1979) L’atelier et le chronomètre. Christian Bourgois éditeur, Paris.
24
Boyer, R. (1986) La flexibilité du travail en Europe. La découverte, Paris.
25
Op cit
26
Ohno, T. (1988) Toyota Production System: Beyond Large-Scale Production, Portland: Productivity Press,
26
Chapitre 1 Le système de production
Expérimentée notamment au Japon, elle constitue un mode original en ce sens qu’elle tend à
prendre en compte les facteurs de production dans leur ensemble en évitant de négliger l’un
d’entre eux pour réaliser un rendement et une productivité optimale. Elle semble avoir de
nombreux effets positifs pour les conditions de travail des salariés. Elle repose sur une
autonomie complète des salariés et sur la présence des cercles de qualité (c'est-à-dire les
cadres, les salariés et autres donnent leurs idées pour améliorer la capacité de production et les
conditions de travail). Elle a contribué à introduire un certain nombre de pratiques qui ont
transformé les organisations du travail : polyvalence, démarche de la qualité totale, juste-à
temps. Cette organisation du travail est donc plus flexible que les précédentes, permettant
ainsi aux salariés de se diversifier dans les tâches. Ainsi, dans ce système les relations sont
moins hiérarchiques, le chef d'équipe fait participer ses subordonnés et les implique
davantage. Le système a une hiérarchie plus souple (moins verticale), ce qui rend les salariés
plus polyvalents et plus souples. Le système se fonde sur l'idée que les contraintes du travail
sont mieux acceptées lorsqu'elles sont proposées et appliquées par les travailleurs eux-mêmes.
Enfin, cette nouvelle organisation devrait provoquer une hausse de la qualification des
salariés. Il s’agit du toyotisme qui consiste à réduire les coûts de production, éviter la
surproduction, diminuer les délais et produire de la meilleure qualité possible. Fondé sur le
juste-à-temps et sur de nouvelles règles de management, le Toyota Production System (TPS)
est étroitement liée à celle de Toyota. Les concepts du TPS sont anciens et spécifiques à
l’entreprise Toyota cependant ils n’ont pas été inventés par Toyota. Certains concepts ont été
importés d’ailleurs (notamment des USA).
Le toyotisme fait suite au fordisme et au taylorisme et repose sur le concept de la «
Maison de Toyota » représentation symbolique d’un temple construit avec les outils
principaux qu’utilise le Système de Production Toyota, imaginée par Fujio Cho en 1973.
Contrairement aux modèles précédemment cités, le Toyotisme présente des traits différents.
En effet, les premiers ont visé le volume plutôt que la qualité, ils ont spécialisé les opérateurs
au détriment de la flexibilité (Baglin et al, 1999)27, ils ont fait jouer les économies d’échelles
au détriment des délais et enfin ils ont cloisonné les services et sacrifié la réactivité.
Taiichi Ohno, ingénieur industriel japonais et directeur des usines de Toyota est considéré
comme le père du système de production de Toyota. Il a réorganisé la production, en
concrétisant les idées d’Eiji Toyoda.
27
Baglin, G., Capraro M. (1999) L'Entreprise Lean Production ou la PME compétitive par l'action collective,
Lyon : Presses Universitaires de Lyon.
27
Chapitre 1 Le système de production
Le Toyota Production System (TPS) permet aux équipes de production d'optimiser la qualité
en améliorant continuellement les processus et en éliminant les gaspillages de ressources
naturelles, du potentiel humain et de ressources de l'entreprise.
Ohno définit sept catégories de gaspillage ou sept (7) Muda, Liker (Liker, 2004)28 en rajoute
un huitième.
Production excessive : produire trop ou trop tôt entraîne des coûts de stockages et de
transport inutiles.
Attentes des opérateurs : durant le cycle d’une machine, l’immobilisation d’une
machine ou à cause d’un goulet d’étranglement.
Transports et manutentions inutiles sur de longues distances ou entre des points de
stockages : tout transport est essentiellement un gaspillage et doit être minimisé.
Usinages inutiles ou mal faits : à cause d’outils et produits mal conçus.
28
Liker, J.K. (2004), The Toyota Way: 14 Management Principles from the Wold’greatest Manufacturers, New
York: McGraw-Hill.
28
Chapitre 1 Le système de production
Stocks excessifs : générant une utilisation d’espace ainsi qu’une gestion des stocks
coûteuse et consommatrice de temps, ils peuvent dissimuler un déséquilibre dans la
production tel des retards ou des défauts.
Mouvements inutiles : tous les déplacements inutiles de personnel et les gestes de
travail superflus qui ne contribuent pas directement à l'ajout de valeur.
Défauts et rebuts : fabriquer des produits non-conformes qui nécessitent des travaux
de rectification ou de traitement de rebus entraîne la mise au rebut ou le retraitement
de ces produits, gaspillant temps, main d’œuvre et matière première.
La créativité inexploitée en n’écoutant pas les employés, source d’amélioration.
(Liker, 2004)29.
Conclusion
L'organisation du travail a connu différentes mutations lors de ces derniers siècles. D’une
organisation traditionnelle avant le 18ème siècle au Taylorisme jusqu’au 19ème siècle avec
l’application de l’organisation scientifique du travail qui est une organisation rationnelle du
travail. Cette organisation a formalisé le premier système de production qui a dominé le
monde. Puis au début du 20ème apparut le Fordisme théorisé par le patron automobile qui est
un approfondissement du taylorisme grâce à la mise au point du travail à la chaîne (Coulomb,
2007)30. L’organisation scientifique du travail a joué un rôle fondamental durant les guerres
mondiales grâce à la production de masse mais connaîtra son apogée lors des « Trente
Glorieuses » en favorisant de façon notable la croissance économique. Cependant le fordisme
a connu une crise à la fin des années 1960 appelée la crise du "refus du travail" mettant en
relief ses principales limites (grèves d'ouvriers spécialisés, absentéisme, mauvaise qualité des
29
Op cit
30
Coulomb, F. (2007), Management des entreprises, Paris : Ellipses, 2007.
29
Chapitre 1 Le système de production
produits, lassitude des ouvriers, taux de rotation de main d'œuvre (turn-over) dans les grandes
entreprises important, demande différenciée des consommateurs, etc.).
Dans ce contexte, un nouveau mode d’organisation appelé Toyotisme est apparu, mis en place
par un ingénieur nommé Ohno dans les années 1950 dans l’entreprise Toyota. Ce mode
d’organisation est fondé sur la recherche systématique d’une économie des coûts de
production et structuré par le principe de l’appel par l’aval avec pour exigence une qualité
totale (Lallement, 2007)31. Ce mode d’organisation repose essentiellement sur le passage du
travail à la chaîne au travail en équipe. De ce fait, chaque ouvrier participe à l’intégralité du
processus de production (Shimizu, 1999).32
Le TPS deviendra le Lean, qualificatif donné par une équipe de chercheurs du MIT
(Massachusetts Institute of Technology) qui ont étudié le TPS de Ohno en 1987. Le Lean sera
la suite des méthodes japonaises et américaines.
Nous développerons l’histoire et les principes du Lean Manufacturing dans le chapitre
suivant.
31
Lallement, M. Le travail. Une sociologie contemporaine, Paris : Gallimard, 2007
32
Shimizu, K. Le Toyotisme, Paris : La découverte, 1999.
30
Chapitre 1 Le système de production
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31
Chapitre 1 Le système de production
21. Womack, J., Jones D., Roos, D. (1990), The Machine that changed the World, New York :
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25. Ohno, T. (1988), Toyota Production System: Beyond Large-Scale Production, Portland:
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26. Baglin, G., Capraro M. (1999), L'Entreprise Lean Production ou la PME compétitive par
l'action collective, Lyon : Presses Universitaires de Lyon.
27. Liker, J.K. (2004), The Toyota Way: 14 Management Principles from the World’ Greatest
Manufacturer, New York: McGraw-Hill.
32
Chapitre 2: Le Lean Manufacturing
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
Introduction…………………………………………………………………………….. 35
Conclusion …………………………………………………………………………….. 57
Références du chapitre…..……………………………………………………………... 58
34
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
Introduction
Le terme de « Lean » a été utilisé pour la première fois en 1987 par des chercheurs
Américains de M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology) pour qualifier les
méthodologies de gestion d‟entreprise développées au Japon, dont la réalisation la plus
aboutie est le Toyota Production System (TPS). Compte tenu de l‟esprit occidental qui a
besoin de nommer et de classifier les méthodologies, le terme « Lean » a été crée pour
analyser et enrichir l‟ensemble de méthodologies et pas uniquement le TPS.
Le Lean Manufacturing est un ensemble d‟outils et de méthodes japonais. Adopté par de
nombreux secteurs, le Lean Manufacturing est une approche qui s‟inspire des pratiques de
Toyota. La mise en place de cette démarche consiste à identifier les gaspillages tout au long
de la chaîne de la valeur puis de réorganiser la production pour aboutir à de forts gains de
productivité (délais, coûts, niveau de stocks), à l‟augmentation de la qualité et à la satisfaction
de la clientèle (Drew, 2004)1.
L‟objectif du Lean Manufacturing est d‟optimiser la qualité, les coûts et les délais de livraison
tout en améliorant la sécurité du personnel. Pour cela, il faut agir sur les trois sources
d‟inefficacité opérationnelle :
Les gaspillages (Mudas2) qui regroupent tout ce qui ajoute des coûts sans apporter de
valeur au client : surproduction, temps d‟attente, transports, opérations superflues,
stocks, déplacements inutiles, reprises, mais également la non-utilisation des aptitudes
et des contributions du personnel,
La variabilité qui correspond à tout écart dans la qualité par rapport au niveau
standard (par exemple dans les matières premières ou bien dans les compétences du
personnel),
Le manque de flexibilité qui désigne tout obstacle qui empêche de répondre aux
évolutions de la demande des clients (par exemple le délai d‟approvisionnement).
1
Drew J., McCallum B., Roggenhofer S. (2004), Journey to Lean: Making Operational Change Stick, New
York: Palgrave MacMillan,
2
Mudas : forme de gaspillage, tel que désigné dans le système de production de Toyota.
35
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
Le Lean Manufacturing consiste à éliminer tous les gaspillages présents dans le processus de
production tout en pratiquant une politique de progrès permanent (Lasnier, 2007)3. En effet,
tous les systèmes de production comprennent des tâches « à valeur ajoutée » et des tâches « à
non valeur ajoutée » nécessaires (par exemple un contrôle qualité) et des tâches « à non valeur
ajoutée », mais non nécessaires, les gaspillages (par exemple un déplacement inutile).
L‟objectif est d‟augmenter la part des activités à valeur ajoutée en éliminant les gaspillages et
en réduisant la non valeur ajoutée non nécessaire.
Plutôt que faire du correctif, l‟entreprise est amenée à prévoir et à prévenir toutes sortes
d‟incidents, toutes les défaillances possibles plutôt que de les corriger à posteriori, d‟où un
effet bénéfique sur la qualité qui doit être réalisée dès l‟amont de la chaîne logistique. Dans
une telle organisation, les hommes sont eux aussi mobilisés, ils font partie intégrante de la
démarche et sont impliqués dans la spirale de progrès qui se met en place. D‟un point de vue
opérationnel, la démarche Lean Manufacturing repose sur des actions concrètes, impliquant
les acteurs concernés. Pour initier des actions de progrès, il faut apprendre aux collaborateurs
à « voir » les gaspillages et à utiliser les outils (5S, Value Stream Mapping ou cartographie
des flux…etc) qui permettent de les éliminer (Lasnier, 2001)4 et les outils de résolution de
problèmes (Ishikawa, Pareto, 5 pourquoi, etc.)
C‟est une démarche progressive, fondée sur l‟apprentissage et la capacité des collaborateurs
à résoudre les problèmes ensemble et par eux-mêmes. En effet, la richesse d‟une entreprise, ce
sont ses employés et ce sont eux qui créent la valeur ajoutée. Les méthodes et les outils ne
sont que des supports à la démarche qui serviront de base à l‟amélioration des performances et
à la pratique de l‟amélioration continue. Le Lean Manufacturing s‟applique à toute
implantation supportant un flux physique ou flux d‟information (production, maintenance,
recherche et développement, services administratifs, logistique, etc.).
Dans ce chapitre, nous exposons dans la première section une revue de littérature sur le Lean
Manufacturing. Dans une deuxième section nous présentons les outils et concepts du Lean
Manufacturing. La troisième section est dédiée aux avantages et inconvénients du Lean
Manufacturing.
3
Lasnier, G. (2007), « Le Lean-Manufacturing » (Système de production à haute performance) dans les
industries travaillant en juste-à-temps avec flux régulés par Takt-time (rythme de la consommation du client), la
Revue des Sciences de Gestion, 2007/1 n°223, p. 99-107
4
Lasnier, G. (2001), Gestion industrielle et performances, Paris : Editions Hermes Science, 2001.
36
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
D‟après l‟ouvrage « système Lean, penser l‟entreprise au plus juste », le Lean est défini
comme « une discipline industrielle qui ne s‟acquiert que par la pratique et la persistance. Il
ne s‟agit pas simplement de « techniques » mais d‟une méthode globale de management qui
permet de maintenir l‟entreprise sous tension créative pour générer toujours plus de valeur en
éliminant les gaspillages […] c‟est autant une attitude qu‟un savoir-faire (Womack et Jones,
2009) »5.
La revue de littérature sur le Lean Manufacturing révèle l'existence de plusieurs écrits
présentant des consensus rares et rassemblant des interprétations contradictoires. Cette revue
de littérature n‟est pas exhaustive mais suffisamment diversifiée pour donner une vision
générale sur le Lean.
Durant un séjour à Détroit, Eiji Toyoda, directeur d‟une petite fabrique de voitures en faillite,
remarqua que l‟usine Ford produisait en trois quart d‟heure l‟équivalent de la production de
son usine en une année (Bösenberg, 1994)6. Toyoda devait donc trouver une alternative pour
contourner cette problématique, il nota alors que le système de production pouvait être
amélioré. Avec son équipe composée de Taiichi Ohno (pour la production) et Shotaro Kamiya
(pour le marketing), ils décident de développer l‟entreprise mais en retenant que la production
de masse pratiquée en Amérique du Nord ne fonctionnerait pas au Japon pour les raisons
suivantes :
Grande variété de la demande ;
Marché limité au local (échanges internationaux inexistants) ;
Economie d‟après-guerre est sevrée (capitaux inexistants, interdictions
d‟investissements étrangers) ;
Main-d‟œuvre soucieuse des conditions de travail.
L‟équipe commença à développer et à appliquer son propre système avec une logique poussée
à l‟extrême qui se traduit par la mise en place d‟un consensus positif entre les partenaires
5
Womack, J., Jones, D. (2009), Système Lean penser l'entreprise au plus juste. Paris, Pearson.
6
Bösenberg, D., METZEN, H. (1994), Le Lean Management : alléger structures et coûts pour muscler
l'organisation, Paris : Editions d‟Organisations.
37
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
responsables. Le travail en équipe est une des bases du « système de production Toyota ».
Toutefois, c‟est aux Etats-Unis qu‟il a été réellement conçu, développé et testé dans
l‟environnement industriel par le professeur Kurt Lewin au Research Center for Groups
Dynamics du MIT (Bösenberg, 1994)7 ; (Huntziger, 2002)8 ; (Dinero, 2005)9. Le mérite de
Toyoda et son équipe réside dans l‟application et la transposition logique des principes et
méthodes reconnus comme valides. Le Système de Production Toyota (TPS) mis au point par
Ohno est né les années 50. Il est considéré comme le meilleur modèle de production au monde
et le précurseur du Lean Manufacturing. Le succès au Japon de ce système provoque un
intérêt de la part des industriels européens et américains.
Durant les années 70, des tentatives d‟exportation des méthodes japonaises de production
n‟ont pas obtenu les résultats escomptés. Cependant, les occidentaux, par leur culture, sont
moins disposés à introduire les principes de Toyota liés à la culture propre du Japon (Drew,
2004)10.
Jusqu‟aux années 80, cette hypothèse a dominé mais au début des années 90, cet argument ne
satisfait plus autant (Houy, 2008)11. Une étude du Massachusetts Institute of Technology sur
l'industrie automobile, publiée dans le livre "Le système qui va changer le monde" fit
connaître le nouveau système de pensée et déclencha un grand intérêt pour ces nouvelles
méthodes. Il devient populaire grâce au livre Lean Thinking (1996) de James P. Womack et
Daniel T. Jones.
La démarche Lean a été appliquée en premier dans l‟ensemble du secteur automobile mondial
et chez ses sous-traitants (Kochan, 1998)12; (Baglin, 1999)13. Dès 1994, Valéo, équipementier
automobile, devient l‟un des pionniers de l‟application du Lean (Ballet, 2005)14 et a joué de
facto le rôle de véritable « université du Lean » pendant cette période. Cette entreprise a
réellement marqué le paysage du Lean en France, en étant notamment l‟un des lieux de
7
Bösenberg, D., Metzen, H. (1994), Le Lean Management : alléger structures et coûts pour muscler
l'organisation, Paris : Editions d‟Organisations.
