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Neisseria Meningitidis Est L'agent Causal de La Méningite

Neisseria meningitidis est l'agent causal de la méningite cérébrospinale. La transmission est interhumaine par voie aérienne. Le diagnostic repose sur l'examen du liquide céphalo-rachidien et la culture.

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Mouhcin Belmeki
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Neisseria Meningitidis Est L'agent Causal de La Méningite

Neisseria meningitidis est l'agent causal de la méningite cérébrospinale. La transmission est interhumaine par voie aérienne. Le diagnostic repose sur l'examen du liquide céphalo-rachidien et la culture.

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respiratoire).

La survenue d’un cas de méningite à


Neisseria meningitidis méningocoque nécessite l’isolement du patient en
chambre individuelle avec port de gants et de masque
du personnel soignant jusqu’à 24 heures après le début
Neisseria meningitidis est l’agent causal de la méningite d’un traitement efficace.
cérébrospinale, maladie à déclaration obligatoire dont L’infection invasive à méningocoque peut avoir deux
la létalité, dans les pays développés, est importante présentations cliniques distinctes selon que le tableau
(12 %) ainsi que le taux de séquelles graves (5 %). Bac- est principalement méningé ou septicémique. La forme
térie strictement humaine, elle peut être isolée du naso- méningitique associe au trépied de la méningite (cépha-
pharynx et de la gorge. Le taux de portage varie de 5 à lées, vomissement, raideur méningée) une fièvre, une
50 % lorsqu’il existe une grande promiscuité. La durée photophobie, des arthralgies, et peut se compliquer
du portage est variable, de quelques jours à plusieurs d’un purpura (20 % des cas). Dans sa forme septicé-
mois. mique (15 % des cas), l’infection retrouve une fièvre
Neuf sérogroupes sont identifiés sur la base des anti- élevée, un purpura, une cyanose et évolue chez 40 %
gènes polysaccharidiques capsulaires. Le sérogroupe A des malades vers l’état de choc (purpura fulminans). La
prédomine en Afrique et en Asie, le sérogroupe B est survenue d’un coma et/ou d’une coagulopathie de
principalement retrouvé en Europe, notamment en consommation (CIVD) est de très mauvais pronostic.
France, et en Amérique, et le sérogroupe C est à l’ori- La létalité est maximale chez les adultes et les enfants
gine de bouffées épidémiques en Amérique et en de moins de 25 ans. Elle est de 12 % en France, plus
Afrique, ainsi que de cas sporadiques en Europe. Le élevée en présence de purpura (20 à 30 %) qu’en son
sérogroupe Y est responsable d’atteintes sévères lors de absence (5 %). La réduction de la létalité repose sur
déficits immunitaires. Enfin, le sérogroupe W135 a été l’instauration d’une antibiothérapie efficace le plus
impliqué, en 2001, dans l’épidémie de méningites surve- rapidement possible, basée sur une céphalosporine de
nue chez des pèlerins de retour de La Mecque. Les séro- 3e génération (ceftriaxone, cétotaxime) pendant 7 jours.
types A, B, C, Y et W135 sont incriminés dans plus de Des souches productrices de â-lactamase sont rares et,
90 % des infections invasives. En France, la répartition le plus souvent, on observe une diminution de la sensi-
des sérogroupes en 2003 était de 59 % pour le séro- bilité aux â-lactamines se traduisant par une CMI aug-
groupe B, de 32 % pour le sérogroupe C, de 5 % pour mentée à la pénicilline. Ces souches représentent 30 %
le sérogroupe W135 et de 4 % pour les autres séro- des isolats en France en 2002, soulignant l’intérêt des
groupes. céphalosporines de 3e génération par rapport aux
Les pays où l’incidence est la plus forte sont situés dans â-lactamines. Toute survenue d’un cas nécessite l’infor-
l’Afrique subsaharienne (20 à 30 cas/100 000/an). mation immédiate d’un médecin inspecteur de la
L’incidence nationale des cas d’infections invasives à DDASS. La prévention des cas secondaires repose sur
méningocoque se situe autour de 1,78/100 000 habi- la chimioprophylaxie des sujets contacts. Elle doit être
tants/an et survient principalement chez les enfants et réalisée dans la mesure du possible dans les 24 à
les adolescents. N. meningitidis est responsable de 48 heures suivant le diagnostic d’un cas d’infection
75 % des méningites bactériennes avant 25 ans. Il existe invasive. La chimioprophylaxie par rifampicine est
une répartition saisonnière des infections avec une aug- décrite dans la circulaire no DGS/SD5C/2001/542 du
mentation des cas en automne et en hiver. L’incidence 8 novembre 2001.
des cas secondaires, c’est-à-dire des cas survenus chez La vaccination est efficace chez les adultes et les enfants
des sujets ayant été en contact avec un cas dans les de plus de 2 ans. Elle est indiquée chez les individus
10 jours précédant l’hospitalisation, est de 1 à 2 % de à risque (voyageurs, militaires…) et pour contrôler les
l’ensemble des cas déclarés. épidémies. Néanmoins, elle ne concerne que les séro-
La transmission est strictement interhumaine, se faisant groupes A, C, Y et W135.
par voie aérienne à partir de gouttelettes de salive et Le diagnostic bactériologique repose sur l’examen
des sécrétions nasopharyngées de porteurs sains ou de direct, la culture et l’identification du germe. Le LCR
malades. Le délai d’incubation varie entre 2 et 10 jours. comme les hémocultures doivent être acheminés, sans
Le plus souvent, l’individu receveur développe une délai et à l’abri du froid au laboratoire en raison de la
immunité locale et devient porteur asymptomatique. fragilité du méningocoque. Le LCR est en général
Très rarement, l’infection est invasive. Les facteurs de trouble, avec une prédominance de polynucléaires neu-
risque semblent liés à la virulence de la souche et au trophiles, et montre une hyperprotéinorachie associée à
terrain de l’hôte (déficit en fractions C6 et C7 du une hypoglycorachie. À l’examen direct, le méningo-
complément, survenue préalable d’une infection virale coque se présente en diplocoque à Gram négatif, en
grain de café. La culture sur gélose chocolat Poly-
ViteX® montre des colonies rondes et lisses avec un
aspect muqueux quand les bactéries sont capsulées.
L’identification définitive repose sur les caractères bio-
chimiques d’une galerie d’identification. Toute les
souches devront être sérogroupées et adressées au
Centre National de Référence des méningocoques.
La recherche d’antigènes solubles par la technique
d’agglutination de particules de latex sensibilisées peut
être réalisée sur le surnageant du LCR, sur sérum ou
sur urines concentrées. Les prélèvements seront chauf-
fés pendant 5 minutes afin d’accroître la spécificité du
test. L’intérêt de la recherche des antigènes solubles
réside dans la rapidité du diagnostic et dans l’aide au
diagnostic des infections décapitées par une anti-
biothérapie.
La PCR permet de confirmer le diagnostic et d’identifier
le sérogroupe, notamment en cas d’antibiothérapie
préalable. Les prélèvements sont à adresser directement
au Centre National de Référence des méningocoques
(Institut Pasteur, Paris).

( Dossier Scientifique.
Les infections à Neisseria meningiditis.
Rev Fr Lab 2004 ; 34/362 : 23-47.
Parent du Châtelet I.
Les infections invasives à méningocoques en France en 2005.
BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire 2006 ; no 49 : 383-387.

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