8
Huntziger,J. (2002), "The Roots of Lean",disponible sur [Link] (Consulté le 12 Février 2013)
9
Dinero, D.A. (2011), TWI Case Studies,New York: Productivity Press.
10
Drew J., McCallum B., Roggenhofer S. (2004), Journey to Lean: Making Operational Change Stick. New
York : Palgrave MacMillan.
11
Houy T. (2008), Articulation entre pratiques managériales et systèmes d‟information: construction d‟un idéal
type de modélisation. Thèse de doctorat, Télécom ParisTech.
12
Kochan A. (1998), The Automotive industry looks for lean production. Assembly Automation; 18(2):132-137.
13
Baglin G., Capraro M. (1999), L'Entreprise Lean Production ou la PME compétitive par l'action collective.
Presses Universitaires de Lyon.
14
Ballé M. (2004), Jidoka, le deuxième pillier du Lean. Projet Lean Entreprise, working paper n°2.
38
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
formation d‟experts Lean (Lyonnet, 2010)15. Les prémices du Lean sont apparues au sein des
deux grandes entreprises que sont Renault et Citroën (Womack, 2005)16. Les pratiques du
Lean se sont développés rapidement dans le secteur automobile grâce à l‟alliance entre
Renault et Nissan et au partenariat stratégique entre Toyota et PSA (Davidson,2009)17.
D‟autres secteurs hors industrie automobile se sont engagés dans la démarche Lean tels que le
secteur ferroviaire (Alstom), cosmétiques (Oréal), chimie (Rhodia), revêtements de sol
(Tarkett) et métallurgie (Alcan). Aujourd‟hui, l‟industrie aérospatiale, l‟électronique,
l‟informatique et la grande consommation se sont engagés dans la voie du Lean (Crute et al,
2003)18 ; (Abdulmalek et Rajgopal, 2007)19. Par ailleurs, le Lean s‟est étendu aux services
(administration, hôpitaux, transport aérien). Enfin, les principes Lean sont appliqués aussi
bien dans les petites et moyennes entreprises (Bedry, 2009)20 ; (Achanga et al, 2006)21 que
dans les grandes entreprises (Womack, 2005)22. Grâce aux nombreux ouvrages et publications
scientifiques, la promotion du Lean à travers le monde ne fait qu‟augmenter l'engouement
pour cette démarche. Depuis 2001, on constate la création de communautés de pratiques et
d‟Instituts Lean partout dans le monde : France, Mexique, Brésil, Espagne, Afrique, Inde,
Australie, Pologne, Chine etc. comme par exemple Lean Enterprise Institute créé par Womack
aux Etats-Unis et Lean entreprise Academy créée par Jones en Angleterre).
Dans son article « Triumph of the Lean production system », John Krafcik du MIT décrit le
Lean comme un système de production «mince», «agile», «flexible» ou «ajustée» par
opposition à la production de masse du modèle fordien (Krafcit, 1988)23. James Womack et
15
Lyonnet, B. (2010), Amélioration de la performance industrielle : vers un système de production Lean
adapté aux entreprises du pôle de compétitivité Arve Industries Haute-Savoie Mont-Blanc, Thèse de Doctorat,
Université de Savoie.
16
Womack J., Jones D. (2005), System Lean : Penser l‟entreprise au plus juste. Paris :Village mondial, 2ème
édition.
17
Davidson, P. (2009), Lean manufacturing helps companies survive: becoming more cost-efficient will have an
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18
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19
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via simulation: A process sector case study. International Journal of Production Economics; 107(1):223-236.
20
Bédry, P. (2009), Les basiques du Lean manufacturing, Paris : Eyrolles.
21
Achanga P., Shehab E., Roy R., Nelder G. (2006), Critical success factors for lean implementation within
SMEs. Journal of Manufacturing Technology Management; 17(4):460-471.
22
Op cit
23
Krafcik J.F. (1988), Triumph of the lean production system. Sloan Management Review; 30 (1):41-52.
39
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
Dan Jones, chercheurs également au MIT le traduisent en « maigre » (Womack, 2005)24 dont
l‟objectif est de réduire les coûts en produisant de façon plus optimisée, en diminuant les
temps de cycle et les stocks intermédiaires et en améliorant la qualité.
Les nombreux auteurs qui ont écrit sur le Lean ne se sont pas mis d‟accord à l‟unanimité
quant à la définition du concept, ce qui a rendu la compréhension du Lean élusive (Pettersen,
2009)25 ; (Shah et al. 2007)26.
L‟ambiguïté du concept a suscité des difficultés : dans la communication des principes
fondamentaux du Lean (Pettersen, 2009)27, dans la recherche sur le sujet (Godfrey et al,
2007)28 ; (Parker, 2003)29 et dans l‟application des principes du Lean au quotidien (Parker,
2003)30 ; (Karlsson & Åhlström, 1996)31.
Après avoir fait ses preuves dans le milieu de l'automobile, le Lean inspiré du Système de Production
Toyota (TPS) devient un standard d'organisation des entreprises industrielles et de service.
C‟est un système de production d‟excellence (Womack et al. 1994)32, un système intégré
reposant sur le système opérationnel, le système de management et la culture (Drew et al.
2004). Le Lean se traduit par la gestion optimale des flux, une meilleure utilisation des
ressources et le respect des hommes. Il se traduit comme un système de management dans
lequel les employés peuvent développer pleinement leurs capacités par une participation
active à l‟organisation et l‟amélioration des postes de travail (Sugimori et al. 1977)33.
La définition du TPS et de ses principes est plus explicite dans les écrits des japonais
(Monden, 198334) ; (Ohno, 1988)35. En effet, ces derniers le décrivent avec précision dans son
ensemble alors que dans les publications récentes anglaises, une distinction est faite entre le
24
Op cit.
25
Pettersen,J., (2009), "Defining lean production: some conceptual and practical issues", The TQM Journal ,
Vol. 21, N°2, pp.127 - 142
26
Shah, R., Ward, P.T. (2005), Lean manufacturing: context, practice bundles, and performance, Journal of
Operations Management, 21, 129-149.
27
Op cit.
28
Godfrey P.C., Hatch N.W. (2007), “Researching Corporate Social Responsibility: an agenda for the 21st
Century”, Journal of Business Ethics, (70), 87-98.
29
Parker, S. (2003), Longitudinal Effects of Lean Production on Employee Outcomes and the Mediating Role of
Work Characteristics, Journal of Applied Psychology , Vol. 88, No. 4, 620–634
30
Op cit
31
Karlsson, C., Ahlstrom, P. (1996), “Assessing changes towards lean production”. International Journal of
Operations & Production Management, Vol.16, N°2, 24-41.
32
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35
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40
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
système et ses principes où les auteurs font une description des principes plutôt que le système
dans sa totalité (Sugimori et al. 1977)36 ; (Monden, 1981)37. Ohno a identifié sept principes
pour décrire son système de production qui repose sur deux piliers : le juste-à-temps et
l‟autonomation (Ohno, 1988)38. Quant à Womack et Jones ainsi que Cusumano et Fujimoto,
ils se sont basés sur cinq principes pour décrire le système Lean : la valeur, la chaîne de
valeur, le flux, le flux tiré, et la perfection (Womack et al. 2005)39 ; (Fujimoto, 2000)40 ;
(Cusumano, 1998)41.
Les deux auteurs, James-Moore et Gibbon se sont appuyés sur les principes de flexibilité,
d‟élimination des gaspillages, de processus de contrôle, d‟optimisation et d‟utilisation des
hommes (James-Moore et Gibbon, 1997)42, alors qu‟Åhlström se base sur l‟élimination des
gaspillages, la meilleure qualité, les systèmes d‟informations verticales, le principe de
multifonctions des équipes et la notion de « team leader » (Åhlström, 1998)43. Par ailleurs,
Drew et ses collaborateurs, consultants au sein de Mc Kinsey et Company, ont défini le Lean
à partir de huit principes tels que notamment la détection et la résolution de problèmes dès
leurs apparitions et la standardisation des activités (Drew et al, 2004)44. Shah et Ward, quant à
eux, dans leurs études visant à évaluer l‟impact du Lean sur la performance définissent la
démarche Lean selon quatre principes tels que le management des ressources humaines, le
management de la maintenance, le juste-à-temps et le management de la qualité totale (Shah
et Ward, 2007)45 alors que Bruun et Mefford ont identifié six principes à la base de l‟approche
Lean dont la réduction des stocks et l‟amélioration continue (Bruun et Mefford, 2004)46.
Liker, chercheur à l‟université du Michigan, suggère de mettre en œuvre la démarche Lean
36
Sugimori Y., Kusunoki K., Cho F., Uchikawa S. (1977), Toyota Production System and kanban system
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41
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
selon quatorze principes (Liker, 2004)47. Ces principes sont reformulés en règles à suivre
(Houy, 2008)48 pour l‟entreprise selon trois niveaux d‟analyse. Le premier niveau d‟analyse
concerne la valeur produite par une entreprise. Cette valeur doit être définie du point de vue
du client et couler sans interruption le long de la chaîne de valeur pour faire apparaître
immédiatement les problèmes. Le deuxième niveau d‟analyse porte sur le schéma productif.
L‟entreprise doit tirer sa production en fonction de la demande et s‟appuyer sur des processus
de production standardisés. La standardisation des tâches productives est un pré-requis à
l‟Amélioration Continue de l‟ensemble des processus de l‟entreprise par suppression des
opérations non créatrices de valeur. Enfin, le troisième niveau d‟analyse a trait à l‟attitude des
managers. Ils doivent aider les opérateurs à trouver rapidement des solutions lorsqu‟un
problème survient. Leur rôle est d‟inciter chaque opérateur à identifier les problèmes, à y
réfléchir et à proposer des contre-mesures pour améliorer le système productif. Par
conséquent, le management doit se faire au plus près des opérateurs car seule l‟expérience
directe des situations de crise permet un diagnostic efficace.
Le TPS n‟est pas juste un système de production mais un système de gestion dont la base est
l‟élimination totale de tous les gaspillages (Pettersen, 2009)49. C‟est un ensemble d‟outils et
de pratiques (Karlsson et al. 1996)50 ; (James-More et al. 1997)51 ; (Monden 1983)52 ; (Ohno
1988)53 ; (Shah et al. 2005)54 ; (Womack et al. 2009)55. On décrit également le TPS comme
nouvelle organisation accompagnée d‟une nouvelle philosophie organisationnelle et de
nouvelles techniques qui ont pour but de réduire les gaspillages, tout en améliorant en continu
la qualité (Womack 2009)56 -technologique
(Cua, McKone et Schroeder, 2001)57 ; (Paez et al. 2004)58.
47 Liker,J K. (2004), Toyota way: 14 Management Principles from the World greatest Manufacturers, Ne w
York: McGraw-Hill.
48 Houy T. (2008), Articulation entre pratiques managériales et systèmes d‟information: construction d‟un idéal
type de modélisation. Thèse de doctorat, Télécom ParisTech.
49 Pettersen,J., (2009), "Defining lean production: some conceptual and practical issues", The TQM Journal ,
Vol. 21, N°2, pp.127 - 142
50 Karlsson, C., Ahlstrom, P. (1996), “Assessing changes towards lean production”. International Journal of
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57
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42
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
L‟adoption du Lean (Sawhney et al. 2005)59 ; (Liker, 2004)60 discerne l‟importance du facteur
humain. Cependant peu de recherches se sont intéressées à l‟impact du management des
ressources humaines (Parks, 2003)61 ; (Biazzo et al. 2000)62. En effet, elles avantagent le lien
entre les pratiques Lean et la performance, négligeant la question des leviers et des freins à
leur adoption. Toutefois pour parvenir à une adoption réussie du Lean, il faut que la mise en
œuvre des pratiques issues du « système technique » (Juste à temps, Management de la qualité
totale, Maintenance productive totale) doive être conjointe à celles issues du « système
social» (Cua et al. 2001)63.
Le Lean Manufacturing est une démarche basée sur deux piliers principaux : les activités
créatrices de valeur et l‟élimination des gaspillages. Il distingue donc les activités à valeur
ajoutée des activités sans valeur ajoutée et exploite des outils pour réaliser son objectif
d'élimination des gaspillages. Il a aussi pour objectif de promouvoir l‟amélioration continue,
la maîtrise des processus et l‟optimisation à la fois de la qualité et des coûts de production.
Cette démarche d‟organisation se déploie maintenant dans l'ensemble des domaines de
l'entreprise mais également dans un grand nombre de secteurs d‟activités tels que les activités
tertiaires et l‟administration. Elle se focalise sur la mise en place de concepts associés à des
outils de créativité et de résolution de problèmes classiques. Les outils s‟appliquent à tous les
environnements et facilitent les actions de transformation de l‟entreprise. On les préconise en
les appliquant suivant le contexte de l‟entreprise pour analyser ses dysfonctionnements et/ou
la mise en place de mesures correctives.
Le Lean est applicable dans chaque entreprise et chaque processus. Ce n'est pas une démarche
tactique ou un programme de réduction des coûts mais un mode de pensée intégrant
l'ensemble des composantes d'une organisation.
58
Paez, O. et al. (2004), “The Lean Manufacturing Enterprise: An Emerging Sosciotechnological System
Integration”, Human Factors and Ergonomics in Manufacturing, Vol. 14, N°3, 285-306.
59
Sawhney, R., Chason, S. (2005), “Human behavior based exploratory model for successful implementation of
Lean enterprise in industry”, Performance Improvement Quaterly, Vol.18, N°2, 76-96.
60
Liker, J K. (2004), Toyota way: 14 Management Principles from the World‟ greatest Manufacturer, McGraw-Hill.
61
Parks, C.M. (2003), “The bare necessities of Lean”, Industrial Engineer, Vol. 35, N°8, 39-42.
62
Biazzo, S., Pannizzolo, R., “The assessment of work organization in Lean production : The relevance of the
worker‟s perspective”, Integrated Manufacturing Systems, Vol. 11, N°1, 6-15.
63
Cua, K.O., McKone, K.E., Schroeder R.G. (2001), “Relationships between implementation of TQM, JIT, and
TPM and manufacturing performance”, Journal of Operations Management 19, pp 675-694.
43
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
Le Juste à temps, concept élaboré vers 1937 par Taiichi Ohno alors qu‟il était au
service de Toyota Textile. Par la suite, Kiichiro Toyota, président de Toyota Motor
Company y a donné toute son ampleur après la Seconde Guerre mondiale. C‟était pour
lui une des clés de succès pour prendre une part importante dans l‟industrie
automobile, industrie occupée majoritairement par les Américains (Ménard, 2005)64.
Le système « Juste à Temps » appelé en anglais « Just In Time », est une stratégie de
production dans laquelle les produits ne sont fabriqués que lorsqu‟ils sont demandés par
les clients et dont l‟objectif est de réduire les stocks, augmenter la flexibilité et
maximiser le degré de satisfaction des clients (Melek Eker et Fikri Pala, 2008)65 . Le
Juste à Temps consiste donc à fournir au client la quantité de produits dans le standard
de qualité et de coûts fixés au moment où il le souhaite. C‟est un mode de gestion
intégré d‟opérations qui vise la synchronisation des activités de la chaîne logistique à
travers toute l'entreprise de manière à réunir toutes les conditions d'un "stock-zéro".
Deuxième pilier du Lean, le Jidoka est la plus ancienne partie du TPS qui consiste à
64
Ménard, JP., « Concept : Le Juste-à-Temps (JAT) », revue Le Journal Industriel du Quebec, N° Août, 2005.
65
Melek [Link] Fikri P., “The effect of competition, Just In Time production and Total Quality Management on the
use of multiple performance measures : An empirical study”, Journal of Economic and Social Research, 10
(2008), pp. 35-72
44
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
équipes de production de donner l‟alerte au moyen d‟un tableau (Andon) qui mentionne
l‟état de la production. Ce concept évoluera ensuite vers celui d‟auto-activation dont le
principal objectif est d'éviter la réalisation non contrôlée de produits défectueux dans le
cas d'une production de masse et de rendre possible, dans le même temps, une
affectation d'un même opérateur à plusieurs machines (Rosenthal, 2002)66. Le principal
intérêt est que dans cette situation, l‟opérateur est capable de s‟occuper de plusieurs
machines à la fois.
Un troisième concept, pierre angulaire du système, est le Kaizen issu de deux mots japonais
(KAI=changer) et (ZEN=bon, bien) traduit en français par « amélioration continue » repose
sur de petites améliorations faites au quotidien de façon continue. C‟est une méthode
d‟intervention interne de l‟entreprise basée sur la participation des opérationnels et ayant pour
résultat une modification du travail (Maurer, 2006)67. Ce concept introduit par Imai en 1986,
retient que l‟amélioration continue nécessite l‟implication de tous les acteurs afin de déployer
des processus d‟améliorations concrètes, simples et peu coûteuses, réalisées dans un laps de
temps court (Imai, 1997)68. La dynamique Kaizen consiste à réaliser continuellement des
améliorations initiées par des utilisateurs dans le cadre de la lutte contre les mudas (les non-
valeurs ajoutées). Contrairement à l‟innovation, Kaizen est une démarche graduelle
n‟entraînant pas de changements brusques et les coûts sont réduits. En effet, il n‟y a pas
beaucoup d‟investissements, les coûts de fonctionnement sont connus donc identiques aux
coûts habituels et enfin les amortissements ne sont pas affectés.
66
Rosenthal, M., « The essence of Jidoka » SME Lean Directions, 2002, [Link]
67
Maurer, R. (2006), Un petit pas peut changer votre vie : la voie du kaizen. Anne Carrière, 2006.
68
Imai M. (1997), Gemba Kaizen: A Commonsense, Low-Cost Approach to Management. New York :
McGraw-Hill.
45
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
L‟outil 5S : C'est le premier outil à mettre en œuvre dans une démarche de type Lean
Manufacturing. L‟outil 5S (Seiri, Seiton, Seiso, Seiketsu et Shitsuke) permet
d‟éliminer ce qui est inutile, définir une place pour chaque chose, nettoyer, définir les
gammes et procédures nécessaires enfin auditer et mesurer l‟amélioration. Il permet un
meilleur contrôle de l‟environnement sur le terrain (Imai, 1997)69. Il constitue
également un moyen de mettre en place un management participatif en
responsabilisant les opérateurs sur l‟organisation de l‟entreprise (Trey, 2003)70. Cet
outil de base du Lean a pour principal objectif de changer les mentalités et mettre en
route une politique d‟amélioration continue. L‟outil 5S est un indicateur de ce qui
nous sépare d‟une usine de classe mondiale (. En effet, une usine où les machines et
les postes de travail sont sales et où les outils traînent sur les tables vivra à coup sûr
des problèmes des ressources humaines (manque de participation des ouvriers) et en
plus produira des tas de rejets (Bichai, 2006)71.
La Value Stream Mapping (VSM) : est également connu sous le nom de Material and
Information Flow Mapping ou Material and Information Flow Analysis : MIFA, ou
analyse de la chaîne de la valeur. La VSM est un outil pour enregistrer un état actuel
(Mapping) et concevoir un état futur (Design) des flux de matière et d'information au
niveau global. Cette méthode d'analyse du Lean Manufacturing permet de définir les
69
Imai M. (1997), Gemba Kaizen: A Commonsense, Low-Cost Approach to Management. New York :
McGraw-Hill
70
Trey, P. (2003), Le 5S, socle de l‟efficacité industrielle. AFNOR.
71
Bichai, J., Agir ou périr : survivre dans la jungle de la mondialisation, Presses Internationales Polytechnique,
2006.
46
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
L‟Andon : c‟est un outil industriel et visuel qui permet de révéler la présence d‟un
problème sur la chaîne de production. C’est un système d’alarme qui permet aux
opérateurs de signaler qu’ils ont un problème lors du montage d’une pièce.
Lorsqu’ils tirent sur un fil au-dessus de leur tête ou appuient sur un bouton sur
leur poste de travail, un panneau d’affichage lumineux centralisé signale leur
station de travail et un responsable s’empresse de venir voir ce qui s’y passe. Il
permet au superviseur d‟identifier tout de suite à quelle station se trouve le problème
et d‟accourir avant que la ligne n‟atteigne le prochain point fixe où elle s‟arrêtera si le
superviseur n‟a pas trouvé de contre mesure et annulé l‟alerte (Suzaki, 1993)73.
L’Andon est avant tout un système d’information sur les non-conformités. On
utilise l‟Andon également pour signaler au service des approvisionnements qu‟il faut
accélérer un approvisionnement.
72
Singh, B., Sharma, S.K. (2009), „Value stream mapping as a versatile tool for lean implementation: an Indian
case study of a manufacturing firm‟, Measuring Business Excellence, Vol. 13, N° 3, pp.58 – 68
73
Suzaki, K. (1993), Réinventer l‟unité de travail, Paris : Dunod.
74
Feld, W.(2000), Lean Manufacturing: Tools, Techniques, and How to Use Them, London: St Lucie Press
47
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
Le SMED (Single Minute Exchange Die) : Cet outil du Lean Manufacturing, d‟abord
utilisé pour réduire les temps de changement d‟outillage, peut être employé pour
flexibiliser tout processus productif ou administratif (Colin, 2003)78. L‟objectif est
l‟élimination progressive des stocks et l‟amélioration de la productivité grâce à la mise
en place d‟une organisation réactive et flexible.
75
Liker, J K. (2004), Toyota way: 14 Management Principles from the World‟ greatest Manufacturers, McGraw-
Hill.
76
Hirano H., (1995), 5 pillars of the visual workplace: the sourcebook for 5S implementation. Portland :
Productivity Press.
77
Lyonnet, B. (2010), Amélioration de la performance industrielle : vers un système de production Lean adapté
aux entreprises du pôle de compétitivité Arve Industries Haute-Savoie Mont-Blanc, Thèse de Doctorat,
Université de Savoie.
78
Colin, R. (2003), Le SMED, Paris: AFNOR
48
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
Les Poka-Yoke: Terme japonais largement répandu par Shigeo Shingo, signifie
« éviter (yokery) les erreurs (poka) » (Shingo, 1985)81 ; (Nikkan, 1989)82. Ce sont des
systèmes simples permettant d'éviter les erreurs involontaires des opérateurs. Les
Poka-Yoke sont aussi appelés "détrompeurs", ou "systèmes anti-erreur" et sont
couramment utilisés dans le Lean Manufacturing. Le but de cet outil est de permettre
un contrôle à 100% peu coûteux et de réduire au minimum les délais entre la détection
des défauts et l‟application des actions correctives. En effet, plutôt que d‟ajouter une
étape supplémentaire de contrôle à faire par le service Qualité, l‟inspection est intégrée
au processus de production (Tsou et al, 2005)83. L‟opérateur est ainsi probablement le
meilleur inspecteur, à condition qu‟on lui fournisse les moyens nécessaires.
L‟approche des Poka-yoke accepte que l‟erreur soit humaine et qu‟il soit nécessaire
d‟inclure des dispositifs empêchant qu‟elle n‟engendre des défauts.
79
Shiba S. (1995), Le Management par Percée, méthode Hoshin. , Paris : INSEP Editions.
80
Siebenborn T. (2005), Une approche de formalisation du processus de changement dans l‟entreprise. Thèse de
doctorat, Université de Savoie.
81
Shingo S. (1985), A revolution in manufacturing: the SMED system. Portland: Productivity Press.
82
Nikkan, K.S. (1989), Poka-Yoke: Improving Product Quality by Preventing Defects, Portland: Productivity
Press.
83
Tsou, J.-C.; Chen, J.-M., (2005), Dynamic model for a defective production system with Poka-Yoke,
Journal of the Operational Research Society, Vol. 56.2005, 7, p. 799-803.
84
Sekine, K. (1983), Kanban: Gestion de production à stock zero. Paris : Editions Hommes et Techniques.
49
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
amont (fournisseur) par une circulation d‟étiquettes (Shingo, 1985)85. Au delà de son
rôle premier de vecteur d'information, le Kanban permet d'éviter les surproductions
et/ou transports inutiles et contribue à améliorer la traçabilité des produits.
Rapport A3 : Présenté sur une feuille de format A3 (297 x 420 mm) cet outil conçu par
Toyota Motors Corporation permet de guider l‟utilisateur dans sa démarche de
résolution de problèmes. C‟est un processus de collecte et d‟analyse des informations
précédant la réalisation d‟un plan d‟actions d‟amélioration (Liker, 2004)86 permettant
de faire apparaître tous les éléments qui peuvent entraîner des difficultés et des retards
dans le flux de fabrication, d‟inclure toutes les personnes impliquées dans la
fabrication du produit et d‟identifier les premiers dysfonctionnements pour faciliter
l‟élaboration d‟un plan d‟actions d‟amélioration. C‟est un outil puissant au service du
Management.
Les 5 pourquoi : Cet outil préconisé par Ohno pour la résolution de problèmes.
consiste à identifier l'origine d'un problème en amenant les opérateurs à s'interroger
successivement sur le dit problème. Cet outil repose sur un questionnement destiné à
remonter aux causes initiales du problème en posant à plusieurs reprises la question
"pourquoi". La plupart des problèmes sont résolus au bout des cinq premières
questions et ainsi les causes du problème sont identifiées pour leur porter remède
(Liker, 2004)87.
85
Shingo S. (1985), A revolution in manufacturing: the SMED system. Portland: Productivity Press.
86
Liker, J.K. (2004), The Toyota Way: 14 Management Principles from the World‟ greatest Manufacturer. New
York: McGraw-Hill.
87
Op cit.
50
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
les idées. Elles sont utilisées à différents moments dans la démarche de résolution de
problème. Par exemple, pour poser un problème, pour rassembler des informations et
les mettre en forme, pour chercher des idées de causes possibles, de solutions
possibles, pour préparer un plan d‟action.
Le Diagramme d‟Ishikawa : Le diagramme des 5M reste un des outils qualité les plus
connus et les plus utilisés. Appelé également diagramme causes – effets (Ishikawa,
2007)88 ou diagramme en arêtes de poisson, cet outil graphique sert à comprendre les
causes d'un défaut de qualité et à analyser le rapport existant entre un problème et toutes
les causes possibles. Les causes pouvant être à l‟origine d‟un problème sont classées selon
cinq familles : Main d‟œuvre, Milieu, Méthode, Matières premières, Moyens. Chaque
famille de cause reçoit d‟autres causes selon le niveau d‟importance ou de détail. C‟est un
excellent outil de communication pour expliquer un phénomène.
88
Ishikawa, K.(2007), La gestion de la qualité : Outils et applications pratiques, Paris : Dunod.
89
Fernandez, A. (2012), Les Nouveaux tableaux de bord des managers, Paris : Eyrolles.
51
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
«Plan» (Planifier) : Dans cette étape, il s'agit de définir les objectifs à atteindre et
de planifier la mise en œuvre d'actions. Préparer ce qui va être réalisé en
identifiant les problèmes, en définissant les causes et en établissant un planning ;
«Do» (Mettre en place) : Dans cette étape, il s'agit de la mise en œuvre des actions
correctives c‟est-à-dire réaliser les actions planifiées en respectant les dispositions
définies dans la première étape ;
«Check» (Contrôler) : Cette phase consiste à étudier les résultats en utilisant les
indicateurs de performance. Et de vérifier l'atteinte des objectifs fixés lors dela
première étape « Plan » ;
«Act» (Agir) : Cette dernière étape consiste à standardiser ce qui a été mis en place
et en fonction des résultats de la phase précédente prendre des mesures
préventives.
La mise en place de concepts associés aux différents outils du Lean répondant à l‟objectif de
l‟amélioration continue, sont regroupés en six concepts Lean communs par différents auteurs
(Lyonnet, 2010)90. Il s‟agit de l‟élimination des gaspillages (1), le juste à temps (2), la qualité
(3), l‟amélioration continue (4), le management visuel (5) et le management des hommes (6)
(Tableau 1).
90
Lyonnet, B. (2010), Amélioration de la performance industrielle : vers un système de production Lean adapté
aux entreprises du pôle de compétitivité Arve Industries Haute-Savoie Mont-Blanc, Thèse de Doctorat,
Université de Savoie.
52
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
53
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
L‟ensemble de ces concepts associés aux outils sont étroitement liés et convergent tous vers le
même objectif à savoir l‟élimination des gaspillages et l‟amélioration continue à tous les
niveaux.
L‟une des forces du Lean Manufacturing réside dans l‟itération de sa démarche. C‟est une
approche systémique d‟amélioration permettant de tendre vers l‟excellence opérationnelle.
Chaque fois que l'on progresse d'un pas, on sait que l'on peut progresser encore et améliorer la
situation.
Le Lean Manufacturing est lié au développement durable puisque son objectif est de réduire
les gaspillages. Le Lean implique la réduction des stocks, l‟augmentation de la productivité et
la réduction des coûts de fabrication (Baglin et Capraro, 1999)91 ; (Arbos, 2002)92;
(Kilpatrick, 2003)93; (Shah et Ward, 2003)94 ; (Melton, 2005)95; (Dickson et al, 2009)96 ;
(Demeter et Matyusz, 2010)97. L‟étude menée dans 40 entreprises a mis en évidence une
augmentation moyenne de la productivité de 50% et une réduction moyenne des stocks de
80% (Kilpatrick, 2003)98. D‟autres bénéfices sont apportés par le Lean tels qu‟une réduction
du temps de cycle (Kilpatrick, 2003)99; (Shah et Ward, 2003)100; (Melton, 2005)101; (Demeter
91
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98
Op cit
99
Op cit
100
Op cit
101
Op cit
54
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
102
Op cit
103
Op cit
104
Op cit
105
Op cit
106
Baglin G., Capraro M. (1999), L'Entreprise Lean Production ou la PME compétitive par l'action collective.
Lyon : Presses Universitaires.
107
Kilpatrick J. (2003) Lean principles. Utah: Manufacturing Extension Partnership.
108
Shah R., Ward P.T. (2003) Lean manufacturing: context, practice bundles, and performance. Journal of
Operations Management; 21(2):129-149.
109
Demeter K., Matyusz Z. (2010), The impact of lean practices on inventory turnover, International Journal of
Production Economics, 133(1), 154-163.
110
Dickson E.W. et al. (2009), Application of lean manufacturing techniques in the Emergency Department.
The Journal of Emergency Medicine; 37(2):177-82.
111
Op cit.
112
Melton T. (2005), The benefits of Lean manufacturing, What Lean Thinking has to Offer the Process
Industries. Chemical Engineering Research and Design; 83(A6):662-673.
113
Op cit
114
Op cit
115
Dickson E.W., et al.. (2009), Application of lean manufacturing techniques in the Emergency Department.
The Journal of Emergency Medicine; 37(2):177-82.
116
Baglin G., Capraro M. (1999), L'Entreprise Lean Production ou la PME compétitive par l'action collective.
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55
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
grand groupe américain du secteur automobile (Saurin et Ferreira, 2009)118. Les hommes
deviennent maîtres de l'amélioration de leurs postes dans l‟intérêt de toute l'entreprise ce qui
permet une augmentation des compétences dans la mesure où le personnel participant à la
résolution de problèmes reçoit une formation.
Les résultats obtenus après la mise en place du Lean Manufacturing sont perçus de trois points
de vue : industriels, commerciaux et financiers.
56
Chapitre 2 Le Lean Manufacturing
Conclusion
123
Kamata, S.(2008), Toyota : l'usine du désespoir, Alternatives Economiques n° 269 – mai, <Disponible sur
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Deuxième partie : Recherche de
l’entreprise algérienne vers la
compétitivité
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Chapitre 3
Amélioration de la compétitivité de
l’entreprise algérienne
64
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Introduction…………………………………………………………………………….. 66
Section 1 : Etat des lieux……………………………………………………………….. 67
1.1 Les réformes dans l’entreprise algérienne………………………………………….. 68
1.2 Caractéristiques de la PME algérienne…………………………………………...... 70
1.2.1 L’entreprise publique…………………………………………………….. 71
1.2.2 L’entreprise privée……………………………………………………... 72
Section 2 : Les réformes………………………………………………………………... 72
2.1 La Mise à niveau condition idoine………………………………………………… 74
2.1.1 Programme intégré de l’Organisation des Nations-Unies pour le 74
Développement Industriel (ONUDI)……………………………………………
2.1.2 Le programme national de mise à niveau de la PME algérienne………………. 75
2.1.3 Le programme Euro Développement PME (ED-PME)………………………... 76
2.1.4 Le dispositif de mise à niveau………………………………………………….. 76
[Link] Le processus de la mise à niveau……………………………………….. 77
[Link] Instruments juridiques………………………………………………….. 79
65
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Introduction
Conformément aux préceptes du Consensus de Washington, à l’instar d’autres pays en
voie de développement, l’Algérie s’est engagée dans un ambitieux programme impulsant une
nouvelle dynamique en faveur des petites et moyennes entreprises (PME). Sous l’égide des
institutions financières internationales, des réformes sont lancées pour restructurer les
entreprises algériennes contraintes d’évoluer dans un contexte d’ouverture commerciale et de
concurrence accrue. Il devient alors vital pour elles d’améliorer sérieusement leur
compétitivité interne (sur leurs propres marchés intérieurs) et externe (sur les marchés
d’exportation).
À travers la signature des accords du GATT/OMC, de l’accord d’association avec l’Europe,
ainsi que d’autres coopérations régionales et bilatérales avec des pays partenaires, l’Algérie
est impliquée dans une double dynamique de mondialisation et régionalisation. Cette
dynamique est synonyme de défis, dont le premier reste sans doute l’aptitude de l’économie
algérienne à générer une offre compétitive sur les marchés extérieurs mais également, à
relever le défi d’une concurrence accrue sur le marché domestique, du fait du démantèlement
douanier. Si certaines entreprises algériennes assistent plus au moins passivement à ce
processus, acceptant ainsi implicitement la programmation de leur disparition, d'autres au
contraire ne craignent pas de s'inscrire résolument dans la compétition. Elles ont pris
conscience que la compétitivité est la seule planche de salut. La mondialisation exige de nos
entreprises une adaptation et une transformation radicale de leurs systèmes de gestion ainsi
que de leurs processus de production. Pour atteindre le niveau de compétitivité international,
ce sont toutes les anciennes pratiques et méthodes du management qui doivent être changées
(Azzemou et Noureddine, 2011)1.
Les réformes économiques des dix dernières années ont impulsé une dynamique en faveur
des PME. Mais l’environnement socio-économique actuel impose des changements radicaux
dans les entreprises ; ainsi le gouvernement algérien a déployé des efforts pour soutenir et
renforcer la compétitivité des entreprises algériennes.
Dans ce contexte, le gouvernement algérien a mis en place le dispositif de la mise à niveau
des entreprises, devenue une nécessité pour assurer la survie des entreprises, à travers les
1
Azzemou, R. Noureddine,M (2011), Une alternative à la mise à niveau de l’entreprise algérienne : Le
Lean Manufacturing comme stratégie vers la compétitivité, Séminaire National sur la compétitivité de
l’entreprise, Annaba, 11- 12 décembre 2011.
66
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Pour s’insérer dans l’économie mondiale, le pouvoir algérien a mis en place un nouveau cadre
législatif avec de nombreux programmes de soutien et de mise à niveau des entreprises
nationales en vue de leur permettre de s’adapter aux nouvelles conditions du marché et
d’accéder à une meilleure compétitivité. Dans ce contexte, les entreprises publiques ont été
au centre des réformes économiques entamées en 1989. Ainsi, pour assurer leur
assainissement d’importantes enveloppes financières leur sont réservées annuellement par
l'Etat depuis 1991 mais elles sont restées d'un niveau de performance très faible. D’autre part,
la libération du plafond de l’investissement privé a conduit le développement de la PME
privée qui occupe une position privilégiée dans l’économie nationale.
L’objectif des programmes de mise à niveau est d’améliorer significativement la compétitivité
des PME algériennes en s’alignant sur les standards internationaux d’organisation et de
gestion. La mise à niveau appelée communément restructuration préventive est une opération
de Benchmarking qui consiste à hisser la productivité de l’entreprise au niveau de ses
meilleurs concurrents (Lamiri, 2003)2. Cependant, ces programmes ne sont pas suffisamment
appropriés par un grand nombre d’entreprises (Bouhaba, 2012)3. En effet, certains facteurs ne
sont pas pris en compte et influencent considérablement la compétitivité par les coûts
notamment : niveau de développement des infrastructures, qualité du système de formation,
coût de la transaction, présence d’un secteur informel et autres contraintes liées à
l’environnement économique. D’autre part, les chefs d’entreprise s’estiment freinés par des
charges mais aussi par la lourdeur des règles administratives et sociales. Ce constat mitigé du
2
Lamiri, A. (2003), Management de l’information, redressement et mise à niveau des entreprises, Alger : OPU.
3
Bouhaba, M. (2012), La problématique de la mise à niveau des entreprises en Algérie, Alger : Ecole Nationale
Supérieure de la Statistique et de l’Economie Appliquée.
67
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
dispositif exhorte l’entreprise algérienne à repenser à une nouvelle démarche pour parvenir à
un regain de dynamisme dont l’objectif demeure la compétitivité.
La chute brutale survenue au milieu des années 1980 des cours de pétrole, principale source
de revenus du pays, a amené l’Algérie à adopter une série de mesures dites d’ « ajustement
structurel ». Ces mesures ont touché les entreprises économiques sur la voie de la
libéralisation de l’économie se traduisant par des mesures de privatisation, souvent partielle,
ayant touché des entreprises publiques ou même par l’apparition de sociétés complètement
étrangères appartenant à des groupes économiques et financiers issus des pays industriels
occidentaux.
Les nouvelles réformes imposées par les différentes institutions financières internationales
mises en œuvre dès la fin des années quatre vingt ont fait soumettre l’entreprise publique aux
règles de commerce, aux dispositifs en matière d’obligations civiles et commerciales
(Bouhezza, 2004)4 et ont fait émerger le secteur privé qui occupe aujourd’hui une position
favorisée par les pouvoirs publics.
À travers la signature des différents accords (GATT/OMC, accord d’association avec l’Union
Européenne ainsi que d’autres coopérations régionales et bilatérales avec des pays
partenaires) l’Algérie est impliquée dans une double dynamique de mondialisation et
régionalisation (Khetib, Ghomari, 2010)5. Cette dynamique est synonyme de défis, dont le
premier reste sans doute l’aptitude de l’économie algérienne à générer une offre compétitive
sur les marchés extérieurs mais également à relever le défi d’une concurrence accrue sur le
marché domestique du fait du démantèlement douanier. Appelée à diversifier sa production
industrielle, agricole et de services, pour réduire la dépendance encore excessive par rapport
aux hydrocarbures (97% des recettes d’exportations sont issues du pétrole et du gaz)
l’économie algérienne dispose d’atouts exceptionnels (tableau 2) qu’elle pourrait faire valoir
et qui lui permettrait d’élever sa croissance et de créer davantage de richesse.
4
Bouhezza, M. (2004), ‘ La privatisation de l’entreprise publique algérienne et le rôle de l’Etat dans ce
processus’ Revue Economie & Gestion, N°3, 79-94. <disponible sur [Link]> (consulté le 05
novembre 2010).
5
Khetib, M, Ghomari, S (2010), L’Impératif du Management de la Qualité pour les Entreprises Algériennes
face aux Défis de la Mondialisation » Colloque international Management de la qualité totale & Développement
de la performance de l’entreprise, Saida, 13-14 Décembre 2010
68
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Certes, les réformes économiques des dix dernières années ont impulsé une dynamique en
faveur des entreprises publiques et privées (PME/PMI) mais l’environnement socio-
économique actuel impose des changements radicaux dans les entreprises ; ainsi le
gouvernement algérien a déployé des efforts pour soutenir et renforcer la compétitivité des
entreprises algériennes. Dans ce contexte, le pouvoir algérien a mis en place un dispositif de
mise à niveau des entreprises dès 1999. Ce dispositif de mise à niveau de l’entreprise nationale
vise à agir sur les contraintes endogènes et exogènes à l’entreprise algérienne en vue de lui
permettre de s’adapter aux nouvelles conditions du marché, d’accéder à une meilleure
compétitivité, d’acquérir une aptitude à exporter et de générer une capacité d'accumulation et
de croissance.
69
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Cependant, il reste insuffisant pour lui permettre d’affronter la rude concurrence (tableau 3) et
d’assurer une croissance durable.
L’entreprise algérienne est de petite taille faiblement compétitive et peu innovante. En effet,
le tissu économique algérien (Tableau 4) est constitué essentiellement de PMI/PME (98%
6
Melbouci, L. (2008), L'entreprise algérienne face à quel genre d'environnement ?, La Revue des Sciences de
Gestion, 2008/6 n° 234, p. 75-83. <Disponible sur [Link]/revue-des-sciences-de-gestion-2008-6-page-
[Link]
70
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
pour le secteur privé) dominé par les personnes physiques à 95% alors que les personnes
morales représentent seulement 5% selon les données quantitatives du recensement
économique effectué par l'Office national des statistiques (ONS, 2012)7.
Elle est de type « bureaucratique » induit par le modèle socialiste. Elle accumule une forte
culture de non-management et se caractérise par des techniques de gestion traditionnelle.
L’entreprise publique est confrontée à la vétusté des outils de production, au manque de
matières premières, à la sous utilisation des capacités de production, à la déstructuration
financière amplifiée par des pertes de changes massives, à la faible promotion de ses
produits. Malgré la pléthore de cadres dont elle dispose, l’entreprise publique dénote une
mauvaise gestion des ressources humaines.
Elle est aussi confrontée à la multiplication des conflits sociaux et comportements de
résistance. Par ailleurs, l’entreprise publique méconnait son marché et n’a pas de liens avec
ses clients et ne dispose pas d’une stratégie d’appui pour la qualité et l’innovation.
Néanmoins, elle est mieux structurée que l’entreprise privée mais a tout de même besoin
d’investissements de renouvellement.
7
Office National des Statistiques (2012)
8
Si Lekhal, K., Korichi, Y., Gaboussa, A.(2013), Les PME en Algérie : Etat des lieux, contraintes et
perspectives, In Algerian Business Performance Review, N°4, 2003
71
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Elle est organisée sur des structures familiales et s’est plutôt concentrée dans des niches que
le secteur public a délaissées. Ce qui leur a donné des positions confortables de monopole,
elles sont de ce fait rentières et peu génératrices d’innovation.
L’entreprise privée s’est développée dans les différents secteurs d’activité avec l’ouverture
économique de l’Algérie. Une partie des activités de l’entreprise se pratique dans l’informel
(financement, production, commercialisation, approvisionnement). Son marché est
principalement local et national, très rarement international. Enfin, tout comme l’entreprise
publique, elle ne maîtrise pas les méthodes modernes de management et a rarement recours
à l’expertise extérieure ce qui compromet sa compétitivité.
Ce sont les deux premiers plans quinquennaux (1970-1973 et 1974-1978) qui ont marqué le
développement des PME/PMI. Les deux suivants (1980-1984 et 1985-1989), ont donné
naissance à des réformes en faveur du secteur privé malgré certaines réticences. La prise de
conscience des pouvoirs publics après le contre-choc pétrolier de 1986 se manifestant par un
prix de pétrole à 7$ le baril, s’est d’ailleurs traduite par des politiques et des mesures d’aide et
de développement aux entreprises accompagnées d’un assainissement financier.
D’ailleurs, dès l’année 1988, la loi 88-25 du 19 juillet 1988 a libéré le plafond de
l’investissement privé. D’autres mesures d’encouragement et d’appui aux PME/PMI ont
marqué la transition vers une économie de marché permettant ainsi l’établissement de
relations avec les institutions internationales. C’est ainsi qu’en 1994, en concertation avec le
Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale, l’Algérie adopte le Plan
d’ajustement structurel (Bouyacoub, 2004)9. L’année 2001 est marquée par la promulgation
de l’ordonnance relative au développement de l’investissement (Ordonnance N° 01/03 du
20/08/2001) et la loi d’orientation sur la promotion de la PME/PMI (Loi N° 01/18 du
12/12/2001) qui a pour objet de définir les petites et moyennes entreprises et les mesures
d'aide et de soutien à leur promotion.
9
Bouyacoub, A. (2004), Les PME en Algérie, quelles réalités. Cahiers du Griot : Entrepreneur et PME
Approches Algéro-françaises, Paris, Ed. L'Harmattan, 74-94.
72
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
D’autre part, afin d’améliorer l’environnement financier, la loi sur la monnaie et le crédit
(N°90-10 du 14/04/1990) est promulguée. Son objectif est de faire progresser les méthodes de
travail du système bancaire et d’ouvrir le champ au capital privé national ou étranger. Pour
mieux cerner les dysfonctionnements qui entravent leur survie et leur bon fonctionnement, les
pouvoirs publics ont créé des structures de promotion, de soutien et d’accompagnement
(Tableau 5) dans le but de les aider à s’insérer dans l’économie mondiale où règne la
concurrence.
La mise en place des réformes par les pouvoirs publics n’a pas produit les effets attendus.
L’équilibre macro-économique est entretenu grâce aux recettes des hydrocarbures et non par
une production effective de la richesse. Comment sortir du régime de croissance dominé par
les recettes des hydrocarbures ? Comment rendre compétitive l’entreprise ? Comment
diversifier le système productif national ?
Pour atteindre le niveau de compétitivité international, ce sont toutes les anciennes pratiques
et méthodes de management qui doivent être changées. Dans ce contexte, le pouvoir algérien
a mis en place un dispositif de mise à niveau des entreprises nationales qui vise à agir sur les
73
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
10
Azzemou, R. Noureddine,M (2011), Une alternative à la mise à niveau de l’entreprise algérienne : Le
Lean Manufacturing comme stratégie vers la compétitivité, Séminaire National sur la compétitivité de
l’entreprise, Annaba, 11- 12 décembre 2011.
11
[Link]
12
Toubache, A., LAHLOU, C. « La mise à niveau des entreprises : attentes, résultats et perspectives »,
Entreprenariat et mise à niveau des entreprises en Algérie, Alger : OPU, 2009, pp.297-320
74
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Ce programme dit Euro Développement PME (ED-PME) engagé depuis 1999 entre l’Algérie
et l’Union européenne et auquel participe le ministère de la PME et de l’Artisanat a été mis en
place (Madoui, Boukrif, 2009)14. Les objectifs ce programme de mise à niveau sont
l’amélioration de la compétitivité, l’augmentation de l’efficacité et de la rentabilité, le
maintien de la part sur le marché interne, la conquête éventuelle du marché extérieur et la
création d’emplois.
Ce programme s’est étalé sur cinq ans et a bénéficié d’un financement de 62 900 000 euros,
dont 57 millions d’euros au titre de la contribution de la Commission européenne, 3 400 000
euros accordé par le gouvernement algérien et 2 500 000 euros représentant la contribution
des entreprises bénéficiant des prestations du programme. Il est organisé selon trois volets
(ONUDI, 2006)15 :
Volet 1 : Appui direct aux PME - il s’agit principalement de la réalisation de pré-
diagnostics, d’actions de mise à niveau dans les entreprises et l’organisation de
séminaires de formation.
Volet 2 : Appui financier - le projet a fourni un appui à la création d’un Fonds de
Garantie des Crédits aux PME (FGAR) et a permis la formation d’analystes des
banques algériennes aux techniques d’appréciation des risques entreprise.
Volet 3 : Appui institutionnel : le projet a permis la création d’un Conseil national
Consultatif de la PME. Il a aussi financé des formations destinées aux associations
patronales et professionnelles ainsi qu’aux chambres de commerce et d’industrie et
aux cadres du ministère de la PME et de l’Artisanat.
13
Op cit
14
Madoui, M. Boukrif, M. (2009), De l’économie administrée à l’économie de marché. Les PME à l’épreuve de
la mise à niveau des entreprises en Algérie. « La vulnérabilité des TPE et des PME dans un environnement
mondialisé », 11èmes Journées scientifiques du Réseau Entrepreneuriat, 27, 28 et 29 mai 2009, INRPME, Trois-
Rivières, Canada.
15
[Link]
75
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
La mise à niveau est un ensemble d'actions matérielles et immatérielles à mettre en place pour
élever les performances et la compétition de l'entreprise. C’est une expression formelle de la
volonté des gestionnaires et actionnaires de l'entreprise à la mettre à niveau. La mise à niveau
est définie par l’ONUDI comme un processus continu qui vise à « préparer et adapter
l’entreprise et son environnement au niveau des exigences du libre-échange, et introduire une
démarche de progrès, de renforcement des points forts et de résorption des faiblesses de
l’entreprise » (ONUDI, 2006)16. Ce processus s’adresse aux entreprises pérennes et
performantes en vue d'améliorer leur compétitivité industrielle et leurs performances.
Il s’agit de mettre à niveau l’entreprise qui existe pour la porter au niveau d’efficacité ou
d’efficience d’entreprises comparables mais plus performantes. Pour bénéficier de ce plan de
mise à niveau, les PME doivent compter entre un et 250 employés et exercer dans les secteurs
de l'industrie, du BTPH, de la pêche, du tourisme et de l'hôtellerie, des services, des transports
et des Technologies de l'information et de la communication.
16
[Link]
76
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Le processus de la mise à niveau passe par plusieurs étapes. Chaque entreprise peut organiser
son propre parcours selon ses caractéristiques propres ([Link])17.
1ère étape : Etape préparatoire. Cette étape consiste à faire prendre conscience au chef
d’entreprise des insuffisances et celles de son entreprise. Elle est réalisée à travers un
pré diagnostic qui est une première mise à niveau rapide au cours de laquelle les
problèmes de l’entreprise sont identifiés.
2ème étape : Adoption des bonnes pratiques de gestion et la mise en place d’une
organisation fonctionnelle. Dans cette étape, il s’agit de mettre en place des fonctions
d’entreprise si elles n’existent pas ou de les optimiser si elles sont mal organisées.
4ème étape : Anticipation et conformité aux standards internationaux. Dans cette étape,
le chef d’entreprise se met en situation d’anticipation sur l’avenir de l’entreprise et
s’engage sur des actions de type sophistiqué (Mise en place de systèmes qualité en vue
de la certification selon les normes internationales telles que ISO 9001, BPF, ISO
22000, marquage CE, plans d’action pour l’exportation, élaboration d’une stratégie
d’entreprise, projets de partenariat, mise en place de Recherche et Développement,
veille technologique).
17
[Link]
77
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
78
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Pour accompagner ce dispositif, des instruments juridiques sont mis en place (Tableau 6).
Le dispositif de mise à niveau est géré par le comité national de promotion de la compétitivité
industrielle présidé par le ministère de l'industrie et d’un secrétariat technique du comité
assuré par les services du ministère de l'industrie. Le comité national de promotion de la
compétitivité industrielle est composé de huit (08) membres appartenant aux ministères des
finances, de l’industrie, de la participation et de la promotion des investissements, du
commerce, des affaires étrangères, de l'enseignement supérieur et de la recherche,
scientifique, de la petite et moyenne entreprise et de l'artisanat et de la chambre algérienne de
commerce et d'industrie ([Link])19.
18
[Link]
19
[Link]
79
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
20
[Link]
80
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Concernant les délais se réalisation, le délai accordé à la phase diagnostic est de six à huit
semaines. Pour la phase de plan de mise à niveau, le délai accordé est de 12 mois. A la
demande de l'entreprise, une prolongation de 03 mois peut être accordée à titre dérogatoire.
Concernant les critères d’éligibilité, le programme de mise à niveau cité s’adresse aux PME
disposant d’un effectif de plus de 20 salariés. Le Ministère de la PME et de l’Artisanat a initié
un programme qui prendrait en charge l’ensemble des PME comme définies dans la loi
d’orientation de 2001 ainsi que leurs structures d’appui. L’accès au programme de la mise à
niveau financé par l’Etat vient d’être élargi à toutes les entreprises privées quelle que soit leur
taille à partir de 2011. Jusque-là, seules les PME ayant plus de 9 salariés (20 dans le BTPH) y
sont éligibles. La restriction liée à la taille étant levée, désormais, même les très petites
entreprises (TPE) sont éligibles. Les TPE constituant, en effet, plus de 90% du tissu
économique national (Ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion des
investissements). Les entreprises doivent présenter un actif net positif et afficher au moins
deux résultats d'exploitation positifs sur les trois derniers exercices (bilan certifié de l'année
de référence). Elles doivent aussi être de droit algérien appartenant à un secteur productif
industriel ou fournisseur de services lié à l'industrie. Comme elles doivent être immatriculées
au registre de commerce et disposer de l'identification fiscale et avoir au minimum trois
années d'activité.
81
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
entreprises publiques où l’entreprise privée a été pendant très longtemps marginalisée et livrée
au secteur informel (Madoui, Boukrif 2009)21.
L’important dispositif mis en place n’a pas conduit aux résultats escomptés à savoir faire face
à la concurrence de produits étrangers sur le marché intérieur et conquérir des marchés
extérieurs. D’une part, elle s’adresse seulement aux entreprises viables et performantes en vue
d'améliorer leur compétitivité industrielle et leurs performances (Bouhaba, 2012)22. Selon le
vice-président de l'Association nationale des consultants algériens, Idriss Yalaoui, « une
entreprise en bonne santé n'a pas besoin d'aller vers la mise à niveau »23 alors que les
entreprises déficitaires qui ne sont pas éligibles à la mise à niveau ont le plus besoin.
D’autre part, la mise à niveau est considérée par la majorité des entreprises comme une
démarche trop coûteuse et d’une lourdeur procédurière alors qu’elle se voulait un outil
d’efficacité. Les patrons n'affichent pas d'enthousiasme particulier ils soutiennent qu’ils
manquent de personnes qualifiées pour le réaliser et trouvent les délais trop longs.
Le processus de la mise à niveau malgré l’engagement de l’Etat permettra-t-il de faire évoluer
la situation de nos entreprises face aux concurrents étrangers ? Tel qu’il est conduit il semble
difficile de le réaliser car la réussite ne dépend pas uniquement de la qualité du diagnostic
global (technologie, organisation, culture).
21
Madoui, M. Boukrif, M. (2009), De l’économie administrée à l’économie de marché. Les PME à l’épreuve de
la mise à niveau des entreprises en Algérie. « La vulnérabilité des TPE et des PME dans un environnement
mondialisé », 11èmes Journées scientifiques du Réseau Entrepreneuriat, 27, 28 et 29 mai 2009, INRPME, Trois-
Rivières, Canada.
22
Bouhaba, M. (2012) La problématique de la mise à niveau Des entreprises en Algérie [en ligne], Disponible
sur : [Link] ans/communication_2012.pdf [Consulté le 26 mai 2013].
23
Journal l’expression, mardi 21 mai 2013
82
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
En raison des préoccupations politiques et des turbulences qui affectent tous les pays, les
entreprises font face actuellement à des défis pour être en mesure de maintenir leur rentabilité
et leur efficacité. En effet, la recherche de compétitivité les a poussés à conduire des
24
Miraoui, A. (2009), « Les leçons susceptible d’être tirées de l’expérience de mise à niveau des entreprises
menée en Tunisie et au Maroc pour la mise à niveau des entreprises en Algérie », Entreprenariat et mise à niveau
des entreprises en Algérie, Alger : OPU, 2009, pp.435-466.
25
Azzemou, R. et Noureddine, M. (2011)., Une alternative à la mise à niveau de l’entreprise algérienne : le Lean
Manufacturing comme stratégie vers la compétitivité, Séminaire National sur la compétitivité de l’entreprise,
Annaba ‘2011’, 11- 12 décembre 2011.
83
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Le modèle proposé (Figure 5) trouve son inspiration dans le modèle théorique. Il peut
être adaptable aussi bien aux entreprises de production qu’aux entreprises de services. Ce
modèle consiste en une démarche d’amélioration continue (récursive) qui comprend une
étape fondamentale d’identification des dysfonctionnements. En effet, il est important de bien
observer les dysfonctionnements et à bien poser les problèmes afin d’envisager des solutions
efficaces. C’est primordial pour mettre en place un bon plan d’action.
Le modèle proposé que nous avons nommé « LEMAN » se présente comme une alternative
pour la compétitivité de l’entreprise algérienne. C’est une démarche qui a pour but de rendre
l’entreprise compétitive. Ce modèle se structure comme suit :
26
Drew, J., McCallum, B. and Roggenhofer, S. (2004), Journey to Lean: Making Operational Change Stick,
New York: Palgrave MacMillan.
27
WILSON, L. (2010), How to Implement Lean Manufacturing, New York: The McGraw-Hill Companies.
84
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Impact Réussite
MàN
Echec
Amélioration de
Identification des la Compétitivité
dysfonctionnements
Outil
Ischikawa
Lean Manufacturing
Dysfonctionnements
Application du
identifiés
- Elimination des
gaspillages Dimension
- Réduction des coûts économique
- Amélioration continue
Proposition de solutions
correctrices - Prise en compte des
ressources humaines
- Polyvalence Dimension
Outils - Equipes autonomes sociale
5S - VSM - Pérennité de l’emploi
85
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
86
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Notre choix pour ces outils est justifié par la simplicité de leur utilisation. Le premier, le
diagramme d’Ishikawa pour faire ressortir les cases racines du problème.
Le deuxième, le 5S est un outil qui permet d’éliminer le temps perdu à chercher ses outils,
d’améliorer la sécurité et l’efficacité, de diminuer et prévenir les pannes, de libérer de
l’espace inutilement utilisé.
Le troisième outil la VSM est le moyen simple et compréhensible par l’ensemble du
personnel qui permet de décrire, de cartographier l’ensemble des flux (physiques,
informationnels, organisationnels) qui caractérisent un processus.
Les outils du Lean sont étroitement liés et contribuent à l’amélioration continue à tous les
niveaux. Cet ensemble des trois outils sont faciles à mettre en place dans toute organisation
pour parvenir à un meilleur niveau de productivité. Mais, il est nécessaire de les appliquer
d’une manière cohérente, jour après jour. Ils sont différents mais complémentaires œuvrant
tous pour le même objectif à savoir l’élimination des gaspillages.
Développé par le Professeur Kaoru Ishikawa en 1943, le diagramme des 5 M reste un des
outils qualité les plus connus et les plus utilisés. Appelé également diagramme cause – effets
(Ishikawa, 2007) ou diagramme en arêtes de poisson, cet outil graphique (Figure 6) sert à
comprendre les causes d'un défaut de qualité et à analyser le rapport existant entre un
problème et toutes les causes possibles.
C’est un outil qui permet d’identifier les causes d’un problème avec une vision globale des
causes génératrices d’un dysfonctionnement accompagnée d’une représentation structurée de
l’ensemble des causes qui produisent un effet. Il y a une relation hiérarchique entre les causes
permettant d’identifier les racines des causes d’un problème.
Le diagramme d’Ishikawa (ou diagramme en arête de poisson, diagramme cause-effet ou 5M)
permet de limiter l’oubli des causes et de fournir des éléments pour l’étude des solutions.
Cette méthode permet d’agir sur les causes pour corriger les défauts et donner des solutions en
employant des actions correctives.
Les causes pouvant être à l’origine d’un problème sont classées selon cinq familles : Main
d’œuvre, Milieu, Méthode, Matières premières, Moyens. Chaque famille de cause reçoit
87
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
EFFET
88
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
3.3.2 L’outil 5S
Venu du Japon, l’outil 5S est une démarche qui commence par l'aménagement de l'espace
physique mais qui doit aboutir rapidement à la mise en place du management dit de proximité
(Trey, 2003)28. C’est le premier outil à mettre en œuvre dans une démarche de type Lean
Manufacturing.
L’outil 5S (Seiri, Seiton, Seiso, Seiketsu et Shitsuke) permet d’éliminer ce qui est inutile,
définir une place pour chaque chose, nettoyer, définir les gammes et procédures nécessaires
enfin auditer et mesurer l’amélioration. Il permet un meilleur contrôle de l’environnement sur
le terrain (Imai, 1986)29. L’outil 5S constitue également un moyen de mettre en place un
management participatif en responsabilisant les opérateurs sur l’organisation de l’entreprise
(Trey, 2003)30.
L’outil « 5S » (Tableau 9) sont essentiels à une élimination efficace des gaspillages dont
l’objectif principal est de changer les mentalités et mettre en route une politique
d’amélioration continue. Cette démarche appliquée avec méthodologie et rigueur permet de
dégager des résultats visibles et chiffrables sur la propreté, l’environnement, l’ambiance en
interne, l’image de marque de la société, la qualité mais aussi la sécurité. C’est un outil de
management de proximité pour les entreprises et permet de passer d'une situation de
dépendance à une situation d'autonomie car il passe d'une activité de routine à une activité
axée sur l'amélioration permanente de son mode de fonctionnement. Il développe l'esprit de
rigueur. A partir des objets physiques qui font le quotidien de chacun, l’état d’esprit se
transforme vers plus d’ouverture, plus de respect de l’autre et de l’environnement, plus
d’envie de progresser. La communication est facilitée par des standards visuels, le stress
diminue, la motivation augmente, des idées d’amélioration sont émises.
L’application de l’outil 5S permet de bâtir de solides fondations d’une démarche Lean
Manufacturing. Il intègre deux approches complémentaires basées d’une part sur le savoir
faire technique c’est-à-dire le comment faire et d’autre part sur le savoir managérial c’est-à-
dire le pourquoi faire.
28
Trey, P. (2003). Le 5S, socle de l’efficacité industrielle, Paris : AFNOR.
29
Imai, M. (1986), Kaizen. The Key to Japan's Competitive Success, New York: McGraw-Hill.
30
Op cit
89
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
La Value Stream Mapping (VSM) est également connue sous le nom de Material and
Information Flow Mapping ou Material and Information Flow Analysis (MIFA) ou analyse de
la chaîne de la valeur. La VSM est un outil pour enregistrer un état actuel (Mapping) et
concevoir un état futur (Value Stream Design) des flux de matière et d'information au niveau
global. Cette méthode d'analyse du Lean Manufacturing permet de définir les principales
90
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
En effet, un flux parcourt des tâches successives d'un point de départ jusqu'à son point
d'arrivée. Le concept Toyota a identifié trois types de flux traités par la VSM : Flux physique
des matières, Flux d'information, Flux des personnes / processus.
L’objectif principal est de mettre en place une politique d’amélioration continue car la
cartographie n’est que la première étape de la réorganisation de la chaîne de production. La
VSM se déroule suivant les étapes suivantes (Figure 7) :
Analyse
Elimination des gaspillages
31
Singh, B., Sharma, S.K. (2009), ‘Value stream mapping as a versatile tool for lean implementation: an Indian
case study of a manufacturing firm’, Measuring Business Excellence, Vol. 13, N°3, pp.58 – 68
91
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
32
Brilman, J. et Herard, J (2006), Les meilleures pratiques de management dans le nouveau contexte
économique mondial, Paris : Editions d’organisations. 6ème édition.
33
Tapping, D. et al.(2002), Value Stream Mapping : Eight Steps to Planning, Mapping and Sustaining Lean
Improvements, Productivity Press, p.49
92
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
«Le PDCA est une méthode séquentielle de conduite et d’amélioration de projet qui permet
d’exécuter un travail (par exemple un projet d’amélioration de la qualité) de manière efficace
et rationnelle» (Chardonneret, 2011).34 Création de Shewhart, Cette méthode permet d’aider à
apprendre et de conduire l’amélioration d’un produit ou d’un processus. Le cycle comporte
quatre étapes : Plan, Do, Check, Act, sont traduits par : Préparer, Développer, Comprendre,
Agir. L’utilisation du cycle PDCA est une méthode qui donne d’excellents résultats à
condition d’accorder à la phase de préparation toute l’importance nécessaire (Gillet-
Goinard,2011)35. Car pour atteindre le niveau d’excellence, il est nécessaire de mettre en
œuvre 4 principes de base (Figure 9) :
Pour la phase 1 : Préparer : Principe d’ajustement pour assurer la cohérence
Pour la phase 2 : Développer : Principe de maturité pour atteindre la maîtrise
Pour la phase 3 : Comprendre : Principe d’efficacité pour garantir le résultat
Pour la phase 4 : Principe d’amélioration pour accroître la compétitivité
34
Chardonneret, A., Thibaudon, D. (2002).Le guide du PDCA de Deming, Paris : Editions d’Organisation.
35
Gillet-Goinard, F. Seno, B. (2011), Le grand livre du Responsable Qualité, Paris : Eyrolles
93
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Le Lean Manufacturing peut être la concaténation de la Mise à Niveau, c'est ce que nous
proposons de montrer. En effet, la Mise à Niveau et le Lean Manufacturing sont des
démarches qui se conjuguent.
Le Lean Manufacturing est une démarche participative et s’apparente à une démarche qualité
permettant de structurer la résolution des problèmes et d’approfondir les idées d’amélioration
pour la mise en place de groupes de travail. C’est une méthode d’optimisation de la
performance industrielle qui permet, grâce à une analyse détaillée des différentes étapes d’un
processus de production, d’optimiser chaque étape et chaque fonction de l’entreprise. Elle
repose sur le principe de la chasse aux gaspillages (Mura, Muri, Muda)36 qui réduisent
l'efficacité et la performance d'une entreprise tout au long du processus et permet donc de
réduire les déchets et les coûts associés à chaque étape (Womack, 2009)37.
C’est également, une démarche d’amélioration de la compétitivité de l’entreprise. Elle permet
de conduire des plans d’actions à l’issue d’un diagnostic et d’inscrire l’entreprise dans une
dynamisation continue de ses performances (Lasnier, 2007)38. Le principe de base du Lean
Manufacturing est la chasse aux gaspillages
La mise en place du Lean Manufacturing implique un travail participatif de la part de
l’ensemble des acteurs concernés. L’implication et la responsabilisation des membres de
l’équipe projet sont indispensables pour assurer la réussite de l’action et initier dans
l’entreprise un changement de culture, fondé sur l’idée d’un progrès permanent et reprend le
principe de la roue de Deming.
La Mise à Niveau est une démarche permanente que doit adopter toute entreprise pour
améliorer sa productivité et sa compétitivité. Il s’agit de préparer les entreprises nationales à
affronter la compétition internationale et à permettre la diversification des exportations
jusqu’alors essentiellement d'hydrocarbures et de ses dérivés ([Link])39.
36
Mura : les inégalités et les variations (gaspillages subis), Muri : les surcharges et le déraisonnable, Muda : les
non-valeurs ajoutées (gaspillages « volontaires ».
37
Womack, J., Jones, D. (2009), Système Lean penser l'entreprise au plus juste. Paris, Pearson.
38
Lasnier, G. (2007), « Le Lean-Manufacturing » (Système de production à haute performance) dans les
industries travaillant en juste-à-temps avec flux régulés par takt-time (rythme de la consommation du client), La
Revue des Sciences de Gestion, 2007/1 n°223, p. 99-107.
39
[Link]
94
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
La Mise à Niveau est applicable dans les entreprises algériennes telles que définies par la loi
n°01‐18 du 12 décembre 2001 portant loi d’orientation sur la promotion de la petite et
moyenne entreprise en activité depuis au moins deux (02) ans et présentant des agrégats
économiques positifs, les activités (agro‐alim pêche, tourisme,
hôtellerie, services, transports, services postaux et TIC). L’entreprise passe par trois phases
d’application, à savoir, une phase de diagnostic à travers laquelle l’entreprise identifie ses
besoins en matière de mise à niveau, une seconde étape qui consiste en l’investissement
matériel ou immatériel (formation des ressources humaines) et l’application du processus de
mise à niveau. L’objectif de la Mise à Niveau est de renforcer la compétitivité du secteur
productif déjà existant qui sera exposé à terme à la concurrence internationale.
Cependant, le programme de la Mise à Niveau n'est pas arrivé à intéresser les entreprises ni à
les y inciter. Cela est dû au fait que d'innombrables difficultés subsistent en aval de cette
opération, liées essentiellement au financement des installations et des équipements à
l'importation ainsi que les engagements auxquels un tel programme contraint.
([Link])40. La mise à niveau des entreprises a toujours été considérée, depuis le
début de la libéralisation économique, comme un passage obligé du processus des réformes
mais dans les faits et de façon récurrente, sa mise en œuvre en a été contrariée.
En effet, il est constaté que 7000 entreprises seulement sur 20000 entreprises ont bénéficié de
la MAN en 201441.
D’ailleurs, les actions menées se réduisent à une seule action élémentaire, proposée par le
programme consistant en un diagnostic. Malgré les efforts de relance des pouvoirs publics ces
dernières années, la Mise à Niveau n’en est qu’à sa phase de démarrage.
Contrairement à la Mise à Niveau, le Lean a prouvé son efficacité (General Electrics, Toyota,
Motorola, Hewlett Packard) dans la démarche quantifiée de l'amélioration avec des
engagements financiers chiffrés ([Link])42 ; ([Link])43. La
démarche Lean Manufacturing est applicable à toutes les entreprises44 quels que soient leurs
volumes de production et leur secteur d'activité.
40
[Link]
41
Conseil National Consultatif de la PME
42
[Link]
43
[Link]
44
Toutes les organisations (TPE/PME, Grandes entreprises) et tous les processus (Production de biens et
services, Recherche et Développement, Processus administratifs et transactionnels, etc.).Tous les secteurs
(Industrie, tertiaire, Technologies de l’information, hôpitaux, enseignement, etc.)
95
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
La démarche Lean s’appuie sur le respect des standards élaborés par les agents plutôt que sur
l’application des règles et de procédures construites hors de la situation de travail. C’est un
processus mis en œuvre par les entreprises partout dans le monde. Il a pour objectif de réduire
les tâches inutiles et improductifs, les activités et comportements dans l'environnement de
travail.
Conclusion
96
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
Pour autant, il ne s'agit pas d'en conclure qu’on doit privilégier l'une ou l'autre de ces deux
démarches, l’association des deux démarches pouvant au contraire se révéler très bénéfique.
En effet, l’amélioration de la performance étant au cœur des préoccupations des deux
démarches et elles partagent la même finalité de mieux satisfaire le client par une remise en
question du processus de l’entreprise. Chaque démarche peut dégager une amélioration de la
compétitivité de l'entreprise en prenant en compte les propriétés spécifiques à toute entreprise
et l’environnement dans lequel elle évolue.
Parmi les limites de la Mise à Niveau, on peut relever les importants moyens et ressources qui
sont requis pour la première étape du processus alors que le Lean Manufacturing est un
processus interne à l’entreprise qui cherche la performance par la dynamisation et
l’optimisation locale, par ceux qui font le travail. Par ailleurs, ne nécessitant pas beaucoup de
frais, il se limite aux équipements/méthodes/outils déjà existants au sein de l’entreprise (Imai,
1997)45.
Loin de s’opposer, ces deux démarches sont compatibles. La mise à niveau des entreprises
étant une nécessité, la synergie du Lean Manufacturing et la mise à niveau va permettre
d’apporter une valeur ajoutée à l’entreprise et de lui impulser ainsi une nouvelle dynamique
d’amélioration continue et le partage des bonnes pratiques.
Le modèle proposé consiste en une démarche d’amélioration continue à deux niveaux. Le
premier niveau concerne l’adhésion à la mise à niveau qui se traduit par l’adoption de bonnes
pratiques de gestion (préalable indispensable à tout progrès) et par un renforcement des
ressources humaines. Le deuxième niveau du modèle, comporte deux étapes séquentielles et
itératives. Une première étape qui intervient en amont et prend comme point de départ
l’identification des dysfonctionnements à l’aide du diagramme d’Ishikawa et la deuxième
étape consiste en l’intégration des outils du Lean Manufacturing dans l’environnement pour
proposer des solutions selon trois approches : économique, sociale et environnementale.
La mise en œuvre du Lean sera décrite à travers des propositions concrètes aux entreprises
dans le chapitre suivant.
45
Imai M. (1997) Gemba Kaizen: A Commonsense, Low-Cost Approach to Management.
New York : McGraw-Hill
97
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
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Saida, 13-14 Décembre 2010
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algérienne : Le Lean Manufacturing comme stratégie vers la compétitivité, Séminaire
National sur la compétitivité de l’entreprise, Annaba, 11- 12 décembre 2011.
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des TPE et des PME dans un environnement mondialisé », 11èmes Journées scientifiques
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des TPE et des PME dans un environnement mondialisé », 11èmes Journées scientifiques
du Réseau Entrepreneuriat, 27, 28 et 29 mai 2009, INRPME, Trois-Rivières, Canada.
20. Bouhaba, M. (2012) La problématique de la mise à niveau Des entreprises en Algérie
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21. Journal l’expression, mardi 21 mai 2013
22. Miraoui, 2009 « Les leçons susceptible d’être tirées de l’expérience de mise à niveau
des entreprises menée en Tunisie et au Maroc pour la mise à niveau des entreprises en
Algérie », Entreprenariat et mise à niveau des entreprises en Algérie, Alger : OPU,
2009, pp.435-466.
98
Chapitre 3 Amélioration de la compétitivité de l’entreprise algérienne
99
Chapitre 4 : Etude empirique
Chapitre 4 Etude empirique
Introduction…………………………………………………………………………….. 102
Section 1 Entreprise publique………………………………………………………...... 104
1.1. Spécifications de l’entreprise……………………………………………………… 104
1.2 Identification des dysfonctionnements par le diagramme d’Ishikawa…………….. 105
1.3 Application de l’outil 5S…………………………………………………………… 107
1.4 Application de la VSM…………………………………………………………….. 110
1.4.1 Cas de surproduction…………………………………………………………… 112
1.4.2 Cas de transport inutile…………………………………………………………. 113
1.5 Discussions…………………………………………………………………………. 114
Section 2 Entreprise privée…………………………………………………………...... 116
2.1 Présentation………………………………………………………………………… 116
2.2 Identification des dysfonctionnements à l’aide du diagramme d’Ishikawa……….. 119
2.3 Application 5S……………………………………………………………………… 120
2.4 Application de la VSM…………………………………………………………….. 122
2.4.1 Diagramme de déroulement (Etat actuel)………………………………………... 122
2.4.2 La VSM (Etat actuel)…………………………………………………………….. 125
[Link] Réaménagement de l’usine…………………………………………………...... 126
[Link] Introduction de l’araignée d’eau……………………………………………….. 126
2.4.3 Optimisation de la cartographie des flux………………………………………… 128
[Link] Le diagramme de déroulement futur…………...…………………………… 128
[Link] La VSM (Etat futur)…………………………………………………………… 129
2.5 Discussions…………………………………………………………………………. 130
Section 3 : Entreprise privée bénéficiaire de la Mise à Niveau………………………... 134
3.1 Présentation………………………………………………………………………… 134
3.2 Le diagramme de déroulement (Etat actuel)……………………………………….. 138
3.3 La VSM (Etat actuel)………………………………………………………………. 139
3.4 Identification des dysfonctionnements à l’aide du diagramme d’Ishikawa……… 141
3.5Application de l’outil 5S…………………………………………………………. 142
3.6 Développement de la VSM (Etat futur)………………………………………….. 144
3.6.1 Diagramme de déroulement (Etat futur)……………………………………….. 145
3.6.2 La VSM (Etat futur)……………………………………………………………… 146
3.7 Discussions…………………………………………………………………………. 147
Conclusion……………………………………………………………………………… 151
101
Chapitre 4 Etude empirique
Introduction
Comprenant la nécessité de rester compétitive et efficace face à la concurrence, toute
entreprise vise à optimiser son processus opérationnel en évitant des investissements
importants. D’une part, elle doit d’abord déterminer son processus de production tout en
planifiant la circulation de ses flux physiques et informationnels et d’autre part, identifier les
activités à valeur ajoutée et les activités à non-valeur ajoutée.
Notre démarche s’inscrit dans l’intégration des outils du Lean Manufacturing qui est une
approche à fort contenu procédural. En effet, cette approche consiste à éliminer les gaspillages
au sein des processus de production et à réduire les coûts. La finalité de notre démarche
demeure dans l’amélioration du processus de production.
Les questions que nous posons sont les suivantes : La démarche Lean Manufacturing est-elle
adaptée aux entreprises algériennes ? Quels sont les pré-requis à la mise en place d'une
démarche de Lean Manufacturing ? Quels dysfonctionnements peut-on résoudre ? Avec quels
gains et quels impacts ?
A partir des conclusions obtenues du troisième chapitre, notre recherche empirique se base sur
l’observation sur le terrain de l’ensemble du processus de fabrication de chaque entreprise et
d’autre part des entretiens exploratoires menés auprès des techniciens, des ouvriers et des
gérants de chaque entreprise. Cette démarche combinée (observations sur le terrain et
entretiens avec les principaux acteurs) nous a permis de recueillir des informations utiles qui
nous ont aidées à identifier les dysfonctionnements, analyser la situation de chaque entreprise,
de proposer des solutions et de les valider en accord avec les gestionnaires.
Afin de valider notre modèle, notre étude empirique repose sur une recherche menée pendant
six mois dans trois entreprises différentes en termes de taille et d’activité appartenant au
secteur public et privé. Il s’agit de :
Du secteur public : une entreprise de gaz
Du secteur privé : deux entreprises de production dont une a bénéficié de la Mise à
niveau.
L’objectif principal concerne l’amélioration du système de production et la réorganisation des
processus de ces entreprises en tenant compte des contraintes internes et externes auxquelles
doivent faire face l’entreprise
Dans cette perspective, notre démarche repose sur un modèle consistant en un environnement
d’application et basé sur l’intégration des outils Lean.
102
Chapitre 4 Etude empirique
La première étape intervenant en amont dans notre démarche est d’identifier les
dysfonctionnements à l’aide du diagramme d’Ishikawa. La deuxième étape consiste en
l’intégration des outils du Lean Manufacturing (5S et VSM) en mettant en exergue les
bénéfices qui en découlent sous forme de propositions d’actions futures à mener.
103
Chapitre 4 Etude empirique
Zone des utilités : Production de l’énergie électrique, vapeur, eau dessalée, azote et eau
de refroidissement.
Zone de procédés : Cette zone est composée essentiellement de six (06) trains de
liquéfaction identiques.
Zone de stockage et de chargement : Cette zone a pour rôle le stockage du gaz naturel
(trois (3) bacs de 1000m3 chacun), de la gazoline (deux (2) bacs d’une capacité de
14500m3 chacun) ainsi que le chargement des produits (GNL, GAZOLINE) vers les quais
de chargements M4, M5, M6.
1
Azzemou,R., Noureddine,M., Fekih,F. (2014), ‘Contribution à l’optimisation d’un processus de production par
le diagramme d’Ishikawa’. Revue Economie & Gestion, N°10, 21-34.
104
Chapitre 4 Etude empirique
- Les objets manipulés (les produits, les moyens de production, etc.) : Gaz Naturel Liquéfié,
Butane, Propane et Gazoline, chaudières, turbines, compresseurs, pompes eau de mer, bacs de
stockage, bras de chargement, trains ;
- Les procédés de fabrication (les gammes de production, les opérations, etc.) :
décarbonations, déshydratation, démercurisation (Traitement de gaz), refroidissement,
séparation, fractionnement, liquéfaction, réfrigérant mixte (Séparation et liquéfaction) ;
- Le travail à réaliser (les ordres de fabrication, les fiches de suivi de production, etc.) : le
contrôle et la régulation de toutes les étapes de liquéfaction du gaz naturel sont assurés par le
système numérique de contrôle commande (SNCC ou DCS).
Le Complexe GNL2Z comporte six (6) trains de fabrication identiques qui fonctionnent en
parallèle. Leur fonctionnement nécessite de disposer d’une source d’énergie : la vapeur
comme source principale (les compresseurs sont entraînés par les turbines à vapeur) et
l’électricité produite elle-même par la vapeur. La chaudière est le mécanisme qui produit
cette vapeur mais connaît des pannes récurrentes. Pour corriger ces distorsions, il faut faire en
sorte que les pannes ne se produisent plus. Il faut donc analyser la situation pour découvrir
l’origine des incidents à l’aide du diagramme d’Ishikawa. L’efficacité de ce diagramme
repose sur deux points : Il aide à simplifier un problème complexe et il facilite le travail en
groupe en orientant les pistes de recherche tout en évitant de négliger certains facteurs
importants. Ensuite, nous appliquons l’outil 5S pour permettre un meilleur contrôle de
l’environnement sur le terrain. Enfin, nous ferons un état des lieux précis à l’aide de la VSM
puis l’analyser et établir une situation future. A l’issue de ces applications, nous proposons la
mise en œuvre d’actions correctives pour les dysfonctionnements recensés.
Le problème posé a trait aux pannes récurrentes de la chaudière productrice de la vapeur qui
alimente les trains. L’objectif est d’éviter l'arrêt des machines et donc l'interruption de la
production ainsi que l’arrêt prolongé de la chaudière qui va pousser cette dernière à travailler
à pleine charge « marche poussée » pour rattraper le manque de production. Les
dysfonctionnements sont regroupés dans les arêtes du diagramme d’Ishikawa (Figure 11) en
considérant respectivement les 5M de la figure 3: Méthodes, Main d'œuvre, Matières
premières pour l’information, Moyens et Milieu.
105
Chapitre 4 Etude empirique
Main d’œuvre
Méthodes - Bases de données Manque d’attention
- instrumentation -
- process - Mauvaise
incomplète communication entre
Maintenance - exécutant et employeur
défectueuse et - Inexistence de
non réalisée - procédures de Personnel fatigué,
travail démotivé, stressé.
Précipitation
dans la prise de Pas de Manque de formation
décision coordination
entre les services
Carence dans le
contrôle
périodique Pannes
fréquentes
de la
chaudière
Moyens
- Niveau sonore
- Equipements très élevé Excès de
mal entretenus - Excès de vapeur
Problème des quantité
Fermeture intempéries - de gaz
brusque des -
vannes Taux - Perte
d’humidité très d’électricité
Coincement élevé
des ailettes Mauvaise
combustion
Equipements Matières premières
défectueux et Milieu
pièces non
conformes
106
Chapitre 4 Etude empirique
Après avoir relevé les dysfonctionnements à l’aide du diagramme d’Ishikawa, nous avons
appliqué la méthode 5S sur ces dysfonctionnements (Tableau 10), donnant en résultat les
bénéfices qui en découlent sous forme de propositions d’actions futures à mener (Azzemou,
Noureddine, 2012)2.
En fonction des dysfonctionnements identifiés pour chaque axe du diagramme d’Ishikawa
nous proposons :
Axe « Milieu » : Le taux d’humidité très élevé provoqué par les problèmes
d’intempéries et le niveau sonore très élevé influent sur la santé des ouvriers. Dans ce
cas, l’application des 4 premiers S de l’outil 5S va améliorer la santé et la sécurité au
niveau de l’usine.
2
Azzemou, R. Noureddine, M (2012), ‘Application of the 5S Method in Algerian Firm,’ Management, Vol.2,
No.5, November 2012, 193-203.
107
Chapitre 4 Etude empirique
108
Chapitre 4 Etude empirique
périodique
- Bases de données X X X d’information
instrumentation process
incomplète
- Inexistence de procédures de X X X
travail
Pas de coordination entre les X X X
services
X X X X X Développer une
Manque d’attention discipline
Main d’œuvre
X X X X X l’environnement
Taux d’humidité très élevé
de travail.
Tableau 10 : Identification des dysfonctionnements et actions à entreprendre
109
Chapitre 4 Etude empirique
En s’appuyant sur l’existant, nous avons dans la première phase de notre démarche suivi les
différents flux et repéré quatre (4) gaspillages (Figure 12). Après analyse, nous avons analysé
leurs causes dans le processus de production (Tableau 11). La dernière phase aboutissement
des précédentes consiste en la mise en œuvre d’actions correctives, trouver une solution pour
chaque gaspillage identifié.
Bacs GN
Chaudière Train Gazoline
Méthanier
3
Azzemou,R., Noureddine,M., Fekih,F. (2014), ‘Contribution à l’optimisation d’un processus de production
par le diagramme d’Ishikawa’. Revue Economie & Gestion, N°10, 21-34.
110
Chapitre 4 Etude empirique
En s’appuyant sur l’existant, nous avons dans la première phase de notre démarche, suivi les
différents flux. Nous avons ainsi repéré quatre (4) gaspillages (Azzemou, Noureddine, 2012)4
regroupés suivant deux cas. Après analyse, nous avons identifié leurs causes dans le processus
de production (Tableau 11).
de charge temps
ateliers
4
Azzemou, R. Noureddine, M (2012), Value Stream Mapping : amélioration du système de gestion de
production d’une entreprise de gaz. International Conference on Industrial Engineering and Manufacturing,
Batna (Algérie), 6-7 mai 2012.
111
Chapitre 4 Etude empirique
de la gestion industrielle vise à les éliminer de façon systématique. Les principaux gains sont
l’amélioration de la productivité et des délais.
Train en
Etat actuel panne
Réguler la
production N° Train en
SI panne
Vérification si
stock=>27000
Flux régulé
Etat futur
112
Chapitre 4 Etude empirique
Dans la deuxième situation de transport inutile (Figure 14), nous constatons des déplacements
et mouvements inutiles qui ne créent aucune valeur ajoutée. En effet, lorsqu’un train tombe en
panne, on démonte la pièce défectueuse et on la transporte au niveau de l’atelier. Après
réparation, la pièce est retournée et remontée sur le train. Ce qui se traduit par deux allers-
retours (Etat actuel) entre le train et l’atelier accroissant ainsi une pénibilité du travail et une
consommation de l’espace. Notre proposition consiste à la mise en place d’un SI qui va
permettre de donner toutes les informations relatives aux types de pannes, aux pièces de
rechanges et aux numéros de train en panne. Ainsi, cela réduira le nombre de déplacements à
un déplacement effectué quelque soit le nombre de pannes (Etat futur). Cela va contribuer à
réduire la non-valeur ajoutée générée par les déplacements inutiles et à augmenter la
productivité.
Transport
Atelier
Pièce du train
en panne
Transport
Etat actuel
Atelier maintenance
Pièce du train en
panne
SI
N° Train en panne
Type de pannes
Pièces de rechanges
Etat futur
L’organisation repose essentiellement sur les flux informationnels qui peuvent être
Figure 14: Réduction de transport inutile
interrompus pour de nombreuses raisons techniques, humaines, naturelles, (etc.).
113
Chapitre 4 Etude empirique
De ce fait, l’enjeu majeur est d’éviter la rupture de la chaîne et favoriser la continuité des flux.
Dans ce contexte, il est nécessaire de prendre en compte les paramètres suivants :
- La durée de stationnement du train avant chargement pour pouvoir trouver un autre
de train de remplacement,
- La fréquence de remplissage des cuves,
- La limitation de la production en fonction de la capacité disponible des cuves.
1.5 Discussions
114
Chapitre 4 Etude empirique
avons réduit les coûts de stockage en évitant une surproduction dans le premier cas
(Azzemou, Noureddine, 2012)5. Dans le deuxième cas, nous avons ramené le nombre de
transport à un transport effectué quelque soit le nombre de pannes. Cette proposition pourrait
être complétée par la collecte de toutes les informations relatives au processus de production
pour valider la solution.
Cet ensemble de trois outils, différents mais complémentaires, faciles à mettre en place dans
toute organisation permet de parvenir à un meilleur niveau de productivité. Il est nécessaire
cependant de les appliquer d’une manière cohérente, jour après jour. Des plans d’actions
seront élaborés dans le but de développer et pérenniser les activités à travers l’acquisition de
nouveaux équipements, de la rénovation et la promotion de la formation des ressources
humaines.
5
Azzemou, R. Noureddine, M (2012), Value Stream Mapping : amélioration du système de gestion de
production d’une entreprise de gaz. International Conference on Industrial Engineering and Manufacturing,
Batna (Algérie), 6-7 mai 2012.
115
Chapitre 4 Etude empirique
2.1 Présentation
L’entreprise ALGERINOX (Figure 15) est une SARL créée en 1968 comptant soixante cinq
(65) employés. Elle fabrique et commercialise des produits en INOX (Couverts, coutellerie,
ustensiles de cuisine en acier inoxydable et aluminium, tables de travail et boulangerie,
étagères, étals de boucherie, plonges et éviers en acier inoxydable, coffres isothermes en acier
inoxydable, chariots, équipement robotiques et matériels de boulangerie, équipements pour
collectivité et restaurant, etc.). Ses clients sont essentiellement des collectivités, des
entreprises, des hôpitaux, l’armée, etc. à travers toutes les régions d’Algérie. C’est une
entreprise qui a une capacité d’innovation et une organisation tournées vers le client à qui, elle
assure qualité et fiabilité.
6 Réception
5 4
5 Service Achats et R H
4 Atelier
6
3
Département Engineering
3
Espace de stationnement
2 Direction générale
2
1
1 Poste de garde
116
Chapitre 4 Etude empirique
Les principales étapes du processus de fabrication des produits d’ALGERINOX sont les
suivantes :
Pour être compétitive, l’entreprise doit être efficace et efficiente. ALGERINOX est une PME
qui cherche à se développer et s’engager dans la certification ISO 9001. Dans ce contexte, elle
doit prendre la décision et la mettre en œuvre pour s’adapter en permanence à un
environnement de plus en plus concurrentiel et changeant. Il s'agit de conserver et de
développer la compétitivité de l'entreprise. Cette compétitivité se traduit par des objectifs
spécifiques assignés à chaque fonction (production, recherche et développement, marketing,
commercial, qualité...) de l'entreprise. Il convient donc, d'une part, de disposer de la bonne
information, au bon moment pour prendre la bonne décision et d'autre part, de disposer des
moyens pour mettre en œuvre cette décision de la façon la plus efficace possible compte tenu
de la culture et des ressources de l'entreprise.
Les principales difficultés rencontrées par ALGERINOX sont d’ordre organisationnel
essentiellement. Cette PME cherche à se développer et à s’engager dans la certification ISO
9001. Comment améliorer l’efficacité du travail dans l’atelier ? La gestion de l’espace
constitue le point faible dans la gestion de l’atelier. En effet, cela augmente les déplacements
des ouvriers et par conséquent produit un effet négatif sur la production. Dans ce contexte,
notre démarche s’articule autour d’une analyse de l’état actuel pour en déceler les
défaillances, les propositions et mises en œuvre d’actions en termes de qualité.
117
Chapitre 4 Etude empirique
Dans ce contexte, nous proposons l’implantation d’un chantier «KAIZEN»6 (Imai, 1997)7 en
adoptant les outils du Lean Manufacturing au niveau de l’atelier. Il va falloir repenser le
réaménagement de l’espace et les méthodes de travail selon trois axes: technique ("Aménager
et Signaler" pour fluidifier et réguler la circulation), humain ("voir pour être vu" et circuler en
sécurité) et organisationnel ("organiser et formaliser" pour optimiser la production et sécuriser
le travail).
La description du procédé de fabrication par le diagramme ci-dessous va permettre de
visualiser les séquences des opérations (Figure 16). Pour la fabrication d’un produit, les
étapes successives montrent l’enchaînement des opérations représentant les flux de la matière
et les déplacements des ouvriers.
5 Machine de pliage
118
Rayon de soudage 2
Chapitre 4 Etude empirique
119
Chapitre 4 Etude empirique
Inefficacité
du travail
Méthodes Moyens
Calcul du coût de Pannes fréquentes
revient aléatoire des équipements
Rupture de stock de bureautiques
Mauvaise évacuation
matières premières
des pièces Pannes fréquentes
Taux de chutes de des machines
Maintenance
matières premières
défaillante
important
Mauvaise organisation
rangement des outils
Absence de contrôle
de qualité
Ces causes ainsi identifiées génèrent la mauvaise gestion de l’espace, la mauvaise circulation
de l’information et les gaspillages de la matière première.
2.3 Application 5S
Selon Joseph Juran, 80% des dysfonctionnements dans une entreprise sont imputables à
l’organisation (Juran, 2004)8.
L’entreprise ALGERINOX se trouve confrontée ainsi à divers problèmes organisationnels.
Après avoir relevé les dysfonctionnements à l’aide du diagramme d’Ishikawa, nous
appliquons la méthode 5S sur ces dysfonctionnements (Tableau 12), en proposant des actions
correctrices que l’entreprise pourrait mener pour améliorer son organisation.
Après, il faut engager des actions qui nécessitent l’aide des autres services comme le service
de la maintenance pour réparer les machines, changer l’agencement de l’atelier, etc.
8
Juran J. (2004), Architect of quality, New York: Mac Graw Hill, 2004.
120
Chapitre 4 Etude empirique
Absence de contrôle de
X X
qualité
Rupture de stock de matières
X X
premières
Taux important de chutes de X X
matières premières
Personnel stressé et fatigué X X Améliorer les conditions de
Déplacements inutiles X XX travail
Manque d’attention X X Adapter la communication
Main d’œuvre Manque d’efficacité X X interne
Communication défaillante X X Identifier les flux avec des
X X X flèches au sol ou sur les murs
Mauvaise manipulation
121
Chapitre 4 Etude empirique
122
Chapitre 4 Etude empirique
Diagramme de déroulement
Condition actuelle X
Date : 15/01/2013
9 Emballage et expédition 20 5 15
123
Chapitre 4 Etude empirique
Les opérations « à valeur ajoutée » (en jaune) donnent un indice de fluidité de 50,17%
de la durée du processus de fabrication.
Les opérations « à valeur non ajoutée » donnent un indice de fluidité de 49,83 %
réparties comme suit :
Transport : 5,33 %
Attente : 32,03 %
Contrôle et préparation : 12,45%
Le manque d’organisation implique une grande perte de temps. D’autre part, l’opération
« contrôle du produit fini » est une action qui vise à s’assurer de la conformité du produit mais
elle est considérée comme une opération sans valeur ajoutée car on ne pourra déceler les pièces
défectueuses qu’à l’issue de cette opération. Ces opérations sans valeur ajoutée ralentissent les
flux et induisent des coûts.
En modélisant les flux physiques et informationnels selon la VSM. En effet, cette dernière va
nous permettre une meilleure compréhension de l’état actuel (Figure 18). La VSM est un
puissant outil de communication permettant de constater l’importance des activités de
l’entreprise et d’identifier le temps de valeur ajoutée.
124
Chapitre 4 Etude empirique
L’analyse de la VSM de l’état actuel qui comporte 6 étapes nous révèle que le ratio de temps
à valeur ajoutée est de 3,86. Le temps de création de valeur ajoutée correspond à 24765
secondes et celui de non valeur ajoutée correspond à 760320 secondes (8,8 jours).
Par ailleurs, l’observation des flux de fabrication a révélé de nombreux déplacements inutiles
au sein de l’atelier.
125
Chapitre 4 Etude empirique
9
Dube, J.P. (2012). Utilisez une araignée d'eau pour optimiser le travail de vos employés, disponible à
[Link]
126
Chapitre 4 Etude empirique
Ainsi, Chaque membre de l’équipe va se concentrer sur la valeur ajoutée. Outre l’avantage de
réduire les déplacements des employés, ce nouveau mode d’organisation diminue fortement le
nombre de réglages et de sous-assemblages à exécuter car il est prévu dans la nouvelle
organisation, un contrôle avant chaque étape du processus de production.
2
12 12 12 7 6 5 4
3
12 3
4
5 12
6 2
9 10
11
7
9
14 13
10
11
Réaménagement
Déplacements de l’araignée
14 Espace d’emballage des produits
finis
127
Chapitre 4 Etude empirique
Après la modélisation et l’analyse des flux physiques et informationnels, nous proposons une
nouvelle cartographie.
Diagramme de déroulement
Condition actuelle X
Date : 15/01/2013
Attente
Transport
Opération
Contrôle et
préparation
Description des activités Durée
(min)
1 Poinçonnage 14 11 3
2 Pliage 48 45 3
3 Soudure 63 60 3
4 Finition 28 20 8
5 Emballage et expédition 25 5 15 5
128
Chapitre 4 Etude empirique
La nouvelle cartographie de l'état futur (Figure 20), après optimisation, permet de déduire le
temps unitaire de création de valeur ajoutée qui correspond à 14152,2 secondes avec un délai
de 5,5 jours.
Araignée d’eau
129
Chapitre 4 Etude empirique
2.5 Discussions
130
Chapitre 4 Etude empirique
l’indice de fluidité des opérations à valeur ajoutée a augmenté passant de 49,3% à 74,36%, et
ce grâce à la nouvelle organisation et à la suppression de opérations inutiles. Ainsi, en
organisant les postes de travail et en désignant un agent polyvalent « Araignée d’eau » on
élimine les aires d’attente. L’agent va se charger de tous les déplacements des autres ouvriers
et dès qu’une pièce est finie, il la transfère au poste de travail suivant. Ce réaménagement
induit une augmentation de l'indice de fluidité des opérations à valeur ajoutée et une
diminution pour les opérations à valeur non ajoutée.
80
70
60
50
40
30
20
10
0
[Link]ée Val. Non aj.
131
Chapitre 4 Etude empirique
En effet, l’analyse de la cartographie de l’état actuel révèle un ratio de temps de 3,26% avec
un délai de production de 8,8 jours. Après optimisation, l’analyse de la nouvelle cartographie
(état futur) donne un ratio de temps de 2,98% avec un délai de production réduit à 5,5 jours,
induisant ainsi une amélioration de la productivité.
Sur le plan technique, le délai de production est passé de 8,8 jours à 5, 5 jours. Avec les
mêmes moyens humains et matériels, l’entreprise a amélioré le ratio de temps et a également
réduit le délai de production. Ce qui lui permettra de répondre à la demande des clients dans
des délais impartis.
3,3
3,25
3,2
3,15
3,1
3,05
2,95
2,9
2,85
2,8
ratio de temps
avant optimi.
après optimi.
132
Chapitre 4 Etude empirique
L’ensemble de la démarche a été appliquée à une PME locale dont l'objectif est d'assurer la
productivité en optimisant l’organisation de l’usine, tout en réduisant les temps de fabrication.
L'étude des cartographies des flux relatives aux deux états permet une analyse des résultats
obtenus suivant deux plans. Sur le plan organisationnel, ne pouvant déplacer les machines en
panne à cause de leur volume, nous proposons un réaménagement de l’usine pour réduire
l’encombrement de l’espace et les fréquents déplacements des ouvriers.
La démarche ainsi appliquée a donc permis de mesurer l’état actuel, de l’analyser et
d’éliminer les gaspillages et de prendre les mesures correctives pour concevoir un état optimal
pour l'amélioration de production.
Les flux matériels et informationnels vont tous dans un seul sens permettant ainsi moins de
déplacements des ouvriers. Les espaces dégagés vont permettre une meilleure circulation à
l’intérieur de l’usine ainsi concevoir un système d’organisation et de contrôle visuel.
133
Chapitre 4 Etude empirique
3.1 Présentation
L’entreprise « Boucle d’Or » est une SARL créée en 1985 comptant trente trois (33)
employés (135 employés en 1995). Elle fabrique et commercialise des produits de
maroquinerie en cuir naturel et synthétique. La production est assurée au niveau de deux
unités. Une unité principale (située à Bir El Djir) spécialisée dans la fabrication de cartables,
sacs et sacs à main. La deuxième unité (Douar Belgaid) distante de 1 km, est spécialisée dans
la fabrication de ceintures avant finition. Son champ d’activité couvre l’ensemble du territoire
national à travers son réseau de distribution (circuit long et court, dépôts et boutiques
propres).
Pour assurer sa production, cette entreprise utilise une large gamme de matières premières et
accessoires pour la fabrication de ses articles. Les matières premières sont importées
principalement d’Italie.
Cuir véritable (façon serpent et crocodile) ;
Cuir régénéré ;
Polyuréthane (simili cuir) ;
Tissu (enduit et pour doublure) ;
Carton pour renfort ;
Colle ;
Accessoires (Fermoirs, boucles, cadenas, rivets, crochets,…).
Le processus de fabrication est commun à tous les articles fabriqués au sein de l’entreprise et
comprend six opérations principales :
Coupe,
Préparation (Collage/Montage/Piquage),
Finition,
Emballage,
Stockage.
Le processus de fabrication (Figure 23) est le même pour tous les produits fabriqués qui
transitent par les mêmes équipements en subissant le même traitement avant d’être emballé et
expédié.
134
Chapitre 4 Etude empirique
CUIR Coupe
Magasins
matières
premières et
accessoires ACCESSOIRE Montage
Finition
Emballage
L’organisation du processus de fabrication est fondée sur la circulation des flux de matières et
informationnels entre les différents postes de travail répartis sur trois niveaux.
Premier niveau: Le magasin des matières premières est placé à ce niveau où se déroule
l’opération « coupe » du cuir, carton et tissu. Les pièces découpées sont acheminées au
premier étage (en sous pente).
Deuxième niveau : Le magasin des accessoires est installé à ce niveau. Ce dernier est
réservé aux opérations de collage, montage et piquage. Une fois, ces opérations
terminées, les produits semi finis sont transportés vers le premier niveau pour d’autres
traitements.
Troisième niveau : Le magasin des produits finis est implanté à ce niveau. L’opération
« finition » est effectuée à ce niveau. Elle consiste à bruler les fils de couture qui
dépassent, à faire le montage de la dernière pièce du fermoir, de procéder à la teinture
135
Chapitre 4 Etude empirique
et enfin la siglaison. Le produit fini est transféré au premier niveau pour un contrôle de
qualité. Ultime phase du processus, une étiquette portant le nom et la référence du
modèle est accrochée au produit qui sera déposé au magasin des produits finis.
Dans le cadre du programme de la Mise à niveau, cette entreprise a bénéficié d’une « Mise à
Niveau » en 2000. Les perspectives de développement de cette entreprise s’articulent sur le
développement et la modernisation de la production ainsi que sur la reformulation de
l’organisation (Dhaoui, 2000)10. Le diagnostic stratégique global a recommandé les actions
suivantes :
Bien que l’entreprise ait été certifiée ISO 9000 grâce à la maîtrise de son environnement
proche, une dizaine d’année après le diagnostic du programme de la Mise à niveau
l’entreprise se trouve confrontée à différents problèmes d’ordre organisationnel au niveau de
la production notamment. L’organisation et le fonctionnement des ateliers sont devenus des
défis permanents qui conduisent l’entreprise à repenser son organisation.
D’après le gérant, la Mise à niveau dont a bénéficié son entreprise n’a pas eu d’impact positif
et l’entreprise s’est heurtée à différents problèmes après le passage des experts:
Contraintes administratives,
Hausse des prix des matières premières,
Concurrence rude et déloyale,
Manque de personnels (réduction de l’effectif de 50%),
10
Diagnostic stratégique global et programme de Mise à Niveau de la SARL « Boucle d’or », rédigé par M. Dhaoui, 2000.
136
Chapitre 4 Etude empirique
137
Chapitre 4 Etude empirique
6 Piquage 92.2
10 Rabotage 22.6
11 Aller vers machine de 8.85
piquage
12 Piquage final 52
13 Aller vers poste de 8.55
finition
14 Contrôle qualité 320
138
Chapitre 4 Etude empirique
139
Chapitre 4 Etude empirique
140
Chapitre 4 Etude empirique
PLAN
Diagramme d'Ishikawa
SOLUTION
DO
ACT
Outil 5S
141
Chapitre 4 Etude empirique
Main d’œuvre
Milieu
Turn over élevé
Insalubrité de l’atelier Taux de poussière élevé
Erreurs d’inattention
Déplacements inutiles Pollution de l’air intérieur
Poubelles sales, pleines et
Communication interne
débordantes
défaillante
Après avoir identifié les causes à l’aide du diagramme d’Ishikawa, nous appliquons l’outil 5S
en proposant des actions correctrices que l’entreprise pourrait mener pour améliorer son
organisation (Tableau 13).
142
Chapitre 4 Etude empirique
143
Chapitre 4 Etude empirique
L’analyse des dysfonctionnements a dégagé des propositions d’actions correctrices qui vont
permettre à améliorer les processus fonctionnels et organisationnels de l'entreprise et
l’élimination des tâches à non valeur ajoutée.
Après avoir identifié les dysfonctionnements à l’aide du diagramme Ishikawa, l’objectif est de
tracer une cartographie des flux de valeur pour ensuite mettre en place le plan d’action adapté.
En prenant en compte des propositions d’actions correctrices dégagées, nous élaborons le
diagramme de déroulement de l’état futur puis nous traçons la VSM de l’état futur.
144
Chapitre 4 Etude empirique
145
Chapitre 4 Etude empirique
La mise en place de cette nouvelle cartographie a permis les résultats suivants (Figure 27) :
146
Chapitre 4 Etude empirique
3.7 Discussions
L’entreprise « Boucle d’Or » a bénéficié de la mise à niveau en 2000. Cependant, les résultats
escomptés n’ont pas été atteints. D’après le gérant, l’entreprise a rencontré de nombreux
problèmes avec son environnement externe tout de suite après le passage des experts.
L’organisation actuelle de cette entreprise est remise en cause et la situation est ambivalente.
Notre démarche a consisté en un déploiement du PDCA dans l’esprit du « KAIZEN ». Nous
nous sommes intéressés au fonctionnement interne et à la restructuration de l’entreprise afin
d’adapter une nouvelle organisation.
Dans une première étape, nous avons identifié les dysfonctionnements à l’aide du diagramme
d’Ishikawa puis nous avons modélisé les flux physiques et informationnels VSM de l’état
actuels pour préparer les actions correctrices. Dans la deuxième étape, nous avons développé
et réalisé l’action correctrice qui consiste à appliquer l’outil 5S sur les dysfonctionnements
recensés. La troisième étape a consisté à contrôler les ressources mises en œuvre (actions
correctrices) et les résultats obtenus (VSM état futur). Enfin, dans la quatrième étape, il s’agit
de vérifier l’efficacité des solutions mises en place dans le temps et la recherche des points
d'améliorations.
En prenant en compte la dimension économique, environnementale et sociale, nous proposons
les solutions suivantes :
147
Chapitre 4 Etude empirique
450
400
350
300
250
Temps VA
Temps NVA
200
150
100
50
0
Niveau 1 2 3
148
Chapitre 4 Etude empirique
149
Chapitre 4 Etude empirique
300
250
200
150 Temps VA
Temps NVA
100
50
0
Niveau 1 2 3
La démarche ainsi appliquée a donc permis de mesurer l’état actuel et de prendre les mesures
correctrices pour améliorer les résultats de l’entreprise.
La mise en place de la nouvelle organisation a permis d’identifier les dysfonctionnements, de
tracer les actions et d’améliorer le travail au sein de l’usine.
Ainsi, l’informatisation de la fiche suiveuse a apporté beaucoup à l’organisation de l’usine.
Chaque opération est rapidement identifiable, moins de d’erreurs et de perte de temps.
150
Chapitre 4 Etude empirique
Le temps de création de non valeur ajoutée est passé de 437.62 à 162.37 soit une
diminution de 62,78%.
Le temps de création de valeur ajoutée a également diminué de 13.25%. Il est passé
de 526.01 à 456.31. Cette diminution est associée à la diminution du temps consacré
au contrôle de qualité final.
Le ratio de fluidité est passé de 0.43 à 27.64 soit une multiplication par 5.
Conclusion
151
CONCLUSION GENERALE
ET
PERSPECTIVES
Conclusion générale et perspectives
Nos travaux de recherche ont porté sur la proposition d’application des outils du Lean
Manufacturing sur l’entreprise algérienne. Le Lean Manufacturing étant une démarche
systématique, s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue de la performance de
l’entreprise.
Dans le premier chapitre, nous avons présenté les évolutions industrielles et économiques qui
ont conduit à l’émergence de nouveaux systèmes de production répondant aux objectifs
d’amélioration de la compétitivité. Elément important du développement de la compétitivité
des organisations.
Nous avons décrit les changements qu’a connus l’entreprise lors de ces derniers siècles.
De type artisanal au 18ème siècle la production est passée à une production manufacturière au
19ème siècle. A la fin de ce siècle, apparait le Taylorisme qui a considérablement modifié
l’organisation des entreprises et la notion de l’organisation scientifique du travail (OST)
introduisant le travail à la chaîne et la production en série. Ses principes visent à rationaliser le
travail lui-même et encourager la motivation et l’ardeur au travail des ouvriers avec en
particulier le principe de rémunération au rendement. Ensuite, dans le sillage du Taylorisme,
le Fordisme a développé la production en grande série avec l’emploi du fameux convoyeur
mécanisé, la standardisation systématique des pièces et des produits. Ce système de
production a permis une augmentation du volume de production, un accroissement de la
productivité et une réduction majeure des coûts de fabrication.
Nous avons présenté ensuite les limites de ces deux systèmes en vigueur pendant plus d’un
demi-siècle. C’est à la fin des années 1960, devant la crise du "refus du travail", qu’est apparu
un nouveau mode d'organisation des entreprises appelé toyotisme qui a pour origine Taiichi
Ohno, ingénieur industriel de la Toyota Motor Company. C’est un nouveau mode
d’organisation de travail plus flexible et original où en ce sens elle tend à prendre en compte
les facteurs de production dans leur ensemble en évitant de négliger l’un d’entre eux pour
réaliser un rendement et une productivité optimale.
Dans le deuxième chapitre, nous avons présenté le Lean Manufacturing étant la concaténation
des méthodes japonaises et américaines s’est inspiré du Système de Production Toyota.
Nous avons essayé de définir le Lean à travers une revue de littérature révélant l'existence de
plusieurs écrits présentant des consensus rares et rassemblant des interprétations
contradictoires. Ensuite, nous avons présenté les concepts et les outils du Lean
Manufacturing. Le Lean Manufacturing est une démarche basée sur deux piliers principaux :
les activités créatrices de valeur et l’élimination des gaspillages. Il distingue donc les activités
à valeur ajoutée des activités sans valeur ajoutée et exploite des outils pour réaliser son
153
Conclusion générale et perspectives
objectif d'élimination des gaspillages. Dans un souci de méthodologie, nous avons classé les
outils les plus utilisés du Lean Manufacturing selon trois catégories. La première catégorie
rassemble les outils se rapportant à l’analyse et la visualisation des processus. Les outils
d’optimisation des flux et processus sont regroupés dans une deuxième catégorie. Dans la
troisième catégorie, nous avons rattaché les outils se rapportant à la résolution de problèmes
dont certains ne sont pas issus du Lean Manufacturing. Les outils s’appliquent à tous les
environnements et facilitent les actions de transformation de l’entreprise. On les préconise en
les appliquant suivant le contexte de l’entreprise pour analyser ses dysfonctionnements et/ou
la mise en place de mesures correctives. Le Lean est applicable dans chaque entreprise et
chaque processus. Les concepts sont associés aux outils pour répondre à l’objectif de
l’amélioration continue.
Dans le chapitre trois dédié à l’entreprise algérienne. Nous avons présenté un état des lieux de
l’entreprise algérienne et les réformes mises en œuvre par les pouvoirs publics. Les réformes
n’ont pas produit les effets attendus. Cela a conduit à poser la problématique suivante :
Comment rendre compétitive l’entreprise. Dans ce contexte, la mise à niveau des entreprises
est une condition idoine à la compétitivité de l’entreprise algérienne. Nous avons exposé les
programmes de la mise à niveau ainsi que leurs objectifs et actions.
Ensuite, nous avons présenté l’impact de la mise à niveau et son constat mitigé. A partir de
cette conclusion, nous préconisons le Lean Manufacturing dans les entreprises algériennes
comme préalable à la mise à niveau. Nous avons proposé un modèle adaptable aux entreprises
de production, aux entreprises de services et également aux administrations.
Ce modèle consiste en une démarche d’amélioration continue qui comprend une étape
fondamentale d’identification des dysfonctionnements.
Le processus est décomposé en deux niveaux : la Mise à niveau et le Lean Manufacturing.
Le premier niveau concerne l’adhésion à la mise à niveau et son impact sur l’entreprise.
Le deuxième niveau comporte deux étapes séquentielles et itératives :
La première étape intervenant en amont de l’approche prend comme point de départ
l’identification des dysfonctionnements à l’aide du diagramme d’Ishikawa. Ce dernier est
utilisé pour rechercher les causes d’un dysfonctionnement dans la production.
La deuxième étape consiste en l’intégration des outils du Lean Manufacturing (l’outil 5S et la
VSM) dans l’environnement pour proposer des solutions selon trois approches : économique,
sociale et environnementale.
154
Conclusion générale et perspectives
Enfin, le quatrième chapitre présente la validation du modèle sur des entreprises réelles.
Certes, une étude auprès d'un nombre limité d'entreprises ne permet pas de généraliser les
résultats observés. Nous avons appliqué sur trois entreprises de production. La première est
une entreprise publique
La deuxième entreprise de production est du secteur privé.
La troisième entreprise a bénéficié de la mise à niveau.
Notre travail de thèse s’intéresse à l’application des outils du Lean Manufacturing aux
entreprises algériennes. L’implantation de cette pratique managériale permet aux
organisations de s'adapter aux conditions changeantes de leur environnement et la solution des
problèmes ne doit pas être recherchée par de grands innovations ou investissements, mais au
contraire par des solutions simples, validées et applicables rapidement.
L'entreprise algérienne est confrontée chaque jour à une compétition de plus en plus rude et
également à des impératifs de performance. Elle doit nécessairement s'adapter, évoluer et
s'améliorer pour répondre à ses objectifs fondamentaux de délais, coûts et qualité.
Les réformes économiques des dix dernières années ont impulsé une dynamique en faveur des
entreprises publiques et privées (PME/PMI) ainsi les pouvoirs publics ont déployé des efforts
pour soutenir et renforcer la compétitivité des entreprises algériennes. Dans ce contexte, le
pouvoir algérien a mis en place un dispositif de mise à niveau des entreprises dès 1999.
Certes, la mise à niveau des entreprises telle qu’elle est conçue et même si elle est totalement
réussie n’est qu’une première étape, certes nécessaire mais pas suffisante. Elle doit être
accompagnée d’une mise à niveau de l’environnent économique de l’entreprise et de
l’amélioration de ses économies externes. Elle doit s’inscrire dans un processus continu et
autoentretenu pour maintenir et améliorer la compétitivité des entreprises (Bouhaba, 2012) 1.
Pour répondre au nouveau marché toujours plus compétitif, l’entreprise algérienne se doit
d’innover et d’implanter efficacement et rapidement une culture d’amélioration pour soutenir
ses différentes initiatives. Dans ce contexte, nous préconisons aux entreprises algériennes
d’adopter le Lean Manufacturing qui est une démarche d’amélioration continue concentrée
vers la réduction des gaspillages pour une production et un rendement plus juste. Nous avons
proposé un environnement d’application de la démarche, basé sur l’intégration des outils
Lean. Notre travail a conduit à la proposition d’un modèle composé de deux niveaux de mise
en place des actions. Le premier niveau concerne l’adhésion à la mise à [Link] son impact
sur l’entreprise. Le deuxième niveau comporte deux étapes séquentielles et itératives La
1
Bouhaba, 2012
155
Conclusion générale et perspectives
2
Azzemou, Noureddine, 2012
156
Conclusion générale et perspectives
157
Conclusion générale et perspectives
Perspectives de recherche
Notre travail a, tout d’abord, permis d’approfondir la connaissance théorique du Lean afin de
mieux appréhender cette démarche. L’ensemble de nos travaux nous a permis de valider
l’hypothèse selon laquelle les outils du Lean contribuent à l’amélioration de la compétitivité
de l’entreprise.
Pour améliorer la performance industrielle de ces entreprises nous avons adopté les outils du
Lean et nous les préconisons en amont de la mise à niveau.
Au-delà de l’application des outils du Lean Manufacturing que nous avons utilisé, les futurs
travaux pourront se concentrer l’adoption des autres outils tels que le SMED, le Kanban, le
Poka Yoke, etc. pour pérenniser la démarche Lean.
Au cours du quatrième chapitre, nous avons étudié quatre exemples, quatre descriptions qui
peuvent nous permettre de mieux comprendre la réalité, de vérifier si les concepts et modèles
théoriques ont un sens pour les praticiens, de compléter et d'enrichir notre approche du
problème pour des recherches futures. Nous avons proposé des solutions et il serait ensuite
intéressant d’en estimer l’impact économique des pratiques Lean sur la performance. En effet,
à notre connaissance, aucune étude en Algérie n’a appliqué cette démarche. Cela pourrait être
une source de motivation pour les entreprises souhaitant adhérer à la mise à niveau sachant
que les entreprises ne manifestent pas un intérêt avéré et que le Lean Manufacturing étant un
processus interne à l’entreprise ne nécessitant pas beaucoup de frais, il se limite aux
équipements/méthodes/outils déjà existants au sein de l’entreprise.
Nos travaux de recherche se poursuivent dans cet axe et de nombreuses perspectives sont
d’ores et déjà envisagées. Au-delà de l’application des outils du Lean Manufacturing que nous
avons utilisé, les futurs travaux pourront se concentrer sur l’adoption des autres outils tels que
le SMED, le Kanban, le Poka Yoke, etc. pour pérenniser la démarche Lean.
158
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165
Bibliographie
166
Table des matières
SOMMAIRE…………………………………………………………………………… 2
INTRODUCTION GENERALE………………………………………………………. 4
PREMIERE PARTIE : ETUDE THEORIQUE
Chapitre 1 : Le système de production
Introduction……………………………………………………………………………. 14
Section 1 : Définition et concepts du système de production…………………………. 16
3.1 Le Taylorisme……………………………………………………………... 23
170
Table des matières
3.4 Le Toyotisme……………………………………………………………….. 26
Conclusion……………………………………………………………………………… 29
Références du chapitre…………………………………………………………………. 31
Conclusion ……………………………………………………………………………... 57
Références du chapitre…..……………………………………………………………... 58
171
Table des matières
172
Table des matières
173